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La revue du témoignage urbain

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La revue du témoignage urbain

La Koinè, la langue commune. Au pluriel : Koinai.

S’il existe une ville en France qui tout au long de son histoire a vu ses langues se conjuguer au pluriel, c’est certainement Marseille. Multiples langages et donc multiples cultures.

Notre revue se veut le témoin de cette diversité singulière. Laissant traîner ses oreilles dans la ville, toujours à hauteur d’hommes, elle glane, ça et là, des témoignages. Ces paroles de marseillais sont retranscrites au plus près de l’authenticité du moment parlé, de leur musicalité propre, vivantes.

Marseille a commencé sa mue. Comment la ville et ses transformations modifient l’homme et ses habitudes ? Comment l’homme inscrit-il son récit individuel dans celui, collectif, de la ville ? Cette période de transition convoque dans l’écho de ses voix à la fois les ombres du passé, et l’esquisse de l’avenir.

Koinai recueille ces voix qui façonnent la ville.

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Les sentences de l'habitant

Au pied des marches

Il était marié avec deux enfants et vivait dans le quartier du côté de Sainte Anne. Un jour il est tombé et s’est cassé la cheville. Il ne s’est jamais réellement relevé depuis. De complications en déboires, Jean-Luc est arrivé rue de la Rép. Avec ses béquilles il a rejoint le bataillon de clochards qui occupent la rue du foyer Forbin. Son CAP de mécanicien, son expérience de barman n’y peuvent rien : ce natif de Marseille loge depuis trois ans sur le bitume avec deux compagnons de fortune. Témoignage sur la chaussée.

Koinai : Êtes-vous aidé par les associations ? Pas vraiment, non. À part l’Accueil de nuit "Forbin", qui nous héberge pour cinquante centimes la nuit, de dix-sept heures trente à six heures du matin, non, personne. K : Percevez-vous une prime d’invalidité ? Pour le moment, non, rien. Toutes les démarches sont faites auprès de la COTOREP, mais c’est très long, c’est le moins qu’on puisse (…)

Chacun son métier

Ceux qui murmuraient à l’oreille des Vespa

Germain et Eugénie, jeunes propriétaires du garage Vespa flambant neuf qui a ouvert ses portes il y a peu rue Saint Savournin, nous content leur amour de ces scooters singuliers et de la "vieille mécanique". Tout en nous livrant quelques-uns de leurs secrets de restauration : manuel à l’usage des passionnés...

K : Présentez-vous, pour commencer, tous les deux. Germain Hild. - Je m’appelle Germain, ça fait trois ans que je suis dans la mécanique, en particulier basée sur les Vespas : l’ancienne mécanique, quoi. A force de pratiquer, on s’est dit que c’était bien d’ouvrir notre magasin. Voilà... Passionné des vieilles choses en général, et surtout de la mécanique. Eugénie Réhabi-Grandadam. - Moi, (…)

Femme aujourd'hui

La foi en soi

Célia, dix-huit ans, étudiante en deuxième année de médecine à l’hôpital de la Timone, envisage avec sérénité son avenir aussi bien professionnel que familial. Son but : exercer un métier passionnant, accorder la priorité aux siens et vivre selon les préceptes de la religion catholique.

"Je suis une femme, pas encore pleinement accomplie, mais je me sens femme". Célia habite avec ses parents, mais vit la semaine dans un studio, ce qui lui confère une autonomie et un minimum de responsabilités. Pourtant la jeune fille estime qu’elle n’a pas encore assez de maturité pour se sentir femme. Penserait-elle la même chose s’il lui arrivait maintenant d’avoir un enfant ? "Non", (…)
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