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La revue du témoignage urbain

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La tête de l'emploi

Pas d’uniforme

Chaussures attachées pour les écoliers

« En ce moment… enfin, moi j’ai un pantalon beige, une chemise à carreaux, une paire de chaussures un peu sport. Je vous décris ma tenue vestimentaire d’aujourd’hui. C’est pas toujours la même. On n’a pas d’uniforme, non, donc demain ça pourra être autre chose puis encore autre chose. » Claude Pioche, 59 ans, instituteur.


Pas d'uniforme
 Pas d’uniforme

Koinai : Quelle importance accordez-vous à l’habit au travail ?
Ah, peut-être bien habillé. Ma foi, pas trop non plus, parce que sinon peut-être ça peut influencer, voyez, les élèves, hein ! Donc moi je pense qu’il faut être habillé correctement, mais pas avec beaucoup trop de recherche.

K : Quel est le temps consacré à vous habiller ?
Ma foi, cinq minutes, hein, dix minutes, hein. Enfin, je peux vous dire, ça dépend aussi du matin, si on est plus fatigué ou même fatigué.

K : Faites-vous attention aux vêtements de vos élèves ?
Des élèves… ? Mais, la même chose, je vous dis. Si, on fait attention, si ma foi, soit ils sont habillés avec trop d’extravagance ou, au contraire, si ce sont des habits trop sales ou déchirés. Sinon je fais pas attention, hein. Si c’est pas la mode dont on parle à la télévision… ça je m’en occupe pas.

K : Y a-t-il un règlement sur les tenues des élèves ?
Ah, eh ben pas sur les habits mais sur les chaussures. Dans l’école il y a un règlement qui dit que les enfants ne doivent pas avoir des chaussures qui ne sont pas attachées par derrière - les genres... les sabots - parce que c’est trop dangereux. Sinon y a pas d’autre règlement.

K : En existe-t-il un pour les professeurs ?
Ah non.

K : Votre travail est-il salissant ?
Ah ! ben, non. Ah ! Parfois oui, selon ce qu’on fait, hein. Si on fait de la peinture et que un élève me renverse la peinture dessus, ça peut être salissant, mais sinon quand on fait autre chose ce n’est pas salissant, hein.

K : Quels textiles préférez-vous ?
Du textile ? Ma foi, hou ! Ça, je fais pas attention, je peux pas vous dire… Je fais pas attention aux textiles, je peux pas vous dire, désolé.

K : Quel budget avez-vous pour vos vêtements ?
Ah ! Vous voulez dire l’administration ? Non, aucun, hein : chacun il s’habille avec ses propres deniers, hein, l’administration ne donne aucun… Certaines entreprises donnent des vêtements, mais l’Éducation Nationale ne donne aucun budget pour nous habiller, hein, on s’habille comme on veut, comme on peut.

K : Regrettez-vous la blouse ?
Oh ! non. Vous voulez dire, la blouse pour les enseignants ou pour les élèves ?

K : Pour les deux ?
Oh, ni l’un ni l’autre, hein. De toutes façons, je l’ai pas connue, donc je peux pas la regretter, hein.

K : Seriez-vous pour le retour à l’uniforme ?
Ma foi, pas spécialement hein, pas spécialement.

K : L’autorité a-t-elle une apparence ?
Pas forcement, hein. Comme on dit : "L’habit fait pas le moine" hein ! Donc sûrement peut-être pas, hein.

K : La tenue influence-t-elle votre comportement ?
La tenue va changer mon travail ?… Mais pas du tout : on s’habille d’une façon ou d’une autre, ce que je fais c’est ce que j’ai dans ma tête, donc ça n’a rien à voir avec les vêtements.

K : Y a-t-il des codes vestimentaires propres à la profession ?
Ah ! Je ne pense pas, hein, pas du tout.

K : Quelles sont les difficultés liées à votre profession ?
Ah ! Ben, ma foi, c’est toujours les mêmes, hein : on se plaint toujours qu’y a trop d’élèves dans les classes, que parfois, on n’est pas assez… estimé, reconnu dans le travail qu’on fait. Il y a souvent des incompréhensions, hein, c’est difficile, surtout nerveusement. C’est encore ça, hein, parce que les difficultés c’est pas d’aujourd’hui, hein, ça a toujours été pareil.

K : Avez-vous déjà porté un autre type d’uniforme ?
Je n’ai jamais porté d’uniforme, je n’en ai pas porté d’autre.

K : Quelle formation avez-vous suivie ?
Ah ! Ben, j’ai passé le baccalauréat, hein, ensuite j’ai passé le CAP d’instituteur.

K : Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?
Eh ben, depuis 1968. Faites la soustraction.

Propos recueillis par Dalila Bouhmadou le 18/09/06 ; rédaction : Patricia Rouillard ; SR : Odile Fourmillier.

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