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La tête de l'emploi

L’envers du treillis

Le respect de l’argent

À vingt ans, Adam est employé de banque depuis septembre 2005. Il effectue actuellement un BTS en alternance : un mois d’école pour un mois de stage. Tenue correcte exigée.


L'envers du treillis
 L’envers du treillis

Koinai : Pourriez-vous décrire vos vêtements ?
La tenue d’un banquier classique, imposée généralement, le costume : pantalon, veste de costume, chemise, cravate et les chaussures de ville. Dans certaines banques, on constate quand même de petites modifications, avec la disparition de la cravate petit à petit, notamment au niveau des guichets. Également les jeunes personnes qui sont au guichet ou les conseillers en agence qui sont depuis un moment au sein de la société, dans l’entreprise, peuvent se permettre de porter des jeans avec des chaussures de ville, mais des tenues correctes.

K : Une couleur est exigée ?
Non, pas spécialement. Les costumes doivent rester sobres : noir, marron, du blanc si possible aussi avec du gris. Les couleurs classiques. Concernant les chemises, ils n’exigent pas vraiment une tenue réglementée quant aux couleurs, mais il faut avoir quand même une certaine sobriété pour la présentation auprès des clients... Pour la coiffure, on voit un peu de tout, maintenant, tout est autorisé. Les piercings aussi commencent à faire leur apparition dans certaines agences. Certains le tolèrent... Ça dépend de la personne, l’image qu’elle reflète. D’une personne à l’autre, un piercing au nez ne paraîtra pas pareil.

K : En été, y a-t-il des libertés ?
On peut bien sûr mettre des manches courtes et omettre le port de la cravate, vraiment s’il y a une grosse chaleur. Vu que les agences sont climatisées, ils préféreraient le port de la cravate. Mais en été, beaucoup moins de conseillers en agence en portent.

K : Lors de votre formation, ce thème a-t-il été évoqué ?
On savait plus ou moins comment il faudrait s’habiller. Lors des études scolaires, on ne nous a rien dit. Durant la formation, la Direction Régionale nous a expliqué qu’il faut avoir une tenue costume-cravate !

K : Combien ça coûte ?
Ça dépend des moyens... Je peux citer les magasins ? Chez Brice ou Zara, les costumes, ça s’échelonne de 100 à 300 € ; les chemises : environ 30 € ; les cravates : aux alentours de 10, 20€. Je ne m’achète pas tous les mois des chemises, mais certains le font. Je dirais... deux costumes à 150 , plus six chemises à 90 : 540, plus deux paires de chaussures. Ça fait un budget annuel de 1000 € par an.

K : Vivez-vous le port du costume comme une contrainte ?
Non. C’est une tenue qui me convient, que j’apprécie. Certaines personnes apprécient moins. Elles préfèrent être en jeans ou en baskets, ce qui est normal.

K : La position assise ne froisse-t-elle pas les vêtements ?
Ce sont des matières relativement conçues pour. Je ne suis pas obligé de garder la veste. C’est moi qui décide de la conserver.

K : Êtes-vous obligé changer de vêtements tous les jours ?
Obligé, non. En ce qui me concerne, je me change tous les jours de chemise. Pour les costumes, je les garde deux, trois jours. Je n’ai jamais fait l’essai de garder la même chemise tous les jours, mais je pense que si un commercial s’habille tous les jours pareil, ça sera remarqué par les clients...

K : Combien vous coûte le pressing ?
Ça revient à 24 € les vingt chemises, environ toutes les trois semaines, ou tous les mois. Je les lave chez moi, mais je les porte à repasser.

K : À propos des touches personnelles, comme le bracelet montre, y a-t-il des directives ?
Non. L’éthique veut que vous ne verrez jamais un banquier avec un bracelet punk avec les picots comme on met pour les chiens. C’est une certaine forme de respect à avoir pour les autres. On ne reçoit pas de directive ; c’est dans l’ordre logique des choses. De plus, il faut être rasé de près. Mais si l’on veut se laisser un petit bouc, comme moi, c’est autorisé.

K : Vous oblige-t-on à acheter vos vêtements dans des magasins ciblés ?
Non, non.

K : Combien de temps consacrez-vous pour vous habiller ?
Je suis très long, c’est un défaut. Je mets environ une heure, surtout que je repasse les chemises le matin avant d’arriver au travail. Bien paraître c’est important, même au prix des vêtements, sans compter le pressing, parfois...

K : Quel matériel utilisez-vous au quotidien ?
L’informatique, papier, stylo, téléphone. Quoi d’autre encore ? Les élastiques pour les dossiers. Rien qui ne tâche ou salisse.

K : Justement, quel genre de texture préférez-vous pour vous habiller ?
Plutôt le coton, pour le confort. Et puis, vu qu’il fait très chaud, qu’on a tendance à transpirer, les matières comme le lycra ne sont pas agréables.

K : Quelle image veut donner votre banque d’elle-même ?
Cette banque se veut très proche du client et développe des valeurs propres aux commerciaux et tout le personnel de la banque : l’activité, la créativité, l’engagement et l’ambition. On est une banque de services. On vend aussi des produits. Notre intérêt principal n’est pas le produit, c’est le client. On veut satisfaire le client, son intérêt. Et l’intérêt du client bien servi servira l’intérêt de la banque. Éthique du banquier

K : Combien y a-t-il d’employés ?
Trois. C’est un petit bureau. Le costume n’est pas porté par tous. Le directeur d’agence, un collaborateur masculin, oui. Mais les deux jeunes filles, bien sûr, n’en portent pas ; elles sont plus décontractées, se permettent de porter des débardeurs, des jeans. C’est plus ou moins autorisé par la banque. Mais il y a des limites !

K : L’habit fait-il le moine ?
Bonne question ! Oui et non. L’habit, ça reflète quand même une certaine personnalité. Si l’on est conseiller, par exemple en agence à la banque, on joue un rôle. Il faut donc montrer une image de soi que les clients veulent voir. Une personne qui a un look « skater », c’est sa personnalité, c’est lui. Mais, à la banque, il devra changer sa tenue pour s’adapter aux clients. Bien sûr, on peut apporter quelques touches personnelles.

K : Que portez-vous en dehors du travail ?
J’aime la mode. Donc, je porte des jeans, des baskets, des tee-shirts, des treillis, des choses comme ça. Rien à voir...

Propos recueillis le 09/03/06 par Christophe Péridier.

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