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	<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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	<description>La Koin&#232;, la langue commune. Au pluriel : Koinai. S'il existe une ville en France qui tout au long de son histoire a vu ses langues se conjuguer au pluriel, c'est certainement Marseille. Multiples langages et donc multiples cultures. Notre revue se veut le t&#233;moin de cette diversit&#233; singuli&#232;re. Laissant tra&#238;ner ses oreilles dans la ville, toujours &#224; hauteur d'hommes, elle glane, &#231;a et l&#224;, des t&#233;moignages. Ces paroles de marseillais sont retranscrites au plus pr&#232;s de l'authenticit&#233; du moment parl&#233;, de leur musicalit&#233; propre, vivantes. Marseille a commenc&#233; sa mue. Comment la ville et ses transformations modifient l'homme et ses habitudes ? Comment l'homme inscrit-il son r&#233;cit individuel dans celui, collectif, de la ville ? Cette p&#233;riode de transition convoque dans l'&#233;cho de ses voix &#224; la fois les ombres du pass&#233;, et l'esquisse de l'avenir. Koinai recueille ces voix qui fa&#231;onnent la ville.</description>
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		<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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		<title>&#171; Leur meilleur plat pr&#233;f&#233;r&#233; &#187; </title>
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		<dc:date>2007-11-16T20:12:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;negal</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>025. Le Chapitre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au Baobab, c'est thiebou-djeun, maaf&#233;, yassa et soupe kandia : recettes s&#233;n&#233;galaises dans l'assiette marseillaise.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/restaurant" rel="tag"&gt;Restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/senegal" rel="tag"&gt;S&#233;negal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amitie" rel="tag"&gt;Amiti&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/le-chapitre" rel="tag"&gt;025. Le Chapitre&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1998, avec son fr&#232;re et son oncle, Barry Hamidou, 52 ans, a ouvert le restaurant Le Baobab, traverse St-Basile : &#171; La cuisine ? Piment&#233;e, c'est piment&#233; : au S&#233;n&#233;gal, la plupart des plats, on les pr&#233;pare avec le piment, parce que les Africains aiment beaucoup piment&#233;. Mais ici, tout ce qui est piment&#233; on pr&#233;pare pas avec des piments, le piment on le pr&#233;pare &#224; part. &#187; Gombo, poisson capitaine et p&#226;te d'arachide, pour connaisseurs et amateurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme &#224; Marseille, des restaurants s&#233;n&#233;galais y'en avait pas beaucoup, donc on a d&#233;cid&#233; de montrer les sp&#233;cialit&#233;s s&#233;n&#233;galaises aux Europ&#233;ens, aux Fran&#231;ais qui sont l&#224;, aux Marseillais, voil&#224;. Dans notre r&#233;gion, l&#224; o&#249; on est, b&#232; c'est &#224; peu pr&#232;s quatre-vingt kilom&#232;tres au sud de Dakar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels plats servez-vous dans votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le premier plat de restaurant qu'on a, on appelle thiebou-djeun, c'est &#224; base du poisson et de riz. Tous nos plats, c'est accompagn&#233; avec du riz. Y'a du thiebou-djeun rouge avec des l&#233;gumes et des poissons, le poisson qu'on fait c'est du capitaine ou barracuda. La sauce c'est avec des tomates, &#231;a fait que le riz devient rouge. On fait revenir d'abord le poisson &#224; l'huile et apr&#232;s, on met les tomates, des carottes, du chou, l'aubergine, tout &#231;a l&#224;, on fait revenir et une fois que les l&#233;gumes, les poissons y sont bien cuits, on tire tout, et puis on met du riz dedans&#8230; Enfin, y'a beaucoup d'autres plats particuliers, mais nous on sert l'essentiel et les plats qui sont connus, parce que les Marseillais, suivant nos clients, ils connaissent ces plats-l&#224;, ces trois plats de base : le thiebou-djeun, le maaf&#233; et le yassa, donc c'est beaucoup demand&#233; et c'est &#231;a qu'on pr&#233;pare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous proposez d'autres sp&#233;cialit&#233;s africaines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, que des s&#233;n&#233;galaises. La cuisine, c'est s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le apprend-elle &#224; aimer le piment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme c'est tr&#232;s fort, y'en a qui aiment beaucoup piment&#233;, y'en a qui aiment pas du tout, y'en a qui aiment moins, donc on a adapt&#233; &#231;a en fonction de notre client&#232;le : on met toujours le piment &#224; part quand on sert, ou celui qui emporte le plat, pour qu'ils puissent faire &#224; sa fa&#231;on, quoi. Quand on sert ceux qui connaissent pas trop la cuisine, on leur dit : &quot;&lt;i&gt;Faites attention, le piment est tr&#232;s fort&lt;/i&gt; &#187;, c'est une chose qui est vraiment, si on aime pas le piment, si on go&#251;te une fois &#231;a peut vous g&#226;cher la&#8230; (rire). Le poisson, on a un farci qu'on met dedans et c'est un peu piment&#233;, un peu relev&#233;. On met des oignons, de l'ail, le persil, tout &#231;a et ce fameux piment, mais pas beaucoup parce que c'est fort, et on le met dans le poisson, &#231;a donne un go&#251;t, c'est tr&#232;s bon. C'est avec du riz, tout &#231;a&#8230; Mais c'est fort, donc &#231;ui-l&#224;, on pr&#233;vient nos clients aussi : &quot;&lt;i&gt;Y'a le farci dedans, faites attention, c'est fort, si vous n'aimez pas le piment, vous pouvez l'enlever.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est vous qui cuisinez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas moi-m&#234;me, c'est mon fr&#232;re qui a toujours fait la cuisine. Il s'est appris comme &#231;a, par les parents et quand depuis tout jeune on voit, ils pr&#233;parent et on apprend avec les parents, &#224; faire la cuisine. Et lui, comme &#231;a fait longtemps aussi qu'il est dans le m&#233;tier - le restaurant, &#231;a fait dix ans maintenant qu'on existe - &#224; force il s'est am&#233;lior&#233;. Et nous, on sert : c'est le restaurant familial, donc on est l&#224;, on travaille ensemble. On tourne : quand je suis pas l&#224; ou mon fr&#232;re, il n'est pas l&#224;, c'est lui qui est l&#224; et s'il n'est pas l&#224;, c'est moi ou mon fr&#232;re, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les ingr&#233;dients du maaf&#233;, du yassa ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le maaf&#233;, c'est &#224; base de gombo, c'est un l&#233;gume du S&#233;n&#233;gal mais c'est gluant quand c'est vert, quand c'est frais, donc on le fait s&#233;cher et piler, &#231;a fait en poudre, donc les poudres c'est un peu poudre vert. Voil&#224;, c'est pour parfumer le plat et c'est en sauce, m&#233;lang&#233; avec la p&#226;te d'arachide pour lier avec les poudres de gombo. On le fait soit avec du mouton, et c'est tr&#232;s bon, avec le poisson frais et le poisson s&#233;ch&#233;, tout &#231;a l&#224;. Et le yassa, c'est pr&#233;par&#233; avec du poulet, des carottes, des moutardes, des oignons et le citron, sinon &#224; la place on peut mettre un peu du vinaigre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites vous-m&#234;me s&#233;cher le poisson ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on l'ach&#232;te comme &#231;a. Bon, on peut le trouver au march&#233; Capucin, et puis souvent on le fait venir du S&#233;n&#233;gal. On le prend aussi &#224; la Plombi&#232;re, y'a un magasin l&#224;-bas qui vend des poissons en exportation qui viennent de tout le pays du S&#233;n&#233;gal et de&#8230; Je connais pas le nom, pourtant je vais tout le temps l&#224;-bas, mais c'est les Chinois qui travaillent dedans, on se sert beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il difficile de trouver les ingr&#233;dients dans le commerce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, y'a beaucoup de magasins qui vendent tous les produits qui vient d'Afrique et on peut le trouver facilement. Y'a beaucoup de magasins africains &#224; la rue Longue des Capucins, qui vendent tous les produits africains. Oui, la plupart de nos produits, on peut les trouver au march&#233; Capucin et souvent, m&#234;me, on trouve tous les produits africains dans les magasins chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare la soupe kandia ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des gombos frais, on le coupe en rondelles, et m&#233;lang&#233; avec la viande et le poisson, c'est tr&#232;s bon, c'est gluant, beaucoup plus que le maaf&#233;, m&#234;me. Elle est beaucoup demand&#233;e par les S&#233;n&#233;galais, par les Africains parce que ouais, les Africains, les connaisseurs aiment beaucoup. On le fait le samedi, on a une client&#232;le qui vient uniquement pour manger &#231;a. Donc on appelle la soupe kandia mais c'est l'appellation, c'est pas sp&#233;cialement une soupe, c'est la sauce m&#233;lang&#233;e avec la viande, des poissons s&#233;ch&#233;s. Tout &#231;a l&#224;, avec du riz, de l'huile de palme, souvent c'est les Africains qui vient, c'est leur meilleur plat pr&#233;f&#233;r&#233;, quoi. Les Europ&#233;ens, il conna&#238;t pas trop &#231;a, puis m&#234;me si on le pr&#233;pare, y'en a beaucoup qui l'aiment pas, elle est beaucoup plus gluante. Mais y'en a qui aiment aussi, parce que j'ai des clients europ&#233;ens, fran&#231;ais, quand ils viennent manger, b&#232; c'est uniquement pour&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un peu tout, quoi : des Africains, mais la plupart, h&#232;, c'est des Marseillais et Europ&#233;ens, tous &#226;ges confondus. Bon, on a les client&#232;les r&#233;guli&#232;res mais parfois, on a des nouveaux clients aussi, ils viennent et ils d&#233;couvrent le plat. &#199;a leur pla&#238;t d&#232;s qu'ils go&#251;tent et quand il part, b&#232; ils nous f&#233;licitent : &quot;&lt;i&gt;C'est tr&#232;s bon !&lt;/i&gt;&quot; Ouais, &#231;a se passe bien&#8230; Toujours, c'est des clients sympas, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que viennent-ils chercher au Baobab ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils viennent chercher un petit peu les saveurs d'Afrique, quoi, donc b&#232;, c'est pour savourer la cuisine s&#233;n&#233;galaise et africaine. Surtout les Europ&#233;ens qui viennent ici, les Marseillais, c'est surtout pour les sp&#233;cialit&#233;s. Le plat le plus demand&#233;, c'est le thiebou-djeun ; le maaf&#233;, le yassa c'est beaucoup demand&#233; aussi, mais c'est pas comme le thiebou-djeun, parce qu'y'en a qui viennent uniquement pour &#231;a et parfois si y'en a pas, b&#232;, y retournent, y mangent pas. Y'en a qui viennent de plus loin, de r&#233;gion de Marseille, go&#251;ter le plat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous demandent-ils des plats particuliers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, par exemple y'a des Europ&#233;ens qui sont partis dans d'autres pays, comme Cameroun, souvent y'en a qui demandent le plat particulier qu'on fait pas, m&#234;me qu'on sait les faire, on reste sur les sp&#233;cialit&#233;s s&#233;n&#233;galaises. Depuis le d&#233;but c'est toujours les m&#234;mes plats, ouais&#8230; On a rien chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous vous faites conna&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est de bouche &#224; oreille. La premi&#232;re, deuxi&#232;me ann&#233;e, on fait un peu de pub, on distribuait des prospectus dans le quartier, tout &#231;a, quand on &#233;tait nouveaux dans le quartier mais depuis, on fait pas de pub. Bon, comme &#231;a fait dix ans qu'on existe, on est connus. Y'a m&#234;me ce site, l&#224;, CityVox il nous a mis dans le guide pratique, donc souvent y'en a qui visitent ce site, ils nous appellent et commandent ou ils font des r&#233;servations et viennent manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comptez-vous des touristes parmi votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; ouais, enfin, on a les touristes qui viennent mais pas beaucoup, ils viennent pas par ici. De temps en temps, y'a des gens qui passent comme &#231;a, par exemple cette ann&#233;e on a vu quelques Anglais qui viennent et puis ils ont regard&#233; le menu, ils sont rentr&#233;s, ils ont mang&#233;, mais sinon y'a pas beaucoup de touristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous parlez cuisine avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; rarement ; y'en a qui nous demandent et on explique un peu mais, rarement. S'ils nous demandent, on leur donne des conseils. Beaucoup nous demandent comment on pr&#233;pare le thiebou-djeun ou le yassa et on leur donne la recette, mais souvent y disent qu'y z'arrivent pas &#224; faire comme on fait, donc (rire)&#8230; parfois, &#231;a manque un peu de la r&#233;ussite. Et puis on a souvent des f&#233;licitations pour le plat&#8230; &#231;a, &#231;a nous encourage, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle relation vos clients ont-ils avec la nourriture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Relation, c'est-&#224;-dire ? Enfin, souvent les clients ils viennent, b&#232;, entre amis. Oui, y'a toutes sortes de client&#232;le : ceux qui sont press&#233;s, &#224; midi souvent, bon b&#232;, les gens, c'est des bureautiques, ils veulent manger vite et retourner au travail. Par contre le soir, les clients ils prennent leur temps de manger et puis c'est entre amis, entre coll&#232;gues, tranquillement, pour passer un moment et appr&#233;cier les plats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos jours d'ouverture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'ouverture, c'est du lundi au samedi. Ouais, du midi au soir, c'est la journ&#233;e continue. Comme les plupart des clients il sait qu'on est ouvert, y'en a qui vient &#224; une, deux, trois heures de l'apr&#232;s-midi, m&#234;me &#224; seize, dix-sept heures. Parfois &#224; midi on a personne mais trois heures, quatre heures on peut avoir du monde qui viennent parce qu'ils savent que n'importe quelle heure, ils sont servis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vos jours d'affluence ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;L&#224;, en principe lundi on a pas beaucoup de monde, c'est le jour qu'on a moins du monde mais sinon, c'est &#224; partir du jeudi, vendredi, samedi souvent, la fin de semaine on a du monde. La saison la plus fructueuse, heu&#8230; non, c'est toujours pareil, toujours constant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour les plats &#224; emporter, la client&#232;le est nombreuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, pas mal. Souvent c'est la m&#234;me client&#232;le qui vient manger ici, donc parfois quand y'a le match &#224; la t&#233;l&#233; ou le soir qu'y z'ont pas envie de&#8230; ils nous appellent ou directement ils viennent chercher les plats &#224; emporter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les joies du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les joies du m&#233;tier (rire), du moment qu'on a les client&#232;les qui sont satisfaits, si ils ont bien mang&#233; et qu'y sont contents c'est une grosse joie aussi. Et surtout, si un client a fini son plat, parfois on demande : &quot;&lt;i&gt;Vous voulez quelque chose ?&lt;/i&gt;&quot;, b&#232; il dit : &quot;&lt;i&gt;Ouais.&lt;/i&gt;&quot; Bon, &#231;a, c'est un plaisir, parce que &#231;a prouve que il a aim&#233; le plat qu'on a servi. Voil&#224;, de satisfaire la client&#232;le, une fois que le client est satisfait, nous aussi on est contents, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, que mangez-vous, la cuisine de votre fr&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais (rire), je mange toujours la cuisine qu'il fait quand je suis l&#224; : soit thiebou-djeun, soit maaf&#233; ou yassa, parfois je change&#8230; Moi, mon plat pr&#233;f&#233;r&#233; que je mange souvent c'est le maaf&#233;. Oui, je mange d'autres cuisines : quand je vais au restaurant, b&#232;, je vais au chinois, je vais au fran&#231;ais, j'aime go&#251;ter un peu partout, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon meilleur souvenir de repas&#8230; c'&#233;tait avec des amis, &#224; Marseille, oui&#8230; y'a longtemps, &#231;a va faire dix, douze ans. J'&#233;tais invit&#233; chez des amis, ils m'ont pr&#233;par&#233; un plat et pourtant ce plat c'&#233;tait s&#233;n&#233;galais, c'est le riz rouge mais avec du poulet, avec les m&#234;mes l&#233;gumes : des carottes, des choux, des aubergines, tout &#231;a l&#224;, mais c'&#233;tait vraiment tr&#232;s bien pr&#233;par&#233;. Je ne sais m&#234;me pas de quelle fa&#231;on elle a pr&#233;par&#233;, mais y'avait un go&#251;t sp&#233;cial et j'ai jamais mang&#233; un repas, enfin, qui m'a rest&#233; : ce repas-l&#224;, depuis je l'ai pas oubli&#233;, &#231;a m'a rest&#233;&#8230; Ce plat, on appelle &#231;a thiebou-ganar, c'est le thiebou comme thiebou-djeun, djeun c'est le poisson, et ganar c'est le poulet. C'est un bon souvenir, un tr&#232;s bon souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 19/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nourritures et fronti&#232;res d'alt&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


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		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
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		<description>Pour les uns, les &#171; Asiatiques &#187; mangent (et servent aux &#233;trangers) du chien, et les &#171; Africains &#187; des insectes grill&#233;s. Pour les autres, les &#171; Fran&#231;ais &#187; mangent des cuisses de grenouilles et du fromage malodorant voire v&#233;reux. Ainsi, la fronti&#232;re alimentaire co&#239;ncide avec la porte des restaurants dits exotiques : on n'y entre pas ou avec m&#233;fiance puisque, dans le doute de ce que l'on va y manger ou si l'on va appr&#233;cier, on s'abstient... Bien que manger soit un acte physiologique, spontan&#233; et sur lequel (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les uns, les &#171; Asiatiques &#187; mangent (et servent aux &#233;trangers) du chien, et les &#171; Africains &#187; des insectes grill&#233;s. Pour les autres, les &#171; Fran&#231;ais &#187; mangent des cuisses de grenouilles et du fromage malodorant voire v&#233;reux. Ainsi, la fronti&#232;re alimentaire co&#239;ncide avec la porte des restaurants dits exotiques : on n'y entre pas ou avec m&#233;fiance puisque, dans le doute de ce que l'on va y manger ou si l'on va appr&#233;cier, on s'abstient...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que manger soit un acte physiologique, spontan&#233; et sur lequel tout individu s'interroge &#224; un moment donn&#233; de sa vie, la question de savoir &#171; qui mange quoi et comment &#187; ne suscite pas syst&#233;matiquement d'interrogations. De m&#234;me, chacun conna&#238;t et tend &#224; valoriser sa cuisine, l'alimentation de son groupe de r&#233;f&#233;rence, mais nomme partiellement, amalgame, ignore ou fantasme celle des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape du travail de recherche et de restitution au sein de R&#233;surgences a &#233;t&#233; de (se) poser des questions sur les habitudes alimentaires de chacun et des autres. Le d&#233;bat a tourn&#233;, au-del&#224; des pistes &#224; fouiller, sur la diversit&#233; culturelle d'un acte naturel. En effet, &#224; travers les diverses pratiques alimentaires sont d&#233;celables des principes d'opposition, de r&#233;pulsion, d'interaction et d'emprunt et au-del&#224;, des fronti&#232;res d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'opposition renvoie aux interdits alimentaires religieux, culturels ou id&#233;ologiques. Bien que la formule &#171; chacun les siens &#187; soit g&#233;n&#233;ralement admise, elle sous-entend curiosit&#233; et bizarrerie concernant les prohibitions des autres. Par ailleurs, un certain amalgame peut &#234;tre fait entre interdits alimentaires strictement religieux (le porc en islam) et interdits alimentaires culturels (viande crue de cheval).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains aliments, consomm&#233;s avec d&#233;lectation dans certaines r&#233;gions du monde, suscitent r&#233;pulsion et d&#233;go&#251;t ailleurs : la viande de porc pour un musulman, de b&#339;uf pour un Hindou, de grenouille pour un Anglais, un ver de karit&#233; pour un Occidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis l'&#232;re coloniale jusqu'au &#171; village plan&#233;taire &#187;, l'emprunt des aliments ou des &#233;pices et l'interaction des cuisines des uns par les autres ont mijot&#233;. Les tomates, aujourd'hui pr&#233;par&#233;es &#224; toutes les sauces, et les pommes de terre, sont originaires d'Am&#233;rique, le cacao d'Afrique ou encore, l'huile d'olive du Maghreb et le riz d'Asie. On agr&#233;mente des spaghetti avec de la sauce &#171; rouge &#187; (Afrique de l'Ouest), des hamburgers au tofu, sans parler de la pizza italienne, d&#233;clin&#233;e selon les sp&#233;cificit&#233;s culinaires, du couscous &#171; entr&#233; par la voie coloniale &#187; (Hubert (1) : 116) ou de la paella qui &#171; a travers&#233; les Pyr&#233;n&#233;es avec les Espagnols r&#233;fugi&#233;s de la guerre civile &#187; (Hubert op. cit. : 118). Le tout devenu familier. On rel&#232;ve aussi, depuis quelques ann&#233;es, un r&#233;el attrait pour certaines cuisines &#171; ethniques &#187; et r&#233;cemment pour les restaurants japonais (2), un ph&#233;nom&#232;ne qui ne concerne que certaines groupes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la cuisine ne n&#233;cessite pas d'adh&#233;rer &#224; la culture qui l'a produite et repr&#233;sente l'aspect culturel le plus accessible et bien que les cuisines tendent &#224; se m&#233;langer, les pratiques alimentaires n'en demeurent pas moins un embl&#232;me identitaire dans l'interaction.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Anne Hubert, &#171; Destins transculturels &#187; in Mille et une bouches, Autrement n&#176;154, 1995&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) Il faut savoir que les plats (sushi, sashimi, maki...) servis dans les restaurants japonais en Occident ne sont pas l'alimentation contemporaine des Japonais au Japon, qui consomment notamment des nouilles agr&#233;ment&#233;es de poisson ou de viande, le plus souvent lyophilis&#233;es : &#171; Pour la grande majorit&#233; des Japonais, l'instant food sous toutes ses formes fait aujourd'hui partie de l'alimentation courante et quotidienne &#187; in L'Ab&#233;c&#233;daire du Japon, Moriyama Takashi, &#233;d. Picquier, 1999, page 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, la cuisine &quot;asiatique&quot; est d&#233;form&#233;e en France par le prisme des restaurants &quot;asiatiques&quot; occidentalis&#233;s, tandis qu'au Vi&#234;tnam comme en Chine, les habitudes alimentaires sont variables d'une r&#233;gion &#224; l'autre (J.-P. Poulain, La nourriture de l'autre : entre d&#233;lices et d&#233;go&#251;ts in Cultures, nourriture, &#233;d. Maison des cultures du monde, 1997)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nourritures et aliments</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


		<dc:subject>compl&#233;ments</dc:subject>

		<description>COMPL&#201;MENTS I - Articles compl&#233;mentaires Manger n'a rien de banal : il s'agit d'incorporer en soi un &#233;l&#233;ment &#233;tranger. Or le mangeur, en d&#233;finitive, &quot;devient ce qu'il consomme&quot;, en int&#233;grant les qualit&#233;s physiques, morales, symboliques&#8230; des aliments. C'est ce que les anthropologues appellent le &quot;principe d'incorporation&quot;. L'aliment joue donc, pour celui qui le consomme, un r&#244;le multiple. En situation d'abondance, il contribue &#224; la sant&#233; (di&#233;t&#233;tique), au plaisir, &#224; l'int&#233;gration sociale, ou exprime une (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/complements" rel="tag"&gt;compl&#233;ments&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;COMPL&#201;MENTS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Articles compl&#233;mentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Manger n'a rien de banal : il s'agit d'incorporer en soi un &#233;l&#233;ment &#233;tranger. Or le mangeur, en d&#233;finitive, &quot;devient ce qu'il consomme&quot;, en int&#233;grant les qualit&#233;s physiques, morales, symboliques&#8230; des aliments. C'est ce que les anthropologues appellent le &quot;principe d'incorporation&quot;. L'aliment joue donc, pour celui qui le consomme, un r&#244;le multiple. En situation d'abondance, il contribue &#224; la sant&#233; (di&#233;t&#233;tique), au plaisir, &#224; l'int&#233;gration sociale, ou exprime une certaine &#233;thique en &#233;tant par exemple issu du commerce &#233;quitable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es&#8230;&quot;, aphorisme de Jean Anthelme Brillat-Savarin (c&#233;l&#232;bre &#233;crivain gastronome fran&#231;ais du XIXe si&#232;cle). En mangeant, l'homme s'int&#232;gre dans un espace culturel. Il se forge une identit&#233;, manifeste son appartenance &#224; un groupe ou, au contraire, s'en diff&#233;rencie. Ce sont de tels facteurs affectifs et sociaux qui am&#232;nent les enfants mexicains, par exemple, &#224; aimer tr&#232;s t&#244;t les piments rouges. Chez les adolescents, consommer du caf&#233; ou de l'alcool peut &#233;galement &#234;tre vu comme un moyen d'entrer dans la communaut&#233; des adultes. Inversement, certains aliments ou caract&#233;ristiques d'aliments, comme l'odeur du gras, sont rejet&#233;s s'ils trahissent une appartenance &#224; un groupe social auquel l'individu ne veut pas &#234;tre associ&#233;. Le repas enfin, et certains mets en particulier, contribuent &#224; renforcer les liens entre les individus. On se r&#233;unit autour d'un couscous au Maroc, d'un cassoulet ou d'une choucroute en France. Et pour une m&#232;re qui donne &#224; manger &#224; son enfant, cet acte rev&#234;t souvent une importance toute particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'alimentation permet aussi de se distinguer socialement. Dans la pens&#233;e grecque ou latine, il faut manger &quot;selon la qualit&#233; de la personne&quot;, c'est-&#224;-dire selon ses caract&#233;ristiques physiologiques et ses habitudes de vie. Mais par la suite, ce sont la position sociale de l'individu et sa richesse qui lui conf&#232;rent sa &quot;qualit&#233;&quot; et l'alimentation qui lui correspond. Les &#233;lites cherchent alors &#224; se distinguer par leur alimentation. On retrouve dans les prescriptions d'un ministre du roi des Goths, au Ve si&#232;cle, la n&#233;cessit&#233; d'avoir des nourritures exotiques &#224; la table du roi, car ces aliments montrent le pouvoir et la richesse du souverain. Apr&#232;s la d&#233;couverte du Nouveau Monde, le prix des &#233;pices chute. Comme elles sont d&#233;sormais accessibles &#224; tous, les &#233;lites s'en d&#233;tournent, et leur pr&#233;f&#232;rent des produits aux parfums plus d&#233;licats, comme la ciboulette ou les champignons. La classe dominante cherche &#233;galement d'autres signes de distinction, en particulier des boissons telles que le chocolat ou le caf&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces comportements sont encore pr&#233;sents aujourd'hui et ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence, entre autres, par Pierre Bourdieu. En 1979, celui-ci a d&#233;montr&#233; que la position occup&#233;e au sein de la soci&#233;t&#233; influen&#231;ait les consommations mais aussi les mani&#232;res de consommer et les repr&#233;sentations du corps. Un exemple ? &#192; revenu &#233;gal, les industriels et les commer&#231;ants consomment beaucoup plus de nourritures &quot;riches&quot; (vins, gibier, etc.) que les professions lib&#233;rales. Et l'&#233;cart est encore plus important vis-&#224;-vis des professeurs, qui, &#224; l'oppos&#233;, sont port&#233;s vers les &quot;consommations asc&#233;tiques&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dimension symbolique des aliments est &#233;galement tr&#232;s importante : ils ne doivent pas seulement &#234;tre bons, apporter du plaisir et du lien social, ils doivent aussi &#234;tre &quot;culturellement mangeables&quot;, selon l'expression de l'anthropologue Claude L&#233;vi-Strauss. Car toute culture dispose de r&#232;gles alimentaires, de prescriptions et d'interdictions sur ce qu'il faut manger et comment il faut manger. Autant de commandements qui renvoient &#224; des logiques enracin&#233;es dans les repr&#233;sentations, l'imaginaire et le culturel. Mais qui n'emp&#234;chent pas cependant les influences multiples. En 1997, l'ethnologue Balland a montr&#233; que les juifs tunisiens du quartier Belleville &#224; Paris sont fid&#232;les &#224; la fois &#224; un p&#244;le tunisien avec des plats traditionnels lors des repas festifs, &#224; un p&#244;le juif avec l'observance des r&#232;gles de la cacherouth, et &#224; un p&#244;le fran&#231;ais illustr&#233; notamment par l'adoption du petit-d&#233;jeuner fran&#231;ais ou du steak-frites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits du&lt;/strong&gt; chapitre du livret de l'exposition &lt;i&gt;Nourrir neuf milliards d'hommes&lt;/i&gt;, octobre 2005. ADPF - Association pour la diffusion de la pens&#233;e fran&#231;aise, Minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res (responsable scientifique G&#233;rard Ghersi) par Lucie Sirieix (ENSAM, UMR MOISA, Montpellier) &amp; Samira Sarter (CIRAD Montpellier, UPR &quot;Qualit&#233; des aliments tropicaux&quot;).
&lt;br /&gt;Conf&#233;rence-d&#233;bat donn&#233;e &#224; Agropolis Museum le 28 septembre 2005
&lt;a href='http://www.museum.agropolis.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.museum.agropolis.fr&lt;/a&gt; - Onglet Conf&#233;rences puis Compte-rendus en ligne, R&#233;trospective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La recomposition des cultures est de fait confront&#233;e &#224; un mouvement paradoxal et complexe, celui de l'uniformisation acc&#233;l&#233;r&#233;e des modes de vies, celui de l'affirmation de la diff&#233;rence, et celui de r&#233;inventions des identit&#233;s locales. Au total pourtant, le face &#224; face ou l'&#233;change, m&#234;me pacifiques, tendent en d&#233;pit des apparences &#224; appauvrir la diversit&#233; culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait de&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;M&#233;tissage et diversit&#233;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Conf&#233;rence/D&#233;bat &#224; Agropolis Museum le 15 novembre 2006
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les identit&#233;s culturelles dans le jeu de la mondialisation&lt;/i&gt;
par Paul Rasse (D&#233;partement Art Communication et Langage - Universit&#233; de Nice Sophia-Antipolis)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; survoler l'histoire de l'humanit&#233;, on voit bien qu'il n'y a pas d'&#233;l&#233;ment original caract&#233;ristique de l'alimentation de telle nouvelle soci&#233;t&#233;, toutes les cuisines sont faites d'emprunts continuels aux unes et aux autres, mais chaque fois refondus dans un contexte culturel et environnemental. Ainsi les agrumes sont-ils arriv&#233;s depuis l'Inde, &#224; partir d'un citron, le c&#233;drat. Au Moyen-&#194;ge, l'Europe emprunte au Proche-Orient les asperges, les laitues, les aubergines, les courges et les melons, les poires et les prunes, les p&#234;ches, la canne &#224; sucre et le m&#251;rier, les roses de Damas. Ils arrivent moins par les croisades, que par les jardins des horticulteurs musulmans en Sicile et en Andalousie, qui les ont acclimat&#233;s. La d&#233;couverte de nouveaux mondes a non seulement permis la diffusion de la pomme de terre et du ma&#239;s, mais encore de la citronnelle, de la patate douce, du piment, alors qu'inversement le continent am&#233;ricain a b&#233;n&#233;fici&#233; de la past&#232;que, du caf&#233; originaire d'Afrique et de diverses cucurbitac&#233;es import&#233;es d'Asie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette standardisation et fluidit&#233; de l'alimentation renforcent le sentiment d'anxi&#233;t&#233;, d'incertitude et de peur au niveau de l'acte alimentaire. Dans nos soci&#233;t&#233;s post modernes le risque alimentaire ne se traduit plus par des probl&#232;mes de p&#233;nuries, mais plut&#244;t de toxicit&#233; (additifs, colorants, pesticides, pollution, etc ...) entra&#238;nant une m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;gard des aliments dont le consommateur ne ma&#238;trise plus ni l'origine, ni les processus de transformation, confront&#233; qu'il est, &#224; ce que Fischler appelle, des &#171; Objets Comestibles Non Identifi&#233;s ou OCNI &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits de&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;L'alimentation, fait total de la soci&#233;t&#233; de communication plan&#233;taire&lt;/i&gt; de Rasse P., Debos Fr., 2006 (issu pour partie de Paul Rasse, La rencontre des mondes, Diversit&#233; culturelle et communication, Armand Colin 2006). Fichier PDF - 176Ko&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L. Gillot : Aujourd'hui, les cuisines et produits exotiques semblent avoir le vent en poupe. En t&#233;moigne la longueur, dans les grandes surfaces, des lin&#233;aires qui leur sont consacr&#233;s.
F. R&#233;gnier : Effectivement, les lin&#233;aires des grandes surfaces consacr&#233;s aux produits &#233;trangers ne cessent de cro&#238;tre depuis quelques ann&#233;es. Ce formidable d&#233;veloppement peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une forme de r&#233;action face &#224; la crainte de ce que l'on nomme la mondialisation et la peur de l'uniformisation des go&#251;ts. Je ferai ici le parall&#232;le avec la cuisine de terroir qui est une forme de d&#233;couverte non pas de l'&#233;tranger mais, puisqu'il s'agit des richesses culinaires d'une m&#234;me nation, de soi. Selon moi, l'exotisme est la version &#233;trang&#232;re de cet int&#233;r&#234;t pour des produits ou des types de plats qui ont une origine g&#233;ographique d&#233;termin&#233;e. Dans la cuisine de terroir, il s'agit d'une r&#233;gion ou d'un territoire donn&#233;. La cuisine exotique, parce qu'elle identifie un plat &#224; une nation voire m&#234;me, de plus en plus, une province bien sp&#233;cifique, participe de ce m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. Comme les cuisines de terroir, elle traduit la volont&#233; - en r&#233;ponse aux craintes de mondialisation et d'uniformisation des go&#251;ts, &#224; ce que certains appellent l'am&#233;ricanisation des pratiques alimentaires -, de localiser l'origine des produits, ici comme ailleurs. Un ph&#233;nom&#232;ne qui prend de plus en plus d'ampleur ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait de&lt;/strong&gt; : &lt;a href='http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2652' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.agrobiosciences.org/arti...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Entretien avec Faustine R&#233;gnier, r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'&#233;mission radiophonique &quot;&#199;a ne mange pas de pain !&quot; de la Mission Agrobiosciences. &lt;br /&gt;&#201;mission sp&#233;ciale de mars 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - &#192; voir, &#192; lire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Rapports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les interdits alimentaires&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Cahiers de l'Ocha N&#176;7, Paris, 1996, 77 pages
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.lemangeur-ocha.com/sciences-humaines/publications-de-locha/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.lemangeur-ocha.com/scien...&lt;/a&gt;
detail/auteur-ouvrage/0/les-interdits-alimentaires/disp/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Interdits alimentaires : aux tables de la Loi&lt;/i&gt;, interview &quot;&#231;a ne mange pas de pain&quot; r&#233;alis&#233;e en d&#233;cembre 2008 avec Olivier Assouly, enseignant en philosophie, responsable de la recherche &#224; l'Institut fran&#231;ais de la mode.
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2563' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.agrobiosciences.org/arti...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ambivalences de l'alimentation contemporaine&lt;/i&gt; Jean-Pierre Poulain - mai 2000. &#201;dit&#233; par la Mission Agrobiosciences&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les paradoxes des distances dans la construction des identit&#233;s alimentaires par acculturation&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Marc Dedeire and Selma Tozanli, &lt;a href='http://aof.revues.org/index2582.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://aof.revues.org/index2582.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Livres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Anne-Lucie Raoult-Wack, 2001. &lt;i&gt;Dis-moi ce que tu manges&#8230;&lt;/i&gt;, D&#233;couvertes Gallimard, 127 p.
&lt;br /&gt;publie une synth&#232;se du &quot;manger&quot; plan&#233;taire. Elle y soul&#232;ve l'aspect ethnologique ; elle &#233;voque les questions de sant&#233;, d'agriculture, de la pr&#233;paration des aliments, de la s&#233;curit&#233;. On y parle aussi industrie, crise de la vache folle , OGM, tout en donnant au lecteur des recettes. On trouve &#233;galement une bibliographie sommaire mais bien faite, ainsi qu'une liste de sites Internet. Le tout est abondamment illustr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fischler C. &lt;i&gt;L'homnivore&lt;/i&gt;. &#201;ditions O. Jacob. 1990
&lt;br /&gt;D'o&#249; viennent nos passions, nos hantises, nos fantasmes face &#224; ce que nous mangeons ? D'o&#249; viennent nos go&#251;ts, nos d&#233;go&#251;ts, nos croyances et nos lubies alimentaires ?
&lt;br /&gt;Claude Fischler, en suivant &#224; la trace les transformations de la di&#233;t&#233;tique et de la cuisine, la mont&#233;e des r&#233;gimes et de la minceur, la phobie de la graisse, montre ici comment la civilisation moderne, l'&#233;volution des modes de vie, l'industrialisation ont transform&#233; notre rapport &#224; l'alimentation et, du m&#234;me coup, &#224; nous-m&#234;mes. Mieux comprendre le mangeur d'aujourd'hui impose aussi d'explorer le mangeur &#233;ternel. C'est pourquoi ce livre est tout autant une somme anthropologique, historique et biologique qu'un essai de sociologie et de psychologie consacr&#233; au corps et au sujet moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L'exotisme culinaire. Essai sur les saveurs de l'Autre.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;PUF, Paris, 2004, 260 pages
&lt;br /&gt;Quelle est l'histoire de l'exotisme culinaire ? Comment ing&#232;re-t-on des cuisines &#233;trang&#232;res ? Comment per&#231;oit-on l'Autre &#224; travers sa cuisine ? Ces pages s'adressent &#224; un vaste lectorat : de nombreuses donn&#233;es et l'apport d'une m&#233;thodologie lui permettront d'expliquer une forme de perception sociale de l'alt&#233;rit&#233;. L'exotisme culinaire a des liens avec l'histoire de la gastronomie et avec les contacts avec l'&#233;tranger (colonisation, immigration, tourisme) : il rel&#232;ve ainsi du fait social. L'exotisme culinaire met en sc&#232;ne un Autre &#224; la fois proche et lointain, semblable et diff&#233;rent. Cette appropriation de l'alt&#233;rit&#233; se r&#233;v&#232;le &#234;tre &#224; la fois une r&#233;duction et une reconnaissance de la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - Films, documentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Alimentation g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, documentaire de Chantal Briet, 2004
&lt;br /&gt;La cam&#233;ra de Chantal Briet s'est install&#233;e dans l'&#233;picerie d'Ali, qui de son comptoir d'&#201;pinay-sur-Seine voit d&#233;filer toutes sortes de personnages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - LIENS UTILES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.iehca.eu/IEHCA_v4/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.iehca.eu/IEHCA_v4/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site de l'Institut europ&#233;en d'Histoire et des Cultures de l'Alimentation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.ifn.asso.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ifn.asso.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Institut fran&#231;ais de nutrition&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.afssa.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.afssa.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Agence fran&#231;aise de s&#233;curit&#233; sanitaire des aliments&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.academie-sciences.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.academie-sciences.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.inra.fr/fondation_science_culture_alimentaire' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.inra.fr/fondation_scienc...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site de la fondation Science et Culture alimentaire
&lt;br /&gt;Retrouvez des &#233;missions de radio qui pr&#233;sentent les activit&#233;s de la Fondation Science &amp; Culture Alimentaire sur Canal Acad&#233;mie : &lt;a href='http://www.canalacademie.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.canalacademie.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.inra.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.inra.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Institut national de recherche agronomique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://museum.agropolis.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://museum.agropolis.fr/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site du mus&#233;e de sciences et de soci&#233;t&#233; consacr&#233; &#224; la nourriture et aux agricultures du monde, situ&#233; &#224; Montpellier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.alimentarium.ch/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.alimentarium.ch&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site du mus&#233;e de l'alimentation en Suisse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manger, une pratique culturelle</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/manger-une-pratique-culturelle</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>tol&#233;rance</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>

		<description>Manger n'est pas seulement un acte biologique, c'est aussi une pratique symbolique, sociale et culturelle. Autrement dit, on ne mange pas n'importe quoi, n'importe o&#249;, n'importe quand et avec n'importe qui... La cuisine refl&#232;te les conditions historiques et &#233;conomiques, ainsi que les valeurs sociales et culturelles de chaque soci&#233;t&#233;. Chacune d'elles a un syst&#232;me culinaire propre, qui repose sur l'interaction de techniques, de rapports sociaux et de repr&#233;sentations. Chacune a ses propres valeurs et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/inventaires/" rel="directory"&gt;Inventaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tolerance" rel="tag"&gt;tol&#233;rance&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manger n'est pas seulement un acte biologique, c'est aussi une pratique symbolique, sociale et culturelle. Autrement dit, on ne mange pas n'importe quoi, n'importe o&#249;, n'importe quand et avec n'importe qui...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cuisine refl&#232;te les conditions historiques et &#233;conomiques, ainsi que les valeurs sociales et culturelles de chaque soci&#233;t&#233;. Chacune d'elles a un syst&#232;me culinaire propre, qui repose sur l'interaction de techniques, de rapports sociaux et de repr&#233;sentations. Chacune a ses propres valeurs et &#233;labore, &#224; travers ses plats, ses mani&#232;res de table (&#224; table ou &#224; terre) et de manger (avec des couverts ou des baguettes, &#224; la main), un contenu aux notions d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, mijot&#233;es &#224; partir d'opposition (viande halal et viande haram), de r&#233;pulsion (vers de karit&#233;, cuisses de grenouilles, viande de chien), d'interaction (p&#226;tes &#224; la sauce &#171; rouge &#187;) ou d'emprunt (attrait pour les &#171; cuisines ethniques &#187;). Comme tout marqueur culturel, par lequel on affirme une identit&#233; et on d&#233;finit une alt&#233;rit&#233;, les pratiques culinaires et alimentaires r&#233;sultent de strat&#233;gies d'appartenance (&#224; son groupe) et de diff&#233;renciation (par rapport aux autres). En d&#233;finitive, la cuisine serait une sorte de &#171; langage dans lequel chaque soci&#233;t&#233; code des messages qui lui permettent de signifier au moins une partie de ce qu'elle est (1) &#187;, mais aussi le moyen de classer l'alt&#233;rit&#233; sur un mode alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je propose, pour ce premier &#233;ditorial et pour ceux &#224; venir, de poser une question - et d'y apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse - sur la vaste probl&#233;matique des pratiques culinaires et alimentaires, en tant que marqueur d'identit&#233; (sa cuisine) et d'alt&#233;rit&#233; (la cuisine des autres). P&#234;le-m&#234;le, je m'arr&#234;terai sur les repr&#233;sentations des uns de la cuisine des autres, qui entra&#238;nent jusqu'&#224; la r&#233;pulsion physiologique (d&#233;go&#251;t), sur les interdits alimentaires d'origine culturelle (animal totem des animistes africains), religieuse (le porc dans le juda&#239;sme et l'islam) ou id&#233;ologique (v&#233;g&#233;tarisme), sur les cuisines festives par opposition &#224; l'alimentation quotidienne ou encore, sur le march&#233; des Capucins de Noailles &#224; Marseille, un march&#233; &#224; l'image des flux migratoires qui fa&#231;onnent la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les diff&#233;rentes sources qui permettront d'&#233;tayer ces &#233;ditos seront diverses : des recherches documentaires &#224; la presse, en passant par les enqu&#234;tes sur le terrain que m&#232;neront les salari&#233;s en insertion de R&#233;surgences. Les approches universitaire, grand public et populaire se croiseront, pour approcher sous divers angles une probl&#233;matique aussi vaste que le sont les mani&#232;res de manger.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Le titre de cet article a &#233;t&#233; emprunt&#233; &#224; celui du num&#233;ro 135 (f&#233;vrier 2003) de la revue Sciences Humaines&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Claude L&#233;vi-Strauss, Mythologiques vol. 3 Du miel aux cendres, 1967&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les recettes de Ramasy </title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/les-recettes-de-ramasy</link>
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		<dc:date>2008-06-24T16:11:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des march&#233;s de Madagascar &#224; la cocotte de Ramasy, ronde d'ingr&#233;dients et d'&#233;pices qui rel&#232;vent plats et traditions.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Originaire de Tananarive, o&#249; une kyrielle d'&#233;pices colore et parfume les &#233;tals des march&#233;s, Ramasy Vololona, 50 ans, &#233;tablie &#224; Marseille depuis dix ans, nous offre ses recettes &#171; tr&#232;s simples &#187; de plats traditionnels malgaches &#171; tr&#232;s tr&#232;s succulents &#187; accompagn&#233;s des significations et croyances qui y sont rattach&#233;es. Saveurs et bienfaits, souvenirs et partage d'une identit&#233; culturelle, pour retrouver le go&#251;t &#171; presque le m&#234;me... &#187; rehauss&#233; par &#171; le petit truc qu'on se transmet &#187;. Servi &#224; l'heure !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris cuisiner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai appris &#224; faire la cuisine dans le tas, en regardant ma m&#232;re cuisiner des repas quand j'&#233;tais en vacances et plus tard, &#224; perfectionner en achetant des livres de cuisine ou en me documentant sur des magasines malgaches ; c'est surtout les quotidiens d'actualit&#233; qui ins&#233;raient dans la rubrique loisirs des recettes de cuisine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les plats que vous r&#233;ussissez le mieux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont les &lt;a href='http://razafimalala.free.fr/Recette/SommaireRecette.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;plats malgaches&lt;/a&gt;, comme le &lt;i&gt;voanjobory sy hena-kisoa&lt;/i&gt; qui se traduit en fran&#231;ais par euh&#8230; graines qui s'apparentent un petit peu au pois chiche, cuites avec de la viande de porc. Le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; et le pois chiche ne se ressemblent que par la forme. Et encore, il y a une grande diff&#233;rence parce que le pois chiche a une apparence moins lisse que le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; et de go&#251;t aussi, c'est tr&#232;s diff&#233;rent : le pois chiche est plus farineux, tandis que le &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; est plus l&#233;ger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la base de la nourriture malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La base de la &lt;a href='http://razafimalala.free.fr/Recette/introsakafogasy.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;nourriture des Malgaches&lt;/a&gt;, c'est le riz et le manioc, mais cela d&#233;pend de la r&#233;gion : par exemple, sur les hauts plateaux, on mange surtout du &lt;a href='http://www.saveursdumonde.net/?action=ingredient_show&amp;id=712&amp;lg=fr' class='spip_out' rel='external'&gt;riz&lt;/a&gt;, tandis que sur les c&#244;tes on mange un peu de tout : du manioc ainsi que des graines s&#233;ch&#233;es comme les genres de lentilles, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ingr&#233;dients assaisonnent les plats ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'utilise des ingr&#233;dients malgaches, bien s&#251;r, qui sont le gingembre, le poivre vert de Madagascar, des ingr&#233;dients aussi qui peuvent venir de l'Inde comme le curry qu'on utilise beaucoup pour les plats malgaches. J'utilise aussi le piment, parfois, pour certains plats et aussi du girofle, quand c'est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous ces ingr&#233;dients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; Madagascar, il y en a plein. Et partout, sur tous les march&#233;s, il y a tous les ingr&#233;dients, toutes les &lt;a href='http://www.toildepices.com/index.php?url=/fr/hommes/aujourdhui/quaseni_l.php' class='spip_out' rel='external'&gt;&#233;pices&lt;/a&gt; dont on a besoin. Tandis qu'&#224; Marseille, euh&#8230; il n'y en a pas tellement mais parfois, bon, je connais d&#233;j&#224; un peu mieux Marseille, maintenant : il y a par exemple des ingr&#233;dients malgaches du c&#244;t&#233; de Noailles, du c&#244;t&#233; aussi de Plombi&#232;res, dans l'hypermarch&#233; chinois asiatique qui s'appelle Paris Store.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce sont des produits en provenance de Madagascar ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas forc&#233;ment. Les articles qui viennent de Madagascar sont tr&#232;s rares. Il y a peut-&#234;tre &#224; peine un an, du c&#244;t&#233; de Mazargues, un magasin qui s'appelait &#171; Le Coffret des &#206;les &#187; vendait justement des aliments malgaches mais il a ferm&#233;. Ceux qui se trouvent &#224; Noailles ou du c&#244;t&#233; de Plombi&#232;res, ce sont surtout des sp&#233;cialit&#233;s africaines et asiatiques, mais on peut utiliser ces ingr&#233;dients pour la cuisine malgache facilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont les m&#234;mes ingr&#233;dients que l'on trouve sur les march&#233;s malgaches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ce sont les m&#234;mes. Peut-&#234;tre de go&#251;t diff&#233;rent, hein : par exemple le gingembre, il y a du gingembre sp&#233;cifiquement malgache, il y a le gingembre africain mais ils se ressemblent ; au go&#251;t, c'est presque la m&#234;me chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La viande de z&#233;bu est tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e &#224; Madagascar, en trouvez-vous &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour le moment, je n'en ai pas encore trouv&#233; ici &#224; Marseille parce que le &lt;a href='http://www.madatours.com/curiosites/culture/zebu.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;z&#233;bu&lt;/a&gt;, c'est un animal qui vit &#224; Madagascar et qu'on ne voit pas en France. C'est un peu l'&#233;quivalent du taureau mais qui a une bosse, c'est ce qui fait la caract&#233;ristique du z&#233;bu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les sp&#233;cialit&#233;s de la cuisine malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a des recettes typiquement malgaches, hein : le &lt;i&gt;voanjobory sy hena-kisoa&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;ravi-toto&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;hena-kisoa&lt;/i&gt; qui sont des feuilles de manioc pil&#233;es m&#233;lang&#233;es &#224; de la viande de porc, &#231;a c'est vraiment une recette sp&#233;cifiquement malgache. Il y en a aussi en Afrique, mais &#224; Madagascar c'est une recette tr&#232;s tr&#232;s c&#233;l&#232;bre et je dirais m&#234;me que c'est une recette de luxe &#224; Madagascar parce que l&#224;-bas, manger de la viande de porc, c'est vraiment un luxe et contrairement &#224; ce que l'on voit ici en France, la viande de porc co&#251;te beaucoup plus cher que la viande de b&#339;uf.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je vais vous donner une recette assez facile : pour 500 grammes de viande de porc, vous prenez 900 grammes de graines de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; frais et 50 grammes de sel. Vous faites revenir dans une cocotte la viande que vous salez, environ pendant 20 minutes, en petits morceaux dans de l'huile. Lorsqu'elle est cuite de tous les c&#244;t&#233;s et bien dor&#233;e, vous incorporez les grains de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; et vous couvrez d'eau, vous fermez la cocotte et laissez cuire &#224; feu doux pendant environ 40 minutes. Vous pouvez mettre une pinc&#233;e de thym ou de feuilles de laurier pour les parfumer ou ajouter du gingembre, et &#231;a donne un go&#251;t vraiment exotique &#224; ce plat traditionnel malgache. Et bien s&#251;r, le &lt;i&gt;voanjobory sy henakisoa&lt;/i&gt; est servi avec du riz blanc et du rougail. Pour faire du rougail, vous d&#233;coupez des tomates en tout petits morceaux, vous m&#233;langez avec de la ciboulette d&#233;coup&#233;e en tout petits morceaux, ainsi que du gingembre en lamelles. Et le sel, vous en mettez peu ou beaucoup, suivant ce dont vous avez l'habitude de manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la recette du &lt;i&gt;ravi-toto&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une recette tr&#232;s simple, hein : vous prenez 500 grammes de feuilles de manioc pil&#233;es &#224; l'aide du mortier et d'un pilon &#224; la malgache, et non pas avec un robot &#233;lectrique. Il est bien d'ajouter un peu d'ail et quelques graines d'arachide qui rendent le plat de manioc un peu plus succulent. Et vous ajoutez le sel, la viande de porc, un oignon &#233;minc&#233; et quelques gousses d'ail. Dans une cocotte, vous faites revenir la viande sal&#233;e environ pendant 20 minutes. Une fois que la viande est cuite, vous incorporez les feuilles de manioc pil&#233;es et vous recouvrez d'eau, vous fermez la cocotte et vous laissez cuire &#224; feu doux pendant 15 minutes suppl&#233;mentaires. Vous servez tr&#232;s chaud avec du riz et du rougail, ce que l'on appelle en malgache du &lt;i&gt;lasary voatabia&lt;/i&gt;, de la salade de tomates que vous pimentez ou non, suivant vos go&#251;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous procurez-vous le &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt; qu'on appelle en fran&#231;ais de la chevaquine, on n'en trouve pas &#224; Marseille, enfin, c'est tr&#232;s rare, hein ; sinon, c'est la famille de Madagascar qui nous en envoie, ou s'il y a des Malgaches qui viennent en France, ils nous en am&#232;nent et c'est gr&#226;ce &#224; eux qu'on peut se procurer de la chevaquine. Et le &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt; est aussi tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des Malgaches, dans la mesure o&#249; c'est un plat qui nous revigore : par exemple, lorsqu'une femme vient d'accoucher, on lui donne du &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt;, parce que le &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; contient du calcium et &#231;a aide &#224; monter le lait, donc elle a beaucoup de capacit&#233; pour allaiter son enfant. Ou quand une personne est malade on lui donne du &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; pour la fortifier, et &#231;a lui redonne des forces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous avez des recettes de grillades ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, cela se fait beaucoup &#224; Madagascar, surtout en hiver, les grillades sont tr&#232;s appr&#233;ci&#233;es. On fait les grillades comme on fait ici en France, les brochettes de viande de porc, de viande de b&#339;uf, aussi de crevette, &#231;a existe &#224; Madagascar : des brochettes de langoustes. Ou bien des brochettes de rognons qui sont tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s appr&#233;ci&#233;es des Malgaches. On les fait cuire sur un grill qu'on appelle &lt;i&gt;fata-pera&lt;/i&gt; en malgache. Et les Malgaches aiment bien manger ces brochettes avec du piment m&#233;lang&#233; &#224; du beurre de cacahu&#232;te. Et c'est tr&#232;s succulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour les festivit&#233;s, sert-on des plats particuliers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, par exemple la dinde : &#224; Madagascar c'est une viande rare, tr&#232;s ch&#232;re aussi, contrairement &#224; la dinde de France, parce qu'elle est &#233;lev&#233;e de fa&#231;on assez sp&#233;cifique, elle est nourrie au ma&#239;s. Et c'est une viande que l'on ach&#232;te &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du nouvel an, des mariages, des f&#234;tes religieuses comme les f&#234;tes de No&#235;l, ou les communions pour les Chr&#233;tiens. Et le &lt;i&gt;famadihana&lt;/i&gt; - c'est le retournement des morts, c'est une sorte d'exhumation parce que les Malgaches ont une croyance suivant laquelle les morts, tous les cinq ans, doivent &#234;tre retourn&#233;s : ils doivent &#234;tre exhum&#233;s et recouverts d'un nouveau linceul, pour ne pas qu'ils prennent froid dans la tombe - c'est une occasion de faire bombance, c'est-&#224;-dire de grandes f&#234;tes, de grandes c&#233;r&#233;monies, parce que c'est l'&#339;uvre des cultes des anc&#234;tres et &#224; cette occasion, on sert un plat traditionnel qui s'appelle le &lt;i&gt;vary be menaka&lt;/i&gt; ou litt&#233;ralement &#171; le riz plein d'huile &#187; : c'est de la viande de b&#339;uf, un z&#233;bu que l'on sacrifie dans le village o&#249; se d&#233;roule l'exhumation de ces morts, et le z&#233;bu ou les z&#233;bus sacrifi&#233;s vont &#234;tre offerts aux gens du village et aux invit&#233;s. Ce z&#233;bu est cuit dans une grande marmite, d&#233;coup&#233; en gros morceaux et cuit sans rien, mais c'est la graisse du z&#233;bu qui va servir &#224; rendre la cuisson parfaite. C'est servi avec de grandes assiettes de riz et c'est aussi tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des villageois malgaches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des interdits alimentaires dans la cuisine malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais ces interdits que l'on appelle des &lt;i&gt;fady&lt;/i&gt; en malgache ou tabous, varient suivant les r&#233;gions : il y a des r&#233;gions, par exemple, qui n'autorisent pas l'entr&#233;e dans leur territoire de viande de porc. Il y a des r&#233;gions dont la population ne mange pas de &lt;i&gt;ravitoto&lt;/i&gt;, par exemple. Et tous ces interdits ont une signification, hein, dont l'histoire remonte &#224; la nuit des temps. Ils donc d&#233;coulent des faits qui ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;s dans la r&#233;alit&#233; et aussi de l&#233;gendes, parfois, mais qui sont quand m&#234;me encore tr&#232;s suivis suivant la r&#233;gion o&#249; on habite, suivant l'ethnie &#224; laquelle on appartient, et m&#234;me suivant la caste &#224; laquelle on appartient, donc tout cela est tr&#232;s complexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les heures de repas sont les m&#234;mes qu'&#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les heures de repas &#224; Madagascar sont fixes et tr&#232;s r&#233;guliers. Si ici les gens ont tendance &#224; d&#238;ner assez tard, &#224; Madagascar on peut dire que les gens se l&#232;vent avec les poules et se couchent avec les poules, tr&#232;s t&#244;t : &#224; cinq heures du matin, la m&#233;nag&#232;re, la femme au foyer est d&#233;j&#224; lev&#233;e et s'occupe d&#233;j&#224; du petit-d&#233;jeuner familial. &#192; midi on mange, et il n'est pas question l&#224;-bas de manger &#224; une heure ou &#224; deux heures de l'apr&#232;s-midi : l&#224;-bas, midi c'est midi, et c'est la m&#234;me chose pour le soir : on d&#238;ne &#224; vingt heures au plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des petits-d&#233;jeuners malgaches traditionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les petits-d&#233;jeuners sp&#233;cifiquement malgaches, ce sont les &lt;i&gt;mofo gasy&lt;/i&gt; qu'on appelle en fran&#231;ais des pains malgaches : ce sont des sortes de beignets que l'on cuit avec de la farine de riz et dont la fabrication est assez complexe. Seuls les sp&#233;cialistes qui cachent bien leur recette savent les cuire et &#224; Madagascar on en cuit beaucoup. Ici aussi on peut les faire avec le f&#233;culent, avec de la cr&#232;me de riz mais c'est un peu diff&#233;rent. Il y a aussi les beignets qu'on appelle des &lt;i&gt;menakely&lt;/i&gt;, des beignets sucr&#233;s. Tandis que le mofo gasy aussi est sucr&#233; mais quand il est sal&#233;, on l&#8216;appelle le &lt;i&gt;mofo ramanonaka&lt;/i&gt;. Et ce sont des sortes de beignets qu'on mange le matin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le go&#251;ter, que servez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au go&#251;ter, on sert les beignets, on sert aussi ce que l'on appelle des &lt;i&gt;mofo sakay&lt;/i&gt;, des beignets sal&#233;s &#224; base de piment et d'ailleurs &lt;i&gt;mofo sakay&lt;/i&gt;, &#231;a veut dire &#171; pain au piment &#187;. On sert aussi aux enfants du ma&#239;s : il peut &#234;tre grill&#233;, sec aussi, qu'on fait cuire assez longtemps dans la marmite et que l'on sert en potage. Et il y a aussi le manioc, que l'on fait cuire avec du sucre et que les enfants adorent &#224; Madagascar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les caract&#233;ristiques du d&#233;jeuner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On mange le riz, blanc de pr&#233;f&#233;rence : c'est un riz que l'on fait mijoter et qui est cuit &#224; point. C'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me recette que le riz fran&#231;ais ou europ&#233;en, et le riz est accompagn&#233; de viande et de rougail, par exemple : c'est une sorte de salade de tomates, servies en tous petits morceaux et m&#233;lang&#233;es avec de l'oignon ou de la ciboulette. Et la viande, &#231;a peut &#234;tre de la viande de b&#339;uf, la viande de z&#233;bu, surtout, parce que l&#224;-bas il n'y a pas tellement de b&#339;ufs, ce sont surtout des z&#233;bus, la viande de porc, le poulet aussi et les autres volailles comme la dinde, les oies ou autres volailles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le d&#238;ner, y a-t-il des plats traditionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le riz que l'on sert au d&#238;ner la plupart du temps est cuit d'une autre mani&#232;re, parce que les Malgaches ont une discipline alimentaire qui consiste &#224; dire que le soir, il faut manger l&#233;ger, donc c'est du riz rouge, et il est cuit &#224; la fa&#231;on qu'on appelle le &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt;, que l'on fait cuire la nuit avec un peu plus d'eau que le riz blanc du midi, donc il est plus l&#233;ger de go&#251;t et il est accompagn&#233; de &lt;i&gt;kitoza&lt;/i&gt;, par exemple : c'est de la viande de porc ou de b&#339;uf fum&#233;e. On le mange aussi avec des &#339;ufs, une omelette, par exemple. On mange aussi une autre sorte de riz, le &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt;, que l'on cuit comme le riz ordinaire mais on ajoute des feuilles de br&#232;des &#233;minc&#233;es et un peu de gingembre, un petit peu de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt;, ou de chevaquine. la chevaquine se traduit en malgache par &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt;, c'est une recette typiquement malgache : le &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cuisine est une fa&#231;on de conserver ses traditions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense, oui. Lorsqu'il y a des &#233;v&#232;nements familiaux, &#224; l'occasion de d&#233;c&#232;s par exemple, on dit toujours que lorsque la personne d&#233;c&#233;d&#233;e n'est pas encore enterr&#233;e, il ne faut jamais manger des repas trop secs, il faut manger des repas avec du bouillon. C'est pour cela que l'on fait du &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;roa&lt;/i&gt;, du&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.mardicestroller.com/article682.html' class='spip_out' rel='external'&gt;ro-mazava&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, des sortes de potage qui accompagnent le riz. Donc, il y a donc une certaine tradition lorsque l'on confectionne les repas malgaches, et ces traditions sont suivies par tous les Malgaches ou du moins, la grande majorit&#233;. Chaque repas a une signification. Pour tout ce qui est donc comm&#233;moration, &#233;v&#233;nement, il y a des recettes tr&#232;s pris&#233;es. La recette traditionnelle, c'est le &lt;i&gt;henakisoa sy amalona&lt;/i&gt;, par exemple : la viande de porc cuite avec des tranches d'anguille, je vais vous donner la recette si vous voulez bien ? Vous vous procurez 500 grammes d'anguilles coup&#233;es en morceaux, 500 grammes de porc coup&#233; en morceaux, 2 tomates coup&#233;es en morceaux, une botte de ciboulette coup&#233;e finement et du sel. Vous rincez la viande, avec les morceaux d'anguilles. Dans une marmite, vous d&#233;posez les anguilles, la viande, les tomates, les ciboulettes et le sel, vous recouvrez d'eau et vous laissez cuire &#224; feu doux jusqu'&#224; &#233;vaporation compl&#232;te. Et vous servez tr&#232;s chaud avec du riz, du &lt;i&gt;ro-mazava&lt;/i&gt; et du piment, si vous supportez le piment. Vous pouvez accompagner - parce que maintenant, les Malgaches ont appris aussi &#224; appr&#233;cier le vin - ce plat d'un vin blanc. Et bien s&#251;r, le fameux accompagnement du riz est le rougail, ou bien aussi des achards de carottes et de choux. C'est une autre recette qui consiste &#224; d&#233;couper finement les carottes, le chou vert, quelques haricots verts que vous faites sauter dans une po&#234;le avec du carry, un peu d'huile, du sel et si vous voulez, un peu de piment. C'est aussi un accompagnement id&#233;al pour le riz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle occasion mangez-vous des plats malgaches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, en France ? Je mange des plats malgaches presque tous les jours, hein : je mange du riz tous les jours, je fais cuire aussi des recettes dont je vous ai parl&#233; le plus souvent possible, c'est-&#224;-dire que d&#232;s que j'ai l'occasion de recevoir du pays des ingr&#233;dients malgaches qui sont envoy&#233;s par la famille de Madagascar, h&#232;, je profite de l'occasion pour faire cuire des repas malgaches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre cuisine quotidienne est plut&#244;t malgache ou europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un peu le m&#233;lange des deux : le matin, si j'ai le temps, je me fais cuire un petit peu de &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt; que je mange avec une omelette, sinon comme tous les Fran&#231;ais, je mange une tartine beurr&#233;e avec un peu de confiture, et du th&#233; avec un peu de lait. &#192; midi, si j'ai le temps, je me confectionne des plats malgaches toujours &#224; base de riz, sinon, ben, je fais comme la majorit&#233; des gens qui habitent la France : je me confectionne des sandwichs. Et le soir, autant que possible, je m'efforce de confectionner des plats malgaches, surtout le fameux &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt; ou je prends de la soupe comme, comme font les Fran&#231;ais, avec un peu de pain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;f&#233;rez les plats malgaches aux autres cuisines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, surtout depuis que je suis arriv&#233;e en France, o&#249; manger malgache n'est pas tr&#232;s courant, j'ai tendance actuellement &#224; pr&#233;f&#233;rer les plats malgaches aux autres plats ; d'abord parce que les plats malgaches me semblent moins caloriques, hein : je suis s&#251;re que le riz vous fera moins grossir que les p&#226;tes ou les pommes de terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que repr&#233;sente la nourriture, pour vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral, pas de la nourriture malgache ? Elle nous est n&#233;cessaire pour vivre et pour nous garder en bonne sant&#233;, hein, il faut en manger, pas trop quand m&#234;me parce que, sinon, elle peut &#234;tre le contraire d'un bienfait, mais suffisamment pour nous garder en forme. Et comme le disait bien Moli&#232;re dans L'Avare : &#171; &lt;i&gt;Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote &#224; propos de cuisine ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; Madagascar, par exemple, quand on mange, on ne finit pas compl&#232;tement ; c'est un peu la coutume l&#224;-bas, &#231;a a une signification. C'&#233;tait la tradition il n'y a pas longtemps mais, &#224; cause un peu de la p&#233;nurie de riz, des difficult&#233;s que vivent les Malgaches sur le plan &#233;conomique, &#231;a a un peu chang&#233; mais il n'y a pas tr&#232;s longtemps, m&#234;me maintenant, chez les gens de la campagne, on laisse un peu de reste dans notre assiette ; c'est une marque de politesse envers celui qui nous a accueillis et nous a offert &#224; manger, en disant : &#171; &lt;i&gt;Vous m'avez tellement bien rassasi&#233; que je ne peux pas finir ce tout petit bout qui reste dans mon assiette.&lt;/i&gt; &#187; C'est la tradition, elle est un peu comique mais c'est une marque de respect envers notre h&#244;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Apprenez-vous &#224; cuisiner &#224; vos enfants ou &#224; d'autres personnes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai pas tellement eu l'occasion d'apprendre &#224; mes fils &#224; cuisiner, ce sont plut&#244;t eux qui m'ont observ&#233;e pendant que je faisais la cuisine et m&#234;me si je ne leur ai pas appris en leur donnant des cours sp&#233;ciaux, je peux &#234;tre fi&#232;re d'eux parce qu'ils r&#233;ussissent &#224; confectionner de bons plats malgaches. M&#234;me actuellement, &#224; peu pr&#232;s tous les plats dont je vous ai parl&#233;. Sinon &#224; d'autres personnes, bon, ce sont des amies ou de la famille, hein, il y a un petit truc, par exemple, pour rehausser le go&#251;t d'une recette. On se les transmet quand on va manger chez les uns ou les autres, hein, c'est surtout &#231;a, c'est pas tellement une occasion sp&#233;ciale. Ou bien m&#234;me au bureau, quand on travaille, on se transmet des recettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est lors de mes fian&#231;ailles : c'&#233;tait un repas typiquement malgache qu'avaient confectionn&#233; mes parents. Et m&#234;me le menu, compos&#233; de plats malgaches, avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; de mani&#232;re &#224; respecter la tradition : c'est assez loin dans mes souvenirs mais je me souviens que le riz qu'on avait servi avait port&#233; un nom assez po&#233;tique : &#171; &lt;i&gt;les rizi&#232;res d'Andrianampoinimerina&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire le riz tir&#233; des rizi&#232;res du dernier roi malgache qui avait v&#233;cu dans les ann&#233;es 1800. La dinde aussi avait port&#233; un nom tr&#232;s po&#233;tique, de m&#234;me que le rougail de tomates, et tous les plats que je vous ai &#233;num&#233;r&#233;s au d&#233;but. Rien que la carte, le menu m'avait d&#233;j&#224; mis l'eau &#224; la bouche, donc c'est un souvenir imp&#233;rissable dans ma m&#233;moire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 05/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les petits secrets de maman</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


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		<description>&#171; Comment j'ai appris &#224; cuisiner ? Eh bien, ma m&#232;re, en venant en France, elle a commenc&#233; dans les petits restaurants et puis en fait, ce restaurant, c'&#233;tait l'ancien restaurant de la belle-famille de ma s&#339;ur, donc ils ont refait la cuisine et ils nous l'ont laiss&#233;. De jour en jour on apprend tout, on apprend toujours un peu plus tous les jours. Mais&#8230; c'est l'habitude, apr&#232;s, je pense. &#187; Magali, 19 ans, fille des patrons du Muy Heng, quartier de la Joliette. Koinai : Quels plats servez-vous dans votre (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comment j'ai appris &#224; cuisiner ? Eh bien, ma m&#232;re, en venant en France, elle a commenc&#233; dans les petits restaurants et puis en fait, ce restaurant, c'&#233;tait l'ancien restaurant de la belle-famille de ma s&#339;ur, donc ils ont refait la cuisine et ils nous l'ont laiss&#233;. De jour en jour on apprend tout, on apprend toujours un peu plus tous les jours. Mais&#8230; c'est l'habitude, apr&#232;s, je pense. &#187; Magali, 19 ans, fille des patrons du &lt;i&gt;Muy Heng&lt;/i&gt;, quartier de la Joliette.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels plats servez-vous dans votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On sert des plats chinois et vietnamiens, mais plut&#244;t typiquement vietnamiens : les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;banh xeo&lt;/i&gt;&#8230; les trucs comme &#231;a, quoi. Les &lt;i&gt;banh xeo&lt;/i&gt; c'est une cr&#234;pe, la cr&#234;pe sa&#239;gonaise. Les gens, ils viennent presque tous pour &#231;a, pour les plats typiques vietnamiens. On a des plats saut&#233;s, comme tout le monde le fait dans tous les restaurants mais nous, on fait des plats traditionnels aussi. Y'a des recettes particuli&#232;res : le &lt;i&gt;mi sao&lt;/i&gt; - la fondue chinoise - le &lt;i&gt;nem nuong&lt;/i&gt; - c'est des petites boulettes de viande, &#224; rouler soi-m&#234;me. Oui, voil&#224;, c'est des plats traditionnels ; c'est-&#224;-dire que les gens, ils ne trouvent pas ailleurs et quand ils viennent ici, c'est comme s'ils retrouvaient un peu leur pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement, on est plut&#244;t l&#224; pour les bureaucrates, c'est-&#224;-dire dans la semaine, &#224; midi, vu que dans le quartier on a la douane, les docks, les banquiers, donc on est plut&#244;t pour eux&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Adaptez-vous la cuisine au go&#251;t europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on est vraiment asiatiques dans le go&#251;t, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les plats les plus demand&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qu'on sert le plus, c'est les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, les soupes. C'est des vermicelles, des p&#226;tes, le b&#339;uf coup&#233; en tranches, c'est&#8230; je sais pas, elle a un truc particulier, cette soupe. Elle est un peu particuli&#232;re mais en g&#233;n&#233;ral, les clients ils aiment bien. D'ailleurs on est en rupture, l&#224; ; je t&#226;cherai de m'en souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que servez-vous lors d'&#233;v&#233;nements particuliers, comme les mariages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, on fait un buffet et ils se servent tout seuls. Et on fait&#8230; comment s'appelle la salade ? C'est de la salade &#224; base de pousses de lotus &#224; l'int&#233;rieur. On fait le cochon de lait r&#244;ti, et on les met tous dans la r&#244;tisserie, quoi, pour les f&#234;tes. C'est plus facile &#224; prendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous les produits alimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ach&#232;te nos produits chez Paris Store, &#224; Plombi&#232;re, &#224; l'hypermarch&#233; asiatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il d'importer directement des produits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, en g&#233;n&#233;ral on trouve de tout, car on fait avec les moyens du bord. Non, non, on trouve de tout, ici : des produits asiatiques comme les nouilles, les p&#226;tes, les l&#233;gumes, les vermicelles&#8230; on trouve de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ustensiles utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On utilise les po&#234;les chinoises : elles sont rondes mais creuses, et c'est des po&#234;les qui ne prennent pas trop d'huile, pour &#233;viter que les plats soient gras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des trucs pour rehausser les saveurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben oui, comme on dit : chacun son petit secret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des interdits alimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Nous on n'utilise pas de bicarbonate ou des trucs comme &#231;a, donc non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous cuisine avec la client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r : s'ils nous demandent un conseil, un renseignement, on ne cache pas les choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont leurs pr&#233;f&#233;rences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, justement, c'est tr&#232;s bizarre mais m&#234;me les Europ&#233;ens, quand ils viennent manger, ils aiment les plats traditionnels de chez nous. Donc, tout ce qui est c&#244;t&#233; carte, plat c&#244;t&#233; &#231;a leur pla&#238;t pas, et ils pr&#233;f&#232;rent plut&#244;t les plats typiques de chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que sugg&#233;rez-vous &#224; vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les plats que je sugg&#232;re ? C'est plut&#244;t l'assiette de r&#244;tisserie : le porc r&#244;ti, le canard laqu&#233; et le porc laqu&#233;, vu qu'ils aiment bien manger de la viande. Un plat consistant&#8230; Je leur propose souvent l'assiette assez vari&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous r&#233;clament-ils des sp&#233;cialit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Souvent les desserts de chez nous, mais il faut commander &#224; l'avance. C'est pas des g&#226;teaux, c'est&#8230; comment on dit &#231;a en fran&#231;ais ? En fait, c'est &#224; base de lait de coco, oui, voil&#224; : &quot;la perle de coco&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ils connaissent bien vos sp&#233;cialit&#233;s ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : &#224; chaque fois ils viennent, ils viennent go&#251;ter et un peu de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;parez-vous toujours les m&#234;mes repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais non, on a une carte et c'est &#224; notre client&#232;le de choisir ce dont elle a envie de manger. Donc, s'il a envie de manger l&#233;ger, ils prennent de la salade &#224; midi et la soupe le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les plats, vous en avez combien, &#224; peu pr&#232;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire que nous, on a la carte la plus compliqu&#233;e. Elle est beaucoup plus longue que ceux des autres. Comme vous voyez, &#231;a commence ici et &#231;a finit l&#224; : un, deux, trois, quatre, cinq&#8230; six pages, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;parez les plats &#224; chaque commande ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#232;s la commande, oui. En quelques minutes. On a une po&#234;le plate et on n'a pas les feux comme sur une plaque, on a les feux tr&#232;s tr&#232;s forts pour chauffer les plats. Les plats, on ne les fait pas &#224; l'avance. Ben c'est comme nous, quand nous allons dans un restaurant, on n'aimerait pas manger quelque chose d'hier ou d'avant-hier, donc on les fait cuire d&#232;s la commande ; non, &#231;a prend deux ou trois petites minutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faites-vous aussi de la vente &#224; emporter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que viennent chercher les clients chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais qu'on est un resto plut&#244;t amical. Je veux dire, on vient ici, on se sent chez soi. Donc, je pense que les clients, ils viennent comme une habitude aussi ici, comme quand le matin je travaille et je prends un caf&#233; dans un bar, par habitude&#8230; Et puis, hein, ils aiment bien manger ici, ils nous ram&#232;nent la client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, moi je trouve que &#231;a a baiss&#233;&#8230; la client&#232;le, &#231;a a baiss&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faites-vous de la publicit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La publicit&#233; ? Non, nous on n'en fait pas. Vu que &#231;a fait dix ans qu'on est l&#224;, les gens ils nous connaissent, quand m&#234;me. On a notre client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les heures d'ouverture de votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fait 11 heures et demie &#224; 14 heures et demie, puis 19 heures &#224; 22 heures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier aimez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans la restauration ? Eh bien moi, j'aime bien la salle. En fait, j'aime tout, parce que dans la cuisine, on apprend tous les jour des petits secrets de la cuisine de maman. Sinon, dans la salle, j'aime beaucoup ce que&#8230; je veux dire par l&#224;, on a une client&#232;le ouverte. J'aime bien parler, apprendre &#224; conna&#238;tre&#8230; donc voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les aspects du m&#233;tier que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;nage&#8230; Dans la restauration, on en fait beaucoup, hein ! Rassembler toutes les tables, nettoyer les pieds, dans la cuisine tout frotter&#8230; C'est quand m&#234;me trois fois par semaine, donc c'est fatigant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il difficile de satisfaire la client&#232;le ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, en g&#233;n&#233;ral oui, mais moi, j'ai pas encore entendu de plainte. Oui, alors c'est vrai que parfois, quand il y avait la salle pleine, quand on fait deux, trois services, on commence &#224; devenir lents, l&#224; j'avoue que&#8230; mais ils comprennent parfaitement, les clients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, quelle cuisine pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En fait, j'aime bien tout mais si j'ai &#224; choisir, je pr&#233;f&#232;re la cuisine vietnamienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence notez-vous entre la cuisine vietnamienne et la cuisine fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On est plus bio, quand m&#234;me, hein ! La cuisine fran&#231;aise c'est un peu trop gras, je trouve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous cuisinez, chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. D'ailleurs, on a le restaurant en bas et la maison en haut, &#224; deux &#233;tage au-dessus, donc on mange au restaurant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre alimentation type ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, le riz&#8230; le riz et les plats cuisin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettez-vous du piment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, nous on mange piquant, dans la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sauces utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On varie, hein : on pr&#233;pare une sauce &#224; la citronnelle, un peu piquante ou nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il une sauce vietnamienne caract&#233;ristique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, quelle sauce ? Caramel, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des petits d&#233;jeuners vietnamiens sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils mangent plut&#244;t sal&#233; au petit d&#233;jeuner, les Vietnamiens. Sinon, je crois que c'est aussi la soupe de riz avec des brioches. Tout sal&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le d&#233;jeuner, le d&#238;ner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas vous dire. Moi, quand je vais au Vietnam, je les vois manger sal&#233; le matin, &#224; midi et le soir, donc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le plat vietnamien typique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est comme&#8230; en Alg&#233;rie c'est le couscous, chez nous c'est le riz. On le fait cuire avec l'autocuiseur dans de l'eau. Le riz, on le nettoie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un plat pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon plat pr&#233;f&#233;r&#233; ? Moi, j'aime toutes les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, les soupes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire, on en a beaucoup, ici : des mariages, des anniversaires, des Nouvel An&#8230; Je pourrais pas dire un pr&#233;cis&#233;ment, il y en a beaucoup en dix ans, voil&#224;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom du restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Muy Heng&lt;/i&gt;, alors &#231;a veut dire &#171; nouveau go&#251;t &#187; en chinois. En fait, on l'a gard&#233; parce que l'ancien patron l'avait mis et&#8230; c'est un petit souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 05/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les petits plats des grands travailleurs</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/les-petits-plats-des-grands</link>
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		<dc:date>2008-06-24T16:12:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Cisarova</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt; aux &quot;saucisses &#233;clat&#233;es&quot;, la nourriture solide, et bien arros&#233;e, de la R&#233;publique Tch&#232;que.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/inventaires/" rel="directory"&gt;Inventaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recette du &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; (ndlr : le fameux goulash !), c'est Jean Brun, 35 ans, qui la propose car comme son patronyme ne l'atteste pas, il est n&#233; en R&#233;publique Tch&#232;que, d'un p&#232;re fran&#231;ais et d'une m&#232;re tch&#232;que : &#171; &lt;i&gt;Dans l'enfance ? On mangeait tch&#232;que. Je me rappelle pas beaucoup, mais on mangeait tch&#232;que...&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui professeur d'anglais dans un coll&#232;ge, il vit &#224; Marseille depuis un an et demi et r&#233;v&#232;le aux papilles curieuses une cuisine peu connue dans l'Hexagone, agr&#233;ment&#233;e d'une pointe de questionnement. Sans oublier&#8230; sant&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment d&#233;crirais-tu la &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_tch&#232;que' class='spip_out' rel='external'&gt;cuisine tch&#232;que&lt;/a&gt; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est de la bonne cuisine qui est faite... je pense plut&#244;t pour des travailleurs (rire). &#199;a veut dire qu'elle est assez riche, assez... oui, pour un Fran&#231;ais, elle peut para&#238;tre lourde. Souvent, c'est de la viande avec des sauces, ou y'a des sortes de tranches de baguette avec dessus plein de petites choses comme du jambon, des cornichons, de la salade de pommes de terre... Tout &#231;a c'est d&#233;cor&#233; pour que &#231;a fasse joli, aussi... &#199;a se mange quand on invite des gens, o&#249; on en fait beaucoup, et &#224; des r&#233;ceptions juste comme &#231;a. Apr&#232;s y'a des soupes aussi, le soir ; &#231;a peut &#234;tre des soupes l&#233;g&#232;res, des bouillons avec des l&#233;gumes dedans, de la viande...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les sp&#233;cialit&#233;s de la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'en a deux ou trois et justement, c'est des plats avec de la viande et de la sauce, comme par exemple &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; : c'est une sorte de daube (rire)... Y'a aussi &lt;i&gt;rajsk&#225;&lt;/i&gt;, c'est des tranches de viande de b&#339;uf avec de la sauce tomate, et apr&#232;s y'a &lt;i&gt;sv&#237;&#269;kov&#225;&lt;/i&gt;, des tranches de b&#339;uf avec une sauce blanche &#224; la cr&#232;me fra&#238;che. Y'a aussi le plat que tout le monde dit c'est le &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.euro-info-tourisme.com/rep.tcheque/index.html' class='spip_out' rel='external'&gt;knedlo-vep&#345;o-zelo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; : c'est du cochon avec du chou et des &lt;a href='http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=32723' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt;, c'est quelque chose qui accompagne beaucoup de plats justement avec des sauces. C'est une sorte de pain bouilli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a plusieurs sortes de knedl&#237;k ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'en a plein ! Moi, j'en connais surtout deux, mais y'en a beaucoup. En fait, c'est de la farine avec de l'eau : on fait une sorte de baguette et puis on le jette dans l'eau comme des p&#226;tes, on les fait bouillir. Il y a de la farine, du pain sec dedans, un peu, des petits morceaux, des &#339;ufs, de l'eau... Y'a aussi le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; avec de la farine et des pommes de terre &#233;cras&#233;es, y'a aussi des &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; sucr&#233;s : on prend des fruits, on les emballe dans une sorte de p&#226;te et on les met dans l'eau. On les mange avec du fromage blanc, du sucre, de la confiture...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ces sp&#233;cialit&#233;s culinaires se pr&#233;parent lors d'&#233;v&#233;nements particuliers, de f&#234;tes traditionnelles ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : par exemple, &#224; No&#235;l y'a la carpe pan&#233;e avec de la salade de pommes de terre, &#231;a se mange beaucoup. Apr&#232;s y'a les escalopes pan&#233;es, &#231;a se mange comme &#231;a, en voyage (rire)... Quand on fait des voyages, on fait &#231;a automatiquement, on mange &#231;a dans la voiture, dans le train, c'est pas trop les f&#234;tes. &#192; P&#226;ques, on d&#233;core beaucoup les &#339;ufs, donc apr&#232;s on mange les &#339;ufs aussi, les &#339;ufs durs... Apr&#232;s je pense que y'a de l'agneau aussi, &#224; P&#226;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle viande les Tch&#232;ques pr&#233;f&#232;rent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est difficile ; y'en a qui pr&#233;f&#232;rent le poulet, y'en a qui pr&#233;f&#232;rent le b&#339;uf mais en g&#233;n&#233;ral, on mange beaucoup de cochon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels accompagnements sert-on avec la viande ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui les gens mangent beaucoup de p&#226;tes aussi, les pommes de terre, comme &#231;a, du riz&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ingr&#233;dients, &#233;pices ou condiments s'utilisent le plus dans la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'en a trois ou quatre ; surtout paprika, cumin&#8230; En fait le cumin, c'est du carvi parce que le cumin, c'est pas le m&#234;me ici en France. Le cumin fran&#231;ais, le cumin tch&#232;que c'est pas le m&#234;me, donc c'est le carvi tch&#232;que, marjolaine... C'est tout, y'a sel, poivre... &#199;a c'est les principaux ; apr&#232;s, bien s&#251;r, y'en a d'autres aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peux-tu trouver des ingr&#233;dients, &#233;pices ou condiments tch&#232;ques en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais oui, dans un magasin... La farine tch&#232;que, oui, y'a diff&#233;rentes sortes de farine : il y a des farines gros grains et des farines fines, et on utilise beaucoup de la farine gros grains ou bien grains moyens avec lequel on fait des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt; ou les g&#226;teaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu peux pr&#233;parer du knedl&#237;k avec de la farine fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je pense pas, non (rire)... Je n'ai jamais fait de &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; mais non, je pense pas, non non&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peux-on trouver de la farine tch&#232;que en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est assez difficile, on peut la trouver je pense, mais faut aller chez des boulangers sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il des plats tch&#232;ques qui peuvent surprendre les &#233;trangers ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral, le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; &#231;a surprend d&#233;j&#224;, et parfois avec des plats justement viande et sauce, on ajoute du sucr&#233; un peu dedans, de la chantilly et de la confiture d'airelles, par exemple. Y'a aussi&#8230; mm&#8230; &#231;a, c'est quoi&#8230; c'est une sorte de camembert qui a &#233;t&#233; mis dans de l'huile avec des diff&#233;rentes &#233;pices, diff&#233;rentes herbes ; on le laisse plusieurs jours mac&#233;rer, et puis on le mange.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la p&#226;tisserie tch&#232;que, est-elle riche, vari&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'a quelques petits g&#226;teaux ; y'a soit des grands g&#226;teaux qu'on fait &#224; anniversaire, et apr&#232;s y'a plusieurs petits g&#226;teaux qu'on ach&#232;te comme &#231;a dans les p&#226;tisseries, souvent c'est des tranches de g&#226;teau : on fait d'abord un g&#226;teau et puis on le d&#233;coupe en petits tranches. Y'a aussi plein de petits p&#226;tisseries pour No&#235;l : il y en a une vingtaine de sortes. Chaque famille fait des petits g&#226;teaux en forme d' &#233;toile, en forme de sapin, en forme de c&#339;ur avec du chocolat, avec des amandes, avec des noix, c'est joli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle boisson accompagne les plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oh ! c'est difficile, &#231;a (rire) ! Non : y'a de la &lt;a href='http://www.czechtourism.com/fre/fr/docs/interesting/gastronomy/czech-cuisine-drinks/beer/index.html' class='spip_out' rel='external'&gt;bi&#232;re&lt;/a&gt;, de la bi&#232;re et de la bi&#232;re&#8230; &#199;a peut &#234;tre du th&#233; aussi, y'a des gens qui boivent un peu de th&#233; en mangeant, y'a des gens qui boivent de l'eau avec du sirop&#8230; C'est surtout la bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles marques de bi&#232;re trouve-t-on en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les deux plus c&#233;l&#232;bres, c'est &lt;i&gt;Plze&#328;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href='http://brouette-de-bieres.com/bieres/BUDBUDBUD-Budweiser-Budvar' class='spip_out' rel='external'&gt;Budvar&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, apr&#232;s y'en a plein d'autres ; chaque petite ville, chaque village a une brasserie, donc y'en a beaucoup : y'a &lt;i&gt;Kozel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Kru&#353;ovice&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-on trouver ces bi&#232;res en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En France on trouve &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.houblon.net/spip.php?article4895' class='spip_out' rel='external'&gt;Bud&#283;jovice&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Plze&#328;&lt;/i&gt;&#8230; malheureusement, on trouve que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment as-tu appris &#224; cuisiner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas (rire)&#8230; Peut-&#234;tre parce qu'&#224; la maison, on cuisine beaucoup, donc j'ai regard&#233;, j'ai observ&#233;. Apr&#232;s, comme &#224; partir de dix-huit ans je vivais plus avec mes parents, j'&#233;tais oblig&#233; de cuisiner tout seul, donc j'ai appris ; comme j'aime bien, &#231;a m'a int&#233;ress&#233; donc j'ai lu des livres, tout &#231;a, donc j'ai appris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cuisiner, c'est une activit&#233; f&#233;minine ou masculine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est en grande partie f&#233;minin, encore, ce sont surtout les femmes qui cuisinent...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu notes une diff&#233;rence entre la France et la R&#233;publique Tch&#232;que &#224; cet &#233;gard ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En France, c'est plus ou moins pareil. &#199;a d&#233;pend, quand il y a un couple, au d&#233;but l'homme fait des efforts, il cuisine, apr&#232;s il ne cuisine plus (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est ton plat tch&#232;que pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; (rire)... parce que c'est bon, c'est &#233;pic&#233;, c'est un peu fort, relev&#233;. C'est des petits morceaux de viande de b&#339;uf dans une sauce tr&#232;s fonc&#233;e. Il faut d'abord faire revenir beaucoup d'oignons, apr&#232;s ajouter des morceaux de b&#339;uf, on fait encore revenir un petit peu, apr&#232;s on met normalement on met de l'eau mais moi, je mets de la bi&#232;re dedans. Apr&#232;s on ajoute les &#233;pices : paprika, un peu de cumin, et l&#224; on laisse mijoter un certain moment, jusqu'&#224; ce que la viande soit assez tendre. On ajoute la marjolaine, &#224; la fin du sel et poivre, bien s&#251;r, et c'est tout. Ici on le mange soit avec des pommes de terre, soit avec du riz. Normalement, moi, je ne sais pas faire des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les heures de repas sont les m&#234;mes qu'en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aahhh ! &#199;a, y'a une grande diff&#233;rence parce que d&#233;j&#224;, les repas principaux, les Tch&#232;ques ils peuvent commencer entre 11 heures et midi et le soir, surtout, c'est autour de 18 heures alors qu'ici c'est plus tard. C'est un peu comme en Angleterre, en fait, et souvent les gens qui travaillent, surtout les gros travailleurs (rire), ils ont des pauses vers 10 heures ; ils peuvent manger, par exemple, une petite soupe &#224; 10 heures, &#231;a s'appelle la &lt;i&gt;sva&#269;ina&lt;/i&gt; : une sorte de go&#251;ter mais go&#251;ter du matin, mais c'est surtout des ouvriers qui font &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il des restaurants, les Tch&#232;ques y mangent souvent ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les gens mangent beaucoup au restaurant encore parce que les restaurants ne sont pas tr&#232;s chers, relativement&#8230; Certaines personnes disent que c'est moins cher d'aller manger au restaurant que de faire les plats &#224; la maison, surtout pour une ou deux personnes, parce qu'en R&#233;publique Tch&#232;que, pour trois euros, on peut encore avoir un repas au restaurant correct, donc c'est plus facile d'aller s'assoir au restaurant, surtout &#224; midi. Apr&#232;s, le soir &#231;a change parce qu'&#224; midi, y'a des plats pas tr&#232;s chers, justement, &#231;a c'est fait pour les gens qui travaillent et le soir, apr&#232;s, ce sont des plats &#224; la carte, au menu, donc c'est plus cher le soir mais &#224; midi, c'est pas tr&#232;s cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En France, le repas repr&#233;sente un rituel culturel, il y a trois plats avec lesquels on boit diverses sortes de vin en discutant, c'est pareil en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est pas la m&#234;me chose compl&#232;tement parce que quand les gens s'invitent, en fait ils font beaucoup de choses mais c'est un peu m&#233;lang&#233; : &#231;a veut dire qu'on arrive, on peut avoir un caf&#233;, juste apr&#232;s on peut avoir des g&#226;teaux avec le caf&#233;, juste apr&#232;s on peut avoir des sortes de saucisses de Strasbourg (rire)... puis on aura les fameux &lt;i&gt;chleb&#237;&#269;ky&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire c'est des tranches de pains avec des choses dessus, puis apr&#232;s on peut reprendre des g&#226;teaux, du caf&#233; de nouveau, de la bi&#232;re &#224; tout moment&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment se passe un repas de tous les jours, dans la famille tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Quand tu es &#224; la maison, en g&#233;n&#233;ral &#231;a se passe tr&#232;s vite, on mange vite : y'a un plat, une assiette plus apr&#232;s un dessert, en plus on n'est pas oblig&#233; d'avoir un dessert, les gens mangent une assiette et c'est termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cuisine tch&#232;que a-t-elle chang&#233; avec l'ouverture des fronti&#232;res, apr&#232;s la fin de la p&#233;riode communiste ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je pense que &#231;a a beaucoup chang&#233;, surtout dans les grands villes, c'est-&#224;-dire &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Prague' class='spip_out' rel='external'&gt;Prague&lt;/a&gt; parce que les gens, bon... ils se sont modernis&#233;s, peut-&#234;tre, ils ont pris un peu l'habitude de l'Occident, ils ont chang&#233; de rythme de vie, ils ont des travails diff&#233;rents, maintenant, et en plus, physiquement, les gens ont assez chang&#233; ; les enqu&#234;tes ont montr&#233; que les gens sont beaucoup plus minces, ils sont plus sportifs, donc ils font plus attention, ils font attention &#224; l'hygi&#232;ne, donc mangent plus sainement, mais c'est vrai que &#231;a reste dans les grandes villes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les Tch&#232;ques sont-ils conservateurs concernant leur alimentation, ou aiment-ils les innovations ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut s&#233;parer deux choses : les grandes villes et la campagne et en m&#234;me temps, les jeunes et puis les gens plus &#226;g&#233;s. Dans les grandes villes, surtout, donc &#224; Prague de nouveau, les gens aiment bien innover : y'a beaucoup de nouveaux restaurants avec des buffets qui ont beaucoup de succ&#232;s o&#249; l'on trouve des sushis, des hu&#238;tres, de la cuisine exotique, &#231;a a beaucoup de succ&#232;s, des restaurants de toutes origines mais apr&#232;s, dans les villages, les gens restent assez traditionnels, ils sont assez ouverts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La nourriture &#233;trang&#232;re est populaire en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; Prague, on voit des pizzas, des kebabs ou des Mc Donald's ; y'a beaucoup de cuisine chinoise maintenant aussi, et vietnamienne, il y a beaucoup de Vietnamiens en R&#233;publique Tch&#232;que, donc, maintenant, il y a plusieurs g&#233;n&#233;rations, ils commencent &#224; cuisiner aussi et &#224; ouvrir des petits restaurants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la cuisine fran&#231;aise, est-elle appr&#233;ci&#233;e des Tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je sais pas, je sais qu'y a deux ou trois restaurants fran&#231;ais &#224; Prague mais ils sont assez chers et la cuisine fran&#231;aise, c'est toujours vu comme quelque chose d'assez snob, justement, parce qu'on sert des sp&#233;cialit&#233;s comme des cuisses de grenouilles, les hu&#238;tres, donc c'est des plats assez fins et tr&#232;s tr&#232;s chers, les prix sont comme ici. J'avais vu un menu, c'&#233;tait 600 couronnes (ndlr : 21 &#8364; environ) je crois, pour le plat, donc c'est tr&#232;s tr&#232;s cher pour les Tch&#232;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aujourd'hui, en France, on parle beaucoup de di&#233;t&#233;tique ; retrouve-t-on ce ph&#233;nom&#232;ne en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, bah, c'est un peu ce que j'ai dit tout &#224; l'heure, que les Praguois sont devenus sportifs et qu'y veulent ressembler aux personnes dans les magazines, ils font attention &#224; ce qu'ils mangent et donc, ils ach&#232;tent des biscuits di&#233;t&#233;tiques, ils mangent beaucoup de l&#233;gumes, beaucoup de fruits et ils mangent plus de choses de leur grand-m&#232;re, et je sais que les jeunes, quand ils vont &#224; la campagne chez leurs grand-parents, ils font tr&#232;s attention et souvent, ils refusent de manger ce que leurs grand-parents ont pr&#233;par&#233; ; ils disent : &#171; &lt;i&gt;Non, je mange plus &#231;a et aujourd'hui, je mange autre chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle cuisine pr&#233;f&#232;res-tu : la tch&#232;que, la fran&#231;aise, ou une autre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, j'aime bien manger, donc j'aime bien toutes les cuisines (rire) ! C'est s&#251;r que un bon plat tch&#232;que, c'est bon mais apr&#232;s, j'aime bien aussi les cuisines m&#233;diterran&#233;ennes, la cuisine o&#249; y'a beaucoup de l&#233;gumes avec de l'huile d'olive, des choses comme &#231;a. C'est vrai que &#231;a s'&#233;loigne un petit peu de la cuisine tch&#232;que, mais j'aime beaucoup les plats tch&#232;ques aussi mais maintenant, y'a pas longtemps, j'&#233;tais deux ans &#224; Prague et c'est vrai que si on mange des vrais plats tch&#232;ques tous les jours... certaines personnes en ont marre (rire) ! Mais dans tous les cas, je pense que c'est pas toujours tr&#232;s bon pour la sant&#233; parce que &#231;a peut faire grossir plus que la cuisine fran&#231;aise ou la cuisine... Dans tous les cas, pour un Fran&#231;ais qui va en R&#233;publique Tch&#232;que, si il mange que de la cuisine tch&#232;que il va grossir, automatiquement, parce qu'il n'a pas trop l'habitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce qu'elle te manque, la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas sp&#233;cialement parce que d&#233;j&#224; on en fait, par exemple chez mes parents y'en a, moi je peux faire deux ou trois petites choses mais apr&#232;s, les choses qu'on trouve pas, on ram&#232;ne un peu des r&#233;serves quand on va en R&#233;publique Tch&#232;que, par exemple des cornichons tch&#232;ques, ils sont diff&#233;rents des cornichons fran&#231;ais, ils sont plus grands et plus sucr&#233;s, ils sont pas aussi acides. Ici, ils sont connus plus sous le nom de &#171; cornichons polonais &#187;. Apr&#232;s, on ram&#232;ne de la farine, de la &lt;i&gt;&lt;a href='http://karlovy-vary.voyage-prague.com/becherovka.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Becherovka&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;... La &lt;i&gt;Becherovka&lt;/i&gt;, c'est une sorte de G&#233;n&#233;pi, c'est bon... et de la bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;pares-tu souvent des plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Souvent... oui, peut-&#234;tre une fois par semaine, je fais quelque chose qui ressemble &#224; quelque chose de tch&#232;que ; c'est pas obligatoirement tch&#232;que, mais c'est inspir&#233; tch&#232;que.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une fa&#231;on de conserver ses racines, une identit&#233; culturelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui (rire), c'est s&#251;r que la cuisine, c'est tr&#232;s li&#233; &#224; la culture... C'est un des principes : quand vous voyagez, un des principaux int&#233;r&#234;ts c'est de vous int&#233;resser d'abord &#224; la cuisine du pays, donc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cuisines-tu pour tes amis ? Aiment-ils les plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, ils aiment bien le &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as une anecdote li&#233;e &#224; la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors... y'a une tradition aussi, c'est par exemple les &lt;i&gt;bu&#345;ty&lt;/i&gt; : c'est des sortes de saucisses assez courtes et rondes, on les plante au bout d'un b&#226;ton et on les fait griller au-dessus du feu. On les mange avec de la moutarde &#224; l'ancienne et du pain, &#231;a se fait beaucoup le soir en &#233;t&#233;, ou quand on va faire des excursions de plusieurs jours, donc on prend &#231;a et pendant le camping... et un jour, justement, j'&#233;tais avec un copain fran&#231;ais, on a mang&#233; &#231;a &#224; la fronti&#232;re autrichienne o&#249; on &#233;tait encore en R&#233;publique Tch&#232;que. On campait, donc j'avais sorti &#231;a sans faire attention, sans dire que c'&#233;tait quelque chose de sp&#233;cial ; j'ai pr&#233;par&#233; un feu dans la for&#234;t parce qu'on campait dans la for&#234;t, et lui regardait &#231;a et il &#233;tait tout surpris (rire)... et il se disait : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi ? Qu'est-ce que c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187; Il avait peur que la police arrive, mais j'ai dit : &#171; &lt;i&gt;Non, &#231;a va, c'est normal !&lt;/i&gt; &#187; Il en parle aujourd'hui encore, quand elles br&#251;lent, quand elles se grillent, elles &#233;clatent un peu, donc il appelle toujours &#231;a &#171; les saucisses &#233;clat&#233;es &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un restaurant tch&#232;que &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas... Je n'en connais pas, je sais qu'un jour, j'ai entendu qu'il y'avait une personne dans un bar qui faisait un plat tch&#232;que parce que peut-&#234;tre il est un peu tch&#232;que, mais sinon je sais pas... je pense pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu en connais un, en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non... pas de restaurant tch&#232;que en France. On va les fabriquer... on va les cr&#233;er !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Julie Cisarova le 18/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les interdits alimentaires</title>
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		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


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		<description>Un certain nombre de chercheurs s'accordent &#224; analyser les interdits alimentaires en termes de m&#233;canisme d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, dont les rouages bien huil&#233;s fonctionnent pour produire une d&#233;marcation entre &#171; nous et les autres &#187; (Tzvetan Todorov). Parall&#232;lement, si ces cat&#233;gories sont maintenues par des r&#232;gles d'&#233;vitement et des ch&#226;timents, c'est avant tout pour assurer l'ordre social &#233;tabli... Dans la pratique, les usagers ne savent pas toujours pourquoi il est interdit dans son groupe de r&#233;f&#233;rence de ne (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre de chercheurs s'accordent &#224; analyser les interdits alimentaires en termes de m&#233;canisme d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, dont les rouages bien huil&#233;s fonctionnent pour produire une d&#233;marcation entre &#171; nous et les autres &#187; (Tzvetan Todorov). Parall&#232;lement, si ces cat&#233;gories sont maintenues par des r&#232;gles d'&#233;vitement et des ch&#226;timents, c'est avant tout pour assurer l'ordre social &#233;tabli...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la pratique, les usagers ne savent pas toujours pourquoi il est interdit dans son groupe de r&#233;f&#233;rence de ne pas consommer tel aliment. Prenons l'exemple de l'interdit port&#233; sur la viande de porc en islam. Parmi les musulmans, certains le justifient par une th&#233;orie hygi&#233;niste. Parmi eux, les savants musulmans r&#233;pondent, &#224; la question de savoir pourquoi le porc est formellement interdit, qu'il est une source de nocivit&#233; ou de maladies, ignor&#233;es jusqu'alors, mais dont on aura un jour l'explication. Le proph&#232;te aurait transmis ce principe de pr&#233;caution, visionnaire avant l'heure des &#171; maladies animalement transmissibles &#187;. Pour d'autres musulmans, une seule partie de l'animal serait proscrite mais, ne sachant pas laquelle, l'interdit est port&#233; sur l'animal entier. D'autres encore rapportent qu'un porc aurait fait tomber de cheval le proph&#232;te, qui aurait jet&#233; ses foudres sur l'animal. Mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;ral, la proscription de la viande de porc est justifi&#233;e par l'interdit &#233;dict&#233; par le Coran : &#171; C'est comme &#231;a, Dieu l'a voulu. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le tabou, loin d'&#234;tre incompr&#233;hensible, est le souci intelligible de prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; contre des comportements qui la d&#233;truiraient (M. Douglas). Les interdits alimentaires sont une contribution &#224; la sauvegarde de l'ordre social. Le corps &#233;tant le miroir de la soci&#233;t&#233;, la crainte de la &quot;souillure&quot; est, selon Mary Douglas, un syst&#232;me de protection symbolique de l'ordre culturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quel ordre s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'adh&#233;sion et la coh&#233;sion du &#171; nous &#187; s'&#233;laborent par le partage de valeurs et de pratiques collectives. Cette appartenance est notamment marqu&#233;e par le respect de proscriptions alimentaires. Toute culture fixe un ordre du mangeable et du non mangeable qui, pas toujours explicite, s'impose n&#233;anmoins &#224; ceux qui y participent. D&#233;cider qu'un animal ou un v&#233;g&#233;tal puissent &#234;tre pr&#233;par&#233;s et consomm&#233;s rel&#232;ve d'un syst&#232;me de repr&#233;sentations collectives partag&#233;es. Ces prohibitions sont autant de signes d'appartenance propres au groupe de r&#233;f&#233;rence. Ces &#233;l&#233;ments impos&#233;s socialement, qui fa&#231;onnent le comportement alimentaire, peuvent influencer des r&#233;actions physiologiques de l'individu : d&#233;go&#251;t, naus&#233;e. Selon Mary Douglas, la menace d'une pollution g&#233;n&#233;rale serait une arme qui permettrait la coercition mutuelle.
Lorsque le groupe dans lequel ils sont prescrits est en contact avec d'autres distincts, les interdits alimentaires sont mis en avant voire exacerb&#233;s. Ces lignes de partage, dont le sentiment de danger est associ&#233; &#224; l'id&#233;e de proximit&#233; (Benkheira 1995), s&#233;parent les groupes antagonistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les salari&#233;s de R&#233;surgences ont cherch&#233; &#224; comprendre les interdits alimentaires d'ordre religieux (juda&#239;sme, islam) et id&#233;ologique (v&#233;g&#233;tarisme). En interrogeant les employ&#233;s de boucheries hallal ou de magasins de produits biologiques, &#224; la sortie de la synagogue rue Breteuil ou encore au march&#233; des Capucins, ils ont recueilli des t&#233;moignages, des avis, autrement dit, des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; la question des interdits alimentaires. Les proscriptions alimentaires des juifs sont complexes mais explicit&#233;es (dans les textes et par les pratiquants), tandis que celles des musulmans, bien que num&#233;riquement r&#233;duites, ne font pas l'objet d'explication pr&#233;cise. Le porc est textuellement interdit, en revanche la consommation d'alcool, associ&#233;e &#224; un exc&#232;s in&#233;luctable, est moins interdite par le Coran que par la jurisprudence musulmane. Quant aux v&#233;g&#233;tariens, la proscription concernant les produits animaux, industriels ou encore v&#233;g&#233;taux cultiv&#233;s avec pesticides est un choix individuel. Aliment&#233; strictement de fruits et de l&#233;gumes issus de l'agriculture biologique, un corps est plus &#8220;sain et r&#233;sistant&#8221; et prot&#233;g&#233; contre les maladies transmissibles par l'ingestion de volaille ou d'animal contamin&#233;s. Le tofu, base alimentaire de soja, est le principal apport en prot&#233;ines. Cette &#8220;hygi&#232;ne de vie&#8221; alimentaire est le plus souvent transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration pour un bien-&#234;tre collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sens premier des interdits alimentaires est donc &#224; analyser en termes de sentiment d'adh&#233;sion - faire partie d'un groupe, dont il faut maintenir l'ordre - et de coh&#233;sion - partager collectivement des m&#234;mes valeurs - qu'il procure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le march&#233; des Capucins</title>
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		<dc:date>2004-08-25T15:08:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


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		<dc:subject>Nostalgie</dc:subject>
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		<dc:subject>053. Noailles</dc:subject>

		<description>Cet article propose d'aborder bri&#232;vement une s&#233;rie d'approches sur le march&#233; des Capucins, dans le quartier de Noailles &#224; Marseille, telles que l'histoire architecturale et l'urbanit&#233; contemporaine du lieu ou encore, la sociabilit&#233; actuelle, &#224; travers les relations interculturelles entre les diff&#233;rents acteurs qui animent cet espace bouillonnant. Autrement dit, qu'est-ce qui fait la singularit&#233; humaine et marchande de ce petit quartier de l'hyper centre de Marseille, plaque tournante des flux migratoires (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article propose d'aborder bri&#232;vement une s&#233;rie d'approches sur le march&#233; des Capucins, dans le quartier de Noailles &#224; Marseille, telles que l'histoire architecturale et l'urbanit&#233; contemporaine du lieu ou encore, la sociabilit&#233; actuelle, &#224; travers les relations interculturelles entre les diff&#233;rents acteurs qui animent cet espace bouillonnant. Autrement dit, qu'est-ce qui fait la singularit&#233; humaine et marchande de ce petit quartier de l'hyper centre de Marseille, plaque tournante des flux migratoires qui fa&#231;onne la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est au chevalier De Noailles, qui occupait un superbe h&#244;tel dont il reste aujourd'hui un balcon en fer forg&#233; et une fontaine en forme de vasque visibles dans la cour de l'immeuble situ&#233; au n&#176;13 du march&#233; des Capucins, que le quartier doit son nom.
L'urbanisation du quartier de Noailles commence v&#233;ritablement &#224; partir du XVIIe si&#232;cle, le long d'une voie de communication du nom de &#8220;Chemin d'Aubagne&#8221;. Toutefois, les archives municipales nous apprennent qu'en 1579, lors d'un voyage &#224; Marseille, la reine m&#232;re Catherine de M&#233;dicis, protectrice des Capucins (des religieux r&#233;form&#233;s de l'ordre de Saint Fran&#231;ois), souhaita installer dignement ceux de Marseille en faisant &#233;difier pour eux un couvent. A la fin du XVIIIe si&#232;cle, il abritera en plus d'une pharmacie, d'un jardin botanique et d'une collection d'histoire naturelle, une manufacture de draps qui fournissait tous les Capucins de Provence. Ce couvent fut &#233;difi&#233; &#224; l'emplacement de l'actuel march&#233; des Capucins et mis en vente puis d&#233;moli peu apr&#232;s la r&#233;volution. Il n'en reste aujourd'hui que l'&#233;glise, situ&#233;e derri&#232;re l'actuelle gare de l'Est, consacr&#233;e en 1694 par Mgr de Vintimille, apr&#232;s avoir remplac&#233; une premi&#232;re &#233;glise trop petite datant de 1611.
La d&#233;molition du couvent fait place &#224; un march&#233; en plein air qui, au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, se sp&#233;cialise dans la vente de volailles et de l&#233;gumes, jusqu'&#224; ce que la ville d&#233;cide d'&#233;difier une halle &#8220;&#224; volaille&#8221; en 1835. Joseph Pap&#232;re en est l'investigateur financier. N&#233; d'un p&#232;re italien pauvre, J. Pap&#232;re s'&#233;tablit comme commis chez un quincaillier de Noailles. Au d&#233;c&#232;s de celui-ci, Pap&#232;re lui succ&#232;de, fait fortune et devient propri&#233;taire de plusieurs immeubles. Le projet de la halle ne fait pas l'unanimit&#233;, d'autant que lors de la construction, &#224; partir de 1837, la corniche de l'&#233;difice ne tarde pas &#224; s'&#233;crouler. Un journal local titre &#8220;La corniche des cornichons&#8221;, un article qui s'en prend aux membres du Conseil Municipal. Toutefois la construction de la halle s'ach&#232;ve en 1839, devient une bourse du travail en 1887, avant d'&#234;tre d&#233;molie &#224; la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, dans la partie haute de la place, la ville &#233;difie fin XIXe le hall de la gare de l'Est, d'o&#249; sera creus&#233; un tunnel long de pr&#232;s de 700 m., de la gare jusqu'&#224; La plaine (place Jean Jaur&#232;s). Un train &#224; vapeur, mis en service par la Compagnie de la gare de l'Est en 1893, fait la liaison de trois kilom&#232;tres de la nouvelle gare jusqu'&#224; celle de la Blancarde et au cimeti&#232;re St Pierre. La gare de l'Est deviendra &#8220;mixte&#8221; (m&#233;tro et tramway) en 1984. La station de m&#233;tro &#8220;Noailles&#8221;, implant&#233;e dans la gare de l'Est, h&#233;berge un mus&#233;e (Galerie), qui retrace l'histoire des transports marseillais, depuis le premier omnibus &#224; cheval jusqu'&#224; l'actuel m&#233;tro.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche urbaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le quartier de Noailles souffre d'une image n&#233;gative aupr&#232;s des habitants, des commer&#231;ants et d'une grande partie de la population marseillaise.
D'une part, la salet&#233; des rues et des places due au d&#233;p&#244;t d'ordures qui s'y trouvent n'est pas des plus accueillantes. En effet, les d&#233;chets organiques n&#233;cessitent un traitement sp&#233;cial que la municipalit&#233; ne se r&#233;sout pas ou trop peu &#224; solutionner. Malgr&#233; des containers install&#233;s entre 2000 et 2001 (en partie retir&#233;s lors de la r&#233;habilitation), la salet&#233; des places (en particulier place des halles Charles de la Croix) et des rues demeure. Des efforts sont n&#233;anmoins faits : les services de nettoyage passent plus r&#233;guli&#232;rement depuis quelques mois. La mauvaise gestion de la propret&#233; est due &#224; un service public d&#233;faillant et &#224; un manque d'informations (sensibilisation de la population au probl&#232;me) d'apr&#232;s le Collectif Ombre et lumi&#232;re (regroupement d'habitants et de commer&#231;ants du quartier) qui ne cesse depuis plusieurs ann&#233;es de proposer id&#233;es et r&#233;flexions &#224; ce sujet. L'association (&lt;a href='http://www.centrevillepourtous.asso.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.centrevillepourtous.asso.fr&lt;/a&gt;) r&#233;fl&#233;chit et agit sur diff&#233;rentes probl&#233;matiques li&#233;es au quartier : suivi des projets immobiliers, probl&#232;mes li&#233;s au logement, &#224; la pr&#233;sence d'usagers de drogues ou encore &#224; l'installation de vid&#233;osurveillance. Malgr&#233; des atouts (centralit&#233;, commerces), le quartier de Noailles ne fait pas v&#233;ritablement l'objet d'attentions publiques : implantation d'&#233;quipements, entretien des espaces publics... sont peu nombreux voire inexistants. N&#233;anmoins, un PRI (p&#233;rim&#232;tre de restauration immobili&#232;re) a &#233;t&#233; r&#233;cemment &#233;tabli par la ville, dans le cadre de la requalification de l'hyper centre de la ville et dans le but de transformer les conditions d'habitabilit&#233; de l'habitat d&#233;grad&#233;. Les propri&#233;taires doivent alors effectuer les travaux dans un d&#233;lai de deux ans, sans quoi ils risquent l'expropriation. Si la perspective para&#238;t b&#233;n&#233;fique, les probl&#232;mes de traitement in&#233;gal du tissu urbain ou encore d'expulsion sans relogement des populations sont latents. De plus, la Mairie a eu pour projet d'ouvrir les rues Longue et Vacon &#224; la circulation automobile. Cette annonce a sem&#233; la col&#232;re, notamment aupr&#232;s des commer&#231;ants qui ont bloqu&#233; les travaux. Un compromis a &#233;t&#233; trouv&#233; entre eux et la ville qui s'engage &#224; laisser ces rues pi&#233;tonnes pendant six mois si les premiers veillent &#224; entretenir leur cadre de vie. Laisser circuler les voitures au d&#233;triment des pi&#233;tons condamnerait l'activit&#233; commerciale et touristique du &#8220;souk&#8221; haut en couleurs de Marseille. D'autre part, les vendeurs &#224; la sauvette et la petite d&#233;linquance (vols &#224; l'arrach&#233;e) agissent aussi sur l'image n&#233;gative du quartier. Les commer&#231;ants s'en plaignent (tandis qu'eux &#8220;payent des taxes&#8221;, les vendeurs &#224; la sauvette &#8220;gagnent bien leur vie !&#8221;) et peu sont convaincus du syst&#232;me de vid&#233;osurveillance install&#233; &#8220;&#224; l'essai&#8221; pour faire dispara&#238;tre (d&#233;placer ?) ces vendeurs &#8220;ill&#233;gaux&#8221; ou lutter contre la petite d&#233;linquance. N&#233;anmoins, bien qu'elle n'ait pas disparu, la pr&#233;sence de toxicomanes a diminu&#233; &#224; Noailles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche &#233;conomique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un quartier d'affaires devenu populaire et r&#233;duit aux commerces principalement alimentaires...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusque dans les ann&#233;es 70, les commer&#231;ants d'antan (bottiers, tripiers, liquoristes, corsetiers...) occupaient l'espace marchand du quartier. Une fois partis &#224; la retraite, ils n'ont pas &#233;t&#233; remplac&#233;s [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Hormis la &#8220;maison&#8221; d'antan et d'origine, le Jardin de Blaise, commun&#233;ment (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et les valeurs fonci&#232;res ont chut&#233; jusqu'&#224; un renouveau, une dizaine d'ann&#233;es plus tard, lorsque des entrepreneurs nord-africains puis ouest-africains et asiatiques ont install&#233; leurs &#233;tals de produits marchands ou import&#233;s. D&#232;s lors, Noailles, &#8220;point phare des &#233;conomies et des sociabilit&#233;s&#8221; (Marie Sengel), offre des perspectives commerciales pour les entrepreneurs &#233;trangers. La gestion d'un commerce, gage de r&#233;ussite, permet autant d'&#233;changes marchands que sociaux et au-del&#224;, manifeste le signe d'une prosp&#233;rit&#233; sociale et &#233;conomique. A propos des entrepreneurs d'Afrique subsaharienne, Marie Sengel montre qu'ils acqui&#232;rent, d'une certaine mani&#232;re, le statut d'a&#238;n&#233;s, c'est-&#224;-dire qu'ils se retrouvent autant en position de m&#233;diateurs professionnels, financiers, culturels ou encore matrimoniaux, qu'ils g&#232;rent les conflits et sont sollicit&#233;s pour r&#233;soudre les probl&#232;mes. Ces commerces sont par ailleurs un lien entretenu avec sa culture d'origine, un espace de libert&#233; dans chacune des soci&#233;t&#233;s d'origine et de migration vers une individualisation peu courante dans une repr&#233;sentation collective de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant la client&#232;le, le plus souvent des migrants et leurs descendants, elle trouve dans les commerces de Noailles les produits indispensables, vendus &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence, pour cuisiner (produits alimentaires, &#233;pices et condiments) ou se coiffer (panels de produits capillaires) et une sociabilit&#233; qui rappelle celle du pays d'origine. Des restaurants, des boutiques de tissus et d'objets artisanaux, des tailleurs (Mourides) et des coiffeurs (de plus en plus f&#233;minins) s'installent pour une client&#232;le d'usagers ou de curieux. N&#233;anmoins, les commer&#231;ants et notamment les &#233;piciers se plaignent d'une chute de leur chiffre d'affaire, qu'ils imputent &#224; un climat d&#233;l&#233;t&#232;re, &#224; une certaine &#8220;anarchie&#8221; du quartier et &#224; la concurrence des grandes surfaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Noailles, les commerces (formels et informels) proposent une diversit&#233; singuli&#232;re de marchandises et de services, des sp&#233;cificit&#233;s qui r&#233;pondent notamment aux besoins des populations migrantes : fruits, l&#233;gumes et tubercules [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='parmi lesquels igname, manioc, gombo, tarot, patate douce, banane plantain, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], viandes et volailles (on y trouve aussi un abattoir hallal), poissons [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='M&#233;rou, capitaine, barracuda, requin, tassergal, tilopia, courbine, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], &#233;pices et condiments [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Piments, menthe, coriandre, curcuma, colombo, gingembre, cannelle, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], graines, pains, pizza, cosm&#233;tiques et coiffeurs, textiles et tailleurs, artisanat, bijouterie et horlogerie, parfumerie, presse et librairie sp&#233;cialis&#233;e (islam), bazars, friperie et puces, cigarettes de contrebande, hammam, bars et restaurants, taxiphones, etc. Il s'agit v&#233;ritablement d'un &#8220;centre commercial&#8221; o&#249; un large choix de produits import&#233;s r&#233;pond aux besoins des populations migrantes.
La pluralit&#233; des appartenances culturelles, qu'il s'agisse des g&#233;rants, des employ&#233;s ou des clients, est &#224; l'image de celle des produits : ils sont Marocains, Alg&#233;riens, Tunisiens, Africains (S&#233;n&#233;galais, Ivoiriens, etc.), Europ&#233;ens, Antillais, R&#233;unionnais, Malgaches, Comoriens, Turcs, Libanais, Vietnamiens, Indiens...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche interculturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se qui avance un d&#233;coupage &#8220;ethnique&#8221; des commer&#231;ants du quartier de Noailles (les salons de cosm&#233;tiques et capillaires africaines rues Rouvi&#232;re, de l'Acad&#233;mie et Pollak, les primeurs asiatiques place Halles de la Croix ou encore, les commerces alimentaires tenus par des Maghr&#233;bins ou des Turcs rue Longue des Capucins) appelle &#224; &#234;tre nuanc&#233;e. Certains secteurs sont en effet occup&#233;s par des commer&#231;ants de m&#234;me appartenance culturelle, tandis que d'autres composent entre, par exemple, Africains du Nord et de l'Ouest (rue du mus&#233;e), entre Asiatiques et Afrique du Nord (rue de l'Acad&#233;mie). Quant &#224; la client&#232;le, les appartenances culturelles s'&#233;parpillent en fonction des marchandises, des arrivages et des prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi d'autres associations du quartier de Noailles, comme le Collectif Ombre et Lumi&#232;re (cf. supra), on trouve ETZ (Esclavage Tol&#233;rance Z&#233;ro, &lt;a href='http://www.esclavage-stop.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.esclavage-stop.org&lt;/a&gt;) qui s'&#233;vertue &#224; abolir l'esclavagisme moderne, le plus souvent f&#233;minin et domestique. Sans pouvoir accueillir mat&#233;riellement les victimes sinon en les pla&#231;ant dans quelques familles d'accueil volontaires, l'association est en mesure de soigner, de conseiller juridiquement et d'accompagner socialement.
L'association des Bantous (du nom d'une ethnie centrafricaine) accueille les migrants centrafricains en organisant des f&#234;tes ou des r&#233;unions (notamment de pr&#233;vention MST) et vient en aide (collectes de v&#234;tements ou de m&#233;dicaments) aux pays d'Afrique centrale. Le quartier h&#233;berge aussi l'association alg&#233;rienne pour la jeunesse, ainsi qu'une &#233;glise &#233;vang&#233;lique libre H&#244;i Thanh Tin L&#224;nh (protestants vietnamiens) et l'antenne Noailles, l'annexe du centre social Cours Julien, qui travaille avec les associations locales et le public du quartier (informations, conseils juridiques...) pour venir en aide aux habitants en difficult&#233; ou pour proposer diverses animations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Hormis la &#8220;maison&#8221; d'antan et d'origine, le Jardin de Blaise, commun&#233;ment appel&#233; &#8220;le p&#232;re Blaise&#8221;, qui jouit depuis la rue M&#233;olan d'une r&#233;putation internationale et qui propose depuis 1815 des produits (bruts ou transform&#233;s) issus de plantes et autres substances v&#233;g&#233;tales curatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] parmi lesquels igname, manioc, gombo, tarot, patate douce, banane plantain, papaye, tamarin, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] M&#233;rou, capitaine, barracuda, requin, tassergal, tilopia, courbine, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Piments, menthe, coriandre, curcuma, colombo, gingembre, cannelle, tandoori, cardamome, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je remercie Joseph Ouazana pour ces longues heures pass&#233;es &#224; &#233;plucher les archives municipales, Salima Tallas, Amina Hamadi et Laurent Marcellin pour avoir arpent&#233; les rues trop chaudes du quartier de Noailles, &#224; recueillir les pr&#233;cieuses informations empiriques n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration de cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Asie gourmande</title>
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		<dc:date>2005-03-16T12:59:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Marcellin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
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		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>article de synthese</dc:subject>
		<dc:subject>008. Belle de Mai</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Visite de supermarch&#233;s asiatiques &#224; Marseille.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article-de-synthese" rel="tag"&gt;article de synthese&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/belle-de-mai" rel="tag"&gt;008. Belle de Mai&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 17 juin 2004 : sous la houlette de Julie, anthropologue en chef, six documentalistes de Koinai d&#233;barquent dans les grandes surfaces asiatiques du boulevard de Plombi&#232;res. Leur but ? Vous donner une id&#233;e de la nourriture que vous pourrez y trouver, s'il vous prend l'envie d'y aller faire vos courses...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, &lt;i&gt;Paris Store&lt;/i&gt;, dans le centre commercial Asiane III.
Celui-ci ressemble &#224; n'importe quel supermarch&#233; de Marseille ou d'ailleurs : vous y trouverez les m&#234;mes produits de grande consommation. M&#234;mes produits, m&#234;mes rayons. Mais en prime, vous d&#233;couvrirez plein de produits typiquement asiatiques comme des articles de f&#234;te (encens, bougies, d&#233;corations, etc.), de la vaisselle et des ustensiles de cuisine ad hoc (paniers vapeur en bambou, en rotin ou en inox, bols, hachoirs, baguettes...) et de la nourriture asiatique en abondance, ainsi que des produits africains ou antillais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me magasin visit&#233;, &lt;i&gt;Promo Asie&lt;/i&gt;, est, quant &#224; lui, une &#233;picerie asiatique de taille plus modeste, mais offre un choix tr&#232;s impressionnant, m&#234;me s'il ne semble pas y avoir de surgel&#233; ni de rayon frais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Naturellement, les produits alimentaires asiatiques propos&#233;s sont globalement comparables. Ce qui frappe d'embl&#233;e, c'est l'omnipr&#233;sence des sauces, g&#233;n&#233;ralement &#224; base de soja ferment&#233; (comme les sauces pour sushi et sashimi ou la sauce Hoi, piment&#233;e) ou de poisson (notamment le nuoc mam, &#224; base d'anchois ou une autre &#224; base de poisson &#171; t&#234;te de serpent &#187;), sans oublier des sauces pour rouleaux de printemps ou pour hu&#238;tres, et m&#234;me de la sauce graine africaine (&#224; base de jus de palmier et d'&#233;pices).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve beaucoup de produits en saumure ou au vinaigre, des aliments &#224; base de farines de riz, de soja ou de manioc, d'&#233;pices ou de s&#233;same, des jus de fruits exotiques et des alcools orientaux, des viandes et poissons s&#233;ch&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons fait quelques rencontres d'un autre type d'objets alimentaires non identifi&#233;s. En voici quelques-uns pour vous mettre en app&#233;tit : g&#226;teaux de manioc ou de soja, aux haricots rouges ou &#224; la noix de coco, feuilles de moutarde ou de tamarin, radicelles de lotus, santol, ma-kok (apparemment, ces deux derniers sont des fruits), boissons &#224; base de chrysanth&#232;mes, de dioscore&#230;, de n&#233;flier, d'aloe vera, de graines de basilic, de sala, d'hibiscus, de rose ou de ginseng mac&#233;r&#233;, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, n'oublions pas le sat&#233;, un condiment &#224; base d'&#233;pices, de s&#233;same, de crevettes et de cacahu&#232;tes entre autres ingr&#233;dients, et qui servira aussi bien &#224; faire des barbecues, des soupes ou des sauces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les prix sont tr&#232;s abordables, puisque nombre d'articles co&#251;tent moins d'un euro !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si cet article vous laisse sur votre faim, c'est parce qu'on n'avait pas toute la matin&#233;e devant nous (il fallait bien qu'on mange nous aussi !) Mais il ne tient qu'&#224; vous de d&#233;couvrir plus avant les richesses de la gastronomie asiatique en y allant fl&#226;ner &#224; l'occasion.
Bon app&#233;tit !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des produits qui viennent&#8230; d'un peu de partout !</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/des-produits-qui-viennent-d-un-peu</link>
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		<dc:date>2007-11-23T16:24:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>053. Noailles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;picerie orientale propose l&#233;gumes et fruits secs, &#233;pices, th&#233;s, encens, avec un peu de personnel pour clients connaisseurs : commerce alimentaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/independance" rel="tag"&gt;ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/noailles" rel="tag"&gt;053. Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon pr&#233;nom c'est Ali, et mon nom de famille c'est Adonassan. L'&#226;ge, j'ai quarante et un. Depuis quand que je travaille ici ? &#199;a fait dix-huit ans que je travaille l&#224;. On vend &#224; peu pr&#232;s tout sur l'alimentation : un peu sur le th&#233;, les encens, de l'alimentation, que ce soit les fruits secs, que ce soit les l&#233;gumes secs. &#187; &#192; l'Univers Alimentaire, rue d'Aubagne, petits sourires et petits conseils du vendeur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : La plupart des produits que vous vendez sont orientaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En majorit&#233;, les &#233;pices viennent un peu de l'Inde, de La R&#233;union, un peu des Comores, les p&#226;tes viennent un peu de partout, les th&#233;s viennent un peu de Ceylan et de l'Inde, les encens viennent un peu de Chine, les noix, les amandes, les pistaches viennent d'Iran, viennent de Californie les l&#233;gumes secs. En fait, il y a beaucoup de choses qui viennent de partout, mais du Moyen-Orient, peut-&#234;tre un peu, certains, mais pas beaucoup, hein. D'autres produits autres, oui ! On en vend&#8230; des produits &quot;caviar &quot; par exemple, des produits de Tahiti, des pois du Cap, de un peu de partout, tout m'int&#233;resse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez aussi des produits occidentaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r : on vend des caf&#233;s qui sont des produits occidentaux, la confiture qu'on voit d'ici, on vend les haricots avant tout, oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment choisissez-vous ces produits ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comment choisir les produits ? &#199;a d&#233;pend en fait des clients qui passent. &#199;a, il y a des clients o&#249; l'on peut s'investir, on se dit que &#231;a c'est un client qu'on peut fid&#233;liser, eh ben on leur importe un peu des produits qui peuvent &#234;tre originaux pour d'autres personnes, et qui peuvent aussi les habituer, qui peuvent un peu rendre le magasin original.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les produits les plus demand&#233;s ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils demandent ce que j'ai dans le magasin. Pratiquement tout&#8230; Il y en a qui viendra pour &#231;a, l'autre pour l'autre, mais il n'y rien &#224; n&#233;gliger. Tout est important chez moi, tout le monde a sa place : chaque &#233;pice, chaque encens, chaque l&#233;gume sec, il n'y a pas un qui peut &#234;tre favori ou pas favori ; tout est bon et tout est n&#233;gociable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits alimentaires ont-ils &#233;volu&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le m&#234;me, hein ; que ce soit le riz, que ce soit le couscous, le pois chiche, c'est le m&#234;me produit. Dix-huit ans que je suis l&#224; et &#231;a n'a pas chang&#233; de place&#8230; Non, il n'y a pas d'autres qui ont chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a&#8230; beaucoup de clients europ&#233;ens, oui, europ&#233;ens &#231;a veut dire aussi marseillais, je dis pour tous Europ&#233;ens. Les Maghr&#233;bins, je ne dois en avoir que 10 % de mes clients, mais les 90 % ce sont des Europ&#233;ens. Je ne peux pas vous dire que ce sont des m&#233;tis, mais qui doivent avoir des parents ou un grand-p&#232;re vraiment qui est dans notre coin. Bon, Marseille en g&#233;n&#233;ral, tu sais, ce n'est que des m&#233;tissages&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ont-ils des demandes sp&#233;cifiques ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sp&#233;cifiques ? Non, non&#8230;Tout y est exactement, je fais tout pour avoir tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les conseillez-vous ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! oui, ma foi, c'est ce qui le diff&#233;rencie des autres magasins, c'est &#231;a qui les am&#232;ne ici, c'est &#231;a qui les fid&#233;lise : les petits sourires, les petits conseils. Il faut les chouchouter, on est cinquante millions de magasins, l&#224;, &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, il faut faire un peu la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos relations avec la client&#232;le ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Professionnelles, bien s&#251;r&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous parlez cuisine avec vos clients ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, obligatoirement, pour leur dire comment on travaille tel condiment, comment la mettre cette &#233;pice au dernier moment, comment boire cette tisane&#8230; oui, oui. &#199;a, c'est de la cardamome : c'est pour corser, pour donner un peu de go&#251;t, pour parfumer les plats sucr&#233;s ou sal&#233;s. On en met nous &#224; Djibouti dans le th&#233;, dans le caf&#233;, dans le riz, un peu de partout&#8230; C'est excitant quand m&#234;me, on sait. C'est le m&#234;me genre que le noix de muscade, mais &#231;a n'a rien &#224; voir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Leur faites-vous d&#233;couvrir de nouvelles saveurs, de nouveaux produits ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne veux pas vous mentir, des fois je ne m'attarde pas l&#224;-dessus, mais &#231;a d&#233;pend avec qui est en face : si c'est un bon client qui m&#233;rite beaucoup d'attention, bien s&#251;r que tu le fid&#233;lises en parlant d'autre chose mais, de temps en temps, hein, c'est rare. Il y a un peu du personnel l&#224;-dedans, c'est important. La client&#232;le est connaisseuse, mais elle demande toujours, elle aime toujours avoir d'autres conseils par un autre professionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Notez-vous une relation entre le prix des produits et les pratiques alimentaires ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vous voulez dire que si la client&#232;le remarque une augmentation&#8230; Oui, y'en a qui le disent mais y'en a qui ne le fait pas. Une fois qu'ils sont dorlot&#233;s par Ali Baba, ils oublient les prix, ils ne font pas attention. Ils ne viennent pas pour le prix, en fait, ils viennent pour la qualit&#233; de la marchandise, les prix ce ne sont pas &#231;a qui les influencent au d&#233;but. Pour les nouveaux arrivants bien s&#251;r, mais pour les anciens non, c'est plut&#244;t la qualit&#233; des marchandises qui parle. Ils pr&#233;f&#232;rent payer un peu plus cher et avoir de la bonne qualit&#233; que d'avoir un truc &#224; un euro et que tu la jettes &#224; la poubelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous-m&#234;me, quelle est votre alimentation type ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah (rire) ! Oui mais moi, oh ! peuch&#232;re, moi je mange tout et n'importe quoi, alors l&#224;&#8230; Si, si, si, &#231;a mange tout et n'importe quoi et je n'ai pas vraiment&#8230; J'aime bien les p&#226;tes, voil&#224; ; en g&#233;n&#233;ral les p&#226;tes avec les sauces, mais je ne fais pas attention, il n'y a pas vraiment de mets que j'aime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre plat pr&#233;f&#233;r&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des p&#226;tes et des sauces &#224; la bolognaise. Moi j'aime bien les p&#226;tes&#8230; &#224; l'italienne, bolognaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous cuisinez ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est Madame qui cuisine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos go&#251;ts ne correspondent pas vraiment &#224; votre activit&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais, ce n'est pas parce qu'on appartient &#224; la famille des docteurs qu'on est le meilleur et que l'on est bien soign&#233;&#8230; Ah ! Ce n'est pas parce qu'on est forgeron qu'on arrive &#224; faire pour la famille et la bonne, non ; on se concentre jamais sur nous-m&#234;mes, nous on fait attention aux autres&#8230; Je crois qu'on s'investit beaucoup plus pour les autres que pour moi ; quand je rentre &#224; la maison, je ne fais pas attention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : N'avez-vous pas de pr&#233;f&#233;rence pour ces produits ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne peux vous dire qu'il y a un produit que je peux donner plus par rapport aux autres, tout est important et je ne n&#233;glige rien, c'est pour &#231;a que j'aime me diversifier, j'aime bien que les clients viennent pour un petit truc, il s'en va avec cinq choses, pas avec une seule chose. Il vient pour &#231;a, tu lui montres &#231;a, les baratiner, et tu lui vends tout. Bon, vous, vous allez travailler, vous allez vendre quelque chose sur la ligne, sur Internet&#8230; Vous voulez ouvrir un magasin ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 04/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;lices iod&#233;s</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/delices-iodes</link>
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		<dc:date>2008-05-14T18:38:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Cisarova</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>P&#234;che</dc:subject>
		<dc:subject>053. Noailles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les fruits de mer &#224; l'&#233;tal et dans l'assiette : compositions, tableaux et plaisirs marins.&lt;/p&gt;

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/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/restaurant" rel="tag"&gt;Restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/noailles" rel="tag"&gt;053. Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la glace, les coquilles luisent et exhalent, les crevettes et les langoustes font leur French cancan : r&#233;colte marine &#224; l'&#233;tal de Chez Toinou, cours Saint-Louis, o&#249; depuis six mois, Pascal Valero, 44 ans, est &#233;cailler : &#171; Ce qui me pla&#238;t le plus, c'est de voir le plaisir que je procure en donnant une hu&#238;tre justement &#224; une personne, en particulier des femmes parce que je pr&#233;f&#232;re les femmes, qui prend plaisir &#224; d&#233;guster cette hu&#238;tre. &#187; De la mer au plateau, sens du m&#233;tier et d&#233;clinaison de saveurs marines, selon les go&#251;ts.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand existent le kiosque et le restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, il a d&#233;but&#233; il y a quarante-cinq ans. C'est Toinou, le p&#232;re donc, qui a ouvert cette boutique. Il avait quelques paniers d'hu&#238;tres dans une petite rue derri&#232;re. Avant il faisait que de la vente &#224; emporter. Le restaurant a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, euh... peut-&#234;tre dix ans apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels coquillages et crustac&#233;s offrez-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Des amandes, des moules, des palourdes, des hu&#238;tres, des tourteaux, des langoustines, des crevettes, des bulots... En tout, environ vingt-cinq sortes de coquillages et de crustac&#233;s. Au kiosque et au restaurant, c'est exactement le m&#234;me produit. Y'a pas de cuisine donc on travaille pas les produits, on fait que les ouvrir, on les cuisine pas. Y'a pas de fruits de mer cuits, seulement les crustac&#233;s : crevettes, tourteaux, langoustes, et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; viennent les produits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Directement des fournisseurs. On ne fait pas du tout de poisson, il y a que de fruits de mer et les crustac&#233;s. Ils viennent de toute la France, quasiment : de Normandie, y'a des hu&#238;tres qui viennent d'Isigny, Itabeach, de la plage du d&#233;barquement de la guerre, de Bretagne, de la Marennes d'Ol&#233;ron ou de Bouzigues. &#199;a vient quand m&#234;me de toute la c&#244;te de France. Y'a les homards qui viennent du Canada ou des moules aussi de Hollande mais, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est fran&#231;ais. Selon la saison on en vend ou on n'en a pas, &#231;a d&#233;pend : les hu&#238;tres par exemple sont bonnes plut&#244;t l'hiver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des esp&#232;ces qui apparaissent ou disparaissent du march&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, effectivement : y'a vingt ans, par exemple, il y avait beaucoup plus d'hu&#238;tres plates, actuellement on fait surtout des creuses. En fait y'a quarante ans, ces hu&#238;tres plates avaient une maladie, donc elles sont devenues beaucoup plus rares et beaucoup plus ch&#232;res, et on s'est rattrap&#233;s sur des hu&#238;tres qu'on appelle &#171; portugaises &#187; mais qui, en r&#233;alit&#233;, viennent maintenant du Japon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps se conservent les coquillages et les crustac&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils ont pas tous la m&#234;me dur&#233;e de vie : y'a des hu&#238;tres, elles peuvent tenir hors de l'eau, ferm&#233;es, une semaine ; les moules c'est moins r&#233;sistant, les palourdes aussi, les coquillages sont en g&#233;n&#233;ral moins r&#233;sistants que les hu&#238;tres. Tout d&#233;pend comme elles sont &#233;lev&#233;es : il y en a qui sont en permanence dans l'eau, donc qui ont pas le r&#233;flexe de se refermer hors de l'eau, et y'en a comme les Marennes d'Ol&#233;ron qui sont &#233;lev&#233;es dans des parcs &#224; hu&#238;tres o&#249; le soleil peut taper, ce qui fait que celles-ci sont plus r&#233;sistantes hors de l'eau car elles ont le r&#233;flexe de se fermer et de garder leur eau. Une fois qu'elles sont ouvertes, il faut les consommer dans la journ&#233;e. Ils sont tous vivants, si jamais ils sont morts on devient malade et on passe une nuit terrible ! C'est pour &#231;a que c'est important de bien choisir l'&#233;cailler, pour &#234;tre s&#251;r, mais on n'est jamais s&#251;r &#224; cent pour cent. Par contre les oursins &#231;a tient, &#231;a reste vivant deux ou trois jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cong&#233;lation n'alt&#232;re pas le go&#251;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un petit peu, bien s&#251;r, mais on n'a pas beaucoup de produits congel&#233;s tels que les langoustes, le reste c'est frais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Consomme-t-on les coquillages dans un ordre d&#233;fini, selon leur saveur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, absolument. C'est pour &#231;a qu'on a plusieurs fournisseurs, chaque endroit a un go&#251;t diff&#233;rent, comme le vin, &#231;a d&#233;pend du terroir. Il faut de pr&#233;f&#233;rence consommer en premier celles qui sont les moins fortes en go&#251;t, les plus douces, et apr&#232;s augmenter. Les bouzigues sont tr&#232;s sal&#233;es, les Quiberons un peu plus iod&#233;es, les normandes un peu plus fines, apr&#232;s y'a les sp&#233;ciales qui sont plus charnues, plus grasses, et les claires qui sont plus maigres. Pour obtenir des sp&#233;ciales, on en met cinq ou dix au m&#232;tre carr&#233; d'eau et on les laisse plus longtemps ; comme elles sont moins nombreuses, elles vont avoir plus &#224; manger et elles seront plus grasses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec quoi les sert-on ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le mieux, c'est de les consommer nature ou avec un petit filet de citron, du pain, du beurre. Le vinaigre, &#231;a d&#233;nature compl&#232;tement le go&#251;t : vous avez plus la finesse de l'hu&#238;tre, vous avez que le go&#251;t du vinaigre qui passe dessus et on sent pas grand-chose. C'est plut&#244;t pour les moules, mais y'a des clients qui les mangent avec du vinaigre. En boisson, de pr&#233;f&#233;rence le blanc plut&#244;t sec, mais il y a des clients qui n'aiment pas le blanc, qui peuvent tr&#232;s bien les manger avec du rouge, c'est selon les go&#251;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il vrai qu'apr&#232;s avoir mang&#233; des coquillages, on ne doit pas boire d'eau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est faux. C'est mieux avec du vin, mais on peut boire de l'eau. Ce qu'il faut surtout, c'est m&#226;cher les hu&#238;tres. Il faut pas les avaler d'un coup parce que l'estomac, il peut ne pas aimer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il un plat marseillais typique compos&#233; de fruits de mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, parce que comme ils produisent pas ici, y'a pas de sp&#233;cialit&#233;s pour les plateaux de fruits de mer. Par exemple, moi qui travaillais &#224; Lyon pendant treize ans, on avait &#224; peu pr&#232;s les m&#234;me produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On dit que les hu&#238;tres sont aphrodisiaques, qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas faux : quand on consomme des hu&#238;tres, y'a quand m&#234;me cette iode qui donne un peu la patate, quoi, comme un caf&#233;. Les violets, c'est beaucoup plus iod&#233; ; c'est vrai que moi, le matin, quand ils sont frais et pour avoir un petit coup de jus pour la journ&#233;e, je peux manger des violets, &#231;a donne la p&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les coquillages sont-ils bons pour la sant&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument, oui : dans une douzaine d'hu&#238;tre sans beurre et sans pain, il y a moins de calories que dans un yaourt entier nature, donc c'est vrai que c'est tr&#232;s bon pour la sant&#233;, l'iode. Y'a beaucoup de vitamines, du magn&#233;sium, y' a beaucoup de bonnes choses pour la sant&#233; dans les hu&#238;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle quantit&#233; moyenne constitue un repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une douzaine, en principe, avec quelques crevettes et du pain et fromage, apr&#232;s, &#233;ventuellement une p&#226;tisserie .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a quarante-cinq ans, on en a peut-&#234;tre perdu depuis, mais &#231;a reste quand m&#234;me une client&#232;le s&#233;lectionn&#233;e, avec un pouvoir d'achat plus important. Mais bon, y'a un peu de tout et malgr&#233; tout, y'a des hu&#238;tres moins ch&#232;res que d'autres : &#231;a varie de trente &#224; sept euros. Oui, il y a beaucoup de touristes, nous avons une client&#232;le suivie mais y'a beaucoup de nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le prix des fruits de mer augmente, m&#234;me en bord de mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout simplement parce qu'&#224; Marseille, on ach&#232;te pas du tout de produits de Marseille : y'a que des moules, des bouzigues qui viennent de S&#232;te, &#224; peu pr&#232;s une centaine de kilom&#232;tres d'ici mais &#224; part les oursins qui sont vraiment locaux, y'a pas de produits d'ici. C'est pas parce qu'on est au bord de la mer qu'on produit forcement des fruits de mer. C'est un produit luxe parce que c'est un produit relativement cher, et on pense facilement aux fruits de mer pour la p&#233;riode des f&#234;tes, avec le champagne et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Retrouve-t-on les m&#234;mes clients au restaurant et au banc ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Plus ou moins. Euh... non, ceux qui les prennent &#224; emporter et qui les ouvrent chez eux, ils vont pas les d&#233;guster dans le restaurant, c'est quand m&#234;me deux types de client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des saisons o&#249; les gens viennent plus souvent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, en hiver, mais avant les &#233;caillers ouvraient que huit mois dans l'ann&#233;e, que les mois o&#249; il y avait un &quot;r&quot; dedans. Alors, &#231;a remonte &#224; la nuit des temps, &#224; l'&#233;poque des Romains o&#249; ils &#233;taient d&#233;j&#224; friands d'hu&#238;tres et ils faisaient venir les hu&#238;tres dans les chariots remplis d'eau de mer tir&#233;s par des b&#339;ufs, donc le temps du trajet, en mai, juin, juillet, ao&#251;t, il faisait plus chaud donc les hu&#238;tres ne tenaient pas, c'est pour &#231;a que traditionnellement on mange des hu&#238;tres que dans les mois en &quot;r&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les gens, toujours, suivent cette tradition ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les anciens, oui, les anciens d'un certain &#226;ge continuent de fonctionner comme &#231;a mais maintenant, ils ont r&#233;ussi &#224; faire des hu&#238;tres qui ne se reproduisent plus et en fait, le probl&#232;me quand la mer se r&#233;chauffe, les hu&#238;tres deviennent laiteuses et comme ils ont r&#233;ussi &#224; faire des hu&#238;tres st&#233;riles, l'&#233;t&#233; elles sont plus laiteuses, elles sont consommables comme l'hiver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les fruits de mer repr&#233;sentent-ils une tradition &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui quand m&#234;me, c'est important. Bon, moi qui connais pas trop Marseille, les Marseillais sont friands de fruits de mer, &#224; ma grande surprise, oui, ils aiment beaucoup les fruits de mer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les fruits de mer les plus demand&#233;s ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les plus demand&#233;s &#231;a doit &#234;tre les Marennes d'Ol&#233;ron, elles viennent de Charente-Maritime ; les moins, peut-&#234;tre les hu&#238;tres corses, on les fait de temps en temps ; les bouzigues sont un peu moins jolies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clients sont-ils connaisseurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moyennement, pas trop. Y'a des connaisseurs, oui, qui savent ce qu'ils veulent, d'autres, simplement des hu&#238;tres &#224; manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Posent-ils des questions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ils essayent quand m&#234;me. C'est souvent : &quot;Donnez-moi les meilleures hu&#238;tres,&quot; mais &#231;a n'existe pas, les meilleures hu&#238;tres, &#231;a d&#233;pend du go&#251;t de chacun : il peut y avoir des grosses, tr&#232;s grosses, des plus petites, des maigres, des grasses, des plus sal&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous cuisine, recettes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des pratiques culturelles interdisant la consommation de coquillages ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, c'est surtout dans les &#233;tangs, parce qu'on &#233;l&#232;ve des hu&#238;tres dans les &#233;tangs aussi, donc l'eau stagne un peu, y'a moins de de roulement que dans la mer, donc une ou deux fois par an, il y a certains endroits o&#249; les hu&#238;tres sont interdites &#224; la vente parce qu'il y a des bact&#233;ries dans l'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et des interdits alimentaires religieux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh ... c'est une bonne question, surtout &#224; Marseille. Je sais pas, franchement je peux pas r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de restaurants ne servent que des fruits de mer &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral tr&#232;s peu. Toinou, c'est le plus grand de France qui ne fait que &#231;a. Moi j'ai travaill&#233; chez le plus grand &#224; Lyon, j'&#233;tais chef l&#224;-bas pendant trois ans et ici c'est encore plus grand et &#224; Paris, y'a pas de structure o&#249; ils ne font que des fruits de mer, c'est que des brasseries o&#249; ils font la choucroute ou autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres &#233;caillers sur Marseille ou ailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui bien s&#251;r, je continue d'avoir des relations avec Merle &#224; Lyon, par exemple, &#224; mon avis qui &#233;tait le plus perfectionniste dans l'ouverture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps &#234;tes-vous &#233;cailler ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, &#231;a fait vingt ans. J'ai commenc&#233; par hasard parce qu'en tant que serveur, de temps en temps j'avais des trous et c'est vrai que &#231;a m'a plu, je me suis pris au jeu, j'ai appris &#224; ouvrir une hu&#238;tre ou deux, comme &#231;a, et c'est un m&#233;tier qui me passionne, que j'aime beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des outils pour ouvrir les coquillages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un couteau et une bonne main ! Mais on apprend ce m&#233;tier pour le faire correctement, pour avoir un certain rendement, en moyenne quatre cents hu&#238;tres par heure, en sachant d&#233;celer quand une hu&#238;tre est bonne ou mauvaise, parce qu'il peut y avoir une hu&#238;tre qui a une sale t&#234;te et qui va &#234;tre bonne et une hu&#238;tre qui a une jolie t&#234;te et qui va &#234;tre mauvaise. &#199;a, &#231;a s'apprend pas dans les livres, c'est l'exp&#233;rience qui fait la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a peut &#234;tre dangereux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, un &#233;cailler qui ne se coupe pas, &#231;a n'existe pas. On peut se couper avec le couteau ou avec l'hu&#238;tre parce que les hu&#238;tres sont coupantes, donc un &#233;cailler se blesse r&#233;guli&#232;rement. Y'en a qui se blessent plus souvent que d'autres !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me mangez des coquillages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, de temps en temps y'a une hu&#238;tre qui me pla&#238;t au moment o&#249; je l'ouvre et j'en ai envie, mais c'est souvent le corps qui appelle l'iode : j'en mange pas tout le temps, je peux passer trois mois sans manger une ou alors une semaine, en manger beaucoup. J'aime bien les petites hu&#238;tres charnues, donc pas trop grosses mais dodues et fermes en bouche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est surtout sur la b&#234;tise humaine : je faisais une saison sur Argel&#232;s, pr&#232;s de la fronti&#232;re espagnole, et j'avais un banc d'hu&#238;tres, beaucoup plus petit que &#231;a parce que j'&#233;tais seul et j'avais un requin, un vrai requin expos&#233; sur le banc et tous ceux qui le voyaient ne pouvaient pas s'emp&#234;cher de le toucher, donc j'avais demand&#233; &#224; un responsable qu'il &#233;crive dans toutes les langues : &quot;Ne pas toucher le requin&quot;. Un jour j'arrive, et je vois une petite fille de cinq ans &#224; peu pr&#232;s qui touche le poisson, et l&#224;, son p&#232;re, il voit que je vois la petite, il lui met une grande tape dans la figure et il lui dit : &quot;Mais tu vois pas ce qu'il y a marqu&#233; sur le panneau ?&quot; Et la petite lui dit : &quot;Non, papa, ch'ais pas lire !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Julie Cisarova le 19/12/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment tu fais la sauce ?</title>
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		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Des odeurs d'enfance aux saveurs pour gourmets, Myriam r&#233;v&#232;le &#226;chak, mantou et kabouly aux papilles marseillaises.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis d&#233;cembre 2006, Myriam Ebadi, 45 ans, fait d&#233;couvrir aux Marseillais la cuisine de ses racines &quot;Chez Romain et Marion&quot;, boulevard de la Lib&#233;ration : &#171; &#192; Kaboul, surtout la femme qui travaillait chez nous, le matin elle faisait le pain, parce qu'on avait un four et surtout l'hiver, quand elle faisait le feu, on le voyait de loin parce qu'il &#233;tait au fond du jardin et on se levait, on mettait un pull et on allait en courant manger le pain chaud. &#199;a, c'est un truc que j'oublierai jamais. &#187; Saveurs originelles et valeurs culturelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris &#224; cuisiner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand on est arriv&#233;s en France, on &#233;tait oblig&#233;s de cuisiner. J'avais 19, 20 ans. J'aimais pas du tout cuisiner, avant, j'avais m&#234;me horreur de &#231;a. Mes s&#339;urs, elles allaient tout le temps en cuisine, et la dame qui travaillait chez nous, elles lui disaient : &lt;i&gt;&quot;Opa, comment tu fais le riz ? Comment tu fais la sauce ?&quot;&lt;/i&gt; Moi, &#231;a m'int&#233;ressait pas. Quand je me suis mari&#233;e - avec un Afghan, bien s&#251;r - c'&#233;tait un monsieur gourmand et gourmet, il adorait faire la cuisine et pour lui faire plaisir, j'essayais de cuisiner et chaque fois je ratais ce que je faisais, donc, gentiment, il se moquait de moi et je me suis jur&#233; qu'il faut que j'arrive &#224; le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient l'id&#233;e d'ouvrir un restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le r&#234;ve d'ouvrir un restaurant, c'est depuis vingt ans parce que maman, quand elle a cuisin&#233; des plats afghans pour les Fran&#231;ais, ils disaient : &lt;i&gt;&quot;Mmm, comme c'est bon !&quot;&lt;/i&gt; Elle me disait : &lt;i&gt;&quot;Il faut qu'on le fasse&quot;&lt;/i&gt; parce que quand elle est arriv&#233;e en France, elle a pas trouv&#233; d'autre travail que comme femme de m&#233;nage et &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaboul' class='spip_out' rel='external'&gt;Kaboul&lt;/a&gt;, elle &#233;tait secr&#233;taire m&#233;dicale. Je me disais si on faisait un restaurant, maman cuisine et mes s&#339;urs et moi, on l'aide pour le reste. Et personne n'a os&#233; de le faire, tout le monde pensait que &#231;a va pas marcher. Et quand je me suis mari&#233;e, que j'ai vu que mon mari &#233;tait un bon cuisinier, c'est pareil, j'ai recommenc&#233; &#224; lui dire : &lt;i&gt;&quot;On va ouvrir un restaurant, &#231;a va marcher. - Non, &#231;a va pas marcher.&quot;&lt;/i&gt; Et quand je me suis s&#233;par&#233;e de mon mari, je me suis dit : &lt;i&gt;&quot;C'est un r&#234;ve de vingt ans, il faut que tu le r&#233;alises.&quot;&lt;/i&gt; Donc, j'ai commenc&#233; &#224; m'y int&#233;resser de plus en plus, &#224; cuisiner, &#224; acheter des livres sur les repas afghans, &#224; t&#233;l&#233;phoner &#224; mes tantes, demander des recettes et j'aime &#231;a, maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels plats servez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Surtout des plats afghans : c'est &#224; base de riz, des p&#226;tes fra&#238;ches, des raviolis, de la viande et des poireaux. Les noms, c'est &#226;chak (ndlr : prononcer auchak), c'est les raviolis aux poireaux, mantou c'est les raviolis &#224; la viande, &#231;a se sert avec une sauce au yaourt, apr&#232;s y'a kabouly, c'est le riz avec des raisins secs et des carottes, c'est un m&#233;lange de sal&#233; et douceur, c'est tr&#232;s tr&#232;s bon aussi. Sinon y'a &#226;che (ndlr : prononcer auche), c'est des p&#226;tes fra&#238;ches avec des l&#233;gumes secs et de la viande hach&#233;e en sauce et toujours la sauce blanche, donc yaourt. Y'a plusieurs sortes de riz : le riz au safran avec des zestes d'orange et des p&#233;tales d'amande, le riz blanc avec plein de sortes de sauces, des boulettes en sauce, des &#233;pinards, des lentilles mijot&#233;es dans une sauce de curry, y'a ce que j'appelle le velout&#233; de l&#233;gumes : c'est aubergine, courge et pomme de terre, mijot&#233;es dans une sauce de curry et &#231;a fond dans la bouche, c'est pour &#231;a que je l'appelle velout&#233;, et puis y'a le pain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites le pain vous-m&#234;me ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Nous, on l'appelle &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Naan' class='spip_out' rel='external'&gt;naan&lt;/a&gt;. Et puis y'a les chaussons, c'est la m&#234;me p&#226;te, donc dedans je mets des poireaux, ou pommes de terre et oignons avec des &#233;pices, ou viande avec oignons et des &#233;pices. Avant, je le faisais d'avance mais maintenant, je le fais instantan&#233;ment, quand le client vient, ou &#224; emporter, pareil, il faut le manger tout de suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment d&#233;cririez-vous la cuisine afghane ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La cuisine afghane, c'est tr&#232;s di&#233;t&#233;tique : c'est pas relev&#233;, c'est pas frit, c'est l&#233;ger, c'est tr&#232;s complet. Les raviolis au poireaux, &#231;a se sert avec de la viande hach&#233;e en sauce, donc tu as la p&#226;te, les l&#233;gumes, c'est complet et quand tu vois le plat, tu crois que c'est bourratif mais non, vraiment c'est l&#233;ger et c'est tr&#232;s bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De quelles r&#233;gions viennent les recettes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes recettes, c'est de Kaboul mais d'une r&#233;gion &#224; l'autre, les recettes peuvent changer. Les matou, c'est des raviolis avec la viande, y'en a qui mettent la viande hach&#233;e en sauce en plus et d'autres, ils font des raviolis avec du fromage de ch&#232;vre et des &#233;pinards.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Adaptez-vous certaines recettes au go&#251;t europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, parce que &#231;a g&#226;cherait quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et en fonction des ingr&#233;dients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben oui : d&#233;j&#224;, les raviolis aux poireaux, c'est pas des poireaux, c'est un genre de c&#233;bettes mais les c&#233;bettes c'est tr&#232;s cher, parce qu'il me faut beaucoup de quantit&#233;, j'ai pris les poireaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; trouvez-vous les ingr&#233;dients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les l&#233;gumes, en g&#233;n&#233;ral, c'est le March&#233; des Capucins parce que comme je ne suis pas v&#233;hicul&#233;e, je ne peux pas aller plus loin et sinon les commer&#231;ants qui sont aux alentours, pour ce qui est farine, tout &#231;a. Les &#233;pices je les retrouve ici, ah ! oui, oui, je vais dans les magasins hindous, m&#234;me les magasins arabes ou chinois, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;pices ou condiments utilisez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout ce qui est cumin, curcuma, les graines de coriandre moulues, la coriandre fra&#238;che, euh&#8230; C'est que les noms, je les connais pas en fran&#231;ais. Y'en a plein que ma m&#232;re mettait, &#231;a, je les reconnais. Depuis que j'ai ouvert le magasin, je commence &#224; les conna&#238;tre mais c'est difficile : des fois tu ach&#232;tes en vrac, donc je vois &#224; la texture et l'odeur, maintenant quand je vais dans des magasins qu'ils sont en sachet, par exemple le cannelle, &#231;a fait pas longtemps que je sais que cannelle, c'est quoi, d&#233;j&#224;&#8230; M&#234;me le nom persan je l'ai oubli&#233;, hein, y'a des mots que j'oublie, ah ! oui, il faut que je r&#233;fl&#233;chisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre recette pr&#233;f&#233;r&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les &#226;chaks avec les poireaux : c'est une p&#226;te bris&#233;e pour faire les raviolis et les poireaux, je les coupe hach&#233;s menus, m&#233;lang&#233;s avec du sel et un peu d'huile. J'&#233;tale la p&#226;te avec la machine parce qu'au rouleau c'est difficile, c'est long, et apr&#232;s j'ai un genre de moule pour la couper en rond et je mets ma farce dedans, je ferme et je fais bouillir comme les raviolis cinq, dix minutes, selon les poireaux que j'ai, si je les fais bien travailler ou pas, parce qu'il faut pas les laisser trop longtemps sinon &#231;a &#233;clate, les raviolis, et &#224; c&#244;t&#233; je pr&#233;pare la viande hach&#233;e en sauce avec nos &#233;pices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps demande la pr&#233;paration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#199;a demande un temps fou ! C'est pour &#231;a que si j'ai plus de monde, comment je vais faire parce que je suis oblig&#233;e tellement c'est long, de pr&#233;parer les raviolis de midi pour midi et puis le soir, j'en refais. Je peux pas me dire : &lt;i&gt;&#171; J'en pr&#233;pare le matin &#187;&lt;/i&gt;, non. Pour cinq ou six personnes, il me faut bien trois heures pour les faire, rien que les raviolis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous go&#251;tez ou faites go&#251;ter &#224; quelqu'un avant de servir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ! non, justement, c'est mon d&#233;faut : pour le sel, par exemple, j'arrive pas, j'ai pas cette habitude de go&#251;ter. J'essaye de le faire de plus en plus souvent mais des fois, apr&#232;s coup, quand je go&#251;te, je me dis : &lt;i&gt;&quot;Mince, il manquait du sel !&quot;&lt;/i&gt; C'est rare que je fasse trop sal&#233; mais souvent, &#231;a manque du sel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une fa&#231;on bien &#224; vous de cuisiner, des gestes, des trucs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! oui, je faisais r&#226;ler le p&#232;re de mes enfants parce qu'il disait : &lt;i&gt;&quot;Mais, c'est pas comme &#231;a qu'il faut faire&quot;&lt;/i&gt;, et mes s&#339;urs, pareil : &quot;&lt;i&gt;Bobo&lt;/i&gt; - ma grand-m&#232;re, on l'appelait Bobo - &lt;i&gt;faisait pas comme &#231;a, maman faisait pas comme &#231;a.&lt;/i&gt;&quot; Vraiment, j'ai un truc particulier : par exemple, la fa&#231;on de faire ma sauce, c'est rare que je fasse frire les oignons, chez moi rien n'est frit, donc j'essaye de donner un bon go&#251;t &#224; ma sauce avec les &#233;pices et mes s&#339;urs : &lt;i&gt;&quot;Ah ! non, tu peux pas faire une sauce sans faire frire les oignons !&quot;&lt;/i&gt; Donc &#231;a, c'est un truc que je fais pas, c'est tr&#232;s rare, je dis : &lt;i&gt;&quot;Allez, pour faire plaisir, il faut que je fasse frire les oignons.&quot;&lt;/i&gt; Mais elles voient pas la diff&#233;rence, des fois elles me font des compliments : &lt;i&gt;&quot;Elle est bonne, ta sauce !&quot;&lt;/i&gt; Mais c'est pas la recette de ma grand-m&#232;re, j'ai vraiment ma fa&#231;on &#224; moi de cuisiner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous servez-vous d'ustensiles particuliers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aurais aim&#233;, oui. Pour faire les raviolis, on avait un truc sp&#233;cial, des genres de moules pour aller plus vite, m&#234;me pour passer la p&#226;te, l&#224;-bas ; la machine, tu pouvais faire des morceaux. Peut-&#234;tre &#231;a existe ici aussi, mais j'en ai pas vu. Ma grand-m&#232;re avait un truc, on pouvait faire des trucs &#233;normes comme &#231;a et fines comme &#231;a. Les raviolis, je peux pas les faire d'un seul coup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes clients, c'est surtout pas les Afghans parce que d&#233;j&#224;, y'en a pas beaucoup et puis ils habitent loin, donc c'est surtout les gens du quartier, des gens qui travaillent dans le quartier, des commer&#231;ants, des associations qui sont dans le quartier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissent-ils la cuisine afghane ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben non, j'ai eu du mal &#224; d&#233;marrer : d&#233;j&#224;, ce local est rest&#233; trop longtemps ferm&#233;, y'en a qui r&#233;alisent m&#234;me pas que c'est ouvert, il faut que les gens me connaissent et surtout, c'est que personne conna&#238;t la cuisine afghane. Et m&#234;me toutes les pubs que je peux faire, personne n'est venu me dire : &lt;i&gt;&quot;Tiens, j'ai eu votre publicit&#233;, je viens&quot;&lt;/i&gt;, tout le monde me dit : &lt;i&gt;&quot;Untel m'a dit que c'est tr&#232;s bon, c'est pour &#231;a que je viens&quot;&lt;/i&gt;, donc c'est du bouche &#224; oreille qu'il faut que &#231;a se fasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous cuisine avec les clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, en fait je vais chez les gens aussi, cuisiner : y'a une h&#244;tesse qui re&#231;oit des gens chez elle et je leur apprends les recettes afghanes, donc je cuisine pour eux, je leur apprends. Chaque personne paye quinze euros et si j'y vais avec mes ingr&#233;dients, tout ce qu'on pr&#233;pare, ce sera pour l'h&#244;tesse, ou j'ach&#232;te les ingr&#233;dients et chacun participe, ou sinon eux-m&#234;mes ach&#232;tent les ingr&#233;dients. Je suis m&#234;me all&#233;e jusqu'&#224; Avignon, pour le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels plats pr&#233;f&#232;rent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai un fou qui adore mes velout&#233;s de l&#233;gumes, ah ! mais vraiment, hein ! Le jour que je l'ai et qu'il arrive, c'est m&#234;me pas la peine que je lui dis la liste que j'ai : c'est le velout&#233; de l&#233;gumes et les raviolis aux poireaux. &#199;a c'est un truc qu'aiment beaucoup les gens. M&#234;me le riz avec les carottes et les raisins secs, au d&#233;but c'est un peu choquant mais quand ils mangent ils aiment &#231;a, c'est un m&#233;lange de sal&#233;-douceur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites aussi des plats &#224; emporter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; emporter et sur place. Enfin, mon but c'&#233;tait &#224; emporter parce que comme j'&#233;tais toute seule, je pr&#233;f&#233;rais, c'est plus facile, je me disais : &lt;i&gt;&#171; Bon, mes barquettes sont pr&#234;tes. &#187;&lt;/i&gt; Avant, en plus, j'avais les pr&#233;sentoirs, donc les gens choisissent, je le mets dans le sachet et &#231;a va plus vite, et les clients disaient : &lt;i&gt;&quot;On aimerait bien manger sur place.&quot;&lt;/i&gt; Du coup, je me suis d&#233;barrass&#233;e des pr&#233;sentoirs et j'ai mis plus de tables. Avant je travaillais tous les jours, maintenant je ferme le dimanche. Je fais 11h30-13h30 ou plus, et 17h30-20h30 ou plus : hier soir y'a eu du monde jusqu'&#224; onze heures du soir mais, moi je suis partie &#224; minuit, le temps de ranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi diff&#233;rent les pratiques alimentaires des Marseillais et des Afghans ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des fois j'ai l'impression que les gens, ils mangent parce qu'il faut manger, voil&#224; : ils appr&#233;cient pas. Ce que j'aime pas, c'est le manque de respect &#224; la nourriture, &#231;a nous a beaucoup choqu&#233;s quand on est arriv&#233;s : moi, un morceau de pain par terre, je me baisse et je le mets dans un coin qu'on peut pas marcher dessus et quand je vois les gens qui jettent tant de nourriture, &#231;a fait mal au c&#339;ur. Ici, c'est rare les gens qu'ils puissent vraiment se d&#233;tendre, que l&#224;-bas d&#233;j&#224; c'est quelque chose de sacr&#233;, et puis m&#234;me un pauvre dans un coin de rue qui mangeait un morceau de pain avec un morceau de past&#232;que ou un peu de raisin, tu voyais qu'il appr&#233;ciait &#231;a et il prenait le temps pour se d&#233;tendre. Les gens de restauration, c'est peut-&#234;tre &#231;a qui nous arrangeait, que les gens il vient, il mange vite, il s'en va et quelqu'un d'autre arrive derri&#232;re, mais moi je dis non : c'est bien de prendre son temps, quoi, pour la digestion, la nourriture il faut en profiter, il faut d&#233;guster pour qu'elle te profite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cuisine est une fa&#231;on de conserver un lien avec ses origines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben oui, c'est oblig&#233; parce que peut-&#234;tre un jour, je pourrai aller en Afghanistan, enfin, sp&#233;cialement &#224; Kaboul et prendre vraiment mes &#233;pices &#224; moi l&#224;-bas et tant je serai tellement riche que je ferai venir mes ciboulettes pour faire mes raviolis de l&#224;-bas (rire) ! C'est important, c'est tr&#232;s important, bien s&#251;r. &#199;a fait vingt-six ans que je suis &#224; Marseille, je suis jamais retourn&#233;e &#224; Kaboul, non ; j'en r&#234;ve mais je sais m&#234;me pas si un jour j'aurai le courage, c'est encore risqu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cuisiner, activit&#233; plus f&#233;minine que masculine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est autant f&#233;minin que masculin. Je reviens sur le p&#232;re de mes enfants, c'est un cordon bleu, il cuisine tellement bien que c'est dommage qu'il a pas voulu qu'on le fasse ensemble, on aurait fait des ravages !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez seule ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Y'a des amis ou la famille qui m'aident mais quand ils peuvent, sinon je suis vraiment toute seule. Mes enfants pareil, ils m'aident quand ils peuvent, quoi, quand vraiment ils ont envie, des fois je vois que je les emb&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles difficult&#233;s rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout, tout : faire les courses, en fait, &#234;tre seule c'est dur, tout est difficile. Il faut r&#233;fl&#233;chir &#224; tout m&#234;me quand tu fais des listes, des notes, tu oublies, il faut &#234;tre vraiment, pour gagner du temps&#8230; Toujours, c'est la solitude, pas pouvoir avoir plus d'aide que j'aurais aim&#233; avoir, au niveau administratif, niveau gouvernement, &#224; part l'ACCRE (Aide aux ch&#244;meurs cr&#233;ateurs ou repreneurs d'entreprise) j'ai pas eu d'autre aide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les aspects agr&#233;ables de cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, entendre des compliments. Hier soir, les gens, ils avaient pas envie de partir tellement ils &#233;taient bien ici. &#199;a leur a plu, la dame m'a dit : &lt;i&gt;&quot;Merci de cet accueil chaleureuse.&quot;&lt;/i&gt; C'est &#231;a qui est plus agr&#233;able que l'argent qui rentre. Tout le monde me dit, au prix que je fais, je vais me ruiner, quoi, mais c'est pas vraiment &#234;tre riche qui m'int&#233;resse, c'est faire conna&#238;tre le repas afghan, surtout, et je sais que c'est bon, et partager &#231;a avec plus de gens possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom du restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, ce que j'aime &#224; la folie, mes enfants, et comme je veux que r&#233;ussir, je voulais que &#231;a soit un h&#233;ritage magnifique pour mes enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Transmettez-vous votre savoir-faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; mes enfants ? Bien s&#251;r, oui. Romain, il commence, ah ! oui, il cuisine bien, tr&#232;s tr&#232;s bien, m&#234;me. Je sais pas si c'est le truc de son p&#232;re qu'il a, mais il cuisine tr&#232;s bien la cuisine afghane, fran&#231;aise ; il fait des carbonaras, comme il dit : &lt;i&gt;&quot;&#224; tomber par terre !&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui cuisine &#224; la maison ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est moi ; Romain aussi, mais surtout moi. Avant, c'&#233;tait un peu de tout mais maintenant, c'est surtout afghan parce que j'aime pas jeter, donc ce qui reste je le monte &#224; la maison, puis de temps en temps, on se fait plaisir avec des p&#226;tes carbonara ou des lasagnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est toujours les repas de famille qu'on faisait les jours de l'&lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/A&#239;d_el-Kebir' class='spip_out' rel='external'&gt;A&#239;d&lt;/a&gt; &#224; Kaboul : les salles &#224; manger de mes grands-parents, &#231;a faisait trois fois mon magasin, peut-&#234;tre, donc les jours de l'A&#239;d, c'&#233;tait tellement rempli, on mangeait par terre ce jour-l&#224; parce qu'on n'avait pas des tables aussi grand, donc y'avait tellement de monde que les jeunes faisaient des places sur les nappes, tu voyais des gens s'asseoir au milieu, ils poussaient les plats et ils s'asseyaient, et tout &#231;a c'&#233;tait magnifique, quoi !...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 23/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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