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Sur la route

Mère à la barre, mari au pays

Migrante comorienne

Secrétaire avant de rejoindre son mari en France, cette maman de cinq enfants recherche aujourd’hui un emploi de femme de ménage sur Marseille. Une accompagnatrice du PLIE soutient sa démarche. Rencontre à l’ANPE de la rue Duverger.


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Koinaï : Vivez-vous à Marseille depuis longtemps ?
Oui oui, ça fait longtemps, depuis 77.

K : Dans quelles conditions êtes-vous venue ?
J’ai rejoint mon mari ici. Il travaille, là-bas : il était navigateur à cette époque. Mais pour le moment, il est à la retraite.

K : Depuis combien de temps êtes-vous à la recherche d’un emploi ?
Là, ça fait quelques jours, parce que je viens de finir mon travail le 17 janvier. J’avais un contrat d’un an parce que j’étais dans un intérim.

K : Quel est votre travail ?
Femme de ménage, dans des bureaux.

K : Vous venez consulter à l’ANPE ?
Ouais ouais. Je cherche toujours, je suis demandeur d’emploi.

K : Cherchez-vous auprès des boîtes d’intérim ?
Non non non non, non non non, je veux un travail indéterminé, comme ça.

K : C’est difficile, d’être sans emploi ?
Ah, oui, c’est difficile. Ouais, c’est difficile parce qu’on s’en sort plus avec des gosses, avec la maison à payer. Surtout ça. Une seule personne, elle arrive pas à faire tout ça. Ah ouais ouais ouais, mon mari il arrive pas à faire tout ça tout seul, il faut que je l’aide.

K : Et vous aimez Marseille ?
Ah oui, bien sûr ! Tout me plaît.

K : Vous vivez avec votre famille ?
Oui, je suis mariée. J’ai cinq gosses. Les deux pour le moment ils sont chercheurs d’emploi, ils ont fini ses études, ils sont à la maison, ils cherchent, ils sont toujours à l’internet pour chercher. L’autre il est ingénieur d’alimentation, le deuxième... Comment on dit ?... Comment qu’est-ce-qu’il fait là le deuxième ?... Son informatique, le deuxième. Les trois autres, ils sont à l’école ; le troisième, il va finir ses études cette année, pour le moment il fait de bio, de chimie.

K : Est-ce difficile de travailler, avec votre vie familiale ?
Non, c’est pas difficile. Maintenant, comme les trois ils sont grands, les deux derniers ils sont au collège, comme il y avait le mari, il est à la retraite, voilà. Si je trouvais un travail de cinq heures du matin jusqu’à huit heures, dix heures, ça va.

K : Aux Comores aviez-vous suivi une formation professionnelle ?
Non, non.

K : Et en France ?
Non. En arrivant en France, j’ai commencé à faire les enfants, et comme mon mari je le voyais une fois par an, je peux pas bouger. Et depuis quatre-vingt-neuf je commence à bouger, à travailler.

K : Vous n’avez pas recherché un emploi de secrétaire en France ?
Non. Non, parce que c’était dur. Comme j’avais pas de diplôme, c’est difficile.

K : Et vous n’avez pas essayé d’obtenir un diplôme ?
Non. Comme à cette époque j’étais toute seule avec les enfants, ça a été trop difficile. A cette époque-là il y avait pas beaucoup de Comoriens, là, alors... Maintenant j’ai plus de contacts avec la communauté comorienne.

K : Êtes-vous en contact avec les Comores ?
Oui, j’ai de la famille là-bas, oui. J’y retourne de temps en temps, mais depuis 2003 j’ai pas y allé. Pour le moment, c’est mon mari qui est là-bas.

K : Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Non, non, non, ça va. Le problème, c’est les enfants que j’aimerais bien qu’ils trouvent le travail. Ah ouais ouais.

Propos recueillis le 22/02/06 par Odile Fourmillier.

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