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	<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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	<description>La Koin&#232;, la langue commune. Au pluriel : Koinai. S'il existe une ville en France qui tout au long de son histoire a vu ses langues se conjuguer au pluriel, c'est certainement Marseille. Multiples langages et donc multiples cultures. Notre revue se veut le t&#233;moin de cette diversit&#233; singuli&#232;re. Laissant tra&#238;ner ses oreilles dans la ville, toujours &#224; hauteur d'hommes, elle glane, &#231;a et l&#224;, des t&#233;moignages. Ces paroles de marseillais sont retranscrites au plus pr&#232;s de l'authenticit&#233; du moment parl&#233;, de leur musicalit&#233; propre, vivantes. Marseille a commenc&#233; sa mue. Comment la ville et ses transformations modifient l'homme et ses habitudes ? Comment l'homme inscrit-il son r&#233;cit individuel dans celui, collectif, de la ville ? Cette p&#233;riode de transition convoque dans l'&#233;cho de ses voix &#224; la fois les ombres du pass&#233;, et l'esquisse de l'avenir. Koinai recueille ces voix qui fa&#231;onnent la ville.</description>
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		<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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		<title>&#171; La voile qui m'a men&#233; &#187;</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/la-voile-qui-m-a-mene</link>
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		<dc:date>2007-12-08T18:06:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>036. L'Estaque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Shipchandler &#224; l'Estaque : accastillage, s&#233;curit&#233;, entretien et confort &#224; bord pour naviguer &#171; chez nous &#187;, en M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/l-estaque" rel="tag"&gt;036. L'Estaque&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Rolland, 25 ans, est g&#233;rant du Nautic Pro-Shop, ouvert quai de la Lave depuis 1993 : &#171; &lt;i&gt;Le shipchandler, c'est d'offrir tout un panel d'activit&#233;s et d'accessoires pour les bateaux &#224; moteur ou &#224; voile. Donc la vente et la r&#233;paration de bateaux &#224; moteur, la vente de moteur et la partie accastillage en faisant tous les accessoires pour les bateaux. On ne vend pas de voilier, par contre on a tous les accessoires pour les voiliers.&lt;/i&gt; &#187; Manilles, cordages, sextans et vent en poupe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Votre activit&#233; s'inscrit-elle dans une tradition familiale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! non, ce n'est pas une tradition familiale, les &#201;tablissements Robert appartenaient au nom Robert. Moi, je suis tomb&#233; l&#224;-dedans de par la voile. Mes parents, eux, ont des m&#233;tiers tout autres que l'accastillage et tout ce qui est li&#233; au nautisme. Moi, je suis arriv&#233; l&#224; vraiment par ma passion. C'est une passion pour la mer, tout simplement. J'ai beaucoup navigu&#233;, j'ai beaucoup fait de r&#233;gates avant, beaucoup de voile je n'ai plus le temps aujourd'hui, mais j'en faisais, donc c'est la voile qui m'a men&#233; &#224; faire ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels articles trouve-t-on dans votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232;, on a tout une gamme pour le nautisme, de la chaussure de pont aux v&#234;tements &#233;tanches et respirants pour le travail sur le bateau. Vous avez de la vaisselle en plastique incassable, tout est adapt&#233; sp&#233;cifiquement &#224; notre activit&#233;. L&#224;, c'est les petits radiateurs douze volts, adapt&#233;s au syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique du bateau. C'est le m&#234;me mat&#233;riel qu'&#224; la maison, mais &#224; des formats adapt&#233;s au bateau. On a des barbecues, des machines &#224; laver, des chauffages, des r&#233;frig&#233;rateurs. Les gens demandent le m&#234;me confort qu'&#224; la maison plus ou mois donc, c'est &#224; nous &#224; s'adapter aux exigences des gens, trouvant des choses qui puissent s'adapter dans les bateaux. Quelqu'un qui a un bateau de six m&#232;tres exige un minimum de confort &#224; bord ; sur cette taille de bateau, on trouve des r&#233;frig&#233;rateurs, des glaci&#232;res, des tauds de soleil, un syst&#232;me de douche &#224; bord, on a pas mal d'&#233;quipement d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un mat&#233;riel sp&#233;cifique aux bateaux &#224; moteur ou &#224; voile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a deux gammes de produits plus ou moins sp&#233;cifiques, mais les deux se recroisent forc&#233;ment au moment o&#249; les bateaux &#224; moteur comme les voiliers ont besoin &#224; la base du m&#234;me mat&#233;riel de fonctionnement et de s&#233;curit&#233; &#224; bord. Dans le magasin on a tout ce qu'il faut sur un bateau quel qu'il soit, c'est-&#224;-dire gilets de sauvetage, bou&#233;es, mat&#233;riels de d&#233;tresse d'ass&#232;chement, &#233;lectronique&#8230; Apr&#232;s, chacun s'oriente vers le mat&#233;riel un peu plus sp&#233;cifique. Toute la gamme voilerie, cordage et tout &#231;a est beaucoup plus vaste que pour les bateaux &#224; moteur o&#249; on a besoin uniquement de carburant. Les mat&#233;riels qu'on vend le plus pour les bateaux moteurs, nous, c'est le moteur hors bord ; apr&#232;s, on a tout ce qui est mat&#233;riel courant utile comme l'huile, tout ce qui est entretien pour les moteurs, plus tout ce qui est entretien du bateau lui-m&#234;me : toutes petites pi&#232;ces, pi&#232;ces courantes. On a pas mal de produits d'entretien pour r&#233;nover sa coque et sa cabine, des choses comme &#231;a et apr&#232;s on a tout le petit mat&#233;riel courant qu'on a besoin de renouveler chaque ann&#233;e : manilles, mousquetons, cordages, barbatages, des choses comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type de bateau vendez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232;, notre gamme de bateaux s'&#233;tend de quatre m&#232;tres cinquante &#224; dix m&#232;tres et le coeur du march&#233;, c'est aux alentours de six m&#232;tres. Ce sont des bateaux utilis&#233;s en Mer M&#233;diterran&#233;e, enfin, chez nous, quoi. &#199;a marche bien aussi, oui. Nous, c'est beaucoup de coques dites &quot; open &quot;, toutes ouvertes, adapt&#233;es au climat m&#233;diterran&#233;en, quoi, qui s'utilisent huit mois de l'ann&#233;e quand il fait beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une pr&#233;f&#233;rence sur les marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! oui, on a une pr&#233;f&#233;rence sur les marques, oui. Chaque fournisseur a plusieurs marques, donc vous dire que telle ou telle marque c'est bien&#8230; On a presque quinze fournisseurs, donc ce serait difficile de tous vous les &#233;num&#233;rer ; comme fournisseurs principaux on aura Castel Bernard, Plastimo, RIA, Kent&#8230; Les moteurs, on a uniquement Yamaha, on est plusieurs concessionnaires sur les Bouches-du-Rh&#244;ne et on fait partie de ces concessionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur le mat&#233;riel d'accastillage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, ce que je rel&#232;ve depuis quelques ann&#233;es, c'est un peu la course au poids : tous les mat&#233;riaux se sont beaucoup all&#233;g&#233;s depuis une dizaine d'ann&#233;e. Toutes les poulies et quasiment tous les mat&#233;riaux maintenant utilisent ou du kevlar, ou du carbone.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des modes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! le nautisme, c'est quelque chose d'assez sp&#233;cial. Ce n'est pas s&#251;rement une mode, hein. Aujourd'hui, c'est des choses qui sont obligatoires &#224; bord, c'est plus une s&#233;curit&#233; qu'une mode. Oui, bien entendu, on suit des tendances mais bon, apr&#232;s, une personne qui va changer de bateau, c'est pas forc&#233;ment parce que son bateau n'est plus s&#233;curisant, c'est souvent une envie d'acheter quelque chose de plus spacieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tout le monde, Monsieur Tout-le-Monde. On a tout un panel de client&#232;le entre guillemets commun, des gens ais&#233;s, des collectivit&#233;s, des associations&#8230; on touche &#224; toutes les classes sociales. On renouvelle toujours notre client&#232;le, donc il y a un client qui entre aujourd'hui dans le magasin, il devrait au fur et &#224; mesure de sa fid&#233;lit&#233; acheter des mat&#233;riels toujours plus gros, toujours plus chers et tout &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont leurs exigences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Que &#231;a marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui se vend le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui se vend le plus, outre les moteurs Yamaha, puisque c'est une grosse partie de notre activit&#233;, c'est tout ce qui est produits d'entretien pour les bateaux. Il faut entretenir ses bateaux et hormis l'int&#233;rieur des bateaux o&#249; on peut utiliser les m&#234;mes produits qu'&#224; la maison, tout ce qui est nettoyage de l'ext&#233;rieur n&#233;cessite des produits assez sp&#233;cifiques. Des produits biod&#233;gradables, un peu plus souples que ce qu'on peut utiliser &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vendez-vous en ligne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est un projet mais nous ne vendons pas encore en ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Grosso modo, on travaille &#224; deux &#233;quipes dans le magasin : on a une partie atelier avec trois m&#233;canos o&#249; ils travaillent tous ensemble, et nous pour toute la gestion du mat&#233;riel de l'accastillage en haut, on est cinq personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres m&#233;tiers de la mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! ben, on a des relations avec plus ou moins tout le monde, les gens qui s'occupent de la s&#233;curit&#233; en mer comme la &lt;a href='http://www.cncm.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;CNCM&lt;/a&gt;, la police, &lt;a href='http://www.mer.gouv.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;les affaires maritimes&lt;/a&gt;. On a des relations aussi avec tout ce qui est aquaculture, que ce soit les p&#234;cheurs ou les &#233;levages de poissons que l'on peut trouver sur l'archipel de Frioul, on travaille aussi avec les &#233;coles de voile, avec le &lt;a href='http://www.plongeurs-autonomes.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;CPA&lt;/a&gt;, on travaille avec tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; je peux pas vous dire, aucune, mais il faut juste avoir envie de se lever le matin et de travailler durement toute la journ&#233;e. Il n'y a pas de v&#233;ritable formation proprement dite pour &#231;a. En principe, les gens qui arrivent &#224; s'adapter au m&#233;tier, c'est qu'il n'est pas arriv&#233; l&#224; par hasard ; avant d'entrer l&#224;-dedans, ils aiment la mer, ils arrivent d'une mani&#232;re ou d'une autre : parce qu'ils aiment p&#234;cher, faire de la voile, de l'aviron, mais on n'arrive pas l&#224; n'importe comment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Plus ou moins, ce que je pr&#233;f&#232;re, c'est le contact qu'on peut avoir avec les gens de par cette passion qu'on retrouve, une autre occasion avec les personnes qui sont int&#233;ress&#233;es par les m&#234;mes choses que nous dans le m&#233;tier donc, c'est quelque chose qui est fort agr&#233;able. On arrive forc&#233;ment mieux &#224; communiquer qu'avec quelqu'un qui ne conna&#238;t pas du tout le nautisme, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les aspects les moins agr&#233;ables ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouf ! c'est l'aspect client&#232;le aussi, qui peut-&#234;tre tr&#232;s compliqu&#233;. Le m&#233;tier qui est bas&#233; sur le loisir, il y a des personnes qui ne font pas trop, pour ainsi dire, la diff&#233;rence entre l'aspect loisir et le s&#233;rieux de la chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une activit&#233; saisonni&#232;re, donc les contraintes c'est qu'on fait un travail &#233;norm&#233;ment l'&#233;t&#233; et assez peu l'hiver donc, c'est un choix mais c'est pas toujours facile, que ce soit pour la gestion des stocks, du personnel et de tout &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles difficult&#233;s rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, c'est les difficult&#233;s que tout le monde a, hein, avec le personnel, les clients et les garanties qu'on peut avoir &#224; faire sur certains mat&#233;riaux ou bateaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le m&#233;tier &#233;volue-t-il ? Comment voyez-vous son avenir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je suis dans le m&#233;tier que depuis cinq ans, donc je peux pas encore me prononcer aujourd'hui pour dire : &quot; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;volu&#233;&lt;/i&gt; &quot; ou &quot; &lt;i&gt;&#199;'a pas &#233;volu&#233;.&lt;/i&gt; &quot; Je suis jeune mais, pour moi, le loisir c'est une branche qui qui est vou&#233;e &#224; marcher dans les ann&#233;es qui viennent : les gens travaillent de moins en moins entre guillemets, donc je vois bien qu'il faut&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! ben, c'est continuer &#224; travailler sur la m&#234;me entreprise et &#224; vivre correctement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, vous naviguez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand j'ai le temps, oui. La plaisance &#231;a se chiffre en heures et grosso modo, nous, en tant que professionnels, on navigue entre trente et cinquante heures par an donc, &#231;a ne repr&#233;sente pas grand-chose, au plus quatre week-ends.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie au monde de la mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui me lie au monde de la mer ? Mon m&#233;tier&#8230; C'est tout simple, j'arrive &#224; huit heures, je vois la mer et je pars le soir je vois encore la mer, donc c'est mon m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 12/10/07 ; r&#233;daction Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Je suis &#224; la mer &#187;</title>
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		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Au large de Marseille, cap sur le poisson : m&#233;tier transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, r&#233;solu &#224; perdurer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis l'&#226;ge de treize ans, des c&#244;tes alg&#233;roises aux reliefs phoc&#233;ens, Mourad Kahoul, quarante-cinq ans, &#339;uvre sur les flots m&#233;diterran&#233;ens : &#171; Moi, j'ai une polyvalence entre le petit m&#233;tier : le rouget, la bouillabaisse, la p&#234;che artisanale et apr&#232;s j'ai commenc&#233; avec mon p&#232;re &#224; faire du chalutage : c'est un engin de p&#234;che qu'on tra&#238;ne sur le fond pour la crevette, pour le poisson noble, hein. Ensuite on a fait la sardine, et apr&#232;s je me suis lanc&#233; dans la p&#234;che au thon. &#187; Entre filets et combat, pour le maintien d'une activit&#233; traditionnelle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment devient-on marin-p&#234;cheur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, on ne devient pas : on est. Cinq g&#233;n&#233;rations, h&#232;, et apr&#232;s c'est la continuit&#233; depuis que je suis dans la p&#234;che avec mon p&#232;re, parce que je suis initi&#233; &#224; faire ce m&#233;tier comme toute ma famille. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; quand m&#234;me un pilier, parmi un des tr&#232;s grands armateurs de p&#234;che au thon, avec un Pied-Noir d'Oran aussi, Monsieur Lubrano. J'ai beaucoup appris avec lui et aujourd'hui, on est encore dans la p&#234;che au thon. Alors, j'ai eu mon certificat d'&#233;tude et j'ai tellement fait l'&#233;cole buissonni&#232;re que mon p&#232;re en a eu marre : &quot;&lt;i&gt;Bon&lt;/i&gt; - j'&#233;tais &#224; Alger chez les P&#232;res Blancs - &lt;i&gt;tu seras jamais avocat ni m&#233;decin, je veux pas gaspiller les sous.&lt;/i&gt;&quot; Il &#233;tait assez dur et &#224; l'&#233;poque il payait 1000 francs fran&#231;ais &#224; la Mission. &quot;&lt;i&gt;Tu vas aller &#224; la p&#234;che, on va voir de quoi tu es capable.&lt;/i&gt;&quot; Il m'avait donn&#233; un petit bateau de dix m&#232;tres en bois o&#249; j'embarquai trois p&#232;res de famille et je lui ai montr&#233; que j'aimais ce m&#233;tier, que j'&#233;tais organis&#233; pour g&#233;rer cette flotte de p&#234;che, et c'est ce que j'ai fait. Apr&#232;s, &#231;'a &#233;t&#233; le syndicalisme pour d&#233;fendre la p&#234;che : je suis tomb&#233; dans une &#233;ch&#233;ance o&#249; la p&#234;che fran&#231;aise &#233;tait agress&#233;e par l'Union europ&#233;enne, par des pays concurrents, et je n'aime pas l'injustice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut &#234;tre marseillais, pour &#234;tre artisan p&#234;cheur &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non : &#224; Marseille, y'a des cultures et des traditions. Moi je suis n&#233; &#224; Alger, mon p&#232;re est napolitain de trois g&#233;n&#233;rations d'Alg&#233;rie, ma m&#232;re est d'origine alg&#233;rienne et quand je suis venu en 77 ici, par avion, &#224; 13 heures j'ai atterri, &#224; 18 heures j'embarquais avec les amis de mon p&#232;re, des Pieds-Noirs d'Alg&#233;rie qui &#233;taient l&#224; depuis 67-68. L'amiti&#233; qu'il avait gard&#233;e, mon p&#232;re, avec certains patrons de p&#234;che, j'ai embarqu&#233; de suite et je suis parti &#224; la p&#234;che. Et pour &#234;tre Marseillais, vous savez, Marseille a &#233;t&#233; construite par toute cette mosa&#239;que m&#233;diterran&#233;enne, que ce soit les Grecs, que ce soit du Maghreb, les Espagnols, les Portugais. Marseille, &#231;'a &#233;t&#233; ma terre d'accueil. Pour moi, c'est un grand pays du soleil et il faudrait garder cette p&#234;che artisanale qui est fondamentale pour Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment fait-on pour trouver le thon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, le p&#234;cheur a du mal &#224; le trouver depuis des si&#232;cles. Le thon est un poisson tr&#232;s noble, et quand on voit un thon qui traverse l'Atlantique en 72 heures, c'est quand m&#234;me un grand poisson, un grand migrateur. Le thon, c'est une p&#234;che &#224; la chance et on trouve, parce que bon, c'est une question de feeling aussi : on sait qu'&#224; tel endroit il est plus qu'&#224; d'autres. Entre p&#234;cheurs, on se donne pas les secrets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail pour la p&#234;che au thon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La senne tournante : c'est des bateaux de 32 &#224; 45 m&#232;tres que je repr&#233;sente, en Italie ou en France, parce que je suis depuis cinq ans pr&#233;sident du syndicat des p&#234;cheurs de thons fran&#231;ais et y'a quelques mois, j'ai &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident de l'&lt;a href='http://www.stm13.org/index.php?content=home&amp;page=0&amp;lang=fr#' class='spip_out' rel='external'&gt;Association des thoniers m&#233;diterran&#233;ens&lt;/a&gt;. Ce sont des bateaux qui encerclent le poisson avec un filet et qui a une poche avec des anneaux, et le poisson est compl&#232;tement pris dans une nasse. Alors, y'a plusieurs outils de travail : y'a la palangre flottante, c'est un bout avec plusieurs filins avec des hame&#231;ons, on appelle &#231;a en jargon anglais &quot;&lt;i&gt;longline&lt;/i&gt;&quot;. Sinon, y'a &#224; la canne, c'est plus pratiqu&#233; par les Basques espagnols ou quelques Basques fran&#231;ais. Et y'a la thonaille, qui est un m&#233;tier artisanal d'une grande qualit&#233; mais l&#224; aussi, on a fait l'amalgame entre le filet maillant d&#233;rivant cor&#233;en, asiatique, qui n'a rien &#224; voir avec la p&#234;che &#224; la thonaille de tradition de la r&#233;gion PACA, entre Carro et Marseille : c'est un filet grossier, typiquement pour le thon, pas pour les p&#234;ches accessoires comme le mammif&#232;re. &#199;a, &#231;a repr&#233;sente 0,1 % et on a fait l'amalgame pour enlever ce m&#233;tier traditionnel et culturel, on n'a pas tenu cas des &#233;tudes du CNRS et on a voulu balayer cette p&#234;cherie, alors il faut se battre pour leur faire comprendre. On arrive &#224; une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s dure en novembre, &#224; l'ICCAT, c'est une conf&#233;rence internationale sur le thon rouge, l'espadon de M&#233;diterran&#233;e et si on est pas &#233;cout&#233;, on va &#233;crire une lettre ouverte au Pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel entretien exigent les outils, le bateau ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben, c'est l'entretien classique, h&#232; : on tire &#224; terre une fois par an le bateau pour le car&#233;ner, pour l'entretenir. Un bateau en fer, c'est le sablage, la peinture, un bateau en bois, il faut le calfater, &#231;a veut dire entre planches, &#233;viter qu'y ait des passages d'eau. Apr&#232;s, le mat&#233;riel de p&#234;che, c'est les p&#234;cheurs sur le quai qui essayent de l'entretenir, &#224; coudre les filets, c'est des trucs classiques. L&#224; on est en train d'ouvrir une &#233;cole d'apprentissage pour les jeunes, pour leur apprendre le m&#233;tier de marin-p&#234;cheur. Il faut arr&#234;ter de dire que le m&#233;tier, y'a pas d'avenir : c'est faux, c'est un m&#233;tier d'avenir. Y'a jamais eu d'&#233;cole typiquement comme quand je suis arriv&#233; avec mon p&#232;re, de terrain - oui, y'a des &#233;coles maritimes o&#249; c'est que de la th&#233;orie, tr&#232;s peu de pratique. Moi j'ai commenc&#233; par la pratique et apr&#232;s la th&#233;orie parce que le jeune, c'est dommage de lui faire perdre trois ans &#224; l'&#233;cole si demain il n'aime pas la mer, il faut lui apprendre d&#233;j&#224; sur le terrain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : un bateau comme le mien, on est quatre, sur un thonier ils sont douze, sur un chalutier ils sont six, &#231;a d&#233;pend du bateau mais en moyenne, c'est six, sept personnes &#224; bord d'un bateau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui fait quoi, sur le bateau ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, je patronne, je g&#232;re le bateau (rire), l'&#233;quipage conna&#238;t son poste, chacun &#224; son poste. L'essentiel c'est d'amener le bateau dans les bonnes zones de p&#234;che, c'est moi qui a le souci de la commercialisation, de pouvoir p&#234;cher pour rentabiliser l'entreprise et payer les marins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre rythme de p&#234;che ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben, c'est de partir &#224; trois heures du matin et faire douze, treize heures par jour, voil&#224; le rythme normal d'un marin-p&#234;cheur. Ouais, vous partez &#224; deux heures, trois heures &#224; bord, vous faites deux ou trois heures de route - tout d&#233;pend la vitesse du bateau - apr&#232;s vous tirez les filets, vous faites route, vous avez &#224; peu pr&#232;s deux heures aussi de travail pour rentrer, trier le poisson, ranger le filet, r&#233;parer si y'a des d&#233;g&#226;ts, souvent, dans le filet. Arriv&#233; &#224; la cri&#233;e, il faut d&#233;barquer le poisson, mettre en caisse, l'exp&#233;dier au mareyeur ou &#224; l'export et le marin, il rentre chez lui, il est dix-neuf heures, il a tout juste le temps de manger et il se couche. Moi, je fais trois, quatre heures de sommeil, et y'a des moments o&#249; on est &#224; plat. Quand on a cinq, six jours de beau temps, c'est non-stop. Ah ! Ben nous, on est tributaires du temps, h&#232; : on peut avoir cinq, six heures de mistral du lundi au vendredi et le samedi il fait beau, il faut y aller. On est r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; la part : si on p&#234;che, on est pay&#233;, si on p&#234;che pas, on n'a rien. Mais les prix, c'est toujours les m&#234;mes, continus. Voil&#224; la vie de p&#234;cheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vendez-vous votre poisson ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On vend aux poissonniers, &#224; des mareyeurs, des n&#233;gociants de poissons, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Saumaty' class='spip_out' rel='external'&gt;Saumaty&lt;/a&gt;, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Port-de-Bouc' class='spip_out' rel='external'&gt;Port-de-bouc&lt;/a&gt;, un peu partout, tous azimuts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La concurrence est-elle difficile ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La concurrence fran&#231;aise ne me g&#234;ne pas du tout, j'adore la concurrence, h&#232;. On a une concurrence d&#233;loyale des pays tiers, qui n'a pas les m&#234;mes charges. Ici, pour que ce soit rentable pour notre entreprise, il faut que &#231;a soit 1 &#8364; du kilo minimum et vous voyez du poisson qui vient sur le march&#233; fran&#231;ais &#224; 0,50 &#8364;, ou des loups et des daurades&#8230; Je suis aussi pr&#233;sident du Comit&#233; R&#233;gional PACA et j'ai mes amis aquaculteurs, parce qu'&#224; une &#233;poque, mon p&#232;re et mes oncles, ils ne voulaient pas parler de l'aquaculture : c'&#233;tait tabou, c'&#233;tait une concurrence d&#233;loyale, et je suis arriv&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer les aquacultures de qualit&#233; en r&#233;gion PACA. On a les plus grandes fermes vers Cannes, Toulon, la Seyne. Y'a&lt;a href='http://www.provaqua.com/peche-aquaculture.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;Provence Aquaculture&lt;/a&gt; au Frioul, que j'ai beaucoup soutenue et que je continue &#224; soutenir. Je suis fier parce que c'est la premi&#232;re ferme bio, ils sont deux jeunes dynamiques et je ne veux pas bafouer les anciens, mais il faut respecter les jeunes parce que c'est la rel&#232;ve et notre identit&#233; qui reste. L'aquaculture, ils ont une part de reconnaissance parce que y'a une concurrence d&#233;loyale de Turquie ou de Gr&#232;ce qui rentrent du poisson 50% moins cher que la production fran&#231;aise, alors je soutiens cette fili&#232;re. &#199;'a &#233;t&#233; difficile de faire comprendre &#224; mes copains p&#234;cheurs en mer ouverte, il fallait qu'on les accepte, on n'avait pas d'alternative et il vaut mieux contr&#244;ler une p&#234;che fran&#231;aise de voisinage, soutenir des aquaculteurs de qualit&#233;, qu'avoir une concurrence d&#233;loyale des pays tiers qu'on ne contr&#244;le pas. Pour le consommateur, la tra&#231;abilit&#233; est claire, qu'un produit de l'ext&#233;rieur, on sait pas d'o&#249; il vient, comment il a &#233;t&#233; conditionn&#233;, dans quelles conditions il a &#233;t&#233; p&#234;ch&#233;. L&#224;, je travaille avec une ONG dans le processus d'une p&#234;che responsable, et on va travailler sur du filet de p&#234;che biod&#233;gradable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pr&#233;f&#233;rez-vous, dans votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Rester p&#234;cheur traditionnel, parce que dans la p&#234;che traditionnelle y'a des cultures. Quelque chose de tr&#232;s symbolique, c'est que le consommateur ne mange pas du poisson qui a six mois dans les frigos et mon m&#233;tier de p&#234;cheur, c'est d'&#234;tre au contact du consommateur, de pas faire de la p&#234;che industrielle qui perd les rep&#232;res du p&#234;cheur au consommateur. Je travaille actuellement sur la production et la commercialisation direct au consommateur et si je viens souvent, il faut que les consommateurs sachent pourquoi : parce que la grande distribution, quelle que soit l'enseigne, ils vendent n'importe quoi, ils s'en foutent, c'est le profit. Moi, je contr&#244;le dans les grandes surfaces et quand je vois que le poisson est impropre &#224; la consommation, par exemple, je suis oblig&#233; de le mettre par terre puisque c'est ma vie, je ne peux pas laisser le consommateur acheter de la merde, s'intoxiquer, apr&#232;s il bannit ce produit et qui c'est qui va morfler ? C'est le p&#234;cheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quand vous partez sur votre bateau&#8230; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je perds pas mes rep&#232;res : je prends au cap, je vais sur les zones de p&#234;che. C'est vrai que depuis quelques ann&#233;es, c'est le combat. Quand je vais &#224; la p&#234;che, je m'&#233;vade des portables, du stress administratif et je revis, je reprends de l'&#233;nergie. On m'a pos&#233; une question sur une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, y'a pas longtemps : &quot;&lt;i&gt;Vous &#234;tes capable de quitter et faire une repr&#233;sentation &#224; Bruxelles ou dans une commission internationale et travailler directement, au lieu de venir et partir ?&lt;/i&gt;&quot; Je peux pas quitter la mer, c'est impossible. Je pr&#233;f&#232;re m&#234;me me taper six heures de vol que rester dans un bureau feutr&#233; et perdre mes rep&#232;res, il faut &#234;tre au contact tous les jours. C'est pour &#231;a que moi, le jeudi, vendredi, samedi et dimanche, jusqu'au lundi quand il fait beau, je suis &#224; la mer. Ah oui ! C'est avec plaisir, h&#232;. Moi, ce que je reproche &#224; mes parents, c'est qu'on a toujours bafou&#233; les m&#233;dias, les journalistes, et &#231;a c'est interdit aujourd'hui. Pourquoi les &#233;cologistes nous tapent dessus ? Parce qu'ils savent communiquer. Nous on sait pas, on sait p&#234;cher mais on sait m&#234;me pas vendre, la preuve, on est bafou&#233;s par les n&#233;gociants de poissons et &#231;a c'est scandaleux. Tout le monde sait p&#234;cher aujourd'hui parce que la technologie de la p&#234;che, l'&#233;lectronique a &#233;volu&#233;. Il faut savoir vendre aussi pour valoriser son produit et son entreprise et surtout, garder ses rep&#232;res de p&#234;che artisanale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles r&#233;glementations r&#233;gissent votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! Alors, la p&#234;che fran&#231;aise est g&#233;r&#233;e par huit cent quarante-sept r&#232;glements communautaires : on a des licences de p&#234;che, des jours de mer, une r&#233;glementation sur le maillage, la longueur des filets, l'embarquement du bateau, et 50% est inadapt&#233; : la preuve, ils sont en train de r&#233;duire 30%. La r&#233;glementation communautaire pour 2008-2012, on veut casser 30% de la flotte, encore. 2004, on a cass&#233; quand m&#234;me 42% de p&#234;che en r&#233;gion PACA. On essaye de dire : &quot;&lt;i&gt;Les p&#234;cheurs, c'est &#224; cause d'eux qu'y a plus de poisson.&lt;/i&gt;&quot; Faux. Comment &#231;a se fait qu'on a cass&#233; 42% de la flotte depuis dix ans, et on se plaint que certaines esp&#232;ces ont disparu ? Est-ce qu'on a fait des analyses d'eau sur la pollution des d&#233;gazages sauvages des gros trusts p&#233;troliers ? Aujourd'hui par exemple, les p&#234;cheurs de daurade &#224; la palangre, aux hame&#231;ons, on veut appliquer et je l'ai bloqu&#233; &#224; Bruxelles par du lobbying. On veut p&#234;cher des daurades de deux kilos avec des hame&#231;ons pour p&#234;cher des cachalots de quatorze centim&#232;tres ! Ils veulent faire une r&#233;glementation de Mer du Nord, sans reconna&#238;tre la sp&#233;cificit&#233; m&#233;diterran&#233;enne. &#192; Marseille, y'a des petites barquettes de sept &#224; dix m&#232;tres qui p&#234;chent la rascasse, la bouillabaisse et chaque r&#233;gion a sa culture et sa tradition, c'est pour &#231;a que je me bats pour garder les traditions dans chaque r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des esp&#232;ces de poisson disparaissent ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, au contraire : on revoit beaucoup de poissons qu'on ne voyait plus. La langouste, y'en a, du thon, on a fait tant de cin&#233;ma depuis deux ans, c'est la politique un peu am&#233;ricaine : &#224; une &#233;poque, &#224; San Diego, y'avait une grande p&#234;che thoni&#232;re et pour &#233;liminer cette p&#234;che, on a dit : &quot;&lt;i&gt;Il faut plus manger de thon parce qu'y a du dauphin dans les bo&#238;tes.&lt;/i&gt;&quot; On a essay&#233; de faire peur, depuis deux ans, ici. Les scientifiques &#224; l'ICCAT ou l'Union Europ&#233;enne qui donnent des &#233;tudes sur la M&#233;diterran&#233;e, c'est des scientifiques am&#233;ricains. C'est l&#224; o&#249; l'opinion publique doit savoir la v&#233;rit&#233;, parce que dans pas longtemps y'aura plus de p&#234;cheurs et on saura plus quoi manger, et l&#224; &#231;a devient dangereux parce que c'est tout un m&#233;tier, des traditions qui se donnent. Si y'a plus de p&#234;cheurs, c'est fini, et ceux qui sortiront des &#233;coles &#231;a sera plus les donneurs de le&#231;ons de p&#234;che, et la pratique est fondamentale. On a des scientifiques, des gens de terrain &#224; la &lt;a href='http://www.fao.org/fi/debut.asp' class='spip_out' rel='external'&gt;FAO&lt;/a&gt; ( Organisation des Nations-unis pour l'alimentation et l'agriculture ), &#224; la &lt;a href='http://ec.europa.eu/fisheries/cfp/external_relations/rfos/gfcm_fr.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;CGPM&lt;/a&gt; ( Commission G&#233;n&#233;rale des P&#234;ches pour la M&#233;dit&#233;rrann&#233;e ), une organisation de chercheurs m&#233;diterran&#233;ens, ceux-l&#224; ne sont pas consult&#233;s. Y'a pas de volont&#233; politique pour vraiment d&#233;fendre et la derni&#232;re r&#233;union que j'ai eue &#224; Paris devant le directeur des p&#234;ches, de dire : &quot;&lt;i&gt;Pourquoi vous ne faites pas une &#233;tude s&#233;rieuse ? - Pas de budget.&lt;/i&gt;&quot; Alors certains scientifiques essayent de dramatiser la situation en disant : &quot;&lt;i&gt;Oh, y'a plus de poissons&lt;/i&gt;&quot;, pour avoir des budgets, mais qui morfle pendant ce temps ? Ben c'est le p&#234;cheur, parce qu'on fait un arr&#234;t sur une esp&#232;ce. C'est en dents de scie, la p&#234;che, c'est tr&#232;s al&#233;atoire : intemp&#233;ries, y'a des cycles, on comprend pas, m&#234;me pas les scientifiques ils le comprennent. Aujourd'hui, on a pris cent kilos de merlan, le lendemain, au m&#234;me endroit, y'en a plus et on revient quinze jours apr&#232;s, on en prend. &#199;a s'explique pas, c'est la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de revenir le bateau vide ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est tr&#232;s rare. &#199;a arrive, h&#232;, mauvais courant. Le poisson, il vit un peu comme nous : quand il pleut, on se balade pas dans la rue en T-shirt, c'est exactement pareil, quand il fait mauvais, qu'y'a des courants, le poisson il se met dans des abris, il bouge pas, &#231;'a &#233;t&#233; prouv&#233;. C'est pour &#231;a que &#224; des moments, on peut rentrer, pas sans aucun poisson, mais c'est pas rentable pour la journ&#233;e de p&#234;che et y'a des jours, alors, on sait plus o&#249; mettre le poisson.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, faites-vous encore des p&#234;ches miraculeuses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bien s&#251;r. Maintenant les p&#234;cheurs de thon ont le droit de p&#234;cher deux mois par an et apr&#232;s, on entend que les p&#234;cheurs de thon ont d&#233;pass&#233; le quota. Si y'a plus de thons, on peut pas p&#234;cher en deux mois ce qu'on devrait p&#234;cher en un an, c'est que du thon, y'en a. Y'a quelques ann&#233;es, on disait : &quot;&lt;i&gt;La sardine, dans le Golfe du Lion, y'en a plus&lt;/i&gt;&quot; mais la rade est pleine de sardines. Vous allez au ralenti au moteur - et c'est pas une gal&#233;jade, c'est la r&#233;alit&#233; - pour ne pas brusquer le poisson et &#224; l'&#233;puisette, vous prenez un seau de sardines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Y'a dix ans, j'ai pris un requin blanc de trois m&#232;tres, au large de Riou. Dans l'enrouleur de filet, tout d'un coup, je vois un museau arriver, je regarde et je suis reparti &#224; la renverse ! Il &#233;tait vivant, mais tout enroul&#233; dans le filet. Je l'ai ramen&#233; ici et j'en ai fait cadeau au Centre oc&#233;anographique de Marseille pour faire des recherches. Mais j'ai perdu une journ&#233;e enti&#232;re et j'ai fini &#224; deux heures du matin avec la grue sur le quai pour le mettre &#224; terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous &#234;tre le repr&#233;sentant d'une tradition ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, je suis p&#234;cheur de tradition et de culture, je pense &#234;tre le repr&#233;sentant d'une vraie p&#234;cherie, d'un vrai m&#233;tier, dur mais passionnant. Je ne pourrais pas faire autre chose. Si j'&#233;tais dans certains endroits o&#249; la mer a s&#233;ch&#233; comme la mer d'Aral au Kazakhstan, je sais pas s'il ne faudrait pas que je me rapatrie dans un endroit o&#249; y'a de l'eau : c'est comme une grenouille, elle ne peut pas rester sans eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi appartenez-vous au monde maritime ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D&#233;j&#224; par ma famille, h&#232;. Le monde maritime, je suis n&#233; dedans, c'est ma vie. Marseille, j'adore, je voudrais que la p&#234;che &#224; Marseille perdure : c'est magnifique de voir le matin tous les p&#234;cheurs, des gens tr&#232;s courageux, aller avec des petits pointus&#8230; Souvent y'a beaucoup de vent, le mistral, c'est pour &#231;a qu'on est dans la plus belle ville de France : on a le bien de Dieu, la Bonne M&#232;re qui nous prot&#232;ge par le mistral, &#231;a d&#233;gage. Et ces gens-l&#224; vont affronter la mer tous les jours &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Calanque_de_Sormiou' class='spip_out' rel='external'&gt;Sormiou&lt;/a&gt;, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Calanque_de_Morgiou' class='spip_out' rel='external'&gt;Morgiou&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.marseillenet.com/marseille-goudes-1-1.html' class='spip_out' rel='external'&gt;aux Goudes&lt;/a&gt;, &#224; la Madrague, au &lt;a href='http://www.marseillenet.com/marseille-auffes-1-1.html' class='spip_out' rel='external'&gt;vallon des Auffes&lt;/a&gt;, tous ces petits ports o&#249; ces petits p&#234;cheurs artisans ram&#232;nent cette production locale, peu, parce que c'est en rapport avec l'engin, c'est la r&#233;glementation. Aujourd'hui, un bateau de p&#234;che ne peut pas &#234;tre renouvel&#233; sans l'accord de l'Union Europ&#233;enne. C'est compl&#232;tement aberrant : si on casse un moteur, il faut demander l'autorisation avant de le changer. Et ces p&#234;cheurs qui vont avec des vieux moteurs, toc, toc, toc, toc, toc, au &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch&#226;teau_d'If' class='spip_out' rel='external'&gt;Ch&#226;teau d'If&lt;/a&gt; prendre dix kilos de rascasses, deux kilos de rougets et amener le poisson vivant sur le quai&#8230; Y'a qu'&#224; Marseille qu'on voit &#231;a, c'est pour &#231;a que j'ai milit&#233; pour renouveler les tables pour les p&#234;cheurs, les mettre aux normes sanitaires pour le consommateur. Je me bats beaucoup pour la qualit&#233;, l&#224; on est en train de cr&#233;er cette maquette pour leur attribuer des sacs en plastique avec un logo &lt;i&gt;P&#234;che artisanale, p&#234;che fra&#238;che, p&#234;che locale&lt;/i&gt; avec des fiches recettes. J'ai rien &#224; apprendre aux Marseillais sur la bouillabaisse mais on a d&#233;j&#224; un site. Et la tradition de la p&#234;che artisanale &#224; Marseille, dans la r&#233;gion PACA aussi, elle est magnifique. De Menton jusqu'aux Saintes-Maries de la Mer, c'est que des falaises de roches - je vais pas critiquer mes amis du Languedoc-Roussillon mais c'est un fond plat, vaseux, sableux, le poisson n'a pas la m&#234;me texture, le m&#234;me go&#251;t, la m&#234;me iode et je dis que de Marseille &#224; Menton, le meilleur poisson, c'est chez nous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 13/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Voyage au pays des santons</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/voyage-au-pays-des-santons</link>
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		<dc:date>2005-01-06T13:38:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Marcellin, Sohad Tari</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Visites guid&#233;es &#224; la d&#233;couverte de l'art santonnier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons visit&#233; quelques ateliers et autres boutiques de santonniers &#224; Marseille. La liste est loin d'&#234;tre exhaustive, certes, mais elle vous donnera n&#233;anmoins une petite id&#233;e de l'art et la mani&#232;re de cr&#233;er ces figurines si sp&#233;cifiquement proven&#231;ales et qui n'en connaissent pas moins un succ&#232;s croissant par-del&#224; les fronti&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les santons &lt;i&gt;Arterra&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette boutique artisanale existe depuis neuf ans. Elle emploie quinze personnes. Onze travaillent en atelier et quatre en magasin. L'accueil y est tr&#232;s chaleureux. Pour assister &#224; la fabrication des santons, il faut prendre rendez-vous par t&#233;l&#233;phone quelques jours &#224; l'avance, en pr&#233;cisant que vous voulez visiter l'atelier. La visite dure alors environ un quart d'heure.
Les passages &#224; l'improviste sont possibles. Une personne se fera un plaisir de vous expliquer la fabrication du santon et vous pourrez voir deux artisans peindre les personnages sur un &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mode de fabrication est typique. Les diff&#233;rents santons sont fabriqu&#233;s dans des moules, puis sculpt&#233;s, model&#233;s, s&#233;ch&#233;s et cuits pendant douze heures.
Les santons sont ensuite d&#233;cor&#233;s avec de la peinture acrylique pour faciliter le nettoyage. Il faut en tout deux ou trois jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les 140 mod&#232;les de la collection, il existe diff&#233;rentes tailles, de 7 &#224; 30 cm. Leurs prix varient de 11 &#224; 235 euros ! Ils sont vendus en boutique et par le biais de revendeurs sur le territoire national.
En plus des santons &#224; caract&#232;re religieux, la boutique propose des objets typiquement proven&#231;aux. Les cr&#233;ations sont expos&#233;es sur leur site Internet [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.provence-prestige.tm.fr/...' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], mais non commercialis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les santons &lt;i&gt;Marcel Carbonel&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, les locaux sont plus grands. Le vaste atelier emploie une vingtaine de personnes. Une trentaine de mouleurs et de d&#233;corateurs travaillent &#224; domicile. La production s'&#233;l&#232;ve &#224; 800 mod&#232;les (de 2,5 &#224; 15 cm et de 10,40 &#224; 86,50 euros). Sans compter les divers accessoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fabrique est l'une des plus importantes de Marseille. Et aussi une des plus vieilles. Les santons y sont fabriqu&#233;s depuis 1935. Des visites guid&#233;es des ateliers sont organis&#233;es depuis un peu plus de cinq ans, sur rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guide vous accompagnera tout au long du processus de fabrication. Elle vous fera elle-m&#234;me des d&#233;monstrations et vous montrera le travail de chacun des ouvriers qui s'ex&#233;cutent en direct sous vos yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour commencer, elle vous montrera les moules m&#232;res, en pl&#226;tre, coul&#233;s autour d'un mod&#232;le original de santon. Ensuite, les moules sont enduits de talc et press&#233;s autour d'un boudin d'argile, d&#233;monstration &#224; l'appui. Puis, les santons obtenus sont &#233;barb&#233;s et retouch&#233;s &#224; la main.
Ils s&#232;chent une semaine puis sont cuits pendant douze heures dans un grand four, comme &#224; la boulangerie... 2000 pi&#232;ces sont enfourn&#233;es en moyenne !
Les figurines sont peintes &#224; la main, sauf les mod&#232;les d'une seule couleur ou en d&#233;grad&#233;s, n&#233;cessitant une peinture au pistolet. Un employ&#233; &#233;labore les couleurs &#224; partir d'un m&#233;lange de pigments et de gomme arabique.
Vous pourrez aussi voir les ouvriers travailler les &#233;tables, qui sont faites en carton et pos&#233;es sur un socle en bois. Leurs tuiles sont en carton ondul&#233;, en pl&#226;tre ou en argile. Et les murs sont cr&#233;pis puis noircis au brou de noix pour faire ancien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A deux pas de l'atelier, se trouvent une boutique ainsi qu'un petit mus&#233;e. Pour entrer, pas besoin de rendez-vous. Pensez seulement &#224; v&#233;rifier les horaires d'ouverture avant d'y aller. Vous verrez des santons de tout pays et en tout genre, certains en porcelaine, d'autres en papier et m&#234;me en ma&#239;s ! La visite est gratuite.
En attendant, vous pouvez consulter leur site internet [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.santonsmarcelcarbonel.com/' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les santons &lt;i&gt;Devouassoux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Della Maggiora&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, l'art santonnier se met en mouvement... Certaines pi&#232;ces (santons, cr&#232;ches ou fontaines) sont articul&#233;es, gr&#226;ce &#224; un petit moteur &#233;lectrique.
Les mat&#233;riaux restent, eux, traditionnels : santons en argile, cr&#232;ches en pl&#226;tre, fontaines en r&#233;sine et d&#233;coration &#224; la peinture acrylique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les santons &lt;i&gt;Devouassoux&lt;/i&gt; existent depuis d&#233;j&#224; trois g&#233;n&#233;rations. Les santons &lt;i&gt;Della Maggiora&lt;/i&gt; ont environ quinze ans. Les ateliers de ces deux santonniers se trouvent respectivement &#224; Meyrargues et dans le quartier de Sainte-Marthe &#224; Marseille, mais ils exposent et vendent leurs cr&#233;ations dans une m&#234;me boutique, r&#233;cemment ouverte, dans le quartier du Panier, qui abrite beaucoup de santonniers.
Il n'y a pas de visite pr&#233;vue, mais les vendeurs vous &#233;claireront volontiers sur leur travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils vous expliqueront qu'ils fabriquaient, au d&#233;but, surtout des cr&#232;ches. La concurrence les a forc&#233;s &#224; se diversifier. Ils ont alors fait des santons. Comme il s'agit d'un march&#233; saisonnier, ils proposent aussi des pendules ou encore des diffuseurs de parfums pour l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.provence-prestige.tm.fr/boutiques/arterra/index.cfm?l=fr' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.provence-prestige.tm.fr/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.santonsmarcelcarbonel.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.santonsmarcelcarbonel.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Si cet article vous a mis en app&#233;tit, ne manquez surtout pas l'occasion de venir admirer des milliers de santons, de cr&#232;ches et autres accessoires &#224; la Foire aux Santons, le long de la Canebi&#232;re, de la fin du mois de Novembre au d&#233;but du mois de Janvier, un &#233;v&#232;nement bicentenaire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez &#224; ce sujet les sites suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.marseille-tourisme.com/servlet/otcm?statique=dec_villetradfoiresan.htm&amp;LANGUE=1&amp;menu&amp;dist=1GP' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.marseille-tourisme.com/s...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.cote.azur.fr/actualites/info_ventes-d-occasion_objet---decoration_5218.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.cote.azur.fr/actualites/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et aussi deux sites qui r&#233;f&#233;rencent les coordonn&#233;es de plusieurs santonniers :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.recherche.aol.fr/rech?id=eJwrZMjJLy1KSS1mKGawMGAAACfxBEs_&amp;c=171115238' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.recherche.aol.fr/rech?id...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.aix-en-provence.com/ancpa/french/loisirs/santonniers.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.aix-en-provence.com/ancp...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et enfin des sites consacr&#233;s &#224; la cr&#232;che proven&#231;ale et aux santons :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.joyeuse-fete.com/joyeux-noel/noelcreches.html' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.joyeuse-fete.com/joyeux-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://perso.leval.mageos.com/pages-htm/musee-santons.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://perso.leval.mageos.com/pages...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un cube dans l'air du temps</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/un-cube-dans-l-air-du-temps</link>
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		<dc:date>2008-01-23T16:57:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Install&#233;e &#224; Sainte-Marthe, la CDSM m&#234;le savoir-faire traditionnel et contemporain pour valoriser et faire reconna&#238;tre et perdurer le patrimoine marseillais dans lequel elle s'inscrit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2003, Bernard Demeure, 54 ans, pr&#233;sident de la Compagnie de D&#233;tergent et de Savon de Marseille, a repris l'entreprise avec deux autres cadres du site : &#171; Je suis arriv&#233; comme responsable du service technique, puis j'ai pris des responsabilit&#233;s suppl&#233;mentaires dans la production et je me suis d&#233;couvert un attachement &#224; cette activit&#233; parce que c'est un produit &#233;minemment sympathique : le savon, qui est vivant, qui a une histoire.&lt;/i&gt; &#187; Dans le bain du m&#233;tier, survie d'un produit ic&#244;ne et d'un savoir-faire ancr&#233;s dans l'histoire de l'industrie marseillaise : pour mousser, sans buller !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : L'entreprise est issue d'une fabrique traditionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Compl&#232;tement, puisque notre activit&#233; remonte &#224; 1850, on est une vieille savonnerie marseillaise. L'atelier de fabrication, on a des chaudrons qui datent de la fin du XIX&#232;me donc on fait perdurer la tradition : &#231;a fait cent vingt ans qu'on fait du savon dans nos cuves, qui sont rest&#233;es telles quelles. Et &#231;'a toujours &#233;t&#233; ici, hein : fin XIX&#232;me, m&#234;me d&#233;but XX&#232;me, il y avait une centaine de savonneries &#224; Marseille, des petites unit&#233;s qui &#233;taient toutes dans le centre, &#224; c&#244;t&#233; du Vieux Port, vers la rue Sainte, et les grosses unit&#233;s dont celle-ci &#233;taient dans la campagne environnante. Il y a encore cinquante ans, c'&#233;tait la campagne, ici, et petit &#224; petit, l'urbanisme nous a rejoint, on est maintenant en centre ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment a &#233;volu&#233; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle a eu beaucoup de mouvements au fil du temps : en 1850, c'&#233;tait une fabrique de bougies, une st&#232;re &#224; rimerie, d'o&#249; le nom du boulevard de la Bougie qui passe &#224; c&#244;t&#233;. Elle a d&#233;riv&#233; vers l'huilerie fin XIX&#232;me et est arriv&#233;e &#224; la savonnerie, c'&#233;tait l'huilerie et savonnerie JB Paul. Dans les ann&#233;es 50, avec l'arriv&#233;e des d&#233;tergents de synth&#232;se, l'activit&#233; de la savonnerie a commenc&#233; &#224; chuter et le site s'est dirig&#233; vers la production de d&#233;tergents en poudre. L'usine appartenait au groupe marseillais Union G&#233;n&#233;rale de Savonnerie qui &#233;tait propri&#233;taire de la marque &lt;a href='http://www.lechat.be/fr/historique.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Le Chat&lt;/a&gt;, donc fabriquait le savon et dans les ann&#233;es 80, l'UGS a eu l'id&#233;e de d&#233;velopper Le Chat Machine, une lessive originale en ce sens qu'elle contenait une grosse quantit&#233; de savon. L'int&#233;r&#234;t pour eux &#233;tait de faire tourner la savonnerie tout en d&#233;veloppant leur activit&#233; de d&#233;tergence. En 1986, le lessivier allemand Henkel a rachet&#233; la marque de par l'int&#233;r&#234;t &#233;cologique et l'originalit&#233; du produit et un an plus tard, il s'est d&#233;sengag&#233; du site qui a &#233;t&#233; c&#233;d&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; lyonnaise sp&#233;cialis&#233;e dans la production de d&#233;tergent, Chimiotechnique. En 2003, il y a eu un r&#232;glement judiciaire, le site a &#233;t&#233; &#224; nouveau vou&#233; &#224; la fermeture, et les cadres du site ont investi pour sauvegarder l'activit&#233; et notamment la savonnerie, parce que c'&#233;tait la partie &#224; laquelle j'&#233;tais le plus attach&#233;. Les deux derni&#232;res savonneries de Marseille, il se trouve un peu dommage de laisser mourir ces patrimoines de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous form&#233; &#224; ce domaine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Je ne suis pas savonnier de formation, je suis de formation technique et j'appartenais &#224; la soci&#233;t&#233; Chimiotechnique. Je ne suis pas chimiste, je n'ai pas de formation particuli&#232;re dans ce domaine. Je sais quand m&#234;me comment &#231;a se passe parce que j'ai pass&#233; pas mal de temps dans les ateliers, mais le savon &#233;tant particulier, on ne peut pas &#234;tre form&#233; &#224; fabriquer du savon, en tout cas pas &#224; l'&#233;cole, c'est un proc&#233;d&#233; de fabrication qui se transmet surtout par oral, doubl&#233; par l'exp&#233;rience. Des universit&#233;s forment en corps gras, mais n'apprennent pas &#224; faire du savon tel qu'on le pratique, d'abord parce qu'il y a de moins en moins de besoins. Et comparativement &#224; des d&#233;tergents, puisque j'ai toujours baign&#233; dans les d&#233;tergents qui sont de la chimie pure : on m&#233;lange des ingr&#233;dients et en pratique il n'y a pas de surprise, on obtient une lessive, un savon, c'est pas pareil : beaucoup de crit&#232;res font qu'il est d'une couleur, il y a une odeur, ce n'est pas une science exacte. C'est un des &#233;l&#233;ments qui a fait que je me suis plong&#233; dans l'aventure de chef d'entreprise, parce que c'&#233;tait pas forc&#233;ment ma fibre au d&#233;part, mais j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233; par ce phyto produit. Quand on parle de savon, les gens sont int&#233;ress&#233;s. Pour quelles raisons ? C'est un petit peu myst&#233;rieux, mais les gens sont int&#233;ress&#233;s &#224; la fabrication, au produit, notamment le &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille' class='spip_out' rel='external'&gt;savon de Marseille&lt;/a&gt;, alors que quand on fabrique la lessive, &#231;a n'int&#233;resse personne. Encore qu'aujourd'hui, on utilise d'abord de moins en moins de savon et encore moins de savon de Marseille parce qu'on utilise des savonnettes color&#233;es, parfum&#233;es&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits fabriquez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Historiquement, du savon, ensuite des d&#233;tergents - on ne fait que des poudres pour le lavage du linge. On a une troisi&#232;me activit&#233;, plus chimique, qui date aussi de l'&#233;poque du Chat Machine, o&#249; on fait une sulfonation : l&#224; on fabrique une mati&#232;re premi&#232;re qui rentre dans la composition des d&#233;tergents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence entre savon et d&#233;tergent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le savon, c'est un proc&#233;d&#233; compl&#232;tement diff&#233;rent : on fait une saponification par les huiles, on utilise des huiles qu'on transforme avec de la soude, avec une r&#233;action chimique qui dit que corps gras plus soude donne savon plus glyc&#233;rine. Les d&#233;tergents de synth&#232;se, ce sont des m&#233;langes de compos&#233;s chimiques qui ne sont pas naturels et qui ont tous &#233;t&#233; transform&#233;s, alors que l&#224; on part de mati&#232;res naturelles qu'on transforme, c'est ce qui fait la r&#233;putation du produit : on ne met pas d'oxydant, de conservateur, de parfum, de colorant&#8230; Enfin, &#231;a rentre dans le milieu de la d&#233;tergence, parce que &#231;a lave, c'est la m&#234;me famille chimique mais en tout cas, en ce qui nous concerne, le proc&#233;d&#233; de fabrication est compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res premi&#232;res utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour le savon, c'est soit une base animale, du suif de b&#339;uf, essentiellement, qu'on saponifie &#224; la soude - il faut savoir que tous les savons des grands parfumeurs, des grandes marques, sont faits &#224; base de suif : ils sont travaill&#233;s, parfum&#233;s, color&#233;s mais avec le suif, disent les experts, le savon est plus fin et le parfum tient mieux que dans un savon &#224; base v&#233;g&#233;tale - soit une base v&#233;g&#233;tale, parce qu'aujourd'hui il y a une forte demande : essentiellement des huiles issues de la palme et de l'olive puisqu'on fait du savon &#224; base d'huile d'olive, et la soude puisqu'il faut op&#233;rer cette transformation chimique. Les d&#233;tergents, c'est tous des produits issus du sodium, de la soude et des mati&#232;res, y'en a des dizaines et des dizaines, essentiellement des tripolyphosphates, ces fameux produits qui sont tr&#232;s d&#233;cri&#233;s parce qu'ils polluent nos rivi&#232;res, donc on a des produits de substitution parce que pour le march&#233; m&#233;nager, on n'a plus le droit d'utiliser des phosphates, on utilise des carbonates, des mati&#232;res actives diverses et vari&#233;es. Ouh l&#224; ! Les formules d&#233;tergentes, c'est devenu d'une complexit&#233; &#233;norme. Le vieux message qu'on entendait il y a vingt-cinq ans : &#171; &lt;i&gt;Y'a toutes les formules, toutes les lessives sont les m&#234;mes, il n'y a que les emballages qui changent&lt;/i&gt; &#187;, ce n'est plus le cas : chaque formule a sa propre application, chaque client vit sa propre sp&#233;cificit&#233;, &#231;a devient un produit tr&#232;s technique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous ces mati&#232;res premi&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les huiles animales, c'est en France, parce que la France est encore un gros consommateur, on fait de l'&#233;levage de bovins donc on en trouve sans difficult&#233; et les huiles v&#233;g&#233;tales, l'olive reste une production europ&#233;enne : Italie, Espagne ou Gr&#232;ce ; plus en France, parce qu'on n'en fait plus assez. Les huiles de palme sont en g&#233;n&#233;ral des huiles d'importation, les premiers producteurs mondiaux &#233;tant La Malaisie et l'Indon&#233;sie. Et dans les d&#233;tergents, tous les grands chimistes europ&#233;ens font des mati&#232;res premi&#232;res qui rentrent dans la composition des d&#233;tergents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les proc&#233;d&#233;s de fabrication du savon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, on est tr&#232;s attach&#233; au proc&#233;d&#233; traditionnel puisqu'aujourd'hui, l'appellation &#171; Savon de Marseille &#187; est tomb&#233;e dans le domaine public, donc n'importe qui peut faire du savon et marquer dessus &#171; Savon de Marseille &#187; en toute impunit&#233;, en France ou pas, d'ailleurs : une grande partie sont des produits d'importation, notamment de la Malaisie. On est quelques derniers r&#233;sistants, notamment dans la r&#233;gion marseillaise, fabricants de savon, on est trois &#224; d&#233;fendre l'appellation puisqu'on pratique encore la m&#233;thode de fabrication telle qu'elle avait &#233;t&#233; mise au point il y a quelques si&#232;cles par les savonniers marseillais : c'est un proc&#233;d&#233; dit &#171; en chaudi&#232;re &#187;, on fait enduire nos huiles dans des grandes cuves en briques. C'est un proc&#233;d&#233; certes long, il faut plus d'une semaine pour fabriquer du savon, mais on y est tr&#232;s attach&#233; et on souhaiterait faire rena&#238;tre ce proc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est toujours les m&#234;me machines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Les m&#234;mes machines, la seule chose qui a chang&#233; c'est les m&#233;thodes de chauffe : &#224; l'&#233;poque on chauffait ces cuves au bois, maintenant on chauffe le m&#233;lange avec la vapeur, mais les m&#233;thodes de fabrication n'ont pas chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour les d&#233;tergents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Pour les d&#233;tergents, &#231;a a beaucoup plus &#233;volu&#233; parce que l&#224;, on est moins attach&#233; &#224; la tradition, donc c'est pas vraiment des transformations chimiques, c'est essentiellement des m&#233;thodes de m&#233;langes, soit &#224; sec, soit en froids humides qu'on s&#232;che derri&#232;re. On fait d&#233;j&#224; un pr&#233;-m&#233;lange en phase humide des ingr&#233;dients solides et liquides et on va s&#233;cher cette p&#226;te pr&#233;fabriqu&#233;e, on va la faire presser dans une tour d'atomisation qui est chauff&#233;e, de mani&#232;re &#224; d&#233;shydrater ces particules, et on r&#233;cup&#232;re en partie basse une poudre dont on contr&#244;le la granulom&#233;trie, et c&#230;tera. Apr&#232;s cette &#233;tape, on rajoute les autres ingr&#233;dients : les parfums, les colorants, les enzymes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez introduit d'autres machines pour les d&#233;tergents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, dans les ann&#233;es cinquante est apparue la premi&#232;re tour d'atomisation chez nous, et puis au fil des ann&#233;es, on a fait des gros investissements parce qu'il y a &#233;norm&#233;ment de concurrence dans ce domaine, on est condamn&#233;s &#224; &#234;tre toujours plus performants et &#224; produire moins cher, donc &#231;a n&#233;cessite beaucoup d'investissements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rentes &#233;tapes de la fabrication du savon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a quatre &#233;tapes principales dans la fabrication du savon proprement dit : il y a d'abord l'emp&#226;tage, c'est-&#224;-dire qu'on fait r&#233;agir de mani&#232;re grossi&#232;re la soude sur les corps gras, la deuxi&#232;me &#233;tape c'est le relargage, c'est-&#224;-dire qu'on laisse d&#233;canter ce m&#233;lange pour &#233;liminer d&#233;j&#224; les impuret&#233;s. Ensuite y'a la cuisson, derri&#232;re on remet la soude, on refait bouillir tout &#231;a pour finir la cuisson des huiles et &#224; la fin, il y a la liquidation, c'est-&#224;-dire qu'on va laver le savon et on va le laisser d&#233;phaser pour &#233;liminer toutes les impuret&#233;s qui ont pu se produire au cours de la saponifisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps durent ces diff&#233;rentes phases ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des phases qui s'encha&#238;nent jour apr&#232;s jour pendant une bonne semaine. Dans certains cas, selon les huiles qu'on utilise, &#231;a peut durer un peu plus d'une semaine, voire une semaine et demi. Apr&#232;s, il y a toute la phase de s&#233;chage, conditionnement et c&#230;tera mais l&#224;, &#231;a devient du conditionnement. Lors de la premi&#232;re phase, on obtient un savon liquide parce qu'on le maintient &#224; 90-95&#176; et apr&#232;s, y'a toute la phase de s&#233;chage et on durcit la p&#226;te. Chez nous on ne proc&#232;de plus comme en l'ancien temps o&#249; on coulait le savon par terre. Fabre fait &#231;a, encore, le S&#233;rail aussi coule le savon au sol puis il le laisse refroidir &#224; temp&#233;rature ambiante. Nous, on a un processus un peu plus acc&#233;l&#233;r&#233; : on facilite l'&#233;vaporation du savon en le passant sous vide. Apr&#232;s, y'a une phase de mise en forme : coupage, mise en forme, moulage, enveloppage et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des normes de qualit&#233; exig&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, bien entendu, dans tous ces proc&#233;d&#233;s, le savon &#233;tant un produit cosm&#233;tique puisqu'il va entrer en contact avec la peau, il y a des normes impos&#233;es par les professionnels et dans les d&#233;tergents, c'est pareil. Alors, nous on n'est pas&lt;a href='http://www.iso.org/iso/fr/about.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;ISO&lt;/a&gt; mais quand on travaille avec des grandes entreprises de la d&#233;tergence comme sous-traitants, ils viennent v&#233;rifier nos m&#233;thodes de fabrication et s'assurer qu'on respecte les cahiers des charges, donc on a des proc&#233;dures, des documents &#233;crits. On s'est cr&#233;&#233; nos propres normes, si vous voulez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le savon, assez peu, parce que c'est une r&#233;action de base, donc l&#224; o&#249; on s'attelle &#224; maintenir la tradition, il a pu &#233;voluer mais les gens restent tr&#232;s attach&#233;s &#224; la forme cubique. Pour combien de temps ? On n'en sait rien, parce qu'utiliser un cube de 600 grammes pour prendre sa douche, c'est pas de la plus grande simplicit&#233; mais les gens sont attach&#233;s &#224; ce format-l&#224;. En terme de packaging, il y a eu quelques &#233;volutions, mais c'est un produit o&#249; il n'y a pas eu de r&#233;volution dans ce domaine. Dans les d&#233;tergents, beaucoup plus, l&#224;, par contre les formules &#233;voluent tr&#232;s vite, ils sortent toujours de nouveaux composants chimiques, les emballages &#233;voluent, donc on s'adapte &#224; l'&#233;volution du march&#233; ou on innove. De l'autre c&#244;t&#233;, il y a des produits bio qui arrivent sur le march&#233; donc dans le domaine du d&#233;tergent, &#231;a bouchonne. Dans le domaine du savon, un petit peu moins, &#231;a reste un produit traditionnel. C'est un produit naturel donc on va travailler sur une appellation beaucoup plus bio qui soit plus vendeuse, mais ma position est de dire que le savon, le Savon de Marseille en tout cas, tel qu'on le produit, n'a pas besoin de cette appellation : il l'est naturellement parce que les huiles qu'on utilise, ce sont des olives naturelles, bien s&#251;r, ce sont des huiles v&#233;g&#233;tales ou animales. Il y a un d&#233;bat aussi &#224; ce sujet : un savon doit &#234;tre v&#233;g&#233;tal ou animal ? J'ai pas de point de vue l&#224;-dessus, sachant que les huiles animales sont aussi naturelles que les v&#233;g&#233;tales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le volume de production du site ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On traite environ 20 000 tonnes de produits chaque ann&#233;e, toutes activit&#233;s confondues : on re&#231;oit 20 000 tonnes de marchandises, on les transforme et on les r&#233;exp&#233;die, donc c'est assez cons&#233;quent mais le savon repr&#233;sente 2000 &#224; 2500 tonnes, pas plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Produisez-vous vos propres marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Enfin, on a notre propre march&#233; &#224; l'export, &#231;a repr&#233;sente 25 &#224; 30 % de notre activit&#233;. NEO est une marque qu'on exporte vers les pays africains notamment, puisque notre situation g&#233;ographique favorise ce secteur, donc les pays du Maghreb, les Antilles, les DOM-TOM c'est des march&#233;s sur lesquels on va directement avec une gamme de produits. Mais &#224; 80 %, notre m&#233;tier se situe au niveau de la sous-traitance pour nos distributeurs ou nos industriels partenaires qui eux ont en charge de mettre le produit sur le march&#233; fran&#231;ais et europ&#233;en. On vend essentiellement &#224; des groupes qui nous font faire leur propre marque. On a quelques marques qu'on exploite en SAF - le savon de famille - on a Le Marseillois, mais on les exploite assez peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas assez, pas encore assez bien : on a le statut d'industriels, on n'a pas vocation &#224; faire du marketing ou du commerce pouss&#233;, donc on se fait conna&#238;tre essentiellement par communication orale ou sur internet : notre site est en train d'&#234;tre finalis&#233;, c'est la voie la plus ais&#233;e pour nous, de communiquer, et puis petit &#224; petit par r&#233;putation, parce qu'on est une ancienne soci&#233;t&#233;, on commence &#224; conna&#238;tre la capacit&#233; de notre savoir-faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour quelles entreprises travaillez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nos clients, c'est des grands lessiviers : &#231;a peut &#234;tre Johnson Universel, Henkel, Colgate&#8230; Et sur le savon, pareil, on travaille en partenariat avec une soci&#233;t&#233; s&#339;ur sur Marseille, qui s'occupe de la mise en forme des produits et de la commercialisation. Donc, on travaille pour des grosses soci&#233;t&#233;s qui ont plut&#244;t une vocation commerciale, alors que nous, la &lt;a href='http://www.cdsm-info.fr/fr/entreprise.html' class='spip_out' rel='external'&gt;CSDM&lt;/a&gt;, on a plut&#244;t une vocation industrielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les produits les plus appr&#233;ci&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le savon, incontestablement. Ce n'est pas la plus grosse vente, mais c'est le produit qui a la meilleure r&#233;putation parmi nos produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas assez &#224; mon go&#251;t. Il faut qu'on se diversifie un peu, parce qu'il faut qu'on renouvelle un peu notre partie client&#232;le mais enfin, notre client&#232;le &#233;tant essentiellement industrielle, &#231;a restera des industriels de toute fa&#231;on qui sont destin&#233;s &#224; mettre sur le march&#233;, donc charge &#224; nous de nous diversifier pour attirer plus d'industriels vers nous. Mais on ne peut pas parler d'une &#233;volution client&#232;le comme on pourrait en parler en mettant sur le march&#233; : &#171; &lt;i&gt;Moi je me destine plut&#244;t aux jeunes, aux femmes, aux hommes&lt;/i&gt; &#187;, c'est pas notre souci premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Etes-vous en relation avec d'autres fabricants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Oui, bien s&#251;r : on se conna&#238;t bien, on s'efforce aujourd'hui de travailler ensemble, d'avoir de bonnes relations. On n'est pas aussi nombreux que &#231;a, mais en g&#233;n&#233;ral on a de bonnes relations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les comp&#233;tences que je demande aux gens qui veulent venir travailler chez nous, c'est d'avoir envie de travailler, &#234;tre int&#233;ress&#233; au travail qui serait le leur. On est dans une &#233;poque o&#249; on a besoin d'avoir des gens motiv&#233;s, c'est une des r&#232;gles qui deviennent essentielles, les comp&#233;tences techniques deviennent minoritaires ou tout au moins pas essentielles. Le premier crit&#232;re de recrutement est l'envie de s'investir dans son boulot. Et c'est pas le plus simple &#224; trouver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah bon, ce qui m'est personnel ? Alors, c'est quand je peux m'&#233;chapper de mon bureau pour retourner voir les machines et aller dans les ateliers, ce qui est ma formation premi&#232;re. Je m'&#233;clate beaucoup plus dans les ateliers, c'est ma passion au d&#233;part, quoi. Mon plaisir, c'est d'aller voir comment tournent les machines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La paperasserie&#8230; (rire) Ah ! Y'en a qui aiment ! Je travaille avec des comptables ou avec des gens capables de rester pendant des heures &#224; &#233;plucher des papiers, et c&#230;tera. C'est une corv&#233;e, pour moi, &#231;a, mais bon&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les grosses contraintes sont li&#233;es au fait qu'on est industrie qui fait de la chimie, puisqu'on fait partie des entreprises chimiques de la r&#233;gion et qu'on est dans un milieu urbain, et les contraintes deviennent de plus en plus importantes en terme environnemental. On a &#233;norm&#233;ment investi depuis quatre ans, 80 % de nos investissements sont li&#233;s aux contraintes environnementales diverses et vari&#233;es, que ce soit nos rejets atmosph&#232;re ou dans les &#233;gouts, les contraintes de bruits&#8230; C'est une pression de plus en plus forte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, vous utilisez les produits de l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien entendu ! Je ne supporte pas les gels douches, ces produits-l&#224;, je n'utilise que du savon de Marseille. Ah ! Il faut reconna&#238;tre que c'est un super produit. Des gens disent que &#231;a s&#232;che la peau, bon, c'est un produit qui ne peut pas s'utiliser dans tous les cas de figure, mais en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale les dermatologues pr&#233;conisent le savon de Marseille. Je connais des gens qui se lavent les dents avec, les cheveux. Moi j'ai essay&#233; de laver mes cheveux avec le savon de Marseille, il faudra un cr&#226;ne qui supporte l'agression du savon, mais je connais des gens qui n'utilisent que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232;, je travaillais avec quelqu'un qui fabriquait du savon depuis environ cinq ans et qui m'a expliqu&#233; qu'il se lavait les dents avec le savon de Marseille. &#199;a ne me serait jamais venu &#224; l'esprit ! Les cheveux, d&#233;j&#224;, pourquoi pas ? Mais les dents&#8230; Puis il y a les traditionnelles anecdotes, notamment celles qui consistent &#224; dire : &#171; &lt;i&gt;Quand vous avez des crampes mettez du savon de Marseille dans votre lit et vous n'aurez plus de crampes.&lt;/i&gt; &#187; Certains vous garantissent que c'est tr&#232;s efficace, pour d'autres &#231;a ne marche pas, &#231;a fait partie des fables, des histoires autour du savon de Marseille. L'autre anecdote, c'est qu'on a &#233;t&#233; dans le Guiness des Records il y a une quinzaine d'ann&#233;es, pour avoir fabriqu&#233; le plus gros savon de Marseille du monde. Il a &#233;t&#233; expos&#233; &#224; Lyon, aux Biennales d'Art Contemporain, en 95. Bon, on l'a coul&#233; dans une benne comme une benne de camion, on pensait qu'il ferait 18 ou 19 tonnes et il a fait 25 tonnes &#224; la sortie. M&#234;me le camion qui est venu le chercher a &#233;t&#233; incapable de soulever la benne, donc il a fallu faire venir des grues pour le sortir du b&#226;timent ! L'id&#233;e de l'artiste, c'&#233;tait en plus de le laisser sur une place publique, le voir fondre naturellement au fil du temps. Je lui ai expliqu&#233; qu'avant qu'il trouve une municipalit&#233; qui accepte de voir partir 25 tonnes de savon au sol.&#8230; Il a abandonn&#233; cette id&#233;e, mais c'est vrai qu'il y a plein de raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous dans le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;tier a &#233;volu&#233;, notamment en terme d'automatisation mais malheureusement, on est &#224; une &#233;poque o&#249; on doit automatiser au maximum pour &#234;tre comp&#233;titif, &#231;a veut dire qu'on est sur un site o&#249; il y a eu pr&#232;s de 250 personnes il y a vingt-cinq ans, et on est 37 aujourd'hui. Pour moi c'est une &#233;volution n&#233;gative, mais on est oblig&#233; de passer par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de la savonnerie &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La question pi&#232;ge !&#8230; Je le vois assez mal, de par certains c&#244;t&#233;s : les contraintes r&#233;glementaires, le fait qu'on n'arrive pas &#224; faire reconna&#238;tre le savon de Marseille, son proc&#233;d&#233;, &#224; valoriser notre patrimoine, et c&#230;tera, on trouve des produits d'importation 20 ou 30 % moins cher que ce qu'on fait. Si on n'arrive pas &#224; faire reconna&#238;tre et valoriser notre produit, je ne vois pas comment on pourrait survivre &#224; terme. Il y a quand m&#234;me des aspects positifs, un espoir, notamment pour le savon puisque c'est vraiment le produit qui m'int&#233;resse le plus : c'est un produit naturel dont les int&#233;r&#234;ts sont plus &#224; prouver, qui se suffit &#224; lui-m&#234;me. Y'a que du concentr&#233; dedans, que du savon, on ne trimballe pas d'eau comme tous les produits liquides qu'on peut utiliser, il n'y a pas d'emballage plastique, donc en terme de recyclage&#8230; Aujourd'hui on nous emp&#234;che de faire un produit non emball&#233;, ce qui est dommage parce que quand on vend un cube nu, tout est recycl&#233; puisque que vous utilisez tout. Donc c'est un produit &#224; un prix d&#233;risoire, qui n'a que des avantages, qui est compl&#232;tement dans l'air du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben, c'est de continuer de communiquer sur le savon. On a un projet de cr&#233;ation d'un mus&#233;e, &#231;a fait quelques ann&#233;es que je travaille mais on esp&#232;re que les choses vont avancer dans les mois qui viennent parce que les gens sont demandeurs, on a des capacit&#233;s d'accueil assez importantes, donc un des projets c'est d'arriver &#224; faire visiter ce patrimoine qu'on d&#233;tient. Au passage, on fera une boutique pour les gens qui sont int&#233;ress&#233;s pour acheter du savon de Marseille. Y'a une sorte de frustration : quand je tiens ce discours sur le vrai produit de Marseille, les gens y sont sensibles parce qu'encore aujourd'hui, quand ils ach&#232;tent du savon de Marseille, ils sont persuad&#233;s que &#231;a vient de Marseille et qu'il est fait de mani&#232;re traditionnelle. Quand on leur dit que ce n'est pas le cas, ils disent : &#171; &lt;i&gt;Alors, je veux acheter le v&#244;tre !&lt;/i&gt; &#187; On est industriels et on n'a pas de boutique, donc c'est un &#233;cueil qu'on va essayer de faire sauter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous li&#233; &#224; Marseille, au travers de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Heureusement, oui ! M&#234;me si mon accent ne montre pas une origine marseillaise, j'y suis tr&#232;s attach&#233;, compl&#232;tement. Quand on a pris le virus du savon, on peut que se sentir marseillais, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 18/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travailleuses, travailleurs&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Coursaget</dc:creator>


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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/portfolio" rel="tag"&gt;portfolio&lt;/a&gt;

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		<title>Traqueur de livres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


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		<description>&#171; Au d&#233;part, moi j'ai toujours eu un go&#251;t prononc&#233; pour la lecture, j'ai toujours ador&#233; &#231;a. Nous sommes issus d'une famille qui lit beaucoup, qui discr&#232;tement bibliotine. Donc, bon, y'a toujours eu l'occasion d'acheter des bouquins en vente publique. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s abordable, des choses tr&#232;s int&#233;ressantes qui, aujourd'hui, co&#251;tent des sommes folles ; du coup, pour acheter des livres que je d&#233;sirais conserver, je revendais ce qui m'int&#233;ressait moins. Donc, j'ai fait ma biblioth&#232;que personnelle comme &#231;a et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/litterature" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Au d&#233;part, moi j'ai toujours eu un go&#251;t prononc&#233; pour la lecture, j'ai toujours ador&#233; &#231;a. Nous sommes issus d'une famille qui lit beaucoup, qui discr&#232;tement bibliotine. Donc, bon, y'a toujours eu l'occasion d'acheter des bouquins en vente publique. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s abordable, des choses tr&#232;s int&#233;ressantes qui, aujourd'hui, co&#251;tent des sommes folles ; du coup, pour acheter des livres que je d&#233;sirais conserver, je revendais ce qui m'int&#233;ressait moins. Donc, j'ai fait ma biblioth&#232;que personnelle comme &#231;a et apr&#232;s je me suis dit : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi pas passer le pas et devenir marchand ?&lt;/i&gt; &#187; Xavier Zimmer, 47 ans, libraire-expert.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis combien de temps &#234;tes-vous dans la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce n'&#233;tait pas une vocation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, pas du tout. Non non non. Ah non, j'adore les livres, j'adore les lire, mais de l&#224; &#224; adorer les vendre non, au d&#233;part non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a pas de formation particuli&#232;re, bon, &#224; part pour ceux qui veulent &#234;tre biblioth&#233;caires, y'a l'&#233;cole des Chartes, qui forme les biblioth&#233;caires. Mais pour les libraires, non. De la m&#234;me mani&#232;re qu'un antiquaire ou un brocanteur se forme bien souvent sur le tas ou en fr&#233;quentant les professionnels ou les h&#244;tels de vente, de la m&#234;me mani&#232;re l'expertise c'est pareil. On devient expert et&#8230; quand on est reconnu par ses pairs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste votre activit&#233; d'expertise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben &#231;a, c'est,comment dire&#8230; l'expertise, &#231;a permet d'&#233;clairer les gens sur ce qu'ils poss&#232;dent. Alors, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#231;a s'accompagne de transactions, tr&#232;s souvent. Ceci dit, moi j'ai beaucoup de plaisir quand les gens viennent, une vieille dame m'am&#232;ne un bouquin qu'y z'ont depuis une d&#233;cennie dans la famille, elle me dit : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous en pensez ?&lt;/i&gt; &#187; Bon, m&#234;me si elle veut pas le vendre, je suis content, toujours, de voir des beaux livres. Voil&#224;, et comme c'est un service que je ne fais pas payer parce qu'y a aucune raison, sauf si on me demande de faire une expertise pour une biblioth&#232;que ou une assurance, bon, auquel cas je demanderai de payer les actes d'expert mais sinon non, c'est gratuit. Et c'est tr&#232;s plaisant de voir des livres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; votre profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, y faut &#234;tre curieux de tout, voil&#224;. Y faut ouvrir ses oreilles, y faut &#233;couter et regarder, y faut &#234;tre curieux. Parce que sinon, y'a des puits de science qui d&#233;barquent dans le commerce, on est bien oblig&#233; d'expliquer un peu ce qu'on vend et ce qu'y a dans les livres, malgr&#233;&#8230; (rires) qu'y z'en sachent quatorze milliards fois plus que nous, mais on apprend et apr&#232;s on ressort aux autres hein, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes, ben c'est le prix. Moi, la plus grosse contrainte, c'est le prix des livres. Oui, parce qu'un marchand de livres anciens, donc un livre un peu int&#233;ressant, c'est de suite plusieurs centaines ou plusieurs milliers d'euros, de suite. Donc, y faut avoir les moyens pour les acheter et sans aucune garantie de les vendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est qu'on rencontre des puits de science, voil&#224; ; c'est qu'on rencontre des gens qu'on rencontre jamais ou qu'on croise, hein, on sait pas ce que c'est, mais l&#224; forc&#233;ment ils parlent un peu de leur passion, de leur m&#233;tier, de leurs livres, de leur vie et donc &#231;a, c'est int&#233;ressant. Sinon ces gens, on les croise dans la rue, on peut croiser des prix Nobel, je sais pas, hein, mais on parle pas avec eux. Que l&#224;, ben du coup on a une passion commune, donc on parle la m&#234;me langue et donc les &#233;changes sont tr&#232;s sympas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et qu'aimez-vous le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, le moins c'est que&#8230; c'est toujours pareil, c'est que le prix des choses est tellement &#233;lev&#233; que &#231;a limite forc&#233;ment. Y'a des gens qui sont s&#251;rement tr&#232;s int&#233;ressants mais qui ont pas les moyens d'acheter et donc, on les rencontre pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles satisfactions vous apporte votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est la chasse. C'est un peu comme si&#8230; oui, on est un peu des chasseurs, hein. Un chasseur qui va tirer un gibier rare ou quelque chose qu'y cherche depuis longtemps, ben nous c'est pareil : moi, ma satisfaction c'est quand je traque le bouquin qui me manque ou que je veux, dont je connais l'existence et je sais qu'il est dans mes moyens parce que y'a des choses&#8230; la bible de Gutenberg, je pourrai jamais me l'offrir, &#231;a c'est bien &#233;vident, quand bien m&#234;me y'en aurait une sur le march&#233;, c'est pas possible. Mais y'a des choses que je suis content de trouver, et je suis content quand quelqu'un me demande quelque chose et que je lui trouve, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos domaines de pr&#233;dilection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La litt&#233;rature ; c'est quand m&#234;me la litt&#233;rature. Ceci &#233;tant dit, tous les livres, &#224; partir du moment o&#249; y sont majeurs dans leur sp&#233;cialit&#233;, y m'int&#233;ressent. &#199;a peut &#234;tre un livre sur la culture des hu&#238;tres dans le bassin d'Arcachon, si c'est le meilleur bouquin sur le sujet, y va m'int&#233;resser, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels crit&#232;res retenez-vous pour acheter un livre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sa raret&#233;. Sa raret&#233; parce que je n'ai pas une grosse surface, je suis pas la FNAC donc, &quot;&lt;i&gt;Iris de Suze&lt;/i&gt;&quot; de Jean Giono en collection blanche chez Gallimard ne m'int&#233;resse pas, malgr&#233; que ce soit un grand texte. Par contre, si c'est un exemplaire d'une &#233;dition originale, hein, des&#8230; je sais pas, je vais vous dire un chiffre au hasard, hein, les cinquante exemplaires sur Japon sign&#233;s par Jean Giono et donn&#233;s par Jean Giono &#224; Jean Ballard, par exemple, l&#224; oui, de suite c'est bien, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A contrario, quels livres ne voudriez-vous pas vendre ou acheter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, tous les livres&#8230; Non, tous les livres sont respectables, hein. Maintenant, bon, des cochonneries y'en a, hein&#8230;y'en a peu. Mais y'a certains livres politiques d'extr&#234;me&#8230; que je refuse de voir. Y'a des livres que des gens refusent d'avoir, que j'ai, que je n'expose pas parce que je ne veux pas faire de provocation, mais je choisis les gens &#224; qui je vais les vendre. Je pense en particulier &#224; &#171; Suicide, le mode d'emploi &#187;, je pense &#224; &#171; &lt;i&gt;Mein Kampf&lt;/i&gt; &#187;, je pense &#224;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Les Protocoles des Sages de Sion&lt;/i&gt; &#187;, les textes anti-s&#233;mite de C&#233;line. Tout &#231;a, je les ai, je ne les expose pas, parce que je ne veux pas provoquer les gens et je choisis &#224; qui je les vends. Je les vendrai &#224; un chercheur, un universitaire, &#224;&#8230; un bibliophile, pourquoi pas, qui va augmenter sa biblioth&#232;que, mais &#224; un petit facho, non, il n'en est pas question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous renouvelez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, principalement c'est &#224; l'h&#244;tel des ventes ou c'est les particuliers, lors de successions, de divorces, d'&#233;v&#233;nements malheureusement toujours un peu tristes, qui se s&#233;parent de leur biblioth&#232;que, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels types de livres vendez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vraiment tr&#232;s variable. Disons que bon, les livres importants sur la Provence, bon, &#224; Marseille on en vend pas mal, j'en vends un certain nombre. La litt&#233;rature proven&#231;ale, ben tout ce qui est en proven&#231;al, &lt;i&gt;les Roumanilles&lt;/i&gt;, les&#8230; comment &#231;a s'appelle ? &lt;i&gt;Les Aubanel&lt;/i&gt;, bon, &#231;a on en vend beaucoup. &lt;i&gt;Les Historiques de Provence&lt;/i&gt;, qu'y soient faits r&#233;cemment ou qu'y soient tr&#232;s vieux comme les ouvrages de l'abb&#233; Papon ou le Villeneuve, ce sont des bouquins qui sont tr&#232;s chers. Mais &#231;a, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale c'est des biblioth&#232;ques qui se les offrent, hein, c'est rarement des particuliers parce que c'est excessivement cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bof, c'est assez lin&#233;aire, hein, toute l'ann&#233;e. Traditionnellement les gens disent : &#171; &lt;i&gt;Ah, les mois d'&#233;t&#233;, les gens sont en vacances, Marseille c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; C'est pas vrai ; traditionnellement parlant, juillet-ao&#251;t sont pas des mauvais mois. Y'a quelques touristes qui passent, y'a des gens qui sont &#224; Marseille, qui du coup sont pas partis en vacances, ben, se disent : &#171; &lt;i&gt;Tiens, comme je suis pas parti en vacances, je vais m'offrir un truc qui me fait plaisir&lt;/i&gt; &#187;, donc c'est pas de mauvais mois. Et paradoxalement, les p&#233;riodes de f&#234;tes ne sont pas particuli&#232;rement&#8230; Parce que c'est tr&#232;s d&#233;licat de trouver un livre qui est l'occasion par d&#233;finition, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh&#8230; ben c'est un peu tout, un peu toutes les cat&#233;gories sociales. Ceci dit, j'en reviens toujours &#224; la m&#234;me chose : &#231;a demande des efforts, hein, des efforts financiers. La bibliophilie c'est un sport de prince, hein, donc y faut avoir de l'argent. Alors, ceci dit, ceux qui ont des revenus plus modestes, bon y'a des facilit&#233;s de paiement, y'a des &#233;changes, y'a des reprises, on se d&#233;brouille toujours &#224; ce que les gens qui ont envie de quelque chose, y puissent l'acqu&#233;rir sans les &#233;trangler, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des relations privil&#233;gi&#233;es se cr&#233;ent-elles avec certains clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ah oui oui oui ! Ben, y'a beaucoup de clients qui sont devenus des amis, hein, par le biais de la librairie&#8230; Alors l&#224;, on&#8230; on parle la m&#234;me langue, hein, on se trouve des affinit&#233;s et puis c'est un peu, comment dire&#8230; c'est pas une rencontre amoureuse, mais enfin autour du livre &#231;a rapproche quand m&#234;me les gens, quoi. Ah ben, c'est tr&#232;s important, oui. Oui parce que sinon, maintenant, vous voyez, on vend &#233;norm&#233;ment de choses par Minitel parce que la client&#232;le internationale, bon, on la touche gr&#226;ce &#224; &#231;a. Alors, mais c'est un peu dommage parce que on passe des fois des dizaines d'ann&#233;es pour trouver le bouquin qui va bien, et clac ! Arrive un gros marchand am&#233;ricain avec son ch&#233;quier, on sait m&#234;me pas d'o&#249; y sort, y vous le commande et&#8230; et voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a-t-elle &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ! Malheureusement non. Pas assez, pas assez, non non ; une client&#232;le vieillissante, de notables, hein, mais qui vieillissent, et&#8230; le renouvellement n'est pas, euh&#8230; y'a pas un un jeune client qui va remplacer un vieux, hein. On va perdre quatre vieux ou cinq clients pour un jeune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et selon vous, peut-on dire que les gens lisent moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, ils lisent beaucoup moins, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres libraires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, sans cesse, sans cesse, quotidiennement, oui. Oui oui, on &#233;change des informations au sujet des livres, au sujet des clients, au sujet du march&#233;. Et puis on travaille beaucoup, beaucoup ensemble, c'est-&#224;-dire que&#8230; moi j'ai un type de client&#232;le, donc certains types de livres qui vont se retrouver chez quelqu'un qui n'a pas ce type de client&#232;le, je vais lui acheter et vice versa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; est-elle en expansion ou en diminution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En diminution, en diminution, oui oui, en diminution de fa&#231;on tr&#232;s sensible. Ceci &#233;tant dit, y'a toujours des clients pour les tr&#232;s belles choses, voil&#224;, mais &#231;a devient tr&#232;s difficile, les livres moyens se vendent tr&#232;s difficilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est l'impact de la vente de livres sur Internet ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est en train de tuer les boutiques, tout simplement, euh&#8230; D'abord les gens qui nous amenaient les livres avant, bon ben, y vont sur les sites de ventes aux ench&#232;res, genre Ebay et puis y les vendent eux-m&#234;mes, &#231;a leur&#8230; Et puis c'est un passe-temps plut&#244;t rigolo, &#231;a les amuse, y voient : &quot;Tiens&quot;, et puis les prix montent, bon, et je peux les comprendre, hein, euh&#8230; Mais, mais d'un autre c&#244;t&#233;, le moindre livre&#8230; moi y'a des livres, je&#8230; pff&#8230; que je pensais &#234;tre le seul &#224; avoir, eh ben quand on se branche sur Internet, on s'aper&#231;oit que tous les livres que j'ai, quasiment, on les trouve sur Internet, quoi, et parfois moins chers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment vous adaptez-vous &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, je suis aussi sur Internet, hein. Mon catalogue est en ligne, oui oui. Je suis d'ailleurs le premier en France, hein, &#224; avoir mis un catalogue en ligne ! &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait le minitel. &lt;a href='http://www.cazitel.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;cazitel.com&lt;/a&gt; c'est mon site &#224; moi, et apr&#232;s je fais des exports sur les sites g&#233;n&#233;ralistes genre Livre-Artbook ou &lt;a href='http://www.abebook.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;AbeBook&lt;/a&gt; o&#249; l&#224; nous sommes des dizaines de libraires, mais j'ai mon site &#224; part aussi, o&#249; tous les livres sont photographi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La librairie vous permet-elle de vivre correctement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis infirmier aussi &#224; c&#244;t&#233;. Oui, parce que c'est un m&#233;tier qui nourrit pas son homme, hein. Ah ! Non, pas du tout. Non, c'est une danseuse. Quelqu'un qui veut se monter aujourd'hui, il n'y arriverait pas. &#199;a lui co&#251;terait m&#234;me en argent pour un revenu qui serait assez faible, donc c'est un m&#233;tier qui va dispara&#238;tre, donc &#231;a restera entre quelques grands marchands parisiens ou &#233;trangers et puis voil&#224;, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous en m&#233;moire une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais des anecdotes, cher monsieur, y'en a tout un tas, c'est sans cesse, c'est sans cesse ! Enfin moi, celle qui m'a touch&#233; le plus de pr&#232;s, si vous vous voulez, c'est que y'a une trentaine d'ann&#233;es en arri&#232;re - non, peut-&#234;tre pas tant, vingt-cinq ans - euh&#8230; j'avais achet&#233; dans un h&#244;tel des ventes qui n'existe plus, qui &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; d'ici, l&#224;, rue&#8230; je me rappelle plus, enfin un peu plus loin et, euh&#8230; j'avais achet&#233; un livre avec ma fianc&#233;e de l'&#233;poque et on &#233;tait contents d'avoir ce livre, bon. Et puis, y'a quelques ann&#233;es j'ai &#233;t&#233; rattrap&#233; par les imp&#244;ts parce que j'&#233;tais parti un an &#224; l'&#233;tranger sans payer d'imp&#244;ts, que quand je suis revenu, y m'attendaient. Donc j'ai d&#251; vendre ma biblioth&#232;que, j'ai vendu tous mes livres et - je me suis s&#233;par&#233; bien s&#251;r de la fille en question - et ce livre est parti avec ma biblioth&#232;que, bon, je l'ai vendu et j'ai toujours regrett&#233; ce livre, toujours. Je dis : &#171; &lt;i&gt;Merde, c'&#233;tait un souvenir de quelqu'un que j'avais aim&#233;&lt;/i&gt; &#187;, euh&#8230; Et un jour, y'a deux ans de &#231;a en arri&#232;re, je vais au Cours Julien et clac ! A dix m&#232;tres, qu'est-ce que je vois dans les rayons d'un bouquiniste qui vendait sur le march&#233; ? &#199;ui-l&#224;, ce livre-l&#224;, celui que j'avais achet&#233; avec mon amie de l'&#233;poque ! Alors du coup je l'ai achet&#233;, bien s&#251;r, et je l'ai remis chez moi et maintenant je le vendrai plus (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom de votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Alors l&#224;, &#231;'a &#233;t&#233; une prise de t&#234;te terrible, on a travaill&#233; &#224; plusieurs pendant des jours et des jours et en fait, c'est une copine qui&#8230; &#171; Tir&#233; &#224; part &#187;, en fait c'est un terme de bibliophilie qui&#8230; comment expliquer &#231;a&#8230; un tir&#233; &#224; part c'est une partie d'ouvrage qui a un caract&#232;re particulier, soit important, soit anecdotique, donc qui justifie qu'y soit isol&#233; de l'ouvrage g&#233;n&#233;ral auquel il appartient, et on le propose ainsi. Voil&#224;, par exemple si y'avait un bouquin sur les mollusques et puis qu'on dise : &#171; Tiens - je sais pas moi - la palourde du Frioul, on va faire&#8230; &#187;, voil&#224;, on sort, si vous vous voulez, la palourde du Frioul et on le tire &#224; part, voil&#224;. Et bon, comme je suis un peu&#8230; y'a une esp&#232;ce de petit jeu de mot &#224; connotation vaguement grivoise aussi, donc &#231;a amusait beaucoup cette amie et je trouvais que &#231;a correspondait bien avec ma grande gueule, donc pourquoi pas, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et si c'&#233;tait &#224; refaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah je recommencerais, mais beaucoup plus t&#244;t, ouais ouais. Ouais, j'ai perdu du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 01/08/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Sainte Lucie et l'Hippocampe</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/sainte-lucie-et-l-hippocampe</link>
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		<dc:date>2008-01-23T10:58:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Vieux Port</dc:subject>
		<dc:subject>Courage</dc:subject>
		<dc:subject>P&#234;che</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sur le Vieux-Port, pageots, galinettes, rougets grondins et poissons volants : march&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/marche" rel="tag"&gt;March&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/vieux-port" rel="tag"&gt;Vieux Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En sa dix-huiti&#232;me ann&#233;e, sit&#244;t apr&#232;s avoir rencontr&#233; son mari, patron p&#234;cheur de p&#232;re en fils, Dominique Esposito, 50 ans, a arr&#234;t&#233; ses &#233;tudes et s'est mise &#224; son &#233;tal aux couleurs vives et aux reflets moir&#233;s, sur le Vieux-Port de Marseille : &#171; &lt;i&gt;Ah oui ! Y'a une ambiance particuli&#232;re, sur le port. B&#232;, c'est li&#233; &#224; l'esprit du march&#233;, &#224; la tradition surtout aussi : les gens aiment bien la tradition de la vente du poisson. C'est un peu sp&#233;cial, &#231;a se passe qu'ici, quoi.&lt;/i&gt; &#187; Au rythme du cri des mouettes, du chant des m&#226;ts et du bruit des chalands, la voix de la poissonni&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment se sont pass&#233;s les d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; &#231;'a &#233;t&#233; tr&#232;s agr&#233;able, &#231;a m'a fait du bien. Je m'y suis fait de suite, c'&#233;tait tr&#232;s bien, &#224; l'&#233;poque, &#231;a marchait beaucoup mieux que maintenant, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels poissons vendez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; la sole, le merlan, c'est les plus ; la baudroie, les bons poissons, les loups, les daurades aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avec mon mari, c'est tout. Moi, je commence &#224; travailler vraiment ici &#224; partir de dix heures, jusqu'&#224; une heure. Si c'est beau temps, oui, quand c'est mauvais temps on se repose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a beaucoup de fid&#232;les, personnes &#226;g&#233;es, souvent, qui viennent depuis quelques ann&#233;es, quand m&#234;me. Y'en a quelques-uns depuis le d&#233;but, oui. Y'en a que si j'ai pas de poissons, y s'en vont, y z'ach&#232;tent pas ; pas tous, mais quelques uns. Des touristes, non, y z'ach&#232;tent pas de poisson. B&#232; non, parce qu'ils sont &#224; l'h&#244;tel, &#224; part ceux qui louent mais c'est tr&#232;s rare. Voil&#224;, que des Marseillais, &#224; part les porte-bonheur, oui, &#231;a on les vend aux touristes. C'est &lt;a href='http://www.marseille-sympa.com/saintelucie.html' class='spip_out' rel='external'&gt;l'&#339;il de Sainte Lucie,&lt;/a&gt; c'est les porte-bonheur des p&#234;cheurs et nous, les p&#234;cheurs marseillais, on met &#231;a dans le porte-monnaie et avec &#231;a on a de l'argent toute l'ann&#233;e. C'est &#224; 2 &#8364; pi&#232;ce et 1 &#8364; les petites, et &#231;a s'offre comme porte-bonheur ou &#231;a se monte en bijoux. C'est la porte de l'escargot de mer, c'est l'opercule, en fait, la protection pour pas se faire manger. En fait, l'escargot de mer, le vrai nom, c'est le turbo. &#199;a se mange bouilli, oui, tout &#224; fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se comportent les touristes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! C'est assez agr&#233;able : ils posent beaucoup de questions, y z'aiment bien regarder, h&#232;. &#199;a fait du mouvement, mais &#231;a fait pas de la client&#232;le, non. L'animation, c'est tout, et des photos : on voyage beaucoup avec les touristes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il d'avoir des clients r&#226;leurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh oui !&#8230; H&#232;&#232;&#232; ! on essaie de supporter ; y'en a qui les envoient pa&#238;tre, moi non, j'envoie pas balader. B&#232;, j'essaye de supporter, quoi, parce que y'en a que vraiment y sont p&#233;nibles, ils en profitent de la concurrence, je vous le dis, h&#232; (rire) : baisser les prix, oh l&#224; l&#224; ! Y viennent une fois, deux fois, trois fois, oui oui, ils esp&#232;rent qu'on craque, des fois on craque parce qu'on veut vendre et ils le savent. C'est un article qui peut pas se conserver, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vendez tout le poisson de la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On essaye de le vendre dans la journ&#233;e, h&#232;. Des fois, &#231;a arrive qu'on en ram&#232;ne, on le brade le lendemain mais bon, dans l'ensemble je finis tous les jours, j'ai pas des grosses grosses quantit&#233;s. L&#224; y'a des pageots, &#231;a, c'est la galinette, des rougets grondins, poissons volants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la saison la plus fructueuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;t&#233;, en principe. Cet &#233;t&#233;, mois d'ao&#251;t on a bien travaill&#233;. Oui, quand y sont en vacances, y cuisinent un peu plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre poisson pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi ? J'aime bien le turbot, la sole, le loup, les daurades, aussi&#8230; Le Saint-Pierre, c'est pas mal aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes c'est le temps, surtout, on d&#233;pend tout le temps du temps. On a pas de dimanche, s'il fait beau temps il faut y aller parce que tant, le lundi, le mardi y fait mauvais temps, donc pour nous y'a pas de poissons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous portez une tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh non, on est surtout &#224; l'aise : on se couvre bien l'hiver, et un bon tablier pour bien se prot&#233;ger. Le tablier noir, c'est pour mettre les sous (rire) ! On essaye de le remplir quand on peut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; est salissante ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; oui, l&#224; on est oblig&#233; de se doucher, de laver les v&#234;tements tous les jours, on a pas le choix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s faut-il pour &#234;tre vendeuse de poissons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut avoir beaucoup de patience, parce qu'ici les clients ils sont parfois casse-pieds (rire) : ils marchandent, ouh l&#224; l&#224; ! Ils r&#233;fl&#233;chissent beaucoup avant d'acheter, maintenant. Beaucoup de relationnel, et puis y'a la concurrence, sur les prix, il faut faire attention &#224; la vente, toujours aux aguets (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre meilleure recette de poisson ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une bouillabaisse de calamars, avec des gambas : &#231;a fait comme un velout&#233;, c'est d&#233;licieux. Je fais revenir les oignons, tomates, fenouil, l'ail, les calamars, quand les calamars commencent un peu &#224; s'attendrir je mets un peu d'eau avec des pommes de terre, du safran, je fais cuire &#224; petit feu mes pommes de terre avec ces tomates et le safran et au dernier moment, je mets les gambas et voil&#224; : tout ensemble, c'est d&#233;licieux, tr&#232;s tr&#232;s bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! C'est le contact avec les gens, la libert&#233; de choisir si on veut travailler ou pas, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et qu'est-ce qui vous pla&#238;t le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le moins, c'est supporter un peu la difficult&#233; de la vente : maintenant &#231;a devient dur&#8230; Ouais, les femmes qui travaillent, elles ont de moins en moins de temps de cuisiner le poisson, elles font des trucs vite faits ou elles vont au restaurant. La femme d'aujourd'hui cuisine beaucoup moins qu'avant ; c'est normal, on la comprend, elle travaille toute la semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les difficult&#233;s de la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La vente, c'est le pire. Le froid aussi, h&#232;. Nous encore, l'hiver - main'ant on a un &#226;ge o&#249; on travaille beaucoup moins - quand il fait vraiment froid on travaille plus. Oui, nous on est &#224; la retraite, en fait, les p&#234;cheurs ont droit de travailler encore apr&#232;s la retraite, nous on travaille mais plus cool. &#199;a permet d'arrondir la retraite parce qu'on a qu'une retraite pour deux, et puis la femme elle a toujours travaill&#233; avec le mari, elle a pas de retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous depuis vos d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Surtout la vente qui a beaucoup diminu&#233;. La p&#234;che aussi, parce qu'au d&#233;but, admettons il fallait caler vingt pi&#232;ces de filet, maintenant pour s'en sortir y faut en caler cinquante et y'en a qui en calent cent, cent cinquante pi&#232;ces pour arriver &#224; s'en sortir. &#199;a veut dire jeter les filets &#224; la mer, tant de pi&#232;ces pour caler. Deux, trois fois plus de filets qu'&#224; l'&#233;poque quand j'ai commenc&#233;, pour arriver &#224; faire des p&#234;ches &#224; peu pr&#232;s similaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie au port, &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; j'aime bien, c'est ma ville, j'y suis attach&#233;e, je suis n&#233;e ici et voil&#224;, je peux pas m'en passer, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#199;a peut arriver qu'y ait des disputes sur le port, &#231;a crie un peu (rire), &#231;a met un peu d'ambiance : &#231;a explose, apr&#232;s &#231;a s'arr&#234;te. On a le plaisir de voir passer des artistes de temps en temps &#231;a, &#231;a fait plaisir : Les Inconnus, une fois, qui on a vu ? L&#224; je me souviens plus, on en a tellement vus&#8230; Sophie Davant, une fois est venue aussi. Ils viennent comme &#231;a, pour regarder la vente du poisson. Et puis, b&#232; y'a des gens qui passent, qui disent mettons, &#224; leurs petits-enfants : &quot;&lt;i&gt;Oh ! Regarde, &#231;a c'est de la daurade&lt;/i&gt;&quot; alors que c'est du maquereau, &#231;a c'est marrant (rire) ! On sait pas si on doit leur dire ou pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous-m&#234;me, vous p&#234;chez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a m'arrive de temps en temps, je vais avec mon mari. J'adore &#231;a, quand il fait beau, oui. Ah ! B&#232; je vais avec mon mari et on &#233;tale les filets, bon, moi je m&#232;ne le bateau&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le nom de &quot;L'Hippocampe&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; parce que on aime bien les hippocampes, tout simplement (rire) ! On collectionne les hippocampes, on adore &#231;a. Pas les vrais, y'en a plus, ici, mais &#224; l'&#233;poque on les trouvait dans les filets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si c'&#233;tait &#224; refaire, vous referiez ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, oui, ce serait main'ant, franchement non, c'est trop dur. Se lancer &#224; l'&#233;poque qu'on est, faut avoir du courage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel conseil adressez-vous aux jeunes qui d&#233;butent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, de travailler &#224; fond pour arriver &#224; s'en sortir, faut pas l&#226;cher le morceau, h&#232;, ou alors changer de m&#233;tier, mais bon ce serait dommage, quoi. &#192; Marseille, on a la chance d'avoir le poisson vivant, c'est quand m&#234;me quelque chose de bien, et puis c'est naturel, en plus. Je leur souhaite beaucoup de courage et j'esp&#232;re que &#231;a ira mieux mais, vu le prix du gasoil et la vente comme elle devient, la p&#234;che ce qu'elle devient, &#231;a va &#234;tre dur pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et apr&#232;s vous, il y aura la rel&#232;ve ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas de chez nous, non&#8230; pas de rel&#232;ve. H&#232;&#232;&#232; ! Y'a mon fils qui vient un petit peu en ce moment mais bon, je pense pas qu'il ait envie de continuer. C'est dur, y'a pas de dimanche, les jeunes y z'ont du mal &#224; s'y habituer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 2/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'accrocher pour projeter ses r&#234;ves</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
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		<description>Comment concr&#233;tiser ses v&#339;ux professionnels quand on s'avance sur une voie &#233;troite ? Pascal Obadia ne s'est pas pos&#233; la question, ayant r&#233;solument opt&#233; pour l'action. A trente-cinq ans, il ma&#238;trise chaque jour un peu mieux sa destin&#233;e de r&#233;alisateur. Parcours de ce jeune homme souriant, &#224; la d&#233;marche rapide, qui cache sous son bonnet les images qu'il a en t&#234;te. Dipl&#244;m&#233; en Arts Plastiques, Pascal Obadia a bifurqu&#233; sur les m&#233;tiers de l'audiovisuel. Au d&#233;part sc&#233;nariste, il a eu envie, un jour, de mettre en (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment concr&#233;tiser ses v&#339;ux professionnels quand on s'avance sur une voie &#233;troite ? Pascal Obadia ne s'est pas pos&#233; la question, ayant r&#233;solument opt&#233; pour l'action. A trente-cinq ans, il ma&#238;trise chaque jour un peu mieux sa destin&#233;e de r&#233;alisateur. Parcours de ce jeune homme souriant, &#224; la d&#233;marche rapide, qui cache sous son bonnet les images qu'il a en t&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; en Arts Plastiques, Pascal Obadia a bifurqu&#233; sur les m&#233;tiers de l'audiovisuel. Au d&#233;part sc&#233;nariste, il a eu envie, un jour, de mettre en sc&#232;ne : faire un film de A &#224; Z, le concevoir, le r&#233;aliser, diriger les com&#233;diens. Comme il le dit : &quot;Il y a beaucoup de choses inh&#233;rentes au fait de cr&#233;er un film.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son projet l'am&#232;ne &#224; suivre une formation &#224; l'IMCA PROVENCE. De stage en stage, de fil en bobine, il cr&#233;e &quot;NOVAE FILMS&quot;, sa propre entreprise de production.
Pascal Obadia estime qu'une formation n'est pas suffisante car ces m&#233;tiers-l&#224; n&#233;cessitent un long temps d'apprentissage sur le terrain. Les comp&#233;tences sont essentiellement acquises sur le tas, c'est avant tout une question d'exp&#233;rience. L'id&#233;al &#233;tant de faire les bonnes rencontres et se cr&#233;er, par le fait, un r&#233;seau : &quot;Il faut &#233;voluer dans un r&#233;seau qui va vous faire rebondir sur d'autres personnes. Apr&#232;s, il y a vraiment des coups de chance.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jeune r&#233;alisateur revient beaucoup sur la p&#233;nibilit&#233; du m&#233;tier. A plusieurs reprises il reprendra ces mots : &quot;C'est tr&#232;s long, tr&#232;s tr&#232;s difficile.&quot; Mais ce n'est pas tant la question mat&#233;rielle qui pose probl&#232;me : &quot;Une cam&#233;ra TRI CCD et un banc de montage Adobe Premi&#232;re, mat&#233;riel commun et facile d'utilisation, suffisent pour r&#233;aliser un produit de qualit&#233; professionnelle.&quot; Les soucis sont ailleurs : quand un contrat tombe, il faut patienter entre trois et quatre mois avant de signer. Une fois en studio, le r&#233;alisateur ne d&#233;croche plus pendant des jours et des jours. Difficile dans ce cas d'avoir un instant &#224; soi. Cependant, &#233;tant moins pris en ce moment, Pascal Obadia se dit qu'il pr&#233;f&#233;rerait avoir du boulot plut&#244;t qu'une vie priv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut du temps pour se faire un nom, accrocher le client : &quot;Il faut au moins quinze ans pour d&#233;marrer dans le milieu et pendant toutes ces ann&#233;es, le job n'est pas tr&#232;s r&#233;mun&#233;rateur.&quot; En attendant la renomm&#233;e et pour survivre, il tourne des films publicitaires, institutionnels, il fait de la &quot;vid&#233;o&quot;. Mais cela l'int&#233;resse moins : &quot;C'est aussi une fa&#231;on de s'aguerrir, un cheminement commun &#224; tous ceux qui font ce m&#233;tier. A moins d'avoir un nom, beaucoup d'argent pour pouvoir faire ses propres films. &quot;Cela peut aussi parfois &#234;tre une bonne occasion de s'amuser.&quot; Pascal Obadia se souvient, ainsi, d'un travail r&#233;alis&#233; avec des septuag&#233;naires : &quot;C'&#233;tait tr&#232;s marrant de les faire tourner, d'autant qu'il y avait des sc&#232;nes assez os&#233;es.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le but vis&#233; par ce battant reste, bien s&#251;r, la production d'un long m&#233;trage. Il compte, pour l'heure, &#224; son actif la participation &#224; diff&#233;rents festivals &#224; Lille, Paris, Cannes ou Clermont-Ferrand : &quot;Quand vous parvenez &#224; faire des films s&#233;lectionn&#233;s en comp&#233;tition et m&#234;me prim&#233;s, sans avoir de budget, &#231;a conforte, &#231;a rassure.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; les prix et les succ&#232;s d'estime, Pascal Obadia reste les pieds sur terre : &quot;S'accrocher c'est bien, mais il ne faut pas le faire &#224; perte. Il faut absolument d&#233;finir un parcours, fixer des objectifs, d'abord petits, sans penser &#224; plus, &#224; des sommets ou des buts qui sont inatteignables. A chacun son niveau, mais toujours au plus proche de ce que l'on peut effectivement r&#233;aliser.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Enqu&#234;te : Salima Tallas ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Rempailleur cherche repreneur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Tuccillo</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Courage</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>
		<dc:subject>098. Saint-Victor</dc:subject>

		<description>Michel Cousin est rempailleur. Il lui reste quatre ann&#233;es avant la retraite, il quittera alors l'atelier-boutique qu'il occupe &#224; Marseille : &#8220;Vingt-deux ans que LA PAILLE D'OR est ouverte et vingt-deux ans que &#231;a marche !&#8221; Ils ne sont plus que trois ou quatre dans la r&#233;gion &#224; exercer cette profession qui ne n&#233;cessite ni CAP d' ouvrier sp&#233;cialis&#233;, ni autre qualification, mais du m&#233;tier. Un savoir qui se transmet par la pratique. Michel Cousin, lui, le tient de son p&#232;re ; passation naturelle propre &#224; ce (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/saint-victor" rel="tag"&gt;098. Saint-Victor&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Cousin est rempailleur. Il lui reste quatre ann&#233;es avant la retraite, il quittera alors l'atelier-boutique qu'il occupe &#224; Marseille : &#8220;Vingt-deux ans que LA PAILLE D'OR est ouverte et vingt-deux ans que &#231;a marche !&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils ne sont plus que trois ou quatre dans la r&#233;gion &#224; exercer cette profession qui ne n&#233;cessite ni CAP d' ouvrier sp&#233;cialis&#233;, ni autre qualification, mais du m&#233;tier. Un savoir qui se transmet par la pratique. Michel Cousin, lui, le tient de son p&#232;re ; passation naturelle propre &#224; ce type d'activit&#233; qui n&#233;cessite une agilit&#233; manuelle et un regard qui s'aiguise avec l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre artisan exerce au 16 Boulevard Tell&#232;ne, dans le VIIe arrondissement : &#8220;A l'&#233;poque, j'ai vu qu'il y avait affaires &#224; faire dans ce domaine, et je n'ai pas rechign&#233; &#224; m'&#233;tablir &#224; mon propre compte.&#8221; Les premi&#232;res ann&#233;es, il a pu b&#233;n&#233;ficier d'aides de l'Etat. Ses parents aussi, l'ont soutenu financi&#232;rement, sans compter la manne providentielle d'une allocation ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis plus de deux d&#233;cennies, Michel Cousin reproduit les m&#234;mes gestes : &#8220;C'est r&#233;p&#233;titif et pas trop r&#233;mun&#233;rateur. Je fais trop d'heures ! Je ne les aurais pas faites pour un patron.&#8221; Ce n'est pas non plus l'usine : le cadre de travail est joli et Michel est son propre chef. En tant que tel, il assure aussi la promotion de sa petite entreprise. Il d&#233;marche ainsi la client&#232;le par le biais d'annonces dans les journaux, les pages jaunes du bottin t&#233;l&#233;phonique, les salons de printemps au Parc Chanot, la Foire Internationale de Marseille : &#8220;C'est surtout le bouche &#224; oreille entre artisans qui fonctionne : tapissiers en meuble, &#233;b&#233;nistes des &#233;tablissements r&#233;put&#233;s comme Corvasce, Carlotti, Scoppo- Musso, on se renvoie la balle&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Cousin attend la rel&#232;ve, une jeunesse pr&#234;te &#224; retrousser ses manches pour apprendre le geste. Mais ce n'est pas facile car les contraintes de reprise sont assez lourdes : &#8220;Il y a trop de charges. Si je dois donner le magasin et non pas le vendre, soixante pour cent du chiffre d'affaire ira aux Imp&#244;ts. En faisant une donation directe &#224; un membre de la famille, ce serait quarante pour cent. Je d&#233;clare vingt-six mille six cents euros par an soit pr&#232;s de douze mille euros qui partiront dans les caisses de l'&#201;tat ! Alors je ne c&#233;derai pas mon commerce &#224; un inconnu !&#8220;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hormis un passage oblig&#233; par Pau, pour raison militaire, cet enfant du pays, n&#233; aux Catalans n'a jamais vraiment quitt&#233; longtemps la cit&#233; phoc&#233;enne du regard. Bien s&#251;r, lui aussi prend des vacances, mais c'est pour mieux revenir chez lui et retrouver les gestes ancestraux que ses a&#239;eux lui ont transmis. Le voil&#224; donc attel&#233; &#224; sa t&#226;che, les deux pieds camp&#233;s sur la terre ferme et le derri&#232;re pos&#233; sur sa chaise, dans la plus pure position du rempailleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 26/04/06 par Nathalie Tucillo ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Promenons nous, dans le bois&#8230;</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/article/promenons-nous-dans-le-bois</link>
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		<dc:date>2007-09-15T15:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>100. Thiers</dc:subject>

		<description>Form&#233; au m&#233;tier du bois dans une &#233;cole d'&#233;b&#233;nisterie-marqueterie, Nicolas Garnier, 34 ans, a depuis lors travaill&#233; ce mat&#233;riau noble. Un temps restaurateur en mobilier chez un antiquaire, il s'est associ&#233; avec son amie Ga&#235;lle, issue du m&#234;me apprentissage mais plus ax&#233;e sur les jeux pour enfants : depuis trois ans, boulevard de la Lib&#233;ration, leur magasin de jouets en bois - vente et fabrication - ouvre ses portes aux amateurs et aux passionn&#233;s. Mobiles, empilables et jouets &#224; tirer. Koinai : Comment (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Form&#233; au m&#233;tier du bois dans une &#233;cole d'&#233;b&#233;nisterie-marqueterie, Nicolas Garnier, 34 ans, a depuis lors travaill&#233; ce mat&#233;riau noble. Un temps restaurateur en mobilier chez un antiquaire, il s'est associ&#233; avec son amie Ga&#235;lle, issue du m&#234;me apprentissage mais plus ax&#233;e sur les jeux pour enfants : depuis trois ans, boulevard de la Lib&#233;ration, leur magasin de jouets en bois - vente et fabrication - ouvre ses portes aux amateurs et aux passionn&#233;s. Mobiles, empilables et jouets &#224; tirer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment est n&#233;e l'id&#233;e de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un peu par hasard, dirait-on ; en fait, c'est l'envie de redonner le go&#251;t aux gens du contact du jouet en bois, quoi, qui est un peu plus noble et pis moins&#8230; comment dire, un peu plus durable, quoi. C'est peut-&#234;tre un peu plus luxueux mais c'est pas le jouet qu'on va jeter comme un jouet en plastique ; s'il est cass&#233;, c'est toujours plus ou moins r&#233;parable. C'est un jouet qui peut durer un moment, pis m&#234;me passer plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le jouet en bois, c'est un souvenir d'enfance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un petit peu, mais alors c'&#233;tait&#8230; parce qu'on est plus de la g&#233;n&#233;ration plastique nous, d'accord, on est n&#233;s fin ann&#233;es 70 d&#233;but 80 et on est plus sur une g&#233;n&#233;ration plastique, donc c'est vrai que c'est un petit peu ce qui nous a manqu&#233; quand on &#233;tait gamins, quoi. On a d&#233;couvert &#231;a, en fait, par le biais d'Internet et puis bon, le fait que &#231;a revienne un peu &#224; la mode, y'a aussi un autre magasin de jouets en bois sur Marseille. On a d&#233;couvert &#231;a aussi dans le Jura o&#249; c'est l'endroit privil&#233;gi&#233; en France de la fabrication du jouet en bois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben quand m&#234;me, il faut avoir des bases d'&#233;b&#233;nisterie, l'amour du travail du bois. Bon, c'est pas obligatoire pour faire de la vente de jouets en bois, mais on a un avantage sur les autres, c'est qu'on conna&#238;t le travail du bois, on sait comment &#231;a fonctionne, on saura dire si si tel objet ou tel autre est de bonne qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la partie fabrication ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fabrique un petit peu, ouais, essentiellement les objets d&#233;coup&#233;s style puzzle, petite ornementation murale, porte-manteaux, euh&#8230; certains mobiles aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; puisez-vous vos id&#233;es de jouets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vraiment l'inspiration, euh&#8230; c'est un peu au hasard, quoi, et on se sert aussi de quelques illustrations qu'on peut trouver sur des bouquins o&#249; y'a aussi des gens qui sont sp&#233;cialis&#233;s dans l'illustration, qui font vraiment les dessins et nous, on les reproduit apr&#232;s en objets, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels outils utilisez-vous pour la fabrication ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'outillage, on a une petite scie &#224; chantourner pour d&#233;couper les formes, on a une machine &#224; combiner, c'est-&#224;-dire qui fait scie circulaire, raboteuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on fait chacun notre&#8230; Je fais plus souvent le d&#233;bit, c'est-&#224;-dire tout ce qui est gros &#339;uvre, donc d&#233;biter les planches et elle fait vraiment ce qui est finition, d&#233;coupe des petits objets et peinture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'outillage et les mat&#233;riaux ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'outillage je sais pas parce qu'on a toujours travaill&#233; avec &#231;a, donc&#8230; Au niveau de l'&#233;volution de l'outillage, je pense que depuis le d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle &#231;a a pas &#233;norm&#233;ment chang&#233; pour ce genre de travaux, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vendez-vous des objets fabriqu&#233;s dans d'autres mati&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui &#231;a on le fait mais, on essaie de rester dans les mat&#233;riaux naturels quand m&#234;me. Les objets qu'on vend en d'autres mati&#232;res c'est du tissu, un petit peu de peluche. Non, parce que pour s'adresser aux enfants du premier &#226;ge, en dessous de six mois c'est pas &#233;vident de trouver des jouets en bois . Et c'est le plus souvent des doudous, des machins comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, la plus grosse p&#233;riode c'est les f&#234;tes de No&#235;l, hein. Y'a pas de secret, les jouets, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La client&#232;le qu'on a, c'est plus ou moins les parents qui viennent pour les gamins, quoi, et &#231;a va, il faut dire, de z&#233;ro &#224; huit ans ; apr&#232;s huit ans y sont plus ax&#233;s sur, malheureusement, les jeux &#233;lectroniques ou l'ordinateur, et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les demandes de la client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des demandes particuli&#232;res, euh&#8230; non. En fait, ce qu'y cherchent le plus souvent c'est des jeux un peu ludiques, tout ce qu'on a pour l'apprentissage de la lecture, les jeux pour apprendre &#224; compter, des jeux sur la motricit&#233;, tout ce qui est empilable, jeux de construction pour les enfants entre deux et trois ans, quoi. Les plus demand&#233;s, maintenant on a commenc&#233; &#224; travailler avec un fournisseur allemand et c'est vrai qu'y font plein de &lt;a href='http://www.france5.fr/maternelles/loisirs/' class='spip_out' rel='external'&gt;jeux&lt;/a&gt; qui sont tr&#232;s tr&#232;s innovants. Y vont chercher vraiment des&#8230; C'est pas &#233;vident &#224; dire, le jeu qu'y font est assez particulier, quoi. C'est beaucoup de jeux de m&#233;moire, de jeux de r&#233;flexion et pas mal de jeux en collaboration, en fait. Par exemple un jeu qui s'appelle&#8230; oui, voil&#224;, &quot;Le Petit Verger&quot;, qui est un jeu de ce fournisseur, l&#224;, o&#249; en fait on joue tous contre le corbeau, il faut &#233;viter que le corbeau mange toutes les cerises qu'y a dans l'arbre. Voil&#224;, c'est ce genre de jeux&#8230; Pas mal de jeux en coop&#233;ration plut&#244;t que de jouer l'un contre l'autre, de se disputer et c&#230;tera. C'est plus ax&#233; sur la solidarit&#233;, sur le&#8230; D&#233;j&#224;, des enfants qui vont essayer de jouer ensemble contre un personnage imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un jouet particuli&#232;rement r&#233;clam&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hem&#8230; un jouet qui est vraiment tr&#232;s vendu ? Pour moi, c'est toujours le jouet &#224; tirer Vilac qui&#8230; C'est les petits jouets &#224; partir de six mois, en fait, quand l'enfant commence &#224; marcher &#224; quatre pattes, &#224; se d&#233;placer un peu, voil&#224;, c'est ce genre de petit jouet o&#249; il le tire derri&#232;re lui. &#199;a marche tout le temps, &#231;a ; si y faisaient plus qu'un jouet, ce serait ce type de jouet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous en tenez compte dans vos choix de jouets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui ! Oui, c'est important, &#231;a, c'est une chose qu'on arr&#234;tera pas de faire, quoi, dont on s'occupera tout le temps. Hem&#8230; c'est vrai que depuis un certain temps, on travaille de plus en plus souvent avec les ludoth&#232;ques. En fait, ils nous demandent des petites choses sp&#233;ciales, certains petits jeux d'empilement en bois. Bon, c'est eux qui voyent comment marchent les enfants, c'est eux qui testent un peu les produits, donc c'est vrai que c'est un atout. C'est un &#233;norme atout pour nous, quoi, on sait quels jouets vont marcher, qu'est-ce qu'y faut qu'on mette de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Jouez-vous un r&#244;le de conseil aupr&#232;s de votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui quand m&#234;me, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des clients fid&#232;les qui vous recommandent aupr&#232;s d'autres personnes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, &#231;a commence &#224; venir de plus en plus, oui. C'est vrai qu'au d&#233;part, les deux premi&#232;res ann&#233;es on &#233;tait vraiment cibl&#233;s que sur une client&#232;le de quartier. En fait, y'avait vraiment que les gens du coin qui passaient et bon, maintenant y commencent &#224; parler &#224; droite &#224; gauche et puis on &#233;tend un petit peu notre client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En dehors des clients, l&#224;, on a simplement commenc&#233; &#224; faire un site internet. Voil&#224;, et c'est la seule grosse pub qu'on fait pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'aimez-vous particuli&#232;rement dans votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben c'est le contact un peu plus chaleureux qu'on a avec les personnes, quand m&#234;me, parce que les gens qui ach&#232;tent des jouets en bois sont plus des gens passionn&#233;s qui vont pas forc&#233;ment regarder &#224; la d&#233;pense, qui vont vraiment avoir l'amour de l'objet en bois, qui vont vraiment le regarder sous toutes les coutures, en discuter avec les personnes, et c&#230;tera, sans&#8230;Y vont vraiment prendre le temps de choisir le cadeau qu'y vont faire pour un gamin, m&#234;me si c'est pas le leur. Quand on vient chercher un jouet en bois, c'est vraiment pour avoir la petite pi&#232;ce unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment partagez-vous la passion de vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hem&#8230; comment on la partage, en fait, ben on essaye de subvenir &#224; leurs besoins. Ils ont certaines id&#233;es des jouets qui leurs plaisent dans le magasin mais y'a toujours la petite chose qui leur pla&#238;t pas, qui leur convient pas. Donc nous, on propose toujours de fabriquer &#224; ce niveau-l&#224;, quoi. C'est un peu suivant leurs sp&#233;cifications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est l'aspect le moins agr&#233;able de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Le moins agr&#233;able, euh&#8230; franchement (rires), je vois pas de&#8230; je vois pas de choses vraiment d&#233;sagr&#233;ables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un aspect plus contraignant, disons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Ben, c'est les p&#233;riodes creuses ; c'est vrai que &#233;tant ax&#233;s sur le jouet en bois, y'a franchement des p&#233;riodes o&#249; l'on marche et des p&#233;riodes o&#249; c'est vraiment tr&#232;s creux, o&#249; on s'ennuie un petit peu. Apr&#232;s, euh&#8230; non, je vois pas d'autres probl&#232;mes. Bon, le probl&#232;me est que c'est difficile d'avoir un magasin comme &#231;a, y'a certaines contraintes. C'est vrai qu'on aimerait bien avoir des places de parking un peu plus cons&#233;quentes devant, que les gens puissent&#8230; C'est vrai que aussi, b&#232; on peut pas emp&#234;cher certaines personnes de rentrer non plus. Bon, y'a des gens qui sont un petit peu&#8230; enfin, qui s'imaginent qu'on vend aussi des jouets en plastique, y voient des jouets, y rentrent et pis y nous demandent des choses qu'on a pas. C'est un petit peu le c&#244;t&#233; emb&#234;tant du m&#233;tier mais bon, c'est pas g&#234;nant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment les jouets ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben en fait, suivant les endroits o&#249; l'on va c'est &#8230; c'est pas si &#233;vident que &#231;a, en fait. Si vous achetez des des jouets fran&#231;ais, tout ce qui vient du Jura et c&#230;tera, c'est pas des jouets qui ont &#233;norm&#233;ment &#233;volu&#233;, en fait : y sont rest&#233;s tr&#232;s traditionnels dans la forme du jouet en bois, dans ses utilisations. C'est toujours des empilables, des jouets &#224; tirer, des machins qu'on fait depuis le d&#233;but du si&#232;cle, depuis qu'ils ont cr&#233;&#233; leur entreprise, quoi. C'est toujours des chevaux &#224; bascule, des&#8230;Tandis que si vous allez en Allemagne, l&#224; y cherchent plus &#224; faire &#233;voluer leurs jouets, &#224; vraiment cr&#233;er des choses nouvelles, avoir des id&#233;es changeantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous adaptez-vous &#224; cette &#233;volution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui oui, tout &#224; fait, ouais. Bon, c'est vrai qu'apr&#232;s tout, ce qu'y font c'est des mod&#232;les d&#233;pos&#233;s, donc on peut malheureusement pas&#8230; De mani&#232;re personnelle non, c'est vrai que nous, ben on est dans la mouvance fran&#231;aise. On reste dans le traditionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres marchands de jouets, d'autres fabricants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, on a quelques relations avec des fabricants dans le Jura.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le marchand de jouets, quel r&#244;le joue-t-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, je pense que le marchand de jouets, c'est&#8230; c'est quelqu'un qui est rest&#233; d'un certain c&#244;t&#233; assez enfant, quoi, &#231;a c'est un peu vrai&#8230; qui en fait arrive encore &#224; s'&#233;merveiller des petits trucs faits pour les gamins&#8230; qui a gard&#233; ce c&#244;t&#233; enfant, quoi, &#231;a c'est clair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 12/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Port des sabots interdit</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/Port-des-sabots-interdit</link>
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		<dc:date>2006-06-23T14:27:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'attitude vestimentaire propre &#224; l'&#233;cole. &#201;l&#233;mentaire !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; J'ai eu une ma&#238;trise de biochimie-biologie cellulaire. Puis j'ai pass&#233; le concours instit, et suite &#224; &#231;a, j'ai pass&#233; le concours interne Professeur des Ecoles. J'exerce depuis 1993 aupr&#232;s des enfants de six &#224; douze ans. J'aime me poster devant la porte d'entr&#233;e, le matin. On les voit tous arriver ; on a toute la mode qui d&#233;file &#224; l'&#233;cole. &#187;&lt;/strong&gt; Sandra Deb&#251;, 41 ans, directrice de l'&#233;cole primaire Fran&#231;ois Moisson &#224; Marseille depuis six ans. Chapeau pointu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Existe-t-il des codes vestimentaires propres &#224; la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne me suis jamais fait la remarque et je n'ai pas vraiment l'impression. On est douze, treize avec moi, puisque j'ai une demi d&#233;charge. Il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes dans ce m&#233;tier... On ne verra pas beaucoup d'enseignants en tailleur, que ce soit fille ou homme car, parmi les disciplines, il y a le sport ; c'est assez r&#233;gulier dans la semaine. Donc il faut des tenues ad&#233;quates avec ce qu'on va faire, avec l'art plastique et c&#230;tera. Donc, on n'a pas vraiment de possibilit&#233;. Et puis, on ne va pas rester en talons aiguilles, monter, descendre les escaliers, courir apr&#232;s les gosses dans la cour... On est correct, pour moi c'est fondamental. Mais, il faut quand m&#234;me qu'on soit &#224; l'aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue vestimentaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je porte des mules, avec un pantashort, un tee-shirt et un gilet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels textiles pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a une diff&#233;rence entre ce que j'aime et ce que je peux acheter. Je mets surtout du coton, parce que c'est tr&#232;s confortable. J'ach&#232;te plut&#244;t des tissus, des textiles que je peux entretenir moi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre budget ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il est variable. Je ne vais pas souvent faire les magasins ; je n'aime pas &#231;a et je n'ai pas le temps. Donc si quelque chose me pla&#238;t, je l'ach&#232;te. C'est selon l'envie, selon les occasions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel temps consacrez-vous chaque matin pour vous habiller ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. Mais ce n'est jamais tr&#232;s long car je pr&#233;pare la veille. Je suis tr&#232;s ind&#233;cise et il m'arrive d'essayer trois choses avant de d&#233;cider de ce que je vais mettre... Je pr&#233;f&#232;re passer ce temps-l&#224; le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Regrettez-vous la blouse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout. Je ne l'ai pas connue en tant qu'enseignante, mais en tant qu'&#233;l&#232;ve, oui, quand j'&#233;tais gamine. Et je suis all&#233;e en Irlande pendant les vacances, et c'est vrai que &#231;a fait un dr&#244;le d'effet de voir tous ces gamins habill&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. Je crois que ce n'est pas n&#233;gatif d'avoir une tenue uniforme, effectivement, car &#231;a permet d'&#233;viter les comparaisons sur le plan social entre les familles. &#199;a, c'est positif. Maintenant, il faut savoir quel est le co&#251;t de la tenue. Nous sommes en ZEP (ndlr Zones d'Education Prioritaires), avec &#233;norm&#233;ment de familles nouvellement arriv&#233;es, non francophones, avec beaucoup de familles sans papiers qui sont en squat. On a beaucoup de difficult&#233;s &#224; ce niveau-l&#224;, beaucoup de demandes d'asile territorial et d'asile politique, et ces familles-l&#224; n'ont pas les moyens d'investir dans une tenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'autorit&#233; a-t-elle une apparence ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai un fr&#232;re qui est cadre sup&#233;rieur dans une grosse bo&#238;te. C'est un gros gros poste. Il s'habille tr&#232;s bien. Et je pense que &#231;a passe. C'est tr&#232;s agr&#233;able de voir quelqu'un de bien habill&#233;. En tout cas, moi j'appr&#233;cie personnellement. Je pense que &#231;a pose quelqu'un, oui. &#199;a lui donne un statut. Les &#233;l&#232;ves sont tr&#232;s critiques par rapport &#224; ce qu'on peut porter. Ils vont vous dire le matin si vous &#234;tes belle, si on a ceci, cela, si on a chang&#233; la couleur des lunettes. Quand j'ai mis les bagues &#224; mes dents, ah, tout de suite &#231;a a &#233;t&#233; une tonne de questions ! Donc on s'en est d&#233;barrass&#233;. Oui, ils sont tr&#232;s &#224; l'aff&#251;t de tous les changements. Sur le plan vestimentaire aussi, ils regardent tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de l'apparence vestimentaire de vos &#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tr&#232;s vari&#233;. &#199;a va des gamins qui ont tous les jours une tenue diff&#233;rente &#224; ceux qui ont des v&#234;tements qu'ils ont port&#233; depuis trois, quatre jours, qui sont d&#233;j&#224; un peu sales, &#224; ceux qui portent un pyjama en dessous parce que les parents ne s'en occupent pas trop. Donc, c'est tr&#232;s vari&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre r&#232;glement interdit-il aux &#233;l&#232;ves le port de certaines choses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, le port de sabots ; toutes chaussures qui ne tiennent pas aux talons, pour &#233;viter les entorses. Le port de lunettes de soleil pour &#233;viter les bris dans la cours de r&#233;cr&#233;ation. Les lunettes de vue, on leur demande de les laisser sur le bureau, dans la classe. Parce que... &#231;a bouge, hein ! Ils ne portent pas de chapeau ou de casquette en classe ; &#224; l'ext&#233;rieur s'ils le veulent. On leur conseille aussi de ne pas porter de bijoux pendant le sport... Bon... de toute fa&#231;on les chaussures et les lunettes de soleil sont institu&#233;es. De m&#234;me on dit que s'ils perdent leurs bijoux ou autres objets d&#233;coratifs, tant pis pour eux, quoi ! C'est de leur responsabilit&#233;. Et &#231;a arrive assez souvent qu'ils en perdent. On a &#233;t&#233; oblig&#233; d'en parler au conseil d'&#233;cole et &#231;a a &#233;t&#233; vot&#233;. Et quand c'est vot&#233;, c'est vot&#233;. Une fois en d&#233;but d'ann&#233;e quand le r&#232;glement int&#233;rieur est vot&#233; par le conseil de l'&#233;cole, je revois le r&#232;glement avec eux, mais on a d&#233;j&#224; un r&#232;glement de classe qui est &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il aussi un r&#232;glement vestimentaire pour les instituteurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, jamais entendu parler. Mais je sais que de temps en temps... L'an dernier un inspecteur avait fait une remarque &#224; une enseignante qui &#233;tait en stage, alors qu'elle &#233;tait habill&#233;e pour plus de 1000 balles sur elle, quoi ! Il n'avait peut-&#234;tre pas compris son style. Et je sais qu'&#224; la r&#233;union d'entr&#233;e pour les nouveaux arrivants, il a parl&#233; aussi d'une tenue vestimentaire correcte. &#199;a para&#238;t logique ! Je ne sais pas si on a besoin de le pr&#233;ciser, quoi ! On prend peut-&#234;tre les gens pour des enfants...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les familles recourent-elle &#224; l'aide vestimentaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'aide, moi j'apporte beaucoup d'habits &#224; l'&#233;cole, pour les gamins. C'est venu comme &#231;a. De toute fa&#231;on, on sait &#224; qui donner les v&#234;tements. On fait &#231;a de mani&#232;re assez discr&#232;te pour &#233;viter de mettre les familles mal &#224; l'aise. Je n'en ai pas parl&#233;. Donc, &#231;a se fait... Les familles font &#231;a directement. L&#224;, j'ai encore trois sacs dans la voiture de v&#234;tements que je r&#233;cup&#232;re &#224; droite &#224; gauche. Je sais que ce sera toujours utile. Moi, je le fais comme &#231;a. Pas que des v&#234;tements, d'ailleurs. L&#224; nous avons des familles du squat de la Maison de l'&#201;tranger - Vous en avez entendu parler ? - donc on am&#232;ne des &#233;dredons, des serviettes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour certaines personnes oui, pour d'autre pas. Pour certains, on peut se rendre compte de leur caract&#232;re par rapport &#224; &#231;a, pour d'autres, absolument pas, parce que &#231;a ne fait pas du tout partie de leurs pr&#233;rogatives ; ils s'habillent comme ils veulent. Non, je ne peux pas r&#233;pondre par oui ou non brutalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels v&#234;tements aimez-vous porter en dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme j'aime beaucoup aller &#224; la piscine, j'aime beaucoup &#234;tre en maillot. Sinon &#224; la mer. Sinon, quand je sors, je m'habille un peu plus jolie, quoi ! J'aime bien les chaussures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 04/05/06 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Plus c'est vieux, mieux &#231;a fonctionne !</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rose Fernandez</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La tenue de travail du forgeron barcelonais : h&#233;ritage indispensable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Catalogne, invit&#233;e d'honneur &#224; la f&#234;te Artisans 13, d&#233;cline son savoir-faire traditionnel &#224; sa cousine m&#233;diterran&#233;enne. Au stand de Xavier Marti, le rougeoiement du m&#233;tal &#233;claire la silhouette du forgeron : ceintur&#233; du v&#234;tement de cuir, concentr&#233; sur son travail, il &#339;uvre &#171; avec amour &#187; &#224; la pi&#232;ce unique. Quand le feu de l'homme prot&#232;ge le m&#233;tier, la tenue prot&#232;ge l'homme du feu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un pantalon, il faut qu'il soit en coton parce que comme &#231;a on peut pas se br&#251;ler, et en plus un tablier de peau, c'est du porc ; &#231;a nous prot&#232;ge tout le ventre parce que la chaleur, c'est mauvais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue est sp&#233;cifique &#224; votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est tr&#232;s sp&#233;cifique, on fait que le fer forg&#233;, c'est-&#224;-dire qu'on change le volume et l'&#233;tat du fer avec le fer et la chaleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettez-vous des gants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas indispensable ; d&#232;s fois on les met, d&#232;s fois non, mais normalement, on a pas besoin de mettre des gants parce que quand on travaille le fer, y a que la pointe qui est chaude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous besoin de chaussures particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, des chaussures avec la pointe en fer, pour pas te casser les orteils si un morceau de fer tombe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Portez-vous des lunettes de protection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a pas besoin de lunettes, parce que c'est tr&#232;s improbable que quelque chose atteigne les yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue est-elle fournie par le patron ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le patron qui paye, oui. Quand qu'elle est ab&#238;m&#233;e ou trop vieille, on la jette et on en prend une autre. Mais il faut savoir que plus c'est vieux et mieux &#231;a fonctionne, parce que &#231;a devient dur, il est plus rigide et &#231;a prot&#232;ge plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des poches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non parce que s'il y a des poches, quelque chose peut tomber dedans, et &#231;a peut nous br&#251;ler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos diff&#233;rent outils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a des marteaux dont les pointes peuvent &#234;tre diff&#233;rentes, &#231;a chez nous on appelle &#231;a la peina. Tous les marteaux ont des diff&#233;rentes formes : il y en a qui sont fins, d'autres sont ronds, certains c'est pour taper l'un sur l'autre, c'est-&#224;-dire un premier tient le marteau et l'autre tape dessus, et avec &#231;a tu aplatis compl&#232;tement les pi&#232;ces. Apr&#232;s, si on veut travailler de petites dimensions, on utilise diff&#233;rentes pinces et les pinces aussi, elles ont diff&#233;rentes formes. Les tenailles aussi ont diff&#233;rentes formes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de ne pas porter votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, elle est indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et de changer de tenue au cours de la journ&#233;e de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement non, mais on travaille toute la journ&#233;e avec des pantalons bleus en coton, comme &#231;a quand tu l'enl&#232;ves tu restes propre, tandis que si tu travailles comme &#231;a tu te salis beaucoup. Et chaque jour il faut se changer parce que le tissu, il devient noir avec la fum&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre comportement change-t-il quand vous portez votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est juste qu'on a la t&#234;te &#224; ce qu'on est en train de faire, on a la t&#234;te qu'&#224; notre travail. La tenue n'a rien &#224; voir, on est tout &#224; fait normal. En tout cas, pour moi, &#231;a ne change rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote en rapport avec votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On nous a demand&#233; une fois comment tournait le petit ventilateur sous le feu. Et un jour, un mec me dit : &#171; C'est tr&#232;s joli, comment vous faites ? d'o&#249; vient le gaz ? &#187; Il a pas compris que c'est avec l'air qu'il y a l&#224;-dedans qu'on faisait le feu, il croyait qu'un tuyau portait le gaz jusqu'ici. Le public, en g&#233;n&#233;ral, il conna&#238;t pas et des fois, on te demande des questions impossibles : &#171; O&#249; c'est que &#231;a devient le gaz ? &#187; Il y en a pas, de gaz... C'est de l'air qui est avec une turbine manuelle, le charbon chauffe et tu fais le feu. Et le mec, il me disait : &#171; Mais y a pas le tuyau du gaz, c'est normal ou c'est pas normal ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que le m&#233;tier d'artisan, pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un travail comme un autre, mais on est avant tout bas&#233; sur la cr&#233;ation. Il faut toujours faire des pi&#232;ces uniques. L'artisan, c'est quelqu'un qui fait des choses avec les mains et avec le moins de machines possible. Alors, il faut faire des choses originales pour que ce soit pas m&#233;canique ou industriel, parce que quand on en fait cinquante pareilles &#231;a devient une industrie, tu le fais plus rapidement et t'as pas besoin de mettre autant d'amour pour le faire que si tu en fais qu'une !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que ce m&#233;tier se perd ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non mais le probl&#232;me c'est comme tout, il y a une grande industrie derri&#232;re qui fond le m&#234;me fer que je fais mais industriel, ils sont tous pareils, et les gens qui connaissent pas leur m&#233;tier, ils disent : &#171; Faire une v&#233;randa c'est facile parce que tu mets les tuyaux et les fers et tu soudes c'est fait. &#187; &#199;a c'est pas de l'artisanat, c'est pas le fer forg&#233;, c'est pas mon m&#233;tier, parce que n'importe qui peut faire &#231;a. Tandis que le fer forg&#233; comme je le fais &#224; la main, c'est diff&#233;rent. Alors, il y aura toujours quelqu'un qui aimera une v&#233;randa, une table, une chaise ou un miroir fait &#224; la main, on aura toujours du travail. Mais si, il y a cent ans en arri&#232;re, il restait mille forgerons, maintenant il y en a vingt... Et pourquoi ? Il n'y a pas d'&#233;cole de m&#233;tier, vraiment, alors &#231;a devient de plus en plus dur, c'est le p&#232;re qui montre &#224; ses fils et les fils &#224; leurs fils, &#231;a se passe de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Parce que mon grand-p&#232;re il faisait &#231;a, mon p&#232;re il faisait &#231;a et moi je fais &#231;a, et ceux qui viennent derri&#232;re, ils vont peut-&#234;tre faire &#231;a. Peut-&#234;tre, je sais pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Rose line Fernandez le 25/04/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Pinceaux, fards, ors et velours rouge</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/pinceaux-fards-ors-et-velours</link>
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		<dc:date>2007-11-23T16:29:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Op&#233;ra</dc:subject>
		<dc:subject>beaut&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>057. Op&#233;ra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'Op&#233;ra, anim&#233;e par le plaisir de la rencontre et l'envie de r&#233;v&#233;ler l'int&#233;rieur de l'&#234;tre, elle maquille t&#233;nors et sopranos : de la vocation &#224; la passion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/opera-610" rel="tag"&gt;Op&#233;ra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/beaute" rel="tag"&gt;beaut&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/opera" rel="tag"&gt;057. Op&#233;ra&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ah ! Oui : d&#232;s l'&#226;ge de neuf ans, je savais ce que je voulais faire et je savais que c'&#233;tait &#231;a. C'&#233;tait ma vocation, c'&#233;tait &#231;a, je le sentais&#8230; Au d&#233;but, j'ai commenc&#233; &#224; peindre, je dessinais beaucoup et c'est ce qui m'a amen&#233;e mais, bon, je savais, j'avais envie de rendre les gens beaux&#8230; C'est prendre une personne qui est simple au d&#233;but, j'avais envie de &#231;a.&quot; Myriam da Silva, 33 ans, premi&#232;re maquilleuse &#224; l'Op&#233;ra de Marseille. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Petite fille, vous maquilliez vos poup&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;N'en parlons pas, c'&#233;tait un peu un jeu de massacre (rire) ! Je leur faisais m&#234;me des coupes, h&#232; (rire)&#8230; Apr&#232;s c'est plus tard, avec tous mes copains et copines, ils y ont eu droit, ils avaient pas le choix ! Tout le monde y est pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse &#224; r&#233;aliser ces maquillages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; ce qui me pousse, c'est l'envie de d&#233;couvrir de nouvelles personnes et de leur faire un maquillage appropri&#233; avec chaque op&#233;ra. Parce que on va faire Butterfly, &#231;a va &#234;tre encore un changement de maquillage par rapport &#224; Fanny qu'on a fait en ouverture de saison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est les gens, regarder les gens et savoir ce qu'ils ont dedans pour essayer de le faire ressortir. C'est ce qui m'int&#233;resse, mais m&#234;me dans la vie c'est ce qui m'int&#233;resse, l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez eu un mentor ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout. Non, j'avais vraiment &#231;a en moi&#8230; C'est aussi une fa&#231;on de d&#233;couvrir les gens et de faire sortir de la personne le c&#244;t&#233; plus positif, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des crit&#232;res de beaut&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas vraiment, parce qu'en chacun de nous y'a du beau ; y suffit de voir les gens, l'&#226;me des gens, voil&#224;. Oui, c'est beaucoup dire mais moi, c'est ce que j'ai envie de voir chez les gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est celle-l&#224;, et de voir qu'ils se plaisent, des gens qui sont entre guillemets ordinaires et qui arrivent &#224; se trouver beaux ou&#8230; Voil&#224;, la satisfaction dans l'&#339;il de l'autre, c'est notre r&#233;ussite &#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et votre r&#233;alisation la plus originale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La plus originale, heu&#8230; c'est un essai que j'avais fait chez moi, Dracula de Coppola. Les mod&#232;les, c'&#233;tait ma s&#339;ur et mon beau-fr&#232;re. Y'avait tout : le costume, la perruque, le maquillage en latex, donc &#231;'a &#233;t&#233; un gros &#339;uvre. J'avais m&#234;me d&#233;cor&#233; toute la maison, et puis on a ri, surtout (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait l'exp&#233;rience d'un gros ratage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jamais ! Non, je plaisante ; ratage, heu&#8230; c'est quand &#231;a se passe mal avec certaines personnes, c'est juste &#231;a : des fois on a une incompatibilit&#233; d'humeur. &#199;a m'est pas arriv&#233; souvent, mais &#231;a m'est arriv&#233;. C'est un m&#233;tier o&#249; il faut un peu s'effacer et moi, je suis quelqu'un de temp&#233;rament.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous rappelez-vous votre premier maquillage professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Oui, c'est ici&#8230; Enfin, celui qui me marque c'est quand j'ai d&#233;marr&#233; ici, sur Orph&#233;e aux enfers, et pour moi &#231;'a &#233;t&#233; la r&#233;v&#233;lation : j'ai su, l&#224;, que vraiment, c'&#233;tait l'Op&#233;ra o&#249; j'avais envie de travailler. D&#233;j&#224; &#224; l'&#233;cole, en apprenant le maquillage, je disais toujours - mais pour faire la belle, bien entendu - &quot;Moi je travaillerai &#224; l'Op&#233;ra de Marseille.&quot; Ah ! Oui, j'ai cette chance de faire ma passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez suivi une formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, j'ai fait deux ans d'esth&#233;tique, un an de maquillage professionnel et apr&#232;s, une petite formation d'effets sp&#233;ciaux d'un mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand exercez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a a fait presque quatorze ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai eu une chance, c'est de rencontrer un monsieur, mais qui &#233;tait beau parleur, et qui m'a dit : &quot;Ah ! Je connais plein de monde &#224; l'Op&#233;ra&quot; et il connaissait personne et quand je suis rentr&#233;e &#224; l'Op&#233;ra, j'&#233;tais livr&#233;e &#224; moi-m&#234;me, en fait, donc &#231;'a &#233;t&#233; un coup de chance d'&#234;tre l&#224; au bon moment. Une opportunit&#233;, ouais, puisqu'une personne partait et ils avaient pris une personne mais bon, c'&#233;tait comme moi, quoi, &#224; l'essai. Ouais, &#231;'a &#233;t&#233; mon jour de chance, c'est vrai&#8230; Et gr&#226;ce &#224; ce monsieur, Monsieur P&#233;pito, qui est mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait des sacrifices pour y arriver ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Non, c'est pas des&#8230; Un peu un sacrifice personnel, mais&#8230; Autrement non, puisque &#231;a reste toujours un plaisir de maquiller et je rencontre toujours des nouvelles personnes et&#8230; moi je suis passionn&#233;e de &#231;a, h&#232;. Je pense que le jour o&#249; j'aurai plus de passion et l'envie de rencontrer les gens, j'arr&#234;terai. Mais pour le moment &#231;a me pla&#238;t toujours, quoi, c'est ce qui me fait continuer, en m&#234;me temps, autrement je ferais autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre statut actuel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis intermittente du spectacle, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s faut-il avoir pour &#234;tre une bonne maquilleuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une des qualit&#233;s - enfin moi, c'est ce que j'aimerais rencontrer un peu plus souvent chez beaucoup de maquilleuses - c'est des gens qui regardent vraiment les personnes qui sont en face et pas de faire un maquillage automatique, comme on apprend &#224; l'&#233;cole : faire une &#171; banane &#187; pour tout le monde pareil&#8230; On a pas les m&#234;mes yeux, on a pas les m&#234;mes bouches. C'est important, de savoir de suite ce qui convient, ce qui va am&#233;liorer la personne. Il faut avoir une r&#233;ceptivit&#233; aux gens, je crois&#8230; Moi c'est ce que j'essaie de faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; les contraintes, heu&#8230; c'est l'intermittence, peut-&#234;tre, par rapport au statut mais moi j'ai pas ce souci-l&#224; pour le moment. Mais pour ceux qui arrivent c'est de plus en plus difficile d'&#234;tre sur le march&#233; et de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des horaires fixes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des horaires, c'est plut&#244;t de nuit, enfin de six heures &#224; minuit. Six heures, cinq heures, tout d&#233;pend des op&#233;ras, et le temps qu'il nous faut pour maquiller. On a &#224; peu pr&#232;s une pr&#233;paration de deux heures avant, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles satisfactions vous apportent ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, satisfaction de rencontrer, c'est la rencontre, toujours, avec des gens nouveaux, des nouvelles personnalit&#233;s, des nouveaux visages. Et voir que certaines personnes sont satisfaites, &#231;a aussi c'est bien pour nous-m&#234;mes, quoi ; &#231;a nous motive et puis &#231;a fait prendre, avec les ann&#233;es, de l'assurance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des choix impos&#233;s ou une libert&#233; de cr&#233;ation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a quand m&#234;me des choix de temps en temps impos&#233;s mais Katia Duflot, notre chef costumi&#232;re, me laisse quand m&#234;me&#8230; Je peux faire ce qui me pla&#238;t, apr&#232;s elle approuve ou elle approuve pas, on en discute et on voit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des mod&#232;les ou des th&#232;mes bien pr&#233;cis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout d&#233;pend l'op&#233;ra, en fait, et malheureusement, avec les ann&#233;es, on va de plus en plus vers le naturel. &#199;a devient pas moins int&#233;ressant, mais c'est un peu b&#234;te&#8230; C'est-&#224;-dire que souvent, les metteurs en sc&#232;ne veulent des maquillages un peu plus naturels qui se rapprochent plus du cin&#233;ma, alors qu'on est &#224; l'Op&#233;ra et on a besoin quand m&#234;me d'avoir de la mati&#232;re, des structures. Pour Butterfly, non, l&#224; on va faire des gros maquillages ; l&#224;, heureusement, on se maintient &#224; ce qui &#224; &#233;t&#233; fait avant. Libre &#224; nous, &#224; notre cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel personnage vous inspire le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Moi j'adoreTosca, la Tosca&#8230; Parce que j'adore l'air de la Tosca, parce que c'est une femme qui est jalouse (rire) et bon, c'est une passionn&#233;e, elle est en souffrance et puis y'a des airs magnifiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a un maquillage sp&#233;cial ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Si, y'a un peu des maquillages&#8230; sur certaines personnes y'a un peu des blessures parce qu'il est un peu tortur&#233;, ce jeune homme, Mario.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les fards et les couleurs les plus utilis&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon, toujours un fond de teint et poudre. Puis apr&#232;s, souvent, pour les hommes c'est des structures : pour remodeler le visage, on ombre, si on veut creuser les joues il faut travailler en bistre, en marron. Pour att&#233;nuer un d&#233;faut, les cernes, pour un bouton qui est rouge on va mettre une petite touche de vert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des pinceaux sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on a un pinceau blush pour les joues, un eye liner pour l'oeil, enfin y'en a toute une palette de pinceaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps consacrez-vous &#224; un maquillage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est une demi-heure voire trois quart d'heure pour une femme, selon le maquillage, et un quart d'heure pour un homme. Le maximum c'est une heure, mais c'est vraiment un grand maximum. B&#232; heu&#8230; Turando, c'est un maquillage un peu asiatique avec un fond blanc, des roses sur les joues, l'eye liner, on redessine le sourcil, on transforme, oui, donc l&#224; &#231;a nous prend un peu plus de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Oui, heureusement ! En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale on est quatre, mais souvent on a deux personnes ou une personne en plus. On se dispatche les artistes, et apr&#232;s y'a ceux qui travaillent avec les ch&#339;urs, la figuration&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors du maquillage, percevez-vous un changement de la personne vers son futur r&#244;le ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tout &#224; fait. Mais ils sont d&#233;j&#224; pr&#234;ts avant quand m&#234;me, ils sont assez concentr&#233;s, on sent qu'ils sont int&#233;rieurs &#224; ce moment-l&#224; mais, ils se pr&#233;parent, voil&#224; : comme nous on les pr&#233;pare, ils se pr&#233;parent aussi en m&#234;me temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que le maquillage fait le personnage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'esp&#232;re que non, j'esp&#232;re que c'est la voix qui prime (rire) ! Non, le maquillage, le costume, la coiffure, c'est un tout ; apr&#232;s, c'est ce qui fait que la personne va se sentir un peu plus dans le personnage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors du d&#233;maquillage captez-vous une certaine ambiance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a un rel&#226;chement, on sent qu'ils rel&#226;chent un peu la pression mais, c'est surtout pour les premi&#232;res o&#249; y'a un stress au plus haut, souvent, parce qu'il y a toute la &#171; bonne soci&#233;t&#233; &#187; qui vient, b&#232; apr&#232;s ils rel&#226;chent, ils enl&#232;vent le costume, ils enl&#232;vent le personnage en m&#234;me temps. Mais y'en a qui y restent, dans le personnage (rire)&#8230; Je pourrais pas dire l'anecdote mais certaines personnes jouent Don Juan et apr&#232;s, ils continuent &#224; &#234;tre Don Juan, alors il faudrait qu'ils arr&#234;tent (rire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel maquillage choisiriez-vous pour vous-m&#234;me ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Un maquillage A&#239;da, c'est &#233;gyptien, c'est un op&#233;ra, et elle a une perruque et enfin c'est assez beau, quoi. J'aurais bien aim&#233; parce que c'est plein d'or, plein de&#8230; couronnes, et comme &#231;a (rire)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; eu des marques de reconnaissance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! souvent, les gens sont pas avares de compliments, quand m&#234;me, c'est toujours bien, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillant dans ce d&#233;cor, cette ambiance, que ressentez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je suis toujours contente de venir travailler, en fait, donc &#231;a me pla&#238;t, ce c&#244;t&#233; musique, c'est agr&#233;able, &#231;a rend les gens de bonne humeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous referiez le m&#234;me parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Oh, je pense&#8230; Oui, j'aurais &#233;t&#233; un peu plus disciplin&#233;e &#224; l'&#233;cole (rire), voil&#224;. J'aurais pu faire une formation de perruque, mais j'ai un c&#244;t&#233; feignant, feignant, donc je suis rest&#233;e au maquillage&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 26/09/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parfums de savonnerie</title>
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		<description>Bien que la Savonnerie de la Licorne n'ait pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour recevoir des visiteurs, c'est avec beaucoup de g&#233;n&#233;rosit&#233; qu'elle vous ouvre ses portes... Cette savonnerie artisanale est de taille r&#233;duite. Ce sont la ville de Marseille et l'Office de tourisme qui ont convaincu les propri&#233;taires d'organiser une visite. Bien qu'il s'agisse de machines centenaires, la visite ne comporte pas de risques gr&#226;ce &#224; quelques am&#233;nagements (moteurs grillag&#233;s ou protections en bois). La visite s'effectue en trois (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que la Savonnerie de la Licorne n'ait pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour recevoir des visiteurs, c'est avec beaucoup de g&#233;n&#233;rosit&#233; qu'elle vous ouvre ses portes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette savonnerie artisanale est de taille r&#233;duite. Ce sont la ville de Marseille et l'Office de tourisme qui ont convaincu les propri&#233;taires d'organiser une visite. Bien qu'il s'agisse de machines centenaires, la visite ne comporte pas de risques gr&#226;ce &#224; quelques am&#233;nagements (moteurs grillag&#233;s ou protections en bois).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La visite s'effectue en trois parties : la boutique, la savonnerie et le mus&#233;e de l'huile (nous n'avons pu visiter ce dernier). L'entr&#233;e s'effectue par la boutique. Les produits de la savonnerie y sont expos&#233;s pour la vente aux particuliers : savons de toutes tailles, huile d'olive, lavande en brins s&#233;ch&#233;s ou en pochon, cigales en porcelaine de toutes tailles, carte postales... Tous ces produits sont vendus &#224; prix d'usine, deux &#224; trois fois moins chers que dans le commerce.
Le prix du savon varie de 0,35 &#224; 1,90 euros. On peut commander des paniers personnalis&#233;s qui valent jusqu'&#224; 60 euros, ainsi que des lots fantaisies, des essences, des produits de beaut&#233; ou encore des peluches souvenirs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bureaux se trouvent derri&#232;re la boutique. A c&#244;t&#233;, il y a l'entrep&#244;t, o&#249; l'on peut voir des machines anciennes inutilis&#233;es : une presse et une filtreuse pour fabriquer de l'huile d'olive. La visite d&#233;bute dans la salle du fond, par l'atelier. Les ouvriers y travaillent sur quatre machines. Un premier broyeur travaille le savon &#224; froid. Le deuxi&#232;me permet d'obtenir un premier affinage en &#233;liminant les grumaux. Gr&#226;ce au melangeur, on ajoute les colorants et les parfums (miel, lavandes). La boudineuse donne au savon la forme voulue. On utilise la mouleuse et ses moules en bronze pour la finition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Laurence Brunat s'occupe des visiteurs. Il s'agit de la femme du g&#233;rant Serge Brunat. Ce couple a achet&#233; l'entreprise il y a cinq ans &#224; une personne de 80 ans qui ne trouvait pas de rel&#232;ve parmi ses quatre filles. Ils ont donn&#233; &#224; l'entreprise un nouveau nom. Le 6 janvier 1998, le Capricorne devient la Licorne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec le Serail et la Compagnie du savon de Marseille (qui a fusionn&#233; avec la Savonnerie du Midi), cette entreprise fait partie des trois derni&#232;res savonneries de Marseille. Elle est la plus petite. Son activit&#233; ne cesse n&#233;amoins d'augmenter. La Licorne r&#233;alise la plus grosse part de son chiffre d'affaire &#224; l'etranger. Elle exporte ses savons vers les Etats-unies, la Grande-Bretagne et le Japon. Ces pays lui commandent de plus en plus de produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Am&#233;ricains ont &#233;t&#233; s&#233;duits par les machines de plus de 100 ans et le savoir-faire artisanal de la Licorne. La Savonnerie fonde aussi beaucoup d'espoir sur le march&#233; japonais, qui est en pleine expansion.
Un savon de 5,40 Euros sortant de l'usine est revendu dans les boutiques japonaises environ...100 euros ! Sortie d'usine, la marchandise est prise totalement en charge par le client, qui en assure le cheminement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A noter que la Licorne ne fabrique pas enti&#232;rement le savon. Elle utilise les mati&#232;res premi&#232;res sous forme de granul&#233;s qui proviennent d'une autre savonnerie de Marseille, la Compagnie du Savon de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On dit : &#171; &#224; Micasar &#187;</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/on-dit-a-micasar</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Itin&#233;raires crois&#233;s d'un ouvrier et d'une ancienne entreprise marseillaise, qui a laiss&#233; son nom &#224; la datte Micasar.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/algerie" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1972, Sahnoune Ben A&#239;ssa, 54 ans, a rejoint la soci&#233;t&#233; de traitement et de conditionnement de fruits secs, alors sise boulevard Michelet : &#171; &lt;i&gt;D'abord Micasar, elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1957 : ils &#233;taient trois - c'est le patron qui m'avait expliqu&#233; ce que veut dire le mot &quot; Micasar &quot; - trois copains qui ont cr&#233;&#233; une entreprise de fruits secs. Un, il s'appelait Michel, l'autre Casanova, le troisi&#232;me Arbona : &quot;Mi&quot; c'est Michel, &quot;Cas&quot; c'est Casanova, &quot;Ar&quot; c'&#233;tait Arbona.&lt;/i&gt; &#187; Vie des dattes et fruits du labeur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un, je l'ai pas connu parce que j'&#233;tais jeune, il est d&#233;c&#233;d&#233;, l'autre il a voulu cr&#233;er une autre entreprise, donc il est rest&#233; que lui, Arbona. Et depuis il a cr&#233;&#233;, &#233;volu&#233;, progress&#233;. Il travaillait pour la France mais il faisait beaucoup d'export sur les pays scandinaves et il a achet&#233; des &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Datte' class='spip_out' rel='external'&gt;dattes&lt;/a&gt; d'Alg&#233;rie, des figues et des abricots de Turquie et il les conditionnait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment proc&#233;dait-on &#224; la &quot;transformation&quot; des dattes ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les dattes naturelles, on les touchait pas : on les d&#233;coupait, on faisait des bouquets de 250, de 500 grammes mais les dattes qu'on recevait en vrac, c'&#233;tait tout m&#233;lang&#233; : y'avait des dattes un peu grasses, c'est souples, apr&#232;s y'a les moins souples et les s&#232;ches. Lui, il les faisait trier sur des tapis, il &#233;cartait les s&#232;ches d'un c&#244;t&#233;, les demi-grasses, les grasses. Ensuite, nous, on les travaillait : y'avait des dattes tellement dures qu'on trempait dans l'eau, entre une heure et trois heures. Une fois tremp&#233;es, on les passait dans des fours &#224; vapeur et on les faisait cuire. &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait dans des paniers en osier. On les mettait sur des sortes d'&#233;tag&#232;res, on appelait &#231;a une &#233;tuve, et une fois qu'elle &#233;tait pleine, on fermait, on la mettait en marche et la cuisson variait entre quatorze et vingt heures parce que c'est des dattes vraiment s&#232;ches. On faisait des contr&#244;les, elles variaient entre 21 et 22% d'humidit&#233;, donc, une fois qu'elle l&#226;chait son jus naturel, elle &#233;tait arriv&#233;e &#224; terme. Ensuite, on les trempait pour leur donner un aspect naturel : on avait des bacs en inox et on mettait 50% d'eau, 10% de glyc&#233;rine et 40% de glucose, on le chauffait &#224; 60&#176; parce que c'est la temp&#233;rature id&#233;ale pour lutter contre les bact&#233;ries, et on les trempait dix-quinze minutes dans ce bain de glucose. Ensuite on les &#233;gouttait, on les mettait dans une chambre, pas climatis&#233;e &#224; l'&#233;poque, mais bien propre. Apr&#232;s, on a cr&#233;&#233; des salles climatis&#233;es, comme &#231;a le fruit ne perd pas son humidit&#233;. Une fois qu'elles &#233;taient froides, le lendemain, on les montait &#224; l'&#233;tage du conditionnement, on les mettait dans des barquettes de 250 grammes, 500 grammes, 1 kilo, c'&#233;tait le fameux coffret, l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; provenaient les dattes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles arrivaient d'Alg&#233;rie, de Tunisie. Les dattes en branches naturelles, on les touchait pas parce qu'elles sont d&#233;j&#224; arriv&#233;es &#224; maturit&#233;, elles sont grasses, c'est fragile, elles sont dans les branches. Celles qu'on conditionnait, c'est les retomb&#233;es, celles qui sont tomb&#233;es de l'arbre ou qui sont pas arriv&#233;es &#224; maturit&#233; parce que dans un fruit - avant, moi, je connaissais rien dans la datte - y'a le m&#226;le et la femelle. C'est bizarre, h&#232;, si y'a pas le m&#226;le et la femelle, on n'a pas de fruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;tiez-vous employ&#233; saisonnier ou permanent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La premi&#232;re ann&#233;e, j'ai &#233;t&#233; saisonnier pendant trois mois et demi, et comme &#231;a m'a plu&#8230; Quand j'ai fini mes &#233;tudes, j'avais un m&#233;tier en carrosserie peinture. Bon, en attendant, &#224; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s difficile de trouver du travail, aussi, et quand vous sortez de l'&#233;cole, on vous demande toujours de l'exp&#233;rience, et comme j'avais rien trouv&#233; dans ma branche, j'ai regard&#233; le journal et on demandait une annonce dans les fruits secs. Je ne savais m&#234;me pas ce que c'&#233;tait saisonnier, j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;C'est quoi, &#231;a ? Qu'est-ce qu'on fait ? - On travaille dans la datte, les pruneaux, les figues, on fait du triage, on calibre les fruits. - Bon, &#231;a va.&lt;/i&gt;&quot; Pour se d&#233;panner, c'est toujours &#231;a, quand on est jeune, h&#232;. Et apr&#232;s, j'avais trouv&#233; un travail et &#231;a m'a pas plu et il m'a rappel&#233;, monsieur Arbona, le fondateur, et l&#224; il m'a fait un CDI et depuis, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes marseillais de naissance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Adoptif, je suis venu &#224; l'&#226;ge de deux ans en France avec mes parents, ils sont originaires d'Alg&#233;rie et depuis je suis &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'expression : &quot;Si tu ne travailles pas bien &#224; l'&#233;cole, tu iras travailler aux dattes&quot;, vous l'avez entendue, &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, je pense que ce sont les gens qui se sont fait cette id&#233;e-l&#224;, h&#232;, parce que moi j'avais mes dipl&#244;mes, y'avait des gens qui &#233;taient encore plus dipl&#244;m&#233;s que moi et ils venaient travailler. Oh ! B&#232;, je me rappelle, quand je suis rentr&#233;, mon papa il me disait : &quot;&lt;i&gt;Mais c'est une usine pour les femmes, c'est pas bien pay&#233;, c'est une usine de fain&#233;ants !&lt;/i&gt;&quot; Il m'avait fait trop rire. Y'a eu ces termes-l&#224;, mais j'ai pas entendu : &quot;&lt;i&gt;Si tu travailles pas bien &#224; l'&#233;cole, tu iras travailler aux dattes.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La saison commen&#231;ait quand ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle commen&#231;ait toujours au mois de septembre, disons jusqu'&#224; fin d&#233;cembre, mais on &#233;tait beaucoup, &#224; l'&#233;poque. L'usine a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, ensuite il a achet&#233; une deuxi&#232;me usine vers le chemin du Rouet, on appelait &#231;a Marseille Dattes. C'&#233;tait un entrep&#244;t, il l'a agrandi, modernis&#233; et tout. Apr&#232;s il avait une troisi&#232;me usine, c'&#233;tait &#224; Roger Salingro, &#224; Arenc. Il faisait le pruneau, la cacahu&#232;te, des arachides sal&#233;es, grill&#233;es en coque. L'usine de Villecroze, elle a &#233;t&#233; achet&#233;e en 1975. Autrement, jusqu'&#224; 75, on &#233;tait au boulevard Michelet. Comme il s'est agrandi, il recevait des containers, y'avait des camions qui faisaient 30 m&#232;tres de long, ils arrivaient pas &#224; circuler et comme l&#224;, le parking &#233;tait immense, les camions ils rentraient et on les chargeait. Ils venaient de Su&#232;de, de Norv&#232;ge, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre, de partout. Monsieur Arbona a travaill&#233; jusqu'en 1989, apr&#232;s il a commenc&#233; &#224; vieillir, ses enfants n'arrivaient pas &#224; s'entendre et en fin de compte, il a vendu ses actions &#224; Monsieur Saman en 1990. Il est rest&#233; avec nous une dizaine d'ann&#233;es, ensuite on a &#233;t&#233; rachet&#233; par des Am&#233;ricains, le groupe Dole. C'est pareil, eux, ils &#233;taient pas en perte, mais ils voulaient gagner davantage : ils nous ont gard&#233; dix ans, apr&#232;s ils nous ont revendu &#224; France Prune et depuis 2005, on est &#224; Ma&#238;tre Prunille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;taient les gestes du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait beaucoup de manutention, c'&#233;tait physique. La premi&#232;re journ&#233;e, quand je suis arriv&#233;, on avait re&#231;u des dattes, elles arrivaient par bateau. Je suis parti avec un chauffeur au port autonome, nous on chargeait les camions, c'&#233;tait des caisses en bois, on mettait sur les palettes SNCF et on amenait &#224; l'usine. L&#224;, clac ! On d&#233;chargeait, on ouvrait les caisses et on vidait les dattes sur des tapis, y'avait des femmes qui triaient, on calibrait les fruits. Voil&#224;, c'&#233;tait ma premi&#232;re journ&#233;e, &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous aviez des outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, pour les gens qui vidaient les caisses, on avait peur qu'y se coupent, on avait des gants, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les trieuses de dattes portaient le tablier, le fameux &quot;cagoulo&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Maintenant, on est dans les normes europ&#233;ennes, avant c'&#233;tait comme des sauvages, quoi : les gens travaillaient avec les bagues, les boucles d'oreille. Oui, elles avaient quand m&#234;me une tenue de travail, chacun il achetait un tablier, des gants, y'en a qui mettaient des coiffes, y'en a qui mettaient pas, h&#232;, c'&#233;tait pas une obligation, avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles &#233;taient les conditions de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait physique, p&#233;nible : on chargeait les camions, on recevait des caisses qui faisaient 30 kilos, il fallait prendre un rythme, aller vite. Bon, quand on est jeune, on sent pas trop la fatigue mais quand on prend de l'&#226;ge, on la sent. On recevait des sacs de pruneaux qui faisaient 100 kilos, il arrivait le container, y'avait deux personnes en bas et deux en haut avec le diable et ils le mettaient sur la palette. Y'a des journ&#233;es o&#249; on &#233;tait &#233;puis&#233;s. B&#232; &#224; l'&#233;poque, on se faisait pas huit heures par jour, h&#232;, on travaillait le samedi matin. On faisait 47- 48 heures, et j'ai m&#234;me un record : c'est une fiche de paye - avant les fiches de paye, elles &#233;taient fines comme &#231;a, quand je suis rentr&#233;, j'&#233;tais pay&#233; 4,50 &#8355; de l'heure - j'ai fait 72 heures dans la semaine. On commen&#231;ait &#224; six heures du matin, on finissait &#224; sept, huit heures du soir. Le samedi, des fois on arrivait &#224; travailler toute la journ&#233;e. On n'&#233;tait pas oblig&#233;s, on faisait &#231;a pour gagner plus d'argent, h&#232;. Quand on est jeune, quand vous voulez avoir quelque chose, b&#232; : &quot;&lt;i&gt;Vite, je vais travailler plus pour en avoir sinon, j'y arriverai jamais.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous plaisait, dans cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, franchement, c'est la transformation du fruit. Au d&#233;but, on savait pas qu'on faisait &#231;a : les dattes s&#232;ches, on les trempait dans l'eau, on les mettait dans les fours &#224; &#233;tuve et apr&#232;s quand on les glucosait, on dirait qu'on vient de les ramasser du palmier, j'arrivais pas &#224; comprendre cette histoire. Parce qu'en r&#233;alit&#233; une datte s&#232;che, tout son sucre il est &#224; l'int&#233;rieur. Y'a des dattes meurtries, on appelle &#231;a des dattes mortes, elles sont pas arriv&#233;es &#224; maturation, celles-l&#224; on peut rien faire, on les jetait. Elles &#233;taient dures comme le mur, vous pouviez les mettre quarante heures, elles cuisaient pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations aviez-vous avec les autres travailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, tr&#232;s bonnes, y'avait une tr&#232;s bonne ambiance, quoi. Oui, on &#233;tait tr&#232;s tr&#232;s solidaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#233;tiez combien, &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En 72, on &#233;tait quand m&#234;me 1000 &#224; 1500 personnes. Il avait m&#234;me mis des bus &#224; disposition du personnel, gratuits : y'avait un bus qui partait du boulevard Michelet, il faisait les quartiers nord, il ramassait le personnel et il ramenait les travailleurs le soir en sortant &#224; 17 heures, y'avait des points d'arr&#234;t, et y'en avait qui partaient &#224; la Ciotat en bus, Cassis. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait important, h&#232; ! Ah oui, Micasar est devenue renomm&#233;e, renomm&#233;e mondiale. Apr&#232;s, Arbona a eu sa propre marque, J.A., dans les Carrefours elle y est toujours. Les coffrets, les Su&#233;dois, les Norv&#233;giens, Italiens, ils connaissaient que &#231;a. Pourtant y'avait des usines de fruits secs, de dattes, ils venaient chez nous, c'est vrai qu'ils achetaient de la bonne marchandise. Maintenant un peu moins, ils ach&#232;tent le premier prix et ils travaillent mal. On a fait une r&#233;union, avec des coll&#232;gues &#224; moi, on leur a dit : &quot;&lt;i&gt;Vous allez perdre des clients.&lt;/i&gt;&quot; Au fur et &#224; mesure, le groupe il va mal, h&#232;. D'abord France Prune, je sais pas comment ils travaillaient, je les connais pas mais c'est un groupe de paysans et ils sont financ&#233;s par le gouvernement, ils ont la subvention europ&#233;enne et dans deux ans, il para&#238;t qu'ils vont leur couper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui &#233;taient ces travailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'avait de tout, vous savez comment c'est, Marseille, &#231;'a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a : d'origine kabyle, Fran&#231;ais, Espagnols, Italiens&#8230; De toute fa&#231;on, ils regardaient pas, ils regardaient le travail et prenaient les gars s&#233;rieux. Ah ! oui, il fallait travailler s&#233;rieusement. D'abord il le voyait, le responsable, il me disait : &#171; &lt;i&gt;Lui, il fait pas l'affaire.&lt;/i&gt; &#187; Y'avait beaucoup plus de femmes que d'hommes, c'est-&#224;-dire, les hommes ils &#233;taient plus dans le chargement, la logistique. Les femmes, leur sp&#233;cialit&#233; c'&#233;tait le remplissage des coffrets, triage et calibrage du fruit, du plus petit au plus gros. &#192; l'&#233;poque, on fabriquait nos bo&#238;tes, maintenant c'est des bo&#238;tes en plastique, un peu ovales, de 227 grammes. C'est des distributeurs anglais qui les prennent, c'est marqu&#233; &quot;&lt;i&gt;Eat me&lt;/i&gt;&quot; dessus, Sainsbury's, Morrison. Jusqu'&#224; pr&#233;sent ils continuent, parce que maintenant ils ont ferm&#233;, l&#224; ils ont mont&#233; une usine dans le Lot-et-Garonne. Ils m'ont propos&#233; de monter, je peux pas : toute ma famille est l&#224;, j'ai pass&#233; ma vie ici. Moi, dans trois ans j'aurai mes points de retraite, je vois pas pourquoi je vais m'emb&#234;ter pour trois ans. Je leur ai dit : &quot;&lt;i&gt;Je veux bien monter, vous donner mon exp&#233;rience, mais une fois par semaine je descends voir mes enfants. - Oh non ! Ca revient cher et tout.&lt;/i&gt;&quot; Alors, j'ai chang&#233; de fonction, m&#234;me je sais pas si ils ont droit de le faire, d'abord je vais me renseigner, ils m'ont diminu&#233; le salaire de 350 euros. Depuis le 1er juin je suis sur Vitrolles, ils m'ont donn&#233; un poste du laboratoire de contr&#244;le qualit&#233; et j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de me sacrifier, h&#232;, pour trois ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce poste au laboratoire de contr&#244;le qualit&#233; vous pla&#238;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il me pla&#238;t tr&#232;s bien mais c'est beaucoup de choses aussi que je savais. J'ai pas fait des &#233;tudes pour le labo mais c'est pas si dur que &#231;a, h&#232;. Ils ont vu, alors il est arriv&#233; le directeur : &quot;&lt;i&gt;Eh ! Monsieur Sahnoune, je vois que vous avez vite appris !&lt;/i&gt;&quot; Bon, quand on fait de la microbio, on fait des analyses de so2, le taux de souffre, par exemple l'abricot sec, en r&#233;alit&#233; il est pas orange, il est fonc&#233;, le souffre, il le garde orange mais si y'a trop de souffre, c'est pas bon pour la sant&#233;. Nous on calcule, y'a une norme, une tol&#233;rance de souffre de 2000 ppm.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que faites-vous si le taux de souffre d&#233;passe la norme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232; c'est la direction qui va voir le fournisseur : &quot;&lt;i&gt; Attention, y'a un risque pour la sant&#233;&lt;/i&gt;&quot;, ils renvoient la marchandise ou ils s'arrangent entre eux. Parce que quand je fais des contr&#244;les, je le vois quand y'a trop de souffre, &#231;a vient de Turquie, qu'est-ce qu'y font, ils les lavent et ils font s&#233;cher et nous apr&#232;s on recontr&#244;le mais des fois &#231;a d&#233;passe. La derni&#232;re fois, ils ont eu une r&#233;clamation, une cliente a eu des probl&#232;mes, elle avait mang&#233; une figue, y'avait trop de produit. Il faut faire attention, vous empoisonnez les clientes, l&#224;. Si vous voyez un paquet de figues transparent, elle est claire la figue, elle a un bel aspect, le client est attir&#233; par l'aspect mais en r&#233;alit&#233; elle est pas bonne, elle est lav&#233;e, elle est travaill&#233;e mais quand vous la voyez un peu plus fonc&#233;e, l&#224; elle est bonne. Quand on les lave et tout elles fermentent vite, les figues c'est encore plus fragile que les dattes. Une branche de dattes, pendant six-sept mois, elle bouge pas, h&#232;. Ah oui ! C'est incroyable, moi j'ai fait l'exp&#233;rience &#224; la maison, une fois, b&#232; elle a pas boug&#233;. Elle a pas besoin d'&#234;tre en frigo, un endroit quand m&#234;me ni trop chaud parce que la datte craint l'humidit&#233; et la chaleur : une temp&#233;rature &#224; 20&#176; &#231;a suffit, elle bouge pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que reste-t-il de Micasar ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D'abord, m&#234;me quand il nous a repris, Mr Saman, les gens ils disaient toujours Micasar, pas Saman. M&#234;me les derniers temps, la standardiste, des fois quand elle recevait des appels, elle disait : &quot;&lt;i&gt;Micasar, bonjour&lt;/i&gt;&quot; ! Apr&#232;s elle se rattrapait mais, &#231;a reste, h&#232;. Les gens y disent : &quot;&lt;i&gt;Oh ! Tu travailles o&#249; ? - Je travaille aux dattes, &#224; Micasar, dans les fruits secs.&lt;/i&gt;&quot; On dit m&#234;me pas les fruits secs, on dit : &quot;&lt;i&gt;&#192; Micasar.&lt;/i&gt;&quot; Ah ! C'&#233;tait connu dans tout Marseille, h&#232;, les Bouches-du-Rh&#244;ne, de partout, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez gard&#233; des amis de l&#224;-bas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, j'ai gard&#233; beaucoup d'amis, de temps en temps je les vois ; malheureusement, y'en a qui sont d&#233;c&#233;d&#233;s, c'est la vie. On avait de tr&#232;s bonnes relations, y'avait une tr&#232;s bonne ambiance. Tellement que la fatigue, on la sentait m&#234;me pas. Moi, franchement, &#231;a me manque, maintenant que j'ai chang&#233; de fonction. C'&#233;tait une belle histoire, y'avait un bon groupe, c'&#233;tait bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Regrettez-vous ce temps-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui ! C'est dommage, h&#232;, parce que l&#224; ils ont ferm&#233; &#224; cause de probl&#232;mes financiers. Ils ont voulu vendre, les derniers temps. L'adjoint au directeur, il habite encore sur les lieux, dans des appartements de fonction. Moi j'ai pos&#233; la question : &quot;&lt;i&gt;Alors, vous &#234;tes arriv&#233;s &#224; vendre ? - Non, la Mairie&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Parce que eux, ils croyaient le vendre pour l'immobilier, ils prennent de l'argent, c'est immense, plus de 3 millions d'euros, facile, alors la Mairie leur a dit : &quot;&lt;i&gt;C'est un patrimoine marseillais et &#231;a restera une usine ou un d&#233;p&#244;t, mais &#231;a se vendra jamais pour l'immobilier.&lt;/i&gt;&quot; Et l&#224;, ils ont les boules parce qu'on travaillait de plus en plus : le travail, il a &#233;volu&#233; parce qu'avant les saisonniers travaillaient de septembre &#224; d&#233;cembre, maintenant on produit toute l'ann&#233;e. Ils gagnaient beaucoup d'argent alors qu'&#224; Vitrolles, ils font des fruits secs mais ils travaillent pas beaucoup et ils avaient beaucoup de pertes, plus de 50%. Nous, avec les dattes, on couvrait leurs frais, de 600 millions d'euros dans l'ann&#233;e. Et l&#224;, &#224; chaque fois, ils venaient me voir du Lot-et-Garonne ; il m'appelle &#171; le sorcier de la datte &#187;, le nouveau directeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ce surnom ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que des fois je lui dis : &#171; &lt;i&gt;&#199;a, comme &#231;a&lt;/i&gt; &#187; et il me fait : &#171; &lt;i&gt;Comment vous savez que la datte est cuite ?&lt;/i&gt; &#187; C'est l'exp&#233;rience qui joue : &quot;&lt;i&gt;Elle est cuite, elle a son jus, elle varie entre 22-23%. - Vous pouvez la contr&#244;ler devant moi ?&lt;/i&gt;&quot; Alors j'enl&#232;ve les noyaux, je prends un demi-kilo, je les hache et je contr&#244;le l'humidit&#233; : &quot;&lt;i&gt;B&#232;, regardez !&lt;/i&gt;&quot; Alors il me dit : &quot;&lt;i&gt;Vraiment, vous &#234;tes un sorcier, tout ce que vous m'avez dit, c'est marqu&#233; !&lt;/i&gt;&quot; - parce qu'on a un tableau, on se base par rapport au tableau. Tout le monde croyait que c'&#233;tait pas un m&#233;tier mais c'est un m&#233;tier, h&#232;, parce que moi, avant d'apprendre parfaitement ce m&#233;tier, j'ai mis dix ans. Mais ils y arrivent pas, dans le Lot et Garonne. Les femmes qui conditionnent, nous on leur donnait un quota, 120 bo&#238;tes &#224; l'heure. Dans les bo&#238;tes marseillaises de 127 grammes, on mettait une quinzaine de dattes en bas, et en haut ils les coiffaient toujours en &#233;pi, ils mettaient treize, quatorze dattes avec une tige en plastique, &#231;a fait naturel, quoi. Et au lieu de faire 120, ils tournent entre 60, 70 bo&#238;tes, &#224; l'heure actuelle. Ils m'avaient demand&#233; comment on faisait - &#224; chaque fois, on m'appelle de Casseneuil, &#224; c&#244;t&#233; d'Agen - j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;Comment ! Vous m'avez diminu&#233; le salaire et soi-disant vous saviez tout faire, eh b&#232; maintenant vous vous d&#233;brouillez. - Ouais, mais y'a des trucs qu'on se rappelle pas.&lt;/i&gt;&quot; Oh ! Moi, je suis pas m&#233;chant, j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;Vous faites comme &#231;a et comme &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, alors il me fait : &quot;&lt;i&gt;Merci.&lt;/i&gt;&quot; Mais ils y arriveront pas, h&#232;, ils ont du mal. C'est dommage qu'ils ont ferm&#233;, l&#224;, pourtant on avait fait gr&#232;ve pendant un mois, h&#232; : il est venu le s&#233;nateur maire, les d&#233;put&#233;s du 15&#232;me, 14&#232;me, 16&#232;me. Apr&#232;s, quand ils veulent vendre, un patron, il veut vendre, h&#232;. On n'a pas pu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 10/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#212; flots abracadabrant'Esques...</title>
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		<dc:date>2010-06-07T14:59:34Z</dc:date>
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		<description>&quot;Esche, ann&#233;lid&#233;, ver de vase (genre Hesione ) utilis&#233; comme app&#226;t par les p&#234;cheurs proven&#231;aux (prov. esco).&quot; Nous voici enqu&#234;teurs : quelles sont les particularit&#233;s de ces &quot;esques&quot; dont on nous parle, qui charment et pi&#232;gent les poissons d'ici ? Cynthia Lopuszanski, propri&#233;taire du magasin App&#226;ts Express, nous dit tout de ces petites b&#234;tes... K : Est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter ? Moi, je m'appelle Cynthia Lopuszanski, je suis g&#233;rante de cette boutique depuis un peu plus de cinq ans maintenant. (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Esche, ann&#233;lid&#233;, ver de vase (genre Hesione [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?f...' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]) utilis&#233; comme app&#226;t par les p&#234;cheurs proven&#231;aux (prov. esco).&quot;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nous voici enqu&#234;teurs : quelles sont les particularit&#233;s de ces &quot;esques&quot; dont on nous parle, qui charment et pi&#232;gent les poissons d'ici ? Cynthia Lopuszanski, propri&#233;taire du magasin App&#226;ts Express, nous dit tout de ces petites b&#234;tes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je m'appelle Cynthia Lopuszanski, je suis g&#233;rante de cette boutique depuis un peu plus de cinq ans maintenant. Voil&#224;... je suis d'une famille de p&#234;cheurs et de commer&#231;ants de p&#234;che donc je prends la rel&#232;ve, on va dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez toujours v&#233;cu &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La p&#234;che, c'est une passion pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Depuis que je suis petite. Mes parents m'emmenaient &#224; la p&#234;che, on fait des voyages p&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut avoir un dipl&#244;me sp&#233;cial pour tenir ce genre de magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, absolument pas. Il faut avoir un peu des notions de gestion et de commerce. Mais pas du tout de dipl&#244;me sp&#233;cial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez repris le magasin, vous connaissiez les anciens propri&#233;taires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne connaissais pas vraiment les anciens propri&#233;taires. Mais je le leur ai repris. En fait ici c'est le plus vieux magasin de p&#234;che de Marseille, il a plus de 70 ans. Il y a eu plusieurs propri&#233;taires successifs, on va dire. Je suis la derni&#232;re. Moi, je connais ce milieu depuis longtemps parce que ma m&#232;re a eu pendant plus de trente ans un magasin de p&#234;che &#224; la Pointe Rouge, donc quand j'&#233;tais petite je filais souvent un coup de main &#224; la boutique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous pouvez vous &#233;tendre un peu plus sur l'histoire de ce magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A ce qu'on m'a dit - maintenant il faut voir - c'est le plus vieux magasin de p&#234;che de Marseille. La particularit&#233;, c'est qu'il a &#233;t&#233; souvent tenu par des femmes. Et les femmes, dans ce milieu, y en a pas &#233;norm&#233;ment !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous constatez une &#233;volution de Marseille, un changement de la ville, de la population, des habitudes de vie... ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3406 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_1837-1f346.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Par rapport au magasin ? De plus en plus de jeunes se mettent &#224; la p&#234;che, ce qui fait plaisir parce que c'est quand m&#234;me une activit&#233; saine : on est au bord de l'eau, on est proches de la nature, c'est agr&#233;able. Maintenant, une &#233;volution... peut-&#234;tre on a perdu pas mal de p&#234;cheurs parce qu'y a la grande digue du Large, qui est entre le Vieux-Port et l'Estaque, qui a &#233;t&#233; ferm&#233;e pendant longtemps, donc y a eu une grosse perte de p&#234;cheurs... L&#224; c'est r&#233;-autoris&#233; depuis deux ans, donc &#231;a recommence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a va pas changer, avec Eurom&#233;diterran&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va voir. Ce qui nous fait tr&#232;s peur, c'est le projet du parc national des Calanques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il ne sera plus accessible aux p&#234;cheurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est probable. Pour ce qui est des p&#234;cheurs du bord, on ne sait pas mais pour ce qui est des p&#234;cheurs en bateau, on parle du bord de mer jusqu'&#224; 8000 miles nautiques : interdiction de p&#234;che, ce qui fait que tous ceux qui ont des barques, des petits bateaux, ne pourront plus p&#234;cher, parce qu'ils sont autoris&#233;s &#224; aller que jusqu'&#224; 5000 miles nautiques. Donc &#231;a risque de poser un tr&#232;s gros probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous avez une client&#232;le typique ? Ce sont plut&#244;t des p&#234;cheurs qui font de la p&#234;che en amateur ou en professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En amateur. Apr&#232;s il y a un petit peu de tout. Des jeunes, des moins jeunes, des personnes &#226;g&#233;es, beaucoup de retrait&#233;s aussi p&#234;chent. De tous les milieux sociaux. Ce n'est pas une activit&#233; qui co&#251;te cher... Tout le monde peut aller &#224; la p&#234;che, qu'on soit ais&#233; ou moins ais&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent &#224; Marseille, ou un peu aux alentours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La majorit&#233; p&#234;che sur Marseille. Ensuite, il y a des p&#234;cheurs qui vont p&#234;cher &#224; La Ciotat, aux Lecques, du c&#244;t&#233; de Fos, de Martigues, Carry, la C&#244;te Bleue... Mais la grande majorit&#233; de ma client&#232;le &#224; moi, c'est Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent sur le bord de mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai les deux, une client&#232;le bateau et une client&#232;le bord de mer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent &#224; la canne &#224; p&#234;che ou &#224; la palangrote ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils p&#234;chent &#224; la canne &#224; p&#234;che. La palangrote, c'est de moins en moins utilis&#233; je pense. De toute fa&#231;on on ne p&#234;che &#224; la palangrote que du bateau, pas en bord de mer. Donc dans le bateau on a toujours quelques palangrotes qui tra&#238;nent, au cas o&#249; les copains viennent p&#234;cher. La palangrote c'est surtout pour p&#234;cher les petits poissons de roche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rences et les sp&#233;cificit&#233;s de chaque esque ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3402 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH172/IMG_1853-de4c3.jpg' width='250' height='172' alt=&quot;&quot; style='height:172px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Alors, pas de chaque esque, de chaque ver de mer. Je ne vais pas vous faire toute la liste, parce qu'il y a plus de 20 sortes d'app&#226;ts, qui ne sont pas faits pour la m&#234;me chose... Grosso modo, il y a les app&#226;ts &#8220;nobles&#8221;, entre guillemets, avec les bibis, les mourons, les vers am&#233;ricains pour p&#234;cher les gros poissons, les daurades, les sars, les loups. Le ver am&#233;ricain c'est bon pour le pageot aussi.
&lt;br /&gt;Ensuite, il y a ce qu'on appelle les esques, qui sont plus pour p&#234;cher le tout-venant, les poissons de roche, la soupe, les dures, les demi-dures, le jumbo, les saltarelles.
&lt;br /&gt;Et &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a on va avoir des vers saisonniers comme les vers noirs, les cordelles, qui sont &#224; chaque fois pour des types de p&#234;che tr&#232;s sp&#233;cifiques et surtout tr&#232;s saisonniers. Apr&#232;s, il y a d'autres app&#226;ts comme les favouilles, les petits crabes, les piales, les choses comme &#231;a. Mais nous on est vraiment sp&#233;cialis&#233;s dans le ver marin. Sur le site de &lt;i&gt;Normandie App&#226;ts&lt;/i&gt;, qui est notre fournisseur, il y a tous les types d'app&#226;t avec les saisons, les types de poissons. Leur site est pas mal fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes importatrice ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout. Mon p&#232;re est importateur-exportateur de vers de mer du Nord, c'est &lt;i&gt;Normandie App&#226;ts&lt;/i&gt;, qui est le plus gros distributeur europ&#233;en. Donc ils ont la quasi-totalit&#233; du march&#233;, surtout en France. Il conna&#238;t les vers depuis 40 ans, les &#233;tudie, d&#233;veloppe avec mon oncle tout ce qui est conditionnement des vers, recherche de nouvelles esp&#232;ces... pas de nouvelles esp&#232;ces car elles existent, mais pouvoir importer des esp&#232;ces, c'est pas &#233;vident. Quand on les prend dans les pays chauds, il y a tout un syst&#232;me de conservation/r&#233;frig&#233;ration qui est tr&#232;s compliqu&#233;, du moment o&#249; elles sont ramass&#233;es jusqu'&#224; ce qu'elles arrivent dans le magasin de p&#234;che. Ils ont une grande exp&#233;rience du terrain, savoir si &#231;a marche ou &#231;a ne marche pas... Parce qu'une fois qu'on a trouv&#233; un ver, qu'on arrive &#224; le conditionner, encore faut-il qu'il convienne pour la p&#234;che sur certaines zones ; ou bien on trouve des vers qui conviennent mais qui sont tr&#232;s d&#233;licats &#224; importer. Il y a un tr&#232;s gros travail en amont avant de commercialiser un simple ver.
&lt;br /&gt;Donc moi aussi depuis que je suis petite, je voyage pour aller voir les vers, les zones de ramassage, pour essayer de trouver les meilleurs syst&#232;mes de bo&#238;tes et de liti&#232;res pour que le ver dure le plus longtemps possible. Il y a eu une tr&#232;s grosse &#233;volution depuis plus de 30 ans l&#224;-dessus : avant les vers on les gardait 2-3 jours, maintenant on peut les garder 15- 20 jours sans probl&#232;me et encore &#231;a d&#233;pend des esp&#232;ces, des saisons. Mais, moi je ne travaille pas pour Normandie App&#226;ts, je suis g&#233;rante de magasin et je suis leur cliente. Je m'y connais bien parce que j'ai fait beaucoup de voyages, je suis dans leurs labos, entre guillemets pour &#233;laborer ce qui va faire en sorte que le ver reste le plus attractif possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous voyagez o&#249; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va dire Asie et Europe, aux &#201;tats-Unis aussi surtout pour les vers am&#233;ricains ; je ne peux pas vous en dire plus. &#199;a fait partie du secret professionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que les p&#234;cheurs utilisent des bo&#238;tes pour transporter leurs app&#226;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r. Tous les app&#226;ts se vendent en bo&#238;tes, except&#233;s ceux qui se conservent mieux dans l'eau de mer. Je vais vous montrer.
&lt;br /&gt;On vend les app&#226;ts conditionn&#233;s dans des bo&#238;tes ou des cartons. Il y a des &lt;span class='spip_document_3401 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1857-c3cbb.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; vers comme les vers am&#233;ricains : on les re&#231;oit par cartons et ensuite on fait des paquets dans lequel on met du papier journal et des algues. Ensuite chaque app&#226;t a une liti&#232;re diff&#233;rente, souvent c'est des m&#233;langes d'algues, de papier m&#226;ch&#233;, des choses qui sont compl&#232;tement biod&#233;gradables. Ce n'est pas la m&#234;me liti&#232;re &#224; chaque fois. Chaque liti&#232;re doit &#234;tre adapt&#233;e en termes de salinit&#233; et d'humidit&#233; &#224; chaque ver, pour ne pas les ab&#238;mer. &#199;a c'est le genre de bo&#238;tes qu'on re&#231;oit. Tous les matins, les app&#226;ts sont contr&#244;l&#233;s. D&#232;s qu'il y a un bout de ver qui est cass&#233;, on le jette parce que sinon &#231;a va moisir et ab&#238;mer tout le reste de la bo&#238;te. S'il y a un ver qui est cass&#233; on le jette, s'il y a un ver mort on le remplace par un autre ver vivant pour que la bo&#238;te ne se d&#233;t&#233;riore pas trop rapidement.
&lt;br /&gt;On a ces bo&#238;tes, puis on en a d'autres pour les bibis par exemple, ce sont les vers roses que vous voyez aussi dans l'eau, on les conserve dans dans un genre mousse dans laquelle on a mis du produit pour les garder vivants longtemps. L&#224;, fin mars on n'a pas encore toutes les esp&#232;ces de vers, mais d&#232;s le mois d'avril/mai, l'&#233;t&#233; et septembre/octobre, on a une plus grande vari&#233;t&#233;. On a 20 vari&#233;t&#233;s diff&#233;rentes en fonction des saisons. Il faut prendre en compte que les vers se conservent au frais. Donc on conseille &#224; nos p&#234;cheurs d'aller vite p&#234;cher ou d'avoir une petite glaci&#232;re avec eux. Car les vers craignent le chaud mais aussi le trop froid, tous except&#233; un ver que nous n'avons pas encore, que nous faisons que l'&#233;t&#233; : la super cordelle, qui elle, peut se conserver tant qu'on veut &#224; 30-35&#176; sans probl&#232;me.
&lt;br /&gt;Tous les vers aussi ne se conservent pas &#224; la m&#234;me temp&#233;rature. On a des frigos &#224; 10&#176;, des frigos &#224; 8&#176; et ceux qui sont dans l'eau sont conserv&#233;s &#224; 15&#176;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettre les vers dans du papier journal, &#231;a ne se fait plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis tr&#232;s longtemps, c'est les bo&#238;tes. Je ne peux pas vous dire en quelle ann&#233;e les bo&#238;tes ont commenc&#233;, mais c'est depuis belle lurette ! Au tout d&#233;but, c'&#233;tait vendu en vrac, donc dans du journal. Mais &#231;a fait au moins 20 ans qu'il y a des bo&#238;tes.
&lt;br /&gt;Elles se perfectionnent au fil du temps. L&#224; c'est du carton biod&#233;gradable. Quand il y en a qui ont des dessous en plastique, c'est des plastiques insubmersibles, pour pas que &#231;a se retrouve au fond de l'eau et que &#231;a abime les fonds marins. On essaye aussi de sensibiliser les gens &#224; ramasser les poubelles, ramasser leurs d&#233;chets et une fois qu'ils ont fini la partie de p&#234;che, aller les jeter &#224; la poubelle. Malheureusement quand on fait le tour des endroits de p&#234;che, on retrouve beaucoup de bo&#238;tes qui tra&#238;nent par terre ou qui flottent sur l'eau. &#199;a malheureusement, on n'y peut rien, c'est une question d'&#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le ver s'utilise en entier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, &#231;a d&#233;pend des vers. Il y a des vers qui s'utilisent uniquement en entier, comme par exemple le bibi ou le ver noir. Si vous les coupez ils vont se vider, vous n'allez plus avoir que la peau. C'est pas bon. Mais il est toujours bon d'utiliser le ver en entier, comme &#231;a on ne l'ab&#238;me pas.
&lt;br /&gt;Parfois il y a des vers tr&#232;s tr&#232;s longs que l'on peut couper ou quand on va p&#234;cher les girelles, les petits poissons de roche, on peut les couper. En sachant qu'il faut toujours commencer par utiliser la queue, et on coupe en remontant doucement jusqu'&#224; la t&#234;te, pour que le ver ne meure pas trop rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des techniques particuli&#232;res pour accrocher les vers ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3404 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:169px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L169xH250/IMG_1835-5d503.jpg' width='169' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:169px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Oui et non ! Il faut que le ver soit le moins abim&#233; possible, pour qu'il reste le plus longtemps possible vivant. Donc il est bon d'avoir un montage &#224; l'hame&#231;on de type pyr&#233;n&#233;en, c'est-&#224;-dire que le petit bout de fil qui d&#233;passe de l'hame&#231;on sur lequel on va accrocher le ver doit &#234;tre dirig&#233; vers le haut, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne vienne pas heurter le ver. C'est le montage le plus appropri&#233;. Apr&#232;s il y a d'autres montages... Mais c'est mieux d'enfiler le ver avec une aiguille, c'est un petit tube m&#233;tallique avec lequel on va enfiler le ver, ensuite on va le faire passer avec &#231;a sur l'hame&#231;on ; &#231;a permet de ne pas trop toucher le ver, de ne pas l'ab&#238;mer, de ne pas l'exploser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la constitution des vers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Michel Lopuszanski, son oncle, par t&#233;l&#233;phone, directeur de Normandie App&#226;ts :&lt;/i&gt; Le ver est un animal, un invert&#233;br&#233; marin, qui vit dans le substrat du fond de la mer, principalement dans de la vase ou dans du sable, mais aussi dans le gravier. Cela d&#233;pend des zones g&#233;ographiques. &lt;br /&gt;On les trouve soit dans les zones de balancement des marais (&#224; mar&#233;e basse), soit en mer. Ils ont une dur&#233;e de vie tr&#232;s limit&#233;e, de quelques jours, 2 &#224; 3 jours, une semaine au plus. C'est une esp&#232;ce animale qui ne peut pas vivre en dehors de son milieu naturel. C'est pour &#231;a que cela engendre une gestion dangereuse. Il ne faut pas en commander de trop. &lt;br /&gt;Sur les c&#244;tes de la Manche, de l'Atlantique, les p&#234;cheurs vont les &lt;span class='spip_document_3403 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1829-6c66b.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; ramasser eux-m&#234;mes, sur le sable des plages. Mais &#224; Marseille, y a pas de mar&#233;e. Donc c'est tr&#232;s difficile de les collecter. Il faut y aller en plong&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;C.L. :&lt;/i&gt; Le ramassage, il a du vous dire que c'est quand la mer se retire, &#224; mar&#233;e basse ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, sinon il faudrait y aller en plong&#233;e.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, et on n'y arriverait pas forc&#233;ment. Car &#224; mar&#233;e basse, les vers font des petits trous dans le sable qui permettent de les rep&#233;rer et d'envoyer la pioche, diff&#233;rents accessoires ou les mains, pour les retirer sans les ab&#238;mer. En mer souvent c'est dans des milieux vaseux o&#249; il n'y a pas de visibilit&#233;. C'est pour cela qu'on ne peut pas avoir n'importe quelle quantit&#233; &#224; n'importe quel moment, &#231;a d&#233;pend de la lune et de la mar&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est leur prix et son &#233;volution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, les prix des vers... La bo&#238;te va de 3 euros &#224; 8 euros 50. En moyenne.
&lt;br /&gt;Il y a des vers qu'on vend &#224; la pi&#232;ce, donc qui sont moins chers. Et il y a les vers comme les chaluts, qui sont vendus beaucoup plus chers.
&lt;br /&gt;L'&#233;volution, je crois que c'est le seul produit au monde que je connaisse qui n'ait pas subi d'&#233;volution, d'augmentation depuis des ann&#233;es ! Except&#233;es deux sortes d'app&#226;ts : un qui a pris 30 centimes, et l'autre 50 centimes. Donc, nous les commer&#231;ants de p&#234;che, nous ne gagnons pas beaucoup d'argent avec les vers de mer. Parce que tout ce qu'on jette, c'est de la perte. Et c'est un produit qui est extr&#234;mement p&#233;rissable... D&#232;s qu'il y a un coup de mistral, il n'y a plus de p&#234;cheur et la marchandise, bien souvent, part &#224; la poubelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a se conserve combien de temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des app&#226;ts. Au minimum, 3-4 jours. Apr&#232;s, les super cordelles, je crois que &#231;a va jusqu'&#224; 2-3 mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous les gardez combien de temps dans votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;t&#233;, un ou deux jours, parce qu'il y a beaucoup de monde. On re&#231;oit de la marchandise tous les jours ou tous les deux jours. L'hiver, il n'y a qu'une ou deux livraisons par semaine, donc on les garde maximum une semaine. &#199;a d&#233;pend, d&#232;s que les app&#226;ts sont ab&#238;m&#233;s, on est oblig&#233;s de les jeter. Le ver doit &#234;tre beau et en pleine forme pour la p&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous v&#233;rifiez tous les matins les app&#226;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tous les matins. On a aussi un distributeur automatique dehors, l&#224; on v&#233;rifie les bo&#238;tes deux fois par jour, pour que les clients n'aient pas de mauvaise surprise en prenant une bo&#238;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les professionnels, ils vont s'approvisionner dans d'autres magasins ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3405 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1867-68e10.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Les professionnels, ils ne p&#234;chent pas beaucoup &#224; l'app&#226;t, sauf pour les palangres : dans ce cas ils utilisent des bibis. Ils peuvent aller soit chez moi, soit chez des confr&#232;res. Mais les professionnels p&#234;chent surtout au filet, et au filet on n'a pas besoin d'app&#226;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a beaucoup de professionnels dans la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y en a de moins en moins. Les temps sont de plus en plus durs pour tout le monde, et les poissons malheureusement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des disparitions d'esp&#232;ces ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D'esp&#232;ces peut-&#234;tre pas, mais &#231;a s'est amoindri. Mais il est certain que ce n'est pas le petit p&#234;cheur plaisancier qui fait du mal &#224; la population des poissons, car on ne retire que du poisson de la mer.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Natacha Boutry&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1329' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?f...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moulins &#224; vent</title>
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		<dc:creator>C&#233;lestin Karera</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Une id&#233;e se transforme, une &#233;nergie se renouvelle : entreprise dans le vent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Je r&#234;vais de fabriquer une &#233;olienne, quand j'&#233;tais petit, c'est vrai ! Mon p&#232;re m'avait achet&#233; un petit bouquin sur des &#233;oliennes de pompage et j'avais commenc&#233; &#224; d&#233;monter des alternateurs de voiture, &#224; bricoler quelque chose, mais je n'avais jamais fini. &#187; Saadi Brahmi, 25 ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : D'o&#249; vient le choix de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Projet depuis l'&#233;cole, passionn&#233; par l'&#233;olienne, et envie personnelle de travailler dans ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;t&#233; conseill&#233;, guid&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Par moi-m&#234;me. J'avais envie de cr&#233;er vraiment une bo&#238;te dans ce type de profil, et je voulais toujours &#234;tre mon propre chef d'entreprise, en tout cas. C'est peut-&#234;tre &#231;a qui m'a guid&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sacrifices vous a demand&#233; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Beaucoup de temps ! On travaille, on ne compte pas ses heures ! Oui, si on n'est pas passionn&#233;, si on veut faire juste du chiffre d'affaires, il faut encore attendre un peu. Aujourd'hui, c'est plus les clients curieux que vous allez rencontrer, il va falloir former, et beaucoup de gens n'ont pas beaucoup de patience pour leur expliquer. Et m&#234;me si finalement, ils ne vont pas me rapporter d'affaire, ce sera un client qui se souviendra de moi et qui aura une bonne image de l'entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse &#224; inventer ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Heu... je sais pas, un esprit un peu tordu, des fois, c'est surtout &#231;a qui vous fait r&#233;fl&#233;chir sur quelque chose, faire toujours des analyses, quoi que vous voyez, quoi ! Pour inventer, il faut avoir un esprit tordu pour arriver &#224; une finalit&#233;. En prenant le contraire de ce qui devrait marcher, vous vous dites : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi pas essayer ?&lt;/i&gt; &#187; Et apr&#232;s, physiquement, en posant des &#233;quations, vous regardez d&#233;j&#224; si vous tenez bien la route et il faut beaucoup essayer, il ne faut pas avoir peur d'essayer des choses m&#234;me s'il y a... voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous souvenez-vous vos premiers pas professionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! J'&#233;tais jeune, &#224; quatorze ans, dans la bo&#238;te familiale qui n'est pas dans l'&#233;nergie renouvelable mais c'&#233;tait les premier pas... industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un mentor ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pas forc&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que cherchez-vous en concevant ces &#233;oliennes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, de cr&#233;er des produits qui fonctionnent, c'est une satisfaction humaine &#233;norme, parce que c'est une id&#233;e qui se transforme en produit avec toutes les phases que &#231;a comporte, donc humainement c'est positif, mon travail aura servi &#224; quelque chose. Ensuite, une fois qu'il sera industrialis&#233;, c'est &#233;conomiquement, on aura un r&#233;sultat vraiment positif, l&#224; ce sera le but d'un chef d'entreprise d'avoir une activit&#233; qui fonctionne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai beaucoup d'outils, hein ! Non, je travaille beaucoup sur un ordinateur, faire la conception 3D, Internet, j'ai un atelier pour fabriquer tous mes protos, apr&#232;s ce serait infini de vous d&#233;crire tous tous mes outils, il en faut &#233;norm&#233;ment, pour faire ce type de d&#233;veloppement. Mais je me limite pas, s'il me faut un outil, je m'&#233;quiperai !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;l&#233;ments concevez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quels types d'&#233;oliennes ? Cet axe vertical, le type &#231;a s'appelle du Darien, c'est Georges Darien, un ing&#233;nieur fran&#231;ais, qui a invent&#233; &#231;a en 1914. Nous on l'a repris, on a reboost&#233; quelque chose dessus qui a optimis&#233; le d&#233;marrage. La fondation, c'est un m&#226;t, apr&#232;s vous avez deux choix : un m&#226;t auto-porteur sans haubans, soit un m&#226;t avec des c&#226;bles. Une fois que le g&#233;nie civil est fait, on installe le m&#226;t, on installe la t&#234;te de l'&#233;olienne en haut du m&#226;t, et on vient dresser le m&#226;t. Ensuite il y a la connexion &#233;lectrique, soit sur les batteries, soit sur le r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles contraintes sont li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Aucune, je suis heureux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, mais c'est une petite structure. J'envisage d'embaucher du monde mais aujourd'hui je recherche des gens dans la couverture, par exemple ; j'ai des grosses surfaces &#224; poser dans le solaire, il me faut des gens bien bien qualifi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation initiale ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bac scientifique, DUT G&#233;nie M&#233;ca, licence en management des projets, parce qu'&#224; l'&#233;poque il n'y avait pas de formation dans l'&#233;nergie renouvelable. Ensuite j'ai fait un an en collaboration avec l'universit&#233; de Saint-J&#233;r&#244;me dans des essais en siffleries sur des &#233;oliennes sur les axes verticaux, et j'ai cr&#233;&#233; ma bo&#238;te un an plus tard. J'ai &#233;t&#233; form&#233; sur le tas, et j'ai fait &#233;norm&#233;ment de formations de moi-m&#234;me pour apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelles difficult&#233;s &#234;tes-vous confront&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les difficult&#233;s r&#233;glementaires de la France, par exemple, on a des lois qui changent tous les jours. Dans l'&#233;olienne plus particuli&#232;rement : l'ann&#233;e derni&#232;re, on pouvait revendre l'&#233;nergie produite, cette ann&#233;e ils nous ont invent&#233; la zone de d&#233;veloppement &#233;olienne, qu'ils appellent la ZDE ; c'est la Pr&#233;fecture qui doit donner l'autorisation et comme c'est payant, elle n'en donne pas beaucoup, elle n'en donne que pour les parcs &#233;oliens et pas pour les &#233;oliennes individuelles. On est confront&#233;s &#224; une r&#233;glementation qui change, on est forc&#233;s d'adapter notre fa&#231;on de travailler &#224; tout &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arrivez-vous &#224; vivre de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore mais bient&#244;t, je l'esp&#232;re ! J'ai fait beaucoup de d&#233;veloppement, et ce d&#233;veloppement commence &#224; payer aujourd'hui, avec ce produit, par exemple : l'hydro-&#233;olienne pla&#238;t &#233;norm&#233;ment aux gens, et on envisage une tr&#232;s bonne commercialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Internet, des salons !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les particuliers, les industriels, les collectivit&#233;s locales, l'&#233;tranger aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle client&#232;le aimeriez-vous toucher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'industriel parce que les gens, financi&#232;rement, peuvent suivre sur les gros projets, et ils sont moins ind&#233;cis. Un industriel, c'est quelqu'un qui fonce, quoi ! Un particulier, il va d'abord regarder les budgets, ensuite... Moi c'est l'industriel qui m'int&#233;resserait le plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle relation avez-vous avec les clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Amicale, de discussions, beaucoup de commentaires, beaucoup d'explications, on est l&#224; pour &#231;a. Moi, j'ai fait en plus la formation, donc je sais comment communiquer tr&#232;s simplement sur ce qu'on peut leur proposer, quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de travailler en collaboration avec d'autres op&#233;rateurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui oui ! Universit&#233; de Saint-J&#233;r&#244;me, qui est en contact avec moi pour les recherches de nouveaux produits, donc on peut faire valider nos essais par leur laboratoire. Oui, nous travaillons en r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est le concours de l'ANVAR sur l'innovation, et c'est tout pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous re&#231;u des r&#233;compenses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore, l&#224; ! Je pense que l'hydro-&#233;olienne sera vraiment r&#233;compens&#233;e par les gens de la plaisance, parce c'est un produit qu'ils vont tr&#232;s bien appr&#233;cier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi vous travaillez en ce moment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pose de photovolta&#239;que sur toiture industrielle de 700 m2, et lancer l'hydro-&#233;olienne commercialement. R&#233;aliser une s&#233;rie de cent pi&#232;ces, et lancer aussi la commercialisation de l'&#233;olienne pour maison d'un kilo-watt. Et tout &#231;a pour cet &#233;t&#233;, je suis tr&#232;s ambitieux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets, vos attentes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, mes attentes... que mes produits soient vendus, tout simplement, que les gens soient contents de ce qu'on fait, quoi. C'est aussi un r&#244;le &#233;cologique : aujourd'hui, cr&#233;er une entreprise en &#233;nergies renouvelables, si vous le faites seulement pour le point de vue &#233;conomique, vous le faites pas. C'est parce que vous &#234;tes passionn&#233; par diminuer les impacts des gaz &#224; effet de serre, consommer diff&#233;remment, utiliser des produits bios et performants, tous ces param&#232;tres...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une exp&#233;rience que nous avons eue il y a quinze jours, trois semaines, quand on essayait l'hydro-&#233;olienne : on est sortis en mer, et on n'est pas rentr&#233;s &#224; cause du mauvais temps. Au d&#233;but, mon stagiaire, il n'&#233;tait pas bien, finalement il &#233;tait tr&#232;s content quand on est rentr&#233;s ! L&#224;, c'est beaucoup d'exp&#233;rience humaine tr&#232;s int&#233;ressante, ce qu'on fait. C'est &#231;a qui est tr&#232;s int&#233;ressant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;lestin Karera le 25/04/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3336 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH278/1B1b_-_photo_zoom_eolienne-ee0fe.jpg' width='400' height='278' alt=&quot;&quot; style='height:278px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;tiers traditionnels, produits symboles et industries historiques</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/metiers-traditionnels-produits</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Douci</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
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		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>

		<description>Une partie de l'histoire hors du commun pour la ville de Marseille commence &#224; l'aube du XIX&#232;me si&#232;cle et s'&#233;teint &#224; l'heure sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se nomme &quot;La P&#233;riode dor&#233;e&quot;. &#192; la veille de la Seconde R&#233;volution Industrielle, Napol&#233;on III comprend l'importance de d&#233;velopper la cit&#233; phoc&#233;enne, dont la position face &#224; un continent que l'on a commenc&#233; &#224; coloniser est strat&#233;gique. En t&#233;moigne l'arriv&#233;e massive d'entrepreneurs dans la ville portuaire pour r&#233;aliser des &#233;conomies de transport. (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une partie de l'histoire hors du commun pour la ville de Marseille commence &#224; l'aube du XIX&#232;me si&#232;cle et s'&#233;teint &#224; l'heure sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se nomme &quot;La P&#233;riode dor&#233;e&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la veille de la Seconde R&#233;volution Industrielle, Napol&#233;on III comprend l'importance de d&#233;velopper la cit&#233; phoc&#233;enne, dont la position face &#224; un continent que l'on a commenc&#233; &#224; coloniser est strat&#233;gique. En t&#233;moigne l'arriv&#233;e massive d'entrepreneurs dans la ville portuaire pour r&#233;aliser des &#233;conomies de transport. Avec la construction de la ligne chemin de fer entre Paris et Marseille en 1848, le trafic augmente. Gr&#226;ce &#224; celle du Canal de Suez en 1869, l'Extr&#234;me-Orient se rapproche. Toute l'Europe passe dor&#233;navant par le m&#234;me port qui ne cesse de s'agrandir. La cit&#233; phoc&#233;enne, qui b&#233;n&#233;ficie &#224; partir de 1880 d'un r&#233;gime douanier tr&#232;s favorable, importe, tranforme, exporte, prosp&#232;re. Devenue la &quot;Porte de l'Orient&quot;, Marseille rayonne.
Savons, huiles, sucres, p&#226;tes, tuiles... Que reste-t-il aujourd'hui de tous ses produits symboles ? Sans oublier ses cigares, ses gitanes ou son Ricard... Marseille a-t-elle gard&#233; des traces de son pass&#233; glorieux ? Autant vous le dire tout de suite : nous n'avons rien trouv&#233;. Ou si peu. Tout a disparu. Comme s'il ne s'&#233;tait rien pass&#233;. Comme si Marseille avait toujours &#233;t&#233; ce grand port qui envoie des dizaines de milliers de passagers en Corse ou dans les pays du Maghreb, des millions de tonnes de marchandises sur tous les continents... Comme si elle ne devait rien &#224; l'histoire... Comme si personne ne voulait voir resurgir ces vestiges d'un temps o&#249; colonisation, commerce, d&#233;veloppement industriel et &#233;conomique, artisanat et savoir-faire marseillais faisait bon m&#233;nage... Comme si les Marseillais, pourtant si attach&#233;s &#224; leur ville, ne montraient pas la moindre curiosit&#233; &#224; son encontre ou pr&#233;f&#233;raient garder la m&#233;moire courte... Ateliers ferm&#233;s, usines en friche, d&#233;localis&#233;es ou interdites au public pour cause de plan vigipirate... Nous avons visit&#233; ce qu'il est encore possible de visiter. C'est &#224; dire pas grand chose. Des grosses usines et autres complexes industriels, il ne reste rien &#224; voir. Seule l'exposition temporaire &quot;Portrait d'industrie&quot; (heureusement prolong&#233;e jusqu'en mars 2005) pourra vous faire revivre la fabuleuse p&#233;riode du d&#233;veloppement &#233;conomique de Marseille. A part cette visite gratuite, vous irez chercher un peu d'histoire et du savoir-faire traditionnel des artisans marseillais dans une ou deux savonneries encore ouvertes, chez les santonniers de la ville, dans des friches au mieux transform&#233;es, au pire abandonn&#233;es, ou encore au Four des Navettes.
Nos documentalistes de chocs se sont d&#233;men&#233;s pour vous faire sentir un peu du parfum de Marseille en vous emmenant d&#233;couvrir ses m&#233;tiers traditionnels, ses produits symboles et ses industries historiques. Ils ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us par ce manque de traces et de rep&#232;res dont les Marseillais se rendront compte t&#244;t ou tard, surtout devant l'afflux croissant de touristes fran&#231;ais ou &#233;trangers dans la cit&#233; phoc&#233;enne. Mais nous vous avons ramen&#233;s de vraies informations sur cette fameuse p&#233;riode pendant laquelle Marseille a v&#233;cu un essor hors du commun, et gr&#226;ce &#224; laquelle elle ne serait pas la cit&#233; fi&#232;re qu'elle est aujourd'hui. Historiques, compte-rendus de visites, informations et adresses utiles, bibliographies, r&#233;f&#233;rences &#224; des sites internet... vous aideront &#224; d&#233;couvrir et red&#233;couvrir Marseille. Avec un zoom particulier sur son produit phare redevenu &#224; la mode : le savon de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maggie Paille fait des histoires</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/maggie-paille-fait-des-histoires</link>
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		<dc:date>2007-06-01T07:20:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djida Thomas </dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parcours d'une conteuse, de l'invitation au r&#234;ve &#224; la r&#233;alisation professionnelle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Je me revois, j'&#233;tais petite fille, je vivais encore dans la maison de mes parents, dans cette grande et belle vieille maison que vous pouvez voir l&#224; : la photo sur le mur&#8230; et j'&#233;tais &#224; moiti&#233; enfouie dans le placard o&#249; je fourrais mes jouets, et l&#224; j'avais un petit livre que je lisais, il n'avait plus de couverture. C'&#233;tait les contes de Perrault et Madame D'Aulnois. C'est mon plus vieux souvenir de contact avec le conte. Je partais dans cet univers. &quot; Maggie Paille, 52 ans, intermittente du spectacle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Devenir conteuse, c'est un r&#234;ve d'enfant, un hasard, une vocation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, c'est peut-&#234;tre la r&#233;alisation d'un r&#234;ve d'enfant mais pendant longtemps j'ai port&#233; ce r&#234;ve sans le savoir. Le hasard ? Oui, si on appelle &quot;hasard&quot; les choses qui nous arrivent. Moi je crois qu'elles ne nous arrivent pas par hasard. &quot;Vocation&quot; ? Heu&#8230; c'est la m&#234;me chose : je pense que nous sommes porteurs de notre destin. Par moments il tape au carreau en disant : &quot;Coucou, je suis l&#224;&quot;. Parfois on entend et on ouvre la porte ou la fen&#234;tre, parfois on n'entend pas. Bon, j'ai mis un certain temps &#224; entendre. &#199;a remonte &#224; pas mal d'ann&#233;es. &#192; l'&#233;poque je ne pensais pas du tout devenir conteuse, mais j'avais des images dans ma t&#234;te et un jour, ou plut&#244;t une nuit - &#231;a se passait beaucoup la nuit, j'ai un tr&#232;s mauvais sommeil&#8230; - et donc j'avais une image dans ma t&#234;te, et je l'ai laiss&#233;e grandir, vivre. &#199;a a pris du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quelle &#233;tait cette image ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait l'image d'une araign&#233;e dans sa toile. Je hais les araign&#233;es !
Et donc il y avait cette image dans sa toile et c'&#233;tait li&#233; &#224; une situation personnelle que j'&#233;tais en train de vivre. Et cette image - c'est extraordinaire ! - a r&#233;sum&#233; exactement la situation que j'&#233;tais en train de vivre. Je la vivais depuis longtemps, et je n'arrivais pas &#224; la saisir, &#231;a m'&#233;chappait. Or l&#224;, tout d'un coup, j'ai eu la sensation que tout se r&#233;sumait &#224; cette image. Et au bout de quelques mois, &#231;a &#224; &#233;t&#233; tr&#232;s long, c'est sorti, l&#224;, sous la forme d'une histoire. &#199;a a commenc&#233; l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous contait des histoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne me racontait pas d'histoires quand j'&#233;tais enfant. Mes parents n'avaient pas le temps, mes grands m&#232;res - je n'en avais plus qu'une - ne racontaient pas, ma tantine qui vivait avec nous, non plus ; elle nous faisait r&#233;citer le chapelet mais pas raconter d'histoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais qu'est-ce qui a d&#233;clench&#233; l'envie de raconter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai commenc&#233; donc avec cette histoire de l'araign&#233;e, je l'avais intitul&#233;e : &quot;La reine araign&#233;e&quot;. Je ne l'ai jamais racont&#233;e, d'ailleurs, et je ne pense pas que je la raconte un jour&#8230; Et je me suis prise au jeu, c'est-&#224;-dire que je me suis faite attentive &#224; ce qui se passait. Et puis j'ai &#233;crit d'autres histoires, et c'est l&#224; que mes enfants m'ont introduite dans leur &#233;cole. Et c'est parti de l&#224;. Je me suis aper&#231;ue, d'ailleurs, &#224; ce moment l&#224; que &#233;crire des histoires c'est une chose, en raconter c'est compl&#232;tement autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence alors entre &#233;crire et conter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh bien, raconter une histoire qui est &#233;crite dans un livre, j'allais dire, c'est facile. Mais raconter sa propre histoire, &#231;a m'&#233;tait tr&#232;s difficile. Et donc un jour j'ai vu dans la presse un stage d'initiation aux contes, et je me suis tourn&#233;e vers l'association qui organisait ce stage, et l&#224;, &#231;a a &#233;t&#233; le d&#233;clic. Mais alors, compl&#232;tement ! &#192; l'&#233;poque j'ai fait ce stage plus par&#8230; curiosit&#233; que dans le but d'en faire un m&#233;tier. Mais &#231;a a &#233;t&#233; l&#224; - vraiment le d&#233;clic ! - que j'ai d&#233;cid&#233; d'en faire un m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'&#233;tait &#224; quelle &#233;poque de votre vie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C' &#233;tait&#8230; On est en quelle ann&#233;e ?&#8230; 2005, 2006&#8230; Il y a quatorze ans. &#199;a fait une bonne grosse dizaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle a &#233;t&#233; votre toute premi&#232;re histoire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'essaie de me souvenir&#8230; Alors, j'avais fait ce stage, et les organisatrices m'ont tout de suite dit : &quot;Toi, t'es une conteuse n&#233;e&quot;. &#199;a m'a fait plaisir et c'est vrai que &#231;a a &#233;t&#233; au cours de ce stage que j'ai dit : &quot;Je vous pr&#233;viens, moi, je veux en faire un m&#233;tier.&quot; Alors j'ai continu&#233; &#224; conter avec cette association b&#233;n&#233;vole, pendant un certain temps. Mais la premi&#232;re fois o&#249; je me suis trouv&#233;e, donc, face &#224; un public, &#231;a a &#233;t&#233; tout de suite apr&#232;s ce stage puisque cette association avait &#233;t&#233; demand&#233;e pour une f&#234;te, pour une grosse manifestation des comit&#233;s d'entreprise, et l&#224; je me suis embarqu&#233;e, voil&#224;, je suis partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel souvenir gardez-vous de vos premiers pas de conteuse ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, j'en ai gard&#233; un souvenir &#233;merveill&#233;. Non pas de ma prestation, hein ! _ &#8230; D'abord cette manifestation &#233;norme sur le th&#232;me du livre : nous &#233;tions nombreux, dont un conteur &lt;a href='http://www.mondoral/jihad-darwiche.org' class='spip_out' rel='external'&gt;Djihad Darwiche&lt;/a&gt;, qui m'a&#8230; C'est marrant parce que je le retrouve de loin en loin sur ma route. J'en avais beaucoup entendu parler dans cette association, je l'ai d&#233;couvert &#224; cette occasion. Je l'ai revu ensuite dans une &#233;cole, celle o&#249; &#233;taient mes enfants, et o&#249; durant plusieurs ann&#233;es j'ai anim&#233; des ateliers de contes. Je l'ai retrouv&#233; de loin en loin au cours des festivals, et voil&#224;, &#231;a s'est enclench&#233; comme cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un ma&#238;tre ou des mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des ma&#238;tres, des mod&#232;les, heu&#8230; ? Je sais que beaucoup de d&#233;butants sont extr&#234;mement influenc&#233;s par le conteur et &#233;crivain &lt;a href='http://www.henrigougaud.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Henri Gougaud&lt;/a&gt; qui est un des ma&#238;tres du conte. Quand il est en sc&#232;ne, c'est impressionnant : il y a cinq cents personnes dans la salle et vous avez l'impression qu'il ne s'adresse qu'&#224; vous-m&#234;me. Il m'impressionne &#233;galement dans son &#233;criture qui est &quot;forte&quot;. Et c'est l&#224; l'obstacle pour les d&#233;butants. Moi, &#231;a ne m'a pas trop influenc&#233;e, dans la mesure o&#249; je suis arriv&#233;e au conte un peu tardivement quand m&#234;me. J'avais d&#233;j&#224; ma personnalit&#233; et comme je racontais aussi beaucoup mes propres histoires, j'ai &#233;chapp&#233;&#8230; Oh ! J'ai d&#251; avoir des petites colorations, je ne le nie pas, mais moins que de jeunes conteurs qui d&#233;butent. Mais bon, c'est peut-&#234;tre une b&#234;tise de dire cela parce qu'un d&#233;butant impose aussi sa personnalit&#233;. Mais enfin, j'en ai connu beaucoup qui ont du mal parce qu'ils sont marqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles impressions ressentez-vous avec votre public ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ecoutez, heu&#8230; Le public, c'est tr&#232;s ambivalent : le public peut &#234;tre extr&#234;mement poli et faire des retours qui ne sonnent pas juste, par politesse, ou alors, il est sinc&#232;re. Moi j'opte pour la seconde parce qu'on le sent. C'est un lien qui se passe entre le c&#339;ur de la personne qui conte et le c&#339;ur des gens qui sont dans le public. Et &#231;a, &#231;a ne trompe personne. Un lien de c&#339;ur &#224; c&#339;ur. Je sais que quand je conte, arrive le moment - &#231;a ne vient pas tout de suite en claquant des doigts - o&#249; &#231;a y est, je sens qu'on est bien ensemble. Et l&#224;, &#224; un moment donn&#233;, &#231;a fait un mouvement de bascule : on bascule dans un silence particulier. Bon ben l&#224;, &#231;a y est !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu des r&#233;actions n&#233;gatives ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai jamais eu de r&#233;actions d'hostilit&#233;, ou alors dans un contexte particulier que je vous dirai apr&#232;s. Sinon je pense que je sais, je sais que je touche le public, et qu'il me le manifeste, et &#231;a, c'est le bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre famille vous a-t-elle soutenue ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ma famille ? Je vais vous dire une chose affreuse : &quot;Je pense que cela a contribu&#233; &#224; faire &#233;clater mon couple .&quot; &#192; l'&#233;poque, j'avais des ateliers dans l'&#233;cole de mes enfants, et bien s&#251;r, ayant &#233;t&#233; femme au foyer, mes enfants rentraient, j'&#233;tais l&#224; pour les accueillir, tout &#233;tait pr&#234;t. Or, l&#224;, les choses avaient chang&#233;. Tout &#233;tait toujours pr&#234;t, mais je n'&#233;tais plus l&#224; pour les accueillir. Et un jour ils m'ont dit : &quot;Maman, on en a marre, t'es jamais l&#224;, on ne te voit plus quand on rentre de l'&#233;cole, c'est dur.&quot; Ils ont r&#226;l&#233;, ils ont protest&#233;. &#199;a m'a &#233;branl&#233;e. Voil&#224;. Donc, j'ai pris une grande feuille de papier, j'ai pris un crayon, j'ai fait un grand trait au milieu de la feuille, j'ai mis : pour arr&#234;ter les contes, pour continuer les contes. J'ai mis toutes les raisons que j'avais pour arr&#234;ter les contes : les enfants trouvaient que j'&#233;tais moins pr&#233;sente, la tension au niveau du couple, le linge pas repass&#233; r&#233;guli&#232;rement, le m&#233;nage pas syst&#233;matique&#8230; Disons que la vie &#224; la maison avait un peu chang&#233;, c'&#233;taient les raisons pour arr&#234;ter. Maintenant, pour continuer, eh bien la premi&#232;re raison : moi j'y trouvais un &#233;panouissement extraordinaire que je n'ai trouv&#233; nulle part ailleurs ; d&#233;sol&#233;e pour les enfants mais &quot;&#234;tre la femme de&#8230;&quot; non seulement &#231;a ne me suffisait plus, mais &#231;a me posait des probl&#232;mes. J'y trouvais tellement&#8230; c'est une telle nourriture que si j'arr&#234;tais, ma vie n'avait plus de sens. Ma foi, je me suis dit : c'est pas compliqu&#233;, je continue. Je me souviens avoir dit &#224; mes enfants : &quot;Je ne vous abandonne pas. C'est pas parce que je suis absente une ou deux heures apr&#232;s l'&#233;cole, que le monde va s'&#233;crouler, que tout est perdu.&quot; Et mes enfants se sont tr&#232;s bien habitu&#233;s et en sont m&#234;me tr&#232;s fiers, depuis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous professionnalis&#233;e, malgr&#233; ces contraintes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;but &#231;a a &#233;t&#233; pris comme une occupation : &quot;Maggie s'occupe&quot;. J'ai prolong&#233; mon apprentissage, j'ai cont&#233; sans arr&#234;t dans plein d'endroits, j'ai fait d'autres stages [Maggie Paille a travaill&#233; pour deux associations : Cobalt et ArtisteNCo] et surtout je suis all&#233;e &#233;couter beaucoup, beaucoup de conteurs. &#199;a a dur&#233; un certain temps, et malgr&#233; les r&#233;ticences de mon mari, j'ai continu&#233; par la petite porte : je me suis tourn&#233;e vers une association qui m'a salari&#233;e. Et l&#224;, les contes c'est comme la vie - je vais avoir l'air de faire une digression - : un jour, un journaliste m'a pos&#233; la question et par boutade, je lui ai r&#233;pondu ceci : &quot;je vous fais une confidence : mon mari a une position &#233;minente dans le gouvernement, il est chef d'&#233;tat, sa femme l'a tromp&#233;, il ne s'en est jamais remis, il lui a fait couper la t&#234;te. La deuxi&#232;me, la m&#234;me chose&#8230; &quot; Il m'a &#233;cout&#233;e au d&#233;part, tout d'un coup il a hurl&#233; de rire. Parce que symboliquement il y a quelque chose de cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une deuxi&#232;me nature, chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais que si je ne fais pas ce que je fais, si j'arr&#234;te les contes, si je ne r&#233;ponds pas aux contes, eh bien&#8230; &lt;a href='http://www.africagraffitis.skyrock.com/2.html' class='spip_out' rel='external'&gt;je suis morte&lt;/a&gt;. Ce n'est pas une deuxi&#232;me nature, je crois que c'est &quot;ma&quot; nature, de conter. J'ai fait un d&#233;tour par l'enseignement avant de me marier, et mes m&#233;thodes n'avaient rien d'acad&#233;mique. J'ai essay&#233; d'&#234;tre acad&#233;mique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Djida Thomas le 03/10/06 ; r&#233;daction Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lolita Pasta</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Une cr&#233;atrice marseillaise lance son nom, son style. Entreprise.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un souvenir lointain li&#233; &#224; mon activit&#233; ? De la petite enfance ? Ah ! Ben oui : cinq ans, six ans&#8230; des fleurs au crochet, voil&#224;. J'ai appris avec ma grand-m&#232;re. Mes grand-m&#232;res cousaient, l'une brodait et l'autre - celle qui m'a &#233;lev&#233;e et appris une philosophie de vie - m'a apport&#233; le go&#251;t du tissu, du toucher, de la couture, concr&#232;tement parlant. &#187; Marie-Laure, 47 ans, cr&#233;ateur styliste rue des Loisirs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quand vous orientez-vous vers la couture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, toujours, oui, j'ai toujours cousu. Avec des moments d'arr&#234;t. C'est un go&#251;t prononc&#233;, c'est une curiosit&#233; : voir ce que &#231;a fait, le travail du tissu, de coudre, en fait, voil&#224;, de transformer ; et puis d&#233;j&#224;, une disposition peut-&#234;tre particuli&#232;re : j'ai appris quand j'&#233;tais petite, je regardais mes grand-m&#232;res, mon p&#232;re. Apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233;, j'ai fait autre chose, et j'ai recommenc&#233; quand j'&#233;tais &#224; Paris &#224; faire des fringues, ouais, des v&#234;tements et des bijoux ; apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233;. J'ai recommenc&#233;&#8230; y'a douze ans, je crois, &#224; la naissance de ma fille, mais beaucoup plus s&#233;rieusement, quoi, avec dans l'id&#233;e d'exister par &#231;a aussi - c'est un autre probl&#232;me, hein ! - et de dessiner des mod&#232;les, et de les fabriquer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;tait-ce une vocation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non&#8230; non, pas une &quot;vocation&quot;. Hier soir je pensais&#8230; : en fait je travaille en jouant et je joue en travaillant. Voil&#224; : c'&#233;tait plut&#244;t continuer &#224; jouer, dans le plaisir. Le plaisir de faire, aussi, et le plaisir de faire plaisir aux femmes, quoi. Pour cr&#233;er des mod&#232;les, et les habiller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, d'infirmi&#232;re psy &#224; cr&#233;ateur styliste, c'est un chemin vers l'harmonie, la vie, le plaisir et le jeu. Mon p&#232;re voulait que je sois mannequin : il aimait regarder les d&#233;fil&#233;s de mode. Il &#233;tait artiste peintre en plus de son travail de fonctionnaire, mais il exploitait pas son talent ni ses &#339;uvres. Moi je voulais exister en dehors de ma famille et cr&#233;er pour exister, quoi ! D'o&#249;, depuis toujours, j'ai cr&#233;&#233; avec les tissus, j'ai fait des bijoux jusqu'au jour o&#249; une boutique a accept&#233; de m'exposer et de me vendre. Tout est all&#233; vite sans que je prenne conscience de ce talent et de l'imaginaire que je poss&#233;dais. Le tout, c'est d'imposer son identit&#233;. Et c'est gr&#226;ce aux tissus, aux couleurs, aux mod&#232;les trac&#233;s grossi&#232;rement sur le papier et &#224; beaucoup de travail et de volont&#233; que je m'impose. Mon fil conducteur c'est l'alchimie entre le jeu, le plaisir dans le travail et l'amour que je mets dans tous mes mod&#232;les : ils sont tous &quot;charg&#233;s&quot; de po&#233;sie, de g&#233;n&#233;rosit&#233;, et d'amour et de douceur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'avez-vous sacrifi&#233; pour votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors attendez, l&#224;, moi j'ai rien sacrifi&#233; ! Je suis pas dans le sacrifice, moi, d&#233;j&#224;. Je suis pas dans le sacrifice. Si j'ai voulu faire &#231;a, c'est que je l'ai voulu. Je crois que je l'ai d&#233;sir&#233;, j'ai voulu le faire et que &#231;a me pla&#238;t. Maintenant, sacrifier, je pense que j'ai pas sacrifi&#233; grand chose. J'ai pas envie de mettre ce mot-l&#224;, je dirais c'est&#8230; un choix. Voil&#224;. J'aurais pu choisir de redevenir infirmi&#232;re en secteur psychiatrique, de trouver du boulot &#224; mi-temps ou &#224; temps plein, et ben non, j'ai choisi d'&#234;tre en lib&#233;ral, de rien sacrifier du tout. Je pense que j'ai pas sacrifi&#233; grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre moteur principal ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le jeu. Le jeu, le plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que cherchez-vous lorsque vous cr&#233;ez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La nouveaut&#233;, le beau, et&#8230; ouais, ce qui va faire plaisir aux femmes de se mettre sur le corps. Je crois que c'est &#231;a, ouais. Puis leur donner de l'amour, &#224; travers les v&#234;tements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La rue, le cin&#233;ma, les livres, toutes les sc&#232;nes de th&#233;&#226;tre, les magazines - &#231;a vient en dernier, hein - je vous ai mis &#231;a dans l'ordre, &#224; peu pr&#232;s. Oui, c'est surtout, en fait, le cin&#233;ma, tout le cin&#233;ma, le th&#233;&#226;tre, ouais, tout ce qui est au niveau du costume. Ouais, l'histoire, en fait, c'est l'histoire. L'histoire et la rue, l'histoire et le pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un ma&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, dans les grands couturiers : Yves Saint-Laurent. Voil&#224;. Je crois que c'est le seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre premi&#232;re r&#233;alisation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Premi&#232;re, premi&#232;re ? &#199;a remonte &#224; loin&#8230; Oh&#8230; quand j'&#233;tais &#224; Paris, je crois que j'ai fait un tailleur. Mais bon, &#231;a fait longtemps, hein, c'&#233;tait en 1986. C'&#233;tait un tailleur jupe-veste &#224; carreaux noirs et blancs. Voil&#224;. Mais je pense qu'y en a eu avant, hein, mais des essais. Mais vraiment, le truc, le mod&#232;le, ouais, c'&#233;tait celui-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel souvenir avez-vous de votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma plus belle r&#233;ussite ? Dans ma structure, l&#224; ? B&#232;, en fait, des r&#233;ussites y'en a tout le temps. Oui. Y'a pas de satisfactions, mais des r&#233;ussites, d'aboutir aussi &#224; ce qu'on a dans la t&#234;te. Je veux dire que tous mes mod&#232;les, m&#234;me qu'ils soient vendus ou pas vendus, c'est une r&#233;ussite quand m&#234;me, de toute mani&#232;re. Alors les plus belles y'a toujours une &#233;volution. L&#224; aujourd'hui, pr&#233;sentement, je sais que j'ai r&#233;ussi quelque chose. Au niveau des boutiques, au niveau du mod&#232;le que j'ai con&#231;u, l&#224; pour cet hiver. C'est une r&#233;ussite, pour moi, qu'il soit vendu ou non - je pense qu'il sera vendu, de toute mani&#232;re qu'il plaira - parce que c'est un travail d'aboutissement. Je me lasse, je me lasse beaucoup de mes mod&#232;les aussi, c'est pour &#231;a que j'en fais souvent, et qu'y a beaucoup de renouvellement et puis que c'est int&#233;ressant aussi de faire &#231;a parce qu'on &#233;volue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Inversement, avez-vous le souvenir d'un ratage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben oui. Ah b&#232; oui, chez moi y'a des ratages&#8230; Et les ratages, en fait, j'en ai pas toujours conscience. Enfin, j'en ai conscience, mais j'aime bien aussi que ce soit les boutiques et les clientes qui me le disent. Parce que bon, moi je les vois, mes ratages, hein, mais je veux dire, autant &#231;a peut &#234;tre un rat&#233; pour moi que &#231;a peut &#234;tre une r&#233;ussite pour une cliente qui l'aimera, quoi. Alors que moi, bon&#8230; Mais je veux dire un ratage au niveau peut-&#234;tre fabrication, go&#251;t ou identit&#233;, je pense que c'est la cliente qui me le dit. &#199;a je l'accepte parce que je sais qu'il faut le prendre comme c'est. Puis on recommence, et puis voil&#224;, et puis on &#233;volue comme &#231;a, quoi, on avance comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment choisissez-vous un tissu, un mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va dire, comme l'amour, c'est un coup de foudre. Ouais, je pense que c'est le toucher, le visuel ; en fait c'est beaucoup plus le visuel, pour moi, que le toucher. Le toucher vient apr&#232;s. Le visuel, voil&#224;. Et&#8230; ouais, c'est tout. La couleur en troisi&#232;me, et apr&#232;s en quatri&#232;me, enfin, bon, ce qui finalise le tout, c'est : &quot;&lt;i&gt;Qu'est-ce que je vais faire de mon tissu ?&lt;/i&gt;&quot; G&#233;n&#233;ralement j'ai tout de suite l'id&#233;e quand je le vois. Ou alors quand je fais mon mod&#232;le : par exemple pour la collection de 2007 printemps-&#233;t&#233;, je sais ce que je vais faire, sur toutes les pi&#232;ces je sais quel tissu je vais mettre, je sais dans quel tissu ils vont &#234;tre fabriqu&#233;s, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment travaillez-vous un tissu ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben rien, rien, je le travaille, il est &#224; moi, je le&#8230; C'est tout, voil&#224;. Je le fais vivre, en fait. Enfin, bon, y'a travailler et travailler. Travailler, c'est le couper, le monter et tout, mais je pense que je le fais vivre. Parce qu'un tissu il faut que ce soit vivant, pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le mental. Oui b&#232; voil&#224;, les ciseaux, les machines, les &#233;pingles&#8230; Sinon la t&#234;te, quoi, l'imaginaire, hein. Essentiellement &#231;a. Et apr&#232;s &#231;a, pour moi c'est rapide, enfin pour moi c'est simple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Dans ce milieu ? J'ai fait une formation, oui, d'&#224; peu pr&#232;s de 250 &#224; 300 heures dans une association, une formation de patronni&#232;re : faire les patrons, patronnage, qui consiste &#224; pr&#233;parer, en fait &#224; faire les patrons sur papier. Patron, mod&#232;le&#8230; c'est g&#233;om&#233;trique, c'est de la g&#233;om&#233;trie, c'est de la math&#233;matique, en fait. C'est un peu compliqu&#233; pour moi, d'ailleurs, &#231;a. Mais bon, j'y suis arriv&#233;e. Et du moulage, c'est-&#224;-dire mettre des pi&#232;ces de tissu sur des mannequins et en fait, faire le moulage par rapport au mannequin et ensuite&#8230; voil&#224;. C'est juste &#231;a comme formation, et ensuite, b&#232; l'autre formation, c'est le talent. Le talent, le travail et la volont&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand exercez-vous et quel est votre statut actuel ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Trois, quatre ans. Oui, quatre ans. Non, j'ai mont&#233; en fait ma bo&#238;te, j'ai ouvert mon atelier, je me suis mis en tant que chef d'entreprise en micro entreprise, artisan chef d'entreprise &#224; la Chambre des M&#233;tiers et de l'Artisanat y'a deux ans et demi, en fait, en mai 2004. Et c'est l&#224; o&#249; j'ai voulu m'installer : installer un atelier, cet espace de cr&#233;ation, de conception et de fabrication. Enfin, j'entame ma troisi&#232;me ann&#233;e de chef d'entreprise en sachant que c'est tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse, un jour, &#224; vous lancer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; sauter dans le vide ? Exister. La volont&#233; d'exister. Oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; se trouve votre atelier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans le quartier Jean Jaur&#232;s, loin de la foule mais pr&#232;s des individus. Cet atelier est un espace de travail o&#249; se c&#244;toient machines, tables de coupe, &#233;tag&#232;res de tissus, de dentelles et une biblioth&#232;que de livres sur la mode&#8230; Ce lieu est ouvert sur la rue, ouvert aux personnes, au relationnel. C'est aussi un lieu d'accueil de stagiaires d'&#233;coles de mode, de CAP, de BEP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles d&#233;marches vous avez d&#251; entreprendre pour vous &#233;tablir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben je me suis inscrite &#224; la Chambre des M&#233;tiers et de l'Artisanat, j'ai suivi un petit stage de trois jours ou de cinq jours en gestion-comptabilit&#233;, qui vous donne pas grand chose, d'ailleurs, mais enfin, bon, qui est plut&#244;t en fait tourn&#233; vers les artisans. Nous, on est artisans, mais je veux dire, on vend pas des baguettes de pain tous les jours et des petits pains au chocolat, donc c'est vrai que notre statut il est un peu caduc, quoi. Et&#8230; ben voil&#224;, c'est tout, et puis alors apr&#232;s c'est statut juridique, statut social, les cotisations&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;t&#233; aid&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232;, hou l&#224; l&#224;, alors l&#224; c'est la question pi&#232;ge&#8230; Est-ce qu'on est militante, ou&#8230; on fait appel &#224; des syndicats, l&#224;. Ben &#233;coutez, alors personnellement, j'ai d&#251; mal me d&#233;brouiller, mais je n'ai pas vraiment eu beaucoup d'aides. Alors on dit qu'y a des aides pour les cr&#233;ateurs d'entreprise, c'est pas vrai. Non, c'est faux. Non, j'ai pas &#233;t&#233; vraiment aid&#233;e. Je suis pas une fille &#224; papa, j'ai pas de tr&#233;sorerie, donc effectivement les aides il faut vraiment tomber sur des personnes qui soient comp&#233;tentes, et qui vous dirigent bien. Si on tombe pas sur les bonnes personnes, si on n'ouvre pas la bonne porte, c'est m&#234;me pas la peine de continuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelles difficult&#233;s &#234;tes-vous confront&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;B&#232; la premi&#232;re, c'est une difficult&#233; financi&#232;re. Quand on n'est pas aid&#233;, quand on n'a pas de tr&#233;sorerie, alors l&#224; je crois que&#8230; Pour moi c'est le premier point n&#233;gatif. Les autres difficult&#233;s c'est qu'en tant que cr&#233;ateur, ou artiste, la difficult&#233; premi&#232;re c'est qu'on n'est pas des gestionnaires, on n'est pas des comptables. Autant on peut &#234;tre tr&#232;s rigoureux dans notre travail, &#231;a c'est vrai, &#231;a je pense qu'on est les premiers &#224; &#234;tre rigoureux et exigeants, mais on n'est pas rigoureux pour autre chose, quoi, je veux dire tableaux de chiffres et tout&#8230; Ouais, moi c'est ma grosse&#8230; ma deuxi&#232;me difficult&#233;. Sinon les autres difficult&#233;s, je suis peut-&#234;tre pas assez exigeante et ferme avec mes diffuseurs, je suis assez cool en fait, bon, &#231;a c'est pas tr&#232;s bien pour moi parce qu'en fait je cours apr&#232;s les ch&#232;ques, je cours apr&#232;s le fric&#8230; voil&#224;. Sachant que j'ai de la chance, et que c'est peut-&#234;tre aussi, bon, comment dire&#8230; ouais voil&#224;, j'ai du talent, je bosse, mes diffuseurs comptent sur moi, je suis s&#233;rieuse, j'ai pas mal d'atouts avec moi, donc c'est vrai que j'ai pas cette difficult&#233; d'aller vendre ou que mon produit ne marche pas. Voil&#224;. Mes principales difficult&#233;s c'est plut&#244;t c&#244;t&#233; finances et&#8230; et j'ai fait des erreurs, ouais, voil&#224;. Et je les reconnais, mes erreurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arrivez-vous &#224; vivre de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore. L&#224; je sais pas, j'ai un coach avec moi qui me refait toute ma gestion, au niveau de mes ventes et tout, donc on compte que dans six mois, un an, je puisse me salarier. Enfin, pas me salarier puisque en tant qu'artisan on se salarie pas : on se donne un revenu. Donc voil&#224;, alors en esp&#233;rant que dans six mois, un an, quand m&#234;me je puisse avoir un revenu. &#201;tant donn&#233; que y'a plein de cr&#233;ateurs - &#231;a, faut le dire - on est plein de cr&#233;ateurs, de stylistes, pas que &#231;a mais enfin plein de chefs d'entreprise, cr&#233;ateurs d'entreprise, et d'artistes, donc on est quand m&#234;me tous au RMI, avec des contrats d'insertion. Et qu'on n'a pas de revenu parce que dans nos activit&#233;s, effectivement on est bloqu&#233;s parce qu'on n'a pas de tr&#233;sorerie, parce qu'on a du talent et que, ben on n'a pas toujours notre place. Et &#231;a je crois qu'il faut vraiment le dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des employ&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors je fais de la sous-traitance. Donc, bon, c'est une employ&#233;e entre guillemets, c'est plut&#244;t une prestataire de service, c'est de la sous-traitance, c'est comme si c'&#233;tait mon employ&#233;e, mais enfin bon&#8230; C'est ma prestataire de service qui est fa&#231;onni&#232;re, c'est-&#224;-dire qui me monte mes s&#233;ries de v&#234;tements et avec qui je travaille en collaboration de fa&#231;on tr&#232;s r&#233;guli&#232;re et tr&#232;s tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, &#224; Marseille je suis diffus&#233;e en exclusivit&#233; - c'est important, je suis sa cr&#233;ateur marseillaise, en fait - chez &quot;Filles de Lune&quot; au cours Julien, &#224; la rue de la Mode et Cassis Port. C'est une client&#232;le entre trente et soixante-cinq ans, qui a des sous, qui a du fric, assez bourgeoise, qui aime les v&#234;tements, qui aime l'esth&#233;tique, et qui aime bien s'habiller. Donc c'est une client&#232;le assez&#8230; bourgeoise marseillaise. &#192; Cassis &#231;a serait peut-&#234;tre une client&#232;le plus de touristes, et encore : il y a une client&#232;le fid&#232;le &#224; Cassis Port. Mais c'est plus cette cat&#233;gorie-l&#224;. Apr&#232;s y'a une boutique dans le Var, &#224; Tourtour, un petit village ; y'en a une en saison &#224; Saint-R&#233;my de Provence, &quot;Anikado&quot; o&#249; on ferme le 15 octobre, voil&#224;. Et y'a quelques pi&#232;ces - on d&#233;marre - rue Breteuil chez &quot;Pomponette&quot;, qui visera je pense une autre client&#232;le. Mais bon, c'est pas grave, &#231;a m'int&#233;resse aussi, quoi. Voil&#224;. Le jour o&#249; j'aurai peut-&#234;tre une grosse tr&#233;sorerie, ben monter ma propre boutique &quot;Lolita Pasta&quot;. Ah, &#231;a me&#8230; oui&#8230; un bel espace&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle client&#232;le aimeriez-vous toucher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, celle-l&#224;, c'est tout, ouais. Ben je vois pas du tout quelle client&#232;le je pourrais toucher d'autre. &#192; part si je fais une ligne effectivement o&#249; je fais des produits adolescents. Alors &#231;a oui, &#231;a &#231;a m'int&#233;resserait. Mais sinon&#8230; y'a pas d'autre client&#232;le, non. Une client&#232;le de tous les milieux, j'aimerais bien, parce que je trouve que &#231;a serait &#233;largir aussi un champ d'action, mais faudrait que cette client&#232;le aussi elle ait les moyens d'aller dans la boutique pour acheter les produits, quoi. Mais bon, non, je pense que m&#234;me la client&#232;le de &quot;Filles de Lune&quot; c'est une client&#232;le large.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. J'aimerais bien, mais bon&#8230; faut que &#231;a se pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; re&#231;u des r&#233;compenses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'ai pas re&#231;u de r&#233;compense. Pas encore !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des manifestations culturelles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. B&#232;, si on vient me chercher je veux bien, moi. &#199;a me fait travailler, &#231;a me fait rencontrer d'autres gens aussi parce que je suis assez solitaire, hein. Enfin, mon travail est solitaire, et&#8230; Mais ouais, oui, pourquoi pas ? Oui. Si, avec &quot;Filles de Lune&quot;, y'a deux ans, deux saisons m&#234;me, trois saisons, on avait fait des d&#233;fil&#233;s. C'est vrai que c'est travailler pour un &#233;v&#233;nementiel, avec un th&#232;me&#8230; C'est hyper int&#233;ressant, quoi. Mais sinon c'est tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Dans quel sens ? Quels moyens de communication ? Y'a pas beaucoup&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous trouv&#233; vos diffuseurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je les ai pas trouv&#233;s, non. J'ai commenc&#233; &#224; Marseille, en fait, avec l'association Marquage, le March&#233; des Cr&#233;ateurs, au Cours Julien. Apr&#232;s je suis all&#233;e simplement d&#233;marcher chez &quot;Filles de lune&quot; avec dix-huit accessoires - &#231;a je me rappellerai toujours - et en fait, elle a fait bingo avec moi, elle m'a fait tenter ma chance : elle m'en a pris neuf, ils ont &#233;t&#233; vendus en dix, quinze jours. J'ai commenc&#233; l&#224;, je lui ai donn&#233; ce qui me restait, et on a embray&#233; comme &#231;a toutes les deux. J'&#233;tais de Marseille, peut-&#234;tre que effectivement je correspondais &#224; un besoin qu'elle avait &#224; ce moment-l&#224;, et donc j'ai pris effectivement cette chance-l&#224;. On s'est entendues toutes les deux, et apr&#232;s je rayonne sur les trois boutiques. Et &#224; partir de l&#224;, comment je me suis fait conna&#238;tre, y'a eu quelques articles sur La Provence et Marseille Hebdo, ou l'Hebdo Marseille, c'est tout. Et &quot;Filles de Lune&quot; effectivement, avec des publicit&#233;s d'elle, quoi, bon y'a l'encart &quot;Lolita Pasta&quot; avec ses marques &#224; elle dans la boutique. Et puis le bouche &#224; oreille. C'est-&#224;-dire que quand on est connu &#224; Marseille, au niveau de mon identit&#233; et tout, le bouche &#224; oreille fonctionne, quoi. Les clientes, elles prennent du Lolita, elles vont le dire &#224; d'autres, bon : &quot;&lt;i&gt;Lolita c'est comme ci, c'est comme &#231;a, c'est comme &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, je veux dire, &#231;a fait boule de neige. Apr&#232;s effectivement il va y avoir le site internet mais c'est une vitrine, c'est tout. Moi j'attends pas grand chose, &#233;tant donn&#233; que je vais pas vendre en ligne, &#231;a m'int&#233;resse pas. C'est simplement un plaisir de faire son site avec les couleurs et tout, mais c'est tout. C'est vrai que j'ai pas tellement de pub, mais bon, pareil hein : je vois &quot;Filles de Lune&quot;, quand elle avait fait des pubs l'ann&#233;e derni&#232;re sur Marie-Claire ou Marie-France, juste vingt, dix lignes, &#231;a revient cher. Il faut que &#231;a rapporte aussi, qu'il y ait des retomb&#233;es. C'est vrai, les deux, trois d&#233;fil&#233;s qu'on a fait ensemble, y'a eu des retomb&#233;es, quand m&#234;me. Les publicit&#233;s, c'est vrai que c'est bien, je m'&#233;tais dit que Marseille Hebdo il faudrait qu'il y ait des pubs pratiquement toutes les saisons, parce que c'est int&#233;ressant. Effectivement &#224; ce moment-l&#224; y'a quelques... des retomb&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de travailler en collaboration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors&#8230; non, non. Alors l&#224; justement, &#224; Marseille, les cr&#233;ateurs on est tous dans nos coins, y'a pas du tout, pas du tout d'&#233;change. Moi j'aimerais bien qu'on &#233;change des informations, qu'on monte quelque chose ensemble pour avoir des facilit&#233;s aussi, mais voil&#224;, c'est chacun dans son coin, chacun garde son petit r&#233;seau, personne ne diffuse d'informations. Voil&#224;, la seule avec qui en ce moment, je&#8230; b&#232;, c'est les deux personnes du quartier, Val&#233;rie et &#201;dith, de la rue Saint-Michel. On s'entend super bien toutes les trois ensemble. Bon, maintenant c'est s&#251;r qu'on fait rien parce que, ben, on est chacune dans notre boulot, mais je veux dire, c'est vrai qu'on discute beaucoup. On est ouvertes, en fait. Mais y'en a, avec d'autres, c'est ferm&#233; ferm&#233;, quoi, ferm&#233;, hein. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi vous travaillez en ce moment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;B&#232;, l'automne-hiver 2006 et 2007 et le printemps-&#233;t&#233; 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un petit projet pour 2007, si j'y arrive, si je trouve la cha&#238;ne de production. Le tissu, le mod&#232;le, je les ai ; il faut que je l'aie au mois de novembre-d&#233;cembre, le mod&#232;le qui visera les adolescentes et les mamans, et que j'irai peut-&#234;tre pr&#233;senter &#224; l'Institut de la Mode. Voil&#224;. Sinon, l'autre projet, c'est stabiliser mon entreprise au niveau financier pour d&#233;velopper l'entreprise et plus commercialiser mon produit. Voil&#224;, c'est &#231;a, mes projets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &quot;Lolita Pasta&quot;, pourquoi ce choix ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, pourquoi ? Parce que ma fille s'appelle Lola, parce qu'avec moi elle a toujours eu beaucoup de diminutifs, des Lolotte, des Lolette, des Lolita, et puis un jour, ben j'ai lanc&#233; &quot;Lolita Pasta&quot;. Et voil&#224;, donc j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;B&#232; pourquoi pas ce nom de marque ? Lolita Pasta.&lt;/i&gt;&quot; Je voulais un nom qui rappelle le sud, la l&#233;g&#232;ret&#233;, et la femme. Et&#8230; Pasta &#231;a m'est venu comme &#231;a, les p&#226;tes, peut-&#234;tre, bon, parce que j'ai des origines italiennes, aussi, puis voil&#224;, je trouvais que tout sonnait tr&#232;s bien, Lolita Pasta, et voil&#224;. C'est tout b&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Odile Fourmillier le 04/10/06.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les vivants d'argile du Cabanon des Accoules</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Etienne Barbier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;H&#233;ritier d'une pratique confidentielle, le ma&#238;tre santonnier de la mont&#233;e des Accoules poursuit au Panier un m&#233;tier ancr&#233; &#224; Marseille par la R&#233;volution.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Plut&#244;t timide et secret, enfant j'&#233;tais souvent tout seul. Et avant m&#234;me de faire des santons, quand j'&#233;tais tr&#232;s petit, six, sept, huit ans, &#224; l'&#233;poque on m'offrait &#224; No&#235;l - je sais pas si &#231;a existe toujours - de la p&#226;te &#224; modeler, et je faisais sur une table un imaginaire d'animaux. &#192; l'&#233;poque - vous pouvez pas conna&#238;tre &#231;a - c'&#233;tait la mode des indiens et des cow-boys. Moi, j'&#233;tais toujours pour les indiens. Et je faisais des petits personnages, des ours, et c&#230;tera et je me faisais un imaginaire. Donc en r&#233;alit&#233;, avec les santons je continue. &#187; Andr&#233;-Martial Robbe, 65 ans, ma&#238;tre santonnier marseillais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : &quot;Santonnier&quot;, c'est un m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, c'est un m&#233;tier. Les santonniers fabriquent deux sortes de santons, les santons habill&#233;s, et les santons dits &quot;de cr&#232;che&quot;, d'argile. Les santons habill&#233;s que tout le monde conna&#238;t sont devenus des santons de d&#233;coration et d'ameublement, et ils descendent directement des santons d'&#233;glise du XIIe-XIIIe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque de Saint-Fran&#231;ois d'Assise. C'est lui qui a cr&#233;&#233;, disons, ce concept de la cr&#232;che. La diff&#233;rence entre la Provence et les santons italiens, c'est que les Italiens n'ayant pas eu de r&#233;volution - bien entendu fran&#231;aise, entre guillemets - eh bien, les santons sont toujours rest&#233;s dans les mains des grands artistes, et, quand un santonnier italien fait un santon, il va jusqu'au bout de sa comp&#233;tence qui est une merveille. &#192; l'inverse des santons italiens, les santons que l'on voit en Provence, ces petits santons d'argile, eux, viennent de la R&#233;volution fran&#231;aise. Ils sont cens&#233;s &#234;tre faits par le peuple. Les santonniers de Provence ont donc une vocation diff&#233;rente : ils sont cens&#233;s repr&#233;senter le peuple ; le peuple, c'est des petits objets populaires, simples, donc le probl&#232;me il est que vous arr&#234;tez un moment o&#249; le petit objet il est toujours na&#239;f, m&#234;me si vous &#234;tes tr&#232;s comp&#233;tent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quel r&#244;le joue la R&#233;volution fran&#231;aise dans l'histoire du santon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; la R&#233;volution fran&#231;aise, les cur&#233;s chass&#233;s, les aristocrates coup&#233;s en deux et les &#233;glises ferm&#233;es&#8230; En cons&#233;quence, tout le peuple de Marseille n'&#233;tant pas des r&#233;volutionnaires, certains voulaient quand m&#234;me continuer &#224; f&#234;ter No&#235;l, et comme les &#233;glises &#233;taient ferm&#233;es, ils ont invent&#233; la cr&#232;che familiale. Et donc ils sont all&#233;s chercher de l'argile &#224; Saint-Henri, &#224; l'Estaque, qui est sur le bord de la mer &#224; Marseille ; l&#224;-bas, y avait des tuileries, pour faire les tuiles des toits. Ils ont ramen&#233; un peu d'argile, ils ont cr&#233;&#233; de petits personnages, et ils faisaient la cr&#232;che b&#233;nie par les pr&#234;tres r&#233;fractaires. Et, quand No&#235;l &#233;tait pass&#233;, ils se d&#233;p&#234;chaient de casser les petits santons pour ne pas se faire attraper par les comit&#233;s r&#233;volutionnaires. Quand le droit de culte est revenu, sous l'Empire, la Restauration, le Concordat, et c&#230;tera, les gens n'avaient plus besoin de se cacher, et donc ils ont trouv&#233; que les santons de famille pouvaient continuer cette tradition. &#192; ce moment-l&#224;, bien entendu, y avait plus de petits santons, puisqu'ils les avaient cass&#233;s pour la plupart, et ils avaient pas tous, entre guillemets, un certain don pour faire des petites figurines, donc ils ont dit : &quot;puisque maintenant on va dans la dur&#233;e, on va demander &#224; des gens plus comp&#233;tents de nous faire de jolis petits santons&quot;, entre guillemets. Donc, la licence de ma profession de santonnier de cr&#232;ches en Provence date de vers 1800, au moment o&#249; le droit de culte est revenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Un artisan se distingue-t-il d&#233;j&#224; &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Le meilleur d'entre nous &#224; cette &#233;poque-l&#224;, s'appelait &lt;a href='http://www.provenceweb.fr/f/mag/traditions/creches/creche.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;Jean-Louis Lagnel&lt;/a&gt;. Lorsque Jean-Louis Lagnel a commenc&#233; &#224; cr&#233;er les santons, vers 1800, il a cr&#233;&#233; plusieurs types. Ils sont de diff&#233;rentes formes, de diff&#233;rentes tailles, il a cr&#233;&#233; les bras rapport&#233;s ou les multiples qui sont les santons qu'on met devant. Mais &#231;a on peut revenir &#224; l'explication toute &#224; l'heure. Ce Monsieur a &#233;t&#233; en activit&#233; santonni&#232;re de 1790 &#224; 1820-1822. Il est n&#233; au Panier, il est mort au Panier ; et donc dans cette trentaine il a travaill&#233; ici au Panier, &#224; l'angle de la rue. Et donc si nous nous sommes install&#233;s dans ce coin, c'est pour continuer, et p&#233;renniser la m&#233;moire de Lagnel. Donc, l'origine des santons d'argile, c'est Marseille, c'est le Panier. Donc la capitale des santons, entre guillemets, c'est nulle part ailleurs que le Panier. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En r&#233;f&#233;rence &#224; quoi le nom de l'entreprise : &quot;Le Cabanon des Accoules&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au lieu &quot;Les Accoules&quot;, parce que c'est la mont&#233;e des Accoules, le &quot;Cabanon&quot;, c'est parce qu'&#224; cet endroit-l&#224;, dans les ann&#233;es 1900, c'&#233;tait un lieu de passage, et toutes les vieilles dames, &#224; partir de dix-sept heures le soir, en &#233;t&#233;, prenaient leur si&#232;ge avec elles et venaient toutes se donner rendez-vous, l&#224;, en bas des escaliers et quand elles se rencontraient, &lt;i&gt;&quot;Bon, &#224; toute &#224; l'heure au cabanon&quot;&lt;/i&gt;. Et donc j'ai continu&#233; &#224; trouver &#231;a tr&#232;s joli, et donc, je l'ai appel&#233; &quot;&lt;i&gt;Le Cabanon des Accoules&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Quel est votre souvenir le plus lointain li&#233; &#224; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Donc le plus lointain, c'est pas facile &#224; dire, parce que nous, &#231;a fait quatre g&#233;n&#233;rations de santonniers dans la famille. Donc, si vous voulez, y a pas de plus lointain. Je suis tomb&#233; dans le bain, et bon, j'ai toujours fait &#231;a, &#231;a m'a toujours plu, je sais pas quoi faire d'autre, et puis j'ai pas envie de faire autre chose. J'ai un fils qui va me succ&#233;der. J'ai deux petits fils qui vont continuer et qui sont passionn&#233;s. Du reste, c'est un probl&#232;me, ils aiment tellement &#231;a, ils foutent rien en classe, je vais faire de la r&#233;pression pour qu'ils continuent, mais enfin, j'esp&#232;re qu'apr&#232;s ils auront plus de conscience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a motiv&#233; votre choix pour ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme je vous l'ai dit dans la pr&#233;c&#233;dente question, c'est m&#234;me pas une motivation, c'&#233;tait normal d'aider les plus &#226;g&#233;s &#224; faire des santons. Quand y avait un coup de feu, pour la No&#235;l, et c&#230;tera. Bon, maintenant c'est vraiment devenu une vocation. Lorsque vers treize, quatorze ans, autour de moi on appr&#233;ciait mon travail, que j'ai pris conscience de ce que je pouvais faire en faisant des rapports avec les autres, voir ce qu'ils faisaient, un petit bond et j'ai continu&#233; avec passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui les santons repr&#233;sentent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement, les santons, ce sont des vivants. C'est-&#224;-dire un santon qui n'est pas peint n'est pas un santon : c'est une statuette qui n'a son titre de vivant que lorsqu'il est peint. &#199;a symbolise le pr&#233;sent, et en Provence, vous avez une conception particuli&#232;re. Tous les chr&#233;tiens du monde, au moment de No&#235;l font la cr&#232;che et la plupart ne font que la cr&#232;che dite biblique, avec tout ce qu'elle peut comporter : Vierge Marie, Saint Joseph, les Rois-Mages, et c'est tout, entre guillemets. Tandis qu'en Provence, &#224; cause de la r&#233;volution, le Concordat, et c&#230;tera, &#224; c&#244;t&#233; de la cr&#232;che biblique on a mis la soci&#233;t&#233; proven&#231;ale. Et du coup, &#231;a se d&#233;ploie dans des temps diff&#233;rents, tr&#232;s jolis. Que la cr&#232;che biblique, c'est le monde de Dieu, c'est-&#224;-dire la permanence, la figurance, l'&#233;ternit&#233;, plus grand par la naissance d'un enfant et ce que &#231;a peut repr&#233;senter de miracle. Et &#224; c&#244;t&#233; il y a la soci&#233;t&#233; proven&#231;ale qui se d&#233;ploie, elle, dans le pass&#233;, le pr&#233;sent, le futur. Et les santons se d&#233;ploient, ce sont des vivants, &#231;a repr&#233;sente le pr&#233;sent, sauf deux petits personnages qui sont des adorants, qui sont &#224; genoux, qui eux, symbolisent le pass&#233;. Et quand on fait la cr&#232;che dans la tradition, avant tout, on faisait toujours ces deux petits personnages qui, lorsque vous les avez pos&#233;s, convoquent votre grand-m&#232;re, qui, elle, est morte il y a vingt ans ; elle est vivante &#224; nouveau. Le tonton qui est parti faire fortune en Cochinchine ou au Tonkin, il est vivant aussi. &#199;a : pass&#233; et pr&#233;sent. Le futur, il est repr&#233;sent&#233; par le petit ravi qui lui, si vous connaissez, a les bras en ravissement de l'&#233;v&#233;nement. C'est lui qui a la conscience la plus grande de ce qui se passe ; la croix, son corps est en croix, une sorte de Christ terrestre. Quand l'enfant est n&#233;, dans la cr&#232;che, vous le posez pas loin. Dieu l'&#233;claire par l'arri&#232;re, l'ombre port&#233;e forme une croix qui se pose sur l'enfant et la forme de son futur. Alors forc&#233;ment, le Christ, c'est son futur. Mais c'est une parabole, et vous voyez : vous avez la v&#233;rit&#233; au milieu de vous, et vous ne la voyez pas !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment choisissez-vous les v&#234;tements des santons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, les v&#234;tements, c'est une convention entre tous les santonniers. Puisque ce sont des vivants, normalement, chaque santonnier de sa g&#233;n&#233;ration devrait habiller les santons comme ils sont. Mais il y a une convention entre tous les santonniers depuis 1800, c'est que si on fait les habits de son &#233;poque comme vous &#234;tes habill&#233;, disons vulgairement &quot;&#231;a mettrait une sorte de bordel dans la cr&#232;che&quot;, puisque chaque g&#233;n&#233;ration... En cons&#233;quence, notre convention : nous faisons des vivants mais nous les r&#233;habillons toujours entre 1820 et 1860. Ce qui donne une ambigu&#239;t&#233;, si vous voulez, parce que les gens qui nous connaissent pas, voyant qu'on habille ces santons comme &#224; la tra&#238;ne, que c'est le pass&#233;, ils croient que notre activit&#233; santonni&#232;re d&#233;cline. Pas du tout : C'est tr&#232;s tr&#232;s vivant. Surtout pour le haut de gamme. Pour le bas de gamme, ils sont concurrenc&#233;s avec les santons de plastique, et c&#230;tera, et ils disparaissent. Pour le haut de gamme, o&#249; c'est un artisanat d'art, entre guillemets, c'est toujours tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s vivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous renouvelez vos mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, la question ne se pose pas puisque les santons, ce sont des vivants. Tous les santons sont accept&#233;s dans la cr&#232;che, m&#234;me les nouveaux. Il y a une cr&#233;ation constante : avant y avait pas d'informaticiens, y avait pas&#8230; je sais pas, je suis en train de chercher... Et en cons&#233;quence, tout est possible, dans la cr&#232;che. Et comme on est quand m&#234;me li&#233;s au commerce, chaque ann&#233;e, les santonniers proposent des nouveaux petits sujets, et c'est le public qui d&#233;cide. &#199;a fait qu'il y a des santons qui vont rester comme des intangibles, et les autres vont dispara&#238;tre. Vous avez par exemple, un santon qui s'appelle &lt;i&gt;&quot;La dame au calen&quot;&lt;/i&gt;. Le calen, c'est une lampe &#224; huile. Cette dame, elle fait partie de l'origine des santons. C'est-&#224;-dire, l'histoire est la suivante : &quot;Y a eu une grande peste &#224; Marseille, dans les ann&#233;es... Bon, je me rappelle plus, 1750 ou et c&#230;tera et une dame tr&#232;s riche s'est d&#233;pens&#233;e sans compter pour aider tous ces pauvres gens qui &#233;taient en train de mourir. &#199;a a tellement marqu&#233; l'imaginaire populaire que la dame des calens est rest&#233;e dans les santons. L&#224;, j'ai fait, il y a trois ans, le p&#232;lerin de Saint-Jacques...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De Saint Jacques de Compostelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Et bien, &#231;a a l'air de prendre. Il est pas dit, avec un peu d'humilit&#233;, que ce santon reste au moins pour une trentaine, ou une quarantaine d'ann&#233;es dans l'imaginaire collectif. Et que si on n'a pas son p&#232;lerin de Saint Jacques dans la cr&#232;che, il y a quelque chose qui manque...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et avec qui avez-vous fait vos premiers pas artistiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai pas fait de premiers pas artistiques. Premi&#232;rement, je ne revendique pas &#224; &#234;tre un artiste. Je suis un artisan. La diff&#233;rence entre un artiste et un artisan : un artiste, il fait des &#339;uvres successivement, et toujours diff&#233;rentes, un artisan, c'est celui qui va mettre au point un projet, et qui va le r&#233;pliquer pour faire qu'il soit &#224; la vente au plus grand nombre. Alors maintenant, si je suis un bon santonnier, je peux fr&#244;ler un peu l'artiste, mais je revendique pas plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous avez suivi une formation particuli&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai pas suivi de formation particuli&#232;re. C'est plus facile que &#231;a, si on veut. &#201;tant donn&#233; que j'&#233;tais dans le bain, que toute la famille faisait &#231;a, j'avais juste &#224; reproduire ce que les autres faisaient. Avec un peu d'esprit de comp&#233;tition en disant : &lt;i&gt;&quot;Je veux &#234;tre le meilleur&quot;&lt;/i&gt; plus un petit peu de don, fait qu'&#224; un moment donn&#233;, je suis ce que je suis, mais y a pas, y a pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y'a pas de formation particuli&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas pour moi, et pas pour les santonniers qui travaillent, si vous voulez, par famille, par clan. Il y a pas d'&#233;cole, et j'en suis tr&#232;s content, parce que les &#233;coles de fa&#239;enciers et c&#230;tera c'est tr&#232;s tr&#232;s beau mais ce sont de v&#233;ritables parkings &#224; jeunes gens. Des g&#233;n&#233;rations&#8230; Trente jeunes vont suivre un cursus pendant trois ans et comme le march&#233; n'a pas besoin de trente jeunes d'un coup, parce que c'est un march&#233; relativement restreint, c'est une catastrophe : y en a que deux qui trouvent du travail et les autres continuent dans d'autres voies &#224; chercher &#224; nouveau du boulot. C'est pas bon, &#231;a. Donc, le probl&#232;me il est que pour les santonniers pour l'instant, pas d'&#233;cole, on apprend au sein des familles. La s&#233;lection est f&#233;roce c'est-&#224;-dire que quand quelqu'un se pr&#233;sente pour venir apprendre avec nous, si il est bon, on le garde, apr&#232;s il fera sa vie comme il l'entend, sinon, si il est pas bon, il est &#233;limin&#233;. Ou il fait, si il veut quand m&#234;me rester, il va faire une t&#226;che mineure. Voil&#224; ! Maintenant, on est bien d'accord, j'ai des heures de vol, en cons&#233;quence, avec le temps qui passe, et l'imaginaire de mon clan, j'emporte l'imaginaire, je raconte une histoire, et les autres adh&#232;rent ou n'adh&#232;rent pas. Et donc on travaille par famille ou par clan, et les clans, comme dans la tradition ancienne, se font des alliances, se font des m&#233;salliances, et c&#230;tera et donc, tous les santonniers se connaissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait des sacrifices pour y arriver ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Par rapport &#224; ce que je vous ai d&#233;velopp&#233;, d&#233;j&#224; comme id&#233;e, j'ai pas fait de sacrifice, j'&#233;tais dedans. Vous savez bien ce que c'est qu'une entreprise : des fois on n'a plus la vision, on n'a plus l'envie, et si &#231;a, pour continuer ou p&#233;renniser une entreprise, &#231;a s'appelle faire des sacrifices, je veux bien, alors y'a eu des sacrifices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous sommes dans un bain culturel : &#224; Marseille, que l'on soit la&#239;c ou croyant, tout le monde fait la cr&#232;che. Comme je vous disais toute &#224; l'heure, entre l'artisan et l'artiste : un artiste va souvent aller chercher, en dehors du lieu collectif, des objets de composition d'apr&#232;s des &#339;uvres d'art ; nous, en tant qu'artisans, et surtout la cr&#232;che, l'imaginaire de la cr&#232;che... C'est un m&#233;tier d'avenir, pas du tout un m&#233;tier pass&#233;iste. Il est &#224; mon avis... je cherche le nom, je le trouve pas, tant pis&#8230; : une sorte de pilier de la soci&#233;t&#233; dans l'imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une coutume.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est plus que &#231;a. Lorsqu'un la&#239;c fait la cr&#232;che, dans sa conception, c'est un moment de soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique id&#233;al, o&#249; les valeurs de respect, de partage, de tol&#233;rance sont exprim&#233;es. Il peut m&#234;me faire la cr&#232;che sans tenir compte de la cause biblique. Les chr&#233;tiens, on sait bien ce que &#231;a peut &#234;tre. Mais ce dialogue entre les deux mondes est tr&#232;s beau. Mes sources d'inspiration, comme je le disais toute &#224; l'heure, c'est un bain culturel, je suis pas &#224; refaire un autre monde, je suis dans un monde qui existe depuis tout le temps, qui se renouvelle, qui fait de nouvelles propositions. Mais j'ai juste, si je veux minorer cette inspiration, j'ai juste &#224; proposer, &#224; continuer &#224; faire le mieux possible les santons qui sont d&#233;j&#224; propos&#233;s, puisque ce sont des moules, de les reproduire, de faire le mieux possible et chaque ann&#233;e de reproduire des propositions diff&#233;rentes. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un ma&#238;tre en la mati&#232;re, quelqu'un qui ait &#233;t&#233; votre source d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Source d'inspiration ? Non. Mais admiration, certains santonniers, oui ! Et quand j'ai pris la d&#233;cision d'&#234;tre &#224; mon tour ma&#238;tre santonnier, c'est parce que j'avais de l'admiration de certains santonniers qui sont les plus grands de leur g&#233;n&#233;ration. Et j'en ai pris copie. Avec l'id&#233;e bien d&#233;termin&#233;e de faire aussi bien qu'eux. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;tait votre toute premi&#232;re r&#233;alisation et pour qui ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai pas eu de premi&#232;re r&#233;alisation, je vous ai dit toute &#224; l'heure, &#231;a s'est fait, dans mon cas, une fa&#231;on automatique puisqu'au d&#233;part j'&#233;tais dans une famille de santonniers. Vous vous occupez pas de faire le santon, vous faites une partie du santon : vous faites le petit panier, vous peignez le socle, et c&#230;tera, et apr&#232;s, hop ! vous faites une r&#233;alisation ; mais &#231;a se fait dans la progression et dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type de client&#232;le rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je parle pour Marseille. Il y a, bon, on a un pic de ventes pour No&#235;l, toute notre organisation est tourn&#233;e &#224; No&#235;l, o&#249; il y a la soci&#233;t&#233; enti&#232;re qui est tellement organis&#233;e dans cette compr&#233;hension qu'elle est demandeuse, elle fait des expositions et c&#230;tera. Donc l&#224;, &#224; l'endroit o&#249; je suis plac&#233;, pr&#232;s de la Vieille Charit&#233;, dans le vieux quartier de Marseille, je d&#233;ploie deux propositions : d'abord la cr&#232;che de No&#235;l - avec toutes les ventes-expositions &#224; l'ext&#233;rieur - et dans notre magasin. Puis comme je suis dans un quartier dit touristique, je propose toute l'ann&#233;e des sujets aux croyants et aux la&#239;cs et les la&#239;cs, ils m'ach&#232;tent des petits santons pour mettre dans une vitrine et les garder dans la vitrine. Il y a confusion, il y a pas mieux ou moins bien : y en a qui viennent, bien s&#251;r, pour l'objet religieux, et puis d'autres pour le coup de c&#339;ur, parce que c'est un joli petit objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; vous a t-elle entra&#238;n&#233; vers d'autres contr&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est plut&#244;t une promenade dans la t&#234;te, pour moi. Les santons dits d'argile, de cr&#232;che, c'est vers 1800, mais y en a eu bien avant la R&#233;volution des santons : y avait des santons en mie de pain, des santons en carton, et c&#230;tera&#8230; Et, ces santons, ce qu'ils m'ont confirm&#233; : c'est pas de me d&#233;placer, c'est de rester sur place en regardant les autres. Et par le fait, vers 1800, les santons &#233;taient pas cuits, donc faire un petit sujet &#233;tait tr&#232;s fragile, et le d&#233;placer amenait des cons&#233;quences de casse. Donc au d&#233;but, c'&#233;tait simplement une diffusion locale. Vers 1850-1900, on a commenc&#233; &#224; cuire les santons. Donc ils &#233;taient solides, on a pu les envoyer plus loin. Donc &#231;a a &#233;t&#233; une diffusion r&#233;gionale. Et maintenant, c'est devenu une diffusion hexagonale. Et avec internet, et c&#230;tera, par l'amplification de cet instrument de connaissance, &#231;a fait que le monde entier ach&#232;te des santons. Et du coup, y a pas besoin de se d&#233;placer, on vient &#224; vous, pour les chercher. Par contre apr&#232;s, &#231;a c'est suivant l'imaginaire du santonnier, au niveau de l'information, de regarder ce qui est le mieux, et c&#230;tera, et &#224; ce moment-l&#224; de les int&#233;grer. Il y a une telle force, dans l'imaginaire des santons de Provence, d&#233;j&#224; &#224; eux tout seuls...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; rencontre-t-on les santonniers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Beaucoup de santonniers sont structur&#233;s commercialement de mani&#232;re &#224; n'avoir qu'un atelier, g&#233;n&#233;ralement dans leur maison, c'est pour &#231;a qu'on les voit pas. Au moment de No&#235;l, ils font les foires-expositions et alors, l&#224;, on les voit. Je sais pas, ils vendent peut-&#234;tre par internet aussi, c'est possible. Et puis vous avez quelques santonniers qui eux ont un atelier et un magasin ou un local de vente ou de repr&#233;sentation. Nous, nous sommes dans ce cas. Mon atelier de fabrication, il est plus bas dans la rue, &#224; cinquante m&#232;tres d'ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous vivre de votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'en vis modestement. Avec le temps, maintenant, on est affermi : je gagne pas des mille et des cents, mais quand on aime quelque chose&#8230; Je veux dire, je sais pas quoi faire d'autre et puis c'est ma passion, c'est ma vie, et m&#234;me si je gagne peu d'argent, on se le partage et on vit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233;, pub, radio, et c&#230;tera ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ouf ... ! &#192; ce niveau-l&#224;, c'est une pr&#233;tention de vous dire &#231;a, mais quand vous faites du bon travail, c'est pas vous qui allez &#224; la communication, c'est les gens, &#224; cause de la tradition des santons, qui viennent vous voir, vous en &#234;tes l'exemple le plus probant : vous &#234;tes venu demander. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous a-t-on d&#233;j&#224; demand&#233; des objets insolites ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui. Mais de toute mani&#232;re, on fait que me demander des objets insolites, parce que jusqu'aux ann&#233;es 1980, nous &#233;tions six ou sept familles &#224; fabriquer ce qu'on appelle les santons &#224; bras rapport&#233;s ou les multiples, qui sont des santons dont le corps est moul&#233; tout seul, et &#224; la barbotine, c'est-&#224;-dire l'argile plus liquide, on ram&#232;ne les bras qui sont moul&#233;s aussi ; on fait, on fabrique tous les petits objets, les paniers, les chapeaux et c&#230;tera... Ces santons sont de plus grande taille, et ce sont ce qu'on appelle : &lt;i&gt;&quot;les vrais santons de Marseille&quot;&lt;/i&gt;. Et dans la tradition, ces santons-l&#224; sont achet&#233;s par les vieilles familles de Marseille, les gens ais&#233;s. Ils les mettent devant, ils font la cr&#232;che devant, avec. Et quand les chefs de clans sont morts de vieillesse, les h&#233;ritiers n'ont pas repris, &#231;a fait que nous sommes pratiquement plus qu'&#224; trois familles &#224; les fabriquer, entre guillemets, en trop grande quantit&#233; : moi je ne sors jamais d'ici, je suis ce qu'on appellerait un santonnier ermite. Donc les jeunes g&#233;n&#233;rations ne connaissent pas ces grands santons, il ne reste plus que les santons dits &quot;de fond&quot;, moins chers et qu'on vend sur les foires, que tout le monde conna&#238;t, qui sont moul&#233;s en une fois, qui ont diff&#233;rentes tailles. Pourquoi les appelle-t-on santons dits de fond ? C'est parce qu'au XIIe-XIIIe si&#232;cle, c'est la Renaissance flamande, italienne, fran&#231;aise et c&#230;tera, c'est toutes les recherches sur la perspective, et que les santons n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la sp&#233;culation de cette &#233;poque : le petit, vous le mettez derri&#232;re dans le jeu de la perspective, et le grand vous le mettrez devant. C'est pour &#231;a qu'on a des santons de diff&#233;rentes tailles. C'est pas parce que, comme les g&#233;n&#233;rations de maintenant, les jeunes g&#233;n&#233;rations, ont d'une fa&#231;on obsessionnelle de faire la collection de sept centim&#232;tres&#8230; C'est nul ! Un santon &#231;a s'ach&#232;te sur un coup de c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos collaborateurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je vous ai dit toute &#224; l'heure qu'on travaillait en clans, en famille. Vous avez dans la structure de notre artisanat le processus de la cha&#238;ne de fabrication, comme pour faire des voitures et autres ustensiles de cuisine. Le ma&#238;tre santonnier c'est celui qui ma&#238;trise, bien entendu, du d&#233;but jusqu'&#224; la fin, le processus. Donc au d&#233;part vous avez l'argile, c'est la mati&#232;re brute. Donc, au d&#233;part, le ma&#238;tre santonnier va faire une petite sculpture, qu'est souvent en argile molle et re-travaill&#233;e, et remis &#224; l'humidit&#233; pour retoucher et c&#230;tera. Ensuite, on fait le moule autour de cette petite sculpture. Dans la d&#233;ontologie de la profession, les santons doivent &#234;tre d'argile et les moules de pl&#226;tre ; lorsqu'on va couler les deux coquilles autour du petit santon - le petit prototype d'argile - le pl&#226;tre est mou et d&#233;lite, tout en solidifiant. Lorsque le pl&#226;tre est sec, on ouvre le moule, le petit sujet est mort, et donc c'est le pl&#226;tre, c'est le moule qui sert de r&#233;f&#233;rence. C'est ce qu'on appelle &quot;un moule m&#232;re&quot;. C'est un moule coque que l'on met dans une biblioth&#232;que, comme un ordinateur, la m&#233;moire . Ce moule va servir &#224; r&#233;p&#233;ter d'autres moules. Et les autres moules ont leur gorge d'&#233;vacuation pour mouler le santon. On laisse s&#233;cher le petit santon qui sort du moule, on le travaille, on le nettoie, on le fait s&#233;cher, et comme c'est trop fragile, on le cuit. Une fois qu'il est cuit, on le d&#233;core, soit &#224; la gouache, soit &#224; la peinture &#224; l'huile, soit &#224; la gouache des nouvelles techniques d'aujourd'hui, voil&#224;. Voil&#224; le processus de fabrication. Et donc en fonction de la surface de production de votre entreprise, si vous &#234;tes tout seul, vous &#234;tes du d&#233;but &#224; la fin de la cha&#238;ne de fabrication, mais &#224; partir du moment o&#249; vous commencez &#224; fabriquer beaucoup suivant vos ventes, vous avez, eh bien : le mouleur, vous avez le ma&#238;tre santonnier qui va cr&#233;er le petit sujet, le mouleur, celui qui cr&#233;e le moule, et vous avez ceux qui moulent les santons. Puis apr&#232;s, vous avez les d&#233;corateurs, et apr&#232;s vous avez tout le processus commercial autour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas eu de difficult&#233;s particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a toujours des difficult&#233;s, mais, bon, c'est comme &#231;a. Dans un jeu d'imaginaire, c'est peut-&#234;tre l'inverse qui se passe. La difficult&#233; n'est pas d'aller ailleurs - c'est tr&#232;s facile de partir d'un lieu et d'aller ailleurs - c'est d'accepter avec intelligence les &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, les contraintes sont toutes les contraintes d'une entreprise, savoir g&#233;rer, avoir le cash-flow, p&#233;renniser l'entreprise, comme dans toute autre entreprise. C'est une entreprise m&#234;me si on est seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est l'&#233;volution du site et de la production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle est, dans l'objectif de notre famille, en fonction des dons successifs des santonniers, notre objectif, c'est de monter en tr&#232;s haut de gamme. &#199;a c'est notre objectif et donc, si c'est r&#233;ussi, de toute mani&#232;re, c'est imm&#233;diatement sanctionn&#233; par la client&#232;le. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; payer tr&#232;s cher un joli petit santon. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous avez un souvenir de la plus belle r&#233;alisation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Et b&#232;, la plus belle r&#233;alisation, c'est lorsque l'un d'entre nous, entre guillemets a la sanction de la soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire premier ouvrier de France. Il y a un concours. Et chaque ann&#233;e, tous les m&#233;tiers sont concern&#233;s, tout l'artisanat : y a un premier ouvrier de France dans la cuisine, dans la chaudronnerie, dans la menuiserie et c&#230;tera. Donc nous aussi, notre profession est tr&#232;s structur&#233;e vers ce but. Et on pourrait consid&#233;rer que si vous &#234;tes un tr&#232;s bon santonnier, eh bien vous &#234;tes jug&#233; par vos pairs, par cette op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a vous est arriv&#233;, d'avoir un ratage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est facile. On peut pas les voir, parce qu'on les casse imm&#233;diatement. On le voit, et y a assez de regard sur votre travail pour savoir s'il est bon ou pas bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez-vous changer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon &#226;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'&#234;tes pas vieux.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a fait d&#233;j&#224; pas mal de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a fait combien d'ann&#233;es que vous travaillez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Toujours. J'ai toujours travaill&#233;, &#224; ce niveau-l&#224;. De toute mani&#232;re, j'ai jamais compt&#233;. C'est encore plus &#233;vident aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez-vous transmettre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La transmission, elle est p&#233;rennis&#233;e par le groupe, c'est-&#224;-dire que certains sont plus comp&#233;tents que dans d'autres et c&#230;tera. Et c'est tout le groupe qui porte la continuit&#233;. Simplement, il se d&#233;gage une ou deux personnes plus comp&#233;tentes que d'autres et qui servent de leaders, sinon, c'est tout le groupe. C'est vraiment d&#233;mocratique, entre guillemets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et en dehors d'internet, est-ce qu'il y a des publications sur les santons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est tr&#232;s tr&#232;s vivant, et y a des mus&#233;es, des expos, des march&#233;s : vous allez avoir la foire aux santons place Estienne d'Orves, pour No&#235;l. Et &#224; c&#244;t&#233;, y a la maison de l'artisanat. Et cette maison va faire - comme l'ann&#233;e derni&#232;re, o&#249; elle avait pr&#233;sent&#233; une exposition des santons musiciens - l&#224;, elle va pr&#233;senter les meilleurs santonniers. Donc je vais proposer une des cr&#232;ches que j'ai d&#233;j&#224; l&#224;, et qui sera expos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une anecdote &#224; raconter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Ce serait trop long, ce sera pour une autre &#233;mission. J'en connais pas, si ce n'est que j'ai beaucoup de pol&#233;miques avec les santons, c'est l'histoire des hommes, entre guillemets, et donc, l'histoire qui est &#233;crite et racont&#233;e c'est toujours l'histoire des gagnants, jamais des perdants. Donc l'histoire des santons elle est interpr&#233;t&#233;e par les meilleurs. Disons qu'y a plein d'histoires dessous qui sont perdues, qui sont tr&#232;s belles, aussi, et qu'on conna&#238;tra jamais. Ces petits personnages sont plus que ce que l'on croit. Ils sont la permanence du cerveau humain. De tous temps, ces petits personnages ont exist&#233; dans les diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s. Chez les Grecs, c'&#233;tait les tanagra, chez les &#201;gyptiens, c'&#233;tait d'autres repr&#233;sentations. Cette chose-l&#224; est d'une &#233;ternit&#233;, et je ne suis qu'un petit bras &#224; la continuit&#233; de cette &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Propos recueillis par &#201;tienne Barbier le 10/10/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Trois Tours du Monde des danseuses marines</title>
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		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Voilerie marseillaise : cr&#233;ation et fabrication, pour parer croiseurs et vieux gr&#233;ements.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 1979, Philippe Alessandrini dirige avec son associ&#233; Herv&#233; Cordesse la Voilerie Phoc&#233;enne, sise &#224; l'anse du Pharo : &#171; &lt;i&gt;Le travail, dans une petite voilerie comme la mienne, c'est de balayer jusqu'&#224; vendre une voile, la dessiner, la concevoir, la fabriquer, la terminer ; je fais tout, hein.&lt;/i&gt; &#187; De la gal&#232;re de l'entrepreneur au bonheur du cr&#233;ateur, ouvrages promis aux vents.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diff&#233;rentes voiles qu'on fabrique, oh l&#224; l&#224; !&lt;/strong&gt; Alors l&#224;, c'est difficile parce que c'est vachement vaste. En gros, on fait que les bateaux, on fait pas de d&#233;riveurs ni de planches &#224; voile. Nous on est sp&#233;cialis&#233;s dans les croiseurs &#224; partir de 7 m&#232;tres, pas plus petits. &#192; partir de l&#224;, y'a beaucoup de styles de voiles. On peut faire des bateaux jusqu'&#224; 25 m&#232;tres, on fait des vieux gr&#233;ements, aussi, jusqu'&#224; 25,30 m&#232;tres et des bateaux de croisi&#232;re actuels jusqu'&#224; 20 m&#232;tres. Apr&#232;s &#231;a, on fait toutes les voiles qui vont dessus mais y'a rien de particulier : nous on fait du sur mesure, du custom, ce qui fait qu'on a un &#233;ventail &#233;norme, enfin, plein de voiles diff&#233;rentes ; y'a pas de produit phare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bon, la particularit&#233; de mon travail, bien s&#251;r, c'est la cr&#233;ation des voiles : &lt;/strong&gt; je les dessine sur papier millim&#233;tr&#233; ou sur ordinateur pour certaines et puis on les fabrique, moi je les coupe moi-m&#234;me. Apr&#232;s, on les assemble, on les finit et c'est de A &#224; Z, donc c'est pas un boulot o&#249; je fais une seule t&#226;che, c'est vraiment hyper large. Apr&#232;s, c'est une petite entreprise, on est quatre, cinq, six au maximum, donc on est deux associ&#233;s, on fait la partie comptabilit&#233;, les charges sociales, les salaires, les fiches de paie, on fait tout. Et on navigue aussi. On navigue beaucoup, oui, on fait des r&#233;gates. On a un bateau qui appartient &#224; la voilerie, qu'on loue aussi pour rentabiliser mais avec lequel on r&#233;gate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La partie la plus importante,&lt;/strong&gt; au niveau temps, c'est la partie qu'on fait sur le plancher, la coupe, le montage, les finitions. Apr&#232;s c'est de vendre la voile, parce que c'est la base : si on a pas la commande, y'a rien derri&#232;re. Le plus important, c'est de trouver le client mais dans ce m&#233;tier-l&#224;, c'est le client qui vous trouve. &#192; notre &#233;chelle, parce qu'y'a des grandes voileries qui ont des budgets publicit&#233; &#233;normes, qui eux vont chercher &#233;norm&#233;ment le client. Tous ceux qui ont des revendeurs sur Marseille, ils ont des commerciaux qui eux rappellent le client sans arr&#234;t, parce qu'eux, ils ont pas le temps de fabrication. Nous, on a beaucoup de temps de fabrication, donc on a moins de temps. Et les neuf dixi&#232;mes du boulot, c'est la fabrication, c'est du concret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut &#234;tre hyper polyvalent,&lt;/strong&gt; r&#233;parer les machines &#224; coudre qui sont assez compliqu&#233;es, c'est des machines un peu particuli&#232;res. Faut savoir tout faire, oui, &#231;a c'est la base : si je donnais un conseil &#224; quelqu'un pour faire &#231;a, c'est &#234;tre hyper polyvalent, autrement, pas la peine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, on coupe au ciseau, bien s&#251;r.&lt;/strong&gt; Des gros ciseaux pour des grosses voiles, petits ciseaux, petites voiles. Absolument, on est des couturiers, nous. Apr&#232;s, on a des presses qui font 25 tonnes pour sertir des &#339;illets, donc on a des outils un peu particuliers, hein. Mais par contre, les machines &#224; coudre n'ont rien &#224; voir avec les machines de couturi&#232;re, &#231;a marche pas pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mati&#232;res, la base c'est du polyester,&lt;/strong&gt; apr&#232;s y'a plusieurs variantes. Depuis quelques ann&#233;es, maintenant, y'a ce qu'on appelle les composites, des voiles avec plusieurs mat&#233;riaux &#224; l'int&#233;rieur. Y'a des aramides, du kevlar ou des carbones. Y'a des nouveaux mat&#233;riaux d&#233;riv&#233;s du polyester, aussi. Le polyester, il se d&#233;cline dans beaucoup plus de formes qu'avant o&#249; y'avait qu'une forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comp&#233;tences, &#224; la base, il faut faire du bateau ;&lt;/strong&gt; quelqu'un qui fait pas de bateau, c'est m&#234;me pas la peine. Il faut d&#233;j&#224; avoir des bonnes connaissances de bateau, savoir naviguer. Savoir ce que c'est un bateau, &#231;a c'est la base. Faut &#233;videmment aimer &#231;a. Apr&#232;s &#231;a, la formation, pour arriver plus loin, soit on a la chance de tomber sur quelqu'un qui vous donne le m&#233;tier, qui vous le passe et &#231;a se passe bien, soit il faut gal&#233;rer comme nous, parce qu'on a eu que vraiment les bases. Et y'a pas de myst&#232;re : il faut &#233;norm&#233;ment travailler pour arriver &#224; progresser, &#224; s'en sortir, parce que c'est un m&#233;tier de confiance. Les clients qui viennent chez nous, ils viennent pas par hasard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'activit&#233;, sur Marseille, avant, c'&#233;tait tr&#232;s saisonnier :&lt;/strong&gt; l'hiver, on avait rien &#224; faire et le printemps, on avait trop de travail. Maintenant, &#231;a s'est vraiment nivel&#233;. On a toujours une saison plus forte de f&#233;vrier &#224; juillet, 14 juillet, apr&#232;s y'a plus rien jusque d&#233;but septembre et on ferme, maintenant. Apr&#232;s, d&#233;but septembre jusqu'au fin octobre, d&#233;but novembre, c'est activit&#233; assez soutenue mais sans trop. On a trois mois un peu creux, novembre, d&#233;cembre et janvier, mais apr&#232;s &#231;a repart.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La client&#232;le, maintenant, est assez &#233;limin&#233;e de professionnels.&lt;/strong&gt; On avait, &#224; une &#233;poque, beaucoup de professionnels mais c'&#233;tait pas bon du tout, donc maintenant, on va travailler &#224; peu pr&#232;s 80 % du particulier. On a deux activit&#233;s, ici : une activit&#233; voile et une activit&#233; gr&#233;ements, on fabrique des m&#226;ts, des haubanages et des pi&#232;ces inox. Mais au niveau voile, on est &#224; 90 % de particuliers et 10 % de professionnels. En chiffre d'affaire, on fait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose. Par contre, le gr&#233;ement, on fabrique pas les c&#226;bles, on fabrique pas les m&#226;ts non plus, donc on ach&#232;te. On part d'un produit qui est d&#233;j&#224; semi-fini, sur les m&#226;ts et m&#234;me trois-quart fini, souvent. Parce que souvent, les m&#226;ts, on est revendeurs pour une marque, donc on re&#231;oit les m&#226;ts tout pr&#234;ts. Souvent, on re&#231;oit des m&#226;ts avec une partie qui est mont&#233;e, puis faut monter les accessoires dessus, les girouettes, les trucs comme &#231;a. Puis on fabrique le gr&#233;ement, par contre, on part du c&#226;ble et on le fabrique compl&#232;tement. On a une machine qui sertit les c&#226;bles. Alors qu'en voile, on est fabriquant de A &#224; Z. On fait pas le m&#234;me chiffre d'affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La proximit&#233; c'est la base,&lt;/strong&gt; c'est l'int&#233;r&#234;t des voileries comme nous, d'ailleurs. Et de savoir exactement, comme nous faisons du sur mesure, deux voiles du m&#234;me bateau ne sont pas les m&#234;mes, y'a deux plans diff&#233;rents. Parce que une personne peut faire de la croisi&#232;re, d'autres, un peu plus de r&#233;gate, l'autre il navigue en &#233;quipage avec plus de monde, l'autre il navigue seul. Donc chaque bateau a une voile diff&#233;rente. C'est l'int&#233;r&#234;t de nous par rapport &#224; d'autres voileries qui font de la s&#233;rie, parce que nous on fait vraiment l'utilisation et donc, la discussion avec le client c'est primordial pour savoir ce qu'on va lui faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les clients viennent par les voiles qu'ils voient&lt;/strong&gt; parce qu'on a pas mal de voiles qui naviguent, donc ils les voient dans les ports, ils les croisent en mer. Puis souvent, les gens parlent sur les pannes, dans les ports : &quot;&lt;i&gt;Chez qui tu vas ? - Moi, je vais chez Untel&lt;/i&gt;&quot;, c'est comme &#231;a qu'on augmente notre client&#232;le. C'est de bouche &#224; oreille. Ils viennent par une notori&#233;t&#233;, parce que c'est des produits qui sont assez chers, donc on fait pas faire un truc comme &#231;a au premier venu sans savoir. Donc, faut acqu&#233;rir une notori&#233;t&#233; et que les gens aient confiance. C'est comme &#231;a que vous commencez &#224; avoir une client&#232;le qui vient et &#231;a, &#231;a se fait pas du jour au lendemain, c'est tr&#232;s long. Nous, on a mis quinze ans avant d'arriver &#224; avoir un d&#233;but de client&#232;le fid&#232;le qui nous faisait confiance parce que au d&#233;but, c'est tr&#232;s dur. Au d&#233;but, on se paie pas d'ailleurs, on avait m&#234;me pas de salaire. Donc, il faut vraiment s'accrocher. C'est un m&#233;tier tr&#232;s difficile parce que vous pouvez pas arriver et dire : &#171; &lt;i&gt;Je suis voilier, je sais faire des voiles.&lt;/i&gt; &#187; Si vous dites &#231;a, personne vous ach&#232;te de voiles. Y'a plein de confr&#232;res qui sont l&#224; pendant deux, trois ans et qui ferment. Ah ! Nous, on a failli fermer plusieurs fois. Parce qu'on avait plus financi&#232;rement les moyens de continuer. Y'avait pas assez de clients, trop de frais, trop de charges et puis vous fermez, c'est termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, des voileries &#224; Marseille,&lt;/strong&gt; maintenant, y'a voilerie et puis y'a revendeur de voiles : c'est pas la m&#234;me chose parce qu'en fait, c'est des revendeurs de voiles fabriqu&#233;es ailleurs. En fabricants de voiles, y'en a que trois, maintenant : la voilerie Solatges derri&#232;re le th&#233;&#226;tre de la Cri&#233;e et la voilerie Sun Side &#224; la Pointe rouge qui fabriquent sur place. Ils ont leurs propres marques, ind&#233;pendants et tout. Apr&#232;s, y'a trois, quatre revendeurs mais eux, ce sont des commerciaux : ils ont un petit atelier pour faire des petites r&#233;parations mais ils ne fabriquent pas, ils revendent une marque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voilerie existe depuis 1972&lt;/strong&gt; mais c'est notre pr&#233;d&#233;cesseur, Monsieur Ramel, qui l'avait cr&#233;&#233;e avec Monsieur Mezza. La voilerie Mezza &#233;tait la plus vieille voilerie de Marseille et, pour s'agrandir, avait cr&#233;&#233; cette voilerie qui &#233;tait une soci&#233;t&#233; d'exploitation des voileries Mezza. Donc cette voilerie s'est cr&#233;&#233;e avec ces deux personnes mais de caract&#232;res assez forts et au bout de six mois, c'&#233;tait termin&#233;. Et la deuxi&#232;me personne a cr&#233;&#233; la Voilerie Phoc&#233;enne, d&#233;but 73. &#192; partir de ce moment-l&#224;, il a &#233;t&#233; tout seul ; cette personne un peu &#226;g&#233;e, qui avait pris sa retraite, qui travaillait dans un autre secteur, voulait faire &#231;a un peu pour s'amuser parce qu'il &#233;tait passionn&#233; de bateau. En 79, il avait 60 ans et voulait s'arr&#234;ter de travailler et a cherch&#233; &#224; vendre. Mon associ&#233; et moi cherchions &#224; faire quelque chose dans le nautisme et mon associ&#233; le connaissait, donc on nous a mis en relation et nous avons acquis la voilerie en 79.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai fait une licence de sciences &#233;co&lt;/strong&gt; et j'&#233;tais moniteur de voile pendant quelques ann&#233;es &#224; la Ciotat, d'o&#249; ma passion de la voile. Et apr&#232;s la fac, j'ai fait pendant trois ans des rallyes professionnellement, j'&#233;tais pilote d'usine pour Citro&#235;n, pour Toyota, pour des marques&#8230; Et gr&#226;ce un peu aux sous que j'ai gagn&#233;s, j'ai pu acheter cette voilerie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis arriv&#233;, je savais faire du bateau, bien s&#251;r, mais absolument pas fabriquer une voile.&lt;/strong&gt; C'est la personne qui nous a vendu qui nous a appris le m&#233;tier - les d&#233;buts du m&#233;tier, parce qu'il s'est tr&#232;s vite arr&#234;t&#233; : il est rest&#233; &#224; peu pr&#232;s six mois avec nous, parce qu'il avait vraiment un caract&#232;re impossible (rire) !... Il nous a appris les bases et apr&#232;s &#231;a, on a vraiment gal&#233;r&#233;, vraiment travaill&#233; pour y arriver parce qu'y'a personne qui vous apprend le m&#233;tier. C'est pas un m&#233;tier avec une &#233;cole, y'a aucune formation : &#231;a s'apprend sur le tas, par le travail, par les &#233;checs, par l'exp&#233;rience parce que c'est assez particulier, comme boulot. Des fabricants comme moi, y'en a pratiquement plus en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On voulait faire un m&#233;tier dans la mer,&lt;/strong&gt; ou qui ait un petit rapport avec la mer. On a failli faire un truc d'accastillage, mais &#231;a nous passionnait pas. On avait plut&#244;t envie de cr&#233;er, de produire, revendre &#231;a nous int&#233;ressait pas beaucoup. Et donc, &#231;a s'est pr&#233;sent&#233; comme &#231;a et je suis tr&#232;s content de l'avoir fait. On cr&#233;e, on est des cr&#233;ateurs, nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;tier a chang&#233;, un peu quand m&#234;me&lt;/strong&gt; mais, pas dans des proportions r&#233;volutionnaires. On a chang&#233; d'outils depuis l'&#233;poque, c'est certain. Avant, pour faire des spinnakers, des spis, c'est des grosses voiles de couleur, on les coupait ici &#224; la main, parce qu'y'avait pas de machines. Maintenant y'a des machines qui coupent &#231;a automatiquement. L&#224; o&#249; je mettais trois jours &#224; couper un spi, y'a une heure et demie de machine. Donc, maintenant, je le fais plus moi ici. Je fais le plan sur ordinateur, j'envoie, y'a une machine qui coupe &#231;a et je re&#231;ois tout pr&#232;s. L&#224;, oui, &#231;'a &#233;volu&#233;. De nouvelles machines sont sorties, plus performantes, plus fiables. Les mat&#233;riaux ont &#233;volu&#233;, aussi, les formes des voiles aussi. Parce que les car&#232;nes des bateaux, les gr&#233;ements, tout ce qu'y'a autour, les m&#226;ts et tout ont &#233;volu&#233;. Donc oui, dans ce sens l&#224; &#231;'a &#233;volu&#233; mais la base, c'est toujours la m&#234;me, c'est toujours une voile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les techniques de coupe,&lt;/strong&gt; actuellement, on est en train de passer &#224; de nouvelles phases. On va plus avoir des voiles par panneaux, on passe &#224; des voiles qu'on appelle des voiles membrane qui sont des monolithiques. Toute la voile est d'une seule partie et apr&#232;s, il faut faire les renforts, les p&#233;riph&#233;riques. Les panneaux c'est les morceaux de la voile parce que nous, on part d'un rouleau de tissu qui fait 91,40 ou 140 sur 137 et y'a plusieurs panneaux. C'est des panneaux qu'on coupait et tout, qu'on coud - on coud toujours d'ailleurs - les trois-quart c'est encore &#231;a. &#199;a, on passe dans les voiles de course, alors &#231;a d&#233;bouchera s&#251;rement apr&#232;s sur des voiles de croisi&#232;re, un jour ou l'autre, qui seront aussi en membranes. Mais pour l'instant c'est un peu trop fragile, c'est pas encore adapt&#233; &#224; la croisi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec nos confr&#232;res, on &#233;change des m&#233;thodes de fabrication,&lt;/strong&gt; des trucs comme &#231;a, oui. Bon, maintenant, chacun a sa vision des profils de voile et effectivement, chacun a son truc et personne n'en parle, c'est assez personnel. Attention, faut pas croire qu'y'a des &#233;carts &#233;normes, c'est des millim&#232;tres, parce que y'a une base quand m&#234;me, mais c'est vrai que chacun a un peu une vision des voiles diff&#233;rente. Par contre au niveau des m&#233;thodes de fabrication, y'en a un qui a un bon truc, il le dit &#224; l'autre, &#233;videmment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sagr&#233;ments, c'est le temps qu'on passe.&lt;/strong&gt; C'est entre cinquante et soixante heures hebdomadaires, les week-ends parce qu'il faut aller naviguer, voir avec un client, un truc. C'est abominable mais, on peut pas faire un boulot comme &#231;a sans passer du temps. On peut pas le faire &#224; moiti&#233;, trente-cinq heures, c'est impossible. &#199;a, les m&#233;tiers de passion, on peut pas faire comme &#231;a, parce que &#231;a marche pas. Il faut vraiment s'investir &#224; fond, en temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que j'aime le plus ? Ah ! C'est voir mes voiles quand je navigue,&lt;/strong&gt; que je suis en mer, et je vois qu'elles sont belles et que le bateau marche bien, voil&#224;, &#231;a, c'est mon bonheur (rire). C'est la r&#233;compense, ou que les gens m'appellent en me disant qu'ils sont super contents de mes voiles, &#231;a c'est vachement agr&#233;able, quand m&#234;me. Quand je sais que mes voiles, elles ont fait trois fois le tour du monde et qu'elles reviennent et que je les vois et qu'elles sont encore navigables, je suis content. Parce que le mec qui m'avait command&#233; &#231;a, c'&#233;tait s&#251;rement pour avoir des voiles fiables et donc le r&#233;sultat a &#233;t&#233; atteint, &#231;a fait plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, je navigue,&lt;/strong&gt; bien s&#251;r, le plus que je peux. C'est pas beaucoup, c'est pas assez pour moi mais bon, c'est comme &#231;a, on peut pas tout faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Ben moi je suis n&#233; &#224; Marseille,&lt;/strong&gt; je suis un Marseillais de souche. Donc, je suis marseillais dans l'&#226;me et c'est s&#251;r que j'ai un lien. On a une chance &#233;norme. D'ailleurs, une grosse partie de la d&#233;cision pour reprendre ici, c'est l'emplacement qui est fabuleux parce que l&#224;, on a 1200 m&#178; dessous, c'est m&#234;me plus grand qu'ici, on a un local immense pour les m&#226;ts, on a m&#234;me une menuiserie. On est dans le centre ville, on peut se garer quand m&#234;me, c'est magique, on descend &#224; pied au port. C'est extraordinaire. C'est un coin unique &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 11/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dr&#244;les de choses de l'atelier</title>
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		<description>&quot;Y a des gens qui se mettront devant mes peintures, qui diront &#171; c'est &#224; chier, qu'est-ce que c'est ? C'est vilain comme tout, je pr&#233;f&#232;re Rembrandt ! &#187;, ils ont raison... Mais y en a d'autres qui vont oublier Rembrandt et qui vont voir Paul Huet, et qui vont dire &#171; c'est pas trop mal &#187;, et &#231;a va leur faire quelque chose...&quot; ...J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s surpris par exemple, dans la derni&#232;re expo, j'aurais jamais cru... Parce que moi je suis un petit peu au niveau de l'artisanat, pour moi c'est avant tout des bouts de (...)

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Y a des gens qui se mettront devant mes peintures, qui diront &#171; c'est &#224; chier, qu'est-ce que c'est ? C'est vilain comme tout, je pr&#233;f&#232;re Rembrandt ! &#187;, ils ont raison... Mais y en a d'autres qui vont oublier Rembrandt et qui vont voir Paul Huet, et qui vont dire &#171; c'est pas trop mal &#187;, et &#231;a va leur faire quelque chose...&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;...J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s surpris par exemple, dans la derni&#232;re expo, j'aurais jamais cru... Parce que moi je suis un petit peu au niveau de l'artisanat, pour moi c'est avant tout des bouts de ficelle, des bouts de tissu, de la colle, et des probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre : &quot;comment je vais faire ? J'y arrive pas...&quot; Et puis vous exposez, et vous apprenez qu'un peintre a pleur&#233; devant un de vos tableaux ; &#231;a vous fait dr&#244;le... Vous vous dites que quelque part, vous avez atteint un objectif, mais sans le voir. (...) Regardez comme certaines &#339;uvres d'art ont une existence incroyable depuis des si&#232;cles. Chaque fois qu'il y a des gens qui regardent tel op&#233;ra ou quoi, ils sortent avec le c&#339;ur qui s'est &#233;largi, et des fois, m&#234;me, ils ont un attachement incroyable &#224; cette &#339;uvre, ils l'&#233;coutent &#224; tout bout de champ chez eux... &#199;a n'arr&#234;te pas de leur donner quelque chose. C'est pas n&#233;cessairement ce que l'artiste a per&#231;u, lui, parce qu'il est de l'autre c&#244;t&#233; ; il est du c&#244;t&#233; de la production, en quelque sorte. &lt;br /&gt;Bien s&#251;r que lui-m&#234;me, &#231;a vient d'un fond d'&#233;motion et tout ; mais il a pas cette chance, sp&#233;ciale, de l'amateur, qui lui, n'a pas du tout assist&#233; &#224; l'accouchement. Il voit que le beau b&#233;b&#233; tout neuf, dans sa paille. Et c'est int&#233;ressant, &#224; ce moment-l&#224;, de voir par les yeux de ces personnes.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Koinai. - Pr&#233;sentez-vous un peu, dites-nous qui vous &#234;tes, ce que vous faites.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Paul Huet. - H&#233; bien je suis Paul Huet, j'habite &#224; Digne, apr&#232;s avoir habit&#233; longtemps &#224; Marseille. Je me suis un peu &#233;chapp&#233;... A l'&#233;poque, il n'y avait pas grand-chose &#224; en esp&#233;rer. Apr&#232;s j'ai un peu regrett&#233;, parce que Marseille s'est &#233;veill&#233;e apr&#232;s que je sois parti !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Par rapport &#224; la peinture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - La peinture, mais aussi les arts en g&#233;n&#233;ral, et le type de vie, quoi : j'ai v&#233;cu dans un Marseille o&#249; les jeunes se comptaient, et maintenant c'est plein de jeunesse... &#199;a avait un c&#244;t&#233; un peu endormi, quoi. A choisir, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; aller habiter &#224; la montagne. Je me suis un peu isol&#233;, mais j'ai profit&#233; de la nature, alors que j'habitais Castellane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous &#234;tes artiste plasticien...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui, je dessine, je peins depuis le berceau, et apr&#232;s avoir &#233;norm&#233;ment profit&#233; de &#231;a dans un sens de consolation, de refuge, de plaisir, disponible tout le temps - j'avais toujours un petit stylo ou quoi &#224; la main - dans les ann&#233;es 80, j'ai &#233;t&#233; s&#233;duit par l'id&#233;e de devenir un artiste. De vraiment faire &#231;a pour que ce soit expos&#233; etc... Et j'ai d'abord &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;u parce que je croyais pas que c'&#233;tait aussi compliqu&#233;, qu'y avait autant de mauvais esprit. Et puis aussi, j'ai fait trois enfants, coup sur coup, et l&#224; tout le monde m'a dit : &quot;Tu y arriveras pas &#224; continuer &#224; peindre&quot;, et moi je le croyais pas, mais c'est vrai...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - C'est &#224; cette p&#233;riode, les 13 ans de doute dont vous parlez sur votre site ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui. Oui. Voil&#224;. Et donc, apr&#232;s toutes ces ann&#233;es, soudain, y a quelque chose qui s'est d&#233;clench&#233;. Y a eu un petit message int&#233;rieur : le temps pressait, fallait que je fasse ce que j'avais eu envie de faire et qui &#233;tait incontournable. C'est-&#224;-dire ce qu'on appelle, d'une mani&#232;re un peu grandiloquente, &quot;une &#339;uvre&quot;... laisser un t&#233;moignage, communiquer quelque chose. Et puis peut-&#234;tre aussi, &#234;tre satisfait de soi avant de dire &quot;bye bye&quot;... Je commence &#224; avoir un certain &#226;ge, et c'est un &#226;ge o&#249; on se dit que &#231;a peut survenir d'un moment &#224; l'autre ; alors que depuis qu'on est b&#233;b&#233;, &#231;a peut survenir d'un moment &#224; l'autre ! Mais y a un &#226;ge o&#249; &#231;a devient un peu plus vrai, parce qu'on voit sur soi des traces qu'on est en train de rendre les choses une par une, et l&#224; j'ai senti cette urgence de me mettre au travail. Et c'est une grande satisfaction, parce qu'y a un tas de petits malaises, qui &#233;taient li&#233;s &#224; &#231;a et qui ont disparu. Je me sens quand m&#234;me beaucoup mieux dans ma peau. Et puis je suis content de voir qu'y a des gens &#224; qui &#231;a fait plaisir, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Dans l'entre-deux, pendant ces fameuses 13 ann&#233;es, vous faisiez quoi alors pour vivre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors j'ai la chance d'avoir une femme qui travaille avec s&#233;rieux, qui m'a soutenu ; j'ai fait pas mal de petites choses, mais qui ont &#233;t&#233; un petit appoint ; j'ai travaill&#233; notamment dans le domaine de la musique, j'ai fait des paroles, j'ai eu la chance d'avoir quelques droits d'auteur. J'ai fait un peu de mise en sc&#232;ne, music-hall etc... Parce que j'avais fait un peu de th&#233;&#226;tre, mais bon, rien qui ait vraiment r&#233;ussi, qui ait vraiment pris de l'ampleur. Et voil&#224;. Sinon, une chose importante dans ma vie, c'est que j'ai une recherche spirituelle, qui m'occupe pas mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous pouvez nous en dire plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Hmmm... Pendant toutes ces ann&#233;es, je cherchais un peu la solution, que tout le monde recherche, c'est-&#224;-dire se sentir en paix, et quitte... Un souci de... d'&#234;tre meilleur. J'ai &#233;t&#233; membre d'une communaut&#233; un peu en dehors de l'establishment religieux. Vous savez que tr&#232;s souvent, lorsqu'on parle de christianisme, on pense tout de suite Inquisition, morale rigoriste, etc ; moi je crois que c'est beaucoup plus un message de vie, de tol&#233;rance, d'amour, de pardon... et aussi un message r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re &#233;glise, c'&#233;tait une communaut&#233; o&#249; on mettait toutes les ressources en commun et o&#249; chacun recevait selon ses besoins. &#199;a veut dire que par exemple, l'&#233;quivalent d'une profession lib&#233;rale d'aujourd'hui, repartait avec... ses besoins : s'il avait un seul enfant il repartait avec moins que l'ouvrier, qui avait d&#233;pos&#233; moins que lui, mais qui avait besoin de plus que lui. Et je crois que c'est le grand crit&#232;re de la vraie foi. C'est quelque chose de tr&#232;s concret, je crois que la vraie foi c'est pas dans les &#233;toiles, c'est dans les relations avec les &#234;tres humains entre eux, la fa&#231;on dont on g&#232;re son argent et son temps... ses ressources. Et je me rattache donc &#224; ce christianisme primitif, qui impliquait de prendre en compte la justice sociale.
&lt;br /&gt;Mais, je sais pas si vous voyez, mes tableaux ne parlent pas de J&#233;sus, on pourrait pas sp&#233;cialement y trouver l'identit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Quelle influence a eu votre enfance en Alg&#233;rie sur votre &#339;uvre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Mon enfance en Alg&#233;rie... Ben l'Alg&#233;rie c'&#233;tait un pays en guerre, y avait beaucoup d'angoisse, mais y avait un grand bonheur en m&#234;me temps. En fait, c'est mon p&#232;re qui m'a mis le pied &#224; l'&#233;trier, parce que mon p&#232;re dessinait, et il m'a appris &#224; faire des bonshommes avec un petit point et quatre ou cinq petits segments, vraiment la version basique du bonhomme... J'ai couvert des pages, comme &#231;a, de petits bonshommes, je me r&#233;galais... Puis j'aimais voir mon p&#232;re faire ces petits dessins, et tout. Et donc &#231;a, c'est mon enfance en Alg&#233;rie, &#231;a aurait pu avoir lieu en Bretagne, ou peu importe... La terre, c'est autre chose... Non mais l'influence de l'Alg&#233;rie... Je la sens tr&#232;s forte, mais... peut-&#234;tre parce qu'elle est tr&#232;s forte en tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous y &#234;tes rest&#233; jusqu'&#224; quel &#226;ge ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Jusqu'&#224; l'&#226;ge de onze ans.
&lt;br /&gt;Je sais pas, je crois que si &#231;a a &#224; voir avec... c'est par... un &#233;trange d&#233;tour. C'est que je crois que si on a &#233;t&#233; heureux, on peut que grandir dans cette dimension du bonheur. Je crois que j'ai &#233;t&#233; heureux, voil&#224;, en Alg&#233;rie.
J'y avais pas pens&#233; comme &#231;a. C'est &#231;a qu'il y a d'int&#233;ressant, quand des gens vous posent une question, c'est qu'effectivement, on peut d&#233;couvrir sa pens&#233;e, parce qu'on n'a pas l'habitude d'&#234;tre interview&#233; par des gens qu'on conna&#238;t pas... Avec les gens qu'on conna&#238;t, on rejoue un peu les m&#234;mes personnages, assez souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Comment vous d&#233;finiriez votre art, vos &#339;uvres ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors j'ai trouv&#233; un mot qui me pla&#238;t beaucoup chez Mac Orlan. J'ai d&#233;couvert Mac Orlan cette ann&#233;e, et Mac Orlan, c'est tout un projet qui l'unissait &#224; d'autres gens ; c'&#233;tait de garder le maximum d'un monde qu'il savait &#234;tre sur le point de dispara&#238;tre. Par exemple, ce monde, c'&#233;tait le monde des grands ports comme Marseille, des endroits o&#249; y avait une vie intense, de marins qui arr&#234;taient pas de d&#233;filer, qui avaient besoin de f&#234;tes, d'amour, d'ivresse, le temps qu'ils mettaient le pied &#224; terre, alors qu'ils avaient v&#233;cu comme des spartiates, &#224; la dure. Et puis aussi donc de voyous, de prostitu&#233;es, de musique, etc... Et puis le d&#233;cor urbain, les coutumes... Ils savaient que tout &#231;a &#233;tait sur le point de dispara&#238;tre, et ils l'ont mis dans leur &#339;uvre ; et chez Mac Orlan c'est vraiment &#233;vident. Il a &#233;t&#233; un grand acteur de &#231;a. Alors il a forg&#233; un terme qui s'appelle : &quot;le fantastique social&quot;. Moi j'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s sensible &#224; ce monde qui passe, et &#224; ce qui reste de ce monde qui est pass&#233;. C'est-&#224;-dire, &#224; travers la notion de d&#233;rive, dans les milieux urbains, d'aller par les lieux et de ressentir un peu les beaux restes du temps pass&#233; ; et ce faisant, il y a des vivants, et une personne au hasard d'une rue, et quelques mots &#224; droite &#224; gauche, etc... On est dans le social, et dans le myst&#232;re.
&lt;br /&gt;Ce que j'essaie d'exprimer c'est ce myst&#232;re, c'est pour &#231;a que dans mes peintures on va trouver, souvent, des choses qui ont &#224; voir avec la rue, avec les gens de la rue, etc. Mais pas essentiellement, parce que, par exemple, j'aime bien aussi inventer des fleurs, les inventer ; c'est de loin, qu'il y a une r&#233;f&#233;rence &#224; la botanique. Mais ce que je vous dis, &#231;a sera peut-&#234;tre pas vrai demain ! Parce que peut-&#234;tre que demain je vais rentrer dans une exploration que je n'avais pas vraiment anticip&#233;e. C'est le propre de ce qui se passe dans l'atelier ; dans l'atelier, il se passe de dr&#244;les de choses. Vous voulez faire une chose, et puis vous en faites une autre, et vous d&#233;couvrez un truc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Quelles techniques utilisez-vous ? Il y a de la peinture, des collages, des mati&#232;res... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Je colle des tissus, et puis je mets de la couleur ici ou l&#224; ; y a des tableaux o&#249; y a que du tissu. Mais, dans le fond, c'est jamais que de la peinture. Parce que la peinture, c'est mettre de la couleur sur du tissu. Et moi je prends du tissu qui a d&#233;j&#224; de la couleur. Donc j'ai pas &#224; le peindre, je fais que le disposer, quoi...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - En dehors du fantastique social, d'o&#249; tirez-vous votre inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - C'est des images du pass&#233;, du cin&#233;ma... Et puis y a aussi cette dimension de jouer avec les autres peintres, de donner un peu sa version de la m&#234;me chose...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Par exemple j'ai fait une fille dans un fauteuil, un petit peu alanguie... Je l'ai appel&#233;e &quot;La Petite Sieste&quot;. &#199;a a &#224; voir avec, aussi, des tableaux qui repr&#233;sentent un peu la m&#234;me chose, chez Balthus, chez... Klossowski, je crois que c'est Klossowski. Mais bon, disons qu'il y a d'autres peintres qui ont fait, comme &#231;a, des jeunes filles dans un fauteuil, gagn&#233;es par un sommeil d'apr&#232;s-midi. On a plus ou moins en commun avec d'autres gens, comme &#231;a, des images qui sont porteuses d'&#233;motion pour soi-m&#234;me. Une jeune fille dans l'apr&#232;s-midi, qu'est-ce que &#231;a peut vouloir dire ? Dans un fauteuil, en train de s'endormir... Je crois que c'est un peu un fantasme d'homme, de pouvoir regarder &#224; souhait quelqu'un, sans &#234;tre g&#234;n&#233; par son regard. Parce que cette personne elle est en train de s'endormir, donc on peut la violer du regard. Parce que si on le fait avec une personne qui a les yeux grands ouverts, soit y a une vraie invite, et, plus ou moins, suivie de r&#233;sultat, soit de la g&#234;ne : &quot;Mais qu'est-ce qu'il a celui-l&#224; ?&quot;... Je crois qu'il y a quelque chose, dans ce regard sur la jeune fille alanguie, de l'homme vieillissant qui peut pas se permettre d'imaginer autre chose que... de voler comme &#231;a quelque chose, quoi. Et &#234;tre en droit de le faire en pl&#233;nitude, puisqu'elle s'en rend pas compte. Qu'elle dort.
J'ai &#233;t&#233; s&#233;duit par ces repr&#233;sentations chez les autres, et &#224; un moment donn&#233; j'ai eu envie d'en faire ma version, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous parlez d'un &quot;homme vieillissant&quot;... Vous dites aussi, sur votre site, qu'au d&#233;but, peindre et dessiner, c'&#233;tait un peu pour &quot;tenir le monde &#224; distance&quot;. Mais en fonction de l'&#233;volution spirituelle dont vous parliez tout &#224; l'heure, &#231;a a du changer... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui, tout &#224; fait, parce que j'ai plus envie de le tenir &#224; distance. C'est vrai. C'est plus du tout mon mouvement. Et d'ailleurs quand j'&#233;tais dans cette esp&#232;ce de notion de distance, je voulais aller vers une esp&#232;ce de truc intellectuel, un peu &#233;litique, difficile, hautain... Et je me suis rendu compte que c'&#233;tait pas mon monde. J'&#233;tais un petit peu tra&#238;tre &#224; quelque chose d'essentiel qui &#233;tait en moi. Et qui avait besoin d'&#234;tre rappel&#233;.
Je crois que les choses sont &#224; double tranchant : je crois que l'art &#231;a peut &#234;tre quelque chose qui s&#233;pare les gens, qui les divise. Et &#231;a peut &#234;tre quelque chose qui les unit. Mon id&#233;al un petit peu, d'attitude d'esprit, c'est Van Gogh, qui voulait vraiment peindre pour tout le monde. Et il a r&#233;ussi ! Il a r&#233;ussi, parce qu'on dit que Van Gogh maintenant, on le trouve sur des cendriers, sur des torchons, sur des calendriers, etc... C'est les images qui sont les plus r&#233;pandues &#224; travers le monde, d'un grand artiste. Et c'est pas un hasard si notre ami Van Gogh, il a chop&#233; cette envie de communiquer avec les gens et tout &#231;a, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; un &#233;vang&#233;liste dans un des endroits les plus terribles de Belgique, au milieu des pauvres... C'est l&#224; qu'il a commenc&#233; &#224; faire quelques croquis, des paysans &#233;pluchant leurs patates, des gens du coin... L'art, c'est pas &quot;pour quelques-uns&quot;. C'est &#224; tout le monde. Et si quelqu'un dit &quot;j'aime pas &#231;a&quot;, et &quot;j'aime &#231;a&quot;, c'est tout &#224; fait son droit, on n'a pas &#224; lui expliquer pourquoi il devrait aimer &#231;a et pas aimer &#231;a. A la limite, si y a une ambition qui m&#233;rite d'&#234;tre cultiv&#233;e, c'est vraiment de plaire &#224; tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - A pr&#233;sent, est-ce que vous en vivez, de votre art ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors, &#231;a commence &#224; marcher... Et je souhaite que &#231;a continue ! Mais j'ai pas d'autre ambition que de vivre correctement, de prendre sur moi les besoins de ma famille, et j'aimerais que, si y a plus d'argent, &#231;a se concr&#233;tise par de bonnes initiatives en direction des autres. Un jour, j'&#233;coutais l'interview d'un jeune chanteur qui s'appelle Michael Smith. On lui a dit &quot;mais qu'est-ce que vous faites avec votre argent ?&quot; C'&#233;tait la question-clef. Et il a dit un petit peu &#231;a, c'est que tout ce qu'y a en plus d'une vie d&#233;cente, c'est une vie solidaire. Il a ouvert un grand centre en banlieue, dans un endroit difficile, un grand centre de loisirs. Y a pas une grande croix dessus, et on demande pas aux gens de rentrer l&#224;-dedans et de faire &quot;patte blanche&quot; religieuse... Y a des pistes de skate, y a tout ce qu'on peut imaginer pour que des jeunes s'&#233;clatent et soient pas en train de s'ennuyer dans la rue ; et je trouve que c'est super bien, cette fa&#231;on de faire. Je crois que si y a des gens qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, peuvent capter des fonds, c'est l&#224; qu'on verra quelles sont leurs convictions : ce qu'ils font de leur argent. Est-ce que cet argent, il doit devenir une jouissance au-del&#224; de toute raison gard&#233;e, ou est-ce que c'est l'occasion de redistribuer un peu, de faire quelque chose de bien avec...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Est-ce que vous souhaitez ajouter quelque chose ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Je suis tr&#232;s heureux d'avoir partag&#233; ce moment avec vous, vous avez de super questions, vous avez vraiment une bonne pr&#233;sence d'intervieweuses, voil&#224;, c'est formidable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par K.M. et L.L.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les chaussures de tout le monde</title>
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		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


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		<description>&#171; Je viens de la m&#233;canique, moi. J'ai un C.A.P de m&#233;tallurgiste et apr&#232;s, une dizaine ou une douzaine d'ann&#233;es de m&#233;canique. La cordonnerie, &#231;a s'est fait tout &#224; fait par hasard, en 83, quand j'&#233;tais sur Aubagne, entre l'atelier et le garage de m&#233;canique, et un cordonnier qui s'est install&#233; - bon, &#224; un moment donn&#233;, euh&#8230; le cycle a ferm&#233;, on a sympathis&#233;, &#231;a s'est pass&#233; comme &#231;a. &#187; Jean Duval, 46 ans, cordonnier rue des Abeilles. Koinai : Comment avez-vous appris le m&#233;tier ? Sur le tas. Ben, c'est ce gars qui (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je viens de la m&#233;canique, moi. J'ai un C.A.P de m&#233;tallurgiste et apr&#232;s, une dizaine ou une douzaine d'ann&#233;es de m&#233;canique. La cordonnerie, &#231;a s'est fait tout &#224; fait par hasard, en 83, quand j'&#233;tais sur Aubagne, entre l'atelier et le garage de m&#233;canique, et un cordonnier qui s'est install&#233; - bon, &#224; un moment donn&#233;, euh&#8230; le cycle a ferm&#233;, on a sympathis&#233;, &#231;a s'est pass&#233; comme &#231;a. &#187; Jean Duval, 46 ans, cordonnier rue des Abeilles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sur le tas. Ben, c'est ce gars qui s'est install&#233;, et puis &#231;a s'est naturellement fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles comp&#233;tences la profession requiert-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Du savoir-vivre ! Ah ! ah ! La priorit&#233;, c'est &#231;a. Puis du service rendu, un peu, comment dire&#8230; Vouais, c'est un tout, en fait, c'est du savoir-vivre et du service rendu aux personnes, quoi. Enfin, on peut faire son m&#233;tier bien ou mal, le tout c'est d'arriver &#224; rendre service &#224; la personne. Et puis apr&#232;s, l'exp&#233;rience va aider &#224; d&#233;velopper l'affaire, c'est &#234;tre de plus en plus performant sur certains travaux mais au d&#233;part c'est vraiment de rendre service aux gens. J'aurais fait pareil dans la m&#233;canique, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment votre activit&#233; s'est-elle d&#233;velopp&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le premier magasin, j'&#233;tais au Cours Lieutaud, donc c'est au milieu des motos et j'ai r&#233;par&#233; des combinaisons de motos &#224; tout va, quoi. Et puis apr&#232;s y'avait des magasins de randonn&#233;e qui &#233;taient install&#233;s l&#224;, donc &#231;a s'est orient&#233;, puis apr&#232;s, tout simplement en faisant de l'escalade, c'est franchement venu sur l'escalade et la randonn&#233;e. Voil&#224;, c'est mon hobby qui a dirig&#233; ma profession. J'aurais fait de l'escrime, peut-&#234;tre que j'aurais ressemel&#233; les chaussures de&#8230; et puis j'aurais ressemel&#233; les chaussures de tout le monde ! J'aurais fait de la natation, ben l&#224; j'aurais &#233;t&#233; emb&#234;t&#233; parce que bon, ha ha ! Mais enfin, c'est vraiment le&#8230; J'ai pas voulu faire &#231;a, en fait, h&#232;, &#231;a s'est fait naturellement. La demande a fait l'offre, on va dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res travaillez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout support, tout&#8230; Oh, j'ai pas de mati&#232;re bien pr&#233;cise, l&#224; c'est du cuir, apr&#232;s &#231;a peut &#234;tre du Gore-Tex, &#231;a peut &#234;tre du plastique, du ska&#239;, des cuirs de motos&#8230; Enfin, je m'arr&#234;te pas &#224; la mati&#232;re, quoi, sinon c'est un peu cloisonner son m&#233;tier. Si on fait que les talons de femme, on est cuit, aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits utilisez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, c'est les colles. Les solvants, y faut savoir que &#231;a vous empoisonne, aussi : c'est ce qu'y a de plus nocif. C'est pour &#231;a que les trois quarts du temps, m&#234;me l'hiver, je travaille portes ouvertes pour ventiler le local. Mais sinon tous les produits sont des solvants, c'est des mat&#233;riaux qui sont plus&#8230; &#224; plus ou moins terme, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les inconv&#233;nients du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mis &#224; part la colle, enfin, la colle et les coups de marteaux - pas sur les doigts, hein ! - mais la r&#233;p&#233;tition des&#8230; Non, c'est un bon travail, un bon travail. J'en connais beaucoup qui sont beaucoup mieux pay&#233;s et qui s'emmerdent au travail et qui d&#233;priment, ha ha ! Qui se suicident ! Le jour o&#249; je me suicide, c'est qu'on m'a tu&#233;, c'est pas que je me tue ! Ha ha !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel changement notez-vous dans la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est les chaussures. Les chaussures en plastique de chez Taiwan, y z'ont r&#233;volutionn&#233; la mani&#232;re de travailler, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les techniques ont-elles &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh&#8230; non. Dans les colles, dans certains collages &#231;a s'est am&#233;lior&#233;. Dans la rapidit&#233; du travail, on a des presses, mais sinon, la base reste la m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ils ont plus confiance dans ce que je leur apporte, ce que je leur dis, de ce c&#244;t&#233;-l&#224; c'est vrai que&#8230; Maintenant &#231;a s'appelle la client&#232;le, hein. C'est tout b&#234;te, c'est un peu &#224; nous, les artisans, &#224; fid&#233;liser les gens par des mani&#232;res de travailler qui soient les plus sens&#233;es possible. Si y'a une paire de chaussures de montagne, une paire de chaussures de ville, bon, encore on sait trop quoi y faire, mais apr&#232;s c'est quoi, une selle de cheval, c'est&#8230; Enfin, moi j'ai essay&#233; d'&#233;largir un peu l'&#233;ventail de mes r&#233;parations pour pas avoir de temps creux, m&#234;me si c'est des fois plus compliqu&#233; &#224; r&#233;parer une combinaison que le gars s'est mis sur la t&#234;te sur un circuit, c'est vraiment ce qu'y a de plus chiant, quoi, y faut tourner dans tous les sens, c'est lourd, &#231;a casse les aiguilles, c'est long, mais bon, &#231;a fait partie, euh&#8230; Y'a pas que du bon, hein, donc&#8230; Mais le gars, celui qui est le dernier &#224; qui j'ai r&#233;par&#233; &#231;a, lui, il a envoy&#233; du monde qui va me faire peut-&#234;tre faire du travail plus facile. Faut pas non plus &#234;tre accro du pognon pour faire ce m&#233;tier-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous escalade avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui oui oui ! Des fois on parle m&#234;me pas de chaussures, on parle de ce qui leur pla&#238;t, de ce qu'y z'ont fait comme voie d'escalade et puis ben la chaussure, je sais ce qu'y'a &#224; y faire, quand m&#234;me. Mais si vous voulez, le trois quart du temps on parle jamais de&#8230; C'est s&#251;r que le contact avec la client&#232;le, pour moi c'est&#8230; Je force pas, quoi, ah ah ! Malheureusement, c'est naturel, mais bon&#8230; Parce que des fois on se retrouve &#224; plus discuter qu'&#224; travailler ! Mais bon, ah ah ! Apr&#232;s ils le savent, ils en tiennent compte donc y peuvent pas m'en vouloir, hein ! Quand je vais faire du v&#233;lo le matin, moi, y peuvent pas m'en vouloir parce qu'y z'en font aussi, donc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre client&#232;le escalade se distingue-t-elle des autres clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui oui, c'est un peu des marginaux, y veulent pas travailler, y veulent que grimper ; c'est vraiment des gens accros de l'escalade. Y viennent l&#224;, c'est pas pour rien, c'est pasque en haut du rocher des Goudes, quand y'a plus personne qui vous tient, ben le mec y pense &#224; moi, quoi, y me b&#233;nit ou y me maudit - si j'ai mis de la gomme qui glisse y va me maudire ! Mais bon, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale si il y est arriv&#233; c'est pas gr&#226;ce &#224; moi, hein, mais je contribue &#224; son succ&#232;s, quoi, donc il le sait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Que du bouche &#224; oreille ! J'ai fait un peu de publicit&#233; y'a longtemps, mais je vous dis, je suis pas un accro du travail et voil&#224;, euh&#8230; J'aime bien aller me promener, ha ha ! Donc quand on allait grimper &#224; la Sainte-Victoire, les trois quarts du temps j'en profitais aussi pour mettre un peu de tracts sur les voitures et que les gens gardaient pasque les randonneurs, en fait, &#231;a jette pas, et encore moins l&#224; o&#249; y sont. Donc y les ont gard&#233;s pendant cinq ans, quatre ans si y faut, mais un jour ou l'autre y sortent le tract et y viennent au magasin pasqu'ils l'ont trouv&#233; un jour sur le pare-brise, quoi. C'est vraiment une client&#232;le&#8230; Randonneurs, tout &#231;a, on dit : &quot;&lt;i&gt;Les feuilles, les &#233;colos, machin&lt;/i&gt;&quot;, vouais, vouais mais c'est vrai, y jettent pas, y jettent pas. C'est pas le tract qu'on a mis devant le Mac Drive et que le mec va jeter par terre sans m&#234;me le regarder. C'est pas la m&#234;me personne, ou alors elle est pas dans le m&#234;me contexte, donc elle va r&#233;agir diff&#233;remment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Entretenez-vous de bonnes relations avec les commer&#231;ants du quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh oui, oui oui. Ben &#231;a rend service un peu &#224; tout le monde, la cordonnerie, hein. Enfin, tout le monde a des pieds, &#224; partir de ce moment-l&#224;, donc, on peut rendre service au grossiste en t&#233;l&#233;phone comme au croque-mort, m&#234;me lui ! Mais non, &#231;a touche tout le monde, apr&#232;s &#224; moi de plaire au maximum de gens, hein, c'est un peu dans tous les m&#233;tiers pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en contact avec d'autres cordonniers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, ouais, ouais. Avec chacun avec sa petite sauce, l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;changez-vous vos savoir-faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. C'est un peu une petite recette&#8230; chacun pour sa pomme, quoi. Bon, c'est un peu de bonne guerre. Y'a des restaurants qui diront jamais comment y z'ont r&#233;alis&#233; la sauce et puis voil&#224;, quoi, ha ha ! Bon, alors apr&#232;s, c'est vrai, c'est ce qu'un fournisseur me disait : &#171; &lt;i&gt;Vouais, c'est un secret de polichinelle parce que les colles elles sont vendues de partout, au m&#234;me prix, par tout le monde, et conseill&#233;es par&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, et j'dis : &#171; &lt;i&gt;Vouais, apr&#232;s, bon ben si y perd dix ans de ressemelage sur les chaussons d'escalade, ben c'est dix ans de gagn&#233; pour un autre !&lt;/i&gt; &#187; Et pis &#224; Marseille, bon h&#232;, c'est vrai qu'y'en a pas beaucoup qui le font et donc, moi si je peux garder ma petite sauce pendant encore cinq, six ans, ha ha ! C'est bien. Les gens sont contents. Enfin voil&#224;, quoi, c'est compliqu&#233; &#224; faire, je me dis que c'est pas le plus rentable, donc forc&#233;ment je risque de garder le monopole un peu pendant un moment pasque c'est compliqu&#233; &#224; faire, quoi, et puis des trucs comme &#231;a personne va les r&#233;parer, donc, quelque part&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous du service &quot;talon-minute&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y z'existent, hein, y sont l&#224; et y faut faire avec, quoi. Y prennent le meilleur du travail, mais bon, comme y se cassent pas trop la t&#234;te non plus - j'y ai travaill&#233; pendant un an, hein, donc je vous en parle en connaissance de cause - voil&#224; quoi, c'est deux client&#232;les diff&#233;rentes. Ceux qui vont l&#224;-bas viennent pas chez moi, y vont pas se casser la t&#234;te, y vont faire leurs courses et puis y font leurs talons en m&#234;me temps ou leurs cl&#233;s, ils les payent souvent plus cher et souvent y se balancent vraiment du mec qui les fait et y z'arrivent pas &#224; savoir comme il habite, comme il s'appelle, c'est pas leur probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui fait un bon cordonnier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232; d&#233;j&#224;, qu'y fasse les deux talons &#224; la m&#234;me hauteur ! Ha ha ! C'est d&#233;j&#224; pas mal ! Apr&#232;s, b&#232;&#8230; vouais, la base du travail c'est d&#233;j&#224; faire son travail, enfin, faire ce qu'on lui demande et puis apr&#232;s, dans un quartier, tout le monde va chez le cordonnier : le riche, le pauvre, les enfants, les vieux, les maigres, les beaux&#8230; Y sert un peu de&#8230; Ici j'ai r&#233;uni des gens extr&#233;mistes &#224; jeter tout le monde dehors et des gens qui arrivent directement du Maghreb, du Mali et &#231;a, b&#232; pour qu'y z'arrivent &#224; s'entendre b&#232;&#8230; Parce que l'un supporte pas l'autre et puis on parle d'autre chose, quoi, c'est un peu de temporiser, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'aspect relationnel est donc pr&#233;pond&#233;rant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui oui oui, sans&#8230; Si j'avais qu'un petit carr&#233; comme un pied de chaussure, on me le donne &#224; r&#233;parer, j'arr&#234;te de suite, hein ! Je vais vendre des glaces et puis au moins les gens sont contents, ils mangent leur glace et on a un bon contact quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote &#224; partager ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bonne ou mauvaise ? Mauvaise, on en a&#8230; Non, non mais bonne, c'est tout le monde qui contribue en fait &#224; mon bien-&#234;tre, quoi. Ah si si si, une anecdote, enfin par rapport aux endroits et aux gens, si : une fois, d'Aix est venu un guide de haute montagne - je le connais - il m'a apport&#233; les chaussons d'un copain &#224; lui qui habite dans les Alpes, que j'ai ressemel&#233;s. Et la fatalit&#233;, quinze jours peut-&#234;tre apr&#232;s, on va se promener &#224; Quinson sur un secteur d'escalade que je connaissais pas - Marseille-Quinson c'est d&#233;j&#224; cent bornes, hein, on va sur un secteur bien d&#233;fini alors qu'y'en a trente-six, et c'est le copain d'un copain, &#231;a fait d&#233;j&#224; beaucoup de&#8230; - Je pose mes chaussons, donc j'ai pas les cotations pasque les voies d'escalade je les connaissais pas. Le gars - ndlr : un autre grimpeur - dans la conversation, en me donnant les indications que je cherchais, va savoir pourquoi, y me dit : &#171; &lt;i&gt;C'est les cordonniers les plus mal chauss&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Je lui dis : &#171; &lt;i&gt;Non, regarde, je me les ressemelle, c'est les miens.&lt;/i&gt; &#187; Et y me regarde et y me dit : &#171; &lt;i&gt;Cordonnerie Jean ?&lt;/i&gt; &#187; C'est le mec de la chaussure - ndlr : le cordonnier lui-m&#234;me - qui est parti, qui a travers&#233; toute la r&#233;gion PACA pour aller l&#224;-bas et pour tomber sur le mec - ndlr : le copain du copain&#8230; - quinze jours apr&#232;s ! Ah, je dis : &#171; &lt;i&gt;C'est pas possible, &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;. Et puis le mec en plus y me dit : &#171; &lt;i&gt;Les cordonniers les plus mal chauss&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; On me l'a jamais dit, &#231;a, jamais, jamais ! Pile poil qu'y tombe sur moi, ou je tombe sur lui. Mais c'est vraiment une des plus&#8230; Si, un jour un gars qui vient ressemeler, il est press&#233;, il est stress&#233; des chaussons ; y lui faut, y lui faut, y lui faut. Je lui ressemelle comme y faut, donc il les r&#233;cup&#232;re le vendredi soir. Et nous, le lendemain matin on va grimper &#224; C&#233;&#252;ze - C&#233;&#252;ze c'est deux heures de marche, y'a des secteurs de partout - et j'arrive sur une &#233;caille, je l&#232;ve la t&#234;te comme &#231;a, pof ! sur le mec, t'sais : &#171; &lt;i&gt;Dis, oh, tu pouvais me les&#8230; - Je te les portais, si y fallait, les chaussons !&lt;/i&gt; &#187; Le m&#234;me mec ! Je dis : &#171; &lt;i&gt;&#199;a alors ! On s'est quitt&#233;s hier soir et on se voit ce matin !&lt;/i&gt; &#187; La premi&#232;re truffe que je vois c'est lui. Je dis, &#231;a c'est des ph&#233;nom&#232;nes marquants, on va dire. Mais sinon apr&#232;s&#8230; les mamies, les petites mamies, ha ha ! Alors l&#224;, y'a de quoi raconter des vertes et des pas m&#251;res, je devrais les enregistrer parce que&#8230; Et bon, y'a les gratin&#233;s aussi, les militaires de carri&#232;re, les&#8230; Enfin&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 26/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les barres de P&#233;p&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


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		<dc:subject>Panier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entre tradition et innovation, l'histoire des chocolati&#232;res du quartier du Panier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/panier" rel="tag"&gt;Panier&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur une &#233;tag&#232;re de la boutique &lt;i&gt;La Chocolati&#232;re du Panier&lt;/i&gt;, dans la rue homonyme, une discr&#232;te bo&#238;te en m&#233;tal &#233;voque le souvenir de cet arri&#232;re-grand-p&#232;re qui y faisait fondre le chocolat pour No&#235;l et P&#226;ques : &#171; &lt;i&gt;Mon grand-p&#232;re le fabriquait pour nous, par souci d'&#233;conomie. C'est son p&#232;re qui lui avait appris.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 40 ans, Mich&#232;le Le Ray, aujourd'hui 64 ans, a relanc&#233; un savoir-faire issu d'une longue tradition familiale et l'a transmis &#224; Marine, 23 ans. M&#233;tier de m&#232;re en fille, depuis trois g&#233;n&#233;rations : palette de saveurs d'un artisanat gourmand.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mich&#232;le : Un r&#234;ve d'enfance, moi non : circonstances de la vie,&lt;/strong&gt; et l'obligation. &#199;a me plaisait, mais je n'avais pas choisi. J'y suis n&#233;e dedans, y'avait quand m&#234;me le savoir-faire en le faisant une fois par an mais &#231;a s'&#233;tait un peu perdu et moi, j'&#233;tais agent immobilier et j'ai d&#251; arr&#234;ter &#224; cause de probl&#232;mes d'agoraphobie et de spasmophilie, et j'&#233;tais enceinte, et mon p&#232;re me dit : &#171; &lt;i&gt;Si on faisait les barres de P&#233;p&#233;&lt;/i&gt; ? &#187; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Marine :&lt;/strong&gt; &#199;a s'est impos&#233; naturellement, de toute petite j'ai toujours su que ce serait mon travail. Je vois pas pourquoi j'aurais fait autre chose, parce qu'on a une client&#232;le, une enseigne connue &#224; Marseille et faire des &#233;tudes &#231;a co&#251;te de l'argent. Moi j'ai toujours eu de l'argent si je travaillais, donc j'ai fait un bac litt&#233;raire, j'ai continu&#233; dans le management, mais j'ai ouvert mon entreprise l'ann&#233;e du bac et j'arrivais plus &#224; &#233;tudier, donc j'ai d&#251; faire un choix mais j'aurais pas pu faire &#231;a si &#231;a me plaisait pas. C'est contraignant, mais y'a tellement de c&#244;t&#233;s agr&#233;ables : la cr&#233;ation o&#249; on fait de la d&#233;coration autant sur les produits que dans les magasins, le contact avec la client&#232;le, et aussi simplement le produit. On est interview&#233;es, repr&#233;sent&#233;es, c'est sympa. J'utilise mes autres capacit&#233;s puisque j'ai fait une &#233;mission en anglais, j'ai des clients anglais, les Italiens en italien, les Chinois, les Espagnols en anglais&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Quand elle a commenc&#233;, y'a le c&#244;t&#233; r&#233;action n&#233;gatif : je lui ai mis les points sur les i, parce que choisir maintenant c'est pas &#233;vident, on prend ce qui se trouve dans le travail : &#171; &lt;i&gt;Tu d&#233;cides : tu prends l'orientation dans le chocolat o&#249; on peut t'apprendre, ou tu te lances ailleurs.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Dodo, t&#233;l&#233;, l'adolescence c'&#233;tait plus &#231;a, et d&#233;penser les sous de maman c'&#233;tait pas possible (rire) ! Ma grand-m&#232;re a toujours travaill&#233;, elle a connu la Seconde Guerre Mondiale, ma m&#232;re est n&#233;e en 43, c'est cette g&#233;n&#233;ration. Les ann&#233;es 60, ils se sont acharn&#233;s au travail, apr&#232;s avoir v&#233;cu tout &#231;a. Chez moi on se levait t&#244;t, on se couchait tard et devant la t&#233;l&#233;, on continuait &#224; faire les n&#339;uds, donc j'ai connu que &#231;a et &#231;a me para&#238;t normal de travailler, et de travailler beaucoup. On a aussi d'autres r&#233;compenses, quand le travail nous apporte du positif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On fait le chocolat &#224; l'ancienne.&lt;/strong&gt; On peut utiliser des machines, des produits d&#233;j&#224; coup&#233;s, mais c'est pas le m&#234;me r&#233;sultat. On a opt&#233; pour un travail plus difficile, mais on aime bien revenir aux m&#233;thodes &#224; l'ancienne.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Oui, pourquoi y'a ces saveurs ? Par tout &#231;a : on &#233;vite le maximum de diff&#233;rence de temp&#233;rature, et le chocolat ne peut &#234;tre que gagnant. D'ailleurs on va &#234;tre &#224; la foire, les vingt-deux plus vieux commer&#231;ants de Marseille, pour des d&#233;monstrations. Quand les &#233;coles viennent, je leur fais tabler, on l'a fait cette semaine et les enfants ont tremp&#233; leur chocolat eux-m&#234;mes, ils se sont r&#233;gal&#233;s. Ils faut qu'ils apprennent, il peut y avoir une panne d'&#233;lectricit&#233;, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chocolat, c'est du cacao avec du sucre,&lt;/strong&gt; plus ou moins. On va jusqu'&#224; 99 % de cacao, &#231;a c'est tr&#232;s fort. On utilise des f&#232;ves pas super am&#232;res sinon c'est pas mangeable. Nos f&#232;ves, c'est tr&#232;s important. Depuis l'ouverture, le chocolat que je fabrique a toujours le m&#234;me go&#251;t : c'est le go&#251;t de mon enfance. Mais un peu comme toutes les r&#233;coltes, &#231;a n'a jamais les m&#234;mes saveurs d'une r&#233;colte &#224; l'autre, mais mon grand-p&#232;re m'a appris &#224; r&#233;&#233;quilibrer parce qu'on a quand m&#234;me la connaissance des f&#232;ves de &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Cacao' class='spip_out' rel='external'&gt;cacao&lt;/a&gt;, tout est l&#224;. Il parlait toujours de f&#232;ves mangeuses, parce que y'en a une qui va lever l'acidit&#233; et on la m&#233;lange &#224; une autre quand c'est trop fort et on arrive toujours &#224; r&#233;&#233;quilibrer, j'ai tellement l'habitude... On met un peu plus d'&#233;quateur, parce que c'est la f&#232;ve la plus douce de la plan&#232;te, qu'il soit agr&#233;able &#224; manger. Chacun aura sa forme, aussi : je le fais le plus fin possible, si c'est un bloc &#231;'a pas du tout la m&#234;me saveur.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Des f&#232;ves un peu fruit&#233;es pour que ce soit un peu cors&#233; mais pas trop. On le fait nature ou aux fruits secs : &#231;a c'est pour les amateurs de chocolat tr&#232;s noir, ou les diab&#233;tiques. Le raisin sec sucre le chocolat, pour diminuer le sucre et avoir le plus de magn&#233;sium. Je me suis habitu&#233;e au noir et au 99 %, c'est pas mon pr&#233;f&#233;r&#233; mais &#231;a m'arrive d'en manger. Les enfants, pour leur sant&#233;, si on leur met du 70-72 %, il s'habituent. Notre client&#232;le de plus en plus aime le noir et les enfants, la plupart de nos clients ne leur prennent que du noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenant on trouve plein de nouvelles vertus,&lt;/strong&gt; le cacao s'utilise pour plein de choses, alors je sais pas si c'est pas l'effet de la mode&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La pharmacienne nous disait que &#231;a fait du bien pour la vue, et mon professeur &#224; la Timone m'a dit : &#171; &lt;i&gt; Vous d&#233;primez, achetez du chocolat sans sucre !&lt;/i&gt; &#187; Combien on en a eu, des clients comme &#231;a !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a m&#234;me une cliente qui ne dig&#233;rait absolument rien et qui &#233;tait sevr&#233;e. Gr&#226;ce au cacao, que du 99, elle dig&#233;rait. Elle avait une tr&#232;s bonne relation avec ma grand-m&#232;re, et elles ont r&#233;ussi &#224; s'entraider.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Alors on peut se dire, &#231;a a des propri&#233;t&#233;s&#8230; D'ailleurs pour la rentr&#233;e, je vais faire toute une gamme de chocolats avec les plantes de la Maison Blaize.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les chocolatiers, on utilise des grands crus.&lt;/strong&gt; Dans l'industriel, c'est autre chose.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a fait le Salon du Chocolat &#224; Paris, le concours du chocolatier, et l&#224;, on voit la diversit&#233; qu'il y a dans le chocolat. &#192; Marseille, on a tendance encore &#224; faire un peu la m&#234;me chose et c'est dommage. &#192; Paris, y'en a qui font des fleurs en chocolat avec des drag&#233;es, des peintures sur du chocolat, chacun a sa sp&#233;cificit&#233; et &#231;a serait bien que chacun d&#233;veloppe une id&#233;e qui vienne d'eux. En g&#233;n&#233;ral, les copies sont pas terribles, en plus, et y'a tellement de choses &#224; d&#233;velopper, &#224; innover... Mais de plus en plus de chocolatiers se montent et tant mieux. Beaucoup de grandes maisons travaillent sur leur r&#233;putation et commencent &#224; aller dans l'industriel et y'a plein de nouveaux artisans qui font du vrai chocolat, le petit chocolat, le chocolat en vrac... C'est plus difficile pour eux parce qu'une entreprise, m&#234;me si la qualit&#233; diminue, ils continuent &#224; travailler sur le nom un certain temps, mais c'est peut-&#234;tre aussi &#231;a qui leur laisse un march&#233; un peu florissant &#224; Marseille. Nous, on est beaucoup copi&#233;es, il faut se d&#233;marquer tout le temps. On nous dit : &#171; &lt;i&gt;Mais d&#233;posez les noms !&lt;/i&gt; &#187; Si je d&#233;pose, j'augmente mes prix et par exemple les lingots marseillais, &#231;a s'appelait la barre marseillaise : c'est pas nous qui l'avons nomm&#233;e comme &#231;a, ce sont nos clients. Quelqu'un m'a piqu&#233; le nom, a refait la barre, on a voulu faire un proc&#232;s et &#231;a co&#251;tait tellement cher, &#231;a prenait tellement de temps qu'on a laiss&#233; tomber. B&#232;, &#224; l'heure actuelle, un autre concurrent a fait la moiti&#233; de la barre et a appel&#233; &#231;a l'Authentique ! Moi, &#231;a m'amuse, maintenant ils se bouffent entre eux, h&#232; ; heureusement que j'ai pas d&#233;pos&#233;, parce que je me faisais quand m&#234;me avoir. Autant innover, les clients feront leurs diff&#233;rences, et ils pourront pas toujours nous copier parce que finalement, ils ont toujours un train de retard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Vous faites des cr&#233;ations ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Oui, mais lesquelles, on peut pas savoir &#224; l'avance parce qu'on fait un peu sur le tas. En ce moment c'est le henn&#233; qu'on essaye de travailler parce qu'on nous en a ramen&#233; du Maroc et pour l'instant, on a pas trouv&#233; mais &#231;a nous a amen&#233;es &#224; faire du chocolat aux &#233;pices &#224; couscous, puisqu'on &#233;tait dans le c&#244;t&#233; un peu oriental. Mais c'est pas seulement de nous, souvent nos clients viennent avec un produit : &#171; &lt;i&gt;Faites quelque chose avec &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Des fois on y arrive, des fois pas&#8230; Y'a quinze ans, on a ramen&#233; &#224; ma m&#232;re de l'essence de rose fra&#238;che, pas trait&#233;e, de Turquie. Maintenant, la rose, tout le monde l'utilise mais &#224; l'&#233;poque&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Un commissaire-priseur m'a demand&#233; de lui faire des marteaux, alors moi je suis jamais all&#233;e dans les salles de vente, j'allais lui faire des vrais marteaux ! &#171; &lt;i&gt;Non non&lt;/i&gt;, y me dit, &lt;i&gt;je vais vous montrer ce que c'est&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (rire) Y'en a un qui m'a demand&#233; un jeu de boules avec les distances, le cochonnet, les boules. Toujours je dis : &#171; &lt;i&gt;Je sais pas si je vais y arriver &lt;/i&gt; &#187; et j'y arrive ! Parce que j'ai envie, voil&#224;, ils me communiquent l'envie. Oh oui ! La passion, moi j'ai besoin de &#231;a ! D'ailleurs, je vais vous raconter une anecdote &#224; ce sujet : pour la F&#234;te des M&#232;res je faisais des c&#339;urs, et des clients me demandaient s'ils pouvaient mettre quelque chose dedans. On fait beaucoup de choses sur mesure, &#231;a nous pla&#238;t. Ce monsieur est arriv&#233; avec une petite boite de bijoux, il me fait voir, eh b&#232; y'avait une bague avec un petit brillant de deux carats qu'on a pos&#233;e, ferm&#233;e et tout. &#199;'a &#233;t&#233; le coeur le plus cher de ceux qu'on avait !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les ar&#244;mes qui se marient avec le chocolat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; &#199;a d&#233;pend des produits, nous on utilise des produits de qualit&#233; donc y'a des choses qu'on fait pas, on utilise pas d'essence artificielle. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; &#199;a le rejette, le chocolat le d&#233;veloppe, tout ce qui n'est pas naturel encore plus et c'est une horreur. On est arriv&#233;es au melon, c'est fin, comme go&#251;t. On a trouv&#233; un bon melon, une bonne fa&#231;on de le confire.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Dans le commerce on trouve des chocolats &#224; la fraise, &#224; la passion&#8230; Nous, la fraise reconstitu&#233;e &#231;a nous pla&#238;t pas, et on n'a pas trouv&#233; de fraise qui convienne &#224; notre mode de fabrication. On a essay&#233; avec la fraise confite mais dans le chocolat elle a pas de go&#251;t, la fraise s&#232;che pareil. Le chocolat peut prendre le go&#251;t du produit ou le produit prendre le go&#251;t sur le chocolat et on aime sentir les deux, bien s&#251;r. Les plus classiques c'est l'orange, la cerise, le melon, la figue, le gingembre, mais on en fait un peu &#224; tout : fenouil, oignon et p&#226;te de cassis, des fois p&#226;te de coing parce que c'est un peu plus neutre.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; On invente toujours ! C'est de plus en plus, on travaille plein de vari&#233;t&#233;s. L'oignon, &#231;a fait des ann&#233;es que je le fais. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On le travaille sucr&#233;, plus sal&#233;, sal&#233;-sucr&#233;&#8230; Dans les galettes, &#231;a fait chocolat noir et oignon croustillant, dans des Florentins, des fruits secs caram&#233;lis&#233;s avec ou sans chocolat, l'oignon est caram&#233;lis&#233;, il a un go&#251;t assez doux et dans les lingots marseillais, &#231;a va faire plus sal&#233;-sucr&#233;, mais &#231;a reste assez doux. On l'avait apport&#233; au Salon du Chocolat en 2005 et &#231;'avait fait fureur, mais il a pris un envol fulgurant en 99 avec la venue du Pr&#233;sident Chirac pour la noisette sal&#233;e &#224; l'huile d'olive. On a tous les partis, vraiment. &#192; la rue Vacon j'ai vu Vauzelle, Jupp&#233; est venu ici, Gaudin vient souvent, Clara Morgane aussi (rire)&#8230; Amanda Lear, on l'a paum&#233;e malheureusement, elle &#233;tait venue y'avait encore ma grand-m&#232;re, y'a une dizaine d'ann&#233;es parce que Coccinelle, un des premiers travestis habitait au Panier, elles se connaissent tr&#232;s bien et elle nous envoyait pas mal de clientes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout ne marche pas :&lt;/strong&gt; la fraise, pour l'instant on sait pas. Le but c'est que &#231;a ressemble &#224; quelque chose, que &#231;a nous plaise, que ce soit harmonieux.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La lavande, j'ai mis des ann&#233;es pour y arriver. Il suffit pas d'acheter de l'essence artificielle, de m&#233;langer. Y'a des intol&#233;rances au niveau du chocolat : j'ai toujours voulu faire un chocolat au Grand-Marnier, au d&#233;but excellent, au bout de trois jours moins bon et au bout d'une semaine, un go&#251;t de Javel ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Un confr&#232;re fait de la ganache au vin et il arrive parce qu'il fait son syst&#232;me de fabrication &#224; lui. Nous on fait pas les chocolats avec le beurre et la cr&#232;me, donc le vin on pourra pas le travailler. Chacun son chocolat, ses m&#233;thodes, et ses intol&#233;rances. Tous les jours on apprend, autant des rapports humains avec les salari&#233;s, les clients, qu'avec les produits. On est &#224; l'aff&#251;t des nouveaut&#233;s, des nouvelles techniques.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Le plus gros probl&#232;me c'est de trouver les bons produits : plus &#231;a va, moins on trouve et y'a des tas de choses qu'on fait plus. On avait un artisan d'Australie qui faisait des figues confites, une merveille ! Je les mettais dans le rhum, m&#234;me les clients m'achetaient les bocaux. Ils ont arr&#234;t&#233;, je n'ai plus trouv&#233; l'&#233;quivalent donc je fais les figues autrement, parce que &#231;a n'a plus la m&#234;me saveur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : La pr&#233;paration, oh ! Mais, toute la journ&#233;e !&lt;/strong&gt; On met d&#233;j&#224; quatre jours pour les lingots marseillais : y'a des plaques sur lesquelles on met une couche chaque jour, que &#231;a prenne bien. Il faut d'abord couper les fruits, quand on a les amandes les faire griller, donc quand on a toutes nos pr&#233;parations y'a les lingots, les tranches, les petits chocolats, y'a plusieurs &#233;tapes et on a plus de deux cents vari&#233;t&#233;s, qu'on fait pas tous les jours, heureusement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Les ustensiles,&lt;/strong&gt; c'est beaucoup d'inox, des pinces, des cornes pour racler le chocolat, des plaques&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a beaucoup de pinces diff&#233;rentes, des pinceaux &#224; d&#233;corer, des formes, la fourchette, des fois&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, des habits plut&#244;t fonc&#233;s et un grand tablier,&lt;/strong&gt; parce que on se salit, h&#232; . Et des gants, mais &#231;a d&#233;pend du poste : pour la d&#233;coration &#231;a peut &#234;tre plus facile mais, y'a des choses plus manuelles o&#249; il vaut mieux se laver les mains avec les produits anti-caustiques. &#199;a d&#233;pend des gens, s'y sont allergiques, mais on peut travailler avec des pinces. &#199;a peut &#234;tre dangereux aussi, quand on d&#233;coupe par exemple les fruits &#231;a enl&#232;ve une partie de la sensibilit&#233;, le gant. Des salari&#233;s se sont coup&#233;s parce que ils avaient des gants, donc ils pr&#234;tent moins attention et en coupant assez vite&#8230; On alterne les postes : d&#233;coration, manutention, apr&#232;s la vente, donc on fait pas la m&#234;me chose toute la journ&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Quand je fais une tranche &#224; l'orange, je mets pas de gants parce que mes oranges sont gluantes, je me p&#232;gue toute, et avec une corne on n'a pas besoin d'y mettre les mains. Lorsqu'on d&#233;core des sujets avec de l'or ou de l'argent non plus puisque c'est mon pinceau qui travaille. Chaque fois que je peux ne pas utiliser les gants, je pr&#233;f&#232;re, j'ai plus de maniabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : L'&#233;t&#233; on va commencer plus t&#244;t&lt;/strong&gt; par rapport &#224; la chaleur, si on le fabrique l'apr&#232;s-midi il prend pas, il s&#232;che pas, il blanchit. On fait nos livraisons le matin, et &#231;a bouge plus parce que les magasins sont plus frais donc il se garde &#224; temp&#233;rature ambiante. Y'a pas de mati&#232;res p&#233;rissables, d'oeufs, de cr&#232;me&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Il se conserve deux mois et nous, on le vend frais : on peut le faire toute la journ&#233;e, on va jouer avec le frigo, mais plus il aura du frigo plus il va rel&#226;cher, c'est fragile. Y'a des produits qui vont travailler au chocolat de ne plus blanchir, mais c'est pas naturel. C'est pour &#231;a que &#231;'a &#233;t&#233; autoris&#233;, les graisses v&#233;g&#233;tales. Des biscuits avec du chocolat dessus, il est toujours brillant parce que y'a une mati&#232;re grasse ajout&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un m&#233;tier plut&#244;t masculin,&lt;/strong&gt; parce que c'est quand m&#234;me assez physique : y'a des poids &#224; porter toute la journ&#233;e, donc vider tout &#231;a, porter des plaques de dix kilos jusqu'au frigo, les reprendre, les tourner&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; La d&#233;coration, c'est peut-&#234;tre plus f&#233;minin. Le gros travail, maintenant, y'a des machines, &#231;a facilite mais par exemple l'&#233;t&#233;, on utilise pas nos machines parce que la chaleur est d&#233;cupl&#233;e alors on fait tout &#224; la main, on a des petites quantit&#233;s mais l&#224; on travaille vraiment &#224; l'ancienne : ma m&#232;re table le chocolat, on touille nous-m&#234;mes, comme quand on a commenc&#233;, et dans les grosses cuves c'est pas toujours du chocolat liquide, y'a aussi du &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Pralin&#233;' class='spip_out' rel='external'&gt;pralin&#233;&lt;/a&gt; m&#233;lang&#233; donc c'est assez physique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au d&#233;part, un local si petit, c'&#233;tait voulu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Non : d'abord, au Panier, pour trouver des grands locaux c'est pas &#233;vident, donc y'avait quand m&#234;me 49 m&#178;, mais c'est simplement que ma grand-m&#232;re avait une tr&#232;s forte personnalit&#233; et son d&#233;c&#232;s nous a beaucoup affect&#233;es. On est une petite famille, on &#233;tait que trois donc on avait ce local-l&#224;, il fallait continuer &#224; travailler mais on ne pouvait simplement plus rentrer&#8230; Voil&#224; pourquoi on a chang&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait une th&#233;rapie, celui-l&#224;, c'&#233;tait un renouveau pour nous.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On avait besoin de tourner la page et au d&#233;but c'est douloureux, ce magasin la repr&#233;sentait vraiment et maintenant, on a remis nos meubles donc les gens arrivent &#224; s'y retrouver, mais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; La Vieille Charit&#233; &#233;tait ferm&#233;e,&lt;/strong&gt; le quartier &#233;tait pas connu, nous non plus, elle &#233;tait enceinte, donc elle a fait faillite la premi&#232;re ann&#233;e, en plein P&#226;ques ! Apr&#232;s, mon grand-p&#232;re a recr&#233;&#233; la soci&#233;t&#233;, d'ailleurs &#231;a s'appelait la Petite Chocolati&#232;re puisque j'&#233;tais la petite chocolati&#232;re. Apr&#232;s son d&#233;c&#232;s ils ont refait faillite en 92, enfin &#231;'a &#233;t&#233; assez tumultueux mais dans les ann&#233;es 80, c'&#233;tait un peu diff&#233;rent, et le travail payait, donc elle regardait pas les heures. Elle avait besoin de &#231;a, aussi, elle est repartie &#224; z&#233;ro &#224; quarante ans, donc elle a construit &#231;a et on continue petit &#224; petit. L'artisanat c'est beaucoup de travail, il faut aimer &#231;a et avoir envie, sinon&#8230; Il y a vingt-cinq ans, le quartier &#233;tait heu&#8230; tr&#232;s mauvaise r&#233;putation - faut dire que le Panier abritait les bandits les plus connus, les bandits corses, donc c'&#233;tait assez mal fam&#233; - donc ma m&#232;re a commenc&#233; avec du porte &#224; porte, elle a fait beaucoup de comit&#233;s, elle s'est fait conna&#238;tre petit &#224; petit et on a r&#233;ussi &#224; avoir une client&#232;le plut&#244;t de la haute soci&#233;t&#233; de Marseille qui venaient agripp&#233;es &#224; leur sac.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'heure actuelle, on a une client&#232;le&lt;/strong&gt; qui pr&#233;f&#232;re manger un peu moins de chocolat mais de qualit&#233;, donc classe moyenne plus ou moins riche, parce qu'on travaille pas avec la client&#232;le du quartier, on est quand m&#234;me un produit &#224; 45 &#8364; le kilo. Jusqu'&#224; y'a quelques ann&#233;es, &#231;a s'est beaucoup d&#233;favoris&#233;, maintenant y'a de plus en plus de Parisiens : l'immobilier a augment&#233; donc y'a des gens qui ont plus de moyens et l'ancienne g&#233;n&#233;ration, ils nous emm&#232;nent leurs enfants. &#192; la rue Vacon, on a une client&#232;le plus BCBG du centre, on a le septi&#232;me, mais les gens viennent vraiment de partout. Ici c'est beaucoup plus touristique : des gens d'Aix, de Cassis, d'Aubagne, des alentours, une client&#232;le qui nous conna&#238;t, venue en voyage, qui nous demande des produits, parfois on leur envoie en Colissimo. Et on ouvre le troisi&#232;me en septembre, pour recr&#233;er cette communication avec la client&#232;le parce que depuis le d&#233;c&#232;s de ma grand-m&#232;re, on &#233;tait plut&#244;t cantonn&#233;es dans la fabrication. Dans les points de vente, les gens disent aux vendeuses s'y z'aiment ou pas, mais c'est traduit par une personne interm&#233;diaire, les r&#233;actions sont pas directes et &#231;a nous manque. &#192; la rue Neuve, on veut reformer une fabrication avec notre magasin pour &#234;tre en contact direct avec nos clients, qu'ils nous ram&#232;nent leurs trucs un peu insolites et qu'on essaye de recr&#233;er comme on a pu cr&#233;er le chocolat au raz el hanout parce qu'on a fait go&#251;ter &#224; deux, trois clients qui passaient dire bonjour, comme &#231;a ils nous disent si y'a trop de ci, de l&#224;, et on a pu faire nos dosages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Y'a de plus en plus de demande.&lt;/strong&gt; Moi je fermais six, sept mois au d&#233;but, je travaillais que pour No&#235;l et P&#226;ques. Et l'&#339;uf fait industriellement, il a trois ou quatre mois de fabrication, &#231;'a pas la m&#234;me saveur, et les clients ont commenc&#233; &#224; me dire : &#171; &lt;i&gt;J'ai pas pu manger un morceau d'&#339;uf, faites-moi une barre ! &lt;/i&gt; &#187; Jamais j'aurais cru que je vendrais du chocolat toute l'ann&#233;e ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; C'est le bouche &#224; oreille. On a jamais fait de publicit&#233;, on a eu la chance d'avoir beaucoup de m&#233;diatisation &#224; la t&#233;l&#233; : la BBC, la Rai Uno, les t&#233;l&#233;s australiennes et derni&#232;rement Discovery Channel. On touche de plus en plus de gens aussi via Internet. Quand on a des sujets de Marseille, souvent on est nomm&#233;es, la plupart des guides on y est. L&#224;, y'a l'association des vingt commerces qui est en train de se faire, ces beaux commerces comme la Maison Empereur, Gatimel, le Four des Navettes, ce sont de vieux commerces qui font partie de Marseille. On fait pas sp&#233;cialement d'efforts pour se faire conna&#238;tre, &#231;a vient tout seul parce que y'a aussi un retour au naturel. C'est l'&#233;poque, l'environnement devient important, donc les gens recherchent des choses plus anciennes, authentiques. On en fait partie, donc y'a une esp&#232;ce de ressort, &#231;a repart.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Le plus d'activit&#233;, c'est No&#235;l.&lt;/strong&gt; P&#226;ques c'est l'enfant, on ach&#232;te un &#339;uf, mais on fait pas &#233;norm&#233;ment de cadeaux tandis que No&#235;l c'est les adultes, y'a les cadeaux d'entreprise, et beaucoup de gens font plus de cadeaux. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Beaucoup de clients me prennent facilement 20 &#8364; tous les dix jours, 500 grammes, h&#232;. Et des habitu&#233;s prennent leur kilo toutes les semaines ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Cinq tonnes dans l'ann&#233;e, on est pas des gros&#8230; Une moyenne, une famille de quatre personnes mange 60-70 grammes par jour, ils finissent la semaine, ils leur en manquent ! C'est pas le bout du monde, h&#232;. Beaucoup ont compris que &#231;a fait du bien et en mangent r&#233;guli&#232;rement. D'ailleurs, on vend 80 % de noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous diversifiez-vous dans la vente ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a essay&#233; mais d&#232;s qu'on essaye de vendre un produit qu'on fait pas nous, &#231;a marche pas : y'a que le chocolat qu'on fait. Et plus il est artisanal&#8230; Chez les autres chocolatiers, on veut les petits chocolats bien faits qui sortent de la machine, moi j'ai une machine, h&#232;, je peux les faire pareils, ils vont croire que c'est pas nous qui les faisons et ils les veulent pas ! Des fois, du chocolat coule de la machine, il s&#232;che et &#231;a fait des petits tas. En g&#233;n&#233;ral on refond, et puis on trouvait que c'&#233;tait un peu sympa, on l'a men&#233; au magasin, au d&#233;part pour la d&#233;coration. Eh b&#232; ils l'achetaient !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le bon chocolat est-il consid&#233;r&#233; comme un produit de luxe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Parce que la main d'&#339;uvre est tr&#232;s ch&#232;re, on fait tout &#224; la main, on met des produits de qualit&#233;. Les fruits confits c'est cher, les amandes, dans les quartiers chinois, vous les payez pas cher mais c'est pas bon : nous on choisit toujours les amandes de Provence, les noisettes du Pi&#233;mont. Pareil pour les f&#232;ves, &#231;a va de la mati&#232;re premi&#232;re &#224; ce qu'on met dans nos produits : nos fruits confits &#224; l'orange ont le go&#251;t de l'orange, pas juste juste l'aspect, le melon c'est vraiment du melon. Et une fois qu'il est fabriqu&#233;, il faut le plier, le vendre, &#224; No&#235;l et P&#226;ques on est plus de quinze salari&#233;s. On est oblig&#233;es d'avoir un certain prix, sans parler de la TVA et cetera. On essaye d'&#234;tre sous les prix des concurrents, beaucoup sont &#224; 60-70 mais, c'est tr&#232;s cher, les ballotins, les d&#233;cos : quand y'a un ballotin en velours, ils sont oblig&#233;s de facturer leurs produits plus chers. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Et l&#224; les gens ont compris qu'y payent pas tout cet emballage qui sert &#224; rien. On a simplifi&#233; : un cornet en cellophane alimentaire, des n&#339;uds, suivant la mode, h&#232; : il fut un temps c'&#233;tait brillant, maintenant c'est le raphia.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : On fait go&#251;ter aux gens,&lt;/strong&gt; et d&#232;s qu'on a un autre point de vente on fait des d&#233;gustations. Ma m&#232;re s'est fait une r&#233;putation gr&#226;ce aux cadeaux aux clients, &#224; la personnalisation : elle s'investissait, elle a toujours innov&#233; et il lui est arriv&#233; de faire des fondues sur la placette, j'ai des clientes qui nous en parlent encore ! Apr&#232;s elle avait plus le temps, mais on fait pas payer les visites, parce qu'on veut garder la possibilit&#233;, m&#234;me ceux qui ont moins de moyens, de go&#251;ter un peu. Les gamins qui sont venus d'un quartier d&#233;favoris&#233;, si je fais 2 ou 3 &#8364;, ils vont pas pouvoir. On a quand m&#234;me des r&#233;compenses : &#224; No&#235;l, des clients m'am&#232;nent de la soupe fra&#238;che, le foie gras, le pain fait maison, les figues du jardin, c'est vraiment un &#233;change. Ma grand-m&#232;re, elle connaissait tous ses clients, la plupart c'&#233;tait devenu des amis donc c'est normal qu'on fasse la d&#233;gustation, et on leur fait des petits cadeaux quand on les voit revenir. On peut plus en faire autant, au niveau du fisc, tant de kilos achet&#233;s, tant de kilos vendus, c'est difficile &#224; prouver quand on fait la d&#233;gustation, on est oblig&#233; de tenir des fichiers draconiens. On fait quand m&#234;me encore, &#231;a fait partie du folklore, les gens ont besoin de &#231;a, et puis &#231;a nous aide &#224; progresser !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La satisfaction des clients quand ils nous disent : &#171; &lt;i&gt;Merci de nous r&#233;galer comme &#231;a ! &lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Y'a tellement de sp&#233;cialit&#233;s que y'en a pas une qu'on pr&#233;f&#232;re. On serait tent&#233;es de dire le couscous, mais dans quelques mois ce sera autre chose, avant c'&#233;tait le fenouil&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; C'est toujours la derni&#232;re, et quand on en fait une autre on oublie, on est infid&#232;les, pour nos amours de chocolat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que vous &#233;voque le mot &#171; chocolat &#187; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Mais nous, c'est un peu tout, parce qu'on vit dedans&#8230; Y'a un truc marrant, chaque fois qu'y viennent y'en a : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce-qu'il y a de nouveau, cette semaine ?&lt;/i&gt; &#187; On peut pas faire des nouveaut&#233;s toutes les semaines, h&#232;. &#171; &lt;i&gt;Ah !&lt;/i&gt; je dis, &lt;i&gt;aujourd'hui y'a au couscous.&lt;/i&gt; &#187; Alors &#231;a, &#231;a m'amuse beaucoup parce que j'en ai m&#234;me un qui a senti les graines alors qu'y en a pas, c'&#233;tait croustillant, voil&#224; !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; De la magie parce que le chocolat, &#231;a fait&#8230; Les gens rentrent avec le sourire, avec envie, &#231;a se refl&#232;te sur leur visage et d&#233;j&#224;, &#231;a, je dis : &#171; &lt;i&gt;C'est gagn&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Et on joue l&#224;-dessus : on leur offre d&#232;s qu'ils rentrent une d&#233;gustation, donc on a toute la journ&#233;e cette satisfaction de gens qui rentrent avec bonne humeur dans notre magasin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 26/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Accores du Port</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Mise en forme in situ du m&#233;tier d'accoreur : comp&#233;tences, outils et ouvrage en &#233;quipe, pour vivre de la mer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 2002, Fr&#233;d&#233;ric Blot, 35 ans, est chef d'&#233;quipe accoreur sur le Port Autonome de Marseille et dirige les diff&#233;rentes &#233;tapes d'entr&#233;e et de sortie d'un navire en forme, le chantier d'attinage et les op&#233;rations d'&#233;chouage et de calage : &#171; &lt;i&gt;Dans ce m&#233;tier, ce qui est bien, c'est la diversit&#233; des t&#226;ches. C'est tellement singulier qu'il faut le vivre pour savoir vraiment. C'est beaucoup plus vari&#233; que ce &#224; quoi je m'attendais, et m&#234;me plus int&#233;ressant que la simple id&#233;e qu'on peut s'en faire.&lt;/i&gt; &#187; Artisanat portuaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les formes 1 et 2 ont &#233;t&#233; construites sous Napol&#233;on III. Le terme d'accoreur n'existait pas mais en tout cas, on &#233;chouait d&#233;j&#224; les bateaux et si je ne m'abuse, les &#201;gyptiens avaient d&#233;j&#224; des techniques pour &#233;chouer leurs bateaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste le travail d'accoreur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Notre travail, la finalit&#233;, c'est d'&#233;chouer les bateaux : quand on les met en cale s&#232;che, quand on les pose. Y'a diff&#233;rentes &#233;tapes pour les bateaux de type yacht, dans les petites formes. La quille repose sur une ligne axiale de tins. Le tin, ce sont des gros blocs de b&#233;tons avec une couche de bois tr&#232;s dur qui s'appelle l'azob&#233;e et par dessus, on met une couche de peuplier qui est du bois tendre qui va se d&#233;former pour &#233;pouser le bateau, pour ne pas l'ab&#238;mer. Donc, y'a une ligne sur l'axe de bassin de radoub dans lequel va rentrer le bateau, on va pomper l'eau et la quille va se poser sur la ligne axiale. On a diff&#233;rentes passerelles et on va mettre des bois pour tenir le bateau en &#233;quilibre, en fait, il va se poser et on va le maintenir en &#233;quilibre avec des accores _d'o&#249; le nom du m&#233;tier _, des &#233;pontilles qu'on appelle g&#233;n&#233;ralement bois _on pourrait comparer &#231;a &#224; des grands poteaux t&#233;l&#233;phoniques_, qu'on va placer et caler. On leur donne du champ, ils ont une certaine inclinaison. Avant &#231;a &#233;videmment il y a une &#233;tude du bateau pour savoir le nombre de bois que nous allons mettre, &#224; quel endroit on va les mettre. Ensuite, on re&#231;oit les plans du bateau pour &#231;a. Bon, y'a des bateaux qu'on connait tr&#232;s bien donc on sait directement o&#249; on va les mettre, on pr&#233;pare les bois, l'emplacement, d&#232;s que le bateau touche, on le cale. Ensuite, quand la r&#233;paration est finie, on s'occupe de remettre le bateau &#224; flot et d'ouvrir les portes. &#199;a c'est la premi&#232;re phase pour l'&#233;chouage des bateaux, l'&#233;chouage le plus simple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Intervenez-vous dans les r&#233;parations ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La r&#233;paration, nous n'intervenons pas &#224; proprement dire sauf en ce qui concerne le grutage. Nous sommes accoreurs et grutiers, donc nous faisons tout le grutage de la r&#233;paration navale. On attache pas les charges, sauf quand c'est pour nous, pour pr&#233;parer un chantier, parce qu'y'a des bateaux plus complexes o&#249; il faut faire des chantiers. c'est pareil, on re&#231;oit les plans du bateau, on place des tins qui sont amovibles &#224; ce moment-l&#224;, toujours constitu&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on : b&#233;ton, azob&#233;, peuplier. Nous avons des c&#244;tes, nous les reportons, nous tra&#231;ons au sol par rapport &#224; des plans, un peu comme des g&#233;om&#232;tres, on a certains appareils lasers aussi. Et &#224; ce moment-l&#224;, il n'y a pas de bois et le bateau va poser sur ses tins qui sont plac&#233;s lat&#233;ralement par rapport &#224; son axe et qui vont le maintenir en &#233;quilibre. &#231;a, on peut le faire pour des yachts et pour les grands bateaux que nous pouvons &#233;chouer dans les formes 8 et 9, ou 10 quand elle est en fonction, ce n'est que du chantier d'attinage : chantier de diff&#233;rents tins plac&#233;s selon les plans du bateau, qui ne pose que sur les tins, il n'y a pas de bois sur les c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la partie la plus importante de votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est la pr&#233;paration des chantiers, parce que &#231;a peut prendre un certain temps. Ensuite c'est les &#233;chouages, selon les p&#233;riodes : c'est un peu un travail saisonnier en ce qui concerne les yachts, le nautisme, puisque l'&#233;t&#233; ils sont sur les flots et y'a beaucoup de rentr&#233;es, de sorties, puisqu'on a quand m&#234;me formes 3, 4, 5, 6 et 1 ou 2 pour les petits bateaux et les yachts. Ensuite, y'a la forme 8 et 9, donc l&#224; &#231;a, c'est toute l'ann&#233;e, c'est principalement la pr&#233;paration des chantiers. Les petites formes, c'est principalement les &#233;chouages. Ben vu que les formes sont amodi&#233;es maintenant, c'est-&#224;-dire qu'elles sont lou&#233;es &#224; des r&#233;parateurs et bon, y'a certains bateaux qui ne peuvent entrer qu'en forme 8 et 9, du fait de leurs tailles, ensuite, entre la forme 1 qui peut accepter certains bateaux qui peuvent aller aussi en formes 8 et 9, l&#224; c'est entre eux, c'est des batailles commerciales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut pas avoir peur du travail, de se salir les mains, c'est &#231;a le principal. Ensuite il faut savoir manipuler une scie. C'est quelque chose de tr&#232;s pratique, de tr&#232;s manuel. On fait des coupes, du travail &#224; la scie, de la manutention &#224; la grue. Il faut savoir compter, calculer, faut l'esprit d'&#233;quipe : c'est tr&#232;s important parce que l&#224;, on compte beaucoup sur les autres. Faut savoir forcer pour pas se faire mal puisqu'on a quand m&#234;me &#224; manipuler des choses assez lourdes, et beaucoup de logique. Apr&#232;s faut savoir manipuler une masse puisque quand on cale les bois c'est &#224; la masse, faut savoir clouer. Il faut avoir un esprit pratique, c'est la principale qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous toujours exerc&#233; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vous voulez conna&#238;tre mon parcours (rire) ? J'ai une licence de biologie, un DEUG de droit, un dipl&#244;me de visiteur m&#233;dical. J'ai travaill&#233; comme employ&#233; dans une station service. comme huissier _c'est un terme pompeux_, huissier chasseur au quotidien La Provence, c'est-&#224;-dire je recevais les fax et je les dispatchais aux jounalistes en fonction de leurs contenus. J'ai &#233;t&#233; motard de presse, toujours &#224; la Provence. visiteur m&#233;dical, plus divers petits m&#233;tiers. J'ai essay&#233; de cr&#233;er une petite entreprise et je suis entr&#233; au port en tant qu'accoreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le choix de ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je voulais retrouver un m&#233;tier un peu plus pratique, en fait, o&#249; on voyait r&#233;ellement ce qu'on faisait, plus, je cherchais un travail d'&#233;quipe. Plus, j'&#233;tais tr&#232;s attir&#233; par le Port Autonome pour les perspectives d'emploi vu qu'on travaille au port longtemps, y'avait de multiples choix qui pouvaient se proposer. J'ai plusieurs personnes de ma famille qui travaillent ici, qui ont su qu'y'avait un concours, qui se sont renseign&#233;es, qui m'ont expliqu&#233; un peu le m&#233;tier, donc &#231;a m'a int&#233;ress&#233;. Voil&#224; pourquoi je suis rentr&#233;, pourquoi j'ai postul&#233; du moins. Le concours c'est un &#233;tablissement public, c'&#233;tait d'un niveau troisi&#232;me &#224; l'&#233;poque donc dict&#233;e, calcul, tests psycho-techniques, tests de hauteur pour les grues parce qu'on monte &#224; des grues de 70 m&#232;tres de hauteur, et entretien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris le travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a s'apprend sur le tas, y'a pas d'&#233;cole d'accoreur. &#199;a se fait par compagnonnage, on pourrait dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les formes de radoub, c'est la premi&#232;re chose. Elles sont ferm&#233;es par des bateaux portes, des grandes portes en acier ou en b&#233;ton comme pour la forme 10. Ils flottent en temps normal et on les fait couler &#224; l'entr&#233;e de la porte. Y'a des joints sur le bord et quand les pompes aspirent l'eau de la forme, la force de la mer les fait se plaquer. &#199;a fait partie de l'apprentissage, savoir manipuler les bateaux portes, c'est du matelotage. On le fait avec des cabestans, des poulies, des palans. Pour les petites formes, une fois que la forme est vide, les bateaux se vident d'eux-m&#234;mes dans la forme, on a des syst&#232;mes de caisson qu'on r&#232;gle. Quand on remet l'eau, une fois que l'eau est au m&#234;me niveau que la mer, le bateau porte reflotte et on peut ouvrir la porte. Pour la forme 8 et 9, c'est exactement le m&#234;me principe sauf qu'on a des compresseurs pour chasser l'eau, pour qu'il puisse flotter. Et le bateau porte 10 qui est en b&#233;ton, c'est le m&#234;me principe que la forme 2. Ensuite, on a du mat&#233;riel de menuiserie, deux chariots &#233;l&#233;vateurs, diff&#233;rentes grues mobiles, automobiles : deux qui peuvent lever jusqu'&#224; 20 tonnes, ce sont les plus petites en petites formes, de 1 &#224; 6, une grue automobile sur rails plus grosse en forme 8 et 9, qui l&#232;ve jusqu'&#224; 40 tonnes, la Titan qui l&#232;ve jusqu'&#224; 50 tonnes en forme 8, 9 et 10, et trois grues &#224; tour type grues de chantier, dont la plus haute est &#224; 70 m&#232;tres sous cabine et l&#232;ve jusqu'&#224; 20 tonnes. Et la grue Kayard en forme 10 qui l&#232;ve jusqu'&#224; 150 tonnes, une grue sur rails aussi. On sait manipuler et on a les &quot;Cases&quot;, des sortes de permis pour conduire les chariots &#233;l&#233;vateurs et les diff&#233;rents types de grues. &#199;a c'est pour la partie accoreur, puisque le service est divis&#233; entre mainteneurs et accoreurs ; ensuite, la maintenance s'occupe de l'entretien de tous ces engins plus tout ce qui est machinerie de pompe quand on fait un &#233;chouage : les cuves, le pont, au niveau des bassins de radoub. L&#224;, il est question de recevoir de nouveaux engins mais toujours du m&#234;me type. Chaque fois qu'on a une nouvelle chose, on se forme dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des consignes vestimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : le bleu, casque ou casquette coqu&#233;e sur les quais et dans les formes le casque obligatoire. Chaussures de s&#233;curit&#233;, gants, pour la tenue des E.P.I., Equipements de protection individuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On en a toujours parce que de toute fa&#231;on, quand nous n'avons pas de bateaux, quand y'a une p&#233;riode plus creuse, &#231;a nous permet de pr&#233;parer, de r&#233;parer le mat&#233;riel, d'entretenir. Quand y'a des coups de bourre, apr&#232;s, il faut ranger tout ce qui a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; ou remonter, donc on peut pas dire qu'on ait de p&#233;riode vraiment creuse. Et puis &#231;a reste tr&#232;s al&#233;atoire, on a eu des &#233;t&#233;s o&#249; cens&#233;ment les yachts viennent moins et y'a eu beaucoup de yachts qui sont venus. Du fait de la mondialisation, les entreprises maintenant essayent de rentrer autre chose que leur activit&#233; principale, c'est-&#224;-dire des navires d'autres horizons : des petits gaziers ou des citernes qui alimentent les bateaux, enfin, des bateaux de commerce qu'on &#233;choue en petites formes. Des dragues, des engins flottants&#8230; donc en fait l'activit&#233; s'&#233;tale beaucoup plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien y a-t-il d'accoreurs sur le port ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Actuellement, pour l'accorage seul, y'a quarante-six accoreurs divis&#233;s en deux &#233;quipes puisque nous travaillons en quarts : un shift le matin, un shift l'apr&#232;s-midi, plus on peut &#234;tre appel&#233; &#224; travailler la nuit ou les week-ends.Trois chefs d'&#233;quipe par &#233;quipe et deux contrema&#238;tres, un par &#233;quipe, &#224; chaque atelier. Pour le service r&#233;paration navale du port autonome, on est environ quatre-vingt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec qui avez-vous des contacts professionnels ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D'autres services ? _En fait pas grand monde. Alors, y'a un autre service de la r&#233;paration navale, le branchement navire. il y en a plus g&#233;n&#233;ralement sur le port et nous, on en a une unit&#233;. eux s'occupent de tout ce qui est branchement douce, &#233;lectricit&#233; et t&#233;l&#233;phone des navires qui sont &#224; quai. d&#232;s qu'on &#233;choue, qu'on doit mettre un bateau en eau, ils viennent brancher ou d&#233;brancher. Les mainteneurs, &#233;lectriciens, m&#233;caniciens, ont plus de rapport avec d'autres services du port. Par exemple, les &#233;lectriciens ont des rapports avec le service r&#233;seau g&#233;n&#233;ral d'&#233;lectricit&#233; mais nous, en temps qu'accoreurs, on a pas beaucoup&#8230; un peu avec l'ECM (ndlr : service d'Exploitation Commerciale de Marseille), ceux qui s'occupent de d&#233;charger les bateaux, les containers, pour le silo &#224; sucre, tout ce qui est grues uniquement de commerce et ils ont aussi des engins flottants que nous &#233;chouons. Ce sont eux qui g&#233;raient le ponton Atlas, une grue flottante donc, quand on doit les &#233;chouer, les r&#233;parer, on a des rapports avec eux. Il arrive aussi quand nous manquons de grues ou selon les palanqu&#233;es qu'il y a &#224; faire, que ce soit des grutiers de l'ECM qui viennent travailler &#224; la r&#233;paration navale. Donc l'ECM c'est la partie de quai pour Marseille. Par contre nous faisons partie de la m&#234;me direction, la DOT, Direction des Op&#233;rations et des Terminaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s avez-vous d&#233;velopp&#233;es ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oh l&#224; ! difficile &#224; dire, hein, j'ai pas l'impression d'avoir chang&#233;&#8230; Je pense plut&#244;t que &#231;a m'a permis de mettre en application mes qualit&#233;s, m&#234;me si le terme est pas trop appropri&#233; mais, surtout quand on est bien dans un environnement et dans un m&#233;tier, apr&#232;s vos qualit&#233;s s'expriment. Ce qui me pla&#238;t, c'est que ce soit toujours diff&#233;rent, un &#233;chouage n'est jamais le m&#234;me, m&#234;me si c'est le m&#234;me bateau, y'a toujours des al&#233;as, donc il faut toujours &#234;tre vigilant et toujours r&#233;agir vite devant diff&#233;rentes situations. Il faut souvent qu'on adapte parce que c'est quand m&#234;me artisanal comme m&#233;tier. Donc, c'est une des qualit&#233;s qu'il faut, r&#233;activit&#233; et force d'anticipation, quoi. Beaucoup d'adaptabilit&#233; aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont les d&#233;sagr&#233;ments du travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est pas ce que j'aime le moins, c'est&#8230; on a quand m&#234;me des conditions de travail difficiles, certainement parmi les plus difficiles du port. D&#233;j&#224;, on travaille dehors qu'il fasse chaud, froid. Pendant la grande canicule par exemple, on &#233;tait dans les formes, c'&#233;tait des fournaises. Et puis si un bateau arrive, m&#234;me s'il y a une pluie battante et de la gr&#234;le, il faut qu'on l'&#233;choue. Donc, les conditions climatiques sont pas toujours agr&#233;ables. Heureusement, on est sur Marseille, donc on a aussi des bons moments. Y'a aussi des avantages &#224; &#234;tre dehors. Apr&#232;s, des fois, y'a des chantiers qui sont tr&#232;s p&#233;nibles, en plus des intemp&#233;ries, parce qu'il y a de la boue dans la forme, parce qu'y'a des charges &#224; monter, parce que l'acc&#232;s est difficile. Il nous arrive de travailler alors qu'y'a d&#233;j&#224; un bateau donc, ce serait &#231;a les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est difficile de faire &#233;voluer le m&#233;tier au niveau technique, donc parce que &#231;a fait partie des m&#233;tiers vraiment artisanaux donc, c'est tr&#232;s difficile de voir une &#233;volution. On va certainement avoir du nouveau mat&#233;riel, les bateaux m&#234;mes peuvent changer puisqu'ils vont &#233;voluer dans ce sens. Les formes des bateaux &#233;voluent donc, y'avait certaines formes, certains chantiers qui &#233;taient pr&#233;vus. Par exemple, ce qu'on appelait des chantiers initiaux sur les formes 8 et 9, c'&#233;tait des chantiers un peu standards, beaucoup de bateaux pouvaient se poser. C'est plus tr&#232;s vrai, c'est-&#224;-dire que pratiquement chaque bateau est diff&#233;rent maintenant et il faut refaire un chantier pratiquement chaque fois. Donc voil&#224;, y'a des &#233;volutions dans ce sens. Peut-&#234;tre que &#231;a reviendra, que les bateaux seront plus similaires et qu'y'aura besoin d'autres chantiers. Apr&#232;s, au niveau technique, oui, des &#233;volutions y'en aura mais lesquelles, je pense pas que &#231;a va changer radicalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aura-t-on besoin de davantage d'accoreurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a, &#231;a d&#233;pend de l'activit&#233;, &#231;a d&#233;pend de la forme 10 par exemple et puis &#231;a d&#233;pend de Monsieur Sarkozy peut &#234;tre&#8230; Des accoreurs il en faudra toujours, maintenant plus d'accoreurs, &#231;a, &#231;a d&#233;pendra de l'activit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des &#233;changes avec d'autres ports ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On a des &#233;changes, donc le syst&#232;me d'&#233;chouage est principalement le m&#234;me dans tous les pays. Je sais qu'&#224; G&#234;nes et &#224; Barcelone, il y a des formes de radoub et le principe est toujours le m&#234;me. Apr&#232;s, y'a un autre syst&#232;me qui va bient&#244;t &#234;tre pr&#234;t &#224; La Ciotat, c'est un syst&#232;me d'&#233;l&#233;vateurs uniquement tourn&#233; vers la haute plaisance qui va sortir les bateaux de l'eau avec un esp&#232;ce de gros portique, pour les mettre &#224; terre directement sur quai. L&#224;, les avantages et les inconv&#233;nients par rapport &#224; une forme de cale s&#232;che, on ne conna&#238;t pas exactement. En plus, y'a beaucoup de choses qui se voient par la pratique. Par contre ils sont limit&#233;s, eux, en en taille et poids donc, ils vont recevoir des bateaux plus gros que ce qu'ils peuvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si c'&#233;tait &#224; refaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Est-ce que je souhaiterais exercer une autre profession ? Oui, moi, je suis ouvert &#224; tout m&#233;tier et je ne dis pas que dans quinze-vingt ans, je serai encore accoreur ou peut-&#234;tre m&#234;me au Port . Maintenant, je ne regrette en rien, je suis tr&#232;s bien et je n'ai pas vu les cinq ann&#233;es passer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : R&#234;vez-vous parfois d'embarquer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, &#231;a ne m'attire pas du tout. Je vais m&#234;me aller plus loin, m&#234;me les gros yachts, &#231;a me fait pas du tout r&#234;ver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie &#224; Marseille, au port ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'aime Marseille et le c&#244;t&#233; mer, m&#234;me si avant je n'y travaillais pas et si je ne suis pas un marin ne serait-ce qu'amateur, j'ai du mal &#224; m'&#233;loigner de la mer. J'ai toujours eu tendance &#224; vouloir travailler pour la mer, que la mer me fasse vivre. Je ne savais pas exactement sous quelle forme, que ce soit directement ou indirectement et je suis tr&#232;s fier, enfin, c'est quelque chose qui me&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 5/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Patrick Chiappe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail c'est la sant&#233; ?</title>
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		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


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		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Articles compl&#233;mentaires sur deux activit&#233;s : l'industrie du savon de Marseille et la fabrication du chocolat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. Histoire du savon de Marseille&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le savon de Marseille, ce &#171; cube &#187; compos&#233; &#224; 72% d'huiles, est utilis&#233; sur tous les continents, et dans toutes les cultures. Universel, il r&#233;ussit le tour de force d'&#234;tre &#224; la fois un produit de lessive et un produit de beaut&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'origine du savon de Marseille provient du savon d'Alep existant depuis des milliers d'ann&#233;es. Le mode de fabrication originaire de la ville d'Alep en Syrie, &#224; base d'huile d'olive et de laurier s'est r&#233;pandu &#224; travers le bassin m&#233;diterran&#233;en, &#224; la suite des Croisades, en passant par l'Italie et l'Espagne, pour atteindre Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la fin du 16e si&#232;cle, la savonnerie est issue de petites entreprises familiales marseillaises. Le Midi, et la Provence en particulier, dispose des mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires, l'huile d'olive, le sel et les cendres de salicorne de la Camargue, et plus tard l'huile de palme et le coprah issus des colonies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, la ville de Marseille poss&#232;de quatre-vingt-dix savonneries.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale &#233;clate, Marseille assure encore la moiti&#233; de la production fran&#231;aise mais les ann&#233;es qui suivent sont d&#233;sastreuses. Le savon est supplant&#233; par les d&#233;tergents de synth&#232;se et les savonneries marseillaises ferment les unes apr&#232;s les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les vertus de ce produit naturel et biod&#233;gradable vont &#234;tre &#224; l'origine d'un renouveau depuis les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extraits de : &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_...&lt;/a&gt; et de &lt;a href='http://www.savon-de-marseille.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.savon-de-marseille.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. La fabrication et les vertus du chocolat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chocolat est un m&#233;lange de masse de cacao, de sucre, de beurre de cacao et &#233;ventuellement de lait. Le pourcentage de chaque &#233;l&#233;ment d&#233;pend de la vari&#233;t&#233; et du type de chocolat &#224; obtenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa fabrication se fait en plusieurs &#233;tapes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE MALAXAGE
&lt;br /&gt;La masse de cacao est m&#233;lang&#233;e aux autres mati&#232;res premi&#232;res (sucre et &#233;ventuellement produits laitiers) dans un p&#233;trin muni de meules de granit. La composition est malax&#233;e jusqu'&#224; devenir une p&#226;te homog&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE BROYAGE / RAFFINAGE
&lt;br /&gt;Pour diminuer la granulom&#233;trie jusqu'&#224; un niveau non perceptible &#224; la d&#233;gustation, les particules solides doivent &#234;tre r&#233;duites &#224; 15-25 microns. La p&#226;te passe donc dans des broyeuses affineuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE CONCHAGE
&lt;br /&gt;Cette op&#233;ration est essentielle pour donner au chocolat toute sa finesse et son onctuosit&#233; puisqu'elle permet une homog&#233;n&#233;isation du produit et un d&#233;veloppement de son ar&#244;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE TEMP&#201;RAGE
&lt;br /&gt;Le conchage termin&#233;, le chocolat est stock&#233; dans des tanks &#224; 40 &#176;C avant de passer dans une temp&#233;reuse. Le temp&#233;rage du chocolat consiste &#224; amener le beurre de cacao dans sa forme cristalline la plus stable. Le beurre de cacao est compos&#233; de cinq mol&#233;cules grasses diff&#233;rentes fondant chacune &#224; des temp&#233;ratures distinctes (comprises en 26 et 31 &#176;C), et ce m&#233;lange donne au chocolat un haut degr&#233; de cristallinit&#233; : il peut cristalliser en six formes diff&#233;rentes. Parmi ces six &#233;tats, le temp&#233;rage am&#232;ne au plus stable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE MOULAGE
&lt;br /&gt;Pour obtenir la forme ou le motif d&#233;sir&#233;, le chocolat est directement vers&#233; dans des moules. Il s'agit du moulage du chocolat. Des ingr&#233;dients suppl&#233;mentaires peuvent &#234;tre ajout&#233;s selon la friandise que l'on d&#233;sire. Les moules et le chocolat passent dans une machine appel&#233;e tapoteuse qui r&#233;partit le chocolat dans le moule. Enfin, il passe dans un tunnel r&#233;frig&#233;r&#233; qui le refroidit instantan&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les vertus du chocolat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le chocolat contient une grande quantit&#233; de substances chimiques antioxydantes (flavono&#239;des, de la famille des polyph&#233;nols ou &#171; tanins &#187;) d&#233;couvertes dans les f&#232;ves de cacao qui seraient &#224; l'origine de ses qualit&#233;s. Ces substances poss&#232;dent de nombreuses propri&#233;t&#233;s.
&lt;br /&gt;Manger r&#233;guli&#232;rement du chocolat peut avoir des effets positifs sur la sant&#233; ; le cacao ou le chocolat noir, en particulier, sont b&#233;n&#233;fiques pour le syst&#232;me circulatoire. D'autres effets b&#233;n&#233;fiques ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;s, tels qu'un effet anticancer, nootropique (stimulation c&#233;r&#233;brale) ou de pr&#233;vention de la toux. L'effet aphrodisiaque n'a pas pu &#234;tre prouv&#233; pour le moment.
&lt;br /&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la consommation excessive d'aliments riches en &#233;nergie, tels que le chocolat, est suspect&#233;e d'augmenter le risque d'ob&#233;sit&#233; sans une augmentation correspondante de l'activit&#233;.
&lt;br /&gt;Extrait de &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - &#192; VOIR, &#192; LIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les savons de Marseille&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Bernard Duplessy, Franck Rozet, Edisud, 2007
&lt;br /&gt;B.Duplessy nous raconte une v&#233;ritable saga qui plonge ses origines loin dans le pass&#233; et les voyages, l'outremer et l'Orient. Le savon de Marseille, c'est aussi une aventure peu ordinaire, r&#233;v&#233;latrice d'une &#233;conomie marseillaise tumultueuse. Au fil des pages et des documents illustr&#233;s, parfois in&#233;dits, se d&#233;roulent sous nos yeux la vie quotidienne des savonniers, leurs gestes et leurs savoir-faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La tradition du savon de Marseille&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Pascale Huby, Jos&#233; Nicolas, Nouvelles &#233;ditions Loubati&#232;res 2006
&lt;br /&gt;Tourisme -broch&#233;- 48 pages
&lt;br /&gt;Synonyme de prosp&#233;rit&#233; pour Marseille, avec les huileries et les activit&#233;s portuaires durant la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, la production du savon &#224; l'huile d'olive, a &#233;galement fait les beaux jours de Salon de Provence, au point d'en transformer la physionomie. Au sortir de la seconde guerre mondiale, la puissante industrie savonni&#232;re d&#233;cline inexorablement. Mais quelques artisans obstin&#233;s perp&#233;tuent encore la fabrication traditionnelle du fameux cube.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est dans l'air&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Reportage France 5 t&#233;l&#233;vision, diffusion du 02/02/07&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Histoire d'un petit cube&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;R&#233;alisation C&#233;dric Gimet, Chapacan production
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.chapacan.net/savon.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.chapacan.net/savon.html&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Ce film est une enqu&#234;te sur les savonneries de Marseille. Au travers de plus de mille photographies retrouv&#233;es par miracle, le fonctionnement de cette industrie de renomm&#233;e mondiale est &#233;tudi&#233;. Ce film retrace l'histoire de ce cube de savon, au gr&#233; des histoires personnelles de marseillais et de marseillaises, qui nous racontent quelques secrets d'utilisations de ce savon qu'ils connaissent depuis leurs plus tendres enfances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autour du chocolat :
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Chocolat, l'envers du d&#233;cor&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Auteurs : Philippe Bertrand, Philippe Marand - &#201;diteur : &#201;ditions de l'If
&lt;br /&gt;P&#226;tissiers reconnus, les deux auteurs se sont impos&#233;s comme des sp&#233;cialistes de la chocolaterie. Avec cet ouvrage, ils livrent aujourd'hui les cl&#233;s de leur savoir-faire exceptionnel, fruit d'une pratique quotidienne et d'une &#233;tonnante ma&#238;trise de la d&#233;coration. Au fil des pages, les deux p&#226;tissiers chocolatiers d&#233;voilent leurs secrets et leurs tours de main. L'accent est mis sur les gestes les plus d&#233;licats, rendant accessibles les techniques les plus difficiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Chocolat mon amour&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Michel Richart - Somogy, Editions d'Art- 2001
&lt;br /&gt;Dans cet ouvrage, Michel Richart, fils d'un ma&#238;tre-chocolatier lyonnais propose au lecteur de d&#233;couvrir l'art et la mani&#232;re de choisir, fabriquer et d&#233;guster le chocolat. Et pour tester les talents des gourmands, des recettes sont pr&#233;sent&#233;es &#224; la fin de chaque chapitre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Chocolat, mon amour&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Un film de Christophe Fraipont
&lt;br /&gt;1996 - Belgique - 60 minutes - Vid&#233;o
&lt;br /&gt;Production/Diffusion : Les films de la m&#233;moire, ARTE GEIE
&lt;br /&gt;Ce film met en sc&#232;ne les plus grands professionnels de la poudre noire, &#224; Bruxelles et &#224; Paris, et raconte une histoire de la d&#233;mocratisation du chocolat. Comment le chocolat, d'un produit de luxe r&#233;serv&#233; &#224; l'aristocratie et &#224; la haute bourgeoisie, est devenu un objet de consommation accessible &#224; tous. L'imagination des chocolatiers et la concurrence ont ouvert la voie &#224; la d&#233;couverte d'une infinit&#233; de saveurs et de modes de consommation du chocolat...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - LIENS UTILES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.videos-pub.fr/fr_artisan_chocolatier.php' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.videos-pub.fr/fr_artisan...&lt;/a&gt; : une vid&#233;o courte sur le m&#233;tier de chocolatier.
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.chococlic.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.chococlic.com&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.planetemuseeduchocolat.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.planetemuseeduchocolat.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant l'article de la rubrique sur le m&#233;tier de thanatopracteur :
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://sct.fr.free.fr/index.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://sct.fr.free.fr/index.htm&lt;/a&gt; : site culturel de thanatopraxie
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://sct.fr.free.fr/cepent/presentation.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://sct.fr.free.fr/cepent/presen...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Pr&#233;sentation du Centre d'&#201;tudes Pr&#233;paratoires aux Examens Nationaux de Thanatopraxie d'Avignon
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.afif.asso.fr/francais/conseils/conseil35b.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.afif.asso.fr/francais/co...&lt;/a&gt; : o&#249; se former, enseignement, l&#233;gislation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour en gr&#226;ce du savon de Marseille</title>
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		<dc:creator>Renaud Douci</dc:creator>


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		<description>Produit embl&#233;matique de la ville de Marseille et de son histoire industrielle, le savon conna&#238;t actuellement un regain d'int&#233;r&#234;t. Besoin d'authenticit&#233; ou effet de mode... Cinq ans apr&#232;s s'&#234;tre lanc&#233; dans cette activit&#233;, le couple Brunat n'a pas le temps de se poser la question. Leur savonnerie, la Licorne, ne cesse d'augmenter ses ventes et de s'ouvrir de nouveaux march&#233;s. &quot;Mon mari pensait d&#233;j&#224; &#224; l'export. Moi, je trouvais cette id&#233;e idiote, lance Laurence Brunat tout sourire. Avec un p&#232;re et un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Produit embl&#233;matique de la ville de Marseille et de son histoire industrielle, le savon conna&#238;t actuellement un regain d'int&#233;r&#234;t. Besoin d'authenticit&#233; ou effet de mode... Cinq ans apr&#232;s s'&#234;tre lanc&#233; dans cette activit&#233;, le couple Brunat n'a pas le temps de se poser la question. Leur savonnerie, la Licorne, ne cesse d'augmenter ses ventes et de s'ouvrir de nouveaux march&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&quot;Mon mari pensait d&#233;j&#224; &#224; l'export. Moi, je trouvais cette id&#233;e idiote, lance Laurence Brunat tout sourire. Avec un p&#232;re et un grand-p&#232;re qui &#233;taient du s&#233;rail, son conjoint Serge Brunat sortait d'un moule &#224; savon. Lui-m&#234;me commercial dans les huiles, il n'a pas eu de mal, en 1999, &#224; convaincre sa femme de se lancer dans l'aventure. &quot;Il m'a fait &#233;cum&#233; toute la r&#233;gion PACA avec ma mallette, r&#233;v&#232;le la jeune femme. J'ai prospect&#233; les boutiques touristiques. Les gens se sont tout de suite montr&#233;s int&#233;ress&#233;s. Alors moi aussi j'y ai cru.&quot; Cinq ans apr&#232;s avoir acheter les machines d'un savonnier qui ne trouvait pas de repreneurs, le couple Brunat fait partie des trois derniers fabricants de Marseille. Partie de rien, leur petite entreprise emploie aujourd'hui huit personnes et vend ses produits en Grande Bretagne, aux Etats-unis et jusqu'au Japon. En France, les savons La Licorne se sont trouv&#233;s une place de choix dans les boutiques touristiques, en drogueries, dans les salons et sur les stands d'&#233;v&#233;nements comme le march&#233; de No&#235;l de Marseille. &quot;Nous r&#233;alisons notre plus gros chiffre d'affaire pendant la p&#233;riode des f&#234;tes, affirme Laurence Brunat. Et puis c'est en s'exposant que nous nous faisons conna&#238;tre aupr&#232;s des grossistes.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Rentrer dans les supermarch&#233;s n'est pas notre priorit&#233;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si la Licorne a gagn&#233; en 2000 le concours Cr&#233;a13 de la meilleure PME. Une toute jeune soci&#233;t&#233; qui marche, avec un produit qui fait partie int&#233;grante de l'histoire de Marseille... il n'en fallait pas plus pour s&#233;duire le jury. Pour Laurence Brunat, qui ne manquera pas de vous montrer le prix encadr&#233; &#224; l'entr&#233;e de la boutique, plus qu'une reconnaissance : &quot;il s'agit l&#224; de la preuve du s&#233;rieux et la qualit&#233; de notre travail&quot;. Sur le sol fran&#231;ais, le savon de Marseille pourrait encore passer pour un savon rustique, bas de gamme et fait pour le m&#233;nage. Sur les march&#233;s &#233;trangers, c'est une appellation qui se vend bien. Et ch&#232;re. &quot;Quand un de nos clients japonais nous a dit que les savons qu'on leur vendait 5,40 Euros pi&#232;ce s'achetaient l&#224;-bas jusqu'&#224; 100 Euros, avoue-t-elle, j'ai eu du mal &#224; le croire.&quot; Une fois quitt&#233; le territoire, le savon de Marseille devient savon de luxe. En Angleterre, aux Etats-unis, son prix est multipli&#233; au minimum...par 8 ou 9. Seuls suffisent trois arguments en guise de formule magique : &quot;Pure v&#233;g&#233;tale&quot;, &quot;Senteur de Provence&quot; et &quot;Made in France&quot;.
Assur&#233;s de telles marges, il n'est pas &#233;tonnant que les revendeurs &#233;trangers n'aient jamais demand&#233; &#224; n&#233;gocier la prise en charge du transport, enti&#232;rement &#224; leurs frais. &quot;Nous mettons les produits sur palette, explique Madame Brunat. D&#232;s qu'ils passent la porte de la boutique, nous n'en sommes plus responsables.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un savoir-faire ancestral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attirer cette client&#232;le &#233;trang&#232;re n'a pas &#233;t&#233; facile pour autant. Elle vous le dira franchement : &quot;Les Am&#233;ricains ont une assez mauvaise image des entreprises fran&#231;aises. Il a fallu qu'on leur d&#233;montre que nous &#233;tions souples, que nous respections toujours les d&#233;lais et que nous &#233;tions &#224; leur disposition m&#234;me le dimanche et jours f&#233;ri&#233;s.&quot; Une fois les pr&#233;jug&#233;s tomb&#233;s, le c&#244;t&#233; artisanal du savon de Marseille a fait le reste. &quot;Quand ils sont venus visiter l'atelier, se souvient-elle, que ce soient les Am&#233;ricains ou les Japonais, tous ont &#233;t&#233; s&#233;duits par notre savoir-faire ancestral. Et &#224; la vu de nos machines centenaires, ils sont tout de suite tomb&#233;s sous le charme.&quot;
Si aujourd'hui l'atelier &#224; la douce odeur de lavande se visite, ce n'est pas pour augmenter le chiffre d'affaire. L'entr&#233;e est libre. Et ce ne sont pas les quelques savons vendus par jour qui augmenteront les b&#233;n&#233;fices. &quot;Ni la vente &#224; tout prix ni les supermarch&#233;s ne sont notre priorit&#233;, souligne la propri&#233;taire des lieux. Nous laissons ce c&#244;t&#233; commercial aux grosses fabriques et aux parfumeurs&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Pour que les Marseillais profitent de leur savon&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, ce sont la municipalit&#233; et l'office de tourisme qui ont demand&#233; aux Brunat d'ouvrir les portes de leur Licorne. A l'heure o&#249;, par besoin d'authenticit&#233;, le savon de Marseille revient &#224; la mode, certaines personnes &#224; la mairie auront compris l'int&#233;r&#234;t d'ouvrir &#224; tous un pan du patrimoine marseillais. &quot;La boutique et l'accueil des curieux, c'&#233;tait plus pour faire plaisir, avoue-t-elle. Il fallait bien que les Marseillais puissent eux-aussi profiter de leur savon&quot;. En entrant au coeur de la fabrique au sol gras et glissant, on comprend qu'elle n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; cet effet. Petite, elle voit ses ouvriers la d&#233;serter lorsque la Licorne re&#231;oit des invit&#233;s. Seuls am&#233;nagements : les protections pos&#233;es sur le moteurs des machines, la boutique et le mus&#233;e de l'huile install&#233; &#224; c&#244;t&#233; afin de pouvoir diviser la visite en trois &#233;tapes. C'est ainsi que depuis trois ans, des cars de touristes de toute la France, voire de bien plus loin, d&#233;barquent Cours Julien. A la d&#233;couverte du noble artisanat du savon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Renaud Douci&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le ferry-boat se refait une beaut&#233;</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/le-ferry-boat-se-refait-une-beaute</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/le-ferry-boat-se-refait-une-beaute</guid>
		<dc:date>2008-12-23T13:47:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;vision de coques, r&#233;novation de structures de navires et construction de barquettes en vue : la mer, toujours.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tir&#233;s hors de leur &#233;l&#233;ment marin qui a laiss&#233; ses traces sur les coques, les navires offrent au regard la partie habituellement immerg&#233;e de leur anatomie pour recevoir leurs soins annuels : karcher, pon&#231;age, antifouling, restauration... &#171; &lt;i&gt;Oh ! Ici, on traite beaucoup de bateaux, de la barquette &#224; la vedette rapide en passant par les voiliers, les fifty, par toutes sortes de bateaux, h&#232; !&lt;/i&gt; &#187; Oreste Bensa, 55 ans, anse du Pharo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une entreprise qui date de 1964 et nous avons repris l'activit&#233; au 1er janvier 2004. Nous sommes quatre, y'a deux ouvriers charpentiers ; nous faisons de la charpente traditionnelle, surtout en bois, mais on fait aussi le car&#233;nage : nous tirons des bateaux qui font de 4 m&#232;tres jusqu'&#224; 33 m&#232;tres. Le charpentage, nous faisons de la r&#233;novation, de la transformation et s'y faut, de la construction, mais la construction a disparu depuis de nombreuses ann&#233;es au profit du plastique. Mais enfin, y'a un renouveau et la barquette est en plein essor ; c'est devenu &#224; la mode, et il y a beaucoup de demandes pour la r&#233;novation de barquettes : dans l'atelier, on a une barquette catalane en pleine transformation et en r&#233;novation, qui sera termin&#233;e d'ici trois mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourquoi avez-vous choisi ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que de profession, je suis marin, &#231;a fait 35 ans que je suis dans les bateaux. Les bateaux n'ont plus gu&#232;re de secrets pour moi, parce que je connais le bateau de fond en comble, h&#232;, je suis presque n&#233; dessus, et on a repris cette activit&#233; parce que c'est notre job, et puis on a toujours v&#233;cu &#224; la mer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes marseillais d'origine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, marseillais. Ouais, depuis toujours. J'ai toujours habit&#233; &#224; proximit&#233; du port. Moi j'habitais dans le quartier du Panier, j'&#233;tais au bord de mer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris &#224; r&#233;nover les bateaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On l'a pas appris, on a suivi au niveau des gens comp&#233;tents et tous les anciens nous ont retransmis leur savoir. Y'a un ouvrier charpentier dans la boite, qui a d&#233;marr&#233; &#224; l'&#226;ge de 18 ans, &#231;a fait trente ans qu'il est sur le site. Son fils sort de l'&#233;cole, d'ailleurs, et c'est le p&#232;re qui fait voir les astuces du m&#233;tier parce que comme dans tous les m&#233;tiers manuels, le savoir, c'est qu'on est toujours &#224; la rencontre de diff&#233;rents probl&#232;mes &#224; chaque &#233;tape des travaux et ceux qu'y devait faire, il les a tous r&#233;solus. Je pense pas qu'&#224; l'&#233;cole - bon, je dis pas que les &#233;coles sont pas performantes, je veux pas dire que c'est de la simplicit&#233;, mais un ancien qui a beaucoup de m&#233;tier, c'est la meilleure &#233;cole. Les anciens, ils avaient pas les machines ni les outils que nous disposons &#224; l'heure actuelle. S'y revenait sur le site des charpentiers marine - y sont morts y'a une trentaine d'ann&#233;es ou avant - y seraient stup&#233;faits parce que les machines-outils, &#231;'a plus rien &#224; voir avec les machines d'autrefois : elles sont beaucoup plus pr&#233;cises, beaucoup moins dangereuses, parce que maintenant on est oblig&#233;s de respecter les normes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien y a-t-il d'entreprises comme la v&#244;tre &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Car&#233;nage comme &#231;a, je suis le seul, h&#232; ! Oui, pour ce type de... Le tirage &#224; terre, ouais. &#192; l'Estaque, y'en a un petit, ouais... &#192; La M&#232;de, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste le car&#233;nage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Car&#233;nage c'est de tirer le bateau, de le nettoyer, on karch&#233;rise la coque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment sont tir&#233;s les bateaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les bateaux sont soulev&#233;s ici, ici y sont pos&#233;s. D'ailleurs, c'est beaucoup mieux qu'un bateau de bois repose sur un slip. Le slip, c'est les chariots. On prend les mesures au bateau, s'y faut faire un calage ou des berceaux, on fait &#231;a &#224; terre, on descend le slip dans l'eau, le bateau rentre entre les quatre montants et on peut le tirer ; b&#232; y'a pas de d&#233;formation, c'est pas tout &#224; fait la m&#234;me op&#233;ration par grutage. Surtout sur les bateaux bois qui sont dragu&#233;s, y'a des soucis d'&#233;crasement sur les c&#244;t&#233;s, comme quand on le soulage avec des bragues - les bragues, ce sont des sangles sp&#233;ciales : y'a la grue, et sur le palonnier, on accroche des bragues - ce que vous voyez sur les petites grues autour du port, pour soulever les petites unit&#233;s et bon, si c'est un vieux bateau, y risque d'y avoir des soucis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles salissures sont nettoy&#233;es sur les coques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont toutes les algues, toutes les concr&#233;tions marines qui viennent se coller sur la coque. Apr&#232;s, y'a les salissures, aussi, qui sont sous l'eau, le mazout qui salit les coques de bateau. Le mazout, si on d&#233;verse de l'huile dans le port, il est &#233;vident que si &#231;a vient &#224; c&#244;t&#233; de la coque du bateau, &#231;a va la pourrir, h&#232;. Apr&#232;s on fait l'application de sous-marine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'appelez-vous sous-marine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sous-marine (ndlr : peinture), c'est ce qu'on met sur la coque du bateau. O&#249; c'est qu'y a l'h&#233;lice. La partie qui est immerg&#233;e, qui est dans l'eau. Justement, c'est pour &#233;viter que les algues et les concr&#233;tions marines aillent dessus. Et sous la coque des bateaux, on met les anodes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi servent les anodes ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les anodes, ce sont des zincs [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pi&#232;ce de zinc assujettie aux &#339;uvres vives de la coque pour &#233;viter la corrosion (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] qu'on applique sur les coques de bateau, pour l'&#233;lectrolyse. C'est l'&#233;lectricit&#233; statique de l'eau qui va bouffer une pi&#232;ce du moteur, un safran, qui va manger l'h&#233;lice, c'est pour &#231;a on les met les zincs sur les bateaux. c'est des pi&#232;ces, on change, h&#232; ! Ah ! Ouais, on change les zincs, on met des zincs propres, et le bateau peut aller &#224; la mer. Et l'&#233;lectricit&#233; statique, elle va s'attaquer aux zincs, &#224; la coque du bateau. C'est une pi&#232;ce m&#233;canique qui sert &#224; &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la p&#233;riodicit&#233; des car&#233;nages pour un bateau ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;G&#233;n&#233;ralement, on peut avoir un car&#233;nage toutes les ann&#233;es. Eh oui ! Parce qu'&#224; l'&#233;poque, on mettait des sous-marines qui &#233;taient vachement nocives, o&#249; y'avait pas mal de poison et aujourd'hui, avec les nouvelles normes europ&#233;ennes, les produits nocifs ont &#233;t&#233; presque retir&#233;s &#224; 100 %. Toutes les peintures qui sont dans l'eau ne sont plus agressives comme elles &#233;taient autrefois. C'est pour &#231;a que y'a de plus en plus de car&#233;nages.C'est pour pr&#233;server aussi le milieu marin, h&#232;, qu'y ont fait &#231;a. Je pense m&#234;me que demain, les applications de peinture ne seront plus qu'&#224; l'eau, pour enlever tous les produits nocifs. C'est pas encore rentr&#233; en application mais &#231;a va rentrer. Toute fa&#231;on, &#231;a va sortir du commerce, h&#232; ; toutes ces peintures, elles seront plus fabriqu&#233;es. D'apr&#232;s les d&#233;crets europ&#233;ens, en 2010 ou 2011, toutes les peintures seront faites &#224; l'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les m&#233;thodes de car&#233;nage ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument pas ! On karch&#233;rise toujours de la m&#234;me fa&#231;on, avec un karcher, o&#249; on a 400 bars de pression. Et on arrive &#224; lever toutes les mauvaises herbes, toutes les concr&#233;tions qui sont sur la coque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y'a pas de r&#233;volution dans les produits utilis&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'a des nouvelles colles mais nous, sur les bateaux en bois, on cloue, hein. On cloue comme &#224; l'ancienne, avec des pointes galvanis&#233;es, apr&#232;s on calfate avec le coton, l'&#233;toupe, le minium, et on mastique et on travaille les coques en bois exactement comme avant ; &#231;a changera jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits employ&#233;s pour le car&#233;nage sont toxiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a des colles qui sont toxiques, h&#232; ! On se prot&#232;ge avec les masques : les masques pour les poussi&#232;res, pour la peinture, on a les masques int&#233;grals pour le pon&#231;age, les combinaisons... Par rapport &#224; l'environnement, c'est un atelier quand m&#234;me qui est aux normes, h&#232;, toutes les machines sont aux normes, c'est tout neuf, elles sont toutes reli&#233;es &#224; un syst&#232;me d'aspiration, donc y'a au moins 80 % de poussi&#232;re de copeaux qui partent, qui sont r&#233;cup&#233;r&#233;s dans des sacs &#224; l'arri&#232;re de l'atelier, niveau atelier. Au niveau car&#233;nage, on a un syst&#232;me de r&#233;cup&#233;ration des eaux de car&#233;nage : toutes les particules de peinture qui s'arrachent sur la coque tombent dans ce caniveau, et on pompe, c'est envoy&#233; dans une cuve o&#249; des filtres retiennent tout, et l'eau ressort propre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps de car&#233;nage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;H&#232; b&#232; c'est simple, si je prends une barquette de 5 m&#232;tres pour la karch&#233;riser, on va mettre une demi-heure, h&#232;, allez, en tout, une heure ; mais si je prends un bateau de 30 m&#232;tres - apr&#232;s, bien s&#251;r, quand on parle de car&#233;nage de bateau, c'est la coque, c'est les lignes d'arbres, les h&#233;lices et les safrans qui sont nettoy&#233;s - l&#224;, effectivement, on met beaucoup plus de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a une p&#233;riode o&#249; vous avez plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;(Rire) Non, honn&#234;tement, non !... &#199;a tourne, &#231;a va. Ouais, y'a des demandes, mais pas plus, pas plus. Ah ! Ouais, ouais, non, c'est &#233;chelonn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que les clients demandent le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; g&#233;n&#233;ralement, un peu de tout, h&#232; ! Notre principale activit&#233; c'est le bois, mais on est capables de passer &#224; la plastification, pas la grande plastification, mais de la petite plastification, oui. On est capables de traiter une coque en mati&#232;re plastique, en peinture, en reprise de plastique. D'ailleurs il faut le faire aussi, s'y nous arrive un bateau plastique, il vaut mieux dire oui que non, si les travaux, bien entendu, ne sont pas importants. Apr&#232;s c'est une autre activit&#233; et une autre sp&#233;cialisation, le plastique. &#199;a a rien &#224; voir. Mais le bateau bois, &#231;a fait deux ans, il revient fortement &#224; la mode ; tout le monde est amoureux... m&#234;me la ville de Marseille, avec l'Office de la Mer, y avaient fait un recensement sur toutes les vieilles barquettes. Y'a pas mal de bateaux qui sont pass&#233;s classe G, classe L, je me souviens, ils finiront monuments historiques. Certains bateaux sont class&#233;s monuments historiques parce qu'ils avaient &#233;t&#233; construits par des architectes de renom qui ont disparu, et ils ont fait des d&#233;cors sp&#233;cifiques, y'en a une, deux, et on conserve ces bateaux. Apr&#232;s, &#231;a rentre dans le patrimoine, c'est pas mal. Certaines barquettes aussi, faites par des anciens charpentiers marseillais qui ont disparu, sont class&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clients sont fid&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a certains clients qui sont fid&#232;les, on fait pas de publicit&#233;, je crois que la plus belle publicit&#233;, c'est le bouche &#224; oreille, h&#232; ! Surtout quand un client sort du chantier, qu'il a fait faire des travaux sur son bateau, c'est lui qui nous fait la publicit&#233; ; c'est pas les journaux, ni les cartes de visite qu'on peut jeter sur les pannes, h&#232; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quels probl&#232;mes l'activit&#233; est confront&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme on travaille sur des grosses structures, le seul probl&#232;me que nous avons sont les longueurs de bois. Sur les barquettes, y'a plusieurs essences de bois : y'en a qui sont faites en acajou, d'autres en iroko, en ch&#234;ne, on essaye de rester dans... Certains bois, des largeurs, des &#233;paisseurs, des longueurs, on n'en trouve plus. C'est le march&#233; asiatique qui ach&#232;te toutes les for&#234;ts de ch&#234;nes, tous les parquets sont faits en Asie et bient&#244;t, on n'aura plus de ch&#234;nes ! B&#232;, on en trouve, du bois, pour travailler ; y'a diff&#233;rentes essences qui viennent surtout du Gabon, h&#232; ! D'Afrique, d'Am&#233;rique de Sud...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le m&#233;tier requiert quelles comp&#233;tences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y faut &#234;tre travailleur, h&#232; ! Vouais, faut &#234;tre travailleur, faut se lever le matin, avoir envie de travailler, surtout... voil&#224; ! Le car&#233;nage, c'est passer un karcher, h&#232;. Les comp&#233;tences, oui, si on parle de changer des cordages &#224; un bateau, refaire un pont, refaire un roof, refaire une cabine, refaire l'am&#233;nagement int&#233;rieur, il faut une grosse comp&#233;tence. Pour le bois, surtout ; nous, notre principale activit&#233; c'est le bois, h&#232;. On utilise aussi plusieurs essences dans le bois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes en contact avec des confr&#232;res, vous &#233;changez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non ; non non, m&#234;me je vous ai dit qu'on avait beaucoup de souci d'approvisionnement en tout, il est de plus en plus difficile de trouver de tout en...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pr&#233;f&#233;rez-vous, dans le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aime beaucoup de choses ; d'abord c'est la mer, parce que la mer elle sert &#224; porter les bateaux, les bateaux qui flottent, les bateaux qui sont ab&#238;m&#233;s et qu'on r&#233;pare, qu'on soigne, finalement, qu'on remet &#224; l'eau, on les fait flotter, on les voit naviguer... Y reviennent se faire une beaut&#233; toutes les ann&#233;es, h&#232; ! Et puis de travailler &#224; l'air libre, aussi... Bon, les conditions climatiques, l'hiver, elles sont pas agr&#233;ables parce qu'on est expos&#233; en plein mistral, mais l'&#233;t&#233;, c'est un m&#233;tier agr&#233;able !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! C'est poncer, mais mon copain, l&#224;, lui il adore poncer, alors (rire) !...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une anecdote, non, mais nous sommes en train de r&#233;parer un bateau qui est dans le patrimoine marseillais : c'est le ferry-boat qui est dehors, c'est un truc que tous les Marseillais aiment. On se parle du ferry-boat de l'an 3000 mais celui-ci, y faudra le conserver. Nous l'avons toutes les ann&#233;es : il vient, on change quelques planches par-ci, quelques planches par-l&#224;... Les ferry-boat sont toujours venus sur ce chantier, je crois. Se faire r&#233;parer, restaurer, se refaire un beaut&#233;, pour pouvoir faire la travers&#233;e la plus longue du monde. Qui fait combien ? Qui fait que...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; j'esp&#232;re le voir florissant, h&#232;... Ouais, pourquoi pas, dans l'avenir, surtout de la construction de barquettes ? Parce que tout ce qu'on voit flotter sur l'eau, ce sont des barquettes qui sont assez vieilles, dans cinquante, soixante ou quatre-vingt ans, y seront plus l&#224;. Pourquoi pas faire les barquettes de 2010, ou... &#231;a, c'est un petit peu l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 22/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Pi&#232;ce de zinc assujettie aux &#339;uvres vives de la coque pour &#233;viter la corrosion galvanique due aux ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectrolytiques. Le zinc &#233;tant le plus n&#233;gatif des m&#233;taux courants sur l'&#233;chelle galvanique, c'est lui qui c&#232;de des ions et se corrode en premier, prot&#233;geant ainsi les pi&#232;ces immerg&#233;es faites d'autres m&#233;taux (aluminium, bronze, fonte, acier, etc.) L'anode &#171; fond &#187; progressivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le doigt magique de B&#233;n&#233;dicte</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/le-doigt-magique-de-benedicte</link>
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		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


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		<description>&#171; C'est fou, parce que quand on regarde un miroir, on se dit : &quot;Mais&#8230; qui l'a touch&#233; ? Qui s'est regard&#233; dedans ? Qu'est-ce qu'il a v&#233;cu ?&#8230;&quot; Et j'ai choisi ce m&#233;tier compl&#232;tement par hasard, mais j'aimais beaucoup les antiquit&#233;s et les choses anciennes, donc en fait &#231;a m'a&#8230; &#231;a m'a un petit peu d&#233;velopp&#233; cette voie. &#187; B&#233;n&#233;dicte Streit, 36 ans, doreuse sur bois &#224; l'atelier &quot;Il Dito Magico&quot; de la rue Consolat. Koinai : Avez-vous suivi une formation ? Oui, en Italie, chez un artisan, pendant quatre ans &#224; peu pr&#232;s, et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est fou, parce que quand on regarde un miroir, on se dit : &quot;&lt;i&gt;Mais&#8230; qui l'a touch&#233; ? Qui s'est regard&#233; dedans ? Qu'est-ce qu'il a v&#233;cu ?&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Et j'ai choisi ce m&#233;tier compl&#232;tement par hasard, mais j'aimais beaucoup les antiquit&#233;s et les choses anciennes, donc en fait &#231;a m'a&#8230; &#231;a m'a un petit peu d&#233;velopp&#233; cette voie. &#187; B&#233;n&#233;dicte Streit, 36 ans, doreuse sur bois &#224; l'atelier &quot;Il Dito Magico&quot; de la rue Consolat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Avez-vous suivi une formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, en Italie, chez un artisan, pendant quatre ans &#224; peu pr&#232;s, et donc je travaillais d'atelier en atelier de fa&#231;on &#224; apprendre mon travail sur le tas, quoi ; je suis compl&#232;tement autodidacte. Mais si j'avais fait une &#233;cole, j'aurais gagn&#233; dix ans, mais bon, l&#224; je suis autodidacte et je me suis &#233;clat&#233;e&#8230; J'ai voyag&#233;, j'ai rencontr&#233; des gens int&#233;ressants, c'&#233;tait super, c'est un parcours qui est sympa, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous am&#232;ne en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai rencontr&#233; ce monsieur italien qui &#233;tait en vacances, et qui &#233;tait antiquaire. On a eu une interview, d'ailleurs, dans le village, parce que y'avait un festival du cheval arabe et on &#233;tait les deux seuls &#233;trangers, donc on a &#233;t&#233; interview&#233;s ensemble, on a sympathis&#233;. Et donc il m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Mais B&#233;n&#233;dicte, s'il te reste un peu de vacances viens me voir &#224; Rome, je te pr&#233;senterai des amis et tout.&lt;/i&gt;&quot; Puis, c'est ce que j'ai fait et puis j'y suis rest&#233;e ! J'ai tout plaqu&#233; et je suis rest&#233;e l&#224;-bas. J'ai commenc&#233;, j'ai fait un peu du m&#233;nage, tout &#231;a, &#224; droite &#224; gauche, parce qu'il fallait quand m&#234;me manger, quoi, c'&#233;tait comme &#231;a, et j'ai appris l'italien parce que je parlais pas du tout italien. Et de l&#224;, apr&#232;s, il m' a fait commencer &#224; bosser chez des amis &#224; lui qui &#233;taient restaurateurs, et puis de fil en aiguille, apr&#232;s j'ai gravi les &#233;tapes comme &#231;a, quoi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;tait votre toute premi&#232;re r&#233;alisation et pour qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#199;a c'est pointu. Ma premi&#232;re r&#233;alisation, c'&#233;tait un pied de chandelier pour mon ami Fabio, en Italie, donc &#231;a &#233;t&#233; un&#8230; qui &#233;tait sympa, qui &#233;tait fait &#224; la feuille de cuivre, d'ailleurs, donc pas du tout &#224; l'or, et puis de l&#224; il avait ador&#233; et c'est lui qui m'avait justement mis dans la voie en me disant que j'avais un don, je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s une doreuse sur bois doit-elle poss&#233;der ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est&#8230; Il faut de la patience, d&#233;j&#224;, il faut avoir un petit peu quand m&#234;me le go&#251;t de&#8230; enfin m&#234;me, &#234;tre manuel. Voil&#224;, le sens de l'esth&#233;tique et puis bon, le sens des couleurs. Et puis surtout &#234;tre manuel, parce que c'est le B-A BA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps exercez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a fait quinze ans maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Inutile de vous demander si vous aimez votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah non, j'adore ! (rire)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dois avoir une muse ! Ma source d'inspiration, heu&#8230; c'est l'humeur g&#233;n&#233;rale, je crois, parce que quand &#231;a va pas, y'a rien qui va : pour faire un faux marbre, je mets trois jours au lieu de mettre dix minutes. En fait il faut vraiment bien &#234;tre dans ses baskets pour arriver &#224; sortir du bon boulot, mais sinon, vu qu'il y a toujours plus ou moins une ambiance sympa, on arrive &#224; faire des bonnes journ&#233;es de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, quand on nous demande de faire des copies de meubles ou de miroirs avec des patines sp&#233;ciales, on a des mod&#232;les sur des livres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le Casino de Nice, le Palais de la M&#233;diterran&#233;e, on a fait tout le hall d'entr&#233;e du casino &#224; la feuille d'or avec des palmeraies reconstitu&#233;es en grandeur nature, tout &#224; la feuille d'or. &#199;a nous a pris &#224; peu pr&#232;s deux mois&#8230; C'&#233;tait somptueux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre plus gros ratage ou votre plus grande d&#233;ception ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon plus gros ratage, oh ! J'ai d&#251; en faire&#8230; Non, ma d&#233;ception, j'ai jamais eu de retour de clients, donc &#231;a prouve que quelque part, y sont contents. Mais des ratages, je sais pas, j'ai pas eu de&#8230; J'ai d&#251; en faire certainement mais, non, &#231;a m'a pas marqu&#233;e, rien de catastrophique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : M&#234;me &#224; vos d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, au d&#233;but j'ai d&#251;&#8230; M&#234;me pas, parce que c'est tellement amen&#233; doucement, doucement, que c'est pas&#8230; On nous confie pas un objet XVIIIe tout de suite, donc on n'a pas trop le temps de se lourder sur le r&#233;sultat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec quelle mati&#232;re aimez-vous travailler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, j'aime bien la peinture, mais sinon, tout ce qui a trait avec&#8230; Moi, tant que &#231;a touche le manuel, j'aime toutes les mati&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont des peintures acryliques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On utilise de la peinture acrylique, mais surtout de la peinture &#224; la colle de peau. C'est de la peinture avec de la colle de peau de lapin, blanc-meudon et pigment naturel, donc on passe&#8230; et qui imite, en fait, les peintures anciennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les pinceaux, gouges [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Gouge : outil creus&#233; en canal, &#224; bout tranchant et courbe, utilis&#233; en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], qu'est-ce qu'on utilise beaucoup ?&#8230; Des ciseaux &#224; bois... On utilise tout ce qui est en rapport avec le bois, quoi, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avant tout, de la feuille d'or ! &#199;a, c'est notre activit&#233; premi&#232;re. Sinon, beaucoup de mati&#232;re animale, min&#233;rale, en fait des mati&#232;res anciennes, parce que c'est un m&#233;tier o&#249; on est oblig&#233; d'utiliser des mat&#233;riaux anciens. Ils ont pas trouv&#233; d'&#233;quivalent dans le moderne, donc on est oblig&#233; de recommencer les techniques anciennes, la colle de peau de lapin, du blanc-meudon, des produits comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Trouvez-vous ces mat&#233;riaux facilement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De plus en plus rare, de plus en plus difficile parce que la colle de peau de lapin &#233;tait distribu&#233;e avant en plaque, maintenant c'est interdit avec les nouvelles normes europ&#233;ennes donc on trouve plus. &#199;a a pas les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s, &#231;a devient un peu difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rentes &#233;tapes r&#233;alis&#233;es jusqu'&#224; la finition d'une pi&#232;ce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh !&#8230; Une vingtaine, peut-&#234;tre. On attaque d&#233;j&#224; par le travail du bois et du support pour finir par la dorure et la patine. Donc, dans tout &#231;a, y'a tout le travail d'&#233;b&#233;nisterie, de collage, tout ce qui est traitement du bois contre les insectes, consolidation etc. Et ensuite, y'a toutes les pr&#233;parations de la dorure qui est quand m&#234;me tr&#232;s difficile parce que pour atteindre un support tr&#232;s tr&#232;s lisse, y'a beaucoup beaucoup de pr&#233;paration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps ce travail vous prend-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour un objet c'est pas &#233;vident, &#231;a d&#233;pend de la grandeur. Bon, pour une petite glace on va dire de trente, quarante, si elle va &#234;tre bien faite, si y'a pas mal de restauration, quoi que ce soit, y faut compter quand m&#234;me deux jours. Oui, tout confondu, quoi, sans compter les temps de s&#233;chage et le &#8230; Si vous mettez le temps de travail bout &#224; bout, oui deux jours, sur des petites glaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour un grand miroir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ca peut aller&#8230; Moi j'ai eu un miroir d'un mus&#233;e &#224; Vitrolles, j'ai mis &#224; peu pr&#232;s six mois pour le faire. On mettait du produit pour consolider, fallait que &#231;a s&#232;che, que &#231;a s'&#233;vapore, il fallait en remettre, &#231;'a &#233;t&#233; tr&#232;s long, donc &#231;a d&#233;pend.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tout le temps. On est trois, apr&#232;s pour les chantiers un peu plus cons&#233;quents, &#231;a nous est arriv&#233; d'&#234;tre plus, quoi, mais bon, g&#233;n&#233;ralement on est trois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le mod&#232;le le plus demand&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le cadre Louis-Philippe, &#231;a on en fait &#224; la pelle, et sinon tout ce qui est cadre proven&#231;al, plus ou moins. Dans la r&#233;gion, on en a beaucoup, les miroirs Louis XV proven&#231;al, &#231;a y en a pas mal. C'est les cadres, en fait, un peu arrondis &#224; hauteur, sur la partie sup&#233;rieure, &#231;a c'est Napol&#233;on III. Voil&#224;, tout ce qui est Napol&#233;on III, on en a beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Quel type de client&#232;le rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des particuliers, donc des gens, heu&#8230; compl&#232;tement normaux, disons plut&#244;t &#226;g&#233;s, c'est pas des gens qui sont d'une majorit&#233; jeune. Sinon apr&#232;s, les collectivit&#233;s et puis bon, les mus&#233;es. Enfin, tout ce qui a trait un petit peu avec les antiquit&#233;s, quoi, beaucoup d'antiquaires, mais les antiquaires, bon, il faut travailler vite, des fois t'es oblig&#233; de b&#226;cler le travail pour arriver &#224; une certaine rentabilit&#233;. Donc, bon, c'est pas forc&#233;ment tr&#232;s int&#233;ressant non plus&#8230; Plut&#244;t le particulier, puis bon, les collectivit&#233;s, mais c'est des appels d'offre, donc c'est du travail de fond qui se fait g&#233;n&#233;ralement sur six mois, un an, donc y faut pas s'arr&#234;ter de bosser, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations entretenez-vous avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bonnes ! Non, les gens sont tr&#232;s contents d'amener leur&#8230; &#224; restaurer, donc en fait, on n'a pas d'esclandre, on n'a pas de&#8230; C'est comme s'ils vous portaient un b&#233;b&#233;, quoi, en fait, donc ils sont confiants, gentils. Et quand ils viennent me voir c'est comme si vous aviez fait revivre quelque chose qui leur appartenait et donc, ils sont, heu&#8230; Vous faites revivre le miroir de la grand-m&#232;re qui est rest&#233; pendant dix ans dans le grenier, quelque part &#231;a leur fait rejaillir une petite source de&#8230; &#199;a leur pla&#238;t, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a un c&#244;t&#233; affectif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout &#224; fait. Ils sont tr&#232;s, tr&#232;s attach&#233;s &#224; &#231;a. Bon, les collectivit&#233;s c'est que des budgets, donc &#224; la limite, &#231;a, y'a aucun rapport, c'est du travail, produire du boulot, mais les personnes, les particuliers, c'est assez sympa comme rapport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parvenez-vous &#224; fid&#233;liser votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui tout le temps. J'en ai, ils emm&#232;nent une bricole, ils vont&#8230; Enfin j'ai toujours de bons rapports, et puis ils passent m&#234;me s'ils ont rien, y viennent voir ce qui se passe, donc ils sont&#8230; Non mais, bon, l'endroit leur pla&#238;t, c'est pas un endroit ferm&#233;, quoi. On les aide, on &#233;coute&#8230; Je voulais redonner un petit peu ce c&#244;t&#233; que j'avais eu en Italie, o&#249; on m'a vraiment ouvert beaucoup de portes, parce que bon, &#224; Marseille, quand je suis arriv&#233;e d'Italie, &#231;'a &#233;t&#233; une catastrophe, les gens m'ont ferm&#233; toutes les portes et m'en on fait pleurer, tellement qu'ils &#233;taient odieux. Donc, bon, je prends un peu ma revanche quinze ans apr&#232;s et je suis contente que les gens rentrent, aient envie de revenir, surtout, donc c'est vrai que &#231;a fait plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la p&#233;riode la plus fructueuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'&#233;t&#233;. Ouais, j'ai toujours tr&#232;s bien travaill&#233; l'&#233;t&#233;, parce que les gens sont en vacances, ils ont le temps de s'occuper de leur maison. Et la p&#233;riode la moins fructueuse, &#231;a serait plut&#244;t entre d&#233;cembre et f&#233;vrier. Et apr&#232;s, tout le printemps et l'&#233;t&#233;, c'est &#224; croire que les gens ont envie de renouveler, de r&#233;parer leurs objets, c'est l&#224; o&#249; &#231;a marche, &#231;a marche bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes, c'est&#8230; comment dirais-je, l'instabilit&#233; parce que bon, on n'est jamais s&#251;r du travail qu'on peut avoir. On a des commandes mais c'est jamais sur six mois d'avance, si ce n'est qu'il faudrait travailler avec l'Etat en permanence. Et puis sinon, il n'y a pas trop de contraintes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ou &#224; des expositions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Expositions, oui, mais &#231;a apporte pas grand-chose. Pour le Conseil G&#233;n&#233;ral on avait fait Artisans 13, heu&#8230; exposition, au mus&#233;e de Ch&#226;teau-Gombert pour l'artisanat local, heu&#8230; oui, quelques expositions &#224; Marseille, c'est beaucoup de travail pour&#8230; pas grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote qui vous revient &#224; l'esprit ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un jour on m'a fait patiner une armoire peinte, enfin une peinture &#224; la colle ancienne ; la personne pour qui je l'ai restaur&#233;e l'a vendue et la personne qui l'a achet&#233;e me l'a ramen&#233;e pour la restaurer&#8230; (rires) C'est assez comique !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que voyez-vous dans vos miroirs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, ce qui s'y passe, surtout dans les tableaux, quoi. On a envie de rentrer dedans et de savoir ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233; et dans les miroirs souvent, &#231;a parle, quoi. Quand on a un objet du XVIIIe si&#232;cle, il s'en est pass&#233; des choses ! Y'a pu avoir des belles femmes qui se sont regard&#233;es dedans, des mauvaises, des&#8230; &#199;'a pu &#234;tre mis par terre, &#231;a a entendu des disputes&#8230; &#199;a a vu des tas de choses, quoi, donc c'est vrai, &#231;a a une &#226;me, et m&#234;me dans les meubles c'est pareil, tout ce qui a &#233;t&#233; mis dedans, tout ce qui a&#8230; &#231;a parle ! Et si on arrive &#224; s'int&#233;resser au-del&#224; de de la restauration, c'est vrai que quand on voit un truc comme &#231;a, c'est pas grand-chose, c'est un mauvais miroir Napol&#233;on III, mais y'a autre chose, c'est peut-&#234;tre un cadeau de mariage qui a &#233;t&#233; offert, enfin, il faut arriver &#224; se&#8230; &#199;'a une &#226;me, quoi, en fait, les objets anciens. C'est ce qui change des meubles Ik&#233;a, quoi, en fait, parce que tous ces meubles neufs, de designer, &#231;a a pas de vie, quoi, c'est pas&#8230; Mais c'est vrai que c'est sympa, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom de votre atelier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le nom de l'atelier est italien en hommage, justement, &#224; la personne qui m'a appris. Parce que je me servais beaucoup des doigts, donc il se moquait de moi, il me disait : &quot;&lt;i&gt;Ma ! Il dito magico ! &lt;/i&gt;&quot; Je me servais toujours de mon doigt et du coup, j'ai voulu faire un clin d'&#339;il, parce que si j'en suis l&#224;, c'est un peu gr&#226;ce &#224; lui. Donc voil&#224;, c'est pour &#231;a que je l'ai appel&#233; comme &#231;a&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 14/06/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Gouge : outil creus&#233; en canal, &#224; bout tranchant et courbe, utilis&#233; en sculpture, en gravure et en menuiserie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coureur, la vague et le mistral</title>
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		<dc:date>2008-06-24T16:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>064. La Pointe Rouge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Direction d'un centre nautique marseillais : recrutement, entra&#238;nement et passion des courses nautiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/la-pointe-rouge" rel="tag"&gt;064. La Pointe Rouge&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrice Guadagnin, 53 ans, est directeur de P&#244;le France, l'institution nautique install&#233;e &#224; l'anse de la Pointe Rouge et rattach&#233;e &#224; la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise de Voile : &#171; Nos objectifs, c'est de pr&#233;parer des coureurs &#224; &#234;tre les plus performants possible pour les comp&#233;titions internationales et en dernier ressort, pour qu'ils soient s&#233;lectionn&#233;s aux Jeux. &#187; Toujours plus vite sur la vague, pouss&#233;s par le vent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand &lt;a href='http://pagesperso-orange.fr/polevoile.marseille/' class='spip_out' rel='external'&gt;P&#244;le France&lt;/a&gt; est-elle &#233;tablie ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, il y avait d&#233;j&#224; une activit&#233; avec la DIT qui &#233;tait ici bien avant, mais c'est une structure suppl&#233;mentaire qui a &#233;t&#233; rajout&#233;e par la &lt;a href='http://www.ffvoile.net/ffv/web/' class='spip_out' rel='external'&gt;F&#233;d&#233;ration&lt;/a&gt; &#224; partir de 1992, quand on commence &#224; cr&#233;er des centres de haut niveau. En France, ils en ont mis un, en gros, par fa&#231;ade : un &#224; la Rochelle, un &#224; Marseille, un sur La Manche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous a amen&#233; &#224; exercer dans cette structure ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est juste la passion du haut niveau de la comp&#233;tition, et apr&#232;s c'est la F&#233;d&#233;ration Fran&#231;aise de Voile qui m'a demand&#233; de venir pour entra&#238;ner et diriger le centre. Une tradition familiale ? Non ! Pas du tout, mais c'est d&#251; au fait que j'habitais en bord de mer pendant longtemps, j'ai fait de la voile en comp&#233;tition, je connais le milieu marin, donc c'est pas tout &#224; fait un hasard que je sois l&#224; &#224; travailler dans le milieu de la voile, du sport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels membres composent l'institution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a deux entit&#233;s : une association qui est l&#224; pour g&#233;rer le centre sur le plan budg&#233;taire, financier, sur le plan des d&#233;marches aupr&#232;s des diff&#233;rentes collectivit&#233;s pour avoir de l'argent et &#224; c&#244;t&#233;, il y a un certain nombre d'entra&#238;neurs qui sont profs de sports mis en disposition par le Minist&#232;re de la Jeunesse et des Sports et qui sont donc rattach&#233;s au Minist&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; qui s'adresse le centre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; des coureurs s&#233;lectionn&#233;s qui sont d&#233;j&#224; performants, qu'on a rep&#233;r&#233;s et qui sont d&#233;tect&#233;s. C'est pas ouvert &#224; tout le monde, c'est vraiment&#8230; Y'a deux niveaux : le niveau espoir, des gens qui sont en d&#233;but de carri&#232;re sportive, &#224; d&#233;tecter pour essayer de faire monter au plus haut niveau, et y'a des gens qui sont d'un niveau international, dans les meilleurs, qui sont l&#224; pour une carri&#232;re internationale et qui visent la pr&#233;paration olympique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les coureurs sont membres d'une &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils sont membres de l'&#233;quipe de France, la plupart, et ils sont tous rattach&#233;s &#224; des clubs marseillais, et parfois ils viennent ici pour s'entra&#238;ner, parce que &#231;a regroupe tous les meilleurs coureurs, la fa&#231;ade possible de la France, qui peuvent venir s'entra&#238;ner sur Marseille ou qui sont regroup&#233;s volontairement par la F&#233;d&#233;ration ici sur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les pratiquants ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Enfin, c'est de plus en plus professionnel, disons. &#199;a demande plus d'investissements, et de pouvoir bien g&#233;rer sa carri&#232;re sportive, sa carri&#232;re d'&#233;tudiant ou sa carri&#232;re professionnelle ou son travail, &#224; jongler entre ces deux points tr&#232;s importants parce que si y'a un d&#233;s&#233;quilibre, y'a pas de performance sportive. Donc, &#231;a demande de bien faire attention &#224; planifier les entra&#238;nements, les &#233;tudes, pour que les athl&#232;tes r&#233;ussissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations avez-vous avec eux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! C'est des relations permanentes parce qu'ils sont en fonctionnement permanent, &#224; part quand ils partent en stage &#224; l'&#233;tranger ou sur d'autres structures en France. Moi je ne les vois que sur des r&#233;unions, par contre j'interviens tr&#232;s peu sur les entra&#238;nements, &#224; part le groupe que j'ai moi en entra&#238;nement ; je suis oblig&#233; de faire le suivi m&#233;dical, la coordination, donc je les vois quand ils sont l&#224; r&#233;guli&#232;rement, mais j'ai pas d'intervention p&#233;dagogique sur eux. J'ai que des interventions de coordination, de direction, de contr&#244;le financier sur les remboursements, l'organisation de la structure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : on est sept entra&#238;neurs, apr&#232;s il y a le staff m&#233;dical, quatre personnes, plus la secr&#233;taire, et y'a le bureau avec un comptable, un pr&#233;sident, un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. On est une quinzaine de personnes &#224; travailler en permanence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s&#233;lectionne-t-on les coureurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, soit c'est la F&#233;d&#233;ration et les entra&#238;neurs nationaux qui font la d&#233;tection, soit, quand c'est les plus jeunes, on organise des journ&#233;es &quot;d&#233;tection&quot; o&#249; on regarde la valeur sportive, les aptitudes, avant tout le dossier scolaire pour pas faire trop d'erreurs sur les gens parce que s'ils sont en difficult&#233;, c'est pas la peine de rajouter des complications. Apr&#232;s, on fait un contr&#244;le m&#233;dical et si la F&#233;d&#233;ration donne son aval, on part, &#231;a d&#233;pend du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les activit&#233;s de l'institution ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On a de la pr&#233;paration physique, le suivi scolaire aussi parce qu'ils sont tous &#233;tudiants ou lyc&#233;ens - quelques uns travaillent - mais notre activit&#233; principale c'est l'entra&#238;nement, la voile. Du d&#233;riveur, essentiellement : alors on a de la planche, du laser, du forte meyer, c'est un peu tous les d&#233;riveurs olympiques, des petits bateaux de comp&#233;tition des classes internationales retenus pour les Jeux Olympiques. Donc, nous, on n'a que des s&#233;ries repr&#233;sent&#233;es aux Jeux, on n'a pas d'autres classes pour le loisir ou autre, comme certains clubs participants, c'est vraiment des s&#233;ries bien d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une &#233;cole ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, par contre pour ceux qui veulent commencer en dessous, on s'appuie sur le centre municipal de voile, sur d'autres structures marseillaises. &#199;a c'est pas notre travail : nous on prend les gens qui sont d&#233;j&#224; form&#233;s, qui ont d&#233;j&#224; un certain niveau pour travailler dessus et les amener &#224; un autre niveau. On ne fait pas de travail de base. Voile, que des comp&#233;titions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se d&#233;roulent les activit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a des entra&#238;nements toute l'ann&#233;e, d&#233;j&#224;, &#231;a d&#233;pend apr&#232;s du calendrier des comp&#233;titions et en g&#233;n&#233;ral les coureurs, ils s'entra&#238;nent trois &#224; quatre fois par semaine. &#192; des moments donn&#233;s y'a des week-end bloqu&#233;s, qui se rajoutent. Pendant les vacances, il y a une semaine enti&#232;re aussi, quand on a une p&#233;riode plus favorable pour &#231;a. On fonctionne toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les programmes enseign&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est li&#233; &#224; la comp&#233;tition, &#224; la r&#233;glementation sur les courses. On essaie de les faire progresser sur les d&#233;parts, d'apporter des points techniques sur les r&#233;glages, mise au point d'une voile, on travaille aussi parfois sur la m&#233;t&#233;o, sur la th&#233;orie, l'id&#233;e du maximum de connaissance, pour qu'en comp&#233;tition ils soient le moins perdus possible et qu'ils aient le plus de billes pour r&#233;ussir. C'est un travail permanent, et en fonction de la m&#233;t&#233;o comme aujourd'hui, l&#224;, on r&#233;adapte, on fait autre chose, il y a trop de vent pour sortir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;parez au permis bateau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, il faut aller dans des &#233;coles qui pr&#233;parent un permis bateau, nous on n'a pas le droit de le faire, et puis ce n'est pas&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les activit&#233;s ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, nous, on nous demande de pr&#233;parer les coureurs au niveau comp&#233;titif, on est toujours rest&#233; l&#224;-dessus ; on a simplement &#233;volu&#233; au niveau de la pr&#233;paration physique : on a recrut&#233; un pr&#233;paratoire physique, on a &#233;volu&#233; sur les intervenants, par exemple c'est un pr&#233;parateur mental qui est l&#224;, on a un psychologue&#8230; Voil&#224;, on a plus professionnalis&#233; notre fa&#231;on d'intervenir, mais on est toujours rest&#233; sur la pr&#233;paration &#224; la comp&#233;tition, puisque c'est notre c&#339;ur de m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels parcours de comp&#233;tition trouve-t-on &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des supports de bateaux : nous, c'est essentiellement des parcours olympiques, ce sont des triangles. Il y a la ligne de d&#233;part, on va &#224; une bou&#233;e de pr&#232;s, puis &#224; une bou&#233;e de largue, on revient, on fait des aller-retour. C'est des petits parcours qui durent une heure-une heure trente. Par contre &#224; Marseille, y'a des organisations de course au large. Nous, c'est souvent les m&#234;mes parcours parce que c'est les parcours d&#233;finis par la classe internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les conditions requises pour participer &#224; une course ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Il faut juste avoir la licence, c'est ouvert &#224; tout le monde. Apr&#232;s il faut avoir une certaine ma&#238;trise parce que selon les conditions de vent et de mer plus ou moins difficiles&#8230; Et la particularit&#233; en voile, c'est pas comme dans les autres sports o&#249; les gens participent par cat&#233;gorie de deux niveaux : on voit que tout le monde peut faire la m&#234;me comp&#233;tition et aussi bien les tr&#232;s tr&#232;s bons, comme les moins bons se rencontrent sur la m&#234;me r&#233;gate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;parent les comp&#233;titions ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est un programme sur l'ann&#233;e : on a des objectifs et on planifie. On pr&#233;pare des comp&#233;titions sur plusieurs stages ou plusieurs entra&#238;nements avec des th&#232;mes particuliers &#224; travailler, par exemple, l&#224; ils vont au championnat du monde en janvier en Australie, on commence &#224; faire des stages de pr&#233;paration sur plusieurs semaines, plusieurs mois, avec des intensit&#233;s diff&#233;rentes. On re&#231;oit des f&#233;d&#233;rations internationales qui viennent s'entra&#238;ner avec nous, ou s'entra&#238;ner &#224; part. Ce sont des stages qui se font sur plusieurs mois avec des th&#232;mes pr&#233;cis &#224; travailler, o&#249; sont regroup&#233;s les meilleurs coureurs qui vont &#224; cette comp&#233;tition. C'est souvent des stages de trois jours &#224; cinq jours, o&#249; il y a la pr&#233;paration physique, la navigation, la pr&#233;paration psychologique, avec l'&#233;tude du plan d'eau o&#249; &#231;a a lieu. Si ce n'est pas trop loin, g&#233;n&#233;ralement on va sur le lieu s'entra&#238;ner une fois ou deux avant pour rep&#233;rer, prendre des marques et analyser le plan d'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont les organisateurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, soit des clubs, soit des f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans l'ann&#233;e, combien y a-t-il de courses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ouf ! Au niveau international y'a un championnat d'Europe, un championnat du monde, cinq &#224; six &#233;preuves de r&#233;f&#233;rence, et apr&#232;s y'a quelques &#233;preuves nationales, donc on arrive minimum entre dix et quinze comp&#233;titions. Alors, on ne participe pas &#224; toutes les comp&#233;titions parce que si l'objectif est le championnat d'Europe et qu'il y a d'autres comp&#233;titions &#224; c&#244;t&#233; en m&#234;me temps, il faut leur laisser le temps de r&#233;cup&#233;rer, donc y'a certaines comp&#233;titions qu'on fait pas volontairement parce que les dates, c'est jamais les m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la course que vous ne manquez jamais ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Champion d'Europe, champion du monde. Ce sont les objectifs impos&#233;s par la F&#233;d&#233;ration. C'est l&#224;-dessus que sont &#233;valu&#233;s les centres d'entra&#238;nement, comme les entra&#238;neurs, comme les coureurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare la navigation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;G&#233;n&#233;ralement, y'a un briefing avec les coureurs o&#249; on explique ce qu'on va faire, apr&#232;s, on va travailler sur l'eau : y'a une partie d'&#233;chauffement, une partie de travail technique, parfois y'a des petits parcours pour se rapprocher de ce qui ressemble &#224; la r&#233;gate et quand on rentre, il y a un d&#233;briefing. Parfois, y'a aussi de la pr&#233;paration physique derri&#232;re, ou un peu d'&#233;tirement et de rel&#226;chement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il de l'&#233;quipement et des tenues ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est les coureurs qui sont &#233;quip&#233;s avec leurs propres v&#234;tements, sauf ceux des &#233;quipes de France qui ont parfois des &#233;quipements, voire des sponsors impos&#233;s avec des &#233;quipements impos&#233;s, sinon tout appartient aux coureurs. Ils ont quand m&#234;me des bourses quand ils sont en &#233;quipe de France ou en espoir, qui les aident &#224; acheter des mat&#233;riels, mais sinon c'est eux qui financent une grosse partie de la comp&#233;tition, des mat&#233;riels. Ceux qui sont en &#233;quipe de France sont rembours&#233;s de leurs d&#233;placements quand m&#234;me, par le biais de la f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur le mat&#233;riel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Alors d&#233;j&#224;, les mat&#233;riels ont &#233;volu&#233; parce que le carbone est arriv&#233;, donc &#231;'a beaucoup chang&#233; sur la qualit&#233; des m&#226;ts : avant on avait des m&#226;ts en bois ou en m&#233;tal, maintenant c'est de qualit&#233; sup&#233;rieure, d&#233;j&#224; en terme de r&#233;sistance, de m&#233;canisme, &#231;a casse moins, c'est plus performant, &#231;a ramasse beaucoup beaucoup de bou&#233;es. Apr&#232;s, le mat&#233;riel vieillit beaucoup mieux, les tissus de voile sont beaucoup plus performants, ils d&#233;forment moins, donc l&#224; il y a vraiment une &#233;volution sur la qualit&#233; des mat&#233;riaux. Maintenant aussi, de plus en plus, ils essayent de faire des mat&#233;riaux qui soient monotypes. Avant on avait droit de choisir tout ce qu'on voulait comme tissu, maintenant ils essayent d'imposer, ce qui fait que &#231;a r&#233;duit un peu les recherches et les diff&#233;rences entre les coureurs. Bon, y'a une meilleure ma&#238;trise dans la construction de bateaux, donc les bateaux sont plus performants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les r&#232;gles de s&#233;curit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les r&#232;gles de s&#233;curit&#233;, en gros, il faut qu'il sache nager - c'est impos&#233; - qu'ils aient une brassi&#232;re sur eux, un gilet de sauvetage puis apr&#232;s, ben c'est techniquement, il faut qu'il maitrise. Normalement, chacun est responsable de savoir s'il doit sortir ou pas, selon les conditions. Apr&#232;s, il faut que le mat&#233;riel soit en bon &#233;tat, g&#233;n&#233;ralement quand ils sortent y'a une s&#233;curit&#233; qui est l&#224; avec un bateau &#224; moteur, voil&#224;. Alors, c'est vrai que sur les entra&#238;nements, on n'a pas droit d'avoir plus de dix bateaux avec nous, y'a des r&#232;gles &#224; respecter pour pas qu'y ait d'incident. Et si jamais y'a un avis de coup de vent annonc&#233; par M&#233;t&#233;o France, normalement on n'a pas le droit de sortir ; parfois, on sort parce qu'on a du tr&#232;s haut niveau, donc on prend le risque, mais selon le niveau, on sort pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres institutions nautiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des relations avec les institutions principales de voile, parce qu'on est sur la m&#234;me base, &#231;a nous permet p&#233;dagogiquement de voir ce qu'ils font, puisqu'ils ont des groupes de comp&#233;tition aussi, donc &#231;a permet de travailler avec eux, parce qu'on essaie de faire monter des groupes, d'&#233;changer. Apr&#232;s on a quelques relations avec certains clubs au niveau de l'organisation de certaines comp&#233;titions, mais sinon on a plus des relations avec les centres de haut niveau comme nous, on n'a pas trop de relations avec d'autres structures de la mer, c'est un th&#232;me tr&#232;s sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et avec la F&#233;d&#233;ration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, c'est permanent, c'est eux qui nous imposent nos objectifs et&#8230; (rire) c'est eux qui nous donnent aussi un budget de fonctionnement, sans eux on ne pourrait pas exister, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Les contraintes, elles sont financi&#232;res, parce que &#231;a co&#251;te tr&#232;s cher. Le budget de fonctionnement de l'association, c'est 200 000 &#8364;, mais l&#224;-dedans y'a les coureurs qui payent beaucoup de d&#233;placements, qui ach&#232;tent du mat&#233;riel, et &#231;a co&#251;te cher. Les contraintes de la m&#233;t&#233;o, comme aujourd'hui o&#249; ils annoncent du mistral pendant trois jours, on va pas pouvoir aller sur l'eau, &#231;a c'est difficile. Apr&#232;s, les contraintes, ben &#231;a demande beaucoup de disponibilit&#233;, beaucoup de pr&#233;sence parce que l&#224; on a cinquante coureurs, sans arr&#234;t il faut &#234;tre l&#224; pour r&#233;pondre. Ils parlent en anglais, il faut&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont les aspects agr&#233;ables ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les aspects agr&#233;ables, c'est d'avoir ce sport de haut niveau, donc &#231;'a des exigences, et y'a le c&#244;t&#233; relationnel, l'ambiance, le cadre, aussi, qui est agr&#233;able.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir du nautisme &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense qu'y a encore beaucoup &#224; faire. Ouais, et j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience politique plus importante par rapport &#224; tout l'espace maritime qu'y a sur Marseille, et il y aurait &#224; d&#233;velopper la pratique sportive, la pratique de loisirs ; je pense qu'il y a une population qui pourrait y r&#233;pondre et il faudrait que les clubs soient encore plus investigatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, nos projets c'est de former les coureurs et puis d'en d&#233;tecter, mais ce qu'on aimerait bien, c'est qu'y ait une dynamique sur la M&#233;diterran&#233;e ou sur Marseille qui se fasse pour former des jeunes coureurs qu'on puisse nous, apr&#232;s, r&#233;cup&#233;rer. Aujourd'hui, &#231;a commence &#224; manquer et on est oblig&#233; d'en chercher. Alors, notre r&#244;le, ce n'est pas que de r&#233;cup&#233;rer des coureurs dans la r&#233;gion, c'est aussi au niveau national, mais on aimerait bien en r&#233;cup&#233;rer plus au niveau r&#233;gional, parce que &#231;a donnerait un r&#233;servoir plus important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 10/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Centaure et son troupeau</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Brousse aux parfums de colline, fabriqu&#233;e dans la passion du m&#233;tier de pastre, pour le maintien d'une race mill&#233;naire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/ferme" rel="tag"&gt;Ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Issu d'une longue g&#233;n&#233;ration de bergers, Andr&#233; Gouiran, 47 ans, aujourd'hui en soci&#233;t&#233; agricole avec ses fils et sa femme, &#233;l&#232;ve ses ch&#232;vres dans les collines rovenaises : &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224;, enfant, il me semblait que j'&#233;tais diff&#233;rent. J'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s proche de la nature, ch'uis un peu instinctif, un peu animal, donc voil&#224; pourquoi ce choix, parce que je me suis toujours senti en communion avec la nature.&lt;/i&gt; &#187; Du geste de la traite au combat pour un retour aux sources originelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si un jour je fais plus le berger, &lt;/strong&gt; je me vois bien, &#224; la retraite, avoir deux, trois juments. Moi j'ai besoin de la nature, c'est ma source de vie. C'est la source de vie en g&#233;n&#233;ral, mais c'est vital et c'est comme &#231;a, c'est des puzzles qui s'imbriquent parfaitement et moi je fais partie de &#231;a, de ces puzzles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moi, je me dis berger avant tout&lt;/strong&gt; mais bon, chevrier par le fait. On peut &#234;tre berger en ayant des moutons, des ch&#232;vres, &#224; condition de pratiquer le pastoralisme puisque chevrier en stabulation, c'est des animaux qui sortent jamais de la bergerie, nourris au tout-aliment comme le trois-quart des &#233;levages, h&#232;. Etre berger, c'est sortir ses animaux, savoir dresser les chiens de troupeau, c'est tout un ensemble, quoi. C'est le m&#233;tier noble, on va dire. Malheureusement, on est une minorit&#233; &#224; faire comme &#231;a, parce que &#231;a existe de moins en moins ; moi, je fais partie de ces rescap&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des inventaires testamentaires familiaux&lt;/strong&gt; qui datent de quatorze cent et quelque, on fait des &lt;a href='http://www.frecap.fr/article.php3?id_article=38' class='spip_out' rel='external'&gt;Brousses du Rove&lt;/a&gt; au Rove depuis au moins le XV&#232;me si&#232;cle. Il est mentionn&#233; en vieux fran&#231;ais : &quot;&lt;i&gt;Tant d'animaux, tant de ch&#232;vres&lt;/i&gt;&quot;, puis les p&#233;roles broussiers, ce sont les chaudrons pour faire les brousses... Brousse du Rove, h&#232;, parce que y'en a de toutes sortes : de vache, de brebis, le bruccio en Corse, mais cette forme particuli&#232;re, elle est n&#233;e au Rove : ce sont les bergers rovenais de ma famille qui ont &#233;labor&#233; ce syst&#232;me. C'&#233;tait une sp&#233;cialit&#233; qui ne se faisait qu'au Rove et le Rove, c'&#233;tait une communaut&#233; chevri&#232;re. Moi, je suis la dix-septi&#232;me g&#233;n&#233;ration et mes fils la dix-huiti&#232;me. J'ai un fils de vingt-quatre ans et demi, et l'autre il va avoir vingt-deux ans. C'est bien et en m&#234;me temps, c'est une prise de t&#234;te. Je veux pas me plaindre parce qu'on est patrons, on est un peu habitu&#233;s &#224; la dure. Le Rove, en 1900, y'avait plus de 4000 ch&#232;vres et 400 habitants, en 1950, 2000 ch&#232;vres et aujourd'hui, en France, y'en a &#224; peu pr&#232;s 4000. En Crau y'en a plein qui ont des ch&#232;vres du Rove depuis des g&#233;n&#233;rations parmi leurs troupeaux et &#231;a, &#231;a date de la transhumance &#224; pied, parce que la &lt;a href='http://www.inapg.inra.fr/dsa/especes/caprins/rove.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;ch&#232;vre du Rove&lt;/a&gt; est belle et en plus, elle a un pied tr&#232;s s&#251;r. Les &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.aque-menoun.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;menouns&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, les boucs castr&#233;s, ils leur mettent une femelle, elle a adopt&#233; naturellement les animaux orphelins. Apr&#232;s elles sont pas traites, ou les bergers quand ils sont en montagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon grand-p&#232;re, pour moi, il a jou&#233; un grand r&#244;le. &lt;/strong&gt;Malheureusement, il est mort quand j'&#233;tais petit ; alors, &#231;'a a &#233;t&#233; un grand vide. &#192; l'&#233;poque, on allait &#224; l'&#233;cole pas avant cinq ans, ce qui fait qu'on passait beaucoup de temps avec nos grands-parents. C'&#233;tait un ancien berger aussi, bien s&#251;r, et il m'a communiqu&#233; cette passion. Apr&#232;s, j'&#233;tais pas oblig&#233; : j'&#233;tais r&#233;ceptif &#224; &#231;a, j'avais &#231;a en moi et mon grand-p&#232;re a su&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand j'&#233;tais plus jeune, &lt;/strong&gt; d'abord je me suis beaucoup cherch&#233; parce que j'&#233;tais un peu rebelle et donc, &#224; dix-huit ans, j'ai fait l'arm&#233;e dans les parachutistes. J'ai fait apprenti plombier pendant un an et demi. Mais bon, c'est l'exp&#233;rience, &#231;a fait du bien. Plus on a vu des choses, mieux c'est, quoi. En 79, j'&#233;tais aide familial sur l'exploitation de mon p&#232;re et je suis &#224; mon compte depuis 81, j'avais vingt et un ans. J'avais mon troupeau, c'&#233;tait moi mon patron et &#231;a fait vingt-six ans et demi que je m&#232;ne ma barque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'avais les ch&#232;vres, l&#224;, avant, &#231;a s'est tout construit tout autour, &lt;/strong&gt; &#231;a sentait la ch&#232;vre, ceci, cela&#8230;. Il a fallu que je trouve un terrain dans la colline, que je fasse une bergerie. En plus, il ne peut exister de bergers sans espaces prot&#233;g&#233;s et &#233;tant aux portes de Marseille, la commune a 2200 hectares de collines, c'est tr&#232;s convoit&#233;, donc le maire a class&#233; tout &#231;a en site prot&#233;g&#233; dans le conservatoire du littoral et c'est lui qui m'a permis de pouvoir m'installer dans le site sinon, b&#232; il aurait fallu que je vende ici, que j'aille m'installer ailleurs. Et comme la ch&#232;vre du Rove c'est l'embl&#234;me du village, dans le pass&#233; du Rove c'est indissociable, alors maintenir le dernier troupeau dans la commune&#8230; J'ai une convention de p&#226;turage de 850 hectares mais je peux aller o&#249; je veux, j'entretiens des pare-feux. Apr&#232;s on a eu un grand feu en 2001, un en 2004. La premi&#232;re ann&#233;e, quand la maison a &#233;t&#233; finie, elle a failli br&#251;ler. On &#233;tait oblig&#233;s de faire presque trois kilom&#232;tres dans les cendres pour acc&#233;der &#224; des endroits qui avaient pas br&#251;l&#233;. Nous, ici, on a aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que &#231;a br&#251;le parce qu'il pleut pas assez, la broussaille, les ch&#232;vres&#8230; Y'a des gens qui comprennent rien, ils disent : &quot;&lt;i&gt;Y'a des endroits, les bergers mettent le feu.&lt;/i&gt;&quot; Oui, l'&#233;cobuage, ou il pleut souvent mais nous, si &#231;a br&#251;le&#8230; On dit : &quot;&lt;i&gt;Au printemps, &#231;a repousse&lt;/i&gt;&quot; mais nous, il faut qu'y'ait &#224; manger toute l'ann&#233;e. Quand les romarins, les ch&#234;nes kerm&#232;s, ils partent en fum&#233;e, c'est une catastrophe pour nous. &#199;a avait failli me d&#233;courager, comme c'&#233;tait pas s&#251;r que j'ach&#232;te en haut, j'ai failli partir en Loz&#232;re puis non, &#231;a s'est fait et tant mieux, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai 252 ch&#232;vres adultes. &lt;/strong&gt; Sinon, y'a un troupeau de presque 400, en comptant les boucs, mais en comptant des petites que j'ai gard&#233;es cette ann&#233;e, &#231;a tourne, quoi, on est entre 252, parce que malheureusement y meurent. Un troupeau, c'est une soci&#233;t&#233;, y'a des jeunes, des vieilles, c'est un roulement, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ch&#232;vre du Rove, y'a au moins 2600 ans qu'elle est l&#224;, &lt;/strong&gt; puisqu'elle a un rapport avec la fondation de Marseille, cette &lt;a href='http://www.koinai.net/fr.wikipedia.org/wiki/Rove_(race_caprine)' class='spip_out'&gt;race&lt;/a&gt;, elle est particuli&#232;re. Race tr&#232;s, tr&#232;s rustique qui s'est fa&#231;onn&#233;e dans ce contexte de collines &#233;pineux pendant des si&#232;cles. La s&#233;lection naturelle a jou&#233; un grand r&#244;le. C'est des ch&#232;vres originelles qui peuplaient la M&#233;sopotamie, y'a des dizaines de milliers d'ann&#233;es et &#231;'a &#233;t&#233; introduit par les Ph&#233;niciens via l'Anatolie, la Gr&#232;ce. En Gr&#232;ce, y'a des ch&#232;vres qui ressemblent aux ch&#232;vres du Rove. C'est des ch&#232;vres m&#233;diterran&#233;ennes tr&#232;s adapt&#233;es &#224;&#8230; et on dit &quot;ch&#232;vres du Rove&quot; parce que c'est l&#224; qu'y'en avait le plus. Elle s'est fix&#233;e dans ce terroir et c'est les bergers du Rove qui, par la s&#233;lection naturelle, l'ont fa&#231;onn&#233;e. C'est comme &#231;a qu'une race est n&#233;e. Beaucoup d'&#233;crits font r&#233;f&#233;rence &#224; la ch&#232;vre du Rove, notamment Victor G&#233;lu, po&#232;te marseillais qui en 1854, dans &lt;i&gt;Lou credo de Cassian&lt;/i&gt;, a &#233;crit : &quot;&lt;i&gt;Le Rove est l'Arcadie de notre d&#233;partement&lt;/i&gt;&quot;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Arcadie en Gr&#232;ce qui est une r&#233;gion tr&#232;s pastorale. Fr&#233;d&#233;ric Mistral, aussi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une race qui a une dominance de robe, nous on dit rouge&lt;/strong&gt;, mais c'est un marron un peu acajou, soit une robe noire. Apr&#232;s, y'a des variantes : des cardalines, robes rouges mouchet&#233;es de blanc, des biais, robes noires mouchet&#233;es de blanc, des robes blanc, gris-cendre un peu bleut&#233;, enfin, toutes sortes de robes avec des noms bien pr&#233;cis qui ont travers&#233; les si&#232;cles et dans mon troupeau, j'ai un peu toutes les robes de ces ch&#232;vres, un peu comme la pr&#233;servation de quelque chose, quoi. Et bien s&#251;r, la ch&#232;vre du Rove est tout de suite identifi&#233;e gr&#226;ce &#224; ses cornes en forme de lyres, torsad&#233;es. Les boucs peuvent atteindre une envergure d'un m&#232;tre vingt, voire plus, donc c'est un peu spectaculaire. Et c'est une belle race, mais qui se m&#233;rite, parce qu'elle fait trois, quatre fois moins de lait que les autres races s&#233;lectionn&#233;es g&#233;n&#233;tiquement pour la productivit&#233;. Faut vraiment avoir la passion de la race, c'est-&#224;-dire le maintien d'une tradition, conserver une race qui, peut-&#234;tre, servira de porte greffe &#224; d'autres races qui ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es sur uniquement la quantit&#233; de lait au d&#233;triment de la rusticit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moi, je travaille comme il faisait mon grand-p&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt; je suis vraiment venu &#224; la tradition. Mon p&#232;re, &#224; un moment donn&#233;, il a mis d'autres races plus productives et au lieu de suivre l'exemple, je suis revenu &#224; la base. Franchement, c'est plus dur que d'avoir que 50, 60 ch&#232;vres en stabulation : avec les ch&#232;vres, on est tout le temps. D'ailleurs c'est pas nous qui avons les ch&#232;vres, c'est les ch&#232;vres qui nous ont nous parce que le matin, il faut se lever, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On les sort sept heures par jour en p&#226;turage. &lt;/strong&gt; Y'en a un qui prend le troupeau dans la colline, et on se remplace : si y'en a un qui garde le matin, b&#232; l'apr&#232;s-midi on se donne rendez-vous dans un coin de la colline, il rentre en voiture, il fait autre chose et l'autre, il prend la rel&#232;ve et le soir on rentre le troupeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment on communique avec nos animaux, &lt;/strong&gt; vous savez, comment on communique avec sa famille, par automatismes. Par habitude de la pr&#233;sence, l'intonation de la voix, la fa&#231;on de siffler, parce que c'est nous qu'on les met au monde, on fait partie de la famille, quoi. Parce que contrairement au chevrier en stabulation qui trait le matin, met le foin et jusqu'au soir, il les voit plus, le chevrier qui lui, les am&#232;ne p&#226;turer, y'a plus de contact. Le berger et le troupeau, c'est comme le cheval et le cavalier, puis vous avez le Centaure, b&#232;, le berger, c'est un peu comme le Centaure au milieu de son troupeau : il fait partie de ce puzzle qui s'imbrique. C'est un courant qui passe, qui est impalpable mais qui se ressent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nom des ch&#232;vres. &lt;/strong&gt; B&#232;, d&#232;s qu'on en a beaucoup, &#231;a marche un peu par familles. Y'en a, c'est des noms de v&#233;g&#233;taux : Lavande, Romarin, ou de traits de caract&#232;re : j'avais une ch&#232;vre qui s'appelait Pompadour parce qu'elle avait une allure un peu noble et elle m'a fait des filles, une, je l'ai appel&#233;e S&#233;vign&#233; et l'autre Marquise. Des fois, y'en a qui ont un nom &#224; partir de un an parce qu'on sait pas comment les nommer et un jour, elle a son nom par rapport &#224; un trait de caract&#232;re ou un &#233;v&#232;nement. Alors des fois &#231;a va pas dans la finesse : une, elle s'appelle Casse-Bonbons, parce qu'elle est un peu emmerdante (rire) mais nous, si mon fils il me dit : &quot;&lt;i&gt;Papa, Casse-Bonbons elle boite, faudra qu'on regarde&lt;/i&gt;&quot;, de suite on sait qui c'est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de la mi-janvier, y'a la naissance des cabris. &lt;/strong&gt; C'est &#233;norm&#233;ment de travail parce que souvent, il faut aider les ch&#232;vres &#224; mettre bas, bien qu'avec la ch&#232;vre du Rove, on a moins de probl&#232;mes parce que comme elle marche, elle pratique une gymnastique naturelle, donc elles font pas des cabris &#233;normes et elles sont muscl&#233;es, &#231;a passe mieux. Et il faut s'occuper des cabris, soigner les b&#234;tes : un, y faut donner des g&#233;lules, l'autre&#8230; Faut tout avoir dans la t&#234;te. Alors, je garde quelques chevrettes pour renouveler le troupeau et la grande majorit&#233;, je les vends quand elles ont une semaine. On les garde plus comme avant, pour P&#226;ques et tout, parce qu'il nous faut du lait. Pendant deux mois et demi, on a pas de rentr&#233;e d'argent parce qu'on a plus de lait, donc autant, au d&#233;but, on est contents de plus traire parce que tous les jours, c'est dur, mais apr&#232;s on se languit de reprendre parce que financi&#232;rement on est un peu raides. Alors, les chevreaux, on leur fait t&#233;ter le colostrum pendant une semaine au biberon et apr&#232;s on les vend &#224; des engraisseurs, pas cher, au kilo, et on trie les m&#232;res. Les femelles qui sont gard&#233;es pour faire des futures ch&#232;vres laiti&#232;res, je les laisse t&#233;ter leurs m&#232;res, mais les autres partent et &#231;a nous permet de traire et de nouveau avoir de la brousse et du fromage, d&#233;but f&#233;vrier voire fin janvier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; six heures, tous les matins, y'a la traite.&lt;/strong&gt; Avant, on trayait deux fois par jour : on passait trente-cinq heures par semaine, sans compter le gardiennage, la fabrication, les livraisons&#8230; On vivait que pour travailler et cette ann&#233;e, j'ai essay&#233; la mono-traite. Alors, on perd &#224; peu pr&#232;s 20 % de lait par jour mais, si on a un effectif suffisant, le lait - faut savoir que la ch&#232;vre du Rove, le lait est plus riche que les autres races parce qu'elle mange cette v&#233;g&#233;tation un peu s&#232;che, donc elles font moins de lait mais il est tr&#232;s concentr&#233; et l&#224;, j'ai l'impression qu'il l'est encore plus et nous, &#231;a nous permet le soir de finir un peu plus bonne heure, parce que l'an pass&#233; on finissait de traire c'&#233;tait neuf heures&#8230; On va voir, h&#232;, je fais un essai, si elles tiennent le lait jusqu'&#224; fin octobre, premi&#232;re semaine de novembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai toujours trait &#224; la main&lt;/strong&gt; mais pour moi, c'est pas une contrainte : je suis tellement entra&#238;n&#233; que c'est comme un sport qu'on pratique r&#233;guli&#232;rement. J'ai tellement de coll&#232;gues qui m'ont dit : &quot;&lt;i&gt;Mais t'y es fou de traire &#224; la main avec les ch&#232;vres que tu as, mets la machine, tu gagneras du temps !&lt;/i&gt;&quot; On m'a tellement gonfl&#233; avec &#231;a que j'en ai achet&#233;e une en 2000, je l'ai gard&#233;e trois ans, je l'ai revendue. Je me suis jamais fait parce que le bruit, &#231;a me gonflait. Et puis il faut nettoyer avant, apr&#232;s, rincer avec des produits&#8230; Et je retrais &#224; la main, je pr&#233;f&#232;re. Vous avez le contact : une ch&#232;vre, si elle a une mammite, si vous le voyez pas, b&#232; vous infectez le manchon trayeur en le mettant &#224; l'autre, vous la contaminez. &#192; la main, vous voyez tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s on passe le lait, ma femme s'occupe de toute la fabrication.&lt;/strong&gt; En pleine lactation, on peut en faire 200 par jour, pendant huit mois &#224; peu pr&#232;s. Et on fait aussi du fromage de ch&#232;vre. La brousse, c'est du lait qu'on fait bouillir, qu'on fait virer artificiellement avec du vinaigre blanc. On peut la garder huit jours au frais, c'est pas comme le fromage de ch&#232;vre, c'est pas cru. Par contre il vaut mieux les manger un ou deux jours apr&#232;s, elles sont meilleures, un peu plus fortes. C'est jamais tr&#232;s fort, parce que c'est un fromage frais, il a moins de go&#251;t qu'un fromage affin&#233;. Mais c'est plut&#244;t un dessert qu'on accommode de plusieurs mani&#232;res : moi, quand il fait un peu frais, j'aime bien avec du miel, ou un coulis de framboise. J'aime bien aussi - alors, &#231;a d&#233;nature peut-&#234;tre un peu le produit mais &#224; Marseille, c'est une tradition - avec du sucre et un peu de rhum brun. Ou en entr&#233;e avec de la fleur de sel, un peu de poivre et de l'huile d'olive, &#231;a y va bien aussi, &#231;a se marie bien. La brousse du Rove, &#231;a fait partie du patrimoine gustatif de la Provence. Beaucoup de gens - bon malheureusement, ceux-l&#224;, peuch&#232;re ! c'est des g&#233;n&#233;rations qui commencent &#224; dispara&#238;tre - ont connu le temps o&#249; les marchands de brousses sillonnaient les quartiers de Marseille, en annon&#231;ant avec une trompe : &quot;&lt;i&gt;Les brousses du Rove !&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le matin, mon fils livre &#224; Marseille aux fromagers&lt;/strong&gt; comme Bataille, Marrou &#224; la place Castellane, les restaurants comme Le petit Nice, l'&#201;puisette, les Trois Forts&#8230; J'en fais pas, de march&#233;, moi, aucun. J'ai ma grossiste &#224; Aubagne que je livre deux fois par semaine, elle, elle livre des forains, des fois, alors peut-&#234;tre qu'y'a de nos brousses sur les march&#233;s mais 80 %, ce sont pas des miennes. Moi, d&#233;j&#224;, y'a une &#233;tiquette : &quot;&lt;i&gt;v&#233;ritable brousse du Rove, pur ch&#232;vre&lt;/i&gt;&quot;. Apr&#232;s, ici, je vends aussi. Alors j'ai pas l'AOC, c'est trop restrictif. Y'a que moi qui peux pr&#233;tendre &#224; une AOC, parce que je suis sur le Rove et un gars de Paris, de l'&lt;a href='http://www.inao.gouv.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;INAO&lt;/a&gt;, nous a conseill&#233; de faire une &lt;a href='http://www.koinai.net/fr.wikipedia.org/wiki/Indication_g&#233;ographique_prot&#233;g&#233;e' class='spip_out'&gt;Identification G&#233;ographique Prot&#233;g&#233;e&lt;/a&gt;, en ouvrant la porte &#224; d'autres &#233;leveurs, &#224; condition qu'ils rentrent dans un cahier des charges bien pr&#233;cis, c'est-&#224;-dire ce qui fait sa r&#233;putation et sa notori&#233;t&#233; : il faut que ce soit fabriqu&#233; exclusivement avec du lait de la race, que ce soit un produit fermier, fabriqu&#233; avec le lait produit sur l'exploitation. Dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, on est six &#224; avoir des ch&#232;vres du Rove et &#224; pr&#233;tendre faire de la brousse du Rove, donc on a mont&#233; une association. Y'aura une petite partie du Var mais tout limitrophe, vers Cuges, parce que par rapport &#224; l'hygrom&#233;trie et tout, &#231;a ressemble un peu &#224; ici, mais on peut pas trop &#233;tendre. Et moi, j'ai une marque d&#233;pos&#233;e &#224; l'&lt;a href='http://www.inpi.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;INPI&lt;/a&gt;, &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que j'aime faire ? &lt;/strong&gt; Tout. Ouais, parce que c'est un &#233;tat d'esprit, c'est&#8230; Alors, des fois j'en ai marre mais l&#224; o&#249; c'est grave, c'est que je me languis de partir et au bout de quatre, cinq jours, &#231;a me manque. Ch'uis tellement habitu&#233; que des fois j'ai le trop plein, c'est normal quand vous &#234;tes toujours sur la br&#232;che, y'a des moments o&#249; c'est usant. M&#234;me celui qui est passionn&#233;. Mais c'est un ensemble, c'est une vie pour moi. Quand j'&#233;tais jeune, ouais, beaucoup de choses que j'aimais pas mais maintenant, je me dis que de toute fa&#231;on, il faut le faire, donc m&#234;me quand il faut nettoyer la bergerie, sortir le fumier&#8230; Et de toute fa&#231;on, &#224; un moment donn&#233;, vous vous blindez, vous faites abstraction : y'a plus que le corps, l&#224;, l'esprit y est plus. Y'a des choses qu'on fait plus plaisamment : mettre bas, voir les petits cabris qui naissent. C'est s&#251;r que quand on trouve une b&#234;te morte, &#231;a fait pas plaisir : elles naissent chez nous, elles meurent, &#231;a fait peine, quoi. Y'a des t&#226;ches qui sont ingrates mais qui font partie du m&#233;tier, on peut pas y passer. Vous prenez le m&#233;tier, y faut tout accepter avec, on a pas le choix, c'est un tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour concilier travail et vie priv&#233;e, &lt;/strong&gt; ah ! Ben l&#224;, &#231;a va. C'est pas toujours simple mais maintenant que mes fils sont grands, on arrive un peu &#224; se remplacer. &#199;'a &#233;t&#233; tr&#232;s dur au d&#233;but, les vacances, j'en avais pas et quand vous avez vingt ans, que vous pouvez pas&#8230; je le prenais sur ma peau, comme on dit. Le dimanche, si on d&#233;cidait d'aller &#224; la mer, je me levais &#224; quatre heures, je trayais les ch&#232;vres, apr&#232;s on partait avec les coll&#232;gues, on s'amusait comme des fous et l'apr&#232;s-midi, on rentrait avec ma femme et les coll&#232;gues : &quot;&lt;i&gt;Oh ! tu restes pas !&lt;/i&gt;&quot; Eh non ! Fallait traire les ch&#232;vres. Le ski, j'ai jamais pu, parce que y'a les cabris qui naissent. Bon, toujours pareil, une fois, j'&#233;tais &#224; Orci&#232;res Merlettes, je devais avoir vingt-deux ans, je me suis lev&#233; &#224; trois heures du matin, je me suis occup&#233; des b&#234;tes, on est partis et le soir, j'&#233;tais plus en forme pour aller me coucher que pour m'occuper des b&#234;tes. C'est l&#224;, la discipline qu'il faut&#8230; C'est l&#224; que mes fils, ils sont plus &#233;lev&#233;s, c'est plus facile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jours de repos, &lt;/strong&gt; cong&#233;s, c'est &#224; la saison creuse, quand on trait plus. Je suis pas encore parti un seul jour depuis le mois de janvier. L&#224;, je vais s&#251;rement partir quatre ou cinq jours avec ma femme, fin ao&#251;t. Apr&#232;s, en novembre et d&#233;cembre, si je veux, je partirai huit, dix jours, maximum une semaine. Quand on trait plus, y'a plus de fromage &#224; faire, y'a que le troupeau &#224; s'occuper, c'est moins de travail. Parce que c'est &#231;a aussi : quand on s'en va, les autres, ils ont le lait. Faut travailler le lait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les outils de travail, j'ai connu plein d'&#233;volutions. &lt;/strong&gt; Avant, mon grand-p&#232;re, m&#234;me mon p&#232;re, tous les soirs, il revenait de garder avec un fagot de bois sur l'&#233;paule, des argelas secs. C'est pour &#231;a aussi qu'y avait moins de feux, les massifs &#233;taient entretenus, et ils faisaient des brousses au feu de bois, d'ailleurs, elles &#233;taient meilleures. Maintenant, si vous faites &#231;a, vous allez en prison, fa&#231;on de parler. La fromagerie, la pi&#232;ce o&#249; on faisait la brousse, &#231;a s'appelait la brousse. Souvent, c'&#233;tait en terre battue, les murs en chaux, ils &#233;taient noirs parce qu'avec le feu&#8230; Les &#233;tuis, les paniers qu'on appelle les faisselles, c'&#233;tait en osier tress&#233;. C'&#233;tait un peu tol&#233;r&#233; jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70 et depuis qu'y'a les normes europ&#233;ennes, c'est des &#233;tuis en fer blanc, trou&#233;s. Apr&#232;s, on a &#233;t&#233; oblig&#233;s de se mettre au plastique alimentaire, jetable, m&#234;me, maintenant. Mes parents, au d&#233;part, c'&#233;tait pas carrel&#233;, il a fallu carreler, jusqu'au plafond. Apr&#232;s, il fallait un sas, un siphon de sol... chaque fois, il sortait de nouvelles trucs. &#192; la limite, je suis pas contre les r&#232;gles quand c'est cens&#233; vous faire progresser et si vous travaillez propre, c'est pas grave mais &#231;a suffit pas parce que mettons, un &#233;leveur va &#234;tre aux normes mais il ach&#232;te du lait en poudre et &#231;a, y'a pas assez de contr&#244;les. Apr&#232;s, je connais des gens biens dans des organismes, y compris aux services v&#233;t&#233;rinaires, qui sont conscients de beaucoup de choses, qui sont humains et qui comprennent. Ils appliquent les normes qu'on leur fait appliquer, apr&#232;s, ils arrivent &#224; faire la part des choses aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre berger, c'est plus qu'un m&#233;tier, c'est un sacerdoce&lt;/strong&gt; et en fait, pour vivre de ce m&#233;tier, il faut vivre pour le m&#233;tier avant tout. Quand vous avez un gros troupeau, faut &#234;tre comp&#233;tent, et je suis pas imbu de ma personne, quoique, une citation d'Henri Vincenot dit : &quot;&lt;i&gt;Je suis berger, un vrai berger, imbu de ma personne&lt;/i&gt;&quot; mais c'est pas de la fiert&#233; mal plac&#233;e, loin de l&#224; : quand on est berger on est humble parce qu'on est tellement en phase avec la nature et avec la nature, il faut toujours &#234;tre humble. D'abord, c'est les ann&#233;es qui prouvent si on est berger, qui affirment votre passion. C'est un m&#233;tier aussi o&#249; il faut une sacr&#233;e sant&#233; : moi, j'ai eu des probl&#232;mes comme tout le monde ; alors l&#224; aussi, c'est pas facile. Je m'&#233;tais cass&#233; le pied, je mettais un sac poubelle au pl&#226;tre pour aller traire avec les b&#233;quilles&#8230; Y'en a qui disent : &quot;&lt;i&gt;Lui, c'est un sauvage&lt;/i&gt;&quot;, eh non, mais par la force des choses, je suis dur pour moi. Le troupeau, il comptait sur moi, h&#232;. Bon, je suis rarement malade mais le peu que je l'ai &#233;t&#233;, il est venu l'infirmier ou l'infirmi&#232;re, des fois j'&#233;tais aux ch&#232;vres, elle venait, je baissais le pantalon, elle faisait une piq&#251;re, je repartais, h&#232;, eh oui (rire) ! Il faut de la volont&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;tier masculin ou f&#233;minin ? &lt;/strong&gt; Pas &#233;vident. Moi, ch'uis pas&#8230; m&#234;me si j'ai l'air un peu macho, non, voyez, non. C'est un m&#233;tier o&#249; il faut beaucoup de volont&#233; et y'a des femmes qui ont beaucoup de volont&#233;, donc &#231;a peut faire aussi pour une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une anecdote&#8230; Y'en a plein, h&#232;, on vit tellement au quotidien tout &#231;a. &lt;/strong&gt; Par exemple, les chevrettes, on les sort pas pendant deux, trois mois et quand on les s&#232;vre, on les ressort de la bergerie et ils ont moins l'exp&#233;rience de la colline alors, elles s'habituent &#224; sauter les bancaous (ndlr : restanque : terrain remblay&#233; et aplani, soutenu gr&#226;ce &#224; un mur de pierres s&#232;ches, pour la culture &#224; flanc de colline.). Et un jour y'avait un puits, l&#224;, et la chevrette a cru que c'&#233;tait un bancaou, elle a saut&#233; dedans. J'avais pas le portable, &#224; l'&#233;poque, et pour la sortir de l&#224;, le puits &#233;tait profond, y'avait trois m&#232;tres d'eau, je me suis emmerd&#233;, quoi : avec une corde j'suis descendu, entre temps, y'a une autre chevrette qui a saut&#233; quand elle m'a vu dedans &#231;a fait qu'apr&#232;s, y'en avait deux ! Enfin, elle est sortie du puits mais j'ai pass&#233; un mauvais moment parce qu'elle glissait, je la mettais cal&#233;e mais il me fallait mes mains pour m'agripper et des fois, elle bougeait tellement qu'elle repartait en arri&#232;re, je me suis repris au moins dix ou quinze fois. J'&#233;tais mort, quand je suis sorti du puits !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fromagerie, elle est l&#224;. &lt;/strong&gt; Ma femme, elle descend tous les jours ici. On trait en haut, j'ai une autre maison en haut et une bergerie de 600 m&#178; &#224; un kilom&#232;tre et demi, en pleine colline. Ah ! Ouais, b&#232; l'&#233;t&#233;, s'il fait beau, je me mets sur ma terrasse, j'ai toutes les ch&#232;vres devant moi (rire). Je vis avec mon troupeau, moi. Quand on fait ce m&#233;tier, on s'ensauvage un petit peu. D&#233;j&#224; avant, mais alors maintenant que je suis en pleine colline, je m'ensauvage encore plus qu'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'&#233;cris beaucoup de po&#233;sie, &lt;/strong&gt; y'en a pas mal qui ont &#233;t&#233; &lt;a href='http://www.massalire.fr/resume/le_rove_ses_chevres_et_ses_collines_res.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;publi&#233;es&lt;/a&gt;. Je fais r&#233;f&#233;rence un peu &#224; &#231;a, quoi. Dans des moments o&#249; on est un peu calme, o&#249; on essaye de faire abstraction&#8230; Quand mes fils allaient &#224; l'&#233;cole, je partais le matin avec le troupeau, je portais &#224; manger dans la biasse (ndlr : mauvais sac d&#233;fonc&#233;, sans forme), jusqu'au soir, je voyais personne. Et l&#224;, vous vous rendez compte de beaucoup de choses. Vous &#234;tes seul&#8230; le silence, la solitude, &#231;a vous ponce l'&#226;me et &#224; la limite, vous la sentez, votre &#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant, c'&#233;tait bien parce que y'avait une grande solidarit&#233;&lt;/strong&gt; entre eux. Ils &#233;taient presque tous parents, h&#232;, cousins, petits-cousins, c'&#233;tait des Gouiran. Les familles de bergers, souvent, c'&#233;tait des grandes familles. Parce qu'en fait, le secret de notre travail, j'y suis un peu arriv&#233;, mais je sais pas si je pourrai tenir dans le temps, parce que je suis tr&#232;s r&#233;aliste, h&#232;, pour le moment &#231;a va mais maintenant qu'on est trois, c'est plus dur parce qu'il faut sortir trois salaires. Heureusement que j'avais les structures existantes de mes parents. Bon, moi, j'ai cr&#233;&#233; autre chose, mais des fois c'est tr&#232;s dur, surtout en saison creuse. Mais moi, je fais comme ils faisaient les anciens, je travaille avec mes fils et ma femme. Si vous &#234;tes seul, c'est difficile ou alors vous pouvez faire berger, mais vous allez plut&#244;t avoir des moutons. Ou du chevreau de boucherie. Mais tout seul, s'il faut garder le troupeau, traire, faire les fromages, c'est impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le berger d'autrefois, &lt;/strong&gt; je vais para&#238;tre arri&#233;r&#233; mais je crois que - bon, il faut pas id&#233;aliser parce qu'y'a eu des guerres, y'a eu&#8230; - ils &#233;taient moins stress&#233;s et peut-&#234;tre, ils &#233;taient plus heureux. Je p&#232;se mes mots, parce que y'en a qui en ont bav&#233; mais finalement, c'&#233;tait des hommes libres. Parce que je suis n&#233; homme libre et toujours en qu&#234;te de cette libert&#233; que j'arrive plus &#224; trouver. Avec les normes europ&#233;ennes, toutes les paperasseries&#8230; Mon arri&#232;re-grand-p&#232;re, il transhumait, parce qu'y'avait pas assez d'eau et trop de ch&#232;vres. L'&#233;t&#233;, il partait dans le Haut-Var ou ailleurs et ils arrivaient dans les villages, y'avait des grandes fontaines, c'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour faire boire les b&#234;tes. Maintenant c'est fini, vous pouvez plus partir en transhumance avec les routes, les autoroutes. Les bergers, ils partaient &#224; pied, doucement, doucement, vingt kilom&#232;tres par jour maximum. Un troupeau, il faut qu'il aille doucement, qu'il mange, c'est pas une course. Quand j'&#233;tais petit, mon grand-p&#232;re, y'avait toujours la saison de quelque chose : des p&#234;ches l'&#233;t&#233;, l'hiver les amandes, on faisait griller les ch&#226;taignes &#224; la chemin&#233;e&#8230; Les veill&#233;es, moi je l'ai connu, pourtant je suis pas vieux, mais je me rappelle. C'est pour &#231;a que la g&#233;n&#233;ration de mon grand-p&#232;re, &#231;'a &#233;t&#233; un grand mal quand ils sont morts, ces gens, parce que le Rove, &#231;'a beaucoup chang&#233; en peu de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quoi &#231;a sert, si ces gens, avec du lait en poudre,&lt;/strong&gt; ils peuvent faire le m&#234;me produit que nous : on va prendre notre b&#226;ton de berger, on va le jeter, et c'est la fin du pastoralisme. On fait un des plus vieux m&#233;tier du monde, et y'a de plus en plus de gens dans les bureaux qui s'occupent de nous et on a jamais &#233;t&#233; aussi emb&#234;t&#233;s. Je veux pas que les bergers, ils finissent par ne plus exister que dans les cr&#232;ches de No&#235;l ou dans l'esprit de ceux qui les ont connus, ou dans des films. On est encore quelques uns et il faut qu'on se batte, alors qu'on sait qu'on a le trois-quart des gens avec nous. Parce que m&#234;me l&#224;, elle y est la mondialisation. Il faut se marginaliser pour ne serait-ce qu'exister, alors qu'on ne demande qu'&#224; travailler en respectant une &#233;thique, des traditions. C'est le respect de la nature, du consommateur et de tout et il faut qu'on se batte. C'est pour &#231;a que c'est usant, &#231;a devrait &#234;tre une &#233;vidence, b&#232; non&#8230; Mais je me d&#233;courage pas. Voyez, quand y'a un t&#233;moignage c'est mieux que si y'a rien. Parce qu'alors l&#224;, c'est encore plus vite fait de mourir. Peut-&#234;tre que moi je fais que retarder une &#233;ch&#233;ance in&#233;vitable, mais je baisse pas les bras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 12/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le bleu de chantier</title>
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		<dc:creator>Dalila Bouhmadou</dc:creator>


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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tout peut &#234;tre dangereux, en moins de deux on peut se faire &#233;craser par un camion, on peut se faire couper la main par une tron&#231;onneuse, c'est quand m&#234;me un danger r&#233;el qui est proche&#8230; Les engins ont beaucoup plus de force que nous, je veux dire, on se fait attraper par un engin, on se fait renverser par une voiture&#8230; C'est pas du travail de bureau, c'est vraiment du travail physique, c'est plut&#244;t contraignant parce qu'il faut faire toujours attention &#224; tout. &#187; Guillaume Hanoun, 25 ans, chef de chantier sur le parcours tram depuis un an.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a, sur le tas, sur le terrain, c'est les anciens qui nous donnent les conseils. J'ai une formation terrain, comment dire, g&#233;otechnique et g&#233;nie-civil, c'est une formation, un peu de g&#233;ologie, un peu de construction et un peu de b&#226;timent, c'est un peu de tout, quoi. Je suis conducteur de travaux, chef de chantier, conducteur&#8230; voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, nous portons des chaussures de s&#233;curit&#233;, le bleu, alors si, on a un pantalon bleu avec des bandes r&#233;fl&#233;chissantes grises, et puis on a en haut - g&#233;n&#233;ralement vu le temps, la chaleur qu'y a - des tee-shirts en coton avec un baudrier jaune et le casque, pour terminer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des accessoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Selon si on fait du terrassement, on a des gants ; si on fait de la d&#233;coupe avec des scies circulaires, on a des lunettes ; on a des casques si y a des engins de levage &#224; proximit&#233;. Sinon on a des bouchons antibruit, voil&#224;. Ce sont des protections individuelles pour la s&#233;curit&#233; selon les types de travaux qu'on effectue. Le gilet c'est parce qu'on travaille en circulation, donc c'est par rapport aux automobilistes, pour qu'ils nous voient arriver, pour qu'ils nous distinguent bien d'un simple pi&#233;ton, vu que nous on est amen&#233; &#224; traverser r&#233;guli&#232;rement la voie de la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est fourni par l'entreprise. D&#232;s qu'on d&#233;marre le chantier, le chef de chantier ou l'entreprise d'o&#249; on part chaque matin nous fournit les &#233;quipements individuels de protection. D&#232;s qu'on arrive, ils me donnent deux pantalons, quatre tee-shirts, un baudrier, un casque, une paire de gants et deux ou trois bouchons antibruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est la circulation, d&#232;s qu'on travaille en ville c'est la circulation, les engins, les engins donc &#231;a peut &#234;tre une pelle, un camion, ou&#8230; C'est surtout la promiscuit&#233; entre les ouvriers et les engins, voitures ou engins chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les tenues sont-elles faites d'un textile particulier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Coton.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que contiennent les poches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les poches pour mettre, quand on a une tenaille, un tournevis, paire de gants. C'est pour mettre le stylo, la tenaille, le cutter, c'est pour tout ce qui est le petit mat&#233;riel de chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Assurez-vous l'entretien de la tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est pour &#231;a qu'on a un roulement, comme on a deux pantalons, quatre tee-shirts, &#231;a permet de laver &#224; la machine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle tenue portent les autres ouvriers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a tous les m&#234;mes tenues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a plus de bandes r&#233;fl&#233;chissantes sur les pantalons, sur les gilets pour&#8230; toujours li&#233;es &#224; la circulation d'engins pour qu'ils nous voient plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps consacr&#233; pour s'habiller ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Un quart d'heure le matin, un quart d'heure le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous les m&#234;mes tenues pour l'hiver et pour l'&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pour l'hiver on a des tenues sp&#233;ciales, bon ici encore dans la r&#233;gion il fait pas trop trop froid compar&#233; au nord, mais l'hiver l'entreprise nous fournit une parka, parka-chaud-fin assez consistante, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau en tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un petit peu. On n'a pas le m&#234;me comportement quand on traverse une route, quand on a le baudrier ou quand on a le pantalon, que si on est en habit civil, ou alors quand on marche sur le chantier, le sol est assez in&#233;gal donc avec les chaussures de s&#233;curit&#233; on sent quand m&#234;me qu'on a plus de protection pour les pieds que des baskets ou des&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous &#224; l'aise dans votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#231;a va.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh oui, &#231;a oui. D&#232;s que vous portez un uniforme, que &#231;a soit nous ou que &#231;a soit n'importe qui, &#231;a change le personnage, &#231;a change le&#8230; Il y a le regard qu'ont les autres sur nous, &#231;a change plein de choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aimez-vous la porter tous les jours ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bon, quand on la porte c'est qu'on travaille, g&#233;n&#233;ralement, si je pouvais rester couch&#233; &#231;a serait diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de ne pas porter la tenue pendant les heures de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le chef est assez vigilant &#224; &#231;a, donc on n'a pas trop le droit de pas&#8230; Si on arrive ici sans tenue, le chef nous renvoie ; c'est g&#233;n&#233;ralement pas autoris&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Changez-vous votre tenue de travail dans la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi non, je sais que d'autres coll&#232;gues le font mais moi non. Moi je transpire pas &#233;norm&#233;ment. L&#224; y'en a ils supportent pas, ils coulent, ils transpirent &#233;norm&#233;ment et du coup ils se changent &#224; midi, apr&#232;s avoir mang&#233; ; ils se changent au moins le tee-shirt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre tenue influence-t-elle votre comportement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je pense qu'elle influence plus les autres, c'est-&#224;-dire plus les autres nous voient. D&#233;j&#224; les chauffeurs d'engins, par exemple, nous voient plus, m&#234;me les gens qu'on discute avec eux, et s'ils voient qu'on est des travaux, ils ne discuteraient pas pareil avec vous que si on &#233;tait habill&#233; en civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue fait-elle une seconde peau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas &#224; ce point l&#224;. Ah, souvent quand je vais dans les bureaux, on est en veste, pantalon, c'est en costume, c'est&#8230; &#199;a c'est plus une deuxi&#232;me peau que les habits de chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous fier de votre tenue ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors du travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh ben, en ce moment, plut&#244;t short, sandale, tee-shirt, chemise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 17/07/06 par Dalila Bouhmadou ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Langue d'argile</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/langue-d-argile</link>
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		<dc:date>2008-05-14T18:27:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>
		<dc:subject>090. Saint-Louis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si les anciennes tuileries marseillaises de Saint-Henri et de l'Estaque ont disparu, le m&#233;tier et le produit traditionnels perdurent &#224; l'usine Lafarge Couverture, sise &#224; Saint-Louis : fabrique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/saint-louis" rel="tag"&gt;090. Saint-Louis&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tuile, c'est son m&#233;tier : depuis juin 2006, Patrice Pincemail, 38 ans, dirige l'usine Lafarge sur le chemin de Saint-Louis au Rove, quartier Saint-Louis : &#171; On reste sur du produit tr&#232;s m&#233;diterran&#233;en, c'est-&#224;-dire &#224; fort galbe, qui rappelle un peu la forme de la tuile canal qui &#233;tait fabriqu&#233;e aux Milles et qui est traditionnelle : c'est ce qui se vend encore, depuis tr&#232;s tr&#232;s longtemps. &#187; Toitures et savoir-faire coutumiers : palette et paysage r&#233;gional, au rythme des saisons et des exigences.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels produits fabrique-t-on &#224; l'usine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des produits &#224; base de terre cuite, essentiellement de la tuile, on ne fabrique pas des briques : on ne fabrique que de la tuile sp&#233;cifique vendue uniquement ou &#224; 90%, dans la r&#233;gion : c'est la&lt;a href='http://www.bati-pass.com/resultat-fab-tuiles.html' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile&lt;/a&gt; entre dix ou treize au m&#232;tre carr&#233;, il faut en mettre dix pour un m&#232;tre carr&#233; de couverture. Donc, on fabrique les tuiles traditionnelles que l'on voit sur l'ensemble du paysage d'Alpes-Provence-C&#244;te-d'Azur, et ce qu'on appelle les &#171; accessoires &#187; qui vont avec : les fa&#238;ti&#232;res (1), les rives (2) sur le c&#244;t&#233;, les g&#233;lis (3) ou les canal sabli&#232;res (4 ; 5) ; en bref, on pratique un peu le langage &quot;terre-cuiteux&quot;, comme on l'appelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La soci&#233;t&#233; est-elle issue d'une fabrique traditionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non ; &#231;a d&#233;pend de ce qu'on entend par traditionnelle mais ce qui est s&#251;r, c'est qu'on fabrique de la&lt;a href='http://www.tuilerie-des-milles.fr/tuilerie_presentation/tuilerie_presentation_3.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile terre cuite&lt;/a&gt; depuis des si&#232;cles et des si&#232;cles sur Marseille. C'est un type de production &#224; la tuile terre cuite et c'est une activit&#233; traditionnelle &#224; Marseille, avec la pr&#233;sence d'argile toute proche, puisqu'on avait des gisements sur le Grand Littoral qui maintenant est un centre commercial ; avant, c'&#233;tait des carri&#232;res, et l'usine de Marseille fonctionne toujours sur le process qui existe depuis un certain temps, d&#233;velopp&#233; &#233;videmment avec des outils, mais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand l'usine est-elle implant&#233;e ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici m&#234;me, depuis 1988 mais auparavant, elle &#233;tait juste un peu en dessous, et &#231;a s'appelait Jean Roubaud 1-2 et m&#234;me Jean Roubaud 3, qui sont les num&#233;ros que l'on donne aux lignes de production, Jean Roubaud &#233;tant le nom du fondateur des tuileries &#224; Marseille. Maintenant, on en est &#224; Jean Roubaud 4 et Jean Roubaud 5 : nous avons deux lignes de production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le site a &#233;t&#233; choisi pour des raisons pr&#233;cises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r : l'unique raison, c'est que les premi&#232;res &lt;a href='http://davjol.free.fr/meuse.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;carri&#232;res d'argile&lt;/a&gt; qui est la mati&#232;re premi&#232;re de la tuile terre cuite, se trouvaient &#224; l'&#233;poque juste ici, &#224; proximit&#233;, et c'&#233;tait bien plus facile de fabriquer la tuile terre cuite &#224; partir de ces mati&#232;res premi&#232;res proches de l'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'entreprise a donc repris une ancienne tuilerie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : Lafarge Couverture, qui est notre nom actuel, a repris les Tuileries de Marseille en 1996-97. Auparavant, il y a eu plusieurs propri&#233;taires : au d&#233;but de l'histoire, c'&#233;tait des grandes familles ; c'est donc des entreprises familiales qui se sont d&#233;velopp&#233;es, rachet&#233;es petit &#224; petit par des soci&#233;t&#233;s, les derni&#232;res en date &#233;tant le groupe Saint-Gobain, puis le groupe Redland, et ensuite Lafarge Couverture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils ont &#233;volu&#233; un peu dans la forme ou leur profil, mais surtout dans la qualit&#233; : on a soign&#233; les rev&#234;tements, le contenant de la tuile, ou on lui a donn&#233; des propri&#233;t&#233;s beaucoup plus robustes, pratiquement ingelables, qui pr&#233;sentent moins de probl&#232;me de casse, beaucoup plus r&#233;guli&#232;res parce qu'avant, il y avait des tuiles qui boitaient, donc les toits plus parfaits, et qui r&#233;sistent beaucoup plus longtemps qu'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res premi&#232;res utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'argile de la r&#233;gion, c'est l'unique mati&#232;re premi&#232;re de la tuile terre cuite, c'est pas un m&#233;lange. Nous, c'est l'industrie mais c'est comme l'artisan, hein : l'argile est &#224; la tuile terre cuite ce que le bl&#233; ou la farine peuvent &#234;tre au pain. On rajoute des ingr&#233;dients traditionnels comme de l'eau, un petit peu, on met un tout petit peu de colorant ou d'argile color&#233;e pour donner des rev&#234;tements de couleurs diff&#233;rentes mais sinon, les mati&#232;res premi&#232;res, c'est l'argile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; provient l'argile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui, on a deux carri&#232;res d'exploitation qui se trouvent au pied de la Sainte-Victoire, sur la commune de Puyloubier, pas tr&#232;s loin d'ici, et on extrait l'argile que l'on achemine r&#233;guli&#232;rement par camion pour la stocker aupr&#232;s de l'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les r&#233;serves existantes sont-elles suffisantes ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, tout &#224; fait. C'est comme dans toutes les mines d'extraction : on pr&#233;voit sur plusieurs ann&#233;es, plusieurs dizaines d'ann&#233;es, m&#234;me, et pour l'instant, on a assez. Ce qui est s&#251;r, c'est que les gisements ne sont pas in&#233;puisables, et on a arr&#234;t&#233; d'extraire l'argile sur le Grand Littoral : Marseille s'&#233;tendait et avait besoin d'une zone commerciale, donc on est une des derni&#232;res entreprises industrielles, une des derni&#232;res usines qui se trouvent r&#233;ellement dans la ville de Marseille, mais auparavant c'&#233;tait un village, ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#234;tes-vous form&#233; dans ce domaine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi personnellement ? Alors, je suis rentr&#233; chez Lafarge Couverture en 2001 : je travaillais dans une autre tuilerie dans le Nord de la France, Jissuis dans les Vosges. Pour tout ce qui est directeur d'usine, il y a un certain nombre de turn-over o&#249; &#231;a tourne r&#233;guli&#232;rement les uns avec les autres, et j'ai &#233;t&#233; mut&#233; &#224; Marseille pour prendre la direction de cette usine, quand je suis arriv&#233;, je suis tout jeune, je connaissais Marseille par ailleurs. Non, je ne suis pas Marseillais, mon accent le traduit (rire)&#8230; et mon non accent le traduit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travailler dans une tuilerie s'inscrit dans une tradition familiale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, oui. Oui et non&#8230; ou qui se transmettait &#224; la limite de p&#232;re en fils, puisqu'on a un certain nombre de nos ouvriers dont les parents et les grands-parents ont travaill&#233; &#233;galement, et ce, toutes nationalit&#233;s confondues, puisqu'on regroupe au sein de notre usine sept ou huit nationalit&#233;s diff&#233;rentes, donc on est assez h&#233;t&#233;rog&#232;nes, et le village de Saint-Antoine a tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement fourni de p&#232;re en fils des ouvriers de qualit&#233; sur l'usine de Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le personnel requis pour la production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, ce sont des hommes et des femmes avant tout, avec une population ouvri&#232;re importante, puisque &#231;a fait 80% du personnel, et 70 se trouvent en fabrication. C'est un flux continu, hein, ce n'est pas : &#171; On d&#233;marre et on arr&#234;te &#187; ; sur cinq &#233;quipes, on produit 24 heures sur 24 avec du personnel ouvrier, des plus exp&#233;riment&#233;s et des plus jeunes, les uns apprenant aux autres. Dans les 20% restant, on a les agents de ma&#238;trise, le personnel d'encadrement, avec des comp&#233;tences dans les deux corps de m&#233;tier principaux qui restent la fabrication et la maintenance, et une population de cadres, c'est cinq personnes sur cent. On est une centaine, un petit peu plus, cent cinq.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les diff&#233;rents proc&#233;d&#233;s de production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est toujours le m&#234;me &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; de production, qui a &#233;volu&#233; dans sa r&#233;gularit&#233; mais sinon, on fait toujours la m&#234;me chose depuis des ann&#233;es et des ann&#233;es pour fabriquer de la tuile terre cuite : il y a d'abord toute une op&#233;ration o&#249; on broie la terre, on la travaille comme le meunier peut travailler sa p&#226;te et une fois broy&#233;e, bien m&#233;lang&#233;e avec de l'eau, &#231;a fait une esp&#232;ce de p&#226;te, on la passe dans un malaxeur, une mouleuse qui en font la forme, une forme g&#233;n&#233;rale qui font des galettes, et on les presse pour en faire la tuile d&#233;finitive que l'on va ensuite s&#233;cher et cuire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des machines sp&#233;ciales ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les machines sp&#233;cifiques li&#233;es au process de la production de tuiles terre cuite, &#231;a reste une presse. En tout d&#233;but, il y a le broyage : on ne fait pas de bon pain si on n'a pas de bon bl&#233;, on ne fera pas de bonne tuile si on n'a pas un bon broyage et une bonne argile au d&#233;part, hein. Un broyage fin garantit une bonne tuile. On passe de gros cailloux jusqu'&#224; des grains entre 0 et 500 microm&#232;tres, donc c'est relativement fin, comme la farine. Ensuite il y a le pressage, et tout le syst&#232;me de management, en terme anglais, tout le syst&#232;me de gestion de la cuisson : l&#224; aussi, c'est comme le vin ou le pain, on respecte bien les paliers de mont&#233;e en temp&#233;rature, les paliers de descente, pour assurer une bonne vitrification (6) et une bonne cuisson.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Respectez-vous des normes de qualit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r ; d'abord, on suit tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement tout au long de la production, on a des param&#232;tres de &lt;i&gt;control process&lt;/i&gt;. Des param&#232;tres qualit&#233; &#233;galement, qui viennent s'ajouter tout au long de la fabrication, et ensuite on a des contr&#244;les finaux sur le produit fini avant qu'il soit envoy&#233; &#224; la vente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le volume de production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon, &#231;a varie avec le march&#233; et l'outil de production, mais il est entre 20 et 25 millions de tuiles par an et 1,8 et 2 millions d'accessoires qui vont avec, puisqu'on livre des toitures compl&#232;tes avec des rives, des fa&#238;ti&#232;res, des tuiles &#224; douilles (7), et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, l'usine de Marseille reste une unit&#233; de production qui n'est l&#224; que pour produire mais on a une force de vente et un service marketing aux Milles, une ancienne tuilerie, qui eux ont des moyens et c'est leur &lt;i&gt;business&lt;/i&gt; de support &#224; la vente et pour vendre, de communiquer sur la qualit&#233; de nos produits, et c&#230;tera. Donc, toute la communication m&#233;diatique se fait &#224; partir de la force de vente et &lt;i&gt;marketing &lt;/i&gt; ; cependant, il nous arrive tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement de recevoir directement &#224; l'usine, beaucoup de nos clients qui viennent voir comment on produit leur produits, qui vont acheter ou vendre, si jamais ce sont des marchands de mat&#233;riaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos d&#233;taillants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on ne fait pas de vente aux particuliers : nos clients sont principalement, soit des constructeurs de maison individuelle, par exemple Ph&#339;nix, soit des marchands de mat&#233;riaux comme Point P, il y a plein d'enseignes dans la r&#233;gion. Par contre, la zone de chalandise est tr&#232;s &#233;tendue, puisqu'on vend des produits de Perpignan &#224; Nice et jusqu'&#224; Lyon. Comme la tuile est un produit qui se transporte mal, parce qu'il n'est pas co&#251;teux mais il est lourd et il peut casser, on ne peut pas l'amener en avion, en bateau en Su&#232;de ou je ne sais o&#249;, donc notre zone de chalandise est importante mais on ne peut pas vendre des produits de Marseille &#224; Lille, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'usine produit ses propres marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on a notre propre appellation, c'est comme le vin ; pour Marseille, nous avons trois marques d&#233;pos&#233;es : la tuile Romane, la tuile Abeille et la tuile Gall&#233;anne. Nous produisons la tuile Gall&#233;anne 10 - dix au m&#232;tre carr&#233; - puisque la Galleanne 12 n'est pas produite &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits sont les plus appr&#233;ci&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tous nos produits sont appr&#233;ci&#233;s ! On a la chance d'avoir trois profils, donc on n'a pas le grand vin et le petit vin, nous on a trois grands vins. Apr&#232;s, ce qui varie, c'est le rev&#234;tement, puisqu'il y a la couleur ros&#233;e, naturelle, et c&#230;tera, et tous nos produits repr&#233;sentent &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me volume de production : la tuile Abeille, qui repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s 60% de vente, se d&#233;tache un peu plus, mais les deux autres se r&#233;partissent les 20% restant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clients ont des exigences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben comme n'importe quels clients, hein, et ce sont ces exigences-l&#224; qui nous aident, et qui nous ont aid&#233;s et qui vont nous aider &#224; faire &#233;voluer le produit puisque finalement, &#231;a repr&#233;sente bien l'&#233;volution du march&#233; ou de la demande, donc ce sont ces exigences que l'on va prendre en compte en priorit&#233; pour faire nos produits de demain. Alors, on ne va pas r&#233;pondre &#224; toutes leurs exigences parce qu'on n'y arriverait pas, mais on va essayer de trouver le juste milieu pour faire une relation gagnant-gagnant : un produit qui r&#233;pond en tr&#232;s grande majorit&#233; aux exigences des clients, et qui soit faisable et rentable pour nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous exportez vos produits ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! Non, &#233;trangement, parce que la tuile est un produit qui se transporte mal, mais traditionnellement et depuis de tr&#232;s tr&#232;s longues ann&#233;es, le type de tuile qui s'appelle la Marseille a &#233;t&#233; je ne sais sous quel si&#232;cle, envoy&#233;e jusqu'au Liban, et ces &#233;changes ont exist&#233; puisque Marseille &#233;tant un grand port, il y a eu beaucoup de relations dans le bassin m&#233;diterran&#233;en, et ces &#233;changes ont perdur&#233; dans le temps : on continue aujourd'hui &#224; exporter de la tuile et notamment la &lt;a href='http://www.batiproduits.com/materiaux_construction/couverture_toiture_terrasse_etancheite/couvertures_tuiles_terre_cuite_1000000176.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile de Marseille&lt;/a&gt; qui a fait le tour du bassin m&#233;diterran&#233;en. J'pourrais pas vous dire les quantit&#233;s, pas astronomiques, certes, mais on continue ces &#233;changes internationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous connu d'autres tuileries &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi je ne les ai jamais connues, mais il y a une centaine d'ann&#233;e, il y avait trente tuileries encore en activit&#233;, depuis la Valentine jusqu'&#224; Saint-Antoine et en allant vers Aix-en-Provence mais, depuis longtemps, il n'en reste plus qu'une, c'est la n&#244;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il eu un transfert de savoir-faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, elles se sont toutes d&#233;velopp&#233;es en m&#234;me temps, il y a eu de nombreux &#233;changes parce qu'il y avait une concurrence relativement rude, donc &#231;a favorise aussi les &#233;changes constructifs et l'usine de Marseille a b&#233;n&#233;fici&#233;, &#233;videmment, du savoir-faire de l'usine de la Valentine, de la tuilerie des Milles, et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a &#233;t&#233; transmis, conserv&#233; et chang&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Rien pr&#233;cis&#233;ment mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; ont &#233;volu&#233; et quand quelqu'un sortait un type de four ou de cuisson, il est imm&#233;diatement recopi&#233;, parce que le fournisseur du four allait vendre aussi sa machine juste &#224; c&#244;t&#233;. Donc tout a &#233;volu&#233; comme &#231;a, par &#233;changes et puis bon, les hommes, et en particulier &#224; Marseille, on aime bien discuter, hein, on le sait bien, c'est dans le temp&#233;rament m&#233;diterran&#233;en et marseillais, donc c'&#233;tait pas rare que des ouvriers d'une tuilerie rencontrent d'autres ouvriers d'une autre tuilerie, et &#224; ce moment-l&#224; se fait des &#233;changes sur : &#171; Comment tu fais, toi ? Moi, voil&#224; comment je fais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ca d&#233;pend si vous &#234;tes en maintenance, en fabrication, mais si on parle plus pr&#233;cis&#233;ment de la fabrication, &#231;a reste un m&#233;tier au d&#233;part d'artisan, hein, donc il n'y a pas d'enseignement : il y a un enseignement g&#233;n&#233;raliste sur une industrie de la c&#233;ramique qui nous enseigne comment faire des carrelages, des tuiles, et &#231;a reste g&#233;n&#233;ral. Le savoir-faire d'usine de Marseille, il est d&#233;tenu par le personnel de l'usine de Marseille, qui l'a appris petit &#224; petit avec ces machines et leur savoir-faire se transmet d'homme &#224; homme, en peu de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Mais tous les aspects du m&#233;tier de fabricant de terre cuite ont un c&#244;t&#233; int&#233;ressant : depuis le broyage jusqu'au pressage en passant par les machines de conditionnement, il n'y a pas un qui sort du lot, que ce soit comment broyer la terre, la fa&#231;onner, la travailler d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la cuire, parce qu'on est loin d'avoir fait le tour du sujet et tous les jours, c'est une d&#233;couverte permanente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l'aspect que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L&#224; non plus, il n'y a pas un mauvais c&#244;t&#233; qui ressort. Ah ! Non, hein, tous les jours, les uns et les autres ont contribu&#233; &#224; d&#233;velopper l'activit&#233;, &#224; notre niveau, avec nos moyens. Bon, y'a des hauts et des bas en fonction de la saison, des ventes, il y a des moments encore plus intenses que d'autres, quand on met un nouveau broyeur, des nouvelles machines, voil&#224;. C'est la vie de l'industrie, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La contrainte au quotidien, c'est que c'est un r&#233;gime continu : jamais on ne s'arr&#234;te, donc vous avez le nez dans le guidon, il n'y a pas de repos hebdomadaire, pas de week-end. Bon, les gens tournent en &#233;quipe, hein, ils ont des repos mais quand on est dedans, on peut pas ne pas y penser, &#231;a c'est clair. Comme &#231;a, c'est quelquefois une contrainte mais ces contraintes, les ouvriers, l'encadrement et ceux qui travaillent &#224; l'usine de tuile de Marseille les connaissent depuis tr&#232;s longtemps. Il y a un aspect saisonnier &#224; g&#233;rer &#233;galement, les ventes varient en fonction des saisons : on construit bien plus de toits au mois de juin qu'en d&#233;cembre ou janvier. Apr&#232;s il y a l'effet du march&#233;, puisqu'on a de plus en plus construit dans la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur. &#231;a a tendance &#224; se tasser maintenant un peu mais avec l'arriv&#233;e du TGV et le fait que Marseille soit une grande ville, &#231;a a beaucoup mont&#233; ces derniers temps, parce qu'il a fallu produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quelles difficult&#233;s rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des difficult&#233;s, on en a tous les jours : tous les jours, il y en a un probl&#232;me de nouveau ; alors l&#224;, on n'a pas le temps de s'emb&#234;ter, ici, &#231;a c'est s&#251;r ! Que ce soit un probl&#232;me de machine, un probl&#232;me humain&#8230; J'imagine que c'est la m&#234;me chose dans n'importe quelle industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, nous sommes les derniers survivants des ex-groupements tuileries de Marseille donc, on est tenus de produire pour honorer notre march&#233; qui est de plus en plus important, de plus en diff&#233;rent, de plus en plus exigeant, donc, les &#233;volutions, elles viendront avec : &#224; nous de nous adapter aux besoins du march&#233;, avec les exigences qui varient dans le temps et qui vont encore varier. On n'est pas du tout sur un march&#233; satur&#233; sur lequel on est s&#251;r qu'on devra fabriquer le m&#234;me produit dans vingt ans, certainement pas. Dans vingt ans, peut-&#234;tre que les Marseillais adoreront la couleur verte, auquel cas il faudra avoir des tuiles vertes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de la tuilerie &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je le vois au beau fixe, parce que dans les premiers besoins de n'importe quel homme, c'est se loger, vous ne pouvez pas vous passer d'un toit, alors quand vous &#234;tes dans l'industrie du b&#226;timent, forc&#233;ment on devra loger les populations qui viennent et il n'y a aucune raison pour que la tuilerie de Marseille baisse en activit&#233; et disparaisse dans l'avenir : au contraire, l'activit&#233; est p&#233;renne, le march&#233; il est l&#224;, nos clients, ils nous attendent et nous r&#233;pondons pr&#233;sents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les projets de l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les projets, c'est nous adapter forc&#233;ment &#224; la demande du march&#233; : si demain on demande de faire des tuiles roses avec des points jaunes dessus, eh ben il faudra qu'on fasse des tuiles roses avec des points jaunes dessus, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je n'ai pas d'anecdote particuli&#232;re. La seule particularit&#233;, c'est que c'est vraiment une des usines qui se trouvent dans la ville de Marseille, alors que Marseille est un regroupement de petits villages et petit &#224; petit, alors, on peut dire que la ville nous a absorb&#233;s ? Non : la ville ne nous a pas absorb&#233;s, on est toujours l&#224; et on restera toujours l&#224;. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment l'entreprise participe-t-elle &#224; la vie &#233;conomique marseillaise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Au-del&#224; de la vie structurellement financier et de payer ses imp&#244;ts, et c&#230;tera, on a une politique environnement stricte donc on participe - &#224; notre niveau, hein, on n'est pas une entreprise &#233;norme - &#224; la vie &#233;conomique sur le village de &lt;a href='http://www.xpo-photo.com/marseille/index.php' class='spip_out' rel='external'&gt;Saint-Andr&#233;, de Saint-Antoine&lt;/a&gt;. On lie d'ailleurs ces villages avec la ville de Marseille, et je crois qu'on est compl&#232;tement int&#233;gr&#233;s aujourd'hui au panorama, et &#231;a tombe bien : c'est nous qui l'avons fait, le panorama, alors encore une fois, c'est que l'usine &#233;tait l&#224; bien avant que Marseille vienne, si l'on peut dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous li&#233; &#224; Marseille au travers de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais c'est l'usine de Marseille qui devrait se sentir li&#233;e &#224; notre activit&#233;, pas l'inverse. On fait partie int&#233;grante de la ville de Marseille dans les quartiers Nord, c'est vrai, mais y'a pas &#224; voir de quartiers Nord, Sud, Est, Ouest, hein, on est int&#233;gr&#233;s &#224; Marseille et on le vit tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 16/11/2007 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Tuile fa&#238;ti&#232;re : tuile courbe destin&#233;e &#224; recouvir le fa&#238;te d'un toit.
&lt;br /&gt;2. Tuile de rive : tuile destin&#233;e &#224; recouvrir les bordures d'un toit. &lt;br /&gt;3. G&#233;lis : demi-tuile sabli&#232;re pour couverture en tuile-canal.
&lt;br /&gt;4. Tuile-canal ou tuile traditionnelle : tr&#232;s utilis&#233;e dans le Sud de la France, elle s'inspire des formes et surtout de l'aspect des tuiles romaines.
&lt;br /&gt;5. Tuile-canal sabli&#232;re : tuile utilis&#233;e lorsqu'il n'y a pas de goutti&#232;re pour rejeter et &#233;loigner du mur les eaux de pluie.
&lt;br /&gt;6. Vitrification : proc&#233;d&#233; de transformation d'un mat&#233;riau en un solide amorphe semblable au verre et d&#233;pourvu de toute structure cristalline, soit par fusion, soit par m&#233;lange avec un additif. Avec un mat&#233;riau de d&#233;part solide, la vitrification exige g&#233;n&#233;ralement que l'on chauffe les substances &#224; tr&#232;s haute temp&#233;rature. On produit beaucoup de c&#233;ramique de cette fa&#231;on-l&#224;.
&lt;br /&gt;7. Tuile &#224; douille : tuile munie d'un orifice ou d'une excroissance tronconique pour la sortie de conduits de ventilation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vocation de l'aide social</title>
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		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


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		<dc:subject>053. Noailles</dc:subject>

		<description>&#192; la suite de mon entretien avec une relookeuse tourn&#233;e vers les demandeurs d'emplois, je rencontre Pierre Carreres, 46 ans, ministre du Culte, directeur d'institution, officier &#224; plein temps, aide social et cultuel, cadre de l'Arm&#233;e du Salut et responsable des locaux de la Canebi&#232;re. Cette antenne distribue des aides alimentaires et vestimentaires depuis plus de vingt ans. Koinai : Depuis quand travaillez-vous &#224; l'Arm&#233;e du Salut ? Je suis rentr&#233; &#224; plein temps en 93, quant &#224; mon &#233;pouse Christiane, (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la suite de mon entretien avec une relookeuse tourn&#233;e vers les demandeurs d'emplois, je rencontre Pierre Carreres, 46 ans, ministre du Culte, directeur d'institution, officier &#224; plein temps, aide social et cultuel, cadre de l'Arm&#233;e du Salut et responsable des locaux de la Canebi&#232;re. Cette antenne distribue des aides alimentaires et vestimentaires depuis plus de vingt ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand travaillez-vous &#224; l'Arm&#233;e du Salut ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis rentr&#233; &#224; plein temps en 93, quant &#224; mon &#233;pouse Christiane, c'est avant. Mais ici, &#224; Marseille, c'est seulement depuis 2001. On nous d&#233;place souvent d'un endroit &#224; l'autre... Nous sommes une communaut&#233; religieuse. C'est notre statut. On est mobile, on tourne. Avant nous &#233;tions dans les C&#233;vennes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous b&#233;n&#233;voles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, sur la Canebi&#232;re, notre couple est r&#233;mun&#233;r&#233;, tous les autres sont b&#233;n&#233;voles. Avant novembre 2005, nous &#233;tions deux couples pay&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans un centre d'aide ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une vocation par rapport &#224; la foi chr&#233;tienne. Le social en d&#233;coule un peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment entre-t-on &#224; l'Arm&#233;e du Salut en tant qu'aide ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Actuellement dans l'Arm&#233;e du Salut, il y a deux branches. La plus importante, la&#239;que, est la Fondation Arm&#233;e du Salut ; elle fait uniquement les &#339;uvres sociales, avec davantage de salari&#233;s et des centres d'h&#233;bergement. L'autre est une congr&#233;gation religieuse dont l'antenne de la Canebi&#232;re fait partie et d&#233;veloppe l'aspect cultuel et l'aspect social de proximit&#233;. Il y a moins de salari&#233;s lors des petits d&#233;jeuners. Du c&#244;t&#233; de la Fondation, on y entre par recrutement, par petite annonce, par rapport au travail de la personne et &#224; sa qualification. Du c&#244;t&#233; de la congr&#233;gation dont je fais partie, que je connais mieux, c'est un engagement chr&#233;tien, par la foi et l'&#233;vangile. &#199;a comprend un aspect social mais aussi religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous re&#231;u une formation au d&#233;part ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au point de vue social ? Pas de formation sp&#233;cifique, non. On n'a pas de dipl&#244;me sp&#233;cifique. On a des stages, pendant un an et demi pour l'accompagnement. Je n'&#233;tais pas responsable, je voyais comment faisaient mes coll&#232;gues. On n'est pas &#233;ducateur ; on fait juste de l'alimentaire et vestimentaire. Il y a de la gestion aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau psychologie, vous apprend-on &#224; accueillir les personnes dans le besoin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut faire des stages d'une mani&#232;re interne, mais on ne fait pas d'aide psychologique. Si une personne d&#233;sire parler, il y a une &#233;coute. Mais les gens viennent sp&#233;cifiquement pour recevoir un colis alimentaire &#224; cuisiner ou pour un petit d&#233;jeuner en hiver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de personnes travaillent dans ce centre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon &#233;pouse et moi-m&#234;me sommes r&#233;mun&#233;r&#233;s, et environ vingt b&#233;n&#233;voles pour l'activit&#233; courante de toute l'ann&#233;e. En ao&#251;t, pour l'aide alimentaire ou vestimentaire, il y a dix b&#233;n&#233;voles. C'est variable. On est ouvert quatre, cinq jours, et il faut qu'on ait toujours des b&#233;n&#233;voles. Quand l'un est malade, il faut pouvoir le remplacer. Pour aider les gens, il faut se remuer, il faut faire des efforts.&lt;a href='http://www.armeedusalut.fr/fondval.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Historique de l'Arm&#233;e du Salut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de personnes recevez-vous en moyenne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par mois, on distribue deux cents colis. On a deux permanences par semaine... Le vestiaire a lieu une fois par mois environ. Il faut compter soixante vestiaires gratuits. Les autres sont payants, &#224; 1 &#8364; ou 50 cents le v&#234;tement. C'est une friperie, une vente d'entraide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous envoie les d&#233;munis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En principe, on demande une lettre d'assistante sociale. Les centre sociaux &#233;tudient la situation des familles ou des personnes seules, leur revenu, pourquoi elles ont besoin d'aide alimentaire ; ils nous les orientent. Nous donnons des colis &#224; cuisiner ; ce ne sont pas des choses &#224; consommer toutes faites, donc s'ils ne peuvent pas cuisiner, on ne leur donne pas. &#201;ventuellement, s'il y a un SDF, on peut l'aider ponctuellement, ce n'est pas un probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les crit&#232;res de s&#233;lection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout simplement les plus bas revenus. RMI, AH (allocations handicap&#233;s) et les demandeurs d'asile qui n'ont pas de revenus d&#233;clar&#233;s puisqu'ils n'ont pas le droit de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le profil moyen des b&#233;n&#233;ficiaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De jeunes couples, entre 20 et 50 ans ; ce sont plut&#244;t des familles avec des enfants qui, souvent, naissent sur le territoire. Des familles du Maghreb ; au point de vue num&#233;rique, c'est ce qu'on a le plus. Des familles arm&#233;niennes aussi, ou d'Europe de l'est. On a &#233;galement des personnes seules ou plus &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se d&#233;roule l'accueil des personnes, la premi&#232;re fois ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On re&#231;oit lors des permanences sociales, les mardi et vendredi matin, selon ce que l'accompagnateur social nous demande dans sa lettre. La lettre pr&#233;cise le nombre de personnes, la situation : si c'est un RMIste ou un demandeur d'asile. En revanche, pendant l'hiver, les petits d&#233;jeuners sont destin&#233;s aux personnes isol&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel contact &#233;tablissent les gens avec vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. C'est selon leur d&#233;sir. Lorsqu'ils sont tr&#232;s nombreux, on leur donne juste les colis, c'est alors un contact succinct ; ils nous demandent juste un sac pour transporter les affaires. Mais il arrive que des personnes aient psychologiquement besoin de parler, alors on les &#233;coute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous davantage d'habitu&#233;s, ou chaque jour recevez-vous des visages diff&#233;rents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les r&#233;guliers sont surtout des demandeurs d'asile depuis trois, quatre ans. Leur cas n'est pas r&#233;solu ; ils n'ont pas eu de r&#233;ponse d&#233;finitive, ils sont en recours. Ils sont l&#224;. On les aide depuis longtemps mais, normalement, on fait de l'aide d'urgence : pendant quelques mois, quand il y a rupture de RMI, le temps que la situation s'arrange. Mais on ne peut pas prendre les nouveaux r&#233;guli&#232;rement. On est ceintur&#233;. On les re&#231;oit au coup par coup, et on leur demande d'avoir une nouvelle lettre d'assistante sociale pour revenir. Vu le nombre de demandes, on ne peut pas faire face... Pour les RMIstes, souvent la situation n'&#233;volue pas. De fait, pour eux, on essaie de tourner, on en prend un quota. Tous les six mois, on essaie de les arr&#234;ter pour en prendre de nouveaux r&#233;guli&#232;rement. On n'a pas les structures suffisantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#231;a se passe si vous ne pouvez pas accueillir les personnes ou r&#233;pondre &#224; leurs besoins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons qu'on les sert une fois, on ne refuse pas, mais on ne peut pas les reconvoquer. Ils doivent refaire les d&#233;marches de l'assistance sociale. Parfois on les revoit le mois suivant. Mais on peut rarement aider plus d'une fois par mois. On regarde quand m&#234;me nos capacit&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cette nourriture vous est donn&#233;e par qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'essentiel, elle vient de la banque alimentaire qui redistribue aux associations qui collectent de diverses mani&#232;res et qui redistribuent. Deux tonnes par mois, c'est le maximum qu'on puisse faire. Avec deux permanences par semaine, on &#233;coule largement le stock avant la fin du mois. On doit louer une camionnette pour aller chercher la nourriture une fois par mois. L&#224;, on a besoin de beaucoup de b&#233;n&#233;voles pour charger et d&#233;charger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La location vous co&#251;te cher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans les 80 &#8364;, assurance comprise. Une caution est laiss&#233;e ; s'il y a le moindre accident, c'est &#224; notre charge. On a pour environ 5 &#8364; de gasoil. Les personnes qui viennent chercher de l'aide alimentaire pensent que c'est une aide d'&#201;tat alors que nous sommes une association priv&#233;e. M&#234;me si on re&#231;oit une subvention de l'&#201;tat, on a quand m&#234;me des fonds priv&#233;s, notamment pour payer nos salaires. Les locaux co&#251;tent cher aussi. Ils appartiennent &#224; l'Arm&#233;e du Salut, et on doit tout payer : imp&#244;ts fonciers, notamment. &#192; l'instar de la banque alimentaire ; elle donne gratuitement, mais elle a des frais de location des locaux, d'&#233;lectricit&#233; pour les chambres froides. Ce sont des frais inh&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La Mairie ne vous fait pas cadeau des imp&#244;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout, et &#224; la banque alimentaire non plus. Les locations &#224; La Pomme sont ch&#232;res, l&#224; o&#249; il y a la banque alimentaire. Les frais sont r&#233;percut&#233;s sur nous. M&#234;me si les denr&#233;es sont parfois gratuites, il faut payer les locaux, les fenwicks (monte-charges &#233;lectriques pour monter les palettes) ; ils ont des emplois &#224; mi-temps, des b&#233;n&#233;voles parfois aussi. Ces co&#251;ts sont r&#233;percut&#233;s sur les associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous allez chercher la nourriture, cela vous prend combien de temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a nous prend la matin&#233;e, tous les premier mercredi du mois. Au niveau frais, il faut compter 15 cents le kilos. Ce qui nous fait 300 &#8364; par mois, plus la location du v&#233;hicule. Si on veut aider les personnes, &#231;a a des co&#251;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce qui m'&#233;tonne, c'est que la Mairie ne vous donne pas un petit coup de pouce.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va essayer de demander des aides, mais on a eu des subventions de la DASS, donc de l'&#201;tat. Mais c'est difficile pour tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau vestimentaire, c'est payant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. On peut consid&#233;rer cela comme une banque d'entraide pour les familles &#224; petit revenu. Ces v&#234;tements nous sont donn&#233;s, puis ils sont tri&#233;s par les b&#233;n&#233;voles et rang&#233;s dans la salle de culte. Une fois par mois, on les &#233;tale pour les pr&#233;senter au public. Ils sont revendus ; c'est environ 1 &#8364; le v&#234;tement. Et les v&#234;tements d'enfant, de b&#233;b&#233; : 50 cents. Ce sont de beaux v&#234;tements, ceux de b&#233;b&#233; sont presque neufs. Il y a des vestiaires gratuits pour les personnes qui n'ont rien, souvent les demandeurs d'asile qui n'ont pas le droit de travailler. L'assistante sociale nous les envoie. Dans ce cas, on fait des bons gratuits vestiaires. C'est maximum cinq v&#234;tements gratuits par personne pour qu'ils n'aient pas l'id&#233;e de les revendre ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ces v&#234;tements vous sont donn&#233;s par qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des personnes viennent nous donner des sacs de linges lors des permanences sociales. Il y a de tout dedans : des v&#234;tements en tr&#232;s bon &#233;tat, d'autres trou&#233;s. Il faut qu'on les trie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Contactez-vous les entreprises pour obtenir des v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, en g&#233;n&#233;ral, il y a pas mal de donateurs. Parfois ce sont elles qui nous contactent mais c'est rare. Parfois ce sont des associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les grandes surfaces, quand elles arrivent en fin de saison ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a peut arriver. Pas &#224; Marseille, mais &#224; Toulon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de linge recevez-vous par mois ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. Souvent des m&#233;nages nous am&#232;nent des sacs de linge, mais je ne pourrais pas vous dire la quantit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel genre de v&#234;tements recevez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Surtout des v&#234;tements pour enfant ou b&#233;b&#233; ; ils servent car on a beaucoup de demandeurs d'asile qui ont des b&#233;b&#233;s. On re&#231;oit plus de v&#234;tements pour femme que pour homme. Notamment au niveau des chaussures ; celles des hommes sont vraiment us&#233;es. Chemises, pantalons : s'il vient un SDF, on lui donne, tout comme les couvertures. Il y a moins de femmes dehors que d'hommes. Au niveau des manteaux, quand on voit des gens qui ont froid, on leur donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment classez-vous ces v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, c'est dans une salle polyvalente d'environ 20 m2, en fait une salle de culte. En g&#233;n&#233;ral ils sont rang&#233;s en hauteur, dans des casiers, des cartons. D'un c&#244;t&#233;, v&#234;tements femme, ou enfant ou homme, class&#233;s selon les genres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La solidarit&#233; a-t-elle &#233;volu&#233; au cours des d&#233;cennies ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. On a constat&#233; que les RMIstes augmentaient, parce qu'actuellement il y a suspension des RMI, pour diverses raisons. En 2001, il y a eu une vague de demandeurs d'asile, des Tch&#233;tch&#232;nes, des Arm&#233;niens, des Alg&#233;riens. Il y a aussi une &#233;volution dans la mentalit&#233; des demandeurs. Depuis trois, quatre ans, je remarque que pour les gens notre aide devient un d&#251;. Ce qui &#233;tait une aide avec reconnaissance est devenu un d&#251; ; ils viennent avec la lettre de l'assistante sociale et on doit les aider. Et les personnes ne comprennent pas que parfois on n'ait plus d'huile ou autre chose ; du moment qu'on en a donn&#233; &#224; un autre, ils exigent qu'on leur en donne aussi. On a beau leur expliquer... Leur besoin justifie le fait qu'on doit leur donner. On n'est pas l'&#201;tat, &#231;a ils ne le comprennent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est frustrant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, moralement parce qu'on veut les aider, et ils nous reprochent notre travail. M&#234;me si on affiche les horaires, m&#234;me si on pr&#233;vient les personnes, ils nous reprochent de ne pas avoir &#233;t&#233; ouvert quand ils sont venus. Cette &#233;volution de mentalit&#233; n'est pas valorisante, d'un point de vue humain, mais il faut faire avec. On aimerait s'adapter &#224; la mentalit&#233;. On essaie de ne pas s'&#233;nerver, on n'est pas l&#224; pour &#231;a. C'est vrai que ce n'est pas encourageant. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde ; certaines personnes sont reconnaissantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les dons, ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est &#224; peu pr&#232;s stable. Actuellement il y a une saturation des v&#234;tements sur le march&#233;. Je ne me plains pas, mais il y a plus de v&#234;tements qu'on pourrait en avoir. Il y a pl&#233;thore ; les gens se d&#233;barrassent plus facilement de leurs habits. &lt;a href='http://www.madeindignity.be/Public/Menu.php?ID=56' class='spip_out' rel='external'&gt;Seconde main/solid'R&lt;/a&gt; Nous sommes preneurs, bien s&#251;r. Mais pour les friperies, on est oblig&#233; de baisser les prix... Quant aux b&#233;n&#233;voles, c'est plut&#244;t difficile ; on en a moins, et il y a une &#233;volution : il faut respecter leur disponibilit&#233;, leurs services. On ne peut pas leur demander la lune, n&#233;anmoins on est tributaire de ce que les b&#233;n&#233;voles nous proposent, et c'est moins qu'avant... Parmi les b&#233;n&#233;voles, des gens qu'on a aid&#233;s se sont propos&#233;s. Un Arm&#233;nien et sa famille, toujours demandeurs d'asile, font du b&#233;n&#233;volat chez nous. On continue de les aider. Psychologiquement, c'est important pour eux de travailler, d'avoir le sentiment de faire quelque chose d'utile, puisqu'ils n'ont toujours pas le droit de travailler officiellement vu leur situation. C'est un travail au noir, il ne faut pas se le cacher, mais &#231;a leur apporte un contact humain et une amiti&#233; qui se fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel enrichissement personnel tirez-vous de votre action ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me suis engag&#233; par rapport &#224; ma foi chr&#233;tienne, c'est un cheminement qui nous apporte un &#233;quilibre psychologique. Par rapport aux activit&#233;s sociales, il y a frustration lorsque des personnes vindicatives arrivent. Ce n'est pas facile. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on a la satisfaction d'avoir aid&#233; des personnes. On a besoin de se sentir utile, de toute fa&#231;on, que ce soit peu ou beaucoup. Un exemple m'est rest&#233; grav&#233;, il y a deux, trois ans, un RMIste a trouv&#233; du travail, il est venu nous remercier ; &#231;a nous a fait chaud au c&#339;ur. Mais leur situation n'&#233;volue pas, pour la plupart, c'est un peu dommage... Il y a ceux qui nous remercient de les avoir &#233;cout&#233;s. On est heureux m&#234;me si on a pas r&#233;solu tous leurs probl&#232;mes. Ils ressortent regonfl&#233;s, ils ont re&#231;u une nourriture dont ils avaient besoin. Cet &#233;change est important pour nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 11/04/06 par Christophe P&#233;ridier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3339 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH301/1C1b_-_e7ac288b0f2d41445904d071ba37aaff-2-49fd5.jpg' width='400' height='301' alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La frappe avant tout !</title>
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		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


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		<dc:subject>002. Arenc</dc:subject>

		<description>Au sortir de l'&#233;cole Marie Curie, son BEP d'agent administratif en poche, Christine Goffredo trouve d'abord un emploi de manutentionnaire en produits pharmaceutiques pour la saison estivale. Et puis, par le biais de la Chambre de Commerce, en juillet 1975, elle entre au service fret de la CMN : &#171; J'avais trouv&#233; d'autres m&#233;tiers mais j'ai choisi celui-l&#224;. J'&#233;tais rentr&#233;e pour un remplacement d'&#233;t&#233;, je pensais pas rester. Il s'est trouv&#233; que j'ai convenu au poste&#8230; &#187; Celle qui aimait le secr&#233;tariat. Alors, (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/arenc" rel="tag"&gt;002. Arenc&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au sortir de l'&#233;cole Marie Curie, son BEP d'agent administratif en poche, Christine Goffredo trouve d'abord un emploi de manutentionnaire en produits pharmaceutiques pour la saison estivale. Et puis, par le biais de la Chambre de Commerce, en juillet 1975, elle entre au service fret de la CMN : &#171; &lt;i&gt;J'avais trouv&#233; d'autres m&#233;tiers mais j'ai choisi celui-l&#224;. J'&#233;tais rentr&#233;e pour un remplacement d'&#233;t&#233;, je pensais pas rester. Il s'est trouv&#233; que j'ai convenu au poste&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Celle qui aimait le secr&#233;tariat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors, quand je suis rentr&#233;e, on appelait &#231;a &quot;service fret&quot; parce que nous sommes une compagnie de passagers et nous faisons le fret &#233;galement, c'est notre activit&#233; principale. On appelle &#231;a les cargos mixtes. On a deux navires qui transportent jusqu'&#224; 500 passagers et un plus petit, l&#224; c'est 250 passagers. Vous voyez que c'est une petite compagnie : 450 personnes, hein, 330 marins et 120 s&#233;dentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc je suis rest&#233;e juillet, ao&#251;t et apr&#232;s, ils ont eu besoin de quelqu'un au service comptable donc j'ai &#233;t&#233; mut&#233;e &#224; la comptabilit&#233;. Apr&#232;s, le service a pris de l'ampleur, parce qu'on faisait plusieurs lignes internationales que nous ne faisons plus aujourd'hui. Donc j'ai toujours &#233;t&#233; dans le secr&#233;tariat, hein, secr&#233;tariat comptable, voil&#224;, avec des relations avec les banques. Maintenant, - oh ! l&#224; &#231;a doit faire bien une quinzaine d'ann&#233;es - je suis au secr&#233;tariat commercial. J'aime mieux, parce que j'aime bien le relationnel. L&#224;, je suis en contact avec les clients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : En quoi consiste votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, &#224; r&#233;pondre &#224; des passagers qui ont eu des soucis, qui sont contents ou m&#233;contents, et quand y'a des probl&#232;mes comme des gr&#232;ves, des annulations de rotations : des fois, les mauvaises conditions m&#233;t&#233;o font que le bateau ne peut pas&#8230; alors allez, il faut rapatrier des gens sur d'autres ports. Donc l&#224;, &#231;a cr&#233;e des probl&#232;mes commerciaux, y'a des d&#233;dommagements &#224; prendre en charge. Je re&#231;ois des courriers disant : &quot;Je devais d&#233;barquer &#224; Propriano, on m'a d&#233;barqu&#233; &#224;&#8230;&quot;, les frais de route, des ci, des l&#224;. Apr&#232;s y'a des gens qui sont insatisfaits n&#233;s, alors on &#233;crit pour rien : &quot;Je voulais la cabine avec ci, le lit me convient pas.&quot; Des fois c'est rigolo, mais des fois c'est pas&#8230; Alors, donc, tout passager remplit une fiche d'appr&#233;ciation client&#232;le, avec des suggestions et remarques aussi bien agr&#233;ables que d&#233;sagr&#233;ables. Je ne r&#233;ponds pas &#224; toutes les fiches, hein, parce qu'on en brasse des milliers, mais quand y'a un probl&#232;me particulier, la fiche arrive chez moi. Alors soit je d&#233;dommage les clients s'ils ont eu des frais qui ne leur incombaient pas, soit ils sont contents et je les remercie. Voil&#224;, c'est tr&#232;s plaisant. Euh&#8230; qu'est ce que je fais d'autre&#8230; Ben je m'occupe de tous travaux de secr&#233;tariat, hein : je suis amen&#233;e &#224; faire des statistiques, les commandes de fournitures, bon &#231;a, c'est banal. Le planning des cong&#233;s, l'approvisionnement de documentation entre le bord et la terre : quand les bateaux ont besoin de documentation, de brochures horaires, on a des petites fiches techniques de navire et la demande arrive par mail &#224; mon service. Autre chose, attendez, j'ai un truc particulier aussi, nous participons par exemple &#224; des foires, on travaille avec des associations corses avec lesquelles nous sommes partenaires, et donc je tiens souvent des stands, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec la client&#232;le, vous communiquez par courrier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par courrier, par t&#233;l&#233;phone ou par mail parce que y'a des messages qui me viennent par mail aussi, hein. Je t&#233;l&#233;phone aussi, ah oui ! Et puis y'a des clients, on leur r&#233;pond mais ils sont pas contents, ils veulent encore un geste suppl&#233;mentaire, alors ils nous t&#233;l&#233;phonent. Alors, c'est assez rigolo parce que les personnes nous &#233;crivent assez en col&#232;re et quand je leur t&#233;l&#233;phone, c'est un plaisir. Bon, on sait tr&#232;s bien, je t&#233;l&#233;phone mais c'est pas moi qui suis en cause, c'est le syst&#232;me, on m'en veut pas personnellement, donc j'essaie la mani&#232;re de&#8230; Voil&#224;, &#231;a j'aime bien, parce que je me mets &#224; la place de la personne et j'essaie de la rassurer, de lui apporter la satisfaction qu'il exige.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous r&#233;alisez des statistiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire que avec l'aide de mon directeur commercial, hein, on fait des statistiques mensuelles. C'est un rapport de voyage disant combien on a transport&#233; de passagers, combien on a fait de m&#232;tres lin&#233;aires de fret parce qu'on a une subvention qui nous est vers&#233;e, donc on est oblig&#233;s de faire un rapport.
J'utilise des documents qui me sont transmis par le service informatique avec des chiffres - bien s&#251;r, hein, c'est pas moi qui les devine - en passagers, en fret, en voitures. Il y a des maquettes qui ont &#233;t&#233; faites pas par nos soins et moi, je les mets &#224; jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire une journ&#233;e de travail type ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une journ&#233;e-type ? Non&#8230; elles sont &#233;gales &#224; elles-m&#234;mes, les journ&#233;es. Par exemple&#8230; eh ben, ce matin, nous sommes arriv&#233;s avec les croissants et les pains au chocolat (rire), y'a toujours un dans le service parce que nous buvons notre caf&#233; tous ensemble, hein, c'est assez sympathique. Sur l'&#233;tage, nous sommes deux services, direction commerciale, ressources humaines. Donc, on arrive, on boit notre petit caf&#233; et puis chacun se met &#224; son poste et prend ses fonctions, voil&#224;. Ben, je traite le courrier, je lis les messages, je peux faire une journ&#233;e classement, &#231;a m'arrive aussi. Euh&#8230; ben voil&#224;, apr&#232;s, si mon directeur commercial a besoin de quelque chose de particulier, il me dit : &quot;&lt;i&gt;Tiens, aujourd'hui, il faudra m'aider &#224; faire ci, &#224; faire l&#224;.&lt;/i&gt;&quot; C'est jamais pareil, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre directeur commercial vous donne les directives de la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout, je suis assez autonome. Je suis autonome. Euh&#8230; &#231;a d&#233;pend des besoins. L&#224;, c'est une p&#233;riode calme, pour moi, mais autrement si y'a quelque chose de particulier, ben le matin il me dira : &quot;&lt;i&gt;Tiens, Christine, il faudra qu'aujourd'hui vous fassiez &#231;a.&lt;/i&gt;&quot; Alors, je laisse tomber mon travail et je fais ce qu'il me demande de faire, hein, voil&#224;. Mais j'ai pas, si vous voulez&#8230; J'organise moi-m&#234;me mon travail, voil&#224;. J'arrive, on me dit pas : &quot;Aujourd'hui, tu vas faire &#231;a, &#231;a&quot;, non. Je sais ce que j'ai &#224; faire. Y'a des jours non, &#231;a se passe pas comme &#231;a, mais ils sont rares. Bon, y'a des fois que le chef a d'autres imp&#233;ratifs. Alors soit je lui dis : &quot;&lt;i&gt;Non, j'avais pr&#233;vu de faire &#231;a&lt;/i&gt;&quot; (rire), des fois &#231;a se passe bien, des fois pas trop bien, faut pas penser que c'est toujours bien, y'a des p&#233;riodes tr&#232;s&#8230; Enfin, c'est pas grave. Non, je suis ma&#238;tre de mon travail, on va dire. Bon, on peut avoir des travaux particuliers, &#231;a n&#233;cessite d'&#234;tre &#224; deux : par exemple, v&#233;rifier des horaires, mais c'est rare. Avec mon directeur commercial pr&#233;c&#233;dent, on travaillait plus ensemble. Bon, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles comp&#233;tences la profession demande-t-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben moi, la comp&#233;tence, je travaille sur Excel et sur Word, informatiquement, hein&#8230; Comp&#233;tences, l&#224;, disons, j'ai chang&#233; de service &#224; la suite du d&#233;part &#224; la retraite de mon ancien directeur financier, quand y'a eu une restructuration, parce que la comptabilit&#233; s'est r&#233;duite. Comme on faisait moins de lignes, on a r&#233;duit nos lignes alors y'a des personnes qui malheureusement ont &#233;t&#233; licenci&#233;es, d'autres qui ont &#233;t&#233; reclass&#233;es. J'avais peut &#234;tre un profil qui correspondait, parce que je suis assez&#8230; (rire), j'aime bien parler. Donc la direction commerciale qui avait besoin de quelqu'un, a pens&#233; &#224; moi. Et je suis tr&#232;s contente parce que ce poste me convient beaucoup mieux que le milieu comptable. Les chiffres, c'est pas mon truc. Bon, avant tout j'aimais bien taper, hein, j'aime bien faire des rapports. Je suis pas amen&#233;e &#224; faire beaucoup de choses comme &#231;a, mais avant tout, j'aime beaucoup la frappe. Et puis l&#224; je suis un peu relationnelle, &#231;a me plait, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'ordinateur, hein, indispensable de nos jours. On a des clients qui nous envoient leurs dol&#233;ances par mail, hein, &#231;a aussi, c'est d'actualit&#233;. Alors on a le fax, la photocopieuse qui fait scanner, c'est bien int&#233;ressant : on peut scanner des documents et se les envoyer, c'est un plus, hein. Apr&#232;s, quand y'a du mat&#233;riel un peu plus sophistiqu&#233;, on fait appel &#224; des formateurs et puis on a des s&#233;ances de formation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les bons aspects&#8230; l'environnement, je travaille dans un environnement agr&#233;able ; &#231;a, c'est peut &#234;tre un d&#233;tail, mais c'est important, hein. On a des outils qui sont convenables. Euh&#8230; bon, est-ce que je suis bien plac&#233;e, moi &#231;a fait trente-deux ans que je travaille l&#224;, donc &#224; vrai dire, j'ai connu que cette compagnie. Bon, je suis rest&#233;e parce que je me trouvais bien. &#192; la base c'est une entreprise familiale puisque c'&#233;tait deux fr&#232;res&#8230; Elle date de 1931. L&#224;, on devait f&#234;ter les soixante-quinze ans et puis avec toutes ces gr&#232;ves on a pas pu le faire, mais on va le faire dans pas longtemps. Donc, &#231;a fait quand m&#234;me un p'tit bout de temps qu'elle existe et maintenant, bon, on a une direction diff&#233;rente. C'est normal que &#231;a fasse moins familial parce que les personnes fondatrices de la soci&#233;t&#233; sont plus l&#224;, donc, forc&#233;ment&#8230; Mais, en ce qui me concerne je travaille dans de tr&#232;s bonnes conditions. Et j'aime ce que je fais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les aspects que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas, non, j'ai pas de crit&#232;res qui me permettent de dire que j'ai quelque chose qui me&#8230; Non, la seule chose c'est que en fin de mois, quand je dois faire ces statistiques, j'ai une concentration qui est plus importante, parce que c'est quand m&#234;me important. Autrement, le reste du temps je travaille tr&#232;s d&#233;contract&#233;e. Je suis d'abord de nature comme &#231;a, j'ai un directeur commercial&#8230; Ah, je dis pas que c'est toujours tout rose, hein ! Je suis comme je suis, je peux pas me changer, je suis assez spontan&#233;e, on va dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de ce travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes, y'en a quand y'a des mouvements sociaux qui sont importants et j'ai des masses de courrier. Alors, l&#224; c'est stressant parce qu'il faut faire vite et je suis toute seule, donc c'est difficile. Il peut y avoir une gr&#232;ve surprise, et des fois y'a des pr&#233;avis qui sont d&#233;pos&#233;s parce que y'a un probl&#232;me &#224; bord, alors &#231;a, bon, on ma&#238;trise pas, hein. Bon, c'est rare, mais y'a des p&#233;riodes, par exemple si nos confr&#232;res de la SNCM font gr&#232;ve, les passagers qui &#233;taient pr&#233;vus sur leurs navires viennent chez nous mais on a une capacit&#233; moindre, donc y'a un surbookage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s avez-vous d&#233;velopp&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quelles qualit&#233;s j'ai d&#233;velopp&#233;es ? Eh ben, en travaillant dans ce service, justement, &#231;a me permet de pouvoir m'exprimer, voyez, de pouvoir montrer r&#233;ellement ce que je ressens, ce que je suis. Parce que au service comptabilit&#233;, bon, l'ambiance du service &#233;tait bien, mais vous apportez pas de vous-m&#234;me. Enfin moi, quand j'ai &#233;t&#233; mut&#233;e &#224; ce service, j'ai trouv&#233; que &#231;a correspondait mieux &#224; ma personne parce que j'aime m'occuper des gens, faire plaisir et les passagers, j'ai &#224; c&#339;ur de les satisfaire. Bon, je peux pas prendre toutes les d&#233;cisions parce que je suis oblig&#233;e certaines fois de demander l'autorisation de mon directeur. Je suis pas d&#233;cideur, hein, je suis une simple employ&#233;e. Mais j'essaie d'apporter des solutions et apr&#232;s de les soumettre, il me dit soit OK ou non, hein, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des consignes vestimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, &#224; la direction commerciale et dans les autres services, non. Y'a qu'au service passagers, elles ont une tenue vestimentaire exig&#233;e : c'est veste et pantalon ou jupe bleu marine, avec un petit haut ray&#233; bleu marine et blanc, marin. J'ai une tenue qui m'a &#233;t&#233; attribu&#233;e ; alors, je l'utilise pour les salons, quand y'a des stands : on a le pin's de la M&#233;ridionale avec la tenue bleu marine. Je trouve que c'est sympa, c'est bien. Autrement, c'est que le service passagers et le service fret : les hommes sont en chemise blanche, pantalon gris, c'est pas tr&#232;s&#8230; mais eux aussi ont une tenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec qui avez-vous des contacts dans votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors : client&#232;le, amis de travail et les commissaires de bord. C'est celui qui s'occupe de l'accueil des passagers &#224; bord et quand j'ai un petit souci que je ne sais pas g&#233;rer moi-m&#234;me, je m'adresse au commissaire de bord qui peut me dire c'qui s'est pass&#233;, parce qu'y'a quand m&#234;me un rapport de commandant &#224; chaque voyage, donc on sait ce qui se passe, si y'a eu un retard&#8230; Y'a des clients qui se plaignent alors je demande, &#231;a, je peux pas le savoir, moi. Mais je peux le savoir en dialoguant avec le commissaire de bord, puisque nous avons tous les num&#233;ros de portable des bords. Ensuite, je suis en relation quand m&#234;me avec le service passagers parce que dans mes fonctions, quand il y a des d&#233;dommagements &#224; faire, des fois on fait des gestes commerciaux, alors on va offrir des repas ou des ap&#233;ritifs, parce que nous avons des restaurants &#224; bord - bon, on est pas oblig&#233;s hein, voil&#224;, mais c'est la direction commerciale qui les prend en charge - et &#231;a, c'est moi qui m'en occupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous en interne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben, information interne, on a un moyen, le CIS, le comit&#233; inter-services. &#199;a a lieu tous les lundis &#224; dix-sept heures, les membres de la direction se r&#233;unissent, on parle de ce qu'on doit communiquer et apr&#232;s, chaque participant &#224; tour de r&#244;le fait son support papier et on le diffuse par mail &#224; tous les services. Donc, tout le personnel est inform&#233;, par exemple, d'une r&#233;union du comit&#233; d'entreprise, la nomination d'une personne qui a eu un poste qui a chang&#233;, une festivit&#233; - par exemple l&#224;, nous sommes partenaires du tour de Corse, donc le personnel est convi&#233; &#224; cette manifestation, &#231;a c'est sympathique, c'est tr&#232;s bien. Oui, c'est tr&#232;s important ce CIS, &#231;a nous permet de savoir&#8230; Parce que des fois, de toute fa&#231;on, il faut aller au devant de l'information, parce que si vous &#234;tes statique et que vous attendez que &#231;a arrive&#8230; Vous allez avoir ce truc hebdomadaire, l&#224;, d'accord, mais faut aller un peu au devant, y'a des choses qu'on apprend&#8230; Y'a des choses qu'on sait pas non plus, mais bon, y'a des choses qui peuvent &#234;tre confidentielles, hein. Mais je trouve que c'est bien parce que cette r&#233;union nous permet d'apprendre des choses. Et donc le mardi apr&#232;s-midi, c'est disponible sur ordinateur : vous tapez le CIS, on peut regarder d&#233;j&#224; ce qui se passe, sans le tirer pour autant, hein, voil&#224;, &#231;a c'est bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous not&#233; une une &#233;volution de la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben, par les outils. Parce que moi, quand je suis rentr&#233;e, on faisait tout sur papier, manuellement ; notamment &#224; la comptabilit&#233;, on avait les livres, hein, les livres d&#233;bits, cr&#233;dits, tout &#231;a. Apr&#232;s on a mis tout &#231;a sur ordinateur, donc le travail que je faisais manuellement, on l'a refait par ordinateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clich&#233;s sur la secr&#233;taire du style : lime &#224; ongle, conversations au t&#233;l&#233;phone, existent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh&#8230; &#231;a existe encore, oui, je suis oblig&#233;e de le dire, hein, &#231;a existe encore. Bon, moi, j'ai un directeur commercial qui est tr&#232;s&#8230; l&#224;-dessus, voil&#224;, si y'a un petit souci&#8230; Il arrive que je re&#231;oive des coups de t&#233;l&#233;phone personnels et comme on est tous dans le m&#234;me service, hein, il entend et bon, certaines fois&#8230; Alors on souhaite se faire appeler sur son portable, voil&#224;. Donc on &#233;vite de faire des communications personnelles parce que bon, d'abord, &#231;a se fait pas&#8230; Mais enfin, bon, &#231;a se fait toujours. Ah ! C'est pas que je l'entends, je le vois aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les d&#233;formations professionnelles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben moi, c'est le geste commercial. Ah ! Oui, oui : ce que je pratique avec les clients, j'ai tendance &#224; le r&#233;percuter en dehors. &#199;a je le fais, mais &#224; bon escient, hein : par exemple, j'ai un petit souci dans un magasin o&#249; j'ai achet&#233; quelque chose qui est&#8230; j'essaie de n&#233;gocier, oui. Et j'y arrive toujours, hein (rire) ! Mais pas seulement pour moi, hein, je le fais si je suis avec des amis. Notamment, il nous arrive de sortir entre midi et deux, puisqu'on n'a pas de cantine. Si on a un petit souci, ah ! Je me permets de&#8230; voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une anecdote concernant votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Ah ! Oui, tiens, c'est tout r&#233;cent : y'avait eu cette gr&#232;ve du 1er juin et on avait instaur&#233; un avoir de 25 &#8364; par personne, &#224; valoir sur une prochaine travers&#233;e. Bon, ces clients - un couple de personnes de 75 ans &#224; peu pr&#232;s - ont utilis&#233; cet avoir mais n'&#233;taient pas tout &#224; fait satisfaits parce que c'&#233;tait pas un ch&#232;que ou un d&#233;dommagement, voyez&#8230; Donc, on me renvoie un courrier disant : &quot;&lt;i&gt;Nous avons bien not&#233; votre geste commercial, mais nous aimerions &#234;tre d&#233;dommag&#233;s des frais d'h&#244;tel que nous avons eus.&lt;/i&gt;&quot; Alors je t&#233;l&#233;phone et je leur dis : &quot;&lt;i&gt;J'ai bien re&#231;u votre courrier, bon, on vous a quand m&#234;me attribu&#233; un geste commercial qu'on &#233;tait pas oblig&#233; de faire. - Oui, on a appr&#233;ci&#233;, d'ailleurs nous l'avons utilis&#233; sur notre travers&#233;e du mois de septembre mais vous savez, nous avons eu des frais. - Mais, dans ce genre de conflits, on ne peut pas tout donner non plus, il est bien &#233;vident que&#8230; - Je comprends, mais enfin on aimerait bien avoir ne serait-ce qu'un petit repas.&lt;/i&gt; &quot;Et c'est l&#224; - c'est pas rigolo en soi, c'est une anecdote - mais, moi &#231;a m'a fait sourire : &quot;&lt;i&gt;Vous comprenez, mon mari est diab&#233;tique&#8230; il p&#232;se cent-dix kilos.&lt;/i&gt; &quot; Eh ben, ils voulaient un repas au restaurant, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le poste que vous occupez r&#233;pond-il &#224; vos attentes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben oui, hein, moi je suis pas quelqu'un de&#8230; d'arriviste. Moi, j'ai deux enfants, je travaille, d'accord, mais mon travail, c'est pas&#8230; J'essaie de faire mon travail le mieux que je peux mais je suis pas pour acc&#233;der &#224; des postes sup&#233;rieurs, &#231;a m'int&#233;resse pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et si c'&#233;tait &#224; refaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; J'sais pas, je me sentais bien de travailler dans l'h&#244;tellerie, voyez. Pass&#233; un moment, dans ma vie, on avait un projet de&#8230; J'aurais voulu travailler dans une chambre d'h&#244;te, vous voyez, accueil, comme &#231;a, j'aime bien mais bon, &#231;a n&#233;cessite beaucoup d'investissement et tout, bon, on a pas&#8230; Mais j'aime tout ce qui est en rapport avec les gens, le contact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 21/09/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Cit&#233; des M&#233;tiers, le carrefour marseillais pour l'emploi</title>
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		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


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		<description>Derni&#232;re n&#233;e dans l'hexagone, la Cit&#233; des M&#233;tiers de Marseille et de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur a &#233;t&#233; inaugur&#233;e le 21 mars 2005, en pr&#233;sence des repr&#233;sentants des institutions et des collectivit&#233;s ainsi que des partenaires, sp&#233;cialistes de la formation et de l'orientation. Ce sont plus de 400 personnes qui se sont retrouv&#233;es au 4-10, rue des Consuls pour f&#234;ter l'aboutissement d'un projet amorc&#233; huit ans auparavant. En France, la premi&#232;re cit&#233; des M&#233;tiers voit le jour &#224; Paris en 1993. Il s'agit d'un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Derni&#232;re n&#233;e dans l'hexagone, la Cit&#233; des M&#233;tiers de Marseille et de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur a &#233;t&#233; inaugur&#233;e le 21 mars 2005, en pr&#233;sence des repr&#233;sentants des institutions et des collectivit&#233;s ainsi que des partenaires, sp&#233;cialistes de la formation et de l'orientation. Ce sont plus de 400 personnes qui se sont retrouv&#233;es au 4-10, rue des Consuls pour f&#234;ter l'aboutissement d'un projet amorc&#233; huit ans auparavant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, la premi&#232;re cit&#233; des M&#233;tiers voit le jour &#224; Paris en 1993. Il s'agit d'un d&#233;partement de la cit&#233; des Sciences de la Villette, qui d&#233;pend elle-m&#234;me du minist&#232;re de l'industrie. Suivant ce mod&#232;le, d'autres cit&#233;s des M&#233;tiers se sont mont&#233;es en Europe et au Br&#233;sil. La France en compte d&#233;sormais six, dont une en Guadeloupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les synergies engag&#233;es sur l'information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marseille, &#233;t&#233; 1997 : Renaud Muselier, premier adjoint au maire Jean-Claude Gaudin, &#233;voque le projet d'une cit&#233; des M&#233;tiers phoc&#233;enne. S'ensuit, entre 1997 et 2002, un ensemble de d&#233;marches conjuguant les efforts des &#233;lus et des fonctionnaires de la ville, lesquels s'attellent prioritairement &#224; deux t&#226;ches incontournables : r&#233;unir les futurs partenaires de la cit&#233; et trouver des financements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le directeur de la cit&#233; des M&#233;tiers de Marseille et de PACA, Jocelyn Meire, explique les motivations pr&#233;valant &#224; l'&#233;poque : &quot;Il s'agissait de r&#233;unir ce que nous appelons les partenaires missions, c'est &#224; dire des sp&#233;cialistes de la formation, de l'orientation, de la r&#233;orientation...&quot; Le PLIE, l'ANPE, P&#244;le 13, l'Education Nationale comptent ainsi parmi les quarante partenaires. Il fallut ensuite proc&#233;der &#224; la r&#233;union des fonds, sachant que le projet est port&#233; par la Ville de Marseille, avec un co-financement du D&#233;partement, de la R&#233;gion, de l'Europe, d'Euro-M&#233;dit&#233;rran&#233;e, d'un certain nombre d'&#233;tablissements publics et de l'AGEFOS. &quot;L'id&#233;e, c'&#233;tait de s'assurer que des objectifs communs &#233;mergeaient et ensuite de se mettre d'accord sur la marche &#224; suivre. Le but ultime &#233;tant d'aller vers l'emploi et vers une meilleure information du public&quot;, explique Jocelyn Meire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un p&#244;le emploi tout public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Cit&#233; des M&#233;tiers est ouverte &#224; tous, quels que soient l'&#226;ge, le profil et le parcours des usagers. Des ann&#233;es coll&#232;ge jusqu'&#224; celles de la retraite, toute personne peut profiter de ses services gratuits et anonymes. &quot;Il n'est pas interdit, &#224; la retraite, de cr&#233;er une association. De m&#234;me, un jeune de seize ans peut vouloir monter une entreprise ! Mais nous sommes bien conscients que ce sont essentiellement des &#233;tudiants, des jeunes dipl&#244;m&#233;s et des chercheurs d'emplois qui s'adresseront &#224; nous&quot;, pr&#233;cise son directeur. Qu'il s'agisse de cr&#233;er une entreprise ou une association, de chercher un emploi, de se reconvertir professionnellement, de se sp&#233;cialiser ou de reprendre une formation, la cit&#233; apporte des r&#233;ponses cibl&#233;es et document&#233;es aux questions de tout un chacun. Des conseillers sont pr&#233;sents en permanence pour r&#233;pondre aux interrogations du public sur l'orientation/reconversion, l'emploi, la formation ou la cr&#233;ation d'activit&#233;. A ces fins, des d&#233;tach&#233;s des partenaires tels l'ANPE, le CIO/Education Nationale, l'Interuniversit&#233;, MLM, P&#244;le 13... mettent leurs comp&#233;tences au service des usagers. Gratuit&#233; et anonymat sont de rigueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lieu ouvert aux personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La structure est adapt&#233;e &#224; chaque public. Ainsi l'immeuble est accessible aux personnes handicap&#233;es : ascenseur, larges couloirs... La Cit&#233; des M&#233;tiers envisage la cr&#233;ation d'un atelier d'information sur les emplois, la formation et les droits de ce public sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;500 dossiers m&#233;tiers en libre acc&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le public dispose librement de 524 dossiers m&#233;tiers permettant l'analyse du secteur envisag&#233;. A chacun, ensuite, de se faire ses propres conclusions. Un dossier propose :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Une description compl&#232;te d'un m&#233;tier, sur la base de donn&#233;es fournies par l'Onisep, l'ANPE, les Chambres syndicales et des sites internet ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Une pr&#233;sentation des formations menant &#224; ce m&#233;tier, selon les informations recueillies par l'Onisep et le Carif Paca ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Des statistiques r&#233;gionales procur&#233;es par l'ANPE et l'Observatoire R&#233;gional des M&#233;tiers (nombre d'offres et de demandes d'emploi, nombre de personnes en exercice, profil du bassin d'emploi) ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Des pistes pour exercer ce m&#233;tier autrement : 130 dossiers &quot;Cr&#233;ation d'activit&#233;&quot; ont ainsi &#233;t&#233; achet&#233;s &#224; l'Association Pour la Cr&#233;ation d'Entreprise ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Une documentation multim&#233;dia : site internet de la cit&#233;, vid&#233;os consultables sur l'intranet et ouvrages ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; La rubrique &quot;En savoir plus&quot;, enrichie et mise &#224; jour r&#233;guli&#232;rement par les partenaires du site, propose des liens vers des sites internet et les revues de presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2006, de nouvelles th&#233;matiques viendront enrichir les dossiers m&#233;tier. A titre d'exemple, le fichier &quot;Osez le m&#233;tier de...&quot; , retenant des informations recueillies aupr&#232;s du Centre d'Information pour le Droit des Femmes ( le CIDF phoc&#233;en) et aupr&#232;s du Fond Social Europ&#233;en, guidera les hommes vers des m&#233;tiers plut&#244;t f&#233;minins et inversement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consultants et visiteurs en voie de d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque jour, depuis le 22 mars, une centaine de personnes utilise les services de la Cit&#233; des M&#233;tiers. D'ici la fin de l'ann&#233;e, ce sont cinq cents &#224; mille visiteurs quotidiens qui sont attendus. Le plan m&#233;dia n'a pas encore &#233;t&#233; activ&#233;. Le journal l'Hebdo et la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision M6 ont d&#233;j&#224; couvert le sujet, mais comme le pr&#233;cise Jocelyn Meire : &quot;L'absence de couverture m&#233;diatique est voulue, dans la mesure o&#249; nous sommes encore en pleine phase d'ouverture.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objectif premier pour 2005 est d'assurer la permanence mensuelle de tous les secteurs d'activit&#233;. Ainsi la cit&#233; de la presse et de la communication tient chaque dernier jeudi du mois une permanence sur une demi-journ&#233;e, au cours de laquelle un professionnel vient rencontrer le public. Pendant une heure se tient une r&#233;union d'information collective. Puis le repr&#233;sentant de la cit&#233; de la presse se charge d'assurer des entretiens individuels. Les m&#233;tiers de l'immobilier, du social, de la comptabilit&#233;, la gendarmerie, des industries agro-alimentaires sont, de la m&#234;me fa&#231;on, pr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Demain l'actu : intervenants, ateliers et rencontres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la suite, la Marine Nationale, l'Union Maritime et Fluviale ainsi que le Fare (groupement d'employeurs du secteur du nettoyage) sont attendus, pour animer de nouveaux &#233;changes. A terme, la cit&#233; souhaiterait aussi travailler avec les professionnels du BTP et de l'int&#233;rim.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au programme, d&#232;s mai, des ateliers anim&#233;s par les partenaires de la cit&#233; (ANPE, CIDF) assureront la pr&#233;paration &#224; l'entretien d'embauche, la r&#233;daction de CV et de lettres de motivation : &quot;Notre but est d'aider le public &#224; trouver tout de suite la bonne information. Il ne s'agit pas de faire le travail &#224; la place de nos partenaires ; notre fonction n'est pas l'accompagnement des personnes mais la mise &#224; disposition de toutes les ressources existantes sur un sujet donn&#233;.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour aller toujours plus loin, des rencontres th&#233;matiques autour de la cr&#233;ation ou de la reprise d'entreprise sont pr&#233;vues fin 2005, en alternance avec les ateliers et les forums : organisation de conf&#233;rences pl&#233;ni&#232;res par domaine d'activit&#233; et tenue de stands d'entreprises qui recrutent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enqu&#234;te : R&#233;surgences&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La blouse et le tablier</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments qui composent la tenue professionnelle d'un boucher. S&#233;curit&#233;, confort et identit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avant, le boucher c'&#233;tait pied de poule. Petit pied de poule. Maintenant, c'est tr&#232;s color&#233;. Les patrons sont toujours assortis avec des blouses : mon mari et moi, nous avons, assorties, des blouses ray&#233;es rouge et blanc ou bleu et blanc. L'apprenti est souvent en blanc et l'ouvrier est en blanc, uniquement. C'est lui qui a choisi personnellement ces blouses trois-quart. Donc nous, mon mari et moi, nous sommes toujours assortis. &#187; Monique Ganassi, 51 ans, rue de la Grande Arm&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai toujours une blouse, chasuble souvent, et des chaussures de travail, pour pas glisser. Parce que c'est important, oui, s&#233;curit&#233;. Pour pas se couper les pieds et pour pas glisser. Parce qu'on ne met pas de sciure dans notre boucherie. Donc pour ne pas glisser il faut des chaussures de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des accessoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Accessoires, oui. Tablier de s&#233;curit&#233;, gant de s&#233;curit&#233;. C'est-&#224;-dire en m&#233;tal. Pour ne pas se couper, enfin pour &#233;viter de se couper. Donc un gant en cotte de maille, qui monte jusqu'au coude, pour vraiment pas se couper, et un tablier fait avec des lamelles de fer. C'est un peu lourd, c'est un peu disgracieux, mais c'est efficace, pour &#233;viter le ventre et les f&#233;morales. Parce que on peut... un coup de couteau &#231;a tue. M&#234;me si on fait pas expr&#232;s. M&#234;me en accident du travail &#231;a peut faire tr&#232;s tr&#232;s mal. Donc on a un tablier de s&#233;curit&#233; recouvert d'une housse plastique [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon les derni&#232;res statistiques de 2004, d&#233;livr&#233;es par la Caisse Nationale de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous vos tenues de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chez les magasins sp&#233;cialis&#233;s. Y'en a deux, trois sur Marseille, en centre ville. Donc c'est pas tr&#232;s loin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que repr&#233;sente la tenue en terme de budget ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un minimum de s&#233;curit&#233;. Toutes fa&#231;ons, d&#233;j&#224;, les blouses, c'est un minimum de cinquante &#224; soixante-dix euros. Oui oui. Quand m&#234;me. Tablier de s&#233;curit&#233; &#231;a doit &#234;tre cent, cent vingt euros, chaussures de s&#233;curit&#233; c'est trente euros la paire. Bon, les blouses il faut des marques parce que sinon &#231;a vieillit mal, allons nous dire. Celle-ci par exemple doit avoir au moins six ans, voire huit. Donc la qualit&#233; se retrouve toujours. Au niveau investissement c'est cher au d&#233;part, mais on amortit bien et c'est durable. C'est mieux. Voil&#224; pour le basique. C'est un budget qu'il faut pr&#233;voir r&#233;guli&#232;rement parce que, bon tablier de s&#233;curit&#233; non, mais la housse qui est dessus est &#224; changer r&#233;guli&#232;rement, chaussures de s&#233;curit&#233; on les change r&#233;guli&#232;rement aussi, tous les un an, un an et demi. Parce que bon, au niveau pr&#233;sentation, apr&#232;s, c'est... c'est plus joli. On les entretient r&#233;guli&#232;rement, on les nettoie. Oui. Nous sommes des bouchers un petit peu maniaques, et nous obligeons nos ouvriers &#224; laver leurs chaussures de s&#233;curit&#233; tous les soirs. Parce que comme le gras se met entre les rainures sous la semelle, si c'est plein de gras &#231;a sert &#224; rien, &#231;a glisse, enfin on en met partout. Glisser, on essaie d'&#233;viter : c'est quand m&#234;me un des risques d'accident du travail en boucherie, la glissade. Parce que quand on glisse avec un couteau &#224; la main, &#231;a peut faire tr&#232;s mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Poss&#233;dez-vous plusieurs exemplaires de la tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des blouses oui, parce qu'on se change presque tous les jours. Le sang, le gras, c'est tout &#224; fait d&#233;sagr&#233;able. Pour &#234;tre impeccable c'est au moins tous les jours, des fois tous les deux jours. Si on est soigneux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est coupant, c'est glissant, c'est salissant aussi, un petit peu. Donc il faut de l'hygi&#232;ne. Il faut s'adapter, il faut faire attention, il faut &#234;tre attentif &#224; son travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les tenues sont-elles faites d'un textile particulier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. C'est souvent selon : en haut de gamme c'est pas repassable, l'entretien est plus facile. Mais sinon c'est n'importe quel mat&#233;riau : coton, polyester... &#201;tant donn&#233; que les horaires de travail sont assez lourds, que j'ai quatre &#224; cinq blouses semaine &#224; laver... C'est moi qui assure l'entretien. Nous sommes quatre &#224; travailler, j'assure l'entretien de trois personnes. C'est-&#224;-dire mon mari, moi-m&#234;me, et l'apprenti. L'ouvrier se d&#233;brouille seul avec sa blouse. Mais les tabliers, c'est moi qui les entretiens. Les tabliers, les lingettes de nettoyage, les serpilli&#232;res, tout &#231;a c'est lav&#233; au moins une fois par semaine, quand c'est pas deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Assurez-vous l'entretien &#224; la maison ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui. Je lave en machine &#224; l'eau chaude. Pour une efficacit&#233; maximum, une bonne lessive, souvent professionnelle. Skip professionnel. Pardon, il faut pas dire les marques ! Mais c'est souvent efficace. Puis du d&#233;tachant et du d&#233;sodorisant, aussi. Pour &#233;viter les odeurs. Mauvaises odeurs de viande et de gras. &#199;a rassit, la viande. Et &#231;a sent mauvais &#224; l'usage. Si c'est une boucherie qui sent mauvais c'est pas normal. La boucherie &#231;a doit sentir bon la viande fra&#238;che. La viande avari&#233;e, non, tr&#232;s peu pour nous. Et pour le client, &#231;a pla&#238;t pas. Je fais deux machines semaine de cinq kilos. Et nous sommes quatre &#224; travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. C'est devenu assez vari&#233; : y'a du carreau. y'a du gris, y'a du jaune. Certaines boucheries mettent une tenue, une couleur par jour. Se changent tous les jours et je n'en ai pas le courage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps consacr&#233; &#224; s'habiller ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, trois minutes. Pour certains. Pour moi c'est encore plus vite fait, je n'ai jamais de chaussures qui s'attachent, donc j'arrive ici, j'enl&#232;ve les chaussures de ville, je mets les chaussures de travail et j'enfile la blouse par dessus les v&#234;tements. En &#233;t&#233; c'est tr&#232;s vite fait, en hiver, bon, il faut enlever le manteau. Faut pas trop trop se d&#233;couvrir parce qu'il fait froid, en boucherie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous les m&#234;me tenues pour l'hiver et l'&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. On a des manches courtes pour l'&#233;t&#233;, des tenues un petit peu plus l&#233;g&#232;res. L'hiver on met des blouses un petit peu plus chaudes, parce que bon, quand m&#234;me on arrive &#224; avoir trois, quatre, cinq degr&#233;s dans le magasin, donc il faut se couvrir. Pas de porte. Bon, m&#234;me si Marseille est une ville pas tr&#232;s froide, sans porte on a quand m&#234;me un petit peu... Les jours de mistral, il faut se couvrir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'activit&#233; n&#233;cessite-t-elle des changements de tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. &#199;a, nous avons toujours la m&#234;me blouse. Enfin, toujours une blouse, &#233;ventuellement on se changera de blouse dans la journ&#233;e si on l'a tach&#233;e, mais pas selon les activit&#233;s. Parce que moi je suis tr&#232;s polyvalente, je fais le service, la caisse et les papiers, et j'ai toujours la m&#234;me blouse. On se lave les mains, mais la blouse non, on la change pas. Non non, une petite pr&#233;cision : les ouvriers, par dessus leur tenue, mettent le tablier de s&#233;curit&#233;, le gant de s&#233;curit&#233; m&#233;tallique quand ils d&#233;sossent. C'est le seul moment o&#249; sp&#233;cifiquement donc y'a ce tablier pour le d&#233;sossage. C'est arriv&#233; plusieurs fois, bon, des... des... des morts, parce que l'art&#232;re f&#233;morale ou le ventre est touch&#233;. Un coup de couteau. Un couteau qui coupe mal et on force un petit peu dessus, &#231;a glisse, &#231;a d&#233;rape et crac, dans le ventre, &#231;a fait mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau lorsque vous passez votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Je suis tr&#232;s blouse, je n'ai pas toujours la m&#234;me attitude. D'abord je ne sais pas travailler sans blouse. C'est trop important. Et nous tous dans notre boucherie on travaille tous avec la blouse. Tous les employ&#233;s. Et puis il suffit que je mette pas la blouse pour &#233;videmment me faire une &#233;norme tache donc je travaille toujours avec la blouse, et c'est vrai que je suis en service quand j'ai la blouse, j'ai le sentiment d'&#234;tre au travail avec la blouse et moi j'aime bien mon travail. Donc c'est pas un mauvais sentiment. Je suis beaucoup plus &#224; l'aise dans ma tenue, au magasin, que si je travaille sans la tenue. Parce que c'est quand m&#234;me un petit peu salissant, c'est toujours d&#233;sagr&#233;able d'avoir des jolis v&#234;tements tach&#233;s. Je suis tr&#232;s bien avec ma blouse. Tr&#232;s bien avec ma blouse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous fi&#232;re de votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis fi&#232;re de ma tenue, je suis fi&#232;re de mon m&#233;tier. Parce que je suis une vraie bouch&#232;re. J'ai mon CAP et je coupe la viande. Voil&#224;, oui. Je suis tr&#232;s fi&#232;re de ma tenue, j'ai m&#234;me des photos en blouse. Quand on fait des stages professionnels, selon ce qu'on fait il faut la tenue professionnelle. Oui. &#199;a nous identifie. On nous reconna&#238;t plus facilement avec la blouse. Les clients des fois ne me reconnaissent pas dans la rue : &quot;Ah mais j'ai tellement l'habitude de vous voir avec la blouse ! Sans la blouse je vous reconnais pas !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, l'habit ne fait pas le moine, il y contribue. Comme l'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue si on sait bien l'exploiter. Une petite anecdote : mon fils a&#238;n&#233; ressemble &#233;norm&#233;ment &#224; son p&#232;re. Quand il &#233;tait adolescent, de temps en temps mon mari faisait des stages et c'&#233;tait moi qui tenais seule la boutique. Et entre guillemets &quot;pour la s&#233;curit&#233;&quot;, j'avais un de mes fils qui venait avec moi. Mon fils a&#238;n&#233; ne mettait jamais de blouse. Parce que on le prenait toujours pour son p&#232;re. Alors il disait : &quot;Non maman, tu comprends, je peux pas. Je peux pas la blouse sinon on m'appelle monsieur Ganassi, et &#231;a ne me pla&#238;t pas.&quot; Voil&#224;. Il a trente ans maintenant, et il met une tenue de travail, lui aussi. Pas la m&#234;me que nous, mais il a une tenue de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le tas. La boucherie Ganassi m'a form&#233;e &#224; la boucherie Ganassi. C'est-&#224;-dire que j'ai commenc&#233; &#224; vingt-trois ans la boucherie, en janvier. Mon mari a &#233;t&#233; malade en octobre, il a fallu que je le remplace au pied lev&#233;, un vendredi, un samedi. J'ai assur&#233;. J'&#233;tais pas seule &#224; l'&#233;poque, y'avait mon beau-p&#232;re qui travaillait avec moi. J'ai coup&#233; la viande, et puis apr&#232;s j'ai appris, petit &#224; petit, jusqu'&#224; 2004 o&#249; j'ai eu la possibilit&#233; de passer le CAP par validation des acquis d'exp&#233;rience. Et donc j'ai un dipl&#244;me, j'ai une m&#233;daille, d&#233;cern&#233;e par le syndicat des bouchers, et je suis bouch&#232;re. J'ai fait des concours du travail des viandes aussi, j'aime mon m&#233;tier. Je suis dans ma peau, mon m&#233;tier c'est ma vie. Je travaille beaucoup, je fais cinquante, soixante heures semaine, mais je pourrais pas faire autre chose. J'avais un gros souci quand j'ai d&#233;m&#233;nag&#233;, quand je suis venue ici, on avait une petite boutique &#224; l'int&#233;rieur du quartier, j'avais dit &#224; mon mari : &quot;Je sais pas si avec ce nouveau magasin je serai pas trop &#224; la caisse.&quot; J'ai pas le temps d'y &#234;tre, &#224; la caisse, de discuter avec les clients, &#231;a m'arrive un peu moins parce que j'ai beaucoup de travail. Mais c'&#233;tait un de mes soucis majeurs parce que j'aime le travail des viandes. Le travail de la viande, couper, bien servir le client, je suis amoureuse de la viande. C'est une passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien d'ann&#233;es exercez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bient&#244;t trente ans. Vingt-huit ans cette ann&#233;e. Vingt-huit ans, donc &#231;a fait du temps. &#199;a fait vraiment une vie. Parce que j'ai trois enfants, j'ai une fille qui est presque n&#233;e dans la boucherie ; elle a dix-neuf ans mais elle est n&#233;e dans la nuit du vendredi au samedi, j'ai travaill&#233; le vendredi jusqu'&#224; huit heures et demie, et puis pof, on est parti &#224; la maternit&#233;, et quand elle avait deux semaines je suis revenue travailler. Donc, elle n'aime pas la boucherie, elle ne sera pas bouch&#232;re, mais elle conna&#238;t les clients, elle parle tout le temps de la boutique et elle vient nous aider quand elle peut, &#224; la caisse, parce que la viande &#231;a lui conna&#238;t pas. C'est vrai que c'est un m&#233;tier. Et nos fils n'ont pas voulu faire boucher parce que se lever &#224; quatre heures ou &#224; cinq heures tous les jours, c'est trop difficile. Les contraintes sont difficiles. La bonne viande et le bon travail conservent, oui : je suis grand-m&#232;re, j'ai deux petits-fils qui ont deux ans et demi et quatre mois ; j'ai pass&#233; mon permis moto &#224; quarante-neuf ans. Voil&#224;. La bonne viande, c'est bon. C'est bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 21/06/06 par Odile Fourmillier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Selon les derni&#232;res statistiques de 2004, d&#233;livr&#233;es par la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie des travailleurs salari&#233;s, l'indice de fr&#233;quence des accidents du travail (nombre d'accidents avec arr&#234;t pour 1000 salari&#233;s) dans le commerce de d&#233;tail de viandes et produits &#224; base de viande et la charcuterie artisanale est assez &#233;lev&#233; : il est de 61 pour le commerce de d&#233;tail de viandes et de 61 pour la charcuterie. Les principaux &#233;l&#233;ments mat&#233;riels en cause sont les outils &#224; main (couteaux) avec 40 % des accidents dans les activit&#233;s de commerce de d&#233;tail de viande et 29 % dans l'activit&#233; de charcuterie artisanale, les manipulations et manutentions manuelles avec 22 % des accidents dans les activit&#233;s de charcuterie artisanale et 19 % dans les activit&#233;s de commerce de d&#233;tail des viandes, et les chutes et glissades de plain-pied avec 16 % des accidents dans les activit&#233;s de commerce de d&#233;tail des viandes et 19 % dans l'activit&#233; de la charcuterie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>J'ai pas de maladie de Peter Pan !</title>
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		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY</dc:creator>


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		<description>C'est la plus vieille boutique de mangas et de jeux vid&#233;os de Marseille. On la trouve rue Estelle... Peu de temps apr&#232;s le festival Geek &amp; Music &#224; la Friche, on avait envie de cueillir les mots du g&#233;rant, Van, sur un sujet qui int&#233;resse de plus en plus de gens. Qui n'a jamais entendu parler de Dragon Ball ou de Naruto ? Qui n'a jamais eu de console de jeux vid&#233;os ? Geeks, otakus ou total noobz, jetez donc un &#339;il aux contes d'Ayato... K : Bonjour, est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter, quelle est (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nostalgie" rel="tag"&gt;Nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/13001" rel="tag"&gt;13001&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la plus vieille boutique de mangas et de jeux vid&#233;os de Marseille. On la trouve rue Estelle... Peu de temps apr&#232;s le festival &lt;i&gt;Geek &amp; Music&lt;/i&gt; &#224; la Friche, on avait envie de cueillir les mots du g&#233;rant, Van, sur un sujet qui int&#233;resse de plus en plus de gens. Qui n'a jamais entendu parler de Dragon Ball ou de Naruto ? Qui n'a jamais eu de console de jeux vid&#233;os ? Geeks, otakus ou total noobz, jetez donc un &#339;il aux contes d'Ayato...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Bonjour, est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter, quelle est votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon nom, c'est Van. Mon &#226;ge, c'est 40 ans. J'ai un magasin de jeux vid&#233;os et produits d&#233;riv&#233;s de jeux vid&#233;os et mangas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K - On dit que vous &#234;tes le plus vieux magasin de vid&#233;os et de mangas de Marseille... C'est vrai ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement, oui. &#199;a fait un peu plus de 15 ans d&#233;j&#224;. Peut-&#234;tre m&#234;me 17.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous est venue l'id&#233;e d'ouvrir ce magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, il faut d&#233;j&#224; &#234;tre fan de... Je suis fan de Dragon Ball. J'aime bien le dessin anim&#233;, j'ai ouvert avec la passion du Dragon Ball. C'est un des mangas les plus vieux, quand m&#234;me !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est un truc d'enfance, j'imagine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est m&#234;me sur le logo de la carte du magasin. Ce dessin anim&#233;, c'est les Chinois qui ont dessin&#233;... En fait c'est la l&#233;gende du roi des singes [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Dragon Ball est inspir&#233; du conte chinois &quot;Le Voyage en Occident&quot;. Voir (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. (Le singe, c'est l'animal le plus malin sur la plan&#232;te.) Celui-l&#224; je l'ai lu quand j'&#233;tais petit, j'avais dix ans. Et je l'ai vu en film, franchement, c'est magnifique. &#199;a c'est un dessin anim&#233;. En film, c'est encore mieux ! Il trace tout l'histoire de Bouddha, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais comment vous en &#234;tes venu &#224; ouvrir le magasin &#224; partir de cette passion-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='spip_document_3460 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_3427-fdecb.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;En fait j'ai fait une formation en &#233;lectricit&#233;, et j'ai un coll&#232;gue qui conna&#238;t bien le magasin qui s'appelle Arts Loisirs. Et il m'a dit &quot;bon ben Chinois-Chinois, je sais comment il faut faire pour avoir le fournisseur, nanani, si tu veux tu peux faire associ&#233; avec moi...&quot; Le seul probl&#232;me c'est que &#231;a s'est mal pass&#233; avec lui... On n'a pas fait associ&#233;s, il m'a vol&#233; mes affaires... et ma m&#232;re elle a dit &quot;bon ben arr&#234;te, si tu veux tu fais tout seul&quot;. &lt;br /&gt;Alors j'ai demand&#233; &#224; mon fr&#232;re. On s'est disput&#233;s et tout : le seul probl&#232;me des Asiatiques, on parle pas bien le fran&#231;ais. Et on fait tout le temps la m&#234;me chose, restaurants chinois et tout... Et nous on veut pas le faire, on veut faire des trucs modernes quand m&#234;me. A la fin il m'a dit &quot;tous les mercredis apr&#232;s-midi je viens t'aider, les week-ends, les vacances et tout&quot;, et voil&#224;, on a ouvert. Sans conna&#238;tre les fournisseurs et tout... On a ouvert &#224; l'aveuglette et avec le temps, on a trouv&#233; et voil&#224;. Et on a fait m&#234;me des trucs, des bonbons, des E.T., des glaces... De tout, m&#234;me des cigarettes ! On a ouvert m&#234;me dimanche. Les dimanches on a fait mini-concours... Voil&#224;. C'est pour &#231;a que &#231;a continue jusqu'&#224; l&#224; pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y avait d'autres boutiques de mangas et de jeux vid&#233;os &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;but, quand j'ai ouvert, je crois qu'y avait que Calculs Actuels (rue Paradis) et Arts Loisirs (Boulevard Salvator).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc pas trop de concurrents, quoi.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, c'est un peu diff&#233;rent, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi, c'est quoi leur sp&#233;cialit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Leur sp&#233;cialit&#233;, c'&#233;tait vendre des cartes de Dragon Ball, des jeux vid&#233;os import ; nous aussi on fait jeux vid&#233;os import, mangas, mais on fait pas de mangas papier. On a fait un petit peu au d&#233;but, mais apr&#232;s &#231;a nous int&#233;resse pas parce qu'il y a une marge de 50 centimes sur le manga papier, et il faut en acheter plein plein plein, c'est une perte de temps, quoi. J'aimerais bien vendre des mangas papier, mais on ach&#232;te beaucoup et on gagne que 50 centimes sur la marge. Je vois pas l'utilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc c'est plut&#244;t DVD, jeux vid&#233;os... ? Vous vendez d'autres choses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Voil&#224;. DVD, jeux vid&#233;os... Mais maintenant &#231;a a chang&#233;. Avant y avait que DVD et jeux vid&#233;os. Maintenant, il y a des figurines... Tout ce que les gens ils veulent, c'est tout ce qui est ancien temps, les ann&#233;es 80 quoi : Les Saint Seiya, les X-Or, les Goldorak... Tout ce qui est ancien temps, ils aiment bien. &lt;span class='spip_document_3461 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_3406-ae595.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;Voil&#224;, et surtout des pi&#232;ces de collection. Maintenant c'est bien, quand les gens ont les sous, ils ach&#232;tent, ils le mettent de c&#244;t&#233; et dans cinq ou dix ans &#231;a fait triple valeur et tout ! Voil&#224;, &#231;a prend la valeur. Moi si j'avais les sous, je fais pareil parce que bon, y a des trucs que j'aime bien aussi, avoir les anciennes pi&#232;ces... &#231;a fait rappeler l'ancien temps qu'on avait. Quand on regarde un dessin anim&#233; on voit de jolies pi&#232;ces, de belles figurines. Maintenant, c'est hyper bien fait par rapport &#224; avant... Ils sont tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s minutieux. Tr&#232;s techniques. Parce que les moules sont pas pareils qu'avant ! Voil&#224;, surtout les vraies ! Je parle pas des fausses figurines. Les fausses figurines, les plastiques ils sont... Avec le soleil, ils fondent !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous en collectionnez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je fais pas. J'aimerais bien, mais on peut pas tout faire, en fait. On peut pas avoir la tr&#233;sorerie pour payer les factures, tr&#233;sorerie pour acheter les produits pour les clients... on peut pas tout faire, dans la vie. Si je pourrais tout faire, ben je le ferais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des trucs un peu rares ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y en a, mais &#224; chaque fois qu'on en a ben c'est parti ! On vend !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez eu quoi, par exemple ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben l&#224; par exemple, qu'est ce qu'on a ... On a Chopper en grande taille r&#233;elle, la derni&#232;re fois on avait le Cobra en taille r&#233;elle, on avait Tajir en taille r&#233;elle... Pas taille r&#233;elle, mais je veux dire en taille 30 centim&#232;tres mais avec tout le complet. Il y a Goldorak tout le complet, le petit vaisseau et tout.
&lt;br /&gt;Qu'est-ce qu'on a encore... Il y a beaucoup de trucs rares. Comme par exemple Princesse Mononok&#233; avec le chien. Le seul probl&#232;me, d&#232;s qu'on l'a les gens y l'ach&#232;tent. Maintenant il vaut 350 euros, par exemple !
&lt;br /&gt;Par exemple Zorro, la pi&#232;ce Zorro de One Piece, le prix qu'on vend c'est 79 euros, maintenant il est tellement rare qu'il fait 300 et quelques... Il y a une autre figurine de One Piece aussi &#224; l'&#233;poque, qui fait 100 euros. Maintenant, il fait 400 euros. Voil&#224;, il y a des trucs, &#231;a prend de valeur de plus en plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous connaissez des gens qui collectionnent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, j'en connais beaucoup. Je connais m&#234;me le plus grand de la France. C'est mon propre fournisseur de mangas. Il a peut-&#234;tre deux fois le magasin, tout rempli de jeux vid&#233;os et figurines. Les jeux, sans enlever l'emballage. Et tous les consoles confondues ! Il a tous, sans exception. Et le monsieur il a collectionn&#233; je crois en m&#234;me temps que j'ai ouvert le magasin, &#231;a fait peut-&#234;tre vingt ans ou quinze ans qu'il la fait, la collection. Voil&#224;. Mais franchement, s'il vend tout ce qu'il a, l&#224;, je crois qu'il doit avoir au moins 200 000, minimum, en euros, hein. Voil&#224;. Non, mais tr&#232;s &#233;norme. Tr&#232;s ! Tellement que... Non mais je le sais parce qu'il m'a montr&#233;. Chaque fois qu'il a une nouvelle pi&#232;ce, il fait un truc sur Youtube. Franchement il rentre chez lui... On n'a que la place pour marcher. Tout &#231;a c'est rempli de trucs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous connaissez beaucoup de gens qui partagent votre passion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben d&#233;j&#224;, la famille, mon neveu, mon fils, mes cousins... Tout le monde joue, ils regardent aussi les mangas, surtout Ghibli. Ils aiment beaucoup Ghibli, car on est quand m&#234;me sentimentaux, comme on dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3462 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_3411-7ef30.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type de mangas vous aimez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dragon Ball, Cobra, Goldorak, Hajime No Ippo... voil&#224;, y en a beaucoup. Le num&#233;ro un de tous les mangas que j'aime, je trouve c'est Cobra. Parce que quand m&#234;me c'est un personnage... il est hyper fort, il a un grand c&#339;ur, il est beau, il a tout ce qu'il faut et ce qui est bien, c'est qu'il reste lui-m&#234;me. Il se la p&#232;te pas. Il veut toujours d&#233;couvrir un truc, encore, une surprise de la vie. C'est le meilleur dessin anim&#233;, pour moi.
&lt;br /&gt;Et je trouve, le dessin anim&#233; qui parle beaucoup de l'amiti&#233;, de la vie et tout, c'est Ghibli. Studio Ghibli. Vous avez Princesse Mononoke, Porco Rosso, Totoro, Ponyo, tous les films de Miyazaki... Le Tombeau des Lucioles, et tout et tout. &#199;a au moins on est dans la vie r&#233;elle, que les gens maintenant dans 2010, ils conna&#238;t plus qu'est-ce &#231;a veut dire la vie et... ils conna&#238;t que la guerre, l'&#233;go&#239;sme. Ils ont plus la solidarit&#233; comme avant. Voil&#224;, je suis triste pour &#231;a, franchement, peut-&#234;tre parce que j'ai grandi dans une culture diff&#233;rent, je crois. Pourtant je suis venu ici j'avais dix ans... Mais j'ai toujours la t&#234;te des gens de mon pays. Bizarre, hein ? On est quatre dans la famille, mais je suis le seul qui trouve... M&#234;me mon p&#232;re et ma m&#232;re ils me comprend pas. Ils disent &lt;i&gt;&#171; comment &#231;a se fait que tu &#233;coutes de la musique asiatique, tu &#233;coutes tout ! &#187;&lt;/i&gt;, que les autres, ils s'en fout et tout. Alors, moi je dis c'est normal, ils sont devenus europ&#233;ens. Mais moi, je suis pas encore... pas totalement encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et en jeux vid&#233;os ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu... Gran Turismo, et Resident Evil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a une console que vous pr&#233;f&#233;rez pour jouer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Personnellement, je ne joue pas beaucoup parce que j'ai pas le temps. Voil&#224;. M&#234;me quand j'&#233;tais en c&#233;libataire, on travaillait du lundi au dimanche : quand on rentre &#224; la maison on n'a pas envie. On a envie de s'&#233;chapper avec les copains et les copines pour un peu d&#233;compresser. Maintenant qu'on a des enfants, on n'a qu'un dimanche. Trois enfants pour s'occuper, c'est un peu dur. En plus on veut passer un peu cinq minutes avec lui, cinq minutes avec lui, cinq minutes avec lui...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas eu trop de difficult&#233;s &#224; d&#233;marrer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Humm. Non. A l'&#233;poque des francs c'&#233;tait super, hein. On avait la facilit&#233; d'avoir des sous de c&#244;t&#233;, par rapport &#224; l'euro. L'euro &#231;a... Franchement ! 20 euros, &#231;a fait 130 francs, &#231;a fait... on dirait qu'on n'a rien !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a se ressent beaucoup sur le budget du magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='spip_document_3463 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_3404-47f1c.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;Oh, &#231;a ressent beaucoup beaucoup. Le seul probl&#232;me c'est que pour avoir beaucoup de clients, il faut avoir beaucoup de tr&#233;sorerie. Parce que si on fait des trucs classiques comme Micromania, la FNAC etc, on s'en sortira jamais. Jamais, parce qu'&#224; l'&#233;poque il y avait... allez, &#224; tout casser sur Marseille, cinq magasins. Maintenant, Virgin, la FNAC, tout les grandes surfaces vendent les jeux vid&#233;os, internet... Alors en fait les parts de g&#226;teau &#224; l'&#233;poque il n'y en avait que... divis&#233;es par cinq, maintenant divis&#233;es par, je sais pas, moi... par cent ou par mille !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a a eu un gros impact aussi, Internet ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a a ressenti, internet, mais heureusement on s'est diversifi&#233;s. On a chang&#233; un peu, on a vendu des figurines. Parce que moi bon ce qui est bien, c'est que je prends avec l'&#233;tat. Je r&#233;pare les consoles : je r&#233;pare les Play 3, Play 2, Play 1, Game Cube, Wii, PSP, DS... voil&#224;. Comme on dit, je suis un peu bricoleur de dimanche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc au d&#233;but vous avez ouvert avec votre fr&#232;re... Maintenant c'est lui qui g&#232;re la boutique internet, c'est &#231;a ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est lui qui fait &lt;i&gt;NeoAyato&lt;/i&gt;. En fait il a ouvert beaucoup de magasins, et &#231;a a pas march&#233;. Il a vendu son enseigne et &#231;a a pas march&#233; parce que les gens ils sont pas comme nous. Ils comprennent pas. Ouvrir un magasin, c'est pas tout le monde qui peut. Ouvrir un site internet, c'est pas tout le monde qui peut. Les gens ils croient que d&#232;s qu'on a ouvert un magasin par exemple pour 10 000 euros, le lendemain on a un salaire de 2000 euros direct... Non. Il faut attendre minimum trois ans pour toucher un bon salaire. C'est pour &#231;a ce qui est bien et ce qui est pas bien, c'est travailler pour soi-m&#234;me. On fait plus d'heures et on n'a pas de patron derri&#232;re, mais il y a plus de soucis. C'est mieux de travailler avec un patron : on sait que m&#234;me si on a un probl&#232;me, &#224; la fin du mois on a un salaire. Mais ce qui est bien quand on est son propre patron, c'est qu'&#224; la fin de notre vie, c'est une fiert&#233; parce qu'on a r&#233;ussi tout seul, aussi. &lt;br /&gt;Apr&#232;s, chacun son choix...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Maintenant vous &#234;tes tout seul pour g&#233;rer cette boutique-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'ai un vendeur mais l&#224; ces temps-ci il pleut et comme il habite Gardanne, il vient en moto et c'est chiant pour lui et tout... voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous collaborez avec votre fr&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des fois j'ach&#232;te des produits avec lui, des fois il ach&#232;te des produits avec moi. On s'envoie des clients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K - Combien y a t-il d'&#233;cart entre vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quatre ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#233;tiez proches, quand vous &#233;tiez enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas &#8220;proches&#8221;, parce qu'on est diff&#233;rents. Moi je suis plut&#244;t famille. Quand je vois ma m&#232;re elle est pas bien, je suis toujours l&#224;, &#224; c&#244;t&#233;... Lui, il est... Tout le temps, il passe encore sa vie... Atari, Amiga, Super Nintendo... Il joue jusqu'&#224; 7h du matin. Il a pas d'horaire. Mais il va &#224; l'&#233;cole &#224; Lyc&#233;e Thiers, il est tr&#232;s tr&#232;s bon en classe, mais il fait rien pour. A la fin, sa r&#233;ussite, elle est pas venue par lui-m&#234;me. C'est gr&#226;ce &#224; boutique Ayato... !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous jouiez ensemble ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on jouait, &#224; la Super Nintendo. Street Fighter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K - Les mangas sont tr&#232;s populaires depuis quelques temps, sauriez-vous nous dire quand c'est vraiment devenu populaire en France / en Europe et pourquoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je crois que c'est depuis Doroth&#233;e. C'est gr&#226;ce &#224; elle que c'est devenu populaire. S'il n'y avait pas le &lt;i&gt;&quot;Club Doroth&#233;e&quot;&lt;/i&gt;, on serait toujours l&#224; &#224; ne pas aimer les mangas. Mais c'est dommage, elle est revenue trop tard... Quinze ans apr&#232;s, c'est nul. Il fallait revenir avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3466 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_3398-5e528.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Donc, c'est depuis quoi, 1990 &#224; peu pr&#232;s, que &#231;a commenc&#233; a se populariser ? Vous trouvez qu'il y avait de bons dessins anim&#233;s &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, surtout des dessins anim&#233;s, peut-&#234;tre c'est un peu mal dessin&#233; par rapport &#224; maintenant parce que la technologie par rapport &#224; maintenant, ils ont l'ordinateur et tout, mais l'histoire elle est bien. Il y a l'histoire, il y a le dessin... il y a des d&#233;tails. Je trouve que le dessin anim&#233; qui a pas vieilli du tout du tout, c'est Cobra. Cobra et Albator... Et les Chevaliers du Zodiaque, et Dragon Ball. Bon, c'est le m&#234;me visage, il y a que l'armure qui a chang&#233;, et les couleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que vous vendez le plus comme mangas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je peux dire, en temps de francs, il y a un coffret qu'on vend beaucoup en mangas par exemple : Cobra, on vend bien bien bien... tous les coffrets de Dragon Ball, on vend beaucoup m&#234;me jusqu'&#224; maintenant (&#231;a fait quand m&#234;me vingt ans hein !) M&#234;me maintenant, les figurines de Dragon Ball, on en vend beaucoup. C'est eux qui nous vendent le plus. Apr&#232;s, qu'est-ce qu'on vend ? Il y en a beaucoup, mais le plus c'est Cobra. Surtout qu'il sort une cassette par truc. Et on vend plein. Au moins peut-&#234;tre cinquante cassettes par &#233;pisode. On a de la concurrence, mais voil&#224; : ils pr&#233;f&#232;rent venir acheter chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les mangas montants, genre Naruto, One Piece... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='spip_document_3464 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_3408-4c6cd.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;Ben d&#233;j&#224;, Naruto... La nouvelle g&#233;n&#233;ration maintenant, je trouve que le produit d&#233;riv&#233; et tout, c'est Naruto &lt;i&gt;(qui se vend le mieux, NDLR)&lt;/i&gt; et le produit de luxe, c'est One Piece et Chevaliers du Zodiaque. Chevaliers du Zodiaque &#231;a fait au moins quinze ans, vingt ans que les figurines &#231;a se vend super bien. Voil&#224; et en plus vu que &#231;a marche super bien, ils veulent r&#233;nover, c'est-&#224;-dire refaire les m&#234;mes figurines mais avec un truc qui s'appelle... comme un truc Merc&#233;d&#232;s, AMG. Mais eux c'est Tamashi. C'est une option de plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et en jeux vid&#233;os ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, en temps de francs, il y avait Dragon Ball, Resident Evil, Tomb Raider, Adidas Power Soccer, Formula One le premier, voil&#224;. Surtout les Resident, &#231;a se vend hyper bien.
&lt;br /&gt;Maintenant, je crois le jeu le plus vendu de la plan&#232;te, &#224; l'&#233;poque quand PS ils ont pas fait des conneries, c'&#233;tait Pro Evolution Soccer et apr&#232;s, avec les nouvelles g&#233;n&#233;rations qui arrivent, il y avait les jeux de fous, excusez-moi l'expression, c'est GTA (Grand Theft Auto) : apprendre comment voler, violer, payer une pute... GTA ! Apr&#232;s on se demande pourquoi les jeunes maintenant ils deviennent fous... ! On peut tout faire dans ce jeu, et en plus il y a une nouvelle option encore, on peut faire plein de choses...
&lt;br /&gt;Apr&#232;s, le jeu de guerre le plus vendu, vous avez Modern Warfare.
&lt;br /&gt;On est devenus am&#233;ricains... On apprend comment faire la guerre et tuer les gens. Je trouve que le monde&#8230; O&#249; on va ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pensez que les jeux vid&#233;o ont une influence sur les jeunes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai pas dit le contraire, que les jeux vid&#233;os &#231;a... C'est bien de jouer, &#231;a rend un peu intelligent, mais y a des jeux pour les enfants, &#231;a se fait pas. C'est pas parce que je vends que je suis pour. Jouer, &#231;a va, mais faut pas trop abuser. Y en a qui travaillent pas du tout, pour jouer. Ils touchent le RMI et ils jouent tout la journ&#233;e ; m&#234;me ils ont perdu leur conscience d'aller travailler tellement ils jouent. M&#234;me &#224; la radio l'autre jour j'ai entendu que le mec il veut faire le record &#224; battre, plus de 24h... Parce que normalement 24h &#231;a veut dire le maximum de la journ&#233;e, mais lui il veut faire 27h... &#199;a veut dire, il prend une bouteille plastique, il met &#224; c&#244;t&#233; de lui, il mange &#224; c&#244;t&#233;, il va faire 27h de jeu de Modern Warfare... Franchement c'est un record de merde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement on parle beaucoup de l'influence des jeux vid&#233;os sur les jeunes, c'est int&#233;ressant d'avoir votre avis.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, moi je trouve que jouer c'est bien, mais faut pas trop abuser. Parce que bon, dans la vie il n'y a pas que jouer. Y en a qui plongent dedans et apr&#232;s pour eux il croient que la vie, c'est dedans en fait. Bon, c'est bien d'un c&#244;t&#233; parce que jouer, &#231;a fait &#233;chapper de tout ce qu'on est pas bien dans la vie. On s'&#233;vacue un peu. Bon, c'est peut-&#234;tre parce que nous on habite dans une grande ville que c'est un peu... peut-&#234;tre dans un petit village c'est pas pareil. Mais quand m&#234;me, tout ce qu'on a vu &#224; la t&#233;l&#233; c'est vraiment... &#231;a a chang&#233;, quoi. Il y a trop de d&#233;linquance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3465 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_3409-5cdf0.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Votre client&#232;le, elle a chang&#233; au long des ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a a chang&#233; beaucoup. C'est plus un gosse de 10 ans, 8 ans ou 7 ans qui vient acheter. La plupart ils travaillent, ils touchent RMI, ils vient acheter, voil&#224;. Y en a beaucoup des papas qui vient, y en a beaucoup des c&#233;libataires qui vient, c'est plus comme avant. Avant c'est que des jeunes de 8 ans, 5 ans, 13 ans qui au dernier moment ach&#232;tent des jeux vid&#233;os.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ils d&#233;pensent toujours autant qu'il y a dix ans, ou plus, ou moins... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De toute fa&#231;on ils d&#233;pensent plus, mais on sent moins, parce qu'avec l'euro...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#231;a se fait que vous n'ayiez pas particip&#233; &#224; la Japan Expo au Parc Chanot, ni &#224; la &quot;Geek &amp; Music&quot; au Cabaret Al&#233;atoire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aime pas voir du monde, d&#233;j&#224; un. Et deux, je pense qu'a 40 ans je suis encore timide... J'aime pas qu'on me voie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais &#231;a vous aurait fait un peu de pub, non ? Vous en avez pas besoin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui... Non mais aussi il y a un temps, pour d&#233;m&#233;nager les produits il faut les gens, les copains... Mais y a beaucoup des copains qui m'a propos&#233; de faire gratuitement parce qu'ils aiment bien &#231;a et tout... M&#234;me des clients, mais moi je veux pas. Je crois peut-&#234;tre avec le temps j'ai plus envie. J'ai envie tranquillit&#233;, je veux pas qu'on m'emb&#234;te, c'est tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pensez garder le magasin encore longtemps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu, je sais pas. On verra avec le temps. C'est ce qu'on a parl&#233; tout &#224; l'heure avec mon client : dans le quartier c'est moi le plus vieux pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi les difficult&#233;s de votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='spip_document_3468 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_3392-2-850d4.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;Supporter les fous ! La plupart des clients de jeux vid&#233;os, h&#233; ben ils sont pas tranquilles dans la t&#234;te... Comme a dit mon pote, ils ont une maladie... de Peter Pan [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le syndrome de Peter Pan est un trouble caract&#233;ris&#233; par la peur de grandir. (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Ils sont toujours petits dans leurs t&#234;tes. &lt;i&gt;(Van se rapproche du micro)&lt;/i&gt; J'ai pas de maladie de Peter Pan !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des origines vietnamiennes. Au Vietnam, la culture manga et jeux vid&#233;os, &#231;a marche ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Y en a pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il n'y a pas du tout de mangas vietnamiens ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement non, y en a pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est financier ou c'est vraiment culturel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est la culture je crois. Parce que l&#224;-bas au Vietnam ils font plus d'&#233;tudes... Ils pensent plus au boulot, au futur... Les Vietnamiens, ils sont trop s&#233;rieux dans la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourtant les Japonais sont r&#233;put&#233;s pour bosser beaucoup aussi, non ? &#199;a ne les emp&#234;che pas...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais les Vietnamiens aussi... le Vietnam je pense c'est le seul pays pour l'instant ils ont pas fait d&#233;ficit. Le futur riche, c'est les Vietnamiens, je vous le dis en face !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous retournez au Vietnam un peu ? Vous &#234;tes n&#233; l&#224;-bas, c'est &#231;a ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je suis n&#233; au Laos. Je suis d'origine vietnamienne mais je suis n&#233; au Laos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous y retournez, l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben l&#224;, normalement l'ann&#233;e prochaine, j'esp&#232;re. On part tous, tout la famille compl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au Laos ou au Vietnam ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, les deux..., les trois, les quatre m&#234;me ! On va essayer de le faire. On va essayer de partir un mois et demi. Parce qu'en fait mon r&#234;ve, et ma s&#339;ur aussi, c'est de partir, cette fois-ci, m&#234;me si &#231;a co&#251;te cher, avec mon p&#232;re et ma m&#232;re. Parce que comme il vont pas rester, moi je pr&#233;f&#232;re aller maintenant... M&#234;me si il faut faire un cr&#233;dit ou un truc comme &#231;a, ben je partirai pour qu'ils me montrent la racine. Parce que l&#224;-bas il y a encore le fr&#232;re de ma grand-m&#232;re, le fr&#232;re de mon grand-p&#232;re et tout et tout. Il va me montrer tout c'qu'y a, comme ils ont des trucs, comment s'appelle... Comme ils ont des champs de bl&#233;, des trucs ancien temps, et mon p&#232;re, ils ont un c&#244;t&#233;, eux, c'est des ministres, des trucs comme &#231;a. Nous, on veut voir... !
&lt;span class='spip_document_3470 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L450xH301/IMG_3400-decc7.jpg' width='450' height='301' alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:450px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Christian Gallerini, Yannis Barka et Lynda Ledolley&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Dragon Ball est inspir&#233; du conte chinois &quot;Le Voyage en Occident&quot;. Voir Wikip&#233;dia : &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_en_Occident' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voy...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Le syndrome de Peter Pan est un trouble caract&#233;ris&#233; par la peur de grandir. La maturit&#233; affective est impossible &#224; atteindre. Voir, par exemple, l'article de Wikip&#233;dia : &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Peter_Pan' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndro...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean-Marie Juan ? - Acteur, &#233;videmment !</title>
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		<dc:creator>Eric Larousse</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;De l'estrade aux planches, le parcours du com&#233;dien.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amitie" rel="tag"&gt;Amiti&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'&#226;ge de quatre ans, quand j'ai d&#233;couvert la t&#233;l&#233; noir et blanc, quand j'ai vu un acteur mourir dans un film et que je l'ai revu une semaine apr&#232;s dans un autre film, &#231;a, &#231;a m'a fascin&#233;, je me suis dit : &quot;Voil&#224;, il joue comme nous !&quot; Et du coup j'ai voulu &#234;tre un adulte qui continuait &#224; jouer. Je me suis dit : &quot;Plus tard, tu seras un grand qui continuera &#224; jouer comme les petits !&quot; - Mon &#226;ge ? s&#251;rement pas ! Tu diras que je suis coquette, j'assume !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vocation pour le th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt; a d&#251; venir entre huit et dix ans. Mes grands-parents &#233;taient instituteurs, ils avaient toute la collection des classiques Larousse de th&#233;&#226;tre et je me souviens que dans la maison de famille de Marvejols en Loz&#232;re, moi je m'enfermais des heures enti&#232;res et je lisais tout seul les pi&#232;ces de Moli&#232;re. Je les lisais &#224; haute voix. Je me d&#233;guisais un peu, je mettais une robe de chambre, je jouais le Bourgeois Gentilhomme, je jouais tous les personnages de la pi&#232;ce. Donc j'ai, &#224; neuf ans, jou&#233; comme &#231;a toutes les pi&#232;ces de Moli&#232;re, presque toutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non, je ne faisais pas de th&#233;&#226;tre en parall&#232;le&lt;/strong&gt;, pas du tout, mais j'avais envie de &#231;a, j'&#233;tais passionn&#233; par la po&#233;sie. La premi&#232;re fois que j'ai appris la po&#233;sie c'&#233;tait par hasard, c'&#233;tait un exercice de lecture &#224; l'&#233;cole et j'ai pris du plaisir &#224; dire le texte sans le lire, c'est-&#224;-dire en l'apprenant par c&#339;ur alors que c'&#233;tait pas du tout l'exercice demand&#233;. Donc le lendemain, &#224; l'&#233;cole, je faisais glisser le doigt sur la table pour faire croire que je lisais mon livre sur le bureau alors qu'en fait je r&#233;citais et c'&#233;tait mon plaisir de le r&#233;citer par c&#339;ur. L'institutrice a vu &#231;a et du coup - moi j'avais peur qu'elle m'engueule - et en fait elle m'a demand&#233; de venir le lire devant tout le monde et l&#224;, &#231;a a &#233;t&#233; une forme de r&#233;v&#233;lation. Souvent, on est timide quand on est &#224; l'&#233;cole, quand on a des po&#233;sies &#224; dire, on se cache, on a honte, on se met de dos, on a peur du regard des copains. Moi, j'assumais compl&#232;tement &#231;a et j'&#233;tais super fier. Et, petit &#224; petit, les fables je les apprenais tr&#232;s vite ; en quelques lectures je savais une fable par c&#339;ur. C'est pas que j'avais plus de m&#233;moire qu'un autre mais c'est vraiment parce que &#231;a m'int&#233;ressait plus. &#199;a me passionnait vraiment alors du coup j'apprenais tr&#232;s tr&#232;s vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formation &#224; Marseille a dur&#233; trois ans&lt;/strong&gt;. D&#232;s que j'ai &#233;t&#233; en &#226;ge d'exercer professionnellement, j'ai pr&#233;sent&#233; le Conservatoire de Marseille et j'ai &#233;t&#233; re&#231;u. J'ai fait trois ans avec Ir&#232;ne Lamberton qui avait form&#233;, entre autres, Daniel Mesguish, Alex Abadi, Francis Lalane&#8230; J'ai re&#231;u une formation, j'ai eu l'occasion de travailler avec des textes classiques avant de monter &#224; Paris et d'exercer vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand ch'uis mont&#233; &#224; Paris, j'ai eu beaucoup de chance&lt;/strong&gt;, j'ai rencontr&#233; les gens qu'il fallait. Ch'uis mont&#233; en septembre 82 et le hasard a fait que j'ai commenc&#233; &#224; travailler en janvier 83. Apr&#232;s, &#231;a s'est encha&#238;n&#233;. Par rapport aux rencontres qui ont &#233;t&#233; d&#233;cisives, Axel Abadi qui m'avait rep&#233;r&#233; &#224; la sortie du Conservatoire de Marseille, avec qui j'&#233;tais devenu ami, m'a pr&#233;sent&#233; Ren&#233; Clairmont, un metteur en sc&#232;ne connu &#224; l'&#233;poque, et il avait pas mal de mises en sc&#232;ne au th&#233;&#226;tre et j'avais vu un spectacle qui s'appelait le Charimari, avec Patrick Bruel - c'&#233;tait sa premi&#232;re pi&#232;ce - et les parents &#233;taient Micheline Boudet et Pierre Tornade - une pi&#232;ce de Pierrette Bruno, qui est marseillaise, d'ailleurs. Moi, j'ai vu la pi&#232;ce et quand j'ai rencontr&#233; le metteur en sc&#232;ne, que j'ai pass&#233; une audition, comme &#231;a&#8230; en fait non, j'ai pas pass&#233; une audition, je l'ai rencontr&#233; et je lui ai dit : &quot;J'ai lu votre pi&#232;ce et j'aimerais beaucoup jouer le r&#244;le du fils, je trouve que l'acteur qui le joue n'est pas formidable.&quot; Et l&#224;-dessus il m'a dit : &quot;Mais &#231;a se passe pas comme &#231;a. Moi, que j'aime son travail ou pas, le gar&#231;on est engag&#233;, voil&#224;, il joue dans la pi&#232;ce. Mais bon, si vous avez un truc &#224; me passer, allez-y, comme &#231;a je verrai un petit peu vos capacit&#233;s, on sait jamais&#8230;&quot; Et donc je lui ai pass&#233; un texte de Pr&#233;vert : &quot;Dans ma maison&quot;. &#199;'a &#233;t&#233; sans suite et puis d'autres mois apr&#232;s je re&#231;ois un coup de fil &#224; onze heures du soir : &quot;Est-ce que vous pouvez venir tout de suite en urgence au th&#233;&#226;tre Saint-Georges ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai caval&#233; comme un fou jusqu'au th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;. J'ai d&#251; arriver un petit peu avant minuit. Il y avait encore Mich&#232;le Boudet et Pierre Tornade qui &#233;taient rest&#233;s expr&#232;s. En fait, l'acteur qui jouait le fils &#233;tait hospitalis&#233; pendant un bon mois, donc il fallait le remplacer et ils m'ont fait passer une audition tr&#232;s, tr&#232;s rapide. Ils avaient l'air relativement satisfaits mais ne me connaissant pas, ils avaient un petit peu des doutes sur la capacit&#233; &#224; reprendre rapidement un r&#244;le principal, et l&#224; Ren&#233; Clairmont a &#233;t&#233; formidable en disant : &quot;Je suis s&#251;r qu'il peut y arriver.&quot; On &#233;tait un samedi et le challenge &#233;tait de reprendre la pi&#232;ce pour mardi soir. Les personnages ne sortaient quasiment pas de sc&#232;ne ! &#199;a s'est fait vraiment parce que Ren&#233; Clairmont a eu cette confiance-l&#224;, parce qu'il aurait pu tr&#232;s bien se dire : &quot;Ce gar&#231;on a des qualit&#233;s mais est-qu'il va y arriver en trois jours ?&quot; Voil&#224; comment j'ai d&#233;but&#233; avec Patrick Bruel qui jouait mon meilleur pote dans ma premi&#232;re pi&#232;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un m&#233;lange &#224; la fois d'&#233;motions et pas tellement de surprise&lt;/strong&gt;. &#199;a ressemblait tellement au r&#234;ve que j'avais, &#224; ce que j'imaginais, que du coup, rien ne m'a sembl&#233; nouveau : le velours rouge, le rideau qui se l&#232;ve, le th&#233;&#226;tre rouge et or, les lumi&#232;res dans la figure&#8230; rien ne me semblait nouveau. J'ai eu une petite larme juste avant que &#231;a se l&#232;ve parce que je me disais : &quot;&#199;a y est, &#231;a commence maintenant, ma m&#232;re est dans la salle&#8230;&quot; C'&#233;tait la concr&#233;tisation d'un r&#234;ve. J'avais eu la chance juste avant, de me faire exempter du service militaire et &#231;a s'&#233;tait d&#233;cid&#233; dans les jours qui venaient. Tout cela devenait possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moment du lever du rideau&lt;/strong&gt;, j'ai eu tr&#232;s vite un trou de m&#233;moire et j'ai regard&#233; ma partenaire, Micheline Boudet, qui est une immense actrice qui a jou&#233; vingt-cinq ans &#224; la Com&#233;die Fran&#231;aise, et je me suis rendu compte tout de suite, en fait, que sur sc&#232;ne on n'est pas tout seul, on est avec des partenaires et c'est la chose la plus importante, et si on fait confiance aux autres, du coup on peut avoir confiance en soi. Comme j'avais eu trois, quatre jours pour r&#233;p&#233;ter le r&#244;le et que je pouvais plus me permettre d'&#234;tre stress&#233;, si j'avais le stress je pouvais pas continuer la pi&#232;ce. J'ai l'impression que le trac m'a abandonn&#233; ce jour-l&#224; et depuis je ne l'ai plus jamais eu. &#199;a veut pas dire que j'ai pas de temps en temps des appr&#233;hensions, des inqui&#233;tudes. Mais le trac qui inhibe, qui paralyse, celui-l&#224; je ne le connais plus, alors en tant qu'&#233;l&#232;ve c'&#233;tait terrifiant, j'avais la jambe qui tremblait, je pouvais pas la contr&#244;ler, je mettais trop d'enjeu. D&#232;s qu'il fallait passer un concours, j'avais l'impression que je jouais ma vie sur une sc&#232;ne ou sur une fable ou une pr&#233;sentation sur sc&#232;ne. C'est une erreur mais on est oblig&#233; de penser &#231;a parce qu'on se dit qu'on va &#234;tre jug&#233; la-dessus et que c'est de l&#224; que tout va d&#233;couler, alors qu'en fait non, tout ne d&#233;coule pas d'une chose. C'est vraiment petit &#224; petit qu'il y a pas mal de choses qui se placent et puis c'est l'addition de beaucoup de choses qui fait que l'on peut passer &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur. En tout cas, pour moi, c'est comme &#231;a que &#231;a se passe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une grande part d'ego, dans le trac&lt;/strong&gt;. Si on arrive &#224; un moment donn&#233; &#224; plus trop penser &#224; soi, justement, on pense &#224; s'amuser, &#224; faire les choses comme on les a r&#233;p&#233;t&#233;es. Moi j'ai le trac dans la vie, aborder une femme que je connais pas, qui m'intimide, c'est tr&#232;s difficile, je vais facilement perdre mes moyens. En revanche quand on joue, qu'on a r&#233;p&#233;t&#233; quatre, cinq semaines une pi&#232;ce et qu'on a bien travaill&#233; comme il fallait, qu'on est au point, moi j'ai plus qu'une envie, c'est que &#231;a se passe vraiment. Je fais un peu t&#226;che, c'est vrai, dans les troupes tout le monde est un peu angoiss&#233;, enferm&#233; dans sa loge, moi ch'uis sur les toits du th&#233;&#226;tre en train de boire du th&#233;, je suis tr&#232;s excit&#233; et j'ai vraiment envie que &#231;a d&#233;marre, j'ai vraiment envie que &#231;a se confronte. La derni&#232;re semaine est assez douloureuse parce qu'on met de l'&#233;nergie, mais presque dans le vide. On a compris, on s'entend bien avec les partenaires, il faut passer &#224; un stade o&#249; c'est le public, le dernier partenaire, c'est lui, vraiment, qui va r&#233;gler les choses entre nous, on va encore mieux s'&#233;couter avec ces gens, l&#224;, en face. On va vraiment &#234;tre dans la situation, on va arr&#234;ter de chercher, on va vraiment y aller. Je sais que c'est m&#234;me en repr&#233;sentation que j'&#233;volue le plus, les personnages &#233;voluent beaucoup en cours de repr&#233;sentation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il m'est arriv&#233; de ne pas pouvoir finir une phrase&lt;/strong&gt; mais j'ai pris le temps et je l'ai finie, des fois en changeant des mots ou c'est de temps en temps le partenaire qui t'en aide &#224; sortir. Mais attention, le trou dont on parle, c'est un trou qui fait un peu peur &#224; tous les acteurs, je pense que cette angoisse-l&#224; est valable quand on joue de grandes pi&#232;ces du r&#233;pertoire, quand on joue une trag&#233;die o&#249; c'est une suite de centaines d'alexandrins, o&#249; y'a parfois des vers qui ressemblent &#224; d'autres, voire des passages de pi&#232;ces qui ressemblent &#224; d'autres pi&#232;ces. L&#224;, si on n'a pas une vigilance extr&#234;me, effectivement on peut &#234;tre en danger parce que se sortir d'un monologue d'une quarantaine de vers - si ce n'est pas plus - avec un langage tr&#232;s particulier, l&#224; c'est un peu plus d&#233;licat. &#199;a m'est arriv&#233; quand j'ai jou&#233; Cyrano, d'improviser deux alexandrins pour m'en sortir. Bon, mais Cyrano c'est pas Racine, c'est pas une trag&#233;die, c'est quand m&#234;me moins compliqu&#233;, je trouve. Je discutais avec des acteurs de la Com&#233;die Fran&#231;aise qui ont r&#233;ussi comme &#231;a &#224; se sortir d'un trou en faisant un faux vers. &#199;a devient un tel exercice qu'&#224; un moment donn&#233;, &#231;a pourrait para&#238;tre presque naturel de parler en alexandrins, seulement on fait quelque chose d'un peu moins beau que ce qu'a &#233;crit Racine ou Corneille, mais bon&#8230; C'est pour &#231;a qu'autrefois il y avait des souffleurs, &#224; la Com&#233;die Fran&#231;aise, on avait des souffleurs quand y'en avait plus dans les autres th&#233;&#226;tres - aujourd'hui on n'en a plus nulle part - parce qu'eux jouaient plusieurs pi&#232;ces en m&#234;me temps et parfois ils devaient reprendre des r&#244;les de fa&#231;on tr&#232;s rapide. Donc l&#224;, le souffleur &#233;tait quasiment indispensable, il faisait vraiment partie du boulot. Sinon quand une pi&#232;ce est au point, on n'est pas &#224; l'abri mais c'est pas tr&#232;s grave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pas facile de penser en alexandrins&lt;/strong&gt;, on le voit bien quand on travaille, garder un naturel quand on a un texte qui peut parfois encombrer la bouche, les l&#232;vres, m&#234;me l'esprit. &#199;a demande d'autres qualit&#233;s techniques, d&#233;j&#224; faut travailler, travailler, puis se mettre &#224; penser. Quand je jouais Cyrano, je pensais Cyrano : ma fa&#231;on de penser a chang&#233;, m&#234;me ma fa&#231;on de me tenir : je me tenais plus droit dans la rue, j'avais un meilleur port de t&#234;te parce que j'&#233;tais plus fier, j'&#233;tais un peu cyranesque, je m'accaparais les sentiments du personnage et ce rythme de phras&#233;. Il m'est arriv&#233;, pour les camarades, de faire des blagues en r&#233;p&#233;tition, d'improviser une dizaine de vers, c'&#233;taient des alexandrins mais c'&#233;taient des &#233;normes conneries. Voil&#224;, c'est une gymnastique. L&#224;, je pense qu'il faut une formation. Autant on peut jouer dans des films, m&#234;me dans certaines pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, sans forc&#233;ment avoir pris &#233;norm&#233;ment de cours, autant pour jouer un classique et notamment des vers, il faut avoir une certaine connaissance de la chose, c'est une technique, la m&#233;morisation est plus difficile parce que c'est beaucoup plus parl&#233;. Dans les pi&#232;ces modernes, les r&#233;pliques sont pas tr&#232;s longues et assez &#233;videntes, ce sont des &#233;changes un peu comme dans la vie, &#231;a demande pas le m&#234;me travail d'int&#233;riorisation. C'est plus un travail sur la justesse, sur le sens, essayer d'&#234;tre toujours vrai &#224; chaque r&#233;plique. Sur le classique c'est comme pour la musique, c'est un artisanat qu'il faut avoir travaill&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une honn&#234;tet&#233; dans le travail pour essayer d'&#234;tre le plus cr&#233;dible possible&lt;/strong&gt;. Au cin&#233;ma, pendant de longues minutes, on attend, m&#234;me pendant des heures et d'un coup il faut tourner quand tout le monde est pr&#234;t et on n'a que quelques secondes pour s'exprimer, donc l&#224; il faut trouver le personnage le plus authentique possible. C'est une recherche d'authenticit&#233; qui m'int&#233;resse. J'aborde tout ainsi. J'appelle la costumi&#232;re, je parle avec elle, je lui donne mon avis sur le costume, je donne mon avis si il faut retoucher les textes. Je trouve que tel personnage n'aura pas n'importe quelle montre au poignet, n'aura pas n'importe quelle attitude. Je vois aussi avec les accessoires, les objets, essayer de pr&#233;parer le terrain avec le plus d'authenticit&#233; possible et apr&#232;s essayer d'&#234;tre l&#224; et le plus &#224; l'&#233;coute possible du partenaire. Je ne sais jamais d'avance comment le personnage va &#234;tre, je sais la couleur qu'il va avoir mais je sais pas comment je vais jouer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai toujours une admiration sans borne pour Patrick Dewaere&lt;/strong&gt; qui m'a toujours bluff&#233; par l'implication qu'il mettait dans les r&#244;les, c'est quelqu'un qui ne faisait pas semblant. On ne retrouvait jamais le m&#234;me regard d'un personnage &#224; l'autre, &#231;a faisait partie de sa fragilit&#233;, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a aussi qu'il est mort comme il est mort. Il se mettait vraiment &#224; nu quand il jouait et &#231;a, &#231;a m'a beaucoup touch&#233;. J'ai beaucoup d'admiration pour Lino Ventura, dans un autre domaine, moins fragile, beaucoup plus fort, beaucoup plus solide mais toujours d'une int&#233;grit&#233; dans son jeu. Il jouait franc jeu, Gabin aussi. Ce sont des gens qui m'ont donn&#233; envie de le faire. Justement, ils m'ont toujours surpris par leur authenticit&#233;, leur v&#233;rit&#233;. Y'en a qui disaient que Gabin faisait toujours pareil, moi non. Il avait toujours la m&#234;me fa&#231;on de jouer diff&#233;remment, je dirais. Il avait une telle force que c'&#233;tait &#233;vident que c'&#233;tait lui. Mais quand on voit &quot;Archim&#232;de le clochard&quot; et &quot;Le baron de l'&#233;cluse&quot; ou &quot;Les grandes familles&quot; qu'il a tourn&#233;s quasiment dans la m&#234;me ann&#233;e, &#231;a n'a rien &#224; voir, rien &#224; voir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'affectionne particuli&#232;rement les r&#244;les en costume&lt;/strong&gt;, c'est assez amusant parce qu'on a la connaissance d'autre chose, d'une autre part de soi parce qu'on se tient pas pareil, on se voit dans une autre &#233;poque, c'est assez amusant. Quand c'est au th&#233;&#226;tre, en g&#233;n&#233;ral on a affaire &#224; de beaux textes. &#192; part Cyrano, j'ai jou&#233; les Fourberies de Scapin, le r&#244;le de Scapin ; j'ai jou&#233; dans du Shakespeare avec Jean-Luc Tardieu, j'ai m&#234;me jou&#233; une pi&#232;ce d'Aristophane, 400 ans avant J&#233;sus-Christ et c'&#233;tait pour moi tr&#232;s tr&#232;s jouissif. Parmi mes souvenirs les plus forts, y'a eu le r&#244;le de Cyrano que j'ai jou&#233; sous la direction de Didier Long et j'ai fait un film d'&#233;poque en Espagne r&#233;alis&#233; par Migues Luna qui est le r&#233;alisateur de &quot;Jambon jambon&quot; et j'ai tourn&#233; deux mois et demi avec Pen&#233;lope Cruz - j'avais appris l'espagnol pour ce r&#244;le-l&#224; - et l&#224; j'&#233;tais tous les jours avec perruques et costumes diff&#233;rents et sublimes et &#231;a c'est un tr&#232;s bon souvenir. J'avais vraiment tous les jours une autre image de moi et du coup c'&#233;tait plus facile de rentrer dans un personnage parce que vraiment, on a du mal soi-m&#234;me &#224; se reconna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour m&#233;moriser un texte ?&lt;/strong&gt; Je le travaille d&#233;j&#224; seul, surtout quand il y a beaucoup de texte et quand parfois ce texte est un peu bavard, ce qui arrive h&#233;las souvent &#224; la t&#233;l&#233;vision, on a beaucoup de texte informatif et donc &#231;a, il faut pouvoir le faire couler, le faire passer le plus facilement possible, donc pour &#231;a il faut bien le travailler pour qu'apr&#232;s &#231;a sorte comme si vraiment on disait &#231;a tous les matins. Par exemple pour &quot;Le Tuteur&quot; j'ai souvent un langage un peu juridique, puisque je fais un magistrat. Suivant le personnage, si on r&#233;fl&#233;chit &#224; &#231;a, on va pas forc&#233;ment dire le texte exactement tel qu'il est &#233;crit. Une personne, par exemple &#233;migr&#233;e, qui va se retrouver baign&#233;e dans le monde des affaires ne va pas parler de la m&#234;me fa&#231;on que le mec qui restera dans le monde ouvrier ou dans un monde sportif avec un autre vocabulaire et une autre fa&#231;on de parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nergie, elle se place elle-m&#234;me&lt;/strong&gt;, on peut difficilement la d&#233;finir d'avance. On peut avoir une tonalit&#233;, une note dans la t&#234;te mais apr&#232;s c'est vraiment confront&#233; &#224; la situation, suite &#224; une r&#233;flexion sur le personnage, &#224; une construction physique avec les costumes. Apr&#232;s, la r&#233;action peut &#234;tre spontan&#233;e comme si elle venait du fond de nous. Il faut donner cette impression, c'est comme &#231;a que je le vois. Je suis intuitif, donc je m'attache pas &#224; une m&#233;thode particuli&#232;re. Mais je prends un peu partout &#224; droite &#224; gauche, tout dans la vie m'int&#233;resse, c'est pas forc&#233;ment une m&#233;thode d'acteur qui va m'int&#233;resser ; si je suis fascin&#233; par le travail d'un menuisier, il va avoir un certain geste et je vais me dire : &quot;Tiens ! Avec ce geste-l&#224; il arrive &#224; faire un bel objet&quot;, alors je vais trouver cet esprit-l&#224;, le beau geste pour faire le beau personnage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le fond, th&#233;&#226;tre ou cin&#233;ma&lt;/strong&gt;, le travail est identique pour aborder un r&#244;le, &#224; part qu'on met six semaines pour tourner un film et qu'en g&#233;n&#233;ral on parle pas beaucoup. D'ailleurs c'est ce que je trouve int&#233;ressant au cin&#233;ma, de ne pas parler. Un des r&#244;les qui m'a marqu&#233; le plus, j'ai jou&#233; le sourd-muet pour France 2 dans &quot;Le miroir de l'eau&quot; qui &#233;tait une saga de l'&#233;t&#233;. &#199;'a &#233;t&#233; un r&#244;le qui m'a demand&#233; le plus de travail. Alors que pour beaucoup de gens, ils se disaient : &quot;Il n'a rien &#224; faire, il ne parle pas.&quot; J'avais quand m&#234;me la langue des signes &#224; faire, m&#234;me si c'&#233;tait pas &#233;norme, c'est pas une langue maternelle, il faut que cette gestuelle soit naturelle et c'est pas &#233;vident du tout parce que &#234;tre sourd c'est aussi tout un comportement qui change, parce qu'on vit une autre vie, on est oblig&#233; de penser diff&#233;remment, donc d'avoir une approche sensorielle diff&#233;rente ; m&#234;me sur le travail du visage, les sourds sont des gens qui font &#233;norm&#233;ment de mimiques ou de grimaces quand ils s'expriment, le visage appuie le geste, il donne vraiment la ponctuation, il donne l'humeur, l'interrogation ou l'exclamation, il accompagne &#233;norm&#233;ment et &#231;a c'est pour moi un travail vraiment formidable, justement pour l'int&#233;riorisation et c'est ce que je trouve int&#233;ressant au cin&#233;ma, c'est pas avoir beaucoup &#224; parler, pouvoir dire beaucoup de choses sans parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jouer, c'est vraiment un truc sur l'&#233;nergie&lt;/strong&gt;. J'ai travaill&#233; la langue des signes avec une amie sourde qui, heureusement pour moi, oralisait tr&#232;s bien, elle arrivait, elle, &#224; parler avec un l&#233;ger d&#233;faut de langue et elle lisait sur les l&#232;vres. Donc on est arriv&#233; &#224; communiquer assez facilement, surtout, elle m'a &#233;norm&#233;ment appris sur son monde, sur le comportement des sourds, tout ce que pouvait vivre un sourd dans son enfance, dans son adolescence. Je me suis vraiment senti tr&#232;s tr&#232;s proche de cette communaut&#233;. On a tendance &#224; le voir comme un handicap, la surdit&#233;, pour eux &#231;'en est pas un. Y'a un handicap mais qui est celui de la communication, ce qu'on appelle un handicap partag&#233;. Si vous arrivez dans une assembl&#233;e de sourds, c'est vous, l'handicap&#233;. Eux, ils se d&#233;brouillent tr&#232;s bien, ils communiquent entre eux, tout va bien, c'est vous qui allez &#234;tre handicap&#233;. Contrairement &#224; d'autres handicaps, y'a des choses qu'on peut pas faire. Par ailleurs, en handisport, y'a pas de sourds. Parce que le sourd, rien ne l'emp&#234;che de courir aussi vite qu'un autre, de viser aussi juste qu'un autre, de nager aussi bien qu'un autre. C'est juste des gens vraiment diff&#233;rents, &#224; part, enferm&#233;s dans le monde du silence mais quand on y met les pieds, on se rend compte que ce monde vit tr&#232;s tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peu, j'ai tr&#232;s peu tourn&#233; en Province&lt;/strong&gt;. J'ai fait une tourn&#233;e d'une pi&#232;ce que je jouais avec Charlotte Kady qui est ma partenaire dans le film que je tourne en ce moment et qui &#233;tait ma deuxi&#232;me pi&#232;ce - on a quasiment d&#233;but&#233; ensemble - on &#233;tait fr&#232;re et s&#339;ur et &#231;a s'appelait &quot;Le don d'Ad&#232;le&quot;. On a fait beaucoup de th&#233;&#226;tres en province, en Suisse et en Belgique. Sinon j'ai jou&#233; ce qu'on appelle en d&#233;centralisation, j'ai fait une autre tourn&#233;e pour la trilogie marseillaise dans le r&#244;le de Marius qui est un personnage que j'ai repris en quatre jours, ce qui m'a permis de ne pas trop me poser de questions. Sinon l'Aristophane et le Shakespeare, je les ai jou&#233;s en Loire Atlantique &#224; Nantes, &#224; la maison de culture dirig&#233;e par Jean-Luc Tardieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe un casting ?&lt;/strong&gt; Heu, ben je sais pas (rires), parce que si je savais j'en ferais plus souvent. C'est tr&#232;s tr&#232;s d&#233;licat, les castings, aujourd'hui c'est un petit peu eux qui - non pas qui dirigent - mais qui ont presque le pouvoir de faire rencontrer un acteur avec un metteur en sc&#232;ne, ou pas. Donc il vaut mieux &#234;tre dans les bons papiers des castings. C'est toujours douloureux, justement, &#231;a ram&#232;ne &#224; cet &#233;tat d'&#233;l&#232;ve que j'aimais pas, dans lequel j'avais le trac. On a l'impression que sur un comportement de quelques minutes, on va &#234;tre jug&#233; et que de l&#224; va d&#233;pendre beaucoup de choses parce que si on fait ce film, on en fera peut-&#234;tre d'autres, si &#231;a se passe bien avec ce metteur en sc&#232;ne on retravaillera avec lui. Moi, les r&#244;les les plus int&#233;ressants, je les ai faits (et notamment au cin&#233;ma) en serrant la main du r&#233;alisateur. Sur une poign&#233;e de main il se disait : &quot;Ben ouais tiens, j'ai envie de travailler avec vous.&quot; Parce que lui, il avait le sens, il n'avait pas besoin de se rassurer, de montrer l'image &#224; des directeurs de cha&#238;ne, &#224; diff&#233;rentes personnes qui sont cens&#233;es prendre des d&#233;cisions. Curieusement, je fais pas mal d'essais pour faire des t&#233;l&#233;films, parfois m&#234;me des r&#244;les pas tr&#232;s passionnants&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un impresario peut &#234;tre une bonne chose&lt;/strong&gt;, m&#234;me si les relations avec lui sont moins int&#233;ressantes qu'&#224; une &#233;poque o&#249; on pouvait parler ensemble de ce qu'il fallait faire ou pas faire. Cette &#233;poque est r&#233;volue. Parce que m&#234;me si l'agent aujourd'hui n'arrive plus &#224; faire la promotion de ses poulains sur lesquels il y a un potentiel, il est quand m&#234;me contact&#233; par les agents et les productions et donc il peut r&#233;guli&#232;rement parler des gens. Apr&#232;s, si le casting connait l'acteur et qu'il a pas envie de le faire rencontrer, il ne lui fera pas rencontrer le r&#233;alisateur. Mais quand m&#234;me, c'est une chance de plus. Et puis c'est quelqu'un qui sert toujours d'interm&#233;diaire entre la production et l'acteur, donc il permet &#224; l'acteur de se prot&#233;ger par rapport &#224; &#231;a et m&#234;me &#224; la production de se prot&#233;ger par rapport &#224; l'acteur. On parle pas d'argent entre nous, on ne parle pas des conditions, tout &#231;a se g&#232;re avec l'agent et quand on a un agent qui est reconnu, c'est vrai qu'on est pris plus au s&#233;rieux que quand on n'en a pas. &#192; moins d'&#234;tre une tr&#232;s grosse vedette, certaines se passent d'agent et se disent : &quot;Moi je pr&#233;f&#232;re avoir un bon avocat pour d&#233;fendre mes int&#233;r&#234;ts&quot; parce qu'on sait comment s'adresser &#224; lui directement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La motivation a jamais baiss&#233;&lt;/strong&gt;. Il y a eu des douleurs qui sont venues se rajouter, y'a des inqui&#233;tudes, des d&#233;ceptions, mais le plaisir de le faire, &#231;a a jamais baiss&#233;. Mais parce que je me suis toujours offert le luxe de faire que ce que j'avais envie de faire. Donc m&#234;me si je ne suis pas une vedette, j'ai toujours pris le risque, parfois, de refuser des choses en me disant : &quot;Mais &#231;a, &#231;a va pas me valoriser, de le faire.&quot; Me valoriser dans le sens o&#249; je vais pas me sentir bien en arrivant sur le plateau. Il faut que je me sente d&#233;sir&#233;, voil&#224;, que j'aie quelque chose d'int&#233;ressant &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne crois pas en avoir un, plus beau souvenir, j'en ai plusieurs&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me ressource dans d'autres activit&#233;s&lt;/strong&gt;. En ce moment c'est la voile avec un beau voilier mais &#231;a peut &#234;tre l'aviation aussi, &#231;a peut &#234;tre le parachutisme, je fais de la chute libre depuis une dizaine d'ann&#233;es, &#231;a peut &#234;tre la moto, &#224; une &#233;poque, &#231;a peut &#234;tre les vieilles voitures anglaises que je collectionne. Y'a des tas de choses comme &#231;a qui me permettent de me d&#233;fouler et de prendre du plaisir et qui m'int&#233;ressent suffisamment. La photo aussi et la musique bien s&#251;r ; je jouais du piano gamin et je me fais encore &#233;norm&#233;ment de plaisir avec le piano, soit en jouant, soit en assistant &#224; des concerts. Mais malgr&#233; tout, mon boulot reste une passion pr&#233;dominante. C'est par rapport &#224; ce m&#233;tier que j'ai fait le plus de sacrifices. J'ai fait beaucoup d'arts martiaux, de judo, &#231;a m'a donn&#233; un sens de la discipline. La plupart des passions que j'ai, &#231;a donne une relativit&#233;. Quand on saute en chute libre, on se rend compte ce qui est vraiment un danger ou pas. Y'a beaucoup d'acteurs qui n'arr&#234;tent pas d'employer des expressions comme &quot;se mettre en danger&quot; : &quot;Ce r&#244;le-l&#224; &#233;tait dangereux&#8230;&quot; Non. Pompier, c'est un m&#233;tier dangereux. Y'a des tas de boulots, on s'en rend pas compte, les mecs risquent de p&#233;ter d'un moment &#224; l'autre : nettoyer les cuves d'un tanker de fuel c'est un m&#233;tier dangereux ; acteur, les risques qu'on prend sont vraiment autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pas quand on travaille qu'il faut se poser des questions&lt;/strong&gt;. Les moments o&#249; on ne travaille pas, ils sont parfois nombreux, ils sont parfois trop longs, angoissants, on ne sait pas forc&#233;ment quand est-ce qu'ils vont s'arr&#234;ter, c'est l&#224; qu'il faut &#234;tre &#233;quilibr&#233;, c'est l&#224; qu'il faut avoir des passions &#224; c&#244;t&#233;, pas se dire que la vie est juste autour de son nombril sinon on peut vraiment &#234;tre tr&#232;s malheureux. C'est un m&#233;tier qui peut facilement rendre malheureux, y compris pour les gens qui le font bien : Patrick Dewaere s'est suicid&#233;, il n'est pas mort heureux, c'est quelqu'un qui &#233;tait tout le temps en souffrance. Il faut se garder des bouff&#233;es d'oxyg&#232;ne et essayer, soi, de prendre le plus de recul possible. Je pense que le judo, la fa&#231;on dont je l'ai pratiqu&#233;, m'ont beaucoup apport&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le statut d'intermittent&lt;/strong&gt; est compliqu&#233;, je ne sais m&#234;me pas si quelqu'un pourrait en parler sans dire de b&#234;tises. Il est h&#233;las n&#233;cessaire et en m&#234;me temps dangereux. Il est n&#233;cessaire d'avoir une certaine protection sociale mais c'est dangereux parce que comme tout syst&#232;me qui est fait pour aider les gens qui traversent une difficult&#233; passag&#232;re, eh bien beaucoup de gens essaient de s'y greffer pour, eux, vivre un confort permanent alors que c'est un statut qui est cens&#233; pallier les difficult&#233;s passag&#232;res. Donc le syst&#232;me, il n'est pas bien fait mais je sais pas comment il pourrait &#234;tre mieux, j'ai pas de solution. On le limite par un nombre d'heures de travail dans l'ann&#233;e, moi je pense que c'est pas &#231;a qui fait un artiste ou pas un artiste, c'est ce qu'il fait et qu'il a fait toute sa vie. C'est pas quand on a fait tant d'heures dans l'ann&#233;e qu'on peut se consid&#233;rer comme un artiste, et si on a une heure de moins, du coup on en n'est pas un et on n'a plus le droit &#224; la protection. Moi, mes heures, je les ai &#224; peu pr&#232;s une ann&#233;e sur deux. Autant un figurant peut faire facilement quarante jours de travail dans l'ann&#233;e qui lui donnent son statut, autant moi-m&#234;me, n'&#233;tant pas vedette, y'a des r&#244;les que j'accepte pas, enfin que j'ai pas envie de faire et des projets sur lesquels j'ai pas envie d'&#234;tre, des choses qui sont pas bien pay&#233;es. Alors si je vous disais que le but c'&#233;tait d'avoir tel nombre d'heures, je ferais les choses m&#234;me mal pay&#233;es en me disant &quot;apr&#232;s, pour l'ann&#233;e prochaine, au pire, s'il ne m'arrive rien, pendant un an je suis prot&#233;g&#233;&quot;. Moi je pense qu'il est plus important de d&#233;fendre les conditions de travail. Mais l&#224; en revanche on se retrouve dans un m&#233;tier o&#249; il y a tr&#232;s peu de solidarit&#233; au moment du travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce m&#233;tier est tr&#232;s solidaire entre ch&#244;meurs&lt;/strong&gt;, beaucoup de gens se retrouvent au ch&#244;mage de fa&#231;on irr&#233;guli&#232;re dans l'ann&#233;e, on a plus de jours sans boulot qu'avec, sauf si on est dans une troupe. Du coup, d&#232;s qu'on commence &#224; travailler, on est beaucoup moins solidaire parce que l&#224; c'est un petit peu chacun pour soi. &#192; titre individuel, j'essaie de lutter beaucoup pour mes conditions de travail, pour obtenir un salaire que j'estime convenable. Je pense qu'il serait pr&#233;f&#233;rable qu'on soit moins mais que du coup les gens qui profitent du syst&#232;me soient des gens qui aient leur vraie place. Une femme, quand elle arrive &#224; quarante-cinq ans, y'a des tas de choses qui deviennent extr&#234;mement difficiles pour une actrice, beaucoup plus difficiles que pour un acteur. Son statut devrait &#234;tre trait&#233; diff&#233;remment : qu'a-t-elle fait pendant quarante-cinq ans ? Si effectivement pendant quarante-cinq ans elle n'a dit que : &quot;Madame est servie&quot;, pourquoi l'aider ? Mais si pendant des ann&#233;es elle a fait des choses importantes, on sait bien que pendant cinq ou dix ans, entre quarante et cinquante ans, elle va avoir un cap vraiment difficile. Et on ne tient pas vraiment compte de &#231;a. Mais est-ce que ce serait possible d'en tenir compte, j'en sais rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devenir salari&#233; ? Pas forc&#233;ment.&lt;/strong&gt; La Com&#233;die Fran&#231;aise est une maison extr&#234;mement prestigieuse&#8230; Je sais pas si j'aurais &#233;t&#233; heureux. Le fait d'&#234;tre confront&#233; &#224; un certain r&#233;pertoire et de travailler - alors l&#224; justement avec des conditions assez exceptionnelles - : ils ont plusieurs salles de th&#233;&#226;tre qui sont des outils fabuleux, ils ont des techniciens ; faire ce m&#233;tier-l&#224; dans ces conditions, c'est un luxe, c'est tr&#232;s enviable. Si on me le proposait maintenant, Je pense que j'accepterais, quitte &#224; me dire : &quot;Si &#231;a va pas, si chuis pas heureux, je d&#233;missionne ou ils me virent.&quot; Le truc c'est que comme j'ai un certain &#226;ge, les conditions que je mettrais seraient de savoir ce qui m'attend, je n'entrerais pas pour faire que des petites choses. Maintenant, si on me dit : &quot;On pense &#224; vous pour certains personnages&quot;, alors l&#224;, j'accepterais. Le principe de la Com&#233;die Fran&#231;aise est un tr&#232;s bon principe, on peut aussi bien jouer des premiers r&#244;les que de toutes petites choses dans certaines pi&#232;ces puisqu'on joue plusieurs pi&#232;ces en m&#234;me temps. Ce serait pas un probl&#232;me de jouer des tas de petits r&#244;les dans de belles pi&#232;ces si &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a il y a aussi de belles partitions &#224; interpr&#233;ter. L&#224; on se retrouve vraiment dans le haut du panier. Et puis, c'est s&#251;r que je gagnerais peut-&#234;tre mieux ma vie mais je me poserais vraiment, vraiment la question parce que c'est quelque chose de tr&#232;s prestigieux. J'aurais ador&#233; en tout cas y faire quelque chose, je ne sais s'il est encore temps mais j'aurais ador&#233;. J'ai toujours &#233;t&#233; touch&#233; par le r&#233;pertoire pour lequel je sens que j'ai une certaine capacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;compenses ? Non. J'ai re&#231;u plut&#244;t des coups&lt;/strong&gt; dans la gueule, des coups de pied au cul, mais au d&#233;but, et &#231;a &#231;a m'a fait plut&#244;t du bien, des coups dans la gueule &#231;a fait pas toujours du bien, apr&#232;s quand on prend du recul &#231;a va&#8230; Oui, quand j'&#233;tais &#233;l&#232;ve - quand finalement &#231;a servait &#224; rien d'en avoir mais que c'&#233;tait encourageant : j'ai eu des r&#233;compenses au conservatoire - m&#233;daille d'or en classique - mais un truc qui ne veut strictement rien dire. J'ai pas &#233;t&#233; dans des choses m&#233;diatiques, finalement. Moi-m&#234;me, j'ai jamais &#233;t&#233; mis en avant, donc j'ai jamais postul&#233; &#224; des personnages qui apr&#232;s, peuvent avoir un C&#233;sar ou un Moli&#232;re. &#199;a m'a pas vraiment manqu&#233;, &#231;a pourrait faire plaisir par rapport &#224; une reconnaissance mais la plus grande reconnaissance et le plus important c'est de continuer &#224; &#234;tre engag&#233; quand m&#234;me. Parce qu'on se dit : &quot;Tiens, y'a des gens qui ont confiance&quot;, c'est &#231;a qui est important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En g&#233;n&#233;ral, plus les gens ont du talent&lt;/strong&gt;, plus leur statut de vedette est incontestable, plus ils ont un comportement sain, g&#233;n&#233;reux, sans probl&#232;me, quoi. Dans les gens qui m'ont marqu&#233;, j'ai jou&#233; deux fois avec Darry Cowl, c'&#233;tait un &#234;tre vraiment d&#233;licieux, le m&#234;me, quoi, le m&#234;me, compl&#232;tement dans les nuages, dans la lune, po&#233;tique, dr&#244;le, d&#233;cal&#233;. D'ailleurs, mon bateau je l'ai baptis&#233; &quot;Canaillou&quot; parce qu'il est au pied du Cap Canaille mais aussi en hommage &#224; Darry, quoi. C'est vraiment un mec formidable. Y'a eu d'autres grands acteurs, Robert Hirsch au th&#233;&#226;tre, c'&#233;tait quelqu'un que j'attendais de rencontrer depuis longtemps et puis Penelope Cruz, c'&#233;tait pas mal, avec Isabelle Hupert sur le dernier Chabrol &quot;L'ivresse du pouvoir&quot;, j'avais quasiment toutes mes journ&#233;es avec elle, douze jours &#224; ses c&#244;t&#233;s. Elle pourrait para&#238;tre assez aust&#232;re ou froide ou ferm&#233;e mais elle est surtout concentr&#233;e, disponible au moment o&#249; il faut, avec la personne qu'il faut, avec ses partenaires ou son metteur en sc&#232;ne, vraiment au moment o&#249; il faut. Et le reste est une forme de protection pour &#234;tre justement tr&#232;s disponible &#224; ces moments-l&#224;. C'est quelqu'un d'assez sensible et intelligent et tout &#231;a, qui a donc compris qu'il fallait un petit peu se m&#233;nager. Mais c'&#233;tait quelqu'un de tout &#224; fait agr&#233;able.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pubs ? Tr&#232;s rarement, tr&#232;s rarement&lt;/strong&gt;. &#199;a doit m'arriver une fois tous les sept ou dix ans, quoi, vraiment tr&#232;s tr&#232;s peu. La derni&#232;re, c'&#233;tait une pub pour les &#201;tats-Unis, donc qu'on verra pas en France, quoi. J'ai tourn&#233; &#224; Prague, c'&#233;tait assez amusant, et celle d'avant c'&#233;tait pour Peugeot y'a dix ans. Parce que je suis assez peu mis sur le coup des castings et que je dis rarement oui, ne serait-ce que pour aller au casting de pub, je pense qu'on perd souvent son temps. Si les pubs sont pas bien pay&#233;es, je vois pas l'int&#233;r&#234;t d'en faire, parce que le but il est quand m&#234;me commercial pour tout le monde. Aujourd'hui les pubs sont beaucoup moins pay&#233;es qu'avant, donc du coup, si les conditions ne sont pas bonnes ou marrantes, si c'est pas pour tourner avec des metteurs en sc&#232;ne prestigieux&#8230; J'ai pas envie de me retrouver en train de passer plusieurs fois par jour le soir, faut faire attention &#224; ne pas faire les m&#233;langes de genre. Si un soir o&#249; j'ai un t&#233;l&#233;film ou une fiction, j'ai un personnage assez important et que &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a je vends une lessive juste avant, je trouve que c'est un peu d&#233;plac&#233;. Alors, &#224; moins de gagner vraiment beaucoup beaucoup d'argent pour faire, voil&#224;, faut faire attention &#224; ne pas trop m&#233;langer, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui fait bien gagner sa vie &#224; un acteur, finalement&lt;/strong&gt; - s'il n'est pas d&#233;j&#224; une grosse vedette ou si c'est un d&#233;butant car il faut faire ses armes au d&#233;but - c'est le temps pass&#233; sur les plateaux. En m&#251;rissant, les r&#244;les sont plus int&#233;ressants, on peut un petit peu n&#233;gocier les choses mais parall&#232;lement, les films se font de plus en plus rapidement et comme on est pay&#233; &#224; la journ&#233;e de tournage&#8230; Donc &#231;a d&#233;pend des films. Par exemple sur ce film-l&#224;, je suis pay&#233; deux fois moins que sur &quot;Le tuteur&quot;. Mais parce que ce r&#244;le m'int&#233;ressait quand m&#234;me. En g&#233;n&#233;ral j'&#233;vite de tourner pour moins cher, sauf pour des courts m&#233;trages ou des choses o&#249; y'a vraiment pas d'argent. L&#224; c'&#233;tait l'occasion de travailler avec un nouveau metteur en sc&#232;ne que je connaissais amicalement. Y'a des ann&#233;es o&#249; on travaille bien, y'a des ann&#233;es o&#249; on a beaucoup de rediffusions, on a de bonnes surprises : on a fait une saga de l'&#233;t&#233; qui a &#233;t&#233; rediffus&#233;e et du coup on touche des droits. Vraiment, &#231;a d&#233;pend des ann&#233;es. Cette ann&#233;e j'ai pas &#224; me plaindre, l'ann&#233;e prochaine, comme pour l'instant, j'ai peut-&#234;tre pas assez d'heures pour mes assedic, si je ne travaille pas r&#233;guli&#232;rement, je risque d'&#234;tre en difficult&#233;. Les compteurs se remettent &#224; z&#233;ro &#224; chaque fois, en ce qui me concerne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;ll faut savoir rep&#233;rer les choses plus passionnantes &#224; faire&lt;/strong&gt;. Au printemps, j'ai fait un court m&#233;trage, j'ai travaill&#233; pendant neuf jours pour deux cents euros, mais pas deux cents euros par jour, deux cents euros pour les neuf jours ! Et encore, peut-&#234;tre que j'aurais pas &#233;t&#233; pay&#233;, que je l'aurais fait. Mais parce que c'&#233;tait un r&#233;alisateur japonais, son sc&#233;nario &#233;tait int&#233;ressant, c'&#233;tait des jeunes techniciens, jeunes chefs op&#233;rateurs, on sentait qu'ils avaient envie de travailler tr&#232;s bien. Peut-&#234;tre que le truc sera pas bon &#224; l'arriv&#233;e, mais &#231;a vaut le coup, de temps en temps, de prendre des risques comme &#231;a, en se disant : &quot;Voil&#224;, l&#224; je le fais vraiment pour le plaisir de le faire et on verra bien ce qui en sortira, peut-&#234;tre que &#231;a va &#234;tre une tr&#232;s bonne surprise.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En g&#233;n&#233;ral, je ne prospecte pas&lt;/strong&gt;. J'ai parfois essay&#233;, des fois je suis au courant de certains trucs, plus je me remue pour essayer de sortir quelque chose, moins &#231;a r&#233;ussit. Donc j'ai compris &#224; la limite que plus je tournais le dos &#224; &#231;a, plus j'avais des chances pour qu'on m'appelle, pour qu'on me dise : &quot;Non, non, reste, reviens, y'a ci y'a &#231;a.&quot; Donc je laisse reposer mon destin un peu, j'aimerais pouvoir le prendre plus en main mais c'est effectivement entre les castings et mon impresario que &#231;a se passe, quoi. Heu, pour le th&#233;&#226;tre, on m'appelle directement, en g&#233;n&#233;ral. Le probl&#232;me, quand on demande, il faut accepter un principe, c'est qu'apr&#232;s on ne peut pas se plaindre. Si on demande &#224; travailler, on n'est pas trop en mesure de discuter les conditions financi&#232;res, mais apr&#232;s on n'est pas trop en mesure de discuter quoi que ce soit. Si &#231;a se passe mal avec le metteur en sc&#232;ne, eh ben on est l&#224; parce qu'on l'a voulu plus que parce qu'il a voulu. Si la pi&#232;ce ne marche pas, on vous le fout sur le dos parce que quelque part ils se disent : &quot;C'est l'&#233;l&#233;ment qu'on n'a pas choisi.&quot; Voil&#224; pourquoi je me bagarre pas des masses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est vrai, le copinage existe&lt;/strong&gt; mais un peu comme partout, c'est plut&#244;t des bandes qui se forment, des gens qui travaillent entre eux, qui s'entendent bien et qui du coup continuent &#224; monter des projets entre eux parce que &#231;a se passe bien. Mais le piston par copinage, c'est pas &#233;vident ou &#231;a va &#234;tre sur des bricoles. Je connais beaucoup de potes qui ont des potes r&#233;alisateurs et tout &#231;a et s'ils les font venir, c'est parce qu'ils les aiment bien, aussi, mais ils ne peuvent pas confier un r&#244;le principal juste parce que c'est un copain, il faut convaincre d'autres gens. Donc parfois on peut se poser des questions sur la qualit&#233; de ce qu'on voit. Je crois plus que du copinage ou du piston c'est juste des erreurs de choix. Le copinage existe mais pas plus qu'ailleurs et pas de fa&#231;on forc&#233;ment n&#233;gative. C'est normal, finalement, que quand il y a une bande qui commence &#224; travailler ensemble, les gens aient envie de continuer avec la m&#234;me bande, surtout si le truc a &#233;t&#233; un succ&#232;s. Y'a des petites familles qui se cr&#233;ent comme &#231;a. C'est un petit peu comme des clans mais c'est in&#233;vitable et c'est pas un vrai probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'aimerais un jour r&#233;aliser.&lt;/strong&gt; &#199;a fait tr&#232;s tr&#232;s longtemps que j'y pense. Le probl&#232;me c'est que, en France, le r&#233;alisateur est en g&#233;n&#233;ral auteur et que moi je suis pas auteur. J'ai trop d'admiration pour l'&#233;criture et les gens qui savent bien &#233;crire pour me dire que n'importe qui est capable d'&#233;crire quelque chose. Peut-&#234;tre que j'ai rien &#224; dire, &#224; ce moment-l&#224; je l'assume, mais n'ayant pas de grandes frustrations - dans l'existence j'arrive toujours &#224; trouver des centres d'int&#233;r&#234;ts - rien ne me pousse &#224; prendre la plume. Je vis des choses, quoi ! Donc je n'&#233;cris pas. Peut-&#234;tre que je pourrais co-&#233;crire avec quelqu'un parce que j'ai des id&#233;es, au niveau adaptation j'ai des capacit&#233;s, mais je me sens pas &#224; la hauteur d'un cr&#233;ateur, d'un type qui a des id&#233;es, qui les glisse noir sur blanc comme &#231;a, venues de rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai toujours eu une forme de reconnaissance professionnelle&lt;/strong&gt;. Chaque fois que j'ai fait des choses importantes, m&#234;me quand elles &#233;taient pas connues du grand public. Mais bon, l&#224;, depuis trois, quatre ans, y'a beaucoup de choses qui se sont faites &#224; la t&#233;l&#233; et puis une belle pi&#232;ce qui est tomb&#233;e au bon moment et tout &#231;a. Et depuis les deux derni&#232;res ann&#233;es je dois avoir deux, trois t&#233;l&#233;films par mois qui sont diffus&#233;s. &#199;a veut pas dire que j'en tourne autant mais avec les rediffusions, les choses qui passent et qui repassent, je donne l'impression d'&#233;norm&#233;ment travailler. Donc forc&#233;ment, les gens, ils vous voient une fois, ils vous reconnaissent pendant deux, trois jours, puis ils vous voient plusieurs fois dans un r&#244;le un peu marquant, ils vous reconnaissent mais &#231;a dure quinze jours. Et puis &#224; un moment donn&#233;, quand on repasse sur le pli, &#231;a y est, les gens savent qui vous &#234;tes. Effectivement ch'uis reconnu par les gens. Pas tout le monde conna&#238;t mon nom, hein ! Mais en g&#233;n&#233;ral ils savent qui je suis. En revanche, ce qui est plus important pour moi c'est que mon travail soit reconnu. &#199;a me touche quand on me dit : &quot;J'aime bien ce que vous faites.&quot; D'autant plus quand c'est quelqu'un du m&#233;tier, &#231;a c'est une r&#233;compense, pour moi. Le but que je me fixe c'est &#231;a. C'est pas tous les soirs passer &#224; la t&#233;l&#233; dans &quot;Plus belle la vie&quot; - m&#234;me si &#231;a peut &#234;tre tr&#232;s bien - et du coup pas pouvoir passer devant une &#233;cole sans se faire sauter dessus, c'est pas &#231;a, le but. Mais qu'un jour y'ait des acteurs qui disent : &quot;Ah tiens, ch'uis content, aujourd'hui je vais jouer avec Jean-Marie Juan&quot;, alors &#231;a ! &#199;a, &#231;a serait une r&#233;ussite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai jamais eu beaucoup de projets d'avance&lt;/strong&gt;. Comme je sais jamais d'avance ce que je vais faire, ce qu'on va me proposer, ce que je vais vivre, du coup dans ma vie c'est un peu pareil. Alors ch'uis pas du tout angoiss&#233;. Si je d&#233;cide de partir en voyage, &#231;a se fait toujours au dernier moment, c'est vraiment au coup de c&#339;ur &#224; chaque fois. Si y'a l'occasion d'un truc, hop ! Ch'uis libre, dispo, je le fais. Si je peux pas, je m'arrange autrement. C'est tout le temps un petit peu en improvisation. Donc c'est plus facile effectivement, quand on est c&#233;libataire, de vivre comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par &#201;ric Larousse le 24/10/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Deux pieds sur terre</title>
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		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s constat&#233;, il faut agir vite. Le thanatopracteur est celui qui traite la d&#233;pouille en vue de son ultime pr&#233;sentation aux vivants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je pourrais toujours avoir des regrets d'avoir choisi ce m&#233;tier par rapport &#224; ce que j'avais fait initialement, mon dipl&#244;me de mus&#233;ologie. J'aurais plus &#233;t&#233; attir&#233; par la critique d'art ou la documentation ! J'aurais d&#251; passer le conservatoire de mus&#233;e. Mais au retour de l'arm&#233;e, j'&#233;tais un petit peu las de tout &#231;a, et donc j'ai recommenc&#233; &#224; z&#233;ro. Maintenant, je connais tellement bien le m&#233;tier que je me demande si je pourrais faire autre chose&#8230; Je pense que je suis condamn&#233; &#224; aller jusqu'au bout. &#187; G&#233;rard Tondu, thanatopracteur, 53 ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand la profession existe-t-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une question toujours un peu d&#233;licate. Heu&#8230; il faut remonter au XIX&#232;me si&#232;cle pour voir appara&#238;tre d&#233;j&#224; le premier traitement d'un corps d'un d&#233;funt avec une m&#233;thode qui est celle qu'on pratique encore aujourd'hui. Il y a eu des exp&#233;rimentations pr&#233;alables mais ce n'&#233;tait que des exp&#233;rimentations. Et la premi&#232;re m&#233;thode qui a &#233;t&#233; suivie, et qui fait r&#233;f&#233;rence, date &#224; peu pr&#232;s des ann&#233;es 1840. Donc, c'est un m&#233;decin fran&#231;ais qui l'a mise au point, et cette m&#233;thode a &#233;t&#233; appliqu&#233;e par les Am&#233;ricains suite &#224; la guerre de S&#233;cession au cours des ann&#233;es 1860 et jusqu'en 1865 ; on rapatriait des jeunes Yankees qui d&#233;c&#233;daient sur le champs de bataille de Virginie. Et donc, comme le voyage &#233;tait assez long, on a exp&#233;riment&#233; justement cette m&#233;thode de conservation. Et les Am&#233;ricains l'ont d&#233;velopp&#233;e d'une mani&#232;re beaucoup plus syst&#233;matique &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle. Les premiers thanatopracteurs - qu'on appelait simplement des embaumeurs &#224; l'&#233;poque - ont commenc&#233; &#224; travailler en France, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, dans les ann&#233;es 50. Pour la plupart c'&#233;taient des Am&#233;ricains appel&#233;s par des entreprises de Pompes Fun&#232;bres. Notamment la Maison Roblot dans le sud-est de la France. Ils ont form&#233; les premiers v&#233;ritables thanatopracteurs fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; le d&#233;clic pour aborder cette profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a c'est la question pi&#232;ge (rires). Est-ce qu'on est vraiment n&#233;crophile ou autre ? Est-ce qu'on est n&#233; l&#224;-dedans ? Bon, moi, non. Mon p&#232;re &#233;tait militaire, ma m&#232;re &#233;tait teinturi&#232;re. J'ai suivi des &#233;tudes comme beaucoup de gens et puis &#224; la fin des &#233;tudes, fin des ann&#233;es 70, je me suis retrouv&#233; un peu &#224; la rue. J'avais mes dipl&#244;mes en poche qui servaient pas &#224; grand chose : &#233;cole d'histoire de l'art ! Un jour, je suis tomb&#233; sur une annonce dans le Figaro o&#249; on cherchait des jeunes hommes - &#224; l'&#233;poque c'&#233;taient des hommes, bon maintenant y'a beaucoup de femmes - pour suivre une formation pour devenir thanatopracteur ; je ne connaissais pas du tout, mais ayant fait un peu de Grec en quatri&#232;me, j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;Tiens, &quot;thanatos&quot;, c'est la mort. Y'a des gens qui font peut-&#234;tre de l'embaumement&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Je ne savais pas que &#231;a existait, je suis rentr&#233; l&#224; par int&#233;r&#234;t et curiosit&#233;. Et puis je pense qu'on attrape le virus apr&#232;s. C'est vrai que c'est un milieu int&#233;ressant, m&#234;me s'il est un peu marginal. Et on arrive &#224; y faire carri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle formation avez-vous suivie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai suivi ma formation tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le 2 juillet 1980, donc &#231;a fait maintenant vingt-six ans. &#192; l'&#233;poque la formation &#233;tait assur&#233;e par des entreprises dans le cadre de l'Institut fran&#231;ais de Thanatopraxie, qui &#233;tait une association. Le m&#233;tier n'&#233;tait pas vraiment reconnu comme il l'est maintenant. Mais d&#233;j&#224;, des structures de formation pour l'enseignement th&#233;orique &#233;taient assur&#233;es par des m&#233;decins l&#233;gistes, des m&#233;decins, par des professeurs de facult&#233; et un enseignement pratique qui &#233;tait &#233;tal&#233; sur deux ans et au bout duquel on obtenait un dipl&#244;me interne et qui permettait d'exercer ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment votre entourage a-t-il r&#233;agi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mal. Tr&#232;s mal, &#233;videmment ! Un papa militaire, officier dans l'arm&#233;e de l'air, une vieille culture petite bourgeoise provinciale, des gens un peu guind&#233;s&#8230; que j'aime beaucoup, c'est mes parents. Bon, la famille tr&#232;s tr&#232;s stricte. Avec moi qui &#233;tais &#233;l&#232;ve brillant &#224; l'&#233;cole, qui avais plus ou moins r&#233;ussi ses dipl&#244;mes &#224; la facult&#233;. Apr&#232;s le service militaire, je me suis retrouv&#233; &#224; la rue et oblig&#233; de trouver dans des m&#233;tiers un petit peu alimentaires. Brusquement, se trouver vers&#233; dans cet univers qui &#224; l'&#233;poque &#233;tait un peu tabou, qui l'est encore aujourd'hui, quoique quand on l'a int&#233;gr&#233;, on s'en rend moins compte. Avec mes parents, pendant des mois, voire des ann&#233;es, on a &#233;vit&#233; de parler de&#8230; des sujets qui f&#226;chaient, voil&#224;. Donc, c'est maintenant pass&#233;, ils savent que &#231;a aura &#233;t&#233; ma vie professionnelle. Mon parcours professionnel est rest&#233; au sein des pompes fun&#232;bres, mais je me suis occup&#233; aussi, par intermittence, de fabrication, distribution de produits pour les thanatopracteurs. Et puis j'ai fait aussi de la pompe fun&#232;bre en tant qu'assistant fun&#233;raire, directeur d'agence. Donc je connais un peu toutes les facettes. Mes parents ont fait la part des choses, mais il a bien fallu une bonne dizaine d'ann&#233;es avant qu'ils acceptent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : M&#233;tier f&#233;minin ou masculin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes premi&#232;res ann&#233;es, il y avait une femme pour cinquante thanatopracteurs, donc c'&#233;tait vraiment tr&#232;s peu. Aujourd'hui, c'est un m&#233;tier qui se f&#233;minise de plus en plus, on arrive &#224; pratiquement 50% de l'effectif f&#233;minin. Je le vois au niveau de la formation que j'assure dans certaines &#233;coles. J'ai &#233;t&#233; surpris de constater que sur la totalit&#233; des effectifs, plus des deux tiers de femmes reprennent le m&#233;tier. Dans mon entreprise, par exemple, nous sommes trois : moi, le plus &#226;g&#233;, je suis le responsable et le r&#233;partiteur et je suis sur le terrain. Et j'ai une jeune thanatopracticienne - terme canadien - qui a 23 ans. Elle a eu son dipl&#244;me il y a deux ans ; elle est l&#224; depuis l'ann&#233;e derni&#232;re. Et j'en ai une seconde qui a eu son dipl&#244;me r&#233;cemment et qui travaille chez nous depuis le mois de juillet. Pendant trente ans, on a pens&#233; que la thanatopraxie &#233;tait un m&#233;tier d'homme. Pourquoi ? Eh bien, la manipulation des corps faisait qu'on avait le sentiment que c'&#233;tait un m&#233;tier physique, et la fameuse manipulation des corps avait un effet repoussoir. Mais les infirmi&#232;res, les aides-soignantes ou les gens qui travaillent dans les maisons de retraite rencontrent d'&#233;normes probl&#232;mes de manipulation, pas forc&#233;ment de corps, mais de malades et de patients, et elles s'en sortent tr&#232;s bien&#8230; Donc c'&#233;tait un faux probl&#232;me, voil&#224;. Il y a divers moyens ergonomiques, on apprend &#224; le faire de mani&#232;re intelligente, &#224; ne pas travailler avec ses muscles, mais avec sa t&#234;te. Les hommes allaient souvent en force et se fatiguaient beaucoup plus vite : probl&#232;mes de dos, de reins, alors que les femmes tiennent mieux dans le temps. Pourquoi ? Parce qu'elles ont appris &#224; ma&#238;triser les gestes, et elles le font d'une mani&#232;re intelligente, sans forcer. Ce n'est pas seulement en soulevant quelqu'un &#224; bout de bras qu'on arrive &#224; quelque chose. Je dirais que les femmes ont appris aux hommes &#224; mieux tenir dans ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Recevez-vous parfois les familles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, g&#233;n&#233;ralement non. On les rencontre par la force des choses, quand on va &#224; leur domicile mais c'est pas nous qui les recevons, attention, hein ! Les familles se d&#233;placent vers les agences, vers les bureaux des pompes fun&#232;bres, elles contractent les commandes concernant les prestations fun&#233;raires. Officiellement, nous on n'existe&#8230; On existe par le biais de l'entreprise des pompes fun&#232;bres, mais on n'existe pas. La famille, elle ne nous conna&#238;t pas. Nous sommes mandat&#233;s par les pompes fun&#232;bres qui ont d&#233;j&#224; re&#231;u les familles pour une autre intervention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment les familles vous per&#231;oivent-elles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ahah !&#8230; Comme des &#234;tres un peu &#233;tranges et parfois comme le messie. &#192; domicile, quand une personne est d&#233;c&#233;d&#233;e, les gens n'osent pas y toucher, bien souvent. Ils la laissent telle quelle. Parfois la personne est d&#233;c&#233;d&#233;e dans un fauteuil, ils nous demandent de la changer d'endroit&#8230; Bon, ce n'est pas facile quand on n'a pas &#233;t&#233; averti : le corps peut changer, parfois y'a des &#233;coulements ; y'a des choses pas tr&#232;s agr&#233;ables. Donc il y a des gens qui sont tr&#232;s inquiets de notre venue ; ils nous attendent avec beaucoup d'impatience, parce que plus vite on intervient, mieux &#231;a vaut. Parfois on ne peut pas, on a pr&#233;vu d'autres op&#233;rations. Et l&#224;, ils nous rappellent : &quot;&lt;i&gt;Ils sont toujours pas l&#224; ? Qu'est-ce qui se passe ?&lt;/i&gt;&quot; Apr&#232;s c'est : &quot;&lt;i&gt;Qu'est-ce qu'on va lui faire ?&lt;/i&gt;&quot; On va s'enfermer dans la chambre avec le d&#233;funt. Bon, c'est pas &#224; nous d'expliquer, de rentrer dans les d&#233;tails, parce qu'apr&#232;s &#231;a traumatise les gens qui ont tendance &#224; fantasmer sur un imaginaire glauque. Donc, on les rassure par les mots qu'on utilise habituellement :&quot;&lt;i&gt;On va prendre toutes les pr&#233;cautions, on va bien le pr&#233;parer et on va surtout utiliser des produits pour pouvoir le conserver dans les meilleures conditions pendant les jours qui vont pr&#233;c&#233;der les obs&#232;ques. Et qu'ils ne s'inqui&#232;tent pas, on est des professionnels, on n'intervient pas comme &#231;a, comme des charlots.&lt;/i&gt;&quot; G&#233;n&#233;ralement le message passe bien. Je n'ai jamais senti des gens&#8230; Vous savez, il y a des gens qui ont une curiosit&#233; malsaine, qui ont tendance &#224; vouloir entrer intempestivement, oui, oui, en plein milieu d'une intervention. C'est tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able. Apr&#232;s y'a des gens qui viennent frapper &#224; la porte : &quot;&lt;i&gt;&#199;a va ? Vous n'avez besoin de rien ?&lt;/i&gt;&quot; Donc y'a des gens qui sont inquiets et curieux. C'est selon la nature de chacun, je dirais. Y'a des gens, par contre, qui nous disent : &quot;&lt;i&gt;Y'a pas de soucis, prenez tout votre temps&lt;/i&gt;&quot; et qui ne nous d&#233;rangeront surtout pas. Y'a des gens qui n'osent pas aller dans la chambre, qui nous indiquent : &quot;&lt;i&gt;C'est au fond du couloir&lt;/i&gt;&quot;. On a affaire &#224; tout un panel, toute la diff&#233;renciation de la race humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La religion entre-t-elle en jeu, parfois ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors &#231;a, la religion rentre en jeu dans la pratique de base. Chez les Juifs, on ne pratique les soins de conservation que dans le cadre des transports vers Isra&#235;l, parce que c'est la loi isra&#233;lienne qui l'oblige. Mais sinon, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on ne le fait jamais quand c'est des inhumations en France. Chez les Musulmans, alors l&#224;, &#231;a d&#233;pend des endroits : quand ils veulent garder &#224; la maison, maintenant ils acceptent, mais les Imams sont l&#224; pour dire que c'est pas dans le Coran. Apr&#232;s, chez les religieux d'ob&#233;dience chr&#233;tienne et assimil&#233;s, vous avez les Catholiques et les Protestants chez qui &#231;a ne pose aucun probl&#232;me puisque ce sont des pratiques anglo-saxonnes d'origine protestantes et puis vous avez les particularismes, surtout les T&#233;moins de J&#233;hovah. L&#224;, c'est une fois sur deux : y'en a qui acceptent, d'autres qui n'acceptent pas. Je dirais, la religion en r&#233;alit&#233; ne rentre pas en ligne de compte. C'est une d&#233;marche personnelle de la part des gens. Ils veulent se r&#233;fugier derri&#232;re des soi-disant pr&#233;ceptes religieux pour justifier leur position, mais les religions, nous, on n'en parle pas trop. Chez les juifs, ils ne le font pas, ils disaient que finalement celui qui &#233;tait embaum&#233;, c'&#233;tait Joseph, l'ami du pharaon, que lui avait &#233;t&#233; embaum&#233; selon le rite &#233;gyptien, mais que lui le m&#233;ritait parce qu'il avait atteint un degr&#233; sup&#233;rieur, mais que par contre le peuple, &#224; son niveau le plus bas, ne le m&#233;rite pas. Ce traitement, c'est par humilit&#233; qu'ils ne le font pas. En tout cas ils le font pour aller en Isra&#235;l, par s&#233;curit&#233;, parce que parfois il y a des probl&#232;mes de f&#234;te ou autre, il y a un d&#233;lai relativement long entre le d&#233;part et l'inhumation. Et il ne faut pas oublier que l&#224;-bas les corps sont d&#233;pot&#233;s des cercueils, donc ils sont inhum&#233;s &#224; m&#234;me le sol, ce qui veut dire que les services religieux - ce qu'on appelle &quot;Le Dernier Devoir&quot;- qui s'occupent de cela, pour des raisons sanitaires et hygi&#233;niques n'ont pas envie de manipuler des corps qui sont d&#233;j&#224; en &#233;tat de d&#233;composition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous suivi une formation psychologique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, dans le cadre de la formation, un psychologue intervient. On a surtout un apprentissage au niveau de la psychologie des familles en deuil : comment nous adapter, conseiller, orienter, rassurer les familles, les attitudes et tout &#231;a, pour pouvoir les comprendre, pouvoir nous situer par rapport &#224; elles d'une mani&#232;re positive, correcte, et surtout ne jamais &#234;tre en manque de r&#233;ponses. Et puis, on va dire que c'est le terrain qui nous apprend. Vous savez, quand vous d&#233;marrez plein de th&#233;ories, la r&#233;alit&#233; vous rattrape toujours et c'est de la r&#233;alit&#233; que vous forgez votre exp&#233;rience. Au bout de tant d'ann&#233;es de m&#233;tier, j'ai vu tellement de cas que &#231;a sert de le&#231;on et &#231;a permet de r&#233;pondre aupr&#232;s des diff&#233;rentes cat&#233;gories. Au d&#233;marrage, c'est toujours le flou et puis les choses prennent corps au fur et &#224; mesure qu'on avance dans le temps. Apr&#232;s on apprend &#224; &#234;tre toujours un peu d&#233;tach&#233;, &#224; rester ma&#238;tre de nous, &#224; rester tr&#232;s distanci&#233; par rapport &#224; notre pratique, &#224; ne pas rentrer dans le jeu des familles en deuil, &#224; ne pas partager le deuil. Sans bien s&#251;r &#234;tre absent de compassion, mais sans rentrer dans le jeu des familles, qu'elles n'aient besoin que pour notre partie, puisque, comme on dit, notre aventure continue en permanence, on ne peut pas s'attarder. Quand on quitte une famille c'est pour aller dans une autre famille. Si on commence &#224; rentrer dans ce jeu, ce n'est pas tr&#232;s bon, &#231;a veut dire qu'on n'est pas pr&#234;t pour assurer ce m&#233;tier dans la long&#233;vit&#233;. On va d&#233;penser, donner &#233;norm&#233;ment. On va vite s'&#233;puiser et en avoir par-dessus la t&#234;te, et on va avoir un rejet du m&#233;tier. Il faut faire la part des choses ; on p&#233;n&#232;tre&#8230; on viole en quelque sorte l'intimit&#233; des gens &#224; leur pire moment de leur existence, mais il faut que ce soit tr&#232;s passager, tr&#232;s furtif. Et nous, il ne faut pas qu'on prenne sur nous. Les familles ont besoin d'interlocuteurs. On est toujours un bon interlocuteur, parce que nous allons chez les gens, et on rentre dans un univers qui n'est pas commercial. Nous sommes l&#224; pour apporter du soulagement, pour apaiser les gens ; on va habiller les gens. Donc on rentre dans le vieux rituel, ce qui fait qu'on devient des interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s pour les familles. Mais attention ! Ne jamais aller trop loin, ne pas d&#233;passer la ligne rouge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me avez-vous des convictions religieuses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Je suis d'une vieille &#233;ducation protestante rigoriste. Maintenant, je dirais : &#224; force d'&#233;tudier et de discuter religion avec les gens, je finis par me demander si l'homme n'est pas plus &#226;g&#233; que Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quel esprit travaillez-vous sur les corps ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est r&#233;ducteur. Notre activit&#233;, c'est une aventure. &#192; partir du moment o&#249; on va nous passer l'ordre, y'a un cheminement. Imaginez : je suis bien &#224; la maison, j'ai fini ma journ&#233;e, il est six heures du soir, et j'ai une entreprise qui va m'appeler pour aller &#224; Toulon, &#224; un domicile. L&#224;, dans quel &#233;tat d'esprit je suis ? L'&#233;tat d'esprit d'une personne qui est fatigu&#233;e, qui a eu une dure journ&#233;e de travail et qui est oblig&#233;e de repartir. Eh bien, &#231;a c'est le lot de notre dur m&#233;tier. C'est un peu la loterie. Le soir, on est tranquille ou on ne l'est pas. Donc, on part dans un esprit un peu &#233;nerv&#233;. Notre entreprise fonctionne sept jours sur sept. Et le t&#233;l&#233;phone aussi. C'est-&#224;-dire qu'il n'y a pas de r&#233;pondeur qui dit : &quot;&lt;i&gt;Nos bureaux sont ouverts de telle heure &#224; telle heure.&lt;/i&gt;&quot; &#199;a n'existe pas. Enfin on fait des relais, mais&#8230; On n'intervient pas n&#233;cessairement la nuit, parce qu'on doit faire une d&#233;claration pr&#233;alable en Mairie. Bon, ils sont ferm&#233;s, donc il n'y a pas d'autorisation, mais &#231;a n'emp&#234;che pas un coup de fil pour pouvoir intervenir le matin de bonne heure. Enfin, c'est comme &#231;a&#8230; Alors, dans quel &#233;tat d'esprit on travaille ? Le matin &#231;a va, le soir c'est un petit peu plus dur. Apr&#232;s il y a la route. Bon, &#231;a va, &#231;a d&#233;tend un petit peu, on &#233;coute de la musique, et on se pr&#233;pare &#224; arriver dans un domicile. Alors, l'&#233;tat d'esprit, pour nous, c'est toujours&#8230; La crainte c'est qu'on ne sait pas sur qui on va tomber. Comment est la famille ? C'est des gens sympathiques ou r&#233;calcitrants ? On esp&#232;re toujours tomber sur le c&#244;t&#233; le plus agr&#233;able. Et puis comment est le corps ? On esp&#232;re toujours qu'il n'est pas trop gros. Et puis le lit. Vous savez, parfois le lit est tr&#232;s bas ; travailler pendant une heure, plancher sur un d&#233;funt quand le lit est tr&#232;s bas, tous les thanatopracteurs angoissent l&#224;-dessus. Donc, quand on arrive et qu'on voit que c'est un lit m&#233;dicalis&#233;, de suite on va travailler dans un meilleur &#233;tat d'esprit. Sinon, l'&#233;tat d'esprit, apr&#232;s, c'est un probl&#232;me technique &#224; r&#233;soudre, on doit pratiquer une incision ou injecter un produit ou v&#233;rifier que tout se passe bien. On est dans un encha&#238;nement de gestes jusqu'&#224; la fin, jusqu'&#224; l'habillage. Ensuite, un autre &#233;tat d'esprit, c'est celui de la pr&#233;sentation &#224; la famille. L&#224;, &#231;a devient&#8230; On essaye de bien finir notre travail. Le maquillage, juste ce qu'il faut, ni trop peu ni pas assez. Trop peu : il faut pas que ce soit trop blanc, trop blafard. Trop : il faut faire attention &#224; ne pas mettre trop de couleurs parce que &#231;a peut se voir. Donc, tout &#231;a, la petite touche, le petit coup de peigne&#8230; Puis la pr&#233;sentation du lit, le moment crucial, quand la famille va voir le corps. Les gens ne savent pas comment on va le restituer. Il faut qu'il ait une belle attitude, une attitude digne, une attitude de sommeil apais&#233; pour que les gens soient rassur&#233;s et qu'il vivent une &#233;motion mais dans le bon sens. L&#224;, l'&#233;tat d'esprit, c'est toujours ce petit moment d'angoisse : &quot;Comment la famille va r&#233;agir ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous fait tenir dans le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui permet de continuer ce m&#233;tier, c'est l'attitude de la famille. Quand les gens nous disent : &quot;&lt;i&gt;Merci, c'est tr&#232;s beau ce que vous avez fait&lt;/i&gt;&quot;. C'est notre satisfaction. &#192; la limite, quand on s'en va, bien qu'il soit tard, on rentre, on est fatigu&#233;, on est content. On est parti un peu fatigu&#233;, un peu d&#233;prim&#233;, et on ressort en se disant : &quot;&lt;i&gt;Finalement, c'est ce qui est int&#233;ressant dans ce m&#233;tier.&lt;/i&gt;&quot; Si tout le monde s'en foutait, &#224; la limite peut-&#234;tre la r&#233;p&#233;tition des gestes sans jamais de r&#233;action, quelle qu'elle soit, serait une lassitude totale. C'est vrai qu'on travaille toujours dans un univers un peu mortuaire, toujours des cadavres&#8230; quoique, c'est pas ce qu'on voit le plus dans la journ&#233;e ; on voit plus de vivants que de cadavres&#8230; Mais la r&#233;action des familles, quand elle est positive, &#231;a nous donne quelque chose, ce boum au c&#339;ur qui fait que l'on se rend compte qu'on sert &#224; quelque chose. On a des familles qui veulent nous remercier parce qu'elles ont une attention ; alors elles vont remettre l'enveloppe aux pompes fun&#232;bres avec un petit mot. Aussi, quand c'est dans des chambres fun&#233;raires, il y a toujours un livre d'or, et les gens marquent leurs impressions. Ce qui nous fait plaisir, c'est lorsque les gens &#233;crivent : &quot;&lt;i&gt;Merci au thanatopracteur ou la personne qui a pr&#233;par&#233; le corps, il a vraiment tr&#232;s bien travaill&#233;.&lt;/i&gt;&quot; Il y a aussi des familles qui sont tr&#232;s attentives et qui tiennent absolument &#224; nous rencontrer pour nous remercier, des gens qui laissent parfois un cadeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le r&#233;sultat de votre travail est-il sujet &#224; critiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r. &#199;a, c'est tr&#232;s d&#233;primant. Parfois les gens ne sont pas contents parce qu'ils ont des motifs fallacieux. On essaie tous d'avoir de tr&#232;s bons r&#233;sultats. Maintenant on a un probl&#232;me commun : la personne d&#233;c&#233;d&#233;e, on ne l'a jamais connue avant, et donc quand elle a &#233;t&#233; d&#233;form&#233;e par la mort, par l'agonie, il faut interpr&#233;ter, r&#233;interpr&#233;ter le visage et parfois on peut se planter, parfois on peut en faire trop, trop bien, et parfois on peut choquer. Par exemple, souvent on entend : &quot;&lt;i&gt;Surtout pas de maquillage !&lt;/i&gt;&quot; Donc les gens sont traumatis&#233;s &#224; cette id&#233;e que le thanatopracteur est quelqu'un qui maquille &#224; outrance. C'est faux, mais parfois c'est tentant. Plus pour nous faire plaisir qu'autre chose. &#199;a m'est arriv&#233; dans un domicile - l&#224; j'avoue que j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;u - j'&#233;tais avec une stagiaire, j'ai voulu trop bien faire. C'&#233;tait une vieille dame qui &#233;tait vraiment dans un piteux &#233;tat - 90 ans - et il y avait une photo d'elle que j'ai reconnue &#224; travers les ann&#233;es 40, noir et blanc, les Studio Harcourt, vraiment une tr&#232;s belle photo&#8230; une belle coupe de cheveux&#8230; &#224; la Garbo. Et l&#224; je suis tomb&#233; dans un pi&#232;ge. Je me suis dit : &quot;&lt;i&gt;Je vais essayer de lui redonner l'aspect sur la photo.&lt;/i&gt;&quot; &#199;a a &#233;t&#233; &#233;pouvantable ; la famille quand elle est rentr&#233;e dans la chambre poussait presque des cris : &quot;&lt;i&gt;Mais qu'est-ce que vous avez fait ?! C'est un scandale, ce n'est pas elle !&lt;/i&gt;&quot; Alors l&#224;, j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de red&#233;faire, de lui redonner une mauvaise position, parce qu'elle &#233;tait tr&#232;s vo&#251;t&#233;e, moi je l'avais remise droite. Donc la famille n'&#233;tait plus habitu&#233;e &#224; la voir comme &#231;a, elle &#233;tait habitu&#233;e &#224; la voir se d&#233;grader, et donc l'image qu'elle en avait, c'&#233;tait l'image d'elle malade. Et donc l&#224;, elle &#233;tait trop bien, &#231;a n'allait pas. Et donc je l'ai remise un peu en vrac, et l&#224; &#231;a allait mieux. Mais le mal avait &#233;t&#233; fait ; j'ai &#233;t&#233; vraiment choqu&#233;. Et quand je suis sorti de leur domicile, j'ai dit &#224; ma stagiaire : &quot;&lt;i&gt;Voil&#224;, il faut jamais en faire trop.&lt;/i&gt;&quot; Il faut surtout penser &#224; la famille. C'est son d&#233;funt, pas le n&#244;tre. Voil&#224;, c'est ce genre de d&#233;tails, ou alors c'est une absence de maquillage. Une fois j'avais oubli&#233; de mettre du rimmel, &#231;a a fait un scandale. Parce que des gens tr&#232;s coquets ne nous ont pas bien expliqu&#233;, et nous on a fait &#224; notre mani&#232;re&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre tenue lorsque vous travaillez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend. Alors y'a deux aspects : quand on d&#233;barque &#224; un endroit, on n'a pas de tenue sp&#233;cifique ; on n'est pas des repr&#233;sentants de commerce !&#8230; Simple, comme elle est l&#224; : chemise-pantalon. Mais, dans l'exercice de notre m&#233;tier on a toujours une tenue particuli&#232;re, on a toujours une blouse, on est toujours gant&#233;, lunett&#233;, hein, pour &#233;viter les projections. On met de temps en temps un masque parce que parfois on travaille dans un environnement pas tr&#232;s agr&#233;able, mais moi je n'aime pas les masques, si je peux m'en passer&#8230; Non, non, parce qu'avoir un masque pendant une heure sur le nez&#8230; C'est tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able de respirer sa propre haleine, je trouve &#231;a insupportable. Et puis on a un tablier jetable, on sait jamais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et donc la blouse, vous la jetez ensuite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah non, non. On les garde et on les nettoie. On a un jeu de blouses et on se change tous les jours. Donc la blouse fait la journ&#233;e. Et on travaille avec des tabliers plastique jetables. On ne les met pas toujours en &#233;t&#233; parce que le probl&#232;me, l&#224; encore, c'est tr&#232;s &#233;tanche. Avec la transpiration, dans les endroits qui ne sont pas climatis&#233;s, parfois, m&#234;me bien souvent, c'est insupportable. Donc, on essaie d'avoir qu'une blouse, en g&#233;n&#233;ral. Elles sont en coton, parce que c'est bien absorbant. En &#233;t&#233; notamment, c'est beaucoup plus supportable que d'autres mati&#232;res synth&#233;tiques. Moi, je les ach&#232;te chez des fabricants &#224; Toulon. Donc, on les choisit, on les essaie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont des blouses sp&#233;cifiques &#224; cette profession-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. C'est ce qu'on appelle des blouses d'infirmiers, des blouses trois-quart, des blouses pas longues. En hiver on a les manches longues, en &#233;t&#233; on a les manches courtes. Le col montant pour les gar&#231;ons et la coupe habituelle, mod&#232;le en V ou en carr&#233; pour les filles. Elles sont toujours pr&#233;vues avec des poches, mais, bon, on porte des gants. Et donc on &#233;vite de toucher la blouse, parce que les gants sont parfois souill&#233;s. Donc, &#224; la limite, elles sont vendues avec, mais ce n'est pas utile, on pourrait s'en passer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des urgences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne travaille que dans l'urgence. C'est rare que l'on nous donne du d&#233;lai. C'est un peu la difficult&#233; de la programmation de notre activit&#233;. Parce qu'il faut que l'on intervienne dans les heures qui suivent. Alors on encha&#238;ne le travail, et on va d'un point &#224; l'autre. On n'a pas de poste fixe ; nous sommes des itin&#233;rants. On travaille pour des entreprises de pompes fun&#232;bres ; nous sommes donc des sous-traitants. On a une vocation tr&#232;s sp&#233;cifique, ce qui fait qu'on est amen&#233; &#224; faire des kilom&#232;tres, aller dans les cliniques ou dans les domiciles. Notre entreprise est sur un secteur qui va de Marseille, un petit peu au-del&#224;, jusqu'&#224; Carry, Martigues, de temps en temps. Et on a une client&#232;le r&#233;guli&#232;re qui s'&#233;tend jusqu'&#224; Saint-Tropez. Donc on fait tout le littoral. Le temps de route plus le temps de travail : on a des journ&#233;es qui peuvent &#234;tre tr&#232;s tr&#232;s longues, mais c'est ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de notre profession. Y'a tr&#232;s peu de gens qui sont affect&#233;s en poste fixe. Seulement &#224; la Ville de Marseille, ils ont un thanatopracteur. En fait, ils en ont deux ; ils ont un fun&#233;rarium. Moi je fais &#224; peu pr&#232;s 4000 kilom&#232;tres par mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels outils ou produits utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a un mat&#233;riel sp&#233;cifique, un &#233;quipement de thanatopraxie, avec des instruments m&#233;talliques : des pinces, des ciseaux, des crochets&#8230; enfin tout un appareillage d'&#233;tude dont on a besoin pour la pr&#233;paration du corps et puis on injecte des produits chimiques dans le corps, des liquides dits de conservation agr&#233;&#233;s par le Minist&#232;re de la Sant&#233; et qu'on dilue dans de l'eau ou qu'on utilise purs selon ce qu'on a &#224; faire. Ces produits sont relativement dangereux, d'ailleurs il faut prendre quelques pr&#233;cautions d'utilisation. Ce qui est bon pour les morts n'est pas forc&#233;ment bon pour les vivants. On a surtout des soucis avec le formald&#233;ide. Le Minist&#232;re de la Sant&#233; a sorti une fiche technique comme quoi le produit a des effets canc&#233;rig&#232;nes et malheureusement, dans toutes les formules qu'on utilise y'a du formald&#233;ide, et on l'utilise &#224; forte concentration pour des raisons de conservation. On devrait peut-&#234;tre travailler avec des masques sp&#233;cifiques. Or, en r&#233;alit&#233;, si on travaille correctement on n'en a pas besoin. Il faut travailler dans des locaux ventil&#233;s, &#231;a c'est des pr&#233;cautions que tous les thanatopracteurs connaissent, parce que le formald&#233;ide qu'on utilise est un gaz qui s'&#233;vapore tr&#232;s vite mais qui n'est pas neutre, hein ! c'est pas comme l'oxyde de carbone. &#199;a veut dire que quand on en respire, on le sent tout de suite, &#231;a pique les yeux. Donc &#233;videmment on quitte la pi&#232;ce. Et les effets, &#231;a dure pas tr&#232;s longtemps, mais il faut faire attention quand m&#234;me. Il faut savoir qu'il y a toujours un &#233;quilibre &#224; faire. Quand on injecte un produit conservateur dans le corps, il faut expurger le corps d'autres liquides, qui sont des liquides biologiques de d&#233;composition ; donc l&#224; on va les pr&#233;lever, et l&#224; il faut les &#233;liminer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de cauchemarder ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Si c'est par rapport au m&#233;tier, non. Les cauchemars qu'on fait, c'est toujours par rapport &#224; l'entreprise. Alors &#231;a c'est s&#251;r. Comme tout chef d'entreprise, on a toujours le souci des impay&#233;s, de la banque, du boulot, de l'activit&#233; qui reprend ou non, des p&#233;riodes, des hauts et des bas. Souvent, c'est ce qui traumatise. Ce qui fait qu'on est obs&#233;d&#233;, c'est &#231;a. Moi, je suis obs&#233;d&#233; au quotidien. C'est la banque, c'est les gens qui mettent quatre-vingt dix jours &#224; vous payer. Il faut consid&#233;rer que nous sommes une entreprise de main d'&#339;uvre, &#231;a veut dire qu'on g&#233;n&#232;re peu de frais en r&#233;alit&#233;, mais on g&#233;n&#232;re beaucoup de masse salariale, puisque nous c'est que de la prestation de service. Y'a des mois tranquilles et d'autres qui ne le sont pas. Pour un chef d'entreprise, l'obsession, elle est l&#224;. Nous sommes une dizaine de thanatopracteurs &#224; Marseille, tous des petites entreprises de sous-traitance relativement fragiles. &#192; la limite, quand on fait les soins, c'est l&#224; qu'on d&#233;compresse, parce qu'on fait son m&#233;tier. Sinon, les cauchemars, ce n'est pas par rapport &#224; l'environnement mortuaire ; on l'a bien int&#233;gr&#233;, et il ne nous fait plus rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Christophe P&#233;ridier le 02/08/2006 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Des p&#226;tes, oui, mais des phoc&#233;ennes !</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/des-pates-oui-mais-des-phoceennes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Marcellin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet hiver, l'exposition &quot;Portraits d'industries&quot; qui s'est tenue au mus&#233;e de l'Histoire de Marseille a mis en relief les vestiges d'un patrimoine souvent ignor&#233; : souffre et phosphates, savon et corps gras, sucre et spiritueux comme l'absinthe, tuiles et malons, p&#233;trole ou automobile avec l'usine Turcat-M&#233;ry, autant de secteurs qui faisaient tourner l'&#233;conomie r&#233;gionale au XIX&#232;me si&#232;cle. Au coeur de ce syst&#232;me, les p&#226;tes se taillaient la part belle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, Panzani demeure la seule grande entreprise du genre &#224; Marseille et en France. L'usine, implant&#233;e &#224; La Valentine, n'est pas visitable, pour cause de plan Vigipirate. De m&#234;me pour la semoulerie de Bellevue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des p&#226;tes, on en consomme depuis des si&#232;cles dans la r&#233;gion, mais la production &#233;tait artisanale. L'industrialisation concerne d'abord la transformation du bl&#233; dur en semoule, vers 1850. La mati&#232;re premi&#232;re est alors import&#233;e de Russie et d'Alg&#233;rie. Le riz, lui, vient d'Indochine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les industries c&#233;r&#233;ali&#232;res s'implantent autour du bassin de l'Huveaune. Au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, on compte une quarantaine d'entreprises, mais la plupart sont trop petites pour r&#233;sister &#224; l'arriv&#233;e de nouveaux concurrents, venus profiter des avantages offerts par le site de Marseille&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1892, une entreprise lyonnaise, &lt;i&gt;Rivoire &amp; Carret&lt;/i&gt;, installe &#224; Saint-Marcel la plus grosse usine au monde dans le secteur des p&#226;tes. Une centaine d'ouvriers y travaillent.
Apr&#232;s la Seconde Guerre Mondiale, on assiste &#224; une concentration autour de grands groupes, notamment pour s'adapter au d&#233;veloppement de la grande distribution alimentaire. En 1964, &lt;i&gt;Panzani&lt;/i&gt;, venu des Deux-S&#232;vres, s'implante &#224; Marseille et fusionne avec &lt;i&gt;Regia Scaramelli&lt;/i&gt;, qui avait longtemps &#233;t&#233; le premier producteur local. En 1970, l'entreprise se rapproche de &lt;i&gt;Milliat Fr&#232;res&lt;/i&gt;, devenant ainsi le principal concurrent de &lt;i&gt;Rivoire &amp; Carret&lt;/i&gt;, qui fermera ses portes dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'herbe au plafond</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/de-l-herbe-au-plafond</link>
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		<dc:date>2010-01-05T15:02:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY, Mario Moreira</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le pourquoi et le comment de cette petite jardinerie rue Bernex, tenue par deux fr&#232;res, Greg et Micka&#235;l : une passion qui remonte &#224; leur enfance...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Je me rappelle, on se faisait la tente d'un c&#244;t&#233; et il y avait les plantes qui nous faisaient l'entr&#233;e, c'&#233;tait notre for&#234;t, notre jungle ! On &#233;tait des Indiens, alors qu'on &#233;tait sur un balcon dans le 5&#232;me arrondissement de Marseille...&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : &#192; quand remonte votre plus vieux souvenir d'enfance li&#233; &#224; l'activit&#233; de jardinerie ? Vous pouvez nous en parler ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Greg et Micka&#235;l : On &#233;tait petits, notre m&#232;re bouturait d&#233;j&#224; des plantes ; chez l'un ou chez l'autre, elle r&#233;cup&#233;rait des boutures et puis les ramenait &#224; la maison, o&#249; chaque coin de balcon &#233;tait exploit&#233;, pour avoir une nouvelle plante d'int&#233;rieur. Donc notre plus vieux souvenir, c'est vers sept ou huit ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Alors, elle a &#233;t&#233; votre premier mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est &quot;la mama&quot;, c'est elle qui nous a montr&#233; tout &#231;a. Sans pour autant nous faire la le&#231;on, quoi, c'&#233;tait naturel ; on creuse, on met la plante dans la terre, on retourne, on met des petites pinces pour tenir les feuilles plaqu&#233;es... Y a des petites astuces, elle nous les montrait comme &#231;a, sans faire expr&#232;s je dirais, c'&#233;tait naturel pour elle quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et &#224; quel moment vous &#234;tes-vous orient&#233;s de mani&#232;re s&#233;rieuse vers cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au vu de notre parcours de salari&#233;s, on s'est dit qu'il fallait qu'on cr&#233;e quelque chose...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faisiez quoi, avant cela ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a eu des cursus scolaires un peu diff&#233;rents, mais on a tous les deux travaill&#233; dans le meuble, dans l'imprimerie, on a fait plusieurs petits trucs quoi ; puis on a voulu cr&#233;er une entreprise... C'&#233;tait le jardinage, en centre-ville, on s'est dit de suite...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment vous est venue cette fibre artistique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas artistique.... Je sais pas, on s'est m&#234;me pas pos&#233; la question, &#231;a a &#233;t&#233; &#231;a de suite, quoi !
&lt;br /&gt;J'ai eu l'occasion de reprendre mes &#233;tudes, je les ai repris dans la biologie v&#233;g&#233;tale, parce que c'&#233;tait ce qui m'int&#233;ressait. Et puis quand on est arriv&#233;s &#224; se poser la question : &quot;est-ce qu'on fait quelque chose de nous-m&#234;mes, plut&#244;t que de rester comme on est&quot;... Avec l'entreprise o&#249; j'&#233;tais qui partait plus ou moins en biberine, celle dans laquelle o&#249; &#233;tait Micka&#235;l aussi, donc on s'est dit : &quot;qu'est-ce qu'on va faire de nos dix doigts&quot; et de suite c'est venu. Il nous faut une petite jardinerie, voil&#224; c'est &#231;a notre truc quoi ! Donc, la question ne s'est pas pos&#233;e longtemps. Moi j'avais fait quelques &#233;tudes, et Mike avait une exp&#233;rience dans la vente...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez voulu le mettre en application ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement, c'est bien tomb&#233;, lui avait le c&#244;t&#233; commercial et moi j'avais le c&#244;t&#233; biologie v&#233;g&#233;tale, les plantes etc... Donc voil&#224; quoi. Tout en ayant cette passion-l&#224; en commun, alors que &#231;a n'avait rien &#224; voir avec le travail qu'on faisait avant, puisque j'&#233;tais dans une imprimerie et lui dans un magasin de meubles ! Ca n'avait rien &#224; voir, on n'avait jamais eu l'occasion de faire dans ce domaine-l&#224;. On a pris le premier travail qu'on trouvait, comme beaucoup de gens qui prennent un premier emploi, &#224; dix-huit ans...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents, vos grands-parents, ils faisaient quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma grand-m&#232;re a un jardin immense, en tout cas dans mon souvenir d'enfant, car il y a longtemps que je n'y suis all&#233;. Mais il &#233;tait immense... Il y avait le champ derri&#232;re chez elle, les agriculteurs dans le coin, donc quand on y allait, c'&#233;tait le r&#233;flexe qu'on avait...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Elle faisait quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle jardinait son potager, ses l&#233;gumes, pour elle c'&#233;tait naturel. D'ailleurs quand on allait l&#224;-haut, elle nous faisait ses frites ! Ce n'&#233;tait pas du surgel&#233;, c'&#233;tait les frites &quot;&#224; la m&#233;m&#232;re&quot;, comme on disait... Avec son potager sur son bout de terre, pour elle c'&#233;tait naturel, dans le nord &#231;a se faisait comme &#231;a...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous aussi, vous avez v&#233;cu dans le nord ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, quand on &#233;tait petits. Apr&#232;s, en arrivant &#224; Marseille, c'&#233;tait diff&#233;rent : les jardins c'est moins courant, donc tout s'est report&#233; sur les balcons. Et finalement, on arrivait &#224; se faire quelque chose de sympa sur les balcons aussi, quand on y met du sien et du courage quoi... ! Voil&#224;, &#231;a commen&#231;ait avec de grands balcons, je me rappelle, on se faisait la tente d'un c&#244;t&#233; et il y avait les plantes qui nous faisaient l'entr&#233;e, c'&#233;tait notre for&#234;t, notre jungle ! On &#233;tait des Indiens, alors qu'on &#233;tait sur un balcon dans le 5&#232;me arrondissement de Marseille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des r&#234;ves d'enfant...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, ouais... Enfin c'&#233;tait la r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait comme &#231;a ! Il y avait des plantes de partout, des canaris, c'&#233;tait comme &#224; la campagne. A l'&#233;poque, quand on est petit...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On travaille beaucoup. On commence assez t&#244;t pour avoir de belles plantes, et on reste ouverts assez tard, par rapport &#224; la nature des ventes, voil&#224;... Sinon c'est plus des contraintes de la mairie, aujourd'hui c'est plut&#244;t des contraintes de quartier, mais, comme le m&#233;tier nous pla&#238;t, on arrive &#224; s'accommoder de tout. Quand on aime on ne compte pas, quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous proches de la terre, de tout ce qui est vert.... ? Comment le ressentez-vous, &#231;a ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, &#224; quelques couches de bitume pr&#232;s, on se sent pr&#232;s de la terre, oui... ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Contre les dents jaunes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djida Thomas </dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<description>&#171; L'aspect clinique de la blouse, du pantalon, les sabots, c'est relativement r&#233;cent. &#199;a d&#233;note d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration. Un jour je me suis rendu dans le cabinet d'un de mes enseignants, d'une notori&#233;t&#233; tr&#232;s importante. Son cabinet &#233;tait vieillot : il y avait de la moquette au sol et en terme d'asepsie c'&#233;tait plut&#244;t moyen ; il travaillait en jean, sa blouse par-dessus sa chemise de ville&#8230; Ce monsieur doit &#234;tre &#224; la retraite maintenant. &#187; Florian Chauve, chirurgien dentiste. Koinai : Voudriez-vous d&#233;crire (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'aspect clinique de la blouse, du pantalon, les sabots, c'est relativement r&#233;cent. &#199;a d&#233;note d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration. Un jour je me suis rendu dans le cabinet d'un de mes enseignants, d'une notori&#233;t&#233; tr&#232;s importante. Son cabinet &#233;tait vieillot : il y avait de la moquette au sol et en terme d'asepsie c'&#233;tait plut&#244;t moyen ; il travaillait en jean, sa blouse par-dessus sa chemise de ville&#8230; Ce monsieur doit &#234;tre &#224; la retraite maintenant. &#187; Florian Chauve, chirurgien dentiste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Voudriez-vous d&#233;crire votre tenue et ses accessoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, la tenue est tout &#224; fait libre. Chaque praticien a la possibilit&#233; de faire ce qu'il veut dans son cabinet ; la seule contrainte est de respecter les conditions d'asepsie, donc d'avoir une propret&#233; que ce soit sur lui, de ses mat&#233;riaux ou au niveau de son cabinet. Ensuite, il y a des praticiens qui travaillent en tenue de ville ; ils mettent juste une blouse qu'ils changent de temps en temps. C'est pas mon choix : dans ce cabinet-l&#224;, on a une blouse de clinique, un pantalon de clinique, des sabots. Tout &#231;a dans le respect du milieu hospitalier. Apr&#232;s, la couleur est tout &#224; fait libre. Si &#231;a choque le patient dans le bon sens tant mieux, dans le mauvais sens&#8230; bien tant pis. Dans ce cas-l&#224; il a la libert&#233; d'aller ailleurs puisque nous sommes une profession lib&#233;rale dans les deux sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau dans votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Alors s'habiller comme &#231;a, alors c'est plus &quot;rentrer dans le personnage du praticien&quot;. On quitte la tenue de ville, on rentre dans un milieu qui est propre, aseptis&#233;, donc on le respecte et on enl&#232;ve sa tenue de ville pour mettre sa tenue de travail. On se met dans la peau du praticien un petit peu, &#231;a s&#233;curise le patient. Mais je pense que quelqu'un qui voit un praticien pour la premi&#232;re fois qui travaille en jean, qui a juste sa blouse de clinique, il y va aussi. Alors &#231;a d&#233;pend : soit il y va chez le praticien parce qu'il a entendu des bonnes choses de lui, soit il y va pour la premi&#232;re fois, et dans ce cas-l&#224; la tenue ville plus la tenue de clinique peut le contrarier, le choquer. Soit il y va pour sa notori&#233;t&#233;, donc l&#224; il accepte sa tenue vestimentaire, soit il y va pour la premi&#232;re fois et peut &#234;tre choqu&#233;. Mais encore une fois : c'est se sentir dans un milieu h&#244;pital universitaire ou une clinique, avoir une tenue vestimentaire, haut et bas, blouse et pantalon de clinique, par respect aussi du patient en enlevant ses habits de ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien &#231;a co&#251;te ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est assez co&#251;teux : la blouse, entre quarante et soixante euros ; un pantalon trente et quarante euros ; les sabots par contre c'est une marque - il faut qu'ils soient assez confortables - il faut compter soixante euros. Au total la tenue est &#224; cent cinquante minimum, &#224; peu pr&#232;s. Les sabots vous les changez pas. Moi je tourne avec quatre pantalons et une dizaine de blouses de haut par semaine. Les lunettes, parfois parce qu'il faut se prot&#233;ger des projections pour certains actes. L'h&#233;patite peut &#234;tre transmise par la salive. Ensuite le masque, c'est toujours pareil, c'est le respect du patient, et une barri&#232;re entre praticien et patient. La nouvelle g&#233;n&#233;ration des praticiens, de la trentaine, on est habitu&#233;, moi je ne pourrais absolument pas travailler sans gants ni sans masque. Les gants sont jet&#233;s apr&#232;s usage. C'est pas donn&#233;, les gants, c'est &#224; peu pr&#232;s un euro cinquante la paire, et c'est un peu pour &#231;a qu'on se bat pour la revalorisation des actes et soins. Avant ils travaillaient sans masque, sans gants. Le plateau technique, les mat&#233;riaux sont plus chers, subissent l'inflation, donc forc&#233;ment aujourd'hui le mat&#233;riel utilis&#233; co&#251;te beaucoup plus cher qu'il y a dix ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous devez &#234;tre soumis &#224; des contraintes d'hygi&#232;ne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, depuis quelque temps on nous impose des normes d'asepsie, malheureusement y a pas de contr&#244;le. Des cabinets exercent avec des anciens st&#233;rilisateurs, qu'on appelle des poupinelles. Ce sont des fours. Aujourd'hui on utilise des autoclaves qui sont les m&#234;mes st&#233;rilisateurs qui existent en milieu hospitalier, sauf qu'ils sont beaucoup plus petits parce qu'on n'a pas besoin d'avoir d'instruments aussi grands. Le probl&#232;me c'est &#231;a, c'est au niveau du contr&#244;le. Ensuite au niveau des instruments tout est aseptis&#233;, apr&#232;s chaque patient tout est nettoy&#233;. Il y a ce qu'on appelle maintenant des r&#233;cup&#233;rateurs d'amalgames : ce sont des filtres que l'on met sur les pompes salivaires, sur les syst&#232;mes d'aspiration qui r&#233;cup&#232;rent les d&#233;chets, qui sont ensuite recycl&#233;s par des soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. Malheureusement il n'y a pas de normes qui soient impos&#233;es et pas de contr&#244;le non plus &#224; ce niveau. Quelqu'un qui fait une aspiration de d&#233;chets toxiques peut tr&#232;s bien les jeter dans la nature sans que ce soit vu et aper&#231;u. Nous ici, on a tout ce qu'il faut, et je pense que le patient s'en aper&#231;oit, d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il vous pose ces questions, le patient ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas souvent, non, je dirais tr&#232;s peu. Il y en a qui posent des questions, oui, tr&#232;s pr&#233;cises en mati&#232;re d'asepsie, et justement, le fait qu'on ouvre les sachets devant le patient, on montre effectivement que les instruments sont propres, entre chaque patient ; il y en a qui sont &#233;tonn&#233;s et qui nous demandent, mais tr&#232;s peu. Nous, c'est une volont&#233; de conserver cet esprit-l&#224;, et d'avoir une asepsie parfaite. On parle de maladies nosocomiales, ce sont des maladies crois&#233;es. Il n'y a pas de crachoirs ici, quand on se rince il y a des projections, m&#234;me si on d&#233;sinfecte, nettoy&#233;, rinc&#233; avec des sprays d&#233;sinfectants, il y a toujours des risques. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous changez-vous au cours de la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Matin et midi, deux fois par jour en fonction des interventions. Si &#233;videmment on a des projections, on se change, voil&#224;. C'est plus pour se sentir bien, quand il y a de grosses chaleurs, au m&#234;me titre que n'importe qui qui a transpir&#233; dans la journ&#233;e et qui va se changer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les blouses de toutes couleurs, c'est la touche personnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une volont&#233; personnelle, il y a de toutes les couleurs qui existent. Nous, dans ce cabinet, on a du bleu ciel, bleu marine, jaune, le turquoise. Pas trop le vert, &#231;a reste trop &quot;hospitalier&quot;, c'est tr&#232;s utilis&#233; dans les h&#244;pitaux, c'est une volont&#233; de changer. Voil&#224;. Le cabinet est assez gai, il y a de la couleur sur les murs, justement c'est dans cet esprit-l&#224; : essayer de&#8230; Quand le patient rentre dans ce cabinet, qu'il ait pas l'impression justement de se retrouver dans un cabinet dentaire, essayer de changer un peu avec ces normes-l&#224;. Les praticiens d'un certain &#226;ge, la cinquantaine, sont tr&#232;s conservateurs. Ils ont une image et conservent cette image, et tr&#232;s peu qui acceptent d'en changer. En passant par la tenue vestimentaire et la couleur des murs c'est une fa&#231;on de casser aussi avec les principes et avec l'esprit de certains conservateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a d&#233;termin&#233; votre choix, c&#244;t&#233; esth&#233;tique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai mon &#233;pouse qui est styliste. Au d&#233;but &#231;a lui est arriv&#233; de me faire des blouses de toutes couleurs. &#199;a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; cette soci&#233;t&#233; fran&#231;aise qui s'appelle &lt;i&gt;Mankaia&lt;/i&gt; qui fait fabriquer en Italie. On aime cette marque parce que, justement, ils osent la couleur. Je l'ai d&#233;charg&#233;e vers cette soci&#233;t&#233;-l&#224; qui correspondait tout &#224; fait &#224; mon attente. Voil&#224;. Et c'est tr&#232;s bien per&#231;u. Quand ils passent au cabinet, les patients sont tr&#232;s &#233;tonn&#233;s, tr&#232;s surpris. Mais jamais &#231;a a &#233;t&#233; per&#231;u de fa&#231;on n&#233;gative, jamais un patient m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Oh, la, la ! Votre cabinet est trop os&#233;, les couleurs, c'est trop exag&#233;r&#233; !&lt;/i&gt;&quot; Jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes fier de vos tenues ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je suis tr&#232;s content d'oser la couleur de mes tenues vestimentaires, j'en changerais pas. Les patients trouvent que c'est gai, agr&#233;able, les murs de couleur en face d'eux aussi. Quand les gens arrivent ils sont stress&#233;s, un peu angoiss&#233;s, c'est un petit peu normal, on v&#233;hicule une image associ&#233;e &#224; la douleur. Cette image existe depuis des ann&#233;es, donc autant faire que le patient se sente le mieux possible quand il arrive au cabinet. Donc par la tenue, les murs, une musique d'ambiance, parfois&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous mettez de la musique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parfois, oui, plus pour moi que le patient. Quand je sais que je vais passer deux heures avec le patient, je mets une musique de fond parce que &#231;a apaise un peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que contiennent vos poches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le r&#232;glement de la journ&#233;e, et le portable, exceptionnellement : j'ai ma grand-m&#232;re malade, donc voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous imaginez-vous l'image que vos patients ont de vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout, la seule chose qu'ils me disent la premi&#232;re fois qu'ils viennent me voir : &quot;&lt;i&gt;Ah la la ! Qu'est-ce que vous &#234;tes doux !&lt;/i&gt;&quot; Alors, je sais pas comment sont les autres praticiens&#8230; Ensuite l'image par rapport &#224; la tenue, ils trouvent &#231;a tr&#232;s sympa, tr&#232;s agr&#233;able. &#199;a me conforte dans un choix : on veut donner une orientation justement en cassant avec la normalit&#233; et l'image d'un cabinet tr&#232;s clinique, comme on voit dans les h&#244;pitaux, et de casser avec cette image et que les patients s'en rendent compte et vous disent que c'est per&#231;u comme quelque chose de positif, c'est tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si vous deviez changer de m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je resterais dans le relationnel de toute fa&#231;on ; je pense que je m'orienterais plus, c'est une mode en ce moment : tout ce qui est maison d'h&#244;te, structure d'accueil ; toujours dans la d&#233;coration, le design. Le c&#244;t&#233; esth&#233;tique &#231;a ressortira de toute fa&#231;on, c'est en moi. Maintenant la dentisterie, la premi&#232;re ann&#233;e de m&#233;decine, c'est pas quelque chose que j'ai choisi au d&#233;part. J'ai pas eu le choix et je me suis r&#233;gal&#233; : le contact avec les gens, le c&#244;t&#233; manuel, le sens de l'esth&#233;tique&#8230; Si vous avez le sens artistique d&#232;s le d&#233;part c'est mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. De toute fa&#231;on je me baladerais pas dans la rue en tenue de clinique ; donc l'habit fait le moine dans le sens o&#249; quand on voit un m&#233;decin, on voit un m&#233;decin quand il est en tenue de clinique. Quand il est en tenu de ville, forc&#233;ment il passe totalement inaper&#231;u. Les patients ne nous reconnaissent pas. D'ailleurs quand moi, il m'arrive de les interpeller, sans blouse, sans tenue, ils me disent : &quot;&lt;i&gt;Ah, oui ! Excusez-moi, je ne vous avais pas reconnu&lt;/i&gt;&quot;. Mais je pense aussi qu'ils sont suffisamment stress&#233;s dans un cabinet, que finalement ils ne vous voient pas vraiment, ou alors au bout d'un certain nombre de rendez-vous. J'ai un tableau ici, en haut de la chemin&#233;e, il arrive qu'au troisi&#232;me rendez-vous les patients le regardent et me disent : &quot;&lt;i&gt;Vous l'aviez, &#231;a, la derni&#232;re fois ?&lt;/i&gt;&quot; Alors que c'est en face d'eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'image du dentiste serait-elle en train de rajeunir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui la g&#233;n&#233;ration des trente, trente-cinq ans - ma g&#233;n&#233;ration - est beaucoup plus tourn&#233;e vers cet aspect-l&#224; : soigner l'esth&#233;tique, l'apparence, le fait de se sentir bien dans son cabinet et avec son outil de travail. C'est important puisque j'y passe la plupart de mon temps, j'y suis de huit heures le matin jusqu'&#224; dix-neuf heures le soir ; &#231;a fait des journ&#233;es bien remplies. L'image du praticien a aussi chang&#233; : avant quand on allait chez le dentiste ou le praticien, jamais on contredisait ou se permettait de discuter un devis ou un plan de traitement, jamais. Parce qu'il avait le savoir, un petit peu la notori&#233;t&#233;, la connaissance. Il faisait son traitement, point, c'&#233;tait termin&#233;, le patient l'acceptait, c'&#233;tait fini. Aujourd'hui, on va voir ailleurs ce qui se passe en terme de co&#251;t, en terme de tarifs. C'est tout &#224; fait normal. Moi &#231;a ne me d&#233;range absolument pas, mais c'est toujours li&#233; &#224; la g&#233;n&#233;ration d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 22/08/06 par Djida Thomas ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ceux qui murmuraient &#224; l'oreille des Vespa</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY</dc:creator>


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		<description>Germain et Eug&#233;nie, jeunes propri&#233;taires du garage Vespa flambant neuf qui a ouvert ses portes il y a peu rue Saint Savournin, nous content leur amour de ces scooters singuliers et de la &quot;vieille m&#233;canique&quot;. Tout en nous livrant quelques-uns de leurs secrets de restauration : manuel &#224; l'usage des passionn&#233;s... K : Pr&#233;sentez-vous, pour commencer, tous les deux. Germain Hild. - Je m'appelle Germain, &#231;a fait trois ans que je suis dans la m&#233;canique, en particulier bas&#233;e sur les Vespas : l'ancienne (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/13005" rel="tag"&gt;13005&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Germain et Eug&#233;nie, jeunes propri&#233;taires du garage Vespa flambant neuf qui a ouvert ses portes il y a peu rue Saint Savournin, nous content leur amour de ces scooters singuliers et de la &quot;vieille m&#233;canique&quot;. Tout en nous livrant quelques-uns de leurs secrets de restauration : manuel &#224; l'usage des passionn&#233;s...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;sentez-vous, pour commencer, tous les deux.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain Hild.&lt;/i&gt; - Je m'appelle Germain, &#231;a fait trois ans que je suis dans la m&#233;canique, en particulier bas&#233;e sur les Vespas : l'ancienne m&#233;canique, quoi. A force de pratiquer, on s'est dit que c'&#233;tait bien d'ouvrir notre magasin. Voil&#224;... Passionn&#233; des vieilles choses en g&#233;n&#233;ral, et surtout de la m&#233;canique.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie R&#233;habi-Grandadam.&lt;/i&gt; - Moi, c'est Eug&#233;nie. J'ai commenc&#233; par les bateaux ! Je suis dipl&#244;m&#233;e en m&#233;canique bateau, et puis ensuite j'ai eu ma Vespa... Je me la suis refaite toute seule. Quand j'ai commenc&#233; &#224; faire de la m&#233;canique dessus, j'ai voulu tout savoir donc je me suis lanc&#233;e dans la Vespa ! C'est comme &#231;a que j'ai connu Germain. C'&#233;tait mon tuteur de stage. Et voil&#224; ! J'ai fait un stage de trois mois, et puis apr&#232;s c'est devenu un virus. Bon, et puis mon papa &#233;tait dedans depuis d&#233;j&#224; 40 ans. C'est une affaire de famille... C'est un h&#233;ritage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il &#233;tait dedans... professionnellement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, passionn&#233;. Et puis bon, il faisait un peu sa m&#233;canique &#224; lui aussi, sur ses scoots. Donc voil&#224;. J'en ai fait un peu avec lui, aussi. Le petit virus de la famille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez quel &#226;ge, tous les deux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi j'ai 26 ans.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Et moi 29.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes n&#233;s ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi Aix. Mais je suis arriv&#233;e l&#224;, j'avais trois ans.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Moi je suis n&#233; &#224; Carpentras, dans le Vaucluse. Je suis originaire du Vaucluse, en fait. Je suis arriv&#233; &#224; Marseille quand j'ai commenc&#233; &#224; bricoler dans les Vespas, justement. Je voulais refaire le mien, je cherchais pas du tout dans &#231;a et j'avais trouv&#233; un magasin sur Marseille. Et en fait, en commandant la pi&#232;ce que je recherchais, j'ai envoy&#233; une candidature et &#231;a a commenc&#233; comme &#231;a pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l&#224; vous &#234;tes en train de passer le BEP, c'est &#231;a ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais. Pour compl&#233;ter... Pour avoir le dipl&#244;me...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour valider votre exp&#233;rience ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Voil&#224;. Exactement. J'ai d'autres dipl&#244;mes mais qui ne servent pas forc&#233;ment... J'avais envie d'avoir ce petit truc en plus, tant qu'&#224; faire. En plus, en ayant le magasin, tout &#231;a, bon... C'est bien que ce soit un peu officiel, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez quoi comme autre formation, alors ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une formation de designer industriel. Donc, dessin industriel, tout ce qui est cotation de pi&#232;ces... &#199;a a quand m&#234;me trait &#224; la m&#233;canique, quoi. C'est plus la conception, l'&#233;tude des structures, des mat&#233;riaux et tout &#231;a, et apr&#232;s, design, c'est plus l'esprit esth&#233;tique en plus de l'esprit fonctionnel. Entre-temps, j'ai fait aussi un peu de m&#233;cano-soudure. Donc du coup, l'un dans l'autre, les exp&#233;riences s'ajoutent... &#199;a fait qu'aujourd'hui, on peut tout refaire sur la Vespa, que ce soit la t&#244;lerie... si apr&#232;s &#233;ventuellement il y a des pi&#232;ces &#224; fabriquer pour plus tard, si on peut fabriquer nos propres pi&#232;ces... Ce sera l'aboutissement du truc, quoi. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie -&lt;/i&gt; On aimerait bien, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il para&#238;t que &#231;a co&#251;te tr&#232;s cher en mat&#233;riel, pour pouvoir faire &#231;a.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est la machine, hein... Le tour.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Il faut des machines-outils en plus, pour usiner l'acier, qui sont assez importantes, assez ch&#232;res... donc c'est pr&#233;cis, aussi. C'est une autre &#233;tape, quoi ; la fabrication. Pour l'instant on se contente de... Etant donn&#233; qu'on trouve toutes les pi&#232;ces, de toute fa&#231;on, qu'on a besoin, pour l'instant on les ach&#232;te telles quelles. Peut-&#234;tre plus tard ?
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Ben oui, j'esp&#232;re bien ! On va se lancer...
&lt;br /&gt;Moi aussi, j'ai d'autres dipl&#244;mes, en fait. J'ai fait quatre ans de secr&#233;tariat : mon BEP et mon Bac. C'&#233;tait pour rassurer ma maman, en fait. Elle voulait pas trop, m&#233;canique et tout... Donc j'ai fait mes dipl&#244;mes (bon &#231;a me sert maintenant, quand m&#234;me) et puis apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233;, et je suis partie en m&#233;canique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est s&#251;r que le secr&#233;tariat, savoir se d&#233;brouiller des papiers, &#231;a peut servir pour une entreprise...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah le secr&#233;tariat ! C'est vrai que &#231;a nous a bien servi du coup ; m&#234;me des dipl&#244;mes qui n'ont pas forc&#233;ment &#224; voir avec la m&#233;canique nous servent pour g&#233;rer le magasin, pour le site internet (c'est Germain qui va s'en occuper, parce que bon, il a les comp&#233;tences)...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous ne l'avez pas encore ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On peaufine ! On est en train de finir, parce que justement on pensait avoir le temps et...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Et ouais ! On pensait le mettre en ligne quand on ouvrirait, et puis finalement, on a beaucoup de clients d&#233;j&#224; comme &#231;a, donc... Bon, petit &#224; petit, quoi. Les sites c'est surtout pour faire de la vente en ligne en g&#233;n&#233;ral, et pour l'instant on n'a pas encore de stock suffisant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De la pub, aussi...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, &#231;a fait aussi de la pub. Et puis m&#234;me pour les commandes de restauration, des fois il y a des gens...
&lt;br /&gt;Comme il n'y a pas &#233;norm&#233;ment de gens qui le font, en France (il doit y avoir une dizaine de magasins &#224; peu pr&#232;s qui sont sp&#233;cialis&#233;s &#8220;anciennes Vespas&#8221;)...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3322 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8810-d3b4e.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;K : ...Sur toute la France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais ouais. La restauration compl&#232;te, il y en a pas beaucoup qui le font. Et nous en plus on peut faire la peinture, et on essaie de tout faire dans les r&#232;gles de l'art, quoi. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; D'origine.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Comme c'&#233;tait fait &#224; l'&#233;poque. La peinture, la carrosserie... Pas mettre des couches de syntho comme feraient certains carrossiers modernes, quoi. On essaie de respecter...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...la tradition.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; ...une identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a co&#251;te cher en g&#233;n&#233;ral, de faire refaire une Vespa ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ben il y a... Le prix global est relativement &#233;lev&#233;, puisque &#231;a co&#251;te quasiment le prix d'un scooter neuf. Mais bon en m&#234;me temps, c'est assez justifi&#233;, puisque nous on les met &#224; nu int&#233;gralement. Apr&#232;s on s'occupe de la carrosserie, la redresser, faire la peinture (la peinture en elle-m&#234;me co&#251;te aussi tr&#232;s cher) et puis apr&#232;s on repasse tout pour que &#231;a soit dans l'&#233;tat comme quand c'est sorti d'usine, &#224; l'&#233;poque o&#249; c'est sorti, quoi. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; D'origine.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Voil&#224;. Et l&#224;, apr&#232;s &#231;a... Forc&#233;ment... Mais une fois restaur&#233; &#224; neuf, c'est reparti pour 30, 40 ans, quoi !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; De toute mani&#232;re, si c'est encore l&#224; maintenant, c'est que...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : ...c'est solide.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est solide et &#231;a peut tenir bien encore 50 ans. On transmettra &#224; nos enfants et petits-enfants... Quoique je ne suis pas s&#251;re que la mienne, je la donnerai ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Moi non plus, la mienne...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Non, mais on verra, on en fera d'autres pour eux !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais, on verra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Elles sont l&#224;, les v&#244;tres ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Elles sont l&#224;. Moi c'est la petite violette, et &#231;a c'est celle de Germain, le GL qui est &#224; c&#244;t&#233;. Un peu... un peu dans l'&#233;tat. Et puis il y a celui qui est un peu d&#233;coup&#233; avec des Serflex un peu partout. Le noir mat qui est derri&#232;re, sur la pelouse.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; ...Un peu &#233;pur&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; La mobylette aussi c'est &#224; lui.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; On m'en a fait cadeau, et puis j'en ai encore chez mes parents. Une Coccinelle aussi, de '72, mais bon. Les voitures &#231;a prend plus de place, donc !... On verra apr&#232;s. Plus de temps, aussi. L&#224;, l'avantage, c'est que &#231;a reste assez abordable, un projet Vespa, par rapport &#224; une voiture o&#249; il y a quand m&#234;me tout l'int&#233;rieur... La restauration compl&#232;te de voiture c'est... c'est quand m&#234;me &#224; une autre &#233;chelle, quoi. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est beaucoup plus long, en plus. Alors que la Vespa, si on fait bien la peinture, tout &#231;a, en deux semaines, voire trois semaines, c'est fini et &#231;a roule, quoi. Donc c'est un peu plus sympa !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; En &#233;tant efficace et rigoureux. Organis&#233;. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Voil&#224;, il faut &#234;tre organis&#233;. Faut pas se laisser d&#233;border. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est assez rapide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous avez acquis les v&#244;tres ? On vous en a donn&#233; une partie, c'est &#231;a ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3323 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8822-7a0ea.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est mon papa qui avait un lot de Vespas, en fait. Puisqu'au d&#233;part, il avait ouvert un petit commerce en Auvergne. Mais en Auvergne, pareil... Comme on disait, il n'y a pas le m&#234;me passage qu'en centre-ville. C'&#233;tait pas trop &#231;a, donc il gaspillait, disons qu'il payait des charges, tout &#231;a, pour pas grand-chose. Du coup il a ferm&#233; et il nous a revendu tout ce qu'il avait dans l'atelier. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est pas vraiment les n&#244;tres, c'est ceux qu'on a rachet&#233;s pour les vendre. A la base on savait pas trop si on allait ouvrir ou pas. Et l&#224; on les garde quand m&#234;me de c&#244;t&#233; plus pour le magasin, apr&#232;s, les n&#244;tres on les a eus...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi c'est mon cadeau d'anniversaire. Pour mes 22 ans, la premi&#232;re. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Cadeau du papa... Une fois, de bons achats sur internet... Et moi le mien je l'ai depuis... c'est celui que j'avais quand j'avais 15 ans. A l'&#233;poque je l'avais fait un peu comme je voulais avec les moyens du bord, on va dire ! L&#224; du coup que c'&#233;tait mon m&#233;tier, j'en ai profit&#233; pour le faire comme je voulais, mais avec les nouveaux moyens du bord ! Donc des trucs assez...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Plus modernes. Qui peut pas rouler sur la route tous les jours... Un peu trop customis&#233;. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Un scooter d'exposition, en fait !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Une miniature.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; A d&#233;placer sur une remorque, et...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...&#224; ne pas utiliser.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; ...&#224; ne pas rouler avec, quoi. Bon, &#231;a... Il y en a qui peuvent penser que c'est un peu inutile, mais...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est son plaisir !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Moi c'est mon d&#233;lire, quoi. Faire des trucs qui...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...vont pas marcher !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s, c'est les faire... &lt;i&gt;(A Eug&#233;nie)&lt;/i&gt; Ben non, &#231;a marche... ! Mais on ne peut pas s'en servir vraiment, en fait. Mais bon, c'est rigolo ! &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi je suis plut&#244;t dans la tradition. Je veux que ce soit tout d'origine. Et j'aime pas trop que ce soit... trop bidouill&#233;. Bon apr&#232;s, chacun fait comme il veut, &#231;a ne me d&#233;range pas. Mais... J'pr&#233;f&#232;re quand m&#234;me que ce soit tout bien d'origine, qu'il n'y ait rien de trop bizarre dessus. Genre les r&#233;&#233;ditions de crash-bars ou des trucs comme &#231;a. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s il y a les mod&#232;les comme le vert qu'il y a l&#224; ; c'est un mod&#232;le assez rare, donc celui-l&#224; si je le refais, je le referai identique &#224; l'origine avec la vraie peinture, la r&#233;f&#233;rence d'&#233;poque, tout &#231;a quoi. Apr&#232;s, les autres... L'autre que je me suis remont&#233;, c'&#233;tait quand m&#234;me avec cet esprit, de refaire un peu comme ils auraient pu faire &#224; l'&#233;poque. Pas avec un aileron de Formule 1 derri&#232;re, par exemple. &#199;a reste quand m&#234;me dans l'esprit &#8220;custom&#8221; d'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce go&#251;t pour les Vespas, &#231;a vous est venu d'o&#249; ? Vous, de votre p&#232;re...&lt;/strong&gt;
&lt;i&gt;(Eug&#233;nie acquiesce)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; A la base, c'&#233;tait plus les Coccinelles, ma passion. Enfin, tout ce qui est ancien, en fait ! Le vrai d&#233;clic, &#231;a a &#233;t&#233; un copain &#224; mon fr&#232;re qui en avait une, d'ailleurs c'est la jaune et orange qu'il y a derri&#232;re, l&#224;-bas. Il venait voir mon frangin avec quand j'avais 12, 13 ans. &#199;a m'avait bien donn&#233; envie ! En attendant d'avoir la Coccinelle, j'ai... je suis pass&#233; par la Vespa et finalement, je m'suis pas arr&#234;t&#233; &#224; &#231;a.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Ben tant mieux qu'il soit pass&#233; dans les Vespas... sinon je ne l'aurais pas connu !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a fait combien de temps que vous vous connaissez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Trois ans. Trois ans qu'on est ensemble. Mon tuteur... ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;C'est vrai que si on ne s'&#233;tait pas connus dans le milieu de la Vespa, on n'aurait s&#251;rement pas lanc&#233; le magasin chacun de notre c&#244;t&#233;. On l'aurait pas fait. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais, on l'a fait parce que c'&#233;tait, disons, notre projet commun. Apr&#232;s, moi je pense, j'aurais fait plut&#244;t des meubles ou autre chose...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi je serais rest&#233;e dans la m&#233;canique bateau, s&#251;rement. Je serais repartie l&#224;-dedans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est ce qui a &#233;t&#233; le d&#233;clic, pour ouvrir le magasin, justement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Ben moi j'avais l'id&#233;e, d&#233;j&#224;, dans ma t&#234;te. Avant m&#234;me de commencer ma Vespa, je voulais me lancer dans un magasin de m&#233;canique. En fait au d&#233;part je voulais les louer... Je voulais partir au Mexique, faire une location de Vespas et puis la belle vie, quoi ! &#202;tre au bord de la plage, s'amuser un peu &#224; faire des scoots, et puis &#224; la rigueur louer les scoots et pas se prendre la t&#234;te. Faire un peu des bateaux et...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi au Mexique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un ami qui m'en avait parl&#233; une fois, et il m'avait fait un joli portrait du Mexique ; &#231;a m'avait plu et tout, donc je voulais &#224; tout prix aller l&#224;-bas. Parce que je faisais de la plong&#233;e sous-marine (en apn&#233;e, pas en bouteilles) et &#224; un certain moment je voulais me diriger vers un dipl&#244;me aussi pour justement &#234;tre prof, faire les sorties en bateau, prof de plong&#233;e, tout &#231;a. Je m'&#233;tais un peu renseign&#233;e et puis au final... Je suis partie dans les Vespas. Donc j'avais arr&#234;t&#233;. Mais au d&#233;part c'&#233;tait &#231;a ! Faire un peu des bateaux, un peu des Vespas, &#224; la rigueur un peu en louer pour les touristes, des trucs comme &#231;a. Et puis... Attendre que tout &#231;a passe. Ne pas se prendre trop la t&#234;te. Au final, tous les deux, notre projet &#231;a a &#233;t&#233; un peu commun alors on a un peu peaufin&#233; et puis au final on est arriv&#233; &#224; &quot;Ben on reste, et on fait &#231;a sur Marseille.&quot; Puisqu'on n'est pas beaucoup : on n'est plus que deux, l&#224; maintenant &#224; Marseille, &#224; faire les Vespas, donc il y a du march&#233; pour les deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une dizaine en France, dont deux &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;part on &#233;tait trois, il y en a un qui vient de fermer l&#224;, r&#233;cemment ; et puis il y en a encore un autre qui est ouvert. Bon, c'est un coll&#232;gue. C'est tr&#232;s&lt;span class='spip_document_3328 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8832-a244b.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; bien ! Il y a beaucoup de Vespas &#224; Marseille, donc il y a possibilit&#233; d'avoir plusieurs personnes qui travaillent. Pour &#231;a, c'est assez bien. Et puis bon, je pense qu'il faut garder un peu cet esprit, &#8220;famille&#8221; on va dire, au niveau de la Vespa, parce que c'est assez &#231;a, quand m&#234;me. &lt;br /&gt;Mais &#231;a n'a pas &#233;t&#233; compliqu&#233; d'ouvrir, j'veux dire par rapport au budget, par exemple. En fait, Germain avait mis pas mal d'&#233;conomies au fur et &#224; mesure des ann&#233;es, et moi, disons que c'&#233;tait plut&#244;t par rapport &#224; mon papa, qui nous a refil&#233; pas mal de choses (c'est-&#224;-dire... tout !). Tout ce qui est d&#233;co, &#231;a vient tout de lui ; tout ce qu'il y a dans la vitrine, la plupart des scoots, les bureaux, le comptoir... Il n'y a que les ponts qu'on a achet&#233;s, on va dire. Puis bon, deux-trois trucs pour finir la d&#233;co, tout &#231;a, mais il nous a vraiment vraiment tout donn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il doit &#234;tre super fier...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais ! Ben l&#224; tout &#224; l'heure c'&#233;tait lui au t&#233;l&#233;phone, &quot;alors comment &#231;a se passe ce matin ?&quot; Il m'appelle le midi, il m'appelle le soir pour savoir les demies-journ&#233;es, comment elles se passent. Et puis il est assez content. Des fois je l'appelle pour le faire participer : si je bloque sur un scoot ou quoi, je dis &quot;bon y a &#231;a, &#231;a, &#231;a&quot; et puis je lui demande : &quot;t'as pas une petite solution ?&quot; Bon et hop, il me donne un coup de main et il est tout content parce qu'il a fil&#233; la main m&#234;me s'il est en Auvergne, l&#224;-bas. Bon, et puis pareil, si on a des recherches &#224; faire sur internet pour des scoots ou quoi, je l'appelle et je lui dis &quot;tu peux pas me faire la recherche ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il doit &#234;tre super content de vous voir reprendre le flambeau...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui l&#224;... ! Et puis il y a mon petit fr&#232;re, aussi. Le petit dernier qui a six ans... Ouh l&#224; ! Non ! Il va me taper ! Il a neuf ans ! Il a fait neuf ans hier, en plus... qui est &#224; fond de m&#233;canique aussi. Il aide mon p&#232;re, comme moi quand j'&#233;tais plus jeune, &#224; faire un peu les mobylettes, les trucs comme &#231;a... Donc comme je lui ai dit &quot;si tu continues comme &#231;a et que le magasin marche, je te prends comme apprenti d&#232;s que tu seras un peu plus grand !&quot; Bon, on reste dans le c&#244;t&#233; famille, m&#234;me si apr&#232;s on peut embaucher quelqu'un d'autre qui n'est pas forc&#233;ment de la famille. C'est vrai que si on peut garder ce petit truc... Faire plaisir &#224; mon p&#232;re et puis m&#234;me &#224; nous, avant le petit fr&#232;re...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour revenir sur votre formation... Il ne devait pas y avoir beaucoup de filles, en m&#233;canique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'&#233;tais la seule ! On &#233;tait 14 et j'&#233;tais la seule fille. Et en plus ce qu'il y a eu, au d&#233;part, vu que j'avais mon dipl&#244;me de BEP secr&#233;tariat, je ne devais pas repasser tout ce qui est &quot;mati&#232;res principales&quot;, fran&#231;ais, maths, anglais. Mon prof, par erreur m'a inscrite &#224; la session de f&#233;vrier pour passer le dipl&#244;me m&#233;canique mais en fait c'&#233;tait juste pour ceux qui n'avaient pas eu le fran&#231;ais, maths, anglais, qu'ils puissent le passer &#224; ce moment-l&#224;. Il m'a inscrite par erreur, et il m'a dit bon, heu... &quot;tu y vas et tu vois un peu comment &#231;a se passe en milieu d'examen&quot;, tout &#231;a. &quot;Au moins t'as une id&#233;e, m&#234;me si tu l'as pas c'est pas grave&quot; et puis finalement j'ai eu 12 de moyenne ! Je suis rentr&#233;e en septembre, je l'ai eu en f&#233;vrier. Donc je l'ai eu m&#234;me avant tout le monde ! Alors qu'il y en avaient qui &#233;taient di&#233;s&#233;listes, poids lourds... Je suis arriv&#233;e ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'&#233;tait pas compliqu&#233;, de faire sa place ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. J'ai un caract&#232;re un peu... bien tremp&#233;. Je ne me laisse pas trop faire. Donc du coup, &#231;a passait bien ! La formation o&#249; j'&#233;tais, c'&#233;tait pas trop des jeunes, mais des gens d'un certain &#226;ge. Il y en avait qui avaient 40 ans, 50 ans, qui se redirigeaient dans leur vies, on va dire. Du coup, c'&#233;tait assez sympa. Et puis le prof nous avait s&#233;par&#233;s en deux groupes, donc il avait mis les plus jeunes dans un et les plus vieux dans l'autre, et il m'avait mise dans celui o&#249; il y avait les plus vieux. Ils essayaient de m'aider quand je ne comprenais pas un truc ou quoi, pour porter certaines choses, m&#234;me si apr&#232;s je leur disais &quot;non, mais laisse-moi faire, parce que si demain je suis toute seule &#224; porter &#231;a, comment je fais si t'es pas &#224; c&#244;t&#233; de moi ? Donc laisse-moi je me d&#233;brouille, je trouve un truc.&quot; Non, &#231;a se passait super bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est un peu tout ce qui est vintage, qui vous pla&#238;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Mais on collectionne aussi tout ce qui est &#233;lectrom&#233;nager : Moulinex, on a plusieurs &#233;tag&#232;res &#224; la maison de... des choses qu'on a r&#233;cup&#233;r&#233;es d'ailleurs aussi aux grand-m&#232;res, un peu autour de nous... Et puis plein d'autre choses...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais... Chez mes parents aussi... Moi je collectionne les platines, aussi. Platines vinyles, tout ce qui est ancienne &#233;lectronique, les projecteurs super 8...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des ann&#233;es sp&#233;ciales, pour les Vespas, ou des mod&#232;les sp&#233;ciaux, qui sont plus chouettes que d'autres ? Qui ont des particularit&#233;s int&#233;ressantes ?&lt;/strong&gt;&lt;span class='spip_document_3326 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8818-31239.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi je les aime tous sauf les nouveaux, l&#224;. Les LX. Tout ce qui est &quot;faux-Vespa&quot;, l&#224;... &lt;i&gt;(Rires)&lt;/i&gt; Bon c'est pas des faux-Vespas, mais c'est du plastique et il y a pas de vitesse, pas de frein au plancher... Y a pas l'esprit de la Vespa. Apr&#232;s... Le PX... Et encore je trouve &#231;a un peu carr&#233;, moi. Mais toutes les vieilles coques, je trouve &#231;a g&#233;nial !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s, en France, il y a des mod&#232;les italiens qui sont assez rares. Comme le Faro Basso, celui qui a le garde-boue sur le phare... &lt;i&gt;(Rires)&lt;/i&gt; Heu le phare sur le garde-boue !
&lt;br /&gt;Et donc il avait du &#234;tre modifi&#233; pour l'homologation fran&#231;aise. Du coup en Italie, ceux qui ont le phare en haut, c'est l'inverse, ils sont plus recherch&#233;s.
&lt;br /&gt;Apr&#232;s, ouais, c'est selon les ann&#233;es... Les mod&#232;les de '52, et certaines s&#233;ries aussi qui ont &#233;t&#233; moins sorties. Il y a des mod&#232;les qui sont sortis, bon c'est apr&#232;s-guerre : il y a un mod&#232;le tr&#232;s recherch&#233; avec le lance-roquette sur le c&#244;t&#233;, qui traverse le tablier, en fait..
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; &#199;a passe sous la selle et y a les obus sur les c&#244;t&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Voil&#224;. Il y a des mod&#232;les assez pris&#233;s, comme &#231;a.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Il y en a pas mal. Le Prim', aussi, en petite coque. C'est assez joli !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est un petit scooter, mais avec un moteur de 125. De bonnes performances !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous me disiez tout &#224; l'heure qu'ils avaient des p&#233;dales, au d&#233;but ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Oui, c'&#233;tait pour les mod&#232;les fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Jusqu'&#224; quelle ann&#233;e, &#224; peu pr&#232;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Pour les importations, &#231;a date de '65 je crois, puisque les plaques des Mines c'est le 23 f&#233;vrier... 23 f&#233;vrier 1965. Et apr&#232;s, jusqu'&#224; quelle ann&#233;e... Je sais pas trop. Les ann&#233;es 70, je pense. Apr&#232;s ils ont du se dire que &#231;a servait &#224; rien. Et du coup...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a ne servait &#224; rien, visiblement...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Compl&#232;tement. Puisque m&#234;me avec le plancher d&#233;coup&#233; pour que les p&#233;dales passent - mais &#231;a fait bien 30 &#224; 40 centim&#232;tres de large - pour p&#233;daler les jambes &#233;cart&#233;es, bon !
&lt;br /&gt;...Et du coup, c'est pareil. Ce mod&#232;le qui a &#233;t&#233; fait pour l'homologation fran&#231;aise, en Italie, ils en ont pas. Donc il est recherch&#233;. &#199;a a &#233;t&#233; fait en s&#233;rie limit&#233;e donc les coques en elles-m&#234;mes se trouvent facilement, mais tout le syst&#232;me de p&#233;dalier (parce qu'il y a une cha&#238;ne forc&#233;ment, avec des p&#233;dales, un couvre-cha&#238;ne et tout &#231;a) est assez rare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3330 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8845-2f7e9.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous restaurez, c'est pas dur de trouver les pi&#232;ces, justement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Il faut chiner, pour avoir les pi&#232;ces d'origine.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Les pi&#232;ces de carrosserie sont de plus en plus rares. Apr&#232;s, les pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, tout ce qui est... de la fourche au moindre boulon, on trouve quasiment tout pour quasiment tous les mod&#232;les. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Apr&#232;s il faut faire les bourses d'&#233;changes, tout &#231;a, pour avoir un peu un stock de vieilles pi&#232;ces, on va dire, &#8220;d'origine&#8221;, parce qu'il y a des reproductions qui sont pas... Au top !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les Vespas ont &#233;t&#233; produites en Italie et en France, c'est &#231;a ? Juste l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non en Espagne aussi, en Angleterre...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Un peu dans toute l'Europe. En Angleterre, aux &#201;tats-Unis aussi : il y avait le mod&#232;le AllState.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; En Inde, je crois, aussi.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; En Inde ; en Russie il y avait le mod&#232;le Vyatka. On avait r&#233;pertori&#233; un peu tous les... toutes les diff&#233;rentes provenances, mais... Les Allemands, ils en ont fait, aussi : le mod&#232;le Hoffman. Il y en a eu un peu partout : la ligne &#233;tait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me, mais chaque pays avait ses petites caract&#233;ristiques d'homologation ou de... de fabrication.
&lt;br /&gt;Le mod&#232;le russe faisait 150 kilos, genre, alors que le mod&#232;le italien identique en faisait que 120, &#224; peu pr&#232;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La Vespa a eu autant de succ&#232;s partout ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Quand &#231;a a commenc&#233;... je sais pas trop. Plut&#244;t en Italie et en France.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; En France, je crois que c'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me &#233;poque o&#249; ils ont sorti les mobylettes, aussi. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Je crois que les premiers... Les Acma, beaucoup. Parce que les femmes pouvaient les conduire aussi.
&lt;br /&gt;En fait le premier qu'ils ont sorti, c'&#233;tait le Paperino, si j'dis pas d'b&#234;tises, &#231;a veut dire Donald Duck en italien et en fait, l&#224; au milieu o&#249; c'est s&#233;par&#233;, l&#224; au niveau du tablier et tout, avant c'&#233;tait tout complet : donc les femmes en jupes ne pouvaient pas forc&#233;ment s'asseoir, puisqu'il fallait &#233;carter les jambes. Ils ont fait une adaptation, apr&#232;s : ils avaient enlev&#233; ce truc donc les femmes pouvaient monter, et puis il y avait aussi le cale-pied sur le c&#244;t&#233; de l'aile, donc elles pouvaient monter en amazone. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; On l'a l&#224;, en vitrine. Ils ont d&#233;pass&#233; la millioni&#232;me...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Ah oui, puisqu'on a le timbre !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; La millioni&#232;me Vespa. C'est un peu la Coccinelle du scooter, quoi ! En m&#234;me temps, c'est un des premiers scooters, aussi. Je crois qu'il y a eu pas mal de mod&#232;les diff&#233;rents. On a le livre, l&#224; : &quot;100 ans de l'histoire du scooter&quot;...
&lt;br /&gt;Aux &#201;tats-Unis, ils avaient d'autres trucs. C'est surtout en Italie et en France, que &#231;a... C'est parti d'Italie et apr&#232;s, &#231;a s'est r&#233;pandu plus... plut&#244;t en Europe du Sud. En Espagne ils en ont pas mal, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L&#224; &#231;a revient quand m&#234;me bien &#224; la mode, apparemment.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est le c&#244;t&#233; vintage, l&#224;, maintenant. Tout ce qui est vintage est &#224; la mode. Les tenues, les v&#234;tements... Moi je vais taper encore dans l'armoire &#224; ma m&#232;re, maintenant ! Il y a des trucs qu'elle ne mettait plus et qui maintenant reviennent &#224; la mode. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Il y en a qui nous disent : &quot;A l'&#233;poque j'avais ce mod&#232;le&quot; et tout, &quot;je l'ai jet&#233;...&quot;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Oui, il y a beaucoup de personnes d'un certain &#226;ge qui passent devant la vitrine et puis apr&#232;s qui rentrent et qui nous disent : &quot;vous savez, moi avant, j'avais &#231;a&quot; et tout, &quot;avec ma copine on allait, on promenait, nanana&quot;... Donc ils nous racontent les histoires qu'ils ont v&#233;cues sur les scoots ; comme le monsieur qui &#233;tait venu et qui nous a dit qu'il avait eu sa premi&#232;re Vespa, et qu'il &#233;tait parti &#224; Paris avec. Il a mis vingt heures pour y aller. Et puis du coup il est rest&#233; dix ans l&#224;-bas &#224; Paris, et il est redescendu ensuite avec sa Vespa !
&lt;br /&gt;Il y a plein de petites histoires comme &#231;a. Plein de gens qui passent et qui nous racontent : la derni&#232;re fois, il y avait une dame avec sa fille et sa petite-fille, qui est venue et qui a dit &quot; Oui moi &#224; l'&#233;poque j'avais un Solex&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3325 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:168px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L168xH250/IMG_8834-2-74574.jpg' width='168' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:168px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, vous faites aussi les vieux cyclos ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui, on fait aussi des mobylettes. Tout ce qui est vieilles mobylettes, que personne ne veut faire &#224; Marseille. Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui les fasse encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut une connaissance sp&#233;ciale, ou c'est juste...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De la patience, je crois ! C'est plut&#244;t de la patience, de chercher les pi&#232;ces, tout &#231;a, et de se mettre dessus...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Disons que sur les trucs modernes, bon, j'connais pas sp&#233;cialement non plus, mais... c'est un peu la politique de la consommation. J'veux dire, il y a trois ans, quand il y a eu la vague des scooters chinois, tous les gens &#233;taient l&#224; : &quot;on va pas acheter une Vespa &#224; 3000 euros qui est des ann&#233;es 60, alors qu'on peut avoir un scooter neuf &#224; 600 euros !&quot; Mais voil&#224;. C'est ce qu'on peut appeler des scooters jetables. On trouve pas les pi&#232;ces ; c'est fabriqu&#233; &#224; grande &#233;chelle, &#231;a co&#251;te pas cher, mais en contrepartie, on peut pas forc&#233;ment les r&#233;parer... M&#234;me dans la carrosserie, c'est pareil. Maintenant les carrosseries des voitures, des scooters, c'est tout en plastique. Quand &#231;a tape c'est cass&#233;, donc ils changent l'&#233;l&#233;ment complet, ils mettent un coup de pistolet dessus, alors que les &#233;l&#233;ments de carrosserie c'est les plus durs &#224; trouver. On essaye de les redresser, de les remettre en forme au maximum. Apr&#232;s, y a des fois o&#249; il faut enlever des bouts o&#249; il y a eu de la rouille perforante pour les remplacer, mais...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...mais y a la possibilit&#233; de tout ravoir. C'est &#231;a qui est agr&#233;able. On donne une nouvelle jeunesse !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau de la s&#233;curit&#233;, ils ont beaucoup &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Oh, on est bien prot&#233;g&#233;s derri&#232;re une Vespa... !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On dit que finalement, une 2CV c'est plus r&#233;sistant que les voitures de maintenant par exemple...&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Elle ne fait pas de tonneau, je crois, en marche avant, la &#8220;deuch&#8221; ! Il me semble... C'est que en marche arri&#232;re, qu'elle peut se retourner, en fait.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est impossible de la faire partir en tonneau, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Du coup je me disais que la Vespa avait peut-&#234;tre cette m&#234;me r&#233;sistance... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle a la particularit&#233;... du fait que le moteur soit un peu &#224; droite, au niveau tenue de route... C'est un peu sp&#233;cial &#224; conduire, en plus avec les vitesses, tout &#231;a... Mais bon, une fois qu'on en a conduit, on peut plus retoucher un scooter automatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les 50 ont des vitesses, aussi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Oui ! Trois vitesses. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Et il y a la p&#233;dale de frein arri&#232;re au plancher. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est &#231;a qui est agr&#233;able. M&#234;me sur un 50, il y a les petites vitesses, et &#231;a fait vraiment le petit esprit Vespa, m&#234;me pour un 50. Et le petit bruit aussi, qui va bien... &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s c'est s&#251;r qu'au niveau tenue de route et freinage, &#231;a vaudra pas un scooter de 2010...&lt;span class='spip_document_3321 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8813-c9cc9.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Non, c'est pas vraiment du freinage. C'est du ralentissement ! Moi je sais que je prends beaucoup de distance. Bon de toute fa&#231;on, il faut avoir une distance de s&#233;curit&#233; avec les voitures ; mais ce qu'il y a, c'est que s'il y en a un qui vient &#224; piler d'un coup, moi si je freine, il me faut beaucoup plus de temps pour pouvoir bien freiner, bien m'arr&#234;ter. Bon en 50 on va pas tr&#232;s vite, donc au moins... Mais il faut savoir bien freiner avant parce que... il y a des d&#233;rapages.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s, il y a moyen de... C'est possible d'avoir un scooter avec le look ancien et d'avoir quand m&#234;me... Bon, sur le sien, l&#224;, &#231;a se voit beaucoup, mais sur celui qui est tout rouill&#233;, il y a une fourche un peu plus moderne, avec du coup un frein &#224; disques et m&#234;me si le scooter est de 1970, il a quand m&#234;me un freinage et une tenue de route nettement am&#233;lior&#233;s, quoi. Apr&#232;s il y a possibilit&#233;, sur des mod&#232;les de 1950, de mettre des moteurs un peu plus modernes, un peu plus fiables ; bon, toujours avec l'esprit d'un moteur Vespa &#224; vitesses, forc&#233;ment. Mais y a moyen, du coup, d'avoir un peu plus de souplesse, de monter aussi... d'adapter un d&#233;marreur &#233;lectrique, d'un peu moderniser sans trop toucher &#224; l'esth&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a un kick, en fait, sur les Vespas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Ouais. Moi en fait, le 50, y a pas de clef. Je suis oblig&#233;e de d&#233;marrer au kick. Donc quand je l'arr&#234;te, j'ai plusieurs petites techniques pour pas qu'on puisse le d&#233;marrer et partir. Bon, d&#233;j&#224; il est attach&#233;. Apr&#232;s...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Faut pas le dire !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; bon, j'le trafique, comme &#231;a y a personne qui le red&#233;marre. Mais... faut faire attention. Pas trop le laisser longtemps dans la rue, je pense. Sauf s'il est bien attach&#233;... Mais c'est 60 kilos, quoi. M&#234;me moi je peux le soulever et partir avec sous le bras !
&lt;br /&gt;...Non mais voil&#224;, il faut y faire attention. C'est pr&#233;cieux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, on voit que vous aimez vraiment &#231;a ! &#199;a fait quoi... un mois, que vous avez ouvert ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui ! Le 2 f&#233;vrier, on a ouvert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#233;tiez ailleurs, avant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Germain &#233;tait dans un garage, c'est comme &#231;a que je l'ai connu. Devil Scoot.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; J'ai fait deux ans et demi. J'ai fait mes armes, l&#224;-bas, en fait. Quand je suis arriv&#233;, je voyais comment &#233;tait fait le moteur, mais j'avais jamais pratiqu&#233;, quoi. Et petit &#224; petit... Le magasin marchait quand m&#234;me pas mal... En tout, en deux ans et demi, j'ai compt&#233;, j'ai remont&#233; &#224; peu pr&#232;s une vingtaine de scooters, de A &#224; Z. Donc &#224; force, petit &#224; petit, en faisant plusieurs fois les trucs, et tout... Et puis c'est de la vieille m&#233;canique, c'est quand m&#234;me assez logique. C'est &#231;a que moi j'ai trouv&#233; attirant ! Y a pas trop... tout ce qui est &#233;lectronique. Il y a un peu d'&#233;lectricit&#233; sur les mod&#232;les un peu plus modernes, mais bon. C'est pas comme maintenant, o&#249; on branche l'ordinateur pour faire le diagnostic de la panne. C'est peut-&#234;tre aussi pour &#231;a qu'il n'y a pas &#233;norm&#233;ment de monde qui veut les faire, aussi.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; En bateau ils faisaient &#231;a, ils branchaient un... Une fois il y a un monsieur qui est arriv&#233; tout bien habill&#233;, costume, petite chemise blanche et tout ; et puis mon moniteur de stage m'a dit : &quot;il va s'occuper du moteur&quot;. Je me suis dit &quot;bon, le gars bien habill&#233; en costard, il va faire le moteur ?!&quot; et puis en fait non, il a sorti un petit ordinateur, il l'a branch&#233;, il a fait tatata et il a dit &quot;bon la panne elle est l&#224;, il faut changer &#231;a&quot;... A mon prof, je lui ai dit : &quot;mais elle me sert &#224; quoi alors, ma formation, dans tout &#231;a ?! Parce que si c'est un ordinateur qui me dit o&#249; est la panne, pas besoin de faire de recherche de panne, au final !&quot;
&lt;br /&gt;&#199;a m'avait un peu un peu d&#233;go&#251;t&#233;e. Apr&#232;s, quand je suis partie dans les Vespas et que c'&#233;tait vraiment de la vieille m&#233;canique, on va dire... O&#249; il faut vraiment mettre les mains dedans, se prendre la t&#234;te pour chercher la panne... Se dire &quot;bon j'ai quand m&#234;me fait &#231;a, &#231;a et pourquoi &#231;a ne marche pas ? Donc on va refaire &#231;a&quot;... C'est plus agr&#233;able ! &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Des fois, c'est s&#251;r qu'on s'arrache un peu les cheveux. Il y a des moteurs qui ont trente ans, on ne sait pas qui c'est qui l'avait avant, comment ils ont roul&#233;...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Comment ils ont trafiqu&#233; &#231;a...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Des fois il y en a qui essaient de les r&#233;parer par leurs propres moyens, et...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...c'est encore pire !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; En g&#233;n&#233;ral, on peut pas trop comptabiliser le temps r&#233;el pass&#233; sur la machine, parce que neuf fois sur dix, &#231;a d&#233;passe. Enfin si on compte l'heure r&#233;elle... la facture est astronomique, quoi. Il faut arriver &#224; trouver le juste milieu. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Parce que bon, on aimerait bien qu'il y ait pas mal de monde qui roule en Vespa. &#199;a me plairait bien un jour, de voir plein de gens sur le Vieux Port avec des scoots ! Et puis beaucoup de femmes. Moi j'aimerais que ce soit plein de femmes qui soient sur ces scoots ! Parce que c'est quand m&#234;me un peu fait pour elles, on va dire, et puis c'est assez accessible donc heu... pourquoi pas, tant dans vingt ans... Il n'y aura que des Vespas partout !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont souvent les femmes qui font les courses, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'elles roulent pas trop en Vespa...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut faire les courses avec une Vespa ! Moi j'ai mis une petite cagette derri&#232;re et je peux mettre entre les jambes... Bon apr&#232;s faut pas non plus &#234;tre trop charg&#233;e, c'est s&#251;r qu'apr&#232;s si c'est la maman de famille, qui doit acheter les couches du b&#233;b&#233;, le lait, les trucs comme &#231;a, les bouteilles d'eau... c'est autre chose. Mais il y a possibilit&#233; de trimballer un peu les courses dessus... Faut s'adapter !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et des courses de Vespas, ils en font ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben je crois que oui, ils en faisaient &#224; un certain moment... et puis ils ont arr&#234;t&#233; parce qu'il y en avait un qui s'&#233;tait tu&#233;, non ? &lt;i&gt;(elle se tourne vers Germain)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Non, &#231;a c'&#233;tait pour les... je crois que c'&#233;tait pour les tentatives... Dans les ann&#233;es... '52, l&#224;. Il y avait trois marques qui s'amusaient &#224; battre des records de vitesse sur des cylindr&#233;es de moins de 125. Donc il y a eu Vespa en 52, ils sont all&#233;s jusqu'&#224; 170, je crois. Apr&#232;s, Lambretta sont all&#233;s jusqu'&#224; 200 et l'ann&#233;e d'apr&#232;s, il y a un pilote, je crois que c'&#233;tait MV Agusta la marque, et le pilote s'est tu&#233; pendant l'essai, donc du coup ils se sont dit qu'on pourrait passer &#224; autre chose. Sinon maintenant, il y a encore des courses, souvent... Il y a pas mal de clubs, d'associations, donc il y a des meetings un peu partout dans la France. En particulier dans le sud, il y a un gros meeting ; j'sais pas s'il va se faire encore, mais il &#233;tait organis&#233; par le scooter club du sud-est &#224; Mormoiron, o&#249; j'&#233;tais, d'ailleurs ! J'ai commenc&#233; par l&#224; il y a quinze ans... Et eux, bon c'est pas de la course-circuit, mais sinon ils organisent des... Il y en a beaucoup qui ont des Vespas pr&#233;par&#233;es que pour le circuit, quoi. Et il y a des courses sur circuit que de Vespas. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; C'est pas &#224; Turin qu'il y avait... ?
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais, &#224; Turin mais il y en a aussi un peu en France, quoi.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Avant, il y avait le Vespadrome...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ouais, &#224; Marseille !
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...qui faisait... Ils faisaient les essais comme &#231;a dessus. Au d&#233;part on avait un peu h&#233;sit&#233; &#224; appeler le magasin, justement, Vespadrome. Mais on s'est dit... si on &#233;tait dans la Dr&#244;me, pourquoi pas, mais ceux qui ne connaissent pas trop le monde de la Vespa, ils n'auraient pas vraiment fait le rapprochement entre Vespadrome et les Vespas. Donc du coup, on est partis sur &lt;i&gt;la Strada di Vespa&lt;/i&gt;. C'est ma voisine qui m'a donn&#233; l'id&#233;e ! Elle parlait bien italien. Au d&#233;but, quand on cherchait... elle nous a dit... On est partis sur &lt;i&gt;Vespa-Pa&#239;&lt;/i&gt; au d&#233;part, c'est un petit jeu de mots (rires) et puis apr&#232;s elle nous a dit &quot;et pourquoi pas &lt;i&gt;la strada&lt;/i&gt;&quot; ? Et on est partis sur &lt;i&gt;la Strada di Vespa&lt;/i&gt;. Bon, m&#234;me si on n'est pas trop s&#251;rs de l'orthographe italienne, mais c'est pas grave, &#231;a sonne bien !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous connaissez beaucoup de passionn&#233;s de Vespas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi, beaucoup par rapport &#224; mon papa.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Apr&#232;s &#224; Marseille, moi c'est surtout... &lt;i&gt;(A Eug&#233;nie)&lt;/i&gt; C'est l&#224; o&#249; j'ai connu ton p&#232;re, d'ailleurs. L&#224; o&#249; je travaillais. Apr&#232;s, toi...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Il a eu de la chance, il a connu le papa avant moi ! Donc c'est bien pass&#233;, apr&#232;s. C'est devenu mon copain ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Non, le milieu est vraiment... m&#234;me en France, &#231;a... il y a des forums, des sites sp&#233;cialis&#233;s, un peu comme dans tous les milieux de passionn&#233;s... La Coccinelle c'est pareil. Il y a un cercle o&#249; un peu tous les gens se connaissent, s'&#233;changent des conseils, des bons plans et donc sur Marseille, &#231;a a assez vite tourn&#233;, quoi. L'information, d&#232;s qu'on a ouvert...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; On n'a m&#234;me pas eu le temps de faire de la pub ; on comptait en faire un petit peu, faire des flyers, des trucs comme &#231;a... Mais bon, vu que du coup on a d&#233;j&#224; eu des clients, on n'a pas eu le temps, et puis au final &#231;a a quand m&#234;me pass&#233; le mot, il y a m&#234;me des gens qui parlent de nous sur des sites de Vespas... ! C'est mon papa d'ailleurs qui me l'a dit, il &#233;tait tout fier. &quot;Oh j'ai lu sur tel site... On parle de vous !&quot; Donc, voil&#224;... On &#233;tait contents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3329 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8829-7b8c3.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est ce qui vous a fait choisir ce local ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; La situation g&#233;ographique, d&#233;j&#224;... On cherchait dans ce coin, en fait.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; On avait cherch&#233; d'abord sur Internet. On avait trouv&#233; deux, trois trucs, mais bon, c'&#233;tait pas trop &#231;a... Et puis un jour on s'est dit &quot;bon on va aller dans le quartier o&#249; on veut nous, on va faire un peu le tour&quot;, parce qu'il n'y a pas forc&#233;ment toutes les annonces sur le net ou les journaux... Et puis en faisant le tour, on est pass&#233;s l&#224;, on a vu un panneau &quot;&#224; louer&quot; et puis il s'av&#232;re qu'ils l'avaient mis un jour avant que nous on passe ! Donc on &#233;tait les premiers &#224; visiter. Bon, c'est vrai qu'il y avait pas mal de pi&#232;ces et tout, donc pour le rangement, le fait d'avoir la cage de peinture, tout &#231;a... On &#233;tait bien tomb&#233;s ! C'est une ancienne imprimerie - papeterie, qui &#233;tait l&#224; depuis 1955. C'&#233;tait Monsieur Champetier. Tr&#232;s gentil d'ailleurs ! C'est notre proprio et il est vraiment tr&#232;s gentil. On est tomb&#233;s sur un bon propri&#233;taire, franchement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est s&#251;rement plus sympa que sur le cours Lieutaud, parce que &#231;a doit &#234;tre tr&#232;s mercantile l&#224;-bas...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; Ben cours Lieutaud, en plus, les loyers sont astronomiques... et c'est pas le type de client&#232;le qu'on recherche, quoi. Si on &#233;tait l&#224;-bas, toutes les cinq minutes, y aurait des gens qui nous demanderaient des pi&#232;ces pour des scooters modernes, alors qu'il y a d&#233;j&#224; 10 000 magasins qui les font. Et puis l&#224; d'une part on est bien situ&#233;s je pense, au niveau g&#233;ographique et les gens, bon, y a... Apr&#232;s, vu qu'on est sp&#233;cialis&#233;s, de toute fa&#231;on, et qu'y a pas grand-monde qui le fait... les gens ils viennent, quoi. Alors d&#233;j&#224; les gens int&#233;ress&#233;s viennent et y a beaucoup de passage, comme on disait, des curieux... des gens qui se rappellent des souvenirs...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...des clients qui sont venus en nous disant : &quot;c'est ma belle-m&#232;re qui est pass&#233;e, qui m'a dit qu'il y avait un magasin de Vespas qui s'&#233;tait ouvert, donc...&quot; M&#234;me si c'est pas eux les clients, ils font passer le mot &#224; c&#244;t&#233;.&lt;span class='spip_document_3320 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH168/IMG_8827-6b5bb.jpg' width='250' height='168' alt=&quot;&quot; style='height:168px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Et puis les enfants, aussi ! Le fait qu'il y ait les sorties d'&#233;coles, il y a pas mal d'enfants qui s'arr&#234;tent, parce que bon, on a mis des petites miniatures dans la vitrine avec des petites fleurs et tout, donc &#231;a appelle assez l'&#339;il pour les petits. Du coup ils sont l&#224;... les parents attendent que les petits finissent de regarder. Puis &#224; la fin ils rentrent, ils viennent voir un petit peu...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; &#199;a attire un peu l'attention, quoi. C'est un peu particulier, comme milieu... comme activit&#233;. Bon nous on est dedans, on s'en rend plus compte, mais...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Nous avons fait le tour. Vous avez des anecdotes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Moi j'aime mon Vespa. Quoi, ma Vespa ! C'est pas un Vespa, c'est une Vespa. Parce que &lt;i&gt;vespa&lt;/i&gt; en italien, &#231;a veut dire gu&#234;pe. Donc il faut bien pr&#233;ciser, c'est une vespa ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt; Non, voil&#224;. Je suis &#224; fond sur mon scoot ! Je lui dis plein de petits mots d'amour, quand je roule avec elle. Quoi, des mots d'amour... Genre : &quot;Ah... Ma grosse, qu'est-ce qu'il y a, alors tu rames, aujourd'hui ?&quot; Et puis elle repart, elle est bien ! &lt;i&gt;(rires)&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; C'est comme &#231;a qu'on les r&#233;pare d'ailleurs. On leur parle, et apr&#232;s, elles remarchent !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &lt;i&gt;&#8220;Ceux qui murmuraient &#224; l'oreille des Vespas&#8221;&lt;/i&gt;...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; Pourquoi pas ? Non, mais moi ma grosse, oui, j'sais pas ! J'la soutiens... Quand m&#234;me, elle m'emm&#232;ne d'un point A &#224; un point B, donc... Et elle a toujours march&#233;, en attendant. Depuis trois ans que je l'ai... M&#234;me plus maintenant, quatre ans... J'ai jamais eu trop de soucis. Alors qu'il y en a qui reviennent trois ou quatre fois parce que le scoot il a ci, le scoot il a &#231;a... Moi &#231;a va ! J'ai pas trop &#224; me plaindre.
&lt;br /&gt;Ah et oui, on comptait plus tard, faire... Parce que j'ai une amie qui m'a fait le tableau de Vespa, l&#224;, derri&#232;re... Bon, le logo Vespa n'est pas trop repr&#233;sent&#233; pour la marque, et en fait on comptait peut-&#234;tre faire, une fois tous les trois ou quatre mois, une petite expo ! Donc faire un petit truc d'inauguration un soir, et puis laisser l'expo pendant un mois. Au moins &#231;a fait d&#233;couvrir aux personnes qui aiment les Vespas, les tableaux, et puis ceux qui sont plut&#244;t dans les tableaux, d&#233;couvrir les Vespas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous allez faire une soir&#233;e d'ouverture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On l'a faite ! Le 13 f&#233;vrier. J'ai attendu mon papa qui redescendait d'Auvergne &#224; ce moment-l&#224;, et puis en plus le 12 c'&#233;tait mon anniversaire, donc on a fait tout ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a eu du monde ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui ! On &#233;tait bien une cinquantaine. Pas mal de monde, justement, pas mal de passionn&#233;s et tout... On a essay&#233; d'appeler un peu...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Germain :&lt;/i&gt; ...de vieilles connaissances...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Eug&#233;nie :&lt;/i&gt; ...un peu les grands pontes de la Vespa. Ils &#233;taient assez contents. Bon, en plus, vu qu'on est deux petits jeunes, qu'on commence et tout... Ils ont &#233;t&#233; super sympas avec nous. Ils ont &#233;t&#233; cools !
&lt;br /&gt;Et puis il y a plein de gens qui passent, juste pour le plaisir, et qui disent : &quot;oh, j'ai un petit truc Vespa, je vous l'am&#232;nerai !&quot; Donc il y a un monsieur qui nous a donn&#233; une petite Vespa, un autre qui nous a donn&#233; des chiffons, un outil pour les mobylettes... De nous voir, deux petits jeunes... ils sont contents, et ils nous aident. C'est assez sympa, &#231;a fait encore plus plaisir !
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Propos recueillis par Lynda Ledolley&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bleu pervenche</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<description>Estelle, 29 ans, contractuelle depuis un an, en plein travail de r&#233;daction d'une contravention, accepte de d&#233;voiler les dessus de la tenue de l'agent de la Police du Stationnement. Koinai : Pouvez- vous me d&#233;crire votre tenue ? On a un blouson avec des galons, des rangers, treillis. Tout &#231;a en bleu marine, qui fait respecter un peu l'autorit&#233;. C'est la m&#234;me chose pour les hommes et les femmes. K : Qui vous fournit ces v&#234;tements ? La ville de Marseille. Pour les treillis, c'est deux tous les deux (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle, 29 ans, contractuelle depuis un an, en plein travail de r&#233;daction d'une contravention, accepte de d&#233;voiler les dessus de la tenue de l'agent de la Police du Stationnement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pouvez- vous me d&#233;crire votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a un blouson avec des galons, des rangers, treillis. Tout &#231;a en bleu marine, qui fait respecter un peu l'autorit&#233;. C'est la m&#234;me chose pour les hommes et les femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous fournit ces v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La ville de Marseille. Pour les treillis, c'est deux tous les deux ans. Le pull, c'est tous les trois ans, peut-&#234;tre, voire plus. Pour le blouson, c'est sur longtemps, je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui s'occupe du nettoyage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a deux bons de nettoyage &#224; sec par mois. Sinon le reste est &#224; notre charge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les atouts de vos v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour les blousons, ils sont tr&#232;s chauds, imperm&#233;ables, gore-tex, avec le polaire &#224; l'int&#233;rieur. C'est &#233;quivalent &#224; un blouson de ski. Le treillis est confortable, les rangers aussi. Bon, pour le blouson comme pour tous les blousons, on est toujours un peu... on n'est jamais tr&#232;s &#224; l'aise. Mais ceux-ci, &#231;a va. Ils sont pas mal du tout &#224; ce niveau-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les diff&#233;rences &#233;t&#233;-hiver ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;t&#233;, on a des chemises. Pour les treillis, c'est la m&#234;me chose et rangers pour l'hiver, je vous l'ai dit. Sinon, on a des gants ; ceinturon, ils nous le fournissent aussi, et on a l'&#233;charpe... Sinon, on a des tenues de demi-saison : un petit blouson plus classique, donc on peut pas le mettre avec le treillis parce que &#231;a va plus du tout avec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous fi&#232;re de votre uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Fi&#232;re ? Je ne sais pas. Je savais de toute fa&#231;on que &#231;a faisait partie du truc, donc je l'ai pas contest&#233;. Disons... tant qu'&#224; travailler dehors, mieux vaut avoir un uniforme parce que forc&#233;ment on va avoir l'air plus autoritaire vis &#224; vis des gens et de par le fait qu'ils vont plus nous respecter et moins s'autoriser de choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une image &#224; porter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r, on ne doit pas venir d&#233;coiff&#233;, habill&#233; n'importe comment. On doit avoir les cheveux attach&#233;s, nous, pour les filles en tout cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et au niveau maquillage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne nous impose rien. C'est &#224; nous &#224; rester discret. Je suis la seule fille du service, donc... mais bon voil&#224;, discret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le p'tit piercing, c'est autoris&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne m'a jamais demand&#233; de l'enlever, en tous cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tous vos v&#234;tements sont-ils fabriqu&#233;s par Lafuma ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, du tout, uniquement les blousons. Sinon, c'est la maison Balsan... [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Fournisseur de tradition de l'arm&#233;e fran&#231;aise depuis 1850, Balsan est devenu (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;] Enfin, jusqu'&#224; pr&#233;sent en tout cas. Je ne sais pas si le march&#233; va continuer avec eux. On fait peut-&#234;tre des v&#234;tements provisoires. C'est pour &#231;a qu'il n'y a pas de titre ou de grade marqu&#233; dessus. Parce qu'on va avoir d'autres blousons sp&#233;cifiques &#224; notre fonction. Je ne sais pas si c'est vraiment r&#233;glo, mais il y a des grades au sein de la Police du stationnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les v&#234;tements sont diff&#233;rents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, ce sont les m&#234;mes. Sauf que le nombre de barres ou galons change.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arrivez-vous au travail en tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend, il y en a qui arrivent habill&#233;s et d'autres... Pour moi, &#231;a d&#233;pend des jours, si je dois aller chercher mes petits &#224; midi ou non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une salle sp&#233;ciale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des vestiaires. Vu que je suis la seule fille, j'ai un vestiaire pour moi et un autre pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous heurtez-vous &#224; la misogynie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout. Je me fais chouchouter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors, dans la vie civile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme v&#234;tements ? J'suis tr&#232;s mode, en fait. Donc, jeans, talons, petit haut sympa, blouson en cuir. Je suis assez derni&#232;re mode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 14/03/06 par Christophe P&#233;ridier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Fournisseur de tradition de l'arm&#233;e fran&#231;aise depuis 1850, Balsan est devenu l'un des principaux fabricants fran&#231;ais d'uniformes. Ses outils de production : usine de Deols (36) pour les tenues de prestige, autres v&#234;tements de draperie et chemiserie, Sainte-Pazanne (44) pour les coiffures et la passementerie, filiale Baletex pour les tenues de toile, les parkas &#233;tanch&#233;es et la protection contre le feu, bureau de Troye pour la maille. Avec 230 emplois en France, Balsan r&#233;alise plus de 30 millions d'euros de chiffre d'affaire r&#233;partis principalement entre les grandes administrations civiles (Police), militaires (Gendarmerie, &#233;coles d'officiers), sapeurs-pompiers (dont elle est le premier fournisseur), charg&#233;es de l'environnement (Eaux &amp; For&#234;ts, Chasse, P&#234;che) et une tr&#232;s large client&#232;le de collectivit&#233;s territoriales pour les polices municipales, les transports urbains et la grande distribution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bijoux Carmins</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
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		<description>Tradition culinaire controvers&#233;e, l'hippophagie tend &#224; dispara&#238;tre en France. Nous avons voulu donner la parole &#224; un artisan de cette viande pourtant savoureuse et bonne pour la sant&#233; : peu grasse, elle est riche en fer, en prot&#233;ines et en acides amin&#233;s divers. Loin de nous l'id&#233;e de se m&#234;ler au d&#233;bat... Laissons le micro &#224; Mr Baldacchino ! K : Une petite pr&#233;sentation, pour commencer ? Alors voil&#224;, c'est la boucherie Baldacchino Michel, 107 avenue des Chartreux... On est install&#233;s depuis 1959. Je suis (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/13004" rel="tag"&gt;13004&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tradition culinaire controvers&#233;e, l'hippophagie tend &#224; dispara&#238;tre en France. Nous avons voulu donner la parole &#224; un artisan de cette viande pourtant savoureuse et bonne pour la sant&#233; : peu grasse, elle est riche en fer, en prot&#233;ines et en acides amin&#233;s divers. Loin de nous l'id&#233;e de se m&#234;ler au d&#233;bat... Laissons le micro &#224; Mr Baldacchino !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une petite pr&#233;sentation, pour commencer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors voil&#224;, c'est la boucherie Baldacchino Michel, 107 avenue des Chartreux... On est install&#233;s depuis 1959. Je suis d'origine italienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De quel endroit ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis n&#233; en Afrique du Nord... Et on a plusieurs g&#233;n&#233;rations, en Afrique du Nord, en Tunisie exactement ; mes oncles, mon p&#232;re avaient tous des boucheries chevalines justement, &#224; Tunis. Voil&#224;... L'Italie du Sud !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#234;tes-vous venus en France, &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On est arriv&#233;s en 59, quand les Europ&#233;ens sont partis d'Afrique du Nord...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps avez-vous ouvert votre boucherie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon p&#232;re a achet&#233; cette boucherie au mois de juin 1959. J'ai pris la suite en... enfin, j'ai toujours travaill&#233; avec lui, depuis l'&#226;ge de 10 ans. J'ai achet&#233; l'affaire en 1987. Il y a 21 ans... Oui, c'est en '87 que j'ai pris le magasin. C'est la continuit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient cette tradition de manger du cheval ? Que pensez-vous de cette tradition, de cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a toujours mang&#233; du cheval, pratiquement... Depuis la Pr&#233;histoire. Mais c'est une tradition qui se perd, malheureusement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y avait-il d&#233;j&#224; des amateurs &#224; Marseille, quand vous avez commenc&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui... oui. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait la viande du pauvre. Maintenant, elle est quand m&#234;me toujours moins ch&#232;re que du b&#339;uf de qualit&#233;. C'est-&#224;-dire que si vous prenez le charolais par exemple, je le vends, en moyenne, 22 euros le rumsteck : le rumsteck de cheval, je le vends 2 euros de moins. Voil&#224;. A peu pr&#232;s, hein ! Et je pense que le cheval est de meilleure qualit&#233; que le b&#339;uf. En go&#251;t et... en tout !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y avait-il beaucoup d'autres boucheries chevalines quand vous avez ouvert ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh oui... Rien que dans le 4&#232;me, on devait &#234;tre cinq ou six !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien en reste-t-il maintenant &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense qu'il en reste trois, de vrais bouchers chevalins...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que cette tradition va totalement dispara&#238;tre en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'esp&#232;re pas. J'esp&#232;re pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les difficult&#233;s du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui nous manque, c'est des apprentis. Pour refaire partir le cycle. Et puis c'est mal pay&#233;, il y a trop d'heures...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce qu'il y a une fa&#231;on sp&#233;ciale de pr&#233;parer la viande de cheval ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Alors crue, c'est tr&#232;s simple, m&#234;me juste sal&#233;e et poivr&#233;e avec un filet d'huile, un filet d'huile d'olive... C'est tr&#232;s tr&#232;s go&#251;teux, tr&#232;s bon, tr&#232;s fin, hach&#233;. Elle peut aussi se manger en steak, po&#234;l&#233; ou grill&#233; : on peut faire comme le b&#339;uf, hein, des tournedos parisiens, c'est-&#224;-dire le filet de b&#339;uf avec le lard autour... Et puis des c&#244;tes, c&#244;tes de cheval, alouettes sans t&#234;te, avec le petit sal&#233; et la persillade &#224; l'ail, travail &#224; la marseillaise bien s&#251;r hein, des daubes... Une bonne daube de cheval, c'est fabuleux ! Et on la fait sans gras. C'est &#231;a qui est bien, y a pas un brin d'huile. Des pot-au-feu... On peut tout faire !
&lt;br /&gt;Le truc de la viande de cheval, c'est qu'on la fait pas revenir. Voil&#224;. On pr&#233;pare la sauce tomate, on coupe ses morceaux de viande, on les met dedans avec un bon vin rouge, si &#231;a vous tente, quatre l&#233;gumes, un peu de carottes, des oignons bien s&#251;r, de l'ail, deux ou trois feuilles de laurier, du thym, un peu d'herbes de Provence... On fait mijoter tout &#231;a &#224; froid, on fait partir &#224; froid... C'est vraiment tr&#232;s tr&#232;s bon.
Le seul probl&#232;me, avec le cheval, c'est qu'il a des nerfs... Il faut &#234;tre tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s minutieux pour les enlever.
&lt;br /&gt;En v&#233;rit&#233;, je vais vous parler comme un de mes confr&#232;res l'a fait : on est des bijoutiers de la viande. Le chevalin est un orf&#232;vre de la viande, car il est oblig&#233; de tirer les nerfs jusqu'au bout. Parce que le nerf de cheval, c'est pas comme le nerf de b&#339;uf... Le nerf de b&#339;uf, quand vous le faites cuire, il fond, il devient g&#233;latine, tandis que le nerf de cheval durcit. Alors on est oblig&#233;s d'&#234;tre tr&#232;s fins dans notre m&#233;tier !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les vertus de cette viande ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors... Le cheval ne contient pas de gras. C'est une viande qui est maigre, qui est fine, qui a un go&#251;t presque sucr&#233;... Qu'on peut manger cru sans crainte. La viande de cheval ne contient pas le ver solitaire. Et puis c'est recommand&#233; surtout pour les enfants, les gens &#226;g&#233;s, les gens faibles... Et les sportifs, surtout. J'ai des halt&#233;rophiles, j'ai des coureurs &#224; pieds, des cyclistes, qui viennent m'acheter de la viande de cheval. J'ai aussi beaucoup de v&#233;t&#233;rinaires qui m'envoient leurs clients acheter pour leurs animaux de la viande de cheval, quand ils sont malades ou qu'ils ont des probl&#232;mes de peau. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; provient votre viande de cheval ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors ma viande de cheval... D'abord, c'est des chevaux fran&#231;ais. Strictement fran&#231;ais. J'ai plusieurs abattoirs en France. J'ai Grenoble, Blois... 'Fin, je me sers que de viandes strictement fran&#231;aises. Qui sont de qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3313 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH188/IMG_8481_B-e3b70.jpg' width='250' height='188' alt=&quot;&quot; style='height:188px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;K : Quels sont les pays les plus gros mangeurs de viande chevaline ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les plus gros mangeurs c'est les Chinois. La Chine... Apr&#232;s, y a le Mexique... 420 000 tonnes de de cheval par an. Consomm&#233; ! Consomm&#233; en 2005. Y a que les USA qui sont pas consommateurs... Apr&#232;s, y a le Kazakhstan, l'Argentine, l'Italie, la Mongolie, l'Australie, le Br&#233;sil et la France. La France elle se trouve je crois dans les quatre premiers, je crois. Non. Cinq ! Cinq, voil&#224;. La premi&#232;re c'est la Chine, le Mexique apr&#232;s. Apr&#232;s il y a l'Italie, le Kazakhstan et en cinqui&#232;me il y a la France. Voil&#224;. Les USA sont pas consommateurs, mais ils en vendent, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous des personnes qui sont contre l'hippophagie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, on fait vraiment partie de la cha&#238;ne de la vie du cheval. Voil&#224;. Parce que, il y a quelques ann&#233;es, je sais pas si vous vous rappelez, en Camargue, y a eu des &#8220;amis des chevaux&#8221; qui les ont laiss&#233;s dans des p&#226;turages, mais sans boire et sans manger... Ces pauvres b&#234;tes ! C'est tr&#232;s cruel. Nous... D'abord on prend de vieux chevaux hein, parce qu'en v&#233;rit&#233; on mange pas les jeunes chevaux. Ils ne sont pas faits pour la viande. Il faut qu'ils soient vieux, pour les manger.
&lt;br /&gt;Et puis je crois que c'est la viande la plus contr&#244;l&#233;e en France... Quand on abat un cheval, il y a des pr&#233;l&#232;vements qui sont faits ; deux pr&#233;l&#232;vements, &#224; deux laboratoires diff&#233;rents. D&#232;s qu'on a l'accord, comme quoi la viande est saine, propre &#224; la consommation, on nous l'envoie en boucherie. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par C. Gallerini&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Barquette et ferry boat</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/barquette-et-ferry-boat</link>
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		<dc:date>2007-11-23T14:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;r&#233;nit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>098. Saint-Victor</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Architecte naval marseillais, du cahier des charges &#224; la conception et aux plans de fabrication, pour plaisanciers et professionnels.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/serenite" rel="tag"&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/saint-victor" rel="tag"&gt;098. Saint-Victor&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Jean, 44 ans, exerce dans son agence d'architecture navale rue Fourmiguier, aux abords du Vieux Port : &#171; En 84, j'ai commenc&#233; sur ma planche &#224; dessin mais, depuis, tout se fait par informatique, hein : on a des logiciels sp&#233;cifiques au niveau dessin de car&#232;ne, conception en 3D ou 2D et puis des logiciels de calcul de structure. &#187; De l'esquisse &#224; la construction, le travail de conception du bateau : mise &#224; l'eau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quel genre de bateau concevez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, j'ai plusieurs cordes &#224; mon arc : ma passion au d&#233;part, c'&#233;tait le bateau de plaisance, le voilier. Quand on a commenc&#233; en 84, on a fait beaucoup de multicoques, c'&#233;tait le d&#233;but donc y'avait pas d'architectes vraiment sp&#233;cialis&#233;s l&#224;-dedans, le march&#233; &#233;tait assez ouvert. Ensuite, j'ai eu l'opportunit&#233; de travailler avec des chantiers qui faisaient aussi des bateaux de travail, de transport de passager, des chalutiers, toutes sortes de bateaux professionnels. Et maintenant on est un peu sur les deux cr&#233;neaux, le bateau de plaisance et le bateau professionnel. Ma passion de d&#233;part c'est la plaisance mais apr&#232;s, au niveau conception, c'est aussi int&#233;ressant de dessiner un bateau professionnel qu'un bateau de plaisance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand exercez-vous votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai cr&#233;&#233; le bureau d'&#233;tude en 84, &#224; Marseille, et depuis je suis rest&#233; ici. D'autres confr&#232;res ont quitt&#233; Marseille pour Paris ou d'autres villes, mais moi je suis rest&#233; ici un peu par choix personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rentes &#233;tapes de votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La premi&#232;re &#233;tape, c'est toujours la discussion avec le client qui vient avec une id&#233;e plus ou moins pr&#233;cise de ce qu'il veut comme bateau, mais avec une &#233;bauche de cahier des charges ; donc c'est finaliser avec lui ce cahier des charges, l'enrichir pour vraiment comprendre ce qu'il veut. Ensuite les autres &#233;tapes, c'est une phase de pr&#233;-&#233;tude o&#249; on commence &#224; d&#233;finir les plans d'ensemble du bateau au niveau esth&#233;tique, fonctionnel, structurel, et cetera, pour arriver &#224; &#234;tre en ad&#233;quation avec les d&#233;sirs du client. Au terme de cette pr&#233;-&#233;tude, on peut faire une consultation aupr&#232;s des chantiers pour avoir un premier budget de construction. Ensuite y'a une phase, plan de fabrication &#224; proprement parler o&#249; on va rentrer dans les d&#233;tails de tous les plans, on remet au chantier pour qu'il puisse construire et puis &#224; des organismes, style Bureau Veritas ou Affaires Maritimes pour l'approbation des plans. Et ensuite, on assiste &#224; la mise &#224; l'eau et aux essais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faites-vous le suivi de la construction ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, alors, on peut nuancer un peu : disons que par rapport &#224; des architectes b&#226;timent qui ont vraiment une obligation de suivi de construction et une responsabilit&#233; dans la construction, nous en tant qu'architectes navals, on n'a pas de responsabilit&#233; dans la mise en oeuvre des mat&#233;riaux. Donc, on supervise la construction, on conseille le chantier mais c'est pas un suivi de construction au sens o&#249; on peut l'entendre pour des architectes b&#226;timent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, je travaille avec Philippe Frasca, qui lui est designer industriel. Donc, il s'occupe, de la partie esth&#233;tique mais aussi conception globale du bateau pour apporter des innovations, des choses un petit peu qui sortent de l'ordinaire et puis aussi oui ce travail de l'esth&#233;tique, l'am&#233;nagement, et cetera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le fait d'&#234;tre install&#233; &#224; Marseille, est-ce un atout ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas particuli&#232;rement. Beaucoup d'architectes sont plut&#244;t sur Paris parce que c'est l&#224; que se prennent les d&#233;cisions des grandes entreprises donc le sponsoring, et cetera, c'est peut-&#234;tre un peu plus actif l&#224;-bas. Moi, je ne travaille pas particuli&#232;rement non plus avec la client&#232;le marseillaise, j'ai des bateaux qui sont en Bretagne, en Corse, &#224; l'&#233;tranger. Les chantiers aussi sont de plus en plus &#224; l'&#233;tranger, hein, des fois je travaille avec la Turquie, avec la Chine, euh&#8230; Donc, le fait d'&#234;tre &#224; Marseille c'est pas un atout, c'est pas un inconv&#233;nient non plus ; je dirais que moi j'appr&#233;cie la qualit&#233; de vie ici, et maintenant beaucoup de choses se font aussi par internet, hein, la localisation a peu d'importance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, comment le client vient-il &#224; vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est beaucoup du bouche &#224; oreille. Oui, on a un site internet,&lt;a href='http://profils-design.com/#' class='spip_out' rel='external'&gt;Profils design&lt;/a&gt;, y'a des gens qui regardent. Ils viennent aussi beaucoup par les chantiers : quand ils voient un bateau en construction qui ressemblent &#224; peu pr&#232;s &#224; ce qu'ils ont en t&#234;te, ils vont voir le chantier parce qu'y a un c&#244;t&#233; plus palpable qu'en allant voir un architecte ; ils peuvent voir une construction, ils peuvent discuter de prix, de d&#233;lais, de choses comme &#231;a. Et bien souvent ensuite, les chantiers nous renvoient le client parce qu'ils ont pas forc&#233;ment le mod&#232;le qui convient. Donc, c'est beaucoup des relations comme &#231;a, proches, avec d'autres professionnels, le bouche &#224; oreille, le site internet, y'a un peu tout, tout compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous le luxe de pouvoir choisir vos commandes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas vraiment : on prend pas des choses qui nous int&#233;resse pas du tout ou qui sont pas dans nos comp&#233;tences, hein, mais on peut pas dire que je fasse un tri s&#233;lectif draconien. Oui, y'a pas mal de demandes mais c'est vrai qu'on sait jamais totalement si &#231;a va aboutir ou pas parce que y'a des questions de financement, de d&#233;lais, toutes ces choses qui rentrent en ligne de compte donc au d&#233;part, on est quand m&#234;me oblig&#233;s de r&#233;pondre de mani&#232;re assez large &#224; toutes les demandes et apr&#232;s, petit &#224; petit, &#231;a se s&#233;lectionne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La concurrence est-elle difficile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas tellement. En fait, chacun a un peu sa sp&#233;cificit&#233; ou les chantiers avec lesquels il a l'habitude de travailler, et c'est pas une concurrence, euh&#8230; On se bat pas sur les tarifs, ou&#8230; On peut pas dire que la concurrence soit tr&#232;s difficile. Enfin, c'est comme tout hein, il faut r&#233;pondre de mani&#232;re assez &#233;nergique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et travaillez-vous avec des chantiers navals marseillais ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, si c'est vraiment localis&#233; sur Marseille, il n'y en a plus beaucoup. Y'a deux chantiers navals qui font du bois mais de mani&#232;re moderne hein, du bois epoxy avec lesquels je travaille, Scotto et Maree Nostra, mais sinon les chantiers marseillais ont un peu disparu, les chantiers qui faisaient de la construction en aluminium, m&#234;me du plastique. Donc, en dehors des deux que je viens de citer, je travaille plut&#244;t avec le chantier le plus proche, le chantier Gatto qui est &#224; Martigues, sinon apr&#232;s c'est des chantiers dans toute la France ou &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects de votre profession pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'aspect int&#233;ressant, c'est l'aspect conception, cr&#233;atif, c'est-&#224;-dire arriver &#224; bien comprendre le cahier des charges du client parce que on fait pas les bateaux pour nous, &#224; chaque fois c'est des bateaux &#224; l'unit&#233; qui sont pour des applications bien pr&#233;cises, donc il faut comprendre ce que veut le client et puis r&#233;inventer, c'est un bien grand mot mais, enfin, adapter &#224; chaque fois un nouveau bateau &#224; la demande du client. La partie r&#233;barbative, c'est tout ce qui est plan de fabrication, c'est vraiment rentrer dans les d&#233;tails pour la fabrication, l&#224; c'est fastidieux, et puis c'est souvent les m&#234;mes pi&#232;ces qui reviennent, c'est moins int&#233;ressant pour moi, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est souvent des contraintes de d&#233;lais, par exemple pour les transports de passager, les bateaux qui font des promenades touristiques en mer, la saison se termine en septembre-octobre, donc les clients montent leurs plans de financement et veulent les bateaux pour avril, donc apr&#232;s la partie plan et construction se fait dans un d&#233;lai tr&#232;s court. Et l'autre partie tr&#232;s contraignante aussi, c'est des parties administratives d'approbation, monter des dossiers assez importants pour les faire valider par les Affaires maritimes, les soci&#233;t&#233;s de classification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma formation, moi j'ai un dipl&#244;me d'ing&#233;nieur, donc, j'ai fait un IUT de g&#233;nie m&#233;canique apr&#232;s les Arts et M&#233;tiers, &#224; Aix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : J'imagine que la profession a &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ce qui a &#233;volu&#233; c'est beaucoup les outils informatiques, &#231;a c'est certain. La mani&#232;re de construire aussi a &#233;volu&#233; un peu dans le m&#234;me sens : maintenant y'a beaucoup plus de d&#233;coupes num&#233;riques, de choses comme &#231;a. Avant les chantiers, ils refaisaient un trac&#233; grandeur r&#233;elle du bateau, maintenant, on fournit un fichier num&#233;rique, les t&#244;les sont d&#233;coup&#233;es ou le bois. Et l'autre aspect c'est un peu un aspect normatif qui fait que l&#224; aussi, depuis 84 d&#233;j&#224;, les normes fran&#231;aises ont souvent chang&#233;, ensuite on est pass&#233; sur des normes europ&#233;ennes qui sont tout le temps en train d'&#233;voluer et de s'enrichir, donc il faut tout le temps suivre les modifications au niveau des normes. &#231;a c'est un gros travail, surtout pour moi qui suis &#224; cheval sur la plaisance et le bateau professionnel donc &#231;a fait un &#233;ventail de normes tr&#232;s important qui faut constamment remettre &#224; jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a t-il eu des bateaux particuli&#232;rement difficiles &#224; r&#233;aliser ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas particuli&#232;rement. Apr&#232;s &#231;a peut &#234;tre li&#233; &#224; la taille, ou c'est plus par rapport &#224; l'exp&#233;rience qu'on peut avoir : par exemple, ces chalutiers qui sont l&#224; en photo font 25 m&#232;tres, techniquement ils sont tr&#232;s &#233;quip&#233;s, assez complexes, c'est s&#251;r que le premier que j'ai fait, &#231;a m'a demand&#233; beaucoup plus de travail que le cinqui&#232;me ou &#8230; En soi y'a rien de particulier mais, ne pas avoir de recul ou d'exp&#233;rience fait que &#231;a demande plus de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-il souvent de concevoir des armoires bateaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah (rire) ! Non non, c'&#233;tait une demande bien sp&#233;cifique et unique d'un artiste marseillais, voil&#224;. En fait l'artiste, Olivier Tourenc, a voulu faire ces &lt;a href='http://www.documentsdartistes.org/artistes/tourenc/repro1.html' class='spip_out' rel='external'&gt;armoires bateaux&lt;/a&gt; dans le cadre au d&#233;part de son dipl&#244;me de fin d'&#233;tudes, et donc lui est venu me voir en tant qu'architecte parce que dans son concept, il voulait pour que l'armoire soit un v&#233;ritable bateau, qu'elle soit dessin&#233;e par un architecte homologu&#233;, et cetera. C'&#233;tait le seul et unique client pour lequel j'ai fait des armoires bateaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le bateau dont vous &#234;tes le plus fier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, y'en a pas un en particulier, non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi peut-on reconna&#238;tre un bateau con&#231;u par vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, c'est difficile parce qu'&#224; chaque fois, c'est des bateaux de type diff&#233;rent avec des cahiers des charges diff&#233;rents donc, y'a pas vraiment, entre un chalutier de 25 m&#232;tres et un voilier de plaisance, de griffe particuli&#232;re, si ce n'est qu'il est bien fait (rire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous consid&#233;rez-vous comme un artiste ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faudrait d&#233;finir l'artiste&#8230; Non mais, y'a forc&#233;ment dans la conception du bateau, une part esth&#233;tique tr&#232;s importante. A la limite quand un client vient nous voir, il a des exigences au niveau performance mais il a pas forc&#233;ment les moyens de la juger donc il s'en remet &#224; nos comp&#233;tences. Par contre il va regarder le coup de crayon, l'aspect du bateau, son esth&#233;tique, et &#231;a il sera en mesure de le critiquer. Donc de ce point de vue-l&#224;, on a une part artistique forc&#233;ment assez importante, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie au monde maritime, &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh&#8230; c'est un ensemble : c'est vrai je suis n&#233; ici, j'ai toujours v&#233;cu ici &#224; part quelques petits &#233;pisodes donc, c'est une ville que j'aime bien, une rade que j'aime bien. J'aime bien naviguer ici, et ailleurs aussi, je reste pas particuli&#232;rement &#224; Marseille pour le monde maritime, c'est tout un ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous con&#231;u le bateau sur lequel vous naviguez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'ai chang&#233;, plus maintenant. Avant oui, en fait le premier bateau que j'ai dessin&#233;, je l'ai construit moi-m&#234;me et &#231;'a &#233;t&#233; mon bateau pendant longtemps, et puis j'ai fini par le vendre et j'ai achet&#233; une barquette marseillaise (rire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La mer est-elle une source d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben pour les bateaux oui, mais m&#234;me en dehors de &#231;a, forc&#233;ment, parce que je baigne beaucoup dans ce milieu, cet environnement donc, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est d'essayer de travailler le plus possible sur des bateaux qui correspondent &#224; nos crit&#232;res personnels, pas toujours &#224; ceux des clients, donc d'essayer de d&#233;velopper tout en restant dans un cadre commercial viable, des projets qui nous soient propres au niveau de la conception. C'est pas toujours facile de concilier l'aspect commercial et l'aspect d&#233;veloppement de projets personnels. Oui, sur notre site internet, c'est un appel d'offres qui a &#233;t&#233; lanc&#233; par la ville de Marseille, donc y'a eu une premi&#232;re phase de dialogue comp&#233;titif &#224; l'issue duquel ils ont retenu deux candidats, donc nous et une autre soci&#233;t&#233; et maintenant, on doit remettre les offres de prix pour qu'ils choisissent entre les deux. Les dates ont &#233;t&#233; un peu report&#233;es, on doit remettre les offres en mai 2008. Et sur le site, c'est l'avant projet qu'on a fourni avec un certain nombre de documents techniques pour qu'ils puissent faire la s&#233;lection. Donc, peut-&#234;tre qu'il y aura un ferry boat &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara marin le 03/10/07 ; r&#233;daction Odile Fourmillier &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Banni&#232;re laborieuse : haut la vente !</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/article/banniere-laborieuse-haut-la-vente</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/article/banniere-laborieuse-haut-la-vente</guid>
		<dc:date>2008-08-22T14:34:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florence Latreille</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les v&#234;tements de travail au service de l'ouverture de coquillages d&#233;clinent leurs fonctions : identit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Oui, n&#233;cessairement, on est oblig&#233; d'avoir une tenue sp&#233;cifique pour le travail, puisqu'il y a plusieurs contraintes : des contraintes esth&#233;tiques, sanitaires et commerciales ; je veux dire, quand on a des couleurs qui sont &#224; l'enseigne du magasin, et que ces couleurs se voient sur le personnel, &#231;a contribue &#224; faire avancer le commerce. &#187; Gilbert Montaldo, 58 ans, patron d'un n&#233;goce marseillais de fruits de mer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pouvez-vous me d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des saisons, en fait. Alors, on a une tenue d'hiver, une tenue d'&#233;t&#233;. Donc l'&#233;t&#233;, c'est tout simple : un tee-shirt jaune avec le logo magasin, jeans et type de basket ou bateau, l&#224;, la chaussure qui r&#233;siste &#224; l'eau de mer. Et l'hiver, c'est un peu plus cons&#233;quent, donc en plus y 'a des body warmers, les casquettes et &#233;ventuellement, s'il pleut, des bottes bateau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Body warmers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Body warmers, ce sont les trucs sans manches, l&#224;, vous savez ? Avec une fermeture &#233;clair devant, pour qu'on soit pas engonc&#233; dans nos mouvements et qu'on puisse travailler. Puisque notre m&#233;tier, c'est d'ouvrir les coquillages, quand m&#234;me. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes vestimentaires li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aucune. Si ce n'est que de changer les tenues tous les jours. C'est pas une contrainte, c'est simplement des contraintes sanitaires ; je veux dire : ou on est propre, ou on est sale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les tenues sont-elles faites d'un textile particulier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sp&#233;cialement. Heu... on a les tabliers qui nous prot&#232;gent, tabliers en plastique pour &#233;viter les projections, mais rien de tr&#232;s sp&#233;cial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des accessoires vestimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que contiennent les poches de la tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu... dans nos poches ? Typiquement, y &#8216;a rien dans nos poches. Parce que notre mat&#233;riel, on l'a toujours &#224; la main, pratiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un couteau, ou un ciseau &#224; oursins. Le couteau, c'est un couteau tr&#232;s sp&#233;cial de type couteau &#233;cailler, &#224; bout tr&#232;s pointu, avec une petite lame pour pouvoir p&#233;n&#233;trer les coquilles, donc c'est tr&#232;s r&#233;sistant, c'est en inox ; mais y'a rien de tr&#232;s particulier au niveau de...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous vos v&#234;tements professionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bah ! y'a plein de magasins sp&#233;cialis&#233;s pour &#231;a : y'a le magasin o&#249; tout le monde se sert, les trucs comme l'Amovis, rue de R&#233;publique, heu... On re&#231;oit des docks de Normandie, de Charente, sur des soci&#233;t&#233;s qui font du mat&#233;riel sp&#233;cifique &#224; notre emploi. Les bottes aussi, souvent on prend des... ch'ais pas si on peut citer les... on prend souvent de la qualit&#233; Aigle. Au moins, on est s&#251;r que &#231;a tient la saison, minimum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien avez-vous d'exemplaires de la tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Deux tenues, pour faire l'ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q - Quelle est leur dur&#233;e de vie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mmm... question difficile &#224; r&#233;pondre, &#231;a d&#233;pend les individus. Les bottes, &#231;a dure deux, trois ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue est fournie par l'employeur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout &#224; fait, tout &#224; fait... c'est un minimum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui assure l'entretien des v&#234;tements de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'employ&#233;, bien s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps consacr&#233; &#224; passer sa tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Souvent, ils arrivent sur le lieu de travail en tenue, h&#232;, ou alors ils rentrent au vestiaire, il leur faut cinq minutes, h&#232;, mais souvent ils arrivent avec leur tenue, puisque le soir ils partent avec, donc le lendemain, quand ils reviennent, ils en ont une propre dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de ne pas porter la tenue pendant les heures de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi oui, en tant que patron, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les employ&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eux non... eux non. Ou rarement, oui, &#231;a peut arriver... &#231;a peut arriver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Doivent-ils se changer au cours de la journ&#233;e de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sp&#233;cialement, non... &#192; moins qu'il y ait eu une catastrophe, ch'ais pas, un violet qui a &#233;clat&#233;, qui a mal &#233;t&#233; ouvert, bon, &#231;a, c'est &#224; la discr&#233;tion de l'employ&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tous les employ&#233;s ont-ils la m&#234;me tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Oui...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous &#224; l'aise dans votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que oui. Enfin, moi je suis &#224; l'aise mais bon, je pense que eux aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aimez-vous la porter tous les jours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand je travaille, heu... oui, en principe ; l&#224;, aujourd'hui non, puisqu'on repr&#233;sente pas une maison, on repr&#233;sente une profession, donc j'ai bien recommand&#233; d'&#233;viter qu'on puisse rep&#233;rer la maison qui assure l'ouverture du coquillage. J'ai simplement un r&#244;le d'information aujourd'hui, j'ai pas un r&#244;le de vente. Je vais vendre un peu, bien s&#251;r, puisqu'y faut vendre la marchandise qu'on a achet&#233;, nous sommes bien d'accord, mais mon but premier aujourd'hui, c'est de repr&#233;senter le m&#233;tier d'&#233;cailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre tenue influence-t-elle votre comportement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau lorsque vous passez votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ch'ais pas, je me suis jamais trop pos&#233; la question ; mais peut-&#234;tre que c'est vrai que quand on enfile la tenue, on retrousse les manches et on y va, quoi, un truc comme &#231;a, mais &#231;a c'est propre &#224; tout le monde, je pense, c'est pas propre qu'&#224; ma profession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous fier de votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout. Non, non... je suis pas convaincu de &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que le m&#233;tier d'artisan ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;tier d'artisan, c'est de partir sur un produit brut et d'arriver &#224; sortir quelque chose de fini, de joli, d'esth&#233;tique. Bon, nous c'est de l'alimentaire, nous on part de la mati&#232;re premi&#232;re qui est le coquillage, puis on arrive &#224; ressortir avec des jolis plateaux, bien pr&#233;sent&#233;s, bien frais... on a une certaine satisfaction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu... peut-&#234;tre, oui : j'ai fait des tee-shirts avec une coquille de palourde, et &#224; l'int&#233;rieur de cette coquille de palourde il y a la Vierge de la Garde ; et quand j'ai choisi le logo, je me suis pas tr&#232;s bien d&#233;brouill&#233; et en fait, ma tenue, avec le jaune, ressemble beaucoup &#224; Shell, au marchand d'essence, donc c'est vrai que... l&#224; y'a peut-&#234;tre un p'tit truc &#224; refaire, &#224; revoir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Regardez !...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps exercez-vous votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;tier d'&#233;cailler ? Depuis 88...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Florence Latreille le 25/04/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ah ! La carte !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djida Thomas </dc:creator>


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		<dc:subject>Conjugalit&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une premi&#232;re carte, Fleur de sel pour un soliflore, tatin design, pour un palais tout en finesse !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/conjugalite" rel="tag"&gt;Conjugalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Mon plus vieux souvenir de cuisine, je pense que je faisais des rois en p&#226;te sabl&#233;e, quand j'avais douze, treize ans - avec ma m&#232;re, le dimanche apr&#232;s-midi - qui &#233;taient d'ailleurs immangeables mais tout le monde les mangeait parce que&#8230; Voil&#224;. &#187; Nicolas Giansily, 28 ans, mari&#233;, un enfant, chef de cuisine, g&#233;rant &quot;Fleur de sel&quot;, organise des repas &#224; domicile et en entreprise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Avez-vous des souvenirs d'enfance li&#233;s &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r. Depuis tout petit je suis passionn&#233; par la cuisine, par les repas de famille et par tout ce qui tourne autour de la cuisine, et peut-&#234;tre m&#234;me plus loin, je suis passionn&#233; par le faire plaisir aux gens, &#224; mon entourage. Autour de moi et aux gens en g&#233;n&#233;ral. Dans ma profession ce qui est tr&#232;s tr&#232;s agr&#233;able, c'est de faire plaisir aux gens et que les gens vous f&#233;licitent et soient ravis de leur repas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand vous &#234;tes-vous orient&#233; vers ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis la sortie de la troisi&#232;me, j'avais quinze ans et j'ai d&#233;cid&#233; de faire le lyc&#233;e h&#244;telier. J'ai pass&#233; cinq ann&#233;es au lyc&#233;e de Bonneveine o&#249; j'ai re&#231;u plusieurs dipl&#244;mes. Je suis ensuite parti faire un petit tour de France avec les Compagnons du Devoir : je suis parti sur Toulouse, Monaco, Paris, faire le tour des grandes maisons : le Ritz &#224; Paris, le restaurant La Serre, le M&#233;tro Palace &#224; Monaco, par exemple. &#192; l'&#226;ge de 23 ans, j'ai d&#233;cid&#233; de rentrer sur Marseille puisque j'&#233;tais &#224; Paris, et c'est le climat et ma vie de famille qui me manquaient, et j'ai d&#233;cid&#233; de revenir sur Marseille pour exercer ma profession. Et l&#224;, fort de toutes ces exp&#233;riences et de mon CV, j'ai obtenu rapidement de tr&#232;s bonnes places. J'ai d'abord commenc&#233; au Ventilo de Marseille, o&#249; j'ai fait l'ouverture pendant trois ans, puis j'ai pris la place de Chef au restaurant P&#233;ron pendant un an et demi. Il y a quatre mois j'ai eu une petite fille. En m&#234;me temps, l'attente de mes clients est all&#233;e en grandissant : ils me demandaient de venir chez eux, de leur pr&#233;parer des plats, ils recevaient du monde. Mes horaires sont devenus tr&#232;s contraignants pour ma vie de famille, j'ai malgr&#233; tout d&#233;cid&#233; de me jeter &#224; l'eau et de monter mon entreprise, de ne faire que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une vocation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je pense qu'il faut &#234;tre passionn&#233; pour faire ce m&#233;tier, sinon on tient pas le coup. C'est tellement contraignant physiquement, pour une vie de famille, pour avoir des amis ; on travaille le week-end, les vacances. Si on n'est pas passionn&#233; on tient pas longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents ou grands-parents &#233;taient aussi du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout, personne. J'ai le chemin inverse : j'ai mes parents qui s'y sont mis apr&#232;s moi. Ils ont tout plaqu&#233;. Ils &#233;taient dans le secteur bancaire &#224; Marseille tous les deux, ils ont achet&#233; une vielle b&#226;tisse dans l'Aveyron et ils ont cr&#233;&#233; une chambre d'h&#244;te et une table d'h&#244;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les ingr&#233;dients que vous avez travaill&#233;s en premier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne me suis jamais pos&#233; la question, mais c'est certainement l'&#339;uf, la farine, le sucre, en essayant de faire des p&#226;tes. Au d&#233;but, des p&#226;tes sucr&#233;es, des p&#226;tes &#224; tartes, des choses tr&#232;s simples, quand j'&#233;tais tr&#232;s petit, j'avais douze, treize ans. J'en ai vingt-neuf.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec qui avez-vous fait vos premiers pas en cuisine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avec ma m&#232;re. Je l'aidais, je go&#251;tais les plats avec elle. Je me rappelle, je mangeais la p&#226;te crue quand elle faisait des choses&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle formation avez-vous suivie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai fait cinq ans d'&#233;tudes dans lesquelles on fait beaucoup de stages, beaucoup de mois en entreprise, et par la suite on peut dire que je suis r&#233;ellement cuisinier &#224; mon retour du tour de France, parce que c'&#233;tait encore comme des ann&#233;es d'&#233;tudes. Monaco, Toulouse, Paris, c'&#233;tait des&#8230; On travaillait quinze heures par jour pour six mille francs, c'&#233;tait pour apprendre le m&#233;tier, parce qu'&#224; l'&#233;cole on apprend les bases mais on apprend pas vraiment &#224; travailler. Et c'est une fois qu'on a vraiment toutes ces bases qu'on peut s'exprimer, avec son caract&#232;re, une fois qu'on d&#233;tient les bases de la cuisine on peut y ajouter sa touche personnelle, pas avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez jamais baiss&#233; les bras ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Si, si, si. &#199;a m'est arriv&#233; plusieurs fois, et &#231;a m'arrivera encore, je pense. Mais c'est un passage ; &#231;a dure quelques jours et apr&#232;s &#231;a repart.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre moteur principal ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le moteur c'est quand un client vous dit qu'il adore ce que vous faites, qu'on est un peu plac&#233; au-del&#224; de ce qu'ils sont r&#233;ellement&#8230; Quand on vous parle d'artistes&#8230; Moi je suis persuad&#233; qu'on reste des gens qui font &#224; manger et qui font la cuisine ; et on n'est pas des artistes, des&#8230; Voil&#224;, il y a des gens qui m&#233;ritent ces mots-l&#224;, les chirurgiens qui sauvent des vies, des gens importants, mais des chefs cuisiniers ce ne sont que des gens qui font &#224; manger, mais quand m&#234;me&#8230; c'est des f&#233;licitations qui redonnent envie de faire plus, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le temps, l'&#233;nergie consacr&#233;s &#224; la ma&#238;trise du m&#233;tier ont &#233;t&#233; tr&#232;s importants, comment le ressentez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un sacrifice. J'ai sacrifi&#233; - d&#233;j&#224; depuis l'&#226;ge de quinze ans - un peu ma jeunesse, puisque pendant tous les cong&#233;s scolaires depuis quinze ans, fallait travailler. Travailler l'&#233;t&#233; pour rien et beaucoup. Donc, je vais vous dire une chose, cet &#233;t&#233;, j'ai eu vingt-neuf ans, et j'ai pris pour la premi&#232;re fois un mois de vacances l'&#233;t&#233;. Depuis que j'ai quinze ans j'ai jamais eu de vacances l'&#233;t&#233;. Quand on fait des &#233;tudes classiques on a encore ses vacances d'&#233;t&#233;, on a encore ses&#8230; Et en dehors de &#231;a il faut apprendre le m&#233;tier r&#233;ellement dans des grandes maisons o&#249; l'on fait des choses gastronomiques et recherch&#233;es. Il faut travailler beaucoup, c'est tr&#232;s dur, mentalement et physiquement, c'est tr&#232;s dur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aviez-vous ou avez-vous encore un ma&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r, c'est mon professeur de lyc&#233;e de cuisine : Jean-Luc Rouyer, qui, &#224; la fin des &#233;tudes, m'a plac&#233; dans des grandes maisons et qui me conseille toujours d&#232;s que j'ai une grande d&#233;cision &#224; prendre. C'est mon parrain de cuisine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle a &#233;t&#233; votre premi&#232;re r&#233;alisation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que c'est le jour o&#249; j'ai eu ma premi&#232;re place de Chef et que j'ai fait et &#233;crit ma premi&#232;re carte. Parce que jusque-l&#224; on n'est que des ex&#233;cutants. On suit la cuisine d'un Chef. Quand il a fallu que moi-m&#234;me j'&#233;crive une carte&#8230; C'est une torture psychologique, je t'explique m&#234;me pas ! C'est l&#224; qu'en fait on voit si on est capable ou pas. Lorsqu'on cuisine derri&#232;re une brigade de cinq ou dix, on peut se cacher derri&#232;re un Chef, ou un sup&#233;rieur. Mais lorsqu'on est seul dans une cuisine et que le client va manger ce qu'on a fait de A &#224; Z, on n'a plus personne derri&#232;re qui se cacher. Et si &#231;a va, on a une joie immense. Si &#231;a va pas, une d&#233;ception immense, abominable aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une grosse responsabilit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est une tr&#232;s grosse responsabilit&#233;. En plus, c'est pas une fois, c'est si il y a cinquante clients, cinquante fois la responsabilit&#233;. Parce que chaque client doit &#234;tre satisfait. On n'a pas le droit, dans un service qui va durer une heure et demie ou deux, de se louper ne serait-ce qu'une fois. Parce que le client, de suite, &#231;a va &#234;tre sanctionn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre pire ratage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'y ai jamais trop r&#233;fl&#233;chi mais je ne vois pas&#8230; On va y revenir mais je ne vois pas, l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle cuisine faites-vous aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;M&#233;diterran&#233;enne. Mais pas uniquement proven&#231;ale. Je dis m&#233;diterran&#233;enne dans le sens o&#249; je prends des influences maghr&#233;bines, italiennes, corses, voil&#224;. C'est un m&#233;lange de tout &#231;a avec vraiment quelque chose de tr&#232;s tr&#232;s contemporain, tr&#232;s moderne dans la fa&#231;on de dresser, de cuire les aliments, c'est tr&#232;s &#233;pur&#233; ; des choses comme &#231;a, tr&#232;s design. J'essaie de faire quelque chose dans l'air du temps, avec des plats que j'aimerais manger moi. Par exemple, ce qui pla&#238;t beaucoup en ce moment, je fais une tarte tatin d'artichauts et gambas. Je revisite la tatin en rempla&#231;ant la pomme par de l'artichaut. Une tarte citron meringu&#233;e, mais en m&#233;langeant le tout, la cr&#232;me, la meringue et la p&#226;te sabl&#233;e dans une seule et m&#234;me composition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous cr&#233;ez, que cherchez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je cherche &#224; surprendre. Je cherche que ce soit beau, et que ce soit bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'avez-vous invent&#233;, vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense qu'on n'invente rien, on s'inspire toujours de quelque chose ou de quelqu'un. Je crois toujours inventer quelque chose, et puis je le vois ailleurs quelque temps apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et &#231;a vous fait quelque chose &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me dis que je ne suis pas tout seul &#224; avoir de bonnes id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment allez-vous &#224; la p&#234;che aux id&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je cherche continuellement, ne serait-ce qu'en feuilletant un magazine, genre &lt;i&gt;Femme Actuelle&lt;/i&gt; ou des choses comme &#231;a, une pub &#224; la t&#233;l&#233;, dans des magasins de d&#233;coration. Des fois je vais m'approprier des choses qui ne sont pas du tout destin&#233;es &#224; la cuisine. Je me rappelle, la derni&#232;re fois, j'ai utilis&#233; un soliflore. Je m'en &#233;tais servi pour pr&#233;senter mes feuillet&#233;s ap&#233;ritifs : des allumettes ap&#233;ritifs aux tomates confites que je piquais dessus avec un petit jus au fond. Voil&#224;, je rempla&#231;ais les fleurs par des choses comestibles. Il faut vachement bouquiner, aller regarder les autres ; quand je passe en ville je m'arr&#234;te un peu dans les restaurants que je connais, pour regarder ce qui se fait, la carte, pour rester dans l'actualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De quelle cr&#233;ation &#234;tes-vous fier aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quelque chose qui avait bien plu &#224; l'&#233;poque : je travaillais au Ventilo, nous avions une sp&#233;cialit&#233; de quarante &#224; soixante th&#233;s diff&#233;rents. Je m'amusais &#224; faire des essais justement avec les th&#233;s pour coller un peu avec le restaurant, j'avais cr&#233;&#233; une cr&#232;me br&#251;l&#233;e au th&#233; vert avec une petite madeleine au citron confit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre public ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon public, c'est tout le monde. &#199;a va de ma femme, ma famille, des amis, &#224; des gens avec qui j'ai travaill&#233;. Je touche tout le monde, pas que des gens ais&#233;s. Parce que je propose un produit quand m&#234;me assez haut de gamme, mais qui int&#233;resse vraiment tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel serait le meilleur amateur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le meilleur amateur, je dirais, c'est le moyen objectif, mais c'est ma femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que vous reste-t-il &#224; r&#233;aliser ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh l&#224; ! Plein de choses. Plein de choses, je commence &#224; peine, &#231;a fait quatre mois que j'ai ouvert, je d&#233;marre tr&#232;s bien, et j'esp&#232;re simplement de pouvoir en vivre correctement. J'ai pas d'autre objectif, et en m&#234;me temps conserver du temps libre pour ma famille et ma femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes nouvellement install&#233; dans la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais je suis marseillais sur plusieurs g&#233;n&#233;rations avec un arri&#232;re-grand-p&#232;re corse, sinon grands-parents, parents sont marseillais. J'ai travaill&#233; sur Toulouse, Monaco et Paris, mais toujours de retour &#224; Marseille. On est bien, ici. Moi je suis amoureux de ma ville, comme beaucoup de marseillais, je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez-vous aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a fait maintenant dix ans que je suis dans ce m&#233;tier, et je pense que je me suis senti assez fort dans ma t&#234;te pour me dire que je n'avais plus besoin d'employeur, et que je pouvais moi-m&#234;me d&#233;marcher les clients et trouver des march&#233;s, r&#233;aliser le travail, et que mes clients soient satisfaits pour p&#233;renniser mon entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand existez-vous en tant qu'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis quatre mois. Et le moteur principal &#231;a &#233;t&#233; mon temps libre. Ne plus sacrifier toutes mes journ&#233;es dans un restaurant, o&#249; l'on a des contraintes d'y &#234;tre &#224; midi, le soir, quand il a du monde. Et quand il y a du monde c'est les jours f&#233;ri&#233;s, c'est les week-ends, c'est pendant les vacances. Et l&#224;, je suis plus libre de choisir la fa&#231;on dont je travaille et les horaires de mon travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous consid&#233;rez cela comme une chance, aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une &#233;norme chance ; en m&#234;me temps que je pense avoir provoqu&#233;e. Beaucoup savent faire dans ce m&#233;tier, mais il faut beaucoup de courage pour se l&#226;cher, quitter son employeur, et se dire : &quot;Maintenant je vais travailler pour moi.&quot; &#199;a comporte des risques : j'ai un cr&#233;dit pour la maison, j'ai des frais, voil&#224;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &quot;Fleur de sel&quot;, pourquoi cette appellation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Rien de culinaire, juste pour la beaut&#233; du mot, et de ce que &#231;a repr&#233;sente. &#199;a repr&#233;sente un petit peu le must, &quot;le must du sel&quot;. Et &#224; travers mon travail et les documents que j'ai faits pour mon entreprise, j'essaie toujours de faire les choses tr&#232;s soign&#233;es, pour garder cette image de haut de gamme et de travail bien fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Recherchez-vous la perfection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, ah oui ! Quand je travaille, je travaille que des produits frais, je passe &#233;norm&#233;ment de temps. Si quelque chose n'est pas comme je l'ai voulu, je le recommence, je m'attache au moindre d&#233;tail, vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle place accordez-vous &#224; l'esth&#233;tique ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;L'esth&#233;tique c'est tr&#232;s important, un peu plus depuis quelques ann&#233;es. M&#234;me dans un tout petit restaurant, vous allez trouver des vaisselles carr&#233;es, des verres &#224; forme sympa, parce qu'on sait maintenant que les clients sont attach&#233;s &#224;&#8230; M&#234;me si c'est aussi bon qu'avant, mais ils vont trouver &#231;a mieux, si c'est plus joliment pr&#233;sent&#233;. Voil&#224;. Il y a des choses assez basiques qui sont tr&#232;s connues dans la restauration mais il faut s'attacher &#224; ce qu'un plat soit beau, il y a des textures diff&#233;rentes, il faut qu'il y ait du croquant, du moelleux, de l'amer, de l'acide, du sucr&#233;. Il faut que le client s'amuse en mangeant. Il faut qu'il y ait du bruit, qu'il d&#233;couvre des choses. Je m'amuse parfois &#224; cacher certaines pr&#233;parations avec d'autres pour que d&#232;s qu'on a mang&#233; une premi&#232;re chose, on d&#233;couvre autre chose en dessous. Et puis que ce soit bon, principalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travailler dans l'innovation, c'est une vieille id&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, au contraire, c'est beaucoup plus r&#233;cent, cette fa&#231;on. Il y a quelques ann&#233;es de &#231;a, je pensais qu'il fallait rester classique ; et quand on cherchait des trucs trop originaux, &#231;a collait pas. C'&#233;tait plus vouloir se d&#233;marquer pour se d&#233;marquer. Et l&#224; j'ai chang&#233; ma philosophie. Je pense qu'il faut se d&#233;marquer mais en gardant des bases classiques, ne pas faire n'importe quoi, mais&#8230; Avec les r&#233;flexions des clients, l'air du temps, les Grands Chefs&#8230; La nouvelle g&#233;n&#233;ration de Chefs a lanc&#233; cette fa&#231;on de cuisiner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez changer d'autre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que, pour revenir &#224; ce qui m'a amen&#233; &#224; faire &#231;a, c'est l'envie comme tout le monde, l&#224;, d'avoir un peu plus de temps libre. C'est un gros probl&#232;me dans la restauration : de moins en moins de gens veulent faire de la restauration, l'&#233;cole h&#244;teli&#232;re est moins attirante, parce que c'est un m&#233;tier tr&#232;s contraignant. Je pense que la solution c'est - et maintenant que j'ai une entreprise - de respecter le travail des collaborateurs qui sont avec nous, cuisiniers, serveurs, plongeurs, de faire en sorte que le m&#233;tier soit encore attirant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pour l'instant je suis seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre &#233;pouse vous aide ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non plus. J'ai pas voulu qu'on se l&#226;che en m&#234;me temps. Si &#231;a fonctionne, on verra cela par la suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A quoi occupez-vous votre temps libre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; le consacrer &#224; un repas de famille, d'amis, &#224; une partie de p&#234;che, ou un barbecue, voil&#224;, &#224; des choses simples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaiteriez-vous transmettre aux d&#233;butants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je vous ai parl&#233; des compagnons tout &#224; l'heure ; ils m'ont beaucoup guid&#233; au tout d&#233;but. C'est une association d'hommes qui a pour but de transmettre le savoir-faire et j'ai beaucoup re&#231;u de ces gens-l&#224;. Et c'est maintenant &#224; mon tour de retransmettre &#224; ceux qui commencent. &#199;a m'est arriv&#233; d'avoir plusieurs apprentis sous mes ordres et je leur pr&#234;tais une attention particuli&#232;re, &#224; ce qu'ils soient s&#233;rieux, &#224; ce qu'ils r&#233;ussissent leur dipl&#244;me, et &#224; leur donner l'envie, comme on me l'a donn&#233;e &#224; moi. J'ai mon petit fr&#232;re qui a suivi le m&#234;me parcours et d&#232;s que j'ai eu l'occasion, je l'ai pris avec moi et je lui ai apport&#233; tout ce que je savais. Maintenant il travaille tout seul, il est autonome et il sait faire bien des choses, qu'&#224; son &#226;ge, d'autres ne savent pas. Voil&#224;, donc peut-&#234;tre &#224; terme je m'associerai avec mon fr&#232;re, pourquoi pas ? J'ai aussi une petite fille de huit mois, c'est aussi ce qui m'a pouss&#233; &#224; faire mon entreprise. Tout s'est fait en m&#234;me temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours, re&#231;u des r&#233;compenses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai pass&#233; des concours de cuisine qui sont plus honorifiques, et pour le plaisir. Oui, j'ai remport&#233; deux concours, particip&#233; &#224; plusieurs autres championnats de France des desserts, des troph&#233;es de l'Acad&#233;mie culinaire fran&#231;aise, des choses comme &#231;a. J'ai eu droit &#224; quelques articles sp&#233;cialis&#233;s aussi. Voil&#224;. Je vous remercie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Djida Thomas le 12/09/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; la recherche de l'oiseau rare</title>
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		<dc:date>2007-08-14T10:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


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		<description>&#171; Je suis psychologue du travail. J'ai fait cinq ann&#233;es de psychologie, avec un DESS de psychologie du travail et des organisations. Donc, je suis autoris&#233;e &#224; administrer des tests psychologiques. &#187; Madame Tribouillier, trentenaire, consultante en ressources humaines pour le cabinet de recrutement Eurotriade. Koinai : Depuis quand le conseil en ressources humaines existe-t-il ? En fait, des cabinets de recrutement il en existe, je pense, depuis les ann&#233;es 50-60. &#192; la limite on peut dire, depuis (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis psychologue du travail. J'ai fait cinq ann&#233;es de psychologie, avec un DESS de psychologie du travail et des organisations. Donc, je suis autoris&#233;e &#224; administrer des tests psychologiques. &#187; Madame Tribouillier, trentenaire, consultante en ressources humaines pour le cabinet de recrutement Eurotriade.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand le conseil en ressources humaines existe-t-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, des cabinets de recrutement il en existe, je pense, depuis les ann&#233;es 50-60. &#192; la limite on peut dire, depuis le travail industriel. Le recrutement a commenc&#233; d'exister pour recruter des ouvriers. Maintenant, nous, on a un cabinet de recrutement et on est aussi chasseurs de t&#234;tes. Alors les chasseurs de t&#234;tes, &#231;a a commenc&#233; dans les ann&#233;es 80 aux Etats-Unis et puis apr&#232;s c'est venu ici. Disons que notre type de m&#233;tier existe depuis une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, on va s&#233;lectionner des comp&#233;tences ou des candidats idoines pour les besoins pr&#233;cis d'une entreprise. C'est la mise &#224; disposition du personnel, ou la s&#233;lection du personnel. En fait, nos clients ont un descriptif de poste et on essaye de r&#233;pondre &#224; ce besoin tr&#232;s tr&#232;s pr&#233;cis. Donc on est en plein dans le conseil et dans le service en ressources humaines : on cherche le candidat ad&#233;quat en essayant de vraiment trouver la personne qui aurait les comp&#233;tences requises par rapport &#224; un poste. &#199;a touche au dipl&#244;me, &#231;a touche &#233;norm&#233;ment aussi &#224; l'exp&#233;rience professionnelle que quelqu'un a d&#233;j&#224; eue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels outils vous permettent de v&#233;rifier l'ad&#233;quation entre le besoin du client et le candidat recrut&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le premier outil, c'est la communication, c'est l'entretien, c'est la parole. On va beaucoup parler avec les candidats potentiels. Ensuite y'a bien s&#251;r les documents &#233;crits, les curriculum vitae qu'on regarde vraiment en d&#233;tail. On a besoin d'un cabinet de recrutement pour des profils souvent confirm&#233;s. Nous ne recrutons pas des d&#233;butants. On recrute souvent des profils un peu rares, un peu difficiles &#224; trouver aussi, comme certains types d'ing&#233;nieurs ou d'autres profils commerciaux. Et les autres outils, &#231;a peut &#234;tre aussi des tests psychologiques, des choses comme &#231;a. Mais &#224; la base, c'est vraiment le CV, les entretiens, &#231;a peut &#234;tre des entretiens en face &#224; face, des entretiens par t&#233;l&#233;phone et &#231;a peut aussi &#234;tre, donc, ensuite des tests.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien d'entretiens un candidat va-t-il passer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons que pour un candidat qui finalement va &#234;tre embauch&#233;, il aura eu certainement avec moi au moins deux ou trois entretiens, si c'est pas plus. Un premier entretien, apr&#232;s y'a aussi un grand entretien approfondi, et ensuite y'aura encore des entretiens avec les personnes dans l'entreprise qui vont participer &#224; ce processus de recrutement. Donc il aura au moins eu cinq, six entretiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lorsque des candidats ont des comp&#233;tences similaires, quels sont les crit&#232;res d&#233;cisifs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, ben, c'est le client qui d&#233;cide&#8230; Vous pouvez avoir des directeurs qui vont choisir en fonction des similitudes, de : &quot;&lt;i&gt;Qu'est-ce qui me ressemble le plus ? Qu'est-ce qui ressemble le plus &#224; ma culture d'entreprise ?&lt;/i&gt;&quot; Donc ils veulent justement quelqu'un qui soit un peu dans le m&#234;me courant d'esprit. Donc, &#224; ce moment-l&#224;, &#231;a va &#234;tre une question de personnalit&#233; et de valeurs de la personne qui sont partag&#233;es au sein de l'entreprise. Apr&#232;s&#8230; curieusement, c'est souvent le candidat le plus motiv&#233; qui aura le poste. C'est tr&#232;s curieux, d'ailleurs, mais les candidats qui sont le plus motiv&#233;s, qui le sentent bien, qui comprennent tout de suite tous les enjeux du poste, toutes les comp&#233;tences n&#233;cessaires, tout ce qu'on veut, souvent, ils sont tr&#232;s motiv&#233;s et ils font des entretiens tr&#232;s fluides. Ils obtiennent le poste, c'est comme si c'&#233;tait une &#233;vidence. Et &#231;a c'est frappant, je trouve, que souvent, c'est quand m&#234;me les personnes les plus motiv&#233;es qui vont ou alors d&#233;crocher le poste, ou alors aller le plus loin dans l'entreprise et marquer le client quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais vous, vous n'auriez peut-&#234;tre pas choisi ce candidat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah non, mais je me laisse convaincre par un candidat, toujours, toujours, oui, bien s&#251;r. On est tr&#232;s dans le dialogue. Simplement si le client me dit : &#171; &lt;i&gt;Je veux un ing&#233;nieur&lt;/i&gt; &#187; et la personne n'a pas le dipl&#244;me d'ing&#233;nieur, &#231;a va &#234;tre dur, &#231;a va coincer. Ou quelqu'un dit : &#171; &lt;i&gt;Il me faut quelqu'un qui est fluide en anglais&lt;/i&gt; &#187; et la personne n'est pas fluide ; il me dit : &#171; &lt;i&gt;Mais j'peux faire des cours d'anglais&lt;/i&gt; &#187; etc. mais &#231;a va coincer quand m&#234;me. Donc l&#224;, des fois y'a des crit&#232;res KO, &#233;liminatoires, que nous on applique en d&#233;but de processus de recrutement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les violons d'Ingres sont-ils d&#233;terminants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Non, je pense pas. Nous on regarde un petit peu et &#231;a permet en entretien de parler de quelque chose en dehors de tout contexte&#8230; tout enjeu professionnel. Par exemple, j'avais quelqu'un qui jouait de l'orgue, mais l'orgue, vraiment, dans les tr&#232;s grandes &#233;glises. Ou des candidats qui font Iron Men, qui font du marathon, plus du je sais pas quoi, du triathlon. Donc &#231;a permet de parler de choses et de voir aussi comment est la personnalit&#233; de quelqu'un&#8230; donc c'est bien, c'est tr&#232;s bien, mais&#8230; c'est en aucun cas d&#233;terminant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous recours &#224; la graphologie et &#224; l'astrologie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, en tant que psychologue du travail, je dis : &#171; &lt;i&gt;Y'a pas de corr&#233;lation entre l'astrologie et la graphologie et&#8230; la r&#233;ussite professionnelle ult&#233;rieure&lt;/i&gt; &#187;. Et on a appris &#231;a comme &#231;a &#224; l'universit&#233;, et on est comme &#231;a. Surtout, vous avez des &#233;critures europ&#233;ennes ; en Angleterre, souvent on &#233;crit&#8230; en imprim&#233;, d'accord. Maintenant, je reconnais que j'ai des clients qui y tiennent, donc on a &#233;ventuellement recours &#224; la grapho. Et je reconnais aussi que des fois les graphologues, ils d&#233;crivent quand m&#234;me de mani&#232;re &#233;poustouflante et pr&#233;cise la personnalit&#233; de quelqu'un. Mais une personnalit&#233; toute seule ne va pas pr&#233;dire le succ&#232;s professionnel ult&#233;rieur, mais c'est&#8230; int&#233;ressant, &#231;a peut &#234;tre int&#233;ressant. Comme un test de personnalit&#233;, d'ailleurs, &#231;a peut &#234;tre int&#233;ressant, mais c'est pas d&#233;terminant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les outils de recrutement sont-ils d&#233;pendants du consultant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense. On a envie de rester libre, on a envie quand m&#234;me de traiter&#8230; Les ressources humaines, on traite des personnes, on les traite avec respect. On a quand m&#234;me une charte &#233;thique qui est quand m&#234;me aussi tr&#232;s importante. On va jamais laisser tomber, par exemple, un candidat qui est en difficult&#233; ou qui est peut-&#234;tre en d&#233;tresse. On va les coacher, on va l'aider aussi, on va le conseiller. On va se servir des outils quand on en a besoin, quand on sent que &#231;a peut &#234;tre juste et judicieux. Mais on a quand m&#234;me&#8230; l'&#234;tre humain, je pense, au centre, est une personne avec un parcours, avec une vie qui est au centre quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment recherchez-vous les candidats ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a une grande base de donn&#233;es qui nous est propre. Nous avons &#233;galement un site internet, eurotriade.com. On publie des annonces sur diff&#233;rents sites internet. On peut aussi, si on veut, faire une annonce presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quels secteurs intervenez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui est tr&#232;s tr&#232;s particulier, &#224; l'origine, &lt;a href='http://www.eurotriade.com/site/index.php?lang=fr' class='spip_out' rel='external'&gt;Eurotriade&lt;/a&gt; &#233;tait un cabinet de recrutement franco-allemand. Et donc, on a beaucoup de clients qui se situent sur un axe franco-allemand, dans l'industrie machine-outils et automobile. Dans notre cabinet, tout le monde est bilingue franco-allemand ou alors trilingue fran&#231;ais-anglais-allemand. On va donc intervenir en France ou en Allemagne, mais on va chercher les comp&#233;tences dans l'autre pays et on va surtout aussi valider les comp&#233;tences linguistiques, c'est important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il des fa&#231;ons de travailler diff&#233;rentes d'un pays &#224; l'autre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un p'tit peu, disons que les Allemands&#8230; enfin, il y a une diff&#233;rence entre l'Allemagne et la France, &#231;a c'est s&#251;r. Et aussi il y a des diff&#233;rences dans le recrutement entre la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie etc. Parce que maintenant on travaille quand m&#234;me aussi au niveau europ&#233;en, sachant que maintenant c'est aussi les pays de l'Est. C'est pour &#231;a, on aime bien dire que nous devenons des &lt;i&gt;cross border&lt;/i&gt;. Oui, en France, y'a une certaine mani&#232;re de faire, de r&#233;agir : par exemple, un dossier de candidature, &#231;a va &#234;tre un CV, et puis c'est tout. En Allemagne, on met le CV plus dix &#224; quinze certificats de travail, donc c'est excessivement volumineux, souvent c'est vingt ou trente pages. En Italie, c'est encore autre chose, tout le monde s'appelle &lt;i&gt;Dottore&lt;/i&gt; &#224; partir d'un certain degr&#233; universitaire, c'est un peu rigolo. En Angleterre, c'est beaucoup plus succinct, le recrutement va &#234;tre beaucoup plus rapide. Donc, les candidats, si au bout de dix jours on les a pas rappel&#233;s, ils consid&#232;rent que c'est tomb&#233; &#224; l'eau. Donc, il y a diff&#233;rentes mani&#232;res de faire, c'est un peu diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous adopt&#233; une mani&#232;re interm&#233;diaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On s'adapte &#224; chaque pays un p'tit peu, quand m&#234;me. En Allemagne, j'essaie d'&#234;tre tr&#232;s &#224; l'heure et beaucoup plus br&#232;ve au t&#233;l&#233;phone. En France, je sais que &#231;a va &#234;tre &#233;ventuellement beaucoup plus long au t&#233;l&#233;phone&#8230; (rire) Et si c'est des rendez-vous de candidats &#224; Paris, je sais qu'ils vont arriver avec quinze minutes de retard et &#231;a va pas les g&#234;ner, parce qu'&#224; Paris c'est un peu les bouchons qui font la loi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travailler &#224; Marseille, est-ce un choix ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, mon mari a &#233;t&#233; mut&#233; &#224; Marseille, donc j'ai atterri &#224; Marseille. Mais sinon, en fait, disons que nous, on est une entreprise de services, donc en clair on a besoin d'un t&#233;l&#233;phone, d'un bon ordinateur et d'un bon acc&#232;s &#224; internet avec une bande passante bien large. Et &#224; ce moment-l&#224;, on peut d&#233;j&#224; faire beaucoup de choses. Ensuite, qu'on prenne l'avion, le train, &#224; partir de Paris ou &#224; partir de Marseille pour rencontrer les candidats, c'est pareil. Mais nous, on travaille beaucoup en communiquant par t&#233;l&#233;phone, donc Marseille, &#231;a va bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tenez-vous un registre de satisfaction ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans un temps on fait des questionnaires. Nous, on a une d&#233;marche tr&#232;s tr&#232;s individualis&#233;e. On veut que les candidats soient contents de leur poste, pas au bout de deux mois, mais aussi au bout d'un an. Donc on a un suivi t&#233;l&#233;phonique, on fait des entretiens t&#233;l&#233;phoniques pour la prise de fonction, trois mois apr&#232;s et normalement ensuite neuf mois apr&#232;s. Pour savoir un peu. La satisfaction, elle vient beaucoup par le feed-back des entreprises et si le client n'est pas content, il ne nous donnera plus de nouveaux contrats. Donc, on a fort int&#233;r&#234;t &#224; bien faire notre travail. Et puis, c'est important que le candidat soit vraiment content, que ce soit vraiment un &lt;i&gt;step&lt;/i&gt; dans sa carri&#232;re, que &#231;a soit une situation gagnant-gagnant, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous est-il arriv&#233; de vous tromper ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a arrive, oui. Heureusement tr&#232;s rarement, parce que c'est un processus de recrutement. Les candidats, on les suit sur plusieurs semaines, on peut se tromper parce que des fois on a mal d&#233;fini le poste et &#224; ce moment-l&#224;, y'a une mauvaise d&#233;finition qui peut &#233;ventuellement amener &#224; l'&#233;chec. Ou les entreprises sont des fois aussi dans un environnement tr&#232;s turbulent et ce qui &#233;tait vrai pour un poste donn&#233; &#224; un moment donn&#233; ne l'est plus au bout de quatre mois. C'est-&#224;-dire&#8230; les entreprises sont aussi tr&#232;s tr&#232;s tributaires de leurs clients et donc l&#224;, on peut &#233;ventuellement avoir une mauvaise surprise. Mais c'est quand m&#234;me tr&#232;s rare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le conseil en ressources humaines est-il une science ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une science&#8230; Oui, est-ce que c'est une science ? Alors, expliquez-moi d'abord qu'est-ce que c'est une science&#8230; Quelque chose qui fournit des r&#233;sultats duplicables, des r&#233;sultats qu'on peut r&#233;p&#233;ter, on aura toujours la m&#234;me&#8230; Quelque part oui, on a des crit&#232;res&#8230; et on peut aussi quelque part qualifier, quantifier&#8230; ce qu'on fait. Maintenant, il reste quand m&#234;me, et l&#224; &lt;i&gt;je refuse que c'est que de la science&lt;/i&gt;, l'&#234;tre humain qui peut s'adapter, qui peut aussi r&#233;agir, qui, avec toute son intelligence, peut apprendre aussi. C'est &#231;a qui est int&#233;ressant aussi, comment une personne s'adaptera aussi &#224; un poste. Notre fa&#231;on de faire&#8230; ou la mienne, c'est vraiment &#234;tre tr&#232;s ouverts&#8230; Relativement neutres, mais toujours&#8230; vraiment&#8230; tr&#232;s &#224; l'&#233;coute. C'est &#231;a qui est int&#233;ressant. Bon, il faut dire, on a des crit&#232;res, y'a rien d'invent&#233;. Et m&#234;me chez les clients, vous avez le directeur g&#233;n&#233;ral d'une entreprise X-Y-Z, il a ses crit&#232;res, il va quantifier. Donc, je dirais quand m&#234;me&#8230; on n'est pas dans quelque chose de&#8230; de trop flou, on a quand m&#234;me une certaine exactitude dans la s&#233;lection, dans le recrutement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 26/06/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3337 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH273/1A2b---recrutement-59cc0.jpg' width='400' height='273' alt=&quot;&quot; style='height:273px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vous &#234;tes ringard</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


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		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&#171; Autrefois, quand je regardais les gens, je les imaginais toujours mieux, un petit peu refaits &#224; ma mani&#232;re, c'&#233;tait d&#233;j&#224; en moi, bien enfoui. L'apparence est notre deuxi&#232;me langage : on parle avec notre v&#234;tement, nos gestes, notre comportement, nos yeux, nos mots... Mais si le v&#234;tement n'est pas en ad&#233;quation avec ce que vous avez envie d'avoir comme image, vous serez &#233;limin&#233;. &#187; Patricia Neyron, 52 ans, conseill&#232;re en image aupr&#232;s des chercheurs d'emploi. Je m'int&#233;resse &#224; tout ce qui est esth&#233;tique, (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Autrefois, quand je regardais les gens, je les imaginais toujours mieux, un petit peu refaits &#224; ma mani&#232;re, c'&#233;tait d&#233;j&#224; en moi, bien enfoui. L'apparence est notre deuxi&#232;me langage : on parle avec notre v&#234;tement, nos gestes, notre comportement, nos yeux, nos mots... Mais si le v&#234;tement n'est pas en ad&#233;quation avec ce que vous avez envie d'avoir comme image, vous serez &#233;limin&#233;. &#187; Patricia Neyron, 52 ans, conseill&#232;re en image aupr&#232;s des chercheurs d'emploi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'int&#233;resse &#224; tout ce qui est esth&#233;tique, cr&#233;ation - d'ailleurs, &#231;a se voit chez moi : je refais tout, j'ach&#232;te des meubles, je les repeins, je cr&#233;e, j'invente - &#231;a me correspond. J'ai commenc&#233; avec les ch&#244;meurs. &#199;a m'a permis de bien ma&#238;triser le travail, d'avoir une cible de gens en difficult&#233; d'insertion sociale ou professionnelle qui ont &#233;norm&#233;ment besoin d'aide. Y'avait &#224; faire ! Je travaille uniquement sur ces cr&#233;neaux. Je pr&#233;f&#232;re me mettre au service des gens qui sont dans une urgence plut&#244;t qu'avec d'autres qui ont de l'argent et peuvent se payer un relooking 1500 euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai comme cible tous les RMIstes.&lt;/strong&gt; &#199;a peut aller de 20-25 ans jusqu'&#224; 50 ans. En g&#233;n&#233;ral, j'ai beaucoup de femmes. Je travaille &#224; raison de trois fois par semaine dans ces centres d'accompagnement pour les RMIstes et avec la CAF, avec les femmes isol&#233;es, en difficult&#233;. Elles sont souvent divorc&#233;es, les enfants &#224; charge. Plus elles se retrouvent dans les difficult&#233;s et plus elles s'enferment. J'essaie de leur faire red&#233;couvrir leur personne pour qu'elles retrouvent confiance en elles. Quand on perd son travail, on est d&#233;valoris&#233;. Elles sont donc en recherche d'une identit&#233;. Certaines s'orientent vers le milieu hospitalier : aides soignantes, aides &#224; domicile, d'autres veulent simplement faire des m&#233;nages ou du secr&#233;tariat. Mais surtout, elles veulent acqu&#233;rir un comportement, une apparence en ad&#233;quation avec ce qu'elles recherchent. Les accompagnateurs m'envoient les b&#233;n&#233;ficiaires du RMI en me disant : &quot;Cette personne est proche de l'emploi, elle est pr&#234;te&quot;. Donc on va travailler sa confiance pour la faire d&#233;marrer rapidement. Chaque fois que je la rencontre, je fais syst&#233;matiquement un compte-rendu &#224; l'accompagnateur du travail effectu&#233;. Il y a communication entre nous lorsqu'il y a un probl&#232;me. Parfois on me dit : &quot;&lt;i&gt;Elle s'est remaquill&#233;e &#224; outrance, il faudrait voir pourquoi.&lt;/i&gt;&quot; Alors je la rappelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier regard, la premi&#232;re impression sont tr&#232;s importants&lt;/strong&gt; et resteront malheureusement grav&#233;s. Dans un monde o&#249; l'emploi est satur&#233;, on est oblig&#233; de mettre tous les atouts de notre c&#244;t&#233;, et surtout celui-l&#224;. On retient plus l'image que les mots. Notre image est primordiale. Du fait que le recruteur a le choix aujourd'hui, il va se permettre de recruter celle qui lui pla&#238;t. Tant qu'on est dans une situation o&#249; l'emploi est pr&#233;caire, o&#249; il y a de gros probl&#232;mes d'insertion, on a int&#233;r&#234;t &#224; parfaire notre apparence ; elle est indispensable. Moi, si j'&#233;tais recruteur, je ne s&#233;lectionnerais pas des gens qui ont des v&#234;tements trou&#233;s, ce ne serait pas l'image que je veux donner de mon entreprise. Je crois que les gens ont compris. Ils sont sensibles au fait qu'aujourd'hui l'apparence est plus forte qu'avant, qu'elle a un poids dans les relations humaines et professionnelles, donc ils viennent vraiment pour &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fait, maintenant, on fait du coaching&lt;/strong&gt; ; ce n'est plus du relooking. Pour cela, il y a une part de psychologie forte et importante. Il y a les freins affectifs, familiaux, professionnels, culturels ou physiques, plein de choses qui se mettent au milieu et qui font qu'on n'arrive pas &#224; faire &#233;merger la personne. Donc &#231;a demande plus ou moins de temps. J'ai deux fa&#231;ons d'accompagner. Soit en individuel : je prends une heure, &#224; raison de cinq fois, voire six. Soit en groupe : c'est 2h30 par semaine pendant cinq semaines. Je les prends tels qu'ils sont. Au d&#233;part, l'entretien est n&#233;cessaire pour situer le personnage. J'aborde le c&#244;t&#233; psychologie, tr&#232;s important. Si on ne ma&#238;trise pas cela, c'est du d&#233;guisement, ce n'est pas du relooking. Puis, je d&#233;cortique la personne dans tous les sens : son visage, sa coiffure, ses couleurs, son physique, ce qui va ou non. Tout est li&#233;. Lorsque vous rectifiez une apparence, tout doit &#234;tre rectifi&#233;. Vous ne pouvez pas travailler le c&#244;t&#233; vestimentaire sans travailler la coiffure ; il y aura un d&#233;calage, et &#231;a se verra. Dans ce cas, laissez-la comme elle &#233;tait avant. Pour &#234;tre un peu plus dynamique, elle doit s'habiller moderne, sans d&#233;penser des fortunes, mais doit aussi toucher &#224; sa coiffure. Je me mets un d&#233;lai d'une semaine pour leur permettre de mieux comprendre, d'assimiler ce qu'on a fait ensemble et d'op&#233;rer les changements. Si n&#233;cessaire, pour aller chez le coiffeur ou pour faire du shopping, s'acheter un v&#234;tement. Ils ont besoin de faire d&#233;canter ; ce que je leur apprends est nouveau. Un changement ne peut s'op&#233;rer en un jour, il doit &#234;tre r&#233;fl&#233;chi. Ce n'est m&#234;me pas un changement ; c'est aller chercher en vous votre moi. De temps en temps, pour provoquer une r&#233;action, il faut choquer les gens. Il ne faut pas avoir peur de leur dire : &quot;&lt;i&gt;Vous avez de grosses hanches&lt;/i&gt;&quot; ou alors : &quot;&lt;i&gt;Vous &#234;tes coiff&#233;e comme dans les ann&#233;es 80, votre coiffure n'a plus rien &#224; voir avec les coiffures d'aujourd'hui&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Votre look est d&#233;pass&#233; et ne correspond plus &#224; ce que veulent les gens&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Vous &#234;tes ringard.&lt;/i&gt;&quot; C'est vrai que lorsqu'on cr&#233;e ce choc, &#231;a marche mieux que si on les m&#233;nage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je dois m'adapter au mat&#233;riel &#224; ma disposition.&lt;/strong&gt; Mon pr&#233;d&#233;cesseur sur ce poste se balade avec des portants de v&#234;tements, il fait essayer des v&#234;tements. Moi, je travaille diff&#233;remment. Pour l'instant, je travaille avec un book &#233;norme que j'ai fabriqu&#233; &#224; partir de mes cours. Je me sers de moyens tr&#232;s primaires : tableaux, croquis, dessins, marqueur, stylisme, puisqu'on doit corriger des silhouettes. C'est plus facile pour moi. Quand on est juste en face &#224; face, on travaille sur des calques. Je m'en sers tr&#232;s souvent ; j'ai des silhouettes stylis&#233;es ou d&#233;form&#233;es pr&#233;imprim&#233;es. Avec les calques, je dessine des v&#234;tements qui vont ou non et je les appose par-dessus... Pour ma satisfaction personnelle et pour le rendu, je suis oblig&#233;e d'avoir quelque chose qui me pla&#238;t. Je suis tourn&#233;e vers le modernisme, donc j'aimerais dans l'avenir faire une belle pr&#233;sentation informatique, mais pour l'instant je n'ai pas le temps, mais je le ferai... Je ne m'adresse pas pour l'instant au milieu de la mode mais comme je suis un peu avant-gardiste sur les v&#234;tements, c'est vrai que &#231;a me plairait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le travail que je fais, il y a toute une partie d'hygi&#232;ne.&lt;/strong&gt; D'ailleurs c'est la premi&#232;re des choses ; on ne va pas dire aux gens : &quot;&lt;i&gt;Habillez-vous bien&lt;/i&gt;&quot; si on sait qu'ils ne se lavent pas. Se coiffer, se pr&#233;parer le matin... c'est aussi le respect des autres. Pourquoi nous, les filles, on se maquille, pourquoi on s'&#233;pile les poils ? Il y a un respect de soi, mais aussi un respect des humains. Il vaut mieux &#234;tre propre et sentir bon plut&#244;t qu'&#234;tre poilu et sentir la transpiration. Il existe une aide mat&#233;rielle mais moi, je ne leur apporte que du conseil, je leur donne des adresses, des marques connues, des trucs pour s'habiller pas cher, pour &#234;tre propre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les hommes ne veulent pas venir vers moi&lt;/strong&gt; ; ils sont beaucoup moins opportunistes, plus timides, plus timor&#233;s. &#199;a c'est s&#251;r, hein ! Je les impressionne peut-&#234;tre. Dans ce cas, je dois revoir mon image. Je pense qu'il y a beaucoup plus de femmes sur le march&#233; de l'emploi dans ces centres d'accompagnement. Elles ont souvent perdu leur emploi parce qu'elles ont eu des enfants, se sont arr&#234;t&#233;es de bosser et, entre-temps, sont rest&#233;es longtemps en inactivit&#233;. Les choses et les technologies ont &#233;volu&#233;. Elles veulent se remettre sur le march&#233; de l'emploi, mais n'ont plus les comp&#233;tences en informatique. Si j'osais... elles sont presque obsol&#232;tes ; elles sont un peu d&#233;pass&#233;es. Il y a aussi la question de l'&#226;ge. Je rencontre des gens qui ont franchi la quarantaine ; ils sont bloqu&#233;s par leur &#226;ge. Pourtant ce n'est pas vieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jeunes hommes sont plus n&#233;gligents&lt;/strong&gt; et quand on me les envoie, ils ne suivent pas, ne viennent qu'une fois. On ne les oblige pas &#224; se pr&#233;senter, mais c'est fortement conseill&#233; quand m&#234;me. Effectivement, ces jeunes-l&#224; renoncent compl&#232;tement &#224; l'aspect vestimentaire. Ils ne sont pas du tout en ad&#233;quation avec la soci&#233;t&#233;. Apparemment ils ont l'impression de renoncer ainsi &#224; leur libert&#233;, et le surv&#234;tement est une fa&#231;on de dire non &#224; la soci&#233;t&#233;. Ce sont des rebelles, ils font partie d'une certaine cat&#233;gorie sociale mais pas encore professionnelle. Ils s'identifient &#224; des groupes un peu n&#233;gatifs par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. On peut &#234;tre d&#233;contract&#233; sans &#234;tre en surv&#234;tement ; cela est uniquement fait pour le sport. Quand vous leur avez fait comprendre &#231;a, la fois suivante ils arrivent en jean ; c'est toujours d&#233;contract&#233;, mais &#231;a passe mieux quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a beaucoup de bouche &#224; oreille&lt;/strong&gt;. Les organismes qui nous emploient commencent &#224; reconna&#238;tre notre travail, la preuve, c'est qu'ils me demandent. D'un accompagnateur &#224; l'autre, ils se disent &quot;&lt;i&gt;Tiens, chez nous il y a une accompagnatrice en image&lt;/i&gt;&quot;. Il y a de plus en plus de contacts. Je souhaite justement pouvoir les &#233;largir. Et j'esp&#232;re travailler un jour avec le PLIE, avec la Ville de Marseille. Il y a de quoi faire ! En r&#233;gion parisienne, il y a &#233;norm&#233;ment de personnes qui travaillent dans ce domaine. Sur Marseille, j'en connais au moins quatre ou cinq qui ont pignon sur rue. Plus tous ceux ou toutes celles qui ont suivi cette formation mais ne sont pas install&#233;s. Moi, je suis salari&#233;e d'une association familiale que nous avons cr&#233;&#233;e. Il est bon de le pr&#233;ciser, notre association a &#233;t&#233; subventionn&#233;e par la R&#233;gion qui a approuv&#233; le projet et m'a attribu&#233; un beau budget qui me permet de travailler pendant au moins deux ans. J'ai commenc&#233; en octobre ou novembre. En revanche, je suis d&#233;sol&#233;e, le Conseil G&#233;n&#233;ral n'a pas suivi, pourtant les RMIstes sont suivis et financ&#233;s par eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Je suis tr&#232;s avant-gardiste et tr&#232;s cr&#233;atrice...&lt;/strong&gt; Je ne suis pas du tout conventionnelle, dans le choix de mes tenues. Je confectionne des tee-shirts assortis &#224; mes pantalons. D'ailleurs j'en fabrique aussi pour mes amis, puisque tout le monde m'en demande. Je pr&#233;f&#232;re les couleurs froides et tr&#232;s vives : les rouges, les violets, les roses, fuchsias, les bleus, les gris, tout ce qui a de l'intensit&#233;. Tout ce qui se voit. J'ai horreur du classique ; c'est d'une tristesse folle ! &#199;a ne correspond pas avec mon caract&#232;re dynamique et un peu joueur... Le week-end, si je dois sortir, je m'habille &#224; peu pr&#232;s pareil. Sinon je me cache, car c'est mon seul moment de d&#233;tente ; je peux arborer des choses dans lesquelles je suis &#224; l'aise, mais qui ne seront pas forc&#233;ment vues : le jogging, de grands pulls... Quelquefois les tenues que je porte en semaine ne sont pas confortables &#224; mon go&#251;t, par exemple tout ce qui est avant-gardiste, mais &#231;a me pla&#238;t, donc j'accepte. Il y a des contraintes, mais lorsque je regarde mon image, elle me convient. M&#234;me si le pantalon est taille basse ou que la veste est trop courte et que je n'ai pas les reins couverts, je me dis : &quot;&lt;i&gt;Tant pis !&lt;/i&gt;&quot; Je compense avec autre chose. J'aime les choses qui tiennent bien, les beaux tissus. Brillants ou pas, &#231;a m'est &#233;gal. Style : les cotons, les toiles. En revanche je n'aime pas les textiles mous sur le corps, ceux qui n'ont pas de tenue, comme par exemple les jerseys. Mais je ne donne pas les m&#234;mes conseils aux b&#233;n&#233;ficiaires qui viennent me voir ; je les conseillerai en fonction des v&#234;tements qui leur vont. Par exemple, si par rapport &#224; son physique, il faut des drap&#233;s &#224; une personne, on sera oblig&#233; d'adopter des boutons, des choses tr&#232;s &quot;mode&quot;, des mati&#232;res tr&#232;s souples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il faut consid&#233;rer que l'habit&lt;/strong&gt;, aujourd'hui en 2006, fait le moine, malgr&#233; le dicton qui dit le contraire. Je suis l&#224; pour &#231;a et la preuve c'est que j'existe, sinon les gens n'en auraient rien &#224; foutre de ce que je fais aujourd'hui. &#192; ceux qui recherchent un emploi, je dirais : &quot;&lt;i&gt;Prenez un miroir, regardez-vous en pied. Regardez-vous ! Posez-vous plein de questions : &quot;Est-ce que je me plais ?&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Mon apparence va-t-elle plaire aux gens ?&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Le miroir me renvoie-t-il l'image que j'ai envie de faire para&#238;tre aux gens ?&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Suis-je en ad&#233;quation entre ce que je suis et ce que je laisse para&#238;tre ?&lt;/i&gt;&quot; S'il y a un d&#233;calage, il faut traiter, il y a des r&#233;glages &#224; faire. L'important, c'est de se soigner, c'est d'&#234;tre soign&#233;. Sur une &#233;chelle de 1 &#224; 10, ils vont gagner trois ou quatre points avec l'apparence. La premi&#232;re vision, le premier regard va se porter sur eux, la fa&#231;on dont ils sont habill&#233;s, coiff&#233;s, propres, les mains... Il y a aussi le regard, la poign&#233;e de main, le comportement. Si vous &#234;tes bien dans vos v&#234;tements, si vous ne vous dites pas : &quot;&lt;i&gt;Je suis engonc&#233;, je ne suis pas bien, &#231;a ne me va pas&lt;/i&gt;&quot;, si le matin vous vous &#234;tes regard&#233; dans le miroir, qu'il vous a renvoy&#233; une image positive, vous serez positif toute la journ&#233;e, dans toutes les d&#233;marches que vous allez faire, o&#249; que ce soit, devant qui que ce soit ; vos mots seront &#233;cout&#233;s. &#199;a c'est une chose qu'il faut bien comprendre. Par contre, si dans votre look, il y a quelque chose qui ne vous convient pas, contraire &#224; ce que vous voulez, votre interlocuteur va le sentir au travers de votre discours qui sera moins cr&#233;dible, moins positif et il va finir par se poser ailleurs que sur vos mots ; il se posera sur votre apparence qui ne vous convient pas. Tout ce que vous direz ne sera m&#234;me pas &#233;cout&#233;. C'est ce qui fausse et fait mal &#224; un entretien. Si vous n'avez pas la bonne personnalit&#233;, la bonne apparence, vous avez tout faux, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, &#231;a ne marche pas, vous &#234;tes &#224; c&#244;t&#233;. Et c'est dommage, parce qu'on n'a qu'une chance de faire bonne impression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 21/03/06 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;agence de relooking&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les agents de piste doivent pas prendre feu</title>
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		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Habillement</dc:subject>

		<description>&#171; Mon m&#233;tier c'est agent d'escale &#224; l'a&#233;roport de Marignane. Je suis responsable d'un comptoir vente aupr&#232;s d'une compagnie a&#233;rienne qui s'appelle Alitalia. Le comptoir s'occupe des passagers et de tous les probl&#232;mes : ventes des billets d'avion, p&#233;nalisations... On a une image que la compagnie nous demande de respecter, une image propre, une image soign&#233;e. Je porte l'uniforme repr&#233;sentant une compagnie a&#233;rienne. C'est un peu militaire mais c'est une rigueur. &#187; Mademoiselle Benedetta Sentuli, 27 ans, (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon m&#233;tier c'est agent d'escale &#224; l'a&#233;roport de Marignane. Je suis responsable d'un comptoir vente aupr&#232;s d'une compagnie a&#233;rienne qui s'appelle Alitalia. Le comptoir s'occupe des passagers et de tous les probl&#232;mes : ventes des billets d'avion, p&#233;nalisations... On a une image que la compagnie nous demande de respecter, une image propre, une image soign&#233;e. Je porte l'uniforme repr&#233;sentant une compagnie a&#233;rienne. C'est un peu militaire mais c'est une rigueur. &#187;&lt;/strong&gt; Mademoiselle Benedetta Sentuli, 27 ans, italienne &#233;tablie en France depuis six ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;B&#232;, je dois dire la v&#233;rit&#233;, je me suis habitu&#233;e et c'est un c&#244;t&#233; rigolo de jouer le r&#244;le, de se mettre un uniforme. Je dois vous dire que l'uniforme &#231;a arrange, hein, parce que le matin, quand je dois aller travailler, je sais comment je dois m'habiller, j'ai pas &#224; me prendre la t&#234;te, &#224; chercher les bons habits dans l'armoire, acheter des autres habits pour que je sois pr&#233;sentable. J'ai d&#233;j&#224; comment m'habiller, donc &#231;a c'est le c&#244;t&#233; positif. Le c&#244;t&#233; n&#233;gatif, c'est que des fois on prend du poids pendant l'ann&#233;e et donc on a choisi un uniforme un peu trop serr&#233; et peut-&#234;tre on est mal &#224; l'aise, mais en m&#234;me temps je suis quelqu'un qui aime aussi ce c&#244;t&#233; militaire de devoir s'habiller et de devoir tenir une rigueur. J'adore mon uniforme, j'adore me plonger dans ce r&#244;le le matin. J'aime bien me soigner et prendre soin de mon uniforme et de mon image.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quelles pi&#232;ces composent l'uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'uniforme se compose d'une veste g&#233;n&#233;ralement bleue marine, une chemise blanche, un pantalon ou une jupe selon le choix - donc on a le choix, heureusement - des talons tous les jours. Donc on a la collection d'&#233;t&#233;, la collection d'hiver. Donc la collection d'hiver elle est compos&#233;e d'une jupe et de pantalons, d'un manteau en laine. Le manteau est long jusqu'aux chevilles, &#224; ne pas modifier ni sur la longueur ni sur la longueur des manches. Ils sont taill&#233;s sur mesure, il faut qu'on respecte comment il est taill&#233;. Puis on a des variables, type un petit gilet en laine. Donc &#233;ventuellement pendant l'hiver on doit respecter le manteau, la veste, le gilet, la chemise en dessous du gilet. La collection d'&#233;t&#233;, c'est tout en coton assez &#233;pais et g&#233;n&#233;ralement pendant l'&#233;t&#233; il est demand&#233; obligatoirement la jupe - pas de pantalon pendant l'&#233;t&#233; ! - et le pantalon il est pr&#233;vu pendant l'hiver, que en cas de vrai froid. Mais sinon le vrai uniforme, les femmes en jupe et les hommes, bien s&#251;r, en pantalon. Nous on a l'obligation aussi de choisir notre linge intime, pas de linge intime apparaissant, de dentelle qui d&#233;passe, il faut que &#231;a soit quelque chose de coton simple, sans broderie ni dessin, que &#231;a se voie pas &#224; travers la chemise. On a des boutons de manchette &#224; mettre &#233;ventuellement, il y a des pin's, on peut porter que un pin's, c'est celui-l&#224; de la compagnie. Donc bien s&#251;r on doit avoir notre badge tous les jours, c'est ce qui nous permet d'acc&#233;der &#224; toutes les portes de l'a&#233;rogare, et en m&#234;me temps c'est notre carte d'identit&#233; pour ceux qui travaillent sur l'a&#233;roport. On a des &#233;paulettes, on a des pin's aux &#233;paulettes, des fois &#231;a d&#233;termine le degr&#233;, et puis on a donc la ceinture obligatoire, le collant. Quel que soit le temps, les bas obligatoires. Jamais jambes nues, jamais pieds nus, jamais... Si on utilise des socquettes pour les chaussures, il faut pas que &#231;a d&#233;passe de la chaussure. Sac &#224; main de compagnie, en cuir bleu. Nous, on nous a impos&#233; de ne pas trop le charger, parce que &#231;a va faire sac &#224; courses, donc ils nous disent de porter notre sac &#224; main, &#224; la limite de le personnaliser avec un petit pendentif qui reste dans le th&#232;me de l'a&#233;rienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les mat&#233;riaux sont-ils choisis en fonction de crit&#232;res de s&#233;curit&#233; ou de climat ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Tout &#224; fait, tout &#224; fait. Donc les mat&#233;riaux, il faut savoir que moi je travaille &#224; l'escale de Marignane &#224; Marseille, donc c'est une r&#233;gion o&#249; il fait assez beau, donc ils nous ont donn&#233; un imperm&#233;able, par exemple, parce que il y a pas mal de pluie, des imperm&#233;ables anti-vent parce qu'il y a beaucoup de vent, donc bien s&#251;r ils ont &#233;tudi&#233; le climat de la r&#233;gion. Pour l'escale de Stockholm, je sais qu'ils ont des uniformes doubl&#233;s parce qu'il fait beaucoup plus froid. Donc ils associent l'uniforme au climat de la r&#233;gion dans laquelle on travaille. Donc les chaussures, &#231;a doit &#234;tre que des chaussures de s&#251;ret&#233;, on peut pas s'amuser &#224; mettre des talons pointus (un talon qui ne doit pas &#234;tre plus bas de quatre centim&#232;tres, pas plus haut de six centim&#232;tres) ou des chaussures pointues au bout. C'est des chaussures de s&#233;curit&#233; avec un talon large sur lequel on doit &#234;tre confortable, avec lequel on descend en piste, ce doit &#234;tre des anti-d&#233;rapants. Il y a plein de petits crit&#232;res comme &#231;a, de param&#232;tres de s&#251;ret&#233; &#224; respecter. Je vois, par exemple, que l'uniforme de piste il est ignifug&#233;, donc en cas de feu ou quoi, b&#232; les agents de piste ils doivent pas prendre feu. Pour nous il y a plein de s&#233;curit&#233;, de mesures de s&#233;curit&#233; qui sont prises &#224; partir des habits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tous les membres du personnel portent-ils les m&#234;me uniformes que le v&#244;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#231;a change juste la couleur des chemises qui d&#233;termine les responsables. Donc les responsables, ils ont une chemise blanche et les agents normaux ils ont des chemises de diff&#233;rentes couleurs selon leur degr&#233;. On est distingu&#233; par notre uniforme entre les 45 et les 50 employ&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles consignes esth&#233;tiques devez-vous suivre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un maquillage tous les jours. C'est obligatoire : tr&#232;s l&#233;ger, c'est plut&#244;t un soin du visage pour qu'on ait une image soign&#233;e. Au niveau de la coiffure, c'est les cheveux attach&#233;s au moins sur le c&#244;t&#233;, donc pas de m&#232;che qui d&#233;passe, histoire que le visage soit d&#233;gag&#233;. C'est ce qu'ils demandent : pas de m&#232;che qui d&#233;passe ou de teinture de cheveux trop choquante. Des bijoux tr&#232;s petits, tr&#232;s peu, tr&#232;s discrets : des boucles d'oreille, pas de pendentif, pas de piercing, pas de gros collier, pas de bague &#224; tous les doigts de la main ; une bague pour chaque main, un petit bracelet, &#233;ventuellement, &#224; c&#244;t&#233; de la montre. Les ongles doivent &#234;tre d'une couleur, s'ils sont peints, assez naturelle, voire transparente. On peut virer jusqu'au blanc mais on peut pas mettre du rouge, du bordeaux, du violet ou du... Non, absolument pas, &#231;a doit &#234;tre du naturel. Et puis, les chaussures cir&#233;es tous les jours, les collants impeccables, voil&#224;. Avec le maquillage et la coiffure, il faut entre trois quarts d'heure et une heure de pr&#233;paration pour que l'uniforme soit complet et impeccable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous inspect&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On est inspect&#233;. Donc au-dessus de moi, moi j'ai deux chefs d'escale, un de l'assistance qui m'emploie et l'autre, le chef d'escale de la compagnie. Ils nous surveillent tous les jours sur notre travail. Donc leur mission, en fait, c'est de voir que nous, on applique bien les proc&#233;dures de la compagnie, qu'on soit rigoureux dans notre travail et bien s&#251;r il v&#233;rifie notre image.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Qui confectionne l'uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les costumes, dans notre cas, ils sont confectionn&#233;s &#224; Rome et la bo&#238;te qui les fait, c'est une bo&#238;te qui a l'exploitation aussi des uniformes de la police, des ambulanciers, des pompiers, de tout ce qui est police municipale. Donc c'est une bo&#238;te qui fait que les uniformes pour tous les gens de transport et de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'uniforme conna&#238;t-il des &#233;volutions en lien avec la mode ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, bien s&#251;r, mais &#231;a c'est le c&#244;t&#233; rigolo. Justement, ce No&#235;l j'ai re&#231;u une carte de v&#339;ux du chef d'escale de France et il y a toutes les &#233;volutions de l'uniforme chez Air France. Et c'est vrai que chez nous, oui, c'est selon la mode. On change aussi de styliste, donc on change de couturier chaque fois qu'il y a un renouvellement d'uniforme. G&#233;n&#233;ralement, les uniformes, ils sont chang&#233;s chaque cinq ans, donc chaque cinq ans il y a un nouveau couturier qui nous dessine un nouvel uniforme avec des nouvelles couleurs, des nouvelles coupes de jupe, de veste, de chemise. Le dernier s'appelle Mondriane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la fr&#233;quence de renouvellement du trousseau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chaque ann&#233;e. Tous les ans, on a un nouvel uniforme. Dans le cas o&#249;, pendant l'ann&#233;e, on a un probl&#232;me d'une chemise d&#233;chir&#233;e ou d'un uniforme trop sale et on n'arrive pas &#224; le d&#233;tacher, on peut commander de nouvelles fournitures. C'est l'entreprise qui paye l'uniforme. Il co&#251;te environ entre les 1000 et les 1500 euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau de l'entretien ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On est tenu &#224; avoir toujours une chemise de rechange dans notre bureau, parce que m&#234;me &#231;a peut arriver &#224; midi on mange, on se salit la chemise. On doit &#234;tre propre tout le temps, donc d'avoir au moins une chemise en rechange. &#199;a nous arrive aussi de descendre en piste et donc d'&#234;tre en contact avec les engins de piste, les avions et c'est pas toujours propre. Donc oui, &#231;a nous arrive de le salir. M&#234;me au travail, des fois les outils de travail... la poussi&#232;re elle est pas faite, donc les bords des manches, surtout, ils se salissent tr&#232;s facilement. On a une prime salissure tous les mois, qui donc g&#233;n&#233;ralement varie entre les 15 et les 25 euros ; c'est par jour travaill&#233;. Cette prime nous permet d'amener au pressing toutes les semaines notre uniforme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous le droit de porter l'uniforme en dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, absolument pas. L'uniforme, on le porte du moment o&#249; on descend de la maison, on se met dans la voiture, on va au travail, on rentre du travail, on est tenu &#224; se remettre dans la voiture, &#224; rentrer &#224; la maison. Et m&#234;me si on doit descendre acheter une baguette, il faut qu'on se change. On n'a pas le droit de porter l'uniforme en dehors du travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous &#224; l'aise dans votre uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui. &#199;a m'est arriv&#233;, d&#233;j&#224;, quand on a chang&#233; de couturier - justement, le nouveau couturier - il avait fait les uniformes une taille en dessous de ce qui &#233;tait marqu&#233; sur l'&#233;tiquette, donc dans mon cas j'avais command&#233; du 36 fran&#231;ais, mais en fait j'aurais eu besoin d'un 38. Donc j'&#233;tais effectivement tr&#232;s serr&#233;e, mais j'ai eu la possibilit&#233; de changer mon uniforme, justement parce que pas mal de monde ont eu ce probl&#232;me comme &#231;a. Mais dans un uniforme, il faut &#234;tre toujours &#224; l'aise. On le porte sept heures trente par jour, voire huit, neuf heures, et il faut pas qu'on h&#233;site &#224; &#234;tre confortable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, votre touche personnelle ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ma touche personnelle c'est... Je reste assez dans ce qu'ils me demandent. J'ai pas envie de personnaliser avec des couleurs, du maquillage diff&#233;rent ou une coiffure diff&#233;rente. Je dois dire que je respecte beaucoup les param&#232;tres. Mon personnel, c'est plut&#244;t de me tenir droite, de me tenir, de donner vraiment une image de moi-m&#234;me : c'est comme jouer un r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. Pour moi l'habit fait pas le moine, mais heu... b&#232; je vais me contredire, dans le sens o&#249; dans notre cas, dans le r&#244;le du boulot o&#249; on est d&#233;guis&#233; avec un uniforme, effectivement l'habit doit faire le moine. Notre uniforme et notre image doivent respecter l'image de la compagnie, donc les deux choses vont ensemble, et c'est n&#233;cessaire que nous on ait une image propre et pr&#233;sentable, comme la compagnie. C'est une compagnie qui est s&#233;rieuse, donc il faut qu'elle ait une image s&#233;rieuse, il faut qu'on respecte et notre uniforme, en fait, est le moine. Par contre, apr&#232;s il y a la touche personnelle, voil&#224;, elle vient de son propre caract&#232;re, de la fa&#231;on de se poser avec les gens, de leur parler... Mais dans la vie priv&#233;e, non, l'habit fait pas le moine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous on dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aime bien changer de style tr&#232;s souvent. Donc il peut y avoir des journ&#233;es baskets, jean ou jogging. Il peut y avoir des journ&#233;es o&#249; je me d&#233;guise en femme, comme je le dis, donc jupe, toute soign&#233;e, et je dois dire que de porter des talons &#231;a me d&#233;range pas du tout parce que de les avoir port&#233;s tous les jours au travail, b&#232; du coup - c'est rare, que des femmes sachent se tenir sur des talons - b&#232; on apprend un peu de f&#233;minit&#233;, &#224; comment se porter, &#224; comment se tenir, &#224; comment s'habiller. Donc je dois dire que dans le priv&#233; je m'amuse &#224; changer souvent de genre d'habits, ou d'image.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour quelle raison &#234;tes-vous venue en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;part c'&#233;tait pour des &#233;tudes, puis apr&#232;s la r&#233;ussite de mes &#233;tudes j'ai trouv&#233; du travail, et donc j'ai d&#233;cid&#233; de me faire ma carri&#232;re professionnelle en France. J'ai une ma&#238;trise en lettres modernes, j'ai fait des formations d'italien au lyc&#233;e catholique, pour &#234;tre rempla&#231;ante d'italien - donc c'est ce qu'on appelle le CAPES, mais dans l'enseignement priv&#233; - et puis j'ai vir&#233; aux traductions, parce que je voulais pas &#234;tre enseignante, puis des traductions je suis arriv&#233;e &#224; l'a&#233;roport et puis depuis je me plais &#224; l'a&#233;roport et je vais jamais changer de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 23/03/06 par Patricia Rouillard ; r&#233;daction : Patricia Rouillard ; secr&#233;taire de r&#233;daction : Odile Fourmillier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Deux-pi&#232;ces neutralisant</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/article/deux-pieces-neutralisant</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>

		<description>&#171; Ma tenue professionnelle ! C'est une blouse et un pantalon blancs. Sur ma blouse mon nom et ma qualification sont inscrits. Le blanc, je crois que cela fait tr&#232;s longtemps que &#231;a symbolise la sant&#233;. Mais le d&#233;roulement de ma journ&#233;e ou de mes activit&#233;s &#233;tant assez vari&#233;, la tenue n'est pas toujours forc&#233;ment appropri&#233;e. &#187; Nathalie, 41 ans, infirmi&#232;re en psychiatrie &#224; l'h&#244;pital de la Timone &#224; Marseille. Koinai : En quoi consiste votre m&#233;tier ? Mon m&#233;tier est compos&#233; de soins techniques - comme dans tous (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ma tenue professionnelle ! C'est une blouse et un pantalon blancs. Sur ma blouse mon nom et ma qualification sont inscrits. Le blanc, je crois que cela fait tr&#232;s longtemps que &#231;a symbolise la sant&#233;. Mais le d&#233;roulement de ma journ&#233;e ou de mes activit&#233;s &#233;tant assez vari&#233;, la tenue n'est pas toujours forc&#233;ment appropri&#233;e. &#187; Nathalie, 41 ans, infirmi&#232;re en psychiatrie &#224; l'h&#244;pital de la Timone &#224; Marseille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : En quoi consiste votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon m&#233;tier est compos&#233; de soins techniques - comme dans tous les services &#224; l'h&#244;pital - des prises de sang, des soins physiques &#224; donner et, aussi, c'est bas&#233; beaucoup sur les soins relationnels, sur des activit&#233;s. Donc l&#224;, la tenue est moins importante ; quand c'est l'apr&#232;s-midi, que l'on fait ce genre d'activit&#233;s, il arrive que l'on ne mette plus la tenue. Je suis amen&#233;e aussi &#224; sortir des fois du service, &#224; faire des accompagnements &#224; l'ext&#233;rieur, aller avec un patient &#224; son domicile, l'aider &#224; r&#233;cup&#233;rer des affaires ou des sorties th&#233;rapeutiques avec les patients. L&#224;, &#233;videment la tenue est exclue. On ne sort pas dans la rue en tenue. L&#224;, c'est un r&#232;glement. C'est des soins assez vari&#233;s qui caract&#233;risent un peu mon m&#233;tier. C'est une discipline un peu particuli&#232;re, la psychiatrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Devez-vous changer tous les jours d'uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est &#224; nous de juger, il n'y a pas d'obligation. Il arrive que l'on n'ait pas la tenue compl&#232;te, par exemple ; &#231;a d&#233;pend des services, apr&#232;s. Moi, je travaille en psychiatrie. La tenue compl&#232;te ne se justifie pas forc&#233;ment tout le temps, donc &#231;a d&#233;pend des soins, des moments, des activit&#233;s que l'on a. Ce qui est le plus courant, c'est d'avoir des infirmi&#232;res, des infirmiers psychiatriques qui vont avoir une blouse pour qu'on les reconnaisse en tant qu'infirmiers et en bas, le pantalon en civil. Ils n'ont pas la tenue forc&#233;ment compl&#232;te. C'est en fonction des services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui fournit la tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'h&#244;pital. C'est pas &#233;norme : un petit trousseau de quatre tenues ; la m&#234;me pour l'&#233;t&#233; et l'hiver, en coton &#233;pais - franchement je ne connais pas le prix. On a le choix : on les ram&#232;ne &#224; la maison et on les lave nous-m&#234;mes, ou &#231;a peut &#234;tre entretenu sur place par la lingerie de l'Assistance Publique. Mais avec quatre, l'&#233;t&#233;, c'est des fois pas &#233;vident, &#231;a ne revient pas assez vite&#8230; le circuit du linge, avant que &#231;a revienne dans le service, &#231;a peut mettre plusieurs jours, mais bon !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; est-elle salissante ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend un petit peu des &quot;accidents&quot; qui vont arriver. Par rapport &#224; la tenue de base, la blouse, on peut rajouter une tenue suppl&#233;mentaire dans certains cas. Par exemple, un tablier en plastique si on sait que l'on va avoir des projections de sang, ou qu'il y a plus de risques, ou une toilette qui va &#234;tre un peu &#233;claboussante ou tr&#232;s salissante. Selon, on peut rajouter des gros gants en caoutchouc, un tablier, des lunettes pour prot&#233;ger les yeux, des masques ; ils s'enl&#232;vent une fois le soin termin&#233;. Mais enfin on n'est pas tous les jours sali avec du sang, quoi ! On se salit pas &#233;norm&#233;ment. Moi, dans mon service, c'est pas extr&#234;mement salissant. Si on se salit vraiment un jour, s'il y a vraiment une grosse tache, on va se changer tout de suite. Habituellement la tenue fait quand m&#234;me la journ&#233;e ou deux jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le blanc ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le blanc, je crois que cela fait tr&#232;s longtemps que &#231;a symbolise quand m&#234;me les v&#234;tements des infirmi&#232;res, l'image de propret&#233; &#224; travers leur tenue impeccable, d'efficacit&#233; et d'hygi&#232;ne, la sant&#233;. Le blanc, je ne sais pas d'o&#249; cela vient exactement, mais on n'a pas le choix des couleurs. &#192; l'h&#244;pital il y a des couleurs pour chaque cat&#233;gorie de personnel. &#199;a aide aussi &#224; diff&#233;rencier, et que les patients puissent savoir &#224; qui ils ont affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous connu une &#233;volution dans la tenue des infirmi&#232;res ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, moi personnellement, au d&#233;but o&#249; j'ai travaill&#233;, quand j'ai commenc&#233; l'&#233;cole, en fait c'&#233;tait des blouses, pas des pantalons et des blouses courtes, c'&#233;tait la blouse longue en tissu plus fin. L&#224;, par contre, c'&#233;tait peut &#234;tre plus sexy, quoiqu'elles avaient une forme pas tr&#232;s seyante, on va dire, mais par contre c'&#233;tait pas pratique parce que cette blouse longue qui arrivait au milieu des mollets, assez &#233;troite quand m&#234;me, g&#234;nait dans les mouvements, les all&#233;es et venues. S'il fallait un peu acc&#233;l&#233;rer c'&#233;tait pas tr&#232;s pratique. Je pense que la tenue pantalon et haut c'est pour faciliter les mouvements, les all&#233;es et venues, l'efficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand portez-vous des gants et en quelle mati&#232;re sont-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce n'est pas syst&#233;matique. Je porte des gants, non pas pour chaque manipulation, mais pour tout ce qui va &#234;tre soin st&#233;rile, pour tout soin qui risque de tacher, quoi ! D'&#234;tre sale&#8230; La plupart des gants sont en latex. Apr&#232;s il y a d'autres mati&#232;res, parce que certaines personnes sont allergiques, alors on peut commander des gants sp&#233;ciaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre tenue est-elle confortable ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, dans l'ensemble elle est, au niveau de la forme, assez ample. Enfin, elle est pratique, infroissable, il me semble. Oui, il n'y a pas besoin souvent de les repasser. C'est en tissu quand m&#234;me assez &#233;pais et l'&#233;t&#233; on a toujours chaud, mais je crois que dans n'importe quelle tenue&#8230; Elles ne sont pas sp&#233;cialement fra&#238;ches mais sont plut&#244;t adapt&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le port de cette tenue est-il une contrainte pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend : le port de la tenue compl&#232;te&#8230; des fois. Oui, le pantalon et blouse, &#231;a peut l'&#234;tre, mais c'est aussi une protection. Globalement je me sens &#224; l'aise physiquement, &#231;a va. Maintenant, si j'aime le porter ? Je ne me pose pas la question, &#231;a fait partie de mon travail. Bon, il y a les petits inconv&#233;nients, d'aller se changer quand on arrive, se red&#233;shabiller le temps du vestiaire, mais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La coiffure, le maquillage et le port de bijoux sont-ils r&#233;glement&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il n'y a pas de r&#232;glement &#233;crit, bien strict, mais il y a des recommandations qui sont quand m&#234;me un peu donn&#233;es par les sup&#233;rieurs, pour des raisons d'hygi&#232;ne. &#201;viter d'avoir trop de bijoux : pas trop et pas trop gros, &#231;a peut &#234;tre attire-microbes ! Pour tout ce qui est alliances, on ne les enl&#232;ve pas, mais maintenant si on a une grosse bague&#8230; Comme le maquillage, c'est laiss&#233; plus &#224; l'appr&#233;ciation de chacune en fonction de ce qui est correct ou pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des chaussures sp&#233;ciales ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont souvent des chaussures confortables pour faire pas mal de pas, aller et venir, donc souvent c'est des sabots, de pr&#233;f&#233;rence avec des semelles en caoutchouc pour ne pas faire trop de bruit, mais &#231;a, c'est &#224; notre charge, ce n'est pas fourni par l'h&#244;pital. Donc chacun se choisit les chaussures qu'il veut ; il n'y a pas de couleur obligatoire. Mais on pr&#233;f&#232;re se choisir une paire de chaussures qui va rester &#224; l'h&#244;pital que de rester avec nos chaussures de ville &quot;en tenue&quot;, donc le crit&#232;re &#231;a va &#234;tre que ce soit pratique et confortable, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau quand vous &#234;tes dans cet uniforme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Changer de peau, c'est peut-&#234;tre un peu&#8230; un peu&#8230; bon, allez, le travail commence, quoi ! Tant que l'on n'est pas encore chang&#233;, on n'est pas encore dans le bain, mais apr&#232;s on oublie vite notre tenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'uniforme porte-t-il atteinte &#224; votre f&#233;minit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a n'enl&#232;ve pas, mais mod&#233;r&#233;ment. C'est pas tellement l'uniforme&#8230; Par exemple, celles qui portent beaucoup les bijoux et le maquillage, je pense qu'elles doivent estimer &#234;tre moins coquettes quand elles sont au travail puisqu'elles vont limiter &#224; la fois les bijoux, le maquillage et &#234;tre habill&#233;es pareil ! Bon, c'est beaucoup dire, je pense pas que l'on peut rester tr&#232;s coquette, mais enfin, voil&#224;, on n'est pas oblig&#233; de se transformer non plus en mannequin ou vraiment en repoussoir. Disons que c'est assez neutre, &#231;a neutralise un peu tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour vous, l'habit fait-il le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui et non, parce que, bon&#8230; Non, parce qu'on est habitu&#233;, quoi ! On n'y pr&#234;te plus attention, souvent, au bout d'un moment, mais &#231;a prot&#232;ge un peu, dans un sens. Je pense que pour les malades c'est important, ils se reconnaissent dans notre fonction et peut-&#234;tre qu'ils ne s'adresseraient pas &#224; nous exactement pareil si on a la blouse, si on ne l'a pas, il me semble, par rapport &#224; l'autre. Donc on va dire oui, &#231;a fait la fonction. Mais on l'oublie, on n'en a pas toujours conscience, mais si on y r&#233;fl&#233;chit, je pense que oui, plut&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors de votre travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, je serais plut&#244;t d&#233;contract&#233;e, pas forc&#233;ment sport, mais disons d&#233;contract&#233;e. Je ne me soucie plus de ma tenue de travail. Je ne pense pas souffrir dans ma tenue, donc je n'ai pas besoin de m'habiller tout l'inverse, en hyper classique ou tr&#232;s &#233;l&#233;gante. &#199;a n'a rien &#224; voir avec ma tenue, je pense. Je m'habille comme je suis psychologiquement, mais ce n'est pas par rapport &#224; ma tenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Mireille Perez le 28/06/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3341 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH302/1C2a_-_0-112d7.jpg' width='400' height='302' alt=&quot;&quot; style='height:302px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'envers du treillis</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


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		<description>&#192; vingt ans, Adam est employ&#233; de banque depuis septembre 2005. Il effectue actuellement un BTS en alternance : un mois d'&#233;cole pour un mois de stage. Tenue correcte exig&#233;e. Koinai : Pourriez-vous d&#233;crire vos v&#234;tements ? La tenue d'un banquier classique, impos&#233;e g&#233;n&#233;ralement, le costume : pantalon, veste de costume, chemise, cravate et les chaussures de ville. Dans certaines banques, on constate quand m&#234;me de petites modifications, avec la disparition de la cravate petit &#224; petit, notamment au niveau (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; vingt ans, Adam est employ&#233; de banque depuis septembre 2005. Il effectue actuellement un BTS en alternance : un mois d'&#233;cole pour un mois de stage. Tenue correcte exig&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourriez-vous d&#233;crire vos v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La tenue d'un banquier classique, impos&#233;e g&#233;n&#233;ralement, le costume : pantalon, veste de costume, chemise, cravate et les chaussures de ville. Dans certaines banques, on constate quand m&#234;me de petites modifications, avec la disparition de la cravate petit &#224; petit, notamment au niveau des guichets. &#201;galement les jeunes personnes qui sont au guichet ou les conseillers en agence qui sont depuis un moment au sein de la soci&#233;t&#233;, dans l'entreprise, peuvent se permettre de porter des jeans avec des chaussures de ville, mais des tenues correctes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une couleur est exig&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sp&#233;cialement. Les costumes doivent rester sobres : noir, marron, du blanc si possible aussi avec du gris. Les couleurs classiques. Concernant les chemises, ils n'exigent pas vraiment une tenue r&#233;glement&#233;e quant aux couleurs, mais il faut avoir quand m&#234;me une certaine sobri&#233;t&#233; pour la pr&#233;sentation aupr&#232;s des clients... Pour la coiffure, on voit un peu de tout, maintenant, tout est autoris&#233;. Les piercings aussi commencent &#224; faire leur apparition dans certaines agences. Certains le tol&#232;rent... &#199;a d&#233;pend de la personne, l'image qu'elle refl&#232;te. D'une personne &#224; l'autre, un piercing au nez ne para&#238;tra pas pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En &#233;t&#233;, y a-t-il des libert&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut bien s&#251;r mettre des manches courtes et omettre le port de la cravate, vraiment s'il y a une grosse chaleur. Vu que les agences sont climatis&#233;es, ils pr&#233;f&#233;reraient le port de la cravate. Mais en &#233;t&#233;, beaucoup moins de conseillers en agence en portent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors de votre formation, ce th&#232;me a-t-il &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On savait plus ou moins comment il faudrait s'habiller. Lors des &#233;tudes scolaires, on ne nous a rien dit. Durant la formation, la Direction R&#233;gionale nous a expliqu&#233; qu'il faut avoir une tenue costume-cravate !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien &#231;a co&#251;te ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des moyens... Je peux citer les magasins ? Chez Brice ou Zara, les costumes, &#231;a s'&#233;chelonne de 100 &#224; 300 &#8364; ; les chemises : environ 30 &#8364; ; les cravates : aux alentours de 10, 20&#8364;. Je ne m'ach&#232;te pas tous les mois des chemises, mais certains le font. Je dirais... deux costumes &#224; 150 , plus six chemises &#224; 90 : 540, plus deux paires de chaussures. &#199;a fait un budget annuel de 1000 &#8364; par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vivez-vous le port du costume comme une contrainte ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. C'est une tenue qui me convient, que j'appr&#233;cie. Certaines personnes appr&#233;cient moins. Elles pr&#233;f&#232;rent &#234;tre en jeans ou en baskets, ce qui est normal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La position assise ne froisse-t-elle pas les v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont des mati&#232;res relativement con&#231;ues pour. Je ne suis pas oblig&#233; de garder la veste. C'est moi qui d&#233;cide de la conserver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous oblig&#233; changer de v&#234;tements tous les jours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oblig&#233;, non. En ce qui me concerne, je me change tous les jours de chemise. Pour les costumes, je les garde deux, trois jours. Je n'ai jamais fait l'essai de garder la m&#234;me chemise tous les jours, mais je pense que si un commercial s'habille tous les jours pareil, &#231;a sera remarqu&#233; par les clients...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien vous co&#251;te le pressing ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a revient &#224; 24 &#8364; les vingt chemises, environ toutes les trois semaines, ou tous les mois. Je les lave chez moi, mais je les porte &#224; repasser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; propos des touches personnelles, comme le bracelet montre, y a-t-il des directives ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. L'&#233;thique veut que vous ne verrez jamais un banquier avec un bracelet punk avec les picots comme on met pour les chiens. C'est une certaine forme de respect &#224; avoir pour les autres. On ne re&#231;oit pas de directive ; c'est dans l'ordre logique des choses. De plus, il faut &#234;tre ras&#233; de pr&#232;s. Mais si l'on veut se laisser un petit bouc, comme moi, c'est autoris&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous oblige-t-on &#224; acheter vos v&#234;tements dans des magasins cibl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps consacrez-vous pour vous habiller ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis tr&#232;s long, c'est un d&#233;faut. Je mets environ une heure, surtout que je repasse les chemises le matin avant d'arriver au travail. Bien para&#238;tre c'est important, m&#234;me au prix des v&#234;tements, sans compter le pressing, parfois...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel mat&#233;riel utilisez-vous au quotidien ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'informatique, papier, stylo, t&#233;l&#233;phone. Quoi d'autre encore ? Les &#233;lastiques pour les dossiers. Rien qui ne t&#226;che ou salisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, quel genre de texture pr&#233;f&#233;rez-vous pour vous habiller ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Plut&#244;t le coton, pour le confort. Et puis, vu qu'il fait tr&#232;s chaud, qu'on a tendance &#224; transpirer, les mati&#232;res comme le lycra ne sont pas agr&#233;ables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle image veut donner votre banque d'elle-m&#234;me ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Cette banque se veut tr&#232;s proche du client et d&#233;veloppe des valeurs propres aux commerciaux et tout le personnel de la banque : l'activit&#233;, la cr&#233;ativit&#233;, l'engagement et l'ambition. On est une banque de services. On vend aussi des produits. Notre int&#233;r&#234;t principal n'est pas le produit, c'est le client. On veut satisfaire le client, son int&#233;r&#234;t. Et l'int&#233;r&#234;t du client bien servi servira l'int&#233;r&#234;t de la banque. &lt;a href='http://www.swissprivatebankers.com/ abps/library/FR/GBPGLETTRE23FR.pdf -' class='spip_out' rel='external'&gt;&#201;thique du banquier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien y a-t-il d'employ&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Trois. C'est un petit bureau. Le costume n'est pas port&#233; par tous. Le directeur d'agence, un collaborateur masculin, oui. Mais les deux jeunes filles, bien s&#251;r, n'en portent pas ; elles sont plus d&#233;contract&#233;es, se permettent de porter des d&#233;bardeurs, des jeans. C'est plus ou moins autoris&#233; par la banque. Mais il y a des limites !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'habit fait-il le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bonne question ! Oui et non. L'habit, &#231;a refl&#232;te quand m&#234;me une certaine personnalit&#233;. Si l'on est conseiller, par exemple en agence &#224; la banque, on joue un r&#244;le. Il faut donc montrer une image de soi que les clients veulent voir. Une personne qui a un look &quot;skater&quot;, c'est sa personnalit&#233;, c'est lui. Mais, &#224; la banque, il devra changer sa tenue pour s'adapter aux clients. Bien s&#251;r, on peut apporter quelques touches personnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aime la mode. Donc, je porte des jeans, des baskets, des tee-shirts, des treillis, des choses comme &#231;a. Rien &#224; voir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 09/03/06 par Christophe P&#233;ridier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Canal 12</title>
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		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
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		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis la capitainerie du port, le contr&#244;leur de la circulation maritime dirige les navires : le m&#233;tier, d&#233;clin&#233; au f&#233;minin.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ancienne radio de la marine marchande, Laure Parvulescu, 44 ans, a choisi de travailler &#224; terre, et saisi l'opportunit&#233; de devenir contr&#244;leuse de la circulation maritime &#224; la capitainerie du Vieux-Port de Marseille : depuis dix ans, elle assiste l'officier de port et r&#233;gule les mouvements des navires. Contact maritime, de la navigation &#224; l'orchestration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : En quoi consiste votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fait le contact avec les navires, donc les bateaux nous appellent, il faut leur indiquer la voie et on fait en sorte que tout se passe bien pour les entr&#233;es et sorties de bateaux, qu'y ait pas de collision, qu'ils sachent o&#249; aller, coordonner avec le pilotage, le remorqueur, les bateliers qui les accostent. On leur donne la m&#233;t&#233;o, leur poste &#224; quai et on s'occupe aussi de beaucoup d'agents, des intervenants qui travaillent aussi dessus, qui nous appellent pour savoir o&#249; sont leurs bateaux, quand est-ce qu'ils repartent, comment &#231;a se passe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand ils appellent, sont-ils surpris d'entendre une voix f&#233;minine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sp&#233;cialement, non&#8230; parce que y'a beaucoup de femmes qui naviguent, des s&#233;maphores&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire une journ&#233;e de travail type ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, le matin, c'est la rel&#232;ve et toute la journ&#233;e, du matin &#224; l'apr&#232;s-midi, on a des entr&#233;es, des sorties, des mouvements. On peut pas dire qu'on fait toute la journ&#233;e la m&#234;me chose : en permanence des bateaux nous appellent, on y r&#233;pond, on le commente en informatique, apr&#232;s quand il arrive &#224; la passe on le surveille, on le note sur la feuille. On les suit &#224; la cam&#233;ra, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vous occupez des placements &#224; quai ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On lui dit son poste &#224; quai mais pour bien le placer le long du quai, c'est l'officier de port, celui qui est sur le terrain. Apr&#232;s, on peut aider des petits bateaux qui viennent en r&#233;paration ou des p&#234;cheurs qui connaissent pas trop le port, &#231;a nous est arriv&#233; de les guider, on les voit au radar, &#224; la cam&#233;ra : &quot;&lt;i&gt;L&#224; vous tournez &#224; droite&lt;/i&gt;&quot;, mais la plupart des bateaux, ils ont un pilote &#224; bord et il pilote parfaitement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi avez-vous choisi ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, c'est pas vraiment un m&#233;tier que j'ai choisi ; je savais m&#234;me pas que &#231;a existait quand je naviguais, je l'ai su par hasard. Mais c'est pas une carri&#232;re, c'est pas un m&#233;tier qu'on choisit en sortant de l'&#233;cole. Y'a pas de formation du tout, on est form&#233; sur le tas en arrivant. C'est toujours une reconversion, en fait, pratiquement tous ceux qui sont &#224; la vigie, personne ne fait ce m&#233;tier en premi&#232;re&#8230; Bon, d&#233;j&#224; faut naviguer avant, on fait autre chose : l&#224;, y'en a qui viennent de la marine marchande et d'autres de la marine nationale. Ceux qui viennent de la marine marchande sont tous officiers radio et ceux qui viennent de la marine nationale je sais pas exactement, je crois qu'ils sont d&#233;tecteurs radar ou ils travaillent dans les s&#233;maphores.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle formation avez-vous suivie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'Ecole de la Marine Marchande, donc apr&#232;s le bac on a deux ann&#233;es d'&#233;tude suivies d'une ann&#233;e de stage, formation de radio &#233;lectronicien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les aptitudes ou comp&#233;tences requises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je saurais pas vous dire&#8230; Oui, il faut savoir parler l'anglais, conna&#238;tre le milieu maritime, c'est s&#251;r, et il faut savoir travailler en &#233;quipe parce qu'on travaille &#224; plusieurs. Il faut savoir se d&#233;brouiller, avoir certaines initiatives, g&#233;rer les risques certains de la situation, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, quelles sont les contraintes du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a les contraintes horaires parce qu'on travaille par quart, des &#233;quipes. On fait douze heures de jour, apr&#232;s on a vingt-quatre heures de repos, apr&#232;s on travaille douze heures de nuit et on a trois jours de repos, donc on est pas mal d&#233;cal&#233;s. Il faut savoir, on reste douze heures dans la m&#234;me pi&#232;ce donc on a vue sur la mer mais de pas sortir, d'&#234;tre l&#224;&#8230; La journ&#233;e &#231;a va, parce qu'on est pas mal occup&#233; mais douze heures de nuit, c'est long. C'est vrai qu'au bout d'un certain temps, c'est fatigant, les nuits, mais bon, comme les heures sont regroup&#233;es, &#231;a a l'avantage qu'on a des jours de repos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pr&#233;f&#233;rez-vous, dans votre fonction ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est de garder un contact avec la mer, parce que moi j'ai arr&#234;t&#233; de naviguer mais bon, je reste quand m&#234;me avec la mer&#8230; Maintenant je navigue pendant mes vacances, mes temps de repos, c'est pas pareil. Oui, je fais de la voile, de l'aviron, je vais me promener&#8230; Les horaires aussi c'est bien, &#231;a permet d'avoir du temps libre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est l'intensit&#233; du trafic quotidien ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable : on a entre quinze et vingt entr&#233;es par jour, &#224; peu pr&#232;s. &#199;a c'est les entr&#233;es et sorties des bateaux en escale qui sont enregistr&#233;s, qui ont un num&#233;ro d'entr&#233;e et apr&#232;s y'a des mouvements : des bateaux qui bougent en interne, des avitailleurs qui rentrent et qui sortent aussi, tous les bateaux de servitudes que ce soit les marins-pompiers, ceux qui travaillent et tout &#231;a, ils sont pas comptabilis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et par temps de mistral, par mauvais temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Quand y'a du mistral, c'est plus intense. On a plus de travail parce qu'il y a des bateaux en retard, y'a des probl&#232;mes, les man&#339;uvres sont plus longues, ils demandent des remorqueurs et y'a plus que deux remorqueurs au port, donc il faut les g&#233;rer, faire en sorte que tout se passe bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des imp&#233;ratifs &#233;conomiques entrent en jeu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, les porte-conteneurs font des escales tr&#232;s courtes puis en plus, en g&#233;n&#233;ral ils ont command&#233; les &#233;quipes de dockers, les dockers attendent sur les quais, donc il faut pas faire attendre les porte-conteneurs. Souvent aussi les postes &#224; quai sont pr&#233;vus, y'a un autre bateau qui attend derri&#232;re, donc il faut vraiment&#8230; Y'a des bateaux qui ont tout le temps, par exemple les bateaux sucre, en g&#233;n&#233;ral, restent en escale plusieurs jours et ont plus de temps pour d&#233;charger, c'est pas le m&#234;me imp&#233;ratif que les conteneurs ou les bateaux &#224; passagers, qui ont un horaire &#224; respecter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour les chargements et d&#233;chargements&#8230; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on s'occupe pas du tout de ce qui est chargement, d&#233;chargement, nous on s'occupe des accostages. Bon, on sait que les dockers sont l&#224;, qu'ils attendent, mais &#231;a, c'est pas notre boulot : ici, on fait en sorte que les bateaux fassent les man&#339;uvres dans les temps impartis. Quelquefois l'agent nous appelle en nous demandant o&#249; est notre bateau, ou il voudrait que le bateau parte un peu plus t&#244;t parce qu'il a fini, qu'il est pr&#234;t, et bon, l&#224; on s'arrange pour que le bateau puisse partir, mais c'est pas l'imp&#233;ratif ; nous, il faut que la man&#339;uvre se passe comme il faut, en s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode se situent les pics d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les pics d'activit&#233; ? Il y en a toute l'ann&#233;e. C'est vrai qu'en &#233;t&#233;, de mi-juin &#224; mi-septembre, on a plus de rotations de ferries avec la Corse ou le Maghreb, plus les vacances scolaires aussi mais, y'en a quand m&#234;me toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe, qui sont vos collaborateurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, voil&#224;, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on est quatre &#224; la vigie : y'a le chef de quart qui supervise tout, le radio qui contr&#244;le la circulation maritime, qui s'occupe essentiellement des communications avec les navires, y'a un pontier qui man&#339;uvre les ponts, parce que y'a des ponts qui s'ouvrent pour que les bateaux puissent passer, et y'a un officier d'intervention qui supervise sur le quai, un officier de port qui lui, tourne sur les quais et surveille les accostages de bateaux, rend compte de ce qui se passe sur le terrain o&#249; si y'a un probl&#232;me, un accident, on va voir tout de suite ce qui se passe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par t&#233;l&#233;phone, avec les pilotes, les bateliers, les avals. Y'a aussi beaucoup de gens qui nous appellent pour savoir o&#249; sont leur bateaux. Et toutes les communications avec les bateaux, &#231;a se fait en VHF, toujours sur le canal 12. On garde une oreille aussi sur le canal 16 qui est le canal de secours, une assistance. Normalement, c'est pas vraiment&#8230; mais, on &#233;coute toujours ce qui se passe dans toute la zone parce que bon, on fait partie en m&#234;me temps que les marins-pompiers, y'a des s&#233;maphores, y'a des C.R.O.S.S. (ndlr : Centres R&#233;gionaux Op&#233;rationnels de Surveillance et de Sauvetage) mais si jamais y'a un probl&#232;me, un accident dans le secteur, on peut toujours appeler. Plus y'a de gens qui veillent, mieux c'est, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une tenue r&#233;glementaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Les officiers de port, oui, mais nous, non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le contr&#244;leur est-il seul face &#224; la prise de d&#233;cision, la gestion du risque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sp&#233;cialement&#8230; On travaille aussi avec le chef de quart, on est toujours deux &#224; voir, si y'a vraiment une d&#233;cision &#224; prendre, on en discute. Non, y'a pas de solitude sp&#233;cialement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre plus grande peur ou stress au cours de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai jamais eu vraiment de grosse peur. Bon, y'a d&#233;j&#224; eu des accidents, j'en ai entendu parl&#233;, j'&#233;tais pas l&#224; ce jour-l&#224;. On a toujours peur de la collision, quoi, voire le bateau qui soit pas man&#339;uvrable ou c'est d&#233;j&#224; arriv&#233; que les bateaux larguent les amarres et partent au milieu du port, mais pour l'instant &#231;'a toujours &#233;t&#233; g&#233;r&#233;. Le plus gros probl&#232;me c'est la collision d'un ferry et quand les ferries arrivent par la pointe, par le sud, ils ont gard&#233; une certaine vitesse, surtout quand y'a du vent pour pouvoir tourner, parce que l&#224;, ils prennent le virage, donc si le bateau a un probl&#232;me d'avarie, &#231;a peut causer un accident mais du coup on est pas sp&#233;cialement responsables, c'est le bateau lui-m&#234;me. Ce qui peut y'avoir, c'est d'oublier de signaler un avitailleur qui est charg&#233; d'essence &#224; un bateau, qu'y ait une collision mais bon, jusqu'ici on est l&#224; pour &#231;a, on y pense, quoi. On g&#232;re, on anticipe, bien s&#251;r, et informer les pilotes, les commandants de tout trafic qui se passe dans le secteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les aides technologiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des radars, le logiciel qui nous donne tous les postes &#224; quai des bateaux sont attribu&#233;s. Y'a un bureau &#224; c&#244;t&#233;, un service placement navire, qui place les bateaux en fonction des postes &#224; quai, des disponibilit&#233;s, donc il indique les postes &#224; quai des bateaux. C'est des officiers de port aussi, mais c'est pas &#224; nous de d&#233;cider. Oui, on se t&#233;l&#233;phone souvent dans la journ&#233;e, le bateau leur redemande un autre poste &#224; quai qui lui a &#233;t&#233; attribu&#233;, b&#232;, on appelle le service placement navire, voir si c'est possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment g&#233;rez-vous certaines proc&#233;dures, comme une communication difficile avec un navire &#233;tranger ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;S'ils comprennent pas bien en anglais, on essaye de r&#233;p&#233;ter d'une autre fa&#231;on, on a toujours r&#233;ussi &#224; se d&#233;brouiller, quand m&#234;me. C'est vrai que c'est pas la m&#234;me vitesse aussi qu'un avion, un bateau. On garde quand m&#234;me toujours tout en double aussi, sur papier, comme l'informatique &#231;a tombe r&#233;guli&#232;rement en panne. Les feuilles de commande, oui, on garde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'avait un porte-avions am&#233;ricain en escale - c'est pas &#224; moi que c'est arriv&#233;, c'est &#224; un autre - et les Canadairs viennent souvent &#233;coper dans le port, r&#233;guli&#232;rement y'a des incendies et ils peuvent pas le prendre au large quand il y a du mistral. C'est assez impressionnant, c'est vrai, mais bon, on est tellement habitu&#233;s &#224; les voir &#233;coper... Et donc le Canadair arrive, les Am&#233;ricains ont failli lui tirer dessus ! Ils ont cru qu'ils se faisaient attaquer, quoi. Heureusement, au dernier moment y'a l'officier de liaison qui a appel&#233; - je crois que c'est l'officier de liaison qui &#233;tait sur la passerelle qui a vu des avions - je lui ai dit : &#171; &lt;i&gt;C'est rien, c'est les Canadairs, c'est normal !&lt;/i&gt; &#187; Bon, c'est pas moi qui &#233;tais de service, on a pas pens&#233; &#224; pr&#233;venir les Am&#233;ricains que des Canadairs allaient &#233;coper ; bon, &#231;'aurait pu &#234;tre plus grave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; r&#234;v&#233; d'embarquer ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben c'est pour &#231;a que j'ai arr&#234;t&#233; de naviguer. De toute fa&#231;on, &#224; part les frontiers, tous ceux qui travaillent &#224; la capitainerie sont des anciens navigants. J'ai fait mes &#233;tudes dans la marine marchande pour naviguer, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel navire vous fait r&#234;ver ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est la voile, moi j'ai toujours fait de la voile. J'ai navigu&#233; dans la marine marchande pour gagner ma vie, mais c'est toujours de la voile que j'ai fait et que je voudrais faire, quoi, c'est &#231;a...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 09/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;Quand y'avait la fogue&quot; </title>
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		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les vrais mots du docker sur le m&#233;tier exerc&#233; pendant dix-sept ans sur les quais marseillais.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De 1971 &#224; 1987, Jean-Louis, 57ans, docker professionnel sur le port de Marseille, a proc&#233;d&#233; &#224; la manutention des marchandises &#224; l'embarquement et au d&#233;barquement des navires en transit : &#171; &lt;i&gt;Comment on vient sur le port, c'est pas par passion, la passion elle vient apr&#232;s : l'ambiance est si sp&#233;ciale, la fonction si sp&#233;cifique que y'a un esprit docker, un monde docker qui est li&#233; intimement &#224; la vie du port et au mouvement des navires, tout ce qui fait la vie du port. Ah ! j'avais vingt ans&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Retour sur les docks.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Est-ce un m&#233;tier de p&#232;re en fils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un m&#233;tier qui &#224; l'&#233;poque pouvait se transmettre de p&#232;re en fils, dans la mesure o&#249; les fils de dockers avaient le droit &#224; prendre la rel&#232;ve de leur p&#232;re, donc de travailler sur le port, et &#224; l'obtention d'une carte de docker professionnel par filiation, &#224; condition qu'ils r&#233;alisent - de m&#233;moire - cent vingt vacations par an pendant les deux premi&#232;res ann&#233;es de leur activit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le choix de ce travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Est-ce que je l'ai vraiment choisi ? C'est pas un m&#233;tier qu'on choisit, docker &#231;a se fait pas par vocation ou par feu sacr&#233;, ni par atavisme parce que je suis fils de docker et petit-fils de docker. Rien a priori me pr&#233;disposait &#224; venir travailler comme docker sur le port de Marseille : on na&#238;t pas docker, on le devient. J'&#233;tais &#233;tudiant, j'avais peu d'argent et j'avais une passion assez co&#251;teuse : je voulais apprendre &#224; piloter des avions. Il a fallu financer mon premier brevet de pilote priv&#233;, donc tout naturellement j'ai demand&#233; &#224; mon p&#232;re s'il m'&#233;tait possible de venir faire quelques journ&#233;es de travail sur les quais, et j'ai commenc&#233; &#224; faire le docker occasionnel parce qu'&#224; l'&#233;poque y'avait beaucoup de travail, &#231;a nous permettait de trouver un emploi facilement, et y'avait quand m&#234;me beaucoup d'activit&#233; sur le port de Marseille au d&#233;but des ann&#233;es 70. Voil&#224;, donc c'est un peu par hasard, et par n&#233;cessit&#233; &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment as-tu appris le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; l&#224;, y'a qu'une fa&#231;on d'apprendre le m&#233;tier de docker : c'est sur le tas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles aptitudes ou comp&#233;tences faut-il avoir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;part, aucune ; d'ailleurs, le m&#233;tier de docker, c'est un m&#233;tier de man&#339;uvre. Je dis bien au d&#233;part et apr&#232;s, on d&#233;couvre que la manutention maritime c'est un art : l'art de manipuler la marchandise, de l'arrimer de fa&#231;on &#224; ce que le plus ajout&#233; par le docker soit justement la qualit&#233; de l'arrimage, ou la rapidit&#233; de manutention parce qu'il faut jamais oublier que dans un port, un bateau &#224; quai c'est un bateau qui perd de l'argent parce que les op&#233;rations de manutention portuaire, essentiellement le chargement et le d&#233;chargement, sont tr&#232;s co&#251;teuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'effectuait la r&#233;partition des t&#226;ches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon, le docker, c'&#233;tait l'&#233;l&#233;ment de base qui faisait la manutention. Il &#233;tait supervis&#233;, embauch&#233; par un chef d'&#233;quipe, les aconiers. On appelait &#231;a des crochets : par exemple s'y a un bateau, y'a quatre cales qui travaillent sur un bateau, y'avait quatre &#233;quipes de dockers embauch&#233;s par quatre chefs d'&#233;quipe, y'avait un contrema&#238;tre qui supervisait l'ensemble des op&#233;rations de manutention par bateau, un chef de service qui supervisait l'ensemble des contrema&#238;tres, si y'avait quatre ou cinq bateaux qui travaillaient en m&#234;me temps, et voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faut-il &#234;tre polyvalent dans ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, parce qu'on est confront&#233; &#224; un ensemble de manutentions et c'est pas si &#233;vident de faire de la manutention maritime. Il s'agit pas simplement physiquement de porter une marchandise d'un endroit &#224; un autre, il faut encore savoir l'arrimer, la manutentionner ou la manipuler, comme elle est tr&#232;s diverse, autant que faire se peut sans l'endommager. Vous pouvez manipuler un jour des liquides, des cartons fragiles, le lendemain de la sacherie, le lendemain des immenses rouleaux d'acier ou de c&#226;ble. Maintenant y'a la polyvalence dans la fonction, on devait &#234;tre apte &#224; tous les travaux mais y'avait encore des dockers et des conducteurs d'engin, des pointeurs, donc par exemple, y'avait trois fonctions diff&#233;rentes o&#249; les passerelles &#233;taient un peu plus &#233;troites. Un docker qui sait conduire peut faire conducteur d'engin. C'est ce qu'on faisait lorsqu'on nous embauchait, qu'y'avait la &quot;fogue&quot;, comme on dit, un vrai mot de docker aussi, c'est-&#224; dire qu'y'avait beaucoup de travail, y'avait pas assez de dockers professionnels, on embauchait les dockers occasionnels &#224; la journ&#233;e et un docker professionnel pouvait faire le conducteur d'engin&#8230; Oui, je le faisais, ou le pointeur aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles &#233;taient les principales cargaisons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Les plus diverses possibles&#8230; Eh bien, tout ce qui est en vrac qui est nombreux, sacherie : sacs de farine, de ciment, h&#233;las des sacs d'amiante &#224; l'&#233;poque, du sucre en vrac qu'ils d&#233;chargeaient avec des immenses bennes preneuses. Du liquide aussi, des bateaux d'huile o&#249; on branche simplement un tuyau et on d&#233;barque ou on embarque de l'huile. Apr&#232;s, des cartons ou en palette, des produits alimentaires en vrac comme les bananes qui venaient de Guadeloupe ou d'Afrique en cartons de 17 kilos et apr&#232;s des charges unitaires plus lourdes, des grosses caisses, des petites, des moyennes, des containers, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations aviez-vous avec les autres acteurs du port ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; avec tout ce qui est fonctions du port autonome, par exemple transitaires, aconiers&#8230; Douaniers, aucune relation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;taient vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont essentiellement des outils qui aident &#224; la manutention. Le plus c&#233;l&#232;bre c'est le ganchou, appel&#233; le crochet de docker : c'&#233;tait un morceau de fer recourb&#233; en forme de crochet, et le manche est fait de petites rondelles de cuir serr&#233;es les unes contre les autres. C'&#233;tait le prolongement de la main, en fait, donc vraiment un outil et une aide bien utile pour la manutention de la sacherie, parce qu'il y avait des manutentions o&#249; il fallait manipuler des sacs de plus de 50 kilos et c'est bien utile au crochet pour arrimer ces sacs ou &#233;ventuellement virer des caisses. Bon, un bon outil c'est les chaussures et des gants de s&#233;curit&#233;, surtout, mais les gants c'est surtout pour ce qui est &#233;lingage, ouvrir une manille, fermer une manille, mais pour tirer des sacs, c'est pas tr&#232;s pratique. Et puis les bras, aussi : c'&#233;tait quand m&#234;me, pas pour l'ensemble de la manutention portuaire mais des travaux bien sp&#233;cifiques, le chargement et d&#233;chargement de vrac, la sacherie, o&#249; le principal outil c'est les bras et l'endurance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu avais une tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, heu&#8230; la salopette &#233;tait recommand&#233;e, elle &#233;tait fournie par l'aconier lorsqu'y avait des travaux assez salissants. Par exemple, pour la farine, et les sacs de farine, m&#234;me si vous en &#233;ventrez un ou deux avec une fausse manipulation, soit avec le crochet, c'est pas sale la farine, peut-&#234;tre au ciment, oui&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les risques ou les dangers pour un docker ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; tu es dans une cale, dans le ventre d'un bateau, il faut y apporter des marchandises ou en sortir, avec des moyens de manutention qui sont g&#233;n&#233;ralement des grues, qui ont pour vocation de soulever des charges que tu vas y accrocher. Il faut &#233;viter de rester dessous les charges en mouvement, il faut faire attention si tu travailles sur une section de cale, de pas tomber dans une cale qui est rest&#233;e ouverte, voil&#224;, quoi. Il faut toujours essayer de concilier l'efficacit&#233; de son travail, qui bien souvent rime avec rapidit&#233;, avec la s&#233;curit&#233;. J'ai un souvenir, nous chargions des &#233;normes balles de cr&#234;pes qui faisaient des sortes de cubes de un m&#232;tre sur un m&#232;tre, et on roulait avec notre crochet dans le filet accroch&#233; &#224; la grue qui allait d&#233;charger. La particularit&#233;, c'est que c'&#233;tait du cr&#234;pe, mais tr&#232;s comprim&#233;, donc vous les faites rebomber, elles prennent un choc, elles restituent cette &#233;nergie et &#231;a s'arr&#234;te pas de rebomber, c'est incontr&#244;lable. Et on en mettait une dizaine dans un filet - c'&#233;tait des balles qui faisaient 100 kilos minimum - le filet a cass&#233; &#224; l'arrachage de la grue et elles s'arr&#234;taient pas de rebomber dans toute la cale et c'&#233;tait &#224; la fois marrant, avec le recul, mais tr&#232;s dangereux &#233;videmment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les contraintes li&#233;es &#224; ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; La r&#233;sistance physique, les conditions atmosph&#233;riques parce qu'on travaille dans un milieu qui bien souvent est hostile, on est dans la cale, dans le ventre d'un navire, on est souvent au danger, on a des charges qui nous passent sur la t&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui te plaisait le plus dans cette fonction ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La libert&#233; parce qu'on a l'impression, quand on est jeune, de ne d&#233;pendre que de ses bras, du travail effectu&#233; sur la journ&#233;e d'embauche, et la satisfaction d'&#234;tre pay&#233; le soir-m&#234;me, parce que &#224; l'&#233;poque on &#233;tait pay&#233; &#224; la journ&#233;e avec l'argent cash et un petit ticket jaune dans notre carte de docker. Cette satisfaction du travail bien fait, d'avoir bien gagn&#233; sa paye et de l'avoir le soir, de la toucher physiquement ; demain sera un autre jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cette r&#233;mun&#233;ration, pourquoi &#224; la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Parce que c'&#233;tait l'ancienne tradition sur le port, que moi j'ai pas connue, avant le vote de cette fameuse loi du 6 septembre 47 qui r&#233;glementait par l'interm&#233;diaire d'un organisme, le bureau central de la main d'&#339;uvre, l'embauche du docker sur tous les ports de France. Mon p&#232;re l'a connue et me l'a bien racont&#233;e : on vous donnait un jeton lorsqu'on vous embauchait le matin et c'est avec ce jeton, une fois que vous aviez fini votre travail, que vous alliez vous faire payer le soir. Y'avait aussi le contexte &#233;conomique du port o&#249; on ne peut pas maintenir une main d'&#339;uvre fixe, mais que l'aconier qui met &#224; disposition ses dockers, embauche le nombre de personnes appropri&#233; au travail qu'il va faire ce jour-m&#234;me, c'&#233;tait l'id&#233;al. Apr&#232;s c'est pass&#233; &#224; la semaine, apr&#232;s &#224; la quinzaine&#8230; Oui, j'ai connu &#224; la semaine, lorsqu'on est pass&#233; aux six heures quarante par jour donc, on faisait un shift le matin, un shift d'apr&#232;s-midi. Et je parle des ann&#233;es 75, pour que tu te rendes bien compte de l'avance gr&#226;ce aux luttes syndicales dans la mobilisation des dockers, et &#231;'a pas &#233;t&#233; facile. C'&#233;tait un peu les r&#233;sultats finaux de 68, quoi, et &#231;a nous a permis d'avoir une excellente r&#233;mun&#233;ration et de travailler six heures quarante par jour, c'&#233;tait superbe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La r&#233;mun&#233;ration &#224; la quinzaine, &#231;a te posait un probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, aucun, et d'ailleurs je crois que c'est beaucoup mieux. Le fait d'&#234;tre pay&#233; &#224; la journ&#233;e, le soir tu te sens riche alors bon, y'en a qui rentrent chez eux, y'en a qui vont boire quelques godets dans les bars, donc ils ramenaient pas toujours la paye &#224; la maison et il vaut mieux ramener l'int&#233;gralit&#233; de la paye &#224; la maison, donc c'est mieux lorsque c'est canalis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il une forte solidarit&#233; entre dockers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, elle a &#233;t&#233; beaucoup cristallis&#233;e et consolid&#233;e par les luttes syndicales qui &#233;taient charg&#233;es de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des dockers et qui ont fait quand m&#234;me les beaux jours du port de Marseille, plus que par une solidarit&#233;, parce que nous &#233;tions &#224; l'&#233;poque quelque chose comme deux mille cinq cent dockers, on se connaissait pas tous, mais y'avait une solidarit&#233; dans la fonction. Mais &#224; force de travailler, au bout de quelques ann&#233;es on commence un peu &#224; se conna&#238;tre, ne serait-ce que de vue, et la solidarit&#233; du m&#234;me corps de m&#233;tier, oui, elle y est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous aviez des lieux o&#249; vous vous retrouviez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh bien g&#233;n&#233;ralement, la journ&#233;e du docker &#224; l'&#233;poque - parce que &#231;'a chang&#233; - elle est faite comme &#231;a : vous allez &#224; l'embauche le matin, y'avait un centre d'embauche, tous les dockers avaient rendez-vous &#224; 5 h 35 le matin, &#233;t&#233; comme hiver parce qu'on travaillait en shift et qu'y avait deux embauches, et c'est l&#224; qu'&#233;tait dispatch&#233; le travail de la journ&#233;e par nos employeurs : par exemple - je simplifie &#224; l'extr&#234;me - s'il fallait deux &#233;quipes &#224; d&#233;charger des sacs, trois &#233;quipes &#224; d&#233;charger des containers, nous donnions notre carte de docker au chef d'&#233;quipe charg&#233; de recruter huit, dix hommes pour la journ&#233;e. L'embauche durait une demi-heure mais le travail ne commen&#231;ait qu'&#224; six heures et demie, donc pendant cette demi-heure on se retrouvait soit au caf&#233;, dans tous les bars de la Joliette ou du Cap Pin&#232;de ou de Mourepiane, qui sont &#224; peu pr&#232;s les trois points, si on prend le Cap Pin&#232;de comme point interm&#233;diaire du port. Ah ! Y'avait les bars qui &#233;taient un peu c&#233;l&#232;bres, &#231;a d&#233;pendait des affinit&#233;s de chaque docker, de chaque &#233;quipe qu'il avait l'habitude de suivre, voire m&#234;me du quartier qu'il fr&#233;quentait : par exemple, les dockers des quartiers Nord fr&#233;quentaient davantage le boulevard Bernabo ou plut&#244;t quelques gargotes ou quelques bars de Mourepiane&#8230; Moi c'&#233;tait plut&#244;t la Joliette, le bar du J1, le bar-tabac du Quinze-Cent, &#231;a c'&#233;tait les grands points de rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est ton meilleur souvenir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Le souvenir de la libert&#233; dans le travail, le rapport de force qui faisait qu'on &#233;tait des employ&#233;s - en fait, un docker c'est un man&#339;uvre - c'est ce sentiment ou du moins l'impression de libert&#233; que j'avais en choisissant mon travail le matin autant que faire se peut, en le faisant et en &#233;tant pay&#233; le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et le plus mauvais ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Des fois des conditions difficiles de finir la journ&#233;e, la p&#233;nibilit&#233; du travail, m&#234;me si bien r&#233;mun&#233;r&#233; et &#231;'a pas toujours &#233;t&#233; facile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as une anecdote ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une anecdote&#8230; Un jour, on &#233;tait une &#233;quipe dans une cale sp&#233;ciale, un petit r&#233;duit ferm&#233; qu'on appelle un locker. On &#233;tait jeunes et d&#233;connards, &#233;videmment, larges d'&#233;paules, comme chantait Lavilliers et on chargeait des cartons de Get, qui partaient &#224; Noum&#233;a ou quelque chose comme &#231;a. Alors l&#224;, on &#233;tait sous la surveillance d'un calier, un marin du bord, qui surveillait si on volait pas parce qu'y avait le &quot;fly&quot;, le vol, sur les quais, les dockers avaient une propension &#224; faire un peu de grappillage. Donc mon copain se pointe et fait comprendre au calier - je crois qu'il &#233;tait italien - avec les gestes : &quot;&lt;i&gt;Dites, on peut vous en prendre une, chef, on boit un coup ensemble ?&lt;/i&gt;&quot; Le calier, lui, il fait ce qu'on lui demande, c'est-&#224;-dire surveiller que les op&#233;rations d'embarquement se fassent correctement, surtout pas en ouvrant les cartons. Il dit : &quot;&lt;i&gt;Non, non, non&lt;/i&gt;&quot;, il veut rien savoir, cat&#233;gorique. La deuxi&#232;me palanqu&#233;e arrive avec la grue et la palette &#233;tait accroch&#233;e avec un grand filet et quatre crochets ; mon coll&#232;gue en d&#233;croche que trois et y dit au grutier, au panneau - on avait toujours un panneau qui commandait les man&#339;uvres de la grue - : &quot;&lt;i&gt; Vas-y, tu peux en chercher une autre.&lt;/i&gt;&quot; &#201;videmment, comme il avait oubli&#233; de d&#233;crocher le quatri&#232;me crochet, toute la palette a vers&#233;, y'avait donc environ 800 kilos de cartons de peppermint, enfin, d'alcool quoi, renvers&#233;s par terre. Y'en a qui se sont cass&#233;s, y'avait une grosse t&#226;che verte&#8230; Et le calier a re&#231;u le message, bon, on a nettoy&#233; et tout, on s'est bien fait passer un savon et la palette suivante, il nous a donn&#233; une bouteille, l'air de dire : &quot;&lt;i&gt;Bon b&#232;, vous la boirez, maintenant vous cassez plus rien !&lt;/i&gt;&quot; Y'avait quand m&#234;me un sentiment d'irresponsabilit&#233; aussi, il faut le dire. On travaillait dur, vite, on &#233;tait bien pay&#233;s et on &#233;tait jeunes, on venait de milieux diff&#233;rents, de quartiers diff&#233;rents, on avait la vague intuition qu'on &#233;tait pay&#233;s pour la force de travail et il fallait pas compter sur nous pour la conscience professionnelle, il faut le reconna&#238;tre. Tout &#231;a, &#231;a vient apr&#232;s, &#231;a s'int&#232;gre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu te sentais li&#233; au port, &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232;, n&#233;cessairement, &#231;a, &#231;a vient tout seul. C'est un contexte tellement sp&#233;cial, tellement intense et par rapport &#224; la p&#233;nibilit&#233; ou &#224; l'organisation du travail, par rapport aussi &#224; nos employeurs, sans &#233;voquer l'influence des luttes sociales qui se sont pass&#233;es sur le port et de syndicats de gauche qui ont largement contribu&#233; au bien-&#234;tre des dockers. C'est la p&#233;riode que j'ai eu l'honneur et le privil&#232;ge de partager en tant que docker, que j'appelle toujours l'&#226;ge d'or du port de Marseille, les ann&#233;es 70 et 80.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ton lien &#224; toi, comment le d&#233;finirais-tu avec le recul ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas d'atavisme. J'ai eu l'occasion de passer de l'autre c&#244;t&#233; de la barri&#232;re en faisant le chef d'aconage beaucoup plus tard, pendant cinq ans, dans d'autres pays ou soit dans une activit&#233; p&#233;troli&#232;re, mais j'ai toujours retrouv&#233; l'ambiance typique d'un port. C'est une fa&#231;on d'&#234;tre, de penser et d'agir qui est propre &#224; l'ambiance portuaire et de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale parce que y'a pas que les dockers sur un port, le docker c'est un m&#233;tier &#224; part, une caste &#224; part, c'est&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : R&#234;vais-tu parfois d'embarquer, de quitter le port ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non&#8230; Tu veux me demander si les destinations auxquelles j'&#233;tais confront&#233; dans les op&#233;rations de manutentions me donnaient l'envie d'embarquer, un peu comme la chanson d'Aznavour, quoi : &#171; Sur les docks, o&#249; le froid et l'ennui&#8230; &#187; D'ailleurs, le texte il est pile-poil sur l'ambiance d'un port. Ah ! Oui, &#231;a c'est l'ambiance d'un port ! Mais bon, je suis beaucoup parti, dans ma vie, j'ai un peu voyag&#233;, mais la fonction de docker je crois pas que ce soit elle qui me donnait la piq&#251;re de voyager, je crois pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La profession a &#233;volu&#233; de tes d&#233;buts &#224; la fin de ton activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#233;norm&#233;ment. Elle a &#233;volu&#233; avec la modernisation des moyens techniques de manutention, c'&#233;tait un travail tr&#232;s physique et y'avait tr&#232;s peu de m&#233;canisation. Il est &#233;vident que les d&#233;buts, un bateau qui vient dans un port pour les op&#233;rations de chargement et de d&#233;chargement, c'est un navire qui - pour l'armateur - perd de l'argent, donc il faut faire vite. C'est une &#233;vidence dans tout l'ensemble de la logistique ou de la manutention moderne, la fluidit&#233; et la rapidit&#233; des flux, en fait c'est li&#233; &#224; l'&#233;volution des apparaux, dirons-nous, et pas des appareils de manutention. Donc, on a trouv&#233; un truc g&#233;nial qui s'appelait le container qui existait avant, c'&#233;tait une grosse boite en fer dans lequel on stockait de la marchandise de valeur et puis l'extension du container a &#233;t&#233; de plus en plus grande, &#224; tel point que les marchandises en vrac sont de plus en plus rares. Cette manutention implique de gros chariots &#233;l&#233;vateurs, des grues plus puissantes, alors &#233;videmment, les avantages c'est une cadence plus rapide de chargement et de d&#233;chargement, les d&#233;savantages c'est par exemple une rar&#233;fication du nombre du personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, qu'est-ce que le travail a perdu ou gagn&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le travail y a gagn&#233; en moins de p&#233;nibilit&#233;, en structuration, d'apr&#232;s ce que j'en sais : la r&#233;glementation de la fonction est beaucoup mieux canalis&#233;e et moins anarchique, plus s&#233;curisante pour les dockers, maintenant. On le doit beaucoup &#224; l'activit&#233; syndicale, on a toujours &#233;t&#233; une sorte d'&#233;tendard et m&#234;me voire privil&#233;gi&#233;s mais enfin, c'est pas venu tout seul parce que la vocation des patrons de Marseille, les aconiers, c'est pas des tendres et s'ils avaient pu, ils nous auraient trait&#233;s comme de simples man&#339;uvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ton p&#232;re et ton grand-p&#232;re se sont battus pour &#231;a&#8230; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument ! Parce que le m&#233;tier de docker tel que je l'ai connu, l'&#226;ge d'or, il est pas venu tout seul. Mon p&#232;re a connu les gr&#232;ves de 50, l'&#233;poque o&#249; il osait pas prendre le tramway parce qu'il &#233;tait plein de charbon, en 47, et il se lavait &#224; la fontaine de son quartier. Mon grand-p&#232;re, lui il d&#233;barquait les wagons de charbon &#224; la pelle. L&#224;, &#231;a se bousculait pas pour &#234;tre docker, ou du moins pour y faire carri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce que le m&#233;tier a perdu ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ce qu'il a perdu, c'est en fonction de la modernisation, de concepts qui sont de toute fa&#231;on naturels, &#224; savoir la comp&#233;titivit&#233; des ports entre eux, entre &#233;tats ou au sein d'un m&#234;me &#233;tat, et la fluidit&#233; n&#233;cessaire, la mobilit&#233; et la rapidit&#233; des flux d'import-export. Un des aspects de la mondialisation a fait que la fonction de docker a &#233;t&#233; oblig&#233;e de s'adapter aux nouvelles technologies, donc l&#224; o&#249; il fallait dix hommes pour charger 500 ou 450 tonnes de sacs de farine en marche forc&#233;e pendant huit heures &#224; l'&#233;poque, et m&#234;me pendant les six heures quarante, notre rendement &#233;tait sup&#233;rieur. Par exemple, 420 tonnes de farine de 50 kilos &#224; dix dans une cale, &#231;a faisait travailler dix hommes dans la cale, le chef d'&#233;quipe, le chef panneau, enfin, une vingtaine de personnes, ou le triage des caisses d'oranges o&#249; il y a une kyrielle de marques &#224; terre, &#231;a faisait travailler quarante personnes : une cale, un crochet, comme on dit. Maintenant, avec la contain&#233;risation, c'est-&#224; dire dire la mise en container de l'ensemble de ces marchandises en vrac, o&#249; il fallait une vingtaine d'hommes en tout, bord, terre, conducteurs d'engins, il en faut que cinq ou six.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que penses-tu de la r&#233;forme de la manutention portuaire de 92 ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pfff, la r&#233;forme je l'ai pas connue, je suis parti avant&#8230; Elle &#233;tait in&#233;vitable, on a toujours souffert, &#224; Marseille, &#224; tort d'une mauvaise publicit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les dockers c'est une sorte de seigneurs, ils font ce qu'ils veulent, quand ils veulent, ils sont bien pay&#233;s et ils foutent pas grand-chose, ce sont des gr&#232;viculteurs&lt;/i&gt; &#187; mais bon, &#231;a c'&#233;tait vu de l'ext&#233;rieur mais de l'int&#233;rieur, il faut se dire que&#8230; C'est vrai que socialement, on avait, oh ! Facilement quinze ans d'avance sur l'ensemble des autres corporations. Mais tu te rends comptes, &#224; vingt ans&#8230; c'&#233;tait p&#233;nible, mais je le payais cash avec une bonne su&#233;e et j'avais de tr&#232;s bon revenus. Alors on disait toujours : &#171; &lt;i&gt;B&#232;, vous avez qu'&#224; vous battre pour arriver aux m&#234;mes choses ! - Ouais, mais comment on fait ? - B&#232;, vous faites comme nous : vous faites gr&#232;ve, vous fermez le port, s'y a des CRS, b&#232;, vous faites le coup de b&#226;ton ou le coup de poing avec eux, s'y a des casseurs de gr&#232;ve, vous faites pareil. - Ouais mais c'est Staline !&lt;/i&gt; &#187; Non, c'est pas Staline, nous on se bat pour nos revendications : la manutention sur le port, elle doit &#234;tre faite par les dockers professionnels, y'a pas &#224; lever le poing ni quoi que ce soit au niveau syndical, il s'agit simplement de faire respecter la loi du 6 septembre 47. C'est pas nous qui l'avons vot&#233;e, c'est le gouvernement, &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qu'il te reste de la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un esprit de combativit&#233;, d'ind&#233;pendance. Lorsque je vois les probl&#232;mes sociaux et &#233;conomiques actuels, je connais pas de profession qui soit arriv&#233;e si haut et qui r&#233;ussit, m&#234;me maintenant, &#224; garder ses privil&#232;ges - acquis de haute lutte, attention ! C'est pas venu tout seul. C'est cette nostalgie de libert&#233; et de solidarit&#233;, oui, de combativit&#233; pour notre outil de travail. On a souvent &#233;t&#233; qualifi&#233;s d'emp&#234;cheurs de tourner en rond mais je retrouve &#231;a dans aucune corporation, l'avance sociale qu'on a eue, d'acquis sociaux en r&#233;mun&#233;ration, en cong&#233;s pay&#233;s, y'avait pas de pointeuse, quoi ! Vingt ans apr&#232;s, c'est quelque chose que je retrouve pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as gard&#233; des contacts, des amis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non&#8230; J'ai pas gard&#233; de contacts mais enfin, je me sens toujours docker. Lorsque je vais chercher le colis de No&#235;l pour nos vieux - j'ai la chance d'avoir mon papa en vie et &#231;a me permet de revoir les anciens - on parle comme si on avait quitt&#233; les quais la veille, quoi. Ah ! B&#232;, &#231;a fait plaisir, je me revois comme quand j'&#233;tais &#224; l'embauche ou apr&#232;s l'embauche, qu'on d&#233;connait, on discutait&#8230; On dit toujours les m&#234;mes conneries, d'ailleurs, c'est dingue et puis je vois que les jeunes qui ont pris la rel&#232;ve, ils sont super bien aussi. Oh ! G&#233;n&#233;ralement ce sont des fils de dockers aussi, donc dockers eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pass&#233; r&#233;volu ou nostalgie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nostalgie, non, &#224; cinquante-sept ans j'ai pas envie de retourner sur le port. Je vois &#231;a comme une exp&#233;rience tr&#232;s positive et comme&#8230; avoir fait partie d'un monde, les dockers professionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que tu as fait apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Comme j'avais eu la chance d'aller un peu &#224; l'&#233;cole, j'ai r&#233;pondu &#224; une annonce &#224; l'international, je suis all&#233; mettre en pratique mais &#224; un niveau de responsabilit&#233; un peu plus &#233;lev&#233; en allant faire l'aconier et le chef d'aconage en Afrique pour une compagnie, SCAC International. Je me suis encore retrouv&#233; sur un port &#224; superviser le chargement, le d&#233;chargement, le mouvement des navires de commerce&#8230; C'&#233;tait l'autre approche du port, je savais de quoi je parlais puisque j'avais &#233;t&#233; docker. J'&#233;tais un des plus jeunes &#224; l'&#233;poque et le seul issu vraiment du milieu manutention maritime, les autres aconiers qui travaillaient pour d'autres soci&#233;t&#233;s &#233;taient g&#233;n&#233;ralement issus du m&#233;tier de marin&#8230; C'est un avantage &#233;norme parce que &#231;a cr&#233;e des liens, &#231;a permet de comprendre beaucoup de choses dans la supervision de l'embauche, &#233;videmment, parce qu'un port c'est toujours un port, y'a toujours les m&#234;mes r&#233;flexes. Si &#233;videmment, des ports en Afrique en 77 ou 79 on voit bien qu'il y a un d&#233;calage parce que c'est moins moderne, mais y'a le syst&#232;me D et &#231;a, &#231;a s'acquiert que dans les cales, donc c'est un avantage d'avoir une formation de docker au d&#233;part. La connaissance de la manutention et des gens qui la composent, des dockers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 03/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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