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La revue du témoignage urbain

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Qu'elle était verte ma colline

La Colline "au fil de l’ange"

Une couturière à Consolat Mirabeau

Zahia Boumaza fait des retouches sur vêtements, et crée des costumes pour des compagnies de spectacles en son magasin "Au fil de l’ange" qu’elle a ouvert dans la zone commerciale du quartier Consolat-Mirabeau. Pour elle, ce sont les commerçants, les associations qui font vivre le quartier et qui tissent le lien. Quant à la Colline, nous dit elle, elle se dresse comme un barrière au milieu du quartier, et sans la faire tomber, elle la rêverait comme un lieu de jeux pour les enfants et leurs parents.


 

Koinai - Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité ?

Zahia Boumaza - Je m’appelle Zahia Boumaza, je suis à Consolat depuis 2004. J’ai des enfants, une fille de quatre ans et demi et un garçon de treize ans. Le local est ouvert depuis septembre, mais l’entreprise "Au fil de l’ange" depuis deux ans. Je suis prestataire de service à la personne, je fais des retouches sur vêtements, et en parallèle, je crée des costumes pour des compagnies de spectacles. Je travaille pour des magasins, je fais des retouches magasins, et ensuite la clientèle que j’ai ici, c’est 10 % de personnes habitant Consolat qui ont besoin de retouches.

K. - Les 90 % restants sont des personnes de l’extérieur ?

Z B. - Oui, il y a beaucoup de gens de l’extérieur, et des alentours. On commence à se faire un peu de publicité et je donne aussi des cours de couture ici, le lundi après-midi. Donc il y a des personnes du Merlan, des Sources et un peu de partout.

K. - A propos de la Colline, d’après vous quels sont les quartiers concernés ?

Z B. - C’est plutôt le quartier des Sources qui est concerné, parce que nous, on n’y a pas trop accès. J’y suis allée deux fois, il a fallu que je traverse les rails ou faire le grand tour, pour accéder à cette fameuse colline. Moi, c’est au niveau accès, ça me donne pas trop envie d’y aller.

K. - Quand on parle du quartier Mirabeau-Consolat, qu’est-ce que cela englobe, pour vous ?

Z B. - Pour moi, Consolat-Mirabeau c’est ici. J’appelle ça les Sources, en bas. Mais bon ça fait partie des sept cités. Il y a plusieurs cités, enfin tout est regroupé. Après, chacun est différent, mais il y a une passerelle quand même, entre chaque cité.

K. - D’après vous, quelles sont ses caractéristiques principales ? Quelles sont les populations ?

Z B. - Les populations, c’est cosmopolite, il y a un peu de tout, tout le monde se côtoie. Il y a autant d’ouvriers que de chômeurs, entre parenthèses. Il y a beaucoup de salariés et j’appelle ça des moteurs. Les moteurs c’est aussi les associations, les commerçants, c’est ce qui fait vivre Consolat et qui l’anime surtout. Il y a l’association des locataires, qui se bat beaucoup pour avoir un cadre de vie agréable, et le groupe sportif Consolat, présidé par Monsieur Mingalon, est assez costaud, il y a beaucoup de licences, il est très dynamique. Ils font surtout des activités pour les garçons. Vous avez Madame Iklef à côté qui fait un peu de danse culturelle, pour qu’il y ait un peu de parité, mais il y a pas assez d’activités pour les filles.

K. - Trouvez-vous que ce quartier a une identité forte ? Les habitants se réclament-ils de ce quartier ?

Z B. - Les anciens surtout. Bon, les jeunes, c’est leur étiquette, mais les anciens sont fiers de dire : "Ca fait quarante ans que j’habite là !" Ils ont fait pratiquement la moitié de leur vie ici, quarante ou quarante-cinq ans, c’est pas négligeable.

K. - Pour les jeunes, quand vous parlez d’étiquette, c’est une étiquette négative ?

Z B. - Non, non c’est pas une étiquette négative, c’est une étiquette "J’appartiens à Consolat", c’est une famille. Après négative, peut-être si ça va faire des bandes rivales, mais il n’y en a pas du tout. Moi j’en vois pas, à part quelques jeunes qui se promènent par ci, par là, mais sinon non. C’est surtout quand ils vont faire un match de foot : "Je suis de Consolat". J’en reviens toujours au foot ou aux activités, parce que comme je vous dis, c’est les moteurs ici.

K. - D’après vous, quelles sont les grandes évolutions de ces dernières années ?

Z B. - Ils ont construit une buvette, c’est un lieu de rencontres. Le stade a été réhabilité. C’est surtout de l’entretien. Moi, je vois plus d’entretien que d’évolution.

K. - Avez-vous l’impression que les activités ont évolué ?

Z B. - Les activités ? J’en vois pas. Je vous dis, cette espèce de rail que vous avez entre Consolat et le centre social et cette colline, c’est une barrière.

K. - Pensez-vous que le quartier est bien desservi par les transports en commun ?

Z B. - Oui. Vous avez le 36, vous avez le 25 en haut, vous avez tous les bus au lycée Nord. Il y a le 36 qui vient devant, qui vous amène à Bougainville ou qui vous amène de l’autre coté. Non, non, c’est bien desservi.

K. - Le quartier a-t-il un rôle à jouer dans la ville ?

Z B. - Tous les quartiers ont un rôle à jouer. Tous les quartiers, puisque chacun se relie à un autre, ça fait comme une chaîne. Pour moi tout est relié, donc c’est à chaque quartier de faire en sorte que ce soit viable, que ce soit chaleureux. Pour que ça fasse un tout.

K. - Vous parliez des associations, tout à l’heure. Que pouvez-vous en dire ?

Z B. - Déjà en quantité, il en faudrait plus. Il faudrait aussi qu’on leur donne plus de moyens pour avoir plus d’activités. Et par exemple, la fête de voisins, personne ne met ça en place, c’est dommage. Voyez, des petites activités comme ça. Il faudrait qu’il y ait plus de contacts. Ça permettrait aux gens de se rencontrer et de plus se connaître, surtout.

K. - Que pensez-vous des commerces et des services publics ?

Z B. - Les commerces, heureusement qu’ils sont là, sinon ce serait un quartier mort. Il faudrait qu’il y en ait plus, pour que ce soit un peu plus vivant, mais bon, il y a la boulangerie, le bureau de tabac, l’épicerie, le légumier.

K. - En quelques mots, comment percevez-vous la Colline ?

Z B. - Triste. Comme je l’ai dit, j’y suis allée deux ou trois fois, je suis montée jusqu’au belvédère, histoire de marcher un peu, de voir un peu Marseille de ce belvédère. C’est joli en haut, mais pour y accéder, les trois quarts des végétaux sont morts ou brûlés. Il y a pas assez de verdure. Il faudrait peut-être faire un petit parc pour les enfants. Je crois qu’il y en avait un, il a été détruit, mais il manque des activités, comme ça. Il faudrait que la Colline appartienne aux enfants. Que ce soit un lieu de rencontre, pour les enfants et pour les parents.

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