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La revue du témoignage urbain

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Niger, 1974 : ce qui n'a pas été dit

Qui était Aïssa Diori Hamani ?

Digne et fière jusqu’au dernier souffle.


Il s’avérerait très injuste de commencer ce texte par "Il était une fois, une dame peuhl", car Hadjia Aïssa Diori était une réalité. Restant unique en son genre, elle ne nous laissera jamais l’occasion de faire coïncider sa vie à un conte de fée, ni sa mort à une tragédie. La petite fille naquit dans une quelconque région d’un des plus pauvres territoires coloniaux français.
Toutes les conditions menant à une vie des plus anonymes et des plus ordinaires se trouvent bien assemblées. Toutes ? Non ! Car ALLAH dota cette fille d’une beauté inégalée, d’un charme certain, d’un divin charisme et d’une grande intelligence. Heureux concours des choses ! L’enfant grandit dans un milieu aristocratique peuhl. La culture et la tradition de ce milieu constituant un terreau fécond, Aïssa en sort adolescente, pétrie de sagesse (’Tabital Pulako") et d’une immense capacité d’adaptation. Sa rencontre avec Diori lui servira de tremplin pour assimiler instruction et raffinement. Son prestige rayonnera à travers le monde.

Côtoyant les grands de ce monde (Elisabeth II, Haïlé Sélassié, Nasser, De Gaulle, Johnson...), Madame Diori impose respect et admiration. Aux côtés de son époux, elle entamera, sans bousculer, l’émancipation féminine par le travail et la rigueur, dans cette région afro-musulmane. En ce début des années 60, son soutien à la cause des noirs américains étonne plus d’un. Dans sa fulgurante ascension, Hadjia élèvera sous ses ailes des foules entières, dont la mauvaise graine qui gangrènera le système et s’en prendra nuitamment à sa vie, ce 15 avril.

Aujourd’hui, sa fille Hado témoigne sur son assassinat afin que cessent les ragots et que triomphe la vérité. Les principaux responsables sont morts dans des conditions étonnantes.
Pendant ses quarante-cinq minutes d’agonie, Hadjia resta consciente et sereine : digne et fière jusqu’au dernier souffle. Devant la panique générale du palais envahi et l’abjecte sauvagerie des putschistes, Hadjia afficha sa foi, en réclamant de l’eau pour son visage et de la prière.
Nulle plainte, aucune ! Comme si elle s’y attendait.

"A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse."

Auteur : ISSA IBRAHIM Dja-Apharou, 21/09/2007.

Pour en savoir plus :

Aïssa Diori Hamani (source : wikipedia.fr)

Le président Diori (source : wikipedia.fr)

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