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	<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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	<description>La Koin&#232;, la langue commune. Au pluriel : Koinai. S'il existe une ville en France qui tout au long de son histoire a vu ses langues se conjuguer au pluriel, c'est certainement Marseille. Multiples langages et donc multiples cultures. Notre revue se veut le t&#233;moin de cette diversit&#233; singuli&#232;re. Laissant tra&#238;ner ses oreilles dans la ville, toujours &#224; hauteur d'hommes, elle glane, &#231;a et l&#224;, des t&#233;moignages. Ces paroles de marseillais sont retranscrites au plus pr&#232;s de l'authenticit&#233; du moment parl&#233;, de leur musicalit&#233; propre, vivantes. Marseille a commenc&#233; sa mue. Comment la ville et ses transformations modifient l'homme et ses habitudes ? Comment l'homme inscrit-il son r&#233;cit individuel dans celui, collectif, de la ville ? Cette p&#233;riode de transition convoque dans l'&#233;cho de ses voix &#224; la fois les ombres du pass&#233;, et l'esquisse de l'avenir. Koinai recueille ces voix qui fa&#231;onnent la ville.</description>
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		<title>La revue du t&#233;moignage urbain</title>
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		<title>&#171; L&#224; o&#249; je suis n&#233;e &#187;</title>
		<link>http://www.koinai.net/vis-ma-ville/article/la-ou-je-suis-nee</link>
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		<dc:date>2008-02-28T11:02:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Solitude</dc:subject>
		<dc:subject>Plan d'Aou</dc:subject>
		<dc:subject>Habitat</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les chroniques urbaines marseillaises esquissent le trac&#233; des quartiers nord de la ville et am&#232;nent un questionnement sur leur avenir : voix du Plan d'Aou.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/vis-ma-ville/" rel="directory"&gt;Vis ma ville&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plan-d-aou" rel="tag"&gt;Plan d'Aou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habitat" rel="tag"&gt;Habitat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour r&#233;aliser &lt;i&gt;Chronique urbaine 2, Les changements urbains en question : Marseille quartiers nord&lt;/i&gt;, Claude Bossion a rencontr&#233; des habitants du quartier du Plan d'Aou : jeunes adolescents, m&#232;re de famille, animateur&#8230; Au pied du b&#226;timent, recueil de paroles autour du logement et du travail : lieu de vie, vies de cit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Je m'appelle Ben Ahmed Sabrina, j'ai quinze ans, et j'habite au Plan d'Aou depuis que ch'uis n&#233;e.&lt;/strong&gt; Ils vont nous faire habiter dans ceux qu'y vont reconstruire. Sinon, si les gens ils ont pas assez d'sous pour payer, ils vont garder ces deux b&#226;timents, plus un autre, ch'ais pas c'est lequel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celui o&#249; j'habite on va le d&#233;truire, ouais, celui-l&#224;. On m'a dit vers fin septembre mais j'crois pas, parce qu'il est trop grand, ce b&#226;timent. L&#224;, ils ont cass&#233; ce b&#226;timent et un autre quand on arrive. Quand ils l'ont cass&#233;, ils ont eu des probl&#232;mes parce qu'y'avait plein de tuyaux et tout et vers la fin, y'avait la chaudi&#232;re d'un autre b&#226;timent, &#231;a fait que si ils faisaient un faux mouvement, y'a tout qui pouvait partir, se casser. Et quand ils ont cass&#233; lui, y'a un bout qui est parti sur la chaudi&#232;re et personne s'attendait &#224; &#231;a. Notre b&#226;timent, on dirait qu'il allait tomber, y'a des fissures qui se sont faits quand ils ont cass&#233; le b&#226;timent. Vers les balcons ou derri&#232;re, on les voit un peu, les fissures, je crois, mais ch'ais pas si on les voit de dehors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ch'uis n&#233;e ici, donc, quand j'ai ouvert les yeux, y'avait tous les b&#226;timents. Apr&#232;s, ils ont cass&#233; des b&#226;timents, mais on voyait qu'ils cassaient plus rien. Alors y'en a qui sont partis, ils ont dit : &quot;&lt;i&gt;Ouais, c'est quand qu'ils vont casser tout ?&lt;/i&gt;&quot; Je lui disais qu'ils allaient casser. L&#224;, ils ont commenc&#233; &#224; casser et dans les journaux, y'avait &#233;crit qu'ils vont reconstruire des b&#226;timents avec des parcs et tout pour les petits. Ouais, ils vont faire des b&#226;timents neufs, comme y'a &#224; l'entr&#233;e du Plan d'Aou. Y'en a que si ils ont pas assez d'argent pour payer le loyer dans les nouveaux b&#226;timents, ils partiront, mais on sait pas o&#249;. Moi, je pr&#233;f&#232;re rester au Plan d'Aou, c'est l&#224; que j'ai grandi, je me vois pas partir. C'est ici que j'connais plus de monde. Y'a des souvenirs, y'a&#8230; ch'ais pas, moi, c'est l&#224; o&#249; je suis n&#233;e, donc je pr&#233;f&#232;re rester.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Je suis n&#233;e pendant les vacances, moi : ma m&#232;re, elle s'est disput&#233;e avec mon p&#232;re, elle est retourn&#233;e en Alg&#233;rie&lt;/strong&gt; et je suis n&#233;e comme &#231;a. &#199;a me fait rire chaque fois que je le dis, parce que c'est vrai, ch'uis n&#233;e sur un bateau. Ch'uis arriv&#233;e chez ma grand-m&#232;re, j'avais - ma m&#232;re elle m'a dit - huit heures, et j'ai &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e en Alg&#233;rie. Mais j'ai &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; Toulon, mes parents habitaient &#224; Toulon. Mais mes fr&#232;res et s&#339;urs - on est dix - sont tous n&#233;s &#224; Marseille. On est tous d'ici, j'ai aucun souvenir, moi, d'&#234;tre all&#233;e en Alg&#233;rie ou&#8230; J'ai grandi l&#224; et j'aime Marseille, ch'uis marseillaise, moi. Ah ! oui, il me faut les cigales pour vivre, j'ai v&#233;cu deux ans &#224; Paris, j'&#233;tais pas bien, h&#232; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s que je disais que j'habitais au Plan d'Aou, c'&#233;tait fini, et quand je vois avec quelle facilit&#233; ils me font partir quand &#231;a les arrange eux, j'en reviens pas. J'avais vraiment l'impression que j'allais mourir ici, moi. Je me suis dit : &quot;&lt;i&gt;Je vais plus bouger de l&#224;&lt;/i&gt;&quot; et voil&#224;, ils ont d&#233;cid&#233; et &#231;a s'est fait en cinq jours. Je l'ai visit&#233; vendredi, l'appartement o&#249; je vais. Puis alors, ils ont &#233;t&#233; conciliants sur tout, h&#232; : sur le d&#233;m&#233;nagement, ils m'ont arrang&#233;, mais alors sur tout. Toutes les difficult&#233;s que j'aurais pu rencontrer, ils ont tout aplani. Ils sont &#233;c&#339;urants. Je pense qu'apr&#232;s avoir v&#233;cu au Plan d'Aou, je peux vivre de partout, dans n'importe quelles conditions. Ch'uis aguerrie main'ant. Et mes enfants c'est pareil, h&#232;, on a vu des trucs qu'on voit pas partout, quand m&#234;me. Nos enfants &#224; nous, &#224; l'&#226;ge de deux, trois ans, ils voyaient des morts, des overdoses, des fusillades. C'est vrai que les enfants du Plan d'Aou, ils ont du m&#233;rite : malgr&#233; tout, ils arrivent &#224; s'amuser. Ils ont cr&#233;&#233; des clubs de foot et sans parler des gens du centre social, eux aussi, ils ont beaucoup de m&#233;rite. Ils ont la vocation, ceux qui viennent travailler pour nos enfants ici, ils viennent pas pour le ch&#232;que, parce que c'est assez p&#233;nible quand m&#234;me, ils sont confront&#233;s &#224; pas mal de probl&#232;mes ici, mais ils tiennent bon, et puis ils s'occupent des petits. Je trouve &#231;a bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gens d'ici, ils ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s, ils ont &#233;t&#233; livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, donc tout &#231;a, &#231;a a fait&#8230; Y'a des gens qui ont r&#233;pondu intelligemment, ils ont continu&#233; &#224; se g&#233;rer, &#224; respecter le voisin, mais quelques-uns en ont profit&#233;, quoi. Ils ont pourri la vie des autres mais eux, ils &#233;taient pas inqui&#233;t&#233;s parce qu'on &#233;tait pas assez surveill&#233;s. On aurait dit qu'y'avait pas de soci&#233;t&#233;, ici, tellement&#8230; Si &#231;'avait pas &#233;t&#233; l'existence de deux ou trois rondes de gardiens&#8230; Et puis le loyer, h&#232;, qu'il fallait payer absolument mais sinon, ils se manifestaient pas tant que &#231;a, h&#232;. On les voyait jamais. Ils auraient pu mettre des vigiles, faire quelque chose pour prot&#233;ger les habitants. Non, on &#233;tait livr&#233;s &#224; nous-m&#234;mes. Ils pourraient faire les choses autrement, quand m&#234;me, un peu plus r&#233;glement&#233;. Y'a des endroits, on oblige les gens &#224; respecter le r&#232;glement. Le simple fait de pas jeter les poubelles par la fen&#234;tre, des trucs comme &#231;a. Se balader, se prendre un frigo sur la t&#234;te, quand m&#234;me c'est&#8230; Ici, on savait qu'on &#233;tait g&#233;r&#233;s par une soci&#233;t&#233; quand on avait un retard de loyer : l&#224;, on s'occupait de vous, mon ami ! Mais c'est tout, que dans ces conditions. C'est normal, de toute fa&#231;on faut payer, je veux bien accepter les inconv&#233;nients, mais je veux avoir les avantages aussi, ma foi. En fait, c'est les locataires qui se sont ressaisis, qu'ont cr&#233;&#233; cette amicale et &#224; partir de ce moment, on a fait des manifestations, on est descendus &#224; la mairie, &#224; la pr&#233;fecture. On a un peu boug&#233;, parce qu'on voulait qu'ils s'occupent de nous, pas simplement se contenter d'augmenter le loyer. On voulait avoir l'impression d'habiter dans des immeubles qui faisaient partie d'une soci&#233;t&#233;. Et d&#232;s que Provence Logis nous a pris en main, &#231;a s'est am&#233;lior&#233; : on a eu des d&#233;ratisations, d&#233;sinfections, des femmes de m&#233;nage qui lavent les cages d'escalier. Ils faisaient beaucoup plus attention aux enfants aussi, quand ils repeignaient en bas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Faudrait plus qu'ils cassent, h&#232;,&lt;/strong&gt; y'a que &#231;a &#224; dire du Plan d'Aou. De toute fa&#231;on, on a toujours dit, et c'est toujours la m&#234;me chose. Ah ! Il est temps de reconstruire, main'ant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Non, mais parce qu'ils veulent mettre d'autres gens ici,&lt;/strong&gt; on le sait, on va rester ici&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- T'y'as pas vu, ils nous font partir petit &#224; petit. Y'en a plein qui sont partis, on &#233;tait au moins six cents habitants, on est combien ? Et on se mange le foie, on se donne pas la main, c'est normal, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- En hiver, l&#224; y'en a eu des d&#233;molitions. Deux b&#226;timents. Le grand juste en face, et &#231;ui-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &#199;a fait dix ans, parce que je me rappelle, j'habitais l&#224;-bas, sept ans au Galion et l&#224; &#231;a fait trois ans. C'est le plus grand b&#226;timent du Plan d'Aou, y'avait cinq blocs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Ouais, y'avait beaucoup de gens. Mais je me demande pourquoi ils l'ont cass&#233;, ch'ais pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Soi-disant, il tenait plus, et tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Et ils l'ont construit y'a pas longtemps, le Plan d'Aou, il est propre par rapport &#224; d'autres quartiers, il est bien, ch'ais pas pourquoi ils l'ont cass&#233;, j'ai pas compris. Va &#224; F&#233;lix Pyat, c'est pire qu'ici : ils dorment dans les cartons, y'a pas d'lumi&#232;re&#8230; Qu'est ce qu'ils&#8230; j'en sais rien, c'est des fadas. Ils ont dit : &quot;&lt;i&gt;On va casser&lt;/i&gt;&quot;, on va pas les emp&#234;cher, ils ont cass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- On &#233;tait oblig&#233;s de partir, on &#233;tait seuls dans le bloc et il nous avait mis une porte en fer et tout, expr&#232;s. Apr&#232;s ma m&#232;re a dit : &quot;&lt;i&gt;C'est bon, je pars.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Nous, on habitait dans un b&#226;timent, ils ont cass&#233; la moiti&#233; et on a &#233;t&#233; oblig&#233;s de partir. C'est comme un b&#226;timent, y'a des habitants qui habitent l'autre bloc et y cassent la moiti&#233;, rien que pour nous faire partir. Nous, on est pas partis, nous. Apr&#232;s on est partis puisque le mur y s'ouvrait. Comme l&#224;, ils ont cass&#233; et l&#224; c'&#233;tait dehors. Rien que pour faire partir les gens, ils cassaient tous les b&#226;timents, parce qu'on est pas solidaires, ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Vous savez comment y font pour nous faire partir ? Ils disent qu'y'aura des embauches si on d&#233;molit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Moi, je vous dis ce qu'y veulent faire : ils veulent faire d&#233;m&#233;nager tous les gens du Plan d'Aou petit &#224; petit, parce qu'&#224; chaque fois, ils disent : &quot;&lt;i&gt;Dans cinq ans, on va casser.&lt;/i&gt;&quot; Ils veulent faire habiter d'autres gens ici.
&lt;br /&gt;- Ils sont trop forts. Ils ont de la chance que j'ai pas vingt-cinq ans, parce que le Plan d'Aou, je le remets en place, h&#232;, sur ma m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Parce que y'a d'autres gens, t'y'as entendu, des directeurs. Ils veulent reconstruire, comme &#231;a ils habitent l&#224;, les directeurs et tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Vous savez ce qu'ils ont voulu faire, Continent, le patron, Lef&#232;vre, Jean Lef&#232;vre ou ch'ais pas comment il s'appelle&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Il a dit : &quot;&lt;i&gt;On casse le Plan d'Aou, parce que &#231;a g&#234;ne.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Il a dit : &quot;&lt;i&gt;J'ai envie de construire un h&#244;tel pour eux qui travaillent de Paris, qui viennent ici.&lt;/i&gt;&quot; Vous avez vu derri&#232;re chez moi, la vue, tu la connais, toi la vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;L&#224;, &#231;'avait &#233;t&#233; tout vid&#233; de ses locataires et ils avaient d&#233;cid&#233; de faire la d&#233;molition avec un gros boulet.&lt;/strong&gt; J'&#233;tais l&#224; parce que je suis &#224; la Maison pour tous du plan d'eau de Saint-Antoine, je savais qu'on devait&#8230; Et &#231;a s'est pass&#233; tard, m&#234;me, les images sont noires parce que finalement Monsieur Vigouroux et tous les officiels sont arriv&#233;s, c'&#233;tait la nuit quand la grue a commenc&#233; &#224; donner les premiers coups dans le b&#226;timent. C'est pas dans une nuit qu'on a d&#233;moli ce b&#226;timent compl&#232;tement, &#231;'a &#233;t&#233; le lendemain et tout. Mais l&#224;, y'avait aussi bien la police que les habitants du Plan d'Aou qui voulaient voir tomber, puis qui comptaient que &#231;a suive dans les d&#233;lais les plus brefs. Et en fait on a d&#233;moli une barre, puis &#231;a s'est termin&#233; et les habitants, toujours pareil, ils &#233;taient solidaires avec le comit&#233; des ch&#244;meurs. Le syndicat des locataires, il en a assez, ils sont men&#233;s en bateau de tous les c&#244;t&#233;s. On leur dit tout un tas de choses puis &#231;a tourne. &#199;a serait que la derni&#232;re r&#233;union qu'on a eu y'a quinze jours &#224; l'Alhambra, on annonce toujours : &quot;&lt;i&gt;Le Plan d'Aou par-ci, le Plan d'Aou par-l&#224;, on va faire ceci &#224; Saint-Antoine ou &#224; l'Estaque...&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Je m'appelle Abdel Ali, je suis animateur poste B, ce qu'on appelle commun&#233;ment animateur jeune&lt;/strong&gt;, responsable secteur jeunes treize/vingt-cinq ans. Mon travail, en grosse partie, c'est la pr&#233;vention aupr&#232;s d'un public &#226;g&#233; de treize &#224; dix-huit ans, puis un peu d'insertion professionnelle pour ceux qui ont entre dix-huit et vingt-cinq ans. Des fois, &#231;a va au-del&#224; : des papas de trente-cinq, quarante ans viennent me voir. L'animateur, on va le comparer &#224; un g&#233;n&#233;raliste qui est l&#224; pour avoir un premier contact avec la population jeune ; apr&#232;s, c'est diagnostiquer et voir les probl&#233;matiques que rencontrent les jeunes pour trouver des solutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a fait une quinzaine d'ann&#233;es, on leur promet beaucoup de choses et ils voient rien arriver. &#199;a, &#231;a permet pas aux travailleurs sociaux et aux assistantes sociales en particulier, de faire un travail &#224; long terme, qui puisse avoir un support solide. Dans d'autres quartiers, on fait des chantiers jeunes mais au Plan d'Aou, j'ai jamais pu en faire pour une bonne raison, on sait pas ce que va devenir le quartier. Alors, investir de l'argent sur l'am&#233;nagement d'un espace sympa, convivial, o&#249; les locaux, on va mettre une couche de peinture et c&#230;tera pour qu'on te dise : &quot;&lt;i&gt;On va d&#233;truire&lt;/i&gt;&quot;, c'est de l'argent g&#226;ch&#233;. C'est un peu la r&#233;ponse qu'on avait : &quot;&lt;i&gt;On sait pas ce qu'il va devenir, le quartier, ne faites rien, n'entreprenez rien&#8230;&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a handicape, on peut pas tout faire. Par contre, un quartier bien r&#233;habilit&#233;, cadre de vie bien am&#233;nag&#233; avec des espaces verts et tout, &#231;a conditionne le comportement des habitants aussi. Tu vois le quartier comme il est, tu vois un peu les gens comme ils peuvent &#234;tre, quoi. Toutes les semaines, quand on fait des r&#233;unions d'&#233;quipe, &#231;a change. Des fois, ce qui &#233;tait pr&#233;vu y'a un mois n'est plus valable le mois qui suit, et ainsi de suite. C'est pour &#231;a que l'id&#233;al, c'est d'&#234;tre r&#233;cepteur de ce qui est dit par les d&#233;cideurs et les logeurs et ne pas focaliser dessus. C'est une prise de t&#234;te, parce qu'&#224; chaque fois tu dois suivre l'&#233;volution : &quot;&lt;i&gt;On va mettre tel loyer, tel logement en place&lt;/i&gt;&quot; et le lendemain &#231;a change, tu perds vite les p&#233;dales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des choses beaucoup plus urgentes que pour l'instant le logement, y'a d'autres personnes sur le centre qui s'en occupent, mais c'est vrai que c'est global, h&#232; : quand un jeune travaille mal &#224; l'&#233;cole, quand il commence &#224; d&#233;conner, tu vois l'endroit o&#249; il habite, la famille, dans quelle situation ils sont, &#231;a peut s'expliquer. Et au niveau du centre, on est oblig&#233;s que chacun puisse s'occuper d'une partie de ce gros truc qui peut &#234;tre la famille, le quartier&#8230; de se r&#233;partir le boulot, et de mettre tout &#231;a en coh&#233;rence, en discussion et en prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous, animateurs professionnels - parce qu'on est en formation DEFA, on peut s'appeler &quot;animateurs professionnels&quot;- on nous paye pour que nos quartiers aient un certain niveau de pr&#233;carit&#233; pour pas descendre en dessous, mais ils te donnent pas les moyens pour que &#224; la limite tol&#233;rable, on puisse aller au-del&#224; de cette limite dans le positif. D&#232;s que t'y es dans la limite, c'est bon : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes pas pire qu'ailleurs, y'a des probl&#232;mes de partout, c'est normal, on va pas au-del&#224;, restez comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Alors que quand les quartiers ne flambent pas, quand y'a un travail entre les habitants, les travailleurs sociaux, &#231;a peut &#234;tre aussi la police, tous les services publics, il faut maintenir cette dynamique. Alors l&#224;, je sais plus parce que ch'uis pas dans la t&#234;te des d&#233;cideurs et des politiques. Ils pr&#233;f&#232;rent l&#226;cher du pognon quand &#231;a flambe : &#171; &lt;i&gt;On l&#226;che, on calme&lt;/i&gt; &#187;, ou est-ce que c'est plus cher de l&#226;cher du pognon petit &#224; petit, sur dix ans ? Peut-&#234;tre &#231;a co&#251;te plus cher, &#231;a flambe pas mais sur dix ans, &#231;a reste relativement calme. Je suis s&#251;r que c'est moins cher que l&#226;cher quand &#231;a br&#251;le. Quand &#231;a br&#251;le, tu l&#226;ches, mm ? Ben, qu'on ait plus de moyens pour vraiment sortir les gens de la gal&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On leur donne une alternative ponctuelle qui va durer un mois, deux mois, trois mois : c'est un CES, un CEC, une formation&#8230; Je le fais parce que je sais que c'est la seule alternative, mais je sais o&#249; &#231;a m&#232;ne. Le plus grave, c'est que maintenant j'accepte. Lorsqu'un jeune me dit : &quot;&lt;i&gt;Fais-moi un CV&lt;/i&gt;&quot; mais qu'il a rien, je vais pas lui dire : &quot;&lt;i&gt;C'est pas la peine.&lt;/i&gt;&quot; Pourtant je suis persuad&#233; que c'est pas la peine, parce qu'on va pas le prendre : il va tourner, virer, il va en avoir marre. Mais c'est le processus normal, il faut qu'il aille gal&#233;rer, mission locale, ANPE, centre de formation, revenir, tourner, virer et peut-&#234;tre, s'il a un peu de chance - mais &#231;a c'est plus nous, c'est la chance, h&#232; - trouver quelque chose. Je peux m&#234;me lui dire quand il arrive, son cursus : &#171; &lt;i&gt;Tu vas aller l&#224;, attendre un mois, aller l&#224; et dans deux ans je te reverrai&lt;/i&gt; &#187; mais je peux pas le dire, je suis oblig&#233; de le mettre dans ce processus, parce qu'&#224; un moment donn&#233; &#231;a veut dire que &#231;a y est, il est rentr&#233; dans le processus d'attente et de garage. &#199;a me permet de plus ou moins m'occuper de ceux qui sont d&#233;j&#224; &#224; ce niveau-l&#224;, c'est-&#224;-dire deux ou trois ans de gal&#232;re et peut-&#234;tre entamer autre chose. Peut-&#234;tre que maintenant il a vingt-trois, vingt-quatre ans, y'a des aides pour qu'il puisse travailler et l&#224;, tu uses un peu des moyens du bord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au niveau du centre, je peux te sortir une vingtaine de gens, l&#224;, n'importe quel secteur d'activit&#233; qui ait pas une qualification importante comme un BTS d'&#233;lectrotechnique ou un truc comme &#231;a mais, un peu de man&#339;uvre, c'est des jeunes qui ont besoin de sous, qui sont motiv&#233;s pour travailler. Je te garantis qu'ils restent un an, deux ans, tant qu'y'a le chantier. Maintenant, deux ou trois, tu peux leur donner 8000 francs, au bout de deux jours ils s'en vont : &quot;&lt;i&gt;Ch'uis pay&#233; cher, moi, 10 000&lt;/i&gt;&quot;, ou un truc comme &#231;a. Mais c'est pour &#231;a que l'emploi, comme il a &#233;t&#233; fait sur Continent, ils nous ont pas trop demand&#233; et on avait int&#233;r&#234;t &#224; pas dire : &quot;&lt;i&gt;Lui, lui, lui&lt;/i&gt;&quot; parce que l&#224;, c'est chacun pour soi et Dieu pour tous ; les gens ils se tirent dessus, ils veulent tous travailler : les flemmards parce que c'est &#224; c&#244;t&#233;, les motiv&#233;s, ceux qui se font pousser par la maman et le papa, ceux qui sortent de prison, alors c'est difficile de dire : &quot;&lt;i&gt;Lui, lui, oui, mais les autres&#8230;&lt;/i&gt;&quot; L&#224;, on laisse aux professionnels, plus ou moins, s'occuper de &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les quartiers, on est confront&#233;s &#224; &#231;a, c'est pas le Plan d'Aou en particulier et un centre social ou une association g&#233;r&#233;s par d'autres personnes que des personnes du quartier, c'est bien, parce que &#231;a donne un autre regard sur la vie. Faut &#233;viter de faire le m&#234;me syst&#232;me qu'aux Etats-Unis o&#249; t'as des quartiers de Noirs, de Chinois, encadr&#233;s par des Chinois, dans une &#233;cole de Chinois. Les gens apr&#232;s, quand ils sortent un peu de l&#224; : &quot;&lt;i&gt;Vous &#234;tes pas normal, c'est nous qui d&#233;tenons la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&quot;, quoi. Quand t'y'as des regards de l'ext&#233;rieur, travailleurs sociaux qui viennent un peu de partout et qui leur disent &#224; un moment donn&#233; : &quot;&lt;i&gt;Mais c'est pas &#231;a, la vie, c'est &#231;a...&lt;/i&gt;&quot; Et les diff&#233;rents travailleurs sociaux, ils ont pas le m&#234;me point de vue sur la vie et c'est bien d'avoir plusieurs points de vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Bossion, 2001 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Vous trouverez un entretien de Claude Bossion sur les &quot;M&#233;moires Partag&#233;es&quot; sur le site &lt;a href='http://cinememoire.net/index.php/memoires-partagees-entretien-claude-bossion' class='spip_out' rel='external'&gt;Cin&#233;m&#233;moire.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Vous auriez pas un &#339;uf ? &#187;</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Nostalgie</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>025. Le Chapitre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une r&#233;sidente &#233;voque la rue Consolat o&#249; elle a vu le jour, &#224; la fin du si&#232;cle dernier : instantan&#233;s d'histoires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/le-chapitre" rel="tag"&gt;025. Le Chapitre&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis n&#233;e dans le quartier et m&#234;me dans cette maison en 1926, il va y avoir quatre-vingt-deux ans, donc je connais le quartier mais enfant, &#231;a s'&#233;loigne, hein, j'ai plus trop de souvenirs et quand on travaille, on part le matin, on revient, j'avais plus le temps d'aller parler dans le quartier. J'ai eu moins de contacts que maman, qui connaissait un peu tout le monde parce qu'elle sortait aux heures o&#249; les personnes font leur march&#233; mais enfin, je connais le quartier.&lt;/i&gt; &#187; Ginette B., habitante de la rue Consolat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On allait beaucoup au Palais Longchamp, bien entendu, c'&#233;tait la sortie ;&lt;/strong&gt; le samedi, quand on avait pas classe, c'&#233;tait le jour des grands-parents, ils nous amenaient au jardin zoologique. Apr&#232;s j'y ai men&#233; ma fille, et apr&#232;s mes petits-enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pivolo, le glacier, oh ! oui, de mon &#226;ge, qui n'a pas connu Pivolo ! &lt;/strong&gt; Quand on &#233;tait sages, on allait chercher une glace chez Pivolo. Je connais beaucoup moins bien le bas de la rue Consolat parce qu'&#224; l'&#233;poque, on &#233;tait mieux servis, on avait le 41, un tram - oui, moi j'ai vu au boulevard Longchamp mettre les rails, les enlever, les remettre - qui descendait la Canebi&#232;re, il montait la rue Paradis jusqu'&#224; Saint-Giniez et s'arr&#234;tait juste au coin de la rue ; c'&#233;tait pratique, si on avait &#224; descendre en ville, on allait plut&#244;t par l&#224;. Apr&#232;s, y'a eu le bus. Quand je travaillais, y'a une quarantaine d'ann&#233;es, c'&#233;tait un trolley mais &#231;a se brouille un peu. Je n'ai pas encore pris le tramway actuel, j'en ai pas besoin, je marche assez &#224; pied. Oh ! J'ai d&#251; la descendre, la rue Consolat...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le boucher... enfin, c'est un restaurant maintenant, mais avant c'&#233;tait une boucherie et pendant la guerre,&lt;/strong&gt; on allait faire la queue des heures enti&#232;res pour avoir un petit bout de viande, et quand on en avait vu rentrer la nuit et que le lendemain, il nous disait : &#171; &lt;i&gt;Y'en a pas&lt;/i&gt; &#187;, &#231;a nous faisait un peu mal au c&#339;ur parce que comme tout le monde s'approvisionnait l&#224; o&#249; il pouvait, hein... Mais alors, il chargeait sa boutique la nuit. Et &#224; l'&#233;poque, il avait une cave vraiment fortifi&#233;e, pendant les alertes on descendait chez lui. Je faisais du vieux fran&#231;ais &#224; l'&#233;poque au lyc&#233;e, je disais : &#171; &lt;i&gt;Chaque fois qu'il y a un devoir de vieux fran&#231;ais, je le fais &#224; la cave l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; Nous, notre cave n'&#233;tait pas am&#233;nag&#233;e tandis que lui, c'&#233;tait am&#233;nag&#233; en abri et le quartier se retrouvait l&#224;. Y'en avait d'autres, hein, c'&#233;tait surtout ce c&#244;t&#233;-l&#224;, je sais pas pourquoi les caves &#233;taient plus profondes et donc am&#233;nag&#233;es, et vous aviez sur la porte &quot;ABRI&quot;, donc au moment o&#249; l'alerte sonnait, eh ben on descendait dans les abris, on se retrouvait d&#233;j&#224; toute la maison et la maison d'en face. Ah ! On dansait pas, hein, mais on se parlait, dans une semi-obscurit&#233;, &#231;a cr&#233;e des liens, disons, et nous avions de la chance, nous avions qu'&#224; traverser la rue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu plus bas, quand la rue Consolat tourne et remonte en rue L&#233;on Bourgeois, y'avait une fontaine&lt;/strong&gt; - nous, nous appelions &#231;a &#224; la fontaine - nous allions &#224; la fontaine et juste en face, y'avait un vendeur de motos. L&#224; aussi, on a vu l'&#233;volution : &#231;'a &#233;t&#233; d'abord des petites motos, apr&#232;s des grosses motos, et il faisait le circuit pour les essayer donc c'&#233;tait un personnage qu'on connaissait bien : - excusez-moi - les coups de gueule quand &#231;a allait pas, tout le monde dans le quartier connaissait Bernard et ses motos, surtout le bruit qu'il faisait ! L&#224; y'avait le coiffeur, dans la rue d'Isoard, je ne peux pas vous dire depuis quand, mais... pas le m&#234;me, bien entendu. Sur le m&#234;me trottoir, un peu plus haut, y'avait la torr&#233;faction Noailles : vous preniez votre caf&#233;, il vous le torr&#233;fiait. Et le chapelier qui est juste &#224; c&#244;t&#233;, en face de la maison o&#249; y'a les b&#233;rets basques, pendant la guerre, mon amie qui &#233;tait sur le m&#234;me palier, son mari &#233;tait prisonnier, eh bien elle mettait la coiffe. Y'avait beaucoup de personnes qui travaillaient pour les b&#233;rets basques : il faut mettre la coiffe &#224; l'int&#233;rieur, coudre la coiffe du b&#233;ret, beaucoup de personnes du quartier le faisaient &#224; la main, &#231;a ; &#224; ce moment-l&#224; il &#233;tait juste en face, mais il avait aussi son magasin de vente &#224; la rue d'Isoard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Tisane Rit, y'avait un entrep&#244;t d'huiles, c'&#233;tait la famille Morrisset ;&lt;/strong&gt; je l'ai connue depuis toujours, quand ils se sont install&#233;s, jusqu'&#224; sa mort. Y'avait une &#233;picerie ancienne l&#224; o&#249; y'a le marchand de l&#233;gumes, et la fille des personnes qui tenaient ce commerce, qui est un peu plus jeune que moi, on s'est toujours connues. Le fils &#233;tait un copain de mon fr&#232;re, et elle habite toujours la rue Consolat, &#224; c&#244;t&#233; de la boulangerie. Le boulanger aussi, je l'ai toujours connu. Il n'a pas chang&#233; de place, mais &#231;a a &#233;volu&#233; ; l&#224; aussi, la fille avait deux ans de plus que moi et le fils &#233;tait un copain de mon fr&#232;re, &#224; ce moment-l&#224;, les jeunes gar&#231;ons du quartier, le soir, ils se r&#233;unissaient, ils jouaient un peu au ballon, entre la rue L&#233;on Bourgeois et la rue Consolat, &#231;a fait une petite place un peu plus bas et c'&#233;tait assez convivial...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;picerie qui est en face a toujours &#233;t&#233;, mais elle s'est agrandie&lt;/strong&gt; puisque y'avait le boulanger comme maintenant, ensuite y'avait l'&#233;picerie et le bout de l'&#233;picerie de maintenant &#233;tait une charcuterie que j'ai toujours connue aussi. Ils avaient perdu une petite fille, un b&#233;b&#233; qui s'&#233;tait noy&#233; dans leur bassin, tout le quartier &#233;tait en &#233;moi parce que c'&#233;tait vraiment tr&#232;s triste. On avait des relations, en face, l&#224; o&#249; y'a le bar-tabac ; c'&#233;tait une autre client&#232;le, on n'avait pas trop &#224; faire mais enfin les timbres, les allumettes, tout &#231;a c'&#233;tait l&#224;. Je n'y suis plus rentr&#233;e depuis vingt, trente ans, parce que je ne fume pas tandis qu'avant, ben les timbres, tout &#231;a... Et puis les personnes d&#233;bitants de tabac &#233;taient rest&#233;es assez longtemps, leur r&#233;sidence &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; donc on les connaissait. Et entre le tabac et ce qui est le restaurant maintenant, l&#224; o&#249; l'&#233;picerie entrepose, c'&#233;tait un cordonnier, c'&#233;tait tout petit. Un peu plus haut dans la rue Consolat, &#231;'a &#233;t&#233; une laiterie : y'avait des vaches et on allait chercher le lait ; c'est entre le 103 et la rue Louis Grobet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y'a des choses qui sont rest&#233;es : y'a une mercerie au coin de la rue Bernex, &lt;/strong&gt; d'ailleurs une dame charmante - les pr&#233;c&#233;dents aussi mais y'a si longtemps que cette dame est l&#224; - elle vous dirait peut-&#234;tre plus de choses que moi, elle sait tout sur le quartier. Et mon amie qui est n&#233;e ici aussi, qui &#233;tait sur le m&#234;me palier que moi, elle est en maison de retraite, elle connaissait tout ce qui se passait dans le quartier tandis que moi, le fait que je travaille, et puis le d&#233;c&#232;s de mon mari, ma fille avait dix-huit mois, donc &#231;'a &#233;t&#233; la course, l'amener &#224; l'&#233;cole, aller la chercher, donc j'ai pas eu trop de liens. &#192; mon amie, je lui disais toujours : &#171; &lt;i&gt;Tu es ma m&#233;moire, raconte-moi un peu ce qui se passe dans le quartier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui a fait changer le quartier, c'est l'&#233;volution de la vie, hein,&lt;/strong&gt; c'est l'&#233;ducation des jeunes... Mes petits-enfants ne sont pas du tout &#233;lev&#233;s comme j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e, hein ; des fois, je dis : &#171; &lt;i&gt;Mon Dieu ! si votre arri&#232;re-grand-m&#232;re &#233;tait l&#224; - ma maman, donc - vous lui feriez tourner le sang !&lt;/i&gt; &#187; La fa&#231;on m&#234;me dont ils parlent... Dans ce coin-l&#224;, l'&#233;t&#233; - moi je ne suis pas contre, mais l'autre fois j'ai failli recevoir le ballon en plein visage - avant ils jouaient un peu au ballon en bas, mais &#231;a se serait pas vu. Le quartier a vraiment chang&#233; mais moi, je ne reconnais plus Marseille, le Marseille que j'ai connu quand j'&#233;tais plus jeune. Et encore, je la comprends, j'ai des petits-enfants donc j'ai suivi l'&#233;volution, mais y'a des personnes &#226;g&#233;es qui, n'&#233;tant pas dans un milieu jeune, sont un peu &#233;pouvant&#233;es par l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenant les gens se succ&#232;dent, quelquefois on a pas le temps de conna&#238;tre un peu qu'il y a d'autres locataires, &lt;/strong&gt; tandis qu'avant les gens restaient longtemps, donc on se connaissait tous. Souvent, on allait taper : &#171; &lt;i&gt;Vous auriez pas un &#339;uf &#224; m'avancer ?&lt;/i&gt; &#187; &#199;a je m'en souviens tr&#232;s bien. Maintenant, si j'ai pas de farine je descends, j'irais pas le demander &#224; quelqu'un, on n'est pas assez li&#233;s pour&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'&#233;poque, ce qui caract&#233;risait le quartier, c'&#233;tait une certaine chaleur humaine. &lt;/strong&gt; C'&#233;tait un peu dans tous les quartiers, c'est l'&#233;poque ; on a toujours dit : &#171; &lt;i&gt;Il vaut quelquefois mieux de bons voisins que des amis&lt;/i&gt; &#187;parce qu'ils sont sur place, mais vraiment, dans ma jeunesse, on avait besoin de quelque chose, on allait chez le voisin qui, quand il avait besoin de quelque chose, venait chez nous. Les enfants de l'&#233;tage au-dessus, ils venaient souvent jouer chez moi, ma fille montait jouer avec eux. &#199;a faisait rire tout le monde : quand je voulais r&#233;cup&#233;rer ma fille, j'avais un tr&#232;s long balai - la t&#234;te de loup - et elle descendait, et la maman au contraire tapait sur le sol et les enfants montaient ; c'&#233;tait plus familial. Dans le quartier aussi, les commer&#231;ants - bon, l'&#233;picerie ils sont tr&#232;s gentils, la boulang&#232;re aussi, l&#224; &#231;a a pas chang&#233;, on est contentes d'aller parler, la boulang&#232;re nous demandera : &#171; &lt;i&gt;Comment vous allez ?&lt;/i&gt; &#187; ; voil&#224;, &#231;a se faisait, &#231;a aussi. Oui, c'&#233;tait plus convivial, donc on sentait davantage une &#226;me dans le quartier mais &#231;a devait &#234;tre un peu dans tous les quartiers. Moi, je peux pas juger, j'ai pas chang&#233;, je n'ai que cette exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! oui, je m'y sens bien, dans ce quartier, mais ce qui a fait que je sois rest&#233;e...&lt;/strong&gt; Mes parents &#233;taient l&#224; puisque mon fr&#232;re a&#238;n&#233; est n&#233; l&#224;, ma s&#339;ur aussi. Nous avons perdu papa tr&#232;s jeunes aussi, donc maman est rest&#233;e l&#224;, on a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s l&#224;. Apr&#232;s je me suis mari&#233;e, maman ne pouvait pas vivre seule, il lui fallait de la compagnie, donc nous avons opt&#233; de rester, au d&#233;but, et nous envisagions mon mari et moi de faire construire, tout &#231;a. Mon mari est mort quatre ans apr&#232;s notre mariage, donc je suis rest&#233;e et maman est d&#233;c&#233;d&#233;e. Ma s&#339;ur habitait avec nous, apr&#232;s elle est partie. Ma fille, quand elle s'est mari&#233;e, voulait absolument rester dans le quartier, elle est all&#233;e boulevard de la Lib&#233;ration. J'ai pas eu de changement &#224; faire, ma carri&#232;re a &#233;volu&#233; normalement. Le fait d'y &#234;tre rest&#233;e quatre-vingt-deux ans, c'est que je m'y suis vraiment adapt&#233;e, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 18/12/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Pas de tri pour nous &#187;</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/pas-de-tri-pour-nous</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;lestin Karera</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Habitat</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En campagne pour l'environnement, le foyer d'accueil de Bougainville attend des renforts pour lancer le tri de ses d&#233;chets.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habitat" rel="tag"&gt;Habitat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire le tri des d&#233;chets promis au recyclage ? D'accord, mais quand leur volume est cons&#233;quent, encore faut-il trouver l'&#233;quipement de contenance ad&#233;quat. &#192; Bougainville, le Centre d'H&#233;bergement et de R&#233;insertion Sociale William Booth bute sur l'obstacle : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait pr&#234;ts &#224; faire le tri des d&#233;chets ! &#199;a se fait pas parce qu'il n'y a pas la logistique pour suivre. &#199;a sert &#224; rien parce que de toute mani&#232;re, on les met dans un container, on m&#233;lange tout.&lt;/i&gt; &#187; Judith Dessy, responsable du service restauration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels d&#233;chets produit votre structure ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ce sont des d&#233;chets au niveau de la restauration : des restes des plateaux, des cartons, des bo&#238;tes en fer, tout ce qui est en rapport avec la restauration. On a aussi quelques m&#233;dicaments, mais c'est dans les poubelles sp&#233;cifiques au niveau de l'infirmerie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre capacit&#233; d'accueil ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Cent personnes, en majorit&#233; hommes seuls et quelques couples dans nos studios. Notre &#233;tablissement apporte &#224; des personnes qui ont des probl&#232;mes de logement, psychologiques, physiques, un accompagnement pour une r&#233;insertion au niveau social, m&#233;dical... bref, un retour &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Triez-vous les d&#233;chets au niveau de chaque service ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh non, &#224; part d'amener les gros objets &#224; la d&#233;ch&#232;terie, on ne trie pas. &#192; l'infirmerie, elle trie &#224; son niveau mais la direction et moi, on a essay&#233;, on a voulu le faire - on est tr&#232;s sensibilis&#233;s par le tri des d&#233;chets, par l'environnement - on s'est renseign&#233; pour savoir s'il &#233;tait possible de faire un tri pour qu'il y ait une valorisation des d&#233;chets. On a &#233;t&#233; voir tous les containers aux alentours, il y a une trop petite capacit&#233; par rapport aux d&#233;chets qu'on produit. On s'est renseign&#233; au niveau de la mairie, qui nous ont renvoy&#233;s au service CPA parce que c'est la comp&#233;tence de la Communaut&#233; du pays de Marseille, MPM. Et on a t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; la CPA, il n'y a pas eu de suite donc &#231;a se fait pas, on en est l&#224;. On ne peut pas trier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle heure sortez-vous vos poubelles ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On sort les poubelles tous les jours vers 18h, et on les rentre les matins vers 8h.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; et comment transportez-vous les d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On les met dans les containers et les gros objets, on les met dans un endroit et on les am&#232;ne &#224; la d&#233;ch&#232;terie. Je ne sais plus laquelle, c'est une d&#233;ch&#232;terie qui n'est tr&#232;s pas loin d'ici, dans le 3&#232;me arrondissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Seriez-vous d'accord pour qu'une entreprise passe chercher les d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#231;a pourrait se faire ; simplement, il faut s'organiser : je n'ai pas envie non plus que le parking soit plein de d&#233;chets en attente pendant plusieurs jours, il faut que ce soit ramass&#233; r&#233;guli&#232;rement. On le fait avec le pain dur, d&#233;j&#224; ; dans le temps, on le gardait pour des personnes qui avaient des lapins ou des poules, les Restos du C&#339;ur aussi, maintenant une association vient r&#233;cup&#233;rer le pain dur tous les jours, on n'a pas &#224; le stocker. Si c'est tous les jours ou tous les deux jours, pourquoi pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les pensionnaires sont sensibilis&#233;s &#224; la question du tri ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut les sensibiliser dans des ateliers, mais &#231;a d&#233;pend plut&#244;t du service &#233;ducatif. &#199;a me semble difficile de les sensibiliser alors qu'au niveau de la ville, &#231;a se fait pas, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Informez-vous le personnel en mati&#232;re de recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout ; c'&#233;tait la volont&#233; de la direction mais pour le moment, on n'a pas &#233;t&#233; plus loin parce qu'il n'y pas de tri pour nous, sur Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il vous arrive de parler du tri des d&#233;chets avec des confr&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, j'en ai discut&#233; avec une chef de service, une travailleur social &#224; Jane Pannier : elle fait tout un travail avec un r&#233;seau associatif sur les d&#233;chets verts, les d&#233;chets de fruits, de l&#233;gumes, elle a mis en place un travail sur le compost et &#231;a a l'air de commencer &#224; fonctionner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissez-vous les mat&#233;riaux recyclables ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a un minimum d'information, oui : il y a des d&#233;chets verts, on peut faire du compost, des d&#233;chets de carton, des verres, des bo&#238;tes en fer, parce on en utilise pas mal en restauration, les bouteilles en plastique - il n'y en a pas beaucoup - et quoi d'autre... du papier ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Abordez-vous la question du tri s&#233;lectif avec votre entourage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est quand m&#234;me un sujet de conversation, maintenant, qui s'entend autour de nous ; oui, on en parle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; cherchez-vous les informations sur le tri et le recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sur internet, dans les prospectus, et par rapport aux &#233;lections qui arrivent, on a pas mal d'information. Et aussi dans des r&#233;unions au niveau des mairies, j'ai particip&#233; &#224; des r&#233;unions sp&#233;cifiques sur l'environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissez-vous la r&#233;glementation, comme la loi du un pour un ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas si une loi est sortie mais dans notre quartier, ici &#224; Marseille, dans le 3&#232;me, il y a pas le tri de d&#233;chets en fonction... On re&#231;oit des dons d'un supermarch&#233;, &#231;a leur permet d'avoir moins de volume de d&#233;chets, parce qu'ils nous donnent des produits qui sont en limite de date d'expiration. Ils gagnent de l'argent parce que le tournage des d&#233;chets &#224; d&#233;barrasser, pour eux c'est pas donn&#233; : je crois que c'est de l'ordre de plus de 100 &#8364; la tonne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le volume des d&#233;chets produits par le centre augmente ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je travaille ici depuis plus de dix ans et j'ai l'impression qu'il a augment&#233; un peu, ce n'est pas significatif, ce n'est pas &#233;norme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment r&#233;duire ses d&#233;chets ? Quels efforts pourriez-vous faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faudrait plus qu'on re&#231;oive de dons de Carrefour parce que dans les fruits et l&#233;gumes, il y a beaucoup de tri &#224; faire donc on a beaucoup de d&#233;chets, beaucoup de cartons. Il faudrait ne prendre que des l&#233;gumes surgel&#233;s mais je ne suis pas d'accord non plus, nous on utilise des produits frais. On pourrait faire quelque chose &#224; ce niveau, comme &#231;a on pourrait r&#233;duire les d&#233;chets mais je vois pas comment...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur le tri s&#233;lectif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, on en a conscience, c'est au niveau de la ville, de MPM, quoi, il faut qu'ils se bougent !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que sugg&#233;rez-vous pour am&#233;liorer le tri et la collecte des d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce que je souhaiterais, c'est qu'on me dise : &#171; La mairie d'ici, MPM, deux fois par semaine, on enl&#232;ve les d&#233;chets cartonn&#233;s, le lendemain on enl&#232;ve... &#187; Nous, on peut s'organiser pour mettre les d&#233;chets sur le trottoir le jour-m&#234;me, comme &#231;a se passe dans les villes qui font le tri, &#224; un niveau beaucoup plus... Ou qu'ils laissent des containers beaucoup plus importants o&#249; on puisse mettre tous nos d&#233;chets tri&#233;s, mais bon, &#231;a m'&#233;tonnerait !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Chez vous, triez-vous vos d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chez nous, on habite une ville qui ne fait pas le tri de d&#233;chets, on ne trie pas. C'est Vitrolles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;lestin Kar&#233;ra le 06/03/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<enclosure url="http://www.koinai.net/sites/koinai.net/IMG/jpg/armee_du_salut1.jpg" length="61491" type="image/jpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Leur meilleur plat pr&#233;f&#233;r&#233; &#187; </title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/leur-meilleur-plat-prefere</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.koinai.net/inventaires/article/leur-meilleur-plat-prefere</guid>
		<dc:date>2007-11-16T20:12:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;negal</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>025. Le Chapitre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au Baobab, c'est thiebou-djeun, maaf&#233;, yassa et soupe kandia : recettes s&#233;n&#233;galaises dans l'assiette marseillaise.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/senegal" rel="tag"&gt;S&#233;negal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amitie" rel="tag"&gt;Amiti&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/le-chapitre" rel="tag"&gt;025. Le Chapitre&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1998, avec son fr&#232;re et son oncle, Barry Hamidou, 52 ans, a ouvert le restaurant Le Baobab, traverse St-Basile : &#171; La cuisine ? Piment&#233;e, c'est piment&#233; : au S&#233;n&#233;gal, la plupart des plats, on les pr&#233;pare avec le piment, parce que les Africains aiment beaucoup piment&#233;. Mais ici, tout ce qui est piment&#233; on pr&#233;pare pas avec des piments, le piment on le pr&#233;pare &#224; part. &#187; Gombo, poisson capitaine et p&#226;te d'arachide, pour connaisseurs et amateurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme &#224; Marseille, des restaurants s&#233;n&#233;galais y'en avait pas beaucoup, donc on a d&#233;cid&#233; de montrer les sp&#233;cialit&#233;s s&#233;n&#233;galaises aux Europ&#233;ens, aux Fran&#231;ais qui sont l&#224;, aux Marseillais, voil&#224;. Dans notre r&#233;gion, l&#224; o&#249; on est, b&#232; c'est &#224; peu pr&#232;s quatre-vingt kilom&#232;tres au sud de Dakar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels plats servez-vous dans votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le premier plat de restaurant qu'on a, on appelle thiebou-djeun, c'est &#224; base du poisson et de riz. Tous nos plats, c'est accompagn&#233; avec du riz. Y'a du thiebou-djeun rouge avec des l&#233;gumes et des poissons, le poisson qu'on fait c'est du capitaine ou barracuda. La sauce c'est avec des tomates, &#231;a fait que le riz devient rouge. On fait revenir d'abord le poisson &#224; l'huile et apr&#232;s, on met les tomates, des carottes, du chou, l'aubergine, tout &#231;a l&#224;, on fait revenir et une fois que les l&#233;gumes, les poissons y sont bien cuits, on tire tout, et puis on met du riz dedans&#8230; Enfin, y'a beaucoup d'autres plats particuliers, mais nous on sert l'essentiel et les plats qui sont connus, parce que les Marseillais, suivant nos clients, ils connaissent ces plats-l&#224;, ces trois plats de base : le thiebou-djeun, le maaf&#233; et le yassa, donc c'est beaucoup demand&#233; et c'est &#231;a qu'on pr&#233;pare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous proposez d'autres sp&#233;cialit&#233;s africaines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, que des s&#233;n&#233;galaises. La cuisine, c'est s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le apprend-elle &#224; aimer le piment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme c'est tr&#232;s fort, y'en a qui aiment beaucoup piment&#233;, y'en a qui aiment pas du tout, y'en a qui aiment moins, donc on a adapt&#233; &#231;a en fonction de notre client&#232;le : on met toujours le piment &#224; part quand on sert, ou celui qui emporte le plat, pour qu'ils puissent faire &#224; sa fa&#231;on, quoi. Quand on sert ceux qui connaissent pas trop la cuisine, on leur dit : &quot;&lt;i&gt;Faites attention, le piment est tr&#232;s fort&lt;/i&gt; &#187;, c'est une chose qui est vraiment, si on aime pas le piment, si on go&#251;te une fois &#231;a peut vous g&#226;cher la&#8230; (rire). Le poisson, on a un farci qu'on met dedans et c'est un peu piment&#233;, un peu relev&#233;. On met des oignons, de l'ail, le persil, tout &#231;a et ce fameux piment, mais pas beaucoup parce que c'est fort, et on le met dans le poisson, &#231;a donne un go&#251;t, c'est tr&#232;s bon. C'est avec du riz, tout &#231;a&#8230; Mais c'est fort, donc &#231;ui-l&#224;, on pr&#233;vient nos clients aussi : &quot;&lt;i&gt;Y'a le farci dedans, faites attention, c'est fort, si vous n'aimez pas le piment, vous pouvez l'enlever.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est vous qui cuisinez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas moi-m&#234;me, c'est mon fr&#232;re qui a toujours fait la cuisine. Il s'est appris comme &#231;a, par les parents et quand depuis tout jeune on voit, ils pr&#233;parent et on apprend avec les parents, &#224; faire la cuisine. Et lui, comme &#231;a fait longtemps aussi qu'il est dans le m&#233;tier - le restaurant, &#231;a fait dix ans maintenant qu'on existe - &#224; force il s'est am&#233;lior&#233;. Et nous, on sert : c'est le restaurant familial, donc on est l&#224;, on travaille ensemble. On tourne : quand je suis pas l&#224; ou mon fr&#232;re, il n'est pas l&#224;, c'est lui qui est l&#224; et s'il n'est pas l&#224;, c'est moi ou mon fr&#232;re, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les ingr&#233;dients du maaf&#233;, du yassa ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le maaf&#233;, c'est &#224; base de gombo, c'est un l&#233;gume du S&#233;n&#233;gal mais c'est gluant quand c'est vert, quand c'est frais, donc on le fait s&#233;cher et piler, &#231;a fait en poudre, donc les poudres c'est un peu poudre vert. Voil&#224;, c'est pour parfumer le plat et c'est en sauce, m&#233;lang&#233; avec la p&#226;te d'arachide pour lier avec les poudres de gombo. On le fait soit avec du mouton, et c'est tr&#232;s bon, avec le poisson frais et le poisson s&#233;ch&#233;, tout &#231;a l&#224;. Et le yassa, c'est pr&#233;par&#233; avec du poulet, des carottes, des moutardes, des oignons et le citron, sinon &#224; la place on peut mettre un peu du vinaigre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites vous-m&#234;me s&#233;cher le poisson ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on l'ach&#232;te comme &#231;a. Bon, on peut le trouver au march&#233; Capucin, et puis souvent on le fait venir du S&#233;n&#233;gal. On le prend aussi &#224; la Plombi&#232;re, y'a un magasin l&#224;-bas qui vend des poissons en exportation qui viennent de tout le pays du S&#233;n&#233;gal et de&#8230; Je connais pas le nom, pourtant je vais tout le temps l&#224;-bas, mais c'est les Chinois qui travaillent dedans, on se sert beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il difficile de trouver les ingr&#233;dients dans le commerce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, y'a beaucoup de magasins qui vendent tous les produits qui vient d'Afrique et on peut le trouver facilement. Y'a beaucoup de magasins africains &#224; la rue Longue des Capucins, qui vendent tous les produits africains. Oui, la plupart de nos produits, on peut les trouver au march&#233; Capucin et souvent, m&#234;me, on trouve tous les produits africains dans les magasins chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare la soupe kandia ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des gombos frais, on le coupe en rondelles, et m&#233;lang&#233; avec la viande et le poisson, c'est tr&#232;s bon, c'est gluant, beaucoup plus que le maaf&#233;, m&#234;me. Elle est beaucoup demand&#233;e par les S&#233;n&#233;galais, par les Africains parce que ouais, les Africains, les connaisseurs aiment beaucoup. On le fait le samedi, on a une client&#232;le qui vient uniquement pour manger &#231;a. Donc on appelle la soupe kandia mais c'est l'appellation, c'est pas sp&#233;cialement une soupe, c'est la sauce m&#233;lang&#233;e avec la viande, des poissons s&#233;ch&#233;s. Tout &#231;a l&#224;, avec du riz, de l'huile de palme, souvent c'est les Africains qui vient, c'est leur meilleur plat pr&#233;f&#233;r&#233;, quoi. Les Europ&#233;ens, il conna&#238;t pas trop &#231;a, puis m&#234;me si on le pr&#233;pare, y'en a beaucoup qui l'aiment pas, elle est beaucoup plus gluante. Mais y'en a qui aiment aussi, parce que j'ai des clients europ&#233;ens, fran&#231;ais, quand ils viennent manger, b&#232; c'est uniquement pour&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un peu tout, quoi : des Africains, mais la plupart, h&#232;, c'est des Marseillais et Europ&#233;ens, tous &#226;ges confondus. Bon, on a les client&#232;les r&#233;guli&#232;res mais parfois, on a des nouveaux clients aussi, ils viennent et ils d&#233;couvrent le plat. &#199;a leur pla&#238;t d&#232;s qu'ils go&#251;tent et quand il part, b&#232; ils nous f&#233;licitent : &quot;&lt;i&gt;C'est tr&#232;s bon !&lt;/i&gt;&quot; Ouais, &#231;a se passe bien&#8230; Toujours, c'est des clients sympas, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que viennent-ils chercher au Baobab ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils viennent chercher un petit peu les saveurs d'Afrique, quoi, donc b&#232;, c'est pour savourer la cuisine s&#233;n&#233;galaise et africaine. Surtout les Europ&#233;ens qui viennent ici, les Marseillais, c'est surtout pour les sp&#233;cialit&#233;s. Le plat le plus demand&#233;, c'est le thiebou-djeun ; le maaf&#233;, le yassa c'est beaucoup demand&#233; aussi, mais c'est pas comme le thiebou-djeun, parce qu'y'en a qui viennent uniquement pour &#231;a et parfois si y'en a pas, b&#232;, y retournent, y mangent pas. Y'en a qui viennent de plus loin, de r&#233;gion de Marseille, go&#251;ter le plat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous demandent-ils des plats particuliers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, par exemple y'a des Europ&#233;ens qui sont partis dans d'autres pays, comme Cameroun, souvent y'en a qui demandent le plat particulier qu'on fait pas, m&#234;me qu'on sait les faire, on reste sur les sp&#233;cialit&#233;s s&#233;n&#233;galaises. Depuis le d&#233;but c'est toujours les m&#234;mes plats, ouais&#8230; On a rien chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous vous faites conna&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est de bouche &#224; oreille. La premi&#232;re, deuxi&#232;me ann&#233;e, on fait un peu de pub, on distribuait des prospectus dans le quartier, tout &#231;a, quand on &#233;tait nouveaux dans le quartier mais depuis, on fait pas de pub. Bon, comme &#231;a fait dix ans qu'on existe, on est connus. Y'a m&#234;me ce site, l&#224;, CityVox il nous a mis dans le guide pratique, donc souvent y'en a qui visitent ce site, ils nous appellent et commandent ou ils font des r&#233;servations et viennent manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comptez-vous des touristes parmi votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; ouais, enfin, on a les touristes qui viennent mais pas beaucoup, ils viennent pas par ici. De temps en temps, y'a des gens qui passent comme &#231;a, par exemple cette ann&#233;e on a vu quelques Anglais qui viennent et puis ils ont regard&#233; le menu, ils sont rentr&#233;s, ils ont mang&#233;, mais sinon y'a pas beaucoup de touristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous parlez cuisine avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; rarement ; y'en a qui nous demandent et on explique un peu mais, rarement. S'ils nous demandent, on leur donne des conseils. Beaucoup nous demandent comment on pr&#233;pare le thiebou-djeun ou le yassa et on leur donne la recette, mais souvent y disent qu'y z'arrivent pas &#224; faire comme on fait, donc (rire)&#8230; parfois, &#231;a manque un peu de la r&#233;ussite. Et puis on a souvent des f&#233;licitations pour le plat&#8230; &#231;a, &#231;a nous encourage, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle relation vos clients ont-ils avec la nourriture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Relation, c'est-&#224;-dire ? Enfin, souvent les clients ils viennent, b&#232;, entre amis. Oui, y'a toutes sortes de client&#232;le : ceux qui sont press&#233;s, &#224; midi souvent, bon b&#232;, les gens, c'est des bureautiques, ils veulent manger vite et retourner au travail. Par contre le soir, les clients ils prennent leur temps de manger et puis c'est entre amis, entre coll&#232;gues, tranquillement, pour passer un moment et appr&#233;cier les plats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos jours d'ouverture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'ouverture, c'est du lundi au samedi. Ouais, du midi au soir, c'est la journ&#233;e continue. Comme les plupart des clients il sait qu'on est ouvert, y'en a qui vient &#224; une, deux, trois heures de l'apr&#232;s-midi, m&#234;me &#224; seize, dix-sept heures. Parfois &#224; midi on a personne mais trois heures, quatre heures on peut avoir du monde qui viennent parce qu'ils savent que n'importe quelle heure, ils sont servis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vos jours d'affluence ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;L&#224;, en principe lundi on a pas beaucoup de monde, c'est le jour qu'on a moins du monde mais sinon, c'est &#224; partir du jeudi, vendredi, samedi souvent, la fin de semaine on a du monde. La saison la plus fructueuse, heu&#8230; non, c'est toujours pareil, toujours constant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour les plats &#224; emporter, la client&#232;le est nombreuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, pas mal. Souvent c'est la m&#234;me client&#232;le qui vient manger ici, donc parfois quand y'a le match &#224; la t&#233;l&#233; ou le soir qu'y z'ont pas envie de&#8230; ils nous appellent ou directement ils viennent chercher les plats &#224; emporter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les joies du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les joies du m&#233;tier (rire), du moment qu'on a les client&#232;les qui sont satisfaits, si ils ont bien mang&#233; et qu'y sont contents c'est une grosse joie aussi. Et surtout, si un client a fini son plat, parfois on demande : &quot;&lt;i&gt;Vous voulez quelque chose ?&lt;/i&gt;&quot;, b&#232; il dit : &quot;&lt;i&gt;Ouais.&lt;/i&gt;&quot; Bon, &#231;a, c'est un plaisir, parce que &#231;a prouve que il a aim&#233; le plat qu'on a servi. Voil&#224;, de satisfaire la client&#232;le, une fois que le client est satisfait, nous aussi on est contents, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, que mangez-vous, la cuisine de votre fr&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais (rire), je mange toujours la cuisine qu'il fait quand je suis l&#224; : soit thiebou-djeun, soit maaf&#233; ou yassa, parfois je change&#8230; Moi, mon plat pr&#233;f&#233;r&#233; que je mange souvent c'est le maaf&#233;. Oui, je mange d'autres cuisines : quand je vais au restaurant, b&#232;, je vais au chinois, je vais au fran&#231;ais, j'aime go&#251;ter un peu partout, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon meilleur souvenir de repas&#8230; c'&#233;tait avec des amis, &#224; Marseille, oui&#8230; y'a longtemps, &#231;a va faire dix, douze ans. J'&#233;tais invit&#233; chez des amis, ils m'ont pr&#233;par&#233; un plat et pourtant ce plat c'&#233;tait s&#233;n&#233;galais, c'est le riz rouge mais avec du poulet, avec les m&#234;mes l&#233;gumes : des carottes, des choux, des aubergines, tout &#231;a l&#224;, mais c'&#233;tait vraiment tr&#232;s bien pr&#233;par&#233;. Je ne sais m&#234;me pas de quelle fa&#231;on elle a pr&#233;par&#233;, mais y'avait un go&#251;t sp&#233;cial et j'ai jamais mang&#233; un repas, enfin, qui m'a rest&#233; : ce repas-l&#224;, depuis je l'ai pas oubli&#233;, &#231;a m'a rest&#233;&#8230; Ce plat, on appelle &#231;a thiebou-ganar, c'est le thiebou comme thiebou-djeun, djeun c'est le poisson, et ganar c'est le poulet. C'est un bon souvenir, un tr&#232;s bon souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 19/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; La voile qui m'a men&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


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		<dc:subject>036. L'Estaque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Shipchandler &#224; l'Estaque : accastillage, s&#233;curit&#233;, entretien et confort &#224; bord pour naviguer &#171; chez nous &#187;, en M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/l-estaque" rel="tag"&gt;036. L'Estaque&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Rolland, 25 ans, est g&#233;rant du Nautic Pro-Shop, ouvert quai de la Lave depuis 1993 : &#171; &lt;i&gt;Le shipchandler, c'est d'offrir tout un panel d'activit&#233;s et d'accessoires pour les bateaux &#224; moteur ou &#224; voile. Donc la vente et la r&#233;paration de bateaux &#224; moteur, la vente de moteur et la partie accastillage en faisant tous les accessoires pour les bateaux. On ne vend pas de voilier, par contre on a tous les accessoires pour les voiliers.&lt;/i&gt; &#187; Manilles, cordages, sextans et vent en poupe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Votre activit&#233; s'inscrit-elle dans une tradition familiale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! non, ce n'est pas une tradition familiale, les &#201;tablissements Robert appartenaient au nom Robert. Moi, je suis tomb&#233; l&#224;-dedans de par la voile. Mes parents, eux, ont des m&#233;tiers tout autres que l'accastillage et tout ce qui est li&#233; au nautisme. Moi, je suis arriv&#233; l&#224; vraiment par ma passion. C'est une passion pour la mer, tout simplement. J'ai beaucoup navigu&#233;, j'ai beaucoup fait de r&#233;gates avant, beaucoup de voile je n'ai plus le temps aujourd'hui, mais j'en faisais, donc c'est la voile qui m'a men&#233; &#224; faire ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels articles trouve-t-on dans votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232;, on a tout une gamme pour le nautisme, de la chaussure de pont aux v&#234;tements &#233;tanches et respirants pour le travail sur le bateau. Vous avez de la vaisselle en plastique incassable, tout est adapt&#233; sp&#233;cifiquement &#224; notre activit&#233;. L&#224;, c'est les petits radiateurs douze volts, adapt&#233;s au syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique du bateau. C'est le m&#234;me mat&#233;riel qu'&#224; la maison, mais &#224; des formats adapt&#233;s au bateau. On a des barbecues, des machines &#224; laver, des chauffages, des r&#233;frig&#233;rateurs. Les gens demandent le m&#234;me confort qu'&#224; la maison plus ou mois donc, c'est &#224; nous &#224; s'adapter aux exigences des gens, trouvant des choses qui puissent s'adapter dans les bateaux. Quelqu'un qui a un bateau de six m&#232;tres exige un minimum de confort &#224; bord ; sur cette taille de bateau, on trouve des r&#233;frig&#233;rateurs, des glaci&#232;res, des tauds de soleil, un syst&#232;me de douche &#224; bord, on a pas mal d'&#233;quipement d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un mat&#233;riel sp&#233;cifique aux bateaux &#224; moteur ou &#224; voile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a deux gammes de produits plus ou moins sp&#233;cifiques, mais les deux se recroisent forc&#233;ment au moment o&#249; les bateaux &#224; moteur comme les voiliers ont besoin &#224; la base du m&#234;me mat&#233;riel de fonctionnement et de s&#233;curit&#233; &#224; bord. Dans le magasin on a tout ce qu'il faut sur un bateau quel qu'il soit, c'est-&#224;-dire gilets de sauvetage, bou&#233;es, mat&#233;riels de d&#233;tresse d'ass&#232;chement, &#233;lectronique&#8230; Apr&#232;s, chacun s'oriente vers le mat&#233;riel un peu plus sp&#233;cifique. Toute la gamme voilerie, cordage et tout &#231;a est beaucoup plus vaste que pour les bateaux &#224; moteur o&#249; on a besoin uniquement de carburant. Les mat&#233;riels qu'on vend le plus pour les bateaux moteurs, nous, c'est le moteur hors bord ; apr&#232;s, on a tout ce qui est mat&#233;riel courant utile comme l'huile, tout ce qui est entretien pour les moteurs, plus tout ce qui est entretien du bateau lui-m&#234;me : toutes petites pi&#232;ces, pi&#232;ces courantes. On a pas mal de produits d'entretien pour r&#233;nover sa coque et sa cabine, des choses comme &#231;a et apr&#232;s on a tout le petit mat&#233;riel courant qu'on a besoin de renouveler chaque ann&#233;e : manilles, mousquetons, cordages, barbatages, des choses comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type de bateau vendez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232;, notre gamme de bateaux s'&#233;tend de quatre m&#232;tres cinquante &#224; dix m&#232;tres et le coeur du march&#233;, c'est aux alentours de six m&#232;tres. Ce sont des bateaux utilis&#233;s en Mer M&#233;diterran&#233;e, enfin, chez nous, quoi. &#199;a marche bien aussi, oui. Nous, c'est beaucoup de coques dites &quot; open &quot;, toutes ouvertes, adapt&#233;es au climat m&#233;diterran&#233;en, quoi, qui s'utilisent huit mois de l'ann&#233;e quand il fait beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une pr&#233;f&#233;rence sur les marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! oui, on a une pr&#233;f&#233;rence sur les marques, oui. Chaque fournisseur a plusieurs marques, donc vous dire que telle ou telle marque c'est bien&#8230; On a presque quinze fournisseurs, donc ce serait difficile de tous vous les &#233;num&#233;rer ; comme fournisseurs principaux on aura Castel Bernard, Plastimo, RIA, Kent&#8230; Les moteurs, on a uniquement Yamaha, on est plusieurs concessionnaires sur les Bouches-du-Rh&#244;ne et on fait partie de ces concessionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur le mat&#233;riel d'accastillage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, ce que je rel&#232;ve depuis quelques ann&#233;es, c'est un peu la course au poids : tous les mat&#233;riaux se sont beaucoup all&#233;g&#233;s depuis une dizaine d'ann&#233;e. Toutes les poulies et quasiment tous les mat&#233;riaux maintenant utilisent ou du kevlar, ou du carbone.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des modes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! le nautisme, c'est quelque chose d'assez sp&#233;cial. Ce n'est pas s&#251;rement une mode, hein. Aujourd'hui, c'est des choses qui sont obligatoires &#224; bord, c'est plus une s&#233;curit&#233; qu'une mode. Oui, bien entendu, on suit des tendances mais bon, apr&#232;s, une personne qui va changer de bateau, c'est pas forc&#233;ment parce que son bateau n'est plus s&#233;curisant, c'est souvent une envie d'acheter quelque chose de plus spacieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tout le monde, Monsieur Tout-le-Monde. On a tout un panel de client&#232;le entre guillemets commun, des gens ais&#233;s, des collectivit&#233;s, des associations&#8230; on touche &#224; toutes les classes sociales. On renouvelle toujours notre client&#232;le, donc il y a un client qui entre aujourd'hui dans le magasin, il devrait au fur et &#224; mesure de sa fid&#233;lit&#233; acheter des mat&#233;riels toujours plus gros, toujours plus chers et tout &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont leurs exigences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Que &#231;a marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui se vend le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui se vend le plus, outre les moteurs Yamaha, puisque c'est une grosse partie de notre activit&#233;, c'est tout ce qui est produits d'entretien pour les bateaux. Il faut entretenir ses bateaux et hormis l'int&#233;rieur des bateaux o&#249; on peut utiliser les m&#234;mes produits qu'&#224; la maison, tout ce qui est nettoyage de l'ext&#233;rieur n&#233;cessite des produits assez sp&#233;cifiques. Des produits biod&#233;gradables, un peu plus souples que ce qu'on peut utiliser &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vendez-vous en ligne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est un projet mais nous ne vendons pas encore en ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Grosso modo, on travaille &#224; deux &#233;quipes dans le magasin : on a une partie atelier avec trois m&#233;canos o&#249; ils travaillent tous ensemble, et nous pour toute la gestion du mat&#233;riel de l'accastillage en haut, on est cinq personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres m&#233;tiers de la mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! ben, on a des relations avec plus ou moins tout le monde, les gens qui s'occupent de la s&#233;curit&#233; en mer comme la &lt;a href='http://www.cncm.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;CNCM&lt;/a&gt;, la police, &lt;a href='http://www.mer.gouv.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;les affaires maritimes&lt;/a&gt;. On a des relations aussi avec tout ce qui est aquaculture, que ce soit les p&#234;cheurs ou les &#233;levages de poissons que l'on peut trouver sur l'archipel de Frioul, on travaille aussi avec les &#233;coles de voile, avec le &lt;a href='http://www.plongeurs-autonomes.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;CPA&lt;/a&gt;, on travaille avec tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; je peux pas vous dire, aucune, mais il faut juste avoir envie de se lever le matin et de travailler durement toute la journ&#233;e. Il n'y a pas de v&#233;ritable formation proprement dite pour &#231;a. En principe, les gens qui arrivent &#224; s'adapter au m&#233;tier, c'est qu'il n'est pas arriv&#233; l&#224; par hasard ; avant d'entrer l&#224;-dedans, ils aiment la mer, ils arrivent d'une mani&#232;re ou d'une autre : parce qu'ils aiment p&#234;cher, faire de la voile, de l'aviron, mais on n'arrive pas l&#224; n'importe comment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Plus ou moins, ce que je pr&#233;f&#232;re, c'est le contact qu'on peut avoir avec les gens de par cette passion qu'on retrouve, une autre occasion avec les personnes qui sont int&#233;ress&#233;es par les m&#234;mes choses que nous dans le m&#233;tier donc, c'est quelque chose qui est fort agr&#233;able. On arrive forc&#233;ment mieux &#224; communiquer qu'avec quelqu'un qui ne conna&#238;t pas du tout le nautisme, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les aspects les moins agr&#233;ables ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouf ! c'est l'aspect client&#232;le aussi, qui peut-&#234;tre tr&#232;s compliqu&#233;. Le m&#233;tier qui est bas&#233; sur le loisir, il y a des personnes qui ne font pas trop, pour ainsi dire, la diff&#233;rence entre l'aspect loisir et le s&#233;rieux de la chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une activit&#233; saisonni&#232;re, donc les contraintes c'est qu'on fait un travail &#233;norm&#233;ment l'&#233;t&#233; et assez peu l'hiver donc, c'est un choix mais c'est pas toujours facile, que ce soit pour la gestion des stocks, du personnel et de tout &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles difficult&#233;s rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, c'est les difficult&#233;s que tout le monde a, hein, avec le personnel, les clients et les garanties qu'on peut avoir &#224; faire sur certains mat&#233;riaux ou bateaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le m&#233;tier &#233;volue-t-il ? Comment voyez-vous son avenir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je suis dans le m&#233;tier que depuis cinq ans, donc je peux pas encore me prononcer aujourd'hui pour dire : &quot; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;volu&#233;&lt;/i&gt; &quot; ou &quot; &lt;i&gt;&#199;'a pas &#233;volu&#233;.&lt;/i&gt; &quot; Je suis jeune mais, pour moi, le loisir c'est une branche qui qui est vou&#233;e &#224; marcher dans les ann&#233;es qui viennent : les gens travaillent de moins en moins entre guillemets, donc je vois bien qu'il faut&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! ben, c'est continuer &#224; travailler sur la m&#234;me entreprise et &#224; vivre correctement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, vous naviguez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand j'ai le temps, oui. La plaisance &#231;a se chiffre en heures et grosso modo, nous, en tant que professionnels, on navigue entre trente et cinquante heures par an donc, &#231;a ne repr&#233;sente pas grand-chose, au plus quatre week-ends.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie au monde de la mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui me lie au monde de la mer ? Mon m&#233;tier&#8230; C'est tout simple, j'arrive &#224; huit heures, je vois la mer et je pars le soir je vois encore la mer, donc c'est mon m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 12/10/07 ; r&#233;daction Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Je suis &#224; la mer &#187;</title>
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		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
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		<dc:subject>Passion</dc:subject>
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		<dc:subject>P&#234;che</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au large de Marseille, cap sur le poisson : m&#233;tier transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, r&#233;solu &#224; perdurer.&lt;/p&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis l'&#226;ge de treize ans, des c&#244;tes alg&#233;roises aux reliefs phoc&#233;ens, Mourad Kahoul, quarante-cinq ans, &#339;uvre sur les flots m&#233;diterran&#233;ens : &#171; Moi, j'ai une polyvalence entre le petit m&#233;tier : le rouget, la bouillabaisse, la p&#234;che artisanale et apr&#232;s j'ai commenc&#233; avec mon p&#232;re &#224; faire du chalutage : c'est un engin de p&#234;che qu'on tra&#238;ne sur le fond pour la crevette, pour le poisson noble, hein. Ensuite on a fait la sardine, et apr&#232;s je me suis lanc&#233; dans la p&#234;che au thon. &#187; Entre filets et combat, pour le maintien d'une activit&#233; traditionnelle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment devient-on marin-p&#234;cheur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, on ne devient pas : on est. Cinq g&#233;n&#233;rations, h&#232;, et apr&#232;s c'est la continuit&#233; depuis que je suis dans la p&#234;che avec mon p&#232;re, parce que je suis initi&#233; &#224; faire ce m&#233;tier comme toute ma famille. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; quand m&#234;me un pilier, parmi un des tr&#232;s grands armateurs de p&#234;che au thon, avec un Pied-Noir d'Oran aussi, Monsieur Lubrano. J'ai beaucoup appris avec lui et aujourd'hui, on est encore dans la p&#234;che au thon. Alors, j'ai eu mon certificat d'&#233;tude et j'ai tellement fait l'&#233;cole buissonni&#232;re que mon p&#232;re en a eu marre : &quot;&lt;i&gt;Bon&lt;/i&gt; - j'&#233;tais &#224; Alger chez les P&#232;res Blancs - &lt;i&gt;tu seras jamais avocat ni m&#233;decin, je veux pas gaspiller les sous.&lt;/i&gt;&quot; Il &#233;tait assez dur et &#224; l'&#233;poque il payait 1000 francs fran&#231;ais &#224; la Mission. &quot;&lt;i&gt;Tu vas aller &#224; la p&#234;che, on va voir de quoi tu es capable.&lt;/i&gt;&quot; Il m'avait donn&#233; un petit bateau de dix m&#232;tres en bois o&#249; j'embarquai trois p&#232;res de famille et je lui ai montr&#233; que j'aimais ce m&#233;tier, que j'&#233;tais organis&#233; pour g&#233;rer cette flotte de p&#234;che, et c'est ce que j'ai fait. Apr&#232;s, &#231;'a &#233;t&#233; le syndicalisme pour d&#233;fendre la p&#234;che : je suis tomb&#233; dans une &#233;ch&#233;ance o&#249; la p&#234;che fran&#231;aise &#233;tait agress&#233;e par l'Union europ&#233;enne, par des pays concurrents, et je n'aime pas l'injustice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut &#234;tre marseillais, pour &#234;tre artisan p&#234;cheur &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non : &#224; Marseille, y'a des cultures et des traditions. Moi je suis n&#233; &#224; Alger, mon p&#232;re est napolitain de trois g&#233;n&#233;rations d'Alg&#233;rie, ma m&#232;re est d'origine alg&#233;rienne et quand je suis venu en 77 ici, par avion, &#224; 13 heures j'ai atterri, &#224; 18 heures j'embarquais avec les amis de mon p&#232;re, des Pieds-Noirs d'Alg&#233;rie qui &#233;taient l&#224; depuis 67-68. L'amiti&#233; qu'il avait gard&#233;e, mon p&#232;re, avec certains patrons de p&#234;che, j'ai embarqu&#233; de suite et je suis parti &#224; la p&#234;che. Et pour &#234;tre Marseillais, vous savez, Marseille a &#233;t&#233; construite par toute cette mosa&#239;que m&#233;diterran&#233;enne, que ce soit les Grecs, que ce soit du Maghreb, les Espagnols, les Portugais. Marseille, &#231;'a &#233;t&#233; ma terre d'accueil. Pour moi, c'est un grand pays du soleil et il faudrait garder cette p&#234;che artisanale qui est fondamentale pour Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment fait-on pour trouver le thon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, le p&#234;cheur a du mal &#224; le trouver depuis des si&#232;cles. Le thon est un poisson tr&#232;s noble, et quand on voit un thon qui traverse l'Atlantique en 72 heures, c'est quand m&#234;me un grand poisson, un grand migrateur. Le thon, c'est une p&#234;che &#224; la chance et on trouve, parce que bon, c'est une question de feeling aussi : on sait qu'&#224; tel endroit il est plus qu'&#224; d'autres. Entre p&#234;cheurs, on se donne pas les secrets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail pour la p&#234;che au thon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La senne tournante : c'est des bateaux de 32 &#224; 45 m&#232;tres que je repr&#233;sente, en Italie ou en France, parce que je suis depuis cinq ans pr&#233;sident du syndicat des p&#234;cheurs de thons fran&#231;ais et y'a quelques mois, j'ai &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident de l'&lt;a href='http://www.stm13.org/index.php?content=home&amp;page=0&amp;lang=fr#' class='spip_out' rel='external'&gt;Association des thoniers m&#233;diterran&#233;ens&lt;/a&gt;. Ce sont des bateaux qui encerclent le poisson avec un filet et qui a une poche avec des anneaux, et le poisson est compl&#232;tement pris dans une nasse. Alors, y'a plusieurs outils de travail : y'a la palangre flottante, c'est un bout avec plusieurs filins avec des hame&#231;ons, on appelle &#231;a en jargon anglais &quot;&lt;i&gt;longline&lt;/i&gt;&quot;. Sinon, y'a &#224; la canne, c'est plus pratiqu&#233; par les Basques espagnols ou quelques Basques fran&#231;ais. Et y'a la thonaille, qui est un m&#233;tier artisanal d'une grande qualit&#233; mais l&#224; aussi, on a fait l'amalgame entre le filet maillant d&#233;rivant cor&#233;en, asiatique, qui n'a rien &#224; voir avec la p&#234;che &#224; la thonaille de tradition de la r&#233;gion PACA, entre Carro et Marseille : c'est un filet grossier, typiquement pour le thon, pas pour les p&#234;ches accessoires comme le mammif&#232;re. &#199;a, &#231;a repr&#233;sente 0,1 % et on a fait l'amalgame pour enlever ce m&#233;tier traditionnel et culturel, on n'a pas tenu cas des &#233;tudes du CNRS et on a voulu balayer cette p&#234;cherie, alors il faut se battre pour leur faire comprendre. On arrive &#224; une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s dure en novembre, &#224; l'ICCAT, c'est une conf&#233;rence internationale sur le thon rouge, l'espadon de M&#233;diterran&#233;e et si on est pas &#233;cout&#233;, on va &#233;crire une lettre ouverte au Pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel entretien exigent les outils, le bateau ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben, c'est l'entretien classique, h&#232; : on tire &#224; terre une fois par an le bateau pour le car&#233;ner, pour l'entretenir. Un bateau en fer, c'est le sablage, la peinture, un bateau en bois, il faut le calfater, &#231;a veut dire entre planches, &#233;viter qu'y ait des passages d'eau. Apr&#232;s, le mat&#233;riel de p&#234;che, c'est les p&#234;cheurs sur le quai qui essayent de l'entretenir, &#224; coudre les filets, c'est des trucs classiques. L&#224; on est en train d'ouvrir une &#233;cole d'apprentissage pour les jeunes, pour leur apprendre le m&#233;tier de marin-p&#234;cheur. Il faut arr&#234;ter de dire que le m&#233;tier, y'a pas d'avenir : c'est faux, c'est un m&#233;tier d'avenir. Y'a jamais eu d'&#233;cole typiquement comme quand je suis arriv&#233; avec mon p&#232;re, de terrain - oui, y'a des &#233;coles maritimes o&#249; c'est que de la th&#233;orie, tr&#232;s peu de pratique. Moi j'ai commenc&#233; par la pratique et apr&#232;s la th&#233;orie parce que le jeune, c'est dommage de lui faire perdre trois ans &#224; l'&#233;cole si demain il n'aime pas la mer, il faut lui apprendre d&#233;j&#224; sur le terrain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : un bateau comme le mien, on est quatre, sur un thonier ils sont douze, sur un chalutier ils sont six, &#231;a d&#233;pend du bateau mais en moyenne, c'est six, sept personnes &#224; bord d'un bateau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui fait quoi, sur le bateau ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, je patronne, je g&#232;re le bateau (rire), l'&#233;quipage conna&#238;t son poste, chacun &#224; son poste. L'essentiel c'est d'amener le bateau dans les bonnes zones de p&#234;che, c'est moi qui a le souci de la commercialisation, de pouvoir p&#234;cher pour rentabiliser l'entreprise et payer les marins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre rythme de p&#234;che ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben, c'est de partir &#224; trois heures du matin et faire douze, treize heures par jour, voil&#224; le rythme normal d'un marin-p&#234;cheur. Ouais, vous partez &#224; deux heures, trois heures &#224; bord, vous faites deux ou trois heures de route - tout d&#233;pend la vitesse du bateau - apr&#232;s vous tirez les filets, vous faites route, vous avez &#224; peu pr&#232;s deux heures aussi de travail pour rentrer, trier le poisson, ranger le filet, r&#233;parer si y'a des d&#233;g&#226;ts, souvent, dans le filet. Arriv&#233; &#224; la cri&#233;e, il faut d&#233;barquer le poisson, mettre en caisse, l'exp&#233;dier au mareyeur ou &#224; l'export et le marin, il rentre chez lui, il est dix-neuf heures, il a tout juste le temps de manger et il se couche. Moi, je fais trois, quatre heures de sommeil, et y'a des moments o&#249; on est &#224; plat. Quand on a cinq, six jours de beau temps, c'est non-stop. Ah ! Ben nous, on est tributaires du temps, h&#232; : on peut avoir cinq, six heures de mistral du lundi au vendredi et le samedi il fait beau, il faut y aller. On est r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; la part : si on p&#234;che, on est pay&#233;, si on p&#234;che pas, on n'a rien. Mais les prix, c'est toujours les m&#234;mes, continus. Voil&#224; la vie de p&#234;cheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vendez-vous votre poisson ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On vend aux poissonniers, &#224; des mareyeurs, des n&#233;gociants de poissons, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Saumaty' class='spip_out' rel='external'&gt;Saumaty&lt;/a&gt;, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Port-de-Bouc' class='spip_out' rel='external'&gt;Port-de-bouc&lt;/a&gt;, un peu partout, tous azimuts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La concurrence est-elle difficile ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La concurrence fran&#231;aise ne me g&#234;ne pas du tout, j'adore la concurrence, h&#232;. On a une concurrence d&#233;loyale des pays tiers, qui n'a pas les m&#234;mes charges. Ici, pour que ce soit rentable pour notre entreprise, il faut que &#231;a soit 1 &#8364; du kilo minimum et vous voyez du poisson qui vient sur le march&#233; fran&#231;ais &#224; 0,50 &#8364;, ou des loups et des daurades&#8230; Je suis aussi pr&#233;sident du Comit&#233; R&#233;gional PACA et j'ai mes amis aquaculteurs, parce qu'&#224; une &#233;poque, mon p&#232;re et mes oncles, ils ne voulaient pas parler de l'aquaculture : c'&#233;tait tabou, c'&#233;tait une concurrence d&#233;loyale, et je suis arriv&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer les aquacultures de qualit&#233; en r&#233;gion PACA. On a les plus grandes fermes vers Cannes, Toulon, la Seyne. Y'a&lt;a href='http://www.provaqua.com/peche-aquaculture.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;Provence Aquaculture&lt;/a&gt; au Frioul, que j'ai beaucoup soutenue et que je continue &#224; soutenir. Je suis fier parce que c'est la premi&#232;re ferme bio, ils sont deux jeunes dynamiques et je ne veux pas bafouer les anciens, mais il faut respecter les jeunes parce que c'est la rel&#232;ve et notre identit&#233; qui reste. L'aquaculture, ils ont une part de reconnaissance parce que y'a une concurrence d&#233;loyale de Turquie ou de Gr&#232;ce qui rentrent du poisson 50% moins cher que la production fran&#231;aise, alors je soutiens cette fili&#232;re. &#199;'a &#233;t&#233; difficile de faire comprendre &#224; mes copains p&#234;cheurs en mer ouverte, il fallait qu'on les accepte, on n'avait pas d'alternative et il vaut mieux contr&#244;ler une p&#234;che fran&#231;aise de voisinage, soutenir des aquaculteurs de qualit&#233;, qu'avoir une concurrence d&#233;loyale des pays tiers qu'on ne contr&#244;le pas. Pour le consommateur, la tra&#231;abilit&#233; est claire, qu'un produit de l'ext&#233;rieur, on sait pas d'o&#249; il vient, comment il a &#233;t&#233; conditionn&#233;, dans quelles conditions il a &#233;t&#233; p&#234;ch&#233;. L&#224;, je travaille avec une ONG dans le processus d'une p&#234;che responsable, et on va travailler sur du filet de p&#234;che biod&#233;gradable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pr&#233;f&#233;rez-vous, dans votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Rester p&#234;cheur traditionnel, parce que dans la p&#234;che traditionnelle y'a des cultures. Quelque chose de tr&#232;s symbolique, c'est que le consommateur ne mange pas du poisson qui a six mois dans les frigos et mon m&#233;tier de p&#234;cheur, c'est d'&#234;tre au contact du consommateur, de pas faire de la p&#234;che industrielle qui perd les rep&#232;res du p&#234;cheur au consommateur. Je travaille actuellement sur la production et la commercialisation direct au consommateur et si je viens souvent, il faut que les consommateurs sachent pourquoi : parce que la grande distribution, quelle que soit l'enseigne, ils vendent n'importe quoi, ils s'en foutent, c'est le profit. Moi, je contr&#244;le dans les grandes surfaces et quand je vois que le poisson est impropre &#224; la consommation, par exemple, je suis oblig&#233; de le mettre par terre puisque c'est ma vie, je ne peux pas laisser le consommateur acheter de la merde, s'intoxiquer, apr&#232;s il bannit ce produit et qui c'est qui va morfler ? C'est le p&#234;cheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quand vous partez sur votre bateau&#8230; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je perds pas mes rep&#232;res : je prends au cap, je vais sur les zones de p&#234;che. C'est vrai que depuis quelques ann&#233;es, c'est le combat. Quand je vais &#224; la p&#234;che, je m'&#233;vade des portables, du stress administratif et je revis, je reprends de l'&#233;nergie. On m'a pos&#233; une question sur une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, y'a pas longtemps : &quot;&lt;i&gt;Vous &#234;tes capable de quitter et faire une repr&#233;sentation &#224; Bruxelles ou dans une commission internationale et travailler directement, au lieu de venir et partir ?&lt;/i&gt;&quot; Je peux pas quitter la mer, c'est impossible. Je pr&#233;f&#232;re m&#234;me me taper six heures de vol que rester dans un bureau feutr&#233; et perdre mes rep&#232;res, il faut &#234;tre au contact tous les jours. C'est pour &#231;a que moi, le jeudi, vendredi, samedi et dimanche, jusqu'au lundi quand il fait beau, je suis &#224; la mer. Ah oui ! C'est avec plaisir, h&#232;. Moi, ce que je reproche &#224; mes parents, c'est qu'on a toujours bafou&#233; les m&#233;dias, les journalistes, et &#231;a c'est interdit aujourd'hui. Pourquoi les &#233;cologistes nous tapent dessus ? Parce qu'ils savent communiquer. Nous on sait pas, on sait p&#234;cher mais on sait m&#234;me pas vendre, la preuve, on est bafou&#233;s par les n&#233;gociants de poissons et &#231;a c'est scandaleux. Tout le monde sait p&#234;cher aujourd'hui parce que la technologie de la p&#234;che, l'&#233;lectronique a &#233;volu&#233;. Il faut savoir vendre aussi pour valoriser son produit et son entreprise et surtout, garder ses rep&#232;res de p&#234;che artisanale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles r&#233;glementations r&#233;gissent votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! Alors, la p&#234;che fran&#231;aise est g&#233;r&#233;e par huit cent quarante-sept r&#232;glements communautaires : on a des licences de p&#234;che, des jours de mer, une r&#233;glementation sur le maillage, la longueur des filets, l'embarquement du bateau, et 50% est inadapt&#233; : la preuve, ils sont en train de r&#233;duire 30%. La r&#233;glementation communautaire pour 2008-2012, on veut casser 30% de la flotte, encore. 2004, on a cass&#233; quand m&#234;me 42% de p&#234;che en r&#233;gion PACA. On essaye de dire : &quot;&lt;i&gt;Les p&#234;cheurs, c'est &#224; cause d'eux qu'y a plus de poisson.&lt;/i&gt;&quot; Faux. Comment &#231;a se fait qu'on a cass&#233; 42% de la flotte depuis dix ans, et on se plaint que certaines esp&#232;ces ont disparu ? Est-ce qu'on a fait des analyses d'eau sur la pollution des d&#233;gazages sauvages des gros trusts p&#233;troliers ? Aujourd'hui par exemple, les p&#234;cheurs de daurade &#224; la palangre, aux hame&#231;ons, on veut appliquer et je l'ai bloqu&#233; &#224; Bruxelles par du lobbying. On veut p&#234;cher des daurades de deux kilos avec des hame&#231;ons pour p&#234;cher des cachalots de quatorze centim&#232;tres ! Ils veulent faire une r&#233;glementation de Mer du Nord, sans reconna&#238;tre la sp&#233;cificit&#233; m&#233;diterran&#233;enne. &#192; Marseille, y'a des petites barquettes de sept &#224; dix m&#232;tres qui p&#234;chent la rascasse, la bouillabaisse et chaque r&#233;gion a sa culture et sa tradition, c'est pour &#231;a que je me bats pour garder les traditions dans chaque r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des esp&#232;ces de poisson disparaissent ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, au contraire : on revoit beaucoup de poissons qu'on ne voyait plus. La langouste, y'en a, du thon, on a fait tant de cin&#233;ma depuis deux ans, c'est la politique un peu am&#233;ricaine : &#224; une &#233;poque, &#224; San Diego, y'avait une grande p&#234;che thoni&#232;re et pour &#233;liminer cette p&#234;che, on a dit : &quot;&lt;i&gt;Il faut plus manger de thon parce qu'y a du dauphin dans les bo&#238;tes.&lt;/i&gt;&quot; On a essay&#233; de faire peur, depuis deux ans, ici. Les scientifiques &#224; l'ICCAT ou l'Union Europ&#233;enne qui donnent des &#233;tudes sur la M&#233;diterran&#233;e, c'est des scientifiques am&#233;ricains. C'est l&#224; o&#249; l'opinion publique doit savoir la v&#233;rit&#233;, parce que dans pas longtemps y'aura plus de p&#234;cheurs et on saura plus quoi manger, et l&#224; &#231;a devient dangereux parce que c'est tout un m&#233;tier, des traditions qui se donnent. Si y'a plus de p&#234;cheurs, c'est fini, et ceux qui sortiront des &#233;coles &#231;a sera plus les donneurs de le&#231;ons de p&#234;che, et la pratique est fondamentale. On a des scientifiques, des gens de terrain &#224; la &lt;a href='http://www.fao.org/fi/debut.asp' class='spip_out' rel='external'&gt;FAO&lt;/a&gt; ( Organisation des Nations-unis pour l'alimentation et l'agriculture ), &#224; la &lt;a href='http://ec.europa.eu/fisheries/cfp/external_relations/rfos/gfcm_fr.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;CGPM&lt;/a&gt; ( Commission G&#233;n&#233;rale des P&#234;ches pour la M&#233;dit&#233;rrann&#233;e ), une organisation de chercheurs m&#233;diterran&#233;ens, ceux-l&#224; ne sont pas consult&#233;s. Y'a pas de volont&#233; politique pour vraiment d&#233;fendre et la derni&#232;re r&#233;union que j'ai eue &#224; Paris devant le directeur des p&#234;ches, de dire : &quot;&lt;i&gt;Pourquoi vous ne faites pas une &#233;tude s&#233;rieuse ? - Pas de budget.&lt;/i&gt;&quot; Alors certains scientifiques essayent de dramatiser la situation en disant : &quot;&lt;i&gt;Oh, y'a plus de poissons&lt;/i&gt;&quot;, pour avoir des budgets, mais qui morfle pendant ce temps ? Ben c'est le p&#234;cheur, parce qu'on fait un arr&#234;t sur une esp&#232;ce. C'est en dents de scie, la p&#234;che, c'est tr&#232;s al&#233;atoire : intemp&#233;ries, y'a des cycles, on comprend pas, m&#234;me pas les scientifiques ils le comprennent. Aujourd'hui, on a pris cent kilos de merlan, le lendemain, au m&#234;me endroit, y'en a plus et on revient quinze jours apr&#232;s, on en prend. &#199;a s'explique pas, c'est la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de revenir le bateau vide ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est tr&#232;s rare. &#199;a arrive, h&#232;, mauvais courant. Le poisson, il vit un peu comme nous : quand il pleut, on se balade pas dans la rue en T-shirt, c'est exactement pareil, quand il fait mauvais, qu'y'a des courants, le poisson il se met dans des abris, il bouge pas, &#231;'a &#233;t&#233; prouv&#233;. C'est pour &#231;a que &#224; des moments, on peut rentrer, pas sans aucun poisson, mais c'est pas rentable pour la journ&#233;e de p&#234;che et y'a des jours, alors, on sait plus o&#249; mettre le poisson.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, faites-vous encore des p&#234;ches miraculeuses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bien s&#251;r. Maintenant les p&#234;cheurs de thon ont le droit de p&#234;cher deux mois par an et apr&#232;s, on entend que les p&#234;cheurs de thon ont d&#233;pass&#233; le quota. Si y'a plus de thons, on peut pas p&#234;cher en deux mois ce qu'on devrait p&#234;cher en un an, c'est que du thon, y'en a. Y'a quelques ann&#233;es, on disait : &quot;&lt;i&gt;La sardine, dans le Golfe du Lion, y'en a plus&lt;/i&gt;&quot; mais la rade est pleine de sardines. Vous allez au ralenti au moteur - et c'est pas une gal&#233;jade, c'est la r&#233;alit&#233; - pour ne pas brusquer le poisson et &#224; l'&#233;puisette, vous prenez un seau de sardines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Y'a dix ans, j'ai pris un requin blanc de trois m&#232;tres, au large de Riou. Dans l'enrouleur de filet, tout d'un coup, je vois un museau arriver, je regarde et je suis reparti &#224; la renverse ! Il &#233;tait vivant, mais tout enroul&#233; dans le filet. Je l'ai ramen&#233; ici et j'en ai fait cadeau au Centre oc&#233;anographique de Marseille pour faire des recherches. Mais j'ai perdu une journ&#233;e enti&#232;re et j'ai fini &#224; deux heures du matin avec la grue sur le quai pour le mettre &#224; terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous &#234;tre le repr&#233;sentant d'une tradition ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, je suis p&#234;cheur de tradition et de culture, je pense &#234;tre le repr&#233;sentant d'une vraie p&#234;cherie, d'un vrai m&#233;tier, dur mais passionnant. Je ne pourrais pas faire autre chose. Si j'&#233;tais dans certains endroits o&#249; la mer a s&#233;ch&#233; comme la mer d'Aral au Kazakhstan, je sais pas s'il ne faudrait pas que je me rapatrie dans un endroit o&#249; y'a de l'eau : c'est comme une grenouille, elle ne peut pas rester sans eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi appartenez-vous au monde maritime ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D&#233;j&#224; par ma famille, h&#232;. Le monde maritime, je suis n&#233; dedans, c'est ma vie. Marseille, j'adore, je voudrais que la p&#234;che &#224; Marseille perdure : c'est magnifique de voir le matin tous les p&#234;cheurs, des gens tr&#232;s courageux, aller avec des petits pointus&#8230; Souvent y'a beaucoup de vent, le mistral, c'est pour &#231;a qu'on est dans la plus belle ville de France : on a le bien de Dieu, la Bonne M&#232;re qui nous prot&#232;ge par le mistral, &#231;a d&#233;gage. Et ces gens-l&#224; vont affronter la mer tous les jours &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Calanque_de_Sormiou' class='spip_out' rel='external'&gt;Sormiou&lt;/a&gt;, &#224; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Calanque_de_Morgiou' class='spip_out' rel='external'&gt;Morgiou&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.marseillenet.com/marseille-goudes-1-1.html' class='spip_out' rel='external'&gt;aux Goudes&lt;/a&gt;, &#224; la Madrague, au &lt;a href='http://www.marseillenet.com/marseille-auffes-1-1.html' class='spip_out' rel='external'&gt;vallon des Auffes&lt;/a&gt;, tous ces petits ports o&#249; ces petits p&#234;cheurs artisans ram&#232;nent cette production locale, peu, parce que c'est en rapport avec l'engin, c'est la r&#233;glementation. Aujourd'hui, un bateau de p&#234;che ne peut pas &#234;tre renouvel&#233; sans l'accord de l'Union Europ&#233;enne. C'est compl&#232;tement aberrant : si on casse un moteur, il faut demander l'autorisation avant de le changer. Et ces p&#234;cheurs qui vont avec des vieux moteurs, toc, toc, toc, toc, toc, au &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch&#226;teau_d'If' class='spip_out' rel='external'&gt;Ch&#226;teau d'If&lt;/a&gt; prendre dix kilos de rascasses, deux kilos de rougets et amener le poisson vivant sur le quai&#8230; Y'a qu'&#224; Marseille qu'on voit &#231;a, c'est pour &#231;a que j'ai milit&#233; pour renouveler les tables pour les p&#234;cheurs, les mettre aux normes sanitaires pour le consommateur. Je me bats beaucoup pour la qualit&#233;, l&#224; on est en train de cr&#233;er cette maquette pour leur attribuer des sacs en plastique avec un logo &lt;i&gt;P&#234;che artisanale, p&#234;che fra&#238;che, p&#234;che locale&lt;/i&gt; avec des fiches recettes. J'ai rien &#224; apprendre aux Marseillais sur la bouillabaisse mais on a d&#233;j&#224; un site. Et la tradition de la p&#234;che artisanale &#224; Marseille, dans la r&#233;gion PACA aussi, elle est magnifique. De Menton jusqu'aux Saintes-Maries de la Mer, c'est que des falaises de roches - je vais pas critiquer mes amis du Languedoc-Roussillon mais c'est un fond plat, vaseux, sableux, le poisson n'a pas la m&#234;me texture, le m&#234;me go&#251;t, la m&#234;me iode et je dis que de Marseille &#224; Menton, le meilleur poisson, c'est chez nous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 13/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Wattman</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fanny Saisset, Jean-Joseph Castello</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Nostalgie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La carri&#232;re d'un employ&#233; des transports publics &#224; travers les &#226;ges et les &#233;volutions technologiques. Autrefois, conducteur de tramway se disait &quot;&lt;i&gt;wattman&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/le-tramway-autrefois/" rel="directory"&gt;Le tramway autrefois&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nostalgie" rel="tag"&gt;Nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la RTM depuis trente-huit ans, Daniel Areagano fait partie des derniers chauffeurs de l'ancien tram. &#192; deux mois de la retraite, il revient sur son parcours. Huit kilom&#232;tres aller-retour.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quel est votre itin&#233;raire professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis rentr&#233; le 20 f&#233;vrier 68 &#224; la RATVM, la &quot;&lt;i&gt;R&#233;gie Autonome des Transports de la Ville de Marseille&lt;/i&gt;&quot;, au d&#233;p&#244;t Saint-Pierre, &#224; l'&#226;ge de vingt ans et demi, en qualit&#233; de receveur. Le receveur, c'est celui qui vend les billets, des tout petits tickets tr&#232;s fins. On avait une petite bo&#238;te, on mettait les tickets &#224; l'int&#233;rieur et on oblit&#233;rait, parce que les gens dans les bus, &#224; l'&#233;poque, passaient par la porte arri&#232;re et circulaient par l'avant. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, le tramway Saint-Pierre appartenait au d&#233;p&#244;t Saint-Pierre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but, quand je suis entr&#233;, je faisais le receveur sur toutes les lignes de bus qui appartiennent au d&#233;p&#244;t Saint-Pierre et de temps en temps, on nous envoyait dans les autres d&#233;p&#244;ts : Catalans, Capelette, Chartreux. Apr&#232;s, comme j'habitais &#224; c&#244;t&#233; du d&#233;p&#244;t, j'ai demand&#233; &#224; faire que le tram. Les nouvelles rames sont arriv&#233;es en 1969. On devait faire le wattman - c'est l'appellation du conducteur de tramway - et le receveur. Un an apr&#232;s, &#231;a a &#233;t&#233; modifi&#233;, on n'a plus fait que le wattman. J'ai conduit le tramway &#224; partir 1970, donc avec une interruption quand je suis parti faire agent de station au m&#233;tro de 81 &#224; 86. En 86, j'ai pass&#233; le nouveau permis tramway, &#233;tant donn&#233; qu'il y a eu des modifications sur le poste de conduite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps durait le parcours du tramway ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quatre kilom&#232;tres aller et quatre kilom&#232;tres retour et il durait entre 15 et 18 minutes aller, 18 minutes retour. On avait pas trop le temps, arriv&#233;s ici, de faire la bazarette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y avait-il plusieurs lignes de tramway ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; l'&#233;poque, je me rappelle plus. &lt;a href='http://durante.chez-alice.fr/expo_68.htm/pages106htm' class='spip_out' rel='external'&gt;Le premier tramway&lt;/a&gt; &#224; Marseille a &#233;t&#233; mis en place, je pense, aux alentours de 1900 ! Mais je sais que quand je suis rentr&#233;, moi, il y avait des trolleybus et des bus. Ce que je peux vous dire, c'est que le tunnel Noailles, c'est un site class&#233;, et que l'arriv&#233;e du m&#233;tro, il vont la faire &#224; l'ancien terminus du tramway, l&#224; o&#249; il y a le mus&#233;e qui va &#234;tre d&#233;moli. Il y avait d'anciens wagons &#224; Noailles, mais ils vont les enlever parce qu'ils vont tout casser pour refaire une nouvelle gare et les wagons, on les a envoy&#233;s, je pense, pour le d&#233;samiantage et pour les recycler ou pour ceux qui les ach&#232;tent, pour les mus&#233;es. Parce qu'ici, quand on a ferm&#233;, il y avait une vingtaine de tramways qui ont &#233;t&#233; mang&#233;s par un genre de pelleteuse expr&#232;s et il y en a un qui est parti en Angleterre pour le mus&#233;e. Je ne sais pas comment s'appelle le mus&#233;e mais je sais que c'est parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel &#233;tait le prix du ticket ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me rappelle plus. Vous vous rendez compte, vous me parlez trente-huit ans en arri&#232;re, je me rappelle plus ! Je ne sais pas, 10 ou 30 centimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien d'heures travailliez-vous par jour ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moyenne g&#233;n&#233;rale : 6 heures 36 jusqu'&#224; 7 heures 17, 7 heures 20.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment est-on pass&#233; de la RATVM &#224; la RTM ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En 77, quand le m&#233;tro a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, ils ont commenc&#233; &#224; r&#233;nover tout le tramway. La ligne &#233;tait ouverte depuis plus de trente ans, c'est un tramway qui venait de Belgique et je crois qu'on avait beaucoup de mal &#224; trouver les pi&#232;ces de rechange et puis il fallait sortir un petit peu de ce vieux tramway et faire quelque chose de beau. En 84, il y a eu l'inauguration du nouveau tramway et la fermeture de l'ancien... Le 9 janvier 1984. Ce jour-l&#224;, on nous a pr&#233;sent&#233; la maquette du futur tramway qui sera l&#224; en 2007. C'est &#224; l'occasion de la nouvelle refonte du tramway qu'on a chang&#233; de sigle, c'est devenu : &quot;&lt;i&gt;La R&#233;gie des Transports Marseillais&lt;/i&gt;&#8220;, mais c'est toujours pareil, c'est la m&#234;me chose, d'ailleurs c'&#233;tait le personnel du m&#233;tro qui venait faire le tramway, passer le permis. On a gard&#233; quelques anciens qui venaient du d&#233;p&#244;t Saint-Pierre, apr&#232;s ils sont partis &#224; la retraite. Moi je faisais partie des derniers. J'avais le choix : ou je restais au d&#233;p&#244;t Saint-Pierre en qualit&#233; de chauffeur de bus sur le 68 ou alors j'allais au m&#233;tro. Et je suis parti sur le m&#233;tro ligne 2. On est tous partis au m&#233;tro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui conduira le nouveau tramway ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les gars qui &#233;taient au tramway et qui sont plus jeunes que moi, ils auront droit &#224; pr&#233;senter le concours pour aller au nouveau tramway ; le stage de formation d&#233;butera probablement &#224; la fin de l'ann&#233;e. Parce qu'ils ont pr&#233;vu le roulage &#224; blanc du nouveau tramway aux alentours d'octobre-novembre-d&#233;cembre. &#201;tant donn&#233; que l'on va passer &#224; une entreprise &#224; moiti&#233; priv&#233;e qui s'appelle la &quot;&lt;i&gt;Conex&lt;/i&gt;&quot;, c'est eux qui vont nous tenir. Pour le moment on sait pas comment &#231;a va marcher, encore. Y'a pas encore des appels &#224; candidature, &#231;a va venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que le nouveau tram est n&#233;cessaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. J'esp&#232;re qu'ils ne nous le casseront pas, qu'ils ne nous le rayeront pas, mais je pense que ce sera beau : c'est &lt;a href='http://www.metro-tramway-marseille.com/tramway/index.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;un truc d'avenir&lt;/a&gt;, c'est un outil qu'ils n'auraient jamais d&#251; lever. C'est une bonne chose, pourvu qu'il ne soit pas tagu&#233;, ray&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Savez-vous si une ligne de tramway passait rue de la R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. S'il y en avait, c'&#233;tait tr&#232;s loin, je sais pas, je devais &#234;tre gosse. Mais celle-l&#224;, la ligne 2, elle va passer en 2007. Elle va partir de la gare la Blancarde et elle va passer par Mar&#233;chal Foch, descendre la Canebi&#232;re et monter la rue de la R&#233;publique pour aller jusqu'au terminus Gant&#232;s. Ils en ont fait deux, pour le moment. La troisi&#232;me ligne viendra apr&#232;s, je pense, en 2011-2012. Au d&#233;part, il devait y en avoir trois : la ligne 1 c'est les Caillols / Noailles ; la ligne 2, c'&#233;tait la Blancarde / 4 septembre ; la ligne 3, c'&#233;tait Castellane / Gant&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Les anciens transports en commun &#233;taient-ils plus conviviaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les tramways, oui. Mais c'&#233;tait &lt;a href='http://durante.chez-alice.fr/Docs-htm/cartes_postales/4-chemins.html' class='spip_out' rel='external'&gt;l'&#233;poque&lt;/a&gt;. Les gens, ils s'arr&#234;taient, ils jouaient aux boules au milieu de la rue. C'&#233;tait il y a longtemps, je n'ai pas connu &#231;a, moi. C'&#233;tait plus famille ; il y avait beaucoup de banlieues ; on partait en tramway sur les banlieues ; c'&#233;tait pas pareil... L&#224;, maintenant, &#231;a devient pas comme Paris mais on stresse un peu. C'est... d'un point &#224; un autre et on calcule plus personne. Pas comme &#224; Paris, encore, mais on se bouscule un peu pour aller travailler, quoi. Par contre, ici, on avait une bonne mentalit&#233;, sur le 68, c'&#233;tait beaucoup plus villageois, m&#234;me quand on a fini, puisque c'&#233;tait en plein air, les gens, ils pouvaient quand m&#234;me parler avec nous, on les attendait, c'&#233;tait diff&#233;rent, ici. Alors que sur un bus, vous pouvez pas le retrouver, m&#234;me au m&#233;tro, on peut pas attendre tout le monde, c'est impossible, il faut appuyer sur le bouton et partir. On a un temps limit&#233; pour faire le parcours et si on tra&#238;ne, on met &#224; la bourre tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que penseriez-vous d'un retour des receveurs dans les bus et tramways ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Faut pas r&#234;ver. Quand je suis arriv&#233;, on &#233;tait 5000, il y avait le receveur de partout. il y avait beaucoup moins de fraudes, il y avait une autre client&#232;le, c'&#233;tait diff&#233;rent. Avant, il n'y avait pas trop d'agressions. Maintenant je pense que c'est la client&#232;le qui a &#233;volu&#233; : le ch&#244;mage, les gens d&#233;s&#339;uvr&#233;s... Maintenant personne n'est parfait, il y a peut-&#234;tre des conducteurs qui ont une fa&#231;on de faire... Mais moi, j'ai fait les bus de nuit pendant quinze ans, je faisais les quartiers nord et je n'ai jamais &#233;t&#233; agress&#233;, mais c'&#233;tait limite. Et pourtant, j'emb&#234;tais personne. Voil&#224;, c'est tout. Parce qu'il y a quand m&#234;me des gens qu'il faut qu'ils emb&#234;tent le monde, m&#234;me que vous emb&#234;tez pas vous-m&#234;me. C'est comme &#231;a, c'est naturel, il faut s'occuper, dans la vie. &#199;a fait trente-huit ans que j'y suis et je crache pas sur la soupe. Heureux d'y &#234;tre, parce que quand on a pas de dipl&#244;me... C'est avec &#231;a que j'ai &#233;lev&#233; mes gosses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 01/03/06 par Fanny Saisset et Jean-Joseph Castello ; rewriting Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Voyage au pays des santons</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Marcellin, Sohad Tari</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Visites guid&#233;es &#224; la d&#233;couverte de l'art santonnier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons visit&#233; quelques ateliers et autres boutiques de santonniers &#224; Marseille. La liste est loin d'&#234;tre exhaustive, certes, mais elle vous donnera n&#233;anmoins une petite id&#233;e de l'art et la mani&#232;re de cr&#233;er ces figurines si sp&#233;cifiquement proven&#231;ales et qui n'en connaissent pas moins un succ&#232;s croissant par-del&#224; les fronti&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les santons &lt;i&gt;Arterra&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette boutique artisanale existe depuis neuf ans. Elle emploie quinze personnes. Onze travaillent en atelier et quatre en magasin. L'accueil y est tr&#232;s chaleureux. Pour assister &#224; la fabrication des santons, il faut prendre rendez-vous par t&#233;l&#233;phone quelques jours &#224; l'avance, en pr&#233;cisant que vous voulez visiter l'atelier. La visite dure alors environ un quart d'heure.
Les passages &#224; l'improviste sont possibles. Une personne se fera un plaisir de vous expliquer la fabrication du santon et vous pourrez voir deux artisans peindre les personnages sur un &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mode de fabrication est typique. Les diff&#233;rents santons sont fabriqu&#233;s dans des moules, puis sculpt&#233;s, model&#233;s, s&#233;ch&#233;s et cuits pendant douze heures.
Les santons sont ensuite d&#233;cor&#233;s avec de la peinture acrylique pour faciliter le nettoyage. Il faut en tout deux ou trois jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les 140 mod&#232;les de la collection, il existe diff&#233;rentes tailles, de 7 &#224; 30 cm. Leurs prix varient de 11 &#224; 235 euros ! Ils sont vendus en boutique et par le biais de revendeurs sur le territoire national.
En plus des santons &#224; caract&#232;re religieux, la boutique propose des objets typiquement proven&#231;aux. Les cr&#233;ations sont expos&#233;es sur leur site Internet [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.provence-prestige.tm.fr/...' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], mais non commercialis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les santons &lt;i&gt;Marcel Carbonel&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, les locaux sont plus grands. Le vaste atelier emploie une vingtaine de personnes. Une trentaine de mouleurs et de d&#233;corateurs travaillent &#224; domicile. La production s'&#233;l&#232;ve &#224; 800 mod&#232;les (de 2,5 &#224; 15 cm et de 10,40 &#224; 86,50 euros). Sans compter les divers accessoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fabrique est l'une des plus importantes de Marseille. Et aussi une des plus vieilles. Les santons y sont fabriqu&#233;s depuis 1935. Des visites guid&#233;es des ateliers sont organis&#233;es depuis un peu plus de cinq ans, sur rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guide vous accompagnera tout au long du processus de fabrication. Elle vous fera elle-m&#234;me des d&#233;monstrations et vous montrera le travail de chacun des ouvriers qui s'ex&#233;cutent en direct sous vos yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour commencer, elle vous montrera les moules m&#232;res, en pl&#226;tre, coul&#233;s autour d'un mod&#232;le original de santon. Ensuite, les moules sont enduits de talc et press&#233;s autour d'un boudin d'argile, d&#233;monstration &#224; l'appui. Puis, les santons obtenus sont &#233;barb&#233;s et retouch&#233;s &#224; la main.
Ils s&#232;chent une semaine puis sont cuits pendant douze heures dans un grand four, comme &#224; la boulangerie... 2000 pi&#232;ces sont enfourn&#233;es en moyenne !
Les figurines sont peintes &#224; la main, sauf les mod&#232;les d'une seule couleur ou en d&#233;grad&#233;s, n&#233;cessitant une peinture au pistolet. Un employ&#233; &#233;labore les couleurs &#224; partir d'un m&#233;lange de pigments et de gomme arabique.
Vous pourrez aussi voir les ouvriers travailler les &#233;tables, qui sont faites en carton et pos&#233;es sur un socle en bois. Leurs tuiles sont en carton ondul&#233;, en pl&#226;tre ou en argile. Et les murs sont cr&#233;pis puis noircis au brou de noix pour faire ancien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A deux pas de l'atelier, se trouvent une boutique ainsi qu'un petit mus&#233;e. Pour entrer, pas besoin de rendez-vous. Pensez seulement &#224; v&#233;rifier les horaires d'ouverture avant d'y aller. Vous verrez des santons de tout pays et en tout genre, certains en porcelaine, d'autres en papier et m&#234;me en ma&#239;s ! La visite est gratuite.
En attendant, vous pouvez consulter leur site internet [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.santonsmarcelcarbonel.com/' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les santons &lt;i&gt;Devouassoux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Della Maggiora&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, l'art santonnier se met en mouvement... Certaines pi&#232;ces (santons, cr&#232;ches ou fontaines) sont articul&#233;es, gr&#226;ce &#224; un petit moteur &#233;lectrique.
Les mat&#233;riaux restent, eux, traditionnels : santons en argile, cr&#232;ches en pl&#226;tre, fontaines en r&#233;sine et d&#233;coration &#224; la peinture acrylique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les santons &lt;i&gt;Devouassoux&lt;/i&gt; existent depuis d&#233;j&#224; trois g&#233;n&#233;rations. Les santons &lt;i&gt;Della Maggiora&lt;/i&gt; ont environ quinze ans. Les ateliers de ces deux santonniers se trouvent respectivement &#224; Meyrargues et dans le quartier de Sainte-Marthe &#224; Marseille, mais ils exposent et vendent leurs cr&#233;ations dans une m&#234;me boutique, r&#233;cemment ouverte, dans le quartier du Panier, qui abrite beaucoup de santonniers.
Il n'y a pas de visite pr&#233;vue, mais les vendeurs vous &#233;claireront volontiers sur leur travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils vous expliqueront qu'ils fabriquaient, au d&#233;but, surtout des cr&#232;ches. La concurrence les a forc&#233;s &#224; se diversifier. Ils ont alors fait des santons. Comme il s'agit d'un march&#233; saisonnier, ils proposent aussi des pendules ou encore des diffuseurs de parfums pour l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.provence-prestige.tm.fr/boutiques/arterra/index.cfm?l=fr' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.provence-prestige.tm.fr/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.santonsmarcelcarbonel.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.santonsmarcelcarbonel.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Si cet article vous a mis en app&#233;tit, ne manquez surtout pas l'occasion de venir admirer des milliers de santons, de cr&#232;ches et autres accessoires &#224; la Foire aux Santons, le long de la Canebi&#232;re, de la fin du mois de Novembre au d&#233;but du mois de Janvier, un &#233;v&#232;nement bicentenaire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez &#224; ce sujet les sites suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.marseille-tourisme.com/servlet/otcm?statique=dec_villetradfoiresan.htm&amp;LANGUE=1&amp;menu&amp;dist=1GP' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.marseille-tourisme.com/s...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.cote.azur.fr/actualites/info_ventes-d-occasion_objet---decoration_5218.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.cote.azur.fr/actualites/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et aussi deux sites qui r&#233;f&#233;rencent les coordonn&#233;es de plusieurs santonniers :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.recherche.aol.fr/rech?id=eJwrZMjJLy1KSS1mKGawMGAAACfxBEs_&amp;c=171115238' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.recherche.aol.fr/rech?id...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.aix-en-provence.com/ancpa/french/loisirs/santonniers.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.aix-en-provence.com/ancp...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et enfin des sites consacr&#233;s &#224; la cr&#232;che proven&#231;ale et aux santons :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://www.joyeuse-fete.com/joyeux-noel/noelcreches.html' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.joyeuse-fete.com/joyeux-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href='http://perso.leval.mageos.com/pages-htm/musee-santons.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://perso.leval.mageos.com/pages...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Une libert&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res </title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/une-liberte-au-dela-des-frontieres</link>
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		<dc:date>2005-03-09T14:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Xavier Gostanian</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<description>Rencontre avec Z&#233;liana, une jeune femme croate de trente ans, install&#233;e en France depuis deux ans. Elle a bien voulu d&#233;passer sa timidit&#233; et d&#233;fendre en fran&#231;ais l'id&#233;e selon laquelle les hommes et les femmes ont les m&#234;mes aspirations. Z&#233;liana n'a pas de freins dans sa r&#233;flexion sur les gens. Elle consid&#232;re que la femme a les m&#234;mes droits et besoins fondamentaux que l'homme et qu'il est temps que les mentalit&#233;s &#233;voluent dans ce sens. Avec elle, nous pouvons tous esp&#233;rer que nos enfants h&#233;riteront d'une (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nostalgie" rel="tag"&gt;Nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontre avec Z&#233;liana, une jeune femme croate de trente ans, install&#233;e en France depuis deux ans. Elle a bien voulu d&#233;passer sa timidit&#233; et d&#233;fendre en fran&#231;ais l'id&#233;e selon laquelle les hommes et les femmes ont les m&#234;mes aspirations.
Z&#233;liana n'a pas de freins dans sa r&#233;flexion sur les gens. Elle consid&#232;re que la femme a les m&#234;mes droits et besoins fondamentaux que l'homme et qu'il est temps que les mentalit&#233;s &#233;voluent dans ce sens. Avec elle, nous pouvons tous esp&#233;rer que nos enfants h&#233;riteront d'une civilisation plus engag&#233;e en faveur de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Viviez-vous en ville ou dans un village, avant de venir en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai v&#233;cu &#224; Split, une ville au bord de la mer M&#233;diterran&#233;e. L'atmosph&#232;re dans laquelle je vivais, je l'ai un peu retrouv&#233;e ici, &#224; Marseille. L&#224;-bas, la vie se d&#233;roule plut&#244;t dehors, dans les caf&#233;s, etc. Les gens communiquent beaucoup, se croisent, sont assez ouverts. Je faisais des &#233;tudes de droit. Je suis venue en France parce que j'ai rejoint mon copain, que j'ai rencontr&#233; au Club Med en Croatie. On a travaill&#233; l&#224;-bas pendant quelque temps tous les deux. Puis, durant deux ans, il venait me rendre visite tous les mois parce qu'il &#233;tait prof et avait beaucoup de vacances. Apr&#232;s ces deux ans, nous avons d&#233;cid&#233; de nous installer en France et de vivre ensemble. Quand je suis arriv&#233;e ici, la premi&#232;re ann&#233;e, je me suis inscrite dans un institut &#224; Aix-en-Provence, pour les &#233;tudiants &#233;trangers qui souhaitent apprendre le fran&#231;ais. La deuxi&#232;me ann&#233;e, j'ai fait un troisi&#232;me cycle en droit, jusqu'&#224; la sp&#233;cialisation qui s'est termin&#233;e en octobre. Depuis quelques semaines, j'ai un emploi provisoire, en attendant de trouver mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aujourd'hui, vous sentez vous plut&#244;t Croate, Fran&#231;aise ou Europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas. Quand j'&#233;tais en Croatie, je ne me sentais pas sp&#233;cialement Croate. En fait, je n'avais pas sp&#233;cialement pens&#233; &#224; &#231;a. C'est quand j'ai quitt&#233; mon pays que j'ai commenc&#233; &#224; sentir ce lien avec ma nationalit&#233;. Est-ce que je me sentirai comme &#231;a dans dix ans ? Je ne sais pas. Peut-&#234;tre que je me sentirai plus Fran&#231;aise mais pour l'instant, j'ai encore du mal &#224; me s&#233;parer de mon pays... J'en suis encore un petit peu nostalgique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;f&#233;rez-vous l'ambiance croate ou l'ambiance marseillaise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il me semble que les gens sont plus ou moins pareils, et que &#231;a d&#233;pend de la personne, et de soi-m&#234;me. Je me sens plus d&#233;tendue en Croatie, car l&#224;-bas, je suis chez moi. Cela ne fait que deux ans que je vis en France. J'ai v&#233;cu trente ans &#224; Split, j'y ai &#233;galement fait mes &#233;tudes. Aujourd'hui, c'est la premi&#232;re fois que je suis s&#233;par&#233;e de ma famille et de mes amies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Sur aucun plan ? Professionnellement, socialement, dans les rapports de couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au niveau du couple, par rapport &#224; mes ex-copains, il n'y a pas de diff&#233;rence. Au niveau du travail, j'ai fait un stage dans un cabinet d'avocat et deux autres stages tr&#232;s courts, donc je n'ai pas beaucoup d'exp&#233;rience. Pour l'instant, il me semble que c'est pareil. En g&#233;n&#233;ral, ce sont les femmes qui assurent les t&#226;ches domestiques. Les comportements n'ont pas beaucoup chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'&#233;ducation que vous ont donn&#233;e vos parents vous satisfait-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mon &#233;ducation m'a ouvert l'esprit. Elle m'a permis d'avoir plus de libert&#233;, aussi bien psychologique que mat&#233;rielle. Une bonne formation permet &#233;galement de trouver un travail plus facilement et d'avoir, apr&#232;s, un plus gros salaire, donc plus d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos ambitions en tant que femme et souhaitez-vous avoir des enfants ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Mes ambitions ne sont pas diff&#233;rentes de celles de mon copain. Quant aux enfants, pour l'instant, je n'en ai pas, mais je pense que j'en aurai un jour. Aujourd'hui, avoir des enfants n'est pas la condition &quot;sine qua none&quot; pour se sentir femme. Non, il faut arr&#234;ter avec cette opinion que le r&#244;le de la femme est d'avoir des enfants. La civilisation est aujourd'hui assez d&#233;velopp&#233;e pour que les r&#244;les primaires qui existaient pendant la pr&#233;histoire aient chang&#233;. Mon ami voit les choses de la m&#234;me mani&#232;re, c'est pour &#231;a que je suis avec lui (rires). Mais je trouve qu'il n'est pas tr&#232;s repr&#233;sentatif des autres hommes. Quand je dis &quot;&lt;i&gt;Il n'est pas repr&#233;sentatif&lt;/i&gt;&quot;, je ne pensais pas qu'&#224; la France mais aussi &#224; la Croatie. Partout, les mentalit&#233;s sont rest&#233;es traditionnelles. Par exemple, le r&#244;le de la femme est d'avoir des enfants. J'ai not&#233; aussi que les hommes n'&#233;taient pas tr&#232;s favorables &#224; l'homosexualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; ce sujet, quelle est votre position sur l'homosexualit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je suis tout &#224; fait pour. D'ailleurs, l'homosexualit&#233; existe depuis toujours et il faut l'accepter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Actuellement, comment se passent vos d&#233;marches professionnelles ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je cherche du travail dans le domaine du droit. J'en suis vraiment au d&#233;but : j'ai envoy&#233; des CV il y a deux jours. Pour l'instant, je travaille &#224; mi-temps dans un bureau d'avocat, comme secr&#233;taire, mais c'est en attendant de trouver mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une &#233;tude sociologique a mis en parall&#232;le le comportement des hommes et des femmes face &#224; l'angoisse. Elle affirme que dans cette situation, les femmes auraient tendance &#224; pleurer et les hommes, &#224; se mettre en col&#232;re. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Que la femme pleure plus facilement, je pense que c'est vrai. Mais je ne sais pas pourquoi. C'est peut-&#234;tre une diff&#233;rence biologique ou sociologique. Il me semble que les femmes analysent plus et qu'elles montrent plus leurs sentiments. Mais, parfois, les femmes compliquent trop les choses. Elles voient les probl&#232;mes o&#249; ils ne sont pas, alors qu'il faudrait regarder les choses de mani&#232;re plus simple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment jugez-vous les femmes qui acceptent de se soumettre &#224; leur compagnon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sinc&#232;rement je ne les juge pas, mais je ne peux pas m'emp&#234;cher de d&#233;plorer ce comportement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous aurez des enfants, quelles seront les valeurs que vous tiendrez &#224; leur transmettre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Si c'est une fille, j'essaierai de lui faire comprendre que la femme est l'&#233;gale de l'homme, pour qu'elle ne devienne pas soumise (rires) ; je ferai pareil si c'est un gar&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous parl&#233; de l'&#233;ducation de vos futurs enfants avec votre copain ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous n'avons pas sp&#233;cialement parl&#233; d'&#233;ducation. Nous n'envisageons pas tout de suite d'avoir des enfants mais je pense que nous serons d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Andr&#233; Malraux a dit : &quot;Un couple r&#233;ussi est une &#339;uvre d'art et il n'y en a que cinq par si&#232;cle.&quot; En faites-vous partie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;(Rires). Je ne sais pas, ce n'est pas exag&#233;r&#233; ? Je ne pense pas que nous soyons vraiment une &#339;uvre d'art.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous disiez &#224; l'instant qu'une femme pouvait &#234;tre heureuse sans avoir d'enfant. Une femme peut-elle &#234;tre heureuse sans avoir de vie de couple ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je voudrais penser que oui, mais je connais des femmes qui sont seules et qui ne sont pas tout &#224; fait heureuses de ce fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une femme peut-elle &#234;tre heureuse sans activit&#233; professionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L&#224; encore, je ne distingue pas les femmes des hommes. Je pense qu'il est mieux pour chacun de nous d'avoir une activit&#233; professionnelle. Le travail apporte l'ind&#233;pendance. L'activit&#233; nous &#233;loigne de la maison et nous permet de nous ouvrir l'esprit, de rencontrer des gens, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de la fid&#233;lit&#233; et de l'infid&#233;lit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Est-ce que la fid&#233;lit&#233; et l'infid&#233;lit&#233; sont sexuelles ? Je crois que la fid&#233;lit&#233; ne doit pas &#234;tre forc&#233;ment sexuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lorsque vous aurez des enfants, souhaiterez-vous les &#233;lever en France ou en Croatie ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ce sera selon notre situation du moment, parce que nous envisageons peut-&#234;tre la possibilit&#233; d'aller vivre en Croatie. Si nous restons en France, ils seront &#233;lev&#233;s ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous les autres femmes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand je vois les souffrances des femmes &#224; la t&#233;l&#233;, j'y suis plus sensible que quand je vois un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les &quot;self made women&quot; ne vous font-elles pas peur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, elles ne me font pas peur du tout. Je sais que les hommes en ont peut-&#234;tre un peu peur, qu'ils les associent imm&#233;diatement aux f&#233;ministes. Les femmes ne sont pas encore totalement &#233;gales aux hommes, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'elles doivent s'exprimer d'une mani&#232;re un peu plus extr&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des amies avec lesquelles vous ressentez le besoin de vous retrouver pour parler de sujets f&#233;minins ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je n'en ai pas vraiment besoin, mais c'est vrai que j'aime bien parler de f&#233;minit&#233; avec les femmes, car je ne peux pas en parler avec les hommes, qui ne sont pas int&#233;ress&#233;s par ce sujet. Mais j'aime bien aussi discuter avec les hommes. Je crois que l'amiti&#233; ne peut exister sans certaines confidences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous comparer une amiti&#233; forte entre deux femmes et une amiti&#233; forte entre deux hommes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a certainement des diff&#233;rences, mais je pense que la base de l'amiti&#233; est toujours pareille entre les &#234;tres humains. La diff&#233;rence est peut-&#234;tre dans le degr&#233; de la confidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui, dans l'&#233;ducation que vous ont donn&#233;e vos parents, vous a le plus rendu service et que vous tenez &#224; transmettre &#224; votre tour ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes parents &#233;taient assez lib&#233;raux... Ils m'ont toujours laiss&#233; la possibilit&#233; de choisir, ils n'ont jamais tent&#233; de me faire faire quelque chose que je ne voulais pas, par rapport &#224; l'&#233;cole, &#224; la langue que je voulais apprendre, au sport, au choix de mes ami(e)s, etc. J'ai toujours eu le choix, donc je pense que c'est cette valeur que je vais essayer de transmettre &#224; mes enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents ont-ils facilement accept&#233; que vous partiez vivre en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils l'ont accept&#233; en me disant : &quot;&lt;i&gt;Si tu aimes bien ton copain, s'il est bien, s'il est d'accord.&lt;/i&gt;&quot; (rires)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre vision par rapport &#224; ces femmes qui travaillent et qui &#233;l&#232;vent leurs enfants seules ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que c'est tr&#232;s difficile pour elles et qu'il faudrait une loi pour changer les choses. En cas de divorce, le tribunal donne toujours la garde des enfants &#224; la m&#232;re plut&#244;t qu'au p&#232;re, surtout si les enfants sont petits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que le p&#232;re puisse prendre en charge l'&#233;ducation de l'enfant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des personnes, de l'&#226;ge de l'enfant (parce que s'il est plus grand, on peut lui demander ce qu'il veut), de la situation des parents, de la situation professionnelle, etc. &#199;a d&#233;pend donc de plusieurs &#233;l&#233;ments, mais je ne pense pas que ce soit forc&#233;ment n&#233;cessaire que l'enfant reste avec la m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous qu'une femme peut diriger un pays ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Les exemples qu'on a eu &#233;taient tous tr&#232;s bons, comme celui de Margaret Thatcher (rires). Je n'acceptais pas sa politique, je ne sais pas si c'&#233;tait d&#233;mocratique, mais si on la compare aux hommes, on voit qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait...
En Croatie, au cours des &#233;lections pr&#233;sidentielles, une femme s'est port&#233;e candidate. Il me semble que politiquement, la France est un pays traditionaliste. Par exemple, je sais que les femmes ont eu le droit de voter dans les ann&#233;es cinquante. Dans les ex-pays communistes, les femmes avaient les m&#234;mes droits que les hommes ; elles ont eu le droit de vote bien avant les Fran&#231;aises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans les anciens pays communistes, y avait-il r&#233;ellement une &#233;galit&#233; entre l'homme et la femme &#224; la maison ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les femmes pouvaient avoir n'importe quel travail, mais je sais qu'&#224; la maison, il n'y avait pas vraiment d'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. Je pense m&#234;me qu'apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, on est retourn&#233; un petit peu en arri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Le trafic des femmes en vue de la prostitution &#233;tait particuli&#232;rement important en temps de guerre dans les zones g&#233;ographiques concern&#233;es. Qu'en savez-vous ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans la r&#233;gion o&#249; j'habitais, il n'y avait pas de guerre, donc personne dans ma famille n'a &#233;t&#233; tu&#233;. Les prostitu&#233;es viennent des pays de l'Est, ce sont des pays tr&#232;s pauvres... Je pense &#224; la Roumanie surtout, et &#224; la Bulgarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Souhaiteriez-vous ajouter quelque chose ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a encore des choses &#224; combattre en Occident. Ce qu'il faut changer maintenant, c'est la mentalit&#233; des hommes, mais aussi celle des femmes. Dans le reste du monde, m&#234;me si les lois ont chang&#233;, les femmes n'ont pas partout le droit de voter. Je pense que &#231;a va changer lentement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Xavier Gostanian, mars 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Une femme qui sait se g&#233;rer</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdelhafid Siad</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Conjugalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>

		<description>Koinai : Pouvez-vous vous pr&#233;senter ? Je m'appelle Rugo, je suis d'origine antillaise, je travaille &#224; l'ANPE et je suis m&#232;re d'un enfant de cinq ans. K : Pour vous, c'est quoi &#234;tre une femme ? &#202;tre une m&#232;re, travailler, s'occuper de plusieurs t&#226;ches &#224; la fois et en peu de temps. K : Qu'est-ce qui fait de vous une femme ? La maternit&#233;, et le fait d'&#234;tre s&#251;re de soi. K : Comment vivez-vous ce sentiment ? Par rapport &#224; un homme, la femme a toujours besoin de se justifier, de prouver, de montrer, de (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/conjugalite" rel="tag"&gt;Conjugalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Koinai : Pouvez-vous vous pr&#233;senter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je m'appelle Rugo, je suis d'origine antillaise, je travaille &#224; l'ANPE et je suis m&#232;re d'un enfant de cinq ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour vous, c'est quoi &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#202;tre une m&#232;re, travailler, s'occuper de plusieurs t&#226;ches &#224; la fois et en peu de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui fait de vous une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La maternit&#233;, et le fait d'&#234;tre s&#251;re de soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vivez-vous ce sentiment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par rapport &#224; un homme, la femme a toujours besoin de se justifier, de prouver, de montrer, de s'expliquer plus, dans le travail, comme &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A quoi aspirez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aspire &#224; &#234;tre une bonne maman et une bonne &#233;pouse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qu'une bonne &#233;pouse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une bonne &#233;pouse doit privil&#233;gier le relationnel et &#234;tre pr&#233;sente dans les moments difficiles et les moins bons. Si, en plus, elle a la chance d'avoir un bon mari, il faut qu'elle ait confiance en lui, de sorte que chacun puisse se serrer les coudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C 'est quoi, pour vous, la femme id&#233;ale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une femme &#233;panouie, qui sait conjuguer vie familiale, vie professionnelle et vie sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la r&#233;f&#233;rence pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma grand-m&#232;re. Une personne honn&#234;te, franche, qui a l'amour et le respect de l'autre. Elle m'a &#233;lev&#233;e dans la tradition antillaise, n'a jamais fait de diff&#233;rences entre les membres de sa famille, et a toujours su trouver des solutions justes et &#233;quitables pour chacun, sans l&#233;ser personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous fait peur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Toutes ces horreurs qu'on entend dans les m&#233;dias, c'est vraiment affreux. Quand je pense &#224; toutes ces d&#233;gradations que subit l'environnement et tout ce qui se passe actuellement dans le monde, j'ai peur pour mon fils qui a cinq ans et pour tous les enfants de son &#226;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel regard portez-vous sur les autres femmes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des femmes. Il y en a pour qui j'ai de l'admiration. Particuli&#232;rement celles qui se portent bien et qui se d&#233;brouillent. Certaines, par contre, n'agissent pas correctement et portent pr&#233;judice aux autres. A mon avis, il faudrait qu'elles r&#233;fl&#233;chissent avant d'agir, pour que cela ne nous porte pas pr&#233;judice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous l'&#233;gale de l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, dans tous les domaines, la femme, pour &#234;tre reconnue, est oblig&#233;e de faire plus. On a tendance &#224; faire plus attention &#224; ce qui est dit par un homme que par une femme. Il faut que la femme s'impose plus. Elle a certainement &#233;volu&#233;, mais pas beaucoup. Il reste &#233;norm&#233;ment de choses &#224; faire car les femmes ne sont pas r&#233;ellement consid&#233;r&#233;es sur tous les plans. Par exemple, dans l'emploi, l'employeur pr&#233;f&#232;re plut&#244;t embaucher un homme. Il pense qu'une femme s'absente plus. Il y a &#233;galement des diff&#233;rences de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'attendez-vous de la vie en couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La compl&#233;mentarit&#233;, le soutien, l'appui de l'un et de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La vie en couple n'influe-t-elle pas sur vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r, positivement. Il faut savoir tout transformer en positif, si le couple arrive &#224; s'entendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous vivre ind&#233;pendamment de votre culture ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, pas du tout. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e dans ma culture, je ne peux pas en faire abstraction.
Chez nous, aux Antilles, nous avons beaucoup de coutumes et de traditions dont nous ne pouvons pas nous passer. Nous ne pouvons pas vivre sans elles. Car elles font partie de nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;finir l'&#233;mancipation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une femme &#233;mancip&#233;e, c'est celle qui peut se g&#233;rer. Elle veut faire sa vie comme elle l'entend, aussi bien pour elle que pour ses enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Abdelhafid Siad, f&#233;vrier 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une femme qui aide les femmes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Xavier Gostanian</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Conjugalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;r&#233;nit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>Ex-conseill&#232;re conjugale, Marie-Jo est aujourd'hui dipl&#244;m&#233;e en psychologie. Elle cumule un poste au service d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique aupr&#232;s de Drogues Info Service, o&#249; elle renseigne autant les personnes toxicomanes et leur entourage que des individus en qu&#234;te d'informations. Marie-Jo travaille aussi au sein d'une &quot;maison ouverte&quot; cr&#233;&#233;e par F. Dolto, un lieu d'accueil parents-enfants. Par ailleurs, elle exerce dans son propre cabinet. D'emplois en formations, elle est parvenue, gr&#226;ce &#224; son dynamisme, &#224; (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/serenite" rel="tag"&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ex-conseill&#232;re conjugale, Marie-Jo est aujourd'hui dipl&#244;m&#233;e en psychologie. Elle cumule un poste au service d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique aupr&#232;s de Drogues Info Service, o&#249; elle renseigne autant les personnes toxicomanes et leur entourage que des individus en qu&#234;te d'informations. Marie-Jo travaille aussi au sein d'une &quot;maison ouverte&quot; cr&#233;&#233;e par F. Dolto, un lieu d'accueil parents-enfants. Par ailleurs, elle exerce dans son propre cabinet. D'emplois en formations, elle est parvenue, gr&#226;ce &#224; son dynamisme, &#224; trouver sa voie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Koinai : Votre travail vous pla&#238;t-il ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. J'ai mis du temps &#224; exercer puisque lorsque je suis arriv&#233;e &#224; Marseille, j'avais &#224; peine 18 ans. J'ai fait des &#233;tudes de lettres, jusqu'au DEUG. Je n'&#233;tais pas vraiment passionn&#233;e... Puis, j'ai trouv&#233; du travail en tant qu'&#233;ducatrice, alors je suis partie dans les Alpes Maritimes, o&#249; j'ai exerc&#233; ce m&#233;tier pendant trois ou quatre ans. Quand cela ne m'a plus convenu, j'ai repris des &#233;tudes de conseill&#232;re conjugale. C'&#233;tait pas satisfaisant non plus, donc parall&#232;lement, j'ai trouv&#233; du travail &#224; la Caisse d'Allocations Familiales o&#249; j'&#233;tais dans un service social : je m'occupais d'aides financi&#232;res accord&#233;es aux familles. Peu enthousiasm&#233;e, j'ai pris la d&#233;cision de recommencer des &#233;tudes longues pour suivre un cursus de psychologie. Aujourd'hui, je ne regrette pas ce choix, le travail me pla&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Qu'est-ce qui vous a d&#233;rang&#233; dans l'exercice du m&#233;tier de conseill&#232;re conjugale ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tr&#232;s cibl&#233;... Il faut savoir qu'on a cr&#233;&#233; ce dipl&#244;me pour r&#233;pondre &#224; une demande suite &#224; la loi de 1975 concernant l'IVG. Toute femme pouvait alors demander &#224; se faire avorter &#224; condition qu'elle ait un entretien pr&#233;alable avec une assistance sociale. On s'est vite aper&#231;u que les assistantes sociales &#233;taient parfois sur un versant peut-&#234;tre &#233;ducatif, o&#249; le jugement &#233;tait... Enfin bref. L'&#233;coute &#233;tait-elle bonne ? La question s'est pos&#233;e et on a cr&#233;&#233; cette formation. Celle-ci &#233;tait essentiellement ax&#233;e sur l'IVG et les entretiens la concernant. Bien qu'int&#233;ressante, cette approche, bas&#233;e sur les techniques d'entretien, me semblait quand m&#234;me trop superficielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Qu'en est-il aujourd'hui de l'IVG ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que le probl&#232;me est de plus en plus difficile &#224; r&#233;soudre pour ces femmes. Par exemple, je lisais derni&#232;rement que certaines continuent d'aller en Angleterre et d'autres en Belgique. La pression persiste donc dans les cliniques, et l'IVG n'est pas acquise... C'est m&#234;me redevenu compliqu&#233;, on a recul&#233; sur ce point l&#224;, et dr&#244;lement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Avez-vous eu l'occasion de rencontrer directement des personnes qui se trouvent dans cette situation ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Plus depuis tr&#232;s longtemps. Mais autrefois, lors de stages, j'ai suivi des femmes qui venaient pour une demande d'IVG. Je les accompagnais pendant l'IVG, ce qui &#233;tait douloureux pour moi aussi. Je crois que je vivais cette intervention comme un d&#233;chirement. C'&#233;tait pas le cas pour toutes, mais bien souvent, elles ne le vivaient pas si bien que &#231;a, m&#234;me si c'&#233;tait leur choix, m&#234;me si elles avaient r&#233;fl&#233;chi &#224; la question. J'en ai rencontr&#233;es qui, apr&#232;s, revenaient pour parler de ce qui s'&#233;tait pass&#233; et comment elles vivaient cette &#233;preuve. Professionnellement, cette p&#233;riode m'a &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Croyez-vous qu'une femme sans emploi puisse &#234;tre heureuse ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il me semble que je ne resterais pas sans travail, j'ai besoin d'une activit&#233; quelle qu'elle soit, manuelle ou intellectuelle. Ne pas avoir d'activit&#233; n'est pas un souci, mais ne pas avoir de travail c'est aussi ne pas avoir d'argent et &#231;a, ce n'est pas envisageable &#224; long terme, &#231;a sous-entend de d&#233;pendre de quelqu'un, et ce n'est possible que de fa&#231;on transitoire... &#199;a m'est arriv&#233;, de faire le choix de quitter un travail mais j'en ai toujours discut&#233;, au pr&#233;alable, avec mon mari. C'&#233;tait donc un accord pour tous les deux et pour un certain temps, pendant lequel je restais sans travail, &quot;sans argent&quot;. Au niveau financier c'est assez facile, &#224; vrai dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : &#202;tes-vous mari&#233;e depuis longtemps ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On vit ensemble depuis dix-huit ans. On s'est mari&#233; il y a douze ans. Dans l'ensemble, &#231;a se passe bien, je dirais m&#234;me de mieux en mieux. Il m'a fait d&#233;couvrir sa vie. Je me sentais compl&#232;tement &#224; l'&#233;tranger, avec lui. En plus, sa langue maternelle n'&#233;tait pas le fran&#231;ais, mais le flamand. Et il a refus&#233; d'apprendre le fran&#231;ais...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quel probl&#232;me &#231;a a engendr&#233; dans votre vie quotidienne ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand mon mari est arriv&#233; &#224; Marseille, il ne comprenait pas notre fa&#231;on de vivre. C'est quelqu'un qui se met facilement en col&#232;re. Il &#233;tait compl&#232;tement d&#233;sempar&#233; parce qu'il ne trouvait pas les mots, donc il partait comme &#231;a dans des tirades en flamand, ce qui provoquait des r&#233;actions d'agressivit&#233; de ma part. Comment &#234;tre en face de quelqu'un qu'on ne comprend pas ? C'est pas facile. Pour lui, c'&#233;tait pareil, car il se sentait dans un monde hostile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Sur le plan des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, comment s'est organis&#233;e la r&#233;partition ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On n'a pas eu besoin d'en parler, c'est quelque chose qui s'est pass&#233; naturellement. Je dirais qu'il y a toujours eu un partage dans la mesure o&#249; mon mari est quelqu'un qui aime cuisiner. Il passe volontiers la serpilli&#232;re, c'est toujours lui qui le fait, les vitres aussi. Moi, je fais la poussi&#232;re, la lessive. &#199;a va, je ne souffre pas, m&#234;me s'il rousp&#232;te. Finalement, les choses du quotidien se font sans difficult&#233;, sans que l'un ou l'autre se sente l&#233;s&#233; ; par exemple, g&#233;n&#233;ralement le matin, je ne travaille pas tr&#232;s t&#244;t, donc c'est moi qui vais faire la vaisselle de la veille ou pr&#233;parer un petit truc &#224; manger le week-end. C'est toujours lui qui va mijoter des plats pour deux ou trois jours, &#231;a s'organise comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : On peut en conclure que vous avez la m&#234;me approche de la r&#233;partition des r&#244;les dans le couple ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#231;a a &#233;t&#233; tr&#232;s facile mais d'ailleurs je dirais qu'avant lui, j'ai connu d'autres hommes, mais ce n'&#233;tait pas vraiment une vie de couple au quotidien. Les deux que j'ai rencontr&#233;s pr&#233;c&#233;demment concevaient le partage des t&#226;ches de la m&#234;me fa&#231;on, alors je me suis dit que le choix ne se fait pas par hasard. Peut-&#234;tre que ce type d'homme m'a attir&#233;e, &#231;a n'a jamais &#233;t&#233; des machos quoiqu'il y a un tas de gens qui sont machos et qui mettent la main &#224; la p&#226;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Vos parents se r&#233;partissaient-ils aussi les t&#226;ches ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon p&#232;re est quelqu'un qui a fait beaucoup de choses. J'ai perdu ma m&#232;re quand j'avais dix ans, elle a &#233;t&#233; malade pendant quelques ann&#233;es auparavant. Peut-&#234;tre que mon p&#232;re a fait plus que ce qu'il aurait fait en temps normal, mais je l'ai toujours vu passer la serpilli&#232;re, faire &#224; manger et beaucoup de choses dans la maison, sans difficult&#233;. Par contre, chez les paysans, ce n'est pas les grands-p&#232;res qui auraient mis la main &#224; la p&#226;te pour faire la vaisselle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Avez-vous le sentiment que tout est aussi harmonieux dans les autres couples ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, certainement pas. En tout cas, c'est ce dont souffrent beaucoup de femmes. Elles ont l'impression d'assumer beaucoup de t&#226;ches, beaucoup de responsabilit&#233;s, d'avoir un homme qui rentre fatigu&#233; par sa journ&#233;e de travail. J'entends beaucoup d'hommes dire qu'ils aimeraient bien faire quelque chose, mais leurs femmes ne leur demandent que de l'aide. Ils ne veulent pas aider, ils veulent faire quelque chose ; ils ne veulent pas simplement &#234;tre collaborateur de temps en temps ; ils disent que les femmes ne les laissent pas libres de faire ce qu'ils veulent comme ils veulent. J'ai l'impression que les uns et les autres n'arrivent pas &#224; trouver d'entente. Peut-&#234;tre que les femmes trouvent une certaine satisfaction &#224; savoir comment faire les choses et elles voudraient imposer aux hommes leur fa&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : S'agit-il de transmission de culture ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;es comme &#231;a, consciemment ou inconsciemment, et souhaitent transmettre cet h&#233;ritage culturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Pourrait-il y avoir une reproduction du sch&#233;ma familial ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Peut-&#234;tre, mais je crois que &#231;a travaille : &#224; force d'en discuter ou d'imposer ce qu'elles veulent vraiment, les choses bougent. Je ne parle pas de mes patients, mais seulement de moi. Ma grand-m&#232;re &#233;tait une femme de maison, donc elle avait sa place, il ne fallait pas la d&#233;loger : pour nettoyer la table, il fallait passer l'&#233;ponge et le chiffon sec. Pour balayer, il fallait commencer d'un c&#244;t&#233;, pas de l'autre. Bref, elle m'a appris &#224; faire le m&#233;nage &#224; sa fa&#231;on, comme une r&#233;p&#233;tition. Et je l'applique chez moi. Il a fallu du temps pour que j'accepte que mon mari n'ait pas la m&#234;me fa&#231;on de faire. Il y a eu quelques disputes. Il est bien entendu que moi, je savais mieux que lui (rires). Mais c'est moi qui ai l&#226;ch&#233;. Je pense que les femmes ont leur part de responsabilit&#233;. Aux hommes de lutter aussi (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Le bonheur passe-t-il par le couple ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas. Je rencontre peu de gens vraiment heureux. G&#233;n&#233;ralement, quand ils viennent, c'est qu'ils vont mal. Souvent le fait de ne pas avoir de conjoint est v&#233;cu comme quelque chose de douloureux. C'est la solitude, c'est pas le bonheur. Les gens seuls, qui sont heureux, appartiennent g&#233;n&#233;ralement &#224; un couple : m&#234;me s'ils ne vivent pas ensemble dans un m&#234;me appartement, sentimentalement, affectivement, ils ont quelqu'un de proche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quel probl&#232;me revient r&#233;guli&#232;rement chez les personnes qui vous consultent ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est sans doute l'incompr&#233;hension, la solitude. Que ce soit pour les hommes et les femmes, c'est ce m&#234;me sentiment qui les met en &#233;tat de d&#233;tresse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Une femme peut-elle &#234;tre heureuse sans enfant ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, j'allais dire que cette &#233;tape compte. C'est mon cas, c'est notre cas, puisqu'on avait d&#233;cid&#233; d'avoir un enfant et qu'on n'a pas pu. Je n'ai jamais v&#233;cu cette impossibilit&#233; comme quelque chose d'important. Pas de d&#233;sespoir donc, mais une grande r&#233;flexion. J'avais un d&#233;sir tr&#232;s fort d'en avoir un et, en m&#234;me temps, je n'ai pas senti que ma vie s'arr&#234;terait si je n'avais pas d'enfant. Aujourd'hui, apr&#232;s en avoir longuement discut&#233;, on a fait le choix de ne pas adopter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Que pensez-vous de la femme dans la vie publique ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je crois qu'on v&#233;rifie sans cesse que les hommes ont quand m&#234;me des places plus importantes dans la soci&#233;t&#233; et ce que je constate aussi, c'est qu'il est plus facile pour un homme de trouver du travail, notamment dans le domaine de la psychologie. On recherche plus des hommes, alors peut-&#234;tre qu'il y en a moins sur le march&#233;, je ne sais pas (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Comment ce favoritisme des employeurs pour une cat&#233;gorie sexuelle peut-il s'expliquer ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un exemple tr&#232;s simple. Dans la maison ouverte o&#249; je travaille, on est trois par &#233;quipe : deux femmes et un homme. Parce que les femmes postulent plus. On attend les hommes, en vain ! Du coup, pour respecter les quotas, ils sont privil&#233;gi&#233;s, &#224; l'embauche. Maintenant, ailleurs, je ne sais pas quels sont les arguments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelle est la place de l'amiti&#233; dans l'&#233;panouissement d'une femme ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Des &#233;tudes sociologiques montrent que les hommes ont plus de plaisir &#224; se retrouver en grand comit&#233;, alors que les femmes pr&#233;f&#232;rent les petits groupes dans le cadre de leurs relations amicales entre femmes, o&#249; elles peuvent se faire des confidences. Croyez-vous que l'amiti&#233; entre femmes soit essentiellement bas&#233;e sur les confidences ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je ne crois pas. &#199;a fait partie d'une relation amicale profonde de pouvoir, &#224; un moment donn&#233;, se confier &#224; quelqu'un parce qu'on ne dit pas les m&#234;mes choses &#224; une amie qu'&#224; la personne avec qui on vit. Et puis j'ai l'impression aussi que &#231;a peut &#234;tre, quand il s'agit d'une amiti&#233;, &#231;a peut-&#234;tre un moment o&#249; on va se l&#226;cher. Mais si c'est bas&#233; que sur la possibilit&#233; de faire des confidences, &#231;a va pas tr&#232;s loin. Je ne sais pas, des go&#251;ts communs, des envies de partager des spectacles, des id&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : L'amiti&#233; est-elle possible entre un homme et une femme ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est possible. C'est toujours dangereux au d&#233;part. Il n'est pas certain que l'autre ait les m&#234;mes attentes. J'ai v&#233;cu &#231;a, une grande amiti&#233; que je prenais pour une amiti&#233; r&#233;ciproque. Je me suis aper&#231;ue que cet homme, finalement, &#233;tait amoureux de moi. Il a donc fallu mettre un peu de distance pour, &#224; nouveau, pouvoir &#234;tre amis. Aujourd'hui, on est v&#233;ritablement amis, les choses sont claires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelle serait la femme id&#233;ale pour vous, celle que vous aimeriez pour amie ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est impossible, parce qu'il m'en vient des tas. Une femme id&#233;ale... ma grand-m&#232;re ; je n'aurais pas voulu qu'elle soit autrement. Mais je ne voudrais pas &#234;tre cette femme-l&#224;, je ne suis pas passionn&#233;e par le m&#233;nage, la lessive et les enfants &#224; ce point. Elle a consacr&#233; sa vie &#224; &#231;a, c'est pas le m&#234;me objectif. Mais en tant que petite fille, oui, c'&#233;tait la femme id&#233;ale. Cela dit, des tas d'autres femmes m'ont impressionn&#233;e, fait r&#234;ver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : J'ai retrouv&#233; des proverbes. Je serais curieux de voir ce que vous en pensez ? &quot;Ce que femme veut, Dieu le veut&quot;. &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est quand on prend la femme pour une hyst&#233;rique !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : &quot;Bats ta femme tous les matins. Si toi tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait&quot;. &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Mais moi d'habitude, je dis l'inverse : &quot;&lt;i&gt;Bats ton mari&lt;/i&gt;&quot;. Voil&#224; (rires) ! Mais je fais une parenth&#232;se. Il existe des hommes battus, c'est peut-&#234;tre encore plus dur pour eux d'en parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Professionnellement, avez-vous rencontr&#233; ce genre de situation ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une fois, oui, mais ce n'&#233;tait ni l'homme ni la femme qui appelait, c'&#233;tait un enfant battu, de douze ans. Cet entretien t&#233;l&#233;phonique, c'&#233;tait terrible pour l'enfant. Je pense que c'&#233;tait difficile d'avoir, face &#224; lui, ce p&#232;re maltrait&#233; et cette m&#232;re toute puissante. Oui, &#231;a arrive. C'est parfois beaucoup plus traumatisant pour un enfant, de d&#233;noncer sa m&#232;re que d'avoir &#224; subir ce qu'il subit. Souvent on n'imagine pas que les femmes puissent avoir une telle violence, mais les femmes sont aussi agressives, mais c'est plus rare que ce soit elles qui frappent. En tout cas, ce type de conversation est terrible psychologiquement. Le soir, je suis rentr&#233;e fatigu&#233;e... effondr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : &quot;Si les hommes savaient ce que pensent les femmes, ils oseraient deux fois plus&quot;. &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a m'&#233;voque la sexualit&#233;. Je ne crois pas que &#231;a marcherait aussi bien que &#231;a...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : &quot;C'est la femme qui fait l'homme&quot;. &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est m&#233;prisant pour l'homme, de la m&#234;me fa&#231;on qu'on a pu dire qu'une femme n'&#233;tait que la femme de son mari. Dire &quot;&lt;i&gt;C'est la femme qui fait l'homme&lt;/i&gt;&quot; n'est pas acceptable. Peut-&#234;tre qu'on peut dire alors, c'est la m&#232;re qui &#233;l&#232;ve son enfant, qui va faire en sorte qu'il devienne ce qu'il est, et encore, c'est oublier la part de l'enfant lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : &quot;Derri&#232;re tout homme qui r&#233;ussit, il y a une femme&quot;. &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi &#231;a m'&#233;voque une image. J'ai vu un documentaire il y a quelques mois, c'&#233;tait sur de Gaulle. Il &#233;tait interview&#233; chez lui, pr&#232;s du feu, et il y avait sa femme &#224; c&#244;t&#233; de lui en train de tricoter. Je me dis aujourd'hui que c'est impensable de filmer Chirac avec Bernadette &#224; c&#244;t&#233; en train de faire &#231;a. &#199;a ferait une image compl&#232;tement n&#233;gative, alors qu'&#224; l'&#233;poque &#231;a devait rassurer. Madame de Gaulle &#233;tait une femme au foyer qui tricotait pr&#232;s du feu, et dans l'ombre de son mari, bien &#233;videmment !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Vous est-il arriv&#233; de recevoir des femmes atteintes de graves maladies ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Je pensais &#224; une femme invalide, qui me disait qu'elle &#233;tait en souffrance, &#224; cause du fait de ne pouvoir rencontrer d'homme, et surtout, de ne pas oser avoir des relations sexuelles parce qu'elle &#233;tait abim&#233;e physiquement. Mais il y a aussi le fait d'entendre des femmes se plaindre de leur physique. C'est aussi un truc que je ne supporte pas. Une femme ne peut pas se permettre d'avoir des bourrelets, mais elle peut encore &#234;tre attir&#233;e par un homme bedonnant... Mince, &#224; la fin (rires) ! Les femmes, par rapport au vieillissement de leur physique, sont g&#234;n&#233;es &#224; cause de l'image de la beaut&#233; qu'on peut voir partout. Je ne sais pas si on peut leur dire &quot;&lt;i&gt;Trouvez-vous belles, sans regarder ces images de magazines.&lt;/i&gt;&quot; Pour elles, la beaut&#233; c'est &#231;a, l'absence de cellulite, de bourrelets. La beaut&#233; se d&#233;gage d'une autre fa&#231;on, et j'ai l'impression que c'est ce qu'elles voient dans les hommes. Tr&#232;s bien, mais pourquoi ne pas remarquer qu'il se d&#233;gage aussi quelque chose de la femme ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Avez-vous envie d'ajouter quelque chose sur les femmes ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais que ce qui m'attriste, par exemple, c'est un t&#233;moignage que j'ai eu au t&#233;l&#233;phone, d'un jeune homme qui jugeait une femme avant le mariage, sur le fait qu'elle n'&#233;tait peut-&#234;tre pas vierge. Oui, &#231;a m'attriste beaucoup. Alors j'en discutais et on m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Mais n'oublie pas qu'en France, avant, c'&#233;tait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose. Une femme qui n'&#233;tait pas vierge quand elle arrivait au mariage, c'&#233;tait une fille de rien, une tra&#238;n&#233;e, ce n'&#233;tait pas une femme bien.&lt;/i&gt;&quot; Sauf qu'il me semble qu'avant, il y avait des femmes bien et aujourd'hui, il y en a qui sont entre deux, qui ont &#233;t&#233; abus&#233;es et cela me r&#233;volte parce qu'elles ne sont pas assez fortes. La femme, c'est une multitude d'&#234;tres tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Xavier Gostanian, f&#233;vrier 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une femme en chant&#233;e</title>
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		<dc:creator>Salima Tallas</dc:creator>


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		<description>On en aura fait couler, de l'encre, nous les femmes. Celles-l&#224; m&#234;me qui ont fait chavirer des c&#339;urs, fait couler des larmes, crier de bonheur, hurler de joie. En fait, nous sommes au centre du monde, et utiles &#224; l'homme bien plus qu'il ne l'admet ! Pr&#233;tentieuse, direz-vous ! Eh bien, non ! Pour preuve : combien d'hommes, ivres d'amour, ont couch&#233; sur leur cahier, &#224; d&#233;faut de la coucher elle, des paroles inspir&#233;es par une belle ? Combien ont cri&#233; leurs noms en musique ? F&#233;licie, Madeleine, C&#233;line, (...)

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On en aura fait couler, de l'encre, nous les femmes. Celles-l&#224; m&#234;me qui ont fait chavirer des c&#339;urs, fait couler des larmes, crier de bonheur, hurler de joie. En fait, nous sommes au centre du monde, et utiles &#224; l'homme bien plus qu'il ne l'admet !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;tentieuse, direz-vous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, non ! Pour preuve : combien d'hommes, ivres d'amour, ont couch&#233; sur leur cahier, &#224; d&#233;faut de la coucher elle, des paroles inspir&#233;es par une belle ? Combien ont cri&#233; leurs noms en musique ? F&#233;licie, Madeleine, C&#233;line, Gabrielle, Aline, Gaby, A&#239;cha et toutes les autres...
Combien, &#233;moustill&#233;s par leurs aventures, leurs m&#233;saventures, malades, bris&#233;s, d&#233;&#231;us, &#233;crivent leur histoire. Certains, avec beaucoup d'amertume, d'autres, avec des mots parfois tr&#232;s forts. Ainsi, ils d&#233;clarent leurs flammes ou leurs griefs &#224; ces femmes, aim&#233;es, d&#233;test&#233;es, adul&#233;es, convoit&#233;es, d&#233;sir&#233;es ou m&#234;me critiqu&#233;es. Certaines oseront m&#234;me, au travers de leurs chansons, exprimer les sentiments qu'&#233;prouvent deux femmes entre elles et parler ainsi du sujet tabou qu'est l'homosexualit&#233;, pour une fois sans la condamner. Ainsi, naissent des succ&#232;s de la chanson fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tino Rossi aime les femmes et il ne s'en cache pas. Alors que les uns aiment les fleurs, d'autres le soleil, lui, r&#234;ve d'elles, nuit et jour. Qu'elles soient brunes ou blondes : &lt;strong&gt;J'aime les femmes, c'est ma folie. En elles, tout est merveilleux et je voudrais donner ma vie pour un regard de leurs beaux yeux...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jacques Brel la supplie de ne pas le quitter. Malgr&#233; les malentendus, il faut oublier. Il lui promet monts et merveilles, allant jusqu'&#224; l'impossible afin de la garder pr&#232;s de lui. Il implore : &lt;strong&gt;Ne me quitte pas, je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler. Je me cacherai l&#224;, &#224; te regarder danser et sourire, et &#224; t'&#233;couter chanter et puis rire. Laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Charles Aznavour lui offre sa derni&#232;re seconde et quitte le monde sans regret. Angoisse du pire, peur du lendemain, mais de toutes mani&#232;res, mourir pour mourir, il d&#233;clame : &lt;strong&gt;A&#239;e, mourir pour toi, prendre le meilleur de nous-m&#234;me dans le souffle de ton je t'aime et m'endormir avec mes joies. Mourir pour toi...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Claude Fran&#231;ois se souvient que son p&#232;re l'avait averti. Qu'il fallait s'en m&#233;fier, qu'elles le rendraient fou de joie, de douleur, mais plus fou de jour en jour. Malgr&#233; tout, en les c&#244;toyant, il finira par trouver son bonheur puisque : &lt;strong&gt;Elles sont toutes belles, belles, belles comme le jour. Belles, belles, belles comme l'amour...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Johnny ne se reconna&#238;t plus. Il n'est plus qu'une ombre sans lumi&#232;re. Il y avait pourtant en lui une part de tendresse, d'amour. Autre chose que la haine et un c&#339;ur de pierre, mort pour un &quot;je t'aime&quot;, il lui susurre : &lt;strong&gt;Mais il y avait tes yeux, il y avait ton corps et je me noyais en toi jusqu'&#224; tomber mort, au champ d'amour dans tes bras. Mais il y avait tes reins, il y avait tes seins et il y avait ma folie. Je n'avais plus rien &#224; perdre que ma vie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Joe Dassin se pose la question existentielle de savoir s'il existerait, si elle n'existait pas. Il ne serait rien qu'un point de plus. Il ferait semblant d'&#234;tre, tra&#238;nerait sans espoir, sans regret et de toutes fa&#231;ons. Il lui avoue : &lt;strong&gt;Si tu n'existais pas, je crois que je l'aurais trouv&#233;, le secret de la vie, le pourquoi. Simplement pour te cr&#233;er et pour te regarder...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Serge Gainsbourg se console de ses amours bris&#233;es dans les WC, o&#249; il s'est fait faire trois millions de jocondes sur papier cul. Il joue la provocation : &lt;strong&gt;C'est ainsi que je me venge de toutes les nanas qui m'ont bais&#233; avec leur sourire de Mona Lisa...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Serge Lama apprend, gr&#226;ce aux p'tites femmes de Pigalle, les d&#233;lices de l'amour. Apr&#232;s avoir trouv&#233; un voyou dans son lit conjugal, il a perdu la femme de sa vie mais il s'en fout pas mal puisqu'il est cocu mais content. Gr&#226;ce &#224; lui, il sourit : &lt;strong&gt;Je m'en vais voir les p'tites femmes de Pigalle, tous les maqu'reaux du coin me rincent la dalle. J'm'aper&#231;ois qu'en amour, j'n'valais pas un sou mais gr&#226;ce &#224; leurs p'tits cours, je vais apprendre tout...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Francis Cabrel, sur un ton po&#233;tique, la conjugue au pass&#233;, pr&#233;sent et futur. Elle reste son unique projet, dans cette vie et celle d'apr&#232;s. L&#224; o&#249; elle regarde, il y a de l'amour et il admet : &lt;strong&gt;M&#234;me le ciel pr&#233;tend qu'il te conna&#238;t. Il est si beau, c'est s&#251;rement vrai. Lui qui ne s'approche jamais, je l'ai vu pris dans tes filets. Le monde a tellement de regrets, tellement de choses qu'on promet, une seule pour laquelle je suis fait, je t'aimais, je t'aime, je t'aimerai...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Patrick Juvet n'a de cesse de chercher les femmes, les vraies, car de plus en plus masculines, elles ne parlent plus d'amour, pr&#233;f&#232;rent les motos aux oiseaux, font des enfants par hasard. Il s'interroge : &lt;strong&gt;O&#249; sont les femmes ? Avec leurs gestes pleins de charme. Dites-moi o&#249; sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes, femmes. O&#249; sont les femmes ? Qui ont des rires pleins de larmes. Auraient-elles perdu leur flamme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Sardou &#233;voque celles qui ont l'amour dans le corps, qui sont heureuses de porter un enfant et qui ont la peur des hommes, la peur du ciel. Les femmes qui intriguent puisque : &lt;strong&gt;Voil&#233;es pour ne pas &#234;tre vues, cern&#233;es d'un silence absolu, vierges de pierre au corps de Diane, les femmes ont pour leur lassitude, des jardins clos de solitude, le long sanglot des musulmanes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Jacques Goldman parle de cette femme qui, dans ces ann&#233;es un peu folles o&#249; les papas n'&#233;taient plus &#224; la mode, a fait un b&#233;b&#233; toute seule. Bien qu'elle d&#233;fasse son lit toute seule, qu'elle courre toute la journ&#233;e, elle assume sa f&#233;minit&#233;. Mais il constate : &lt;strong&gt;Elle m't&#233;l&#233;phone quand elle est mal, quand elle peut pas dormir, j'l'emm&#232;ne au cin&#233;ma, j'lui fait des c&#226;lins, j'l'a fais rire, un peu comme un grand fr&#232;re, un peu incestueux quand elle veut. Puis son gamin, c'est presque le mien, sauf qu'il a les yeux bleus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Phil Barney garde de sa bien-aim&#233;e, Jason, l'enfant n&#233; au mois de F&#233;vrier. Apr&#232;s avoir quitt&#233; le studio, &#234;tre sorti dans le froid glacial, il apprend avec d&#233;sespoir le d&#233;c&#232;s de son amour. Il se souvient : &lt;strong&gt;Tout le monde &#233;tait tr&#232;s gentil avec moi, je ne comprenais pas que dans son coeur, y avait la vie et qu'dans le tien, il faisait froid...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#233;cano n'a pas l'audace de tousser quand elle les trouve dans le salon, bouche-&#224;-bouche. Elle ne veut pas les juger, ni m&#234;me leur jeter la premi&#232;re pierre car de celles-ci, elles construiraient leur forteresse. De toutes fa&#231;ons : &lt;strong&gt;Ce qu'ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire, qui arr&#234;te les colombes en plein vol, &#224; deux, ras du sol, une femme avec une femme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il va sans dire que ce n'est qu'un aper&#231;u des chansons qui me reviennent en t&#234;te et qui parlent des femmes. Les histoires d'amour ne finissent pas toujours bien. Chacun a sa fa&#231;on d'exprimer son d&#233;sespoir, son mal-&#234;tre. Les femmes marquent les ann&#233;es, les si&#232;cles et elles continueront d'&#234;tre les inspiratrices des paroliers. Il y aura toujours quelque chose &#224; dire &#224; notre sujet, en bien, en mal, peu importe...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Salima Tallas, mai 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une exp&#233;rience de la vie</title>
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		<dc:creator> Xavier Gostanian</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Un plaisir suppl&#233;mentaire&lt;/p&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Evelyne, 51 ans, est mari&#233;e depuis trente ans. Elle est grand-m&#232;re et travaille dans un Centre Interinstitutionnel de Bilans de Comp&#233;tences. D'une grande lucidit&#233;, elle nous dessine le portrait de sa vie de femme. Pour elle, aucune ne ressemble &#224; une autre...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Koinai : Pour vous, que repr&#233;sente la femme ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'avenir de l'homme, parce que c'est elle qui met les enfants au monde. Forc&#233;ment, elle a une projection dans le futur. D'ailleurs, les valeurs f&#233;minines sont en voie d'&#234;tre reconnues. J'esp&#232;re que &#231;a va continuer comme &#231;a. Notre soci&#233;t&#233; s'humanise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce pour vous &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, c'est &#234;tre moi-m&#234;me. C'est un choix, d'&#234;tre une femme, parce qu'&#224; priori, je me vis comme un &#234;tre humain. Quand j'ai un projet, pour l'atteindre, je ne r&#233;fl&#233;chis pas forc&#233;ment &#224; cette question. Etre femme, c'est la cerise sur le g&#226;teau ; c'est un plaisir suppl&#233;mentaire d'&#234;tre vivant et acteur de sa vie. C'est seulement apr&#232;s qu'on se rend compte qu'on est une femme. Etant une femme, on a des comportements dits f&#233;minins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous qu'il y ait entre les deux sexes des in&#233;galit&#233;s, et quelles sont-elles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a d'abord des diff&#233;rences. C'est la soci&#233;t&#233; qui transforme ces diff&#233;rences en in&#233;galit&#233;s. Mais maintenant, pour une femme, il y a des in&#233;galit&#233;s sociales. Des enqu&#234;tes r&#233;centes montrent qu'&#224; statut &#233;gal, dans la m&#234;me soci&#233;t&#233;, les femmes sont souvent moins pay&#233;es que les hommes. Alors quel sens on peut donner &#224; cela ? Je ne sais pas. Il y en a beaucoup s&#251;rement, mais c'est un fait. C'est la premi&#232;re in&#233;galit&#233;. La deuxi&#232;me in&#233;galit&#233;, c'est que quand une femme et un homme travaillent en couple, c'est encore la femme qui assume &#224; quatre vingt dix pour cent l'&#233;ducation des enfants, c'est aussi elle qui est concern&#233;e par les t&#226;ches quotidiennes du foyer. Je parle de notre soci&#233;t&#233;. Maintenant il y en a d'autres o&#249; les in&#233;galit&#233;s sont beaucoup plus criantes, beaucoup plus visibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de la femme dans la politique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il en faudrait davantage. Elles se projettent dans le futur, elles sont tr&#232;s organis&#233;es, ont un esprit pratique plus d&#233;velopp&#233; en g&#233;n&#233;ral que celui des hommes politiques. Elles n'ont pas les pens&#233;es forc&#233;ment obscurcies par l'ambition. Sur le plan psychologique, je trouve qu'une femme politique va poser des actions concr&#232;tes, changer les choses et am&#233;liorer la vie des citoyens. Les femmes ont une intelligence qui les porte &#224; ce type d'actions. On voit qu'en politique elles restent peu pr&#233;sentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel r&#244;le joue la femme dans la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles sont dans les m&#233;tiers du social, de l'&#233;ducation, de l'enseignement, de l'enfance. Elles y sont toujours en majorit&#233;. Il y a un peu plus d'hommes qui viennent dans ce type de domaine, et apr&#232;s, il y a la place qu'on leur laisse, c'est la place qu'elles-m&#234;mes se donnent, en fait. Mais en g&#233;n&#233;ral il n'y a rien qui soit acquis pour elles. Il faut souvent qu'elles d&#233;montrent leurs capacit&#233;s, encore plus que les hommes, surtout si elles veulent devenir chef, cadre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il indispensable pour une femme d'avoir une vie de couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aucune femme ne ressemble &#224; une autre. Il y en a qui ont besoin d'une vie de couple, il y en a qui ne peuvent pas, ne savent pas vivre en couple. On ne peut pas dire que la femme ait besoin de vivre en couple. Moi oui (rires). Moi j'ai besoin d'avoir une vie de couple. &#199;a fait trente ans que je vis en couple, donc c'est une seconde nature chez moi. Si je devais ne pas vivre en couple, il me faudrait s&#251;rement un temps d'adaptation. &#199;a peut arriver, on ne sait jamais, dans la vie. Je ferais avec, comme tout le monde, ou peut-&#234;tre que je chercherais rapidement un autre conjoint (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce important, d'avoir des enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes enfants, c'est quatre-vingt dix pour cent de ma vie. Pourtant je passe beaucoup de temps au travail, j'ai des ami(e)s, mais quand m&#234;me, mes enfants restent essentiels. C'est la base de ma vie. Alors pourquoi ? C'est vrai que, puisque j'ai &#233;t&#233; m&#232;re &#224; vingt ans, pour moi &#231;a me paraissait &#233;vident. Je ne me voyais pas, je ne m'imaginais pas sans enfant, m&#234;me quand j'&#233;tais adolescente ou petite fille : &quot;&lt;i&gt;Plus tard, je serai m&#232;re de famille&lt;/i&gt;&quot;, c'&#233;tait une &#233;vidence. Alors est-ce que &#231;a m'est particulier, ou est-ce que toute petite ou toute jeune fille, les femmes pensent comme &#231;a, &#224; leur maternit&#233; future ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un regard critique sur les femmes qui ne d&#233;sirent pas avoir d'enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est leur droit. Parce qu'avec le recul, je pense qu'il faut une dose d'inconscience pour faire des enfants. Cette inconscience, on l'a &#224; vingt ans, mais &#224; cinquante, on ne l'a plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le regard des hommes vous laisse-t-il indiff&#233;rente ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vrai que, quand on est jeune, on attache pas mal d'importance au regard de l'homme. Maintenant, c'est toujours agr&#233;able d'&#234;tre regard&#233;e par un homme qui a l'air de vous trouvez charmante, mais on n'y accorde pas la m&#234;me valeur quand on a cinquante ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un avis sur la s&#233;duction ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Elle est primordiale. Je trouve que faire attention &#224; &#234;tre un minimum s&#233;duisant, s&#233;duisante, c'est important. Il le faut, c'est ce qui permet d'enjoliver les relations, de les rendre plus agr&#233;ables. M&#234;me si ce n'est pas essentiel, c'est le petit &quot;plus&quot; qui rend les choses plus jolies, plus agr&#233;ables &#224; regarder, pour la communication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un couple peut-il vivre s&#233;par&#233;ment ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a couple &#224; partir du moment o&#249; il y a un projet commun, m&#234;me s'il n'y a pas un partage de tous les instants &#224; cent pour cent ; il faut quand m&#234;me qu'il y ait un projet commun. Le couple, &#231;a commence quand il y a un partage des bons et des mauvais moments. Les personnes peuvent vivre s&#233;par&#233;ment, mais s'il n'y a pour projet que d'aller au cin&#233;ma, au restaurant, je me demande si c'est vraiment un couple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de l'infid&#233;lit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je la d&#233;conseillerais aux jeunes couples parce que &#231;a peut cr&#233;er une rupture affective, psychologique ; une s&#233;paration, par cons&#233;quent, et c'est dommage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'entendez-vous par rupture psychologique ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3350 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:247px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L247xH250/2-5a_-_egalite_hommes_femmes-75783.jpg' width='247' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:247px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;C'est un investissement du conjoint qui n'est plus le m&#234;me. La personne est happ&#233;e par une personne ext&#233;rieure. Mais les enfants aussi subissent ce genre de rupture. Il y a un d&#233;tournement de l'affectivit&#233; vers l'ext&#233;rieur du couple et de la famille. Donc il y a moins de concentration, moins d'attention port&#233;e aux siens, &#231;a provoque la rupture de la famille et du couple. Il ne faut pas grand chose, quelquefois, alors c'est idiot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de la fid&#233;lit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est beau dans l'absolu. &#199;a renvoie &#224; un sacrifice, dans le sens d'un don qu'on fait &#224; la personne qu'on aime, de ne pas s'&#233;garer sur les sentiers parall&#232;les. Donc, on perd des plaisirs et on gagne peut-&#234;tre en profondeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous quelque chose &#224; ajouter &#224; cet entretien ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je trouve ces questions tr&#232;s pertinentes. Elles soul&#232;vent les vrais questionnements de notre soci&#233;t&#233;. On se croit dans une soci&#233;t&#233; &#233;volu&#233;e, dans le sens o&#249; on pense que la femme, aujourd'hui, est l'&#233;gale de l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Xavier Gostanian, mars 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une &#233;mancipation ma&#238;tris&#233;e</title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/une-emancipation-maitrisee</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ines Konan</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>Portrait chinois d'une jeunesse de 21 ans venue d'Afrique pour &#233;tudier. Tout sur la vie, l'amour, l'argent, le travail... Vingt-et-un ans... &#192; vingt-et-un ans, je me sens d&#233;j&#224; m&#251;re, j'ai les pieds sur terre. Je ne sors pas beaucoup, je travaille pour subvenir &#224; mes besoins et pour payer mes &#233;tudes. Cela est peut-&#234;tre li&#233; &#224; mon &#233;ducation. Une projection dans le futur... Dans trente ans ? Je suis certaine d'une chose, c'est que je serai tr&#232;s grosse. Ma m&#232;re l'&#233;tait et je sais que je suivrai. J'aimerais (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/feminite" rel="tag"&gt;F&#233;minit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portrait chinois d'une jeunesse de 21 ans venue d'Afrique pour &#233;tudier. Tout sur la vie, l'amour, l'argent, le travail...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt-et-un ans...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; vingt-et-un ans, je me sens d&#233;j&#224; m&#251;re, j'ai les pieds sur terre. Je ne sors pas beaucoup, je travaille pour subvenir &#224; mes besoins et pour payer mes &#233;tudes. Cela est peut-&#234;tre li&#233; &#224; mon &#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une projection dans le futur...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans trente ans ? Je suis certaine d'une chose, c'est que je serai tr&#232;s grosse. Ma m&#232;re l'&#233;tait et je sais que je suivrai. J'aimerais me marier avec un homme qui prendra soin de moi et qui me rendra heureuse, avoir une vie stable, une belle maison et comme j'aime les enfants, fonder une grande famille avec au moins quatre enfants. Professionnellement, mon souhait est de r&#233;ussir mes &#233;tudes, puis d'exercer un m&#233;tier que j'aime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;duction... Amour... Mariage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis assez coquette et j'aime bien &#234;tre coiff&#233;e. C'est ma fa&#231;on d'&#234;tre f&#233;minine, m&#234;me si j'opte en g&#233;n&#233;ral pour un style gar&#231;on. D'autres expriment leur f&#233;minit&#233; &#224; travers des gestes, la tenue vestimentaire, la fa&#231;on de parler ou de se maquiller.
J'aime s&#233;duire et je sais que les hommes sont attir&#233;s par le physique, notamment par les seins. Mais moi, je me sers de mes yeux pour leur plaire.
Pourtant, je ne suis pas trop port&#233;e sur eux en ce moment. Il me serait impossible de les draguer. J'ai v&#233;cu une histoire douloureuse qui m'a laiss&#233; de mauvais souvenirs. Alors, je n'ai plus confiance et je me passe bien d'eux.
Toutefois, j'aspire au mariage et il m'est agr&#233;able de sentir au passage le regard des hommes sur moi, c'est assez valorisant. Mais il y a quand m&#234;me des regards qui d&#233;rangent : quand on est d&#233;visag&#233; de travers, ou de haut en bas... C'est frustrant !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapports hommes et femmes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les hommes et les femmes expriment diff&#233;remment leurs sentiments. Dans bien des cas, ce sont les hommes qui prennent les devants. Cette attitude se retrouve &#233;galement dans le couple : m&#234;me si les conjoints sont fid&#232;les, se respectent et se compl&#232;tent, c'est toujours l'homme qui reste aux commandes du bateau. J'adh&#232;re totalement &#224; ce principe, puisqu'il convient parfaitement &#224; l'&#233;ducation que j'ai re&#231;ue, &#224; condition que le mari n'abuse pas de son autorit&#233; et de son pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions d'argent...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment, il me sera impossible d'exercer un m&#233;tier plus rentable que celui de mon mari. Malgr&#233; tous mes efforts, je me sentirais mal, car j'aurais l'impression de dominer. Ce qui est totalement contraire &#224; toutes les valeurs qui m'ont &#233;t&#233; inculqu&#233;es depuis l'enfance. Cela dit, l'argent reste une pr&#233;occupation secondaire dans le couple. On en a quand m&#234;me besoin pour faire face aux charges du m&#233;nage. Mais je n'h&#233;siterais pas une seule seconde &#224; laisser tomber mon travail pour me consacrer &#224; ma famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plus grande crainte...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La mort me fait peur, moins que la vieillesse, m&#234;me si je m'imagine difficilement avec des rides. Mais ma plus grande crainte serait de ne pas avoir d'enfants. &#199;a signifierait la fin de tout. C'est d&#233;j&#224; traumatisant d'y penser. Je me sentirais d'ailleurs automatiquement femme s'il m'arrivait maintenant de devenir m&#232;re, et je me sens capable d'&#233;lever seule un enfant. Et puis c'est de sa m&#232;re dont l'enfant a le plus besoin pour se construire ! Sinon, c'est &#224; partir de vingt-cinq ans environ que je me sentirai v&#233;ritablement femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La grande fiert&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis, aujourd'hui, fi&#232;re de cette &#233;ducation stricte que m'ont inculqu&#233; mes parents. En effet, &#224; mon &#226;ge, je n'ai pas peur des privations, je suis capable de r&#233;sister aux tentations auxquelles c&#232;dent certains et je n'h&#233;site pas &#224; me battre pour obtenir ce que je veux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre-deux...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; J'appr&#233;cie beaucoup la libert&#233; qu'on a ici en France, car chacun fait ses choix en toute s&#233;r&#233;nit&#233; ; alors qu'en Afrique, ce sont souvent les parents qui d&#233;cident et qui imposent leurs choix. Mais je crois que je suis toujours rest&#233;e la m&#234;me, car malgr&#233; le fait que mes parents ne soient pas l&#224; pour savoir ce que je fais, je respecte tout ce qu'ils m'ont enseign&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par In&#232;s Konan.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un F2 pour France et la rue pour Nikita</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Neelam Mushtaq</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<description>Pour France, l'id&#233;al f&#233;minin c'est la bonne &#233;pouse &#224; la maison qui s'occupe de ses enfants. Malheureusement, la vie ne lui a r&#233;serv&#233; que souffrance et mis&#232;re : France est &#224; la rue depuis son plus jeune &#226;ge. Elle se trouve plus forte dans sa t&#234;te qu'un homme. Car dehors, les diff&#233;rences ne tiennent plus, les r&#232;gles sont les m&#234;mes pour tous. Koina&#239; : Quel est votre parcours ? Je ne suis pas une SDF, mais une SDC c'est-&#224;-dire sans domicile connu. J'ai travaill&#233; pendant vingt-cinq ans en tant que (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour France, l'id&#233;al f&#233;minin c'est la bonne &#233;pouse &#224; la maison qui s'occupe de ses enfants. Malheureusement, la vie ne lui a r&#233;serv&#233; que souffrance et mis&#232;re : France est &#224; la rue depuis son plus jeune &#226;ge. Elle se trouve plus forte dans sa t&#234;te qu'un homme. Car dehors, les diff&#233;rences ne tiennent plus, les r&#232;gles sont les m&#234;mes pour tous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koina&#239; : Quel est votre parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne suis pas une SDF, mais une SDC c'est-&#224;-dire sans domicile connu. J'ai travaill&#233; pendant vingt-cinq ans en tant que gestionnaire dans une soci&#233;t&#233;. J'ai &#233;t&#233; aide-comptable, secr&#233;taire et standardiste, puis je me suis mari&#233;e. J'ai fait ma fille dans le dos de mon mari parce qu'il n'aimait pas les enfants. J'ai travaill&#233; uniquement pour elle et je gagnais bien ma vie. J'ai une scoliose depuis 30 ans, mais je ne me suis jamais mise en invalidit&#233;. Maintenant, je ne peux plus travailler car je suis &#224; la COTOREP. Mais avant, je n'&#233;tais pas comme &#231;a, j'&#233;tais chef de service. &lt;br /&gt;Quant &#224; ma famille, ma m&#232;re m'a dit qu'elle aurait d&#251; me noyer quand j'&#233;tais petite car mon p&#232;re l'a laiss&#233;e tomber. Vers l'&#226;ge de trois ans, j'ai re&#231;u mon premier coup de poing par le mari de ma m&#232;re. Quand j'ai &#233;t&#233; ind&#233;pendante, j'ai pris un T2, mais mon mari foutait le bordel : il buvait, je payais le loyer. Il m'a donn&#233; un coup de pied au sein et j'ai eu un cancer. J'ai souffert l'enfer. A cause de lui, les voisins ont fini par porter plainte. Comme l'appartement n'&#233;tait pas &#224; mon nom, je l'ai perdu. Un jour, ma fille m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Tu m'as trop pourrie !&lt;/i&gt;&quot; Elle m'a reproch&#233; les absences de l'&#233;poque o&#249; je travaillais 44 heures par semaine, samedi compris. Le dimanche, j'allais chez ma belle-m&#232;re qui me d&#233;testait. &lt;br /&gt;Je n'ai appris le d&#233;c&#232;s de ma m&#232;re que trois ans apr&#232;s, ma s&#339;ur, entre-temps, m'avait d&#233;sh&#233;rit&#233;e. Moi, je pr&#233;f&#232;re rester avec les pauvres. J'ai &#233;t&#233; battue toute ma vie, je crois en Dieu et c'est la foi qui me tient. Je veux dire &#224; toutes les femmes qui sont &#224; la rue qu'il ne faut pas croire que nous sommes des clochardes. J'ai connu des gens bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour vous, c'est quoi &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; &#234;tre un gar&#231;on pour qu'on me respecte. &#202;tre une femme, c'est avoir de l'amour pour ses enfants, donner de l'affection. Maintenant, ce sont les femmes qui travaillent, les hommes que j'ai connus ne veulent plus, ils pr&#233;f&#232;rent passer leur journ&#233;e au bar, &#224; boire. Quand ils rentrent le soir, saouls, ils frappent leurs femmes car ils n'aiment pas qu'elles soient ind&#233;pendantes. &#199;a les emmerde et nous, on emmerde tous les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour le moment, non, mais avant oui. Avant, j'&#233;tais bien habill&#233;e. Depuis que je suis dans la rue, je me suis endurcie et je me comporte comme un homme. Parce que je veux me faire respecter. Les femmes, elles sont &#233;cras&#233;es, viol&#233;es, battues, soumises. Elles travaillent beaucoup, elles ont des charges &#233;normes. Je suis heureuse qu'elles prennent le dessus maintenant. Elles savent dire non, mais &#224; mon &#233;poque, elles ne pouvaient pas. Mais &#231;a d&#233;pend. Je n'ai plus envie. Mon id&#233;al &#233;tait de rester &#224; la maison, &#234;tre une femme au foyer et m'occuper de mes enfants. C'est ce que je voulais. Maintenant, j'aimerais &#234;tre &#224; la campagne, tranquille, avec les animaux. On dit : &quot;&lt;i&gt;Plus je connais l'&#234;tre humain, plus j'aime mon chien !&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'homme et la femme sont-ils &#233;gaux en droits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas encore. Les femmes travaillent plus que les hommes. Je ne comprends pas pourquoi les hommes touchent le RMI, alors qu'ils n'ont jamais travaill&#233; de leur vie, m&#234;me pas trois mois. Ils sont misogynes. Quand une femme est chef de service, ils ne l'acceptent pas, parce que pour eux, les femmes sont faibles. Ce que je regrette, c'est de ne pas avoir appris le karat&#233;, parce que je collectionne les coups de poing. Je suis toujours tomb&#233;e sur des hommes qui me frappaient, bien qu'au d&#233;but ils &#233;taient gentils. Pourtant, quand ils &#233;taient petits, ils &#233;taient malheureux et battus comme moi. J'ai un c&#339;ur d'artichaut, je m'attache beaucoup aux personnes qui ont souffert pendant leur enfance. J'en ai connu, des schizophr&#232;nes, psychopathes, parano&#239;aques, mythomanes qui, pour un carton, me faisaient un flan. Quand je veux rentrer dans une &#233;glise, ils m'en emp&#234;chent, parce que je ne suis pas habill&#233;e en tailleur, chapeau et talons aiguilles. Ils me prennent par les manches et me font sortir parce que je n'ai pas mis de billet dans la corbeille. Pourtant, je suis dans la maison de mon p&#232;re, ils n'en ont pas le droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous le couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un jour, nous &#233;tions &#224; Versailles, nous dormions sur le marbre de la cath&#233;drale. Le gardien se pointe et dit : &quot;&lt;i&gt;Cet apr&#232;s-midi, il faut partir parce qu'il va y avoir un enterrement.&lt;/i&gt;&quot; Moi, je lui r&#233;ponds : &quot;&lt;i&gt;S'il est mort, il est mort. Que son esprit soit au ciel.&lt;/i&gt;&quot; Le lendemain, il y aura une noce et moi, je dis : &quot;&lt;i&gt;Pourquoi faire ? Deux ans apr&#232;s, ils vont divorcer.&lt;/i&gt;&quot; A quoi &#231;a sert le couple ? Je ne sais pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le r&#244;le de la femme est-il de soutenir l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Honn&#234;tement, oui. Avant, c'&#233;tait le contraire. Moi, j'aurais bien aim&#233; rester &#224; la maison quand j'&#233;tais enceinte, mais j'ai travaill&#233; jusqu'&#224; huit mois. Je prenais le bus, il n'y avait m&#234;me pas un connard pour me laisser la place. &#192; l'&#233;poque, il n'y avait pas un an de solde. J'ai eu quatre semaines de cong&#233; avant l'accouchement et six semaines apr&#232;s. J'ai &#233;t&#233; oblig&#233;e de prendre une nourrice pour mon b&#233;b&#233;. Quand je l'amenais le matin, elle dormait, et je la reprenais le soir, elle dormait aussi. Je la voyais quand ? Ma fille m'a ensuite reproch&#233; mes absences, mais &#224; l'&#233;poque je travaillais 44 heures alors que maintenant, les gens pleurent pour 35 heures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel r&#244;le joue la femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je crois qu'elle sera dominante. Avant non. Aujourd'hui, toutes les femmes travaillent, elles ne se laissent pas faire par des connards qui les frappent. Elles se rebellent et je suis bien contente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi les hommes traitent-ils les femmes d'emmerdeuses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que les femmes leur disent non, elles ne sont pas d'accord avec eux. Chacun son opinion. Un jour, je regarde la t&#233;l&#233;vision avec mon ex, un oiseau passe, il dit : &quot;&lt;i&gt;Tiens, c'est un cygne.&lt;/i&gt;&quot; Je lui dis : &quot;&lt;i&gt;Tu vois pas que c'est une cigogne !&lt;/i&gt;&quot; Il dit : &quot;&lt;i&gt;Parce que tu te crois plus intelligente !?&lt;/i&gt;&quot; Il m'a fil&#233; une tarte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et dans la rue, comment &#231;a se passe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, c'est bon, on ne me touche pas. Parce que je regarde droit dans les yeux. De toute fa&#231;on, celui qui me donne une claque, je lui rends plus forte. Quand aux autres, c'est eux qui jugent. S'ils me regardent comme une clocharde, ils me regardent comme &#231;a. L'habit ne fait pas le moine ! Ce n'est pas parce que je suis en jeans sales que je ne suis plus un &#234;tre humain. Je vis avec les pauvres. Je n'ai jamais &#233;t&#233; coquette mais quand j'&#233;tais chef de service, j'&#233;tais toujours en tailleur. Maintenant je suis &#224; la COTOREP et je ne peux plus travailler. Tu me vois en tailleur dans la rue ?!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un message pour les autres femmes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Qu'elles ne se laissent pas faire, qu'elles soient des amazones et moi je suis Nikita 2 !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous quelque chose &#224; ajouter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Silence et larmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Neelam Mushtaq, avril 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un cube dans l'air du temps</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/un-cube-dans-l-air-du-temps</link>
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		<dc:date>2008-01-23T16:57:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Install&#233;e &#224; Sainte-Marthe, la CDSM m&#234;le savoir-faire traditionnel et contemporain pour valoriser et faire reconna&#238;tre et perdurer le patrimoine marseillais dans lequel elle s'inscrit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2003, Bernard Demeure, 54 ans, pr&#233;sident de la Compagnie de D&#233;tergent et de Savon de Marseille, a repris l'entreprise avec deux autres cadres du site : &#171; Je suis arriv&#233; comme responsable du service technique, puis j'ai pris des responsabilit&#233;s suppl&#233;mentaires dans la production et je me suis d&#233;couvert un attachement &#224; cette activit&#233; parce que c'est un produit &#233;minemment sympathique : le savon, qui est vivant, qui a une histoire.&lt;/i&gt; &#187; Dans le bain du m&#233;tier, survie d'un produit ic&#244;ne et d'un savoir-faire ancr&#233;s dans l'histoire de l'industrie marseillaise : pour mousser, sans buller !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : L'entreprise est issue d'une fabrique traditionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Compl&#232;tement, puisque notre activit&#233; remonte &#224; 1850, on est une vieille savonnerie marseillaise. L'atelier de fabrication, on a des chaudrons qui datent de la fin du XIX&#232;me donc on fait perdurer la tradition : &#231;a fait cent vingt ans qu'on fait du savon dans nos cuves, qui sont rest&#233;es telles quelles. Et &#231;'a toujours &#233;t&#233; ici, hein : fin XIX&#232;me, m&#234;me d&#233;but XX&#232;me, il y avait une centaine de savonneries &#224; Marseille, des petites unit&#233;s qui &#233;taient toutes dans le centre, &#224; c&#244;t&#233; du Vieux Port, vers la rue Sainte, et les grosses unit&#233;s dont celle-ci &#233;taient dans la campagne environnante. Il y a encore cinquante ans, c'&#233;tait la campagne, ici, et petit &#224; petit, l'urbanisme nous a rejoint, on est maintenant en centre ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment a &#233;volu&#233; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle a eu beaucoup de mouvements au fil du temps : en 1850, c'&#233;tait une fabrique de bougies, une st&#232;re &#224; rimerie, d'o&#249; le nom du boulevard de la Bougie qui passe &#224; c&#244;t&#233;. Elle a d&#233;riv&#233; vers l'huilerie fin XIX&#232;me et est arriv&#233;e &#224; la savonnerie, c'&#233;tait l'huilerie et savonnerie JB Paul. Dans les ann&#233;es 50, avec l'arriv&#233;e des d&#233;tergents de synth&#232;se, l'activit&#233; de la savonnerie a commenc&#233; &#224; chuter et le site s'est dirig&#233; vers la production de d&#233;tergents en poudre. L'usine appartenait au groupe marseillais Union G&#233;n&#233;rale de Savonnerie qui &#233;tait propri&#233;taire de la marque &lt;a href='http://www.lechat.be/fr/historique.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Le Chat&lt;/a&gt;, donc fabriquait le savon et dans les ann&#233;es 80, l'UGS a eu l'id&#233;e de d&#233;velopper Le Chat Machine, une lessive originale en ce sens qu'elle contenait une grosse quantit&#233; de savon. L'int&#233;r&#234;t pour eux &#233;tait de faire tourner la savonnerie tout en d&#233;veloppant leur activit&#233; de d&#233;tergence. En 1986, le lessivier allemand Henkel a rachet&#233; la marque de par l'int&#233;r&#234;t &#233;cologique et l'originalit&#233; du produit et un an plus tard, il s'est d&#233;sengag&#233; du site qui a &#233;t&#233; c&#233;d&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; lyonnaise sp&#233;cialis&#233;e dans la production de d&#233;tergent, Chimiotechnique. En 2003, il y a eu un r&#232;glement judiciaire, le site a &#233;t&#233; &#224; nouveau vou&#233; &#224; la fermeture, et les cadres du site ont investi pour sauvegarder l'activit&#233; et notamment la savonnerie, parce que c'&#233;tait la partie &#224; laquelle j'&#233;tais le plus attach&#233;. Les deux derni&#232;res savonneries de Marseille, il se trouve un peu dommage de laisser mourir ces patrimoines de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous form&#233; &#224; ce domaine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Je ne suis pas savonnier de formation, je suis de formation technique et j'appartenais &#224; la soci&#233;t&#233; Chimiotechnique. Je ne suis pas chimiste, je n'ai pas de formation particuli&#232;re dans ce domaine. Je sais quand m&#234;me comment &#231;a se passe parce que j'ai pass&#233; pas mal de temps dans les ateliers, mais le savon &#233;tant particulier, on ne peut pas &#234;tre form&#233; &#224; fabriquer du savon, en tout cas pas &#224; l'&#233;cole, c'est un proc&#233;d&#233; de fabrication qui se transmet surtout par oral, doubl&#233; par l'exp&#233;rience. Des universit&#233;s forment en corps gras, mais n'apprennent pas &#224; faire du savon tel qu'on le pratique, d'abord parce qu'il y a de moins en moins de besoins. Et comparativement &#224; des d&#233;tergents, puisque j'ai toujours baign&#233; dans les d&#233;tergents qui sont de la chimie pure : on m&#233;lange des ingr&#233;dients et en pratique il n'y a pas de surprise, on obtient une lessive, un savon, c'est pas pareil : beaucoup de crit&#232;res font qu'il est d'une couleur, il y a une odeur, ce n'est pas une science exacte. C'est un des &#233;l&#233;ments qui a fait que je me suis plong&#233; dans l'aventure de chef d'entreprise, parce que c'&#233;tait pas forc&#233;ment ma fibre au d&#233;part, mais j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233; par ce phyto produit. Quand on parle de savon, les gens sont int&#233;ress&#233;s. Pour quelles raisons ? C'est un petit peu myst&#233;rieux, mais les gens sont int&#233;ress&#233;s &#224; la fabrication, au produit, notamment le &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille' class='spip_out' rel='external'&gt;savon de Marseille&lt;/a&gt;, alors que quand on fabrique la lessive, &#231;a n'int&#233;resse personne. Encore qu'aujourd'hui, on utilise d'abord de moins en moins de savon et encore moins de savon de Marseille parce qu'on utilise des savonnettes color&#233;es, parfum&#233;es&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits fabriquez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Historiquement, du savon, ensuite des d&#233;tergents - on ne fait que des poudres pour le lavage du linge. On a une troisi&#232;me activit&#233;, plus chimique, qui date aussi de l'&#233;poque du Chat Machine, o&#249; on fait une sulfonation : l&#224; on fabrique une mati&#232;re premi&#232;re qui rentre dans la composition des d&#233;tergents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence entre savon et d&#233;tergent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le savon, c'est un proc&#233;d&#233; compl&#232;tement diff&#233;rent : on fait une saponification par les huiles, on utilise des huiles qu'on transforme avec de la soude, avec une r&#233;action chimique qui dit que corps gras plus soude donne savon plus glyc&#233;rine. Les d&#233;tergents de synth&#232;se, ce sont des m&#233;langes de compos&#233;s chimiques qui ne sont pas naturels et qui ont tous &#233;t&#233; transform&#233;s, alors que l&#224; on part de mati&#232;res naturelles qu'on transforme, c'est ce qui fait la r&#233;putation du produit : on ne met pas d'oxydant, de conservateur, de parfum, de colorant&#8230; Enfin, &#231;a rentre dans le milieu de la d&#233;tergence, parce que &#231;a lave, c'est la m&#234;me famille chimique mais en tout cas, en ce qui nous concerne, le proc&#233;d&#233; de fabrication est compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res premi&#232;res utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour le savon, c'est soit une base animale, du suif de b&#339;uf, essentiellement, qu'on saponifie &#224; la soude - il faut savoir que tous les savons des grands parfumeurs, des grandes marques, sont faits &#224; base de suif : ils sont travaill&#233;s, parfum&#233;s, color&#233;s mais avec le suif, disent les experts, le savon est plus fin et le parfum tient mieux que dans un savon &#224; base v&#233;g&#233;tale - soit une base v&#233;g&#233;tale, parce qu'aujourd'hui il y a une forte demande : essentiellement des huiles issues de la palme et de l'olive puisqu'on fait du savon &#224; base d'huile d'olive, et la soude puisqu'il faut op&#233;rer cette transformation chimique. Les d&#233;tergents, c'est tous des produits issus du sodium, de la soude et des mati&#232;res, y'en a des dizaines et des dizaines, essentiellement des tripolyphosphates, ces fameux produits qui sont tr&#232;s d&#233;cri&#233;s parce qu'ils polluent nos rivi&#232;res, donc on a des produits de substitution parce que pour le march&#233; m&#233;nager, on n'a plus le droit d'utiliser des phosphates, on utilise des carbonates, des mati&#232;res actives diverses et vari&#233;es. Ouh l&#224; ! Les formules d&#233;tergentes, c'est devenu d'une complexit&#233; &#233;norme. Le vieux message qu'on entendait il y a vingt-cinq ans : &#171; &lt;i&gt;Y'a toutes les formules, toutes les lessives sont les m&#234;mes, il n'y a que les emballages qui changent&lt;/i&gt; &#187;, ce n'est plus le cas : chaque formule a sa propre application, chaque client vit sa propre sp&#233;cificit&#233;, &#231;a devient un produit tr&#232;s technique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous ces mati&#232;res premi&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les huiles animales, c'est en France, parce que la France est encore un gros consommateur, on fait de l'&#233;levage de bovins donc on en trouve sans difficult&#233; et les huiles v&#233;g&#233;tales, l'olive reste une production europ&#233;enne : Italie, Espagne ou Gr&#232;ce ; plus en France, parce qu'on n'en fait plus assez. Les huiles de palme sont en g&#233;n&#233;ral des huiles d'importation, les premiers producteurs mondiaux &#233;tant La Malaisie et l'Indon&#233;sie. Et dans les d&#233;tergents, tous les grands chimistes europ&#233;ens font des mati&#232;res premi&#232;res qui rentrent dans la composition des d&#233;tergents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les proc&#233;d&#233;s de fabrication du savon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, on est tr&#232;s attach&#233; au proc&#233;d&#233; traditionnel puisqu'aujourd'hui, l'appellation &#171; Savon de Marseille &#187; est tomb&#233;e dans le domaine public, donc n'importe qui peut faire du savon et marquer dessus &#171; Savon de Marseille &#187; en toute impunit&#233;, en France ou pas, d'ailleurs : une grande partie sont des produits d'importation, notamment de la Malaisie. On est quelques derniers r&#233;sistants, notamment dans la r&#233;gion marseillaise, fabricants de savon, on est trois &#224; d&#233;fendre l'appellation puisqu'on pratique encore la m&#233;thode de fabrication telle qu'elle avait &#233;t&#233; mise au point il y a quelques si&#232;cles par les savonniers marseillais : c'est un proc&#233;d&#233; dit &#171; en chaudi&#232;re &#187;, on fait enduire nos huiles dans des grandes cuves en briques. C'est un proc&#233;d&#233; certes long, il faut plus d'une semaine pour fabriquer du savon, mais on y est tr&#232;s attach&#233; et on souhaiterait faire rena&#238;tre ce proc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est toujours les m&#234;me machines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Les m&#234;mes machines, la seule chose qui a chang&#233; c'est les m&#233;thodes de chauffe : &#224; l'&#233;poque on chauffait ces cuves au bois, maintenant on chauffe le m&#233;lange avec la vapeur, mais les m&#233;thodes de fabrication n'ont pas chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour les d&#233;tergents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Pour les d&#233;tergents, &#231;a a beaucoup plus &#233;volu&#233; parce que l&#224;, on est moins attach&#233; &#224; la tradition, donc c'est pas vraiment des transformations chimiques, c'est essentiellement des m&#233;thodes de m&#233;langes, soit &#224; sec, soit en froids humides qu'on s&#232;che derri&#232;re. On fait d&#233;j&#224; un pr&#233;-m&#233;lange en phase humide des ingr&#233;dients solides et liquides et on va s&#233;cher cette p&#226;te pr&#233;fabriqu&#233;e, on va la faire presser dans une tour d'atomisation qui est chauff&#233;e, de mani&#232;re &#224; d&#233;shydrater ces particules, et on r&#233;cup&#232;re en partie basse une poudre dont on contr&#244;le la granulom&#233;trie, et c&#230;tera. Apr&#232;s cette &#233;tape, on rajoute les autres ingr&#233;dients : les parfums, les colorants, les enzymes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez introduit d'autres machines pour les d&#233;tergents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, dans les ann&#233;es cinquante est apparue la premi&#232;re tour d'atomisation chez nous, et puis au fil des ann&#233;es, on a fait des gros investissements parce qu'il y a &#233;norm&#233;ment de concurrence dans ce domaine, on est condamn&#233;s &#224; &#234;tre toujours plus performants et &#224; produire moins cher, donc &#231;a n&#233;cessite beaucoup d'investissements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rentes &#233;tapes de la fabrication du savon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a quatre &#233;tapes principales dans la fabrication du savon proprement dit : il y a d'abord l'emp&#226;tage, c'est-&#224;-dire qu'on fait r&#233;agir de mani&#232;re grossi&#232;re la soude sur les corps gras, la deuxi&#232;me &#233;tape c'est le relargage, c'est-&#224;-dire qu'on laisse d&#233;canter ce m&#233;lange pour &#233;liminer d&#233;j&#224; les impuret&#233;s. Ensuite y'a la cuisson, derri&#232;re on remet la soude, on refait bouillir tout &#231;a pour finir la cuisson des huiles et &#224; la fin, il y a la liquidation, c'est-&#224;-dire qu'on va laver le savon et on va le laisser d&#233;phaser pour &#233;liminer toutes les impuret&#233;s qui ont pu se produire au cours de la saponifisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps durent ces diff&#233;rentes phases ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des phases qui s'encha&#238;nent jour apr&#232;s jour pendant une bonne semaine. Dans certains cas, selon les huiles qu'on utilise, &#231;a peut durer un peu plus d'une semaine, voire une semaine et demi. Apr&#232;s, il y a toute la phase de s&#233;chage, conditionnement et c&#230;tera mais l&#224;, &#231;a devient du conditionnement. Lors de la premi&#232;re phase, on obtient un savon liquide parce qu'on le maintient &#224; 90-95&#176; et apr&#232;s, y'a toute la phase de s&#233;chage et on durcit la p&#226;te. Chez nous on ne proc&#232;de plus comme en l'ancien temps o&#249; on coulait le savon par terre. Fabre fait &#231;a, encore, le S&#233;rail aussi coule le savon au sol puis il le laisse refroidir &#224; temp&#233;rature ambiante. Nous, on a un processus un peu plus acc&#233;l&#233;r&#233; : on facilite l'&#233;vaporation du savon en le passant sous vide. Apr&#232;s, y'a une phase de mise en forme : coupage, mise en forme, moulage, enveloppage et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des normes de qualit&#233; exig&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, bien entendu, dans tous ces proc&#233;d&#233;s, le savon &#233;tant un produit cosm&#233;tique puisqu'il va entrer en contact avec la peau, il y a des normes impos&#233;es par les professionnels et dans les d&#233;tergents, c'est pareil. Alors, nous on n'est pas&lt;a href='http://www.iso.org/iso/fr/about.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;ISO&lt;/a&gt; mais quand on travaille avec des grandes entreprises de la d&#233;tergence comme sous-traitants, ils viennent v&#233;rifier nos m&#233;thodes de fabrication et s'assurer qu'on respecte les cahiers des charges, donc on a des proc&#233;dures, des documents &#233;crits. On s'est cr&#233;&#233; nos propres normes, si vous voulez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le savon, assez peu, parce que c'est une r&#233;action de base, donc l&#224; o&#249; on s'attelle &#224; maintenir la tradition, il a pu &#233;voluer mais les gens restent tr&#232;s attach&#233;s &#224; la forme cubique. Pour combien de temps ? On n'en sait rien, parce qu'utiliser un cube de 600 grammes pour prendre sa douche, c'est pas de la plus grande simplicit&#233; mais les gens sont attach&#233;s &#224; ce format-l&#224;. En terme de packaging, il y a eu quelques &#233;volutions, mais c'est un produit o&#249; il n'y a pas eu de r&#233;volution dans ce domaine. Dans les d&#233;tergents, beaucoup plus, l&#224;, par contre les formules &#233;voluent tr&#232;s vite, ils sortent toujours de nouveaux composants chimiques, les emballages &#233;voluent, donc on s'adapte &#224; l'&#233;volution du march&#233; ou on innove. De l'autre c&#244;t&#233;, il y a des produits bio qui arrivent sur le march&#233; donc dans le domaine du d&#233;tergent, &#231;a bouchonne. Dans le domaine du savon, un petit peu moins, &#231;a reste un produit traditionnel. C'est un produit naturel donc on va travailler sur une appellation beaucoup plus bio qui soit plus vendeuse, mais ma position est de dire que le savon, le Savon de Marseille en tout cas, tel qu'on le produit, n'a pas besoin de cette appellation : il l'est naturellement parce que les huiles qu'on utilise, ce sont des olives naturelles, bien s&#251;r, ce sont des huiles v&#233;g&#233;tales ou animales. Il y a un d&#233;bat aussi &#224; ce sujet : un savon doit &#234;tre v&#233;g&#233;tal ou animal ? J'ai pas de point de vue l&#224;-dessus, sachant que les huiles animales sont aussi naturelles que les v&#233;g&#233;tales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le volume de production du site ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On traite environ 20 000 tonnes de produits chaque ann&#233;e, toutes activit&#233;s confondues : on re&#231;oit 20 000 tonnes de marchandises, on les transforme et on les r&#233;exp&#233;die, donc c'est assez cons&#233;quent mais le savon repr&#233;sente 2000 &#224; 2500 tonnes, pas plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Produisez-vous vos propres marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Enfin, on a notre propre march&#233; &#224; l'export, &#231;a repr&#233;sente 25 &#224; 30 % de notre activit&#233;. NEO est une marque qu'on exporte vers les pays africains notamment, puisque notre situation g&#233;ographique favorise ce secteur, donc les pays du Maghreb, les Antilles, les DOM-TOM c'est des march&#233;s sur lesquels on va directement avec une gamme de produits. Mais &#224; 80 %, notre m&#233;tier se situe au niveau de la sous-traitance pour nos distributeurs ou nos industriels partenaires qui eux ont en charge de mettre le produit sur le march&#233; fran&#231;ais et europ&#233;en. On vend essentiellement &#224; des groupes qui nous font faire leur propre marque. On a quelques marques qu'on exploite en SAF - le savon de famille - on a Le Marseillois, mais on les exploite assez peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas assez, pas encore assez bien : on a le statut d'industriels, on n'a pas vocation &#224; faire du marketing ou du commerce pouss&#233;, donc on se fait conna&#238;tre essentiellement par communication orale ou sur internet : notre site est en train d'&#234;tre finalis&#233;, c'est la voie la plus ais&#233;e pour nous, de communiquer, et puis petit &#224; petit par r&#233;putation, parce qu'on est une ancienne soci&#233;t&#233;, on commence &#224; conna&#238;tre la capacit&#233; de notre savoir-faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour quelles entreprises travaillez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nos clients, c'est des grands lessiviers : &#231;a peut &#234;tre Johnson Universel, Henkel, Colgate&#8230; Et sur le savon, pareil, on travaille en partenariat avec une soci&#233;t&#233; s&#339;ur sur Marseille, qui s'occupe de la mise en forme des produits et de la commercialisation. Donc, on travaille pour des grosses soci&#233;t&#233;s qui ont plut&#244;t une vocation commerciale, alors que nous, la &lt;a href='http://www.cdsm-info.fr/fr/entreprise.html' class='spip_out' rel='external'&gt;CSDM&lt;/a&gt;, on a plut&#244;t une vocation industrielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les produits les plus appr&#233;ci&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le savon, incontestablement. Ce n'est pas la plus grosse vente, mais c'est le produit qui a la meilleure r&#233;putation parmi nos produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas assez &#224; mon go&#251;t. Il faut qu'on se diversifie un peu, parce qu'il faut qu'on renouvelle un peu notre partie client&#232;le mais enfin, notre client&#232;le &#233;tant essentiellement industrielle, &#231;a restera des industriels de toute fa&#231;on qui sont destin&#233;s &#224; mettre sur le march&#233;, donc charge &#224; nous de nous diversifier pour attirer plus d'industriels vers nous. Mais on ne peut pas parler d'une &#233;volution client&#232;le comme on pourrait en parler en mettant sur le march&#233; : &#171; &lt;i&gt;Moi je me destine plut&#244;t aux jeunes, aux femmes, aux hommes&lt;/i&gt; &#187;, c'est pas notre souci premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Etes-vous en relation avec d'autres fabricants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Oui, bien s&#251;r : on se conna&#238;t bien, on s'efforce aujourd'hui de travailler ensemble, d'avoir de bonnes relations. On n'est pas aussi nombreux que &#231;a, mais en g&#233;n&#233;ral on a de bonnes relations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les comp&#233;tences que je demande aux gens qui veulent venir travailler chez nous, c'est d'avoir envie de travailler, &#234;tre int&#233;ress&#233; au travail qui serait le leur. On est dans une &#233;poque o&#249; on a besoin d'avoir des gens motiv&#233;s, c'est une des r&#232;gles qui deviennent essentielles, les comp&#233;tences techniques deviennent minoritaires ou tout au moins pas essentielles. Le premier crit&#232;re de recrutement est l'envie de s'investir dans son boulot. Et c'est pas le plus simple &#224; trouver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah bon, ce qui m'est personnel ? Alors, c'est quand je peux m'&#233;chapper de mon bureau pour retourner voir les machines et aller dans les ateliers, ce qui est ma formation premi&#232;re. Je m'&#233;clate beaucoup plus dans les ateliers, c'est ma passion au d&#233;part, quoi. Mon plaisir, c'est d'aller voir comment tournent les machines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La paperasserie&#8230; (rire) Ah ! Y'en a qui aiment ! Je travaille avec des comptables ou avec des gens capables de rester pendant des heures &#224; &#233;plucher des papiers, et c&#230;tera. C'est une corv&#233;e, pour moi, &#231;a, mais bon&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les grosses contraintes sont li&#233;es au fait qu'on est industrie qui fait de la chimie, puisqu'on fait partie des entreprises chimiques de la r&#233;gion et qu'on est dans un milieu urbain, et les contraintes deviennent de plus en plus importantes en terme environnemental. On a &#233;norm&#233;ment investi depuis quatre ans, 80 % de nos investissements sont li&#233;s aux contraintes environnementales diverses et vari&#233;es, que ce soit nos rejets atmosph&#232;re ou dans les &#233;gouts, les contraintes de bruits&#8230; C'est une pression de plus en plus forte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, vous utilisez les produits de l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien entendu ! Je ne supporte pas les gels douches, ces produits-l&#224;, je n'utilise que du savon de Marseille. Ah ! Il faut reconna&#238;tre que c'est un super produit. Des gens disent que &#231;a s&#232;che la peau, bon, c'est un produit qui ne peut pas s'utiliser dans tous les cas de figure, mais en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale les dermatologues pr&#233;conisent le savon de Marseille. Je connais des gens qui se lavent les dents avec, les cheveux. Moi j'ai essay&#233; de laver mes cheveux avec le savon de Marseille, il faudra un cr&#226;ne qui supporte l'agression du savon, mais je connais des gens qui n'utilisent que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232;, je travaillais avec quelqu'un qui fabriquait du savon depuis environ cinq ans et qui m'a expliqu&#233; qu'il se lavait les dents avec le savon de Marseille. &#199;a ne me serait jamais venu &#224; l'esprit ! Les cheveux, d&#233;j&#224;, pourquoi pas ? Mais les dents&#8230; Puis il y a les traditionnelles anecdotes, notamment celles qui consistent &#224; dire : &#171; &lt;i&gt;Quand vous avez des crampes mettez du savon de Marseille dans votre lit et vous n'aurez plus de crampes.&lt;/i&gt; &#187; Certains vous garantissent que c'est tr&#232;s efficace, pour d'autres &#231;a ne marche pas, &#231;a fait partie des fables, des histoires autour du savon de Marseille. L'autre anecdote, c'est qu'on a &#233;t&#233; dans le Guiness des Records il y a une quinzaine d'ann&#233;es, pour avoir fabriqu&#233; le plus gros savon de Marseille du monde. Il a &#233;t&#233; expos&#233; &#224; Lyon, aux Biennales d'Art Contemporain, en 95. Bon, on l'a coul&#233; dans une benne comme une benne de camion, on pensait qu'il ferait 18 ou 19 tonnes et il a fait 25 tonnes &#224; la sortie. M&#234;me le camion qui est venu le chercher a &#233;t&#233; incapable de soulever la benne, donc il a fallu faire venir des grues pour le sortir du b&#226;timent ! L'id&#233;e de l'artiste, c'&#233;tait en plus de le laisser sur une place publique, le voir fondre naturellement au fil du temps. Je lui ai expliqu&#233; qu'avant qu'il trouve une municipalit&#233; qui accepte de voir partir 25 tonnes de savon au sol.&#8230; Il a abandonn&#233; cette id&#233;e, mais c'est vrai qu'il y a plein de raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous dans le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;tier a &#233;volu&#233;, notamment en terme d'automatisation mais malheureusement, on est &#224; une &#233;poque o&#249; on doit automatiser au maximum pour &#234;tre comp&#233;titif, &#231;a veut dire qu'on est sur un site o&#249; il y a eu pr&#232;s de 250 personnes il y a vingt-cinq ans, et on est 37 aujourd'hui. Pour moi c'est une &#233;volution n&#233;gative, mais on est oblig&#233; de passer par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de la savonnerie &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La question pi&#232;ge !&#8230; Je le vois assez mal, de par certains c&#244;t&#233;s : les contraintes r&#233;glementaires, le fait qu'on n'arrive pas &#224; faire reconna&#238;tre le savon de Marseille, son proc&#233;d&#233;, &#224; valoriser notre patrimoine, et c&#230;tera, on trouve des produits d'importation 20 ou 30 % moins cher que ce qu'on fait. Si on n'arrive pas &#224; faire reconna&#238;tre et valoriser notre produit, je ne vois pas comment on pourrait survivre &#224; terme. Il y a quand m&#234;me des aspects positifs, un espoir, notamment pour le savon puisque c'est vraiment le produit qui m'int&#233;resse le plus : c'est un produit naturel dont les int&#233;r&#234;ts sont plus &#224; prouver, qui se suffit &#224; lui-m&#234;me. Y'a que du concentr&#233; dedans, que du savon, on ne trimballe pas d'eau comme tous les produits liquides qu'on peut utiliser, il n'y a pas d'emballage plastique, donc en terme de recyclage&#8230; Aujourd'hui on nous emp&#234;che de faire un produit non emball&#233;, ce qui est dommage parce que quand on vend un cube nu, tout est recycl&#233; puisque que vous utilisez tout. Donc c'est un produit &#224; un prix d&#233;risoire, qui n'a que des avantages, qui est compl&#232;tement dans l'air du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben, c'est de continuer de communiquer sur le savon. On a un projet de cr&#233;ation d'un mus&#233;e, &#231;a fait quelques ann&#233;es que je travaille mais on esp&#232;re que les choses vont avancer dans les mois qui viennent parce que les gens sont demandeurs, on a des capacit&#233;s d'accueil assez importantes, donc un des projets c'est d'arriver &#224; faire visiter ce patrimoine qu'on d&#233;tient. Au passage, on fera une boutique pour les gens qui sont int&#233;ress&#233;s pour acheter du savon de Marseille. Y'a une sorte de frustration : quand je tiens ce discours sur le vrai produit de Marseille, les gens y sont sensibles parce qu'encore aujourd'hui, quand ils ach&#232;tent du savon de Marseille, ils sont persuad&#233;s que &#231;a vient de Marseille et qu'il est fait de mani&#232;re traditionnelle. Quand on leur dit que ce n'est pas le cas, ils disent : &#171; &lt;i&gt;Alors, je veux acheter le v&#244;tre !&lt;/i&gt; &#187; On est industriels et on n'a pas de boutique, donc c'est un &#233;cueil qu'on va essayer de faire sauter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous li&#233; &#224; Marseille, au travers de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Heureusement, oui ! M&#234;me si mon accent ne montre pas une origine marseillaise, j'y suis tr&#232;s attach&#233;, compl&#232;tement. Quand on a pris le virus du savon, on peut que se sentir marseillais, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 18/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tutti Frutti</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Josefa Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>portfolio</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;ils sont exotiques ou end&#233;miques&#8230; acidul&#233;s, color&#233;s, chatoyants&#8230; Ils fleurent bon la Provence et nous laissent en pens&#233;es, une tra&#238;ne de saveurs gourmandes&#8230;&lt;/p&gt;

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<item xml:lang="fr">
		<title>Travailleuses, travailleurs&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Coursaget</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>portfolio</dc:subject>

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/portfolio" rel="tag"&gt;portfolio&lt;/a&gt;

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		<title>Traqueur de livres</title>
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		<dc:date>2007-09-15T15:52:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
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		<description>&#171; Au d&#233;part, moi j'ai toujours eu un go&#251;t prononc&#233; pour la lecture, j'ai toujours ador&#233; &#231;a. Nous sommes issus d'une famille qui lit beaucoup, qui discr&#232;tement bibliotine. Donc, bon, y'a toujours eu l'occasion d'acheter des bouquins en vente publique. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s abordable, des choses tr&#232;s int&#233;ressantes qui, aujourd'hui, co&#251;tent des sommes folles ; du coup, pour acheter des livres que je d&#233;sirais conserver, je revendais ce qui m'int&#233;ressait moins. Donc, j'ai fait ma biblioth&#232;que personnelle comme &#231;a et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/litterature" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Au d&#233;part, moi j'ai toujours eu un go&#251;t prononc&#233; pour la lecture, j'ai toujours ador&#233; &#231;a. Nous sommes issus d'une famille qui lit beaucoup, qui discr&#232;tement bibliotine. Donc, bon, y'a toujours eu l'occasion d'acheter des bouquins en vente publique. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s abordable, des choses tr&#232;s int&#233;ressantes qui, aujourd'hui, co&#251;tent des sommes folles ; du coup, pour acheter des livres que je d&#233;sirais conserver, je revendais ce qui m'int&#233;ressait moins. Donc, j'ai fait ma biblioth&#232;que personnelle comme &#231;a et apr&#232;s je me suis dit : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi pas passer le pas et devenir marchand ?&lt;/i&gt; &#187; Xavier Zimmer, 47 ans, libraire-expert.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis combien de temps &#234;tes-vous dans la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce n'&#233;tait pas une vocation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, pas du tout. Non non non. Ah non, j'adore les livres, j'adore les lire, mais de l&#224; &#224; adorer les vendre non, au d&#233;part non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a pas de formation particuli&#232;re, bon, &#224; part pour ceux qui veulent &#234;tre biblioth&#233;caires, y'a l'&#233;cole des Chartes, qui forme les biblioth&#233;caires. Mais pour les libraires, non. De la m&#234;me mani&#232;re qu'un antiquaire ou un brocanteur se forme bien souvent sur le tas ou en fr&#233;quentant les professionnels ou les h&#244;tels de vente, de la m&#234;me mani&#232;re l'expertise c'est pareil. On devient expert et&#8230; quand on est reconnu par ses pairs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste votre activit&#233; d'expertise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ben &#231;a, c'est,comment dire&#8230; l'expertise, &#231;a permet d'&#233;clairer les gens sur ce qu'ils poss&#232;dent. Alors, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#231;a s'accompagne de transactions, tr&#232;s souvent. Ceci dit, moi j'ai beaucoup de plaisir quand les gens viennent, une vieille dame m'am&#232;ne un bouquin qu'y z'ont depuis une d&#233;cennie dans la famille, elle me dit : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous en pensez ?&lt;/i&gt; &#187; Bon, m&#234;me si elle veut pas le vendre, je suis content, toujours, de voir des beaux livres. Voil&#224;, et comme c'est un service que je ne fais pas payer parce qu'y a aucune raison, sauf si on me demande de faire une expertise pour une biblioth&#232;que ou une assurance, bon, auquel cas je demanderai de payer les actes d'expert mais sinon non, c'est gratuit. Et c'est tr&#232;s plaisant de voir des livres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; votre profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, y faut &#234;tre curieux de tout, voil&#224;. Y faut ouvrir ses oreilles, y faut &#233;couter et regarder, y faut &#234;tre curieux. Parce que sinon, y'a des puits de science qui d&#233;barquent dans le commerce, on est bien oblig&#233; d'expliquer un peu ce qu'on vend et ce qu'y a dans les livres, malgr&#233;&#8230; (rires) qu'y z'en sachent quatorze milliards fois plus que nous, mais on apprend et apr&#232;s on ressort aux autres hein, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes, ben c'est le prix. Moi, la plus grosse contrainte, c'est le prix des livres. Oui, parce qu'un marchand de livres anciens, donc un livre un peu int&#233;ressant, c'est de suite plusieurs centaines ou plusieurs milliers d'euros, de suite. Donc, y faut avoir les moyens pour les acheter et sans aucune garantie de les vendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est qu'on rencontre des puits de science, voil&#224; ; c'est qu'on rencontre des gens qu'on rencontre jamais ou qu'on croise, hein, on sait pas ce que c'est, mais l&#224; forc&#233;ment ils parlent un peu de leur passion, de leur m&#233;tier, de leurs livres, de leur vie et donc &#231;a, c'est int&#233;ressant. Sinon ces gens, on les croise dans la rue, on peut croiser des prix Nobel, je sais pas, hein, mais on parle pas avec eux. Que l&#224;, ben du coup on a une passion commune, donc on parle la m&#234;me langue et donc les &#233;changes sont tr&#232;s sympas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et qu'aimez-vous le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, le moins c'est que&#8230; c'est toujours pareil, c'est que le prix des choses est tellement &#233;lev&#233; que &#231;a limite forc&#233;ment. Y'a des gens qui sont s&#251;rement tr&#232;s int&#233;ressants mais qui ont pas les moyens d'acheter et donc, on les rencontre pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles satisfactions vous apporte votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est la chasse. C'est un peu comme si&#8230; oui, on est un peu des chasseurs, hein. Un chasseur qui va tirer un gibier rare ou quelque chose qu'y cherche depuis longtemps, ben nous c'est pareil : moi, ma satisfaction c'est quand je traque le bouquin qui me manque ou que je veux, dont je connais l'existence et je sais qu'il est dans mes moyens parce que y'a des choses&#8230; la bible de Gutenberg, je pourrai jamais me l'offrir, &#231;a c'est bien &#233;vident, quand bien m&#234;me y'en aurait une sur le march&#233;, c'est pas possible. Mais y'a des choses que je suis content de trouver, et je suis content quand quelqu'un me demande quelque chose et que je lui trouve, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos domaines de pr&#233;dilection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La litt&#233;rature ; c'est quand m&#234;me la litt&#233;rature. Ceci &#233;tant dit, tous les livres, &#224; partir du moment o&#249; y sont majeurs dans leur sp&#233;cialit&#233;, y m'int&#233;ressent. &#199;a peut &#234;tre un livre sur la culture des hu&#238;tres dans le bassin d'Arcachon, si c'est le meilleur bouquin sur le sujet, y va m'int&#233;resser, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels crit&#232;res retenez-vous pour acheter un livre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sa raret&#233;. Sa raret&#233; parce que je n'ai pas une grosse surface, je suis pas la FNAC donc, &quot;&lt;i&gt;Iris de Suze&lt;/i&gt;&quot; de Jean Giono en collection blanche chez Gallimard ne m'int&#233;resse pas, malgr&#233; que ce soit un grand texte. Par contre, si c'est un exemplaire d'une &#233;dition originale, hein, des&#8230; je sais pas, je vais vous dire un chiffre au hasard, hein, les cinquante exemplaires sur Japon sign&#233;s par Jean Giono et donn&#233;s par Jean Giono &#224; Jean Ballard, par exemple, l&#224; oui, de suite c'est bien, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A contrario, quels livres ne voudriez-vous pas vendre ou acheter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, tous les livres&#8230; Non, tous les livres sont respectables, hein. Maintenant, bon, des cochonneries y'en a, hein&#8230;y'en a peu. Mais y'a certains livres politiques d'extr&#234;me&#8230; que je refuse de voir. Y'a des livres que des gens refusent d'avoir, que j'ai, que je n'expose pas parce que je ne veux pas faire de provocation, mais je choisis les gens &#224; qui je vais les vendre. Je pense en particulier &#224; &#171; Suicide, le mode d'emploi &#187;, je pense &#224; &#171; &lt;i&gt;Mein Kampf&lt;/i&gt; &#187;, je pense &#224;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Les Protocoles des Sages de Sion&lt;/i&gt; &#187;, les textes anti-s&#233;mite de C&#233;line. Tout &#231;a, je les ai, je ne les expose pas, parce que je ne veux pas provoquer les gens et je choisis &#224; qui je les vends. Je les vendrai &#224; un chercheur, un universitaire, &#224;&#8230; un bibliophile, pourquoi pas, qui va augmenter sa biblioth&#232;que, mais &#224; un petit facho, non, il n'en est pas question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous renouvelez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, principalement c'est &#224; l'h&#244;tel des ventes ou c'est les particuliers, lors de successions, de divorces, d'&#233;v&#233;nements malheureusement toujours un peu tristes, qui se s&#233;parent de leur biblioth&#232;que, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels types de livres vendez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vraiment tr&#232;s variable. Disons que bon, les livres importants sur la Provence, bon, &#224; Marseille on en vend pas mal, j'en vends un certain nombre. La litt&#233;rature proven&#231;ale, ben tout ce qui est en proven&#231;al, &lt;i&gt;les Roumanilles&lt;/i&gt;, les&#8230; comment &#231;a s'appelle ? &lt;i&gt;Les Aubanel&lt;/i&gt;, bon, &#231;a on en vend beaucoup. &lt;i&gt;Les Historiques de Provence&lt;/i&gt;, qu'y soient faits r&#233;cemment ou qu'y soient tr&#232;s vieux comme les ouvrages de l'abb&#233; Papon ou le Villeneuve, ce sont des bouquins qui sont tr&#232;s chers. Mais &#231;a, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale c'est des biblioth&#232;ques qui se les offrent, hein, c'est rarement des particuliers parce que c'est excessivement cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bof, c'est assez lin&#233;aire, hein, toute l'ann&#233;e. Traditionnellement les gens disent : &#171; &lt;i&gt;Ah, les mois d'&#233;t&#233;, les gens sont en vacances, Marseille c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; C'est pas vrai ; traditionnellement parlant, juillet-ao&#251;t sont pas des mauvais mois. Y'a quelques touristes qui passent, y'a des gens qui sont &#224; Marseille, qui du coup sont pas partis en vacances, ben, se disent : &#171; &lt;i&gt;Tiens, comme je suis pas parti en vacances, je vais m'offrir un truc qui me fait plaisir&lt;/i&gt; &#187;, donc c'est pas de mauvais mois. Et paradoxalement, les p&#233;riodes de f&#234;tes ne sont pas particuli&#232;rement&#8230; Parce que c'est tr&#232;s d&#233;licat de trouver un livre qui est l'occasion par d&#233;finition, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh&#8230; ben c'est un peu tout, un peu toutes les cat&#233;gories sociales. Ceci dit, j'en reviens toujours &#224; la m&#234;me chose : &#231;a demande des efforts, hein, des efforts financiers. La bibliophilie c'est un sport de prince, hein, donc y faut avoir de l'argent. Alors, ceci dit, ceux qui ont des revenus plus modestes, bon y'a des facilit&#233;s de paiement, y'a des &#233;changes, y'a des reprises, on se d&#233;brouille toujours &#224; ce que les gens qui ont envie de quelque chose, y puissent l'acqu&#233;rir sans les &#233;trangler, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des relations privil&#233;gi&#233;es se cr&#233;ent-elles avec certains clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ah oui oui oui ! Ben, y'a beaucoup de clients qui sont devenus des amis, hein, par le biais de la librairie&#8230; Alors l&#224;, on&#8230; on parle la m&#234;me langue, hein, on se trouve des affinit&#233;s et puis c'est un peu, comment dire&#8230; c'est pas une rencontre amoureuse, mais enfin autour du livre &#231;a rapproche quand m&#234;me les gens, quoi. Ah ben, c'est tr&#232;s important, oui. Oui parce que sinon, maintenant, vous voyez, on vend &#233;norm&#233;ment de choses par Minitel parce que la client&#232;le internationale, bon, on la touche gr&#226;ce &#224; &#231;a. Alors, mais c'est un peu dommage parce que on passe des fois des dizaines d'ann&#233;es pour trouver le bouquin qui va bien, et clac ! Arrive un gros marchand am&#233;ricain avec son ch&#233;quier, on sait m&#234;me pas d'o&#249; y sort, y vous le commande et&#8230; et voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a-t-elle &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ! Malheureusement non. Pas assez, pas assez, non non ; une client&#232;le vieillissante, de notables, hein, mais qui vieillissent, et&#8230; le renouvellement n'est pas, euh&#8230; y'a pas un un jeune client qui va remplacer un vieux, hein. On va perdre quatre vieux ou cinq clients pour un jeune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et selon vous, peut-on dire que les gens lisent moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, ils lisent beaucoup moins, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres libraires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, sans cesse, sans cesse, quotidiennement, oui. Oui oui, on &#233;change des informations au sujet des livres, au sujet des clients, au sujet du march&#233;. Et puis on travaille beaucoup, beaucoup ensemble, c'est-&#224;-dire que&#8230; moi j'ai un type de client&#232;le, donc certains types de livres qui vont se retrouver chez quelqu'un qui n'a pas ce type de client&#232;le, je vais lui acheter et vice versa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; est-elle en expansion ou en diminution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En diminution, en diminution, oui oui, en diminution de fa&#231;on tr&#232;s sensible. Ceci &#233;tant dit, y'a toujours des clients pour les tr&#232;s belles choses, voil&#224;, mais &#231;a devient tr&#232;s difficile, les livres moyens se vendent tr&#232;s difficilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est l'impact de la vente de livres sur Internet ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ben, c'est en train de tuer les boutiques, tout simplement, euh&#8230; D'abord les gens qui nous amenaient les livres avant, bon ben, y vont sur les sites de ventes aux ench&#232;res, genre Ebay et puis y les vendent eux-m&#234;mes, &#231;a leur&#8230; Et puis c'est un passe-temps plut&#244;t rigolo, &#231;a les amuse, y voient : &quot;Tiens&quot;, et puis les prix montent, bon, et je peux les comprendre, hein, euh&#8230; Mais, mais d'un autre c&#244;t&#233;, le moindre livre&#8230; moi y'a des livres, je&#8230; pff&#8230; que je pensais &#234;tre le seul &#224; avoir, eh ben quand on se branche sur Internet, on s'aper&#231;oit que tous les livres que j'ai, quasiment, on les trouve sur Internet, quoi, et parfois moins chers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment vous adaptez-vous &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, je suis aussi sur Internet, hein. Mon catalogue est en ligne, oui oui. Je suis d'ailleurs le premier en France, hein, &#224; avoir mis un catalogue en ligne ! &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait le minitel. &lt;a href='http://www.cazitel.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;cazitel.com&lt;/a&gt; c'est mon site &#224; moi, et apr&#232;s je fais des exports sur les sites g&#233;n&#233;ralistes genre Livre-Artbook ou &lt;a href='http://www.abebook.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;AbeBook&lt;/a&gt; o&#249; l&#224; nous sommes des dizaines de libraires, mais j'ai mon site &#224; part aussi, o&#249; tous les livres sont photographi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La librairie vous permet-elle de vivre correctement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis infirmier aussi &#224; c&#244;t&#233;. Oui, parce que c'est un m&#233;tier qui nourrit pas son homme, hein. Ah ! Non, pas du tout. Non, c'est une danseuse. Quelqu'un qui veut se monter aujourd'hui, il n'y arriverait pas. &#199;a lui co&#251;terait m&#234;me en argent pour un revenu qui serait assez faible, donc c'est un m&#233;tier qui va dispara&#238;tre, donc &#231;a restera entre quelques grands marchands parisiens ou &#233;trangers et puis voil&#224;, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous en m&#233;moire une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais des anecdotes, cher monsieur, y'en a tout un tas, c'est sans cesse, c'est sans cesse ! Enfin moi, celle qui m'a touch&#233; le plus de pr&#232;s, si vous vous voulez, c'est que y'a une trentaine d'ann&#233;es en arri&#232;re - non, peut-&#234;tre pas tant, vingt-cinq ans - euh&#8230; j'avais achet&#233; dans un h&#244;tel des ventes qui n'existe plus, qui &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; d'ici, l&#224;, rue&#8230; je me rappelle plus, enfin un peu plus loin et, euh&#8230; j'avais achet&#233; un livre avec ma fianc&#233;e de l'&#233;poque et on &#233;tait contents d'avoir ce livre, bon. Et puis, y'a quelques ann&#233;es j'ai &#233;t&#233; rattrap&#233; par les imp&#244;ts parce que j'&#233;tais parti un an &#224; l'&#233;tranger sans payer d'imp&#244;ts, que quand je suis revenu, y m'attendaient. Donc j'ai d&#251; vendre ma biblioth&#232;que, j'ai vendu tous mes livres et - je me suis s&#233;par&#233; bien s&#251;r de la fille en question - et ce livre est parti avec ma biblioth&#232;que, bon, je l'ai vendu et j'ai toujours regrett&#233; ce livre, toujours. Je dis : &#171; &lt;i&gt;Merde, c'&#233;tait un souvenir de quelqu'un que j'avais aim&#233;&lt;/i&gt; &#187;, euh&#8230; Et un jour, y'a deux ans de &#231;a en arri&#232;re, je vais au Cours Julien et clac ! A dix m&#232;tres, qu'est-ce que je vois dans les rayons d'un bouquiniste qui vendait sur le march&#233; ? &#199;ui-l&#224;, ce livre-l&#224;, celui que j'avais achet&#233; avec mon amie de l'&#233;poque ! Alors du coup je l'ai achet&#233;, bien s&#251;r, et je l'ai remis chez moi et maintenant je le vendrai plus (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom de votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Alors l&#224;, &#231;'a &#233;t&#233; une prise de t&#234;te terrible, on a travaill&#233; &#224; plusieurs pendant des jours et des jours et en fait, c'est une copine qui&#8230; &#171; Tir&#233; &#224; part &#187;, en fait c'est un terme de bibliophilie qui&#8230; comment expliquer &#231;a&#8230; un tir&#233; &#224; part c'est une partie d'ouvrage qui a un caract&#232;re particulier, soit important, soit anecdotique, donc qui justifie qu'y soit isol&#233; de l'ouvrage g&#233;n&#233;ral auquel il appartient, et on le propose ainsi. Voil&#224;, par exemple si y'avait un bouquin sur les mollusques et puis qu'on dise : &#171; Tiens - je sais pas moi - la palourde du Frioul, on va faire&#8230; &#187;, voil&#224;, on sort, si vous vous voulez, la palourde du Frioul et on le tire &#224; part, voil&#224;. Et bon, comme je suis un peu&#8230; y'a une esp&#232;ce de petit jeu de mot &#224; connotation vaguement grivoise aussi, donc &#231;a amusait beaucoup cette amie et je trouvais que &#231;a correspondait bien avec ma grande gueule, donc pourquoi pas, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et si c'&#233;tait &#224; refaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah je recommencerais, mais beaucoup plus t&#244;t, ouais ouais. Ouais, j'ai perdu du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 01/08/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Transport d'auteur</title>
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		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Extrait de l'ouvrage d'Andr&#233; Suar&#232;s : &quot;Marsiho&quot;. 1933.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/le-tramway-autrefois/" rel="directory"&gt;Le tramway autrefois&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur marseillais Andr&#233; Suar&#232;s (1868-1948) d&#233;peint dans les ann&#233;es trente sa ville, ses m&#339;urs, ses usages. Dans le Chapitre II de son ouvrage &quot;Marsiho&quot;, il s'attarde, un passage, sur le tramway. Mise en sc&#232;ne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur une petite place, la foule se lance &#224; l'assaut des trams. On crie, on rit, on se d&#233;m&#232;ne. Les enfants piaillent ; des m&#232;res leur r&#233;pondent avec fr&#233;n&#233;sie. Deux bonnes vieilles, le ch&#226;le en pointe dans le dos, ont peur et s'appellent en proven&#231;al. La douce brise de la mer caresse les cheveux des femmes et fait frissonner leurs jupes. Les comm&#232;res bavardent en cherchant le marche-pied ; et plus d'une continue de parler que personne n'&#233;coute. Les voitures portent des grappes humaines, accroch&#233;es aux piliers de fer, pendues &#224; la plaque d'arri&#232;re ; des hommes assis ou debout sur le degr&#233;, sur les moindres saillies. Il y en a qui visent le toit, avec l'id&#233;e d'y grimper. Ni ordre, ni rangs, ni souci du nombre ou d'une r&#232;gle quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les receveurs n'y donnent plus la moindre attention. A peine un coup d'oeil, et ils haussent les &#233;paules. Ou bien ils rient : &#171; H&#233; va&#239; ! C'est des gensses qui sont press&#233;s. B&#233; ! Qu'ils s'arrangent ! &#187; Ils n'ont pas toujours &#233;t&#233; au service de la Compagnie ; ils ont &#233;t&#233; au public, ils ont voyag&#233;, eux aussi, pour leur compte. &#171; H&#233; va&#239; ! &#187; Quand la voiture s'&#233;branle, le conducteur &#224; l'avant est coinc&#233; de si pr&#232;s entre les passagers, qu'il doit leur bourrer quelques bons coups de coude pour manoeuvrer le volant. D'ailleurs, sans aigreur ni r&#233;elle violence ; il est plut&#244;t d'une patience un peu brutale, inalt&#233;rable et bien marseillaise toutefois. Si ce n'est celui de Paris, nul peuple n'est plus humain. On part. &#171; Ha, ha ! &#187; s'exclame-t-on sur les banquettes. &#171; Es pas trop l&#233;o&#249; ! Ce n'est pas trop t&#244;t. - V&#233;, mettez toi l&#224;, Z&#233;phyrin. Poussez pas. Reste tranquille, tu comprends ? Tu manzeras tout &#224; l'heure. H&#233;, ta&#239;sa-ti, ronflon ! Poussez pas, que je vous dis ! Et o&#249; voulez-vous que je le cache, cet enfant ? dans ma poche ? - Qu'il est le v&#244;tre ou le mien ? - Vous &#234;tes gu&#232;re poli, vous, si vous voulez que je vous le dise, gu&#232;re aimable. - Je l'ai pas fait avec vous. - Allez, il serait encore en route, malhonn&#234;te, mariasse. &#187;
&lt;br /&gt;Mille invectives contre la compagnie, contre le prix des places, contre le maire et son conseil de favouilles et de gobis, contre l'Etat, contre l'Europe. Et le tout, en riant.
&lt;br /&gt;Gens de mer, argile rouge ou brique ; gens de commerce et de bureau, argile grise ; Levantins, vieille chique. Les filles blanches de poudre, les joues et le menton de pl&#226;tre, les yeux au charbon, la bouche en figue qui s'ouvre, saignante ; elles marchent, et l'on sent le sillon humide qui sinue sous bois entre leurs cuisses. Et les ruffians, plus p&#226;les que les hommes de peine et de travail, la peau brillante et ras&#233;e de pr&#232;s, la cigarette au coin droit de la bouche, l'oeil fort et louche, le foulard au cou, les cheveux noirs coll&#233;s sur le cr&#226;ne en bonnet de laque, vont et filent du pas allong&#233; et paresseux &#224; la fois des gu&#233;pards.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Marsiho&quot; : p21-23, chapitre II ; &#233;ditions Grasset (6&#232;me ed.) ; achev&#233; d'imprimer le 15 mai 1933.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Toucher le tri du doigt</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/toucher-le-tri-du-doigt</link>
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		<dc:date>2008-10-06T06:53:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;lestin Karera</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>034. Endoume</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour le particulier malvoyant, trier ses d&#233;chets peut &#234;tre simple &#224; domicile mais se complique &#224; l'ext&#233;rieur : adaptations requises.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/endoume" rel="tag"&gt;034. Endoume&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s avoir tri&#233; le contenu de ses poubelles et l'avoir transport&#233; jusqu'au conteneur, encore faut-il pouvoir identifier ce dernier ; la pratique de gestion des d&#233;chets dans laquelle s'inscrivent au quotidien ces gestes environnementaux est-elle accessible &#224; un habitant atteint de d&#233;ficience visuelle ? R&#233;sidente du quartier d'Endoume, Marie-Pierre Louberg&#233;, quarante-trois ans, t&#233;l&#233;-conseill&#232;re dans une compagnie d'assurance, veut accomplir son devoir &#233;colo : besoin de rep&#232;res.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Vous faites le tri de vos d&#233;chets m&#233;nagers ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#201;tant donn&#233; mon handicap visuel, je fais uniquement le tri de des bouteilles, du verre, du papier ; &#231;a oui, je tiens &#224; le faire malgr&#233; mon handicap. Malheureusement, pour le reste, on ne m'a pas donn&#233; les moyens de le faire, donc je ne le fais pas ! Et si un jour &#231;a vient, il faudrait quelque chose pour identifier dans quelle poubelle mettre quel type d'objet parce qu'en ne voyant pas les couleurs, il faut des rep&#232;res qu'on puisse toucher avec les doigts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels types de d&#233;chets produisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! beaucoup de papiers, des bo&#238;tes de conserve, des emballages des traiteurs quand j'y vais, des petits emballages de surgel&#233;s... quand on nous redonne le linge qu'on apporte &#224; nettoyer, on le met dans des sacs en plastique, quelquefois des porte-manteaux qui ne sont pas jolis, enfin, un peu vari&#233;, comme tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos motivations pour pratiquer le tri s&#233;lectif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est surtout de prot&#233;ger l'environnement, comme on nous le dit et apr&#232;s tout, &#231;a co&#251;te pas tr&#232;s cher de le faire. Moi, j'ai la chance d'avoir un container pas loin de chez moi, donc c'est facile. Et puis c'est tellement bien, de participer aux aux choses civiques, et on nous dit que c'est un devoir, je le fais volontiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand en avez-vous pris l'initiative ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais depuis trois, quatre ans, depuis que j'ai connu celui (ndlr : le conteneur) de la rue d'Endoume.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez &#233;t&#233; aid&#233;e dans cette d&#233;marche ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des voisins et ma maman, &#224; l'&#233;poque, m'ont dit que &#231;a existait, donc j'ai demand&#233; o&#249; &#233;tait le container et &#224; partir de ce moment-l&#224;, j'y suis all&#233;e r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le tri s&#233;lectif vous a demand&#233; des am&#233;nagements ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui et non, parce que j'ai une poubelle pour des choses courantes, par contre j'ai un panier o&#249; je jette sp&#233;cifiquement tout ce qui est papier, verre, bouteilles en plastique, comme &#231;a quand je veux aller au container, tout est d&#233;j&#224; dans le panier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Trier les d&#233;chets repr&#233;sente une contrainte de temps ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi seule, comme je marche pas vite, &#231;a me prend dix minutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et un un co&#251;t financier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non non non ! Pas du tout ! La seule chose que je demande &#224; quelqu'un quelquefois, en fonction du container o&#249; je vais, c'est de m'aider &#224; traverser ou &#233;ventuellement, si le panier est tr&#232;s lourd, de le porter, sinon j'ai rien &#224; payer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quel rythme jetez-vous vos poubelles ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est tr&#232;s variable, &#231;a d&#233;pend des d&#233;chets que j'ai ; en gros, une &#224; deux fois par semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle distance se trouvent les conteneurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Entre deux et trois cent m&#232;tres, je sais pas, peut-&#234;tre que je me trompe parce que je vois pas !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous connaissez les mat&#233;riaux recyclables ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;L&#224;, c'est non ! Pas tous...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les avantages du tri des d&#233;chets m&#233;nagers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les avantages ? D'abord, &#231;a prot&#232;ge la nature et &#231;a permet aussi de ne pas mettre tout &#231;a ensemble, que certaines choses se d&#233;gradent plus vite que d'autres, donc... C'est plus facile apr&#232;s de trier, quand il y a du moyen de faire du tri, c'est plus facile de ne pas tout m&#233;langer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; d&#233;posez-vous les encombrants ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les encombrants, ce sont des lits cass&#233;s, des tables... Ouh ! C'est tr&#232;s mal, je mets &#231;a &#224; la rue sur le trottoir ; ah ! Je reconnais que c'est tr&#232;s mal, mais ne sais pas comment faire autrement !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en contact avec les entreprises impliqu&#233;es dans le circuit ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pas du tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous informez-vous sur le tri s&#233;lectif ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Hum... l'information, ce sont des gens qui me le disent ou qui me le lisent dans le journal, ou quelquefois je lis &quot;Accent&quot; du Conseil G&#233;n&#233;ral, qui est transcrit en braille, qui peut &#233;ventuellement donner des informations. C'est surtout par des voisins et par des gens que je connais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous suffisamment inform&#233;e sur le tri des d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, il n'y a pas beaucoup d'information l&#224;-dessus et finalement, c'est souvent par hasard que j'apprends qu'&#224; tel endroit et tel endroit, d'autres containers sont mis en place. Ils devraient le dire &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;, &#233;ventuellement dans les journaux pour les personnes qui voient, d&#233;j&#224;. Et on pourrait bien faire des r&#233;unions de quartier, comme il y en avait quelquefois &#224; une &#233;poque, dans un petit bar de la rue de Caves, justement &#224; propos de recyclage ; mais j'ai pas l'impression que &#231;a va aller bien plus vite. Je suis assez pessimiste !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos impressions sur le dispositif du tri depuis sa mise en place &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je ne sais pas du tout ; j'ai l'impression que le dispositif ne marche pas tr&#232;s vite, parce que bon, dans mon quartier, j'ai de la chance, j'en connais deux mais il y a beaucoup d'endroits o&#249; il n'y en a pas ou tr&#232;s peu, donc j'ai impression que &#231;a avance pas vite du tout !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Sensibilisez-vous vos voisins et vos connaissances au tri s&#233;lectif ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a peut m'arriver, oui ; pas tr&#232;s souvent, mais &#231;a m'est d&#233;j&#224; arriv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment r&#233;agissent-ils ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Heu... pas toujours bien ! Un jour, je me suis fait vraiment gronder par quelqu'un qui me disait : &#171; Mais vraiment, vous pouvez pas aller au vide-ordure ?Qu'est-ce que vous vous cassez la t&#234;te &#224; faire &#231;a ? &#187; G&#233;n&#233;ralement, les gens ne me disent rien, ou : &#171; Bon, vous vous cassez la t&#234;te pour rien, ce n'est pas utile ! &#187; Tr&#232;s souvent, j'ai pas une bonne r&#233;ponse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En dehors du tri, quels gestes &#233;cologiques accomplissez-vous dans la vie courante ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Hum... par exemple, il y a la bonne gestion de l'eau : quand je fais la vaisselle ou quand je me lave, je fais attention de ne pas faire couler l'eau trop longtemps et quand je vais aux toilettes, je fais attention de ne pas tirer la chasse trop fort ; &#224; part &#231;a, je ne vois pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles am&#233;liorations n&#233;cessite le dispositif de tri des d&#233;chets &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ce que je proposerais - ce qui est un peu difficile pour les appartements, je le &lt;span class='spip_document_3376 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L200xH124/3B1b_-_na15_2441955_1_px_470_-d0545.jpg' width='200' height='124' alt=&quot;&quot; style='height:124px;width:200px;' /&gt;&lt;/span&gt;reconnais - c'est qu'on mette des poubelles de formes diff&#233;rentes ou avec des points dessus, que les malvoyants puissent reconna&#238;tre plus facilement. Ou alors, que les gros containers soient &#233;quip&#233;s de petites am&#233;liorations qu'on puisse toucher, ou diff&#233;rencier par la forme ou autre, parce que moi je ne vois pas du tout, donc il me faut vraiment des rep&#232;res de forme ou des petits points que je puisse toucher avec mes doigts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;lestin Karera le 10/03/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;span class='spip_document_3376 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L200xH124/3B1b_-_na15_2441955_1_px_470_-d0545.jpg' width='200' height='124' alt=&quot;&quot; style='height:124px;width:200px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Station Littoral</title>
		<link>http://www.koinai.net/vis-ma-ville/serial-photo/article/station-littoral</link>
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		<dc:date>2009-06-04T23:41:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Muratore, Josefa Lopez, Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>portfolio</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>Quelques clich&#233;s pris sur le vif, dans une station service connue de tous les automobilistes marseillais &#8230; Bribes de vie, instants vol&#233;s, au hasard d'une journ&#233;e pass&#233;e en compagnie des acteurs quotidiens du lieu &#8230;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques clich&#233;s pris sur le vif, dans une station service connue de tous les automobilistes marseillais &#8230; Bribes de vie, instants vol&#233;s, au hasard d'une journ&#233;e pass&#233;e en compagnie des acteurs quotidiens du lieu &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sainte Lucie et l'Hippocampe</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/sainte-lucie-et-l-hippocampe</link>
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		<dc:date>2008-01-23T10:58:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Vieux Port</dc:subject>
		<dc:subject>Courage</dc:subject>
		<dc:subject>P&#234;che</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sur le Vieux-Port, pageots, galinettes, rougets grondins et poissons volants : march&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/marche" rel="tag"&gt;March&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/vieux-port" rel="tag"&gt;Vieux Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En sa dix-huiti&#232;me ann&#233;e, sit&#244;t apr&#232;s avoir rencontr&#233; son mari, patron p&#234;cheur de p&#232;re en fils, Dominique Esposito, 50 ans, a arr&#234;t&#233; ses &#233;tudes et s'est mise &#224; son &#233;tal aux couleurs vives et aux reflets moir&#233;s, sur le Vieux-Port de Marseille : &#171; &lt;i&gt;Ah oui ! Y'a une ambiance particuli&#232;re, sur le port. B&#232;, c'est li&#233; &#224; l'esprit du march&#233;, &#224; la tradition surtout aussi : les gens aiment bien la tradition de la vente du poisson. C'est un peu sp&#233;cial, &#231;a se passe qu'ici, quoi.&lt;/i&gt; &#187; Au rythme du cri des mouettes, du chant des m&#226;ts et du bruit des chalands, la voix de la poissonni&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment se sont pass&#233;s les d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; &#231;'a &#233;t&#233; tr&#232;s agr&#233;able, &#231;a m'a fait du bien. Je m'y suis fait de suite, c'&#233;tait tr&#232;s bien, &#224; l'&#233;poque, &#231;a marchait beaucoup mieux que maintenant, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels poissons vendez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; la sole, le merlan, c'est les plus ; la baudroie, les bons poissons, les loups, les daurades aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avec mon mari, c'est tout. Moi, je commence &#224; travailler vraiment ici &#224; partir de dix heures, jusqu'&#224; une heure. Si c'est beau temps, oui, quand c'est mauvais temps on se repose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a beaucoup de fid&#232;les, personnes &#226;g&#233;es, souvent, qui viennent depuis quelques ann&#233;es, quand m&#234;me. Y'en a quelques-uns depuis le d&#233;but, oui. Y'en a que si j'ai pas de poissons, y s'en vont, y z'ach&#232;tent pas ; pas tous, mais quelques uns. Des touristes, non, y z'ach&#232;tent pas de poisson. B&#232; non, parce qu'ils sont &#224; l'h&#244;tel, &#224; part ceux qui louent mais c'est tr&#232;s rare. Voil&#224;, que des Marseillais, &#224; part les porte-bonheur, oui, &#231;a on les vend aux touristes. C'est &lt;a href='http://www.marseille-sympa.com/saintelucie.html' class='spip_out' rel='external'&gt;l'&#339;il de Sainte Lucie,&lt;/a&gt; c'est les porte-bonheur des p&#234;cheurs et nous, les p&#234;cheurs marseillais, on met &#231;a dans le porte-monnaie et avec &#231;a on a de l'argent toute l'ann&#233;e. C'est &#224; 2 &#8364; pi&#232;ce et 1 &#8364; les petites, et &#231;a s'offre comme porte-bonheur ou &#231;a se monte en bijoux. C'est la porte de l'escargot de mer, c'est l'opercule, en fait, la protection pour pas se faire manger. En fait, l'escargot de mer, le vrai nom, c'est le turbo. &#199;a se mange bouilli, oui, tout &#224; fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se comportent les touristes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! C'est assez agr&#233;able : ils posent beaucoup de questions, y z'aiment bien regarder, h&#232;. &#199;a fait du mouvement, mais &#231;a fait pas de la client&#232;le, non. L'animation, c'est tout, et des photos : on voyage beaucoup avec les touristes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il d'avoir des clients r&#226;leurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh oui !&#8230; H&#232;&#232;&#232; ! on essaie de supporter ; y'en a qui les envoient pa&#238;tre, moi non, j'envoie pas balader. B&#232;, j'essaye de supporter, quoi, parce que y'en a que vraiment y sont p&#233;nibles, ils en profitent de la concurrence, je vous le dis, h&#232; (rire) : baisser les prix, oh l&#224; l&#224; ! Y viennent une fois, deux fois, trois fois, oui oui, ils esp&#232;rent qu'on craque, des fois on craque parce qu'on veut vendre et ils le savent. C'est un article qui peut pas se conserver, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vendez tout le poisson de la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On essaye de le vendre dans la journ&#233;e, h&#232;. Des fois, &#231;a arrive qu'on en ram&#232;ne, on le brade le lendemain mais bon, dans l'ensemble je finis tous les jours, j'ai pas des grosses grosses quantit&#233;s. L&#224; y'a des pageots, &#231;a, c'est la galinette, des rougets grondins, poissons volants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la saison la plus fructueuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;t&#233;, en principe. Cet &#233;t&#233;, mois d'ao&#251;t on a bien travaill&#233;. Oui, quand y sont en vacances, y cuisinent un peu plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre poisson pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi ? J'aime bien le turbot, la sole, le loup, les daurades, aussi&#8230; Le Saint-Pierre, c'est pas mal aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes c'est le temps, surtout, on d&#233;pend tout le temps du temps. On a pas de dimanche, s'il fait beau temps il faut y aller parce que tant, le lundi, le mardi y fait mauvais temps, donc pour nous y'a pas de poissons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous portez une tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh non, on est surtout &#224; l'aise : on se couvre bien l'hiver, et un bon tablier pour bien se prot&#233;ger. Le tablier noir, c'est pour mettre les sous (rire) ! On essaye de le remplir quand on peut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; est salissante ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; oui, l&#224; on est oblig&#233; de se doucher, de laver les v&#234;tements tous les jours, on a pas le choix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s faut-il pour &#234;tre vendeuse de poissons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut avoir beaucoup de patience, parce qu'ici les clients ils sont parfois casse-pieds (rire) : ils marchandent, ouh l&#224; l&#224; ! Ils r&#233;fl&#233;chissent beaucoup avant d'acheter, maintenant. Beaucoup de relationnel, et puis y'a la concurrence, sur les prix, il faut faire attention &#224; la vente, toujours aux aguets (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre meilleure recette de poisson ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une bouillabaisse de calamars, avec des gambas : &#231;a fait comme un velout&#233;, c'est d&#233;licieux. Je fais revenir les oignons, tomates, fenouil, l'ail, les calamars, quand les calamars commencent un peu &#224; s'attendrir je mets un peu d'eau avec des pommes de terre, du safran, je fais cuire &#224; petit feu mes pommes de terre avec ces tomates et le safran et au dernier moment, je mets les gambas et voil&#224; : tout ensemble, c'est d&#233;licieux, tr&#232;s tr&#232;s bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! C'est le contact avec les gens, la libert&#233; de choisir si on veut travailler ou pas, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et qu'est-ce qui vous pla&#238;t le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le moins, c'est supporter un peu la difficult&#233; de la vente : maintenant &#231;a devient dur&#8230; Ouais, les femmes qui travaillent, elles ont de moins en moins de temps de cuisiner le poisson, elles font des trucs vite faits ou elles vont au restaurant. La femme d'aujourd'hui cuisine beaucoup moins qu'avant ; c'est normal, on la comprend, elle travaille toute la semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les difficult&#233;s de la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La vente, c'est le pire. Le froid aussi, h&#232;. Nous encore, l'hiver - main'ant on a un &#226;ge o&#249; on travaille beaucoup moins - quand il fait vraiment froid on travaille plus. Oui, nous on est &#224; la retraite, en fait, les p&#234;cheurs ont droit de travailler encore apr&#232;s la retraite, nous on travaille mais plus cool. &#199;a permet d'arrondir la retraite parce qu'on a qu'une retraite pour deux, et puis la femme elle a toujours travaill&#233; avec le mari, elle a pas de retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous depuis vos d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Surtout la vente qui a beaucoup diminu&#233;. La p&#234;che aussi, parce qu'au d&#233;but, admettons il fallait caler vingt pi&#232;ces de filet, maintenant pour s'en sortir y faut en caler cinquante et y'en a qui en calent cent, cent cinquante pi&#232;ces pour arriver &#224; s'en sortir. &#199;a veut dire jeter les filets &#224; la mer, tant de pi&#232;ces pour caler. Deux, trois fois plus de filets qu'&#224; l'&#233;poque quand j'ai commenc&#233;, pour arriver &#224; faire des p&#234;ches &#224; peu pr&#232;s similaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie au port, &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; j'aime bien, c'est ma ville, j'y suis attach&#233;e, je suis n&#233;e ici et voil&#224;, je peux pas m'en passer, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#199;a peut arriver qu'y ait des disputes sur le port, &#231;a crie un peu (rire), &#231;a met un peu d'ambiance : &#231;a explose, apr&#232;s &#231;a s'arr&#234;te. On a le plaisir de voir passer des artistes de temps en temps &#231;a, &#231;a fait plaisir : Les Inconnus, une fois, qui on a vu ? L&#224; je me souviens plus, on en a tellement vus&#8230; Sophie Davant, une fois est venue aussi. Ils viennent comme &#231;a, pour regarder la vente du poisson. Et puis, b&#232; y'a des gens qui passent, qui disent mettons, &#224; leurs petits-enfants : &quot;&lt;i&gt;Oh ! Regarde, &#231;a c'est de la daurade&lt;/i&gt;&quot; alors que c'est du maquereau, &#231;a c'est marrant (rire) ! On sait pas si on doit leur dire ou pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous-m&#234;me, vous p&#234;chez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a m'arrive de temps en temps, je vais avec mon mari. J'adore &#231;a, quand il fait beau, oui. Ah ! B&#232; je vais avec mon mari et on &#233;tale les filets, bon, moi je m&#232;ne le bateau&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le nom de &quot;L'Hippocampe&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232; parce que on aime bien les hippocampes, tout simplement (rire) ! On collectionne les hippocampes, on adore &#231;a. Pas les vrais, y'en a plus, ici, mais &#224; l'&#233;poque on les trouvait dans les filets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si c'&#233;tait &#224; refaire, vous referiez ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, oui, ce serait main'ant, franchement non, c'est trop dur. Se lancer &#224; l'&#233;poque qu'on est, faut avoir du courage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel conseil adressez-vous aux jeunes qui d&#233;butent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, de travailler &#224; fond pour arriver &#224; s'en sortir, faut pas l&#226;cher le morceau, h&#232;, ou alors changer de m&#233;tier, mais bon ce serait dommage, quoi. &#192; Marseille, on a la chance d'avoir le poisson vivant, c'est quand m&#234;me quelque chose de bien, et puis c'est naturel, en plus. Je leur souhaite beaucoup de courage et j'esp&#232;re que &#231;a ira mieux mais, vu le prix du gasoil et la vente comme elle devient, la p&#234;che ce qu'elle devient, &#231;a va &#234;tre dur pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et apr&#232;s vous, il y aura la rel&#232;ve ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas de chez nous, non&#8230; pas de rel&#232;ve. H&#232;&#232;&#232; ! Y'a mon fils qui vient un petit peu en ce moment mais bon, je pense pas qu'il ait envie de continuer. C'est dur, y'a pas de dimanche, les jeunes y z'ont du mal &#224; s'y habituer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 2/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Laurent Dumoulin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sacs jaunes-sacs noirs</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Larousse</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<description>&#171; Parmi tous les produits qui sont issus de l'h&#244;pital, tous les produits de laboratoire sont trait&#233;s mais la plupart du temps ils ne sont pas recycl&#233;s, c'est &#224; signaler. Y'a quand m&#234;me un probl&#232;me vis-&#224;-vis des d&#233;chets hospitaliers : la contamination ; donc on n'peut pas se permettre de r&#233;cup&#233;rer, disons, des mati&#232;res premi&#232;res qui sont contamin&#233;es. Quand vous voyez une seringue, hop ! Vous avez le r&#233;flexe : &quot;Ah ! C'est dangereux !&quot; &#187; Jean N'Kaoua, 60 ans, ing&#233;nieur en chef de la Cellule S&#233;curit&#233; Sanitaire (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Parmi tous les produits qui sont issus de l'h&#244;pital, tous les produits de laboratoire sont trait&#233;s mais la plupart du temps ils ne sont pas recycl&#233;s, c'est &#224; signaler. Y'a quand m&#234;me un probl&#232;me vis-&#224;-vis des d&#233;chets hospitaliers : la contamination ; donc on n'peut pas se permettre de r&#233;cup&#233;rer, disons, des mati&#232;res premi&#232;res qui sont contamin&#233;es. Quand vous voyez une seringue, hop ! Vous avez le r&#233;flexe : &quot;&lt;i&gt;Ah ! C'est dangereux !&lt;/i&gt;&quot; &#187; Jean N'Kaoua, 60 ans, ing&#233;nieur en chef de la Cellule S&#233;curit&#233; Sanitaire aux h&#244;pitaux de Marseille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Les d&#233;chets hospitaliers sont-ils classifi&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au niveau des d&#233;chets hospitaliers, on consid&#232;re qu'il y a deux grandes cat&#233;gories de d&#233;chets : ce qu'on va appeler les DASRI (d&#233;chets d'activit&#233;s de soins &#224; risques infectieux) et les autres, qu'on a appel&#233;s DAOM (ordures m&#233;nag&#232;res) ou hors DASRI. Dans les hors DASRI, consid&#233;r&#233;s comme des d&#233;chets industriels compte tenu du volume qui est produit, vous avez tout ce qui est d&#233;chets industriels banals (DIB) et d&#233;chets industriels sp&#233;ciaux (DIS) &#224; caract&#232;re polluant ou dangereux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui a pris la d&#233;cision de cette classification ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; prise en commune mesure avec les services de soins, avec le CLIN (Comit&#233; de Lutte des Infections Nosocomiales) et avec nous (la Cellule de S&#233;curit&#233; Sanitaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous nommer ces d&#233;chets non recyclables que vous appelez DASRI ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les DASRI sont r&#233;partis en d&#233;chets solides : le mat&#233;riel de soin, les seringues, les tubulures, les perfuseurs, les sondes, les pansements, les compresses, les couches, les changes, et cetera, en d&#233;chets coupants, piquants et tranchants qui vont aller dans des collecteurs &#224; aiguilles : les bistouris, les cath&#233;ters, les aiguilles, les lames, les ampoules, tout ce qui peut blesser, et en troisi&#232;me cat&#233;gorie vous avez les d&#233;chets liquides qui vont dans ce qu'on appelle le carton double : les poches &#224; urine, les pr&#233;l&#232;vements biologiques, les pi&#232;ces anatomiques non identifiables, et cetera. Tous les d&#233;chets anatomiques sont incin&#233;r&#233;s dans le cr&#233;matorium de la ville de Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand triez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le tri, c'est un grand mot, on peut le faire plus ou moins fin. Dans les services de soins on ne m&#233;lange pas, par exemple, la ferraille avec les cartons, mais on n'a pas pour autant tri&#233; correctement les DASRI. Aujourd'hui, et ce n'est qu'&#224; partir de cette ann&#233;e o&#249; on commence vraiment &#224; trier ce qui sort des unit&#233;s de soins, on a d&#233;fini quels sont les DASRI par rapport &#224; tout ce qui ne l'&#233;tait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un espace r&#233;serv&#233; o&#249; vous stockez les d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a une production au niveau des services. Dans chaque service on a un local &#224; d&#233;chets qui est r&#233;glementaire, dans lequel on a un container plastique jaune pour les DASRI, gris pour les non DASRI. La personne qui va porter ses d&#233;chets dans ce local va les mettre dans le container appropri&#233;. On a une &#233;quipe de collecteurs de ces containers qui va tous les jours deux fois par jour dans les services r&#233;cup&#233;rer ces containers pour les descendre au rez-de-chauss&#233;e et les tracter jusqu'&#224; l'aire &#224; d&#233;chets hospitali&#232;re. Quand le container plastique ou aluminium arrive &#224; l'aire &#224; d&#233;chets, il passe devant une borne de d&#233;tection de radioactivit&#233; et s'il est d&#233;tect&#233; radioactif, le container est mis de c&#244;t&#233; en d&#233;croissance radioactive sur une petite surface de l'aire. Cette proc&#233;dure a &#233;t&#233; mise en place pour ne pas envoyer sur les aires d'&#233;pandage ou dans les usines d'incin&#233;ration des containers radioactifs. On veut contr&#244;ler notre d&#233;chet. En bref on a, dans l'unit&#233;, le local &#224; d&#233;chets, ensuite on a un acheminement du local &#224; d&#233;chets jusqu'&#224; l'aire &#224; d&#233;chets de l'h&#244;pital o&#249; tous les containers sont stock&#233;s. Cette aire &#224; d&#233;chets hospitali&#232;re comporte plusieurs &#233;l&#233;ments : les compacteurs dans lesquels on va transvider les DAOM des containers plastiques pour les compacter puis ensuite pour les envoyer au centre d'enfouissement, une unit&#233; de lavage pour laver ces containers en plastique - &#231;a c'est tr&#232;s r&#233;cent, &#231;a date d'un an &#224; peu pr&#232;s - et une aire de stockage des containers aluminium pleins qui sont en attente d'&#234;tre &#233;vacu&#233;s sur l'usine d'incin&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'articule la cha&#238;ne du tri ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#232;s la production du d&#233;chet, on va essayer de s&#233;parer les diff&#233;rents d&#233;chets. Le personnel entrepose le d&#233;chet dans un sachet jaune pour les DASRI et sac gris ou noir pour les hors DASRI. Tout &#231;a est collect&#233; par le service int&#233;rieur, par une &#233;quipe sp&#233;cialis&#233;e dans la collecte. Les DASRI vont aller dans des containers en aluminium qui sont &#233;tiquet&#233;s, scell&#233;s, contr&#244;l&#233;s au niveau de la radioactivit&#233; puis entrepos&#233;s sur une plate-forme de d&#233;chets en attente de transfert sur l'usine d'incin&#233;ration. Vous avez une soci&#233;t&#233; sp&#233;cialis&#233;e qui vient faire l'&#233;change containers vides contre containers pleins. Ces derniers sont transport&#233;s vers l'usine de traitement dans les quarante-huit heures. Y'a aussi des d&#233;chets sp&#233;cifiques comme les d&#233;chets de laboratoire qui sont tr&#232;s cibl&#233;s et tr&#232;s surveill&#233;s et qu'on ne peut pas jeter &#224; l'&#233;gout. On a des syst&#232;mes de collecte qui se font dans des bidons et on a une soci&#233;t&#233; - la soci&#233;t&#233; &lt;a href='http://www.tep-france.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;TEP&lt;/a&gt; - qui vient une fois par semaine et qui ramasse tous ces d&#233;chets dans tous les laboratoires. De la m&#234;me mani&#232;re, on a une soci&#233;t&#233; qui vient nous r&#233;cup&#233;rer tout ce qui est d&#233;chets radioactifs et &#231;a repr&#233;sente quelques voyages dans l'ann&#233;e. Les non DASRI, c'est-&#224;-dire les d&#233;chets de bureau et d'activit&#233; h&#244;telier, les restes de repas, les fleurs, les gants de m&#233;nage, chiffonnettes, le linge &#224; usage unique et les pl&#226;tres non souill&#233;s, les emballages de conditionnement de linge et mat&#233;riel st&#233;rile, l'emballage l&#233;ger et souple comme les flaconnages, les sachets, bo&#238;tes, les bouteilles en plastique et cetera, tout &#231;a va dans les sacs gris ou noirs et &#231;a va dans un container plastique pour &#234;tre achemin&#233; dans un compacteur au niveau de l'aire &#224; d&#233;chets dans l'h&#244;pital. Et &#224; partir de l'h&#244;pital, y'a une soci&#233;t&#233; qui va r&#233;cup&#233;rer et qui va l'amener sur une aire d'&#233;pandage. Normalement on devrait avoir un incin&#233;rateur, mais la commune de Marseille - comme tout le monde le sait, les journaux se sont fait &#233;cho - y'a une grande guerre entre les uns et les autres pour savoir si, oui ou non, on va enfin faire un incin&#233;rateur qui va absorber tous ces d&#233;chets qui sont pas des d&#233;chets toxiques ou polluants mais qui, en br&#251;lant, &#233;mettent des fum&#233;es qui selon les uns et les autres sont consid&#233;r&#233;es comme toxiques ou dangereuses. D'autres estiment que l'&#233;pandage sur les zones d'enfouissement provoque des perturbations au niveau de la nappe phr&#233;atique, des envols avec des cons&#233;quences pour l'environnement. Le traitement du d&#233;chet, on lui trouvera toujours quelque chose de nuisible. La seule mani&#232;re de traiter un d&#233;chet d'une mani&#232;re non nuisible, c'est de le recycler, de r&#233;cup&#233;rer la mati&#232;re premi&#232;re et la r&#233;glementation impose d'ailleurs de r&#233;cup&#233;rer tant que faire ce peut. Si vous voulez, on a obligation par la loi d'assurer le traitement du d&#233;chet. Tout producteur de d&#233;chet est propri&#233;taire de son d&#233;chet jusqu'&#224; ce qu'il apporte la preuve comme quoi son d&#233;chet a &#233;t&#233; trait&#233; conform&#233;ment &#224; la r&#233;glementation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aucun composant d'une seringue ne sera recycl&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est simple, il n'y a pas que ce qui est contamin&#233; qui s'appelle DASRI. La notion de d&#233;chets d'activit&#233;s de soins &#224; risques infectieux s'attache &#224; l'objet. Vous pouvez tr&#232;s bien avoir une seringue qui est encore dans son emballage, qui n'a pas &#233;t&#233; sortie du sachet encore scell&#233; et qui est destin&#233;e &#224; &#234;tre jet&#233;e parce que ce type de seringue, on l'utilise plus. On ne peut pas la mettre aux ordures m&#233;nag&#232;res et pourtant elle n'est pas contamin&#233;e, elle est propre et encore st&#233;rile. C'est ce qu'on appelle le &quot;ressenti&quot;, vous avez des d&#233;chets &quot;ressentis&quot;. De la m&#234;me mani&#232;re on peut tr&#232;s bien avoir des lames ou des ampoules st&#233;riles dont on va plus se servir et qui vont aller en DASRI &#224; cause du ressenti &#233;motionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont les mat&#233;riaux recycl&#233;s &#224; l'h&#244;pital ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, la ferraille - les lits, le mat&#233;riel obsol&#232;te - doit &#234;tre recycl&#233;e. Les cartons sont valoris&#233;s selon les h&#244;pitaux et on &#233;vite de les m&#233;langer avec le reste. Disons que &#231;a fait aussi partie du tri dans une fili&#232;re sp&#233;cialis&#233;e. Le papier est recycl&#233; pas d'une mani&#232;re syst&#233;matique dans l'h&#244;pital, mais disons au niveau des gros producteurs comme ici, la Direction G&#233;n&#233;rale o&#249; on a mis en place un recyclage de papier. On r&#233;cup&#232;re syst&#233;matiquement tout le papier usag&#233; et on le recycle. Il faut savoir que ce ne sont pas des op&#233;rations qui sont b&#233;n&#233;fiques pour nous ; le co&#251;t du recyclage ne compense pas le co&#251;t de la r&#233;cup&#233;ration de cette mati&#232;re premi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se g&#232;re la r&#233;cup&#233;ration du papier dans le service administratif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a mis en place un syst&#232;me tr&#232;s simple : dans chaque bureau producteur de papier on a un petit r&#233;cup&#233;rateur - une bannette - le soir quand on s'en va, on prend le papier et on le fout dans la console - c'est un meuble en bois o&#249; y'a une fente, qui se trouve dans les couloirs et une fois par semaine on a une soci&#233;t&#233; qui vient r&#233;cup&#233;rer le contenu des consoles dans le b&#226;timent. Une fois le papier introduit, on ne peut pas le sortir car y'a un probl&#232;me de confidentialit&#233;, c'est ferm&#233; &#224; clef ; apr&#232;s c'est broy&#233; sur place, ici-m&#234;me, par un camion broyeur et tout ce papier est amen&#233; &#224; l'usine de recyclage, &#224; l'usine de traitement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En terme de volume, quelle est la quantit&#233; de d&#233;chets produite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des services. Si vous avez une unit&#233; qui tourne continuellement comme la n&#233;crologique qu'on vient d'ouvrir, c'est des volumes importants. Au niveau des chiffres, en 2004 on avait produit &#224; peu pr&#232;s 9,27 tonnes de DASRI par jour pour l'ensemble des h&#244;pitaux. Aujourd'hui, on doit &#234;tre aux alentours de 9 tonnes du fait que le tri se met en place, on diminue les quantit&#233;s de mani&#232;re assez importante. Il faut savoir qu'en 2001, on &#233;tait &#224; 10,5 tonnes &#224; peu pr&#232;s. On a &#233;conomis&#233; pratiquement 1,5 tonne par jour de DASRI, ce qui est colossal. Au bout de quatre heures d'arr&#234;t de l'incin&#233;ration &#224; Ved&#232;ne ou &#224; Toulon, on a d&#233;j&#224; des sacs au sol &#224; la Timone ou &#224; l'H&#244;pital Nord. On ne peut pas imaginer comme &#231;a produit dans les unit&#233;s, c'est comme une rivi&#232;re qui coule et on ne peut pas l'arr&#234;ter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous pu r&#233;duire la production de DASRI ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est gr&#226;ce au tri - comme je vous l'expliquais - en formant le personnel qui, dans les services, produit ces d&#233;chets, en leur donnant le geste important de trier. C'est vrai que &#231;a, &#231;a va avec des moyens techniques : on a mis en place depuis un an et demi des chariots double support. Sur ce chariot vous avez un support jaune en plastique pour les DASRI, un support noir pour les DAOM, ce qui fait que la fille, lorsqu'elle va faire un soin, va ouvrir la compresse dans son papier, il y a plusieurs enveloppes en papier et elle va poser &#231;a sur son plateau de travail. Une fois qu'elle va faire son soin, la compresse avec laquelle elle a soign&#233; le malade va aller en d&#233;chet dans le sac jaune. Par contre, tous ces papiers qui n'ont pas touch&#233; le malade et neutres au niveau contagion, vont aller directement dans le sac noir qui est sur ce double support. On a d&#233;j&#224; &#224; l'origine un tri, ce qui nous am&#232;ne &#224; faire des &#233;conomies en quantit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce tri est-il amen&#233; &#224; se d&#233;velopper davantage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, parce qu'on en est qu'au d&#233;but. On &#233;tait &#224; peu pr&#232;s &#224; 60/40, c'est-&#224;-dire 60 % de DASRI pour 40 % de DAOM, et l'objectif c'est d'inverser cette tendance. Aujourd'hui on est &#224; peu pr&#232;s &#224; 50/50 et peut-&#234;tre un peu moins en DASRI qu'en DAOM. Je pense que d'ici fin 2007 on sera &#224; 40/60 en faveur du tri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle autre am&#233;lioration pourrait &#234;tre envisag&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'am&#233;lioration, c'est au niveau de la production et du suivi correct de la fiche de tri. C'est s&#251;r qu'on n'est pas derri&#232;re chaque infirmi&#232;re ou aide soignante qui va r&#233;cup&#233;rer le d&#233;chet. De temps en temps, quand les gens y'a personne qui les regarde, ils foutent tout dans le m&#234;me sac, ni vu ni connu. Bon, comme ils ont quand m&#234;me la conscience professionnelle avec eux par rapport &#224; la contamination, la plupart du temps &#231;a va en salle jaune, c'est-&#224;-dire en incin&#233;ration. La r&#233;action feignante ou extr&#233;miste, ce serait de dire : &quot;&lt;i&gt;Moi j'en ai rien &#224; foutre, je trie rien du tout, tout c'qui sort de la chambre, tout c'qui sort de l'unit&#233; d'service, hop ! je le fous en DASRI comme &#231;a au moins j'ai pas d'probl&#232;me !&lt;/i&gt;&quot; C'est une r&#233;action irresponsable dans le sens o&#249; l'usine d'incin&#233;ration s'emboucane rapidement, on a des quantit&#233;s qui augmentent tous les ans et il est &#233;vident qu'&#224; un moment ou &#224; un autre l'usine d'incin&#233;ration ne peut plus faire face.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissez-vous le co&#251;t de traitement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, le co&#251;t du traitement a fait un bond de l'ordre de 20 % et a augment&#233; de 58 000 &#8364;. Pour les DASRI c'est de l'ordre de 769 &#8364; la tonne en 2005 et pour les DAOM c'est de l'ordre de 200 &#8364; la tonne. Financi&#232;rement, il est &#233;vident qu'on a tout int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;duire les DASRI et de passer le maximum en DAOM. Donc on est oblig&#233; de trier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le personnel est-il inform&#233; en mati&#232;re de recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'a beaucoup beaucoup de formation. L'int&#233;r&#234;t de passer un maximum de choses en DAOM, c'est vrai que c'est un int&#233;r&#234;t financier et aussi un int&#233;r&#234;t de fonctionnement. Il est &#233;vident que &#231;a ne peut pas marcher si le personnel n'est pas inform&#233; et form&#233;, les deux. Y'a donc des formations qui sont mises en place &#224; diff&#233;rents niveaux, non seulement vis-&#224;-vis des infirmi&#232;res mais aussi des aides-soignantes car la plupart du temps ce sont elles qui g&#232;rent les d&#233;chets et on a fait aussi une formation &#224; un premier niveau, globale et commune &#224; tous et on a fait des formations de r&#233;f&#233;rents : on a form&#233; des gens qui sont r&#233;f&#233;rents dans le service. Quand on a un probl&#232;me, une question, et cetera, cette personne est plus pointue que les autres et on va vers elle pour lui demander des conseils ou des solutions pour traiter le sujet. Il est &#233;vident que si le r&#233;f&#233;rent n'arrive pas &#224; r&#233;pondre &#224; la question, il la passe &#224; un niveau sup&#233;rieur et s'adresse directement aux personnes que je g&#232;re et qui sont dans la Cellule S&#233;curit&#233; Sanitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel recycleur &#234;tes-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, ce que je fais, j'essaie de coller &#224; la politique de la Ville, actuellement, puisqu'elle se situe uniquement sur le verre, le papier et c'est tout. Donc je peux pas aller plus loin. &#192; Marseille, compte tenu de ce qu'il y a, je vais pas aller trier des choses qui vont de toutes fa&#231;ons aller dans la m&#234;me benne. Il n'y a rien de plus de d&#233;motivant que de demander aux utilisateurs de faire des tris tr&#232;s pointus si derri&#232;re y'a pas la fili&#232;re. Moi j'ai pas demand&#233; de faire ce tri pointu entre DAOM et DASRI tant que j'avais pas mis en place dans les unit&#233;s les containers plastiques jaunes et gris et les doubles supports sacs jaunes et noirs et la formation derri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Eric Larousse le 12/09/06 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'il te pla&#238;t, d&#233;finis-moi un mouton&#8230;</title>
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		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


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		<description>Invit&#233;e &#224; La Faites des Mots, Laurence Laporte, directrice &#233;ditoriale, r&#233;dactrice, et co-auteur de dictionnaires pour enfants aux &#233;ditions Le Robert s'est pr&#234;t&#233;e au d&#233;bat &#171; Des mots des petits aux mots des grands &#187; : &#171; C'est la faute &#224; Voltaire nous a contact&#233;s au service du livre et ils nous ont tout de suite donn&#233; l'envie de venir. &#187; D'une d&#233;finition &#224; l'autre, formule et promenade par mots et merveilles. Koinai : Un dictionnaire peut-il susciter le plaisir des mots ? Oui, bien s&#251;r. Alors l&#224;, s'il y a un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/vis-ma-ville/au-hasard-des-rues/" rel="directory"&gt;Au hasard des rues&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;e &#224; La Faites des Mots, Laurence Laporte, directrice &#233;ditoriale, r&#233;dactrice, et co-auteur de dictionnaires pour enfants aux &#233;ditions Le Robert s'est pr&#234;t&#233;e au d&#233;bat &#171; Des mots des petits aux mots des grands &#187; : &#171; &lt;i&gt;C'est la faute &#224; Voltaire nous a contact&#233;s au service du livre et ils nous ont tout de suite donn&#233; l'envie de venir.&lt;/i&gt; &#187; D'une d&#233;finition &#224; l'autre, formule et promenade par mots et merveilles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Un dictionnaire peut-il susciter le plaisir des mots ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r. Alors l&#224;, s'il y a un livre qui peut susciter le plaisir des mots, c'est bien celui-l&#224; ! Et effectivement, quand j'&#233;tais petite, j'aimais beaucoup me promener dans le dictionnaire : partir d'un mot que je connaissais qui me renvoyait &#224; un autre, qui me renvoyait &#224; un autre et faire ainsi une promenade, puis finalement - c'est ce que disait au d&#233;bat Guillaume Gu&#233;raud - on apprend des mots comme &#231;a par hasard et c'est&#8230; Enfin, moi j'aime beaucoup &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une recette miracle pour donner aux enfants l'envie de lire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#231;a si j'en avais une, je vous la donnerais ! Le plaisir de lire, c'est vrai que je l'ai depuis toute petite, y compris de lire les affiches : &#231;a donne envie de savoir, une affiche ; au d&#233;part c'est juste un dessin, mais on sait pas de quoi &#231;a parle. C'est un d&#233;sir de connaissance qui ne s'arr&#234;te jamais. On part de l'affiche, de la bo&#238;te de chocolat : quand on est petit, en prenant son petit d&#233;jeuner on lit tout ce qui est &#233;crit dessus, et de l&#224; on arrive aux livres pour enfants, aux journaux et puis aux romans, puis &#224; tous les livres possibles. Moi, mon souvenir, c'est d'avoir lu des affiches et apr&#232;s ce qui &#233;tait &#233;crit sur ma bo&#238;te de Banania &#224; l'&#233;poque, tous les matins, je relisais. Et je continue, je lis toujours ce qu'il y a sur les bo&#238;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans le cas du Robert Junior et du Robert Benjamin, abordez-vous le travail de r&#233;daction diff&#233;remment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, oui parce qu'on ne s'adresse pas au m&#234;me public, on n'emploie pas les m&#234;mes mots dans les d&#233;finitions elles-m&#234;mes. On ne peut pas d&#233;finir un mot simple par un mot compliqu&#233;, par exemple d&#233;finir &quot;casserole&quot; par &quot;r&#233;cipient&quot;, ils ne savent pas ce que c'est qu'un r&#233;cipient, ou&#8230; Alors, c'est un mauvais exemple parce qu'ils savent ce que c'est qu'une casserole. Y'a tout un &#233;quilibre &#224; faire entre eux. Si le mot est facile et connu, &#231;a va &#234;tre pour eux l'occasion d'apprendre le mot &quot;r&#233;cipient&quot;, puis d'autres mots qu'ils ne connaissent pas. Par exemple &quot;r&#233;cipient&quot;, ce sera tr&#232;s difficile &#224; d&#233;finir, il faudra employer des mots qu'ils comprennent tout de suite alors que pour les adultes, on peut se permettre beaucoup plus d'abstractions. On se met &#224; la place de l'enfant, c'est-&#224;-dire quand on r&#233;dige une d&#233;finition pour un enfant, on pose la question, l'enfant vous dira : &lt;i&gt;&quot;Dis maman, c'est quoi l'&#226;me ? Dis, c'est quoi une casserole ?&quot;&lt;/i&gt;, et on r&#233;pond &#224; cette question. Mais finalement, m&#234;me des adultes, c'est la question qu'ils posent &#224; leur dictionnaire : &lt;i&gt;&quot;C'est quoi, tel mot ?&quot;&lt;/i&gt; et on leur r&#233;pond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment d&#233;cide-t-on qu'un mot n'est pas un mot d'enfant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans la mesure o&#249; il a peu de chance de le rencontrer, ou que s'il le rencontre dans une lecture &#224; lui. Souvent, dans les livres pour enfants ou dans les livres de classe, y'a des lexiques qui expliquent un mot sp&#233;cialement compliqu&#233;. Sinon, on est rigoureux, on ne met pas de mot familier parce que les mots familiers et grossiers, ils les connaissent et finalement, on s'est dit que c'&#233;tait pas la peine de remplir le dictionnaire avec &#231;a, dans la mesure o&#249; pour eux, &#224; partir du moment o&#249; c'est dans le dictionnaire, ils peuvent l'employer et apr&#232;s ils risquent de plus tellement faire la diff&#233;rence entre ce qu'on peut utiliser &#224; l'&#233;cole en s'adressant &#224; son professeur et ce qu'on peut dire avec ses copains dans le langage courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez avec des enseignants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons qu'on les consulte. Quand on &#233;labore un dictionnaire, on rencontre des enseignants dans des quartiers diff&#233;rents, dans des &#233;coles diff&#233;rentes pour avoir leur avis et tester aupr&#232;s d'eux leur programme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que notez-vous de marquant dans l'&#233;volution des mots ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben justement, c'est que beaucoup de mots &#233;voluent et prennent des sens d&#233;riv&#233;s, voire totalement diff&#233;rents de ce qu'ils voulaient dire au d&#233;part et &#231;a, c'est d&#251; aux jeunes qui les emploient, qui les d&#233;forment et &#231;a finit par arriver. Par exemple, l'expression &quot;&#199;a le fait&quot;, c'est apparu il y a une dizaine d'ann&#233;es et c'est une &#233;volution du verbe &quot;faire&quot; assez &#233;tonnante parce qu'on pensait que le verbe &quot;faire&quot;, on en avait fait le tour, justement : eh bien non, y'a encore des expressions qui arrivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment concevez-vous les d&#233;finitions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, &#231;a d&#233;pend : les mots de m&#233;decine, on fait appel &#224; des m&#233;decins, les mots de physique, on fait appel &#224; des physiciens qui nous aident parce qu'&#233;videmment, on ne peut pas inventer. Les mots du langage courant, ben c'est un peu une question de bon sens. La d&#233;finition doit &#234;tre le synonyme exact du mot, c'est-&#224;-dire qu'on doit pouvoir remplacer le mot dans la phrase par la d&#233;finition qu'on en fait. Donc &#231;a, c'est un m&#233;tier, hein. On apprend &#224; les faire mais &#233;videmment, pour les mots de botanique, les mots de toutes les techniques possibles, on est aid&#233;s par des gens de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des d&#233;finitions particuli&#232;rement difficiles &#224; &#233;laborer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, alors &#231;a, c'est surtout les mots abstraits et surtout les d&#233;finitions pour les enfants, parce qu'il faut faire simple avec des mots compr&#233;hensibles. La d&#233;finition la plus difficile que j'ai eue &#224; faire de ma vie, c'est dans Le Robert Benjamin qui est donc pour les 6-8 ans, c'est la d&#233;finition de &quot;&#226;me&quot;, et c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Sinon, des mots tr&#232;s compliqu&#233;s, en fait, ce sont les plus simples &#224; faire : le nom d'un m&#233;dicament ou d'une mol&#233;cule, on a juste &#224; dire ce que c'est, mais les verbes comme &quot;prendre&quot;, &quot;faire&quot;, &quot;&#234;tre&quot;, &quot;avoir&quot;, c'est une horreur : y'a tellement d'expressions diff&#233;rentes que &#231;a c'est le plus difficile et ce qui est un peu frustrant, c'est que ce ne sont pas les mots tellement que les gens vont consulter ; c'est rare, d'aller voir le verbe &quot;faire&quot; et c'est celui qui nous aura donn&#233; le plus de mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; l'origine, d'o&#249; viennent les toutes premi&#232;res d&#233;finitions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Au d&#233;part, &#231;a vient de la t&#234;te du r&#233;dacteur&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le dictionnaire de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise n'est pas une r&#233;f&#233;rence ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, alors &#231;a, c'est plut&#244;t l'Acad&#233;mie fran&#231;aise qui se sert de nous que nous de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. Non, avant nous y'a eu les Littr&#233;, y'a eu pleins de dictionnaires mais qui sont totalement d&#233;mod&#233;s et donc les d&#233;finitions, on les fait soi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi un mot dispara&#238;t-il ou entre-t-il dans le dictionnaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, les mots ne disparaissent quasiment jamais, &#231;a c'est une id&#233;e que les gens se font parce qu'ils pensent que si on ajoute trois mots, on en supprime trois. C'est tr&#232;s rare qu'on supprime des mots ou on se d&#233;brouille pour les raccourcir, enlever un exemple pour laisser la place au nouveaux entrants. Mais, dans la mesure o&#249; on estime que si on entre un mot, c'est qu'il a sa raison d'&#234;tre et qu'il aura sa raison d'&#234;tre aussi bien aujourd'hui que dans un an, dans dix ans, voire dans cinquante ans - &#231;a, ce sera &#224; v&#233;rifier - mais, a priori c'est &#231;a. Et les mots qui entrent dans le dictionnaire, ce sont les mots nouveaux qu'on entend, qui sont tr&#232;s utilis&#233;s. Y'a des nouveaux sens, aussi. Y'a des mots de m&#233;decine, de toutes les techniques possibles et imaginables. La m&#233;decine est un bon exemple parce qu'avec l'allongement de la vie, y'a des maladies qui sont plus courantes, comme Alzheimer, donc ces mots rentrent dans le dictionnaire parce que &#231;a devient la r&#233;alit&#233; quotidienne de tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai fait des &#233;tudes d'histoire et g&#233;ographie et ma formation de lexicographie, je l'ai faite au Robert o&#249; je suis rentr&#233;e il y a trente-cinq ans, donc &#224; vingt ans, et j'ai appris &#224; faire des dictionnaires avec Josette et Alain Rey.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous orient&#233;e vers cette profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un petit peu le hasard. Je ne suis pas n&#233;e en me disant : &lt;i&gt;&quot;Je serai lexicographe.&quot;&lt;/i&gt; Je dois reconna&#238;tre tout &#224; fait humblement qu'en licence, je cherchais un petit boulot, je suis rentr&#233;e au Robert pour une t&#226;che assez ingrate qui &#233;tait des classements, et en fait, de voir les gens qui faisaient &#231;a, &#231;a m'a plu et j'ai appris &#224; le faire, et maintenant c'est &#231;a que je sais faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les mots, c'est une passion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est vrai que d&#233;j&#224; toute petite - quand je vous dis que ce n'&#233;tait pas une vocation - j'ai retrouv&#233; des lettres que j'&#233;crivais &#224; mes parents en vacances et je faisais tr&#232;s attention, j'&#233;tais tr&#232;s critique en &#233;coutant les gens, en lisant, sur le mot qui n'&#233;tait pas bien employ&#233;. Je pense que c'est un truc qu'on a en soi, enfin pour moi c'est une chose qui me tient depuis que je sais parler, en fait. Alors m&#234;me, il parait que je parlais tr&#232;s peu et que du jour o&#249; j'ai parl&#233;, j'ai parl&#233; correctement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre r&#244;le dans la r&#233;alisation d'un dictionnaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, j'ai diff&#233;rents r&#244;les selon les dictionnaires : je suis directrice &#233;ditoriale du Robert Encyclop&#233;dique des noms propres, donc je le dirige totalement, je choisis les auteurs et c'est moi qui ai le dernier regard sur les articles, qui les termine et qui les fignole. Pour Le Petit Robert, l&#224; je suis une r&#233;dactrice parmi les autres, donc je r&#233;dige les mots qui me sont attribu&#233;s. Et pour Le Robert Benjamin et Le Robert Junior, je suis co-auteur, donc l&#224; je choisis les mots, je fais les d&#233;finitions, les exemples en collaboration avec les autres r&#233;dacteurs. Le Junior, on &#233;tait trois et le Benjamin, on &#233;tait deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels aspects de votre profession pr&#233;f&#233;rez-vous ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait je les aime bien tous, parce que ce que j'aime beaucoup, justement, c'est que je fais diff&#233;rentes choses. Mon fonds de commerce entre guillemets, c'est le Robert Encyclop&#233;dique des noms propres parce qu'il est mis &#224; jour tous les ans, donc c'est tous les jours que je me tiens au courant de l'actualit&#233; et tout. En gros, c'est ce que je pr&#233;f&#232;re. Mais j'aime &#233;norm&#233;ment aussi faire des dictionnaires pour enfants, des d&#233;finitions, chercher l'exemple qui sera tr&#232;s illustratif du mot, en pensant que je m'adresse &#224; des enfants qui ont tel &#226;ge. En fait, j'ai beaucoup de chance, j'aime bien tout ce que je fais dans mon m&#233;tier. Ce que j'aime le moins c'est le c&#244;t&#233; budget, devis, le c&#244;t&#233; mercantile mais qui est tr&#232;s important &#233;videmment. Je ne veux pas dire que je suis un pur esprit et une intellectuelle, mais c'est s&#251;r que c'est cet aspect-l&#224; que je pr&#233;f&#232;re et pas le c&#244;t&#233; marketing.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, les contraintes effectivement, c'est l'aspect institutionnel. Pour les dictionnaires pour enfants, c'est ce que je disais tout &#224; l'heure dans le d&#233;bat, on peut consid&#233;rer le Robert Junior presque comme un manuel scolaire, on ne peut pas mettre n'importe quel mot, il faut faire tr&#232;s attention &#224; ce qu'on dit. Pour les dictionnaires pour adultes, c'est s&#251;r qu'il faut toujours &#234;tre s&#233;rieux et que de temps en temps, on a envie d'&#233;crire n'importe quoi, mais c'est pas possible, donc on est toujours oblig&#233; d'&#234;tre rigoureux, informatif, de toujours dire ce qui est vrai, de toujours v&#233;rifier tout ce qu'on &#233;crit, y'a pas tellement de fantaisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un style Robert ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est s&#251;r. Mais pour ce qui est de la langue, nous ne sommes pas un dictionnaire encyclop&#233;dique, c'est-&#224;-dire que nous nous int&#233;ressons au mot et &#224; comment on va l'employer dans une phrase, quelle est son origine, sa date d'apparition dans la langue, et non pas &#224; la chose que d&#233;crit le mot. Par exemple le mot &quot;chaise&quot; dans le Robert - je sch&#233;matise, hein - c'est un si&#232;ge &#224; quatre pieds avec un dossier pour une personne, sans accoudoir, voil&#224; ; dans un dictionnaire encyclop&#233;dique, on vous d&#233;finira de la m&#234;me fa&#231;on une chaise et puis vous aurez l'histoire de la chaise, &#224; quelle &#233;poque elle est apparue, on vous dira qu'il y a des chaises sign&#233;es par tel designer. Voil&#224;, c'est la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le dictionnaire est-il plus ou moins utilis&#233; qu'avant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il est plus utilis&#233; qu'avant dans la mesure o&#249; maintenant il est presque un manuel scolaire : il y a dans le primaire et le secondaire, l'apprentissage du dictionnaire, donc on apprend &#224; s'en servir d&#232;s tout petit parce que c'est pas juste l'orthographe des mots, y'a beaucoup d'autres choses. Donc, les enfants d&#233;j&#224;, ils s'en servent et en grandissant ils vont continuer &#224; s'en servir. Mais c'est quand m&#234;me un objet qu'on trouve dans toutes les familles, dans les villes, dans les campagnes, partout. Alors, un dictionnaire plus ou moins vieux, plus ou moins &#233;labor&#233;, mais dans toute famille vous trouverez un dictionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des pol&#233;miques au sujet d'une d&#233;finition comme pour le mot &quot;colonisation&quot; sont-elles fr&#233;quentes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est heureusement assez rare, on a juste peur que &#231;a arrive plus souvent. Les gens ne comprennent pas qu'un dictionnaire &#231;a d&#233;crit la langue, que nous illustrons les mots avec des citations qui ne sont pas des jugements de valeur de notre part mais des citations sign&#233;es par des auteurs. Et souvent les gens font un peu la confusion entre la citation et ce que nous, nous pensons. Dans le cas de &quot;colonisation&quot;, il &#233;tait question de &quot;mise en valeur&quot; et il suffisait d'aller voir &#224; &quot;mise&quot; et &#224; &quot;valeur&quot; ce que voulait dire &quot;mise en valeur&quot;, c'&#233;tait pas du tout infamant pour les colonis&#233;s, &#231;'a &#233;t&#233; mal interpr&#233;t&#233; et &#231;a, n'importe qui peut interpr&#233;ter n'importe quoi, on peut aller tr&#232;s loin, comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il une cat&#233;gorie de gens qui utilisent plus le Robert ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a s'appelle les Robertophiles (rire) ! Donc, c'est plus des &#233;tudiants, des professeurs, des gens qui utilisent beaucoup la langue, en fait. C'est un public plus averti, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Puisque nous sommes &#224; La Faites des Mots, quel est votre mot pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon mot pr&#233;f&#233;r&#233; ? Evanescent. Je trouve le mot joli &#224; dire, joli &#224; &#233;couter et puis &#231;a repr&#233;sente une femme &#233;vanescente, dans la l&#233;g&#232;ret&#233;, &#231;a repr&#233;sente pas du tout la r&#233;alit&#233; des choses. C'est rare de voir des femmes &#233;vanescentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et le mot de la fin, votre sentiment sur la manifestation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! le mot de la fin ! Z (rire) ! Je suis tr&#232;s contente d'&#234;tre &#224; Marseille, c'est un s&#233;jour tr&#232;s agr&#233;able et la manifestation, je la trouve tr&#232;s sympathique et je suis &#233;tonn&#233;e de voir le monde que &#231;a draine. J'ai particip&#233; &#224; plein d'activit&#233;s et je trouve &#231;a formidable. La Faites des Mots, c'est vraiment une tr&#232;s belle f&#234;te avec plein de monde et plein de gens diff&#233;rents, ils s'int&#233;ressent aux mots et c'est vrai que c'&#233;tait un beau pari, et je pense qu'il est r&#233;ussi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 22/09/07 ; r&#233;daction Odile Fourmillier ; image : Patrick Chiappe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'accrocher pour projeter ses r&#234;ves</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


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		<description>Comment concr&#233;tiser ses v&#339;ux professionnels quand on s'avance sur une voie &#233;troite ? Pascal Obadia ne s'est pas pos&#233; la question, ayant r&#233;solument opt&#233; pour l'action. A trente-cinq ans, il ma&#238;trise chaque jour un peu mieux sa destin&#233;e de r&#233;alisateur. Parcours de ce jeune homme souriant, &#224; la d&#233;marche rapide, qui cache sous son bonnet les images qu'il a en t&#234;te. Dipl&#244;m&#233; en Arts Plastiques, Pascal Obadia a bifurqu&#233; sur les m&#233;tiers de l'audiovisuel. Au d&#233;part sc&#233;nariste, il a eu envie, un jour, de mettre en (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment concr&#233;tiser ses v&#339;ux professionnels quand on s'avance sur une voie &#233;troite ? Pascal Obadia ne s'est pas pos&#233; la question, ayant r&#233;solument opt&#233; pour l'action. A trente-cinq ans, il ma&#238;trise chaque jour un peu mieux sa destin&#233;e de r&#233;alisateur. Parcours de ce jeune homme souriant, &#224; la d&#233;marche rapide, qui cache sous son bonnet les images qu'il a en t&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; en Arts Plastiques, Pascal Obadia a bifurqu&#233; sur les m&#233;tiers de l'audiovisuel. Au d&#233;part sc&#233;nariste, il a eu envie, un jour, de mettre en sc&#232;ne : faire un film de A &#224; Z, le concevoir, le r&#233;aliser, diriger les com&#233;diens. Comme il le dit : &quot;Il y a beaucoup de choses inh&#233;rentes au fait de cr&#233;er un film.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son projet l'am&#232;ne &#224; suivre une formation &#224; l'IMCA PROVENCE. De stage en stage, de fil en bobine, il cr&#233;e &quot;NOVAE FILMS&quot;, sa propre entreprise de production.
Pascal Obadia estime qu'une formation n'est pas suffisante car ces m&#233;tiers-l&#224; n&#233;cessitent un long temps d'apprentissage sur le terrain. Les comp&#233;tences sont essentiellement acquises sur le tas, c'est avant tout une question d'exp&#233;rience. L'id&#233;al &#233;tant de faire les bonnes rencontres et se cr&#233;er, par le fait, un r&#233;seau : &quot;Il faut &#233;voluer dans un r&#233;seau qui va vous faire rebondir sur d'autres personnes. Apr&#232;s, il y a vraiment des coups de chance.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jeune r&#233;alisateur revient beaucoup sur la p&#233;nibilit&#233; du m&#233;tier. A plusieurs reprises il reprendra ces mots : &quot;C'est tr&#232;s long, tr&#232;s tr&#232;s difficile.&quot; Mais ce n'est pas tant la question mat&#233;rielle qui pose probl&#232;me : &quot;Une cam&#233;ra TRI CCD et un banc de montage Adobe Premi&#232;re, mat&#233;riel commun et facile d'utilisation, suffisent pour r&#233;aliser un produit de qualit&#233; professionnelle.&quot; Les soucis sont ailleurs : quand un contrat tombe, il faut patienter entre trois et quatre mois avant de signer. Une fois en studio, le r&#233;alisateur ne d&#233;croche plus pendant des jours et des jours. Difficile dans ce cas d'avoir un instant &#224; soi. Cependant, &#233;tant moins pris en ce moment, Pascal Obadia se dit qu'il pr&#233;f&#233;rerait avoir du boulot plut&#244;t qu'une vie priv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut du temps pour se faire un nom, accrocher le client : &quot;Il faut au moins quinze ans pour d&#233;marrer dans le milieu et pendant toutes ces ann&#233;es, le job n'est pas tr&#232;s r&#233;mun&#233;rateur.&quot; En attendant la renomm&#233;e et pour survivre, il tourne des films publicitaires, institutionnels, il fait de la &quot;vid&#233;o&quot;. Mais cela l'int&#233;resse moins : &quot;C'est aussi une fa&#231;on de s'aguerrir, un cheminement commun &#224; tous ceux qui font ce m&#233;tier. A moins d'avoir un nom, beaucoup d'argent pour pouvoir faire ses propres films. &quot;Cela peut aussi parfois &#234;tre une bonne occasion de s'amuser.&quot; Pascal Obadia se souvient, ainsi, d'un travail r&#233;alis&#233; avec des septuag&#233;naires : &quot;C'&#233;tait tr&#232;s marrant de les faire tourner, d'autant qu'il y avait des sc&#232;nes assez os&#233;es.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le but vis&#233; par ce battant reste, bien s&#251;r, la production d'un long m&#233;trage. Il compte, pour l'heure, &#224; son actif la participation &#224; diff&#233;rents festivals &#224; Lille, Paris, Cannes ou Clermont-Ferrand : &quot;Quand vous parvenez &#224; faire des films s&#233;lectionn&#233;s en comp&#233;tition et m&#234;me prim&#233;s, sans avoir de budget, &#231;a conforte, &#231;a rassure.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; les prix et les succ&#232;s d'estime, Pascal Obadia reste les pieds sur terre : &quot;S'accrocher c'est bien, mais il ne faut pas le faire &#224; perte. Il faut absolument d&#233;finir un parcours, fixer des objectifs, d'abord petits, sans penser &#224; plus, &#224; des sommets ou des buts qui sont inatteignables. A chacun son niveau, mais toujours au plus proche de ce que l'on peut effectivement r&#233;aliser.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Enqu&#234;te : Salima Tallas ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Roule Ma Frite</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/roule-ma-frite</link>
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		<dc:date>2010-04-19T14:20:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY, Mario Moreira</dc:creator>



		<description>Une asso aux pr&#233;occupations &#233;cologiques, bien avant d'&#234;tre &#233;conomiques : &quot;Roule ma Frite&quot; r&#233;cup&#232;re les huiles usag&#233;es et les transforme en carburant. Son blog le dit pourtant : c'est surtout lorsque le prix du p&#233;trole augmente que les masses s'int&#233;ressent &#224; cette solution alternative... Alors se soucient-elles vraiment de leur environnement ? Nous, ce qu'on voudrait savoir, c'est comment &#231;a marche. KTee, responsable de l'association, contribue &#224; notre &#233;ducation... Koinai : Bonjour KTee. Aujourd'hui, &#224; (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;


		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une asso aux pr&#233;occupations &#233;cologiques, bien avant d'&#234;tre &#233;conomiques : &quot;Roule ma Frite&quot; r&#233;cup&#232;re les huiles usag&#233;es et les transforme en carburant. Son blog le dit pourtant : c'est surtout lorsque le prix du p&#233;trole augmente que les masses s'int&#233;ressent &#224; cette solution alternative... Alors se soucient-elles vraiment de leur environnement ? Nous, ce qu'on voudrait savoir, c'est comment &#231;a marche. KTee, responsable de l'association, contribue &#224; notre &#233;ducation...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Bonjour KTee. Aujourd'hui, &#224; l'&#232;re des pr&#233;occupations &#233;cologiques, au niveau mondial, nous tenons &#224; vous remercier pour cet entretien... Pour commencer, quel est l'objet de votre association, &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; est une structure qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2003. Notre objet est la promotion des carburants alternatifs, et notamment de l'huile recycl&#233;e. Nous ce qu'on fait, c'est qu'on r&#233;cup&#232;re les huiles usag&#233;es chez les restaurateurs, et on les transforme en carburant et en combustible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'accord. Quel genre d'huile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors en priorit&#233;, on recycle l'huile de tournesol, parce que c'est la plus facile &#224; traiter, et on r&#233;cup&#232;re aussi de l'huile de colza, des huiles sp&#233;ciales friture... C'est &#224; peu pr&#232;s tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a motiv&#233; la cr&#233;ation de &quot;Roule ma frite&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors l&#224; je pense que je vais parler plut&#244;t au nom des fondateurs de &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; : ce qui les a motiv&#233;s, c'est la rencontre sur un salon d'un jeune triturateur de graines, qui faisait de l'huile pure, et qui dans son expos&#233; expliquait qu'on pouvait &#233;galement recycler des huiles usag&#233;es. &#199;a a fait &#8220;tilt&#8221; dans la t&#234;te d'un des membres fondateurs, qui s'est lanc&#233; &#224; son tour pour faire de l'huile recycl&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre projet a-t-il &#233;t&#233; accept&#233; facilement par les pouvoirs publics ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, en fait, au d&#233;but on le faisait un peu entre amis, on recyclait dans le jardin de l'un ou de l'autre. C'est un groupement d'&#233;cologistes, le parti vert de Marseille, qui est venu nous voir et nous a demand&#233; de cr&#233;er une structure pour pouvoir nous subventionner. Ensuite on a eu des subventions du Conseil G&#233;n&#233;ral, du d&#233;partement et de la fondation Macif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la ville ne participe pas ? Et l'&#201;tat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne leur a jamais demand&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi pas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je n'ai jamais demand&#233; de subventions &#224; l'&#233;tat, bien que je pourrais le faire : je n'en ai pas senti le besoin, vu que pour le moment, les subventions qu'on re&#231;oit du d&#233;partement, ainsi que du Conseil G&#233;n&#233;ral et R&#233;gional sont suffisantes... Peut-&#234;tre que je pr&#233;f&#233;rerais faire une demande de subventions &#224; l'Europe, car en termes de l&#233;gislation et pour exposer mes activit&#233;s, je pr&#233;f&#232;re m'adresser plut&#244;t aux instances europ&#233;ennes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les grands producteurs de carburant, comment accueillent-ils votre projet ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(Rires)&lt;/i&gt; ...Je ne leur ai pas pos&#233; la question ! Pour &#234;tre tout &#224; fait honn&#234;te, je pense pas qu'on soit tr&#232;s effrayants au niveau structure. Vous savez, on fournit, allez... 5 000 litres d'huile par mois ; compar&#233;s aux millions de litres d'essence et de gasoil qui sont vendus par jour, on est une goutte d'eau dans l'oc&#233;an... Apr&#232;s, faut voir si &#231;a peut les inspirer. On pr&#233;f&#233;rerait qu'ils tentent la m&#234;me voie, plut&#244;t qu'un conflit, ou des pressions...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous retrouv&#233;e dans ce milieu, et quelle fut votre formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J' ai appris par une amie qu'elle roulait &#224; l'huile et qu'elle allait travailler &#224; &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt;. Comme j'&#233;tais sans emploi, j'ai postul&#233;... C'&#233;tait il y a un an et j'ai d&#233;couvert le concept... comme beaucoup de gens en fait, qui apprennent sur le tard que &#231;a faisait des ann&#233;es qu'on pouvait rouler &#224; l'huile. Et j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s vite emball&#233;e par l'objet de l'association et ses activit&#233;s. Pour me former, je me suis pr&#233;sent&#233;e &#224; un entretien, o&#249; on m'a expos&#233; ce qu'on attendait de moi, et j'ai dit d'accord... Au fil du temps, j'ai appris plein de trucs, et j'en apprends encore tous les jours sur l'&#233;cologie, sur les nouvelles techniques, les syst&#232;mes, les alternatives... Ce qui fait que, au bout d'un an, je me dis que c'est m&#234;me dommage de se restreindre au carburant, car il y a tellement de choses &#224; faire dans le domaine du recyclage... Quand on fait partie d'un r&#233;seau d'associations alternatives, comme &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt;, on y d&#233;couvre une multitude de projets &#233;cologiques, pas forc&#233;ment dans l'huile. Finalement, l'huile ce n'est que 1% des alternatives : il y a plein, plein de choses &#224; faire...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que savez-vous des diff&#233;rentes techniques existantes sur le recyclage des huiles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons que nous, on a la chance d'avoir parmi nos adh&#233;rents des techniciens, des ing&#233;nieurs qui bossent ailleurs, mais restent en relation avec nous et vont nous informer sur de nouvelles solutions de filtration, beaucoup plus adapt&#233;es &#224; nos besoins... Apr&#232;s, personnellement je fais des recherches sur internet et je d&#233;couvre, par exemple qu'aux &#201;tats-Unis, il y a une ville o&#249; le maire a d&#233;cid&#233; de faire rouler tout le monde &#224; l'huile de friture. &#199;a me fait plaisir d'apprendre des choses au jour le jour, mais j'y d&#233;couvre aussi que des gens se sont fait arr&#234;ter parce qu'ils roulaient &#224; l'huile... Voil&#224;, j'essaie de me tenir inform&#233;e, le plus souvent par le biais d'internet et des forums qui r&#233;unissent des gens qui roulent &#224; l'huile. Et puis je fais suivre en cascade les informations et les &#233;change avec les adh&#233;rents, et tous ceux qui se sentent concern&#233;s par l'&#233;cologie. Pour rester dans le partage... et la transparence.
&lt;span class='spip_document_3316 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH200/montage_tournesol-huile-1ca7b.jpg' width='400' height='200' alt=&quot;&quot; style='height:200px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diverses huiles transformables en carburant ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Tournesol, colza et huiles sp&#233;ciales friture, mais cette derni&#232;re c'est une marque qu'on retrouve plus souvent chez les restaurateurs. Ensuite, il y a beaucoup d'huiles qui peuvent servir de carburant, mais &#231;a va &#234;tre plut&#244;t dans les huiles pures, et nous on n'est pas tr&#232;s huile pure. Ce n'est pas vraiment un combat qui nous int&#233;resse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour quelle raison ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La raison... c'est ce qu'on voit aujourd'hui, de plus en plus l'Europe a tendance &#224; faire machine arri&#232;re sur les huiles pures, parce qu'on remarque que c'est pas du tout coh&#233;rent... On fait de la production &#224; outrance de tournesol et de colza, alors que dans d'autres pays on meurt de faim, donc... On commence &#224; se dire que c'est plus vraiment logique de faire pousser autant de plantes pour en faire du carburant plut&#244;t que de la nourriture. Alors que pour nous, l'huile recycl&#233;e c'est un d&#233;chet, c'est pas produit, c'est r&#233;cup&#233;r&#233; ; donc c'est beaucoup plus coh&#233;rent comme d&#233;marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment la r&#233;coltez-vous chez les restaurateurs et les collectivit&#233;s locales ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a un syst&#232;me de bidons empilables de 10 litres classiques, et on fait une rotation ; quand on r&#233;cup&#232;re nos bidons de 10 litres pleins, on leur laisse nos bidons vides et on passe une &#224; deux fois par semaine les r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que cela repr&#233;sente en termes de transport et de co&#251;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En termes de transport, la tourn&#233;e de r&#233;cup&#233;ration se fait avec notre camion, qui roule &#224; 100% &#224; l'huile recycl&#233;e : donc notre transport pour aller chercher l'huile n'est pas polluant. Notre d&#233;marche est de polluer le moins possible, et pour aller s'approvisionner en huile, et lors de nos d&#233;placements avec notre camion. On remplit les conditions, puisqu'on ne d&#233;gage aucun CO2 dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quelles sont les &#233;tapes de recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Apr&#232;s la r&#233;cup&#233;ration, il y a une &#233;tape de d&#233;cantation ; cela permet &#224; l'huile de se d&#233;barrasser de tous ses r&#233;sidus, ses s&#233;diments, de l'eau &#233;ventuelle qui pourrait s'infiltrer dedans... Apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;cantation de 15 jours, elle est filtr&#233;e, elle passe en filtration dynamique, c'est-&#224;-dire qu'on filtre avec une pompe et elle passe au travers de 4 filtres, donc 60 microns, 20 microns et 2 fois 1 micron, pour obtenir une huile filtr&#233;e &#224; 1 micron, sans sel, sans s&#233;diment, sans sucre et sans eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien d'huile usag&#233;e faut-il pour obtenir 10 litres de carburant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;10 litres. 10 litres... En fait il faut savoir que nous, dans l'huile, on recycle 100% des d&#233;chets, parce que bien souvent, dans nos bidons d'huile, on a des r&#233;sidus. C'est une couche &#233;paisse qu'il y a au fond du bidon, qui est compos&#233;e de glyc&#233;rine. On appelle &#231;a la &quot;patate&quot;, c'est tr&#232;s &#233;pais... Et &#231;a, on en fait du combustible. Donc 10 litres d'huile font, de toute fa&#231;on, 10 litres de mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique ! Que ce soit du carburant ou du combustible, 100% du d&#233;chet est recycl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des mati&#232;res dont un pourcentage n'est pas recyclable ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est pas le cas des huiles usag&#233;es, qui sont recyclables &#224; 100%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'accord. Et quels sont les &#233;quipements n&#233;cessaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, d'abord, un moyen de transport pour r&#233;colter les huiles, &#233;videmment. Ensuite il faut des cuves qui vont servir au transfert des huiles, des cuves qui vont servir &#224; la d&#233;cantation, d'autres qui vont servir &#224; la distribution... Le tout raccord&#233; par des tuyaux alimentaires, des pompes et des filtres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc cela ne n&#233;cessite pas forc&#233;ment un grand &#233;quipement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut avoir un &#233;quipement artisanal, tout comme on peut avoir un &#233;quipement super professionnel. &#199;a d&#233;pend ce que vous faites, et ce qu'est votre objectif aussi. Nous, on a un &#233;quipement, on va dire, semi-professionnel. Par contre on a fait une station pour la communaut&#233; d'agglom&#233;ration de La Rochelle, dans le cadre d'un march&#233; public, et l&#224; ils ont une station qui est beaucoup plus avanc&#233;e que la n&#244;tre... Mais voil&#224;, comme c'est une communaut&#233; d'agglom&#233;ration, ils ont des cahiers des charges beaucoup plus s&#233;v&#232;res que nous. Dans une communaut&#233; d'agglom&#233;ration c'est une station professionnelle avec des r&#232;gles, un cadre &#224; respecter, telle celle de La Rochelle ; ce n'est plus une station artisanale, avec un statut associatif comme nous, mais on peut y recycler des huiles usag&#233;es aussi. Cela d&#233;pend, une fois de plus, de vos objectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quels tests proc&#233;dez-vous, avant la mise en vente du carburant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, on fait r&#233;guli&#232;rement un test de nos huiles... Elles sont analys&#233;es pour voir ce qu'elles contiennent en sucres, en s&#233;diments, en acrol&#233;ine... &#199;a, c'est un test qu'on fait une fois tous les trimestres et une fois par an, au Cirad &#224; Montpellier qui analyse les rejets en sortie de pot d'&#233;chappement. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nos rejets sont vraiment moindres par rapport &#224; des rejets de gasoil. Apr&#232;s, faut pas se leurrer, l'huile carburant pollue, mais elle pollue 6 fois moins que le gasoil, et surtout il n'y a aucun danger de CO2. M&#234;me s'il reste des traces de pollution, en tout cas minimes par rapport au gasoil...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La m&#233;canique des v&#233;hicules n&#233;cessite-t-elle des adaptations particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, pour la petite histoire, quand Rudolphe Diesel a invent&#233; le premier moteur diesel, le gasoil n'existait pas... Donc au d&#233;but il a fait rouler &#224; l'huile de lin. Le gasoil est arriv&#233; beaucoup plus tard... &#199;a, il y a peu de gens qui le savent. On voulait peut-&#234;tre pas que &#231;a sache, mais pendant tr&#232;s longtemps les moteurs diesel fonctionnaient &#224; l'huile de lin ! Maintenant, les vieux moteurs diesel qui se rapprochent le plus possible de la technologie diesel ont tendance &#224; tr&#232;s bien fonctionner avec l'huile, tandis que les nouveaux mod&#232;les TDI fonctionnent un peu moins bien, en termes de pourcentage. On ne peut pas en mettre autant que dans un moteur diesel ancien, mais des modifications permettent de rouler &#224; 100% d'huile, tant que c'est un moteur diesel, &#233;videmment...
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Intervention d'une tierce personne. -&lt;/i&gt; Heu, je voulais rajouter... Au sujet de Rudolf Diesel : c'est en 1900, &#224; l'Exposition Universelle de Paris, qu'il pr&#233;senta ce nouveau moteur qui marchait &#224; l'huile de lin...
&lt;br /&gt;Il faut savoir que, bizarrement, lorsque le gasoil a &#233;t&#233; d&#233;couvert, Mr Diesel a myst&#233;rieusement disparu... C'&#233;tait plut&#244;t quelqu'un d'&#233;colo avant l'heure [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour citer l'article de Wikip&#233;dia : Entre 1911 et 1912, il (...) pr&#233;dit que &#171; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], et lors d'une croisi&#232;re o&#249; il devait traverser la Manche... On ne l'a jamais retrouv&#233;, voil&#224;. Pas de commentaire... On peut imaginer qu'il y avait, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le V&#233;lib aussi, c'est une vieille id&#233;e qui, d'apr&#232;s &lt;i&gt;Courrier International&lt;/i&gt;, est le projet d'un Italien qu'on a remis au go&#251;t du jour...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;M&#234;me les bio-carburants : c'est tr&#232;s &#224; la mode, mais &#231;a date ; rouler &#224; l'huile, c'est une alternative qui existe depuis des ann&#233;es... Mais on s'y int&#233;resse que maintenant.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Nouvelle interlocutrice. -&lt;/i&gt; Et pendant la guerre, les camions roulaient m&#234;me au vin... !
&lt;br /&gt;KTee : Enfin, pendant la guerre, les moteurs de tanks et de v&#233;hicules militaires &#233;taient poly-combustibles et pouvaient fonctionner &#224; tout ! A tout, ce qui prouve qu'&#224; l'&#233;poque, il y avait d&#233;j&#224; une technologie qui permettait de faire fonctionner une machine avec autre chose que du carburant, ce que je trouve quand m&#234;me int&#233;ressant !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour poursuivre cet entretien : le carburant recycl&#233; est-il plus polluant que les carburants classiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors &#231;a, c'est un sujet qui est tr&#232;s tr&#232;s vaste... Parce que maintenant, on est confront&#233;s &#224; plusieurs types de carburant ; il y a le carburant classique, qui est issu de d&#233;chets fossiles, et donc tr&#232;s polluant : pour vous donner un exemple, quand vous prenez 1 litre de gasoil &#224; la pompe, il aura fallu un autre litre pour l'extraire, le raffiner et vous l'amener... Le rendement &#233;nerg&#233;tique des carburants fossiles est abominable, en fait 1 litre donne 1 litre de rendement... donc vous doublez la consommation.
&lt;br /&gt;L'huile pure, jusqu'&#224; pr&#233;sent on disait que c'&#233;tait bien, mais on est en train de revenir dessus, parce que finalement, entre les pesticides et les engrais qu'on balance dans les terres appauvries par la surexploitation, sans parler de la d&#233;forestation partout sur la plan&#232;te, on se rend compte que le bilan &#233;nerg&#233;tique est catastrophique. Et actuellement, c'est pas pour pr&#234;cher pour ma paroisse, mais le carburant qui a le meilleur rendement &#233;nerg&#233;tique et est le moins polluant &#224; fabriquer, c'est celui &#224; l'huile usag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre carburant est-il compatible avec toutes les marques de voiture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il est compatible avec tous les moteurs diesel, dans une certaine proportion. Cela d&#233;pend de la marque de la pompe &#224; injection. Si c'est la bonne, vous pouvez rouler jusqu'&#224; 50% sans modification, sinon c'est 30%... Mais tous les moteurs diesel acceptent de l'huile usag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le prix de votre carburant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chez nous c'est 65 centimes le litre, et si vous ramenez de l'huile usag&#233;e de chez le restaurateur, c'est 40 centimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3318 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:173px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L173xH250/img_article229-2e11c.jpg' width='173' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:173px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : 65 centimes le litre ! C'est un prix tr&#232;s tr&#232;s raisonnable, en comparaison du prix actuel des carburants fossiles ! On laisse vraiment le consommateur dans l'ignorance de ses int&#233;r&#234;ts...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense qu'il y a effectivement un probl&#232;me d'information. Je sais que l'Europe, derni&#232;rement, a p&#233;nalis&#233; la France sur son manque de communication aupr&#232;s de... de son peuple, par rapport aux alternatives de carburant propre... Le nombre de personnes &#224; qui vous dites &quot;on peut mettre de l'huile dans vos moteurs&quot; et qui restent compl&#232;tement babas, parce qu'elles ne connaissaient pas l'huile pure et encore moins l'huile recycl&#233;e... Je pense que si les gens &#233;taient mieux inform&#233;s, ils seraient plus actifs dans leurs d&#233;marches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez un interm&#233;diaire, pour la vente de votre carburant, ou c'est vendu sur place ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vendu sur place, les adh&#233;rents viennent les mercredis et vendredis apr&#232;s-midi faire le plein, &#224; l'association.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous, pour vous faire conna&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;H&#233; bien pour l'instant, on n'a pas forc&#233;ment besoin de communiquer sur notre activit&#233;, car nos adh&#233;rents le font tr&#232;s bien... Et le bouche &#224; oreille fonctionne tr&#232;s bien, on a un site internet qui est visit&#233; des centaines de fois par jour. Donc c'est vrai que pour l'instant on n'a pas fait vraiment une campagne de communication, c'est plut&#244;t les m&#233;dias qui ont tendance &#224; venir vers nous. Depuis que j'y travaille, je n'ai jamais convoqu&#233; ni les radios, ni les journalistes : ce sont eux-m&#234;mes qui viennent vers moi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cela veut dire que beaucoup se sentent concern&#233;s par l'&#233;cologie... Avez-vous observ&#233; des changements de comportement, de la part des consommateurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, de la part des consommateurs, ce que j'ai observ&#233;, c'est que, quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler &#224; &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt;, on avait une proportion de gens tr&#232;s int&#233;ress&#233;s par l'&#233;cologie, qui cherchaient une alternative &#233;cologique &#224; leur fa&#231;on de rouler. Avec la conjoncture, le prix du baril qui a tendance &#224; augmenter, on commence &#224; avoir des adh&#233;rents qui viennent, autant pour une d&#233;marche &#233;cologique, que, par la force des choses, pour des raisons &#233;conomiques... Parce que c'est vrai qu'&#224; 65 centimes le litre, c'est beaucoup plus &#233;conomique pour eux de rouler &#224; l'huile ! Donc on essaie de les sensibiliser quand m&#234;me au probl&#232;me &#233;cologique, de leur faire bien comprendre qu'on n'est pas une station essence, qu'on n'est pas l&#224; pour se nicher dans une partie de l'&#233;conomie... Nous, ce qu'on propose, c'est une alternative &#233;cologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le nombre et le r&#244;le des salari&#233;s dans l'association ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Actuellement, nous sommes deux salari&#233;s. Moi, qui suis directrice de l'association, et qui m'occupe de toute la partie administrative, de la gestion de projet, du d&#233;veloppement, de la bonne marche de l'association... Et l&#224;, on a &#201;ric, qui est responsable technique et qui, lui, s'occupe de la partie m&#233;canique de l'asso, qui modifie les v&#233;hicules pour les faire rouler &#224; 100% d'huile usag&#233;e, et qui m'aide aussi dans le d&#233;veloppement de l'association, mais plus sur le plan technique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quels corps de m&#233;tier faites-vous appel pour constituer votre &#233;quipe de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu... A des gens motiv&#233;s, avant tout, parce que c'est vrai qu'on ne peut pas dire qu'il y ait vraiment une nomenclature dans notre m&#233;tier, on est plut&#244;t des pionniers. Donc, pour l'instant, quand on a besoin de recruter quelqu'un, c'est une personne motiv&#233;e qui a une certaine connaissance de la m&#233;canique, et peut-&#234;tre des connaissances en agro-carburant. Mais ce qu'on recherche d'abord, ce sont des gens qui ont une vraie motivation environnementale...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, comment sont-ils form&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, personnellement, j'ai &#233;t&#233; form&#233;e par Christophe... l'ancien directeur, que je remplace... qui m'a montr&#233; les bases de &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt;, et qui m'a ensuite montr&#233; comment on filtre de l'huile pour en faire une huile propre &#224; la carburation, puis comment on modifie un moteur pour le faire rouler &#224; l'huile. En fait &#231;a a beaucoup &#233;t&#233; fait &#224; l'oral et avec de la pratique, je dirais que &#231;a ressemble beaucoup &#224; une formation classique... C'est toujours pareil, quand vous &#234;tes motiv&#233;s et que &#231;a vous int&#233;resse, vous acqu&#233;rez rapidement certains m&#233;canismes, et puis ensuite vous cherchez &#224; les am&#233;liorer... En tout cas, en ce qui me concerne, c'est venu assez rapidement, je n'ai pas senti de difficult&#233; &#224; assimiler les choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de membres compte votre association ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Actuellement on a plus de 300 membres, mais on est ouverts 2 jours par semaine. En fait on a 2 permanences, le mercredi et le vendredi. Et on a peut-&#234;tre 3 ou 4 adh&#233;sions par semaine, donc aujourd'hui on est 300, dans deux semaines on sera sans doute 310 et &#224; la fin du mois 320... On est en constante &#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelles difficult&#233;s &#234;tes-vous confront&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'instant, pour &#234;tre honn&#234;te, aucune. Ensuite, on sait tr&#232;s bien qu'on pourrait nous attendre au tournant, sur notre activit&#233;, on en est vraiment conscients... Je pense qu'on est un peu dans une p&#233;riode charni&#232;re, o&#249; on aimerait que &#231;a bouge au niveau du gouvernement, et si possible &#234;tre entendus par les &#233;lus et qu'ils nous encouragent dans nos actions... Le principal probl&#232;me actuellement, c'est la douane qui consid&#232;re comme interdit ce carburant ; pour l'instant on n'a pas &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; la douane, en tant qu'association, mais des particuliers l'ont &#233;t&#233;. Il faut savoir que tous les proc&#232;s intent&#233;s aux particuliers ont &#233;t&#233; perdus par la douane, mais elle continue d'interdire ce carburant propre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais pour quelle raison ?... Y a-t-il une loi qui interdit de rouler &#224; l'huile recycl&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l&#224; o&#249; il y a une ambigu&#239;t&#233; ; il y a une loi qui d&#233;clare l'huile recycl&#233;e comme interdite, effectivement. Ensuite, au-dessus de &#231;a, l'ambigu&#239;t&#233; c'est que la Commission Europ&#233;enne a fix&#233;, en 1996, une liste minimum de carburants alternatifs, et elle demandait &#224; tous les pays membres d'allonger cette liste, d'ann&#233;e en ann&#233;e... Donc nous on se base sur cette loi-l&#224; pour cautionner nos activit&#233;s, en allongeant la liste &#224; notre fa&#231;on. On se base aussi sur une base constitutionnelle, qui a &#233;t&#233; impos&#233;e par Jacques Chirac en 2004, qui dit que chaque citoyen est tenu de lutter pour la d&#233;fense de l'environnement. &lt;br /&gt;En tant que citoyenne, avant m&#234;me d'&#234;tre une employ&#233;e, j'applique ce d&#233;cret, tout simplement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Manipuler de l'huile, ce n'est pas ce qu'il y a de plus excitant au quotidien... ! Non, mais sans langue de bois de ma part, je m'&#233;clate vraiment &#224; &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt;, parce que je rencontre &#233;norm&#233;ment de personnes ; ce sont des gens avec un profil &#233;colo, bricolo, d&#233;brouillard et qui ont toujours quelque chose &#224; vous raconter... On est un peu tous motiv&#233;s par les m&#234;mes choses, donc ! Les contraintes sont plut&#244;t d'ordre administratif. Mais le travail en lui-m&#234;me : moi, je m'amuse bien !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous situez-vous, au point de vue juridique et politique, au niveau national, europ&#233;en... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, au niveau national, on a des &#233;lus qui connaissent nos activit&#233;s et nous soutiennent. Maintenant, l'id&#233;al serait de passer la seconde... et de soumettre une loi, ou une &#233;tude, ou quelque chose qui prouve qu'on est vraiment dans notre bon droit, et que ce qu'on fait soit cautionn&#233; par une loi. Pour l'instant, on doit &#234;tre 5 ou 6 associations &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; en France... Je pense qu'&#224; terme, on fera une f&#233;d&#233;ration pour avoir plus de poids. Et sans doute qu'on fera une grande &#233;tude, bien qu'on ait d&#233;j&#224; des textes, des &#233;tudes &#224; montrer ; mais peut-&#234;tre faire quelque chose de plus creus&#233;, pour avoir un document scientifique vraiment tr&#232;s s&#233;rieux et cautionn&#233; par de grands scientifiques, si on peut... Et ensuite le proposer &#224; qui voudra, politique ou pas... Alors l&#224; on est vraiment ouverts pour mettre &#224; disposition nos infos &#224; qui se sentirait concern&#233; et ayant les moyens de faire avancer nos actions, dans une intention &#233;cologique...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Payez-vous des taxes &#224; l'&#233;tat sur le carburant, ou en &#234;tes-vous exon&#233;r&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, c'est un vaste sujet ! En fait, les deux premi&#232;res ann&#233;es, on n'&#233;tait pas impos&#233;s ni assujettis &#224; la TVA, parce qu'on &#233;tait une association qui r&#233;alisait moins de 27 000&#8364; de chiffre d'affaires par an. Mais avec le march&#233; public de La Rochelle, on a explos&#233; notre chiffre d'affaires, et on a demand&#233; &#224; payer notre TVA : donc on a fait nous-m&#234;mes la d&#233;marche, et on provisionne un compte d&#233;di&#233; &#224; la TIPP (taxe sur les carburants, et qui en augmente lourdement le prix &#224; la pompe) si un jour on doit &#233;ventuellement la payer... Maintenant, reste &#224; savoir comment on peut taxer un d&#233;chet... et lui imposer une taxe carburant... Et oui, l&#224; on va payer un imp&#244;t soci&#233;t&#233;, bien qu'on soit une association. Nous, on refuse pas de payer les taxes, les imp&#244;ts ; y a pas de probl&#232;me, on est une structure qui tourne, on sera pas hypocrite l&#224;-dessus. Mais on aimerait bien &#234;tre pris pour ce que qu'on est, c'est-&#224;-dire qu'on recycle un d&#233;chet et qu'en termes de taxes, on ne devrait pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme une station-service qui ne vend que du carburant...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le recyclage de l'huile, c'est lucratif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, on est une association &#224; but non lucratif. Mais si quelqu'un fait &#231;a &#224; son compte, &#233;videmment c'est lucratif... Apr&#232;s &#231;a d&#233;pend de la structure, mais si vous &#234;tes un particulier, vous n'aurez pas de tracasseries administratives. Et vu que le rendement &#233;nerg&#233;tique est tr&#232;s tr&#232;s bas, avec des co&#251;ts de fabrique et de r&#233;cup&#233;ration tr&#232;s bas aussi, forc&#233;ment c'est une activit&#233; qui peut &#234;tre tr&#232;s lucrative... Par contre, si vous &#234;tes une grande soci&#233;t&#233; qui voudrait faire comme nous, oui sans doute, elle ferait des b&#233;n&#233;fices, mais serait forc&#233;ment impos&#233;e sur ses b&#233;n&#233;fices, comme n'importe quelle autre soci&#233;t&#233;. Tandis que nous, pour l'instant on n'a pas &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; &#231;a, puisqu'en tant qu'association nous ne pouvons pas faire de b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos principaux collaborateurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Principalement les restaurateurs, puisque ce sont quand m&#234;me eux qui nous fournissent la mati&#232;re premi&#232;re. Ensuite on a des fournisseurs pour tout ce qui concerne la partie technique, les fournisseurs de m&#233;canique, les fournisseurs de cuves, de pompes, de raccords en laiton...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'usager lui-m&#234;me pourrait participer aussi... ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui. Nos adh&#233;rents, s'ils veulent s'impliquer dans la vie de l'association, sont tous les bienvenus. C'est aussi le principe de base d'une association...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous avec des entreprises semblables &#224; la v&#244;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On travaille d&#233;j&#224; avec les autres &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; existantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce une cha&#238;ne &quot;Roule ma frite&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout, ce sont des gens qui sont dans la m&#234;me d&#233;marche que nous. Et comme on voudrait, &#224; terme, devenir une f&#233;d&#233;ration, ils prennent le m&#234;me nom que nous... Alors certains mettent le num&#233;ro de leur d&#233;partement, pour changer, mais &#231;a nous g&#234;ne pas que d'autres associations s'appellent &quot;Roule ma frite&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais &#231;a ne pr&#234;te pas &#224; confusion... un nom d&#233;pos&#233;, et du point de vue identitaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, car &#231;a rentre dans le cadre de l'essaimage, en fait. C'est surtout qu'on veut essaimer... alors autant le faire avec notre nom et avec des gens qu'on conna&#238;t, autour de &quot;Roule ma frite&quot;. Apr&#232;s, on n'est pas du tout une cha&#238;ne... c'est juste qu'on a le m&#234;me nom, puisqu'on a pratiquement les m&#234;mes activit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le nom d'origine, justement, il vient de Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il est parti de Marseille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3317 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:178px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L178xH250/roule-ma-frite-de-la-friteuse-au-reservo_250486-a5bea.jpg' width='178' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:178px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nouvelle intervenante.&lt;/i&gt; - Pour ajouter... je dirai que ce n'est pas tr&#232;s d&#233;rangeant le nom, car ce n'est pas un nom d'entreprise, c'est plut&#244;t une id&#233;e... Voil&#224;, &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; repr&#233;sente une id&#233;ologie, c'est bien plus l'envie de pr&#233;server l'environnement, que l'orgueil de s'attribuer un nom et d'en &#234;tre le fondateur. Dans l'urgence du changement climatique d'aujourd'hui, c'est vraiment un concept... &lt;i&gt;&quot;Roule ma frite&quot;&lt;/i&gt; est un engagement dans un fondement de partage, sans appartenance ni droits d'auteur, qui peuvent exister dans d'autres structures, parfois format&#233;es par une marque, comme n'importe quel produit... Ce sont des moyens, pour une fois solidaires, mis &#224; la disposition de ceux qui veulent s'investir dans une d&#233;marche &#233;cologique et un investissement &#233;thique. Sans &#234;tre fanatique, si quelqu'un voulait se lancer dans le recyclage d'huile usag&#233;e dans un but d'int&#233;r&#234;t financier... ce n'est pas notre vision, ni notre fond de commerce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les perspectives de votre structure ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Conqu&#233;rir le monde !... Non, nos perspectives sont toujours un peu les m&#234;mes ; c'est faire d&#233;couvrir l'huile carburant aux particuliers, et avant tout, aux collectivit&#233;s, parce que je pense que malgr&#233; tout ce sont elles qu'il faut toucher. Ce sont les collectivit&#233;s qui g&#232;rent tous les transports publics, et qui pourraient vraiment faire quelque chose &#224; grande &#233;chelle... Je pense qu'il faut taper plus haut, et donc nos perspectives sont quand m&#234;me d'arriver &#224; convaincre les collectivit&#233;s d'adopter des sites exp&#233;rimentaux, pour commencer ; et sur l'huile recycl&#233;e, comme &#231;a &#233;t&#233; fait &#224; La Rochelle ; et de communiquer mieux aussi... En perspective, on a aussi des exp&#233;rimentations pour affiner encore plus notre carburant alternatif. Peut-&#234;tre aussi, &#224; terme, faire une recyclerie d&#233;partementale. Et on aimerait bien travailler avec les agriculteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes projets !... &#192; un moment donn&#233;, mon projet &#233;tait de faire v&#339;u de pauvret&#233;... et d'aller vivre dans un pays pauvre, avec des gens pauvres, pour me sentir moins coupable de la chance que je peux avoir, parfois, d'&#234;tre europ&#233;enne. C'est assez paradoxal, parce qu'on devient esclave et on est responsable de tellement de choses... Donc mon projet c'&#233;tait &#231;a en fait, c'&#233;tait d'aller vivre dans une campagne cambodgienne, et de vivre avec et comme les gens. Et de ne pas arriver avec mon savoir d'europ&#233;enne, mais de m'ouvrir &#224; leur culture pour apprendre d'eux. Apr&#232;s, depuis que je suis dans le r&#233;seau, je vois des reportages, des documentaires, qui me font vraiment mal au c&#339;ur, et je me dis que finalement les gens les plus pauvres sont peut-&#234;tre ceux qui ont le plus &#224; donner.
&lt;br /&gt;Voil&#224;, depuis 30 ans que je suis en Europe, le reste de ma vie je pourrais peut-&#234;tre le passer ailleurs, et aborder la vie d'une mani&#232;re diff&#233;rente... Maintenant, pour revenir &#224; du plus concret, je compte rester &#224; &lt;i&gt;&quot;Roule ma Frite&quot;&lt;/i&gt; encore quelques temps, mais j'ai envie de d&#233;bloquer des projets personnels... pas forc&#233;ment dans l'&#233;cologie, mais beaucoup dans l'&#233;conomie sociale et solidaire, en tout cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour conclure, vous-m&#234;me, utilisez-vous du carburant propre, de l'huile recycl&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ma voiture roule &#224; 50% d'huile recycl&#233;e, en attendant de la faire passer &#224; 100%, bient&#244;t...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Merci, pour votre sourire et la richesse de vos informations !&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Merci &#224; vous.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par M. Mahdjoub&lt;/strong&gt;&lt;small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Pour citer l'article de Wikip&#233;dia :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Entre 1911 et 1912, il (...) pr&#233;dit que &#171; l'utilisation d'huiles v&#233;g&#233;tales comme combustible liquide pour moteurs peut sembler insignifiante aujourd'hui &#187;, mais que &#171; ces huiles deviendront bient&#244;t aussi importantes que le p&#233;trole et le goudron de charbon &#187;
&lt;br /&gt;Cf. &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Diesel' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rempailleur cherche repreneur</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/article/rempailleur-cherche-repreneur</link>
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		<dc:date>2005-06-01T08:48:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Tuccillo</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>098. Saint-Victor</dc:subject>

		<description>Michel Cousin est rempailleur. Il lui reste quatre ann&#233;es avant la retraite, il quittera alors l'atelier-boutique qu'il occupe &#224; Marseille : &#8220;Vingt-deux ans que LA PAILLE D'OR est ouverte et vingt-deux ans que &#231;a marche !&#8221; Ils ne sont plus que trois ou quatre dans la r&#233;gion &#224; exercer cette profession qui ne n&#233;cessite ni CAP d' ouvrier sp&#233;cialis&#233;, ni autre qualification, mais du m&#233;tier. Un savoir qui se transmet par la pratique. Michel Cousin, lui, le tient de son p&#232;re ; passation naturelle propre &#224; ce (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/saint-victor" rel="tag"&gt;098. Saint-Victor&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Cousin est rempailleur. Il lui reste quatre ann&#233;es avant la retraite, il quittera alors l'atelier-boutique qu'il occupe &#224; Marseille : &#8220;Vingt-deux ans que LA PAILLE D'OR est ouverte et vingt-deux ans que &#231;a marche !&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils ne sont plus que trois ou quatre dans la r&#233;gion &#224; exercer cette profession qui ne n&#233;cessite ni CAP d' ouvrier sp&#233;cialis&#233;, ni autre qualification, mais du m&#233;tier. Un savoir qui se transmet par la pratique. Michel Cousin, lui, le tient de son p&#232;re ; passation naturelle propre &#224; ce type d'activit&#233; qui n&#233;cessite une agilit&#233; manuelle et un regard qui s'aiguise avec l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre artisan exerce au 16 Boulevard Tell&#232;ne, dans le VIIe arrondissement : &#8220;A l'&#233;poque, j'ai vu qu'il y avait affaires &#224; faire dans ce domaine, et je n'ai pas rechign&#233; &#224; m'&#233;tablir &#224; mon propre compte.&#8221; Les premi&#232;res ann&#233;es, il a pu b&#233;n&#233;ficier d'aides de l'Etat. Ses parents aussi, l'ont soutenu financi&#232;rement, sans compter la manne providentielle d'une allocation ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis plus de deux d&#233;cennies, Michel Cousin reproduit les m&#234;mes gestes : &#8220;C'est r&#233;p&#233;titif et pas trop r&#233;mun&#233;rateur. Je fais trop d'heures ! Je ne les aurais pas faites pour un patron.&#8221; Ce n'est pas non plus l'usine : le cadre de travail est joli et Michel est son propre chef. En tant que tel, il assure aussi la promotion de sa petite entreprise. Il d&#233;marche ainsi la client&#232;le par le biais d'annonces dans les journaux, les pages jaunes du bottin t&#233;l&#233;phonique, les salons de printemps au Parc Chanot, la Foire Internationale de Marseille : &#8220;C'est surtout le bouche &#224; oreille entre artisans qui fonctionne : tapissiers en meuble, &#233;b&#233;nistes des &#233;tablissements r&#233;put&#233;s comme Corvasce, Carlotti, Scoppo- Musso, on se renvoie la balle&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Cousin attend la rel&#232;ve, une jeunesse pr&#234;te &#224; retrousser ses manches pour apprendre le geste. Mais ce n'est pas facile car les contraintes de reprise sont assez lourdes : &#8220;Il y a trop de charges. Si je dois donner le magasin et non pas le vendre, soixante pour cent du chiffre d'affaire ira aux Imp&#244;ts. En faisant une donation directe &#224; un membre de la famille, ce serait quarante pour cent. Je d&#233;clare vingt-six mille six cents euros par an soit pr&#232;s de douze mille euros qui partiront dans les caisses de l'&#201;tat ! Alors je ne c&#233;derai pas mon commerce &#224; un inconnu !&#8220;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hormis un passage oblig&#233; par Pau, pour raison militaire, cet enfant du pays, n&#233; aux Catalans n'a jamais vraiment quitt&#233; longtemps la cit&#233; phoc&#233;enne du regard. Bien s&#251;r, lui aussi prend des vacances, mais c'est pour mieux revenir chez lui et retrouver les gestes ancestraux que ses a&#239;eux lui ont transmis. Le voil&#224; donc attel&#233; &#224; sa t&#226;che, les deux pieds camp&#233;s sur la terre ferme et le derri&#232;re pos&#233; sur sa chaise, dans la plus pure position du rempailleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 26/04/06 par Nathalie Tucillo ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Regardez le mensonge</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-sentences-de-l-habitant/article/regardez-le-mensonge</link>
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		<dc:date>2006-06-12T13:57:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Solitude</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&#171; Je suis le meneur, si vous voulez : celui qui d&#232;s le premier jour a mont&#233; les associations, et a vu venir le coup. C'&#233;tait septembre 2003. Ils sont arriv&#233;s en ao&#251;t 2003, et en septembre 2003 ils sont venus nous voir. Tout le monde, ils sont venus voir tout le monde. Et moi, la dame qui est venue me voir m'a dit : &quot;Vous allez partir, l'appartement est &#224; nous, vous &#234;tes chez nous, c'est &#224; nous&quot;, comme &#231;a h&#232; ! &#187; Antoine Cuadra, Pr&#233;sident du Collectif des Lois 48 et membre du conseil d'administration de Un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis le meneur, si vous voulez : celui qui d&#232;s le premier jour a mont&#233; les associations, et a vu venir le coup. C'&#233;tait septembre 2003. Ils sont arriv&#233;s en ao&#251;t 2003, et en septembre 2003 ils sont venus nous voir. Tout le monde, ils sont venus voir tout le monde. Et moi, la dame qui est venue me voir m'a dit : &quot;Vous allez partir, l'appartement est &#224; nous, vous &#234;tes chez nous, c'est &#224; nous&quot;, comme &#231;a h&#232; ! &#187; Antoine Cuadra, Pr&#233;sident du Collectif des Lois 48 et membre du conseil d'administration de Un Centre Ville Pour Tous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est madame Palombo elle s'appelait, &quot;&lt;i&gt;M&#233;diateur de Marseille R&#233;publique&lt;/i&gt;&quot;. Parce que les gens qu'ils ont envoy&#233;s comme &#231;a, ils les ont appel&#233;s des m&#233;diateurs. Et aujourd'hui encore ils les appellent des m&#233;diateurs. Voil&#224;. Alors elle a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; C'est chez nous. C'est comme une voiture : quand vous la louez, vous avez fini, vous la rendez. B&#232;, l&#224;, c'est pareil : vous partez.
&lt;br /&gt;Moi j'ai dit : &quot;Non, je suis sous la loi 48, je partirai pas.&quot; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais vous vous rendez compte, monsieur Cuadra, ce qu'on va faire ! On va enlever les fen&#234;tres. Pendant des mois vous allez rester sans fen&#234;tres.
&lt;br /&gt;J'ai dit : &quot;Mais je veux pas toucher mes fen&#234;tres.&quot;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; On va casser les escaliers, vous pourrez pas monter. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais non, c'est pas possible madame. &#201;coutez, c'est beaucoup trop primaire vos menaces ! Moi je vais vous dire ce qui va se passer : &#224; partir d'aujourd'hui j'ai vu ce que vous allez faire, j'ai tr&#232;s bien compris. Votre lettre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous, on &#233;tait na&#239;fs, quand on a re&#231;u la lettre : &quot;Un nouveau propri&#233;taire est arriv&#233;, il veut vous rencontrer&quot;. Donc nous, na&#239;fs au d&#233;but, on s'est dit : &quot;Bon b&#232;, y'a un nouveau propri&#233;taire, il veut nous voir.&quot; Le mieux, il disait : &quot;Soit vous venez nous voir soit on vient vous voir&quot;. B&#232; j'ai dit : &quot;Le mieux c'est qu'y viennent, y verront l'appartement, y verront que le n&#244;tre y'a rien &#224; faire, y nous laisseront.&quot; B&#232; non, on &#233;tait na&#239;fs, parce qu'on savait pas ce qui allait se passer. Pour eux c'&#233;tait tout le monde dehors et on fait une op&#233;ration immobili&#232;re, pas une r&#233;habilitation. C'est pas &#231;a une r&#233;habilitation, aujourd'hui sur la rue de la R&#233;publique, c'est une op&#233;ration immobili&#232;re dure et sauvage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc les menaces, voil&#224;, les menaces :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ah, oui, oui, c'est comme &#231;a, l'ascenseur on est oblig&#233;... - regardez le mensonge ! : ... La loi nous oblige &#224; mettre des ascenseurs o&#249; un handicap&#233; rentre avec sa chaise et fasse le demi-tour.
&lt;br /&gt;Totalement faux. La loi sur les ascenseurs elle dit que vous avez jusqu'en 2018 dernier d&#233;lai pour les mettre aux derni&#232;res normes. Les derni&#232;res normes c'est l'anti-ouverture des portes &#224; cause des quelques accidents qui se sont produits, le renforcement et le syst&#232;me moderne d'anti-chute, tout simplement. Preuve absolue de &#231;a, c'est qu'Euraz&#233;o est concern&#233; par la m&#234;me r&#233;habilitation, et Euraz&#233;o a conserv&#233; tous les ascenseurs existants ; il ne rentre absolument aucune chaise d'handicap&#233; dedans, ils ont chang&#233; les moteurs et toute la c&#226;blerie cet &#233;t&#233;. Mais ils ont pas chang&#233; les cages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Koinai : Et vous, votre ascenseur fonctionne ou pas ?
&lt;br /&gt;Alors il fonctionne, il est l&#224; depuis 76, &#231;a a &#233;t&#233; un des premiers h&#232; ! Parce que sur mon palier y'avait l'ancien directeur du Cr&#233;dit Lyonnais, qui lui s'&#233;tait arrang&#233; avec ses amis de l'Immobili&#232;re. On a &#233;t&#233; pratiquement les premiers &#224; l'avoir. En 76 on l'a eu. Il fonctionne tr&#232;s bien, y'a pas de probl&#232;mes. C'est moi qui le refais tous les deux ans, je mets la tapisserie murale &#224; l'int&#233;rieur, c'est un petit bijou. M&#234;me Gu&#233;rini quand il l'a vu il a dit : &quot;Mais c'est un &#233;tui &#224; bonbons&quot;, pour dire une bo&#238;te &#224; bonbons. Et... je sais plus o&#249; j'en &#233;tais...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Donc apr&#232;s la visite de cette dame, Madame Palombo, qui &#233;tait venue pour me dire &quot;qu'il fallait que je m'en aille, de toute fa&#231;on je partirais, de toute fa&#231;on ils allaient avoir des permis de construire d&#233;livr&#233;s par la Mairie et je ne pourrais rien faire contre &#231;a...&quot; j'ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#199;a on le verra plus tard, mais en attendant, regardez-moi bien, madame. L&#224; vous venez de trouver votre principal adversaire. J'ai jamais particip&#233; &#224; une association de logement, je sais m&#234;me pas ce que c'est que les logements, je sais pas ce que c'est qu'un bail de 48 ou de 89 mais je vais m'y int&#233;resser. Et l&#224;, devant vous, vous avez la personne qui va vous faire du mal, qui va vous faire beaucoup de mal. Je vais monter des associations, je vais fonder des collectifs, et vous allez voir ce qu'on va vous faire. On va vous montrer qu'ici, &#224; Marseille, vous allez pas faire comme vous avez fait ailleurs.
&lt;br /&gt;Parce qu'y se vantent d'avoir fait Dublin et d'avoir fait Berlin. Et moi j'ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#192; Berlin c'est normal, apr&#232;s quarante ans de communisme, vous &#234;tes arriv&#233;s dans la rue, vous avez donn&#233; un coup de sifflet, ils sont tous descendus avec leurs valises. Vous en avez l'habitude. Mais ici &#224; Marseille, c'est pas le cas. Ici vous avez des gens libres depuis des d&#233;cennies. Et autre que des d&#233;cennies. Ici vous ne ferez pas ce que vous avez fait ni &#224; Dublin, ni &#224; Berlin.
&lt;br /&gt;Et donc, premi&#232;re chose, j'ai cherch&#233; un avocat, pour nous d&#233;fendre. Et ma belle-soeur connaissait bien ma&#238;tre Roustan, puisque quand elle a fait son doctorat &#224; Aix, elle l'a c&#244;toy&#233; pendant quelque temps avec des amis, ils &#233;taient jeunes h&#232;. Et il avait d&#233;fendu d&#233;j&#224; des &#233;tudiants quand il &#233;tait lui encore qu'&#233;tudiant, et il avait obtenu des succ&#232;s, donc (...) il s'est sp&#233;cialis&#233; l&#224;-dedans. &#192; tel point qu'&#224; Paris, quand y'a eu les probl&#232;mes du cinqui&#232;me arrondissement, y sont venus le chercher. Parce qu'aujourd'hui, c'est une sommit&#233; en loi de 48. C'est un des plus grands sp&#233;cialistes, peut-&#234;tre le plus grand sp&#233;cialiste de France. Donc j'ai pris un rendez-vous, je suis all&#233; le voir. Y m'a dit ce qu'y fallait faire, monter une association - je l'ai faite -, j'&#233;tais en train de pr&#233;parer mes statuts pour monter l'association des lois de 48, que je devais appeler l'ADSL 48. ADSL, c'&#233;tait Association de D&#233;fense Sous la Loi de 48. ADSL pour frapper les esprits, hein. Voil&#224;. Finalement je pr&#233;pare tout, je fais venir tous les gens que j'avais d&#233;j&#224; vus, j'ai parcouru la rue enti&#232;re, je connais tous les voisins mais jusqu'au bout de la Joliette, h&#232; ! J'ai commenc&#233; &#224; voir les gens, j'ai commenc&#233; &#224; prendre les dossiers et cetera, et j'ai fait venir l'avocat. Il leur a fait une r&#233;union, une deuxi&#232;me. Et j'ai appris qu'il existait une organisation qui s'appelait &quot;Un Centre ville Pour Tous&quot;. Donc je suis all&#233; sur internet, j'ai vu leur site et je leur ai envoy&#233; un message. Ils m'ont contact&#233;, ils m'ont demand&#233; de venir &#224; un des conseils d'administration ouverts, donc j'y suis all&#233;, et voil&#224;, et &#231;a a commenc&#233;. Donc apr&#232;s je me suis dit : &quot;Ou tu restes isol&#233; avec ta petite loi de 48...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On fait beaucoup de choses. Moi je g&#232;re mes gens de la loi de 48 qui veulent rester autonomes. Ils adh&#232;rent &#224; Un Centre Ville Pour Tous parce que je leur ai fait comprendre que ces gens connaissent le logement depuis des ann&#233;es, ils sont militants, ils savent de quoi ils parlent, ils ont montr&#233; qu'y savaient faire sur Belsunce, et cetera. Que nous on apprenait, on d&#233;butait, on &#233;tait petit. Et qu'y fallait pas qu'on reste isol&#233;. On n'avait qu'&#224; apporter notre force. Donc, je n'ai pas fait mon association, j'ai gard&#233; le collectif, et j'ai rejoint Un Centre ville pour tous. Donc quelques mois apr&#232;s j'&#233;tais au conseil d'administration, et je travaille &#224; Un Centre Ville Pour Tous aussi bien pour la rue de la R&#233;publique que pour tout autre probl&#232;me qui pourrait surgir. L'histoire des Dimiglia on les a d&#233;fendus, bon pareil h&#232;. Vous savez les chibanis, on parle souvent. Et je resterai probablement &#224; cette association. Voil&#224; comment je l'ai rejoint, voil&#224; comment je l'ai int&#233;gr&#233;e. Ensuite, au bout de quelques mois on s'est aper&#231;u que sur la rue de la R&#233;publique il existait d'autres associations. On a donc contact&#233; monsieur Maurin, le pr&#233;sident du CIQ &#224; c&#244;t&#233; du Panier. C'est lui qui nous avait d&#233;j&#224; contact&#233; pour nous dire qu'on devait faire quelque chose. C'est l&#224; qu'on a pens&#233; &#224; cr&#233;er le collectif. Mais on n'a pas pu r&#233;unir les commer&#231;ants, ils sont individuels, y s'en foutent des autres... Impressionnant ! Ce qu'y veulent, c'est avoir leurs indemnit&#233;s. En plus ils ont souffert pendant deux ans des travaux. Vous avez vu les travaux ? Les gens viennent pas acheter ici, c'est l'enfer. Donc ils ont souffert de tout &#231;a, et les trois quarts sont partis. Les trois quarts vous les voyez : &quot;Bonjour, &#231;a va ? Alors o&#249; vous en &#234;tes ?&quot; - &quot;Ah ! Moi je pars pas, je pars pas.&quot; Vous passez le lendemain, rideau ferm&#233; il &#233;tait parti. L&#224; aujourd'hui on est en train de faire une enqu&#234;te sur eux, pour savoir o&#249; ils en sont et cetera, mais on n'a jamais pu les r&#233;unir. Le bijoutier a essay&#233;, mais le bijoutier a mont&#233; un petit truc en bas h&#232;, sur le bas, pas sur le haut donc, et c'est tout. Madame Befette a fait un effort, elle a essay&#233;, elle y est pas arriv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais vous expliquer ceux qui sont partis. Y'a ceux qui &#233;taient int&#233;ress&#233;s pour partir. La premi&#232;re qui est partie, c'est une dame qui avait la maladie d'Alzheimer, donc ses filles ne voulaient plus qu'elle reste l&#224; ; celle qui &#233;tait &#224; Paris et qui &#233;tait dans la police l'a fait venir pr&#232;s de chez elle. &#199;a se comprend. Ensuite vous aviez des jeunes qui &#233;taient arriv&#233;s l&#224; depuis deux, trois ou quatre ans, qui &#233;taient sous la loi de 89 bien s&#251;r, qui payaient des loyers une fois et demie ce qu'on payait nous, et quand on est venu les voir et qu'on leur a dit : &quot;On va r&#233;habiliter mais on vous remet pas tr&#232;s loin...&quot; Plusieurs sont par l&#224; dans le coin, chez Euraz&#233;o, et ces gens-l&#224; payaient d&#233;j&#224; 650 &#224; 700 euros. Des jeunes couples d'une trentaine d'ann&#233;es qui &#233;taient l&#224; depuis quatre ou cinq ans. Y avaient pas d'attaches. Y avaient un un pouvoir d'achat assez important. Et en plus on leur a dit : &quot;B&#232; on vous d&#233;dommage. On vous paye le d&#233;m&#233;nagement et on vous donne cinq ou dix mille euros.&quot; Les gens y se sont dit, ceux qui avaient trois ou quatre ans de bail : &quot;C'est une aubaine. On nous d&#233;m&#233;nage, on paye &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me loyer, et on se prend dix mille euros. C'est une aubaine ! &quot; Donc tous ces gens-l&#224; sont partis. Et puis madame Coli qui est partie parce qu'elle voulait une pi&#232;ce de plus... On l'a embobin&#233;e, mais tout de suite, elle, h&#232; ! Elle nous a pas &#233;cout&#233;. Rien ! Elle a dit : &quot;Non, non, moi j'ai pas besoin de vous et cetera.&quot; Elle est partie... Un mois apr&#232;s elle &#233;tait l&#224; en train de pleurer. Ici - parce qu'on faisait notre permanence ici - elle pleurait madame Coli ! Parce que ils l'ont abus&#233;e : ses enfants, on n'a pas voulu les inscrire l&#224;-haut. Pendant un an ils sont venus encore &#224; l'&#233;cole ici ; le logement, l&#224;-bas, elle payait beaucoup plus cher. Elle s'en sortait pas, le logement c'&#233;tait un logement HLM &#224; Bois Lemaitre, pourri, voil&#224;. C'est une cit&#233;, Bois Lemaitre, une vieille cit&#233; qui est &#224; &#224; c&#244;t&#233; de Beaumont, &#224; l'autre bout de Marseille. Donc, dans la rue Chevalier Roze, il en est pas parti beaucoup : un quart. Mais y'avait d&#233;j&#224; un quart de vide. Donc sur cent appartements on doit rester &#224; peu pr&#232;s une cinquantaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;K : Et y'avait du squat ?
&lt;br /&gt;Non, aucun. C'est des menteurs. On a eu uniquement quelques squats au 18 rue Chevalier Roze, un seul immeuble, et on le sait parce que c'est quelqu'un qui les installait et qui prenait des sous. Y'avait quelques appartements de vides, donc y poussait la porte, y faisait rentrer surtout des Yougoslaves. Il les faisait rentrer pour la saison parce qu'ils viennent et ils &#233;cument la c&#244;te. Ils venaient &#224; quinze, vingt, ils dormaient l&#224;. Donc y leur ouvrait, y leur branchait l'eau, y leur mettait un cadenas, y lui donnaient mille euros, et quand y partaient il en remettait d'autres, voil&#224;. Tous les autres on les a surveill&#233;s jusqu'&#224; aujourd'hui, on les a pas laiss&#233;s venir. Voil&#224;. Maintenant les squats, c'est de la responsabilit&#233; du propri&#233;taire. Vous avez quelqu'un qui vous squatte l'immeuble, vous devez imm&#233;diatement vous en occuper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur R&#233;bitis, vous connaissez le cas R&#233;bitis ? Il est significatif. Alors ce monsieur est en invalidit&#233;, c'est un ancien professeur de fran&#231;ais, qui a fait de la d&#233;pression. Et il habitait &#224; la rue Fioca avec sa maman et sa tante. Sa m&#232;re est morte, au 14 rue Fioca. Et depuis 2000 l'immeuble &#233;tait squatt&#233;. D'ailleurs vous en avez peut-&#234;tre entendu parler parce qu'ils l'ont vid&#233; au mois de novembre, voil&#224;. Donc il &#233;tait le dernier locataire l&#233;gal sous la loi de 48, il avait pris la succession de sa m&#232;re, et il habitait avec sa vieille tante, et il a fait un proc&#232;s pour attaquer d'abord P2C, ensuite Marseille R&#233;publique, pour qu'y fassent partir les squatteurs. Le proc&#232;s il est pas encore pass&#233;. Ils ont fait appel, et &#231;a a tra&#238;n&#233;. Finalement, comme tous les ans, il part en Gr&#232;ce deux ou trois mois - il est en invalidit&#233; - il emm&#232;ne sa vieille tante avec lui. Il a dit &#224; monsieur Donnadieu, le m&#233;diateur de Marseille R&#233;publique :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alors les squatteurs vous les faites partir ?
&lt;br /&gt;Donnadieu a dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#201;coutez, monsieur R&#233;bitis, d&#232;s que vous &#234;tes parti, on coupe l'eau, on coupe le gaz, on a fait faire le n&#233;cessaire aupr&#232;s du pr&#233;fet, on vient et on les expulse.
&lt;br /&gt;Il a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Tr&#232;s bien.
&lt;br /&gt;Et quand il est rentr&#233; en septembre, non seulement les squatteurs &#233;taient encore l&#224;, mais l'immeuble s'&#233;tait rempli totalement ; y'avait quatre familles de plus, donc y'avait cent personnes. Il &#233;tait le seul locataire l&#233;gal, h&#232; ! Il n'y avait plus de porte, ni de fen&#234;tre, ni de plafond, ils avaient ouvert l'eau, le plafond &#233;tait pass&#233; &#224; travers. Ils lui avaient vol&#233; toutes ses affaires, et bien s&#251;r monsieur Donnadieu est venu en courant :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alors vous avez vu monsieur R&#233;bitis, comment on va faire maintenant ?
&lt;br /&gt;Alors R&#233;bitis il a dit - il &#233;tait catastroph&#233;, le pauvre : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous vous rendez compte, ils m'ont tout d&#233;truit, ils m'ont tout vol&#233;, et ils sont encore l&#224;, vous m'aviez promis...
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ouais ouais, il a dit, ouais mais moi j'ai pas pu les faire partir, vous comprenez c'est des associations qui les d&#233;fendent. &lt;br /&gt;C'est totalement faux, on n'a jamais d&#233;fendu les squatteurs. &#199;a, vous pouvez le demander &#224; Centre ville Pour Tous, le collectif des lois de 48 et la coordination, on n'a jamais d&#233;fendu un squatteur. On d&#233;fend les locataires l&#233;gaux, ceux qui payent leur loyer, et quand quelqu'un a des difficult&#233;s &#224; payer son loyer, qu'il est en retard, malheureusement on peut pas faire grand chose. On lui dit... Je vous finis R&#233;bitis apr&#232;s je vous parle de Centre Ville. Donc R&#233;bitis, ils l'ont pris, ils ont fait venir un huissier, en lui disant :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Monsieur R&#233;bitis vous voulez &#234;tre log&#233; ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; B&#232; bien s&#251;r, il a dit, Ma&#238;tre Pl&#233;sard regardez, je suis bien oblig&#233;, j'ai plus de toit, de fen&#234;tre, j'ai plus de porte, j'ai plus rien. On est bien oblig&#233;.
&lt;br /&gt;Alors ils l'ont pris, et y l'ont mis l&#224;, &#224; l'&#238;lot 13. Et y sont venus voir au bout, ils ont fait le d&#233;m&#233;nagement, par les petits du Panier, l&#224;, qui travaillent au noir, qui sont pas d&#233;m&#233;nageurs, je les connais moi h&#232; ! Ils lui ont massacr&#233; ses meubles... Bon enfin. Il est arriv&#233; l&#224;-bas il a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bon alors, le bail, qu'est-ce qu'on fait, je garde mon bail ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ah non non, on va vous faire un bail.
&lt;br /&gt;Huit jours apr&#232;s y leur dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alors, o&#249; on en est ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais vous inqui&#233;tez pas.
&lt;br /&gt;Et le lendemain ils l'appellent, y va les voir ils disent : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Voil&#224;, voil&#224; votre bail.
&lt;br /&gt;Y payait 300 euros &#224; la rue Fioca h&#232;, un appartement de la loi de 48, bon. Pareil, c'est lui qui avait tout fait dedans h&#232;... Ils lui pr&#233;sentent un bail &#224; 800 euros. Il a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Non, moi je touche 800 euros de pension je peux pas. Mais vous deviez me reloger au m&#234;me prix ! Toute fa&#231;on c'est &#233;crit dans l'OPAH de la rue de la R&#233;publique. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais non, vous nous prenez pour des ci, &#231;a...
&lt;br /&gt;Ils l'ont presque frapp&#233;. Il a tenu le coup. On est all&#233; voir l'avocat. L'avocat il a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bon, &#233;coutez : on entame un proc&#232;s, je vous fais revenir &#224; la rue Fioca. C'est de leur responsabilit&#233;.
&lt;br /&gt;Et donc on a donn&#233; tous les papiers &#224; l'avocat. Une semaine apr&#232;s ils l'ont appel&#233; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Venez monsieur R&#233;bitis, voil&#224; allez, 500 euros.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Non, il a dit, il en est pas question, il en est pas question.
&lt;br /&gt;Huit jours apr&#232;s y sont venus, ils ont dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bon, allez. Vous restez au m&#234;me prix qu'en bas.
&lt;br /&gt;Marchands de tapis ! Et lui il a insist&#233;, donc on y &#233;tait encore mercredi dernier chez l'avocat, on y a port&#233; les derniers papiers qu'y nous r&#233;clamait, et y fait son proc&#232;s pour revenir l&#224;. On a pr&#233;venu Marseille R&#233;publique - parce qu'y sont en train de vendre la rue Fioca sur plan - si y vendent cet appartement, ce sera frapp&#233; de nullit&#233;. Parce que son bail est toujours valable. Donc on va se d&#233;fendre juridiquement, comme des citoyens, on mettra pas le feu aux immeubles, il en est pas question. On ne cassera jamais rien. On emp&#234;chera si y'a des expulsions, on viendra l&#224;, on emp&#234;chera la police de la faire, mais on troublera jamais la voie publique. On l'a jamais fait on le fera pas. C'est pas notre but.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur R&#233;bitis, rebondissement, y'a un mois, il s'aper&#231;oit que son plancher s'effondre. Oui, oui, son plancher s'effondre. Il appelle Marseille R&#233;publique, y leur fait une lettre recommand&#233;e en les pr&#233;venant, et en m&#234;me temps y leur dit qu'y'a des squatteurs en haut, que la porte des combles est cass&#233;e, et qu'y faut faire quelque chose. Marseille R&#233;publique y bronchent pas. Ni pour le plancher, ni pour la porte des squats. Et le 9, quelques jours apr&#232;s, l'immeuble prend feu, en haut, donc il a tout son toit de br&#251;l&#233;, c'est une combustion heu... instantan&#233;e quoi. Voil&#224;. Un feu follet. Ah, b&#232; ! C'est lui, parce qu'il &#233;crit des livres, monsieur R&#233;bitis c'est un ancien prof de fran&#231;ais. Je pense qu'il a d&#251; trop r&#233;fl&#233;chir, la mati&#232;re grise a fum&#233;, voil&#224;, et &#231;a a pris feu l&#224;-haut h&#232;, b&#232; certainement. Ils accusent m&#234;me la pauvre madame Abas&#233;ri la m&#233;m&#233;, parce que c'&#233;tait sa mansarde soi-disant. Voil&#224; c'&#233;tait le plancher, quinze jours avant, et le toit apr&#232;s. Le toit &#231;a a &#233;t&#233; br&#251;l&#233; par les squatteurs, et y passaient devant sa porte et y montaient dans les combles. Donc, voil&#224;, voil&#224; l'histoire de monsieur R&#233;bitis. &#192; neuf heures le lendemain matin, ils &#233;taient d&#233;j&#224; dans le bureau de Marseille R&#233;publique, les baux &#233;taient pr&#234;ts. Je veux pas les accuser hein, je les accuse pas. Vous avez lu toutes les petites affichettes ? Les gens savent tr&#232;s bien que y'a pas de fum&#233;e sans feu h&#232;. C'est le cas de le dire. Voil&#224;. Alors maintenant, vous vouliez que je vous explique Euraz&#233;o ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors la technique Euraz&#233;o elle est tout autre. Euraz&#233;o y jettent personne dehors. Ils sont beaucoup plus subtils h&#232;, beaucoup plus fins. Quand ils veulent faire partir les gens ils le font en souplesse, ils augmentent les loyers &#224; la fin du bail. Les gens re&#231;oivent une lettre qui leur dit : &quot;Aujourd'hui dans votre quartier la situation a chang&#233;, et donc au moment du renouvellement de votre bail nous allons augmenter votre loyer qui va passer de tant &#224; tant. Et nous vous donnons donc six exemples - que la loi leur impose, h&#232; - six exemples dans votre quartier qui font &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me surface, qui sont lou&#233;s depuis plus de deux ans, et &#231;a sert de comparaison.&quot;Donc les baux arriveront &#224; p&#233;remption l'un apr&#232;s l'autre : un aujourd'hui pour vous, le voisin qui habite son b&#226;timent il aura le sien dans quinze jours, et, petit &#224; petit, l'oiseau fait son nid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but, on a vu arriver quelques personnes d'Euraz&#233;o &#224; qui on a fait des mis&#232;res, en leur envoyant 80 euros de frais, parce qu'ils avaient pas pay&#233; leur loyer en d&#233;but de mois. &#199;a, &#231;a s'est arrang&#233;, c'est la loi. On a dit aux gens : &quot;Ne payez pas les 80 euros, payez votre loyer en d&#233;but de mois, c'est la loi, vous pouvez rien faire.&quot; Et puis on a commenc&#233; &#224; voir arriver des gens qui disaient : &quot;Regardez, ils me doublent le loyer.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis aper&#231;u qu'ils l'ont fait &#224; deux ou trois personnes : ils leur envoient un organisme qui s'appelle Pactarim. C'est un programme d'aide contre les taudis, une esp&#232;ce d'association qui est tr&#232;s vieille et qui travaille sur le domaine du logement depuis tr&#232;s longtemps - moi je le d&#233;couvre, h&#232; ! C'est ce qu'on m'a expliqu&#233;. - Et ces gens-l&#224; sont l&#224; pour aider &#224; trouver des logements corrects et d&#233;cents, lutter justement contre les taudis. Et apparemment Euraz&#233;o se sert de ces gens-l&#224;, qui sont des &#233;missaires - un peu des m&#233;diateurs si vous voulez. Ils sont venus voir ces dames-l&#224;, deux ou trois que j'ai vues, en leur disant : &quot;Mais vous seriez mieux ailleurs, regardez il est vieux, nous on voudrait le refaire, on vous trouve un autre appartement.&quot; Vous savez pourquoi ? Parce que ces appartements sont des appartements &#224; fort potentiel. Ils sont pr&#232;s de la rue de la R&#233;publique, ils sont dans la rue de la R&#233;publique, ce sont des gens avec des revenus sociaux qu'on pourra pas augmenter, et donc ils se disent : &quot;Si on arrive &#224; les enlever, en douceur h&#232;, sans leur dire que b&#232; on r&#233;cup&#232;re ce bel appartement, on y fait un coup de propret&#233; on se le loue quatre fois plus cher.&quot; Ils virent les locataires...&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ils les relogeront ailleurs, certainement... Et donc ils ont essay&#233; de le faire &#224; plusieurs reprises, ils y sont arriv&#233;s ou ils y sont pas arriv&#233;s, mais ils ont fait &#231;a gentiment je dirais, dans les r&#232;gles. Y'en a qui de suite ont dit &quot;Oui oui, on s'en va, on s'en va.&quot; Ah oui j'en ai. J'ai m&#234;me la m&#232;re de mon filleul, mais elle, elle habitait un taudis. Elle est rentr&#233;e l&#224;-dedans, elle n'a jamais rien fait. Rien. Elle &#233;tait envahie par les cafards, par la pourriture, c'&#233;tait un endroit immonde, et quand on lui a propos&#233; elle a dit : &quot;C'est bien.&quot; Elle est partie. Ils lui ont donn&#233; de l'argent - elle a pas voulu me dire - peut-&#234;tre dix mille, et ils l'ont mis &#224; la rue de la R&#233;publique &#224; huit cents euros par mois... Elle en payait 540 l&#224; hein ! Mais elle avait un taudis, l&#224; elle a un bel appartement. Heureusement, elle a encore trois enfants qui sont pas mari&#233;s, qui lui donnent 200 euros chacun. Le jour o&#249; les petits y se marieront, elle pourra pas rester. Voil&#224;. Et elle elle a pas r&#233;sist&#233; du tout. J'en ai vu beaucoup qui n'ont pas absolument pas r&#233;sist&#233;, qui ont peur, qui sont traumatis&#233;s, t&#233;tanis&#233;s je dirais, &#224; la seule parole de dire &quot;Vous &#234;tes chez nous, on va vous jeter &#224; la rue, on va vous faire un proc&#232;s, on va vous expulser.&quot; Alors les gens y s'imaginent qu'y ont tous les pouvoirs, voil&#224;. On en a vu. Et on en a d'autres, des gens &#226;g&#233;s, des gens de quatre-vingt ans, qui nous disent : &quot;Mais moi je ne partirai jamais. Mais m&#234;me si la police vient je ne partirai pas. Il en est hors de question, j'ai connu la guerre moi, c'est pas eux qui vont me faire peur.&quot; Voil&#224;. Et le pr&#233;fet a r&#233;agi maintenant qu'y se rend compte quand m&#234;me de certaines choses. Les gens sont libres de dire oui ou non, h&#232; ! Tandis que contre Marseille R&#233;publique c'est autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc nous on a vu venir les gens et on les a aid&#233;s. La premi&#232;re que j'ai aid&#233;e c'est madame Bartoli. Elle, elle a fait tout. D&#233;j&#224; elle, elle avait &#233;t&#233; l&#233;s&#233;e &#224; l'&#233;poque puisque c'est son concubin qui poss&#233;dait l'appartement sous la loi de 48. Lui est beaucoup plus vieux qu'elle. Il s'est dit &quot;Si un jour il m'arrive quelque chose, vaudrait mieux qu'elle puisse rester dans l'appartement.&quot; Donc ils sont all&#233;s voir l'Immobili&#232;re, monsieur Ferris - parce que moi j'ai jamais peur de nommer les gens - qui leur a dit : &quot;Mais bien s&#251;r, je vais vous faire &#231;a.&quot; Et ils ont fait passer le bail de ce monsieur sur la dame. Et bien s&#251;r &#224; cette occasion ils ont enlev&#233; la loi de 48, et bien s&#251;r sans rien dire. Les autres ne sachant pas ce que c'&#233;tait...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez un bail de 48, il est attach&#233; - comme un bail de 89, pareil - &#224; madame untel ou monsieur untel. La loi de 48, il faut que les immeubles aient &#233;t&#233; construits avant 48, mais il faut aussi qu'ils soient dans un &#233;tat jug&#233; taudis pratiquement. Si elle est si protectrice, si les loyers sont si peu chers, c'est parce que vous louez des taudis. Dans la cat&#233;gorie, vous avez plusieurs cat&#233;gories, vous avez les 3A, vous avez les 3B, vous avez les 2C, et les 2B. Ceux-l&#224; sont des taudis. Vous pouvez louer un appartement, des caves, des entresols, o&#249; la personne ne tient pas sur ses deux jambes. Elle est oblig&#233;e de se pencher. C'est pour vous dire, &#231;a c'est la loi 48. &#199;a, 2B, c'est parce qu'y commence &#224; y avoir peut-&#234;tre la hauteur voulue et tout, mais toujours un taudis, et &#231;a exactement pareil. Encore du taudis o&#249; il n'y a pas de salle de bain, il n'y a pas d'eau &#224; la pression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;K : Ah, du coup, &#231;a ne tient plus pour aucun appartement puisque tout le monde a refait. &lt;br /&gt;Oui, mais les gens l'ont refait eux, pas le propri&#233;taire. Le propri&#233;taire n'a jamais rien fait. Il a m&#234;me jamais touch&#233; les parties communes. Vous les avez vues les parties communes. Voil&#224;. Par contre ce qui a &#233;t&#233; gonfl&#233; c'est d'arriver &#224; louer ce genre d'appartement apr&#232;s 86 en loi de 89. Du taudis, encore du taudis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;K : Mais avec l'eau et l'&#233;lectricit&#233; quand m&#234;me ?
&lt;br /&gt;Peut-&#234;tre. L'eau &#224; la pression elle est venue dans toute la rue en soixante-dix-sept. Soixante-seize, soixante-dix-sept. Y'avait l'eau quand m&#234;me avant. On avait l'eau. L'eau aux caisses. Vous savez pas ce que c'est les caisses ? Vous aviez des caisses d'eau dans les combles, qui se remplissaient par les vases communicants. Y'a de grands r&#233;servoirs qui &#233;taient au-dessus de Marseille dans les collines, au fur et &#224; mesure que se remplissaient ces r&#233;servoirs l'eau descendait. Alors quand vous aviez us&#233; votre caisse vous attendiez huit ou neuf heures pour qu'elle se remplisse &#224; nouveau. Mais souvent y'avait des rats dedans. Parce que c'&#233;tait dans les combles. Je suis mont&#233; souvent dans des combles o&#249; y'avait les caisses, vous trouviez des rats. Les gens buvaient cette eau et se lavaient. Les caisses &#233;taient mal prot&#233;g&#233;es. En soixante-dix-sept &#231;a a disparu, y ont fait l'eau &#224; la pression. Hein voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc voil&#224; l'histoire de la loi de 48, elle est attach&#233;e &#224; la personne comme la loi de 89 (...) &#224; vous ou &#224; moi. Alors Euraz&#233;o, ils n'ont pas trop touch&#233; les gens de 48, ils les ont tout simplement r&#233;duits au titre de simples occupants. Ils n'ont plus le droit de le c&#233;der sauf si l'enfant vit toujours l&#224; et qu'il est n&#233; avec sa m&#232;re et qu'il habite toujours l&#224;. &#192; ce moment-l&#224; &#231;a ne prend pas, y pourra rester. Si le concubin ou le fr&#232;re habite l&#224; depuis deux ans et peut le prouver au moment de la lettre qui est arriv&#233;e les r&#233;duisant au titre de simples occupants, il aura le droit aussi jusqu'&#224; sa mort. Mais apr&#232;s c'est fini. Ces appartements-l&#224;, ils y touchent pas jusqu'&#224; la mort des gens. Bien s&#251;r c'est pas int&#233;ressant. Apr&#232;s ils les r&#233;cup&#233;reront. Par contre, ils font aussi cette op&#233;ration au moment o&#249; le bail s'arr&#234;te : ils alignent les loyers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;K : Vous y croyez, vous, &#224; la rue de la R&#233;publique ?
&lt;br /&gt;Non. Depuis le premier jour j'y crois pas. Je vais vous donner un seul exemple : la veille de l'inauguration du fameux Coll&#232;ge du Futur, les professeurs parlaient peut-&#234;tre de se mettre en gr&#232;ve. Vous savez pourquoi ? Parce que dans ce coll&#232;ge y'a 84% d'enfants d'immigr&#233;s. Quand vous voyez Kaufman et Broad qui construit des immeubles &#224; 100 m&#232;tres de ce coll&#232;ge... (Vous savez ce que &#231;a veut dire Kaufman et Brode, l'homme qui investit &#224; l'&#233;tranger. &#199;a je le sais par des copains qui sont financiers h&#232;. Ce sont des anglais, des am&#233;ricains etc. mais ils le cachent pas.) Vous croyez que les gens vont venir, vont acheter ? &#192; quatre cent mille euros, ils vont mettre leurs enfants dans les coll&#232;ges o&#249; y'a les immigr&#233;s ? Parce que tout autour, ils resteront ces populations. Et on va y veiller &#224; ce qu'ils y restent. Donc j'y crois pas &#224; la rue de la R&#233;publique. La rue de la R&#233;publique, faire une tr&#232;s belle avenue avec que des riches, tr&#232;s jolie, c'est faux. Le tramway, deuxi&#232;me exemple, le tramway il a servi de faire-valoir ici dans la zone. Ce tramway aurait pas d&#251; venir jusqu'&#224; la Joliette. Il aurait d&#251; d&#233;senclaver le septi&#232;me, l&#224;-haut, monter jusqu'&#224; la place du Quatre Septembre. L&#224; ils en avaient besoin. Ici, on a le m&#233;tro. Des Cinq Avenues jusqu'&#224; la Joliette vous avez le m&#233;tro. On est la ris&#233;e de l'Europe. Moi j'ai re&#231;u des journalistes hollandais, des journalistes danois qui ont rigol&#233; et qui m'ont dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais vraiment, vous les fran&#231;ais, vous faites pas les choses dans la mesure h&#232;. Vous faites un tramway au-dessus d'un m&#233;tro. Expliquez-moi ! &lt;br /&gt;Alors je leur ai expliqu&#233;. Et ils ont bien compris que c'&#233;tait pour valoriser l'immobilier. Tout simplement pour valoriser l'immobilier. On n'avait pas besoin du tramway jusqu'&#224; la Joliette. Il aurait &#233;t&#233; dans le sept comme je vous dis l&#224;-haut, c'&#233;tait logique. Ils ont rien l&#224;-bas au niveau des transports. Ici c'est pas normal. Ici c'&#233;tait pour valoriser cette belle op&#233;ration, qui va ramener 488 millions d'euros. C'est simple, le chiffre le voil&#224;. Voil&#224; ce qu'y vont gagner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors moi mon sentiment c'est comme toujours hein, c'est pareil pendant la guerre &#231;a a &#233;t&#233; la m&#234;me chose : vous avez des gens courageux, vous avez des gens pas courageux ; vous avez des gens faibles parce qu'ils ont pas les moyens, qui auraient le courage mais qui ont pas les moyens. Mais dans tout &#231;a y'a des gens qui vont r&#233;sister jusqu'au bout, et on va montrer quand m&#234;me &#224; Marseille R&#233;publique que l'argent ne fait pas tout, que si on se groupe et si on sait faire, si on est conscient de notre force en se regroupant et surtout en ne d&#233;bordant jamais du cadre de la loi, parce que c'est &#231;a qui nous prot&#232;ge... Si aujourd'hui on avait eu des d&#233;bordements, si aujourd'hui on avait fait des b&#234;tises, le pr&#233;fet nous soutiendrait pas. Il faut savoir que le pr&#233;fet nous r&#233;unit et nous rencontre, avec la coordination des associations de la rue de la R&#233;publique. Donc si on n'&#233;tait pas des gens fr&#233;quentables - entre parenth&#232;ses, parce qu'il les re&#231;oit &#224; eux alors que eux sont pas des gens fr&#233;quentables... - On a quand m&#234;me une petite dent apr&#232;s le pr&#233;fet. Parce que le pr&#233;fet, malgr&#233; tout, il a beaucoup tra&#238;n&#233; sur cette affaire, il a beaucoup tard&#233;, il a beaucoup laiss&#233; faire. Et c'est seulement une fois qu'on a commenc&#233; &#224; vraiment envoyer les pieds, &#224; vraiment montrer ce qui se passait sur la rue de la R&#233;publique, qu'il a r&#233;agi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux ans de bataille. Le bilan c'est qu'on a affaire &#224; des sauvages, qui ont d&#233;cid&#233; d'aller jusqu'au bout, qui continuent de torturer les gens, qui continuent &#224; faire peur aux gens, qui continuent &#224; faire des pressions. H&#232; ben, la peur. &quot;Madame, vous avez quatre-vingt ans ! Voyez, il reste plus que deux personnes dans l'immeuble, ou trois, mais les deux autres ils vont partir. Vous allez vous faire attaquer, y vont vous &#233;gorger, y va y avoir les squatteurs.&quot; Voil&#224;, c'est &#231;a tous les jours. Ou alors y attaquent les travaux, comme y ont fait &#224; madame Angelini, y ont ras&#233; tout le dessous, jusqu'&#224; ce que la maison menace de s'effondrer. Y lui ont m&#234;me envoy&#233; les gens de Dumez qui lui ont dit : &quot;Mais madame, votre petit on va le mettre &#224; la DASS, parce qu'y va avaler les poussi&#232;res l&#224;, vous allez l'empoisonner.&quot; Alors que ils ne pouvaient pas, et on pouvait faire arr&#234;ter les travaux, parce qu'elle &#233;tait sous la loi de 48, ils n'avaient pas le droit de les faire. Mais cette dame a pas d'argent, elle est pauvre, et elle a pas voulu faire de proc&#232;s. J'ai pay&#233; de ma poche l'huissier pour rien - je le regrette pas - c'est pas un probl&#232;me, parce que je comptais vraiment qu'elle aille jusqu'au bout - elle y a pas &#233;t&#233;. Parce que ce qu'y faut savoir c'est qu'ils lui ont ras&#233; sa mansarde, elle avait un bail, elle payait son bail, elle avait pay&#233; son loyer, ils lui ont ras&#233; sans rien lui dire, elle a port&#233; plainte, alors l&#224; ils se sont sentis un peu mal. Si on avait attaqu&#233; on les envoyait en correctionnelle et on leur mettait une condamnation. Elle a pas os&#233;. Et quand ils lui ont dit &quot;On vous donne huit mille pour votre mansarde et dix mille pour votre maison&quot;, elle a dit d'accord, et elle est venue l&#224;. Elle a pris dix-huit mille euros. Une mis&#232;re. Parce que vous verrez ce qui lui arrivera plus tard, les augmentations de loyer et le reste, mais on a fait tout ce qu'on a pu pour l'aider voil&#224;. Alors notre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;K : Vous avez toujours obtenu gain de cause en proc&#232;s ?
&lt;br /&gt;Ah, tr&#232;s souvent. Proc&#232;s, madame Ben Mohamed, on a gagn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et notre op&#233;ration carte postale je la revendique, je l'ai revendiqu&#233;e cet apr&#232;s-midi m&#234;me si &#231;a a pas fait plaisir &#224; monsieur Gu&#233;rini h&#232;. L'op&#233;ration carte postale, dans mon id&#233;e, c'&#233;tait d'aller les chercher chez Marseille R&#233;publique. Y vous donnent des cartes postales, des jolies... Moi, dans une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale j'ai dit : &quot;Allons les chercher, envoyons les gens les chercher, et &#233;crivons la v&#233;rit&#233;, l'envers du d&#233;cor.&quot; Et y'a quelqu'un qui a dit : &quot;C'est une bonne id&#233;e, mais et si on faisait la n&#244;tre ?&quot; Alors OK. Ils ont d&#233;cid&#233; de faire la leur. Donc on a fait la n&#244;tre, vous les avez vues ? Martine Derain, qui est une artiste h&#232;, qui est membre du conseil d'administration du bureau, s'en est charg&#233;e. Elle a donc pris les photos de toutes les portes squatt&#233;es, les cours sales voyez, et on a donn&#233; un petit papier aux gens en leur disant : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Voil&#224;, vous envoyez donc au 58 rue de la R&#233;publique, Conseil G&#233;n&#233;ral, Conseil R&#233;gional, Eurom&#233;diterran&#233;e monsieur Gianino, le maire de Marseille monsieur Gaudin, et le pr&#233;fet. Et vous leur envoyez la carte en leur disant ce que vous vivez, l'envers du d&#233;cor. &lt;br /&gt;Et ils l'ont fait. Ils l'ont fait d'une fa&#231;on o&#249; le pr&#233;fet, je sais qu'il a un point &#224; l'estomac, qu'il arrive plus &#224; faire passer parce qu'il a &#233;t&#233; trait&#233; de d&#233;g&#233;... de, de, de comment dire... Quelqu'un lui a dit : &quot;Entre vous et le pr&#233;fet de 1944 sous Vichy, y'a pas de diff&#233;rence. Parce que celui de 1944 il le faisait au grand jour, mais vous c'est pire, vous le faites cach&#233;. Vous avantagez ces financiers contre les pauvres gens que vous devez d&#233;fendre, et si un jour y'a un trouble &#224; l'ordre public, le premier trouble &#224; l'ordre public sera le v&#244;tre.&quot; La personne qui a quatre-vingt ans m'a montr&#233; la carte. Je lui ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Moi j'ai pas &#224; intervenir. D&#233;ontologiquement dans mon association, on a fait ces cartes postales, on vous les a distribu&#233;es. Vous dites ce que vous avez sur le coeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marseille R&#233;publique, c'est que des Fran&#231;ais. L'argent est am&#233;ricain, et ce sont des Fran&#231;ais. Foyart je sais pas d'o&#249; il est, Bernard je sais pas non plus, par contre les gens de terrain, c'est des Marseillais. Donnadieu c'est un Marseillais. C'est un voyou, on me l'a dit, y tenait un bar. Moi je m'en fiche, moi y m'a rien dit, y m'a rien fait, je l'ai jamais rencontr&#233; et je veux pas le rencontrer. Il dit &#224; tout le monde que il a des amiti&#233;s dans &quot;La brise de mer&quot;, donc les mafieux corses. Si y savait le pauvre ! Si y savait ! C'est malheureux pour lui ! Alors y fait &#231;a pour faire le beau. J'ai rencontr&#233; Foyart par exemple, qui est un sale bonhomme, monsieur Bernard qui est un sale bonhomme aussi, qui devant moi a fait le beau en me disant :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous savez monsieur Cuadra, vous &#234;tes comme moi, vous &#234;tes un cadre, moi tous les lundis je leur remonte les bretelles.
&lt;br /&gt;Et j'avais monsieur Chenoz &#224; c&#244;t&#233; de moi qui m'avait amen&#233; l&#224;-bas parce que j'avais &#233;t&#233; le voir, moi, au d&#233;but o&#249; &#231;a a commenc&#233;. En tant qu'&#233;lu et responsable des grands travaux y m'a dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je prends un rendez-vous, vous verrez ce sont des gens bien, qui veulent faire du bien.
&lt;br /&gt;Je suis all&#233; l&#224;-bas, je vous dis pas le ramassis de mensonges qu'y m'ont fait. Mais y m'ont fait la cour ! Parce qu'y se sont dit : &quot;Ce bonhomme, il a r&#233;ussi &#224; remonter les gens, &#224; monter des associations.&quot; Y'avait Foyart, y'avait Bernard, y'avait Chenoz, et y'avait des juristes &#224; eux. Et moi, qui leur tenait t&#234;te. Et je les contrais sur tout. Sur l'amiante : mensonge ! Y'en a pas. Si y'en avait, &#231;a serait facile de faire partir les gens, vous faites des sondages, non mais m&#234;me, vous faites un arr&#234;t&#233; de dangerosit&#233;, et c'est fini, les gens s'en vont, ils peuvent pas rester. Donc y'en a pas. &#199;a a dur&#233; quatre heures, cet entretien. &#192; un moment donn&#233; y me parle des 48 et j'y dis :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Oui, mais alors, o&#249; on va les mettre, les gens ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dans les HLM.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Et les 48 ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alors on les mettra dans des HLM, c'est pareil. &lt;br /&gt;J'y dis :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Non, les HLM c'est pas pareil. Non, les HLM sont plus chers d&#233;j&#224;, et c'est pas pareil. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ah oui, oui, oui, mais de toute fa&#231;on...
&lt;br /&gt;Alors j'y dis :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; B&#232;, regardez-moi, par exemple, moi j'ai un bail de 48 moi, c'est moi qui ai tout fait dans cet appartement, j'ai mis des millions. Demain vous me prenez, vous me mettez ailleurs, moi je peux pas aller dans un HLM. Moi je vais aller dans un appartement qui va me co&#251;ter le double. Vous croyez que c'est normal ? B&#232; moi je suis sous 48 et je veux rester l&#224;. &lt;br /&gt;Alors Chenoz y fait :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais pour monsieur Cuadra on pourra faire quelque chose. Mais monsieur Cuadra y choisira l'appartement qu'y voudra, o&#249; y voudra, et il sera le seul &#224; savoir ce qu'y paye. &lt;br /&gt;Alors l&#224; j'ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Merci, merci beaucoup, j'ai dit, c'est tr&#232;s gentil &#224; vous, j'en attendais pas tant.
&lt;br /&gt;Chenoz : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Il est bien h&#232; monsieur Cuadra il est bien h&#232; ! &lt;br /&gt;En plus, y me dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous &#234;tes un cadre comme moi, donc vous vous savez, il y a des diff&#233;rences entre les gens.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; D'accord.
&lt;br /&gt;Je me suis lev&#233; apr&#232;s, je suis parti, j'ai dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Allez, au plaisir. &lt;br /&gt;Et en partant y m'a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je vous raccompagne.
&lt;br /&gt;J'ai dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Non merci. &lt;br /&gt;J'ai pas voulu quand m&#234;me lui dire : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; J'ai honte qu'on me voie avec vous. &lt;br /&gt;J'ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Non, je vous remercie, j'ai un truc &#224; faire.
&lt;br /&gt;Et &#231;a a &#233;t&#233; fini, je suis plus jamais all&#233; les voir, et rapidement y ont su ce que je leur faisais, et maintenant bien s&#251;r y m'ont envoy&#233; la fin de bail et tout mais je les emmerderai jusqu'au bout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Y'a un mois de &#231;a, quand j'&#233;tais en r&#233;union chez monsieur Gu&#233;rini, j'ai appris que moi, habitant la rue Chevalier Roze, j'&#233;tais pr&#233;vu pour venir au 7 rue Trinquet, je sais pas quand. Ils ont d&#233;cid&#233; ! C'est le Maire, madame Narducci qui me l'a dit. Donc moi j'ai eu la surprise d'apprendre - puisqu'elle, Madame Narducci, re&#231;oit les permis de construire - que j'&#233;tais destin&#233; &#224; venir l&#224;, rue Trinquet. C'est ill&#233;gal. En tous cas, moi qui suis sous la loi de 48, ils m'ont envoy&#233; ma fin de bail. Moi, je veux rester. Je vais rester dans mon logement. Je vais rester. J'y habite depuis 81. On a &#233;lev&#233; tous les enfants l&#224;-dedans. Ma fille avait trois ans quand elle est arriv&#233;e, elle en a vingt-huit. Elle s'est mari&#233;e l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand j'ai emm&#233;nag&#233;, c'&#233;tait insalubre. Vous habitez un taudis, quand vous prenez la loi de 48. Un taudis, personne ne le voulait. Il avait fait visiter dix personnes, personne ne le voulait. Y'avait pas d'eau chaude, y'avait un chauffe-eau qui tra&#238;nait par terre, qui ne marchait pas. Madame Chevalier avait habit&#233; l&#224; quatre-vingt-sept ans. Elle &#233;tait n&#233;e l&#224;, et elle est morte &#224; quatre-vingt-sept ans.Y'avait pas de salle de bain, y'avait un lavabo qui pendait, y'avait la pile, ce qu'on appelle la pile &#224; Marseille, c'est l'&#233;vier, qui &#233;tait en pierre de Cassis et qui datait de 1868, qui faisait quinze centim&#232;tres sur les bords, et trois, quatre centim&#232;tres au milieu tellement il &#233;tait us&#233; depuis 1868... un petit rideau sous la pile. Et j'avais la jardini&#232;re en brique ; la jardini&#232;re, savez comme vous voyez &#224; la campagne. Avec le crochet, vous releviez la jardini&#232;re, vous mettiez les morceaux de b&#251;ches, et ensuite dessous vous avez le bac &#224; sable. Voil&#224;, une cuisine du si&#232;cle dernier. Voil&#224;. Eh bien moi j'avais &#231;a en 81. Donc j'ai fait la salle de bain, je l'ai cr&#233;&#233;e, j'ai mis la baignoire, j'ai mis le chauffe-eau, j'ai mis l'eau chaude partout, j'ai refait toute l'&#233;lectricit&#233;. On a repeint... &#192; l'&#233;poque la personne qui m'a lou&#233; m'a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Si vous faites vraiment ce que vous avez dit, je vous ferai cadeau de deux mois de loyer.
&lt;br /&gt;Bon ma foi, moi j'ai dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je demande rien, mais si vous me faites cadeau...
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ah, oui, oui, si vous faites vraiment ce que vous venez de dire, je vous ferai cadeau.
&lt;br /&gt;Il est venu au bout de trois mois, il a vu, il m'a fait cadeau. Il m'a dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bon, ce trimestre, vous payez qu'un mois.
&lt;br /&gt;Sept cents francs, j'ai pay&#233;. Sept cents trente francs en 81. On est 420 euros en 2006, avec les charges, hein ! Quatre-vingt dix-sept m&#232;tres carr&#233;s... Donc ils m'ont fait cadeau 1400 francs. Je peux vous dire que les travaux, rien que l'&#233;lectricit&#233;... Et je peux vous dire que je l'ai repeint deux trois fois, je l'ai tapiss&#233; deux trois fois. J'ai refait le sol deux ou trois fois, j'ai chang&#233; le chauffe-eau deux fois, j'en ai fait des choses, hein ! Voil&#224;. Donc on y est attach&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi j'irai jusqu'en cour de cassation. Je suis sous la loi 48, l'avocat me le confirme, il m'a dit - parce que je lui ai demand&#233;.
J'ai dit : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ma femme est fatigu&#233;e, elle fait de la d&#233;pression, elle est pas bien, elle supporte tr&#232;s mal la fin de bail. Donc, si vous me dites, vous me donnez votre parole, je suis bien sous la loi de 48 - parce qu'ils jouent sur les mots, ils jouent sur les virgules, je vais vous expliquer apr&#232;s... - si vous me le confirmez, je reste. J'irai jusqu'au bout, et j'irai m&#234;me jusqu'en cassation s'il le faut. Maintenant si vous avez le moindre doute, c'est pas la peine. J'ai pas envie de mettre la sant&#233; de ma femme en p&#233;ril.
&lt;br /&gt;Il m'a dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je te donne ma parole. D'ailleurs tu vas voir, tu ne fais rien du tout, tu ne contestes pas cette fin, ce cong&#233; qu'y t'ont donn&#233;. &#192; eux d'aller au tribunal. Si y vont au tribunal, ce qui m'&#233;tonnerait beaucoup, ben nous on ira et on dira : &quot;Voil&#224; monsieur le juge, c'est un bail de 48 et ils lui ont envoy&#233; un cong&#233; de 89. Voil&#224;. C'est tout. Y'a que &#231;a &#224; faire, tu verras.&quot;
&lt;br /&gt;Bon... Ma&#238;tre Roustan et son associ&#233; Ma&#238;tre Berideau est sp&#233;cialiste de la loi 48.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi je risque pas grand chose, je peux me reloger quand je veux. Quand vous gagnez plus de trois mille euros par mois... Vous savez, pour moi le danger il est pas l&#224; h&#232;. C'est vrai que ma femme elle craque, c'est vrai qu'elle a envie de rester l&#224;, elle conna&#238;t tout le monde, c'est notre quartier, on a &#233;lev&#233; les enfants, mais moi, c'est pas dramatique. Moi y me tarde que ce soit fini pour retourner dans mon jardin, faire mes cultures parce que, je vous ai pas fini... Je travaille, moi, &#224; l'assistance ext&#233;rieure &#224; Eurocopter. J'ai commenc&#233; comme ajusteur, et aujourd'hui, je suis charg&#233; de la gestion du service apr&#232;s-vente.... C'est moi qui envoie les gens r&#233;parer les h&#233;licopt&#232;res dans le monde entier. Donc je suis charg&#233; de leur gestion, de leur argent, de leurs voyages, etc. J'ai des gens dans les cinq continents et dans tous les pays du monde pratiquement. Et chaque fois qu'y partent quelque part, je leur demande de me ramener des graines sp&#233;ciales. Donc j'ai un jardin extraordinaire. J'ai un jardin o&#249; y'a des choses que vous avez jamais vues de votre vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc j'ai laiss&#233; tomber depuis deux ans et maintenant j'ai retrouv&#233; ce jardin, et maintenant ce que j'esp&#232;re c'est le plus rapidement possible finir toute cette affaire, que tout s'arrange, et que je retourne &#224; mon jardin. Parce qu'en plus &#224; Eurocopter on travaille que quatre jours par semaine. On a vendredi, samedi et dimanche. J'ai le temps de faire mon jardin et beaucoup de choses. Voil&#224;. J'avais pas vocation &#224; &#231;a mais j'irai jusqu'au bout. Je l'ai promis, je l'ai promis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 04/05/06 par Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Regard d'une femme &#224; l'aube de ses cinquante ans</title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/regard-d-une-femme-a-l-aube-de-ses</link>
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		<dc:date>2005-01-05T11:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sohad Tari</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
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		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>R&#233;gine est stup&#233;faite que des questions comme l'&#233;galit&#233; ou la mixit&#233; soient encore pos&#233;es. Pour elle, ces questions devraient, au XXI&#232;me si&#232;cle, aller de soi, comme il serait si simple d'envisager la famille et le couple, c'est-&#224;-dire un homme, une femme et des enfants, ainsi qu'une organisation familiale &#233;quitablement partag&#233;e. Chacun en est capable, le tout est de s'y mettre, ou de l'admettre... Koinai : Pourriez-vous vous pr&#233;senter ? Je suis d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; l'insertion socio-professionnelle depuis quelques (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/feminite" rel="tag"&gt;F&#233;minit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;gine est stup&#233;faite que des questions comme l'&#233;galit&#233; ou la mixit&#233; soient encore pos&#233;es. Pour elle, ces questions devraient, au XXI&#232;me si&#232;cle, aller de soi, comme il serait si simple d'envisager la famille et le couple, c'est-&#224;-dire un homme, une femme et des enfants, ainsi qu'une organisation familiale &#233;quitablement partag&#233;e. Chacun en est capable, le tout est de s'y mettre, ou de l'admettre... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourriez-vous vous pr&#233;senter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; l'insertion socio-professionnelle depuis quelques mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que veut dire &quot;la femme&quot;, pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout d'abord, c'est une personne. D'ailleurs, les femmes se sont battues depuis de nombreuses ann&#233;es et se battent encore, pour avoir droit &#224; la reconnaissance en tant que personne &#224; part enti&#232;re, que ce soit en France ou ailleurs. Elles luttent aussi pour l'&#233;galit&#233; au niveau des salaires. Dans beaucoup de pays &#233;trangers, on voit encore des femmes maltrait&#233;es. C'est vrai que ce sont mes opinions, j'aurais tendance &#224; me battre pour la libert&#233; de la femme. Oui ! La femme est un &#234;tre humain, il n'y a pas de soucis de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. Je peux dire encore beaucoup de choses sur la femme, mais je vais en rester l&#224;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous du couple aujourd'hui ? Pourquoi a-t-on beaucoup de divorces ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que c'est une question d'&#233;ducation. Les femmes revendiquent actuellement des droits compl&#232;tement diff&#233;rents d'autrefois. Elles ont tendance &#224; se r&#233;volter, &#224; vouloir acqu&#233;rir leur autonomie, donc c'est une demande de reconnaissance. Bon, ceci dit, on ne s'entend pas avec tout le monde non plus. Il y a &#231;a aussi, mais je ne suis absolument pas contre les hommes, voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En 2004, y a-t-il un changement &#233;norme au niveau du couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vrai que la femme restait souvent &#224; la maison. Elle n'avait pas de place politique ou dans des secteurs tels que la recherche, la m&#233;decine ou l'encadrement moyen ou sup&#233;rieur et politique. Les femmes &#233;taient souvent cantonn&#233;es aux m&#233;tiers de ling&#232;re, repasseuse, couturi&#232;re, etc. On mettait souvent en avant ce type de travail pour les femmes, &#233;tant donn&#233; qu'elles &#233;taient susceptibles d'avoir des enfants et ne pouvaient pas s'occuper de postes &#224; responsabilit&#233;s. On n'a pas beaucoup d'exemples au niveau de femmes qui seraient comparables aux hommes dans leur r&#233;ussite professionnelle. On n'a pas beaucoup d'exemples au niveau des femmes en tant qu'&#233;crivain ou autre... La position des hommes est aussi amen&#233;e &#224; &#233;voluer. Eux-m&#234;mes sont amen&#233;s &#224; se reprendre et &#224; revoir leur fa&#231;on de penser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme a beaucoup pris confiance en elle, en profite-t-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je ne pense pas, non ! Avant que les choses arrivent &#224; se stabiliser, on passe par des hauts, par des bas. Il y a des apaisements qui permettent d'&#233;galiser la fa&#231;on de penser. Je ne pense pas que la femme en abuse. De toute fa&#231;on, on ne peut pas comparer un homme et une femme. On a une pens&#233;e totalement diff&#233;rente et chacun doit &#234;tre assez intelligent pour savoir comment tirer profit et &#234;tre en harmonie avec l'autre. C'est vrai, on ne s'entend pas toujours avec l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que la femme, quand elle fait un b&#233;b&#233; toute seule, prend de l'autonomie et que l'homme en a peur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par rapport &#224; &#231;a, j'ai toujours &#233;t&#233; contre, m&#234;me quand j'&#233;tais tr&#232;s jeune, parce qu'un enfant s'&#233;l&#232;ve &#224; deux et que toutes les fa&#231;ons, un enfant doit savoir ce qu'il en est de son p&#232;re et de sa m&#232;re. Lorsque le parent ne vit pas avec lui, l'enfant n'arrive de toute fa&#231;on pas tout seul dans le ventre de la maman. C'est vrai que c'est exag&#233;r&#233;, mais je crois que les femmes ont toujours r&#234;v&#233; d'&#234;tre autonomes vis-&#224;-vis des hommes. Mais passer du fantasme &#224; la r&#233;alit&#233;, je pense qu'il n'y a pas beaucoup de femmes qui agissent de cette fa&#231;on-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce d&#233;sir d'enfant seule concerne-t-il la g&#233;n&#233;ration actuelle, ou la pr&#233;c&#233;dente ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour moi, c'est un manque de maturit&#233;. On ne peut railler les hommes. Pourquoi faire ? Qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Est-ce que &#231;a serait les hommes qui n'auraient pas de valeur ? Non, je ne suis pas du tout d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme a-t-elle toujours besoin de l'homme aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Eh bien, oui (rires) ! Je pense compl&#232;tement qu'une femme a besoin d'un homme et qu'un homme a besoin d'une femme. Je pense aussi qu'on n'est pas fait pour vivre seul non plus. Je crois que l'homme a des tas de qualit&#233;s. Je suis aussi pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme va-t-elle &#233;voluer au niveau politique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je pense qu'elle va &#233;voluer. Je le pense sinc&#232;rement et je le souhaite. C'est tr&#232;s int&#233;ressant d'avoir des sensibilit&#233;s diff&#233;rentes. Cela d&#233;pend. Je suis assez id&#233;aliste. C'est important, d'arriver &#224; m&#233;langer les personnes de toutes convictions. S'il y a qu'une seule personne qui prend les pouvoirs, je ne vois pas o&#249; serait l'&#233;galit&#233; entre les &#234;tres. Il faudrait un maximum de tol&#233;rance. S'il y a toujours la m&#234;me personne au pouvoir, c'est vrai que je ne sais pas o&#249; serait l'&#233;galit&#233; entre les sexes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que faudrait-il faire, &#224; votre avis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a des lois sur la parit&#233;. Je trouve &#231;a dommage d'&#234;tre oblig&#233; de se servir d'une telle loi, parce qu'il faudrait sensibiliser les hommes diff&#233;remment. Je fais confiance aux g&#233;n&#233;rations futures. Les choses vont changer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi les hommes traitent-ils les femmes d'emmerdeuses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce qu'ils ont oubli&#233; de se regarder eux-m&#234;mes (rires) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Selon certains sociologues, plus les femmes assument leurs responsabilit&#233;s, plus les hommes sont surpris qu'on leur demande d'en faire autant. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une r&#233;alit&#233;. Il est difficile de mettre en comp&#233;tition les hommes et les &lt;span class='spip_document_3367 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:169px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L169xH250/2-18a_-_597_manifestation_pour_l_egalite_des_sexes_ES_9249-86fff.jpg' width='169' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:169px;' /&gt;&lt;/span&gt;femmes, si c'est dans ce sens-l&#224; que &#231;a veut dire, parce qu'il y aurait plusieurs sens, j'en ai l'impression... En fait, l'homme est surpris qu'on lui demande d'en faire autant. Je crois que le temp&#233;rament de l'&#234;tre humain en g&#233;n&#233;ral... bon, c'est vrai qu'on &#233;l&#232;ve les jeunes filles de fa&#231;on &#224; ce qu'elles assument un certain nombre de choses, c'est intrins&#232;que. Cela veut dire que c'est dans la nature de l'&#233;volution de l'&#234;tre humain. On a toujours conditionn&#233; la femme et la m&#232;re pour qu'elles fassent plusieurs choses, notamment s'occuper du foyer et des enfants, voil&#224;. Donc, cela fait vraiment partie de leur nature de s'occuper de tout. C'est pour cela que l'homme se met en retrait et se laisse aller. Au bout d'un moment, il est surpris qu'on lui demande d'en faire autant et de m&#234;me pour la femme, lorsqu'un homme prend les choses en main, elle va lui demander d'en faire autant. Elle n'a pas envie de faire des choses en plus de ce qui est pr&#233;vu. On est des r&#226;leurs, quand m&#234;me ! La communication, c'est important...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est peut-&#234;tre aussi pour &#231;a qu'il y a des couples qui se s&#233;parent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ce n'est pas toujours &#233;vident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'aimeriez-vous dire de plus sur la femme ou sur le couple ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je trouve que pour les femmes, il y a encore beaucoup &#224; faire. Par exemple, au niveau des femmes battues. Ce sont des probl&#232;mes vraiment tr&#232;s, tr&#232;s lourds.
Je voudrais quand m&#234;me revenir &#224; la s&#233;paration du couple et &#224; la pr&#233;carit&#233;, surtout pour les femmes seules qui &#233;l&#232;vent leur enfants souvent dans des situations tr&#232;s pr&#233;caires. M&#234;me si elles travaillent, il leur faut garder les enfants, assumer les charges du m&#233;nage. Quand m&#234;me ! Les hommes ne sont pas assez responsables, m&#234;me si c'est en &#233;volution et surtout, beaucoup ne payent pas leurs pensions alimentaires ou ne s'occupent pas du tout de leurs enfants. Je pense qu'il y a danger. J'aimerais que chacun apprenne &#224; &#233;couter l'autre, mais personne n'est parfait. C'est vrai que je voulais soulever la question de la pr&#233;carisation en France pour les femmes seules, et celle de la violence qui est encore faite aux femmes. Ce dont nous avons parl&#233;, c'est surtout de l'&#233;volution et de la position de la femme. C'est vrai que j'ai souvent rencontr&#233; des hommes et notamment dans ma formation et dans beaucoup de mes stages. Beaucoup de femmes dont le mari ne travaille pas sont oblig&#233;es d'aller chercher du travail et l'homme se sent d&#233;valoris&#233;. Il y a des fain&#233;ants partout. Je ne veux pas croire que tous les hommes sont des fain&#233;ants ! C'est un ph&#233;nom&#232;ne de soci&#233;t&#233; dont il faut s'occuper...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Sohad Tari, d&#233;cembre 2004&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Recyclons, &#233;cologisons</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/recyclons-ecologisons</link>
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		<dc:date>2009-10-07T15:10:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


		<dc:subject>compl&#233;ments</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Extraits d'articles tir&#233;s de sites Internet suivi de la r&#233;f&#233;rence du site, rapports, livres, films en rapport avec le th&#232;me de la rubrique &quot;Ecologie et recyclage&quot;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/complements" rel="tag"&gt;compl&#233;ments&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I - ARTICLES COMPLEMENTAIRES
&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Extraits d'articles reprenant les th&#232;mes de l'ensemble des articles de la rubrique &quot;Ecologie et Recyclage&quot; :
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les grands principes fix&#233;s par la loi du 13 juillet 1992, et notamment la pr&#233;vention des impacts sur l'environnement et la sant&#233;, la pr&#233;servation des ressources naturelles et la mise en d&#233;charge des seuls d&#233;chets ultimes, demeurent les axes directeurs de la gestion des d&#233;chets. L'importance accrue de la pr&#233;vention des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre ou la moindre disponibilit&#233; de certaines ressources ne font que confirmer leur bien-fond&#233;. Cependant, &#224; la suite de l'&#233;ch&#233;ance du 1er juillet 2002, il &#233;tait n&#233;cessaire de fixer un cap nouveau afin de donner un &#233;lan renouvel&#233; &#224; la gestion des d&#233;chets, conforme aux principes du d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un cap est n&#233;cessaire pour guider l'action des diff&#233;rents acteurs. La comparaison de la situation de la France par rapport &#224; celle d'autres pays europ&#233;ens met en &#233;vidence les atouts de la France dans le domaine de la gestion des d&#233;chets, avec en particulier un savoir-faire reconnu pour le traitement, mais aussi des progr&#232;s &#224; faire en mati&#232;re de r&#233;duction de la quantit&#233; de d&#233;chets, de recyclage et de valorisation organique. Le souci d'une meilleure information s'est traduit par la fixation d'un objectif simple, par rapport auquel chacun est en mesure de se positionner.
&lt;br /&gt;L'ADEME ( Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie) &#233;value actuellement la production d'ordures m&#233;nag&#232;res au sens strict (hors d&#233;chets assimil&#233;s, estim&#233;s au niveau national &#224; 20% des ordures m&#233;nag&#232;res pris en charge par les communes, la notion d'ordures m&#233;nag&#232;res ne recouvrant pas les encombrants ni les d&#233;chets verts) &#224; 360 kg par habitant et par an. Sur ces 360 kg, 290 kg finissent en d&#233;charge ou sont incin&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien &#233;videmment, ce chiffre moyen varie fortement selon la situation g&#233;ographique et le milieu : rural, semi-urbain ou urbain dense, &#233;voluant ainsi d'environ 250 kg par habitant et par an &#224; plus de 500 kg par habitant et par an.
Les priorit&#233;s sont ainsi d'une part de r&#233;duire les quantit&#233;s de d&#233;chets notamment par la pr&#233;vention &#224; la source et le d&#233;veloppement de pratiques comme le compostage domestique et d'autre part d'augmenter le recyclage et la valorisation organique. &lt;br /&gt;Cela se traduit par un objectif de r&#233;duction, dans cinq ans, de la quantit&#233; d'ordures m&#233;nag&#232;res enfouies ou incin&#233;r&#233;es au niveau national &#224; 250 kg par habitant et par an et, dans dix ans, &#224; 200 kg par habitant et par an. Cet objectif moyen devra &#234;tre adapt&#233; aux situations locales &#233;voqu&#233;es ci-avant et indique une tendance &#224; suivre pour les autres cat&#233;gories de d&#233;chets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) Dans un contexte o&#249; les ressources d'&#233;nergie fossiles se rar&#233;fient et o&#249; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre est devenue &#233;vidente, l'int&#233;r&#234;t de la r&#233;cup&#233;ration d'&#233;nergie &#224; partir des d&#233;chets est &#224; rappeler, notamment pour les d&#233;chets qui ne peuvent pas &#234;tre recycl&#233;s dans des conditions techniques et &#233;conomiques raisonnables.. &lt;br /&gt;Ainsi, le gouvernement a d&#233;cid&#233; d'augmenter de 50% le tarif de rachat de l'&#233;lectricit&#233; produite &#224; partir du biogaz, ce qui devrait permettre d'encourager le d&#233;veloppement de la m&#233;thanisation des biod&#233;chets et de d&#233;velopper davantage la valorisation du biogaz de d&#233;charge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recyclage s'est fortement d&#233;velopp&#233; les ann&#233;es pass&#233;es, notamment &#224; l'occasion de la mise en &#339;uvre des fili&#232;res de produits en fin de vie, comme les pneumatiques usag&#233;s, les piles et accumulateurs usag&#233;s ou les emballages m&#233;nagers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...) La mise en place de nouvelles fili&#232;res, celle des d&#233;chets d'&#233;quipements &#233;lectriques et &#233;lectroniques op&#233;rationnelle depuis le 15 novembre 2006 ou celle des imprim&#233;s non-sollicit&#233;s entr&#233;e en vigueur en janvier 2007 et bient&#244;t celle des textiles usag&#233;s, permettra de franchir une nouvelle &#233;tape, de recycler davantage les d&#233;chets concern&#233;s et d'assurer leur traitement dans des fili&#232;res plus adapt&#233;es et mieux contr&#244;l&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extraits du plan de gestion des d&#233;chets m&#233;nagers (Minist&#232;re de l'Ecologie et du D&#233;veloppement Durable - 25 avril 2007) site &lt;a href='http://www.ecologie.gouv/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.ecologie.gouv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Extraits d'articles se rapportant &#224; un article en particulier : &quot; Les cartons dans le papier &quot; &quot;Tri mode &#233;quitable : le citoyen, ses d&#233;chets et la transparence&quot;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques chiffres cl&#233;s (issus de l'enqu&#234;te nationale ADEME ITOM 2006) :
&lt;br /&gt;47 526 millions de tonnes trait&#233;es (Tri : 6,4 Mt - Compostage : 5 Mt - M&#233;thanisation : 0,1 Mt - Incin&#233;ration avec valorisation &#233;nerg&#233;tique : 12,4 Mt - Incin&#233;ration sans valorisation &#233;nerg&#233;tique : 0,6 Mt - Stockage : 22,9 Mt)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='http://www.sinoe.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.sinoe.org&lt;/a&gt; :site du syst&#232;me d'Information et d'Observation de l'Environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe, chaque personne produit en moyenne 1 kg d'ordures m&#233;nag&#232;res par jour (2 fois moins qu'un Am&#233;ricain, mais beaucoup plus qu'un habitant d'un pays en d&#233;veloppement). Si on n'effectue pas de recyclage, environ 70 % de ces d&#233;chets sont combustibles (papiers et cartons, d&#233;chets putrescibles, textiles, plastiques&#8230;). &lt;br /&gt;L'incin&#233;ration des ordures est d'abord un moyen d'en &#233;liminer une bonne partie : 90 % du volume initial part en fum&#233;e, ce qui est quand m&#234;me plus sain que nos immenses d&#233;charges d'autrefois ! En France, la mise en d&#233;charge directe de d&#233;chets valorisables est interdite depuis juillet 2002. Mais l'incin&#233;ration, c'est aussi le moyen de produire de l'&#233;nergie &#224; partir des d&#233;chets !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recyclage permet de r&#233;g&#233;n&#233;rer les mat&#233;riaux et de fabriquer diff&#233;rents types de produits. Quelques exemples de recyclage courants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; L'aluminium des canettes, barquettes et autres bombes a&#233;rosols : emmen&#233;s au centre de tri, les emballages en aluminium sont isol&#233;s puis purifi&#233;s. Ils sont ensuite plac&#233;s dans des fours &#224; tr&#232;s haute temp&#233;rature o&#249; ils sont fondus. A partir de ce m&#233;tal liquide, on fabrique des lingots, des rouleaux et des feuilles d'alliages qui repartent tout neufs dans le circuit. Actuellement, 1/10 e seulement de l'aluminium est recycl&#233; : les centres de tri ne se mettent que peu &#224; peu en place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le verre : au centre de tri, les bouteilles enti&#232;res sont s&#233;par&#233;es du verre cass&#233; et nettoy&#233;es. Elles peuvent &#234;tre ensuite r&#233;utilis&#233;es directement pour la mise en bouteilles de boissons. Le verre cass&#233; en vrac est d&#233;barrass&#233; de ses impuret&#233;s puis broy&#233; en tout petits morceaux. Ce verre broy&#233; est ensuite fondu &#224; 1 550 &#176;C en m&#234;me temps que les mati&#232;res qu'on utilise pour fabriquer le verre (sable, soude, calcaire&#8230;). A partir de ce verre fondu, on fabrique de nouvelles bouteilles et autres objets. Le recyclage du verre permet d'&#233;conomiser 33 % d'&#233;nergie par rapport &#224; du verre neuf.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; L'acier : ce sont surtout les bo&#238;tes de conserve. Au centre de tri, elles sont &#233;cras&#233;es par une presse et transform&#233;es en gros cubes qu'on envoie ensuite &#224; une aci&#233;rie. Ces d&#233;chets sont fondus &#224; 1 500 &#176;C dans un haut-fourneau et int&#233;gr&#233;s au circuit normal de fabrication de l'acier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les plastiques : pour des raisons &#233;conomiques, seuls les bouteilles et les flacons sont recycl&#233;s ; les sacs et les petits emballages ne le sont pas. Ils sont tri&#233;s puis broy&#233;s, lav&#233;s et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s en un produit de haute puret&#233;, sous forme de poudre ou de granul&#233;s. Une bouteille d'eau recycl&#233;e permet de fabriquer sept cartes &#224; puce !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les papiers et cartons : isol&#233;s au centre de tri, ils sont compact&#233;s sous forme de ballots. Ils sont ensuite broy&#233;s dans un mixer g&#233;ant avec de l'eau. La bouillie de fibres de papier ainsi obtenue est d&#233;barrass&#233;e de ses impuret&#233;s, puis des encres. La p&#226;te est ensuite essor&#233;e, puis &#233;goutt&#233;e et s&#233;ch&#233;e entre des cylindres chauffants. Apr&#232;s traitement final, de grosses bobines de papier recycl&#233; sont pr&#234;tes pour l'utilisation. Environ 40 % du papier utilis&#233; dans le monde est du papier recycl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; D'autres d&#233;chets sont transform&#233;s en &#233;nergie, suivant deux grandes voies possibles :
&lt;br /&gt;-l'incin&#233;ration : les d&#233;chets sont br&#251;l&#233;s en produisant de la chaleur, de l'&#233;lectricit&#233; ou les deux (cog&#233;n&#233;ration) ;
&lt;br /&gt;-la m&#233;thanisation (fermentation ana&#233;robie) : les d&#233;chets d'origine biologique sont transform&#233;s en m&#233;thane (biogaz). Ce m&#233;thane peut ensuite &#234;tre utilis&#233; comme le gaz naturel : combustible industriel pour produire de l'&#233;lectricit&#233; et de la chaleur, carburant automobile ou inject&#233; dans le r&#233;seau de gaz de ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut appliquer la m&#233;thanisation &#224; toute mati&#232;re organique qui peut fermenter naturellement :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;les papiers et cartons ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les d&#233;chets de cuisine (&#233;pluchures,&#8230;) et les restes de repas ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les d&#233;chets agricoles ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les fumiers et les lisiers d'animaux domestiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les boues de stations d'&#233;puration des eaux.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Une unit&#233; de m&#233;thanisation comprend une grande cuve surmont&#233;e d'un couvercle, dans laquelle on place les d&#233;chets &#224; traiter. Ces cuves sont appel&#233;es r&#233;acteurs, fermenteurs ou digesteurs. Une temp&#233;rature de 35 &#176;C est n&#233;cessaire pour que les bact&#233;ries soient bien &#224; leur aise. La fermentation ana&#233;robie produit tr&#232;s peu de chaleur, il faut donc souvent chauffer les r&#233;acteurs. Pour cela, on utilise une partie du biogaz produit. &lt;br /&gt;La taille des unit&#233;s de production de biogaz peut &#234;tre tr&#232;s variable, d'un petit digesteur agricole dans une ferme (environ 100 m3) jusqu'&#224; la m&#233;ga-centrale de 20 MW, telle la centrale de Penkun en Allemagne. L'autre voie principale de production de biogaz est la r&#233;cup&#233;ration du gaz des d&#233;charges, qui d&#233;gagent spontan&#233;ment du m&#233;thane sur de longues p&#233;riodes de temps. Dans ces centres de stockage des d&#233;chets, les ordures sont compact&#233;es puis d&#233;pos&#233;es dans des fosses appel&#233;es casiers. Ces casiers sont ensuite recouverts de plusieurs m&#232;tres de terre. Ils sont parcourus par un syst&#232;me de drains horizontaux, qui collectent le biogaz produit, et verticaux, qui permettent de l'amener &#224; la surface. Cette fermentation en sous-sol peut durer 25 ans.
&lt;br /&gt;La r&#233;cup&#233;ration du m&#233;thane issu des d&#233;charges est capitale pour &#233;viter sa dispersion dans l'atmosph&#232;re car c'est un gaz avec un tr&#232;s puissant effet de serre.Dans les cas o&#249; il n'est pas encore valoris&#233;, le gaz des d&#233;charges est d'ailleurs br&#251;l&#233; &#224; la torch&#232;re, le CO2 ainsi produit ayant un effet beaucoup moins n&#233;faste.
&lt;br /&gt;Avant de l'utiliser, le biogaz doit &#234;tre d&#233;barrass&#233; de ses traces de sulfure d'hydrog&#232;ne, qui br&#251;le en d&#233;gageant du dioxyde de soufre SO2, ennemi des for&#234;ts et de nos poumons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extraits de &lt;a href='http://www.planete-energies.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.planete-energies.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tri n'est pas fait de la m&#234;me fa&#231;on d'une ville &#224; l'autre et le nombre de poubelles devant la maison peut varier de 3 &#224; 6 suivant l'endroit.
Il y a :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;les poubelles bleues : pour le papier, le carton&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les poubelles marrons : pour les produits bio, d&#233;chets alimentaires qui feront du compost,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les poubelles noires ou grises : pour les d&#233;chets non recyclables&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les poubelles jaunes : pour les plastiques. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que vous n'ayez pas de poubelle mais que vous deviez vous rendre &#224; un point de collecte pour d&#233;poser ces d&#233;chets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous trouverez un peu partout en ville et dans votre voisinage des points de collecte pour :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;les v&#234;tements et chaussures usag&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les verres &lt;/li&gt;&lt;li&gt;les d&#233;chets en ferraille&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les objets encombrants&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Vous payez des taxes relativement &#233;lev&#233;es pour les poubelles ; la majorit&#233; des taxes servent aux d&#233;chets non recyclables. Ces derniers sont br&#251;l&#233;s pour produire de l'&#233;nergie, il n'y a pas de deuxi&#232;me tri apr&#232;s votre tri dans les contenairs, d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de faire attention. De plus, il peut arriver que la municipalit&#233; sanctionne les personnes qui ne se donnent pas la peine de faire un tri correct.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus de 80% des vieux papiers servent &#224; faire les journaux quotidiens.
&lt;br /&gt;Les d&#233;chets bio servent directement &#224; faire du compost et sont utilis&#233;s pour cr&#233;er de l'&#233;nergie.
&lt;br /&gt;Pour le verre par exemple, 97% est r&#233;utilis&#233; pour refaire ce mat&#233;riau, quant au plastique, 70% est recycl&#233; apr&#232;s tri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='http://www.expatclic.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.expatclic.com&lt;/a&gt;, t&#233;moignage d'une personne r&#233;sidant &#224; Munich, aper&#231;u du recyclage des d&#233;chets en Allemagne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La reprise &#171; 1 pour 1 &#187; en Belgique
&lt;br /&gt;Lorsqu'un consommateur ach&#232;te un produit neuf, il a le droit de remettre au commer&#231;ant le produit &#233;quivalent usag&#233;. Ainsi dans le cadre de l'obligation de reprise des d&#233;chets &#233;lectriques et &#233;lectroniques, le vendeur est oblig&#233; de reprendre gratuitement une ancienne t&#233;l&#233;vision &#224; l'achat d'une neuve. C'est pour ce service que le consommateur paie une cotisation &#224; Recupel lors de l'achat du nouveau produit. C'est donc le cas pour les d&#233;chets &#233;lectriques et &#233;lectroniques mais aussi les v&#233;hicules hors d'usage, les vieux pneus, les huiles &#224; usage non-alimentaires, les batteries de d&#233;marrage au plomb, les m&#233;dicaments p&#233;rim&#233;s &amp; non utilis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.bruxellesenvironnement.be/Templates/Particuliers/Informer' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.bruxellesenvironnement.b...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II - A LIRE, A VOIR&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;RAPPORTS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Directive 2006/12 du Parlement europ&#233;en et du Conseil du 5 avril 2006 relative aux d&#233;chets (version codifi&#233;e qui annule la directive du 15 juillet 1975 (75/442/CEE) relative aux d&#233;chets modifi&#233;e)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vers une strat&#233;gie th&#233;matique pour la pr&#233;vention et le recyclage des d&#233;chets. COMMISSION EUROPEENNE BRUXELLES, CE, 2003-05-27. 66 p, COM (2003)301
Dans le cadre du 6&#232;me programme d'action pour l'environnement, cette communication est la premi&#232;re strat&#233;gie th&#233;matique d&#233;velopp&#233;e. Elle couvre &#224; la fois la pr&#233;vention des d&#233;chets et le recyclage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &quot; Relev&#233; de conclusions&quot; - Table ronde D&#233;chets du 20 d&#233;cembre 2007 - Grenelle de l'environnement &lt;a href='http://www.legrenelle-environnement.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.legrenelle-environnement.fr&lt;/a&gt; 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Liste des principaux textes concernant les d&#233;chets (D&#233;cembre 2007) :
La liste des textes accessible ci-dessous vous donne le signalement des principaux textes fran&#231;ais et europ&#233;ens concernant la gestion des d&#233;chets en France.
Pour obtenir l'int&#233;gralit&#233; d'un texte, plusieurs solutions :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; * le site &lt;a href='http://www.legifrance.gouv.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.legifrance.gouv.fr&lt;/a&gt; (textes fran&#231;ais)&lt;/p&gt; &lt;p&gt; * le site &lt;a href='http://eur-lex.europa.eu/fr/index.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://eur-lex.europa.eu/fr/index.htm&lt;/a&gt; (textes europ&#233;ens)&lt;/p&gt; &lt;p&gt; * le site &lt;a href='http://aida.ineris.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://aida.ineris.fr&lt;/a&gt; (textes concernant les installations class&#233;es dont les installations de traitement de d&#233;chets )&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Rapport annuel sur le prix et la qualit&#233; du service public d'&#233;limination des d&#233;chets - 2007, t&#233;l&#233;chargeable sur &lt;a href='http://www.marseille-provence.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.marseille-provence.com&lt;/a&gt; : site de Marseille Provence M&#233;tropole&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LIVRES
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Histoire des hommes et de leurs ordures du Moyen &#226;ge &#224; nos jours&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Catherine de Silguy
&lt;br /&gt;Co-Editions ADEME / Editions Le Cherche Midi - mars 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#232;mes du rapport des hommes &#224; leurs ordures ne datent pas d'hier. D'un si&#232;cle &#224; l'autre, l'auteur d&#233;montre &#224; quel point l'histoire de l'esp&#232;ce humaine se m&#234;le &#224; ses &quot;restes&quot;. Ce livre fait aussi le point sur les strat&#233;gies pour endiguer &quot;la mar&#233;e montante des ordures&quot; et sur les derni&#232;res innovations dans leurs traitements. Il r&#233;v&#232;le l'imagination et l'ing&#233;niosit&#233; des hommes pour les transformer en ressources utilitaires, artistiques ou ludiques, dans les contr&#233;es industrielles ou dans les pays pauvres et &#233;mergents.
&lt;br /&gt;Teint&#233; d'humour et de po&#233;sie, ce livre passionnera, les lecteurs friands de l'histoire approch&#233;e au plus pr&#232;s de la vie et ceux qui s'inqui&#232;tent de l'avenir de notre plan&#232;te..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- La poubelle et le recyclage &#224; petits pas&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;G&#233;rard Bertolini et Claire Delalande &lt;br /&gt;Co-Editions Ademe / Actes Sud Junior -71 pages - 2007 A partir de 11 ans&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les produits que l'on consomme ont un impact sur l'environnement. Pratiques d'autrefois, innovation du pr&#233;fet Poubelle, organisation de la collecte, recyclage... sont autant de sujets trait&#233;s dans ce documentaire &#233;ducatif, construit en trois parties : un quiz, un lexique et des liens internet permettant d'approfondir le sujet.
&lt;br /&gt;R&#233;dig&#233; par deux sp&#233;cialistes en rudologie (science du d&#233;chet), dans un fran&#231;ais soutenu, ce livre fait prendre conscience de la responsabilit&#233; de chaque individu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sais-tu qu'un chewing-gum met 5 ans &#224; se d&#233;grader ? Une canette en aluminium, 200 &#224; 500 ans ? Qu'arrive-t-il &#224; la brique de lait, aux pelures de fruits ou aux sacs en plastique apr&#232;s usage ? Jeter est in&#233;vitable mais pas n'importe comment. Si tu changes tes habitudes en triant tes d&#233;chets, en r&#233;fl&#233;chissant &#224; ta consommation et &#224; tes achats, tu contribues &#224; r&#233;duire la quantit&#233; de d&#233;chets produits et le gaspillage des mati&#232;res premi&#232;res. La terre ne s'en portera que mieux !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;UN FILM&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bi&#249;tiful cauntri&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;R&#233;alis&#233; par E. Calabria, A. d'Ambrosio et P. Ruggiero - 2008
&lt;br /&gt;documentaire sur la catastrophe sanitaire et environnementale li&#233;e &#224; la crise des d&#233;chets en Campanie (r&#233;gion de Naples).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le spectateur se retrouve immerg&#233; dans l'enfer quotidien des victimes de cette pollution et suit pas &#224; pas le combat du militant &#233;cologiste Raffaele del Giudice. En plus du r&#244;le majeur jou&#233; par la Camorra, la complicit&#233; des autorit&#233;s et des industriels est d&#233;montr&#233;e tout au long du film. Le combat local de quelques personnes pour que le scandale prenne fin et la primaut&#233; donn&#233;e aux seuls int&#233;r&#234;ts financiers rappellent, de fa&#231;on troublante, ce que la France a connu ces derni&#232;res ann&#233;es avec les scandales li&#233;s aux incin&#233;rateurs et &#224; la dioxine.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;III - LIENS UTILES
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'ensemble des articles de la rubrique
&lt;/strong&gt;
&lt;a href='http://www.legrenelle-environnement.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.legrenelle-environnement.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.reduisonsnosdechets.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.reduisonsnosdechets.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.cniid.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.cniid.org&lt;/a&gt; : &lt;br /&gt;site du centre national d'information ind&#233;pendante sur les d&#233;chets&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.sinoe.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.sinoe.org&lt;/a&gt; : &lt;br /&gt;site du syst&#232;me d'Information et d'Observation de l'Environnement&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.ifen.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ifen.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.fne.asso.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.fne.asso.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sites belges&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.bruxellesenvironnement.be/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.bruxellesenvironnement.be&lt;/a&gt; : &lt;br /&gt;administration de l'environnement et de l'&#233;nergie de la r&#233;gion de Bruxelles-Capitale&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.espace-environnement.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.espace-environnement.org&lt;/a&gt; : &lt;br /&gt;association belge active dans la r&#233;gion wallonne et Bruxelles, travaillant avec des partenaires &#233;trangers et qui promeut des actions de pr&#233;vention&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.ecoconso.be/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecoconso.be&lt;/a&gt; : &lt;br /&gt;site du r&#233;seau Eco-consommation Des fiches et des conseils pour une consommation responsable, des articles sur la gestion des d&#233;chets et son impact sur l'environnement&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant l'article &quot;Recyclage posologique&quot;
&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.unpf.org/cyclamed' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.unpf.org/cyclamed&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant l'article &quot;Privil&#233;gier le r&#233;emploi&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://ressourcerie.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://ressourcerie.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Groupement de professionnels de ressourceries en association loi 1901. L'objet de l'association est de cr&#233;er une synergie de comp&#233;tences et de moyens pour la professionnalisation, la formation et la repr&#233;sentation des Ressourceries, mais aussi la sensibilisation &#224; l'environnement et la r&#233;duction des d&#233;chets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Recyclage posologique</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/recyclage-posologique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/recyclage-posologique</guid>
		<dc:date>2007-09-14T15:08:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>&#171; Tout, tout ce qui peut &#234;tre r&#233;utilisable, on r&#233;cup&#232;re. Les produits et les m&#233;dicaments non utilis&#233;s que nous ram&#232;nent les clients. Nous, on nous ram&#232;ne les produits, on les fait passer, on sert d'interm&#233;diaire&#8230; Depuis l'origine de la pharmacie, c'est-&#224;-dire depuis dix ans. Chaque pharmacien d&#233;cide ou non de le faire, c'est une option personnelle, c'est pas&#8230; Il y a des pharmaciens qui le font, il y en a d'autres qui le font pas&#8230; mais c'est une option personnelle. &#187; Marie-Th&#233;r&#232;se, 50 ans, pharmacienne (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tout, tout ce qui peut &#234;tre r&#233;utilisable, on r&#233;cup&#232;re. Les produits et les m&#233;dicaments non utilis&#233;s que nous ram&#232;nent les clients. Nous, on nous ram&#232;ne les produits, on les fait passer, on sert d'interm&#233;diaire&#8230; Depuis l'origine de la pharmacie, c'est-&#224;-dire depuis dix ans. Chaque pharmacien d&#233;cide ou non de le faire, c'est une option personnelle, c'est pas&#8230; Il y a des pharmaciens qui le font, il y en a d'autres qui le font pas&#8230; mais c'est une option personnelle. &#187; Marie-Th&#233;r&#232;se, 50 ans, pharmacienne adjointe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Effectuez-vous un tri s&#233;lectif dans votre pharmacie ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, est-ce qu'on effectue un tri s&#233;lectif ? On r&#233;cup&#232;re des m&#233;dicaments, apr&#232;s qui sont destin&#233;s &#224; des associations, donc&#8230; ce sera les associations qui feront le tri des m&#233;dicaments dont ils vont avoir besoin ou pas, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce tri n&#233;cessite-t-il un am&#233;nagement particulier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Un local o&#249; l'on entrepose &#231;a, mais bon&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; mettez-vous les m&#233;dicaments ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans des cartons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles contraintes le tri repr&#233;sente-t-il ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben&#8230; justement, de la place, parce que bon, il faut entreposer. Nous on a une cuisine, on entrepose dedans, donc il faut de la place pour entreposer ces cartons parce que &#231;a fait quand m&#234;me pas mal de bo&#238;tages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle fr&#233;quence les m&#233;dicaments sont-ils collect&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous on a une association qui passe r&#233;guli&#232;rement. D&#232;s que l'on a plusieurs cartons, ils passent, on va dire une fois par mois, en gros. &#199;a va vite, le bo&#238;tage des m&#233;dicaments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les avantages du tri ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aucun avantage, ah ! Aucun avantage, non, non non&#8230; C'est pour &#231;a qu'il y a beaucoup de pharmaciens qui ne le font pas. Vous pouvez faire une enqu&#234;te, je ne sais pas quel est le nombre mais il n'y a pas beaucoup de pharmaciens qui le font, qui perdent du temps pour faire &#231;a. Il n'y a aucun b&#233;n&#233;fice, si ce n'est personnel&#8230; Un engagement personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il une personne qui s'en occupe ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, non non. C'est &#224; tour de r&#244;le, c'est chacun qui r&#233;cup&#232;re. Ce n'est pas du tout quelque chose d'organis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce tri repr&#233;sente-t-il un co&#251;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un co&#251;t, bien s&#251;r ! Dans la mesure o&#249; il y a du personnel qui s'en occupe&#8230; Donc, automatiquement, c'est pour &#231;a que c'est vraiment &#224; titre tout &#224; fait b&#233;n&#233;vole et pour le pharmacien qui d&#233;cide de le faire, il utilise son personnel &#224; faire &#231;a, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des produits qu'il est obligatoire de rapporter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand je parle d'obligation, c'est surtout des produits&#8230; pour les fortes douleurs, ceux qu'on appelle les toxiques d&#233;riv&#233;s de l'opium et cetera, morphine, voil&#224;. Il est effectivement conseill&#233; de les ramener, on conseille aux personnes de les ramener, et dans les emballages des m&#233;dicaments figure l'obligation de ramener &#224; son pharmacien les produits, les restes et les emballages vides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les produits les plus ramen&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qu'il faut savoir, c'est que de moins en moins, on r&#233;cup&#232;re des produits parce que les gens font davantage attention au moment de l'achat, ils ne stockent pas, c'est-&#224;-dire ils prennent les m&#233;dicaments dont ils ont besoin et puis ils ne stockent pas les bo&#238;tes chez eux. On a de moins en moins de bo&#238;tes qui sont &#233;limin&#233;es par les clients. C'est d&#251; au fait que maintenant, c'est de plus en plus payant. On demande une participation et donc, les gens font automatiquement attention &#224; ce qu'ils ach&#232;tent. Avant, par le pass&#233;, on va dire que on favorisait en quelque sorte l'achat de m&#233;dicaments et du coup, on prescrivait beaucoup. La mentalit&#233; a chang&#233; au niveau des consommateurs on va dire, des malades.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que deviennent ces produits, une fois recycl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne sait pas du tout quelle est vraiment la destination finale. L&#224; peut-&#234;tre il faudrait s'adresser mettons&#8230; &#224; une organisation comme&lt;a href='http://209.85.129.104/search?q=cache:VRyTOHmu__kJ:www.psfci.org/+pharmaciens+sans+fronti&#232;res&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;cd=1&amp;client=safari' class='spip_out' rel='external'&gt;Pharmaciens sans Fronti&#232;res&lt;/a&gt; pour leur demander que deviennent les produits qu'ils r&#233;cup&#232;rent dans les pharmacies. Alors, &#231;a d&#233;pend si on parle des associations qui viennent r&#233;cup&#233;rer chez nous les m&#233;dicaments, eux ils vont faire le tri de ce qui les int&#233;resse pour les envoyer dans les endroits qui en ont besoin. Par exemple, peut-&#234;tre ils vont choisir des antibiotiques, peut-&#234;tre ils vont choisir des pansements, ils vont &#233;liminer des produits dont ils n'ont pas besoin, voil&#224;. Sinon, apr&#232;s, l'association &lt;a href='http://www.cyclamed.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Cyclamed&lt;/a&gt; quand ils r&#233;cup&#233;raient les m&#233;dicaments, c'&#233;tait essentiellement pour les &#233;liminer de fa&#231;on propre, incin&#233;ration et cetera, avec r&#233;cup&#233;ration de chaleur, &#233;ventuellement, c'est-&#224;-dire on fait br&#251;ler toutes ces bo&#238;tes, ces m&#233;dicaments et cetera et &#231;a g&#233;n&#232;re de la chaleur qui est r&#233;utilis&#233;e pour chauffer, peut-&#234;tre, je ne sais pas&#8230; mais &#231;a se fait dans des usines. Dans certaines villes, quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ces m&#233;dicaments ne d&#233;gagent-ils pas de fum&#233;es toxiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend&#8230; Je ne sais pas, je pense que l&#224;, c'est des endroits qui sont vraiment sp&#233;cialis&#233;s dans la destruction, dans&#8230; Je ne sais pas pr&#233;cis&#233;ment, hein. Mais le but c'&#233;tait un peu &#231;a, quoi. Tout ce qui n'&#233;tait pas utilis&#233; &#233;tait br&#251;l&#233; et on r&#233;cup&#233;rait au moins la chaleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les d&#233;chets qui ne peuvent pas &#234;tre recycl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend ; enfin, recycl&#233;s&#8230; Il n'y a pas grand chose, en fait, qui est recycl&#233;, dans le sens ou cela va &#234;tre r&#233;utilis&#233;, parce que malheureusement la plupart des m&#233;dicaments que l'on nous ram&#232;ne n'int&#233;resse pas les endroits qui n'ont pas acc&#232;s aux m&#233;dicaments. Eux, ce qui les int&#233;resse surtout, c'est les antibiotiques et nous ce qu'on jette c'est des antid&#233;presseurs, donc &#231;a limite beaucoup la r&#233;cup&#233;ration. Donc la plupart des choses qui sont r&#233;cup&#233;r&#233;es, c'est vrai que &#231;a va partir &#224; l'incin&#233;rateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des conteneurs &#224; aiguilles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors &#231;a c'est nouveau. Il y a un organisme qui vient, qui nous d&#233;pose des bo&#238;tes vides que l'on donne &#224; tous nos clients gratuitement qui sont diab&#233;tiques, par exemple. Ils nous les ram&#232;nent remplies et il y a cet organisme qui passe nous les r&#233;cup&#233;rer, nous les &#233;changer avec les bo&#238;tes vides, &#231;a se met un peu en route. Et &#231;a, &#231;a fonctionne, &#231;a commence &#224; fonctionner tr&#232;s bien et &#231;a c'est une tr&#232;s bonne initiative, quoi. Apr&#232;s ils viennent nous les r&#233;cup&#233;rer et puis pareil, ils s'en occupent, ils les d&#233;truisent. Nous, on ne sait pas le cheminement exact, nous, on ne sert que d'interm&#233;diaire donc on ne sait pas&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il du mat&#233;riel orthop&#233;dique dit &quot;de deuxi&#232;me vie&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; ma connaissance, il n'y a pas vraiment&#8230; Surtout au niveau du mat&#233;riel orthop&#233;dique de circuit organis&#233;, ce qui est dommage parce que en fait, c'est vrai que au niveau des fauteuils, au niveau des b&#233;quilles, bon, c'est des produits qui peuvent &#233;ventuellement &#234;tre r&#233;par&#233;s, qui peuvent avoir une deuxi&#232;me vie et &#224; part quelques associations vraiment tr&#232;s particuli&#232;res qui r&#233;cup&#232;rent pour en faire profiter dans des pays autres, il n'y a pas de circuit officiel, c'est du mat&#233;riel qui est cher et pour l'instant on ne se pr&#233;occupe pas de savoir si on peut r&#233;parer&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui est charg&#233; de la collecte des produits destin&#233;s au recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a plusieurs organismes, maintenant chaque pharmacie est libre de faire un peu ce qu'elle veut, il n'y a pas d'obligation au niveau des pharmacies en ce qui concerne la r&#233;cup&#233;ration. Il n'y a aucune obligation, c'est du volontariat, c'est tout. C'est personnel, c'est personnel&#8230; Apr&#232;s, c'est vrai qu'&#224; un moment donn&#233; il y avait ce qu'on appelait Cyclamed, mais qui n'existe plus maintenant en tant que organisme vraiment qui r&#233;cup&#232;re les m&#233;dicaments officiellement chez les pharmaciens. Apr&#232;s, chaque pharmacie est plus ou moins branch&#233;e sur des associations diverses, par exemple l'Ordre de Malte, Pharmaciens sans Fronti&#232;res ou des associations et autres, qui vont passer, qui prennent contact avec les pharmaciens, et qui vont passer r&#233;guli&#232;rement dans les pharmacies qui veulent bien se charger de r&#233;cup&#233;rer les m&#233;dicaments pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il une r&#233;glementation europ&#233;enne en mati&#232;re de recyclage des produits pharmaceutiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il y a une r&#233;glementation mais je ne connais pas bien les d&#233;tails. C'est pour &#231;a qu'il y a eu cet organisme, Cyclamed, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, cette association, quoi. Mais comme il y a eu des probl&#232;mes de fonctionnement, c'est un peu tomb&#233;&#8230; C'est un peu en instance de&#8230; d'&#233;volution, on va dire. Mais c'est vrai que les industriels, en principe, sont tenus de participer au recyclage des m&#233;dicaments, r&#233;cup&#233;rer les bo&#238;tes usag&#233;es pour les d&#233;truire de fa&#231;on propre, quoi&#8230; voil&#224;, pour pas que ce soit &#233;limin&#233; n'importe comment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un changement dans les prescriptions des m&#233;decins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, tout &#224; fait. Ils sont un peu incit&#233;s, on va dire, ils sont fortement incit&#233;s : ils ont pass&#233; des accords avec les caisses, les organismes d'assurances sociales, quoi, pour limiter leurs prescriptions. On accepte de revaloriser leurs honoraires &#224; condition qu'en contrepartie ils fassent attention &#224; leurs prescriptions, donc donner des g&#233;n&#233;riques, donc donner moins d'antibiotiques, et cetera et cetera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les laboratoires jouent-ils le jeu, sachant qu'on a souvent besoin de moins de cachets que contient une bo&#238;te ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, &#231;a n'a rien &#224; voir. &#199;a s'est toujours fait&#8230; &#199;'a toujours &#233;t&#233; une pol&#233;mique, mais bon, au niveau des laboratoires c'est un probl&#232;me de fabrication, de rendement, de cha&#238;ne et cetera. On ne peut pas multiplier &#224; l'infini les bo&#238;tages. Il faut savoir, quand un produit sort, ce n'est pas au hasard. Il sort pour un usage d&#233;termin&#233; ; par exemple un antibiotique, on va dire que le traitement de l'antibiotique c'est minimum quatre jours. Le conditionnement des bo&#238;tes est fait pour une posologie normale, pour quatre jours. Apr&#232;s, libre au m&#233;decin de prescrire plus&#8230; Donc &#224; ce moment-l&#224; il faudra une bo&#238;te et demie, et cetera. Mais, quand m&#234;me, les conditionnements sont &#233;tudi&#233;s, ils ne sont pas faits n'importe comment ; les bo&#238;tes, si le traitement c'est un par jour, on aura des bo&#238;tes de trente jours pour faire le mois, on n'aura pas des bo&#238;tes de quarante-deux. Voil&#224;, &#224; l'origine il y a toujours une explication valable, quoi. C'est quand m&#234;me dans la mesure du possible justement, parce que il y a des contraintes au niveau des fabrications, des cha&#238;nes de fabrication&#8230; On ne peut pas non plus multiplier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous assez inform&#233;e en mati&#232;re de recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; on a les informations par nos instances professionnelles, oui. Apr&#232;s, c'est tr&#232;s personnel dans la mesure o&#249; c'est un service gratuit, c'est &#224; chacun de s'engager ou pas. Pour le personnel, c'est tout &#224; titre b&#233;n&#233;vole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment sensibilisez-vous votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, on ne sensibilise pas, non, parce que ce n'est pas le r&#244;le du pharmacien, c'est vraiment personnel. C'est chaque pharmacien qui est sensibilis&#233; &#224; titre individuel comme un citoyen normal, il le fait personnellement, il s'engage personnellement. C'est pas le r&#244;le de la profession, mais on n'a pas de r&#232;gles. &#192; l'&#233;poque, il y avait Cyclamed, mais maintenant &#231;a n'existe plus. Dans la mesure o&#249;, bon, c'est les services publics qui sensibilisent, les m&#233;dias, la t&#233;l&#233; et cetera, quoi, il y a une prise de conscience g&#233;n&#233;rale au niveau de tout ce qui est recyclage, et cetera, ce qui fait que les gens ram&#232;nent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous vu un changement de mentalit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ils ram&#232;nent plus qu'avant oui, oui. C'est essentiellement les jeunes. Il y a une sensibilisation, quand m&#234;me. Les gens se posent plus de questions. Disons, ils ne veulent pas jeter les m&#233;dicaments n'importe o&#249;. Apr&#232;s, que &#231;a serve &#224; quelque chose ou pas, bon, &#231;a c'est d&#233;j&#224; diff&#233;rent parce que il y a des gens qui s'en pr&#233;occupent, d'autres non. Les personnes &#226;g&#233;es, non, ce n'est pas dans leurs coutumes, au contraire, ils capitalisent, c'est un peu comme tout&#8230; Ce n'est pas dans la mentalit&#233; des personnes &#226;g&#233;es. La mentalit&#233; des personnes &#226;g&#233;es, c'&#233;tait de mettre de c&#244;t&#233; au maximum, au cas o&#249;&#8230; il y aurait un probl&#232;me ! Donc ce n'est pas du tout dans leur mentalit&#233;, &#231;a. Mais la majorit&#233;, ce qui les inqui&#232;te surtout, c'est de ne pas laisser tra&#238;ner des produits qui peuvent &#234;tre dangereux. Donc la premi&#232;re raison pour laquelle ils nous ram&#232;nent les produits, c'est essentiellement &#231;a, c'est pour &#233;viter que il y ait des empoisonnements, voil&#224;. Apr&#232;s, &#233;ventuellement pour r&#233;utiliser, mais &#231;a&#8230; la plupart du temps c'est p&#233;rim&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Utilisez-vous des produits recycl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les sacs en papier, les sacs qu'on donne aux clients quand les gens viennent acheter leurs produits oui, c'est du papier recycl&#233;. Mais c'est toujours personnel, c'est jamais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Chez vous, faites-vous le tri ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout &#224; fait ! Mais un tri en dehors des m&#233;dicaments ? Oui, oui, des emballages, verres, plastiques et cetera. C'est pour &#231;a que je vous disais que c'est un engagement personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau m&#233;nager, &#234;tes-vous assez inform&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas vraiment, pas vraiment&#8230; Les endroits o&#249; l'on peut d&#233;poser justement les emballages, tout &#231;a, c'est peut-&#234;tre&#8230; On n'est pas assez inform&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 02/10/06 par Mireille Perez ; r&#233;daction : Odile Fourmillier et Christian Coursaget.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quatre voitures dans mon garage</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/circulations/article/quatre-voitures-dans-mon-garage</link>
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		<dc:date>2006-04-10T08:47:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment rouler sans tourner des heures pour se garer. Dans une ville satur&#233;e comme l'est Marseille, l'auto-partage devient la solution de quelques avertis qui acceptent de l&#226;cher leur statut de propri&#233;taires pour celui de locataires. Quand &quot;&lt;i&gt;moyen&lt;/i&gt;&quot; rime effectivement avec &quot;&lt;i&gt;besoin&lt;/i&gt;&#8220;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/circulations/" rel="directory"&gt;Circulations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/independance" rel="tag"&gt;ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;J'habitais &#224; la Joliette, &#224; l'&#233;poque o&#249; la vie &#233;tait belle sans les travaux ni le stationnement payant. Ensuite, j'ai d&#233;m&#233;nag&#233; pour le Vieux-Port. L&#224;, hors de question pour moi de garder une voiture, je m'en suis s&#233;par&#233;e. &lt;i&gt;AutoPartage&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; un super bon compromis parce que je travaille &#224; la maison, mais je suis amen&#233;e &#224; rencontrer des clients en ville ou aux alentours. Quand je n'ai pas de temps &#224; perdre dans les transports en commun, j'y ai recours pour utiliser une voiture deux heures, trois heures, la journ&#233;e...&quot; Emmanuelle Atte&#239;a.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koina&#239; : Le probl&#232;me de parking se posait-il quand vous &#233;tiez &#224; la Joliette ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait un petit peu plus serein qu'aujourd'hui, c'est vrai. Le probl&#232;me de parking s'est pos&#233; au Vieux-Port plut&#244;t qu'&#224; la Joliette. En pesant le pour et le contre, en voyant que je bossais &#224; la maison, que mes clients &#233;taient essentiellement au centre-ville et que finalement la voiture &#233;tait plus un fardeau qu'autre chose, pour tout ce qu'on sait : le stationnement, les amendes, une assurance qui finalement sert juste pour un jour par semaine... la prendre, c'&#233;tait absolument pas logique. Puis, petit &#224; petit, comme mon travail se passe bien - tant mieux - et que j'ai des clients un peu moins proches (Vitrolles, Aix, Marseille sud et c&#230;tera), je me suis dit que j'en avais besoin, mais sans en avoir les contraintes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; propos d'auto-partage, peut-on parler de co-voiturage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est encore autre chose. AutoPartage est une soci&#233;t&#233; qui a &#233;t&#233; mont&#233;e il y a quelques temps, je ne pourrais pas vous dire l'historique exact, et qui est implant&#233;e &#224; Marseille depuis un an ou deux. Le principe est tr&#232;s simple, c'est de mettre &#224; disposition des voitures dans cinq parkings &#224; Marseille, pour ceux que je connais il s'agit de Bourse, Pr&#233;fecture, la Plaine, le Cours Julien... j'en oublie un. Ce sont des voitures, bien entendu, en tr&#232;s bon &#233;tat. La r&#233;servation se fait par t&#233;l&#233;phone ou internet. Les utilisateurs sont principalement des habitants du centre-ville qui n'ont bien &#233;videmment pas de voiture, qui n'ont pas envie d'en avoir une, pour toutes les raisons que l'on conna&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; imaginer ce type de solution ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est un ami qui &#233;tait inscrit chez AutoPartage qui m'en a parl&#233;, puisque lui &#233;galement travaille &#224; la maison, a des clients un peu partout, est amen&#233; &#224; se d&#233;placer puisque, lui, il vend des machines informatiques, il fait de la maintenance et c&#230;tera. Donc, quand tout se passe en centre-ville, tout va bien, mais d&#232;s que c'est en dehors... En plus quand il y a des machines &#224; transporter... Il a trouv&#233; ce compromis-l&#224; et quand il m'en a parl&#233;, j'ai dit :&quot; &lt;i&gt;Je signe aussi&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Quel type de voitures sont mises &#224; disposition ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a va de l'urbaine (Smart, 206, donc petite voiture) &#224; l'utilitaire. Je peux en disposer &#224; n'importe quel moment, elles sont disponibles 24 heures sur 24. Les voitures sont pr&#234;t&#233;es sur des petites p&#233;riodes, &#224; l'heure ou &#224; la journ&#233;e ; il y a des tarifs journ&#233;e. Apr&#232;s il y a des calculs &#224; faire : si on la garde plus de 50 heures, les tarifs baissent... Il faut aller sur &lt;a href='http://www.autopartage-provence.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;le site&lt;/a&gt;, il est bien fait, il y a m&#234;me des simulations. Mais on ne peut pas louer pour un mois ou deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le budget vous para&#238;t-il lourd ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qui est &#233;conomique ou pas, c'est en fonction du porte-monnaie de chacun ; certains pourront dire que c'est peut-&#234;tre pas donn&#233;. Il faut s'abonner &#224; l'ann&#233;e, ensuite on paye &#224; la fois &#224; l'heure d'utilisation (environ 1 euro) et au kilom&#232;tre (environ 20 cents d'euro). Il faut compter en plus, l'abonnement mensuel de l'ordre de 9 ou 10 euros. Le tarif comprend le stationnement de la voiture, l'entretien, l'essence, et puis l'utilisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Devez-vous annoncer le temps pr&#233;vu d'emprunt du v&#233;hicule ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument, il faut effectivement faire une esp&#232;ce d'&#233;laboration du temps d'utilisation. &#199;a fait partie des petites contraintes. &#192; savoir aussi qu'en fonction des p&#233;riodes, les voitures sont moins disponibles. Pour les p&#233;riodes de vacances scolaires, par exemple, il faut s'y prendre bien &#224; l'avance. La soci&#233;t&#233; estime, je crois, une voiture &#224; disposition pour six personnes. Ils sont un peu victimes de leur succ&#232;s, le week-end, il faut s'y prendre un peu &#224; l'avance, une petite semaine &#224; l'avance, je pense aux week-ends de P&#226;ques, de la Toussaint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous passer au d&#233;bott&#233; voir s'il y a une voiture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais je ne peux absolument pas la r&#233;cup&#233;rer comme &#231;a ; si je vois une voiture libre dans le parking, je sors et je les appelle pour faire la r&#233;servation. Tout marche avec une carte magn&#233;tique, tout est &#224; l'int&#233;rieur de la voiture : papiers et cl&#233;s. Si je ne l'ai pas r&#233;serv&#233;e, elle ne se d&#233;bloquera pas, si je la r&#233;serve, elle sera programm&#233;e pour &#234;tre d&#233;bloqu&#233;e. Donc &#224; ce moment-l&#224;, les portes s'ouvrent et puis je me sers et je m'en vais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous emprunter un v&#233;hicule avec la m&#234;me carte dans une autre ville de France, &#224; Paris par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas. Oui, je pense, parce que quand on fait une location sur internet, ils nous demandent la ville et le parking o&#249; on la prend, donc je suppose que &#231;a doit marcher sur toute la France, en tout cas sur Marseille, c'est s&#251;r qu'on peut la prendre dans n'importe quel parking.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D&#233;posez-vous la voiture &#224; l'endroit o&#249; vous l'avez emprunt&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La voiture est-elle contr&#244;l&#233;e lors de la remise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Il y a des petites contraintes, comme pour une location de voiture classique : faire un &#233;tat g&#233;n&#233;ral de la voiture avant de la prendre et un &#233;tat en la rendant, pour &#234;tre s&#251;r qu'on ne l'a pas ab&#238;m&#233;e ; il faut qu'il y ait un quart de r&#233;serve d'essence, au-dessous, il faut faire le plein dans deux stations bien pr&#233;cises. On les conna&#238;t apr&#232;s, les stations du centre-ville et d'ailleurs, &#224; force de les utiliser. Si j'ai besoin d'une voiture trois ou quatre heures et que le plein est fait, &#224; ce moment l&#224;, je peux l'utiliser comme je veux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le parking le plus proche de chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, c'est Pr&#233;fecture, j'habite boulevard de la Corderie, donc j'ai Pierre Puget &#224; descendre pour r&#233;cup&#233;rer une voiture, c'est moins avantageux que mon ami qui habite Notre Dame du Mont et qui a la voiture au cours Julien. Quand j'&#233;tais au Vieux-Port, j'utilisais le Centre Bourse, mais ce n'est pas le plus tranquille. Quand on est une nana toute seule, on &#233;vite un peu les ennuis, et c'est pas surveill&#233;, c'est vrai que c'est pas marrant, un parking, la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le parc automobile s'est-il d&#233;velopp&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En terme de parkings, donc forc&#233;ment en terme de voitures, puisque au d&#233;but il y avait un parking ou deux et que l&#224;, on en est &#224; cinq, et il faut compter entre deux et quatre voitures par parking.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Devoir annoncer que vous prenez la voiture, aller chercher l'essence, sont-ce des charges en plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;... Ce qu'on fait avec une voiture classique. Il y a pleins d'avantages. Il y a forc&#233;ment des inconv&#233;nients, mais au m&#234;me titre que d'avoir un v&#233;hicule &#224; soi, je pense. Ce sont des v&#233;hicules qui sont quand m&#234;me relativement neufs. Ils sont en excellent &#233;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui entretient les v&#233;hicules ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est AutoPartage. Nous on ne s'en occupe pas du tout. M&#234;me s'il y a un probl&#232;me, quel qu'il soit, une bo&#238;te &#224; gants cass&#233;e ou quelque chose comme &#231;a, on sait que la semaine suivante, si on reprend la voiture, la bo&#238;te &#224; gants sera arrang&#233;e. Sans probl&#232;me. En fait, je pense qu'il y a deux &#233;tats d'esprit, celui du propri&#233;taire de son v&#233;hicule et celui du locataire. Pour l'automobiliste qui a sa voiture, tout est contrainte : &quot;&lt;i&gt;O&#249; je vais me garer, je vais tourner deux heures le soir etc...&lt;/i&gt;&#8220; Quand on n'a pas de voiture, finalement, la seule contrainte, c'est d'aller la chercher. C'est pas une contrainte ; la r&#233;server sur internet, &#231;a prend une minute montre en main ; si on a un souci parce qu'on est dans les embouteillages, qu'on doit la rendre &#224; telle heure, vite passer un petit coup de fil &#224; AutoPartage leur dire : &quot;&lt;i&gt;Je suis bloqu&#233;(e), je vais &#234;tre en retard&lt;/i&gt;&quot;, parce que parfois il y a des gens qui attendent apr&#232;s la voiture parce qu'on a r&#233;serv&#233; jusqu'&#224; telle heure et qu'une autre personne arrive derri&#232;re, &#231;a peut &#234;tre effectivement une petite contrainte, comme quand c'est pas possible d'obtenir de rallonger, parce que quelqu'un l'attend.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : N'&#234;tes-vous jamais en contact directement avec une personne d'AutoPartage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sauf si je suis bloqu&#233;e dans un embouteillage et que je dois appeler, parce que j'ai pas de connexion internet dans la voiture, pas encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : S'il fallait retenir une attitude, un comportement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que c'est vraiment une bonne id&#233;e, &#231;a marche plut&#244;t bien, et ce qu'il y a de marrant, c'est de voir les utilisateurs, il y a vraiment de tout, des gens qui travaillent, comme mon ami et moi. Une fois, on attendait une voiture, elle arrive &#224; l'heure, et on voit des jeunes, compl&#232;tement &quot;&lt;i&gt;Cours Julien&lt;/i&gt;&quot;, habill&#233;s avec..., avec un chien. C'est plut&#244;t marrant et on se dit que tout le monde peut y avoir acc&#232;s, c'est une tr&#232;s bonne id&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression d'&#234;tre dans une d&#233;marche citoyenne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Ma premi&#232;re d&#233;marche : je cherche du pratique et de l'&#233;conomique. Dans un second temps je me dis que, puisque j'ai appris qu'une voiture peut servir &#224; six personnes, &#231;a peut faire six voitures en moins dans un quartier, donc moins de pollution et c&#230;tera, mais c'est tr&#232;s &#233;go&#239;ste, dans un premier temps. Si on revient sur la question de l'&#233;conomie, c'est int&#233;ressant si on ne l'utilise pas &#233;norm&#233;ment, c'est &#224; dire que, plusieurs jours par semaine, je pense que &#231;a revient cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que le principe d'AutoPartage est connu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas tant que &#231;a. Moi, quand on m'en a parl&#233; pour la premi&#232;re fois, j'ai trouv&#233; &#231;a r&#233;volutionnaire, j'ai trouv&#233; &#231;a g&#233;nial. C'&#233;tait l'ann&#233;e derni&#232;re. Mais j'en ai pas entendu parler plus que &#231;a. Derni&#232;rement, j'ai vu des autocollants sur les voitures, ce que je trouve moyen, surtout sur la vitre arri&#232;re, en terme de visibilit&#233;... Puis j'ai pas forc&#233;ment envie qu'on sache que ma voiture est lou&#233;e, je veux seulement me d&#233;placer. Il me semble que c'est la seule pub qu'ils font.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cette pratique se r&#233;pand-t-elle par le fait d'en parler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, les quelques personnes que l'on conna&#238;t au centre-ville ont l'avantage d'avoir un v&#233;hicule et d'avoir un stationnement, donc pour eux la question ne se pose pas. Sinon, le bouche &#224; oreille, je suppose qu'il fonctionne puisqu'il a fonctionn&#233; sur moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps n'avez-vous plus de voiture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis deux ans... un an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et &#231;a vous manque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a m'arrive, oui, quand je pense &#224; aller faire des courses. &#192; des moments tr&#232;s pr&#233;cis : le soir, tard, si j'ai envie d'aller voir des amis ou d'aller &#224; un endroit qui n'&#233;tait pas pr&#233;vu. &#199;a va peut-&#234;tre vouloir dire qu'ils vont devoir descendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 14/02/06 par Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Promenons nous, dans le bois&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>100. Thiers</dc:subject>

		<description>Form&#233; au m&#233;tier du bois dans une &#233;cole d'&#233;b&#233;nisterie-marqueterie, Nicolas Garnier, 34 ans, a depuis lors travaill&#233; ce mat&#233;riau noble. Un temps restaurateur en mobilier chez un antiquaire, il s'est associ&#233; avec son amie Ga&#235;lle, issue du m&#234;me apprentissage mais plus ax&#233;e sur les jeux pour enfants : depuis trois ans, boulevard de la Lib&#233;ration, leur magasin de jouets en bois - vente et fabrication - ouvre ses portes aux amateurs et aux passionn&#233;s. Mobiles, empilables et jouets &#224; tirer. Koinai : Comment (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Form&#233; au m&#233;tier du bois dans une &#233;cole d'&#233;b&#233;nisterie-marqueterie, Nicolas Garnier, 34 ans, a depuis lors travaill&#233; ce mat&#233;riau noble. Un temps restaurateur en mobilier chez un antiquaire, il s'est associ&#233; avec son amie Ga&#235;lle, issue du m&#234;me apprentissage mais plus ax&#233;e sur les jeux pour enfants : depuis trois ans, boulevard de la Lib&#233;ration, leur magasin de jouets en bois - vente et fabrication - ouvre ses portes aux amateurs et aux passionn&#233;s. Mobiles, empilables et jouets &#224; tirer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment est n&#233;e l'id&#233;e de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un peu par hasard, dirait-on ; en fait, c'est l'envie de redonner le go&#251;t aux gens du contact du jouet en bois, quoi, qui est un peu plus noble et pis moins&#8230; comment dire, un peu plus durable, quoi. C'est peut-&#234;tre un peu plus luxueux mais c'est pas le jouet qu'on va jeter comme un jouet en plastique ; s'il est cass&#233;, c'est toujours plus ou moins r&#233;parable. C'est un jouet qui peut durer un moment, pis m&#234;me passer plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le jouet en bois, c'est un souvenir d'enfance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un petit peu, mais alors c'&#233;tait&#8230; parce qu'on est plus de la g&#233;n&#233;ration plastique nous, d'accord, on est n&#233;s fin ann&#233;es 70 d&#233;but 80 et on est plus sur une g&#233;n&#233;ration plastique, donc c'est vrai que c'est un petit peu ce qui nous a manqu&#233; quand on &#233;tait gamins, quoi. On a d&#233;couvert &#231;a, en fait, par le biais d'Internet et puis bon, le fait que &#231;a revienne un peu &#224; la mode, y'a aussi un autre magasin de jouets en bois sur Marseille. On a d&#233;couvert &#231;a aussi dans le Jura o&#249; c'est l'endroit privil&#233;gi&#233; en France de la fabrication du jouet en bois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben quand m&#234;me, il faut avoir des bases d'&#233;b&#233;nisterie, l'amour du travail du bois. Bon, c'est pas obligatoire pour faire de la vente de jouets en bois, mais on a un avantage sur les autres, c'est qu'on conna&#238;t le travail du bois, on sait comment &#231;a fonctionne, on saura dire si si tel objet ou tel autre est de bonne qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la partie fabrication ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fabrique un petit peu, ouais, essentiellement les objets d&#233;coup&#233;s style puzzle, petite ornementation murale, porte-manteaux, euh&#8230; certains mobiles aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; puisez-vous vos id&#233;es de jouets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est vraiment l'inspiration, euh&#8230; c'est un peu au hasard, quoi, et on se sert aussi de quelques illustrations qu'on peut trouver sur des bouquins o&#249; y'a aussi des gens qui sont sp&#233;cialis&#233;s dans l'illustration, qui font vraiment les dessins et nous, on les reproduit apr&#232;s en objets, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels outils utilisez-vous pour la fabrication ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'outillage, on a une petite scie &#224; chantourner pour d&#233;couper les formes, on a une machine &#224; combiner, c'est-&#224;-dire qui fait scie circulaire, raboteuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on fait chacun notre&#8230; Je fais plus souvent le d&#233;bit, c'est-&#224;-dire tout ce qui est gros &#339;uvre, donc d&#233;biter les planches et elle fait vraiment ce qui est finition, d&#233;coupe des petits objets et peinture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'outillage et les mat&#233;riaux ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'outillage je sais pas parce qu'on a toujours travaill&#233; avec &#231;a, donc&#8230; Au niveau de l'&#233;volution de l'outillage, je pense que depuis le d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle &#231;a a pas &#233;norm&#233;ment chang&#233; pour ce genre de travaux, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vendez-vous des objets fabriqu&#233;s dans d'autres mati&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui &#231;a on le fait mais, on essaie de rester dans les mat&#233;riaux naturels quand m&#234;me. Les objets qu'on vend en d'autres mati&#232;res c'est du tissu, un petit peu de peluche. Non, parce que pour s'adresser aux enfants du premier &#226;ge, en dessous de six mois c'est pas &#233;vident de trouver des jouets en bois . Et c'est le plus souvent des doudous, des machins comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, la plus grosse p&#233;riode c'est les f&#234;tes de No&#235;l, hein. Y'a pas de secret, les jouets, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La client&#232;le qu'on a, c'est plus ou moins les parents qui viennent pour les gamins, quoi, et &#231;a va, il faut dire, de z&#233;ro &#224; huit ans ; apr&#232;s huit ans y sont plus ax&#233;s sur, malheureusement, les jeux &#233;lectroniques ou l'ordinateur, et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les demandes de la client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des demandes particuli&#232;res, euh&#8230; non. En fait, ce qu'y cherchent le plus souvent c'est des jeux un peu ludiques, tout ce qu'on a pour l'apprentissage de la lecture, les jeux pour apprendre &#224; compter, des jeux sur la motricit&#233;, tout ce qui est empilable, jeux de construction pour les enfants entre deux et trois ans, quoi. Les plus demand&#233;s, maintenant on a commenc&#233; &#224; travailler avec un fournisseur allemand et c'est vrai qu'y font plein de &lt;a href='http://www.france5.fr/maternelles/loisirs/' class='spip_out' rel='external'&gt;jeux&lt;/a&gt; qui sont tr&#232;s tr&#232;s innovants. Y vont chercher vraiment des&#8230; C'est pas &#233;vident &#224; dire, le jeu qu'y font est assez particulier, quoi. C'est beaucoup de jeux de m&#233;moire, de jeux de r&#233;flexion et pas mal de jeux en collaboration, en fait. Par exemple un jeu qui s'appelle&#8230; oui, voil&#224;, &quot;Le Petit Verger&quot;, qui est un jeu de ce fournisseur, l&#224;, o&#249; en fait on joue tous contre le corbeau, il faut &#233;viter que le corbeau mange toutes les cerises qu'y a dans l'arbre. Voil&#224;, c'est ce genre de jeux&#8230; Pas mal de jeux en coop&#233;ration plut&#244;t que de jouer l'un contre l'autre, de se disputer et c&#230;tera. C'est plus ax&#233; sur la solidarit&#233;, sur le&#8230; D&#233;j&#224;, des enfants qui vont essayer de jouer ensemble contre un personnage imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un jouet particuli&#232;rement r&#233;clam&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hem&#8230; un jouet qui est vraiment tr&#232;s vendu ? Pour moi, c'est toujours le jouet &#224; tirer Vilac qui&#8230; C'est les petits jouets &#224; partir de six mois, en fait, quand l'enfant commence &#224; marcher &#224; quatre pattes, &#224; se d&#233;placer un peu, voil&#224;, c'est ce genre de petit jouet o&#249; il le tire derri&#232;re lui. &#199;a marche tout le temps, &#231;a ; si y faisaient plus qu'un jouet, ce serait ce type de jouet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous en tenez compte dans vos choix de jouets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui ! Oui, c'est important, &#231;a, c'est une chose qu'on arr&#234;tera pas de faire, quoi, dont on s'occupera tout le temps. Hem&#8230; c'est vrai que depuis un certain temps, on travaille de plus en plus souvent avec les ludoth&#232;ques. En fait, ils nous demandent des petites choses sp&#233;ciales, certains petits jeux d'empilement en bois. Bon, c'est eux qui voyent comment marchent les enfants, c'est eux qui testent un peu les produits, donc c'est vrai que c'est un atout. C'est un &#233;norme atout pour nous, quoi, on sait quels jouets vont marcher, qu'est-ce qu'y faut qu'on mette de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Jouez-vous un r&#244;le de conseil aupr&#232;s de votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui quand m&#234;me, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des clients fid&#232;les qui vous recommandent aupr&#232;s d'autres personnes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, &#231;a commence &#224; venir de plus en plus, oui. C'est vrai qu'au d&#233;part, les deux premi&#232;res ann&#233;es on &#233;tait vraiment cibl&#233;s que sur une client&#232;le de quartier. En fait, y'avait vraiment que les gens du coin qui passaient et bon, maintenant y commencent &#224; parler &#224; droite &#224; gauche et puis on &#233;tend un petit peu notre client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En dehors des clients, l&#224;, on a simplement commenc&#233; &#224; faire un site internet. Voil&#224;, et c'est la seule grosse pub qu'on fait pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'aimez-vous particuli&#232;rement dans votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben c'est le contact un peu plus chaleureux qu'on a avec les personnes, quand m&#234;me, parce que les gens qui ach&#232;tent des jouets en bois sont plus des gens passionn&#233;s qui vont pas forc&#233;ment regarder &#224; la d&#233;pense, qui vont vraiment avoir l'amour de l'objet en bois, qui vont vraiment le regarder sous toutes les coutures, en discuter avec les personnes, et c&#230;tera, sans&#8230;Y vont vraiment prendre le temps de choisir le cadeau qu'y vont faire pour un gamin, m&#234;me si c'est pas le leur. Quand on vient chercher un jouet en bois, c'est vraiment pour avoir la petite pi&#232;ce unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment partagez-vous la passion de vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hem&#8230; comment on la partage, en fait, ben on essaye de subvenir &#224; leurs besoins. Ils ont certaines id&#233;es des jouets qui leurs plaisent dans le magasin mais y'a toujours la petite chose qui leur pla&#238;t pas, qui leur convient pas. Donc nous, on propose toujours de fabriquer &#224; ce niveau-l&#224;, quoi. C'est un peu suivant leurs sp&#233;cifications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est l'aspect le moins agr&#233;able de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Le moins agr&#233;able, euh&#8230; franchement (rires), je vois pas de&#8230; je vois pas de choses vraiment d&#233;sagr&#233;ables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un aspect plus contraignant, disons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Ben, c'est les p&#233;riodes creuses ; c'est vrai que &#233;tant ax&#233;s sur le jouet en bois, y'a franchement des p&#233;riodes o&#249; l'on marche et des p&#233;riodes o&#249; c'est vraiment tr&#232;s creux, o&#249; on s'ennuie un petit peu. Apr&#232;s, euh&#8230; non, je vois pas d'autres probl&#232;mes. Bon, le probl&#232;me est que c'est difficile d'avoir un magasin comme &#231;a, y'a certaines contraintes. C'est vrai qu'on aimerait bien avoir des places de parking un peu plus cons&#233;quentes devant, que les gens puissent&#8230; C'est vrai que aussi, b&#232; on peut pas emp&#234;cher certaines personnes de rentrer non plus. Bon, y'a des gens qui sont un petit peu&#8230; enfin, qui s'imaginent qu'on vend aussi des jouets en plastique, y voient des jouets, y rentrent et pis y nous demandent des choses qu'on a pas. C'est un petit peu le c&#244;t&#233; emb&#234;tant du m&#233;tier mais bon, c'est pas g&#234;nant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment les jouets ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben en fait, suivant les endroits o&#249; l'on va c'est &#8230; c'est pas si &#233;vident que &#231;a, en fait. Si vous achetez des des jouets fran&#231;ais, tout ce qui vient du Jura et c&#230;tera, c'est pas des jouets qui ont &#233;norm&#233;ment &#233;volu&#233;, en fait : y sont rest&#233;s tr&#232;s traditionnels dans la forme du jouet en bois, dans ses utilisations. C'est toujours des empilables, des jouets &#224; tirer, des machins qu'on fait depuis le d&#233;but du si&#232;cle, depuis qu'ils ont cr&#233;&#233; leur entreprise, quoi. C'est toujours des chevaux &#224; bascule, des&#8230;Tandis que si vous allez en Allemagne, l&#224; y cherchent plus &#224; faire &#233;voluer leurs jouets, &#224; vraiment cr&#233;er des choses nouvelles, avoir des id&#233;es changeantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous adaptez-vous &#224; cette &#233;volution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui oui, tout &#224; fait, ouais. Bon, c'est vrai qu'apr&#232;s tout, ce qu'y font c'est des mod&#232;les d&#233;pos&#233;s, donc on peut malheureusement pas&#8230; De mani&#232;re personnelle non, c'est vrai que nous, ben on est dans la mouvance fran&#231;aise. On reste dans le traditionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres marchands de jouets, d'autres fabricants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, on a quelques relations avec des fabricants dans le Jura.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le marchand de jouets, quel r&#244;le joue-t-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, je pense que le marchand de jouets, c'est&#8230; c'est quelqu'un qui est rest&#233; d'un certain c&#244;t&#233; assez enfant, quoi, &#231;a c'est un peu vrai&#8230; qui en fait arrive encore &#224; s'&#233;merveiller des petits trucs faits pour les gamins&#8230; qui a gard&#233; ce c&#244;t&#233; enfant, quoi, &#231;a c'est clair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 12/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Privil&#233;gier le r&#233;emploi</title>
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		<dc:date>2007-09-14T08:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


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		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>&#171; Notre impact environnemental, c'est cette ann&#233;e, y'aura 1 200 tonnes de d&#233;chets qui iront pas en enfouissement ou dans la nature. Ce sont des objectifs quantifiables. Il faut savoir que un &#233;cran jet&#233; dans la nature pollue 50 m&#179; pendant cinquante ans. Donc &#231;a c'est un petit peu les indicateurs qu'on peut avoir. &#187; Denis Bondil, 54 ans, g&#233;rant de la structure Micro'orange. Koinai : En quelle ann&#233;e a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e l'entreprise ? La d&#233;marche existe depuis 1998. D&#232;s le d&#233;part, on a eu l'aspect r&#233;novation dans nos (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/" rel="directory"&gt;Le tri arrive&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Notre impact environnemental, c'est cette ann&#233;e, y'aura 1 200 tonnes de d&#233;chets qui iront pas en enfouissement ou dans la nature. Ce sont des objectifs quantifiables. Il faut savoir que un &#233;cran jet&#233; dans la nature pollue 50 m&#179; pendant cinquante ans. Donc &#231;a c'est un petit peu les indicateurs qu'on peut avoir. &#187; Denis Bondil, 54 ans, g&#233;rant de la structure &lt;a href='http://www.microrange.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Micro'orange&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : En quelle ann&#233;e a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La d&#233;marche existe depuis 1998. D&#232;s le d&#233;part, on a eu l'aspect r&#233;novation dans nos boutiques, et l'aspect d&#233;construction sur la plate-forme des Milles. Initialement, l'objet &#233;tait de r&#233;cup&#233;rer du mat&#233;riel aupr&#232;s des entreprises, de le r&#233;nover en le proposant &#224; des personnes en poste d'insertion, et de le rendre accessible financi&#232;rement aux budgets modestes comme le milieu associatif, les &#233;coles ou les particuliers. On s'&#233;tait rendu compte d&#232;s l'origine qu'y avait une probl&#233;matique sur le mat&#233;riel qui ne pouvait pas &#234;tre r&#233;nov&#233; et qu'il &#233;tait n&#233;cessaire, &#233;tant sensibilis&#233;s &#224; la r&#233;glementation qui se mettait en place, de r&#233;aliser une plate-forme de d&#233;construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le statut de Micro'orange ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Notre entreprise d'insertion a un statut de SCIC, soci&#233;t&#233; coop&#233;rative d'int&#233;r&#234;t collectif, en conformit&#233; avec la nature de notre activit&#233; qui est &#224; la fois l'insertion et la protection de l'environnement.C'est un statut relativement r&#233;cent, mis en place pour aider les structures d'insertion &#224; statut associatif &#224; &#233;voluer et se professionnaliser en adoptant un statut de soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire SARL et &#224; travers un agr&#233;ment pr&#233;fectoral, leur permettre de conserver des liens avec les collectivit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un mod&#232;le pour cr&#233;er l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, si ce n'est celui que nous nous sommes cr&#233;&#233; nous-m&#234;mes, puisqu'on est assez pionniers dans cette activit&#233;, qui &#233;tait une activit&#233; nouvelle. Nous avons tout imagin&#233; et r&#233;alis&#233; en prenant compte diff&#233;rents param&#232;tres et exigences, notamment l'organisation de la production, le respect de l'environnement, et le projet social &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise. On a &#233;t&#233; reconnu &#224; diff&#233;rents titres, puisqu'on a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; entre autres par le Prix Crea 13 du d&#233;partement et le Master Entreprise &#224; Paris au S&#233;nat - je dis pas &#231;a de mani&#232;re narcissique, mais c'est un bon vecteur de communication. Notre volont&#233;, aussi, c'est quand m&#234;me de faire savoir ce qu'on fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; le moteur de cette cr&#233;ation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! c'est ma volont&#233; &#224; moi ; &#233;tant dans le social &#224; l'origine - puisque j'&#233;tais &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; de formation, cadre dans l'enfance inadapt&#233;e - par rapport &#224; une r&#233;flexion sur mon parcours professionnel, &#224; un moment donn&#233;, j'ai voulu cr&#233;er de l'activit&#233; d'insertion, parce que bien souvent les personnes dont on avait la charge &#233;taient les premi&#232;res &#224; venir buter sur le mur du ch&#244;mage. Je m'int&#233;ressais aussi &#224; la micro-informatique en tant qu'outil p&#233;dagogique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre zone d'implantation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a un r&#233;seau de boutiques sur Aix et sur Marseille, et notre plate-forme dans le p&#244;le d'activit&#233;s d'Aix-les-Milles. On a aussi un projet, d'essaimer notre exp&#233;rience : sur l'&#238;le de la R&#233;union, une structure d'insertion a r&#233;pliqu&#233; un peu notre d&#233;marche, et a souhait&#233; emporter notre nom, donc y'a actuellement micro'orange &#224; la R&#233;union ; en Champagne-Ardennes aussi, on a essaim&#233; dans diff&#233;rentes r&#233;gions du territoire. Donc certaines structures ont &#233;t&#233; int&#233;ress&#233;es par notre d&#233;marche, et ont souhait&#233; le reproduire sur leur territoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a deux aspects : la r&#233;novation - ici le responsable de notre boutique, &#171; Monsieur &#187; Fabien, r&#233;cup&#232;re le mat&#233;riel et le r&#233;nove en changeant le disque dur, en mettant un peu plus de m&#233;moire, un syst&#232;me d'exploitation plus performant, avec son &#233;quipe de techniciens - sur Aix et sur Marseille et aux Milles, l'activit&#233; est radicalement diff&#233;rente : &#231;a consiste &#224; d&#233;construire le mat&#233;riel, &#224; trier les diff&#233;rents composants - disque dur, barrette m&#233;moire, processeur, plastique, ferraille, et cetera - , &#224; d&#233;polluer les &#233;crans, c'est-&#224;-dire qu'on ouvre les globes un peu comme des &#339;ufs &#224; la coque et les poussi&#232;res luminorescentes qui sont extr&#234;mement polluantes sont aspir&#233;es. Ensuite, on oriente les composants d&#233;construits vers des fili&#232;res agr&#233;&#233;es de valorisation : la ferraille on en fait du fer, le plastique on refait du plastique&#8230; Les diff&#233;rents composants sont valoris&#233;s par des structures sp&#233;cialis&#233;es qui r&#233;cup&#232;rent les m&#233;taux pr&#233;cieux qu'il peut y avoir, notamment sur les cartes &#233;lectroniques, et tout l'aspect cuivre, bobinage et cetera, ce qui permet de r&#233;utiliser ces diff&#233;rents produits. C'est important parce qu'en terme de protection de l'environnement, le r&#233;emploi permet de ne pas extraire, transformer et transporter de mati&#232;re premi&#232;re, et c'est une fa&#231;on plus efficace de lutter contre la pollution et agir sur la pr&#233;servation de l'environnement en privil&#233;giant au maximum le r&#233;emploi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que traitez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vous faites bien de poser cette question parce que historiquement, le mat&#233;riel micro-informatique &#233;tait notre c&#339;ur de m&#233;tier mais petit &#224; petit, la r&#233;glementation s'est impos&#233;e aux diff&#233;rents produits d'&#233;quipements &#233;lectriques et &#233;lectroniques, donc aujourd'hui on fait aussi bien le mat&#233;riel informatique et bureautique que ce qu'on appelle les produits blancs : frigos, machines &#224; laver, et cetera. On d&#233;pollue les frigos en pompant le fr&#233;on, qui est extr&#234;mement nocif par rapport au trou de l'ozone, on d&#233;pouille le plastique, le verre et cetera, et on fait en sorte que chaque composant aille de la m&#234;me fa&#231;on que pour les produits informatiques&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous fournit les DEEE (ndlr : d&#233;chets d'&#233;quipements &#233;lectriques et &#233;lectroniques.) ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis 2002, les entreprises avaient l'obligation r&#233;glementaire de faire traiter leur mat&#233;riel, elles avaient plus le droit de mettre directement leur mat&#233;riel en d&#233;charge. Donc, on a travaill&#233; essentiellement avec les entreprises et les grandes organisations administratives et aujourd'hui, la r&#233;glementation s'impose aussi aux collectivit&#233;s et aux grandes enseignes, c'est-&#224;-dire aux particuliers, &#224; travers les d&#233;chetteries et les grandes enseignes qui ont l'obligation du &#171; un pour un &#187; : lorsqu'elles vendent un objet, elles sont tenues de reprendre l'ancien. D'autre part, les particuliers apportent dans les d&#233;chetteries donc &#231;a ne va plus directement en d&#233;charge, en enfouissement, &#231;a passe par des structures de valorisation. La r&#233;glementation existe depuis peu, ao&#251;t 2005, mais c'est tr&#232;s long &#224; mettre en place : des &#233;co-organismes collectent de l'argent aupr&#232;s des constructeurs et des producteurs - parce que l&#224; ce sont eux les responsables, pas les particuliers - et ces fonds collect&#233;s r&#233;mun&#232;rent les collectivit&#233;s pour absorber le surco&#251;t du traitement occasionn&#233;, de m&#234;me que les grandes enseignes, les supermarch&#233;s. Il s'est mis en place dans chaque r&#233;gion, conform&#233;ment aux directives europ&#233;ennes, des plate-formes de valorisation, que ce soit les &#233;co-organismes qui re&#231;oivent l'argent des constructeurs ou des importateurs qui financent cette action de valorisation en aidant les collectivit&#233;s et les supermarch&#233;s. Et y'a eu des appels d'offre, et l&#224; je viens d'apprendre que notre structure a &#233;t&#233; &#171; agr&#233;&#233;e &#187; pour traiter tout ce qu'on appelle le PAM, petit appareil m&#233;nager, pour tout le PACA : tous les aspirateurs, les imprimantes et cetera de PACA vont venir chez nous. Pour nous, c'est extr&#234;mement encourageant parce que plus les volumes de d&#233;chets augmentent, plus on cr&#233;e de l'emploi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'effectue la collecte ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a trois solutions : soit les entreprises apportent le mat&#233;riel, soit nous allons le collecter et nous r&#233;alisons l'enl&#232;vement, soit c'est vraiment des gros gisements et l&#224;, c'est Veolia propret&#233;, un grand collecteur de d&#233;chets g&#233;n&#233;raliste, qui met des grosses bennes de 30 m&#179; dans lesquelles l'entreprise met son mat&#233;riel. On a eu aussi un partenariat avec Veolia et lorsqu'il avait des DEEE, des d&#233;chets d'&#233;quipements &#233;lectriques et &#233;lectroniques, il les apportait chez nous. Eux, ils sont &#233;quip&#233;s de camions et de bennes, et nous, nous avons une petite flotte de fourgons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la quantit&#233; de d&#233;chets trait&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fait &#224; peu pr&#232;s 100 tonnes au mois actuellement ; &#231;a fait &#224; peu pr&#232;s 25 tonnes/semaine, donc 5 tonnes/jour. Chaque ann&#233;e, on a pratiquement doubl&#233; nos tonnages depuis 2002, puisqu'en 2002 on avait fait 120 tonnes, 2003 : 640, l'ann&#233;e derni&#232;re : 890 et cette ann&#233;e on va d&#233;passer les 1 200 tonnes, sachant qu'avec les PAM, petits appareils m&#233;nagers dont on vient d'avoir le march&#233;, c'est un gisement de 2 000 tonnes, donc sur 2007 on va avoir 2 000 tonnes de PAM plus nos&#8230; on va tripler notre volume.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que deviennent les mat&#233;riaux recycl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Soit c'est r&#233;nov&#233; en tant qu'objet, soit c'est r&#233;utilis&#233; et r&#233;nov&#233; en tant que composant, donc tout ce qui est ferreux, non ferreux, plastique, et cetera, &#231;a permet de repartir dans le circuit de la production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des d&#233;chets non recycl&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Heu&#8230; oui, certains plastiques vont en d&#233;charge contr&#244;l&#233;e, &#224; Sept&#232;mes mais &#231;a repr&#233;sente, je crois, un taux de valorisation de 97 %. Ah ! oui, c'est tr&#232;s important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est l'infrastructure n&#233;cessaire ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Notre plate-forme fait 700 m&#178;. On a douze op&#233;rateurs en d&#233;construction, entre les chauffeurs, les d&#233;constructeurs, le chef d'&#233;quipe, &#231;a ce sont les moyens humains ; nous avons des outils pneumatiques pour d&#233;visser, les fourgons pour aller chercher, des &#233;l&#233;vateurs pour transporter les palettes. On a aussi - et c'est tr&#232;s important - mis en place une tra&#231;abilit&#233; compl&#232;te du traitement de nos d&#233;chets, donc, au kilo pr&#232;s, on peut savoir ce qui est rentr&#233; sur notre site et dans quelle structure agr&#233;&#233;e il a fini.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire la cha&#238;ne d'exploitation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, le mat&#233;riel arrive, il est pes&#233;, identifi&#233;. Une fiche d'entr&#233;e, d'identification est &#233;tablie au nom du client, qui liste les diff&#233;rents objets dont il est constitu&#233;, &#233;cran, frigo... Ensuite nous d&#233;construisons, nous pesons chacun des composants du lot : c&#226;ble, fer, carte de composants, disque dur, barrette, plastique, aussi. C'est rassembl&#233; sur la fiche de construction, ensuite chaque composant est exp&#233;di&#233; dans diff&#233;rentes fili&#232;res appropri&#233;es, et ce qu'on appelle la fiche d'exp&#233;dition dit les composants qui constituaient votre lot, et dans quelle structure ils ont atterri. Avec ces trois fiches-l&#224; qu'on remet &#224; notre client, il a la certitude que &#231;a a pas atterri dans la nature. &#199;'a &#233;t&#233; aussi notre originalit&#233;, d'apporter une tra&#231;abilit&#233; compl&#232;te du traitement, diff&#233;remment de certaines structures qui apportaient pas du tout ce genre de d'information.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Notre contrainte, c'est le flux irr&#233;gulier d'apport des d&#233;chets : des fois &#231;a arrive vraiment en masse, on est d&#233;bord&#233;s et apr&#232;s &#231;a baisse, donc la difficult&#233; est de jouer l&#224;-dessus en terme d'organisation, de moyens humains. Sinon, notre activit&#233; est soumise &#224; autorisation pr&#233;fectorale, notre site est class&#233; ce qu'on appelle ICPE, Installation Class&#233;e Protection Environnement : on a un certain nombre de contraintes r&#233;glementaires, pour lesquelles la Pr&#233;fecture d&#233;livre une autorisation si vous &#234;tes en capacit&#233; de montrer que vous les r&#233;alisez r&#233;ellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels probl&#232;mes rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Au niveau de la citoyennet&#233;, et cetera ? &#199;a, c'est le cadre r&#233;glementaire qui suppl&#233;e. Historiquement, les particuliers qui &#233;taient conscientis&#233;s venaient vers nous et dans une d&#233;marche citoyenne, on acceptait de traiter leurs d&#233;chets. D'ailleurs ici, ce qui est dans la boutique, dans cette d&#233;marche citoyenne, les gens viennent se d&#233;barrasser de leurs d&#233;chets plut&#244;t que de les mettre en d&#233;charge et nous les traitons, donc &#231;a, c'est notre apport. Ensuite, les entreprises ont l'obligation l&#233;gale, donc. Certaines jouent plus le jeu que d'autres, mais quand m&#234;me la sensibilisation devient de plus en plus pr&#233;sente, aussi bien au niveau des particuliers que des entreprises. On sent fortement une &#233;volution des mentalit&#233;s et une prise en compte de cette probl&#233;matique ; oui, on le ressent tr&#232;s fort, &#231;a. Y'a quelques ann&#233;es, on &#233;tait regard&#233;s un petit peu comme&#8230; des &#234;tres particuliers ; bon, &#231;a s'est bien&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est l'effectif de votre entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Actuellement on est trente-trois personnes, dont vingt-six postes en insertion et une &#233;quipe d'encadrants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment le personnel est-il form&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le personnel est accueilli &#224; travers les diff&#233;rents services d'accompagnement &#224; l'emploi qui proposent les candidatures, ensuite ces candidatures sont valid&#233;es par l'ANPE qui donne un agr&#233;ment, v&#233;rifie que le dossier correspond aux exigences, et les personnes sont employ&#233;es. En boutique, il y a une formation au poste de travail - ici c'est Fabien qui forme les techniciens, en continu - et pour les Milles, les gens b&#233;n&#233;ficient d'une petite formation &#224; leur arriv&#233;e ; &#231;a demande pas une grande technicit&#233;, donc on saura rapidement si vous vous int&#233;grez &#224; la production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous fait conna&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En essayant de communiquer le maximum en utilisant diff&#233;rents r&#233;seaux : le r&#233;seau de l'insertion, le r&#233;seau de l'environnement, le r&#233;seau &#233;conomique, en participant &#224; diff&#233;rentes manifestations &#233;v&#233;nementielles, &#224; travers les diff&#233;rentes distinctions qu'on a eues, qui avaient pas d'autre finalit&#233; que de faire savoir ce qu'on faisait, puis voil&#224;, quoi. Mais la communication a &#233;t&#233; quelque chose d'important dans notre d&#233;marche. On a toujours &#233;t&#233; tr&#232;s sensibles &#224; faire savoir au maximum qu'on existait et ce qu'on faisait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les co&#251;ts et les b&#233;n&#233;fices ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En tant que structure d'insertion SCIC, on est une structure &#224; but non lucratif. Si on fait des b&#233;n&#233;fices, il faut d&#233;duire les subventions per&#231;ues, donc notre fonctionnement rel&#232;ve plus de 45 % de subventions. On &#233;quilibre nos co&#251;ts, &#231;a repr&#233;sente en gros un budget annuel d'un million d'euros sachant qu'on arrive &#224; &#233;quilibrer nos comptes, ce qui est bien, parce que y'a quand m&#234;me beaucoup d'entreprises d'insertion qui ont &#233;t&#233; en difficult&#233;, qui ont d&#251; malheureusement cesser leur activit&#233; et fermer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'activit&#233; conna&#238;t une nette &#233;volution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui ! puisqu'en 2002 on &#233;tait quatre, trois emplois d'insertion et moi-m&#234;me, et aujourd'hui on est trente-trois. On a connu une progression extr&#234;mement satisfaisante, &#224; double titre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les projets, justement, c'est de cr&#233;er un site plus grand parce que les march&#233;s avec les d&#233;chetteries et cetera vont g&#233;n&#233;rer beaucoup plus de volume et on risque d'&#234;tre rapidement &#224; l'&#233;troit. Ensuite, d&#233;velopper le r&#233;emploi au niveau des produits blancs, parce qu'aujourd'hui on fait que du r&#233;emploi au niveau de l'informatique mais on souhaite r&#233;nover des frigos, des machines &#224; laver et avoir des surfaces de vente par rapport &#224; &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles r&#233;glementations gouvernent votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est toute la r&#233;glementation qui r&#233;git les d&#233;chets d'&#233;quipements &#233;lectriques et &#233;lectroniques. Notre activit&#233; est essentiellement li&#233;e &#224; cette r&#233;glementation, qui fait obligation aux entreprises et maintenant aux particuliers, &#224; travers des supermarch&#233;s, de traiter ces d&#233;chets, qu'ils n'aillent plus directement en d&#233;charge. Je pense que les choses seront r&#233;ellement op&#233;rationnelles &#224; partir donc du quinze novembre, donc l'ensemble de ces d&#233;chets seront trait&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles am&#233;liorations envisageriez-vous pour votre entreprise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est de continuer la d&#233;marche dans laquelle nous sommes, puisque nous sommes certifi&#233;s ISO 14 001 et ISO 18 001, ce qui est quand m&#234;me assez remarquable pour une petite structure d'insertion comme la n&#244;tre. Le souci d'am&#233;lioration s'inscrit en continu et au quotidien &#224; travers cette d&#233;marche de certification, et diff&#233;rents process : c'est une politique globale du fonctionnement de notre entreprise, &#224; travers cette volont&#233; de rester certifi&#233;s 14 001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en contact avec d'autres entreprises de recyclage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#224; travers les valoriseurs qui sont derri&#232;re nous. Dans notre r&#233;gion, y'a peu de structures comparables &#224; la n&#244;tre : je crois qu'il faut aller sur Montpellier, Lyon, Paris, actuellement. Sinon, nous sommes en relation avec les diff&#233;rentes structures d'insertion pour l'activit&#233;, au niveau du transport ou d'autres activit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se porte le recyclage &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On est un peu en relation avec les responsables de la Ville, du service technique, et y'a une volont&#233; r&#233;elle sur Marseille que les choses s'organisent et soient r&#233;ellement op&#233;rationnelles, &#231;a c'est ind&#233;niable. Depuis plusieurs ann&#233;es, avec les services responsables des d&#233;chets de la Ville de Marseille, on a mis en place une exp&#233;rience pilote qui consiste tous les trimestres ou les semestres, &#224; appeler les habitants de la ville de Carry &#224; venir un samedi matin apporter leurs d&#233;chets dans des containers que nous avons mis en place avec des camions, pour &#224; la fois leur offrir une possibilit&#233; et sensibiliser les gens &#224; cette probl&#233;matique, et permettre justement &#224; la Ville de Marseille &#224; travers cette exp&#233;rience, de se rendre compte des diff&#233;rentes probl&#233;matiques qu'il peut y avoir en terme de logistique, de traitement, de co&#251;t du traitement, de containers et cetera. C'est pour &#231;a que je vous dis que oui, Marseille se soucie de ses d&#233;chets ; elle a d&#233;j&#224; bien anticip&#233; cette r&#233;glementation, &#224; travers cette exp&#233;rience pilote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et chez vous, triez-vous vos d&#233;chets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, chez moi - j'habite sur Aix-en-Provence - je fais un tri s&#233;lectif puisque j'ai la poubelle jaune et la poubelle bleue ; donc je trie mes d&#233;chets parce qu'il a &#233;t&#233; mis &#224; disposition ces containers sp&#233;cifiques, et d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, ayant diff&#233;rentes bennes sur mon site, j'utilise mes bennes &#224; carton, mes bennes &#224; plastique, &#224; traiter mes propres d&#233;chets et les d&#233;chets de mon environnement imm&#233;diat, relationnel : mes amis, ma famille, et cetera. Je suis bien rep&#233;r&#233; pour &#231;a : on va voir Denis, on lui m&#232;ne ses d&#233;chets, voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 13/09/06 par Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour rester avec elle</title>
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		<dc:date>2006-09-27T14:31:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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		<description>&#171; Je suis n&#233;e &#224; Madagascar, je suis rest&#233;e dix ans. Apr&#232;s on a quitt&#233; Madagascar pour venir aux Comores. C'&#233;tait mes parents, ils voulaient rentrer chez eux. Alors on est rentr&#233;s. J'ai rest&#233; huit ans &#224; Moroni ; dans la capitale j'&#233;tais. Et j'ai quitt&#233; les Comores pour venir ici. J'avais dix-huit ans. C'&#233;tait comme &#231;a : comme on m'a dit de venir, je suis venue. Ma m&#232;re &#233;tait r&#233;ticente un peu mais&#8230; &#231;a va elle a accept&#233;. Je suis rest&#233;e trois ans avec ma s&#339;ur, avant de me marier. &#187; Farida, 38 ans. Koinai : Pourquoi (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nostalgie" rel="tag"&gt;Nostalgie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis n&#233;e &#224; Madagascar, je suis rest&#233;e dix ans. Apr&#232;s on a quitt&#233; Madagascar pour venir aux Comores. C'&#233;tait mes parents, ils voulaient rentrer chez eux. Alors on est rentr&#233;s. J'ai rest&#233; huit ans &#224; Moroni ; dans la capitale j'&#233;tais. Et j'ai quitt&#233; les Comores pour venir ici. J'avais dix-huit ans. C'&#233;tait comme &#231;a : comme on m'a dit de venir, je suis venue. Ma m&#232;re &#233;tait r&#233;ticente un peu mais&#8230; &#231;a va elle a accept&#233;. Je suis rest&#233;e trois ans avec ma s&#339;ur, avant de me marier. &#187; Farida, 38 ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourquoi avez-vous choisi la France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas. C'est ma s&#339;ur - elle a cinq ans de plus que moi - qui m'a fait venir pour la rejoindre, pour rester avec elle. Je suis venue &#224; Marseille, parce que ma s&#339;ur habitait &#224; Marseille et je suis venue habiter avec ma s&#339;ur. Ici quand on vient, en fait, il y a quelqu'un de la famille qui est sur place et qui s'arrange de faire venir mon fr&#232;re pour rester avec moi o&#249; faire venir ma s&#339;ur pour rester avec moi. Au d&#233;but cela commence comme &#231;a et apr&#232;s la personne arrive chercher sa vocation. Sinon, c'est des &#233;tudiants qui vient sp&#233;cialement pour les &#233;tudes ou vient en stage. Ma s&#339;ur, elle s'&#233;tait install&#233;e deux ans avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous aviez d&#233;j&#224; une id&#233;e de ce qu'&#233;tait la France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, parce que l&#224;-bas il n'y avait pas de reportage sur la t&#233;l&#233; parce que il n'y avait pas de t&#233;l&#233;vision &#224; cette &#233;poque, il n'y avait que la radio et les vid&#233;os&#8230; On regardait la cassette avec la t&#233;l&#233;, il n'y avait pas sp&#233;cialement de t&#233;l&#233;vision pour nous. Maintenant oui, mais &#224; l'&#233;poque non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un choc culturel quand vous &#234;tes arriv&#233;e en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, parce que quand j'&#233;tais &#224; Madagascar je voyais &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que je voyais ici, parce que avant aussi c'&#233;tait comme &#231;a l&#224;-bas. Culturel non, je sais que chacun a sa coutume alors &#231;a m'a pas choqu&#233;e. Les Comores c'&#233;tait une colonie&#8230; colonis&#233;e par les fran&#231;ais donc c'est la langue fran&#231;aise, l&#224;-bas. D&#232;s le d&#233;but ce n'&#233;tait pas difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'est pass&#233;e votre adaptation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait un peu difficile parce que j'ai quitt&#233; un pays chaud pour venir dans un pays froid. Au d&#233;but &#231;a a &#233;t&#233; parce que je suis venue vers l'&#233;t&#233;, mais quand il faisait froid c'&#233;tait un peu difficile. Mais au fur et &#224; mesure on s'est adapt&#233;. L&#224;-bas c'est pas stress&#233;, parce que c'est pas loin. Ici on est stress&#233; parce que les choses sont loin, un peu plus loin que l'autre. Mais l&#224;-bas c'est dans une ville, on peut circuler &#224; pied, il n'y a pas de probl&#232;me, celui qui veut partir&#8230; &#192; moins que l'on va dans la brousse, tout &#231;a&#8230; Mais quand on est dans le village, on n'est pas stress&#233;, on va tranquillement au travail, revenir, ou bien on va tranquillement &#224; l'&#233;cole, revenir. On court pas, il n'y a pas la course contre le temps, contre la montre oui&#8230; &#192; l'&#233;cole c'&#233;tait un peu pareil qu'ici parce que c'&#233;tait l'&#233;cole fran&#231;aise. Bon, maintenant &#231;a c'est am&#233;lior&#233;, mais c'est presque la m&#234;me chose, il y a pas beaucoup de diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas eu le blues du migrant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je pensais &#224; ma famille, surtout comme j'ai ma m&#232;re et mon p&#232;re encore, &#231;a me manque beaucoup... Jusqu'&#224; maintenant, d'ailleurs. C'est pas des choses qui partent comme &#231;a. Chaque fois que j'y vais, je reviens, j'ai le blues. Je vais pas dire j'y vais tous les ans, mais tous les deux, trois ans j'y vais un mois et demi, &#231;a d&#233;pend comme je travaille, &#231;a d&#233;pend de mon cong&#233;, donc j'ai le droit d'un mois et demi je reste, si j'ai le droit d'un mois je reste, mais je fais le maximum que je peux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;prouv&#233; de la solitude ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Envers la famille oui, mais sinon on vit en communaut&#233;, donc j'ai jamais &#233;t&#233; trop seule dans ma vie, parce qu'ici on vit en communaut&#233;, alors la solitude&#8230; J'ai des amis, de la famille aussi : on est quatre ici. Quatre en France, de m&#234;me m&#232;re, de m&#234;me p&#232;re. J'en ai un qui &#233;tait &#224; Hy&#232;res, j'en ai un qui est &#224; Marseille, j'en ai un qui est &#224; Paris. De temps en temps on se voit pendant les vacances : il vient me voir, je vais le voir. Sinon il y a les cousines, il y a les cousins, il y a du monde. Dans la communaut&#233;, c'est assez resserr&#233;, on se voit quand il y a un mariage, on se voit quand il y a un d&#233;c&#232;s, on se voit quand il y a des f&#234;tes pour c&#233;l&#233;brer le mois du ramadan qui vient. Un mariage, tout le monde est l&#224;, y a un d&#233;c&#232;s tout le monde est l&#224;&#8230; Y'a des invitations, quand on f&#234;te l'anniversaire d'un enfant tout le monde est l&#224; c'est&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des amis fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, oui j'en ai. Je leur cuisine des plats de chez moi, &#231;a leur pla&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec quel papier arrivez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Carte de s&#233;jour. Jusqu'&#224; maintenant, j'ai pas chang&#233;. &#199;a se passe bien. Les enfants ils ont, mon mari il les a parce qu'il est venu au moment o&#249; les Comores n'a pas pris l'ind&#233;pendance [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='02/12/74 : r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance avec 95% de oui ; 06/07/75 : (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] encore donc &#231;a &#233;t&#233; fait facilement, automatiquement quoi. Je vais commencer maintenant pour faire les d&#233;marches parce que au d&#233;but c'&#233;tait difficile pour l'avoir. Je ne sais pas si maintenant &#231;a va &#234;tre facile, mais je vais essayer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aujourd'hui &#234;tes-vous satisfaite de votre logement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L&#224; o&#249; j'habite ? Oui &#231;a va, c'est un petit logement mais c'est un logement de fonction. Il n'y avait pas de probl&#232;me. Aussi chez ma s&#339;ur, c'&#233;tait pareil. C'&#233;tait ma s&#339;ur en tant que s&#339;ur &#224; la maison l&#224;, maintenant je suis chez moi en tant que femme &#224; assumer le mari et les enfants (rires), j'en ai trois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre parcours professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me suis arr&#234;t&#233;e en sixi&#232;me, apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233; l'&#233;cole. J'ai travaill&#233; dans le magasin de ma tante, j'ai quitt&#233; l&#224;, et je suis venue ici. Pendant deux, trois ans, chez ma s&#339;ur, je n'ai pas travaill&#233;. Je suis rest&#233;e avec ma s&#339;ur, j'ai gard&#233;&#8230; apr&#232;s j'ai &#233;lev&#233; ses enfants. Elle est mari&#233;e, elle a deux enfants aussi. Maintenant, je suis aide &#224; domicile. Aider les personnes &#226;g&#233;es &#231;a me pla&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous connu votre mari ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! J'ai &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e par ma s&#339;ur. C'est quelqu'un que ma s&#339;ur connaissait. Il est des Comores aussi, alors il est venu &#224; la maison, ma s&#339;ur m'a pr&#233;sent&#233;e et c'est parti par l&#224;. Il est gardien d'immeuble. Ma s&#339;ur a fait beaucoup de choses pour moi. Nous on a fait simple parce que on n'a pas fait le grand mariage encore, on a fait simple, l'imam tout &#231;a, c'est tout en petit&#8230; en famille, familial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles habitudes culturelles conservez-vous ? Les transmettez-vous &#224; vos enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'&#233;coute la musique de chez moi, la cuisine de chez moi, je crois que j'ai tout conserv&#233;, c'est notre coutume. Il faut qu'ils sachent. Je parle souvent ma langue [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Shokomor.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] &#224; mes enfants, ils apprennent, &#231;a leur pla&#238;t, &#231;a leur fait une deuxi&#232;me langue, parlent le fran&#231;ais, l'anglais qu'ils apprennent &#224; l'&#233;cole, l'espagnol. &#199;a leur fait une langue de plus. Il n'y a pas de probl&#232;me oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos enfants connaissent-ils les Comores ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je les emm&#232;ne. Pas en m&#234;me temps, parce que c'est cher. Ils s'adaptent, &#231;a ne les d&#233;rangent pas, ils savent que c'est leurs coutumes&#8230; ils ne se plaint pas. &#199;a leur pla&#238;t, ils mangent les repas de chez nous. Ici ils ne mangent pas souvent parce qu'il y a les p&#226;tes au milieu, il y a les frites au milieu mais l&#224;-bas c'est typiquement&#8230; il n'y a pas de probl&#232;me, ils mangent&#8230; c'est bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos enfants penseraient-ils s'installer l&#224;-bas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, non ! Non. Je sais pas, ils ne me l'ont jamais dit &#231;a, j'ai jamais&#8230; Pour l'instant il y a les &#233;tudes d'abord, oui. Maintenant si leurs &#233;tudes d&#233;bouchent sur quelque chose l&#224;-bas, ils y vont, &#231;a c'est s&#251;r. Ils y pensent. Mon fils lui y me dit : &quot;&lt;i&gt;Si il y a rien, si je fais mes &#233;tudes que je trouve pas ce que je veux faire ici, je vois&#8230; si je trouve chez nous je reste. Ou si je trouve ailleurs&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Lui, il ne compte pas rester, s'installer en France non plus si y a rien, il va voir ailleurs. Il change, tout le temps y change, il n'a pas le m&#233;tier qu'il sait. Il est jeune encore, il a quinze ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel bilan faites-vous depuis votre d&#233;part ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dois vivre la vie que j'ai. Je regrette pas mon d&#233;part. Non. J'&#233;tais heureuse avec ma famille, mes amis ; on s'entendait tous bien ; je vivais ma jeunesse comme tous les enfants, je crois. C'est &#224; partir de quinze, seize ans qu'on voit que j'ai une vie difficile. Pour &#231;a, quand ma s&#339;ur, m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Viens avec moi ici&lt;/i&gt;&quot;, je n'ai pas h&#233;sit&#233;, je suis venue. Seulement j'ai la nostalgie de mes parents. Mais le d&#233;part, je regrette pas parce que je suis mari&#233;e, j'ai des enfants, donc il n'y a pas de regrets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#231;a se passe pour les sorties quand on est une jeune fille, aux Comores ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chez moi, &#231;a ne marchait pas. Pas de sortie de jeunes filles, tout &#231;a. Sortir, &lt;span class='spip_document_3382 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH171/4-3b_-_comores_article-49f2d.jpg' width='250' height='171' alt=&quot;&quot; style='height:171px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;aller danser le soir, non, non. Il y a de quoi s'amuser, il y a des soir&#233;es, mais &#231;a c'est pas des jeunes de quinze ans qui vont. Maintenant peut-&#234;tre, parce que&#8230; La mani&#232;re que j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e moi c'est pas la m&#234;me qu'on &#233;l&#232;ve nos enfants maintenant l&#224;-bas ; ici ou l&#224;-bas c'est pareil. Non, il n'y avait pas de probl&#232;me, on &#233;coutait nos parents, les parents disaient : &quot;&lt;i&gt;Vous ne sortez pas&lt;/i&gt;&quot;, mais des fois quand il y avait des grands mariages, des grandes soir&#233;es en plein air, donc tout le monde allait voir. Y en a qui jouent au basket, les gar&#231;ons jouent au foot. Alors &#231;a, c'&#233;tait libre, il n'y avait pas de probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous un jour retourner aux Comores ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un jour&#8230; &#224; la retraite on le passera l&#224;-bas parce que l&#224;, je suis pour mes enfants qui fassent leurs &#233;tudes, que chacun&#8230; si chacun a sa situation, je partirais vivre chez moi&#8230; je ne veux pas dire je vais partir d&#233;finitif, non, mais je ferais des&#8230; je ferais des voyages, j'habiterais l&#224;-bas six mois, revenir, rester un peu six mois avec mes enfants&#8230; Je leur rendrais visite, de temps en temps viens les voir mais&#8230; l&#224; pour l'instant, non. Mais je ne vais pas m'installer d&#233;finitivement l&#224;-bas, ni m'installer d&#233;finitivement ici. Je ferais le choix d'aller et retour si Dieu veut, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Propos recueillis par Mireille Perez le 11/09/06 ; r&#233;daction Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] 02/12/74 : r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance avec 95% de oui ; 06/07/75 : ind&#233;pendance des Comores.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Le Shokomor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour Candice</title>
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		<dc:creator>Mireille Perez</dc:creator>


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		<description>&#171; &#192; la naissance de ma fille, quand j'ai eu Candice et des responsabilit&#233;s et un enfant &#224; charge, je me suis sentie heu&#8230; oui : femme. Et le fait de rester au foyer m'a donn&#233; la possibilit&#233; de faire quelque chose pour moi. Donc l&#224;, dans deux ans, j'ai le m&#233;tier que je veux, je vais travailler avec des enfants et je serai, on va dire &quot;&#233;panouie&quot; au point de vue professionnel parce que c'est vrai, j'ai jamais fait ce que je voulais vraiment. Je m'appelle Christelle et j'ai trente-six ans. &#187; Koinai : Quel a (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/conjugalite" rel="tag"&gt;Conjugalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/independance" rel="tag"&gt;ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#192; la naissance de ma fille, quand j'ai eu Candice et des responsabilit&#233;s et un enfant &#224; charge, je me suis sentie heu&#8230; oui : femme. Et le fait de rester au foyer m'a donn&#233; la possibilit&#233; de faire quelque chose pour moi. Donc l&#224;, dans deux ans, j'ai le m&#233;tier que je veux, je vais travailler avec des enfants et je serai, on va dire &quot;&#233;panouie&quot; au point de vue professionnel parce que c'est vrai, j'ai jamais fait ce que je voulais vraiment. Je m'appelle Christelle et j'ai trente-six ans. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quel a &#233;t&#233; votre parcours au niveau de vos &#233;tudes, et professionnel ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai un Bac A2, c'est Lettres et Langues. Apr&#232;s j'ai fait des &#233;tudes de lettres modernes, j'ai une ma&#238;trise de lettres modernes et apr&#232;s mes &#233;tudes j'ai travaill&#233;. En fait j'ai pass&#233; des concours qui n'ont pas abouti, je voulais &#234;tre institutrice. Apr&#232;s j'ai eu Candice alors j'ai travaill&#233; dans le commerce et j'ai fait vendeuse de v&#234;tements, d'appareils photos, tout ce qui me d&#233;plaisait pas trop et apr&#232;s donc je me suis arr&#234;t&#233;e et l&#224;, je reprends mes &#233;tudes en septembre. J'ai r&#233;ussi un concours d'auxiliaire de pu&#233;riculture, donc je vais faire dix mois de formation. J'ai toujours voulu travailler avec des enfants et l&#224; je vais pouvoir le faire enfin, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous choisi ensemble le moment pour avoir un enfant ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui et non. Moi je le voulais depuis plus longtemps que mon mari, mais lui attendait d'avoir une situation fixe pour mettre un enfant en route. Quand il a eu sa situation, apr&#232;s on a fait un choix commun d'avoir notre fille &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous v&#233;cu votre grossesse ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oh ! Tr&#232;s bien, &#231;a a &#233;t&#233; un des meilleurs moments de ma vie, j'ai ador&#233; &#231;a : j'ai &#233;t&#233; chouchout&#233;e, j'&#233;tais bien dans ma peau, j'&#233;tais belle, tout allait bien. C'est un moment o&#249; il n'y avait rien qui n'allait pas. Tout &#233;tait g&#233;nial, tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-on travailler et &#234;tre maman ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui. Candice est n&#233;e en mai et j'ai repris le travail de suite en septembre. En fait, c'est juste une question d'organisation : il faut penser &#224; la garde, il faut penser &#224; plein de choses et apr&#232;s c'est bien. En fait au d&#233;but j'&#233;tais &#224; plein-temps, donc j'ai chang&#233; par rapport aux horaires de la cr&#232;che et par rapport au fait que je n'avais pas assez de temps avec ma fille. Donc apr&#232;s je suis pass&#233;e &#224; mi-temps et c'est vrai que si vous avez la possibilit&#233; de jongler avec vos horaires &#231;a passe mieux. Sinon c'est vrai que les enfants font de longues journ&#233;es. Donc moi j'essayais d'aller la chercher maximum &#224; quatre heures et de la d&#233;poser &#224; huit heures trente, donc je n'avais pas de cas de conscience, &#231;a faisait des journ&#233;es pas trop longues&#8230; Voil&#224;, c'est toujours pareil, il faut jongler, mais &#231;a fonctionne. On en a besoin, de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faire garder votre enfant a-t-il pos&#233; probl&#232;me ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors moi j'ai choisi - et c'&#233;tait volontaire - j'ai choisi la cr&#232;che et j'en &#233;tais tr&#232;s contente. Je ne voulais pas en fait une nounou parce que je n'aimais pas le fait que Candice soit avec une seule personne et vice versa. Je voulais que Candice soit avec d'autres enfants et avec d'autres tatas pour devenir plus sociable et voir ce que c'&#233;tait, la vie en soci&#233;t&#233;. Donc ce mode de garde m'a convenu, et les horaires. En fait, je suis bien arriv&#233;e &#224; coller &#224; la cr&#232;che, &#231;a c'est fait simplement et Candice a adh&#233;r&#233;, donc elle, elle n'a pas pleur&#233;. &#199;a a &#233;t&#233; tr&#232;s simple des deux c&#244;t&#233;s. Oui, oui moi je suis tr&#232;s cr&#232;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous concili&#233; reprise des &#233;tudes et r&#244;le de maman ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je pensais que se serait plus difficile, mais Candice va &#224; l'&#233;cole donc en fait, elle me laisse des plages horaires larges, en plus la majorit&#233; du temps elle veut manger &#224; la cantine pour &#234;tre avec ses copines, donc &#224; partir de neuf heures jusqu'&#224; quatre heures j'&#233;tais libre. Travailler deux heures par jour ce n'est pas le bout du monde&#8230; Bon, c'est vrai qu'il faut se faire violence, travailler toute seule ce n'est pas &#233;vident, mais moi &#231;a a fonctionn&#233;. Mais bon, je sais travailler aussi, je suis all&#233;e &#224; la Fac donc&#8230; &#224; la Fac on est plus ind&#233;pendante quand on fait des &#233;tudes donc, &#231;a m'a servi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;lever son enfant, pour vous c'est un m&#233;tier, un loisir, un emploi ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Depuis deux ans, je suis m&#232;re au foyer et je m'occupe de ma fille, entre autre. C'est pas un m&#233;tier et pas un emploi parce que, je veux dire, on n'est pas oblig&#233;, on l'a voulu. Mais c'est un travail &#224; plein temps, c'est du boulot, quoi : vous n'avez pas une minute &#224; vous, c'est prenant. Mais c'est un loisir parce que vous avez des moments g&#233;niaux que je ne regrette absolument pas et que je regretterai jamais. Je me dis &quot;c'est toujours &#231;a de pris&quot; et j'ai v&#233;cu de super moments avec ma fille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une r&#233;tribution pour cela ? Avez-vous eu des aides ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, non, non je n'ai rien eu non, non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien d'heures par jour consacrez-vous &#224; votre enfant, &#224; l'entretien du m&#233;nage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Vous parlez en jours ? Je dois passer&#8230; Je ne sais m&#234;me pas en fait&#8230; Candice me prend beaucoup de temps. L&#224; maintenant elle va &#224; l'&#233;cole donc je suis libre la journ&#233;e. Comme j'ai du temps quand elle n'est pas l&#224; je m'occupe de toutes les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, la maison, le repas et je me prends pour moi, une ou deux apr&#232;s-midi pour aller voir mes copines&#8230; Mais la journ&#233;e : le matin c'est les courses, &#224; midi ou &#224; onze heures je vais la chercher, et je retourne la chercher &#224; quatre heures. Quand elle est l&#224;, c'est elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel budget consacrez-vous &#224; vos loisirs et &#224; vos soins ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pas beaucoup, je m'octroie pas grand chose pour moi, un peu plus maintenant mais je passais en fait en troisi&#232;me position, souvent. Le budget c'est le manger, ma fille et pour moi non, c'est accessoire ; c'est vraiment quand j'ai un grand, grand besoin, une grande envie. Ce n'est pas souvent. Quand j'ai envie de quelque chose je me l'ach&#232;te, mais c'est vrai que je ne flambe pas, je veux dire je n'ai pas beaucoup d'envies parce que je ne fais pas beaucoup les magasins et que voil&#224;, quoi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Femme au foyer et coquette, est-ce possible ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, ah oui ! Ah oui, c'est obligatoire. Moi je sais que je fais de la gym pour moi et aussi pour mon corps donc, pour plaire &#224; mon homme&#8230; Je veux dire il n'y a pas longtemps je me suis pris une nutritionniste parce que je veux &#234;tre toujours bien, pour mon image personnelle, mais aussi pour mon mari. Je suis super contente quand il me dit que je suis jolie, quoi&#8230; Je m'habille tous les jours m&#234;me si je ne sors pas ; je ne me maquille pas parce que c'est moi mais je me mets de la cr&#232;me voil&#224;&#8230; Non, non, je prends soin de moi autant que si j'allais travailler, je ne fais pas plus, ni moins. Je ne suis pas coquette, je ne suis pas femme&#8230; mais je prends soin de mon corps, mais c'est vrai d'apparence je suis plut&#244;t sport, je ne suis pas&#8230; Voil&#224;, je n'ai pas des minis-jupes mais je prends soin de mon corps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'ind&#233;pendance financi&#232;re est-elle importante ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Primordiale, primordiale : il ne faut jamais, jamais, jamais d&#233;pendre d'un homme. Jamais. Ne serait-ce que parce que dans un couple on n'a pas sign&#233; pour la vie, donc le jour o&#249; le mari s'en va, il faut pouvoir garder ses enfants et avoir un toit sur sa t&#234;te ; ne serait-ce que pour&#8230; je ne sais pas&#8230; : vous avez envie de vous acheter un truc. Je ne veux pas, moi, que &#231;a soit sur son relev&#233; de compte : &quot;&lt;i&gt;Ah oui ! Tu es all&#233;e dans tel magasin et tu t'es achet&#233; quoi ? Et tu ne me l'as pas dit&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Non, non, non et m&#234;me si j'ai envie de lui faire un cadeau&#8230; Non, non, moi &#231;a c'est un truc que je ne peux pas. Moi il faut que j'aie mon argent, si j'ai le sien, demander ou bien avoir, comme certaines, le billet de dix euros sur la table avant de partir le matin, moi &#231;a me fait l'effet d'&#234;tre une esclave ou&#8230; Non, non, impossible, impossible pour moi. J'ai quelques sous, mais mon mari en a plus donc c'est lui qui prend en charge plus de choses &#224; la maison, donc si j'&#233;tais seule je serais dans la panade, je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui d&#233;cide des grosses d&#233;penses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; deux, on d&#233;cide &#224; deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Gardez-vous pour mod&#232;le l'&#233;ducation que votre m&#232;re vous a donn&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire, j'&#233;duque s&#251;rement pas ma fille comme ma m&#232;re nous a &#233;duqu&#233;es nous, mais je n'ai rien &#224; redire sur ce qu'elle m'a donn&#233;. Je m'entends tr&#232;s bien avec mon p&#232;re et ma m&#232;re, j'ai de tr&#232;s bonnes relations avec tous les deux. Je ne regrette pas et l'&#233;ducation de mes parents me convient, je veux dire : j'estime que l'on est bien &#233;duqu&#233;es - j'ai une s&#339;ur, c'est pour &#231;a que je dis &quot;on&quot;- mais il y a s&#251;rement des choses - pas qui m'ont pas plu&#8230;- qui me plaisent un peu moins, qui ne me conviennent pas, c'est pas mon caract&#232;re, donc je change les choses&#8230; Aussi parce que mon mari intervient dans l'&#233;ducation de mon enfant, je ne suis pas seule &#224; prendre la d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelles sont vos relations avec votre fille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je suis une maman a priori un peu s&#233;v&#232;re parce que je veux qu'elle soit bien &#233;duqu&#233;e donc en fait je&#8230; voil&#224; je m'y att&#232;le. Mais c'est aussi parce que je suis &#224; la maison constamment et c'est moi qui suis l&#224; d&#232;s qu'elle a envie de quelque chose. Le papa, c'est vrai il est moins pr&#233;sent parce qu'il travaille beaucoup. En fait mon mari est plus l&#224; pour les bons moments du week-end. D&#233;j&#224; il ne crie jamais, ne la gronde jamais, donc moi je fais un peu tout : je suis celle qui gronde, qui cajole, le r&#244;le de la maman, oui&#8230; Je pars du principe que quand elle fait quelque chose qui ne me pla&#238;t pas il faut que je lui dise, donc effectivement je crie beaucoup plus. C'est vrai que je r&#233;p&#232;te souvent les m&#234;mes choses, mais on s'entend tr&#232;s bien ; elle est tr&#232;s &quot;maman&quot;. Donc pour le moment on est tr&#232;s fusionnelles. Le jour o&#249; je vais reprendre le travail on verra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous lui transmettre vos valeurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, oui, oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le contact avec l'ext&#233;rieur vous manque-t-il ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, non non, ma vie maintenant me convient. J'ai une vie sociale. Quand je vois d'autres personnes, je n'ai pas l'impression d'&#234;tre une solitaire ou d'&#234;tre une fille qui en demande, je pense que j'ai tout ce qu'il faut, en fait. C'est &#224; dire je vois du monde, je fais de la gymnastique, j'ai des amies, j'ai la famille, &#231;a me convient. J'ai mon petit noyau, mon mari et ma fille&#8230; Non, non. Je vois mes copines r&#233;guli&#232;rement &#224; la maison, ou je sors. Mon mari dit que je suis toujours dehors, d'ailleurs ! Bon c'est s&#251;r, je ne fais pas tout ce que je veux&#8230; mais pour le moment c'est l'id&#233;al parce que je choisis de sortir quand j'en ai envie et quand j'en ai marre et que je veux rester tranquille avec ma fille, je reste avec ma fille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que vous apportent vos amies ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Le fait d'&#233;changer. Parce que dans la vie de couple, on ne voit pas les choses de la m&#234;me mani&#232;re je veux dire&#8230; quand vous allez discuter avec un homme, il ne pense pas comme nous-m&#234;mes. Si, l'id&#233;e est peut-&#234;tre la m&#234;me, mais c'est bizarre, on ne doit pas avoir les m&#234;mes&#8230; le m&#234;me cerveau. On n'est pas fait pareil, on n'a pas la m&#234;me fa&#231;on de voir l'&#233;ducation des enfants ; &#231;a se joint, mais bon, on n'est pas exactement pareil. J'aime bien parler, donc quand on se voit, on parle beaucoup de nos enfants, de leurs &#233;ducations, du r&#244;le de la femme, de nos maris ; quand &#231;a ne va pas dans nos couples, que l'on s'est disput&#233;, ben on parle de trucs de femmes, quoi&#8230; On se dit : &quot;&lt;i&gt;Est-ce qu'on pourrait vivre sans nos hommes ? Est-ce qu'on est bien dans notre foyer ? Est-ce qu'on est &#233;panouies ?&lt;/i&gt;&quot; Et des moments o&#249; il y en a une qui ne va pas bien, l'autre fait le pendant et voil&#224;, c'est la tournante, quoi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme est-elle l'&#233;gale de l'homme ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Heu ! Mon dieu que c'est vaste comme question&#8230; Je pense, enfin j'aimerais penser qu'on est &#233;gaux, ne serait-ce que pour la maison, c'est &#224; dire faire les t&#226;ches indiff&#233;remment : toi, moi&#8230; Mais c'est vrai que &#231;a c'est de l'utopie. Dans la vraie vie, une femme est quand m&#234;me cantonn&#233;e &#224; certaines t&#226;ches. M&#234;me &lt;span class='spip_document_3472 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:199px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L199xH250/equality_home-755ae.jpg' width='199' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:199px;' /&gt;&lt;/span&gt;si l'homme aide, il y a des trucs qui reviennent tout le temps. Un homme passera moins la pi&#232;ce &#224; frotter qu'une femme, quoi&#8230; Peut-&#234;tre au d&#233;but de la relation, tout jeune, quand vous avez l'appartement. Mais chassez le naturel, il revient au galop&#8230; Au bout d'un moment, c'est vrai qu'&#224; travail &#233;gal, je suis s&#251;re qu'un mec et qu'une nana qui travaillent autant, une femme va arriver &#224; la maison, elle va continuer &#224; travailler. Un homme, de lui m&#234;me, va se mettre &#224; l'ordinateur. Si sa femme n'est pas l&#224;, il va se sentir oblig&#233; de faire le repas, mais &#224; un moment donn&#233; il va vous dire &quot;&lt;i&gt;J'en ai marre !&lt;/i&gt;&quot; &#199;a a &#233;t&#233; toujours rigolo : un homme fait quand il a envie&#8230; Il le fait bien, mais quand il a envie. Une femme ne se pose pas la question, elle doit le faire et elle le fait : il faut manger le soir, donc c'est &#231;a ou&#8230; Voil&#224;, quoi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une femme pourrait-elle devenir pr&#233;sidente de la R&#233;publique ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, oui, oui pourquoi pas, elle n'est pas moins et pas plus : il y a des gens b&#234;tes de partout, que ce soit une femme ou un homme et r&#233;ciproquement, quoi&#8230; Je ne vois pas pourquoi un homme ? Je veux dire une femme, justement, elle a d'autres sensibilit&#233;s. Elle gouvernera d'une mani&#232;re diff&#233;rente, peut &#234;tre que &#231;a nous conviendra plus. Moi, je ne me sens pas du tout inf&#233;rieure &#224; un homme, c'est vraiment&#8230; Je peux &#234;tre l'&#233;gale d'un homme qui voil&#224;&#8230; Non, non, au contraire, au contraire je suis s&#251;re qu'elle nous apporterait autre chose. La femme est plus sensible et plus fine, mais par contre, on le voit dans les couples, les hommes vont toujours trouver &#224; redire, je veux dire&#8230; si une femme est au pouvoir, elle va avoir un noyau de femmes qui est &#224; fond et vous aurez toujours des hommes qui diront : &quot;&lt;i&gt;Mais non, mais c'est une femme, elle ne peut pas, elle ne comprend pas, elle ne sait pas se battre et c&#230;tera.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Mireille Perez&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Portrait de quatre femmes </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sohad Tari</dc:creator>


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		<description>Comment, de nos jours, les femmes arrivent-elles &#224; assumer ces diff&#233;rentes dimensions (personnelle, familiale, sociale, professionnelle...) qui les concernent ? Pour le savoir, nous avons pos&#233; la question &#224; quatre d'entre elles, qui n'h&#233;sitent pas &#224; nous livrer plus qu'un message, un souhait unique, celui de la destin&#233;e de la femme, celui de devenir m&#232;re...Nous avons demand&#233; &#224; Sonia 23 ans, Moufida 31 ans, Nahalee 28 ans et Sohad 40 ans, ce que signifie &#234;tre une femme aujourd'hui. Extraits choisis. (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment, de nos jours, les femmes arrivent-elles &#224; assumer ces diff&#233;rentes dimensions (personnelle, familiale, sociale, professionnelle...) qui les concernent ? Pour le savoir, nous avons pos&#233; la question &#224; quatre d'entre elles, qui n'h&#233;sitent pas &#224; nous livrer plus qu'un message, un souhait unique, celui de la destin&#233;e de la femme, celui de devenir m&#232;re...Nous avons demand&#233; &#224; Sonia 23 ans, Moufida 31 ans, Nahalee 28 ans et Sohad 40 ans, ce que signifie &#234;tre une femme aujourd'hui. Extraits choisis.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Qu'est-ce qu'une femme, pour toi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sonia : Une femme, pour moi, je vais dire... c'est comme un processus, l'aboutissement, c'est les enfants...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc tu n'es pas vraiment une femme, mais une femme qui va le devenir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu n'as pas d'enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as fait le projet d'en avoir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, non... Je ne me vois pas en ce moment faire des enfants...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu arrives &#224; t'imaginer comme femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je ne me sens pas femme, alors devenir m&#232;re, pas encore. Je n'arrive pas &#224; me projeter, je ne me suis jamais pos&#233; la question. Je ne me vois pas faire des enfants maintenant. Je suis encore dans mes id&#233;es pr&#233;con&#231;ues. Dans cinq ans, j'ai du mal alors, me voir avec des enfants, je ne sais pas... On ne se sent pas femme comme &#231;a. Le fait d'&#234;tre avec quelqu'un, on se sent plus femme, peut-&#234;tre. La maturit&#233;, les responsabilit&#233;s, c'est pas encore &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le regard des autres, le regard des hommes, cela fait quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Cela flatte, quand un homme nous regarde, je l'ai vu quand je me prom&#232;ne dans la rue. Il faut un respect entre l'homme et la femme. Un homme, il faut qu'il sache faire des choix, c'est ce que je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu discutes avec tes amis ou ta famille ou ta m&#232;re de la f&#233;minit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non je n'en discute pas. Je n'ai pas l'habitude de parler tout court. C'est propre &#224; chacun, non, je n'en parle pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si tu devais te d&#233;finir, tu te sens femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On n'est pas femme comme &#231;a, il y a des femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour les hommes c'est pareil ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non ce n'est pas pareil, je suis dans mes id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, je n'arrive pas &#224; me projeter pour l'instant...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3499 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH223/femme_fleur-af26d.jpg' width='250' height='223' alt=&quot;&quot; style='height:223px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qu'une femme pour toi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moufida : Une femme, c'est comme une fleur, &#224; l'&#226;ge de la petite enfance, c'est comme une fleur, puis elle grandit et elle s'ouvre... apr&#232;s elle va s&#233;cher et tomber, c'est &#231;a la femme.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quelle &#233;tape es-tu aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On dit que trente et un ans est le meilleur &#226;ge pour une femme. C'est la plus belle ann&#233;e de sa vie, et moi je suis femme &#224; trente et un ans comme je l'ai entendu. Ce qu'on dit est vrai, je l'ai senti, avant, je ne me sentais pas femme femme... Ah oui, c'est maintenant que je suis une femme, depuis l'&#226;ge de trente, trente et un ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a eu un &#233;v&#233;nement d&#233;clencheur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait long pour comprendre, et pas en un jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu crois qu'il y a eu quelque chose d'important qui a provoqu&#233; &#231;a, en dehors de l'&#226;ge ? C'&#233;tait peut-&#234;tre le travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En dehors du travail, avant, je sentais que je ne faisais rien, mais maintenant j'ai quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, mais maintenant, si tu n'avais plus de travail, tu continuerais &#224; &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il y a eu d'autres &#233;v&#233;nements...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand tu as eu ton enfant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me suis sentie une m&#232;re, pas une femme. C'est maintenant que je suis une femme, je ne me suis pas rendue compte tout de suite, la femme peut &#234;tre m&#232;re m&#234;me &#224; quatorze ans sans pour autant &#234;tre une femme. Elle pense comme une adolescente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, les &#233;tapes ? Le fait d'&#234;tre m&#232;re quand tu as eu ton enfant t'as donn&#233; l'impression d'&#234;tre femme ? C'est d'avoir de nouvelles responsabilit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Voil&#224;... m&#234;me pour les habits, on me disait : &quot;&lt;i&gt;Il faut pas t'habiller comme &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, car je ne fais pas mon &#226;ge, je fais toujours plus...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais &#231;a, c'est particuli&#232;rement dans ta famille, ou tu penses que c'est culturel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est ma famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu penses ne pas avoir &#233;t&#233; enfant ? Tu as &#233;t&#233; m&#232;re t&#244;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#224; vingt-trois ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a eu d'autres &#233;tapes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est comme un espace vide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas, parce que j'&#233;tais chez moi &#224; la maison, je ne faisais rien...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu n'as pas v&#233;cu de dix-sept ans jusqu'&#224; vingt ans ? Que s'est-il pass&#233; &#224; dix-sept ans de particulier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avant, j'&#233;tais &#224; l'&#233;cole et apr&#232;s, j'ai arr&#234;t&#233;, et tout ce temps l&#224;, il ne se passait rien la journ&#233;e, c'&#233;tait le m&#234;me rythme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand tu as eu ton premier enfant tu t'es sentie &#234;tre m&#232;re ? C'est quoi &#234;tre m&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand j'&#233;tais enceinte de mon fils, c'est quelque chose de bien. C'est &#224; partir de l&#224; que j'ai senti que j'&#233;tais une m&#232;re, je me demandais comme serait mon fils ou si ce serait une fille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu parles de la grossesse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Quand j'ai accouch&#233; de mon fils, j'ai eu des probl&#232;mes mais j'ai eu confiance en moi-m&#234;me et j'ai grandi avec mon fils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des m&#232;res qui disent que leur enfant, c'est le premier amour de leur vie, qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je crois que mon fils, pour moi, c'est tout : un fr&#232;re, une s&#339;ur, une m&#232;re, un p&#232;re...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as un ami en ce moment, tu connais ses parents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui et non...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que les relations avec la famille de ton premier mari se passaient bien ? Comment on peut s'entendre avec la m&#232;re de son mari ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'&#233;tais bien avec elle et elle &#233;tait bien avec moi. On ne parlait pas beaucoup, et surtout, on ne se connaissait pas beaucoup....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : C'est quoi, pour toi, &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nahelee : Chez nous (en Inde), on dit qu'on est femme quand on est indispos&#233;e, quand les filles prennent des formes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et &#231;a suffit pour &#234;tre une femme ? A douze ans ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est ce qu'on dit, en gros, c'est les premi&#232;res r&#232;gles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est li&#233; &#224; la maternit&#233;. Tu dis &quot;chez nous on dit &#231;a&quot;, tu es d'accord ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je dis qu'&#224; douze ans, on est gamine et &#224; la prochaine &#233;tape, on est une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu te sens femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben oui, depuis la naissance de ma fille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis que tu es une m&#232;re ou c'est une co&#239;ncidence ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#202;tre m&#232;re, c'est &#234;tre une femme, c'est li&#233;, &#231;a fait partie de la femme, c'est la m&#234;me chose. Pour moi en tout cas, c'est quand elle a des sentiments et plus de responsabilit&#233;s qu'elle devient femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Par exemple, si tu rencontrais un homme maintenant, tu n'aurais pas les m&#234;mes sentiments ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a serait tr&#232;s diff&#233;rent, on n'a pas les m&#234;mes sentiments, ce ne serait pas la m&#234;me chose avant et apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qu'il y a de plus, d'apr&#232;s toi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a un enfant au milieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Etre m&#232;re, pour toi, c'est le plus important ? Plus que la vie de couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le fait d'&#233;duquer ta fille tient quelle place dans le couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;S'il y a un enfant, &#231;a fait partie de l'&#233;quilibre. En tout cas le couple, &#231;a vient en second...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi pour toi la relation avec l'enfant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Cette relation n'a pas de fin, contrairement &#224; la relation avec un homme, et on est m&#232;re qu'une fois, m&#234;me si on a plusieurs enfants. Pour les papas, ils n'ont pas les m&#234;mes sentiments, ils ne pensent pas comme nous. Ce n'est pas eux qui le portent. Je ne sais pas comment ils r&#233;agissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as eu le m&#234;me bonheur que Moufida ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un moment fort !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, ce bonheur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le bonheur de prendre des formes, de le sentir bouger, de le mettre au monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as insist&#233; beaucoup sur le fait que c'est dur, qu'on prend des responsabilit&#233;s, tu peux m'expliquer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui bien s&#251;r... c'est-&#224;-dire qu'on est &#224; deux et puis &#224; trois, &#231;a demande une organisation et un budget financier. La femme, chez nous, sait g&#233;rer un foyer. C'est tout &#231;a, le fait de devenir une femme et une &#233;pouse, tu vois ce que je veux dire ?! Il y a trois &#233;tapes importantes chez la femme, c'est li&#233; : &#224; douze ans (les formes, les r&#232;gles), apr&#232;s, &#234;tre &#233;pouse et &#234;tre m&#232;re et puis voil&#224;, apr&#232;s, c'est tout, apr&#232;s c'est fini, si ! Apr&#232;s, &#234;tre grand-m&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et si tu n'avais pas pu avoir d'enfants, comment tu l'aurais v&#233;cu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je l'aurais v&#233;cu mal, mais pourquoi ce ne serait pas un accomplissement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais parce que tu as &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e comme &#231;a. C'est dans la culture, ce qui m'intrigue dans tes r&#233;ponses... Tu parles de l'&#226;ge de douze ans, et en dehors du fait que les gens con&#231;oivent que vous devenez une femme, toi, comment l'as tu v&#233;cu ce passage-l&#224;, c'est un blanc chez les gar&#231;ons, il n'y a pas cette transformation...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais c'est l&#224; justement qu'on se rend compte qu'on est fille, en fait, on devient comme maman, on se sent plus proche de sa m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a plus d'intimit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, on lui donne des petits conseils, bien s&#251;r, on ne voit pas &#231;a avec un p&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'accord, je ne dis pas le contraire, et dans la vie de couple, &#231;a a chang&#233; quelque chose ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est le regard des autres, &#231;a change, ce n'est plus une femme, c'est une m&#232;re, mais dans le couple &#231;a change, &#231;a change, je ne dirais pas d'avantage, mais &#231;a change ... C'est dur, &#231;a d&#233;pend des personnes, j'ai vu quand je regardais internet, les hommes n'acceptent ... n'arrivent pas &#224; g&#233;rer apr&#232;s la naissance, ils disent que la femme est beaucoup trop occup&#233;e avec son enfant et se sentent un peu exclus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Apr&#232;s la naissance, les femmes sont tr&#232;s centr&#233;es sur le nouveau n&#233;, c'est comme &#231;a, pour toi ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Mais le couple ne se comprend pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des solutions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il faut dialoguer, se donner du temps et communiquer. Chez nous, la femme doit tout arranger, c'est le r&#244;le de la femme, elle raisonne son mari. L'homme, c'est la grosse t&#234;te et la femme doit raisonner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'apr&#232;s toi, les femmes sont-elles jalouses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est un temp&#233;rament typiquement f&#233;minin ou masculin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais (rire) chez nous, la femme c'est la stabilit&#233;, elle s'occupe du foyer, elle s'organise dans la s&#233;duction... C'est pareil, chez nous, la femme doit toujours &#234;tre &#233;l&#233;gante. On dit que les mamans sont toujours en pyjama et les hommes ne sont pas contents. C'est s&#251;r que l'&#233;l&#233;gance, c'est un truc de la femme pour faire en sorte que l'homme soit fid&#232;le, sinon il va voir ailleurs, c'est &#224; la femme de g&#233;rer...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l'homme il fait quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comment &#231;a ?! Il am&#232;ne les sous (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Par rapport aux enfants, c'est quoi, son r&#244;le ? C'est un peu de l'&#233;ducation, c'est quoi l'&#233;ducation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;ducation, pour moi &#231;a fait partie (rire) de l'&#233;cole, de la politesse, le respect...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tout &#231;a, c'est sp&#233;cifiquement de l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, les responsabilit&#233;s, l'ordre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En m&#234;me temps, tu dis que la femme fait tout ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui g&#232;re l'autorit&#233; si la femme n'est pas d'accord ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Il faut qu'ils discutent. Quand je dis l'autorit&#233;, &#231;a ne veut pas dire que c'est lui qui commande, c'est repr&#233;sentatif, en fait...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : C'est quoi, pour toi, la femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sohad : C'est une femme qui s'occupe d'elle, qui met des talons, des mini-jupes, qui a des grands cheveux, des beaux ongles et un sourire continuel (rire) ! Non, la femme, pour moi, on s'en rend compte apr&#232;s la pubert&#233;, une femme, c'est un grand F, c'est beaucoup !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Celle que tu d&#233;finis, c'est un peu un r&#234;ve, une image, &#231;a t'arrive parfois de rencontrer une telle femme ? Une femme en g&#233;n&#233;ral, comment est-elle ? Quel est son caract&#232;re ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Elle est douce, agr&#233;able, elle a beaucoup de charme, pour moi, c'est &#231;a la femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Elle peut &#234;tre petite ! C'est charismatique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui bien s&#251;r, mais quand m&#234;me une belle prestance...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'aspect maternel ou l'aspect domestique sont sp&#233;cifiquement f&#233;minins ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;span class='spip_document_3500 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:159px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L159xH250/femme-enceinte-db54a.jpg' width='159' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:159px;' /&gt;&lt;/span&gt;Figurez-vous que j'avais oubli&#233; l'aspect, justement (rires) ! Bien s&#251;r, materner, c'est tr&#232;s beau, c'est le r&#234;ve de toutes les femmes... Moi, si jamais &#231;a devait m'arriver d'avoir un enfant, je ne con&#231;ois pas d'enfant sans homme, donc si je rencontre un homme avec qui je peux faire un enfant, je serais la plus heureuse du monde. &#199;a, c'est certain... Excusez-moi, c'&#233;tait quoi la question ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une femme heureuse, c'est une femme qui a un enfant ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, pour moi c'est pas fondamental. On peut &#234;tre femme sans avoir d'enfant, c'est nous qui concevons l'enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans ce que tu expliques, il y a un c&#244;t&#233; magique, quelque chose qui se d&#233;gage, un c&#244;t&#233; mat&#233;riel, on va presque croire que tu penses &#224; des mod&#232;les de femmes...&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ouais, la femme fatale, je n'ai pas de nom en t&#234;te...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu penses &#224; des actrices ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Exactement... &#224; Sharon Stone ou Julia Roberts, enfin bref, ce sont des femmes avec un grand F, elles ont tout pour elles, enfin, pour moi, la femme, &#231;a veut dire qui a presque les hommes &#224; ses pieds !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu prends deux femmes oppos&#233;es, tu peux m'expliquer ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sharon Stone, je dirais plus qu'elle est fatale et Julia Roberts je pense &#224; la femme enfant, tr&#232;s &#233;motive, elle tombe amoureuse facilement, alors que la femme fatale sait plus ce qu'elle veut et elle est beaucoup plus &#233;quilibr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme a deux visages, une double personnalit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, certaines femmes ont deux personnalit&#233;s, comme tout individu je dirais, m&#234;me chez les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, chez les hommes, les deux personnalit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand je vois un homme, je le vois toujours avec un grand H... Un homme grand, costaud ou petit et ch&#233;tif presque fragile, c'est deux hommes compl&#232;tement diff&#233;rents...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Fondamentalement, tu crois que les rapports entre hommes et femmes tels que tu les d&#233;cris, une fois sorti de la magie, est-ce qu'on est encore femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je n'ai pas d'&#224; priori au niveau du couple, on est femme &#224; partir du moment o&#249; on l'est physiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans ton entourage, tu connais des gens qui arrivent &#224; vivre en couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans mon entourage, je connais des femmes seules avec leurs enfants, je connais une famille plus particuli&#232;rement depuis vingt ans qui ont eu cinq enfants, c'est un couple id&#233;al, ils se connaissent depuis leur adolescence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que te renvoient tes copines qui vivent seules, elles sont malheureuses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Elles se demandent si un jour elles vont revivre l'amour avec un grand A ou la passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu te sens femme depuis toujours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, que depuis quelque temps...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu veux dire que c'est r&#233;cent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu te sentais quoi, alors ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme un gar&#231;on manqu&#233;, j'&#233;tais un gar&#231;on manqu&#233;, je me sentais homme plus que femme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a eu un changement d&#233;terminant ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai eu des probl&#232;mes et &#224; partir de ce moment-l&#224;, j'ai ferm&#233; le livre de mon histoire, je me sens beaucoup mieux dans ma peau et dans ma peau de femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce n'est pas si facile d'&#234;tre femme, c'est tr&#232;s probl&#233;matique. Sonia, on voit qu'elle est au d&#233;but du chemin, Nahelee et Moufida, elles, sont femmes depuis qu'elle ont matern&#233;. Quelle est la difficult&#233; d'&#234;tre femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui &#231;a y est, la chanson de Michel Sardou, &#234;tre &quot;femmes dans les ann&#233;es 80&quot;, c'est vrai, ce qu'il dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient cette difficult&#233;, d'apr&#232;s toi ? Elle vient du fait d'&#234;tre femme ou de notre soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Dans notre soci&#233;t&#233;, on ne nous laisse pas le temps d'&#234;tre femme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour quelle raison ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour plusieurs raisons, d&#233;j&#224;, pas mal par rapport &#224; la culture, par rapport aux hommes, on dit que les hommes sont press&#233;s, c'est exact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'&#233;ducation... veux-tu dire que la soci&#233;t&#233; ne nous donne pas le temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La technologie va beaucoup trop vite, nous-m&#234;mes, en tant que femmes, vis-&#224;-vis des hommes, on nous laisse pas le choix et le temps d'&#234;tre femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On vous demande trop vite de ressembler &#224; certains mod&#232;les ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Tout &#224; fait, oui, &#231;a peut &#234;tre difficile, dans certains cas, oui, &#231;a peut &#234;tre difficile. &#199;a d&#233;pend des femmes, &#231;a se fait pas d'un coup de baguette magique, c'est &#233;vident que c'est &#224; nous de nous conna&#238;tre davantage et de nous laisser le temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, le mod&#232;le de femme justement qu'on essaye de vous imposer ? Qu'on vous demande trop vite d'assumer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vouloir un enfant trop vite, peut-&#234;tre aussi qu'il y a certaines femmes dans certaines cultures, comme la culture musulmane ou la culture indienne, &#224; qui on demande beaucoup plus. Avant, peut-&#234;tre moins maintenant, on demande beaucoup plus &#224; la femme de rester &#224; la maison et de ne pas s'occuper d'elle comme elle l'entend, comme elle le voudrait...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3501 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:189px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L189xH250/228-68527.jpg' width='189' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:189px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;K : Dans nos soci&#233;t&#233;s, la pression est exerc&#233;e sur quoi, d'apr&#232;s toi, chez la femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; ? Je comprends ce que vous vouliez dire, &#231;a vient pas dans ma t&#234;te... C'est l'&#233;galit&#233; de la femme par rapport &#224; l&#8216;homme. Le MLF n'aurait jamais d&#251; exister en ce sens que nous sommes tous des &#234;tres humains, la femme est toujours rabaiss&#233;e par rapport &#224; l'homme m&#234;me avec le MLF. Maintenant avec le MLF, &#231;a a beaucoup &#233;volu&#233;, mais pas encore assez, ne serait-ce qu'au niveau des salaires et par rapport au niveau de l'&#233;ducation des enfants, pour peu que les hommes s'en m&#234;lent aussi ! Personnellement, j'aimerais mieux que les papas s'en occupent plus, surtout pour les familles monoparentales, pour l'&#233;quilibre. L'&#233;ducation, &#231;a demande du temps, de la force et de l'intelligence, c'est primordial. L'&#233;ducation, c'est tr&#232;s important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On vous demande trop ? D'&#234;tre &#224; la fois femme fatale, m&#232;re, &#233;pouse et de rester &#224; la maison ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On nous demande trop, parce qu'une femme a beaucoup &#224; faire, concevoir les enfants, le foyer, le salaire qui ne convient pas... et on nous demande de porter des jupes ! On demande trop &#224; une femme et bien s&#251;r un homme, excusez-moi, lit son journal et met les pieds sous la table, &#231;a se fait encore, malheureusement et cette demande vient essentiellement des hommes. Les hommes doivent faire un effort, c'est la pression sociale dont on parlait tout &#224; l'heure...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une pression qui vient du regard des hommes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r, de l'homme politique, de l'homme au niveau du travail et de la sexualit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Derni&#232;re question, c'est facile, d'&#234;tre une femme aujourd'hui ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, c'est encore faisable. Heureusement, il y a cinquante ans, c'&#233;tait simple, &#224; la rigueur, il suffisait de se marier, d'avoir des enfants et de s'occuper de la maison mais maintenant... Ce serait bien, d'avoir une femme pr&#233;sidente, par exemple, il y a de l'espoir et beaucoup de choses &#224; faire, bien s&#251;r...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Samuel, d&#233;cembre 2004&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Port des sabots interdit</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'attitude vestimentaire propre &#224; l'&#233;cole. &#201;l&#233;mentaire !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; J'ai eu une ma&#238;trise de biochimie-biologie cellulaire. Puis j'ai pass&#233; le concours instit, et suite &#224; &#231;a, j'ai pass&#233; le concours interne Professeur des Ecoles. J'exerce depuis 1993 aupr&#232;s des enfants de six &#224; douze ans. J'aime me poster devant la porte d'entr&#233;e, le matin. On les voit tous arriver ; on a toute la mode qui d&#233;file &#224; l'&#233;cole. &#187;&lt;/strong&gt; Sandra Deb&#251;, 41 ans, directrice de l'&#233;cole primaire Fran&#231;ois Moisson &#224; Marseille depuis six ans. Chapeau pointu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Existe-t-il des codes vestimentaires propres &#224; la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne me suis jamais fait la remarque et je n'ai pas vraiment l'impression. On est douze, treize avec moi, puisque j'ai une demi d&#233;charge. Il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes dans ce m&#233;tier... On ne verra pas beaucoup d'enseignants en tailleur, que ce soit fille ou homme car, parmi les disciplines, il y a le sport ; c'est assez r&#233;gulier dans la semaine. Donc il faut des tenues ad&#233;quates avec ce qu'on va faire, avec l'art plastique et c&#230;tera. Donc, on n'a pas vraiment de possibilit&#233;. Et puis, on ne va pas rester en talons aiguilles, monter, descendre les escaliers, courir apr&#232;s les gosses dans la cour... On est correct, pour moi c'est fondamental. Mais, il faut quand m&#234;me qu'on soit &#224; l'aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue vestimentaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je porte des mules, avec un pantashort, un tee-shirt et un gilet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels textiles pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a une diff&#233;rence entre ce que j'aime et ce que je peux acheter. Je mets surtout du coton, parce que c'est tr&#232;s confortable. J'ach&#232;te plut&#244;t des tissus, des textiles que je peux entretenir moi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre budget ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il est variable. Je ne vais pas souvent faire les magasins ; je n'aime pas &#231;a et je n'ai pas le temps. Donc si quelque chose me pla&#238;t, je l'ach&#232;te. C'est selon l'envie, selon les occasions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel temps consacrez-vous chaque matin pour vous habiller ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. Mais ce n'est jamais tr&#232;s long car je pr&#233;pare la veille. Je suis tr&#232;s ind&#233;cise et il m'arrive d'essayer trois choses avant de d&#233;cider de ce que je vais mettre... Je pr&#233;f&#232;re passer ce temps-l&#224; le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Regrettez-vous la blouse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout. Je ne l'ai pas connue en tant qu'enseignante, mais en tant qu'&#233;l&#232;ve, oui, quand j'&#233;tais gamine. Et je suis all&#233;e en Irlande pendant les vacances, et c'est vrai que &#231;a fait un dr&#244;le d'effet de voir tous ces gamins habill&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. Je crois que ce n'est pas n&#233;gatif d'avoir une tenue uniforme, effectivement, car &#231;a permet d'&#233;viter les comparaisons sur le plan social entre les familles. &#199;a, c'est positif. Maintenant, il faut savoir quel est le co&#251;t de la tenue. Nous sommes en ZEP (ndlr Zones d'Education Prioritaires), avec &#233;norm&#233;ment de familles nouvellement arriv&#233;es, non francophones, avec beaucoup de familles sans papiers qui sont en squat. On a beaucoup de difficult&#233;s &#224; ce niveau-l&#224;, beaucoup de demandes d'asile territorial et d'asile politique, et ces familles-l&#224; n'ont pas les moyens d'investir dans une tenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'autorit&#233; a-t-elle une apparence ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai un fr&#232;re qui est cadre sup&#233;rieur dans une grosse bo&#238;te. C'est un gros gros poste. Il s'habille tr&#232;s bien. Et je pense que &#231;a passe. C'est tr&#232;s agr&#233;able de voir quelqu'un de bien habill&#233;. En tout cas, moi j'appr&#233;cie personnellement. Je pense que &#231;a pose quelqu'un, oui. &#199;a lui donne un statut. Les &#233;l&#232;ves sont tr&#232;s critiques par rapport &#224; ce qu'on peut porter. Ils vont vous dire le matin si vous &#234;tes belle, si on a ceci, cela, si on a chang&#233; la couleur des lunettes. Quand j'ai mis les bagues &#224; mes dents, ah, tout de suite &#231;a a &#233;t&#233; une tonne de questions ! Donc on s'en est d&#233;barrass&#233;. Oui, ils sont tr&#232;s &#224; l'aff&#251;t de tous les changements. Sur le plan vestimentaire aussi, ils regardent tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous de l'apparence vestimentaire de vos &#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tr&#232;s vari&#233;. &#199;a va des gamins qui ont tous les jours une tenue diff&#233;rente &#224; ceux qui ont des v&#234;tements qu'ils ont port&#233; depuis trois, quatre jours, qui sont d&#233;j&#224; un peu sales, &#224; ceux qui portent un pyjama en dessous parce que les parents ne s'en occupent pas trop. Donc, c'est tr&#232;s vari&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre r&#232;glement interdit-il aux &#233;l&#232;ves le port de certaines choses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, le port de sabots ; toutes chaussures qui ne tiennent pas aux talons, pour &#233;viter les entorses. Le port de lunettes de soleil pour &#233;viter les bris dans la cours de r&#233;cr&#233;ation. Les lunettes de vue, on leur demande de les laisser sur le bureau, dans la classe. Parce que... &#231;a bouge, hein ! Ils ne portent pas de chapeau ou de casquette en classe ; &#224; l'ext&#233;rieur s'ils le veulent. On leur conseille aussi de ne pas porter de bijoux pendant le sport... Bon... de toute fa&#231;on les chaussures et les lunettes de soleil sont institu&#233;es. De m&#234;me on dit que s'ils perdent leurs bijoux ou autres objets d&#233;coratifs, tant pis pour eux, quoi ! C'est de leur responsabilit&#233;. Et &#231;a arrive assez souvent qu'ils en perdent. On a &#233;t&#233; oblig&#233; d'en parler au conseil d'&#233;cole et &#231;a a &#233;t&#233; vot&#233;. Et quand c'est vot&#233;, c'est vot&#233;. Une fois en d&#233;but d'ann&#233;e quand le r&#232;glement int&#233;rieur est vot&#233; par le conseil de l'&#233;cole, je revois le r&#232;glement avec eux, mais on a d&#233;j&#224; un r&#232;glement de classe qui est &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il aussi un r&#232;glement vestimentaire pour les instituteurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, jamais entendu parler. Mais je sais que de temps en temps... L'an dernier un inspecteur avait fait une remarque &#224; une enseignante qui &#233;tait en stage, alors qu'elle &#233;tait habill&#233;e pour plus de 1000 balles sur elle, quoi ! Il n'avait peut-&#234;tre pas compris son style. Et je sais qu'&#224; la r&#233;union d'entr&#233;e pour les nouveaux arrivants, il a parl&#233; aussi d'une tenue vestimentaire correcte. &#199;a para&#238;t logique ! Je ne sais pas si on a besoin de le pr&#233;ciser, quoi ! On prend peut-&#234;tre les gens pour des enfants...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les familles recourent-elle &#224; l'aide vestimentaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'aide, moi j'apporte beaucoup d'habits &#224; l'&#233;cole, pour les gamins. C'est venu comme &#231;a. De toute fa&#231;on, on sait &#224; qui donner les v&#234;tements. On fait &#231;a de mani&#232;re assez discr&#232;te pour &#233;viter de mettre les familles mal &#224; l'aise. Je n'en ai pas parl&#233;. Donc, &#231;a se fait... Les familles font &#231;a directement. L&#224;, j'ai encore trois sacs dans la voiture de v&#234;tements que je r&#233;cup&#232;re &#224; droite &#224; gauche. Je sais que ce sera toujours utile. Moi, je le fais comme &#231;a. Pas que des v&#234;tements, d'ailleurs. L&#224; nous avons des familles du squat de la Maison de l'&#201;tranger - Vous en avez entendu parler ? - donc on am&#232;ne des &#233;dredons, des serviettes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour certaines personnes oui, pour d'autre pas. Pour certains, on peut se rendre compte de leur caract&#232;re par rapport &#224; &#231;a, pour d'autres, absolument pas, parce que &#231;a ne fait pas du tout partie de leurs pr&#233;rogatives ; ils s'habillent comme ils veulent. Non, je ne peux pas r&#233;pondre par oui ou non brutalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels v&#234;tements aimez-vous porter en dehors du travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme j'aime beaucoup aller &#224; la piscine, j'aime beaucoup &#234;tre en maillot. Sinon &#224; la mer. Sinon, quand je sors, je m'habille un peu plus jolie, quoi ! J'aime bien les chaussures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 04/05/06 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus c'est vieux, mieux &#231;a fonctionne !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rose Fernandez</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La tenue de travail du forgeron barcelonais : h&#233;ritage indispensable.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/la-tete-de-l-emploi/" rel="directory"&gt;La t&#234;te de l'emploi&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Catalogne, invit&#233;e d'honneur &#224; la f&#234;te Artisans 13, d&#233;cline son savoir-faire traditionnel &#224; sa cousine m&#233;diterran&#233;enne. Au stand de Xavier Marti, le rougeoiement du m&#233;tal &#233;claire la silhouette du forgeron : ceintur&#233; du v&#234;tement de cuir, concentr&#233; sur son travail, il &#339;uvre &#171; avec amour &#187; &#224; la pi&#232;ce unique. Quand le feu de l'homme prot&#232;ge le m&#233;tier, la tenue prot&#232;ge l'homme du feu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un pantalon, il faut qu'il soit en coton parce que comme &#231;a on peut pas se br&#251;ler, et en plus un tablier de peau, c'est du porc ; &#231;a nous prot&#232;ge tout le ventre parce que la chaleur, c'est mauvais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue est sp&#233;cifique &#224; votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est tr&#232;s sp&#233;cifique, on fait que le fer forg&#233;, c'est-&#224;-dire qu'on change le volume et l'&#233;tat du fer avec le fer et la chaleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettez-vous des gants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas indispensable ; d&#232;s fois on les met, d&#232;s fois non, mais normalement, on a pas besoin de mettre des gants parce que quand on travaille le fer, y a que la pointe qui est chaude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous besoin de chaussures particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, des chaussures avec la pointe en fer, pour pas te casser les orteils si un morceau de fer tombe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Portez-vous des lunettes de protection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a pas besoin de lunettes, parce que c'est tr&#232;s improbable que quelque chose atteigne les yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue est-elle fournie par le patron ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le patron qui paye, oui. Quand qu'elle est ab&#238;m&#233;e ou trop vieille, on la jette et on en prend une autre. Mais il faut savoir que plus c'est vieux et mieux &#231;a fonctionne, parce que &#231;a devient dur, il est plus rigide et &#231;a prot&#232;ge plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des poches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non parce que s'il y a des poches, quelque chose peut tomber dedans, et &#231;a peut nous br&#251;ler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos diff&#233;rent outils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a des marteaux dont les pointes peuvent &#234;tre diff&#233;rentes, &#231;a chez nous on appelle &#231;a la peina. Tous les marteaux ont des diff&#233;rentes formes : il y en a qui sont fins, d'autres sont ronds, certains c'est pour taper l'un sur l'autre, c'est-&#224;-dire un premier tient le marteau et l'autre tape dessus, et avec &#231;a tu aplatis compl&#232;tement les pi&#232;ces. Apr&#232;s, si on veut travailler de petites dimensions, on utilise diff&#233;rentes pinces et les pinces aussi, elles ont diff&#233;rentes formes. Les tenailles aussi ont diff&#233;rentes formes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de ne pas porter votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, elle est indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et de changer de tenue au cours de la journ&#233;e de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement non, mais on travaille toute la journ&#233;e avec des pantalons bleus en coton, comme &#231;a quand tu l'enl&#232;ves tu restes propre, tandis que si tu travailles comme &#231;a tu te salis beaucoup. Et chaque jour il faut se changer parce que le tissu, il devient noir avec la fum&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre comportement change-t-il quand vous portez votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est juste qu'on a la t&#234;te &#224; ce qu'on est en train de faire, on a la t&#234;te qu'&#224; notre travail. La tenue n'a rien &#224; voir, on est tout &#224; fait normal. En tout cas, pour moi, &#231;a ne change rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote en rapport avec votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On nous a demand&#233; une fois comment tournait le petit ventilateur sous le feu. Et un jour, un mec me dit : &#171; C'est tr&#232;s joli, comment vous faites ? d'o&#249; vient le gaz ? &#187; Il a pas compris que c'est avec l'air qu'il y a l&#224;-dedans qu'on faisait le feu, il croyait qu'un tuyau portait le gaz jusqu'ici. Le public, en g&#233;n&#233;ral, il conna&#238;t pas et des fois, on te demande des questions impossibles : &#171; O&#249; c'est que &#231;a devient le gaz ? &#187; Il y en a pas, de gaz... C'est de l'air qui est avec une turbine manuelle, le charbon chauffe et tu fais le feu. Et le mec, il me disait : &#171; Mais y a pas le tuyau du gaz, c'est normal ou c'est pas normal ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que le m&#233;tier d'artisan, pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un travail comme un autre, mais on est avant tout bas&#233; sur la cr&#233;ation. Il faut toujours faire des pi&#232;ces uniques. L'artisan, c'est quelqu'un qui fait des choses avec les mains et avec le moins de machines possible. Alors, il faut faire des choses originales pour que ce soit pas m&#233;canique ou industriel, parce que quand on en fait cinquante pareilles &#231;a devient une industrie, tu le fais plus rapidement et t'as pas besoin de mettre autant d'amour pour le faire que si tu en fais qu'une !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que ce m&#233;tier se perd ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non mais le probl&#232;me c'est comme tout, il y a une grande industrie derri&#232;re qui fond le m&#234;me fer que je fais mais industriel, ils sont tous pareils, et les gens qui connaissent pas leur m&#233;tier, ils disent : &#171; Faire une v&#233;randa c'est facile parce que tu mets les tuyaux et les fers et tu soudes c'est fait. &#187; &#199;a c'est pas de l'artisanat, c'est pas le fer forg&#233;, c'est pas mon m&#233;tier, parce que n'importe qui peut faire &#231;a. Tandis que le fer forg&#233; comme je le fais &#224; la main, c'est diff&#233;rent. Alors, il y aura toujours quelqu'un qui aimera une v&#233;randa, une table, une chaise ou un miroir fait &#224; la main, on aura toujours du travail. Mais si, il y a cent ans en arri&#232;re, il restait mille forgerons, maintenant il y en a vingt... Et pourquoi ? Il n'y a pas d'&#233;cole de m&#233;tier, vraiment, alors &#231;a devient de plus en plus dur, c'est le p&#232;re qui montre &#224; ses fils et les fils &#224; leurs fils, &#231;a se passe de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Parce que mon grand-p&#232;re il faisait &#231;a, mon p&#232;re il faisait &#231;a et moi je fais &#231;a, et ceux qui viennent derri&#232;re, ils vont peut-&#234;tre faire &#231;a. Peut-&#234;tre, je sais pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Rose line Fernandez le 25/04/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Pinceaux, fards, ors et velours rouge</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/pinceaux-fards-ors-et-velours</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Op&#233;ra</dc:subject>
		<dc:subject>beaut&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>057. Op&#233;ra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'Op&#233;ra, anim&#233;e par le plaisir de la rencontre et l'envie de r&#233;v&#233;ler l'int&#233;rieur de l'&#234;tre, elle maquille t&#233;nors et sopranos : de la vocation &#224; la passion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/opera-610" rel="tag"&gt;Op&#233;ra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/beaute" rel="tag"&gt;beaut&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/opera" rel="tag"&gt;057. Op&#233;ra&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ah ! Oui : d&#232;s l'&#226;ge de neuf ans, je savais ce que je voulais faire et je savais que c'&#233;tait &#231;a. C'&#233;tait ma vocation, c'&#233;tait &#231;a, je le sentais&#8230; Au d&#233;but, j'ai commenc&#233; &#224; peindre, je dessinais beaucoup et c'est ce qui m'a amen&#233;e mais, bon, je savais, j'avais envie de rendre les gens beaux&#8230; C'est prendre une personne qui est simple au d&#233;but, j'avais envie de &#231;a.&quot; Myriam da Silva, 33 ans, premi&#232;re maquilleuse &#224; l'Op&#233;ra de Marseille. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Petite fille, vous maquilliez vos poup&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;N'en parlons pas, c'&#233;tait un peu un jeu de massacre (rire) ! Je leur faisais m&#234;me des coupes, h&#232; (rire)&#8230; Apr&#232;s c'est plus tard, avec tous mes copains et copines, ils y ont eu droit, ils avaient pas le choix ! Tout le monde y est pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse &#224; r&#233;aliser ces maquillages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; ce qui me pousse, c'est l'envie de d&#233;couvrir de nouvelles personnes et de leur faire un maquillage appropri&#233; avec chaque op&#233;ra. Parce que on va faire Butterfly, &#231;a va &#234;tre encore un changement de maquillage par rapport &#224; Fanny qu'on a fait en ouverture de saison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est les gens, regarder les gens et savoir ce qu'ils ont dedans pour essayer de le faire ressortir. C'est ce qui m'int&#233;resse, mais m&#234;me dans la vie c'est ce qui m'int&#233;resse, l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez eu un mentor ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout. Non, j'avais vraiment &#231;a en moi&#8230; C'est aussi une fa&#231;on de d&#233;couvrir les gens et de faire sortir de la personne le c&#244;t&#233; plus positif, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des crit&#232;res de beaut&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas vraiment, parce qu'en chacun de nous y'a du beau ; y suffit de voir les gens, l'&#226;me des gens, voil&#224;. Oui, c'est beaucoup dire mais moi, c'est ce que j'ai envie de voir chez les gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est celle-l&#224;, et de voir qu'ils se plaisent, des gens qui sont entre guillemets ordinaires et qui arrivent &#224; se trouver beaux ou&#8230; Voil&#224;, la satisfaction dans l'&#339;il de l'autre, c'est notre r&#233;ussite &#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et votre r&#233;alisation la plus originale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La plus originale, heu&#8230; c'est un essai que j'avais fait chez moi, Dracula de Coppola. Les mod&#232;les, c'&#233;tait ma s&#339;ur et mon beau-fr&#232;re. Y'avait tout : le costume, la perruque, le maquillage en latex, donc &#231;'a &#233;t&#233; un gros &#339;uvre. J'avais m&#234;me d&#233;cor&#233; toute la maison, et puis on a ri, surtout (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait l'exp&#233;rience d'un gros ratage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jamais ! Non, je plaisante ; ratage, heu&#8230; c'est quand &#231;a se passe mal avec certaines personnes, c'est juste &#231;a : des fois on a une incompatibilit&#233; d'humeur. &#199;a m'est pas arriv&#233; souvent, mais &#231;a m'est arriv&#233;. C'est un m&#233;tier o&#249; il faut un peu s'effacer et moi, je suis quelqu'un de temp&#233;rament.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous rappelez-vous votre premier maquillage professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Oui, c'est ici&#8230; Enfin, celui qui me marque c'est quand j'ai d&#233;marr&#233; ici, sur Orph&#233;e aux enfers, et pour moi &#231;'a &#233;t&#233; la r&#233;v&#233;lation : j'ai su, l&#224;, que vraiment, c'&#233;tait l'Op&#233;ra o&#249; j'avais envie de travailler. D&#233;j&#224; &#224; l'&#233;cole, en apprenant le maquillage, je disais toujours - mais pour faire la belle, bien entendu - &quot;Moi je travaillerai &#224; l'Op&#233;ra de Marseille.&quot; Ah ! Oui, j'ai cette chance de faire ma passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez suivi une formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, j'ai fait deux ans d'esth&#233;tique, un an de maquillage professionnel et apr&#232;s, une petite formation d'effets sp&#233;ciaux d'un mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand exercez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a a fait presque quatorze ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai eu une chance, c'est de rencontrer un monsieur, mais qui &#233;tait beau parleur, et qui m'a dit : &quot;Ah ! Je connais plein de monde &#224; l'Op&#233;ra&quot; et il connaissait personne et quand je suis rentr&#233;e &#224; l'Op&#233;ra, j'&#233;tais livr&#233;e &#224; moi-m&#234;me, en fait, donc &#231;'a &#233;t&#233; un coup de chance d'&#234;tre l&#224; au bon moment. Une opportunit&#233;, ouais, puisqu'une personne partait et ils avaient pris une personne mais bon, c'&#233;tait comme moi, quoi, &#224; l'essai. Ouais, &#231;'a &#233;t&#233; mon jour de chance, c'est vrai&#8230; Et gr&#226;ce &#224; ce monsieur, Monsieur P&#233;pito, qui est mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait des sacrifices pour y arriver ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Non, c'est pas des&#8230; Un peu un sacrifice personnel, mais&#8230; Autrement non, puisque &#231;a reste toujours un plaisir de maquiller et je rencontre toujours des nouvelles personnes et&#8230; moi je suis passionn&#233;e de &#231;a, h&#232;. Je pense que le jour o&#249; j'aurai plus de passion et l'envie de rencontrer les gens, j'arr&#234;terai. Mais pour le moment &#231;a me pla&#238;t toujours, quoi, c'est ce qui me fait continuer, en m&#234;me temps, autrement je ferais autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre statut actuel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis intermittente du spectacle, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s faut-il avoir pour &#234;tre une bonne maquilleuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une des qualit&#233;s - enfin moi, c'est ce que j'aimerais rencontrer un peu plus souvent chez beaucoup de maquilleuses - c'est des gens qui regardent vraiment les personnes qui sont en face et pas de faire un maquillage automatique, comme on apprend &#224; l'&#233;cole : faire une &#171; banane &#187; pour tout le monde pareil&#8230; On a pas les m&#234;mes yeux, on a pas les m&#234;mes bouches. C'est important, de savoir de suite ce qui convient, ce qui va am&#233;liorer la personne. Il faut avoir une r&#233;ceptivit&#233; aux gens, je crois&#8230; Moi c'est ce que j'essaie de faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; les contraintes, heu&#8230; c'est l'intermittence, peut-&#234;tre, par rapport au statut mais moi j'ai pas ce souci-l&#224; pour le moment. Mais pour ceux qui arrivent c'est de plus en plus difficile d'&#234;tre sur le march&#233; et de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des horaires fixes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des horaires, c'est plut&#244;t de nuit, enfin de six heures &#224; minuit. Six heures, cinq heures, tout d&#233;pend des op&#233;ras, et le temps qu'il nous faut pour maquiller. On a &#224; peu pr&#232;s une pr&#233;paration de deux heures avant, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles satisfactions vous apportent ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, satisfaction de rencontrer, c'est la rencontre, toujours, avec des gens nouveaux, des nouvelles personnalit&#233;s, des nouveaux visages. Et voir que certaines personnes sont satisfaites, &#231;a aussi c'est bien pour nous-m&#234;mes, quoi ; &#231;a nous motive et puis &#231;a fait prendre, avec les ann&#233;es, de l'assurance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des choix impos&#233;s ou une libert&#233; de cr&#233;ation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a quand m&#234;me des choix de temps en temps impos&#233;s mais Katia Duflot, notre chef costumi&#232;re, me laisse quand m&#234;me&#8230; Je peux faire ce qui me pla&#238;t, apr&#232;s elle approuve ou elle approuve pas, on en discute et on voit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des mod&#232;les ou des th&#232;mes bien pr&#233;cis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout d&#233;pend l'op&#233;ra, en fait, et malheureusement, avec les ann&#233;es, on va de plus en plus vers le naturel. &#199;a devient pas moins int&#233;ressant, mais c'est un peu b&#234;te&#8230; C'est-&#224;-dire que souvent, les metteurs en sc&#232;ne veulent des maquillages un peu plus naturels qui se rapprochent plus du cin&#233;ma, alors qu'on est &#224; l'Op&#233;ra et on a besoin quand m&#234;me d'avoir de la mati&#232;re, des structures. Pour Butterfly, non, l&#224; on va faire des gros maquillages ; l&#224;, heureusement, on se maintient &#224; ce qui &#224; &#233;t&#233; fait avant. Libre &#224; nous, &#224; notre cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel personnage vous inspire le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Moi j'adoreTosca, la Tosca&#8230; Parce que j'adore l'air de la Tosca, parce que c'est une femme qui est jalouse (rire) et bon, c'est une passionn&#233;e, elle est en souffrance et puis y'a des airs magnifiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a un maquillage sp&#233;cial ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Si, y'a un peu des maquillages&#8230; sur certaines personnes y'a un peu des blessures parce qu'il est un peu tortur&#233;, ce jeune homme, Mario.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les fards et les couleurs les plus utilis&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon, toujours un fond de teint et poudre. Puis apr&#232;s, souvent, pour les hommes c'est des structures : pour remodeler le visage, on ombre, si on veut creuser les joues il faut travailler en bistre, en marron. Pour att&#233;nuer un d&#233;faut, les cernes, pour un bouton qui est rouge on va mettre une petite touche de vert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des pinceaux sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on a un pinceau blush pour les joues, un eye liner pour l'oeil, enfin y'en a toute une palette de pinceaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps consacrez-vous &#224; un maquillage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est une demi-heure voire trois quart d'heure pour une femme, selon le maquillage, et un quart d'heure pour un homme. Le maximum c'est une heure, mais c'est vraiment un grand maximum. B&#232; heu&#8230; Turando, c'est un maquillage un peu asiatique avec un fond blanc, des roses sur les joues, l'eye liner, on redessine le sourcil, on transforme, oui, donc l&#224; &#231;a nous prend un peu plus de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Oui, heureusement ! En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale on est quatre, mais souvent on a deux personnes ou une personne en plus. On se dispatche les artistes, et apr&#232;s y'a ceux qui travaillent avec les ch&#339;urs, la figuration&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors du maquillage, percevez-vous un changement de la personne vers son futur r&#244;le ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tout &#224; fait. Mais ils sont d&#233;j&#224; pr&#234;ts avant quand m&#234;me, ils sont assez concentr&#233;s, on sent qu'ils sont int&#233;rieurs &#224; ce moment-l&#224; mais, ils se pr&#233;parent, voil&#224; : comme nous on les pr&#233;pare, ils se pr&#233;parent aussi en m&#234;me temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que le maquillage fait le personnage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'esp&#232;re que non, j'esp&#232;re que c'est la voix qui prime (rire) ! Non, le maquillage, le costume, la coiffure, c'est un tout ; apr&#232;s, c'est ce qui fait que la personne va se sentir un peu plus dans le personnage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors du d&#233;maquillage captez-vous une certaine ambiance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a un rel&#226;chement, on sent qu'ils rel&#226;chent un peu la pression mais, c'est surtout pour les premi&#232;res o&#249; y'a un stress au plus haut, souvent, parce qu'il y a toute la &#171; bonne soci&#233;t&#233; &#187; qui vient, b&#232; apr&#232;s ils rel&#226;chent, ils enl&#232;vent le costume, ils enl&#232;vent le personnage en m&#234;me temps. Mais y'en a qui y restent, dans le personnage (rire)&#8230; Je pourrais pas dire l'anecdote mais certaines personnes jouent Don Juan et apr&#232;s, ils continuent &#224; &#234;tre Don Juan, alors il faudrait qu'ils arr&#234;tent (rire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel maquillage choisiriez-vous pour vous-m&#234;me ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Un maquillage A&#239;da, c'est &#233;gyptien, c'est un op&#233;ra, et elle a une perruque et enfin c'est assez beau, quoi. J'aurais bien aim&#233; parce que c'est plein d'or, plein de&#8230; couronnes, et comme &#231;a (rire)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; eu des marques de reconnaissance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! souvent, les gens sont pas avares de compliments, quand m&#234;me, c'est toujours bien, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillant dans ce d&#233;cor, cette ambiance, que ressentez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je suis toujours contente de venir travailler, en fait, donc &#231;a me pla&#238;t, ce c&#244;t&#233; musique, c'est agr&#233;able, &#231;a rend les gens de bonne humeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous referiez le m&#234;me parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8230; Oh, je pense&#8230; Oui, j'aurais &#233;t&#233; un peu plus disciplin&#233;e &#224; l'&#233;cole (rire), voil&#224;. J'aurais pu faire une formation de perruque, mais j'ai un c&#244;t&#233; feignant, feignant, donc je suis rest&#233;e au maquillage&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 26/09/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passeport pour la r&#233;ussite</title>
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		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


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		<description>L'Araxe, d&#233;sormais turque, &#233;tirait autrefois son lit entre les Arm&#233;niens de l'Ouest et ceux de l'Est. Apr&#232;s le g&#233;nocide de 1915, la rivi&#232;re int&#233;rieure s'est vu attribuer le statut de fronti&#232;re naturelle entre deux peuples. Natif d'Erevan, Samuel Soukiassan a pu &#234;tre &#233;lev&#233;, c&#244;t&#233; Est, dans la partie non annex&#233;e au pays de ces anc&#234;tres : il est n&#233; arm&#233;nien, en 1967. Il a donc grandi, jusque dans les ann&#233;es 90, dans un contexte communiste. La fin du syst&#232;me sovi&#233;tique a sonn&#233;, pour lui, l'heure du d&#233;part. Terminus : (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/sur-la-route/" rel="directory"&gt;Sur la route&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/3" rel="tag"&gt;3&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Araxe, d&#233;sormais turque, &#233;tirait autrefois son lit entre les Arm&#233;niens de l'Ouest et ceux de l'Est. Apr&#232;s le g&#233;nocide de 1915, la rivi&#232;re int&#233;rieure s'est vu attribuer le statut de fronti&#232;re naturelle entre deux peuples. Natif d'Erevan, Samuel Soukiassan a pu &#234;tre &#233;lev&#233;, c&#244;t&#233; Est, dans la partie non annex&#233;e au pays de ces anc&#234;tres : il est n&#233; arm&#233;nien, en 1967. Il a donc grandi, jusque dans les ann&#233;es 90, dans un contexte communiste. La fin du syst&#232;me sovi&#233;tique a sonn&#233;, pour lui, l'heure du d&#233;part. Terminus : Marseille. Soliloque.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du temps de l'Arm&#233;nie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je viens d'une famille de fonctionnaires. Mon p&#232;re a exerc&#233; le m&#233;tier d'architecte pendant quarante-huit ans. Il a occup&#233; le poste de ministre des constructions. Il &#233;tait membre du PC. J'ai grandi dans une soci&#233;t&#233; communiste. J'ai suivi le parcours scolaire normal : de sept &#224; dix-sept ans je suis all&#233; &#224; l'&#233;cole. Apr&#232;s j'ai commenc&#233; mes &#233;tudes d'&#233;conomie et de gestion. En 1986, &#224; dix-huit ans, j'ai incorpor&#233; l'arm&#233;e arm&#233;nienne pour deux ans. J'&#233;tais cantonn&#233; en Allemagne de l'Est. J'ai beaucoup voyag&#233;, car comme je suis musicien, je faisais partie du Jazz band de l'arm&#233;e. On jouait pour les soldats d'Allemagne de l'Est et pour les Russes. En 1988, &#224; la fin de ma mission, j'ai repris les &#233;tudes. Je les ai achev&#233;es en 1990. Pendant ces ann&#233;es-l&#224;, entre 1988 et 1990, je participais aux manifestations pour la fin du syst&#232;me communiste, sur la Place de la Libert&#233;, &#224; Er&#233;van.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tournant politico-affectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le nouveau gouvernement de transition s'est mis &#224; exercer des pressions sur les anciens fonctionnaires. Mon p&#232;re a subi des pressions ; un anarchiste est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; tirer sur sa voiture pour l'effrayer ; il a commenc&#233; &#224; souffrir de probl&#232;mes psychologiques et de probl&#232;mes de sant&#233;. Il est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; la suite d'une troisi&#232;me crise cardiaque, en novembre 1991. Moi, je travaillais d&#233;j&#224; dans un minist&#232;re, au poste de &#8220;sous-chef des finances, du budget, d'une r&#233;gion&#8221;. Professionnellement, c'est devenu de plus en plus difficile de porter le nom de mon p&#232;re. J'ai commenc&#233; &#224; comprendre ce qu'il voulait dire par &#8220;pressions&#8221;. Je travaillais dans ce syst&#232;me, donc je comprenais ce qui se passait. J'aimais mon pays, ma famille, ma terre... J'ai particip&#233;, un bref moment, &#224; la guerre entre Arm&#233;nie et Azerba&#239;djan. Mais ce que j'ai vu au moment des fluctuations politiques : abus de confiance de la population... m'a fait &#233;prouver de la haine pour le nouveau gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;cision de rompre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un jour, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1994, j'ai d&#233;cid&#233; de partir. J'avais vingt-sept ans. J'&#233;tais libre. Je voulais vivre dans une communaut&#233; plus stable, quitter le syst&#232;me. J'ai pris des cours d'anglais intensifs pendant trois mois, car je pensais m'installer aux Etats-Unis. Mais j'ai chang&#233; de destination, l'ambassade de France m'ayant accord&#233;, la premi&#232;re, un visa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais le premier &#224; partir : mes quatre s&#339;urs et ma m&#232;re restaient en Arm&#233;nie. Je ne parlais pas un mot de fran&#231;ais. J'&#233;tais confiant, parce que j'avais de l'exp&#233;rience. J'&#233;tais s&#251;r de faire quelque chose, de ne pas rester dans le vide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai pris une valise, une veste, quelques &#233;conomies : environ 500 dollars. J'ai voyag&#233; par avion : un vol direct Erevan-Paris. Je ne suis rest&#233; que quelques heures dans la capitale. Puis le train m'a amen&#233; de Paris &#224; Marseille. Je savais qu'une communaut&#233; arm&#233;nienne d'Arm&#233;nie &#233;tait &#233;tablie l&#224; ; c'est-&#224;-dire, une communaut&#233; de culture communiste qui a grandi l&#224;-bas, comme moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois sur place, j'ai tent&#233; d'obtenir aupr&#232;s de l'OFPRA, de Paris, le statut de &#8220;r&#233;fugi&#233; politique&#8221;. Mais je ne suis pas parvenu &#224; prouver que l'on avait tent&#233; d'assassiner mon p&#232;re et qu'il y avait des pressions. J'ai m&#234;me d&#233;pos&#233; des dossiers au Conseil d'Etat. Les amis arabes, juifs, fran&#231;ais, espagnols, et particuli&#232;rement une famille d'Arm&#233;niens de Turquie, m'ont aid&#233; &#224; remplir les papiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emploi-travail-action&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s mon arriv&#233;e, j'ai cherch&#233; du travail &#224; droite, &#224; gauche. Au bout d'une semaine, j'en ai trouv&#233; un, dans la restauration. Je travaillais la nuit, dans un restaurant &#233;gyptien. Je me demande encore comment mon patron m'a accept&#233;, alors que je ne parlais pas un mot de fran&#231;ais. J'ai appris le fran&#231;ais dans un livre, un genre de dictionnaire-niveau-z&#233;ro, du russe en fran&#231;ais. J'&#233;tais aussi aid&#233; par les employ&#233;s du restaurant. Les gens autour de moi me corrigeaient ; m&#234;me les clients m'aidaient. Je ne me suis pas permis d'&#234;tre faible car je parlais d&#233;j&#224; trois langues : l'arm&#233;nien, le russe et l'anglais. Quand on a appris &#224; parler trois langues, on peut en apprendre une quatri&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concours de circonstances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un an apr&#232;s mon arriv&#233;e, j'ai trouv&#233; un organisme qui faisait passer les examens pour cadres financiers. Ce concours sp&#233;cial pour les comptables et les cadres banquiers &#233;tait organis&#233; par le minist&#232;re du travail. Je suis arriv&#233; sixi&#232;me sur 300 candidats. Mais le dipl&#244;me qui m'aurait permis de poursuivre les &#233;tudes sans passer d'&#233;quivalence ne m'a pas &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;, &#224; cause de mon accent et surtout de mes papiers qui n'&#233;taient pas &#224; jour. Le statut de r&#233;fugi&#233; politique m'a toujours &#233;t&#233; refus&#233;. Je n'ai jamais r&#233;ussi &#224; prouver que l'on avait tir&#233; sur mon p&#232;re. Pourtant, j'ai m&#234;me d&#233;pos&#233; des dossiers au Conseil d'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscriptions-installations-implication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce aux amis (arabes, juifs, espagnols, fran&#231;ais, surtout une famille arm&#233;nienne de Turquie) j'ai pu ouvrir un compte &#224; la banque, m'inscrire &#224; l'ANPE, aux ASSEDICS. J'ai toujours refus&#233; de passer par les centres de r&#233;fugi&#233;s qui existent, le niveau ne me plaisait pas : la drogue, la salet&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis install&#233; dans un h&#244;tel, le premier mois. Puis, dans une maison pr&#232;s de l'&#233;glise arm&#233;nienne. J'y suis rest&#233; neuf mois. L'appartement &#233;tait pr&#234;t&#233; par l'&#233;glise. En &#233;change, je faisais des travaux dans l'appartement, je jouais de l'orgue le dimanche, je faisais le m&#233;nage, de l'administratif pour les bapt&#234;mes, les mariages dans la communaut&#233; des Arm&#233;niens de Turquie. En parall&#232;le, je travaillais toujours en restauration, le soir. Je terminais tard. J'&#233;tais tr&#232;s occup&#233;, entre les amis, le travail, la maison, l'&#233;glise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis, un ami juif s'est port&#233; garant : j'ai pris un appartement. J'ai commenc&#233; &#224; travailler la journ&#233;e, en cuisine, au service, en restauration. Un rapport de confiance s'est install&#233; entre le patron et moi. Il s'est d&#233;charg&#233; sur moi ; je suis devenu responsable de deux restaurants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envol&#233;e en autonomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1998, j'ai pris ma propre affaire de restauration en g&#233;rance. Mais la construction de l'Universit&#233; d'Economie paralysait l'activit&#233; de la rue. Au lieu de rester, de r&#233;sister, de demander une aide &#224; l'Etat, je suis parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2000, je suis devenu Directeur G&#233;n&#233;ral d'une soci&#233;t&#233; d'&#233;lectrom&#233;nager. J'occupe ce poste depuis. Entr&#233; comme troisi&#232;me associ&#233;, j'ai depuis rachet&#233; toutes les parts : l'entreprise est &#224; moi. Parall&#232;lement, j'ai mont&#233; une autre entreprise de pr&#234;t-&#224;-porter femme-enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tour par la communaut&#233; originelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis heureux. En 2000, je suis entr&#233; dans la JAF (ndlr : Jeunesse Arm&#233;nienne de France) par un ami musicien. Je suis accord&#233;oniste. Maintenant, je suis membre du conseil d'administration. Avant, j'&#233;tais d&#233;j&#224; actif aupr&#232;s des Arm&#233;niens, mais &#224; titre personnel, pour remplir les papiers, conduire &#224; l'h&#244;pital pour des soins... A la JAF, on est r&#233;unis dans une m&#234;me culture fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la maison, le soir, je regarde la t&#233;l&#233; arm&#233;nienne. Je suis fianc&#233; avec une Arm&#233;nienne d'Arm&#233;nie. Nous partageons une fa&#231;on de respirer, de vivre, semblable. Dans la journ&#233;e, je suis le patron ; dans la soir&#233;e, je suis Arm&#233;nien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un arbre loin de la source&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai de bons souvenirs en Arm&#233;nie : les amis, les endroits o&#249; j'ai grandi. J'y suis bien, mais je ne peux plus vivre l&#224;-bas. Je suis parti &#224; un &#226;ge o&#249; on cherche une racine : on la trouve et on en fait un arbre. En France, je me suis cr&#233;&#233; moi-m&#234;me. L&#224;-bas, ce sont mes parents qui m'ont fait, l'&#233;cole, les &#233;tudes, l'&#233;ducation. Si j'avais travaill&#233; en Arm&#233;nie, j'aurais d&#251; &#234;tre un autre homme. Les Arm&#233;niens remarquent tout de suite que je suis un &#233;tranger. Je suis trahi par ma fa&#231;on de prendre contact, de r&#233;agir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je travaille en France, je travaille &#224; la fran&#231;aise, mais je vis &#224; l'arm&#233;nienne. J'accepte de porter la double culture. De mon pays, je garde la langue, les habitudes, l'honneur. Mais je suis aussi tr&#232;s bien adapt&#233; &#224; la communaut&#233; fran&#231;aise, m&#234;me au point de vue politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retrospective sur les d&#233;calages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'&#233;cole, on &#233;tait oblig&#233; d'apprendre l'histoire du monde &#233;conomique et politique. Je connaissais le 14 juillet, Napol&#233;on, la premi&#232;re et la deuxi&#232;me guerre mondiale, Paris, les Champs Elys&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En arrivant &#224; Marseille, j'ai &#233;t&#233; choqu&#233; par certaines choses : les gens &#233;taient n&#233;glig&#233;s, esth&#233;tiquement. En Arm&#233;nie, jamais on ne sortait pas ras&#233;, sans costume. Je n'ai jamais vu mon p&#232;re ou mes oncles comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour recevoir, il faut t&#233;l&#233;phoner, prendre rendez-vous. Ici, tant qu'on a pas sign&#233; un papier, la parole n'est pas fiable. En Arm&#233;nie : on dit, on fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gens, ici, mangent dans la rue. Ils marchent tr&#232;s vite. En Arm&#233;nie, il n'y avait pas de personnes seules, ivres ou malades dans la rue ; les hommes se sentent responsables des leurs, de la femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, les femmes ont leur propre voiture qui les attend dans la rue ; elles semblent tellement libres de leurs d&#233;cisions qu'elles en deviennent ignorantes de l'autre. Certaines libert&#233;s, au fond, nous d&#233;rangent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; pouvoir faire de l'humour en fran&#231;ais, j'ai compris que la mentalit&#233; des Arm&#233;niens peut s'accorder &#224; celle des Fran&#231;ais. Les blagues traduites en fran&#231;ais r&#233;sonnent aussi en arm&#233;nien. On est pas trop diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plus grande souffrance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de se sentir seul, de ne pas &#234;tre chez soi. J'ai trouv&#233; que plus je pense et plus &#231;a me d&#233;range, alors, je pense moins, et je ressens moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passage en force</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>

		<description>Cyril Mazinc, 28 ans est ambulancier depuis bient&#244;t six ans pour une clinique de la rue Jean Mermoz &#224; Marseille. Sp&#233;cialiste du centre-ville, il ne rel&#232;ve pas de changements particuliers dans les habitudes des conducteurs depuis les travaux du tramway. Circulation ordinaire. Koinai : Les travaux vous g&#234;nent ? - On prend les raccourcis. On conna&#238;t Marseille par coeur, pratiquement. K : La circulation, lors de vos interventions ? - Y'a beaucoup de circulation, sauf pendant les vacances o&#249; il y (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cyril Mazinc, 28 ans est ambulancier depuis bient&#244;t six ans pour une clinique de la rue Jean Mermoz &#224; Marseille. Sp&#233;cialiste du centre-ville, il ne rel&#232;ve pas de changements particuliers dans les habitudes des conducteurs depuis les travaux du tramway. Circulation ordinaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Les travaux vous g&#234;nent ?&lt;/strong&gt; - On prend les raccourcis. On conna&#238;t Marseille par coeur, pratiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La circulation, lors de vos interventions ?&lt;/strong&gt; - Y'a beaucoup de circulation, sauf pendant les vacances o&#249; il y a moins de voitures. Les heures de pointe : sept heures et demie, neuf heures et demie o&#249; &#231;a roule pratiquement pas. Onze heures et demie, treize heures trente et seize heures, dix-sept heures trente, dix-neuf heures, o&#249; c'est l'horreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les droits des ambulanciers sur la route ?&lt;/strong&gt; - Les m&#234;mes qu'un civil. On nous tol&#232;re la voie de bus, et encore, sur dix flics y en a neuf qui vont nous laisser passer, le dixi&#232;me qui va nous ruiner. Nous, c'est du transport en consultation, kin&#233;sie... Les vrais urgences c'est les pompiers qui les font, c'est pas nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui paie les contraventions ?&lt;/strong&gt; - &#199;a d&#233;pend des arrangements qu'on a avec notre patron ; notre ancien patron, c'&#233;tait nous qu'on les payait ; avec le nouveau, apparemment c'est lui qui les paie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Des attentes vis &#224; vis des travaux ?&lt;/strong&gt; - ll faut voir. Moins de circulation, je pense que &#231;a va &#234;tre le cas... j'esp&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous qu'il y aura des voies sp&#233;ciales pour les urgences ?&lt;/strong&gt; - Non. Non, &#231;a c'est infaisable. C'est infaisable, y'a trop de voitures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que les automobilistes sont diligents ?&lt;/strong&gt; - Non, ils pr&#233;f&#232;rent passer eux que nous, on est oblig&#233; de forcer le passage, tout le temps, tout le temps. On ma&#238;trise, c'est ou on s'arr&#234;te avant ou on sait &#233;viter... Parce que sinon on se taperait toute la journ&#233;e. Je me souviens, une fois j'ai voulu laisser passer une pi&#233;tonne avec une poussette et on m'a doubl&#233; sans faire gaffe &#224; elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous avez une formation ?&lt;/strong&gt; - Moi, j'ai un BNS. L'AFPS, &#231;a s'appelle maintenant. Et mon coll&#232;gue a le CCA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour l'essence, &#231;a se passe comment ?&lt;/strong&gt; - C'est le patron qui a un compte chez une station service, et nous on signe un papier comme quoi on a fait le plein, tel prix, tel litre et le patron va payer chaque mois. On consomme &#224; peu pr&#232;s un plein par semaine, soixante-dix litres , &#224; peu pr&#232;s mille kilom&#232;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites des heures suppl&#233;mentaires, parfois ?&lt;/strong&gt; - Plus maintenant. Y'a quelques mois je faisais cinquante heures par semaine, pay&#233;es. Mais maintenant ils nous r&#233;gulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 14/02/06 par Micha&#235;l Brunet ; r&#233;daction : Patricia Rouillard&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parfums de savonnerie</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>

		<description>Bien que la Savonnerie de la Licorne n'ait pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour recevoir des visiteurs, c'est avec beaucoup de g&#233;n&#233;rosit&#233; qu'elle vous ouvre ses portes... Cette savonnerie artisanale est de taille r&#233;duite. Ce sont la ville de Marseille et l'Office de tourisme qui ont convaincu les propri&#233;taires d'organiser une visite. Bien qu'il s'agisse de machines centenaires, la visite ne comporte pas de risques gr&#226;ce &#224; quelques am&#233;nagements (moteurs grillag&#233;s ou protections en bois). La visite s'effectue en trois (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que la Savonnerie de la Licorne n'ait pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour recevoir des visiteurs, c'est avec beaucoup de g&#233;n&#233;rosit&#233; qu'elle vous ouvre ses portes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette savonnerie artisanale est de taille r&#233;duite. Ce sont la ville de Marseille et l'Office de tourisme qui ont convaincu les propri&#233;taires d'organiser une visite. Bien qu'il s'agisse de machines centenaires, la visite ne comporte pas de risques gr&#226;ce &#224; quelques am&#233;nagements (moteurs grillag&#233;s ou protections en bois).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La visite s'effectue en trois parties : la boutique, la savonnerie et le mus&#233;e de l'huile (nous n'avons pu visiter ce dernier). L'entr&#233;e s'effectue par la boutique. Les produits de la savonnerie y sont expos&#233;s pour la vente aux particuliers : savons de toutes tailles, huile d'olive, lavande en brins s&#233;ch&#233;s ou en pochon, cigales en porcelaine de toutes tailles, carte postales... Tous ces produits sont vendus &#224; prix d'usine, deux &#224; trois fois moins chers que dans le commerce.
Le prix du savon varie de 0,35 &#224; 1,90 euros. On peut commander des paniers personnalis&#233;s qui valent jusqu'&#224; 60 euros, ainsi que des lots fantaisies, des essences, des produits de beaut&#233; ou encore des peluches souvenirs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bureaux se trouvent derri&#232;re la boutique. A c&#244;t&#233;, il y a l'entrep&#244;t, o&#249; l'on peut voir des machines anciennes inutilis&#233;es : une presse et une filtreuse pour fabriquer de l'huile d'olive. La visite d&#233;bute dans la salle du fond, par l'atelier. Les ouvriers y travaillent sur quatre machines. Un premier broyeur travaille le savon &#224; froid. Le deuxi&#232;me permet d'obtenir un premier affinage en &#233;liminant les grumaux. Gr&#226;ce au melangeur, on ajoute les colorants et les parfums (miel, lavandes). La boudineuse donne au savon la forme voulue. On utilise la mouleuse et ses moules en bronze pour la finition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Laurence Brunat s'occupe des visiteurs. Il s'agit de la femme du g&#233;rant Serge Brunat. Ce couple a achet&#233; l'entreprise il y a cinq ans &#224; une personne de 80 ans qui ne trouvait pas de rel&#232;ve parmi ses quatre filles. Ils ont donn&#233; &#224; l'entreprise un nouveau nom. Le 6 janvier 1998, le Capricorne devient la Licorne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec le Serail et la Compagnie du savon de Marseille (qui a fusionn&#233; avec la Savonnerie du Midi), cette entreprise fait partie des trois derni&#232;res savonneries de Marseille. Elle est la plus petite. Son activit&#233; ne cesse n&#233;amoins d'augmenter. La Licorne r&#233;alise la plus grosse part de son chiffre d'affaire &#224; l'etranger. Elle exporte ses savons vers les Etats-unies, la Grande-Bretagne et le Japon. Ces pays lui commandent de plus en plus de produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Am&#233;ricains ont &#233;t&#233; s&#233;duits par les machines de plus de 100 ans et le savoir-faire artisanal de la Licorne. La Savonnerie fonde aussi beaucoup d'espoir sur le march&#233; japonais, qui est en pleine expansion.
Un savon de 5,40 Euros sortant de l'usine est revendu dans les boutiques japonaises environ...100 euros ! Sortie d'usine, la marchandise est prise totalement en charge par le client, qui en assure le cheminement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A noter que la Licorne ne fabrique pas enti&#232;rement le savon. Elle utilise les mati&#232;res premi&#232;res sous forme de granul&#233;s qui proviennent d'une autre savonnerie de Marseille, la Compagnie du Savon de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Palace en terrasse</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Travaux publics</dc:subject>
		<dc:subject>La R&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Bistrot</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Marseille. Sur le trac&#233; d'Eurom&#233;diterran&#233;e, les commer&#231;ants de la rue de la R&#233;publique sont au c&#339;ur d'un des plus vastes chantiers d'am&#233;nagement urbain d'Europe. Regard particulier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/bistrot" rel="tag"&gt;Bistrot&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je connais le patron du bar : il est Corse. Les Corses c'est les patrons. La patronne elle a eu le bail longtemps en arri&#232;re : elle est partie, elle est revenue&#8230; &#231;a fait quarante ans qu'elle est dans le quartier. Avant c'&#233;tait le p&#232;re, c'&#233;tait le fils : c'&#233;tait jamais abandonn&#233;. On est tous napol&#233;oniens ici. Mon nom c'est &quot;Loca&quot;, c'est un nom de l&#224;-bas. C'est ma m&#232;re qu'est corse. Je suis arriv&#233; &#224; peu pr&#232;s&#8230; C'est &#231;a : au d&#233;but des travaux. &#199;a fait deux ans qu'y a des travaux, c'est pour &#231;a qu'on est emmerd&#233;s&#8230; Il para&#238;t que y a des Anglais qui font partie de l'association Euraz&#233;o&#8230; &#187; Jean-Claude Loca, ma&#238;tre du Paris Palace du lundi au vendredi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis en pr&#233;-retraite, je fais &#231;a pour l'&#233;t&#233;, moi &#231;a m'occupe, &#231;a me permet de nous voir, de discuter&#8230; De se retrouver un petit peu en retrait, c'est un petit peu dur, des fois&#8230; Je suis Toulonnais, je suis parti vivre &#224; Paris pendant vingt ans. Je travaillais &#224; Argenteuil, &#224; l'A&#233;rospatiale sur les mirages, sur les prototypes ; je suis technicien a&#233;ronautique. J'&#233;tais responsable. Apr&#232;s je suis venu ici. J'ai eu du mal &#224; m'adapter. Je suis rest&#233; dix ans et j'ai &#233;t&#233; licenci&#233; avec 1 500 personnes apr&#232;s la guerre du Golfe et tous les probl&#232;mes. Je voulais revenir &#224; Toulon - parce que j'ai de la famille - mais je suis revenu &#224; Marseille parce que j'avais mon ex-femme qui travaillait &#224; la Poste et qui habitait &#224; Marseille, donc c'est pour &#231;a que j'ai atterri ici. J'ai habit&#233; sept ans au Panier. Avant, le Panier, c'&#233;tait des p&#234;cheurs ; il y avait beaucoup d'Italiens et de Corses. Le Panier, c'est &#231;a. Apr&#232;s il est arriv&#233; d'autres gens. Mais vous avez qu'&#224; regarder, vous avez d&#233;j&#224; vu, au Panier, les maisons quand vous montez les escaliers ? On dirait, vous savez, des cales de bateaux&#8230; les maisons, les escaliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Les travaux ont-il un impact sur la fr&#233;quentation du bar ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme &#231;a, heu, on perd beaucoup d'argent : plus de 50% du chiffre d'affaire. Par rapport &#224; avant, &#231;a y est, c'est fini tout &#231;a. Avant, y'avait la terrasse, tout &#231;a. On peut dire : avant, 70 couverts tous les midis et maintenant 25, 20 ; des fois 16, 24. Avant, c'&#233;tait 70. Avec la terrasse on voyait tous les gens des imp&#244;ts, les banques ; les gens venaient le midi, ils mangeaient leur salade et tout. Ils viennent plus maintenant. Les clients sont partis quand &#231;a a commenc&#233; les travaux, quand ils ont vu les barri&#232;res, d&#232;s que il y avait plus la terrasse d&#233;j&#224;. Avant, la terrasse, c'&#233;tait le monde, les parasols&#8230; C'&#233;tait notre terrasse. On va dire, l&#224;, on s'endette. On fait des heures, des heures&#8230; Y a rien qui rentre, non. Pas que la client&#232;le d'aujourd'hui &#231;a suffirait pas&#8230; C'&#233;tait par rapport &#224; avant d&#233;j&#224;, c'est venu d'un coup. &#199;a fait que y a un peu de dettes, chacun pour soi. Maintenant ils inventent&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Allez-vous r&#233;cup&#233;rer la terrasse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, parce que tout le monde paie. On l'a pas, mais on paie tous les mois, sinon on la perd. Ma foi, Gaudin il a dit : &quot;&lt;i&gt;Je vous rattraperai.&lt;/i&gt;&quot; &#192; mon avis : &quot;Avec de l'argent, je vous le rattraperai.&quot; Voil&#224; ce qu'il a voulu dire. Et donc on va r&#233;cup&#233;rer la terrasse, on va gagner cinq m&#232;tres de plus. &#199;a fait l'ouverture pour la sortie des pi&#233;tons, le parking l&#224;, juste l&#224; &#224; cinq m&#232;tres. &#199;a va faire tout &#231;a. Disons en fait, avant y'avait la route qui passait l&#224;, elle passera plus l&#224;&#8230; Ici, l&#224; derri&#232;re, elles passaient les voitures. Maintenant c'est fini l&#224; : vous voyez les barri&#232;res ? &#192; mon avis, eux vont tout refaire - j'ai vu les photos, ce sera bien, il y aura des arbres de partout - et nous on va l'&#233;quiper. C'est-&#224;-dire, &#231;a, c'est les brasseurs : les brasseurs vont nous mettre les tables, les parasols&#8230; Nos fournisseurs sont pr&#234;ts &#224; nous aider : la belle terrasse&#8230; C'est mort pour cet &#233;t&#233; mais si tout va bien l'&#233;t&#233; prochain&#8230; 2008, 2007, une partie en 2008 de l'autre c&#244;t&#233;. D&#233;j&#224; qu'ils enl&#232;vent les barri&#232;res. En principe le tramway sera fini dans un an, donc d&#233;j&#224; &#231;a apporte un mieux&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ils construisent un nouveau parking ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il sera fini dans un an, ils attaquent le deuxi&#232;me &#233;tage. Ils vont nous refaire tout, apr&#232;s : ils ont cass&#233; la vitre&#8230; &#199;a fait des travaux tout &#231;a ! Et, &#224; l'int&#233;rieur, &#231;a fait des infiltrations : y a de l'eau qui coule et tout. Ils sont en train de faire un bassin de r&#233;tention. Mais &#231;a va. Ils on tout cass&#233; quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais vous restez assez positif quant &#224; la mue du quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. D'apr&#232;s ce que j'ai entendu dire, ils vont r&#233;cup&#233;rer, refaire des commerces&#8230; Ils mettent le paquet hein ! Il y aura des bureaux, des magasins comme Ted Lapidus. &#199;a va &#234;tre les Champs &#201;lys&#233;es de Marseille : de beaux magasins&#8230; Cerruti, des choses comme &#231;a. La client&#232;le-bar va changer aussi. En fonction, on fera plus le bar&#8230; Il y en a qui sont pessimistes, optimistes, &#231;a d&#233;pend du caract&#232;re, d&#233;j&#224;. Mais je pense qu'avec le parking, la rue va &#234;tre toute refaite. Un peu comme Paris, boulevard Haussman et tout hein ! J'habitais boulevard Bonne Nouvelle pendant vingt ans, &#224; Paris&#8230; Voyez ! Il va y avoir de beaux magasins, &#231;a va &#234;tre bien, les gens vont se promener&#8230; Quand ce sera fini ? - Je sais pas. Les endroits o&#249; il y a des commerces que les gens vont virer, c'est l&#224; que les gens vont faire des commerces. Il faut pas compter avant deux ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Allez-vous faire des travaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est normal. On va tout refaire &#224; l'int&#233;rieur, avec les brasseurs on s'est arrang&#233;. L'&#233;t&#233; prochain, pendant les vacances, on fermera. On va changer le style. Comme le boulevard Chave&#8230; Il y a un pub&#8230; C'est bien, &#231;a. Je parle en patron : &quot;Je pense qu'il faut faire les bi&#232;res allemandes, c'est bien&quot;. Toute fa&#231;on on va faire &#224; manger aussi, on va faire brasserie le midi, par exemple croque-monsieur, croque-madame&#8230; Des choses comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le soir vous &#234;tiez ferm&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils sont ferm&#233;s &#224; 8 heures. Ils ferment. La client&#232;le qui vient, c'est pas celle tardive ; c'&#233;tait tous les imp&#244;ts, la mairie&#8230; mais pas le soir. Jamais. Le soir, les gens venaient boire : des amis, le quartier, voil&#224;&#8230; Surtout le midi quoi, la journ&#233;e. Moi je travaille un petit peu. J'ai beaucoup de Chinois, de Vietnamiens, il parlent pas le fran&#231;ais. Il y en a le matin : ils prennent le petit d&#233;jeuner, ils blaguent, ils restent longtemps, ils travaillent, ils apportent les sous ; mais ils viennent que le dimanche, que le matin, le dimanche matin jusqu'&#224; une heure. Par contre, quand ils feront le pub, l&#224; ce sera plus pareil. Par exemple, le mercredi et le jeudi ce sera ouvert jusqu'&#224; 1 heure du matin ; le samedi, le vendredi, jusque 3 heures. Ce sera plus valable. C'est pour &#231;a qu'on va tout refaire : on va changer le comptoir, on va le mettre l&#224;, apr&#232;s on va mettre des banquettes, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Fr&#233;quentez-vous les commer&#231;ants alentour ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avec la boulang&#232;re, madame Breda, je parle. Je la vois souvent, pour les sandwichs tout &#231;a, parce que nous, les croissants on les prend chez elle ; je vais les chercher avec les journaux, le matin quand c'est ouvert - y a que le mercredi que c'est ferm&#233;. Oui, elle nous livre tous les matins. Lorsqu'elle a besoin, on parle. Elle m'a dit que c'est une catastrophe, elle veut m&#234;me fermer l'apr&#232;s-midi, le dimanche&#8230; Elle jette, elle jette, elle jette&#8230; Sinon, &#224; c&#244;t&#233;, le primeur je connaissais ; il est ferm&#233;, ils l'ont pas renouvel&#233; et tout. Il a ferm&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re, il a pas pu remonter ailleurs, il nous a quitt&#233;. Le snack &#224; c&#244;t&#233;, qui faisait des pizzerias, il a ferm&#233;, ils ont r&#233;ouvert. Le bar-h&#244;tel-PMU &#224; c&#244;t&#233; : ferm&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les travaux ont-ils suscit&#233; une mobilisation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais que ceux de Centre Ville Pour Tous viennent l&#224; deux fois par mois. Ils se d&#233;placent, une fois l&#224;, une fois l&#224;&#8230; C'est pas moi qui les re&#231;ois mais il faut les recevoir. D'ailleurs je les rejoins. Je pense que si tous les commer&#231;ants avaient &#233;t&#233; ensemble&#8230; Les gens ils ont &#233;t&#233; b&#234;tes&#8230; Ils ont plus de force tout ensemble : qu'est-ce qu'il aurait fait Gaudin ? Les commer&#231;ants l&#224;, c'est pareil, parce qu'un ou deux&#8230; Par contre on s'est battu et tout, on a pris un avocat et tout&#8230; Ils ont augment&#233; le loyer et tout quand m&#234;me. Je trouve que c'est cher, on payait 1 000 euros, et l&#224; c'est pass&#233; &#224; 2 000 euros. &#199;a c'est pour apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous r&#233;cup&#233;r&#233; la client&#232;le du PMU ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils voulaient qu'on fasse le PMU, mais y a pas de place. Non, parce que la client&#232;le qu'y avait l&#224;, c'est pas la bonne client&#232;le. Le Panier, tout &#231;a, c'est tous les RMIstes. Au d&#233;part ils sont venus l&#224; mais comme ils - ndlr : &quot;les patrons&quot;- ont dit non&#8230; Non, c'est pas la bonne client&#232;le : ils cherchent des histoires, ils boivent ; il faut les sortir apr&#232;s&#8230; D&#233;j&#224;, la fum&#233;e&#8230; Et puis y a des gens qui sont d&#233;gueulasses. Ils ont pas d'argent pour s'habiller tout &#231;a, mais ils ont des sous pour jouer. Ceux qu'y avait au PMU, l&#224; : un caf&#233;, les noirs tout &#231;a&#8230; Un verre d'eau &#8230; Ils vont rester la matin&#233;e, mais ils vont jouer, vont jouer&#8230; Ils attendent les champs de courses&#8230; On aurait eu un petit local &#224; c&#244;t&#233;, tu le fais, &#231;a faisait un plus&#8230; Ils refont le bail, mais je sais pas lequel. C'est la vie hein ! &#199;a va sauter s&#251;rement aussi. Ah, ils veulent faire quartier bourgeois. Ils veulent faire les Champs Elys&#233;es. &#199;a va &#234;tre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les habitants ont-ils chang&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Il y en a beaucoup de partis, mais, ils parlent d'augmenter leurs loyers &#224; des endroits&#8230; Ils sont propri&#233;taires, l&#224; ! Le tout, c'est faire partir. Parce que l&#224;, c'est les Am&#233;ricains tout &#231;a : Marseille R&#233;publique&#8230; Ils viennent pas me voir, ils savent plus parler. Nous c'est Euraz&#233;o, c'est pas les Am&#233;ricains. Nous, on est &#224; la limite ; nous, on passe juste&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Patricia Rouillard le 18/07/06.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>On leur a donn&#233; le dernier mot... &#231;a continue !</title>
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		<dc:date>2004-12-13T14:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samira Belhabib</dc:creator>


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		<description>On attendait avec impatience d'autres r&#233;ponses venant de ces femmes surprenantes. Ne voulant pas rester sur notre faim, elles continuent de nous livrer des confidences sur d'autres points, tout aussi r&#233;v&#233;lateurs... &#192; vous de juger et d'en tirer bon parti. Mais surtout r&#233;galez-vous... Je regrette de... Que nous livrent ces femmes &#224; propos de leurs remords ? Bien souvent, elles regrettent un plan de carri&#232;re qu'elles pensent ne pas pouvoir atteindre pour des raisons d'&#233;tudes inachev&#233;es. Allons, il (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/feminite" rel="tag"&gt;F&#233;minit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On attendait avec impatience d'autres r&#233;ponses venant de ces femmes surprenantes. Ne voulant pas rester sur notre faim, elles continuent de nous livrer des confidences sur d'autres points, tout aussi r&#233;v&#233;lateurs... &#192; vous de juger et d'en tirer bon parti. Mais surtout r&#233;galez-vous... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je regrette de...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que nous livrent ces femmes &#224; propos de leurs remords ?
Bien souvent, elles regrettent un plan de carri&#232;re qu'elles pensent ne pas pouvoir atteindre pour des raisons d'&#233;tudes inachev&#233;es. Allons, il n'est jamais trop tard ! Pourquoi vouloir nous cacher leurs regrets, par peur d'&#234;tre jug&#233;es ? Avec ou sans regret, il est toujours bon de faire le point pour avancer (n'est-ce pas messieurs...), afin de rectifier le tir. Quelle charge en moins d'en parler ! Retenons une r&#233;ponse assez m&#233;lancolique de la part de l'une d'entre elles, qui regrette d'&#234;tre venue au monde. Certes, ces propos sont tenus selon l'humeur du jour. Je lui dirais que demain est un autre jour... Une autre a l'humeur plus gaie, une gourmande d'existence qui aurait aim&#233; avoir plusieurs vies. Je suis certaine qu'elle pense que la vie est trop courte pour ne pas en savourer chaque moment. On lui souhaite de tout c&#339;ur d'avoir des croyances hindoues ou bouddhistes pour avoir un recours comme la r&#233;incarnation sinon, d&#233;sol&#233;e, je ne vois pas ! Et une derni&#232;re qui, si elle manifeste de la retenue et feint de rester sage, n'en regrette pas moins &quot;plein de choses&quot;. Affaire &#224; suivre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand je me f&#226;che, je...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi de plus normal pour une femme que d'avoir des &#233;tats d'&#226;me de petite boudeuse f&#226;ch&#233;e ?! Les femmes font la moue et rechignent &#224; rester seules dans leur coin. Beaucoup d'entre elles se laissent &quot;d&#233;border par leurs sentiments&quot; et crient un bon coup pour se calmer. &#199;a peut durer quelques instants, comme &quot;dix jours&quot;, le temps d'avaler la pilule. Contrairement &#224; celles pour qui &#231;a dure, la majorit&#233; se tait et la parole se fait rare. Ne les brusquons pas, &#231;a viendra ! Les &#233;motives et sensibles versent quelques larmes et reviennent avec le sourire. N'oublions pas les &quot;portes blind&#233;es&quot; qui elles, font abstraction de leurs sentiments, m&#234;me f&#226;ch&#233;es. Elles ont ce pouvoir de se contr&#244;ler, et il faudra expliquer la marche &#224; suivre aux impulsives...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le rem&#232;de &#224; un chagrin d'amour c'est...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3457 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:220px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L220xH219/cuadro2-cede8.jpg' width='220' height='219' alt=&quot;&quot; style='height:219px;width:220px;' /&gt;&lt;/span&gt;On ne le souhaite &#224; personne ! Mais peut-on avoir une vie sans le sentiment d'avoir perdu un &#234;tre cher, qu'on ne pourra jamais remplacer (mais si...) et l'impression d'&#234;tre vid&#233; de tout sentiment (mais non...). Pourtant, une femme parmi les sond&#233;es affirme qu'elle n'a jamais connu de chagrin d'amour. Moi je dis, mieux vaut avoir aim&#233; beaucoup et souffert un peu, plut&#244;t que de ne pas avoir aim&#233; du tout ! La plupart d'entre elles conseille d'oublier l'histoire ancienne et de passer &#224; la nouvelle. Une autre pr&#233;f&#232;re dire &quot;qu'il ne faut pas oublier&quot;, mais trouver un nouvel amoureux digne de ce nom, qui cicatrise au passage l'&#226;me bless&#233;e. Il y a aussi celles qui abusent, comme Sue Helen dans &quot;Dallas&quot;, de &quot;vodka&quot; apr&#232;s une histoire bris&#233;e. Trinquez plut&#244;t &#224; la prochaine histoire comme le prescrit l'une d'entre elles ! Sans vous dissuader, ces femmes savent de quoi elles parlent, comme celles qui s'attaquent au frigo (attention aux hanches !) et vont faire la f&#234;te avec toute la smala de copines... &#199;a soulage, mais pendant un temps tr&#232;s court. La r&#233;alit&#233; du lendemain ressemble &#224; une gueule de bois. Plus ou moins violente, veillez &#224; trouver un &#233;quilibre ou &#231;a se terminera en d&#233;prime ruinante chez le psy... Plus s&#233;rieusement, on l'a toutes compris, il n'y a qu'un rem&#232;de au chagrin d'amour : aimer davantage !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus tard, j'aimerais habiter &#224; ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors mesdames, on r&#234;ve d'&#233;vasion ? Vous savez &#233;perdument qu'on a toujours envie d'&#234;tre et d'aller o&#249; on n'est pas ! Bizarrement, personne n'a pens&#233; au soleil et aux cocotiers pour finir ses jours heureux... Mais &#231;a doit &#234;tre tr&#232;s f&#233;minin, que d'aimer la nature : ces dames aimeraient vivre &#224; la campagne et s'y reposer, synonyme d'un endroit &#224; soi, o&#249; l'on respire le calme et la s&#233;r&#233;nit&#233;. C'est pas croyable ! Des &quot;mamies&quot; avant l'&#226;ge ! Mais c'est ce qu'il en ressort en majorit&#233;... Nous avons ensuite deux femmes qui aimeraient habiter une capitale ; n'y a-t-il pas mieux ?! Deux autres aimeraient explorer l'Orient : la Chine ou le Qatar. L'une d'elles enfin aimerait aller, plus tard, sentir la fra&#238;cheur de Montr&#233;al. On souhaite &#224; toutes ces femmes, capables et d&#233;sireuses, d'atteindre ces nouveaux horizons plus t&#244;t qu'elles ne l'attendent. Ah ! une derni&#232;re... sans limite, l'&#233;vasion, pour elle, d&#233;passe les fronti&#232;res terrestres : &quot;la lune&quot;. Ah, les femmes... toujours dans la lune !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne pourrai jamais me passer de...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles r&#233;pondent, avec affluence : leur prog&#233;niture... Mais faudra un jour arr&#234;ter d'&#234;tre maman poule et de laisser ces petits faire leurs nids. Reste qu'elles ne peuvent pas se passer de leur famille. Une parmi d'autres est manifestement obs&#233;d&#233;e par sa dentition et ne peut pas se passer de sa brosse &#224; dents. Nous avons crois&#233; une petite marmotte qui fait la m&#233;ridienne, un besoin vital de somnoler souvent, parce qu'elle ne peut pas s'emp&#234;cher de &quot;squatter&quot; son lit. P&#234;le-m&#234;le, une amoureuse ne peut se passer de son &quot;lapin&quot;, une gourmande, de chocolat ; une ind&#233;pendante... de son &quot;ind&#233;pendance&quot; et une adepte de l'auto-d&#233;rision de &quot;se critiquer&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien n'a d'importance, sauf...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celle pour qui j'ai le plus de d'admiration, et l'on peut comprendre pourquoi, s'illustre par son instinct maternel. Cette m&#232;re, d&#233;vou&#233;e, consid&#232;re que rien n'est plus important que la sant&#233; de sa fille. On sait imm&#233;diatement que la famille est une valeur importante pour ces femmes. Certaines ont &#224; l'esprit la valeur de l'amiti&#233;, probablement parce qu'en cas de mauvaises passes, le recours est &#233;vident. Sans forc&#233;ment &#234;tre mat&#233;rialistes, &quot;le porte-monnaie&quot;, &quot;l'argent&quot;, peut &#234;tre une autre valeur refuge... avec un aspect miroir propre &#224; notre soci&#233;t&#233; occidentale contemporaine : dis-moi ce que tu poss&#232;des et je te dirais qui tu es. Mais &#231;a reste pour certains une futilit&#233; qui nous poss&#232;de, malheureusement !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une autre cat&#233;gorie, on a les femmes qui se mettent en avant, qui, fi&#232;res de leur personne et ce qu'elles font, sont les seules actrices de leur vie. &#192; cela, je les y encourage vivement ! Si on ne s'aime pas, on ne risque pas de l'&#234;tre par autrui. Attention ! &#192; la juste mesure de narcissisme et d'&#233;go&#239;sme... Penser un petit peu aux autres... ! Une femme peut trouver important de penser &#224; son avenir mais en vivant pleinement les instants pr&#233;sents. Une autre, romanesque, consid&#233;rera qu'il n'y a que l'amour et rien que l'amour, ce sentiment d'ivresse et de passion. Comment lui dire qu'il faut penser &#224; descendre de son nuage... et puis non ! L'une pense que c'est vraiment important de s'interroger, mais de ne pas trop forcer ou bien l'on risquerait une surchauffe de neurones ! On donnera le dernier mot &#224; la femme qui trouve qu'il n'y a que &quot;l'essentiel&quot; de vraiment capital...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dit de moi...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &quot;les sourdes d'oreilles&quot;, l'avis d'autrui les concernant ne les int&#233;resse point. Elles sont plut&#244;t du genre &#224; &#233;couter leur conscience. Allons, faites un petit effort pour &#233;couter ce que l'on dit de vous ! Mais quand on ne fait pas &lt;span class='spip_document_3458 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:220px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L220xH338/work-3741276-2-flat_550x550_075_f-poise-in-silhouette-f96a1.jpg' width='220' height='338' alt=&quot;&quot; style='height:338px;width:220px;' /&gt;&lt;/span&gt;l'effort d'&#233;couter, on ne fait qu'entendre ! Le plus grand nombre de femmes savent qu'il faut &#233;couter les compliments, les louanges &#224; leur &#233;gard. Voil&#224; une tr&#232;s bonne attitude &#224; adopter pour aller dans le bon sens. On dit des moins conventionnelles et des plus cat&#233;goriques qu'elles sont &quot;r&#226;leuses&quot; et &quot;casse-c...&quot; biiiiip !!! Attention &#224; la vulgarit&#233;... Il faut avouer que c'est sans d&#233;tour, et c'est un bon point que d'avouer l'un de ses d&#233;fauts.
On dit de l'une d'entre elles qu'elle est &quot;un homme&quot;. Peut-&#234;tre en a-t-elle l'apparence, et la force de caract&#232;re ? Autant dire que cela peut en d&#233;friser quelques-unes, mais si ce n'est pas le cas, c'est qu'on se fout pas mal du qu'en dira-t-on !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Si j'&#233;tais un homme ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous faudrait le don d'ubiquit&#233;... Sans prendre la place du sexe oppos&#233;, beaucoup aimeraient savoir ce que ces messieurs pensent des femmes. Quand on en donne l'occasion, il n'y a plus personne... Visiblement, c'est tr&#232;s dur, voire impensable, de se mettre &#224; la place d'un homme. Certaines n'arrivent m&#234;me pas &#224; y penser : &quot;Je ne me vois pas en homme&quot;, et se laissent d&#233;border par leur c&#244;t&#233; tr&#232;s f&#233;ministe. Prenons l'exemple de celle qui r&#233;pond &quot;NON, ET VIVE LA FEMME !&quot; Des femmes exposent clairement le relationnel entre hommes et femmes. Elles ont pour objectif de faire passer un message aux hommes, ou plut&#244;t de leur donner quelques conseils... Commencer d'arr&#234;ter de se comporter comme des enfants et d'arr&#234;ter de mentir. D'autres pensent que si elles &#233;taient &quot;hommes&quot;, elles &quot;feraient le tour du monde&quot; ou encore, &quot;auraient plus de libert&#233;&quot;. Elles auraient donc plus de libert&#233; dans leurs choix et dans leur vie. Allons, la femme est d&#233;j&#224; capable de tout &#231;a.... et bien plus ! Une autre ferait plus de b&#234;tises si elle &#233;tait un homme. Moi je dirais qu'on n'a pas besoin d'&#234;tre &#224; leur place pour en faire plus. Une serait &quot;Capitaine&quot;. Vous comprendrez qu'elle se r&#233;f&#232;re &#224; la chanson de Diane Tell et par cons&#233;quent, serait un homme tr&#232;s romantique. Dans la m&#234;me cat&#233;gorie, une autre r&#233;pond tout simplement qu'elle &quot;comblerait les femmes&quot;, que de g&#233;n&#233;rosit&#233;... On va commencer &#224; douter des bons c&#244;t&#233;s de l'homme et on finira par ne plus en avoir besoin ! Une fantaisiste a un regard pour le moins surprenant : elle serait &quot;Dieu&quot;. Enfin, on donnera le dernier mot &#224; une po&#232;te, dont la r&#233;plique est unanime : &quot;... je demanderais &#224; Dieu de faire deux c&#339;urs &#224; la femme, pour que s'il y en a un qui se brise, elle aura l'autre pour survivre&quot;. C'est d'une humanit&#233; grandiose ! Ah, si les hommes savaient tout &#231;a...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On leur a donn&#233; le dernier mot </title>
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		<dc:creator>Samira Belhabib</dc:creator>


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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatorze femmes, de tous &#226;ges et de tous horizons, ont jou&#233; avec nous le jeu du &quot;dernier mot&quot; : il s'agit de terminer des phrases dans lesquelles il manque le dernier mot. Gr&#226;ce &#224; ce jeu, elles nous ont r&#233;v&#233;l&#233; leur &#233;tat d'esprit du jour avec beaucoup de sinc&#233;rit&#233;.
En les observant, pendant le remplissage du questionnaire, on remarque des sourires amus&#233;s. On peut trouver dans leurs r&#233;ponses quelques confidences, parfois de la retenue et surtout beaucoup d'humour.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne peut pas dire que ces femmes fassent des confidences vraiment &quot;croustillantes&quot; ou un profond examen de conscience, mais il ressort de leurs r&#233;ponses (&lt;i&gt;courtes&lt;/i&gt;) une part d'elles-m&#234;mes qui ne peut nous laisser indiff&#233;rents. Les propos sont souvent frappants, avec une part &quot;auto-critique&quot;, et nous r&#233;v&#232;lent une part de leur intimit&#233;, de leur pass&#233; et de leurs projets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'elles nous donnent leur avis sur des points qui ont l'air futiles &#224; premi&#232;re vue, les r&#233;ponses en disent long sur elles-m&#234;mes. Certaines d'entre elles utilisent le questionnaire comme un r&#233;quisitoire. Elles accusent, r&#232;glent des comptes personnels, laissent transpara&#238;tre des coups durs, de l'amertume et de la douleur... en g&#233;n&#233;ral en utilisant des mots crus et durs. D'autres se laissent tenter par des r&#233;ponses pleines d'humour et/ou sur un ton non-conformiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin ! Nous avons l&#224; plusieurs effigies qui nous paraissent tr&#232;s distinctes les une des autres. Les points marquants de leur existence, leurs envies, leurs regrets, leurs souvenirs, les projets diff&#232;rent quelque peu. &#201;tonnamment, ces diff&#233;rences apparaissent sur des points o&#249; les femmes d'aujourd'hui semblent pourtant &#234;tre en accord !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui je me sens...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour commencer, il s'agit de conna&#238;tre l'&#233;tat d'esprit dans lequel elles se trouvent, car l'humeur du jour joue un r&#244;le &#233;vident pour la suite. On constate que ces femmes, dans l'ensemble, se sentent bien, m&#234;me si certaines font &#233;tat d'une baisse de r&#233;gime : &#224; l'&#339;il, je vous rassure, ce n'est quand m&#234;me pas tr&#232;s visible ! Il faut arr&#234;ter de faire la rumba, mesdames ! Pour poursuivre sur l'&#233;tat psychologique, on trouve en majorit&#233; des femmes incertaines et qui sont dans un &#233;tat d'esprit inhabituel. Par exemple, le fait de se sentir plus femme que d'habitude (&lt;i&gt;gr&#226;ce par exemple &#224; une certaine tenue vestimentaire...&lt;/i&gt;) ou encore de se sentir c&#233;libataire tandis qu'on a la bague au doigt. On fera remarquer aux messieurs qu'ils doivent commencer &#224; s'interroger l&#224;-dessus, &#224; moins de prendre le risque de finir un de ces quatre en solo ! Pour terminer, &#224; c&#244;t&#233; de cette majorit&#233; incertaine, une unique pr&#233;somptueuse se &quot;sent une &#226;me conqu&#233;rante&quot; ! La confiance en soi ferait-elle qu'on se sente bien ? Esp&#233;rons que oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je n'oublierai jamais...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Passons maintenant aux souvenirs... Qu'ont-elles de plus pr&#233;cieux dans leur existence, qui resterait enfoui dans un coin de leurs t&#234;tes, tel un tr&#233;sor ? L'une se risque &#224; nous dire que ce qu'elle n'oubliera jamais c'est : &quot;l'inoubliable&quot;. Que dire de plus &#224; cela, rien &#224; ajouter, si ce n'est gratter derri&#232;re ce mot pour voir ce qui s'y cache : l'inoubliable, est-ce un homme ou une chose ? Ou l'inoubliable lui-m&#234;me ? On aimerait des d&#233;tails s'il vous pla&#238;t ! Une autre fait appel plut&#244;t &#224; la m&#233;moire des sens (&lt;i&gt; le go&#251;t &lt;/i&gt;) pour se souvenir d'une p&#226;tisserie qui semble avoir &#233;merveill&#233; ses petites papilles... hummmmm !!! En dehors de ces deux exceptions, la plupart des souvenirs ind&#233;l&#233;biles sont li&#233;s aux proches de ces femmes : les &#234;tres chers, la famille, les amours perdues, les amours qui durent (&lt;i&gt;esp&#233;rons-le, encore et toujours&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Il faut que j'arr&#234;te de...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc le moment des bonnes r&#233;solutions. Allez, mesdames, du courage... on sait bien que c'est souvent peine perdue malgr&#233; toute notre bonne volont&#233;, mais tout de m&#234;me ! Premi&#232;re au top des envies de changer : ne plus fumer comme une pompi&#232;re ! Deux arguments bien connus peuvent vous encourager : la sant&#233; (&lt;i&gt;faudrait peut-&#234;tre penser aux poumons&lt;/i&gt;) et l'argent (&lt;i&gt;faudrait pas se priver de manger pour une bouff&#233;e d'intoxication !&lt;/i&gt;) Avec la cigarette, &#231;a va finir par &#234;tre un vrai luxe, de se faire du mal !
Pour les autres motivations, on aimerait &#234;tre toujours d'humeur festive et positiver plut&#244;t que de tirer une &quot;gueule de deux m&#232;tres de long&quot; ou d'&#234;tre en &quot;veille&quot; au point de donner l'impression de venir d'un autre syst&#232;me plan&#233;taire. Il faut se ressaisir ! Un peu de chocolat et &#231;a repart, c'est bien connu. Ensuite, que du bonheur ! Bref, rendez-vous la veille du jour de l'An pour d'autres r&#233;solutions...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le bonheur c'est comme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, le bonheur, qu'en pensent-elles ? De cet &#233;tat d'euphorie ? En majorit&#233;, elles collent &#224; l'expression plut&#244;t conventionnelle et r&#233;pondent &quot;simple comme bonjour&quot;... Elles sont aussi d'accord pour dire que &#231;a ne tient qu'&#224; nous, d'&#234;tre positives, et qu'un rien suffit pour &#234;tre heureuses. N'allons pas trop vite en besogne, on a tout de m&#234;me un lot de r&#233;alistes, voire pragmatiques, qui pensent que l'argent y contribue quand m&#234;me pas mal... On retrouve donc dans les r&#233;ponses les deux extr&#233;mit&#233;s bien connues de tous. Reste une pessimiste dans le tas, qui associe le bonheur &#224; une injure... mais, mais, mais enfin ! Quel paradoxe ! Et une derni&#232;re, plut&#244;t sinc&#232;re, qui veut nous expliquer que le bonheur, c'est plusieurs morceaux &#224; rassembler, &quot;comme un puzzle&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quand je suis triste je...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pleure... une r&#233;ponse typiquement f&#233;minine, para&#238;t-il. On vient donc ici confirmer la coutume, le plus grand nombre d'entre elles pleurent quand elles sont tristes, que d'&#233;motives... c'est trop d'hormones, tout &#231;a ! Les plus solitaires pr&#233;f&#232;rent rester &#224; l'&#233;cart de tout et de tous. Elles font passer leur tristesse comme cela, et adoptent une attitude contraire et non-conformiste. Je garde le meilleur pour la fin, pour celles qui ne manquent pas de culot je vous conseille la r&#233;ponse la plus coquine : &quot;Quand je suis triste... je vais draguer&quot;, c'est vraiment pas commun !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Je suis fi&#232;re de...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on leur demande de nous parler de leur fiert&#233;, y' a pas photo... D'un c&#244;t&#233; les mamans qui affirment sans h&#233;siter que c'est leur p'tit bout de chou qui les rend les plus fi&#232;res. De l'autre, c'est elles-m&#234;mes qui les inspirent : leurs actes, ce qu'elles font en g&#233;n&#233;ral. Pour une minorit&#233;, c'est ce qu'elles ont fait d'inhabituel : on est fi&#232;re d'avoir appris &#224; conduire un 3,5 tonnes, d'avoir fait des enduits... des trucs d'homme, quoi ! Mais attention &#224; vous, les filles, ou votre moiti&#233; va commencer &#224; vous prendre pour son meilleur copain et vous proposer de boire des coups au bistrot du coin... &#199;a peut &#234;tre rigolo de temps en temps, et si &#231;a reste exceptionnel on vous verra du coup comme une virago... Il y a de quoi &#234;tre fi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le plus bel homme du monde c'est...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors l&#224;, bien s&#251;r, quand il faut mettre en avant un homme, et plus pr&#233;cis&#233;ment le plus bel homme du monde... c'est le leur. Comment leur en vouloir alors qu'elles sont amoureuses ? De vraies sentimentales, ces filles-l&#224;. On a aussi celles qui admirent encore leur beau p&#244;pa : complexe d'&#339;dipe ou admiration r&#233;elle ? Et puis quand c'est pas p&#244;pa, c'est le fiston... complexe d'&#339;dipe ou maman poule ?
Plus &#233;tonnant encore, celle qui a s&#251;rement une &#226;me religieuse nous dit que son id&#233;al masculin c'est tout simplement &quot;Dieu&quot; : rien de moins ! De la beaut&#233; masculine comme Entit&#233; Divine, on passe aux personnages plus habituels du panth&#233;on des fantasmes f&#233;minins : les acteurs, riches, c&#233;l&#232;bres, beaux (pas toujours) et qui d&#233;gagent d'apr&#232;s elles du &quot;sex-appeal&quot;... No comment ! Vous &#234;tes de vraies femmes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quand j'&#233;tais petite je croyais que...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fois on retombe en enfance... On peut dire que les r&#233;ponses sont tr&#232;s imaginatives et parfois na&#239;ves : des signes qui refl&#232;tent bien l'enfance... Par exemple, quand on croit qu'en creusant un trou pendant un moment on arrivera en Chine ou encore que les chanteurs (&lt;i&gt;d'un disque&lt;/i&gt;) &#233;taient r&#233;tr&#233;cis pour pouvoir chanter dans les enceintes... Faut vraiment avoir de la suite dans les id&#233;es ou &#234;tre ing&#233;nue. Nos dames, redevenues petites filles, bien gav&#233;es de contes de f&#233;es, s'imaginaient par exemple qu'elles allaient devenir Reine et &#233;pouser en cons&#233;quence un beau Roi... J'esp&#232;re que la r&#233;alit&#233; n'est pas trop dure &#224; supporter pour elles. Il y en a d'autres qui pensaient que tout serait beaucoup plus simple une fois adultes et celles, press&#233;es de grandir, qui maintenant (&lt;i&gt;il me semble&lt;/i&gt;) le sont beaucoup moins. On n'oubliera pas la pessimiste du groupe qui se trouvait pas jolie-jolie, ou cette autre qui ne croit plus en des choses comme l'amour, Dieu, et le paradis. Je leur r&#233;pondrai que la vie r&#233;serve encore d'autres moments pour croire... Pour terminer, les r&#233;ponses les plus conventionnelles : les filles naissent dans les roses et les gar&#231;ons dans les choux, le P&#232;re No&#235;l existe, le P&#232;re Fouettard aussi... On n'ajoutera rien &#224; cela, si ce n'est qu'il est normal de croire, m&#234;me si la r&#233;alit&#233; n'a rien d'un conte de f&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les femmes sont...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et la question qui nous br&#251;le les l&#232;vres est... les relations entre femmes sont-elles vraiment mesquines et conflictuelles ? Tr&#232;s peu de critiques ou d'injures pour d&#233;crire la femme, mais tout de m&#234;me... On lit parfois des r&#233;ponses plut&#244;t masculines : les femmes sont des objets, d'autres les trouvent un peu mena&#231;antes ou r&#233;pondent qu'elles sont &quot;dangereuses&quot;. Pour autant on sait tr&#232;s bien que m&#234;me si dans certains contextes les femmes se tirent dans les pattes, en majorit&#233;, elles se consid&#232;rent tout de m&#234;me comme de vraies &quot;alter ego&quot;, des &quot;amies&quot;. Pour elles, l'amiti&#233; entre femmes a une tr&#232;s grande valeur et se traduit par de la compr&#233;hension, de la compassion et de la complicit&#233;. Peut-&#234;tre parce qu'elles reconnaissent parfois qu'elles ont la m&#234;me destin&#233;e. Pour les citer encore, les femmes sont &quot;belles et aimantes&quot; et on va jusqu'&#224; dire qu'elles sont &quot;s&#339;urs&quot;... un peu exag&#233;r&#233;, quand m&#234;me, cette solidarit&#233; f&#233;minine, non ? Sans qu'elles marchent vraiment la main dans la main, on peut penser que l'&#233;mancipation de la femme a mod&#233;r&#233; les rivalit&#233;s entre elles. Une courageuse f&#233;ministe nous affirme aussi que &quot;la femme est l'&#233;gale de l'homme et plus&quot;... On ne sait trop quoi dire si ce n'est d'encourager cet orgueil bien plac&#233;, m&#234;me si cette &#233;galit&#233; reste peu imaginable. Le dernier mot &#224; la r&#233;ponse la plus directe. Pourquoi en effet ne pas s'arr&#234;ter aux choses les plus simples, et dire que la femme est &quot;un &#234;tre humain &quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les hommes sont...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah, enfin, le sexe oppos&#233;... Ces hommes qui nous ont aim&#233;es et qui nous ont conduites au septi&#232;me ciel... mais qui se sont envol&#233;s &#224; leur tour en changeant de cap. Le pire, c'est qu'ils pensent qu'il faudra un jour les remercier pour &#231;a ! On comprend tr&#232;s vite que la plupart de ces femmes ont de gros contentieux &#224; r&#233;gler. Il suffit juste d'&#234;tre attentif aux injures, attributs n&#233;gatifs qu'elles donnent pour comprendre qu'elles ne leur accordent pas beaucoup d'admiration. On ne citera donc pas les termes employ&#233;s au risque de choquer les &#226;mes sensibles ou nos lecteurs masculins. Il en reste heureusement parmi elles qui n'oublient pas que parmi ces &quot;autres &#234;tres humains&quot; figure probablement celui qui sera leur compagnon du futur... mais en attendant le futur, avouons qu'il n'y a pas foule pour les &#233;loges et les compliments.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On dit : &#171; &#224; Micasar &#187;</title>
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		<dc:date>2008-02-14T09:05:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbara Marin</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Usine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Itin&#233;raires crois&#233;s d'un ouvrier et d'une ancienne entreprise marseillaise, qui a laiss&#233; son nom &#224; la datte Micasar.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/algerie" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1972, Sahnoune Ben A&#239;ssa, 54 ans, a rejoint la soci&#233;t&#233; de traitement et de conditionnement de fruits secs, alors sise boulevard Michelet : &#171; &lt;i&gt;D'abord Micasar, elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1957 : ils &#233;taient trois - c'est le patron qui m'avait expliqu&#233; ce que veut dire le mot &quot; Micasar &quot; - trois copains qui ont cr&#233;&#233; une entreprise de fruits secs. Un, il s'appelait Michel, l'autre Casanova, le troisi&#232;me Arbona : &quot;Mi&quot; c'est Michel, &quot;Cas&quot; c'est Casanova, &quot;Ar&quot; c'&#233;tait Arbona.&lt;/i&gt; &#187; Vie des dattes et fruits du labeur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un, je l'ai pas connu parce que j'&#233;tais jeune, il est d&#233;c&#233;d&#233;, l'autre il a voulu cr&#233;er une autre entreprise, donc il est rest&#233; que lui, Arbona. Et depuis il a cr&#233;&#233;, &#233;volu&#233;, progress&#233;. Il travaillait pour la France mais il faisait beaucoup d'export sur les pays scandinaves et il a achet&#233; des &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Datte' class='spip_out' rel='external'&gt;dattes&lt;/a&gt; d'Alg&#233;rie, des figues et des abricots de Turquie et il les conditionnait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment proc&#233;dait-on &#224; la &quot;transformation&quot; des dattes ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les dattes naturelles, on les touchait pas : on les d&#233;coupait, on faisait des bouquets de 250, de 500 grammes mais les dattes qu'on recevait en vrac, c'&#233;tait tout m&#233;lang&#233; : y'avait des dattes un peu grasses, c'est souples, apr&#232;s y'a les moins souples et les s&#232;ches. Lui, il les faisait trier sur des tapis, il &#233;cartait les s&#232;ches d'un c&#244;t&#233;, les demi-grasses, les grasses. Ensuite, nous, on les travaillait : y'avait des dattes tellement dures qu'on trempait dans l'eau, entre une heure et trois heures. Une fois tremp&#233;es, on les passait dans des fours &#224; vapeur et on les faisait cuire. &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait dans des paniers en osier. On les mettait sur des sortes d'&#233;tag&#232;res, on appelait &#231;a une &#233;tuve, et une fois qu'elle &#233;tait pleine, on fermait, on la mettait en marche et la cuisson variait entre quatorze et vingt heures parce que c'est des dattes vraiment s&#232;ches. On faisait des contr&#244;les, elles variaient entre 21 et 22% d'humidit&#233;, donc, une fois qu'elle l&#226;chait son jus naturel, elle &#233;tait arriv&#233;e &#224; terme. Ensuite, on les trempait pour leur donner un aspect naturel : on avait des bacs en inox et on mettait 50% d'eau, 10% de glyc&#233;rine et 40% de glucose, on le chauffait &#224; 60&#176; parce que c'est la temp&#233;rature id&#233;ale pour lutter contre les bact&#233;ries, et on les trempait dix-quinze minutes dans ce bain de glucose. Ensuite on les &#233;gouttait, on les mettait dans une chambre, pas climatis&#233;e &#224; l'&#233;poque, mais bien propre. Apr&#232;s, on a cr&#233;&#233; des salles climatis&#233;es, comme &#231;a le fruit ne perd pas son humidit&#233;. Une fois qu'elles &#233;taient froides, le lendemain, on les montait &#224; l'&#233;tage du conditionnement, on les mettait dans des barquettes de 250 grammes, 500 grammes, 1 kilo, c'&#233;tait le fameux coffret, l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; provenaient les dattes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles arrivaient d'Alg&#233;rie, de Tunisie. Les dattes en branches naturelles, on les touchait pas parce qu'elles sont d&#233;j&#224; arriv&#233;es &#224; maturit&#233;, elles sont grasses, c'est fragile, elles sont dans les branches. Celles qu'on conditionnait, c'est les retomb&#233;es, celles qui sont tomb&#233;es de l'arbre ou qui sont pas arriv&#233;es &#224; maturit&#233; parce que dans un fruit - avant, moi, je connaissais rien dans la datte - y'a le m&#226;le et la femelle. C'est bizarre, h&#232;, si y'a pas le m&#226;le et la femelle, on n'a pas de fruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;tiez-vous employ&#233; saisonnier ou permanent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La premi&#232;re ann&#233;e, j'ai &#233;t&#233; saisonnier pendant trois mois et demi, et comme &#231;a m'a plu&#8230; Quand j'ai fini mes &#233;tudes, j'avais un m&#233;tier en carrosserie peinture. Bon, en attendant, &#224; l'&#233;poque c'&#233;tait tr&#232;s difficile de trouver du travail, aussi, et quand vous sortez de l'&#233;cole, on vous demande toujours de l'exp&#233;rience, et comme j'avais rien trouv&#233; dans ma branche, j'ai regard&#233; le journal et on demandait une annonce dans les fruits secs. Je ne savais m&#234;me pas ce que c'&#233;tait saisonnier, j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;C'est quoi, &#231;a ? Qu'est-ce qu'on fait ? - On travaille dans la datte, les pruneaux, les figues, on fait du triage, on calibre les fruits. - Bon, &#231;a va.&lt;/i&gt;&quot; Pour se d&#233;panner, c'est toujours &#231;a, quand on est jeune, h&#232;. Et apr&#232;s, j'avais trouv&#233; un travail et &#231;a m'a pas plu et il m'a rappel&#233;, monsieur Arbona, le fondateur, et l&#224; il m'a fait un CDI et depuis, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes marseillais de naissance ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Adoptif, je suis venu &#224; l'&#226;ge de deux ans en France avec mes parents, ils sont originaires d'Alg&#233;rie et depuis je suis &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'expression : &quot;Si tu ne travailles pas bien &#224; l'&#233;cole, tu iras travailler aux dattes&quot;, vous l'avez entendue, &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, je pense que ce sont les gens qui se sont fait cette id&#233;e-l&#224;, h&#232;, parce que moi j'avais mes dipl&#244;mes, y'avait des gens qui &#233;taient encore plus dipl&#244;m&#233;s que moi et ils venaient travailler. Oh ! B&#232;, je me rappelle, quand je suis rentr&#233;, mon papa il me disait : &quot;&lt;i&gt;Mais c'est une usine pour les femmes, c'est pas bien pay&#233;, c'est une usine de fain&#233;ants !&lt;/i&gt;&quot; Il m'avait fait trop rire. Y'a eu ces termes-l&#224;, mais j'ai pas entendu : &quot;&lt;i&gt;Si tu travailles pas bien &#224; l'&#233;cole, tu iras travailler aux dattes.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La saison commen&#231;ait quand ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle commen&#231;ait toujours au mois de septembre, disons jusqu'&#224; fin d&#233;cembre, mais on &#233;tait beaucoup, &#224; l'&#233;poque. L'usine a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, ensuite il a achet&#233; une deuxi&#232;me usine vers le chemin du Rouet, on appelait &#231;a Marseille Dattes. C'&#233;tait un entrep&#244;t, il l'a agrandi, modernis&#233; et tout. Apr&#232;s il avait une troisi&#232;me usine, c'&#233;tait &#224; Roger Salingro, &#224; Arenc. Il faisait le pruneau, la cacahu&#232;te, des arachides sal&#233;es, grill&#233;es en coque. L'usine de Villecroze, elle a &#233;t&#233; achet&#233;e en 1975. Autrement, jusqu'&#224; 75, on &#233;tait au boulevard Michelet. Comme il s'est agrandi, il recevait des containers, y'avait des camions qui faisaient 30 m&#232;tres de long, ils arrivaient pas &#224; circuler et comme l&#224;, le parking &#233;tait immense, les camions ils rentraient et on les chargeait. Ils venaient de Su&#232;de, de Norv&#232;ge, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre, de partout. Monsieur Arbona a travaill&#233; jusqu'en 1989, apr&#232;s il a commenc&#233; &#224; vieillir, ses enfants n'arrivaient pas &#224; s'entendre et en fin de compte, il a vendu ses actions &#224; Monsieur Saman en 1990. Il est rest&#233; avec nous une dizaine d'ann&#233;es, ensuite on a &#233;t&#233; rachet&#233; par des Am&#233;ricains, le groupe Dole. C'est pareil, eux, ils &#233;taient pas en perte, mais ils voulaient gagner davantage : ils nous ont gard&#233; dix ans, apr&#232;s ils nous ont revendu &#224; France Prune et depuis 2005, on est &#224; Ma&#238;tre Prunille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;taient les gestes du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait beaucoup de manutention, c'&#233;tait physique. La premi&#232;re journ&#233;e, quand je suis arriv&#233;, on avait re&#231;u des dattes, elles arrivaient par bateau. Je suis parti avec un chauffeur au port autonome, nous on chargeait les camions, c'&#233;tait des caisses en bois, on mettait sur les palettes SNCF et on amenait &#224; l'usine. L&#224;, clac ! On d&#233;chargeait, on ouvrait les caisses et on vidait les dattes sur des tapis, y'avait des femmes qui triaient, on calibrait les fruits. Voil&#224;, c'&#233;tait ma premi&#232;re journ&#233;e, &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous aviez des outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, pour les gens qui vidaient les caisses, on avait peur qu'y se coupent, on avait des gants, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les trieuses de dattes portaient le tablier, le fameux &quot;cagoulo&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Maintenant, on est dans les normes europ&#233;ennes, avant c'&#233;tait comme des sauvages, quoi : les gens travaillaient avec les bagues, les boucles d'oreille. Oui, elles avaient quand m&#234;me une tenue de travail, chacun il achetait un tablier, des gants, y'en a qui mettaient des coiffes, y'en a qui mettaient pas, h&#232;, c'&#233;tait pas une obligation, avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles &#233;taient les conditions de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait physique, p&#233;nible : on chargeait les camions, on recevait des caisses qui faisaient 30 kilos, il fallait prendre un rythme, aller vite. Bon, quand on est jeune, on sent pas trop la fatigue mais quand on prend de l'&#226;ge, on la sent. On recevait des sacs de pruneaux qui faisaient 100 kilos, il arrivait le container, y'avait deux personnes en bas et deux en haut avec le diable et ils le mettaient sur la palette. Y'a des journ&#233;es o&#249; on &#233;tait &#233;puis&#233;s. B&#232; &#224; l'&#233;poque, on se faisait pas huit heures par jour, h&#232;, on travaillait le samedi matin. On faisait 47- 48 heures, et j'ai m&#234;me un record : c'est une fiche de paye - avant les fiches de paye, elles &#233;taient fines comme &#231;a, quand je suis rentr&#233;, j'&#233;tais pay&#233; 4,50 &#8355; de l'heure - j'ai fait 72 heures dans la semaine. On commen&#231;ait &#224; six heures du matin, on finissait &#224; sept, huit heures du soir. Le samedi, des fois on arrivait &#224; travailler toute la journ&#233;e. On n'&#233;tait pas oblig&#233;s, on faisait &#231;a pour gagner plus d'argent, h&#232;. Quand on est jeune, quand vous voulez avoir quelque chose, b&#232; : &quot;&lt;i&gt;Vite, je vais travailler plus pour en avoir sinon, j'y arriverai jamais.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous plaisait, dans cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, franchement, c'est la transformation du fruit. Au d&#233;but, on savait pas qu'on faisait &#231;a : les dattes s&#232;ches, on les trempait dans l'eau, on les mettait dans les fours &#224; &#233;tuve et apr&#232;s quand on les glucosait, on dirait qu'on vient de les ramasser du palmier, j'arrivais pas &#224; comprendre cette histoire. Parce qu'en r&#233;alit&#233; une datte s&#232;che, tout son sucre il est &#224; l'int&#233;rieur. Y'a des dattes meurtries, on appelle &#231;a des dattes mortes, elles sont pas arriv&#233;es &#224; maturation, celles-l&#224; on peut rien faire, on les jetait. Elles &#233;taient dures comme le mur, vous pouviez les mettre quarante heures, elles cuisaient pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations aviez-vous avec les autres travailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, tr&#232;s bonnes, y'avait une tr&#232;s bonne ambiance, quoi. Oui, on &#233;tait tr&#232;s tr&#232;s solidaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#233;tiez combien, &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En 72, on &#233;tait quand m&#234;me 1000 &#224; 1500 personnes. Il avait m&#234;me mis des bus &#224; disposition du personnel, gratuits : y'avait un bus qui partait du boulevard Michelet, il faisait les quartiers nord, il ramassait le personnel et il ramenait les travailleurs le soir en sortant &#224; 17 heures, y'avait des points d'arr&#234;t, et y'en avait qui partaient &#224; la Ciotat en bus, Cassis. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait important, h&#232; ! Ah oui, Micasar est devenue renomm&#233;e, renomm&#233;e mondiale. Apr&#232;s, Arbona a eu sa propre marque, J.A., dans les Carrefours elle y est toujours. Les coffrets, les Su&#233;dois, les Norv&#233;giens, Italiens, ils connaissaient que &#231;a. Pourtant y'avait des usines de fruits secs, de dattes, ils venaient chez nous, c'est vrai qu'ils achetaient de la bonne marchandise. Maintenant un peu moins, ils ach&#232;tent le premier prix et ils travaillent mal. On a fait une r&#233;union, avec des coll&#232;gues &#224; moi, on leur a dit : &quot;&lt;i&gt;Vous allez perdre des clients.&lt;/i&gt;&quot; Au fur et &#224; mesure, le groupe il va mal, h&#232;. D'abord France Prune, je sais pas comment ils travaillaient, je les connais pas mais c'est un groupe de paysans et ils sont financ&#233;s par le gouvernement, ils ont la subvention europ&#233;enne et dans deux ans, il para&#238;t qu'ils vont leur couper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui &#233;taient ces travailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'avait de tout, vous savez comment c'est, Marseille, &#231;'a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a : d'origine kabyle, Fran&#231;ais, Espagnols, Italiens&#8230; De toute fa&#231;on, ils regardaient pas, ils regardaient le travail et prenaient les gars s&#233;rieux. Ah ! oui, il fallait travailler s&#233;rieusement. D'abord il le voyait, le responsable, il me disait : &#171; &lt;i&gt;Lui, il fait pas l'affaire.&lt;/i&gt; &#187; Y'avait beaucoup plus de femmes que d'hommes, c'est-&#224;-dire, les hommes ils &#233;taient plus dans le chargement, la logistique. Les femmes, leur sp&#233;cialit&#233; c'&#233;tait le remplissage des coffrets, triage et calibrage du fruit, du plus petit au plus gros. &#192; l'&#233;poque, on fabriquait nos bo&#238;tes, maintenant c'est des bo&#238;tes en plastique, un peu ovales, de 227 grammes. C'est des distributeurs anglais qui les prennent, c'est marqu&#233; &quot;&lt;i&gt;Eat me&lt;/i&gt;&quot; dessus, Sainsbury's, Morrison. Jusqu'&#224; pr&#233;sent ils continuent, parce que maintenant ils ont ferm&#233;, l&#224; ils ont mont&#233; une usine dans le Lot-et-Garonne. Ils m'ont propos&#233; de monter, je peux pas : toute ma famille est l&#224;, j'ai pass&#233; ma vie ici. Moi, dans trois ans j'aurai mes points de retraite, je vois pas pourquoi je vais m'emb&#234;ter pour trois ans. Je leur ai dit : &quot;&lt;i&gt;Je veux bien monter, vous donner mon exp&#233;rience, mais une fois par semaine je descends voir mes enfants. - Oh non ! Ca revient cher et tout.&lt;/i&gt;&quot; Alors, j'ai chang&#233; de fonction, m&#234;me je sais pas si ils ont droit de le faire, d'abord je vais me renseigner, ils m'ont diminu&#233; le salaire de 350 euros. Depuis le 1er juin je suis sur Vitrolles, ils m'ont donn&#233; un poste du laboratoire de contr&#244;le qualit&#233; et j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de me sacrifier, h&#232;, pour trois ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce poste au laboratoire de contr&#244;le qualit&#233; vous pla&#238;t ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il me pla&#238;t tr&#232;s bien mais c'est beaucoup de choses aussi que je savais. J'ai pas fait des &#233;tudes pour le labo mais c'est pas si dur que &#231;a, h&#232;. Ils ont vu, alors il est arriv&#233; le directeur : &quot;&lt;i&gt;Eh ! Monsieur Sahnoune, je vois que vous avez vite appris !&lt;/i&gt;&quot; Bon, quand on fait de la microbio, on fait des analyses de so2, le taux de souffre, par exemple l'abricot sec, en r&#233;alit&#233; il est pas orange, il est fonc&#233;, le souffre, il le garde orange mais si y'a trop de souffre, c'est pas bon pour la sant&#233;. Nous on calcule, y'a une norme, une tol&#233;rance de souffre de 2000 ppm.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que faites-vous si le taux de souffre d&#233;passe la norme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232; c'est la direction qui va voir le fournisseur : &quot;&lt;i&gt; Attention, y'a un risque pour la sant&#233;&lt;/i&gt;&quot;, ils renvoient la marchandise ou ils s'arrangent entre eux. Parce que quand je fais des contr&#244;les, je le vois quand y'a trop de souffre, &#231;a vient de Turquie, qu'est-ce qu'y font, ils les lavent et ils font s&#233;cher et nous apr&#232;s on recontr&#244;le mais des fois &#231;a d&#233;passe. La derni&#232;re fois, ils ont eu une r&#233;clamation, une cliente a eu des probl&#232;mes, elle avait mang&#233; une figue, y'avait trop de produit. Il faut faire attention, vous empoisonnez les clientes, l&#224;. Si vous voyez un paquet de figues transparent, elle est claire la figue, elle a un bel aspect, le client est attir&#233; par l'aspect mais en r&#233;alit&#233; elle est pas bonne, elle est lav&#233;e, elle est travaill&#233;e mais quand vous la voyez un peu plus fonc&#233;e, l&#224; elle est bonne. Quand on les lave et tout elles fermentent vite, les figues c'est encore plus fragile que les dattes. Une branche de dattes, pendant six-sept mois, elle bouge pas, h&#232;. Ah oui ! C'est incroyable, moi j'ai fait l'exp&#233;rience &#224; la maison, une fois, b&#232; elle a pas boug&#233;. Elle a pas besoin d'&#234;tre en frigo, un endroit quand m&#234;me ni trop chaud parce que la datte craint l'humidit&#233; et la chaleur : une temp&#233;rature &#224; 20&#176; &#231;a suffit, elle bouge pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que reste-t-il de Micasar ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D'abord, m&#234;me quand il nous a repris, Mr Saman, les gens ils disaient toujours Micasar, pas Saman. M&#234;me les derniers temps, la standardiste, des fois quand elle recevait des appels, elle disait : &quot;&lt;i&gt;Micasar, bonjour&lt;/i&gt;&quot; ! Apr&#232;s elle se rattrapait mais, &#231;a reste, h&#232;. Les gens y disent : &quot;&lt;i&gt;Oh ! Tu travailles o&#249; ? - Je travaille aux dattes, &#224; Micasar, dans les fruits secs.&lt;/i&gt;&quot; On dit m&#234;me pas les fruits secs, on dit : &quot;&lt;i&gt;&#192; Micasar.&lt;/i&gt;&quot; Ah ! C'&#233;tait connu dans tout Marseille, h&#232;, les Bouches-du-Rh&#244;ne, de partout, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez gard&#233; des amis de l&#224;-bas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, j'ai gard&#233; beaucoup d'amis, de temps en temps je les vois ; malheureusement, y'en a qui sont d&#233;c&#233;d&#233;s, c'est la vie. On avait de tr&#232;s bonnes relations, y'avait une tr&#232;s bonne ambiance. Tellement que la fatigue, on la sentait m&#234;me pas. Moi, franchement, &#231;a me manque, maintenant que j'ai chang&#233; de fonction. C'&#233;tait une belle histoire, y'avait un bon groupe, c'&#233;tait bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Regrettez-vous ce temps-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui ! C'est dommage, h&#232;, parce que l&#224; ils ont ferm&#233; &#224; cause de probl&#232;mes financiers. Ils ont voulu vendre, les derniers temps. L'adjoint au directeur, il habite encore sur les lieux, dans des appartements de fonction. Moi j'ai pos&#233; la question : &quot;&lt;i&gt;Alors, vous &#234;tes arriv&#233;s &#224; vendre ? - Non, la Mairie&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Parce que eux, ils croyaient le vendre pour l'immobilier, ils prennent de l'argent, c'est immense, plus de 3 millions d'euros, facile, alors la Mairie leur a dit : &quot;&lt;i&gt;C'est un patrimoine marseillais et &#231;a restera une usine ou un d&#233;p&#244;t, mais &#231;a se vendra jamais pour l'immobilier.&lt;/i&gt;&quot; Et l&#224;, ils ont les boules parce qu'on travaillait de plus en plus : le travail, il a &#233;volu&#233; parce qu'avant les saisonniers travaillaient de septembre &#224; d&#233;cembre, maintenant on produit toute l'ann&#233;e. Ils gagnaient beaucoup d'argent alors qu'&#224; Vitrolles, ils font des fruits secs mais ils travaillent pas beaucoup et ils avaient beaucoup de pertes, plus de 50%. Nous, avec les dattes, on couvrait leurs frais, de 600 millions d'euros dans l'ann&#233;e. Et l&#224;, &#224; chaque fois, ils venaient me voir du Lot-et-Garonne ; il m'appelle &#171; le sorcier de la datte &#187;, le nouveau directeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ce surnom ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que des fois je lui dis : &#171; &lt;i&gt;&#199;a, comme &#231;a&lt;/i&gt; &#187; et il me fait : &#171; &lt;i&gt;Comment vous savez que la datte est cuite ?&lt;/i&gt; &#187; C'est l'exp&#233;rience qui joue : &quot;&lt;i&gt;Elle est cuite, elle a son jus, elle varie entre 22-23%. - Vous pouvez la contr&#244;ler devant moi ?&lt;/i&gt;&quot; Alors j'enl&#232;ve les noyaux, je prends un demi-kilo, je les hache et je contr&#244;le l'humidit&#233; : &quot;&lt;i&gt;B&#232;, regardez !&lt;/i&gt;&quot; Alors il me dit : &quot;&lt;i&gt;Vraiment, vous &#234;tes un sorcier, tout ce que vous m'avez dit, c'est marqu&#233; !&lt;/i&gt;&quot; - parce qu'on a un tableau, on se base par rapport au tableau. Tout le monde croyait que c'&#233;tait pas un m&#233;tier mais c'est un m&#233;tier, h&#232;, parce que moi, avant d'apprendre parfaitement ce m&#233;tier, j'ai mis dix ans. Mais ils y arrivent pas, dans le Lot et Garonne. Les femmes qui conditionnent, nous on leur donnait un quota, 120 bo&#238;tes &#224; l'heure. Dans les bo&#238;tes marseillaises de 127 grammes, on mettait une quinzaine de dattes en bas, et en haut ils les coiffaient toujours en &#233;pi, ils mettaient treize, quatorze dattes avec une tige en plastique, &#231;a fait naturel, quoi. Et au lieu de faire 120, ils tournent entre 60, 70 bo&#238;tes, &#224; l'heure actuelle. Ils m'avaient demand&#233; comment on faisait - &#224; chaque fois, on m'appelle de Casseneuil, &#224; c&#244;t&#233; d'Agen - j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;Comment ! Vous m'avez diminu&#233; le salaire et soi-disant vous saviez tout faire, eh b&#232; maintenant vous vous d&#233;brouillez. - Ouais, mais y'a des trucs qu'on se rappelle pas.&lt;/i&gt;&quot; Oh ! Moi, je suis pas m&#233;chant, j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;Vous faites comme &#231;a et comme &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, alors il me fait : &quot;&lt;i&gt;Merci.&lt;/i&gt;&quot; Mais ils y arriveront pas, h&#232;, ils ont du mal. C'est dommage qu'ils ont ferm&#233;, l&#224;, pourtant on avait fait gr&#232;ve pendant un mois, h&#232; : il est venu le s&#233;nateur maire, les d&#233;put&#233;s du 15&#232;me, 14&#232;me, 16&#232;me. Apr&#232;s, quand ils veulent vendre, un patron, il veut vendre, h&#232;. On n'a pas pu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Barbara Marin le 10/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On allait voir coucher les trams</title>
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		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Le tramway dans les ann&#233;es 40, &#224; Marseille. Souvenirs.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/le-tramway-autrefois/" rel="directory"&gt;Le tramway autrefois&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/serenite" rel="tag"&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui adepte du m&#233;tro, Suzanne Muller fut autrefois une passag&#232;re r&#233;guli&#232;re du tram qu'elle d&#233;couvrit en arrivant &#224; Marseille. Nous &#233;tions en 1942, elle avait 22 ans. L'adoption de ce moyen de locomotion &#233;tranger &#224; N&#238;mes, sa ville natale, fut imm&#233;diat. C'&#233;tait le progr&#232;s : &quot;C'&#233;tait bien...&quot;aupr&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moi, j'ai connu beaucoup de gens qui ont travaill&#233; l&#224;-dedans, &#224; la rue Sennac. Mais &#231;a, c'&#233;tait les bureaux. On n'avait pas besoin de dipl&#244;me, oh non ! Tout le monde pouvait y entrer. Et ceux qui travaillaient au tram, c'&#233;tait quelque chose ! Ils &#233;taient respect&#233;s, ah oui ! J'en ai connus qui ont conduit le tram : Monsieur Charret est d&#233;c&#233;d&#233;, m&#234;me les dames, je crois qu'elles sont d&#233;c&#233;d&#233;es. Parce que les gens qui rentraient n'avaient pas 25 ans, ils &#233;taient plus &#226;g&#233;s, enfin... &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ballades d'hier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus d'o&#249; il partait, &#224; l'&#233;poque. Il y avait le d&#233;p&#244;t, l&#224; o&#249; il y a le D&#244;me. Quand mon fils &#233;tait petit, en 44, on allait voir coucher les trams, c'&#233;tait notre distraction. Il y avait l'aiguillage, juste l&#224; au coin. Le soir, on entendait l'aiguillage, le tram qui passait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y avait pas beaucoup de voitures, beaucoup prenaient le tram, tout le monde le prenait. Je le prenais. J'&#233;tais &#224; Sainte Marthe. On s'y habituait. C'&#233;tait en bois. Quand on faisait la Corniche, c'&#233;tait bien. C'&#233;tait des bancs, l'un en face de l'autre. Moi, j'aimais bien &#234;tre devant, les regarder tourner leurs manivelles pour conduire le tram. Mon mari allait jusqu'&#224; la Mairie puisqu'il y travaillait &#224; ce moment-l&#224;. Et nous, souvent, on allait jusqu'&#224; la Timone, parce qu'on avait une tante qui habitait l&#224;-bas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On achetait les billets dans les bars-tabac ou sur le tram, par carnet de six ; des petits tickets jaunes. Je ne me souviens plus du prix du billet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait les chevaux qui descendaient, mais des voitures, y'en avait tr&#232;s peu. Les mara&#238;chers de Chateau-Gombert, d'Allauch, ils passaient l&#224;, devant, ils descendaient. Nous, on a eu la voiture en 55. On ne l'utilisait que le dimanche. Parfois m&#234;me on ne la prenait pas ; on allait jusqu'au Vieux-Port avec le tram puis on montait au Pharo &#224; pied. Mon mari partait toujours travailler en tram, mais il marchait beaucoup aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a arrivait souvent qu'il tombe en panne. &#192; l'aiguillage, y'avait toujours quelque chose qui ne marchait pas. Ils s'arr&#234;taient, ils attendaient qu'on vienne le r&#233;parer. Les gens descendaient, ils marchaient &#224; pied. Les rails, &#231;a g&#234;nait. Il fallait faire attention, si vous mettiez vos roues dans les rails, c'&#233;tait pas facile... Un jour, mon mari revenait de son travail, le tram a frein&#233; et mon mari est tomb&#233; sur la vitre. Il s'&#233;tait cass&#233;... Il a &#233;t&#233; &#224; la pharmacie pour son bras. Vous savez, &#224; ce moment-l&#224;, ils freinaient comme ils pouvaient. Mais il n'allait pas vite, vous savez, vous auriez pu presque descendre en marche.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Chanson d'aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de la Maison du Tram l'autre jour, mais je n'y suis pas rentr&#233;e, j'avais pas le temps. Moi &#231;a ne m'int&#233;resse pas. J'ai le m&#233;tro, &#231;a me suffit. Mais les bus, les cars, c'est bien. Les transports, maintenant, c'est plus confortable, &#231;a va plus vite, c'est moins emb&#234;tant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Je regarde un peu aux Cinq avenues... Le tramway va passer, mais... Comment &#231;a va marcher, si le tramway ne s'arr&#234;te pas, pour les voitures ? Ils vont mettre des feux rouges pour arr&#234;ter ? Je ne sais pas si &#231;a va enlever beaucoup de voitures. Les gens sont habitu&#233;s &#224; utiliser la voiture ; ils continueront. Ou alors il faut construire des parkings, comme ils avaient fait du c&#244;t&#233; du D&#244;me, mais ils ne s'y sont pas mis. Je sais pas o&#249; ils les mettraient. C'est cher, les parkings... Non, il faut reconna&#238;tre, si vous vous garez en double-file, vous vous faites attraper. Et puis, avec toutes ces voitures, on ne peut plus passer avec les poussettes, il faudrait supprimer les voitures sur les trottoirs, parce que on peut plus circuler, c'est vrai, on peut plus marcher. Sur l'avenue des Chartreux, autrefois, il y avait des platanes. D'ailleurs, c'&#233;tait un simple chemin, ce n'&#233;tait pas une avenue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;i&gt;Propos recueillis par Christophe P&#233;ridier le 17/01/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les lignes 82a et 82b (sur cette photo le 82b passant devant la plage du Proph&#232;te) &#233;taient deux des lignes de tram les plus agr&#233;ables de Marseille. Elles constituaient les circulaires Prado et Corniche et longeaient sur plusieurs kilom&#232;tres la mer. Elles seront supprim&#233;es en 1954. Une chanson &quot;Tout autour de la Corniche&quot; de V. SCOTTO et R. SARVIL de l'op&#233;rette &quot;Les gangsters du ch&#226;teau d'If&quot;, chant&#233;e par DARCELYS et MARGUETTE WILLY en 1936 a merveilleusement fait d&#233;couvrir, &#224; tous, ce voyage enchanteur :
&quot;Si tu veux tout autour de la Corniche, tous les deux en tramway comme des riches, entre l'eau et le ciel bleu, nous ferons le voyage le plus merveilleux&quot;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#212; flots abracadabrant'Esques...</title>
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		<dc:date>2010-06-07T14:59:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY</dc:creator>


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		<description>&quot;Esche, ann&#233;lid&#233;, ver de vase (genre Hesione ) utilis&#233; comme app&#226;t par les p&#234;cheurs proven&#231;aux (prov. esco).&quot; Nous voici enqu&#234;teurs : quelles sont les particularit&#233;s de ces &quot;esques&quot; dont on nous parle, qui charment et pi&#232;gent les poissons d'ici ? Cynthia Lopuszanski, propri&#233;taire du magasin App&#226;ts Express, nous dit tout de ces petites b&#234;tes... K : Est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter ? Moi, je m'appelle Cynthia Lopuszanski, je suis g&#233;rante de cette boutique depuis un peu plus de cinq ans maintenant. (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/commerce" rel="tag"&gt;Commerce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/peche" rel="tag"&gt;P&#234;che&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Esche, ann&#233;lid&#233;, ver de vase (genre Hesione [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?f...' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]) utilis&#233; comme app&#226;t par les p&#234;cheurs proven&#231;aux (prov. esco).&quot;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nous voici enqu&#234;teurs : quelles sont les particularit&#233;s de ces &quot;esques&quot; dont on nous parle, qui charment et pi&#232;gent les poissons d'ici ? Cynthia Lopuszanski, propri&#233;taire du magasin App&#226;ts Express, nous dit tout de ces petites b&#234;tes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous pouvez vous pr&#233;senter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je m'appelle Cynthia Lopuszanski, je suis g&#233;rante de cette boutique depuis un peu plus de cinq ans maintenant. Voil&#224;... je suis d'une famille de p&#234;cheurs et de commer&#231;ants de p&#234;che donc je prends la rel&#232;ve, on va dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez toujours v&#233;cu &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La p&#234;che, c'est une passion pour vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Depuis que je suis petite. Mes parents m'emmenaient &#224; la p&#234;che, on fait des voyages p&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut avoir un dipl&#244;me sp&#233;cial pour tenir ce genre de magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, absolument pas. Il faut avoir un peu des notions de gestion et de commerce. Mais pas du tout de dipl&#244;me sp&#233;cial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez repris le magasin, vous connaissiez les anciens propri&#233;taires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne connaissais pas vraiment les anciens propri&#233;taires. Mais je le leur ai repris. En fait ici c'est le plus vieux magasin de p&#234;che de Marseille, il a plus de 70 ans. Il y a eu plusieurs propri&#233;taires successifs, on va dire. Je suis la derni&#232;re. Moi, je connais ce milieu depuis longtemps parce que ma m&#232;re a eu pendant plus de trente ans un magasin de p&#234;che &#224; la Pointe Rouge, donc quand j'&#233;tais petite je filais souvent un coup de main &#224; la boutique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous pouvez vous &#233;tendre un peu plus sur l'histoire de ce magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A ce qu'on m'a dit - maintenant il faut voir - c'est le plus vieux magasin de p&#234;che de Marseille. La particularit&#233;, c'est qu'il a &#233;t&#233; souvent tenu par des femmes. Et les femmes, dans ce milieu, y en a pas &#233;norm&#233;ment !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous constatez une &#233;volution de Marseille, un changement de la ville, de la population, des habitudes de vie... ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3406 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:167px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L167xH250/IMG_1837-1f346.jpg' width='167' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:167px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Par rapport au magasin ? De plus en plus de jeunes se mettent &#224; la p&#234;che, ce qui fait plaisir parce que c'est quand m&#234;me une activit&#233; saine : on est au bord de l'eau, on est proches de la nature, c'est agr&#233;able. Maintenant, une &#233;volution... peut-&#234;tre on a perdu pas mal de p&#234;cheurs parce qu'y a la grande digue du Large, qui est entre le Vieux-Port et l'Estaque, qui a &#233;t&#233; ferm&#233;e pendant longtemps, donc y a eu une grosse perte de p&#234;cheurs... L&#224; c'est r&#233;-autoris&#233; depuis deux ans, donc &#231;a recommence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a va pas changer, avec Eurom&#233;diterran&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va voir. Ce qui nous fait tr&#232;s peur, c'est le projet du parc national des Calanques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il ne sera plus accessible aux p&#234;cheurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est probable. Pour ce qui est des p&#234;cheurs du bord, on ne sait pas mais pour ce qui est des p&#234;cheurs en bateau, on parle du bord de mer jusqu'&#224; 8000 miles nautiques : interdiction de p&#234;che, ce qui fait que tous ceux qui ont des barques, des petits bateaux, ne pourront plus p&#234;cher, parce qu'ils sont autoris&#233;s &#224; aller que jusqu'&#224; 5000 miles nautiques. Donc &#231;a risque de poser un tr&#232;s gros probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous avez une client&#232;le typique ? Ce sont plut&#244;t des p&#234;cheurs qui font de la p&#234;che en amateur ou en professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En amateur. Apr&#232;s il y a un petit peu de tout. Des jeunes, des moins jeunes, des personnes &#226;g&#233;es, beaucoup de retrait&#233;s aussi p&#234;chent. De tous les milieux sociaux. Ce n'est pas une activit&#233; qui co&#251;te cher... Tout le monde peut aller &#224; la p&#234;che, qu'on soit ais&#233; ou moins ais&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent &#224; Marseille, ou un peu aux alentours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La majorit&#233; p&#234;che sur Marseille. Ensuite, il y a des p&#234;cheurs qui vont p&#234;cher &#224; La Ciotat, aux Lecques, du c&#244;t&#233; de Fos, de Martigues, Carry, la C&#244;te Bleue... Mais la grande majorit&#233; de ma client&#232;le &#224; moi, c'est Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent sur le bord de mer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai les deux, une client&#232;le bateau et une client&#232;le bord de mer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos p&#234;cheurs p&#234;chent &#224; la canne &#224; p&#234;che ou &#224; la palangrote ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils p&#234;chent &#224; la canne &#224; p&#234;che. La palangrote, c'est de moins en moins utilis&#233; je pense. De toute fa&#231;on on ne p&#234;che &#224; la palangrote que du bateau, pas en bord de mer. Donc dans le bateau on a toujours quelques palangrotes qui tra&#238;nent, au cas o&#249; les copains viennent p&#234;cher. La palangrote c'est surtout pour p&#234;cher les petits poissons de roche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rences et les sp&#233;cificit&#233;s de chaque esque ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3402 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH172/IMG_1853-de4c3.jpg' width='250' height='172' alt=&quot;&quot; style='height:172px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Alors, pas de chaque esque, de chaque ver de mer. Je ne vais pas vous faire toute la liste, parce qu'il y a plus de 20 sortes d'app&#226;ts, qui ne sont pas faits pour la m&#234;me chose... Grosso modo, il y a les app&#226;ts &#8220;nobles&#8221;, entre guillemets, avec les bibis, les mourons, les vers am&#233;ricains pour p&#234;cher les gros poissons, les daurades, les sars, les loups. Le ver am&#233;ricain c'est bon pour le pageot aussi.
&lt;br /&gt;Ensuite, il y a ce qu'on appelle les esques, qui sont plus pour p&#234;cher le tout-venant, les poissons de roche, la soupe, les dures, les demi-dures, le jumbo, les saltarelles.
&lt;br /&gt;Et &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a on va avoir des vers saisonniers comme les vers noirs, les cordelles, qui sont &#224; chaque fois pour des types de p&#234;che tr&#232;s sp&#233;cifiques et surtout tr&#232;s saisonniers. Apr&#232;s, il y a d'autres app&#226;ts comme les favouilles, les petits crabes, les piales, les choses comme &#231;a. Mais nous on est vraiment sp&#233;cialis&#233;s dans le ver marin. Sur le site de &lt;i&gt;Normandie App&#226;ts&lt;/i&gt;, qui est notre fournisseur, il y a tous les types d'app&#226;t avec les saisons, les types de poissons. Leur site est pas mal fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes importatrice ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas du tout. Mon p&#232;re est importateur-exportateur de vers de mer du Nord, c'est &lt;i&gt;Normandie App&#226;ts&lt;/i&gt;, qui est le plus gros distributeur europ&#233;en. Donc ils ont la quasi-totalit&#233; du march&#233;, surtout en France. Il conna&#238;t les vers depuis 40 ans, les &#233;tudie, d&#233;veloppe avec mon oncle tout ce qui est conditionnement des vers, recherche de nouvelles esp&#232;ces... pas de nouvelles esp&#232;ces car elles existent, mais pouvoir importer des esp&#232;ces, c'est pas &#233;vident. Quand on les prend dans les pays chauds, il y a tout un syst&#232;me de conservation/r&#233;frig&#233;ration qui est tr&#232;s compliqu&#233;, du moment o&#249; elles sont ramass&#233;es jusqu'&#224; ce qu'elles arrivent dans le magasin de p&#234;che. Ils ont une grande exp&#233;rience du terrain, savoir si &#231;a marche ou &#231;a ne marche pas... Parce qu'une fois qu'on a trouv&#233; un ver, qu'on arrive &#224; le conditionner, encore faut-il qu'il convienne pour la p&#234;che sur certaines zones ; ou bien on trouve des vers qui conviennent mais qui sont tr&#232;s d&#233;licats &#224; importer. Il y a un tr&#232;s gros travail en amont avant de commercialiser un simple ver.
&lt;br /&gt;Donc moi aussi depuis que je suis petite, je voyage pour aller voir les vers, les zones de ramassage, pour essayer de trouver les meilleurs syst&#232;mes de bo&#238;tes et de liti&#232;res pour que le ver dure le plus longtemps possible. Il y a eu une tr&#232;s grosse &#233;volution depuis plus de 30 ans l&#224;-dessus : avant les vers on les gardait 2-3 jours, maintenant on peut les garder 15- 20 jours sans probl&#232;me et encore &#231;a d&#233;pend des esp&#232;ces, des saisons. Mais, moi je ne travaille pas pour Normandie App&#226;ts, je suis g&#233;rante de magasin et je suis leur cliente. Je m'y connais bien parce que j'ai fait beaucoup de voyages, je suis dans leurs labos, entre guillemets pour &#233;laborer ce qui va faire en sorte que le ver reste le plus attractif possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous voyagez o&#249; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va dire Asie et Europe, aux &#201;tats-Unis aussi surtout pour les vers am&#233;ricains ; je ne peux pas vous en dire plus. &#199;a fait partie du secret professionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que les p&#234;cheurs utilisent des bo&#238;tes pour transporter leurs app&#226;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r. Tous les app&#226;ts se vendent en bo&#238;tes, except&#233;s ceux qui se conservent mieux dans l'eau de mer. Je vais vous montrer.
&lt;br /&gt;On vend les app&#226;ts conditionn&#233;s dans des bo&#238;tes ou des cartons. Il y a des &lt;span class='spip_document_3401 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1857-c3cbb.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; vers comme les vers am&#233;ricains : on les re&#231;oit par cartons et ensuite on fait des paquets dans lequel on met du papier journal et des algues. Ensuite chaque app&#226;t a une liti&#232;re diff&#233;rente, souvent c'est des m&#233;langes d'algues, de papier m&#226;ch&#233;, des choses qui sont compl&#232;tement biod&#233;gradables. Ce n'est pas la m&#234;me liti&#232;re &#224; chaque fois. Chaque liti&#232;re doit &#234;tre adapt&#233;e en termes de salinit&#233; et d'humidit&#233; &#224; chaque ver, pour ne pas les ab&#238;mer. &#199;a c'est le genre de bo&#238;tes qu'on re&#231;oit. Tous les matins, les app&#226;ts sont contr&#244;l&#233;s. D&#232;s qu'il y a un bout de ver qui est cass&#233;, on le jette parce que sinon &#231;a va moisir et ab&#238;mer tout le reste de la bo&#238;te. S'il y a un ver qui est cass&#233; on le jette, s'il y a un ver mort on le remplace par un autre ver vivant pour que la bo&#238;te ne se d&#233;t&#233;riore pas trop rapidement.
&lt;br /&gt;On a ces bo&#238;tes, puis on en a d'autres pour les bibis par exemple, ce sont les vers roses que vous voyez aussi dans l'eau, on les conserve dans dans un genre mousse dans laquelle on a mis du produit pour les garder vivants longtemps. L&#224;, fin mars on n'a pas encore toutes les esp&#232;ces de vers, mais d&#232;s le mois d'avril/mai, l'&#233;t&#233; et septembre/octobre, on a une plus grande vari&#233;t&#233;. On a 20 vari&#233;t&#233;s diff&#233;rentes en fonction des saisons. Il faut prendre en compte que les vers se conservent au frais. Donc on conseille &#224; nos p&#234;cheurs d'aller vite p&#234;cher ou d'avoir une petite glaci&#232;re avec eux. Car les vers craignent le chaud mais aussi le trop froid, tous except&#233; un ver que nous n'avons pas encore, que nous faisons que l'&#233;t&#233; : la super cordelle, qui elle, peut se conserver tant qu'on veut &#224; 30-35&#176; sans probl&#232;me.
&lt;br /&gt;Tous les vers aussi ne se conservent pas &#224; la m&#234;me temp&#233;rature. On a des frigos &#224; 10&#176;, des frigos &#224; 8&#176; et ceux qui sont dans l'eau sont conserv&#233;s &#224; 15&#176;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettre les vers dans du papier journal, &#231;a ne se fait plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Depuis tr&#232;s longtemps, c'est les bo&#238;tes. Je ne peux pas vous dire en quelle ann&#233;e les bo&#238;tes ont commenc&#233;, mais c'est depuis belle lurette ! Au tout d&#233;but, c'&#233;tait vendu en vrac, donc dans du journal. Mais &#231;a fait au moins 20 ans qu'il y a des bo&#238;tes.
&lt;br /&gt;Elles se perfectionnent au fil du temps. L&#224; c'est du carton biod&#233;gradable. Quand il y en a qui ont des dessous en plastique, c'est des plastiques insubmersibles, pour pas que &#231;a se retrouve au fond de l'eau et que &#231;a abime les fonds marins. On essaye aussi de sensibiliser les gens &#224; ramasser les poubelles, ramasser leurs d&#233;chets et une fois qu'ils ont fini la partie de p&#234;che, aller les jeter &#224; la poubelle. Malheureusement quand on fait le tour des endroits de p&#234;che, on retrouve beaucoup de bo&#238;tes qui tra&#238;nent par terre ou qui flottent sur l'eau. &#199;a malheureusement, on n'y peut rien, c'est une question d'&#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le ver s'utilise en entier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, &#231;a d&#233;pend des vers. Il y a des vers qui s'utilisent uniquement en entier, comme par exemple le bibi ou le ver noir. Si vous les coupez ils vont se vider, vous n'allez plus avoir que la peau. C'est pas bon. Mais il est toujours bon d'utiliser le ver en entier, comme &#231;a on ne l'ab&#238;me pas.
&lt;br /&gt;Parfois il y a des vers tr&#232;s tr&#232;s longs que l'on peut couper ou quand on va p&#234;cher les girelles, les petits poissons de roche, on peut les couper. En sachant qu'il faut toujours commencer par utiliser la queue, et on coupe en remontant doucement jusqu'&#224; la t&#234;te, pour que le ver ne meure pas trop rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des techniques particuli&#232;res pour accrocher les vers ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3404 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:169px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L169xH250/IMG_1835-5d503.jpg' width='169' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:169px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Oui et non ! Il faut que le ver soit le moins abim&#233; possible, pour qu'il reste le plus longtemps possible vivant. Donc il est bon d'avoir un montage &#224; l'hame&#231;on de type pyr&#233;n&#233;en, c'est-&#224;-dire que le petit bout de fil qui d&#233;passe de l'hame&#231;on sur lequel on va accrocher le ver doit &#234;tre dirig&#233; vers le haut, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne vienne pas heurter le ver. C'est le montage le plus appropri&#233;. Apr&#232;s il y a d'autres montages... Mais c'est mieux d'enfiler le ver avec une aiguille, c'est un petit tube m&#233;tallique avec lequel on va enfiler le ver, ensuite on va le faire passer avec &#231;a sur l'hame&#231;on ; &#231;a permet de ne pas trop toucher le ver, de ne pas l'ab&#238;mer, de ne pas l'exploser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la constitution des vers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Michel Lopuszanski, son oncle, par t&#233;l&#233;phone, directeur de Normandie App&#226;ts :&lt;/i&gt; Le ver est un animal, un invert&#233;br&#233; marin, qui vit dans le substrat du fond de la mer, principalement dans de la vase ou dans du sable, mais aussi dans le gravier. Cela d&#233;pend des zones g&#233;ographiques. &lt;br /&gt;On les trouve soit dans les zones de balancement des marais (&#224; mar&#233;e basse), soit en mer. Ils ont une dur&#233;e de vie tr&#232;s limit&#233;e, de quelques jours, 2 &#224; 3 jours, une semaine au plus. C'est une esp&#232;ce animale qui ne peut pas vivre en dehors de son milieu naturel. C'est pour &#231;a que cela engendre une gestion dangereuse. Il ne faut pas en commander de trop. &lt;br /&gt;Sur les c&#244;tes de la Manche, de l'Atlantique, les p&#234;cheurs vont les &lt;span class='spip_document_3403 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1829-6c66b.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt; ramasser eux-m&#234;mes, sur le sable des plages. Mais &#224; Marseille, y a pas de mar&#233;e. Donc c'est tr&#232;s difficile de les collecter. Il faut y aller en plong&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;C.L. :&lt;/i&gt; Le ramassage, il a du vous dire que c'est quand la mer se retire, &#224; mar&#233;e basse ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, sinon il faudrait y aller en plong&#233;e.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, et on n'y arriverait pas forc&#233;ment. Car &#224; mar&#233;e basse, les vers font des petits trous dans le sable qui permettent de les rep&#233;rer et d'envoyer la pioche, diff&#233;rents accessoires ou les mains, pour les retirer sans les ab&#238;mer. En mer souvent c'est dans des milieux vaseux o&#249; il n'y a pas de visibilit&#233;. C'est pour cela qu'on ne peut pas avoir n'importe quelle quantit&#233; &#224; n'importe quel moment, &#231;a d&#233;pend de la lune et de la mar&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est leur prix et son &#233;volution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, les prix des vers... La bo&#238;te va de 3 euros &#224; 8 euros 50. En moyenne.
&lt;br /&gt;Il y a des vers qu'on vend &#224; la pi&#232;ce, donc qui sont moins chers. Et il y a les vers comme les chaluts, qui sont vendus beaucoup plus chers.
&lt;br /&gt;L'&#233;volution, je crois que c'est le seul produit au monde que je connaisse qui n'ait pas subi d'&#233;volution, d'augmentation depuis des ann&#233;es ! Except&#233;es deux sortes d'app&#226;ts : un qui a pris 30 centimes, et l'autre 50 centimes. Donc, nous les commer&#231;ants de p&#234;che, nous ne gagnons pas beaucoup d'argent avec les vers de mer. Parce que tout ce qu'on jette, c'est de la perte. Et c'est un produit qui est extr&#234;mement p&#233;rissable... D&#232;s qu'il y a un coup de mistral, il n'y a plus de p&#234;cheur et la marchandise, bien souvent, part &#224; la poubelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a se conserve combien de temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des app&#226;ts. Au minimum, 3-4 jours. Apr&#232;s, les super cordelles, je crois que &#231;a va jusqu'&#224; 2-3 mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous les gardez combien de temps dans votre magasin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;t&#233;, un ou deux jours, parce qu'il y a beaucoup de monde. On re&#231;oit de la marchandise tous les jours ou tous les deux jours. L'hiver, il n'y a qu'une ou deux livraisons par semaine, donc on les garde maximum une semaine. &#199;a d&#233;pend, d&#232;s que les app&#226;ts sont ab&#238;m&#233;s, on est oblig&#233;s de les jeter. Le ver doit &#234;tre beau et en pleine forme pour la p&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous v&#233;rifiez tous les matins les app&#226;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tous les matins. On a aussi un distributeur automatique dehors, l&#224; on v&#233;rifie les bo&#238;tes deux fois par jour, pour que les clients n'aient pas de mauvaise surprise en prenant une bo&#238;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les professionnels, ils vont s'approvisionner dans d'autres magasins ?&lt;/strong&gt; &lt;span class='spip_document_3405 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L250xH167/IMG_1867-68e10.jpg' width='250' height='167' alt=&quot;&quot; style='height:167px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;Les professionnels, ils ne p&#234;chent pas beaucoup &#224; l'app&#226;t, sauf pour les palangres : dans ce cas ils utilisent des bibis. Ils peuvent aller soit chez moi, soit chez des confr&#232;res. Mais les professionnels p&#234;chent surtout au filet, et au filet on n'a pas besoin d'app&#226;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a beaucoup de professionnels dans la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y en a de moins en moins. Les temps sont de plus en plus durs pour tout le monde, et les poissons malheureusement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a des disparitions d'esp&#232;ces ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D'esp&#232;ces peut-&#234;tre pas, mais &#231;a s'est amoindri. Mais il est certain que ce n'est pas le petit p&#234;cheur plaisancier qui fait du mal &#224; la population des poissons, car on ne retire que du poisson de la mer.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Natacha Boutry&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1329' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?f...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nourritures et fronti&#232;res d'alt&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:date>2004-08-25T15:07:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
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		<description>Pour les uns, les &#171; Asiatiques &#187; mangent (et servent aux &#233;trangers) du chien, et les &#171; Africains &#187; des insectes grill&#233;s. Pour les autres, les &#171; Fran&#231;ais &#187; mangent des cuisses de grenouilles et du fromage malodorant voire v&#233;reux. Ainsi, la fronti&#232;re alimentaire co&#239;ncide avec la porte des restaurants dits exotiques : on n'y entre pas ou avec m&#233;fiance puisque, dans le doute de ce que l'on va y manger ou si l'on va appr&#233;cier, on s'abstient... Bien que manger soit un acte physiologique, spontan&#233; et sur lequel (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les uns, les &#171; Asiatiques &#187; mangent (et servent aux &#233;trangers) du chien, et les &#171; Africains &#187; des insectes grill&#233;s. Pour les autres, les &#171; Fran&#231;ais &#187; mangent des cuisses de grenouilles et du fromage malodorant voire v&#233;reux. Ainsi, la fronti&#232;re alimentaire co&#239;ncide avec la porte des restaurants dits exotiques : on n'y entre pas ou avec m&#233;fiance puisque, dans le doute de ce que l'on va y manger ou si l'on va appr&#233;cier, on s'abstient...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que manger soit un acte physiologique, spontan&#233; et sur lequel tout individu s'interroge &#224; un moment donn&#233; de sa vie, la question de savoir &#171; qui mange quoi et comment &#187; ne suscite pas syst&#233;matiquement d'interrogations. De m&#234;me, chacun conna&#238;t et tend &#224; valoriser sa cuisine, l'alimentation de son groupe de r&#233;f&#233;rence, mais nomme partiellement, amalgame, ignore ou fantasme celle des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape du travail de recherche et de restitution au sein de R&#233;surgences a &#233;t&#233; de (se) poser des questions sur les habitudes alimentaires de chacun et des autres. Le d&#233;bat a tourn&#233;, au-del&#224; des pistes &#224; fouiller, sur la diversit&#233; culturelle d'un acte naturel. En effet, &#224; travers les diverses pratiques alimentaires sont d&#233;celables des principes d'opposition, de r&#233;pulsion, d'interaction et d'emprunt et au-del&#224;, des fronti&#232;res d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'opposition renvoie aux interdits alimentaires religieux, culturels ou id&#233;ologiques. Bien que la formule &#171; chacun les siens &#187; soit g&#233;n&#233;ralement admise, elle sous-entend curiosit&#233; et bizarrerie concernant les prohibitions des autres. Par ailleurs, un certain amalgame peut &#234;tre fait entre interdits alimentaires strictement religieux (le porc en islam) et interdits alimentaires culturels (viande crue de cheval).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains aliments, consomm&#233;s avec d&#233;lectation dans certaines r&#233;gions du monde, suscitent r&#233;pulsion et d&#233;go&#251;t ailleurs : la viande de porc pour un musulman, de b&#339;uf pour un Hindou, de grenouille pour un Anglais, un ver de karit&#233; pour un Occidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis l'&#232;re coloniale jusqu'au &#171; village plan&#233;taire &#187;, l'emprunt des aliments ou des &#233;pices et l'interaction des cuisines des uns par les autres ont mijot&#233;. Les tomates, aujourd'hui pr&#233;par&#233;es &#224; toutes les sauces, et les pommes de terre, sont originaires d'Am&#233;rique, le cacao d'Afrique ou encore, l'huile d'olive du Maghreb et le riz d'Asie. On agr&#233;mente des spaghetti avec de la sauce &#171; rouge &#187; (Afrique de l'Ouest), des hamburgers au tofu, sans parler de la pizza italienne, d&#233;clin&#233;e selon les sp&#233;cificit&#233;s culinaires, du couscous &#171; entr&#233; par la voie coloniale &#187; (Hubert (1) : 116) ou de la paella qui &#171; a travers&#233; les Pyr&#233;n&#233;es avec les Espagnols r&#233;fugi&#233;s de la guerre civile &#187; (Hubert op. cit. : 118). Le tout devenu familier. On rel&#232;ve aussi, depuis quelques ann&#233;es, un r&#233;el attrait pour certaines cuisines &#171; ethniques &#187; et r&#233;cemment pour les restaurants japonais (2), un ph&#233;nom&#232;ne qui ne concerne que certaines groupes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la cuisine ne n&#233;cessite pas d'adh&#233;rer &#224; la culture qui l'a produite et repr&#233;sente l'aspect culturel le plus accessible et bien que les cuisines tendent &#224; se m&#233;langer, les pratiques alimentaires n'en demeurent pas moins un embl&#232;me identitaire dans l'interaction.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Anne Hubert, &#171; Destins transculturels &#187; in Mille et une bouches, Autrement n&#176;154, 1995&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) Il faut savoir que les plats (sushi, sashimi, maki...) servis dans les restaurants japonais en Occident ne sont pas l'alimentation contemporaine des Japonais au Japon, qui consomment notamment des nouilles agr&#233;ment&#233;es de poisson ou de viande, le plus souvent lyophilis&#233;es : &#171; Pour la grande majorit&#233; des Japonais, l'instant food sous toutes ses formes fait aujourd'hui partie de l'alimentation courante et quotidienne &#187; in L'Ab&#233;c&#233;daire du Japon, Moriyama Takashi, &#233;d. Picquier, 1999, page 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, la cuisine &quot;asiatique&quot; est d&#233;form&#233;e en France par le prisme des restaurants &quot;asiatiques&quot; occidentalis&#233;s, tandis qu'au Vi&#234;tnam comme en Chine, les habitudes alimentaires sont variables d'une r&#233;gion &#224; l'autre (J.-P. Poulain, La nourriture de l'autre : entre d&#233;lices et d&#233;go&#251;ts in Cultures, nourriture, &#233;d. Maison des cultures du monde, 1997)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nourritures et aliments</title>
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		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


		<dc:subject>compl&#233;ments</dc:subject>

		<description>COMPL&#201;MENTS I - Articles compl&#233;mentaires Manger n'a rien de banal : il s'agit d'incorporer en soi un &#233;l&#233;ment &#233;tranger. Or le mangeur, en d&#233;finitive, &quot;devient ce qu'il consomme&quot;, en int&#233;grant les qualit&#233;s physiques, morales, symboliques&#8230; des aliments. C'est ce que les anthropologues appellent le &quot;principe d'incorporation&quot;. L'aliment joue donc, pour celui qui le consomme, un r&#244;le multiple. En situation d'abondance, il contribue &#224; la sant&#233; (di&#233;t&#233;tique), au plaisir, &#224; l'int&#233;gration sociale, ou exprime une (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;COMPL&#201;MENTS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Articles compl&#233;mentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Manger n'a rien de banal : il s'agit d'incorporer en soi un &#233;l&#233;ment &#233;tranger. Or le mangeur, en d&#233;finitive, &quot;devient ce qu'il consomme&quot;, en int&#233;grant les qualit&#233;s physiques, morales, symboliques&#8230; des aliments. C'est ce que les anthropologues appellent le &quot;principe d'incorporation&quot;. L'aliment joue donc, pour celui qui le consomme, un r&#244;le multiple. En situation d'abondance, il contribue &#224; la sant&#233; (di&#233;t&#233;tique), au plaisir, &#224; l'int&#233;gration sociale, ou exprime une certaine &#233;thique en &#233;tant par exemple issu du commerce &#233;quitable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es&#8230;&quot;, aphorisme de Jean Anthelme Brillat-Savarin (c&#233;l&#232;bre &#233;crivain gastronome fran&#231;ais du XIXe si&#232;cle). En mangeant, l'homme s'int&#232;gre dans un espace culturel. Il se forge une identit&#233;, manifeste son appartenance &#224; un groupe ou, au contraire, s'en diff&#233;rencie. Ce sont de tels facteurs affectifs et sociaux qui am&#232;nent les enfants mexicains, par exemple, &#224; aimer tr&#232;s t&#244;t les piments rouges. Chez les adolescents, consommer du caf&#233; ou de l'alcool peut &#233;galement &#234;tre vu comme un moyen d'entrer dans la communaut&#233; des adultes. Inversement, certains aliments ou caract&#233;ristiques d'aliments, comme l'odeur du gras, sont rejet&#233;s s'ils trahissent une appartenance &#224; un groupe social auquel l'individu ne veut pas &#234;tre associ&#233;. Le repas enfin, et certains mets en particulier, contribuent &#224; renforcer les liens entre les individus. On se r&#233;unit autour d'un couscous au Maroc, d'un cassoulet ou d'une choucroute en France. Et pour une m&#232;re qui donne &#224; manger &#224; son enfant, cet acte rev&#234;t souvent une importance toute particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'alimentation permet aussi de se distinguer socialement. Dans la pens&#233;e grecque ou latine, il faut manger &quot;selon la qualit&#233; de la personne&quot;, c'est-&#224;-dire selon ses caract&#233;ristiques physiologiques et ses habitudes de vie. Mais par la suite, ce sont la position sociale de l'individu et sa richesse qui lui conf&#232;rent sa &quot;qualit&#233;&quot; et l'alimentation qui lui correspond. Les &#233;lites cherchent alors &#224; se distinguer par leur alimentation. On retrouve dans les prescriptions d'un ministre du roi des Goths, au Ve si&#232;cle, la n&#233;cessit&#233; d'avoir des nourritures exotiques &#224; la table du roi, car ces aliments montrent le pouvoir et la richesse du souverain. Apr&#232;s la d&#233;couverte du Nouveau Monde, le prix des &#233;pices chute. Comme elles sont d&#233;sormais accessibles &#224; tous, les &#233;lites s'en d&#233;tournent, et leur pr&#233;f&#232;rent des produits aux parfums plus d&#233;licats, comme la ciboulette ou les champignons. La classe dominante cherche &#233;galement d'autres signes de distinction, en particulier des boissons telles que le chocolat ou le caf&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces comportements sont encore pr&#233;sents aujourd'hui et ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence, entre autres, par Pierre Bourdieu. En 1979, celui-ci a d&#233;montr&#233; que la position occup&#233;e au sein de la soci&#233;t&#233; influen&#231;ait les consommations mais aussi les mani&#232;res de consommer et les repr&#233;sentations du corps. Un exemple ? &#192; revenu &#233;gal, les industriels et les commer&#231;ants consomment beaucoup plus de nourritures &quot;riches&quot; (vins, gibier, etc.) que les professions lib&#233;rales. Et l'&#233;cart est encore plus important vis-&#224;-vis des professeurs, qui, &#224; l'oppos&#233;, sont port&#233;s vers les &quot;consommations asc&#233;tiques&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dimension symbolique des aliments est &#233;galement tr&#232;s importante : ils ne doivent pas seulement &#234;tre bons, apporter du plaisir et du lien social, ils doivent aussi &#234;tre &quot;culturellement mangeables&quot;, selon l'expression de l'anthropologue Claude L&#233;vi-Strauss. Car toute culture dispose de r&#232;gles alimentaires, de prescriptions et d'interdictions sur ce qu'il faut manger et comment il faut manger. Autant de commandements qui renvoient &#224; des logiques enracin&#233;es dans les repr&#233;sentations, l'imaginaire et le culturel. Mais qui n'emp&#234;chent pas cependant les influences multiples. En 1997, l'ethnologue Balland a montr&#233; que les juifs tunisiens du quartier Belleville &#224; Paris sont fid&#232;les &#224; la fois &#224; un p&#244;le tunisien avec des plats traditionnels lors des repas festifs, &#224; un p&#244;le juif avec l'observance des r&#232;gles de la cacherouth, et &#224; un p&#244;le fran&#231;ais illustr&#233; notamment par l'adoption du petit-d&#233;jeuner fran&#231;ais ou du steak-frites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits du&lt;/strong&gt; chapitre du livret de l'exposition &lt;i&gt;Nourrir neuf milliards d'hommes&lt;/i&gt;, octobre 2005. ADPF - Association pour la diffusion de la pens&#233;e fran&#231;aise, Minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res (responsable scientifique G&#233;rard Ghersi) par Lucie Sirieix (ENSAM, UMR MOISA, Montpellier) &amp; Samira Sarter (CIRAD Montpellier, UPR &quot;Qualit&#233; des aliments tropicaux&quot;).
&lt;br /&gt;Conf&#233;rence-d&#233;bat donn&#233;e &#224; Agropolis Museum le 28 septembre 2005
&lt;a href='http://www.museum.agropolis.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.museum.agropolis.fr&lt;/a&gt; - Onglet Conf&#233;rences puis Compte-rendus en ligne, R&#233;trospective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La recomposition des cultures est de fait confront&#233;e &#224; un mouvement paradoxal et complexe, celui de l'uniformisation acc&#233;l&#233;r&#233;e des modes de vies, celui de l'affirmation de la diff&#233;rence, et celui de r&#233;inventions des identit&#233;s locales. Au total pourtant, le face &#224; face ou l'&#233;change, m&#234;me pacifiques, tendent en d&#233;pit des apparences &#224; appauvrir la diversit&#233; culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait de&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;M&#233;tissage et diversit&#233;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Conf&#233;rence/D&#233;bat &#224; Agropolis Museum le 15 novembre 2006
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les identit&#233;s culturelles dans le jeu de la mondialisation&lt;/i&gt;
par Paul Rasse (D&#233;partement Art Communication et Langage - Universit&#233; de Nice Sophia-Antipolis)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; survoler l'histoire de l'humanit&#233;, on voit bien qu'il n'y a pas d'&#233;l&#233;ment original caract&#233;ristique de l'alimentation de telle nouvelle soci&#233;t&#233;, toutes les cuisines sont faites d'emprunts continuels aux unes et aux autres, mais chaque fois refondus dans un contexte culturel et environnemental. Ainsi les agrumes sont-ils arriv&#233;s depuis l'Inde, &#224; partir d'un citron, le c&#233;drat. Au Moyen-&#194;ge, l'Europe emprunte au Proche-Orient les asperges, les laitues, les aubergines, les courges et les melons, les poires et les prunes, les p&#234;ches, la canne &#224; sucre et le m&#251;rier, les roses de Damas. Ils arrivent moins par les croisades, que par les jardins des horticulteurs musulmans en Sicile et en Andalousie, qui les ont acclimat&#233;s. La d&#233;couverte de nouveaux mondes a non seulement permis la diffusion de la pomme de terre et du ma&#239;s, mais encore de la citronnelle, de la patate douce, du piment, alors qu'inversement le continent am&#233;ricain a b&#233;n&#233;fici&#233; de la past&#232;que, du caf&#233; originaire d'Afrique et de diverses cucurbitac&#233;es import&#233;es d'Asie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette standardisation et fluidit&#233; de l'alimentation renforcent le sentiment d'anxi&#233;t&#233;, d'incertitude et de peur au niveau de l'acte alimentaire. Dans nos soci&#233;t&#233;s post modernes le risque alimentaire ne se traduit plus par des probl&#232;mes de p&#233;nuries, mais plut&#244;t de toxicit&#233; (additifs, colorants, pesticides, pollution, etc ...) entra&#238;nant une m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;gard des aliments dont le consommateur ne ma&#238;trise plus ni l'origine, ni les processus de transformation, confront&#233; qu'il est, &#224; ce que Fischler appelle, des &#171; Objets Comestibles Non Identifi&#233;s ou OCNI &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits de&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;L'alimentation, fait total de la soci&#233;t&#233; de communication plan&#233;taire&lt;/i&gt; de Rasse P., Debos Fr., 2006 (issu pour partie de Paul Rasse, La rencontre des mondes, Diversit&#233; culturelle et communication, Armand Colin 2006). Fichier PDF - 176Ko&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L. Gillot : Aujourd'hui, les cuisines et produits exotiques semblent avoir le vent en poupe. En t&#233;moigne la longueur, dans les grandes surfaces, des lin&#233;aires qui leur sont consacr&#233;s.
F. R&#233;gnier : Effectivement, les lin&#233;aires des grandes surfaces consacr&#233;s aux produits &#233;trangers ne cessent de cro&#238;tre depuis quelques ann&#233;es. Ce formidable d&#233;veloppement peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une forme de r&#233;action face &#224; la crainte de ce que l'on nomme la mondialisation et la peur de l'uniformisation des go&#251;ts. Je ferai ici le parall&#232;le avec la cuisine de terroir qui est une forme de d&#233;couverte non pas de l'&#233;tranger mais, puisqu'il s'agit des richesses culinaires d'une m&#234;me nation, de soi. Selon moi, l'exotisme est la version &#233;trang&#232;re de cet int&#233;r&#234;t pour des produits ou des types de plats qui ont une origine g&#233;ographique d&#233;termin&#233;e. Dans la cuisine de terroir, il s'agit d'une r&#233;gion ou d'un territoire donn&#233;. La cuisine exotique, parce qu'elle identifie un plat &#224; une nation voire m&#234;me, de plus en plus, une province bien sp&#233;cifique, participe de ce m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. Comme les cuisines de terroir, elle traduit la volont&#233; - en r&#233;ponse aux craintes de mondialisation et d'uniformisation des go&#251;ts, &#224; ce que certains appellent l'am&#233;ricanisation des pratiques alimentaires -, de localiser l'origine des produits, ici comme ailleurs. Un ph&#233;nom&#232;ne qui prend de plus en plus d'ampleur ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait de&lt;/strong&gt; : &lt;a href='http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2652' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.agrobiosciences.org/arti...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Entretien avec Faustine R&#233;gnier, r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'&#233;mission radiophonique &quot;&#199;a ne mange pas de pain !&quot; de la Mission Agrobiosciences. &lt;br /&gt;&#201;mission sp&#233;ciale de mars 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - &#192; voir, &#192; lire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Rapports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les interdits alimentaires&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Cahiers de l'Ocha N&#176;7, Paris, 1996, 77 pages
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.lemangeur-ocha.com/sciences-humaines/publications-de-locha/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.lemangeur-ocha.com/scien...&lt;/a&gt;
detail/auteur-ouvrage/0/les-interdits-alimentaires/disp/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Interdits alimentaires : aux tables de la Loi&lt;/i&gt;, interview &quot;&#231;a ne mange pas de pain&quot; r&#233;alis&#233;e en d&#233;cembre 2008 avec Olivier Assouly, enseignant en philosophie, responsable de la recherche &#224; l'Institut fran&#231;ais de la mode.
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2563' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.agrobiosciences.org/arti...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ambivalences de l'alimentation contemporaine&lt;/i&gt; Jean-Pierre Poulain - mai 2000. &#201;dit&#233; par la Mission Agrobiosciences&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les paradoxes des distances dans la construction des identit&#233;s alimentaires par acculturation&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Marc Dedeire and Selma Tozanli, &lt;a href='http://aof.revues.org/index2582.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://aof.revues.org/index2582.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Livres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Anne-Lucie Raoult-Wack, 2001. &lt;i&gt;Dis-moi ce que tu manges&#8230;&lt;/i&gt;, D&#233;couvertes Gallimard, 127 p.
&lt;br /&gt;publie une synth&#232;se du &quot;manger&quot; plan&#233;taire. Elle y soul&#232;ve l'aspect ethnologique ; elle &#233;voque les questions de sant&#233;, d'agriculture, de la pr&#233;paration des aliments, de la s&#233;curit&#233;. On y parle aussi industrie, crise de la vache folle , OGM, tout en donnant au lecteur des recettes. On trouve &#233;galement une bibliographie sommaire mais bien faite, ainsi qu'une liste de sites Internet. Le tout est abondamment illustr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fischler C. &lt;i&gt;L'homnivore&lt;/i&gt;. &#201;ditions O. Jacob. 1990
&lt;br /&gt;D'o&#249; viennent nos passions, nos hantises, nos fantasmes face &#224; ce que nous mangeons ? D'o&#249; viennent nos go&#251;ts, nos d&#233;go&#251;ts, nos croyances et nos lubies alimentaires ?
&lt;br /&gt;Claude Fischler, en suivant &#224; la trace les transformations de la di&#233;t&#233;tique et de la cuisine, la mont&#233;e des r&#233;gimes et de la minceur, la phobie de la graisse, montre ici comment la civilisation moderne, l'&#233;volution des modes de vie, l'industrialisation ont transform&#233; notre rapport &#224; l'alimentation et, du m&#234;me coup, &#224; nous-m&#234;mes. Mieux comprendre le mangeur d'aujourd'hui impose aussi d'explorer le mangeur &#233;ternel. C'est pourquoi ce livre est tout autant une somme anthropologique, historique et biologique qu'un essai de sociologie et de psychologie consacr&#233; au corps et au sujet moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L'exotisme culinaire. Essai sur les saveurs de l'Autre.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;PUF, Paris, 2004, 260 pages
&lt;br /&gt;Quelle est l'histoire de l'exotisme culinaire ? Comment ing&#232;re-t-on des cuisines &#233;trang&#232;res ? Comment per&#231;oit-on l'Autre &#224; travers sa cuisine ? Ces pages s'adressent &#224; un vaste lectorat : de nombreuses donn&#233;es et l'apport d'une m&#233;thodologie lui permettront d'expliquer une forme de perception sociale de l'alt&#233;rit&#233;. L'exotisme culinaire a des liens avec l'histoire de la gastronomie et avec les contacts avec l'&#233;tranger (colonisation, immigration, tourisme) : il rel&#232;ve ainsi du fait social. L'exotisme culinaire met en sc&#232;ne un Autre &#224; la fois proche et lointain, semblable et diff&#233;rent. Cette appropriation de l'alt&#233;rit&#233; se r&#233;v&#232;le &#234;tre &#224; la fois une r&#233;duction et une reconnaissance de la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - Films, documentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Alimentation g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, documentaire de Chantal Briet, 2004
&lt;br /&gt;La cam&#233;ra de Chantal Briet s'est install&#233;e dans l'&#233;picerie d'Ali, qui de son comptoir d'&#201;pinay-sur-Seine voit d&#233;filer toutes sortes de personnages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - LIENS UTILES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.iehca.eu/IEHCA_v4/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.iehca.eu/IEHCA_v4/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site de l'Institut europ&#233;en d'Histoire et des Cultures de l'Alimentation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.ifn.asso.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ifn.asso.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Institut fran&#231;ais de nutrition&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.afssa.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.afssa.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Agence fran&#231;aise de s&#233;curit&#233; sanitaire des aliments&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.academie-sciences.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.academie-sciences.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.inra.fr/fondation_science_culture_alimentaire' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.inra.fr/fondation_scienc...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site de la fondation Science et Culture alimentaire
&lt;br /&gt;Retrouvez des &#233;missions de radio qui pr&#233;sentent les activit&#233;s de la Fondation Science &amp; Culture Alimentaire sur Canal Acad&#233;mie : &lt;a href='http://www.canalacademie.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.canalacademie.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.inra.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.inra.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Institut national de recherche agronomique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://museum.agropolis.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://museum.agropolis.fr/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site du mus&#233;e de sciences et de soci&#233;t&#233; consacr&#233; &#224; la nourriture et aux agricultures du monde, situ&#233; &#224; Montpellier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.alimentarium.ch/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.alimentarium.ch&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Site du mus&#233;e de l'alimentation en Suisse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Natures mortes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Coursaget, Josefa Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>portfolio</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Bistrot</dc:subject>

		<description>Amas de bric et de broc, ou comment au travers du petit bout de la lorgnette, Marseille se r&#233;v&#232;le &#224; nous dans l'&#233;cume d'une boisson ap&#233;ritive, &#8230; &#8230; dans le joyeux chaos d'un monceau de cageots, et l'enchev&#234;trement d'&#233;pices et de saveurs exotiques&#8230; tout est l&#224;, ne manquent que le bruit et l'odeur !

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&lt;a href="http://www.koinai.net/vis-ma-ville/serial-photo/" rel="directory"&gt;Serial photo&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/portfolio" rel="tag"&gt;portfolio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/marche" rel="tag"&gt;March&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/bistrot" rel="tag"&gt;Bistrot&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Amas de bric et de broc, ou comment au travers du petit bout de la lorgnette, Marseille se r&#233;v&#232;le &#224; nous dans l'&#233;cume d'une boisson ap&#233;ritive, &#8230;
&lt;br /&gt;&#8230; dans le joyeux chaos d'un monceau de cageots, et l'enchev&#234;trement d'&#233;pices et de saveurs exotiques&#8230; &lt;br /&gt;tout est l&#224;, ne manquent que le bruit et l'odeur !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moulins &#224; vent</title>
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		<dc:creator>C&#233;lestin Karera</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Une id&#233;e se transforme, une &#233;nergie se renouvelle : entreprise dans le vent.&lt;/p&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Je r&#234;vais de fabriquer une &#233;olienne, quand j'&#233;tais petit, c'est vrai ! Mon p&#232;re m'avait achet&#233; un petit bouquin sur des &#233;oliennes de pompage et j'avais commenc&#233; &#224; d&#233;monter des alternateurs de voiture, &#224; bricoler quelque chose, mais je n'avais jamais fini. &#187; Saadi Brahmi, 25 ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : D'o&#249; vient le choix de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Projet depuis l'&#233;cole, passionn&#233; par l'&#233;olienne, et envie personnelle de travailler dans ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;t&#233; conseill&#233;, guid&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Par moi-m&#234;me. J'avais envie de cr&#233;er vraiment une bo&#238;te dans ce type de profil, et je voulais toujours &#234;tre mon propre chef d'entreprise, en tout cas. C'est peut-&#234;tre &#231;a qui m'a guid&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sacrifices vous a demand&#233; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Beaucoup de temps ! On travaille, on ne compte pas ses heures ! Oui, si on n'est pas passionn&#233;, si on veut faire juste du chiffre d'affaires, il faut encore attendre un peu. Aujourd'hui, c'est plus les clients curieux que vous allez rencontrer, il va falloir former, et beaucoup de gens n'ont pas beaucoup de patience pour leur expliquer. Et m&#234;me si finalement, ils ne vont pas me rapporter d'affaire, ce sera un client qui se souviendra de moi et qui aura une bonne image de l'entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse &#224; inventer ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Heu... je sais pas, un esprit un peu tordu, des fois, c'est surtout &#231;a qui vous fait r&#233;fl&#233;chir sur quelque chose, faire toujours des analyses, quoi que vous voyez, quoi ! Pour inventer, il faut avoir un esprit tordu pour arriver &#224; une finalit&#233;. En prenant le contraire de ce qui devrait marcher, vous vous dites : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi pas essayer ?&lt;/i&gt; &#187; Et apr&#232;s, physiquement, en posant des &#233;quations, vous regardez d&#233;j&#224; si vous tenez bien la route et il faut beaucoup essayer, il ne faut pas avoir peur d'essayer des choses m&#234;me s'il y a... voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous souvenez-vous vos premiers pas professionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! J'&#233;tais jeune, &#224; quatorze ans, dans la bo&#238;te familiale qui n'est pas dans l'&#233;nergie renouvelable mais c'&#233;tait les premier pas... industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un mentor ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pas forc&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que cherchez-vous en concevant ces &#233;oliennes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, de cr&#233;er des produits qui fonctionnent, c'est une satisfaction humaine &#233;norme, parce que c'est une id&#233;e qui se transforme en produit avec toutes les phases que &#231;a comporte, donc humainement c'est positif, mon travail aura servi &#224; quelque chose. Ensuite, une fois qu'il sera industrialis&#233;, c'est &#233;conomiquement, on aura un r&#233;sultat vraiment positif, l&#224; ce sera le but d'un chef d'entreprise d'avoir une activit&#233; qui fonctionne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai beaucoup d'outils, hein ! Non, je travaille beaucoup sur un ordinateur, faire la conception 3D, Internet, j'ai un atelier pour fabriquer tous mes protos, apr&#232;s ce serait infini de vous d&#233;crire tous tous mes outils, il en faut &#233;norm&#233;ment, pour faire ce type de d&#233;veloppement. Mais je me limite pas, s'il me faut un outil, je m'&#233;quiperai !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;l&#233;ments concevez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quels types d'&#233;oliennes ? Cet axe vertical, le type &#231;a s'appelle du Darien, c'est Georges Darien, un ing&#233;nieur fran&#231;ais, qui a invent&#233; &#231;a en 1914. Nous on l'a repris, on a reboost&#233; quelque chose dessus qui a optimis&#233; le d&#233;marrage. La fondation, c'est un m&#226;t, apr&#232;s vous avez deux choix : un m&#226;t auto-porteur sans haubans, soit un m&#226;t avec des c&#226;bles. Une fois que le g&#233;nie civil est fait, on installe le m&#226;t, on installe la t&#234;te de l'&#233;olienne en haut du m&#226;t, et on vient dresser le m&#226;t. Ensuite il y a la connexion &#233;lectrique, soit sur les batteries, soit sur le r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles contraintes sont li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Aucune, je suis heureux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, mais c'est une petite structure. J'envisage d'embaucher du monde mais aujourd'hui je recherche des gens dans la couverture, par exemple ; j'ai des grosses surfaces &#224; poser dans le solaire, il me faut des gens bien bien qualifi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation initiale ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bac scientifique, DUT G&#233;nie M&#233;ca, licence en management des projets, parce qu'&#224; l'&#233;poque il n'y avait pas de formation dans l'&#233;nergie renouvelable. Ensuite j'ai fait un an en collaboration avec l'universit&#233; de Saint-J&#233;r&#244;me dans des essais en siffleries sur des &#233;oliennes sur les axes verticaux, et j'ai cr&#233;&#233; ma bo&#238;te un an plus tard. J'ai &#233;t&#233; form&#233; sur le tas, et j'ai fait &#233;norm&#233;ment de formations de moi-m&#234;me pour apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelles difficult&#233;s &#234;tes-vous confront&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les difficult&#233;s r&#233;glementaires de la France, par exemple, on a des lois qui changent tous les jours. Dans l'&#233;olienne plus particuli&#232;rement : l'ann&#233;e derni&#232;re, on pouvait revendre l'&#233;nergie produite, cette ann&#233;e ils nous ont invent&#233; la zone de d&#233;veloppement &#233;olienne, qu'ils appellent la ZDE ; c'est la Pr&#233;fecture qui doit donner l'autorisation et comme c'est payant, elle n'en donne pas beaucoup, elle n'en donne que pour les parcs &#233;oliens et pas pour les &#233;oliennes individuelles. On est confront&#233;s &#224; une r&#233;glementation qui change, on est forc&#233;s d'adapter notre fa&#231;on de travailler &#224; tout &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arrivez-vous &#224; vivre de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore mais bient&#244;t, je l'esp&#232;re ! J'ai fait beaucoup de d&#233;veloppement, et ce d&#233;veloppement commence &#224; payer aujourd'hui, avec ce produit, par exemple : l'hydro-&#233;olienne pla&#238;t &#233;norm&#233;ment aux gens, et on envisage une tr&#232;s bonne commercialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Internet, des salons !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les particuliers, les industriels, les collectivit&#233;s locales, l'&#233;tranger aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle client&#232;le aimeriez-vous toucher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'industriel parce que les gens, financi&#232;rement, peuvent suivre sur les gros projets, et ils sont moins ind&#233;cis. Un industriel, c'est quelqu'un qui fonce, quoi ! Un particulier, il va d'abord regarder les budgets, ensuite... Moi c'est l'industriel qui m'int&#233;resserait le plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle relation avez-vous avec les clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Amicale, de discussions, beaucoup de commentaires, beaucoup d'explications, on est l&#224; pour &#231;a. Moi, j'ai fait en plus la formation, donc je sais comment communiquer tr&#232;s simplement sur ce qu'on peut leur proposer, quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de travailler en collaboration avec d'autres op&#233;rateurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui oui ! Universit&#233; de Saint-J&#233;r&#244;me, qui est en contact avec moi pour les recherches de nouveaux produits, donc on peut faire valider nos essais par leur laboratoire. Oui, nous travaillons en r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est le concours de l'ANVAR sur l'innovation, et c'est tout pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous re&#231;u des r&#233;compenses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore, l&#224; ! Je pense que l'hydro-&#233;olienne sera vraiment r&#233;compens&#233;e par les gens de la plaisance, parce c'est un produit qu'ils vont tr&#232;s bien appr&#233;cier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi vous travaillez en ce moment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Pose de photovolta&#239;que sur toiture industrielle de 700 m2, et lancer l'hydro-&#233;olienne commercialement. R&#233;aliser une s&#233;rie de cent pi&#232;ces, et lancer aussi la commercialisation de l'&#233;olienne pour maison d'un kilo-watt. Et tout &#231;a pour cet &#233;t&#233;, je suis tr&#232;s ambitieux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets, vos attentes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, mes attentes... que mes produits soient vendus, tout simplement, que les gens soient contents de ce qu'on fait, quoi. C'est aussi un r&#244;le &#233;cologique : aujourd'hui, cr&#233;er une entreprise en &#233;nergies renouvelables, si vous le faites seulement pour le point de vue &#233;conomique, vous le faites pas. C'est parce que vous &#234;tes passionn&#233; par diminuer les impacts des gaz &#224; effet de serre, consommer diff&#233;remment, utiliser des produits bios et performants, tous ces param&#232;tres...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote li&#233;e &#224; votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une exp&#233;rience que nous avons eue il y a quinze jours, trois semaines, quand on essayait l'hydro-&#233;olienne : on est sortis en mer, et on n'est pas rentr&#233;s &#224; cause du mauvais temps. Au d&#233;but, mon stagiaire, il n'&#233;tait pas bien, finalement il &#233;tait tr&#232;s content quand on est rentr&#233;s ! L&#224;, c'est beaucoup d'exp&#233;rience humaine tr&#232;s int&#233;ressante, ce qu'on fait. C'est &#231;a qui est tr&#232;s int&#233;ressant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;lestin Karera le 25/04/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3336 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH278/1B1b_-_photo_zoom_eolienne-ee0fe.jpg' width='400' height='278' alt=&quot;&quot; style='height:278px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrants, migrations</title>
		<link>http://www.koinai.net/sur-la-route/article/complements-de-la-rubrique-sur-la</link>
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		<dc:date>2009-10-07T15:01:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


		<dc:subject>compl&#233;ments</dc:subject>

		<description>I - Articles compl&#233;mentaires Un peu d'histoire&#8230; La France est le pays europ&#233;en qui a ouvert le plus t&#244;t la nationalit&#233; aux &#233;trangers d&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. La nationalit&#233; y &#233;tait alors r&#233;gie par le droit du sang, introduit par le Code civil de 1804 et fond&#233; sur la filiation. Pour des raisons d&#233;mographiques, la France a ouvert le droit de la nationalit&#233; au droit du sol d&#232;s 1851 et par les r&#233;formes de 1889, 1927, 1945 et 1973. &#192; partir de 1987, le d&#233;bat introduit par le Front national sur (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Articles compl&#233;mentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un peu d'histoire&#8230;
&lt;br /&gt;La France est le pays europ&#233;en qui a ouvert le plus t&#244;t la nationalit&#233; aux &#233;trangers d&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIXe si&#232;cle.
La nationalit&#233; y &#233;tait alors r&#233;gie par le droit du sang, introduit par le Code civil de 1804 et fond&#233; sur la filiation. Pour des raisons d&#233;mographiques, la France a ouvert le droit de la nationalit&#233; au droit du sol d&#232;s 1851 et par les r&#233;formes de 1889, 1927, 1945 et 1973.
&lt;br /&gt;&#192; partir de 1987, le d&#233;bat introduit par le Front national sur les &#171; Fran&#231;ais de papier &#187; &#8211; ou les &#171; Fran&#231;ais malgr&#233; eux &#187; &#8211; a conduit &#224; une tentative de r&#233;forme du droit de la nationalit&#233;, qui n'a pas abouti. C'est en 1993 que la loi Pasqua-M&#233;haignerie restreint l'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233; par le droit du sol, notamment pour les jeunes d'origine &#233;trang&#232;re et les nouveaux Fran&#231;ais par mariage. Mais la loi Guigou de 1998 est revenue &#224; l'&#233;quilibre entre droit du sol et droit du sang &#233;tabli en 1973, et a mis fin &#224; la controverse politique sur la r&#233;forme du droit de la nationalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;migration fran&#231;aise a toujours &#233;t&#233; faible au regard de celle d'autres pays europ&#233;ens comme l'Italie, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne. Les raisons sont li&#233;es &#224; la fois &#224; la pr&#233;cocit&#233; du d&#233;clin d&#233;mographique de la France, amorc&#233; d&#232;s la fin du XVIIIe si&#232;cle, et aux migrations de Fran&#231;ais vers les nouvelles terres coloniales, qui n'&#233;taient pas comptabilis&#233;es en tant qu'&#233;migration. Certains disent aussi que le bien-&#234;tre de la vie en France explique cette faible mobilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La France est aujourd'hui le second pays d'immigration europ&#233;en derri&#232;re l'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On compte aujourd'hui 2 millions de Fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger, essentiellement au Royaume-Uni (300 000 &#224; Londres), en Allemagne, aux &#201;tats-Unis, au Canada, dans les pays d'Afrique et d'Asie. Il s'agit essentiellement d'une &#233;migration jeune et qualifi&#233;e sans vocation d&#233;finitive &#224; l'installation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les migrations de femmes sont-elles diff&#233;rentes de celles des hommes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les femmes ont de tout temps &#233;migr&#233; &#224; l'&#233;tranger, parfois seules comme les Espagnoles dans les ann&#233;es 1950, plus souvent pour accompagner leur conjoint dans l'exil, et plus massivement pour rejoindre leur conjoint, comme &#224; partir de l'arr&#234;t de l'immigration de travail salari&#233; d&#233;cid&#233; par l'&#201;tat en 1974, dans le cadre du regroupement familial, la question des migrations de femmes est rest&#233;e une r&#233;alit&#233; peu connue en France, comme dans la plupart des pays occidentaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'image de l'homme seul, migrant pour des raisons &#233;conomiques ou politiques, est rest&#233;e pr&#233;gnante dans les repr&#233;sentations de l'immigration et elle a fait de la migration f&#233;minine un ph&#233;nom&#232;ne marginal ou de second rang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, la migration des femmes ne cesse de cro&#238;tre depuis plusieurs d&#233;cennies et marque ainsi un changement cons&#233;quent dans le profil de l'immigration dans le monde. De plus en plus de femmes, jeunes c&#233;libataires, ou ayant d&#233;j&#224; une famille &#224; charge, partent seule &#224; l'&#233;tranger pour trouver du travail et s'installer plus ou moins durablement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; s'explique principalement par deux facteurs : l'aspiration des femmes &#224; gagner plus d'ind&#233;pendance &#224; travers la migration, le fait que les femmes sont parfois plus qualifi&#233;es que les hommes pour r&#233;pondre &#224; certains emplois dans des secteurs o&#249; les p&#233;nuries de main d'&#339;uvre sont fortes, comme les services aux particuliers, ou dans l'&#233;ducation, la sant&#233; et l'action sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes sont aussi les premi&#232;res victimes de guerres ou de conflits politiques, de d&#233;placements li&#233;s &#224; des catastrophes &#233;cologiques, des famines ou des &#233;pid&#233;mies. Elles sont aussi des victimes des violences, r&#233;elles ou symboliques, faites &#224; leur encontre dans certains contextes culturels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extraits de : &lt;a href='http://questions-contemporaines.histoire-immigration.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://questions-contemporaines.his...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exemple de l'immigration &#233;quatorienne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Environ un million d'&#201;quatoriens, 14 % de la population adulte, re&#231;oit des fonds de parents habitant &#224; l'&#233;tranger. En 2002, le montant total de ces transferts de fonds a &#233;t&#233; de 1,5 milliards de dollars et pour 2003 ce chiffre est en augmentation. Bien que le montant de ces milliers de petits transferts soit &#233;tonnamment modeste (175 dollars en moyenne), les calculs comparatifs sont importants. Les envois de fonds &#233;quivalent &#224; un tiers de la valeur totale des exportations &#233;quatoriennes, dix fois le total de toute l'aide &#233;conomique que le pays re&#231;oit de l'&#233;tranger, soit cinq fois le cr&#233;dit octroy&#233; par le Fonds mon&#233;taire international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une &#233;tude de march&#233; r&#233;cente, la soci&#233;t&#233; Bendixen &amp; Associates a d&#233;couvert &#224; la suite d'un sondage que les probl&#232;mes &#233;conomiques individuels n'&#233;taient pas la motivation de la majorit&#233; des &#233;migrants &#233;quatoriens. Leur d&#233;cision d'&#233;migrer est bien plus le produit d'un consensus familial dans le cadre duquel les membres jeunes, en bonne sant&#233; et les plus qualifi&#233;s au sein de la famille ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s pour quitter le pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, l'&#233;migration massive dont l'&#201;quateur a souffert ces cinq derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; la r&#233;ponse &#224; la crise &#233;conomique nationale de 1998 et 1999, caus&#233;e par la fermeture des banques, la d&#233;valuation (de 5 000 sucres &#224; 25 000 sucres pour un dollar), les banqueroutes commerciales et l'instabilit&#233; financi&#232;re. Pendant ces deux ann&#233;es, le PIB du pays a diminu&#233; de 27 % et la consommation des m&#233;nages par habitant a &#233;t&#233; inf&#233;rieure en 1999 &#224; celle de 1989.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'apr&#232;s le sondage, l'objectif de 83 % de ceux qui ont &#233;migr&#233; &#233;tait &#171; d'att&#233;nuer les probl&#232;mes &#233;conomiques des membres de leur famille restant au pays &#187;. L'Espagne est une destination populaire, car il est plus facile pour un immigrant d'y r&#233;gulariser sa situation, bien qu'aux Etats-Unis les salaires soient meilleurs. Quasiment 30 % de ceux qui &#233;migrent ont compl&#233;t&#233; leurs &#233;tudes universitaires ou sont sur le point de les compl&#233;ter, et 25 % ont achev&#233; leurs &#233;tudes primaires. Une grande majorit&#233; sont des fr&#232;res ou des s&#339;urs, des fils ou des filles de ceux qui sont rest&#233;s (48 %). Les frais encourus pour l'&#233;migration sont financ&#233;s par la famille, au moyen de pr&#234;ts, d'hypoth&#232;ques sur leur habitation ou gr&#226;ce &#224; la vente de b&#233;tail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.iadb.org/idbamerica/index.cfm?&amp;thisid=2336&amp;pagenum=2' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.iadb.org/idbamerica/inde...&lt;/a&gt; : publication de la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - &#192; lire, &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1- Rapports&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Exils et Migrations, Italiens et Espagnols en France, 1938-1946 - L'int&#233;gration italienne en France&lt;/i&gt;, &#233;d. Complexe, 1995. Actes de colloques&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Histoire/Genre/Migration. Mondes atlantiques XIXe-XXe si&#232;cle&lt;/i&gt; 27-29 mars 2006, par le Centre d'Histoire sociale du XXe si&#232;cle
&lt;br /&gt;R&#233;sum&#233;s sur &lt;a href='http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://histoire-sociale.univ-paris1.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2- Essais, romans&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Images et repr&#233;sentations du genre en migration&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Sous la direction de Philippe Rygiel et Natacha Lillo, &#201;ditions Publibook, 2007
Quelles repr&#233;sentations de l'Autre, de l'immigr&#233;, une soci&#233;t&#233; se donne-t-elle ? En quoi l'&#233;migration remet-elle en cause les normes du genre ? &lt;br /&gt;Le genre, c'est-&#224;-dire la diff&#233;rence socialement construite des sexes, est constamment fa&#231;onn&#233; par le regard qu'un groupe pose sur moi et mon corps. Que se passe-t-il si je suis amen&#233; &#224; &#233;voluer au sein d'un autre groupe ? Les articles ici regroup&#233;s posent cette question &#233;voquant les flux migratoires qui ont marqu&#233; le XIXe et le XXe si&#232;cle. Des Antilles aux &#201;tats-Unis, de l'Allemagne &#224; l'Italie, les divers auteurs analysent les cons&#233;quences que peuvent avoir ces mouvements pour les identit&#233;s genr&#233;es des individus, et s'appuient sur les images que nous fournissent la photographie, la peinture ou encore le cin&#233;ma, autant d'expressions o&#249; l'Autre appara&#238;t dans sa corpor&#233;it&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Marseille, porte sud&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Un si&#232;cle d'histoire coloniale et d'immigration&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;de Pascal Blanchard, Gilles Bo&#235;tsch
&lt;br /&gt;La D&#233;couverte, 2005
&lt;br /&gt;C'est un si&#232;cle d'histoire, aux mille et une facettes, que l'on d&#233;couvre dans ce livre. A travers des centaines d'images rassembl&#233;es ici, on a le sentiment que Marseille a &#233;t&#233;, et reste, cette ville ouverte sur les cultures du monde : une ville cosmopolite sans &#233;quivalent en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La Nuit de l'&#233;tranger&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;d'Habib Selmi, roman, Actes Sud, mai 2008
&lt;br /&gt;Sur le lit de sa modeste chambre parisienne, un jeune Tunisien parcourt son carnet d'adresses, unique et dernier lien qui lui reste de son pays. Les noms qui d&#233;filent - ceux de ses semblables, ses fr&#232;res, qui sont comme lui recroquevill&#233;s sur leurs souvenirs et leur solitude - constituent autant d'arr&#234;ts sur ces vies mettant en lumi&#232;re d'&#233;tranges &#233;trangers. Les s&#233;quences se succ&#232;dent, d'une soci&#233;t&#233; &#224; l'autre, d'un pays &#224; l'autre, d&#233;voilant peu &#224; peu toute l'ambivalence qui tenaille ce jeune homme. Sans jamais sombrer dans le pathos, Habib Selmi transforme l'arch&#233;type du Maghr&#233;bin immigr&#233; en personnage romanesque, riche de toutes les vies qu'il a r&#234;v&#233;es et qu'il vivra, &#224; d&#233;faut de pouvoir pleinement vivre la sienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Marseille quart Nord&lt;/i&gt; de Benito Pelegrin &lt;br /&gt;&#201;ditions Sulliver, 2009
&lt;br /&gt;L'auteur nous livre une chronique sur les quartiers Nord de son enfance de jeune exil&#233; espagnol, arriv&#233; &#224; Marseille en pleine crise du logement et t&#233;moin de la naissance du mouvement des squatters.
&lt;br /&gt;Cette fresque sensible et dr&#244;le invite &#224; la d&#233;couverte de l'histoire politique et sociale de la ville &#224; travers la galerie de personnages qu'elle propose au lecteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3- Documentaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Celui qui chante, son mal enchante &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#171; Mon p&#232;re, r&#233;publicain espagnol et &#233;b&#233;niste, chantait en travaillant. Ces chansons tristes ou gaies, mais toujours chant&#233;es en espagnol, me disaient que chez moi nous n'&#233;tions pas tout &#224; fait Fran&#231;ais &#187;, Linda Ferrer-Roca.
Documentaire de Linda Ferrer-Roca &#8211; 2005 - 49'&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;D'un mur l'autre&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Documentaire de Patrick Jean, INA - Black Moon, mai 2008
&lt;br /&gt;Ce road-movie nous conduit de l'ancien mur de Berlin &#224; la nouvelle cl&#244;ture de Ceuta en terre africaine, via les quartiers Nord de Marseille.
&lt;br /&gt;Quatre fronti&#232;res au moins mais un seul axe : une soci&#233;t&#233;, m&#233;tiss&#233;e, multiculturelle, riche de ses diversit&#233;s en d&#233;pit de ses traditions de rejet. Du nord au sud, des rencontres empreintes d'humour et de tendresse, d'hommes et de femmes qui composent avec &#233;nergie et g&#233;n&#233;rosit&#233; une nouvelle soci&#233;t&#233;. Hors des clich&#233;s, ce film pose un regard optimiste, jubilatoire et parfois grin&#231;ant sur l'Europe et son immigration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - Autres liens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.alterites.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.alterites.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.abc-immigration.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.abc-immigration.fr&lt;/a&gt; : un site p&#233;dagogique pr&#233;sentant de nombreux t&#233;moignages : &quot;Plusieurs millions de personnes vivent en France sans y &#234;tre n&#233;es : ce sont les immigr&#233;s ou immigrants. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils quitt&#233; leur pays ? Comment sont-ils venus ? Quelle est leur vie en France ? Quel bilan en tirent-ils ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.generiques.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.generiques.org&lt;/a&gt; : propose de nombreuses informations sur les dimensions scientifiques et culturelles li&#233;es &#224; l'histoire de l'immigration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://revues-plurielles.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://revues-plurielles.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.histoire-immigration.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.histoire-immigration.fr&lt;/a&gt; : site de la Cit&#233; nationale de l'Histoire de l'immigration&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/cinema/seances-passees/regards-compares-identites-francaises-et-immigrations.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.quaibranly.fr/fr/program...&lt;/a&gt; : liste de documentaires sur le th&#232;me de l'&#233;migration&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://cedei.univ-paris1.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://cedei.univ-paris1.fr&lt;/a&gt; : Centre d'&#233;tudes et de documentation de l'&#201;migration italienne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.patrimoinearmenien.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.patrimoinearmenien.org&lt;/a&gt; : site du Centre du Patrimoine arm&#233;nien de Valence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.ina.fr/fresques/reperes-mediterraneens/Html/PrincipaleAccueil.php' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ina.fr/fresques/reperes-...&lt;/a&gt; :cet ensemble documentaire, tir&#233; du fonds d'archives de l'INA, permet de parcourir l'histoire de la Provence depuis les ann&#233;es quarante &#224; aujourd'hui sous ses aspects les plus vari&#233;s. Est propos&#233; un parcours th&#233;matique sur Marseille et ses migrations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.approches.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.approches.fr&lt;/a&gt; : site de l'association &lt;i&gt;Approches, Culture et Territoires&lt;/i&gt;, fond&#233;e &#224; Marseille en 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.recitsdevie.fr/projets.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.recitsdevie.fr/projets.htm&lt;/a&gt; : pr&#233;sentation de deux livres (Des gens d'ici : M&#233;moires des migrations &#224; Port de Bouc et d'&quot;Une Belle &#224; l'Autre&quot;) de l'association R&#233;cits, situ&#233;e &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;tiers traditionnels, produits symboles et industries historiques</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/metiers-traditionnels-produits</link>
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		<dc:date>2004-07-03T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Douci</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<description>Une partie de l'histoire hors du commun pour la ville de Marseille commence &#224; l'aube du XIX&#232;me si&#232;cle et s'&#233;teint &#224; l'heure sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se nomme &quot;La P&#233;riode dor&#233;e&quot;. &#192; la veille de la Seconde R&#233;volution Industrielle, Napol&#233;on III comprend l'importance de d&#233;velopper la cit&#233; phoc&#233;enne, dont la position face &#224; un continent que l'on a commenc&#233; &#224; coloniser est strat&#233;gique. En t&#233;moigne l'arriv&#233;e massive d'entrepreneurs dans la ville portuaire pour r&#233;aliser des &#233;conomies de transport. (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une partie de l'histoire hors du commun pour la ville de Marseille commence &#224; l'aube du XIX&#232;me si&#232;cle et s'&#233;teint &#224; l'heure sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se nomme &quot;La P&#233;riode dor&#233;e&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la veille de la Seconde R&#233;volution Industrielle, Napol&#233;on III comprend l'importance de d&#233;velopper la cit&#233; phoc&#233;enne, dont la position face &#224; un continent que l'on a commenc&#233; &#224; coloniser est strat&#233;gique. En t&#233;moigne l'arriv&#233;e massive d'entrepreneurs dans la ville portuaire pour r&#233;aliser des &#233;conomies de transport. Avec la construction de la ligne chemin de fer entre Paris et Marseille en 1848, le trafic augmente. Gr&#226;ce &#224; celle du Canal de Suez en 1869, l'Extr&#234;me-Orient se rapproche. Toute l'Europe passe dor&#233;navant par le m&#234;me port qui ne cesse de s'agrandir. La cit&#233; phoc&#233;enne, qui b&#233;n&#233;ficie &#224; partir de 1880 d'un r&#233;gime douanier tr&#232;s favorable, importe, tranforme, exporte, prosp&#232;re. Devenue la &quot;Porte de l'Orient&quot;, Marseille rayonne.
Savons, huiles, sucres, p&#226;tes, tuiles... Que reste-t-il aujourd'hui de tous ses produits symboles ? Sans oublier ses cigares, ses gitanes ou son Ricard... Marseille a-t-elle gard&#233; des traces de son pass&#233; glorieux ? Autant vous le dire tout de suite : nous n'avons rien trouv&#233;. Ou si peu. Tout a disparu. Comme s'il ne s'&#233;tait rien pass&#233;. Comme si Marseille avait toujours &#233;t&#233; ce grand port qui envoie des dizaines de milliers de passagers en Corse ou dans les pays du Maghreb, des millions de tonnes de marchandises sur tous les continents... Comme si elle ne devait rien &#224; l'histoire... Comme si personne ne voulait voir resurgir ces vestiges d'un temps o&#249; colonisation, commerce, d&#233;veloppement industriel et &#233;conomique, artisanat et savoir-faire marseillais faisait bon m&#233;nage... Comme si les Marseillais, pourtant si attach&#233;s &#224; leur ville, ne montraient pas la moindre curiosit&#233; &#224; son encontre ou pr&#233;f&#233;raient garder la m&#233;moire courte... Ateliers ferm&#233;s, usines en friche, d&#233;localis&#233;es ou interdites au public pour cause de plan vigipirate... Nous avons visit&#233; ce qu'il est encore possible de visiter. C'est &#224; dire pas grand chose. Des grosses usines et autres complexes industriels, il ne reste rien &#224; voir. Seule l'exposition temporaire &quot;Portrait d'industrie&quot; (heureusement prolong&#233;e jusqu'en mars 2005) pourra vous faire revivre la fabuleuse p&#233;riode du d&#233;veloppement &#233;conomique de Marseille. A part cette visite gratuite, vous irez chercher un peu d'histoire et du savoir-faire traditionnel des artisans marseillais dans une ou deux savonneries encore ouvertes, chez les santonniers de la ville, dans des friches au mieux transform&#233;es, au pire abandonn&#233;es, ou encore au Four des Navettes.
Nos documentalistes de chocs se sont d&#233;men&#233;s pour vous faire sentir un peu du parfum de Marseille en vous emmenant d&#233;couvrir ses m&#233;tiers traditionnels, ses produits symboles et ses industries historiques. Ils ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us par ce manque de traces et de rep&#232;res dont les Marseillais se rendront compte t&#244;t ou tard, surtout devant l'afflux croissant de touristes fran&#231;ais ou &#233;trangers dans la cit&#233; phoc&#233;enne. Mais nous vous avons ramen&#233;s de vraies informations sur cette fameuse p&#233;riode pendant laquelle Marseille a v&#233;cu un essor hors du commun, et gr&#226;ce &#224; laquelle elle ne serait pas la cit&#233; fi&#232;re qu'elle est aujourd'hui. Historiques, compte-rendus de visites, informations et adresses utiles, bibliographies, r&#233;f&#233;rences &#224; des sites internet... vous aideront &#224; d&#233;couvrir et red&#233;couvrir Marseille. Avec un zoom particulier sur son produit phare redevenu &#224; la mode : le savon de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marseille-R&#233;publique tiendra-t-elle ses promesses ?</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-sentences-de-l-habitant/article/marseille-republique-tiendra-t</link>
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		<dc:date>2009-01-09T16:17:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Joubert</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;novation</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>A 76 ans, madame Carry ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait. La faute aux divers organismes en charge de la r&#233;habilitation de la rue de la R&#233;publique qui entretiennent le flou sur la situation des derniers locataires, les laissant dans l'incertitude. Entre crainte et espoir, madame Carry attend que Marseille-R&#233;publique tienne simplement ses promesses. Koinai : Bonjour madame, &#231;a fait combien de temps que vous habitez ici ? Ca va faire 12 ans au mois de juin. K : Et comment &#231;a (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-sentences-de-l-habitant/" rel="directory"&gt;Les sentences de l'habitant&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/renovation" rel="tag"&gt;R&#233;novation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A 76 ans, madame Carry ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait. La faute aux divers organismes en charge de la r&#233;habilitation de la rue de la R&#233;publique qui entretiennent le flou sur la situation des derniers locataires, les laissant dans l'incertitude. Entre crainte et espoir, madame Carry attend que Marseille-R&#233;publique tienne simplement ses promesses.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Bonjour madame, &#231;a fait combien de temps que vous habitez ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ca va faire 12 ans au mois de juin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment &#231;a s'est pass&#233; ? Est-ce que vous avez re&#231;u quelque chose de Marseille-R&#233;publique vous demandant de d&#233;m&#233;nager puisqu'il va y avoir des r&#233;habilitations dans le quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'ai eu aucune lettre. Normalement, j'aurai d&#251; recevoir le 15 d&#233;cembre une lettre me disant qu'on ne renouvelle pas mon bail puisque mon bail va finir le 15 juin 2009. D'apr&#232;s la loi on doit pr&#233;venir quand m&#234;me six mois avant si le... J'ai pas re&#231;u le courrier, mais par contre, euh, il m'a &#233;t&#233; propos&#233; un nouveau logement que je vais visiter de temps en temps. Mais je n'ai pas de papiers... Alors peut-&#234;tre qu'ils attendent que ce logement soit compl&#232;tement refait pour me donner les papiers, mais moi je vis avec un point d'interrogation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vivez dans l'incertitude...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que je vais voir donc la personne qui s'occupe du relogement, qui m'a promis un relogement, mais je n'ai toujours pas de lettre prouvant le nouveau bail, le protocole. Je n'ai pas de tout &#231;a. Bon. Je ne crois pas maintenant que, euh, comment vais-je dire ? Qu'on me propose ce logement, que je vais le voir moi-m&#234;me, que j'ai &#233;t&#233; convoqu&#233;e par la personne qui fait les travaux me demandant comment je voulais que &#231;a soit class&#233; mes affaires &#231;a et &#231;a, et que ce soit quand m&#234;me un mensonge. Mais j'me m&#233;fie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas confiance en Marseille-R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, non. Mais c'est peut-&#234;tre ma nature qui devient m&#233;fiante avec la vie... Je sais pas. De toute fa&#231;on, lorsque j'aurai les papiers, un petit d&#233;faut que j'ai vis-&#224;-vis de ces messieurs-l&#224;, c'est que j'y vais trop franchement. Que le jour que j'ai les papiers, le protocole, que j'ai le bail et tout, moi je vous dit franchement, je les fais voir &#224; des connaisseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l&#224;, le logement que vous habitez depuis 12 ans, vous disiez tout &#224; l'heure qu'il s'est fortement d&#233;grad&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais moi, je suis bien ici. On me dit que je peux rester ici, croyez-moi que j'ai vite fait d'arracher le papier, de changer les fen&#234;tres. Je suis tr&#232;s, tr&#232;s bien l&#224;. Mais de toute fa&#231;on il faudra qu'on d&#233;m&#233;nage. Ca j'en suis persuad&#233;e parce que dans l'immeuble, nous ne sommes plus que quatre. Et vous avez vu comment que c'est tout cass&#233;, tout, partout. Y a plus de travaux de fait. Regardez, d&#232;s que quelqu'un part, ils murent les portes, ils cassent tout &#224; l'int&#233;rieur, ils murent les portes. Ils font plus de travaux d'entretien, quoi. Au contraire, ils veulent faire du neuf. Quelque part, va-t'on dire que c'est un peu logique. Si vous avez vu l'environnement, c'est tout d&#233;labr&#233;, d&#233;labr&#233;. Alors, il y a tellement de gens qui demandent des logements, il vaut mieux que &#231;a soit refait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, quelque part &#231;a vous d&#233;plairait pas de partir ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je vois tr&#232;s bien que &#231;a se d&#233;grade de trop. Ca se d&#233;grade et ici je suis toute seule. Au cinqui&#232;me &#233;tage, y a plus qu'un monsieur. Quatri&#232;me &#233;tage, y a personne. Troisi&#232;me &#233;tage, y a plus qu'une dame. Deuxi&#232;me &#233;tage, y a un monsieur, mon patriarche que j'adore, un monsieur qui tient plus debout. Et le kin&#233;. Mais ces gens-l&#224;, ce sont tous des loi 48. Moi, j'ai une loi 89.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pouvez m'expliquer la diff&#233;rence ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il est dit qu'avec la loi 48, les gens sont beaucoup plus prot&#233;g&#233;s. Parait-il. Euh, eh oui, puisqu'ils ne re&#231;oivent pas de renouvellement pour le bail, &#231;a se fait automatiquement. Tandis que moi avec ma petite loi de 89, normalement je tendais le cou vers le 15 d&#233;cembre pour savoir. Je vais avoir du courrier, eh oui. Je l'ai pas eu. Tant pis pour eux s''ils ont oubli&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui. L'objectif de Marseille-R&#233;publique est de r&#233;habiliter le quartier, mais avez vous constat&#233; un changement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;R&#233;habiliter ici ? Faut qu'ils mettent beaucoup de sous &#224; l'int&#233;rieur. Y avait des gens, dans le quartier, ils &#233;taient oblig&#233;s de partir. Puis ils ont tout refait &#224; l'int&#233;rieur et... Vous savez c'est le quartier des millionnaires mais on voit pas beaucoup de monde, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous dites, en fait, qu'ils ont du mal &#224; trouver des locataires ou des acheteurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Regardez par la fen&#234;tre monsieur. C'est Villa Imp&#233;riale. A louer. Y a pas beaucoup de lumi&#232;re, hein ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Effectivement, &#231;a a l'air assez vide.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Mais, naturellement, bon. Par contre, je vois des lumi&#232;res qui s'allument le soir. Parce que dans les greniers, ils ont donc fait des appartements. Alors peut-&#234;tre que &#231;a c'est &#224; louer ? Ben oui, depuis que c'est marqu&#233; &quot; &#224; louer &quot;, je vois des lumi&#232;res. Je fais la chouette, l&#224;, je regarde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc cela voudrait dire que c'est les appartements les moins chers qui sont lou&#233;s et pas les appartements destin&#233;s &#224; ceux que vous appelez les millionnaires ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, ben. Faut pas croire hein. Oh, ils ont &#233;t&#233; trop gourmands hein. Regardez tout ce qu'y a &#224; faire, regardez monsieur. Tout &#231;a, c'est vide. La soci&#233;t&#233; immobili&#232;re, elle aurait mieux fait son travail, on n'en serait pas l&#224;, hein ? Maintenant, pour moi, je ne sais pas monsieur, je ne sais rien. Tant que j'ai pas les papiers, tant que j'ai pas le protocole, tant que j'ai pas le bail, le prix, les charges, tant que je n'ai pas tout et tout...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez peur qu'on vous raconte des histoires...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ben, tout &#224; fait ! Oh ben alors l&#224;, oui, oui, oui. Quand on arrive &#224; un certain &#226;ge, on s'imagine qu'on peut plus se d&#233;fendre ! Ah ben, qu'ils y viennent, tiens... Toute ma vie, j'me suis bagarr&#233;e tout le temps. C'est pas &#224; 76 ans et demi que je vais capituler encore (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est peut-&#234;tre aussi parce que vous avez 76 ans et demi qu'ils vous m&#233;nagent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vous croyez qu'ils me m&#233;nagent ? Ca ferait &#231;a de moins pour eux. Croyez donc. Mais j'y crois pas &#224; &#231;a. Mais, c'est pas la question qui m&#233;nagent, y m&#233;nagent qui ? Arr&#234;tez-donc ! Qui c'est qu'est m&#233;nag&#233; de nos jours ? Voyez pas un peu ? Lisez pas les journaux ? Tous ces jeunes qui n'ont plus de boulot, qui n'ont plus rien ? C'est &#231;a la confiance ? Tous ces jeunes qui s'imaginent qui ils ont un poste. Moi, je les vois le matin, y courent au travail, on dirait qui vont &#224; l'abattoir ! Alors, alors, allez, allez, allez. Y vont &#224; l'&#233;cole, y font des &#233;tudes, et puis &#224; la fin du compte qu'est-ce qu'ils ont ? Non ? C'est partout. Vous voyez pas toutes les soci&#233;t&#233;s qui ferment de partout ? Allons... Tout ces gens qui vont se retrouver au ch&#244;mage... Tous les gens qui veulent d&#233;localiser, qui veulent les envoyer &#224; perp&#232;te. Les familles qui ont construit leur nid l&#224;. Qui ont sacrifi&#233; leur vie pour s'acheter un bout de terrain avec deux, trois briques et on va les exp&#233;dier &#224; Tataouine ? Non, mais &#231;a va pas ! Mais non, mais non, mais non. Ca c'est la vie dont je parle. Tous ces gens qui sont dehors, vous croyez que c'est normal ? Alors qu'y a plein de logements vides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est ce que vous disiez tout &#224; l'heure.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais oui, voyons. Non mais, attention, je vais m&#234;me plus loin. Les gens qui squattent ; y a des gens qui squattent qui ont des fiches de paye. Mais ils n'ont pas de logement. Mais ils ont raison de squatter. Ils cassent rien, ils bouzilllent rien. Pourquoi qu'on leur donne pas un logement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ils n'ont pas assez d'argent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils ont pas assez d'argent ? Mais qu'est-ce qu'y veulent alors ? Ils n'ont pas assez d'argent, mais alors, moi non plus j'en ai pas beaucoup. J'ai une mini, mini-retraite moi, mon dieu ! Enfin, j'le dis, mais comment je tiens le coup ? C'est pas possible. Alors vous croyez que c'est normal que des gens qui sont salari&#233;s soient oblig&#233;s de squatter ? C'est pas normal, voyons. On arriverait toujours &#224; leur trouver un endroit. Et bien souvent ce sont des gens qui sont honn&#234;tes, qui payeraient leur loyer. Allons. Non mais, c'est vrai ou pas ? Je parle en g&#233;n&#233;ral maintenant. C'est partout, partout, pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 6 janvier 2009 par Jacques Becker.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Manger, une pratique culturelle</title>
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		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


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		<description>Manger n'est pas seulement un acte biologique, c'est aussi une pratique symbolique, sociale et culturelle. Autrement dit, on ne mange pas n'importe quoi, n'importe o&#249;, n'importe quand et avec n'importe qui... La cuisine refl&#232;te les conditions historiques et &#233;conomiques, ainsi que les valeurs sociales et culturelles de chaque soci&#233;t&#233;. Chacune d'elles a un syst&#232;me culinaire propre, qui repose sur l'interaction de techniques, de rapports sociaux et de repr&#233;sentations. Chacune a ses propres valeurs et (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manger n'est pas seulement un acte biologique, c'est aussi une pratique symbolique, sociale et culturelle. Autrement dit, on ne mange pas n'importe quoi, n'importe o&#249;, n'importe quand et avec n'importe qui...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cuisine refl&#232;te les conditions historiques et &#233;conomiques, ainsi que les valeurs sociales et culturelles de chaque soci&#233;t&#233;. Chacune d'elles a un syst&#232;me culinaire propre, qui repose sur l'interaction de techniques, de rapports sociaux et de repr&#233;sentations. Chacune a ses propres valeurs et &#233;labore, &#224; travers ses plats, ses mani&#232;res de table (&#224; table ou &#224; terre) et de manger (avec des couverts ou des baguettes, &#224; la main), un contenu aux notions d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, mijot&#233;es &#224; partir d'opposition (viande halal et viande haram), de r&#233;pulsion (vers de karit&#233;, cuisses de grenouilles, viande de chien), d'interaction (p&#226;tes &#224; la sauce &#171; rouge &#187;) ou d'emprunt (attrait pour les &#171; cuisines ethniques &#187;). Comme tout marqueur culturel, par lequel on affirme une identit&#233; et on d&#233;finit une alt&#233;rit&#233;, les pratiques culinaires et alimentaires r&#233;sultent de strat&#233;gies d'appartenance (&#224; son groupe) et de diff&#233;renciation (par rapport aux autres). En d&#233;finitive, la cuisine serait une sorte de &#171; langage dans lequel chaque soci&#233;t&#233; code des messages qui lui permettent de signifier au moins une partie de ce qu'elle est (1) &#187;, mais aussi le moyen de classer l'alt&#233;rit&#233; sur un mode alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je propose, pour ce premier &#233;ditorial et pour ceux &#224; venir, de poser une question - et d'y apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse - sur la vaste probl&#233;matique des pratiques culinaires et alimentaires, en tant que marqueur d'identit&#233; (sa cuisine) et d'alt&#233;rit&#233; (la cuisine des autres). P&#234;le-m&#234;le, je m'arr&#234;terai sur les repr&#233;sentations des uns de la cuisine des autres, qui entra&#238;nent jusqu'&#224; la r&#233;pulsion physiologique (d&#233;go&#251;t), sur les interdits alimentaires d'origine culturelle (animal totem des animistes africains), religieuse (le porc dans le juda&#239;sme et l'islam) ou id&#233;ologique (v&#233;g&#233;tarisme), sur les cuisines festives par opposition &#224; l'alimentation quotidienne ou encore, sur le march&#233; des Capucins de Noailles &#224; Marseille, un march&#233; &#224; l'image des flux migratoires qui fa&#231;onnent la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les diff&#233;rentes sources qui permettront d'&#233;tayer ces &#233;ditos seront diverses : des recherches documentaires &#224; la presse, en passant par les enqu&#234;tes sur le terrain que m&#232;neront les salari&#233;s en insertion de R&#233;surgences. Les approches universitaire, grand public et populaire se croiseront, pour approcher sous divers angles une probl&#233;matique aussi vaste que le sont les mani&#232;res de manger.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Le titre de cet article a &#233;t&#233; emprunt&#233; &#224; celui du num&#233;ro 135 (f&#233;vrier 2003) de la revue Sciences Humaines&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Claude L&#233;vi-Strauss, Mythologiques vol. 3 Du miel aux cendres, 1967&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Maillots jaunes - chapitre I</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Coursaget, Josefa Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>portfolio</dc:subject>
		<dc:subject>Travaux publics</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>Ne vous y trompez pas !&#8230; Toutes ces taches de couleurs ne font que mettre en exergue des bribes de vie, des instantan&#233;s pris sur le vif afin de composer le premier volet d'une mosa&#239;que, aussi flamboyante que le soleil marseillais !

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne vous y trompez pas !&#8230; Toutes ces taches de couleurs ne font que mettre en exergue des bribes de vie, des instantan&#233;s pris sur le vif afin de composer le premier volet d'une mosa&#239;que, aussi flamboyante que le soleil marseillais !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Maggie Paille fait des histoires</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djida Thomas </dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parcours d'une conteuse, de l'invitation au r&#234;ve &#224; la r&#233;alisation professionnelle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Je me revois, j'&#233;tais petite fille, je vivais encore dans la maison de mes parents, dans cette grande et belle vieille maison que vous pouvez voir l&#224; : la photo sur le mur&#8230; et j'&#233;tais &#224; moiti&#233; enfouie dans le placard o&#249; je fourrais mes jouets, et l&#224; j'avais un petit livre que je lisais, il n'avait plus de couverture. C'&#233;tait les contes de Perrault et Madame D'Aulnois. C'est mon plus vieux souvenir de contact avec le conte. Je partais dans cet univers. &quot; Maggie Paille, 52 ans, intermittente du spectacle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Devenir conteuse, c'est un r&#234;ve d'enfant, un hasard, une vocation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, c'est peut-&#234;tre la r&#233;alisation d'un r&#234;ve d'enfant mais pendant longtemps j'ai port&#233; ce r&#234;ve sans le savoir. Le hasard ? Oui, si on appelle &quot;hasard&quot; les choses qui nous arrivent. Moi je crois qu'elles ne nous arrivent pas par hasard. &quot;Vocation&quot; ? Heu&#8230; c'est la m&#234;me chose : je pense que nous sommes porteurs de notre destin. Par moments il tape au carreau en disant : &quot;Coucou, je suis l&#224;&quot;. Parfois on entend et on ouvre la porte ou la fen&#234;tre, parfois on n'entend pas. Bon, j'ai mis un certain temps &#224; entendre. &#199;a remonte &#224; pas mal d'ann&#233;es. &#192; l'&#233;poque je ne pensais pas du tout devenir conteuse, mais j'avais des images dans ma t&#234;te et un jour, ou plut&#244;t une nuit - &#231;a se passait beaucoup la nuit, j'ai un tr&#232;s mauvais sommeil&#8230; - et donc j'avais une image dans ma t&#234;te, et je l'ai laiss&#233;e grandir, vivre. &#199;a a pris du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quelle &#233;tait cette image ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait l'image d'une araign&#233;e dans sa toile. Je hais les araign&#233;es !
Et donc il y avait cette image dans sa toile et c'&#233;tait li&#233; &#224; une situation personnelle que j'&#233;tais en train de vivre. Et cette image - c'est extraordinaire ! - a r&#233;sum&#233; exactement la situation que j'&#233;tais en train de vivre. Je la vivais depuis longtemps, et je n'arrivais pas &#224; la saisir, &#231;a m'&#233;chappait. Or l&#224;, tout d'un coup, j'ai eu la sensation que tout se r&#233;sumait &#224; cette image. Et au bout de quelques mois, &#231;a &#224; &#233;t&#233; tr&#232;s long, c'est sorti, l&#224;, sous la forme d'une histoire. &#199;a a commenc&#233; l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous contait des histoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ne me racontait pas d'histoires quand j'&#233;tais enfant. Mes parents n'avaient pas le temps, mes grands m&#232;res - je n'en avais plus qu'une - ne racontaient pas, ma tantine qui vivait avec nous, non plus ; elle nous faisait r&#233;citer le chapelet mais pas raconter d'histoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais qu'est-ce qui a d&#233;clench&#233; l'envie de raconter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai commenc&#233; donc avec cette histoire de l'araign&#233;e, je l'avais intitul&#233;e : &quot;La reine araign&#233;e&quot;. Je ne l'ai jamais racont&#233;e, d'ailleurs, et je ne pense pas que je la raconte un jour&#8230; Et je me suis prise au jeu, c'est-&#224;-dire que je me suis faite attentive &#224; ce qui se passait. Et puis j'ai &#233;crit d'autres histoires, et c'est l&#224; que mes enfants m'ont introduite dans leur &#233;cole. Et c'est parti de l&#224;. Je me suis aper&#231;ue, d'ailleurs, &#224; ce moment l&#224; que &#233;crire des histoires c'est une chose, en raconter c'est compl&#232;tement autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence alors entre &#233;crire et conter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh bien, raconter une histoire qui est &#233;crite dans un livre, j'allais dire, c'est facile. Mais raconter sa propre histoire, &#231;a m'&#233;tait tr&#232;s difficile. Et donc un jour j'ai vu dans la presse un stage d'initiation aux contes, et je me suis tourn&#233;e vers l'association qui organisait ce stage, et l&#224;, &#231;a a &#233;t&#233; le d&#233;clic. Mais alors, compl&#232;tement ! &#192; l'&#233;poque j'ai fait ce stage plus par&#8230; curiosit&#233; que dans le but d'en faire un m&#233;tier. Mais &#231;a a &#233;t&#233; l&#224; - vraiment le d&#233;clic ! - que j'ai d&#233;cid&#233; d'en faire un m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'&#233;tait &#224; quelle &#233;poque de votre vie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C' &#233;tait&#8230; On est en quelle ann&#233;e ?&#8230; 2005, 2006&#8230; Il y a quatorze ans. &#199;a fait une bonne grosse dizaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle a &#233;t&#233; votre toute premi&#232;re histoire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'essaie de me souvenir&#8230; Alors, j'avais fait ce stage, et les organisatrices m'ont tout de suite dit : &quot;Toi, t'es une conteuse n&#233;e&quot;. &#199;a m'a fait plaisir et c'est vrai que &#231;a a &#233;t&#233; au cours de ce stage que j'ai dit : &quot;Je vous pr&#233;viens, moi, je veux en faire un m&#233;tier.&quot; Alors j'ai continu&#233; &#224; conter avec cette association b&#233;n&#233;vole, pendant un certain temps. Mais la premi&#232;re fois o&#249; je me suis trouv&#233;e, donc, face &#224; un public, &#231;a a &#233;t&#233; tout de suite apr&#232;s ce stage puisque cette association avait &#233;t&#233; demand&#233;e pour une f&#234;te, pour une grosse manifestation des comit&#233;s d'entreprise, et l&#224; je me suis embarqu&#233;e, voil&#224;, je suis partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel souvenir gardez-vous de vos premiers pas de conteuse ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, j'en ai gard&#233; un souvenir &#233;merveill&#233;. Non pas de ma prestation, hein ! _ &#8230; D'abord cette manifestation &#233;norme sur le th&#232;me du livre : nous &#233;tions nombreux, dont un conteur &lt;a href='http://www.mondoral/jihad-darwiche.org' class='spip_out' rel='external'&gt;Djihad Darwiche&lt;/a&gt;, qui m'a&#8230; C'est marrant parce que je le retrouve de loin en loin sur ma route. J'en avais beaucoup entendu parler dans cette association, je l'ai d&#233;couvert &#224; cette occasion. Je l'ai revu ensuite dans une &#233;cole, celle o&#249; &#233;taient mes enfants, et o&#249; durant plusieurs ann&#233;es j'ai anim&#233; des ateliers de contes. Je l'ai retrouv&#233; de loin en loin au cours des festivals, et voil&#224;, &#231;a s'est enclench&#233; comme cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un ma&#238;tre ou des mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des ma&#238;tres, des mod&#232;les, heu&#8230; ? Je sais que beaucoup de d&#233;butants sont extr&#234;mement influenc&#233;s par le conteur et &#233;crivain &lt;a href='http://www.henrigougaud.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Henri Gougaud&lt;/a&gt; qui est un des ma&#238;tres du conte. Quand il est en sc&#232;ne, c'est impressionnant : il y a cinq cents personnes dans la salle et vous avez l'impression qu'il ne s'adresse qu'&#224; vous-m&#234;me. Il m'impressionne &#233;galement dans son &#233;criture qui est &quot;forte&quot;. Et c'est l&#224; l'obstacle pour les d&#233;butants. Moi, &#231;a ne m'a pas trop influenc&#233;e, dans la mesure o&#249; je suis arriv&#233;e au conte un peu tardivement quand m&#234;me. J'avais d&#233;j&#224; ma personnalit&#233; et comme je racontais aussi beaucoup mes propres histoires, j'ai &#233;chapp&#233;&#8230; Oh ! J'ai d&#251; avoir des petites colorations, je ne le nie pas, mais moins que de jeunes conteurs qui d&#233;butent. Mais bon, c'est peut-&#234;tre une b&#234;tise de dire cela parce qu'un d&#233;butant impose aussi sa personnalit&#233;. Mais enfin, j'en ai connu beaucoup qui ont du mal parce qu'ils sont marqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles impressions ressentez-vous avec votre public ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ecoutez, heu&#8230; Le public, c'est tr&#232;s ambivalent : le public peut &#234;tre extr&#234;mement poli et faire des retours qui ne sonnent pas juste, par politesse, ou alors, il est sinc&#232;re. Moi j'opte pour la seconde parce qu'on le sent. C'est un lien qui se passe entre le c&#339;ur de la personne qui conte et le c&#339;ur des gens qui sont dans le public. Et &#231;a, &#231;a ne trompe personne. Un lien de c&#339;ur &#224; c&#339;ur. Je sais que quand je conte, arrive le moment - &#231;a ne vient pas tout de suite en claquant des doigts - o&#249; &#231;a y est, je sens qu'on est bien ensemble. Et l&#224;, &#224; un moment donn&#233;, &#231;a fait un mouvement de bascule : on bascule dans un silence particulier. Bon ben l&#224;, &#231;a y est !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu des r&#233;actions n&#233;gatives ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai jamais eu de r&#233;actions d'hostilit&#233;, ou alors dans un contexte particulier que je vous dirai apr&#232;s. Sinon je pense que je sais, je sais que je touche le public, et qu'il me le manifeste, et &#231;a, c'est le bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre famille vous a-t-elle soutenue ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ma famille ? Je vais vous dire une chose affreuse : &quot;Je pense que cela a contribu&#233; &#224; faire &#233;clater mon couple .&quot; &#192; l'&#233;poque, j'avais des ateliers dans l'&#233;cole de mes enfants, et bien s&#251;r, ayant &#233;t&#233; femme au foyer, mes enfants rentraient, j'&#233;tais l&#224; pour les accueillir, tout &#233;tait pr&#234;t. Or, l&#224;, les choses avaient chang&#233;. Tout &#233;tait toujours pr&#234;t, mais je n'&#233;tais plus l&#224; pour les accueillir. Et un jour ils m'ont dit : &quot;Maman, on en a marre, t'es jamais l&#224;, on ne te voit plus quand on rentre de l'&#233;cole, c'est dur.&quot; Ils ont r&#226;l&#233;, ils ont protest&#233;. &#199;a m'a &#233;branl&#233;e. Voil&#224;. Donc, j'ai pris une grande feuille de papier, j'ai pris un crayon, j'ai fait un grand trait au milieu de la feuille, j'ai mis : pour arr&#234;ter les contes, pour continuer les contes. J'ai mis toutes les raisons que j'avais pour arr&#234;ter les contes : les enfants trouvaient que j'&#233;tais moins pr&#233;sente, la tension au niveau du couple, le linge pas repass&#233; r&#233;guli&#232;rement, le m&#233;nage pas syst&#233;matique&#8230; Disons que la vie &#224; la maison avait un peu chang&#233;, c'&#233;taient les raisons pour arr&#234;ter. Maintenant, pour continuer, eh bien la premi&#232;re raison : moi j'y trouvais un &#233;panouissement extraordinaire que je n'ai trouv&#233; nulle part ailleurs ; d&#233;sol&#233;e pour les enfants mais &quot;&#234;tre la femme de&#8230;&quot; non seulement &#231;a ne me suffisait plus, mais &#231;a me posait des probl&#232;mes. J'y trouvais tellement&#8230; c'est une telle nourriture que si j'arr&#234;tais, ma vie n'avait plus de sens. Ma foi, je me suis dit : c'est pas compliqu&#233;, je continue. Je me souviens avoir dit &#224; mes enfants : &quot;Je ne vous abandonne pas. C'est pas parce que je suis absente une ou deux heures apr&#232;s l'&#233;cole, que le monde va s'&#233;crouler, que tout est perdu.&quot; Et mes enfants se sont tr&#232;s bien habitu&#233;s et en sont m&#234;me tr&#232;s fiers, depuis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous &#234;tes-vous professionnalis&#233;e, malgr&#233; ces contraintes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;but &#231;a a &#233;t&#233; pris comme une occupation : &quot;Maggie s'occupe&quot;. J'ai prolong&#233; mon apprentissage, j'ai cont&#233; sans arr&#234;t dans plein d'endroits, j'ai fait d'autres stages [Maggie Paille a travaill&#233; pour deux associations : Cobalt et ArtisteNCo] et surtout je suis all&#233;e &#233;couter beaucoup, beaucoup de conteurs. &#199;a a dur&#233; un certain temps, et malgr&#233; les r&#233;ticences de mon mari, j'ai continu&#233; par la petite porte : je me suis tourn&#233;e vers une association qui m'a salari&#233;e. Et l&#224;, les contes c'est comme la vie - je vais avoir l'air de faire une digression - : un jour, un journaliste m'a pos&#233; la question et par boutade, je lui ai r&#233;pondu ceci : &quot;je vous fais une confidence : mon mari a une position &#233;minente dans le gouvernement, il est chef d'&#233;tat, sa femme l'a tromp&#233;, il ne s'en est jamais remis, il lui a fait couper la t&#234;te. La deuxi&#232;me, la m&#234;me chose&#8230; &quot; Il m'a &#233;cout&#233;e au d&#233;part, tout d'un coup il a hurl&#233; de rire. Parce que symboliquement il y a quelque chose de cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une deuxi&#232;me nature, chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais que si je ne fais pas ce que je fais, si j'arr&#234;te les contes, si je ne r&#233;ponds pas aux contes, eh bien&#8230; &lt;a href='http://www.africagraffitis.skyrock.com/2.html' class='spip_out' rel='external'&gt;je suis morte&lt;/a&gt;. Ce n'est pas une deuxi&#232;me nature, je crois que c'est &quot;ma&quot; nature, de conter. J'ai fait un d&#233;tour par l'enseignement avant de me marier, et mes m&#233;thodes n'avaient rien d'acad&#233;mique. J'ai essay&#233; d'&#234;tre acad&#233;mique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Djida Thomas le 03/10/06 ; r&#233;daction Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ma moto, mon m&#233;tier, ma passion</title>
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		<dc:date>2006-04-04T07:58:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>

		<description>&#201;ric, la quarantaine, a &quot;depuis toujours&quot; opt&#233; pour la moto. D'ailleurs il ne poss&#232;de pas de voiture : &quot;Parce que la moto, c'est une passion, et puis c'est plus pratique pour travailler&quot;. De fait, livreur pour les pharmacies, il passe pr&#232;s de neuf heures par jour en selle. Il revient sur les conditions de circulation en ville : &quot;Actuellement, c'est tr&#232;s difficile, il y a des passages tr&#232;s dangereux et moi, je dois faire vite pour livrer les clients. C'est surtout le comportement des gens qui (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;ric, la quarantaine, a &quot;depuis toujours&quot; opt&#233; pour la moto. D'ailleurs il ne poss&#232;de pas de voiture : &quot;Parce que la moto, c'est une passion, et puis c'est plus pratique pour travailler&quot;. De fait, livreur pour les pharmacies, il passe pr&#232;s de neuf heures par jour en selle. Il revient sur les conditions de circulation en ville : &quot;Actuellement, c'est tr&#232;s difficile, il y a des passages tr&#232;s dangereux et moi, je dois faire vite pour livrer les clients. C'est surtout le comportement des gens qui m'importe, mais je suis d&#233;&#231;u : les Marseillais sont de moins en moins civilis&#233;s, c'est du chacun pour soi. Autrefois ce n'&#233;tait pas comme &#231;a. Les gens manquent de civisme : ils br&#251;lent les feux rouges, ils font expr&#232;s de ne pas te laisser passer pour &#234;tre les premiers, ils ne font pas attention &#224; nous, ni aux pi&#233;tons. Moi, j'ai vu, un jour, une femme qui conduisait une voiture, elle ne s'est pas arr&#234;t&#233;e au feu rouge et a l&#233;g&#232;rement percut&#233; un jeune qui a fait la pirouette. Eh bien, le jeune a continu&#233; &#224; marcher comme si de rien n'&#233;tait, comme si tout &#233;tait normal. Les gens acceptent de jouer le jeu des chauffards et ce n'est pas normal. C'est aux automobilistes de faire attention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis en janvier 2006 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Lolita Pasta</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/lolita-pasta</link>
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		<dc:date>2007-09-15T15:52:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile Fourmillier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>beaut&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une cr&#233;atrice marseillaise lance son nom, son style. Entreprise.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/beaute" rel="tag"&gt;beaut&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un souvenir lointain li&#233; &#224; mon activit&#233; ? De la petite enfance ? Ah ! Ben oui : cinq ans, six ans&#8230; des fleurs au crochet, voil&#224;. J'ai appris avec ma grand-m&#232;re. Mes grand-m&#232;res cousaient, l'une brodait et l'autre - celle qui m'a &#233;lev&#233;e et appris une philosophie de vie - m'a apport&#233; le go&#251;t du tissu, du toucher, de la couture, concr&#232;tement parlant. &#187; Marie-Laure, 47 ans, cr&#233;ateur styliste rue des Loisirs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quand vous orientez-vous vers la couture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, toujours, oui, j'ai toujours cousu. Avec des moments d'arr&#234;t. C'est un go&#251;t prononc&#233;, c'est une curiosit&#233; : voir ce que &#231;a fait, le travail du tissu, de coudre, en fait, voil&#224;, de transformer ; et puis d&#233;j&#224;, une disposition peut-&#234;tre particuli&#232;re : j'ai appris quand j'&#233;tais petite, je regardais mes grand-m&#232;res, mon p&#232;re. Apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233;, j'ai fait autre chose, et j'ai recommenc&#233; quand j'&#233;tais &#224; Paris &#224; faire des fringues, ouais, des v&#234;tements et des bijoux ; apr&#232;s j'ai arr&#234;t&#233;. J'ai recommenc&#233;&#8230; y'a douze ans, je crois, &#224; la naissance de ma fille, mais beaucoup plus s&#233;rieusement, quoi, avec dans l'id&#233;e d'exister par &#231;a aussi - c'est un autre probl&#232;me, hein ! - et de dessiner des mod&#232;les, et de les fabriquer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;tait-ce une vocation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non&#8230; non, pas une &quot;vocation&quot;. Hier soir je pensais&#8230; : en fait je travaille en jouant et je joue en travaillant. Voil&#224; : c'&#233;tait plut&#244;t continuer &#224; jouer, dans le plaisir. Le plaisir de faire, aussi, et le plaisir de faire plaisir aux femmes, quoi. Pour cr&#233;er des mod&#232;les, et les habiller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre parcours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, d'infirmi&#232;re psy &#224; cr&#233;ateur styliste, c'est un chemin vers l'harmonie, la vie, le plaisir et le jeu. Mon p&#232;re voulait que je sois mannequin : il aimait regarder les d&#233;fil&#233;s de mode. Il &#233;tait artiste peintre en plus de son travail de fonctionnaire, mais il exploitait pas son talent ni ses &#339;uvres. Moi je voulais exister en dehors de ma famille et cr&#233;er pour exister, quoi ! D'o&#249;, depuis toujours, j'ai cr&#233;&#233; avec les tissus, j'ai fait des bijoux jusqu'au jour o&#249; une boutique a accept&#233; de m'exposer et de me vendre. Tout est all&#233; vite sans que je prenne conscience de ce talent et de l'imaginaire que je poss&#233;dais. Le tout, c'est d'imposer son identit&#233;. Et c'est gr&#226;ce aux tissus, aux couleurs, aux mod&#232;les trac&#233;s grossi&#232;rement sur le papier et &#224; beaucoup de travail et de volont&#233; que je m'impose. Mon fil conducteur c'est l'alchimie entre le jeu, le plaisir dans le travail et l'amour que je mets dans tous mes mod&#232;les : ils sont tous &quot;charg&#233;s&quot; de po&#233;sie, de g&#233;n&#233;rosit&#233;, et d'amour et de douceur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'avez-vous sacrifi&#233; pour votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors attendez, l&#224;, moi j'ai rien sacrifi&#233; ! Je suis pas dans le sacrifice, moi, d&#233;j&#224;. Je suis pas dans le sacrifice. Si j'ai voulu faire &#231;a, c'est que je l'ai voulu. Je crois que je l'ai d&#233;sir&#233;, j'ai voulu le faire et que &#231;a me pla&#238;t. Maintenant, sacrifier, je pense que j'ai pas sacrifi&#233; grand chose. J'ai pas envie de mettre ce mot-l&#224;, je dirais c'est&#8230; un choix. Voil&#224;. J'aurais pu choisir de redevenir infirmi&#232;re en secteur psychiatrique, de trouver du boulot &#224; mi-temps ou &#224; temps plein, et ben non, j'ai choisi d'&#234;tre en lib&#233;ral, de rien sacrifier du tout. Je pense que j'ai pas sacrifi&#233; grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre moteur principal ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le jeu. Le jeu, le plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que cherchez-vous lorsque vous cr&#233;ez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La nouveaut&#233;, le beau, et&#8230; ouais, ce qui va faire plaisir aux femmes de se mettre sur le corps. Je crois que c'est &#231;a, ouais. Puis leur donner de l'amour, &#224; travers les v&#234;tements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La rue, le cin&#233;ma, les livres, toutes les sc&#232;nes de th&#233;&#226;tre, les magazines - &#231;a vient en dernier, hein - je vous ai mis &#231;a dans l'ordre, &#224; peu pr&#232;s. Oui, c'est surtout, en fait, le cin&#233;ma, tout le cin&#233;ma, le th&#233;&#226;tre, ouais, tout ce qui est au niveau du costume. Ouais, l'histoire, en fait, c'est l'histoire. L'histoire et la rue, l'histoire et le pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un ma&#238;tre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, dans les grands couturiers : Yves Saint-Laurent. Voil&#224;. Je crois que c'est le seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre premi&#232;re r&#233;alisation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Premi&#232;re, premi&#232;re ? &#199;a remonte &#224; loin&#8230; Oh&#8230; quand j'&#233;tais &#224; Paris, je crois que j'ai fait un tailleur. Mais bon, &#231;a fait longtemps, hein, c'&#233;tait en 1986. C'&#233;tait un tailleur jupe-veste &#224; carreaux noirs et blancs. Voil&#224;. Mais je pense qu'y en a eu avant, hein, mais des essais. Mais vraiment, le truc, le mod&#232;le, ouais, c'&#233;tait celui-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel souvenir avez-vous de votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma plus belle r&#233;ussite ? Dans ma structure, l&#224; ? B&#232;, en fait, des r&#233;ussites y'en a tout le temps. Oui. Y'a pas de satisfactions, mais des r&#233;ussites, d'aboutir aussi &#224; ce qu'on a dans la t&#234;te. Je veux dire que tous mes mod&#232;les, m&#234;me qu'ils soient vendus ou pas vendus, c'est une r&#233;ussite quand m&#234;me, de toute mani&#232;re. Alors les plus belles y'a toujours une &#233;volution. L&#224; aujourd'hui, pr&#233;sentement, je sais que j'ai r&#233;ussi quelque chose. Au niveau des boutiques, au niveau du mod&#232;le que j'ai con&#231;u, l&#224; pour cet hiver. C'est une r&#233;ussite, pour moi, qu'il soit vendu ou non - je pense qu'il sera vendu, de toute mani&#232;re qu'il plaira - parce que c'est un travail d'aboutissement. Je me lasse, je me lasse beaucoup de mes mod&#232;les aussi, c'est pour &#231;a que j'en fais souvent, et qu'y a beaucoup de renouvellement et puis que c'est int&#233;ressant aussi de faire &#231;a parce qu'on &#233;volue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Inversement, avez-vous le souvenir d'un ratage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben oui. Ah b&#232; oui, chez moi y'a des ratages&#8230; Et les ratages, en fait, j'en ai pas toujours conscience. Enfin, j'en ai conscience, mais j'aime bien aussi que ce soit les boutiques et les clientes qui me le disent. Parce que bon, moi je les vois, mes ratages, hein, mais je veux dire, autant &#231;a peut &#234;tre un rat&#233; pour moi que &#231;a peut &#234;tre une r&#233;ussite pour une cliente qui l'aimera, quoi. Alors que moi, bon&#8230; Mais je veux dire un ratage au niveau peut-&#234;tre fabrication, go&#251;t ou identit&#233;, je pense que c'est la cliente qui me le dit. &#199;a je l'accepte parce que je sais qu'il faut le prendre comme c'est. Puis on recommence, et puis voil&#224;, et puis on &#233;volue comme &#231;a, quoi, on avance comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment choisissez-vous un tissu, un mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va dire, comme l'amour, c'est un coup de foudre. Ouais, je pense que c'est le toucher, le visuel ; en fait c'est beaucoup plus le visuel, pour moi, que le toucher. Le toucher vient apr&#232;s. Le visuel, voil&#224;. Et&#8230; ouais, c'est tout. La couleur en troisi&#232;me, et apr&#232;s en quatri&#232;me, enfin, bon, ce qui finalise le tout, c'est : &quot;&lt;i&gt;Qu'est-ce que je vais faire de mon tissu ?&lt;/i&gt;&quot; G&#233;n&#233;ralement j'ai tout de suite l'id&#233;e quand je le vois. Ou alors quand je fais mon mod&#232;le : par exemple pour la collection de 2007 printemps-&#233;t&#233;, je sais ce que je vais faire, sur toutes les pi&#232;ces je sais quel tissu je vais mettre, je sais dans quel tissu ils vont &#234;tre fabriqu&#233;s, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment travaillez-vous un tissu ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben rien, rien, je le travaille, il est &#224; moi, je le&#8230; C'est tout, voil&#224;. Je le fais vivre, en fait. Enfin, bon, y'a travailler et travailler. Travailler, c'est le couper, le monter et tout, mais je pense que je le fais vivre. Parce qu'un tissu il faut que ce soit vivant, pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le mental. Oui b&#232; voil&#224;, les ciseaux, les machines, les &#233;pingles&#8230; Sinon la t&#234;te, quoi, l'imaginaire, hein. Essentiellement &#231;a. Et apr&#232;s &#231;a, pour moi c'est rapide, enfin pour moi c'est simple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre formation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Dans ce milieu ? J'ai fait une formation, oui, d'&#224; peu pr&#232;s de 250 &#224; 300 heures dans une association, une formation de patronni&#232;re : faire les patrons, patronnage, qui consiste &#224; pr&#233;parer, en fait &#224; faire les patrons sur papier. Patron, mod&#232;le&#8230; c'est g&#233;om&#233;trique, c'est de la g&#233;om&#233;trie, c'est de la math&#233;matique, en fait. C'est un peu compliqu&#233; pour moi, d'ailleurs, &#231;a. Mais bon, j'y suis arriv&#233;e. Et du moulage, c'est-&#224;-dire mettre des pi&#232;ces de tissu sur des mannequins et en fait, faire le moulage par rapport au mannequin et ensuite&#8230; voil&#224;. C'est juste &#231;a comme formation, et ensuite, b&#232; l'autre formation, c'est le talent. Le talent, le travail et la volont&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand exercez-vous et quel est votre statut actuel ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Trois, quatre ans. Oui, quatre ans. Non, j'ai mont&#233; en fait ma bo&#238;te, j'ai ouvert mon atelier, je me suis mis en tant que chef d'entreprise en micro entreprise, artisan chef d'entreprise &#224; la Chambre des M&#233;tiers et de l'Artisanat y'a deux ans et demi, en fait, en mai 2004. Et c'est l&#224; o&#249; j'ai voulu m'installer : installer un atelier, cet espace de cr&#233;ation, de conception et de fabrication. Enfin, j'entame ma troisi&#232;me ann&#233;e de chef d'entreprise en sachant que c'est tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous pousse, un jour, &#224; vous lancer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; sauter dans le vide ? Exister. La volont&#233; d'exister. Oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; se trouve votre atelier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans le quartier Jean Jaur&#232;s, loin de la foule mais pr&#232;s des individus. Cet atelier est un espace de travail o&#249; se c&#244;toient machines, tables de coupe, &#233;tag&#232;res de tissus, de dentelles et une biblioth&#232;que de livres sur la mode&#8230; Ce lieu est ouvert sur la rue, ouvert aux personnes, au relationnel. C'est aussi un lieu d'accueil de stagiaires d'&#233;coles de mode, de CAP, de BEP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles d&#233;marches vous avez d&#251; entreprendre pour vous &#233;tablir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben je me suis inscrite &#224; la Chambre des M&#233;tiers et de l'Artisanat, j'ai suivi un petit stage de trois jours ou de cinq jours en gestion-comptabilit&#233;, qui vous donne pas grand chose, d'ailleurs, mais enfin, bon, qui est plut&#244;t en fait tourn&#233; vers les artisans. Nous, on est artisans, mais je veux dire, on vend pas des baguettes de pain tous les jours et des petits pains au chocolat, donc c'est vrai que notre statut il est un peu caduc, quoi. Et&#8230; ben voil&#224;, c'est tout, et puis alors apr&#232;s c'est statut juridique, statut social, les cotisations&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;t&#233; aid&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! B&#232;, hou l&#224; l&#224;, alors l&#224; c'est la question pi&#232;ge&#8230; Est-ce qu'on est militante, ou&#8230; on fait appel &#224; des syndicats, l&#224;. Ben &#233;coutez, alors personnellement, j'ai d&#251; mal me d&#233;brouiller, mais je n'ai pas vraiment eu beaucoup d'aides. Alors on dit qu'y a des aides pour les cr&#233;ateurs d'entreprise, c'est pas vrai. Non, c'est faux. Non, j'ai pas &#233;t&#233; vraiment aid&#233;e. Je suis pas une fille &#224; papa, j'ai pas de tr&#233;sorerie, donc effectivement les aides il faut vraiment tomber sur des personnes qui soient comp&#233;tentes, et qui vous dirigent bien. Si on tombe pas sur les bonnes personnes, si on n'ouvre pas la bonne porte, c'est m&#234;me pas la peine de continuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelles difficult&#233;s &#234;tes-vous confront&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;B&#232; la premi&#232;re, c'est une difficult&#233; financi&#232;re. Quand on n'est pas aid&#233;, quand on n'a pas de tr&#233;sorerie, alors l&#224; je crois que&#8230; Pour moi c'est le premier point n&#233;gatif. Les autres difficult&#233;s c'est qu'en tant que cr&#233;ateur, ou artiste, la difficult&#233; premi&#232;re c'est qu'on n'est pas des gestionnaires, on n'est pas des comptables. Autant on peut &#234;tre tr&#232;s rigoureux dans notre travail, &#231;a c'est vrai, &#231;a je pense qu'on est les premiers &#224; &#234;tre rigoureux et exigeants, mais on n'est pas rigoureux pour autre chose, quoi, je veux dire tableaux de chiffres et tout&#8230; Ouais, moi c'est ma grosse&#8230; ma deuxi&#232;me difficult&#233;. Sinon les autres difficult&#233;s, je suis peut-&#234;tre pas assez exigeante et ferme avec mes diffuseurs, je suis assez cool en fait, bon, &#231;a c'est pas tr&#232;s bien pour moi parce qu'en fait je cours apr&#232;s les ch&#232;ques, je cours apr&#232;s le fric&#8230; voil&#224;. Sachant que j'ai de la chance, et que c'est peut-&#234;tre aussi, bon, comment dire&#8230; ouais voil&#224;, j'ai du talent, je bosse, mes diffuseurs comptent sur moi, je suis s&#233;rieuse, j'ai pas mal d'atouts avec moi, donc c'est vrai que j'ai pas cette difficult&#233; d'aller vendre ou que mon produit ne marche pas. Voil&#224;. Mes principales difficult&#233;s c'est plut&#244;t c&#244;t&#233; finances et&#8230; et j'ai fait des erreurs, ouais, voil&#224;. Et je les reconnais, mes erreurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arrivez-vous &#224; vivre de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas encore. L&#224; je sais pas, j'ai un coach avec moi qui me refait toute ma gestion, au niveau de mes ventes et tout, donc on compte que dans six mois, un an, je puisse me salarier. Enfin, pas me salarier puisque en tant qu'artisan on se salarie pas : on se donne un revenu. Donc voil&#224;, alors en esp&#233;rant que dans six mois, un an, quand m&#234;me je puisse avoir un revenu. &#201;tant donn&#233; que y'a plein de cr&#233;ateurs - &#231;a, faut le dire - on est plein de cr&#233;ateurs, de stylistes, pas que &#231;a mais enfin plein de chefs d'entreprise, cr&#233;ateurs d'entreprise, et d'artistes, donc on est quand m&#234;me tous au RMI, avec des contrats d'insertion. Et qu'on n'a pas de revenu parce que dans nos activit&#233;s, effectivement on est bloqu&#233;s parce qu'on n'a pas de tr&#233;sorerie, parce qu'on a du talent et que, ben on n'a pas toujours notre place. Et &#231;a je crois qu'il faut vraiment le dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des employ&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors je fais de la sous-traitance. Donc, bon, c'est une employ&#233;e entre guillemets, c'est plut&#244;t une prestataire de service, c'est de la sous-traitance, c'est comme si c'&#233;tait mon employ&#233;e, mais enfin bon&#8230; C'est ma prestataire de service qui est fa&#231;onni&#232;re, c'est-&#224;-dire qui me monte mes s&#233;ries de v&#234;tements et avec qui je travaille en collaboration de fa&#231;on tr&#232;s r&#233;guli&#232;re et tr&#232;s tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, &#224; Marseille je suis diffus&#233;e en exclusivit&#233; - c'est important, je suis sa cr&#233;ateur marseillaise, en fait - chez &quot;Filles de Lune&quot; au cours Julien, &#224; la rue de la Mode et Cassis Port. C'est une client&#232;le entre trente et soixante-cinq ans, qui a des sous, qui a du fric, assez bourgeoise, qui aime les v&#234;tements, qui aime l'esth&#233;tique, et qui aime bien s'habiller. Donc c'est une client&#232;le assez&#8230; bourgeoise marseillaise. &#192; Cassis &#231;a serait peut-&#234;tre une client&#232;le plus de touristes, et encore : il y a une client&#232;le fid&#232;le &#224; Cassis Port. Mais c'est plus cette cat&#233;gorie-l&#224;. Apr&#232;s y'a une boutique dans le Var, &#224; Tourtour, un petit village ; y'en a une en saison &#224; Saint-R&#233;my de Provence, &quot;Anikado&quot; o&#249; on ferme le 15 octobre, voil&#224;. Et y'a quelques pi&#232;ces - on d&#233;marre - rue Breteuil chez &quot;Pomponette&quot;, qui visera je pense une autre client&#232;le. Mais bon, c'est pas grave, &#231;a m'int&#233;resse aussi, quoi. Voil&#224;. Le jour o&#249; j'aurai peut-&#234;tre une grosse tr&#233;sorerie, ben monter ma propre boutique &quot;Lolita Pasta&quot;. Ah, &#231;a me&#8230; oui&#8230; un bel espace&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle client&#232;le aimeriez-vous toucher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, celle-l&#224;, c'est tout, ouais. Ben je vois pas du tout quelle client&#232;le je pourrais toucher d'autre. &#192; part si je fais une ligne effectivement o&#249; je fais des produits adolescents. Alors &#231;a oui, &#231;a &#231;a m'int&#233;resserait. Mais sinon&#8230; y'a pas d'autre client&#232;le, non. Une client&#232;le de tous les milieux, j'aimerais bien, parce que je trouve que &#231;a serait &#233;largir aussi un champ d'action, mais faudrait que cette client&#232;le aussi elle ait les moyens d'aller dans la boutique pour acheter les produits, quoi. Mais bon, non, je pense que m&#234;me la client&#232;le de &quot;Filles de Lune&quot; c'est une client&#232;le large.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. J'aimerais bien, mais bon&#8230; faut que &#231;a se pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; re&#231;u des r&#233;compenses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, j'ai pas re&#231;u de r&#233;compense. Pas encore !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des manifestations culturelles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. B&#232;, si on vient me chercher je veux bien, moi. &#199;a me fait travailler, &#231;a me fait rencontrer d'autres gens aussi parce que je suis assez solitaire, hein. Enfin, mon travail est solitaire, et&#8230; Mais ouais, oui, pourquoi pas ? Oui. Si, avec &quot;Filles de Lune&quot;, y'a deux ans, deux saisons m&#234;me, trois saisons, on avait fait des d&#233;fil&#233;s. C'est vrai que c'est travailler pour un &#233;v&#233;nementiel, avec un th&#232;me&#8230; C'est hyper int&#233;ressant, quoi. Mais sinon c'est tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Dans quel sens ? Quels moyens de communication ? Y'a pas beaucoup&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous trouv&#233; vos diffuseurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je les ai pas trouv&#233;s, non. J'ai commenc&#233; &#224; Marseille, en fait, avec l'association Marquage, le March&#233; des Cr&#233;ateurs, au Cours Julien. Apr&#232;s je suis all&#233;e simplement d&#233;marcher chez &quot;Filles de lune&quot; avec dix-huit accessoires - &#231;a je me rappellerai toujours - et en fait, elle a fait bingo avec moi, elle m'a fait tenter ma chance : elle m'en a pris neuf, ils ont &#233;t&#233; vendus en dix, quinze jours. J'ai commenc&#233; l&#224;, je lui ai donn&#233; ce qui me restait, et on a embray&#233; comme &#231;a toutes les deux. J'&#233;tais de Marseille, peut-&#234;tre que effectivement je correspondais &#224; un besoin qu'elle avait &#224; ce moment-l&#224;, et donc j'ai pris effectivement cette chance-l&#224;. On s'est entendues toutes les deux, et apr&#232;s je rayonne sur les trois boutiques. Et &#224; partir de l&#224;, comment je me suis fait conna&#238;tre, y'a eu quelques articles sur La Provence et Marseille Hebdo, ou l'Hebdo Marseille, c'est tout. Et &quot;Filles de Lune&quot; effectivement, avec des publicit&#233;s d'elle, quoi, bon y'a l'encart &quot;Lolita Pasta&quot; avec ses marques &#224; elle dans la boutique. Et puis le bouche &#224; oreille. C'est-&#224;-dire que quand on est connu &#224; Marseille, au niveau de mon identit&#233; et tout, le bouche &#224; oreille fonctionne, quoi. Les clientes, elles prennent du Lolita, elles vont le dire &#224; d'autres, bon : &quot;&lt;i&gt;Lolita c'est comme ci, c'est comme &#231;a, c'est comme &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, je veux dire, &#231;a fait boule de neige. Apr&#232;s effectivement il va y avoir le site internet mais c'est une vitrine, c'est tout. Moi j'attends pas grand chose, &#233;tant donn&#233; que je vais pas vendre en ligne, &#231;a m'int&#233;resse pas. C'est simplement un plaisir de faire son site avec les couleurs et tout, mais c'est tout. C'est vrai que j'ai pas tellement de pub, mais bon, pareil hein : je vois &quot;Filles de Lune&quot;, quand elle avait fait des pubs l'ann&#233;e derni&#232;re sur Marie-Claire ou Marie-France, juste vingt, dix lignes, &#231;a revient cher. Il faut que &#231;a rapporte aussi, qu'il y ait des retomb&#233;es. C'est vrai, les deux, trois d&#233;fil&#233;s qu'on a fait ensemble, y'a eu des retomb&#233;es, quand m&#234;me. Les publicit&#233;s, c'est vrai que c'est bien, je m'&#233;tais dit que Marseille Hebdo il faudrait qu'il y ait des pubs pratiquement toutes les saisons, parce que c'est int&#233;ressant. Effectivement &#224; ce moment-l&#224; y'a quelques... des retomb&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de travailler en collaboration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors&#8230; non, non. Alors l&#224; justement, &#224; Marseille, les cr&#233;ateurs on est tous dans nos coins, y'a pas du tout, pas du tout d'&#233;change. Moi j'aimerais bien qu'on &#233;change des informations, qu'on monte quelque chose ensemble pour avoir des facilit&#233;s aussi, mais voil&#224;, c'est chacun dans son coin, chacun garde son petit r&#233;seau, personne ne diffuse d'informations. Voil&#224;, la seule avec qui en ce moment, je&#8230; b&#232;, c'est les deux personnes du quartier, Val&#233;rie et &#201;dith, de la rue Saint-Michel. On s'entend super bien toutes les trois ensemble. Bon, maintenant c'est s&#251;r qu'on fait rien parce que, ben, on est chacune dans notre boulot, mais je veux dire, c'est vrai qu'on discute beaucoup. On est ouvertes, en fait. Mais y'en a, avec d'autres, c'est ferm&#233; ferm&#233;, quoi, ferm&#233;, hein. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi vous travaillez en ce moment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;B&#232;, l'automne-hiver 2006 et 2007 et le printemps-&#233;t&#233; 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un petit projet pour 2007, si j'y arrive, si je trouve la cha&#238;ne de production. Le tissu, le mod&#232;le, je les ai ; il faut que je l'aie au mois de novembre-d&#233;cembre, le mod&#232;le qui visera les adolescentes et les mamans, et que j'irai peut-&#234;tre pr&#233;senter &#224; l'Institut de la Mode. Voil&#224;. Sinon, l'autre projet, c'est stabiliser mon entreprise au niveau financier pour d&#233;velopper l'entreprise et plus commercialiser mon produit. Voil&#224;, c'est &#231;a, mes projets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &quot;Lolita Pasta&quot;, pourquoi ce choix ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, pourquoi ? Parce que ma fille s'appelle Lola, parce qu'avec moi elle a toujours eu beaucoup de diminutifs, des Lolotte, des Lolette, des Lolita, et puis un jour, ben j'ai lanc&#233; &quot;Lolita Pasta&quot;. Et voil&#224;, donc j'ai dit : &quot;&lt;i&gt;B&#232; pourquoi pas ce nom de marque ? Lolita Pasta.&lt;/i&gt;&quot; Je voulais un nom qui rappelle le sud, la l&#233;g&#232;ret&#233;, et la femme. Et&#8230; Pasta &#231;a m'est venu comme &#231;a, les p&#226;tes, peut-&#234;tre, bon, parce que j'ai des origines italiennes, aussi, puis voil&#224;, je trouvais que tout sonnait tr&#232;s bien, Lolita Pasta, et voil&#224;. C'est tout b&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Odile Fourmillier le 04/10/06.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les vivants d'argile du Cabanon des Accoules</title>
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		<dc:date>2007-06-01T18:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Etienne Barbier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;H&#233;ritier d'une pratique confidentielle, le ma&#238;tre santonnier de la mont&#233;e des Accoules poursuit au Panier un m&#233;tier ancr&#233; &#224; Marseille par la R&#233;volution.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Plut&#244;t timide et secret, enfant j'&#233;tais souvent tout seul. Et avant m&#234;me de faire des santons, quand j'&#233;tais tr&#232;s petit, six, sept, huit ans, &#224; l'&#233;poque on m'offrait &#224; No&#235;l - je sais pas si &#231;a existe toujours - de la p&#226;te &#224; modeler, et je faisais sur une table un imaginaire d'animaux. &#192; l'&#233;poque - vous pouvez pas conna&#238;tre &#231;a - c'&#233;tait la mode des indiens et des cow-boys. Moi, j'&#233;tais toujours pour les indiens. Et je faisais des petits personnages, des ours, et c&#230;tera et je me faisais un imaginaire. Donc en r&#233;alit&#233;, avec les santons je continue. &#187; Andr&#233;-Martial Robbe, 65 ans, ma&#238;tre santonnier marseillais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : &quot;Santonnier&quot;, c'est un m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, c'est un m&#233;tier. Les santonniers fabriquent deux sortes de santons, les santons habill&#233;s, et les santons dits &quot;de cr&#232;che&quot;, d'argile. Les santons habill&#233;s que tout le monde conna&#238;t sont devenus des santons de d&#233;coration et d'ameublement, et ils descendent directement des santons d'&#233;glise du XIIe-XIIIe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque de Saint-Fran&#231;ois d'Assise. C'est lui qui a cr&#233;&#233;, disons, ce concept de la cr&#232;che. La diff&#233;rence entre la Provence et les santons italiens, c'est que les Italiens n'ayant pas eu de r&#233;volution - bien entendu fran&#231;aise, entre guillemets - eh bien, les santons sont toujours rest&#233;s dans les mains des grands artistes, et, quand un santonnier italien fait un santon, il va jusqu'au bout de sa comp&#233;tence qui est une merveille. &#192; l'inverse des santons italiens, les santons que l'on voit en Provence, ces petits santons d'argile, eux, viennent de la R&#233;volution fran&#231;aise. Ils sont cens&#233;s &#234;tre faits par le peuple. Les santonniers de Provence ont donc une vocation diff&#233;rente : ils sont cens&#233;s repr&#233;senter le peuple ; le peuple, c'est des petits objets populaires, simples, donc le probl&#232;me il est que vous arr&#234;tez un moment o&#249; le petit objet il est toujours na&#239;f, m&#234;me si vous &#234;tes tr&#232;s comp&#233;tent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quel r&#244;le joue la R&#233;volution fran&#231;aise dans l'histoire du santon ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; la R&#233;volution fran&#231;aise, les cur&#233;s chass&#233;s, les aristocrates coup&#233;s en deux et les &#233;glises ferm&#233;es&#8230; En cons&#233;quence, tout le peuple de Marseille n'&#233;tant pas des r&#233;volutionnaires, certains voulaient quand m&#234;me continuer &#224; f&#234;ter No&#235;l, et comme les &#233;glises &#233;taient ferm&#233;es, ils ont invent&#233; la cr&#232;che familiale. Et donc ils sont all&#233;s chercher de l'argile &#224; Saint-Henri, &#224; l'Estaque, qui est sur le bord de la mer &#224; Marseille ; l&#224;-bas, y avait des tuileries, pour faire les tuiles des toits. Ils ont ramen&#233; un peu d'argile, ils ont cr&#233;&#233; de petits personnages, et ils faisaient la cr&#232;che b&#233;nie par les pr&#234;tres r&#233;fractaires. Et, quand No&#235;l &#233;tait pass&#233;, ils se d&#233;p&#234;chaient de casser les petits santons pour ne pas se faire attraper par les comit&#233;s r&#233;volutionnaires. Quand le droit de culte est revenu, sous l'Empire, la Restauration, le Concordat, et c&#230;tera, les gens n'avaient plus besoin de se cacher, et donc ils ont trouv&#233; que les santons de famille pouvaient continuer cette tradition. &#192; ce moment-l&#224;, bien entendu, y avait plus de petits santons, puisqu'ils les avaient cass&#233;s pour la plupart, et ils avaient pas tous, entre guillemets, un certain don pour faire des petites figurines, donc ils ont dit : &quot;puisque maintenant on va dans la dur&#233;e, on va demander &#224; des gens plus comp&#233;tents de nous faire de jolis petits santons&quot;, entre guillemets. Donc, la licence de ma profession de santonnier de cr&#232;ches en Provence date de vers 1800, au moment o&#249; le droit de culte est revenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Un artisan se distingue-t-il d&#233;j&#224; &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Le meilleur d'entre nous &#224; cette &#233;poque-l&#224;, s'appelait &lt;a href='http://www.provenceweb.fr/f/mag/traditions/creches/creche.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;Jean-Louis Lagnel&lt;/a&gt;. Lorsque Jean-Louis Lagnel a commenc&#233; &#224; cr&#233;er les santons, vers 1800, il a cr&#233;&#233; plusieurs types. Ils sont de diff&#233;rentes formes, de diff&#233;rentes tailles, il a cr&#233;&#233; les bras rapport&#233;s ou les multiples qui sont les santons qu'on met devant. Mais &#231;a on peut revenir &#224; l'explication toute &#224; l'heure. Ce Monsieur a &#233;t&#233; en activit&#233; santonni&#232;re de 1790 &#224; 1820-1822. Il est n&#233; au Panier, il est mort au Panier ; et donc dans cette trentaine il a travaill&#233; ici au Panier, &#224; l'angle de la rue. Et donc si nous nous sommes install&#233;s dans ce coin, c'est pour continuer, et p&#233;renniser la m&#233;moire de Lagnel. Donc, l'origine des santons d'argile, c'est Marseille, c'est le Panier. Donc la capitale des santons, entre guillemets, c'est nulle part ailleurs que le Panier. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En r&#233;f&#233;rence &#224; quoi le nom de l'entreprise : &quot;Le Cabanon des Accoules&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au lieu &quot;Les Accoules&quot;, parce que c'est la mont&#233;e des Accoules, le &quot;Cabanon&quot;, c'est parce qu'&#224; cet endroit-l&#224;, dans les ann&#233;es 1900, c'&#233;tait un lieu de passage, et toutes les vieilles dames, &#224; partir de dix-sept heures le soir, en &#233;t&#233;, prenaient leur si&#232;ge avec elles et venaient toutes se donner rendez-vous, l&#224;, en bas des escaliers et quand elles se rencontraient, &lt;i&gt;&quot;Bon, &#224; toute &#224; l'heure au cabanon&quot;&lt;/i&gt;. Et donc j'ai continu&#233; &#224; trouver &#231;a tr&#232;s joli, et donc, je l'ai appel&#233; &quot;&lt;i&gt;Le Cabanon des Accoules&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Quel est votre souvenir le plus lointain li&#233; &#224; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Donc le plus lointain, c'est pas facile &#224; dire, parce que nous, &#231;a fait quatre g&#233;n&#233;rations de santonniers dans la famille. Donc, si vous voulez, y a pas de plus lointain. Je suis tomb&#233; dans le bain, et bon, j'ai toujours fait &#231;a, &#231;a m'a toujours plu, je sais pas quoi faire d'autre, et puis j'ai pas envie de faire autre chose. J'ai un fils qui va me succ&#233;der. J'ai deux petits fils qui vont continuer et qui sont passionn&#233;s. Du reste, c'est un probl&#232;me, ils aiment tellement &#231;a, ils foutent rien en classe, je vais faire de la r&#233;pression pour qu'ils continuent, mais enfin, j'esp&#232;re qu'apr&#232;s ils auront plus de conscience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a motiv&#233; votre choix pour ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme je vous l'ai dit dans la pr&#233;c&#233;dente question, c'est m&#234;me pas une motivation, c'&#233;tait normal d'aider les plus &#226;g&#233;s &#224; faire des santons. Quand y avait un coup de feu, pour la No&#235;l, et c&#230;tera. Bon, maintenant c'est vraiment devenu une vocation. Lorsque vers treize, quatorze ans, autour de moi on appr&#233;ciait mon travail, que j'ai pris conscience de ce que je pouvais faire en faisant des rapports avec les autres, voir ce qu'ils faisaient, un petit bond et j'ai continu&#233; avec passion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui les santons repr&#233;sentent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement, les santons, ce sont des vivants. C'est-&#224;-dire un santon qui n'est pas peint n'est pas un santon : c'est une statuette qui n'a son titre de vivant que lorsqu'il est peint. &#199;a symbolise le pr&#233;sent, et en Provence, vous avez une conception particuli&#232;re. Tous les chr&#233;tiens du monde, au moment de No&#235;l font la cr&#232;che et la plupart ne font que la cr&#232;che dite biblique, avec tout ce qu'elle peut comporter : Vierge Marie, Saint Joseph, les Rois-Mages, et c'est tout, entre guillemets. Tandis qu'en Provence, &#224; cause de la r&#233;volution, le Concordat, et c&#230;tera, &#224; c&#244;t&#233; de la cr&#232;che biblique on a mis la soci&#233;t&#233; proven&#231;ale. Et du coup, &#231;a se d&#233;ploie dans des temps diff&#233;rents, tr&#232;s jolis. Que la cr&#232;che biblique, c'est le monde de Dieu, c'est-&#224;-dire la permanence, la figurance, l'&#233;ternit&#233;, plus grand par la naissance d'un enfant et ce que &#231;a peut repr&#233;senter de miracle. Et &#224; c&#244;t&#233; il y a la soci&#233;t&#233; proven&#231;ale qui se d&#233;ploie, elle, dans le pass&#233;, le pr&#233;sent, le futur. Et les santons se d&#233;ploient, ce sont des vivants, &#231;a repr&#233;sente le pr&#233;sent, sauf deux petits personnages qui sont des adorants, qui sont &#224; genoux, qui eux, symbolisent le pass&#233;. Et quand on fait la cr&#232;che dans la tradition, avant tout, on faisait toujours ces deux petits personnages qui, lorsque vous les avez pos&#233;s, convoquent votre grand-m&#232;re, qui, elle, est morte il y a vingt ans ; elle est vivante &#224; nouveau. Le tonton qui est parti faire fortune en Cochinchine ou au Tonkin, il est vivant aussi. &#199;a : pass&#233; et pr&#233;sent. Le futur, il est repr&#233;sent&#233; par le petit ravi qui lui, si vous connaissez, a les bras en ravissement de l'&#233;v&#233;nement. C'est lui qui a la conscience la plus grande de ce qui se passe ; la croix, son corps est en croix, une sorte de Christ terrestre. Quand l'enfant est n&#233;, dans la cr&#232;che, vous le posez pas loin. Dieu l'&#233;claire par l'arri&#232;re, l'ombre port&#233;e forme une croix qui se pose sur l'enfant et la forme de son futur. Alors forc&#233;ment, le Christ, c'est son futur. Mais c'est une parabole, et vous voyez : vous avez la v&#233;rit&#233; au milieu de vous, et vous ne la voyez pas !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment choisissez-vous les v&#234;tements des santons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, les v&#234;tements, c'est une convention entre tous les santonniers. Puisque ce sont des vivants, normalement, chaque santonnier de sa g&#233;n&#233;ration devrait habiller les santons comme ils sont. Mais il y a une convention entre tous les santonniers depuis 1800, c'est que si on fait les habits de son &#233;poque comme vous &#234;tes habill&#233;, disons vulgairement &quot;&#231;a mettrait une sorte de bordel dans la cr&#232;che&quot;, puisque chaque g&#233;n&#233;ration... En cons&#233;quence, notre convention : nous faisons des vivants mais nous les r&#233;habillons toujours entre 1820 et 1860. Ce qui donne une ambigu&#239;t&#233;, si vous voulez, parce que les gens qui nous connaissent pas, voyant qu'on habille ces santons comme &#224; la tra&#238;ne, que c'est le pass&#233;, ils croient que notre activit&#233; santonni&#232;re d&#233;cline. Pas du tout : C'est tr&#232;s tr&#232;s vivant. Surtout pour le haut de gamme. Pour le bas de gamme, ils sont concurrenc&#233;s avec les santons de plastique, et c&#230;tera, et ils disparaissent. Pour le haut de gamme, o&#249; c'est un artisanat d'art, entre guillemets, c'est toujours tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s vivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous renouvelez vos mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, la question ne se pose pas puisque les santons, ce sont des vivants. Tous les santons sont accept&#233;s dans la cr&#232;che, m&#234;me les nouveaux. Il y a une cr&#233;ation constante : avant y avait pas d'informaticiens, y avait pas&#8230; je sais pas, je suis en train de chercher... Et en cons&#233;quence, tout est possible, dans la cr&#232;che. Et comme on est quand m&#234;me li&#233;s au commerce, chaque ann&#233;e, les santonniers proposent des nouveaux petits sujets, et c'est le public qui d&#233;cide. &#199;a fait qu'il y a des santons qui vont rester comme des intangibles, et les autres vont dispara&#238;tre. Vous avez par exemple, un santon qui s'appelle &lt;i&gt;&quot;La dame au calen&quot;&lt;/i&gt;. Le calen, c'est une lampe &#224; huile. Cette dame, elle fait partie de l'origine des santons. C'est-&#224;-dire, l'histoire est la suivante : &quot;Y a eu une grande peste &#224; Marseille, dans les ann&#233;es... Bon, je me rappelle plus, 1750 ou et c&#230;tera et une dame tr&#232;s riche s'est d&#233;pens&#233;e sans compter pour aider tous ces pauvres gens qui &#233;taient en train de mourir. &#199;a a tellement marqu&#233; l'imaginaire populaire que la dame des calens est rest&#233;e dans les santons. L&#224;, j'ai fait, il y a trois ans, le p&#232;lerin de Saint-Jacques...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De Saint Jacques de Compostelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Et bien, &#231;a a l'air de prendre. Il est pas dit, avec un peu d'humilit&#233;, que ce santon reste au moins pour une trentaine, ou une quarantaine d'ann&#233;es dans l'imaginaire collectif. Et que si on n'a pas son p&#232;lerin de Saint Jacques dans la cr&#232;che, il y a quelque chose qui manque...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et avec qui avez-vous fait vos premiers pas artistiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai pas fait de premiers pas artistiques. Premi&#232;rement, je ne revendique pas &#224; &#234;tre un artiste. Je suis un artisan. La diff&#233;rence entre un artiste et un artisan : un artiste, il fait des &#339;uvres successivement, et toujours diff&#233;rentes, un artisan, c'est celui qui va mettre au point un projet, et qui va le r&#233;pliquer pour faire qu'il soit &#224; la vente au plus grand nombre. Alors maintenant, si je suis un bon santonnier, je peux fr&#244;ler un peu l'artiste, mais je revendique pas plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous avez suivi une formation particuli&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai pas suivi de formation particuli&#232;re. C'est plus facile que &#231;a, si on veut. &#201;tant donn&#233; que j'&#233;tais dans le bain, que toute la famille faisait &#231;a, j'avais juste &#224; reproduire ce que les autres faisaient. Avec un peu d'esprit de comp&#233;tition en disant : &lt;i&gt;&quot;Je veux &#234;tre le meilleur&quot;&lt;/i&gt; plus un petit peu de don, fait qu'&#224; un moment donn&#233;, je suis ce que je suis, mais y a pas, y a pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y'a pas de formation particuli&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas pour moi, et pas pour les santonniers qui travaillent, si vous voulez, par famille, par clan. Il y a pas d'&#233;cole, et j'en suis tr&#232;s content, parce que les &#233;coles de fa&#239;enciers et c&#230;tera c'est tr&#232;s tr&#232;s beau mais ce sont de v&#233;ritables parkings &#224; jeunes gens. Des g&#233;n&#233;rations&#8230; Trente jeunes vont suivre un cursus pendant trois ans et comme le march&#233; n'a pas besoin de trente jeunes d'un coup, parce que c'est un march&#233; relativement restreint, c'est une catastrophe : y en a que deux qui trouvent du travail et les autres continuent dans d'autres voies &#224; chercher &#224; nouveau du boulot. C'est pas bon, &#231;a. Donc, le probl&#232;me il est que pour les santonniers pour l'instant, pas d'&#233;cole, on apprend au sein des familles. La s&#233;lection est f&#233;roce c'est-&#224;-dire que quand quelqu'un se pr&#233;sente pour venir apprendre avec nous, si il est bon, on le garde, apr&#232;s il fera sa vie comme il l'entend, sinon, si il est pas bon, il est &#233;limin&#233;. Ou il fait, si il veut quand m&#234;me rester, il va faire une t&#226;che mineure. Voil&#224; ! Maintenant, on est bien d'accord, j'ai des heures de vol, en cons&#233;quence, avec le temps qui passe, et l'imaginaire de mon clan, j'emporte l'imaginaire, je raconte une histoire, et les autres adh&#232;rent ou n'adh&#232;rent pas. Et donc on travaille par famille ou par clan, et les clans, comme dans la tradition ancienne, se font des alliances, se font des m&#233;salliances, et c&#230;tera et donc, tous les santonniers se connaissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous fait des sacrifices pour y arriver ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Par rapport &#224; ce que je vous ai d&#233;velopp&#233;, d&#233;j&#224; comme id&#233;e, j'ai pas fait de sacrifice, j'&#233;tais dedans. Vous savez bien ce que c'est qu'une entreprise : des fois on n'a plus la vision, on n'a plus l'envie, et si &#231;a, pour continuer ou p&#233;renniser une entreprise, &#231;a s'appelle faire des sacrifices, je veux bien, alors y'a eu des sacrifices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous sommes dans un bain culturel : &#224; Marseille, que l'on soit la&#239;c ou croyant, tout le monde fait la cr&#232;che. Comme je vous disais toute &#224; l'heure, entre l'artisan et l'artiste : un artiste va souvent aller chercher, en dehors du lieu collectif, des objets de composition d'apr&#232;s des &#339;uvres d'art ; nous, en tant qu'artisans, et surtout la cr&#232;che, l'imaginaire de la cr&#232;che... C'est un m&#233;tier d'avenir, pas du tout un m&#233;tier pass&#233;iste. Il est &#224; mon avis... je cherche le nom, je le trouve pas, tant pis&#8230; : une sorte de pilier de la soci&#233;t&#233; dans l'imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une coutume.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est plus que &#231;a. Lorsqu'un la&#239;c fait la cr&#232;che, dans sa conception, c'est un moment de soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique id&#233;al, o&#249; les valeurs de respect, de partage, de tol&#233;rance sont exprim&#233;es. Il peut m&#234;me faire la cr&#232;che sans tenir compte de la cause biblique. Les chr&#233;tiens, on sait bien ce que &#231;a peut &#234;tre. Mais ce dialogue entre les deux mondes est tr&#232;s beau. Mes sources d'inspiration, comme je le disais toute &#224; l'heure, c'est un bain culturel, je suis pas &#224; refaire un autre monde, je suis dans un monde qui existe depuis tout le temps, qui se renouvelle, qui fait de nouvelles propositions. Mais j'ai juste, si je veux minorer cette inspiration, j'ai juste &#224; proposer, &#224; continuer &#224; faire le mieux possible les santons qui sont d&#233;j&#224; propos&#233;s, puisque ce sont des moules, de les reproduire, de faire le mieux possible et chaque ann&#233;e de reproduire des propositions diff&#233;rentes. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu un ma&#238;tre en la mati&#232;re, quelqu'un qui ait &#233;t&#233; votre source d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Source d'inspiration ? Non. Mais admiration, certains santonniers, oui ! Et quand j'ai pris la d&#233;cision d'&#234;tre &#224; mon tour ma&#238;tre santonnier, c'est parce que j'avais de l'admiration de certains santonniers qui sont les plus grands de leur g&#233;n&#233;ration. Et j'en ai pris copie. Avec l'id&#233;e bien d&#233;termin&#233;e de faire aussi bien qu'eux. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;tait votre toute premi&#232;re r&#233;alisation et pour qui ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai pas eu de premi&#232;re r&#233;alisation, je vous ai dit toute &#224; l'heure, &#231;a s'est fait, dans mon cas, une fa&#231;on automatique puisqu'au d&#233;part j'&#233;tais dans une famille de santonniers. Vous vous occupez pas de faire le santon, vous faites une partie du santon : vous faites le petit panier, vous peignez le socle, et c&#230;tera, et apr&#232;s, hop ! vous faites une r&#233;alisation ; mais &#231;a se fait dans la progression et dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type de client&#232;le rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je parle pour Marseille. Il y a, bon, on a un pic de ventes pour No&#235;l, toute notre organisation est tourn&#233;e &#224; No&#235;l, o&#249; il y a la soci&#233;t&#233; enti&#232;re qui est tellement organis&#233;e dans cette compr&#233;hension qu'elle est demandeuse, elle fait des expositions et c&#230;tera. Donc l&#224;, &#224; l'endroit o&#249; je suis plac&#233;, pr&#232;s de la Vieille Charit&#233;, dans le vieux quartier de Marseille, je d&#233;ploie deux propositions : d'abord la cr&#232;che de No&#235;l - avec toutes les ventes-expositions &#224; l'ext&#233;rieur - et dans notre magasin. Puis comme je suis dans un quartier dit touristique, je propose toute l'ann&#233;e des sujets aux croyants et aux la&#239;cs et les la&#239;cs, ils m'ach&#232;tent des petits santons pour mettre dans une vitrine et les garder dans la vitrine. Il y a confusion, il y a pas mieux ou moins bien : y en a qui viennent, bien s&#251;r, pour l'objet religieux, et puis d'autres pour le coup de c&#339;ur, parce que c'est un joli petit objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre activit&#233; vous a t-elle entra&#238;n&#233; vers d'autres contr&#233;es ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est plut&#244;t une promenade dans la t&#234;te, pour moi. Les santons dits d'argile, de cr&#232;che, c'est vers 1800, mais y en a eu bien avant la R&#233;volution des santons : y avait des santons en mie de pain, des santons en carton, et c&#230;tera&#8230; Et, ces santons, ce qu'ils m'ont confirm&#233; : c'est pas de me d&#233;placer, c'est de rester sur place en regardant les autres. Et par le fait, vers 1800, les santons &#233;taient pas cuits, donc faire un petit sujet &#233;tait tr&#232;s fragile, et le d&#233;placer amenait des cons&#233;quences de casse. Donc au d&#233;but, c'&#233;tait simplement une diffusion locale. Vers 1850-1900, on a commenc&#233; &#224; cuire les santons. Donc ils &#233;taient solides, on a pu les envoyer plus loin. Donc &#231;a a &#233;t&#233; une diffusion r&#233;gionale. Et maintenant, c'est devenu une diffusion hexagonale. Et avec internet, et c&#230;tera, par l'amplification de cet instrument de connaissance, &#231;a fait que le monde entier ach&#232;te des santons. Et du coup, y a pas besoin de se d&#233;placer, on vient &#224; vous, pour les chercher. Par contre apr&#232;s, &#231;a c'est suivant l'imaginaire du santonnier, au niveau de l'information, de regarder ce qui est le mieux, et c&#230;tera, et &#224; ce moment-l&#224; de les int&#233;grer. Il y a une telle force, dans l'imaginaire des santons de Provence, d&#233;j&#224; &#224; eux tout seuls...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; rencontre-t-on les santonniers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Beaucoup de santonniers sont structur&#233;s commercialement de mani&#232;re &#224; n'avoir qu'un atelier, g&#233;n&#233;ralement dans leur maison, c'est pour &#231;a qu'on les voit pas. Au moment de No&#235;l, ils font les foires-expositions et alors, l&#224;, on les voit. Je sais pas, ils vendent peut-&#234;tre par internet aussi, c'est possible. Et puis vous avez quelques santonniers qui eux ont un atelier et un magasin ou un local de vente ou de repr&#233;sentation. Nous, nous sommes dans ce cas. Mon atelier de fabrication, il est plus bas dans la rue, &#224; cinquante m&#232;tres d'ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous vivre de votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'en vis modestement. Avec le temps, maintenant, on est affermi : je gagne pas des mille et des cents, mais quand on aime quelque chose&#8230; Je veux dire, je sais pas quoi faire d'autre et puis c'est ma passion, c'est ma vie, et m&#234;me si je gagne peu d'argent, on se le partage et on vit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233;, pub, radio, et c&#230;tera ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ouf ... ! &#192; ce niveau-l&#224;, c'est une pr&#233;tention de vous dire &#231;a, mais quand vous faites du bon travail, c'est pas vous qui allez &#224; la communication, c'est les gens, &#224; cause de la tradition des santons, qui viennent vous voir, vous en &#234;tes l'exemple le plus probant : vous &#234;tes venu demander. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous a-t-on d&#233;j&#224; demand&#233; des objets insolites ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui. Mais de toute mani&#232;re, on fait que me demander des objets insolites, parce que jusqu'aux ann&#233;es 1980, nous &#233;tions six ou sept familles &#224; fabriquer ce qu'on appelle les santons &#224; bras rapport&#233;s ou les multiples, qui sont des santons dont le corps est moul&#233; tout seul, et &#224; la barbotine, c'est-&#224;-dire l'argile plus liquide, on ram&#232;ne les bras qui sont moul&#233;s aussi ; on fait, on fabrique tous les petits objets, les paniers, les chapeaux et c&#230;tera... Ces santons sont de plus grande taille, et ce sont ce qu'on appelle : &lt;i&gt;&quot;les vrais santons de Marseille&quot;&lt;/i&gt;. Et dans la tradition, ces santons-l&#224; sont achet&#233;s par les vieilles familles de Marseille, les gens ais&#233;s. Ils les mettent devant, ils font la cr&#232;che devant, avec. Et quand les chefs de clans sont morts de vieillesse, les h&#233;ritiers n'ont pas repris, &#231;a fait que nous sommes pratiquement plus qu'&#224; trois familles &#224; les fabriquer, entre guillemets, en trop grande quantit&#233; : moi je ne sors jamais d'ici, je suis ce qu'on appellerait un santonnier ermite. Donc les jeunes g&#233;n&#233;rations ne connaissent pas ces grands santons, il ne reste plus que les santons dits &quot;de fond&quot;, moins chers et qu'on vend sur les foires, que tout le monde conna&#238;t, qui sont moul&#233;s en une fois, qui ont diff&#233;rentes tailles. Pourquoi les appelle-t-on santons dits de fond ? C'est parce qu'au XIIe-XIIIe si&#232;cle, c'est la Renaissance flamande, italienne, fran&#231;aise et c&#230;tera, c'est toutes les recherches sur la perspective, et que les santons n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la sp&#233;culation de cette &#233;poque : le petit, vous le mettez derri&#232;re dans le jeu de la perspective, et le grand vous le mettrez devant. C'est pour &#231;a qu'on a des santons de diff&#233;rentes tailles. C'est pas parce que, comme les g&#233;n&#233;rations de maintenant, les jeunes g&#233;n&#233;rations, ont d'une fa&#231;on obsessionnelle de faire la collection de sept centim&#232;tres&#8230; C'est nul ! Un santon &#231;a s'ach&#232;te sur un coup de c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos collaborateurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je vous ai dit toute &#224; l'heure qu'on travaillait en clans, en famille. Vous avez dans la structure de notre artisanat le processus de la cha&#238;ne de fabrication, comme pour faire des voitures et autres ustensiles de cuisine. Le ma&#238;tre santonnier c'est celui qui ma&#238;trise, bien entendu, du d&#233;but jusqu'&#224; la fin, le processus. Donc au d&#233;part vous avez l'argile, c'est la mati&#232;re brute. Donc, au d&#233;part, le ma&#238;tre santonnier va faire une petite sculpture, qu'est souvent en argile molle et re-travaill&#233;e, et remis &#224; l'humidit&#233; pour retoucher et c&#230;tera. Ensuite, on fait le moule autour de cette petite sculpture. Dans la d&#233;ontologie de la profession, les santons doivent &#234;tre d'argile et les moules de pl&#226;tre ; lorsqu'on va couler les deux coquilles autour du petit santon - le petit prototype d'argile - le pl&#226;tre est mou et d&#233;lite, tout en solidifiant. Lorsque le pl&#226;tre est sec, on ouvre le moule, le petit sujet est mort, et donc c'est le pl&#226;tre, c'est le moule qui sert de r&#233;f&#233;rence. C'est ce qu'on appelle &quot;un moule m&#232;re&quot;. C'est un moule coque que l'on met dans une biblioth&#232;que, comme un ordinateur, la m&#233;moire . Ce moule va servir &#224; r&#233;p&#233;ter d'autres moules. Et les autres moules ont leur gorge d'&#233;vacuation pour mouler le santon. On laisse s&#233;cher le petit santon qui sort du moule, on le travaille, on le nettoie, on le fait s&#233;cher, et comme c'est trop fragile, on le cuit. Une fois qu'il est cuit, on le d&#233;core, soit &#224; la gouache, soit &#224; la peinture &#224; l'huile, soit &#224; la gouache des nouvelles techniques d'aujourd'hui, voil&#224;. Voil&#224; le processus de fabrication. Et donc en fonction de la surface de production de votre entreprise, si vous &#234;tes tout seul, vous &#234;tes du d&#233;but &#224; la fin de la cha&#238;ne de fabrication, mais &#224; partir du moment o&#249; vous commencez &#224; fabriquer beaucoup suivant vos ventes, vous avez, eh bien : le mouleur, vous avez le ma&#238;tre santonnier qui va cr&#233;er le petit sujet, le mouleur, celui qui cr&#233;e le moule, et vous avez ceux qui moulent les santons. Puis apr&#232;s, vous avez les d&#233;corateurs, et apr&#232;s vous avez tout le processus commercial autour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas eu de difficult&#233;s particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a toujours des difficult&#233;s, mais, bon, c'est comme &#231;a. Dans un jeu d'imaginaire, c'est peut-&#234;tre l'inverse qui se passe. La difficult&#233; n'est pas d'aller ailleurs - c'est tr&#232;s facile de partir d'un lieu et d'aller ailleurs - c'est d'accepter avec intelligence les &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, les contraintes sont toutes les contraintes d'une entreprise, savoir g&#233;rer, avoir le cash-flow, p&#233;renniser l'entreprise, comme dans toute autre entreprise. C'est une entreprise m&#234;me si on est seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est l'&#233;volution du site et de la production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle est, dans l'objectif de notre famille, en fonction des dons successifs des santonniers, notre objectif, c'est de monter en tr&#232;s haut de gamme. &#199;a c'est notre objectif et donc, si c'est r&#233;ussi, de toute mani&#232;re, c'est imm&#233;diatement sanctionn&#233; par la client&#232;le. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; payer tr&#232;s cher un joli petit santon. Voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous avez un souvenir de la plus belle r&#233;alisation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Et b&#232;, la plus belle r&#233;alisation, c'est lorsque l'un d'entre nous, entre guillemets a la sanction de la soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire premier ouvrier de France. Il y a un concours. Et chaque ann&#233;e, tous les m&#233;tiers sont concern&#233;s, tout l'artisanat : y a un premier ouvrier de France dans la cuisine, dans la chaudronnerie, dans la menuiserie et c&#230;tera. Donc nous aussi, notre profession est tr&#232;s structur&#233;e vers ce but. Et on pourrait consid&#233;rer que si vous &#234;tes un tr&#232;s bon santonnier, eh bien vous &#234;tes jug&#233; par vos pairs, par cette op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a vous est arriv&#233;, d'avoir un ratage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est facile. On peut pas les voir, parce qu'on les casse imm&#233;diatement. On le voit, et y a assez de regard sur votre travail pour savoir s'il est bon ou pas bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez-vous changer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon &#226;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'&#234;tes pas vieux.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a fait d&#233;j&#224; pas mal de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a fait combien d'ann&#233;es que vous travaillez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Toujours. J'ai toujours travaill&#233;, &#224; ce niveau-l&#224;. De toute mani&#232;re, j'ai jamais compt&#233;. C'est encore plus &#233;vident aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que souhaitez-vous transmettre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La transmission, elle est p&#233;rennis&#233;e par le groupe, c'est-&#224;-dire que certains sont plus comp&#233;tents que dans d'autres et c&#230;tera. Et c'est tout le groupe qui porte la continuit&#233;. Simplement, il se d&#233;gage une ou deux personnes plus comp&#233;tentes que d'autres et qui servent de leaders, sinon, c'est tout le groupe. C'est vraiment d&#233;mocratique, entre guillemets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et en dehors d'internet, est-ce qu'il y a des publications sur les santons ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est tr&#232;s tr&#232;s vivant, et y a des mus&#233;es, des expos, des march&#233;s : vous allez avoir la foire aux santons place Estienne d'Orves, pour No&#235;l. Et &#224; c&#244;t&#233;, y a la maison de l'artisanat. Et cette maison va faire - comme l'ann&#233;e derni&#232;re, o&#249; elle avait pr&#233;sent&#233; une exposition des santons musiciens - l&#224;, elle va pr&#233;senter les meilleurs santonniers. Donc je vais proposer une des cr&#232;ches que j'ai d&#233;j&#224; l&#224;, et qui sera expos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une anecdote &#224; raconter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Ce serait trop long, ce sera pour une autre &#233;mission. J'en connais pas, si ce n'est que j'ai beaucoup de pol&#233;miques avec les santons, c'est l'histoire des hommes, entre guillemets, et donc, l'histoire qui est &#233;crite et racont&#233;e c'est toujours l'histoire des gagnants, jamais des perdants. Donc l'histoire des santons elle est interpr&#233;t&#233;e par les meilleurs. Disons qu'y a plein d'histoires dessous qui sont perdues, qui sont tr&#232;s belles, aussi, et qu'on conna&#238;tra jamais. Ces petits personnages sont plus que ce que l'on croit. Ils sont la permanence du cerveau humain. De tous temps, ces petits personnages ont exist&#233; dans les diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s. Chez les Grecs, c'&#233;tait les tanagra, chez les &#201;gyptiens, c'&#233;tait d'autres repr&#233;sentations. Cette chose-l&#224; est d'une &#233;ternit&#233;, et je ne suis qu'un petit bras &#224; la continuit&#233; de cette &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; Propos recueillis par &#201;tienne Barbier le 10/10/06 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les uns emm&#233;nagent...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Rouillard, Sophie Maley</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Travaux publics</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;r&#233;nit&#233;</dc:subject>

		<description>Originaire de Martigues, Christophe Riquelme exerce son m&#233;tier d'enseignant &#224; Marseille. En 2005, la famille s'agrandissant, le Professeur des &#233;coles &#224; la Villette a pris ses quartiers au 38 rue de la R&#233;publique, dans un appartement fra&#238;chement r&#233;nov&#233; par son bailleur Eurazeo. Koina&#239; : O&#249; habitiez-vous avant d'emm&#233;nager ici ? J'ai habit&#233; dans le deuxi&#232;me, juste &#224; c&#244;t&#233;, vers l'h&#244;tel de Cavres, dans la Grand Rue. K : Depuis combien de temps &#234;tes-vous install&#233; ici ? Un an et un mois. K : Pourquoi avoir choisi (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/serenite" rel="tag"&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Originaire de Martigues, Christophe Riquelme exerce son m&#233;tier d'enseignant &#224; Marseille. En 2005, la famille s'agrandissant, le Professeur des &#233;coles &#224; la Villette a pris ses quartiers au 38 rue de la R&#233;publique, dans un appartement fra&#238;chement r&#233;nov&#233; par son bailleur Eurazeo. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koina&#239; : O&#249; habitiez-vous avant d'emm&#233;nager ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai habit&#233; dans le deuxi&#232;me, juste &#224; c&#244;t&#233;, vers l'h&#244;tel de Cavres, dans la Grand Rue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps &#234;tes-vous install&#233; ici ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Un an et un mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi avoir choisi la rue de la R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On s'est mis le plus pr&#232;s possible de ce quartier par rapport aux commer&#231;ants, on aimait bien, puis il y a la possibilit&#233; du port.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les r&#233;novations ont-elles influ&#233; sur votre d&#233;cision ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, c'est simplement parce qu'on aime le quartier et puis il nous fallait un appartement plus grand, donc on a d&#233;m&#233;nag&#233; le plus pr&#232;s possible de l&#224; o&#249; on &#233;tait avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous d&#233;rang&#233;s par les travaux et la fermeture des commerces ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, on ne fait pas trop attention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Consommez-vous dans le quartier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La plupart du temps, on ach&#232;te dans le quartier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Savez-vous &#224; quoi servent les travaux ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, il y a un bassin de r&#233;tention d'eau qui est en train de se construire, il y a un parking aussi, puis ils r&#233;am&#233;nagent tout le rond-point aussi, et puis pour le tramway &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les travaux vous occasionnent-ils une g&#234;ne ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Un petit peu, mais &#231;a va, sans plus. Nous, on est de l'autre c&#244;t&#233;, c&#244;t&#233; cour, donc on est pas g&#234;n&#233;s par les travaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le montant de votre loyer ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, on paye 920 euros tout compris, pour un 130m&#178;. C'est un T5.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comptez-vous vous &#233;tablir ? Est-ce un investissement ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On ne sait pas encore. Nous, apr&#232;s, on compte acheter, mais un peu plus tard. Pour l'instant, on a un b&#233;b&#233; qui vient d'arriver, donc on reste ici, &#231;a nous convient et on a pas le temps de chercher ailleurs. Mais par la suite, on cherche &#224; acheter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous &#233;t&#233; bien accueillis par vos voisins ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nos voisins directs sont des personnes qui sont l&#224; depuis longtemps et &#231;a se passe plut&#244;t bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous entendu parler d'expulsion dans l'immeuble ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'en ai entendu parler comme tout le monde, par la presse. Sinon, je n'ai pas entendu parler de menaces d'expulsions ici. L'immeuble a l'air assez pr&#233;serv&#233; par rapport &#224; &#231;a, j'ai l'impression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Sophie Maley le 13/02/2006 ; r&#233;daction : Patricia Rouillard&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Trois Tours du Monde des danseuses marines</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/les-trois-tours-du-monde-des</link>
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		<dc:date>2007-12-08T18:33:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voilerie marseillaise : cr&#233;ation et fabrication, pour parer croiseurs et vieux gr&#233;ements.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 1979, Philippe Alessandrini dirige avec son associ&#233; Herv&#233; Cordesse la Voilerie Phoc&#233;enne, sise &#224; l'anse du Pharo : &#171; &lt;i&gt;Le travail, dans une petite voilerie comme la mienne, c'est de balayer jusqu'&#224; vendre une voile, la dessiner, la concevoir, la fabriquer, la terminer ; je fais tout, hein.&lt;/i&gt; &#187; De la gal&#232;re de l'entrepreneur au bonheur du cr&#233;ateur, ouvrages promis aux vents.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diff&#233;rentes voiles qu'on fabrique, oh l&#224; l&#224; !&lt;/strong&gt; Alors l&#224;, c'est difficile parce que c'est vachement vaste. En gros, on fait que les bateaux, on fait pas de d&#233;riveurs ni de planches &#224; voile. Nous on est sp&#233;cialis&#233;s dans les croiseurs &#224; partir de 7 m&#232;tres, pas plus petits. &#192; partir de l&#224;, y'a beaucoup de styles de voiles. On peut faire des bateaux jusqu'&#224; 25 m&#232;tres, on fait des vieux gr&#233;ements, aussi, jusqu'&#224; 25,30 m&#232;tres et des bateaux de croisi&#232;re actuels jusqu'&#224; 20 m&#232;tres. Apr&#232;s &#231;a, on fait toutes les voiles qui vont dessus mais y'a rien de particulier : nous on fait du sur mesure, du custom, ce qui fait qu'on a un &#233;ventail &#233;norme, enfin, plein de voiles diff&#233;rentes ; y'a pas de produit phare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bon, la particularit&#233; de mon travail, bien s&#251;r, c'est la cr&#233;ation des voiles : &lt;/strong&gt; je les dessine sur papier millim&#233;tr&#233; ou sur ordinateur pour certaines et puis on les fabrique, moi je les coupe moi-m&#234;me. Apr&#232;s, on les assemble, on les finit et c'est de A &#224; Z, donc c'est pas un boulot o&#249; je fais une seule t&#226;che, c'est vraiment hyper large. Apr&#232;s, c'est une petite entreprise, on est quatre, cinq, six au maximum, donc on est deux associ&#233;s, on fait la partie comptabilit&#233;, les charges sociales, les salaires, les fiches de paie, on fait tout. Et on navigue aussi. On navigue beaucoup, oui, on fait des r&#233;gates. On a un bateau qui appartient &#224; la voilerie, qu'on loue aussi pour rentabiliser mais avec lequel on r&#233;gate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La partie la plus importante,&lt;/strong&gt; au niveau temps, c'est la partie qu'on fait sur le plancher, la coupe, le montage, les finitions. Apr&#232;s c'est de vendre la voile, parce que c'est la base : si on a pas la commande, y'a rien derri&#232;re. Le plus important, c'est de trouver le client mais dans ce m&#233;tier-l&#224;, c'est le client qui vous trouve. &#192; notre &#233;chelle, parce qu'y'a des grandes voileries qui ont des budgets publicit&#233; &#233;normes, qui eux vont chercher &#233;norm&#233;ment le client. Tous ceux qui ont des revendeurs sur Marseille, ils ont des commerciaux qui eux rappellent le client sans arr&#234;t, parce qu'eux, ils ont pas le temps de fabrication. Nous, on a beaucoup de temps de fabrication, donc on a moins de temps. Et les neuf dixi&#232;mes du boulot, c'est la fabrication, c'est du concret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut &#234;tre hyper polyvalent,&lt;/strong&gt; r&#233;parer les machines &#224; coudre qui sont assez compliqu&#233;es, c'est des machines un peu particuli&#232;res. Faut savoir tout faire, oui, &#231;a c'est la base : si je donnais un conseil &#224; quelqu'un pour faire &#231;a, c'est &#234;tre hyper polyvalent, autrement, pas la peine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, on coupe au ciseau, bien s&#251;r.&lt;/strong&gt; Des gros ciseaux pour des grosses voiles, petits ciseaux, petites voiles. Absolument, on est des couturiers, nous. Apr&#232;s, on a des presses qui font 25 tonnes pour sertir des &#339;illets, donc on a des outils un peu particuliers, hein. Mais par contre, les machines &#224; coudre n'ont rien &#224; voir avec les machines de couturi&#232;re, &#231;a marche pas pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mati&#232;res, la base c'est du polyester,&lt;/strong&gt; apr&#232;s y'a plusieurs variantes. Depuis quelques ann&#233;es, maintenant, y'a ce qu'on appelle les composites, des voiles avec plusieurs mat&#233;riaux &#224; l'int&#233;rieur. Y'a des aramides, du kevlar ou des carbones. Y'a des nouveaux mat&#233;riaux d&#233;riv&#233;s du polyester, aussi. Le polyester, il se d&#233;cline dans beaucoup plus de formes qu'avant o&#249; y'avait qu'une forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comp&#233;tences, &#224; la base, il faut faire du bateau ;&lt;/strong&gt; quelqu'un qui fait pas de bateau, c'est m&#234;me pas la peine. Il faut d&#233;j&#224; avoir des bonnes connaissances de bateau, savoir naviguer. Savoir ce que c'est un bateau, &#231;a c'est la base. Faut &#233;videmment aimer &#231;a. Apr&#232;s &#231;a, la formation, pour arriver plus loin, soit on a la chance de tomber sur quelqu'un qui vous donne le m&#233;tier, qui vous le passe et &#231;a se passe bien, soit il faut gal&#233;rer comme nous, parce qu'on a eu que vraiment les bases. Et y'a pas de myst&#232;re : il faut &#233;norm&#233;ment travailler pour arriver &#224; progresser, &#224; s'en sortir, parce que c'est un m&#233;tier de confiance. Les clients qui viennent chez nous, ils viennent pas par hasard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'activit&#233;, sur Marseille, avant, c'&#233;tait tr&#232;s saisonnier :&lt;/strong&gt; l'hiver, on avait rien &#224; faire et le printemps, on avait trop de travail. Maintenant, &#231;a s'est vraiment nivel&#233;. On a toujours une saison plus forte de f&#233;vrier &#224; juillet, 14 juillet, apr&#232;s y'a plus rien jusque d&#233;but septembre et on ferme, maintenant. Apr&#232;s, d&#233;but septembre jusqu'au fin octobre, d&#233;but novembre, c'est activit&#233; assez soutenue mais sans trop. On a trois mois un peu creux, novembre, d&#233;cembre et janvier, mais apr&#232;s &#231;a repart.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La client&#232;le, maintenant, est assez &#233;limin&#233;e de professionnels.&lt;/strong&gt; On avait, &#224; une &#233;poque, beaucoup de professionnels mais c'&#233;tait pas bon du tout, donc maintenant, on va travailler &#224; peu pr&#232;s 80 % du particulier. On a deux activit&#233;s, ici : une activit&#233; voile et une activit&#233; gr&#233;ements, on fabrique des m&#226;ts, des haubanages et des pi&#232;ces inox. Mais au niveau voile, on est &#224; 90 % de particuliers et 10 % de professionnels. En chiffre d'affaire, on fait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose. Par contre, le gr&#233;ement, on fabrique pas les c&#226;bles, on fabrique pas les m&#226;ts non plus, donc on ach&#232;te. On part d'un produit qui est d&#233;j&#224; semi-fini, sur les m&#226;ts et m&#234;me trois-quart fini, souvent. Parce que souvent, les m&#226;ts, on est revendeurs pour une marque, donc on re&#231;oit les m&#226;ts tout pr&#234;ts. Souvent, on re&#231;oit des m&#226;ts avec une partie qui est mont&#233;e, puis faut monter les accessoires dessus, les girouettes, les trucs comme &#231;a. Puis on fabrique le gr&#233;ement, par contre, on part du c&#226;ble et on le fabrique compl&#232;tement. On a une machine qui sertit les c&#226;bles. Alors qu'en voile, on est fabriquant de A &#224; Z. On fait pas le m&#234;me chiffre d'affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La proximit&#233; c'est la base,&lt;/strong&gt; c'est l'int&#233;r&#234;t des voileries comme nous, d'ailleurs. Et de savoir exactement, comme nous faisons du sur mesure, deux voiles du m&#234;me bateau ne sont pas les m&#234;mes, y'a deux plans diff&#233;rents. Parce que une personne peut faire de la croisi&#232;re, d'autres, un peu plus de r&#233;gate, l'autre il navigue en &#233;quipage avec plus de monde, l'autre il navigue seul. Donc chaque bateau a une voile diff&#233;rente. C'est l'int&#233;r&#234;t de nous par rapport &#224; d'autres voileries qui font de la s&#233;rie, parce que nous on fait vraiment l'utilisation et donc, la discussion avec le client c'est primordial pour savoir ce qu'on va lui faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les clients viennent par les voiles qu'ils voient&lt;/strong&gt; parce qu'on a pas mal de voiles qui naviguent, donc ils les voient dans les ports, ils les croisent en mer. Puis souvent, les gens parlent sur les pannes, dans les ports : &quot;&lt;i&gt;Chez qui tu vas ? - Moi, je vais chez Untel&lt;/i&gt;&quot;, c'est comme &#231;a qu'on augmente notre client&#232;le. C'est de bouche &#224; oreille. Ils viennent par une notori&#233;t&#233;, parce que c'est des produits qui sont assez chers, donc on fait pas faire un truc comme &#231;a au premier venu sans savoir. Donc, faut acqu&#233;rir une notori&#233;t&#233; et que les gens aient confiance. C'est comme &#231;a que vous commencez &#224; avoir une client&#232;le qui vient et &#231;a, &#231;a se fait pas du jour au lendemain, c'est tr&#232;s long. Nous, on a mis quinze ans avant d'arriver &#224; avoir un d&#233;but de client&#232;le fid&#232;le qui nous faisait confiance parce que au d&#233;but, c'est tr&#232;s dur. Au d&#233;but, on se paie pas d'ailleurs, on avait m&#234;me pas de salaire. Donc, il faut vraiment s'accrocher. C'est un m&#233;tier tr&#232;s difficile parce que vous pouvez pas arriver et dire : &#171; &lt;i&gt;Je suis voilier, je sais faire des voiles.&lt;/i&gt; &#187; Si vous dites &#231;a, personne vous ach&#232;te de voiles. Y'a plein de confr&#232;res qui sont l&#224; pendant deux, trois ans et qui ferment. Ah ! Nous, on a failli fermer plusieurs fois. Parce qu'on avait plus financi&#232;rement les moyens de continuer. Y'avait pas assez de clients, trop de frais, trop de charges et puis vous fermez, c'est termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, des voileries &#224; Marseille,&lt;/strong&gt; maintenant, y'a voilerie et puis y'a revendeur de voiles : c'est pas la m&#234;me chose parce qu'en fait, c'est des revendeurs de voiles fabriqu&#233;es ailleurs. En fabricants de voiles, y'en a que trois, maintenant : la voilerie Solatges derri&#232;re le th&#233;&#226;tre de la Cri&#233;e et la voilerie Sun Side &#224; la Pointe rouge qui fabriquent sur place. Ils ont leurs propres marques, ind&#233;pendants et tout. Apr&#232;s, y'a trois, quatre revendeurs mais eux, ce sont des commerciaux : ils ont un petit atelier pour faire des petites r&#233;parations mais ils ne fabriquent pas, ils revendent une marque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voilerie existe depuis 1972&lt;/strong&gt; mais c'est notre pr&#233;d&#233;cesseur, Monsieur Ramel, qui l'avait cr&#233;&#233;e avec Monsieur Mezza. La voilerie Mezza &#233;tait la plus vieille voilerie de Marseille et, pour s'agrandir, avait cr&#233;&#233; cette voilerie qui &#233;tait une soci&#233;t&#233; d'exploitation des voileries Mezza. Donc cette voilerie s'est cr&#233;&#233;e avec ces deux personnes mais de caract&#232;res assez forts et au bout de six mois, c'&#233;tait termin&#233;. Et la deuxi&#232;me personne a cr&#233;&#233; la Voilerie Phoc&#233;enne, d&#233;but 73. &#192; partir de ce moment-l&#224;, il a &#233;t&#233; tout seul ; cette personne un peu &#226;g&#233;e, qui avait pris sa retraite, qui travaillait dans un autre secteur, voulait faire &#231;a un peu pour s'amuser parce qu'il &#233;tait passionn&#233; de bateau. En 79, il avait 60 ans et voulait s'arr&#234;ter de travailler et a cherch&#233; &#224; vendre. Mon associ&#233; et moi cherchions &#224; faire quelque chose dans le nautisme et mon associ&#233; le connaissait, donc on nous a mis en relation et nous avons acquis la voilerie en 79.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai fait une licence de sciences &#233;co&lt;/strong&gt; et j'&#233;tais moniteur de voile pendant quelques ann&#233;es &#224; la Ciotat, d'o&#249; ma passion de la voile. Et apr&#232;s la fac, j'ai fait pendant trois ans des rallyes professionnellement, j'&#233;tais pilote d'usine pour Citro&#235;n, pour Toyota, pour des marques&#8230; Et gr&#226;ce un peu aux sous que j'ai gagn&#233;s, j'ai pu acheter cette voilerie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis arriv&#233;, je savais faire du bateau, bien s&#251;r, mais absolument pas fabriquer une voile.&lt;/strong&gt; C'est la personne qui nous a vendu qui nous a appris le m&#233;tier - les d&#233;buts du m&#233;tier, parce qu'il s'est tr&#232;s vite arr&#234;t&#233; : il est rest&#233; &#224; peu pr&#232;s six mois avec nous, parce qu'il avait vraiment un caract&#232;re impossible (rire) !... Il nous a appris les bases et apr&#232;s &#231;a, on a vraiment gal&#233;r&#233;, vraiment travaill&#233; pour y arriver parce qu'y'a personne qui vous apprend le m&#233;tier. C'est pas un m&#233;tier avec une &#233;cole, y'a aucune formation : &#231;a s'apprend sur le tas, par le travail, par les &#233;checs, par l'exp&#233;rience parce que c'est assez particulier, comme boulot. Des fabricants comme moi, y'en a pratiquement plus en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On voulait faire un m&#233;tier dans la mer,&lt;/strong&gt; ou qui ait un petit rapport avec la mer. On a failli faire un truc d'accastillage, mais &#231;a nous passionnait pas. On avait plut&#244;t envie de cr&#233;er, de produire, revendre &#231;a nous int&#233;ressait pas beaucoup. Et donc, &#231;a s'est pr&#233;sent&#233; comme &#231;a et je suis tr&#232;s content de l'avoir fait. On cr&#233;e, on est des cr&#233;ateurs, nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;tier a chang&#233;, un peu quand m&#234;me&lt;/strong&gt; mais, pas dans des proportions r&#233;volutionnaires. On a chang&#233; d'outils depuis l'&#233;poque, c'est certain. Avant, pour faire des spinnakers, des spis, c'est des grosses voiles de couleur, on les coupait ici &#224; la main, parce qu'y'avait pas de machines. Maintenant y'a des machines qui coupent &#231;a automatiquement. L&#224; o&#249; je mettais trois jours &#224; couper un spi, y'a une heure et demie de machine. Donc, maintenant, je le fais plus moi ici. Je fais le plan sur ordinateur, j'envoie, y'a une machine qui coupe &#231;a et je re&#231;ois tout pr&#232;s. L&#224;, oui, &#231;'a &#233;volu&#233;. De nouvelles machines sont sorties, plus performantes, plus fiables. Les mat&#233;riaux ont &#233;volu&#233;, aussi, les formes des voiles aussi. Parce que les car&#232;nes des bateaux, les gr&#233;ements, tout ce qu'y'a autour, les m&#226;ts et tout ont &#233;volu&#233;. Donc oui, dans ce sens l&#224; &#231;'a &#233;volu&#233; mais la base, c'est toujours la m&#234;me, c'est toujours une voile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les techniques de coupe,&lt;/strong&gt; actuellement, on est en train de passer &#224; de nouvelles phases. On va plus avoir des voiles par panneaux, on passe &#224; des voiles qu'on appelle des voiles membrane qui sont des monolithiques. Toute la voile est d'une seule partie et apr&#232;s, il faut faire les renforts, les p&#233;riph&#233;riques. Les panneaux c'est les morceaux de la voile parce que nous, on part d'un rouleau de tissu qui fait 91,40 ou 140 sur 137 et y'a plusieurs panneaux. C'est des panneaux qu'on coupait et tout, qu'on coud - on coud toujours d'ailleurs - les trois-quart c'est encore &#231;a. &#199;a, on passe dans les voiles de course, alors &#231;a d&#233;bouchera s&#251;rement apr&#232;s sur des voiles de croisi&#232;re, un jour ou l'autre, qui seront aussi en membranes. Mais pour l'instant c'est un peu trop fragile, c'est pas encore adapt&#233; &#224; la croisi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec nos confr&#232;res, on &#233;change des m&#233;thodes de fabrication,&lt;/strong&gt; des trucs comme &#231;a, oui. Bon, maintenant, chacun a sa vision des profils de voile et effectivement, chacun a son truc et personne n'en parle, c'est assez personnel. Attention, faut pas croire qu'y'a des &#233;carts &#233;normes, c'est des millim&#232;tres, parce que y'a une base quand m&#234;me, mais c'est vrai que chacun a un peu une vision des voiles diff&#233;rente. Par contre au niveau des m&#233;thodes de fabrication, y'en a un qui a un bon truc, il le dit &#224; l'autre, &#233;videmment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sagr&#233;ments, c'est le temps qu'on passe.&lt;/strong&gt; C'est entre cinquante et soixante heures hebdomadaires, les week-ends parce qu'il faut aller naviguer, voir avec un client, un truc. C'est abominable mais, on peut pas faire un boulot comme &#231;a sans passer du temps. On peut pas le faire &#224; moiti&#233;, trente-cinq heures, c'est impossible. &#199;a, les m&#233;tiers de passion, on peut pas faire comme &#231;a, parce que &#231;a marche pas. Il faut vraiment s'investir &#224; fond, en temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que j'aime le plus ? Ah ! C'est voir mes voiles quand je navigue,&lt;/strong&gt; que je suis en mer, et je vois qu'elles sont belles et que le bateau marche bien, voil&#224;, &#231;a, c'est mon bonheur (rire). C'est la r&#233;compense, ou que les gens m'appellent en me disant qu'ils sont super contents de mes voiles, &#231;a c'est vachement agr&#233;able, quand m&#234;me. Quand je sais que mes voiles, elles ont fait trois fois le tour du monde et qu'elles reviennent et que je les vois et qu'elles sont encore navigables, je suis content. Parce que le mec qui m'avait command&#233; &#231;a, c'&#233;tait s&#251;rement pour avoir des voiles fiables et donc le r&#233;sultat a &#233;t&#233; atteint, &#231;a fait plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, je navigue,&lt;/strong&gt; bien s&#251;r, le plus que je peux. C'est pas beaucoup, c'est pas assez pour moi mais bon, c'est comme &#231;a, on peut pas tout faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Ben moi je suis n&#233; &#224; Marseille,&lt;/strong&gt; je suis un Marseillais de souche. Donc, je suis marseillais dans l'&#226;me et c'est s&#251;r que j'ai un lien. On a une chance &#233;norme. D'ailleurs, une grosse partie de la d&#233;cision pour reprendre ici, c'est l'emplacement qui est fabuleux parce que l&#224;, on a 1200 m&#178; dessous, c'est m&#234;me plus grand qu'ici, on a un local immense pour les m&#226;ts, on a m&#234;me une menuiserie. On est dans le centre ville, on peut se garer quand m&#234;me, c'est magique, on descend &#224; pied au port. C'est extraordinaire. C'est un coin unique &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 11/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Saints Protecteurs</title>
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		<dc:creator>Josefa Lopez</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Photos : Josefa Lopez&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/beaute" rel="tag"&gt;beaut&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nez en l'air, a l'affut de la moindre statuette log&#233;e dans les niches m&#233;nag&#233;es &#224; l'angle des rues, j'ai arpent&#233; Marseille, l'une des plus anciennes cit&#233;s chr&#233;tiennes de France&#8230;&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ici les rues sont habit&#233;es de discr&#232;tes et silencieuses pr&#233;sences. L&#224; une Vierge &#224; l'enfant, ici Saint Christophe ou Saint Roch, celui qui pr&#233;serve de la peste, l&#224; encore un &#233;v&#234;que dans une attitude de compassion et d'humilit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les saintes vierges</title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/les-saintes-vierges</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
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		<dc:subject>Courage</dc:subject>
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		<description>Marie-No&#235;lle, 60 ans, est pu&#233;ricultrice &#224; Marseille dans un centre maternel pour tr&#232;s jeunes mamans et leurs b&#233;b&#233;s. Depuis vingt ans elle accompagne ces parentes isol&#233;es sur le chemin de l'autonomie. Dans ce foyer n'incluant pas les hommes, elle insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer le p&#232;re, quand il se fait conna&#238;tre. Pour que les femmes ne soient plus victimes de la volont&#233; du Saint-Esprit... Koinai : Quel a &#233;t&#233; votre parcours professionnel ? J'ai commenc&#233; &#224; travailler comme r&#233;&#233;ducatrice pendant six ans (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/violence" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/solidarite" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-No&#235;lle, 60 ans, est pu&#233;ricultrice &#224; Marseille dans un centre maternel pour tr&#232;s jeunes mamans et leurs b&#233;b&#233;s. Depuis vingt ans elle accompagne ces parentes isol&#233;es sur le chemin de l'autonomie. Dans ce foyer n'incluant pas les hommes, elle insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer le p&#232;re, quand il se fait conna&#238;tre. Pour que les femmes ne soient plus victimes de la volont&#233; du Saint-Esprit...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quel a &#233;t&#233; votre parcours professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai commenc&#233; &#224; travailler comme r&#233;&#233;ducatrice pendant six ans dans un centre d'enfants infirmes moteur-c&#233;r&#233;braux. Ensuite, j'ai travaill&#233; en Alg&#233;rie pendant deux ans. Je suis venue en France en catastrophe parce que j'ai eu deux jumeaux pr&#233;matur&#233;s, et ensuite j'ai eu quatre enfants, donc je me suis arr&#234;t&#233;e de travailler pendant une douzaine d'ann&#233;es pour &#233;lever mes enfants jusqu'&#224; ce que le dernier soit au CP. Ensuite je suis venue travailler au Foyer Centre Maternel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous concili&#233; vie de famille et activit&#233; professionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis m&#232;re de quatre enfants et d'un cinqui&#232;me que j'ai &#233;lev&#233; parce que mon neveu s'est retrouv&#233; orphelin. Donc je suis m&#232;re de cinq enfants. &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait impossible de trouver une place en cr&#232;che. D'autre part, je consid&#233;rais que avoir quatre enfants, ce n'&#233;tait pas pour les confier &#224;... &#224; j'sais pas qui parce que je n'avais pas de parents qui m'auraient aid&#233;e, forc&#233;ment. Donc j'avais plut&#244;t choisi de vivre, non pas en communaut&#233;, mais avec d'autres dames qui &#233;taient dans la m&#234;me situation que moi, pour qu'on puisse &#234;tre solidaires entre nous par rapport &#224; des gardes d'enfants et tout. Mais je n'ai repris mon travail qu'&#224; mi-temps en 1986.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourriez-vous revenir sur l'exp&#233;rience alg&#233;rienne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait dans un &quot;Bon Pasteur&quot;. Des s&#339;urs blanches y tenaient un &#233;norme orphelinat avec une centaine de jeunes filles non chr&#233;tiennes, qui &#233;taient Alg&#233;riennes, musulmanes. En tant qu'&#233;ducatrice, j'avais en charge vingt-cinq jeunes filles en internat dont cinq ou six avaient eu un b&#233;b&#233; par inceste et avaient &#233;t&#233; quasiment incarc&#233;r&#233;es dans ce Bon Pasteur parce qu'elles avaient fait passer leur b&#233;b&#233; par la chasse d'eau des cabinets ou par... Elles avaient &#233;t&#233; oblig&#233;es de supprimer leur enfant et elles &#233;taient responsables, puisque c'&#233;taient elles qui &#233;taient tomb&#233;es enceintes de leur p&#232;re ou de leur fr&#232;re. Mais bon... &#231;a, ce n'&#233;tait pas dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le portrait type des personnes accueillies au centre marseillais ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, &#231;a fait vingt ans que je travaille ici, et je peux vous dire que ce foyer, c'est une loupe sur toute l'immigration. Dans les ann&#233;es 80, on a re&#231;u beaucoup d'Asiatiques qui avaient enfin leurs papiers parce qu'elles &#233;taient enceintes, beaucoup de Cambodgiennes qui avaient &#233;t&#233; viol&#233;es dans les camps. Ensuite on a eu beaucoup de Maghr&#233;bines ; quand elles arrivaient chez nous, elles pouvaient garder leur enfant. L&#224;, on n'a plus du tout de Maghr&#233;bines dans la mesure o&#249;, depuis les &#233;v&#233;nements en Alg&#233;rie en 88-89-90, y'a plus de visa possible ; il y a impossibilit&#233; pour les jeunes mamans de venir accoucher sous X en France. Donc, je ne sais pas ce que deviennent ces jeunes m&#232;res ; je suppose qu'elles doivent vivre des trucs effroyables en Alg&#233;rie. Mais on ne re&#231;oit plus de Maghr&#233;bines, sauf celles qui sont d'origine maghr&#233;bine et qui viennent des cit&#233;s un peu difficiles, des quartiers nord ou de toute la France. On re&#231;oit aussi, depuis 1990, beaucoup de Mahoraises, puisque Mayotte est un d&#233;partement fran&#231;ais, et beaucoup de jeunes des pays de l'Est qui gr&#226;ce au fait qu'elles soient enceintes sortent un peu du syst&#232;me de la mafia. On re&#231;oit aussi beaucoup d'Africaines qui sont recrut&#233;es dans les villages pour se marier en France avec des vieux paysans et qui se retrouvent dans le Massif Central avec des mecs de 50 ans, donc elles s'enfuient de cette situation. Bref, y'a un peu toutes les origines... Il y a aussi &#233;norm&#233;ment de petites jeunes fran&#231;aises qui ont v&#233;cu dans des quartiers difficiles, dans des foyers et qui se retrouvent dans des grandes d&#233;tresses dues &#224; leur milieu familial. Elles ont &#233;t&#233; suivies par des services, les parents aussi, et elles ont rencontr&#233; de grandes difficult&#233;s dans leur famille, ont manqu&#233; de soutien de la part de leur famille ; elles se retrouvent un peu en errance, un peu &#224; la rue. La moyenne d'&#226;ge c'est 16 ans, en gros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre r&#244;le au sein du centre maternel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a consiste &#224; &#234;tre &#224; la fois dans une position m&#233;dicale, psychologique, &#233;ducative pour &#234;tre dans un accompagnement d'une tr&#232;s jeune maman avec son b&#233;b&#233;, puisque ce centre re&#231;oit des mamans qui sont mineures ou jeunes majeures et qui arrivent de situations extr&#234;mement difficiles de par leur parcours d'enfance. Mon poste de travail est un peu atypique puisque c'est tr&#232;s diff&#233;rent d'une jeune femme &#224; l'autre. Au d&#233;but j'&#233;tais seule, ensuite on &#233;tait deux. Parce qu'au d&#233;part le centre maternel accueillait moins de personnes. Et puis on a d&#233;m&#233;nag&#233; il y a six-sept ans. Il y a huit appartements sur place, donc y'a plus de capacit&#233; d'accueil et il y a plus de jeunes femmes &#224; l'ext&#233;rieur. En principe, un deuxi&#232;me poste &#233;tait pr&#233;vu pour qu'on travaille en tandem. Malheureusement cette personne est en longue maladie depuis longtemps. Donc je me retrouve seule, finalement. De toute fa&#231;on je ne suis pas seule dans l'&#233;quipe ; il y a &#233;norm&#233;ment d'&#233;ducateurs, de psychologues, de chefs de service et de secr&#233;taires qui participent au travail autour de l'accueil des jeunes m&#232;res avec leurs enfants. Donc je ne suis qu'une personne parmi une &#233;quipe, et on travaille &#233;norm&#233;ment en lien avec les &#233;ducateurs. Par exemple, une jeune maman, quand elle arrive, elle a deux r&#233;f&#233;rents &#233;ducateurs et moi, la pu&#233;ricultrice. On travaille vraiment en collaboration, en r&#233;fl&#233;chissant au mieux avec la jeune maman : comment on peut l'aider &#224; s'en sortir et &#234;tre autonome quand elle sortira du foyer...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De combien de femmes avez-vous la charge ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je m'occupe en principe que de la moiti&#233; des r&#233;sidentes accueillies. Mais, comme je suis seule, je m'occupe de toutes les r&#233;sidentes. Ce qui fait en moyenne vingt-deux m&#232;res et quarante-quatre enfants. &#199;a d&#233;pend... On re&#231;oit les enfants d&#232;s la sortie de la maternit&#233;, puisqu'on ne re&#231;oit pas les m&#232;res avant l'accouchement. Donc &#231;a va de z&#233;ro &#224;... La plus &#226;g&#233;e a huit ans, parce que la m&#232;re, quand elle est arriv&#233;e, avait douze ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quel &#233;tat d'esprit ces personnes arrivent-elles chez vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral, elles arrivent surtout pour trouver un toit sur leur t&#234;te, parce qu'elles sont dans des situations difficiles, voire douloureuses, voire effroyables ; &#231;a d&#233;pend d'o&#249; elles viennent. En tous cas, elles sont en rupture de leur famille, &#231;a c'est s&#251;r. Et quand elles arrivent, c'est surtout un toit, se poser et qu'on les emmerde pas trop. C'est clair que nous, on n'est pas l&#224; pour les forcer. Donc, ou elles acceptent un petit peu un r&#232;glement, un contrat de travail &#233;ducatif avec les &#233;ducateurs, ou elles n'acceptent pas. Si elles n'acceptent pas, on ne les force pas &#224; rester. En g&#233;n&#233;ral, les premiers mois, c'est pas facile. Surtout d'avoir un enfant qui est d&#233;j&#224; en foyer. En m&#234;me temps, ici, ce sont des appartements autonomes. &#199;a n'a rien &#224; voir avec des foyers comme on peut le penser. Elles sont vraiment chez elles, en appartement, notamment avec chambre pour enfants. Au bout du compte, tr&#232;s vite elles se rendent compte que ce n'est pas ce qu'elles avaient craint, imagin&#233;. Et en g&#233;n&#233;ral, elles sont plut&#244;t bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les jeunes femmes que vous h&#233;bergez vous demandent-elles des conseils pour s'occuper de leurs enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r. Pas toutes. Y'en a qui ne demanderont pas de conseil, enfin si on leur en donne un, elles ne l'&#233;couteront pas. Mais c'est pas forc&#233;ment d'apporter une r&#233;ponse, c'est plus de faire avec elles sans pour autant dire les choses, ou y'a des choses qui se comprennent parce qu'on les voit. Une maman, quand elle arrive, elle pense que le b&#233;b&#233; &#231;a comprend rien, et puis si elle voit les &#233;ducateurs parler au b&#233;b&#233;, qu'elle voit le b&#233;b&#233; r&#233;agir, c'est plus ce qu'elle pensait. &#192; travers ce qui est fait dans la salle d'accueil de permanence qui est une salle tr&#232;s importante puisqu'il s'y passe beaucoup de choses, que ce soit dans la salle ou dans le jardin, sans donner de conseil, y'a des choses qui se comprennent. Et c'est beaucoup plus important que donner un conseil qui ne va pas forc&#233;ment &#234;tre &#233;cout&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles difficult&#233;s perturbent l'accompagnement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les plus grandes difficult&#233;s, ce n'est pas forc&#233;ment le travail que je fais avec elles, parce que je trouve ce travail passionnant. Ces jeunes mamans sont extraordinaires. Franchement je leur tire mon chapeau ; envers et contre tout, malgr&#233; les al&#233;as de la vie, elles sont sacr&#233;ment courageuses. Les plus grandes difficult&#233;s que je rencontre, c'est pour les aider &#224; obtenir un logement, &#224; avoir une place en cr&#232;che de fa&#231;on &#224; ce qu'elles continuent leur formation, &#224; ne pas avoir d'&#233;tiquette dans les &#233;coles ou les cr&#232;ches parce qu'elles viennent d'un foyer. Donc je me bats plus sur leur environnement pour qu'elles n'aient pas &#224; p&#226;tir en plus d'un racisme suppl&#233;mentaire. Pour moi c'est une forme de racisme, compte tenu que, des fois, je m'entends dire dans les &#233;coles et dans les cr&#232;ches : &quot;On ne veut pas de cas sociaux.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps le centre assure-t-il la prise en charge ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, c'est pas un cadeau qu'on leur fait ! C'est elles-m&#234;mes qui arrivent &#224; &#234;tre autonomes. Chaque situation est diff&#233;rente. Je vais vous donner un exemple : une jeune m&#232;re est arriv&#233;e &#224; l'&#226;ge de treize ans ; on a arr&#234;t&#233; la prise en charge &#224; l'&#226;ge de vingt-et-un ans parce qu'on ne peut pas aller au-del&#224;. Mais cette jeune maman a r&#233;ussi &#224; &#234;tre en licence de droit. Donc &#231;a veut dire qu'on a une longue prise en charge. On peut avoir des mamans qui ne restent l&#224; qu'un an ou deux parce qu'elles ont besoin d'un soutien plus mat&#233;riel ou psychologique, mais elles sont plus &#226;g&#233;es et presque capables de se d&#233;brouiller... &#199;a peut varier. Ceci dit, on arrive de moins en moins &#224; prolonger les prises en charge. Y'a des r&#233;ductions de budget de partout. Toute prise en charge co&#251;te cher, donc le Conseil G&#233;n&#233;ral a tendance &#224; nous emp&#234;cher de continuer un travail qui, &#224; mon avis, est plus int&#233;ressant si on le prolonge un peu plus. &#199;a donnera une autonomie r&#233;elle &#224; la jeune maman. Donc, en moyenne, &#231;a peut durer d'un an &#224; cinq, six ans, &#231;a d&#233;pend de l'&#226;ge d'entr&#233;e et puis de la volont&#233; de la jeune maman &#224; travailler avec le foyer. Parce qu'ici, ce n'est pas une prison. Les jeunes femmes qui sont l&#224; sont d'accord pour avoir un contrat &#233;ducatif avec l'&#233;quipe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Apr&#232;s la sortie du centre, des liens sont-ils entretenus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument ! Alors l&#224;, c'est incroyable, comme &#231;a laisse des traces tr&#232;s importantes pour elles. Il y a deux, trois ans, nous avons organis&#233; les cinquante ans de l'association et toutes les anciennes sont venues t&#233;moigner. Beaucoup viennent avec leurs enfants. Derni&#232;rement, une ancienne est venue avec sa fille de dix-huit ans qui voulait revoir toutes les personnes qui s'&#233;taient occup&#233;es d'elle. Les m&#232;res nous donnent toujours des nouvelles ; c'est rarissime, quand on a perdu la trace de quelqu'un. Elles sont tr&#232;s attach&#233;es &#224; ce lieu o&#249;, quand elles sont arriv&#233;es, elles &#233;taient toutes griffes dehors. En fait, elles ont pris confiance dans ce lieu, et pour elles c'&#233;tait une p&#233;riode tr&#232;s importante de leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Diriez-vous que la situation des femmes en pr&#233;carit&#233; est stable ou en augmentation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est en augmentation, &#231;a c'est s&#251;r. Le d&#233;calage s'accentue, compte tenu qu'on re&#231;oit aussi des jeunes femmes qui ont des probl&#232;mes de papiers. On a de plus grandes difficult&#233;s pour qu'elles aient des couvertures-maladie, qu'elles, ou leurs enfants, aient acc&#232;s &#224; une nourriture correcte... La pr&#233;carit&#233; s'accentue. C'est un constat plut&#244;t n&#233;gatif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes oblig&#233;e de refuser &#224; des jeunes filles...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout le temps. Il y a des listes d'attente &#233;normes. La prise en charge est longue ; nous ne travaillons pas sur le court terme, puisque &#231;a sert &#224; rien, et les places ne sont pas &#233;normes, il y a huit appartements ici et douze &#224; l'ext&#233;rieur. Donc c'est limit&#233;. En France, il y a 3000 grossesses adolescentes par an, m&#234;me s'il y a la contraception, l'information qui est soi-disant faite dans les coll&#232;ges, ce dont je doute. Le chiffre est constant depuis longtemps, depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de sortir une maman du dispositif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est d&#233;j&#224; arriv&#233;. Il arrive des fois que des m&#232;res soient dans la maltraitance avec leur enfant, c'est rare mais &#231;a arrive. Mon travail avec l'&#233;quipe, c'est de rep&#233;rer quand m&#234;me s'il y a quelque chose d'impossible... Je vous donne un exemple parce que c'est d&#233;j&#224; arriv&#233; : une maman qui a eu un enfant issu d'un viol aura beaucoup de mal &#224; voir grandir son enfant. Ce n'est pas fr&#233;quent mais &#231;a peut arriver. Parfois il y a des choses tr&#232;s douloureuses entre une m&#232;re et son enfant, selon ce qui s'est pass&#233; avant l'arriv&#233;e de l'enfant. L&#224;, on propose un accompagnement pour que la maman trouve un autre lieu pour son enfant, de fa&#231;on &#224; ce qu'il y ait une famille d'accueil qui puisse prendre le relais, qu'elle ait son enfant peut-&#234;tre que le week-end. Donc &#231;a peut arriver qu'il y ait un placement d'enfant, une proposition de famille d'accueil avec l'accord de la maman.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'accord de la maman est-il toujours requis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, ben oui, bien s&#251;r. On ne travaille pas comme avant o&#249; il y avait la DASS qui prenait l'enfant... Non, &#231;a n'existe plus. Sauf s'il y avait un danger &#233;norme. Il y a dix-huit ans, j'avais rep&#233;r&#233; un b&#233;b&#233; d'un mois qui &#233;tait bizarre. J'ai t&#233;l&#233;phon&#233; discr&#232;tement au p&#233;diatre. On a d&#233;couvert avec horreur que ce b&#233;b&#233; &#233;tait fractur&#233; de tous les c&#244;t&#233;s. L'h&#244;pital a appel&#233; le juge, et l'enfant a &#233;t&#233; plac&#233;. Ce sont des situations rarissimes, mais &#231;a fait aussi partie de notre travail. Mais &#231;a fait des ann&#233;es que je n'ai pas vu &#231;a, parce que les mentalit&#233;s ont chang&#233;. La mani&#232;re de travailler aussi ; il ne faut pas oublier qu'avant, &#224; l'issue de la guerre, il y avait beaucoup de filles-m&#232;res avec des enfants issus d'un viol ou avec les Allemands et tout... Donc y'avait beaucoup d'abandons, beaucoup d'accouchements sous X. L'association s'est ouverte y'a cinquante ans &#224; Marseille, et justement pour &#233;viter les abandons et proposer un toit aux m&#232;res, de fa&#231;on &#224; ce qu'elles prennent en charge leur enfant. Ensuite on a employ&#233; le terme de m&#232;res c&#233;libataires, puis de m&#232;res isol&#233;es et actuellement, de parents isol&#233;s. &#199;a signifie que les jeunes m&#232;res sont aid&#233;es avec une &quot;allocation de parent isol&#233;&quot; de la CAF qui existe depuis 1985, vers&#233;e pour qu'elles puissent s'occuper de leur enfant. Chose qui n'existait absolument pas avant. Mais avant, si vous aviez un enfant, il fallait payer un peu votre p&#233;ch&#233;. Donc ces mentalit&#233;s ont &#233;norm&#233;ment chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il plus difficile d'&#234;tre m&#232;re aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, sacr&#233; question ! Il y a plusieurs versants qu'il faut relever. D'abord &#224; mon &#233;poque, dans les ann&#233;es 70, il n'y avait pas la pilule, pas de contraception. Les IVG n'existaient pas. Y'avait pas de cr&#232;che. Soi-disant, on est tr&#232;s en avance en France, mais au niveau de la femme, &#231;a a &#233;t&#233; des combats qui se sont gagn&#233;s apr&#232;s 68, de haute lutte. &#192; mon &#233;poque, la contraception, c'&#233;tait pas &#233;vident du tout, c'&#233;tait pas la m&#234;me mentalit&#233; non plus. Avant, les familles nombreuses, c'&#233;tait un peu le lot des femmes ; elles avaient pas trop le choix de continuer &#224; travailler ou d'imaginer qu'elles auraient un avenir professionnel. Actuellement ce n'est plus du tout le cas, mais je trouve que c'est beaucoup plus difficile pour les jeunes parce que d'une part, il y a un probl&#232;me de logement aigu qu'il n'y avait pas avant, par ailleurs il y a un probl&#232;me d'emploi &#233;norme, puisque je me rappelle, &#224; mon &#233;poque, je pouvais changer de travail sans probl&#232;me, je n'avais aucune crainte d'&#234;tre au ch&#244;mage, du tout ! Les jeunes femmes de maintenant, surtout si elles sont enceintes jeunes, arr&#234;tent leurs &#233;tudes tr&#232;s souvent et quand elles arrivent sur le march&#233; du travail avec un enfant, elles sont doublement p&#233;nalis&#233;es. Il y a eu des ann&#233;es extraordinaires pour les femmes, mais parce qu'elles se sont battues, et les jeunes de maintenant ne reprennent pas le combat ; ils pensent que tout est acquis. Ils se fourrent le doigt dans l'&#339;il bien bien, parce que tous les acquis qu'on a obtenus de haute lutte, ils sont en train de se perdre, mais alors en beaut&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, avez-vous particip&#233; &#224; cette lutte ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#201;norm&#233;ment. Je me suis mobilis&#233;e pour le premier avortement, le proc&#232;s qu'il y a eu &#224; Bobigny, sur Paris ; &#224; Aix-en-Provence pour la fameuse Marie-Claire. [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='En 1978, &#224; l'occasion d'un proc&#232;s pour viol &#224; Aix-en-Provence, des f&#233;ministes se (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] On s'est &#233;norm&#233;ment mobilis&#233;. J'ai beaucoup milit&#233; pour des associations de femmes. Je me suis beaucoup battue pour le droit &#224; la contraception, le droit &#224; l'information, le droit au travail pour les femmes, pour organiser des cr&#232;ches sur les facult&#233;s pour que les filles continuent &#224; pouvoir &#233;tudier. Je me suis aussi beaucoup battue pour que les p&#232;res aient aussi leur place par rapport &#224; l'&#233;ducation des enfants. Enfin voil&#224;, je suis une vraie militante !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement : o&#249; sont les hommes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;O&#249; sont les hommes ?! Eh bien, ici. Ici, on est habilit&#233; pour s'occuper de la m&#232;re et de l'enfant. Comme si l'enfant &#233;tait venu de la Sainte Vierge, comme si les hommes &#233;taient absents. Or, pour nous, c'est &#233;vident qu'on va tout faire, s'il y a un p&#232;re pour l'enfant. Mais on est en dehors de l'agr&#233;ment que l'on a, puisqu'on est financ&#233; pour s'occuper que de la m&#232;re isol&#233;e avec son enfant. Or, nous, on n'est pas d'accord. Quand une m&#232;re va &#224; l'ext&#233;rieur, on fait tout pour que le compagnon puisse s'installer avec elle. Pour nous c'est tr&#232;s important que le p&#232;re ait sa place au niveau de l'enfant. Parce qu'un enfant, &#231;a ne vit pas qu'avec sa m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle opinion les femmes que vous recevez ont-elles &#224; propos des hommes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne peux pas r&#233;pondre pour elles. Tout d&#233;pend du v&#233;cu qu'elles ont eu dans leur famille, avec leur p&#232;re, avec leurs fr&#232;res. D&#233;j&#224;, &#231;a va beaucoup ordonner une orientation par rapport aux hommes en g&#233;n&#233;ral. Ensuite, selon ce qui s'est pass&#233; avec la naissance de leur enfant et l'homme qui n'a pas reconnu l'enfant, ou qui s'en est d&#233;tourn&#233; ou d&#233;sint&#233;ress&#233;, et qui l'a laiss&#233; se d&#233;patouiller, ou au contraire qui ne la laisse pas tomber, &#231;a va &#233;norm&#233;ment changer son regard sur les hommes. Ce que je pense des jeunes hommes &#224; l'heure actuelle : je suis assez inqui&#232;te, je constate que dans les lyc&#233;es, dans les coll&#232;ges, il y a une esp&#232;ce de banalisation des violences entre les gar&#231;ons et les filles. Quand la jeune Sohane a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e dans une poubelle dans les quartiers, je ne sais plus o&#249;, &#224; Paris ? Quand il y a eu la reconstitution des faits, tous les jeunes hommes de la cit&#233; ont hu&#233; ; il se sont mis du c&#244;t&#233; du jeune gar&#231;on sans prendre conscience qu'ils ont assassin&#233; une jeune fille... Moi, je me suis toujours battue pour l'&#233;galit&#233;, mais en ayant la notion que les hommes et les femmes sont diff&#233;rents. Ils sont &#224; droits &#233;gaux, mais ils sont diff&#233;rents dans les sexes, et je suis assez inqui&#232;te de voir qu'il y a beaucoup de jeunes gar&#231;ons - et m&#234;me d'ailleurs de jeunes filles aussi - qui rentrent dans la violence sans &#233;tat d'&#226;me. &#199;a ne veut pas dire que c'est tout le monde, mais il y a un petit courant qui commence &#224; devenir inqui&#233;tant. Il faudrait que la soci&#233;t&#233;, et les jeunes, r&#233;fl&#233;chissent parce que c'est les jeunes g&#233;n&#233;rations qui vont en subir les effets. Il faudrait que le combat continue, en tout cas de prise de conscience de ce genre de chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est justement le r&#244;le de l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce r&#244;le est tr&#232;s important. Il y a beaucoup de familles monoparentales, beaucoup de familles avec des liens compliqu&#233;s entre les familles s&#233;par&#233;es. Donc, s'il y avait plus de ma&#238;tres dans l'&#233;ducation nationale, d&#232;s la petite enfance, c'est-&#224;-dire dans la maternelle ou le primaire, ce serait bien. &#199;a serait d&#233;j&#224; pas mal que les enfants aient dans leur environnement des hommes. Pour moi, c'est tellement &#233;vident que les hommes soient &#224; part enti&#232;re responsables et &#224; partager les responsabilit&#233;s parentales que... M&#234;me si je pense qu'il faut se battre pour le statut de la femme, je pense que les hommes ont tout &#224; fait leur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous qui &#234;tes militante, vous penchez-vous sur les probl&#232;mes de la femme dans le monde ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument, absolument. Je fais partie d'une association de femmes. Au d&#233;part c'&#233;tait le MLF, qui a &#233;t&#233; beaucoup critiqu&#233; mais qui a beaucoup milit&#233; pour le droit &#224; l'avortement et pour le droit de choisir librement. Donc y'a eu un collectif et tout. Et sur Marseille, je continue &#224; militer &#233;norm&#233;ment en partenariat avec la situation des femmes dans le monde entier. Vous vous &#234;tes adress&#233; &#224; une grande militante, voil&#224; (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre famille vous suit-elle dans votre combat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire que je suis fi&#232;re d'avoir des enfants, des hommes, des fils - je n'ai pas eu de fille, malheureusement - qui sont d'accord avec mes id&#233;es, mais des fois &#231;a les fatigue un peu. Ceci dit, leur compagne ont de la chance, parce qu'ils partagent les t&#226;ches, et ils sont responsables autant qu'elles, que ce soit des choses mat&#233;rielles ou du m&#233;nage, de l'accompagnement des enfants en cr&#232;che...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez r&#233;ussi votre &#233;ducation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, c'est-&#224;-dire : oui. Il est pas question que mes enfants soient des machos et qu'ils participent pas. Alors l&#224;, &#231;a me ferait suer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles satisfactions vous apporte votre profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un boulot passionnant. Je vais partir &#224; la retraite dans pas longtemps. &#199;a a tellement correspondu &#224; ce &#224; quoi j'ai toujours pens&#233;. D'ailleurs quand j'aurai fini de travailler ici, je continuerai forc&#233;ment &#224; militer pour le statut de la femme en g&#233;n&#233;ral, que ce soit en France ou par le monde entier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N. B :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 30/05/06 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard ; secr&#233;tariat de r&#233;daction : Christophe P&#233;ridier et Odile Fourmillier ; image d'archives.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] En 1978, &#224; l'occasion d'un proc&#232;s pour viol &#224; Aix-en-Provence, des f&#233;ministes se mobilis&#232;rent pour d&#233;noncer des notions fondamentales qui justifient le viol par la nature virile, agressive, de l'homme et la passivit&#233; masochiste de la femme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les recettes de Ramasy </title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/les-recettes-de-ramasy</link>
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		<dc:date>2008-06-24T16:11:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
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		<dc:subject>Passion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des march&#233;s de Madagascar &#224; la cocotte de Ramasy, ronde d'ingr&#233;dients et d'&#233;pices qui rel&#232;vent plats et traditions.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/inventaires/" rel="directory"&gt;Inventaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/madagascar" rel="tag"&gt;Madagascar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Originaire de Tananarive, o&#249; une kyrielle d'&#233;pices colore et parfume les &#233;tals des march&#233;s, Ramasy Vololona, 50 ans, &#233;tablie &#224; Marseille depuis dix ans, nous offre ses recettes &#171; tr&#232;s simples &#187; de plats traditionnels malgaches &#171; tr&#232;s tr&#232;s succulents &#187; accompagn&#233;s des significations et croyances qui y sont rattach&#233;es. Saveurs et bienfaits, souvenirs et partage d'une identit&#233; culturelle, pour retrouver le go&#251;t &#171; presque le m&#234;me... &#187; rehauss&#233; par &#171; le petit truc qu'on se transmet &#187;. Servi &#224; l'heure !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris cuisiner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai appris &#224; faire la cuisine dans le tas, en regardant ma m&#232;re cuisiner des repas quand j'&#233;tais en vacances et plus tard, &#224; perfectionner en achetant des livres de cuisine ou en me documentant sur des magasines malgaches ; c'est surtout les quotidiens d'actualit&#233; qui ins&#233;raient dans la rubrique loisirs des recettes de cuisine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les plats que vous r&#233;ussissez le mieux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont les &lt;a href='http://razafimalala.free.fr/Recette/SommaireRecette.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;plats malgaches&lt;/a&gt;, comme le &lt;i&gt;voanjobory sy hena-kisoa&lt;/i&gt; qui se traduit en fran&#231;ais par euh&#8230; graines qui s'apparentent un petit peu au pois chiche, cuites avec de la viande de porc. Le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; et le pois chiche ne se ressemblent que par la forme. Et encore, il y a une grande diff&#233;rence parce que le pois chiche a une apparence moins lisse que le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; et de go&#251;t aussi, c'est tr&#232;s diff&#233;rent : le pois chiche est plus farineux, tandis que le &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; est plus l&#233;ger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la base de la nourriture malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La base de la &lt;a href='http://razafimalala.free.fr/Recette/introsakafogasy.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;nourriture des Malgaches&lt;/a&gt;, c'est le riz et le manioc, mais cela d&#233;pend de la r&#233;gion : par exemple, sur les hauts plateaux, on mange surtout du &lt;a href='http://www.saveursdumonde.net/?action=ingredient_show&amp;id=712&amp;lg=fr' class='spip_out' rel='external'&gt;riz&lt;/a&gt;, tandis que sur les c&#244;tes on mange un peu de tout : du manioc ainsi que des graines s&#233;ch&#233;es comme les genres de lentilles, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ingr&#233;dients assaisonnent les plats ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'utilise des ingr&#233;dients malgaches, bien s&#251;r, qui sont le gingembre, le poivre vert de Madagascar, des ingr&#233;dients aussi qui peuvent venir de l'Inde comme le curry qu'on utilise beaucoup pour les plats malgaches. J'utilise aussi le piment, parfois, pour certains plats et aussi du girofle, quand c'est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous ces ingr&#233;dients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; Madagascar, il y en a plein. Et partout, sur tous les march&#233;s, il y a tous les ingr&#233;dients, toutes les &lt;a href='http://www.toildepices.com/index.php?url=/fr/hommes/aujourdhui/quaseni_l.php' class='spip_out' rel='external'&gt;&#233;pices&lt;/a&gt; dont on a besoin. Tandis qu'&#224; Marseille, euh&#8230; il n'y en a pas tellement mais parfois, bon, je connais d&#233;j&#224; un peu mieux Marseille, maintenant : il y a par exemple des ingr&#233;dients malgaches du c&#244;t&#233; de Noailles, du c&#244;t&#233; aussi de Plombi&#232;res, dans l'hypermarch&#233; chinois asiatique qui s'appelle Paris Store.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce sont des produits en provenance de Madagascar ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas forc&#233;ment. Les articles qui viennent de Madagascar sont tr&#232;s rares. Il y a peut-&#234;tre &#224; peine un an, du c&#244;t&#233; de Mazargues, un magasin qui s'appelait &#171; Le Coffret des &#206;les &#187; vendait justement des aliments malgaches mais il a ferm&#233;. Ceux qui se trouvent &#224; Noailles ou du c&#244;t&#233; de Plombi&#232;res, ce sont surtout des sp&#233;cialit&#233;s africaines et asiatiques, mais on peut utiliser ces ingr&#233;dients pour la cuisine malgache facilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont les m&#234;mes ingr&#233;dients que l'on trouve sur les march&#233;s malgaches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ce sont les m&#234;mes. Peut-&#234;tre de go&#251;t diff&#233;rent, hein : par exemple le gingembre, il y a du gingembre sp&#233;cifiquement malgache, il y a le gingembre africain mais ils se ressemblent ; au go&#251;t, c'est presque la m&#234;me chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La viande de z&#233;bu est tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e &#224; Madagascar, en trouvez-vous &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour le moment, je n'en ai pas encore trouv&#233; ici &#224; Marseille parce que le &lt;a href='http://www.madatours.com/curiosites/culture/zebu.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;z&#233;bu&lt;/a&gt;, c'est un animal qui vit &#224; Madagascar et qu'on ne voit pas en France. C'est un peu l'&#233;quivalent du taureau mais qui a une bosse, c'est ce qui fait la caract&#233;ristique du z&#233;bu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les sp&#233;cialit&#233;s de la cuisine malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a des recettes typiquement malgaches, hein : le &lt;i&gt;voanjobory sy hena-kisoa&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;ravi-toto&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;hena-kisoa&lt;/i&gt; qui sont des feuilles de manioc pil&#233;es m&#233;lang&#233;es &#224; de la viande de porc, &#231;a c'est vraiment une recette sp&#233;cifiquement malgache. Il y en a aussi en Afrique, mais &#224; Madagascar c'est une recette tr&#232;s tr&#232;s c&#233;l&#232;bre et je dirais m&#234;me que c'est une recette de luxe &#224; Madagascar parce que l&#224;-bas, manger de la viande de porc, c'est vraiment un luxe et contrairement &#224; ce que l'on voit ici en France, la viande de porc co&#251;te beaucoup plus cher que la viande de b&#339;uf.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare le &lt;i&gt;voanjo-bory&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je vais vous donner une recette assez facile : pour 500 grammes de viande de porc, vous prenez 900 grammes de graines de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; frais et 50 grammes de sel. Vous faites revenir dans une cocotte la viande que vous salez, environ pendant 20 minutes, en petits morceaux dans de l'huile. Lorsqu'elle est cuite de tous les c&#244;t&#233;s et bien dor&#233;e, vous incorporez les grains de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt; et vous couvrez d'eau, vous fermez la cocotte et laissez cuire &#224; feu doux pendant environ 40 minutes. Vous pouvez mettre une pinc&#233;e de thym ou de feuilles de laurier pour les parfumer ou ajouter du gingembre, et &#231;a donne un go&#251;t vraiment exotique &#224; ce plat traditionnel malgache. Et bien s&#251;r, le &lt;i&gt;voanjobory sy henakisoa&lt;/i&gt; est servi avec du riz blanc et du rougail. Pour faire du rougail, vous d&#233;coupez des tomates en tout petits morceaux, vous m&#233;langez avec de la ciboulette d&#233;coup&#233;e en tout petits morceaux, ainsi que du gingembre en lamelles. Et le sel, vous en mettez peu ou beaucoup, suivant ce dont vous avez l'habitude de manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la recette du &lt;i&gt;ravi-toto&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une recette tr&#232;s simple, hein : vous prenez 500 grammes de feuilles de manioc pil&#233;es &#224; l'aide du mortier et d'un pilon &#224; la malgache, et non pas avec un robot &#233;lectrique. Il est bien d'ajouter un peu d'ail et quelques graines d'arachide qui rendent le plat de manioc un peu plus succulent. Et vous ajoutez le sel, la viande de porc, un oignon &#233;minc&#233; et quelques gousses d'ail. Dans une cocotte, vous faites revenir la viande sal&#233;e environ pendant 20 minutes. Une fois que la viande est cuite, vous incorporez les feuilles de manioc pil&#233;es et vous recouvrez d'eau, vous fermez la cocotte et vous laissez cuire &#224; feu doux pendant 15 minutes suppl&#233;mentaires. Vous servez tr&#232;s chaud avec du riz et du rougail, ce que l'on appelle en malgache du &lt;i&gt;lasary voatabia&lt;/i&gt;, de la salade de tomates que vous pimentez ou non, suivant vos go&#251;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vous procurez-vous le &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt; qu'on appelle en fran&#231;ais de la chevaquine, on n'en trouve pas &#224; Marseille, enfin, c'est tr&#232;s rare, hein ; sinon, c'est la famille de Madagascar qui nous en envoie, ou s'il y a des Malgaches qui viennent en France, ils nous en am&#232;nent et c'est gr&#226;ce &#224; eux qu'on peut se procurer de la chevaquine. Et le &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt; est aussi tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des Malgaches, dans la mesure o&#249; c'est un plat qui nous revigore : par exemple, lorsqu'une femme vient d'accoucher, on lui donne du &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt;, parce que le &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; contient du calcium et &#231;a aide &#224; monter le lait, donc elle a beaucoup de capacit&#233; pour allaiter son enfant. Ou quand une personne est malade on lui donne du &lt;i&gt;ro-patsa&lt;/i&gt; pour la fortifier, et &#231;a lui redonne des forces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous avez des recettes de grillades ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, cela se fait beaucoup &#224; Madagascar, surtout en hiver, les grillades sont tr&#232;s appr&#233;ci&#233;es. On fait les grillades comme on fait ici en France, les brochettes de viande de porc, de viande de b&#339;uf, aussi de crevette, &#231;a existe &#224; Madagascar : des brochettes de langoustes. Ou bien des brochettes de rognons qui sont tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s appr&#233;ci&#233;es des Malgaches. On les fait cuire sur un grill qu'on appelle &lt;i&gt;fata-pera&lt;/i&gt; en malgache. Et les Malgaches aiment bien manger ces brochettes avec du piment m&#233;lang&#233; &#224; du beurre de cacahu&#232;te. Et c'est tr&#232;s succulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour les festivit&#233;s, sert-on des plats particuliers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, par exemple la dinde : &#224; Madagascar c'est une viande rare, tr&#232;s ch&#232;re aussi, contrairement &#224; la dinde de France, parce qu'elle est &#233;lev&#233;e de fa&#231;on assez sp&#233;cifique, elle est nourrie au ma&#239;s. Et c'est une viande que l'on ach&#232;te &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du nouvel an, des mariages, des f&#234;tes religieuses comme les f&#234;tes de No&#235;l, ou les communions pour les Chr&#233;tiens. Et le &lt;i&gt;famadihana&lt;/i&gt; - c'est le retournement des morts, c'est une sorte d'exhumation parce que les Malgaches ont une croyance suivant laquelle les morts, tous les cinq ans, doivent &#234;tre retourn&#233;s : ils doivent &#234;tre exhum&#233;s et recouverts d'un nouveau linceul, pour ne pas qu'ils prennent froid dans la tombe - c'est une occasion de faire bombance, c'est-&#224;-dire de grandes f&#234;tes, de grandes c&#233;r&#233;monies, parce que c'est l'&#339;uvre des cultes des anc&#234;tres et &#224; cette occasion, on sert un plat traditionnel qui s'appelle le &lt;i&gt;vary be menaka&lt;/i&gt; ou litt&#233;ralement &#171; le riz plein d'huile &#187; : c'est de la viande de b&#339;uf, un z&#233;bu que l'on sacrifie dans le village o&#249; se d&#233;roule l'exhumation de ces morts, et le z&#233;bu ou les z&#233;bus sacrifi&#233;s vont &#234;tre offerts aux gens du village et aux invit&#233;s. Ce z&#233;bu est cuit dans une grande marmite, d&#233;coup&#233; en gros morceaux et cuit sans rien, mais c'est la graisse du z&#233;bu qui va servir &#224; rendre la cuisson parfaite. C'est servi avec de grandes assiettes de riz et c'est aussi tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des villageois malgaches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des interdits alimentaires dans la cuisine malgache ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais ces interdits que l'on appelle des &lt;i&gt;fady&lt;/i&gt; en malgache ou tabous, varient suivant les r&#233;gions : il y a des r&#233;gions, par exemple, qui n'autorisent pas l'entr&#233;e dans leur territoire de viande de porc. Il y a des r&#233;gions dont la population ne mange pas de &lt;i&gt;ravitoto&lt;/i&gt;, par exemple. Et tous ces interdits ont une signification, hein, dont l'histoire remonte &#224; la nuit des temps. Ils donc d&#233;coulent des faits qui ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;s dans la r&#233;alit&#233; et aussi de l&#233;gendes, parfois, mais qui sont quand m&#234;me encore tr&#232;s suivis suivant la r&#233;gion o&#249; on habite, suivant l'ethnie &#224; laquelle on appartient, et m&#234;me suivant la caste &#224; laquelle on appartient, donc tout cela est tr&#232;s complexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les heures de repas sont les m&#234;mes qu'&#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les heures de repas &#224; Madagascar sont fixes et tr&#232;s r&#233;guliers. Si ici les gens ont tendance &#224; d&#238;ner assez tard, &#224; Madagascar on peut dire que les gens se l&#232;vent avec les poules et se couchent avec les poules, tr&#232;s t&#244;t : &#224; cinq heures du matin, la m&#233;nag&#232;re, la femme au foyer est d&#233;j&#224; lev&#233;e et s'occupe d&#233;j&#224; du petit-d&#233;jeuner familial. &#192; midi on mange, et il n'est pas question l&#224;-bas de manger &#224; une heure ou &#224; deux heures de l'apr&#232;s-midi : l&#224;-bas, midi c'est midi, et c'est la m&#234;me chose pour le soir : on d&#238;ne &#224; vingt heures au plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des petits-d&#233;jeuners malgaches traditionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les petits-d&#233;jeuners sp&#233;cifiquement malgaches, ce sont les &lt;i&gt;mofo gasy&lt;/i&gt; qu'on appelle en fran&#231;ais des pains malgaches : ce sont des sortes de beignets que l'on cuit avec de la farine de riz et dont la fabrication est assez complexe. Seuls les sp&#233;cialistes qui cachent bien leur recette savent les cuire et &#224; Madagascar on en cuit beaucoup. Ici aussi on peut les faire avec le f&#233;culent, avec de la cr&#232;me de riz mais c'est un peu diff&#233;rent. Il y a aussi les beignets qu'on appelle des &lt;i&gt;menakely&lt;/i&gt;, des beignets sucr&#233;s. Tandis que le mofo gasy aussi est sucr&#233; mais quand il est sal&#233;, on l&#8216;appelle le &lt;i&gt;mofo ramanonaka&lt;/i&gt;. Et ce sont des sortes de beignets qu'on mange le matin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le go&#251;ter, que servez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au go&#251;ter, on sert les beignets, on sert aussi ce que l'on appelle des &lt;i&gt;mofo sakay&lt;/i&gt;, des beignets sal&#233;s &#224; base de piment et d'ailleurs &lt;i&gt;mofo sakay&lt;/i&gt;, &#231;a veut dire &#171; pain au piment &#187;. On sert aussi aux enfants du ma&#239;s : il peut &#234;tre grill&#233;, sec aussi, qu'on fait cuire assez longtemps dans la marmite et que l'on sert en potage. Et il y a aussi le manioc, que l'on fait cuire avec du sucre et que les enfants adorent &#224; Madagascar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les caract&#233;ristiques du d&#233;jeuner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On mange le riz, blanc de pr&#233;f&#233;rence : c'est un riz que l'on fait mijoter et qui est cuit &#224; point. C'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me recette que le riz fran&#231;ais ou europ&#233;en, et le riz est accompagn&#233; de viande et de rougail, par exemple : c'est une sorte de salade de tomates, servies en tous petits morceaux et m&#233;lang&#233;es avec de l'oignon ou de la ciboulette. Et la viande, &#231;a peut &#234;tre de la viande de b&#339;uf, la viande de z&#233;bu, surtout, parce que l&#224;-bas il n'y a pas tellement de b&#339;ufs, ce sont surtout des z&#233;bus, la viande de porc, le poulet aussi et les autres volailles comme la dinde, les oies ou autres volailles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le d&#238;ner, y a-t-il des plats traditionnels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le riz que l'on sert au d&#238;ner la plupart du temps est cuit d'une autre mani&#232;re, parce que les Malgaches ont une discipline alimentaire qui consiste &#224; dire que le soir, il faut manger l&#233;ger, donc c'est du riz rouge, et il est cuit &#224; la fa&#231;on qu'on appelle le &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt;, que l'on fait cuire la nuit avec un peu plus d'eau que le riz blanc du midi, donc il est plus l&#233;ger de go&#251;t et il est accompagn&#233; de &lt;i&gt;kitoza&lt;/i&gt;, par exemple : c'est de la viande de porc ou de b&#339;uf fum&#233;e. On le mange aussi avec des &#339;ufs, une omelette, par exemple. On mange aussi une autre sorte de riz, le &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt;, que l'on cuit comme le riz ordinaire mais on ajoute des feuilles de br&#232;des &#233;minc&#233;es et un peu de gingembre, un petit peu de &lt;i&gt;voanjobory&lt;/i&gt;, ou de chevaquine. la chevaquine se traduit en malgache par &lt;i&gt;patsa mena&lt;/i&gt;, c'est une recette typiquement malgache : le &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cuisine est une fa&#231;on de conserver ses traditions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense, oui. Lorsqu'il y a des &#233;v&#232;nements familiaux, &#224; l'occasion de d&#233;c&#232;s par exemple, on dit toujours que lorsque la personne d&#233;c&#233;d&#233;e n'est pas encore enterr&#233;e, il ne faut jamais manger des repas trop secs, il faut manger des repas avec du bouillon. C'est pour cela que l'on fait du &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;roa&lt;/i&gt;, du&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.mardicestroller.com/article682.html' class='spip_out' rel='external'&gt;ro-mazava&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, des sortes de potage qui accompagnent le riz. Donc, il y a donc une certaine tradition lorsque l'on confectionne les repas malgaches, et ces traditions sont suivies par tous les Malgaches ou du moins, la grande majorit&#233;. Chaque repas a une signification. Pour tout ce qui est donc comm&#233;moration, &#233;v&#233;nement, il y a des recettes tr&#232;s pris&#233;es. La recette traditionnelle, c'est le &lt;i&gt;henakisoa sy amalona&lt;/i&gt;, par exemple : la viande de porc cuite avec des tranches d'anguille, je vais vous donner la recette si vous voulez bien ? Vous vous procurez 500 grammes d'anguilles coup&#233;es en morceaux, 500 grammes de porc coup&#233; en morceaux, 2 tomates coup&#233;es en morceaux, une botte de ciboulette coup&#233;e finement et du sel. Vous rincez la viande, avec les morceaux d'anguilles. Dans une marmite, vous d&#233;posez les anguilles, la viande, les tomates, les ciboulettes et le sel, vous recouvrez d'eau et vous laissez cuire &#224; feu doux jusqu'&#224; &#233;vaporation compl&#232;te. Et vous servez tr&#232;s chaud avec du riz, du &lt;i&gt;ro-mazava&lt;/i&gt; et du piment, si vous supportez le piment. Vous pouvez accompagner - parce que maintenant, les Malgaches ont appris aussi &#224; appr&#233;cier le vin - ce plat d'un vin blanc. Et bien s&#251;r, le fameux accompagnement du riz est le rougail, ou bien aussi des achards de carottes et de choux. C'est une autre recette qui consiste &#224; d&#233;couper finement les carottes, le chou vert, quelques haricots verts que vous faites sauter dans une po&#234;le avec du carry, un peu d'huile, du sel et si vous voulez, un peu de piment. C'est aussi un accompagnement id&#233;al pour le riz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle occasion mangez-vous des plats malgaches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, en France ? Je mange des plats malgaches presque tous les jours, hein : je mange du riz tous les jours, je fais cuire aussi des recettes dont je vous ai parl&#233; le plus souvent possible, c'est-&#224;-dire que d&#232;s que j'ai l'occasion de recevoir du pays des ingr&#233;dients malgaches qui sont envoy&#233;s par la famille de Madagascar, h&#232;, je profite de l'occasion pour faire cuire des repas malgaches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre cuisine quotidienne est plut&#244;t malgache ou europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un peu le m&#233;lange des deux : le matin, si j'ai le temps, je me fais cuire un petit peu de &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt; que je mange avec une omelette, sinon comme tous les Fran&#231;ais, je mange une tartine beurr&#233;e avec un peu de confiture, et du th&#233; avec un peu de lait. &#192; midi, si j'ai le temps, je me confectionne des plats malgaches toujours &#224; base de riz, sinon, ben, je fais comme la majorit&#233; des gens qui habitent la France : je me confectionne des sandwichs. Et le soir, autant que possible, je m'efforce de confectionner des plats malgaches, surtout le fameux &lt;i&gt;vary sosoa&lt;/i&gt; ou je prends de la soupe comme, comme font les Fran&#231;ais, avec un peu de pain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;f&#233;rez les plats malgaches aux autres cuisines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, surtout depuis que je suis arriv&#233;e en France, o&#249; manger malgache n'est pas tr&#232;s courant, j'ai tendance actuellement &#224; pr&#233;f&#233;rer les plats malgaches aux autres plats ; d'abord parce que les plats malgaches me semblent moins caloriques, hein : je suis s&#251;re que le riz vous fera moins grossir que les p&#226;tes ou les pommes de terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que repr&#233;sente la nourriture, pour vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral, pas de la nourriture malgache ? Elle nous est n&#233;cessaire pour vivre et pour nous garder en bonne sant&#233;, hein, il faut en manger, pas trop quand m&#234;me parce que, sinon, elle peut &#234;tre le contraire d'un bienfait, mais suffisamment pour nous garder en forme. Et comme le disait bien Moli&#232;re dans L'Avare : &#171; &lt;i&gt;Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote &#224; propos de cuisine ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; Madagascar, par exemple, quand on mange, on ne finit pas compl&#232;tement ; c'est un peu la coutume l&#224;-bas, &#231;a a une signification. C'&#233;tait la tradition il n'y a pas longtemps mais, &#224; cause un peu de la p&#233;nurie de riz, des difficult&#233;s que vivent les Malgaches sur le plan &#233;conomique, &#231;a a un peu chang&#233; mais il n'y a pas tr&#232;s longtemps, m&#234;me maintenant, chez les gens de la campagne, on laisse un peu de reste dans notre assiette ; c'est une marque de politesse envers celui qui nous a accueillis et nous a offert &#224; manger, en disant : &#171; &lt;i&gt;Vous m'avez tellement bien rassasi&#233; que je ne peux pas finir ce tout petit bout qui reste dans mon assiette.&lt;/i&gt; &#187; C'est la tradition, elle est un peu comique mais c'est une marque de respect envers notre h&#244;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Apprenez-vous &#224; cuisiner &#224; vos enfants ou &#224; d'autres personnes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai pas tellement eu l'occasion d'apprendre &#224; mes fils &#224; cuisiner, ce sont plut&#244;t eux qui m'ont observ&#233;e pendant que je faisais la cuisine et m&#234;me si je ne leur ai pas appris en leur donnant des cours sp&#233;ciaux, je peux &#234;tre fi&#232;re d'eux parce qu'ils r&#233;ussissent &#224; confectionner de bons plats malgaches. M&#234;me actuellement, &#224; peu pr&#232;s tous les plats dont je vous ai parl&#233;. Sinon &#224; d'autres personnes, bon, ce sont des amies ou de la famille, hein, il y a un petit truc, par exemple, pour rehausser le go&#251;t d'une recette. On se les transmet quand on va manger chez les uns ou les autres, hein, c'est surtout &#231;a, c'est pas tellement une occasion sp&#233;ciale. Ou bien m&#234;me au bureau, quand on travaille, on se transmet des recettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est lors de mes fian&#231;ailles : c'&#233;tait un repas typiquement malgache qu'avaient confectionn&#233; mes parents. Et m&#234;me le menu, compos&#233; de plats malgaches, avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; de mani&#232;re &#224; respecter la tradition : c'est assez loin dans mes souvenirs mais je me souviens que le riz qu'on avait servi avait port&#233; un nom assez po&#233;tique : &#171; &lt;i&gt;les rizi&#232;res d'Andrianampoinimerina&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire le riz tir&#233; des rizi&#232;res du dernier roi malgache qui avait v&#233;cu dans les ann&#233;es 1800. La dinde aussi avait port&#233; un nom tr&#232;s po&#233;tique, de m&#234;me que le rougail de tomates, et tous les plats que je vous ai &#233;num&#233;r&#233;s au d&#233;but. Rien que la carte, le menu m'avait d&#233;j&#224; mis l'eau &#224; la bouche, donc c'est un souvenir imp&#233;rissable dans ma m&#233;moire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 05/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les quatorze ann&#233;es perdues d'Am&#233;lie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sohad Tari</dc:creator>


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		<description>Par amour, Am&#233;lie, trente et un ans, a tout essay&#233; pour sauver son couple durant quatorze ans. Son espoir et son &#233;nergie n'ont pas suffi. Boulevers&#233;e, cette femme a d&#251; tout assumer : la maison, le travail et l'argent. Elle a pris conscience qu'elle avait la force mentale d'un homme, avec le physique d'une femme. Son r&#234;ve reste de rencontrer un homme tel que Stallone... Aujourd'hui, je me sens... en forme, &#231;a va ! Je n'oublierai jamais... la famille. Le bonheur, c'est simple... comme bonjour ! Je (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par amour, Am&#233;lie, trente et un ans, a tout essay&#233; pour sauver son couple durant quatorze ans. Son espoir et son &#233;nergie n'ont pas suffi. Boulevers&#233;e, cette femme a d&#251; tout assumer : la maison, le travail et l'argent. Elle a pris conscience qu'elle avait la force mentale d'un homme, avec le physique d'une femme. Son r&#234;ve reste de rencontrer un homme tel que Stallone...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, je me sens...&lt;/strong&gt; en forme, &#231;a va !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Je n'oublierai jamais...&lt;/strong&gt; la famille.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le bonheur, c'est simple...&lt;/strong&gt; comme bonjour !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Je suis fi&#232;re...&lt;/strong&gt; de moi.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le plus bel homme du monde c'est...&lt;/strong&gt; Sylvester Stallone.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quand j'&#233;tais petite, je croyais que...&lt;/strong&gt; la vie &#233;tait rose.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les femmes sont...&lt;/strong&gt; indispensables.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les hommes sont... &lt;/strong&gt; rares sur le march&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Il n'a rien d'importance...&lt;/strong&gt; sauf l'avenir.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans ma petite enfance...&lt;/strong&gt; j'ai conserv&#233; ma gentillesse. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quand je me f&#226;che...&lt;/strong&gt; je p&#232;te les plombs !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Je regrette d'&#234;tre...&lt;/strong&gt; aussi gentille.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le meilleur rem&#232;de &#224; un chagrin d'amour...&lt;/strong&gt; c'est de retrouver un autre homme !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Si j'&#233;tais un homme...&lt;/strong&gt; je ne serais pas l&#224; !!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : C'est quoi, pour toi, &#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est beaucoup de responsabilit&#233;s, c'est une vie qu'on doit assumer pratiquement seule. Les hommes sont de plus en plus irresponsables et j'ai l'impression qu'ils rel&#226;chent leurs responsabilit&#233;s &#224; tous niveaux sur la vie en g&#233;n&#233;ral. La femme a pris beaucoup de place dans le monde actuel. Le travail lui a donn&#233; beaucoup d'importance, mais maintenant elle est oblig&#233;e de suivre, d'assumer ses responsabilit&#233;s, vu qu'elle en a de plus en plus. Je pense que l'homme est all&#233; en sens inverse et il commence &#224; s'appuyer sur nous. Certains seulement, que les femmes dirigent... C'est une id&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Te sens-tu femme aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me sens femme parce que je suis femme. Je n'ai pas de sexe masculin, mais je me sens homme dans ma t&#234;te. Cela veut dire prendre des responsabilit&#233;s alors que normalement un homme doit les assumer dans une maison : le boulot, les rentr&#233;es d'argent, les enfants, comme au temps d'avant, la g&#233;n&#233;ration pass&#233;e qui dispara&#238;t de plus en plus... Mais la femme prend une place trop importante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Justement, si la femme prend trop d'importance, l'homme fait quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'homme doit suivre, oui, c'est une obligation, c'est pas une envie qu'il doit se donner, c'est une obligation, il faut &#234;tre plus fort et battant que la femme, voil&#224;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la diff&#233;rence entre un homme et une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'homme doit &#234;tre plus costaud au niveau moral, c'est lui qui devrait s'engager, assumer de prendre des responsabilit&#233;s, et la femme, elle, est l&#224; pour la vie du couple, l'aider dans sa vie, lui rendre la vie plus facile, si, bien s&#251;r, elle est en couple. Maintenant, elle travaille, donc elle est sens&#233;e soutenir l'homme. L'homme, c'est le principal dans la maison et dans le couple, l'homme, c'est l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ne tient-il plus sa place dans le couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans cette soci&#233;t&#233;, l'homme se sent rabaiss&#233; vu que la femme n'a plus besoin de lui, l'homme se sent faible, mais certains, pas tous. Il n'arrive plus &#224; assumer, c'est un cercle vicieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le r&#244;le de la femme serait-il de soutenir l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, le soutenir, ne pas &#234;tre la seule &#224; &#233;lever les enfants et ne pas devoir ramener l'argent &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vois-tu le couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le couple &#8220;normal&#8221;, c'est l'homme qui doit amener l'argent &#224; la maison. La femme, qui ne se sent pas oblig&#233;e de travailler, &#233;l&#232;verait ses enfants avec suffisamment d'argent pour la famille. Evidemment, &#224; notre &#233;poque, c'est difficile de ne pas travailler &#224; deux, parce que la vie est devenue tr&#232;s difficile. On est contraint d'arriver &#224; faire un m&#233;nage solide et il faut plus d'argent, c'est pour &#231;a que la femme est oblig&#233;e de travailler et en m&#234;me temps, d'apporter sa contribution au quotidien. L'homme doit tenir sa place, et sa place est importante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi les hommes traitent-ils les femmes d'emmerdeuses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que l'homme maintenant n'a plus envie d'assumer, il a choisi une vie de couple, pourtant ! Si l'homme assume ses t&#226;ches, il ne devrait pas avoir de probl&#232;mes. Ils ne peuvent plus fr&#233;quenter leurs copains comme avant...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme a acquis ses droits, en profite-t-elle et est-ce un inconv&#233;nient pour l'homme ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D'un c&#244;t&#233;, je me pose la question, je me demande si elle n'a pas obtenu trop d'assurance. L'homme se met dans une position o&#249; il est &#233;quivalent &#224; la femme, c'est presque l'&#233;galit&#233; entre nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : N'est-ce pas trop lourd pour l'homme que la femme soit libre de ses actes ? As-tu d&#233;j&#224; v&#233;cu en couple ? As-tu des enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis assez r&#233;fl&#233;chie et pos&#233;e pour ne pas avoir fait d'enfants !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que penses-tu de la question du salaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sans regarder les salaires, le fait d'assumer ma vie, d'arriver &#224; vivre, &#224; survivre, &#224; notre &#233;poque, l'homme est &#224; &#233;galit&#233; de la femme. La femme est aussi capable de s'assumer, autant qu'un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il encore des in&#233;galit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#233;videmment ! Nous n'avons pas le m&#234;me salaire. D'un c&#244;t&#233;, c'est un inconv&#233;nient et d'un autre, une femme reste une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce important, d'avoir des enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le r&#233;sultat de chacun... tout le monde esp&#232;re avoir un enfant, c'est normal, c'est ce qu'on esp&#232;re dans la vie, d'avoir une descendance. Sinon, on se bat pourquoi ? On se bat pour cr&#233;er des choses, pour qui ? Pour quoi ? Pour notre prochain !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les femmes sont en train de changer...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a les rapproche au niveau mental de l'homme, puisqu'elles arrivent &#224; s'assumer aussi bien seules qu'un homme seul, donc il ne faut pas regarder qu'au niveau du salaire, mais je pense que l'&#233;galit&#233; se rapproche entre l'homme et la femme dans la soci&#233;t&#233;. &#199;a change beaucoup de choses au niveau des mentalit&#233;s. Dans le couple &#233;videmment aussi, &#231;a se r&#233;percute. L'homme ne se sent peut-&#234;tre pas d'assurer le r&#244;le essentiel qu'il devrait avoir dans le couple, le r&#244;le doit &#234;tre &#224; &#233;galit&#233; avec la femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il n'assume pas le fait que la femme n'ait plus besoin de lui, par exemple au niveau financier...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui voil&#224; ! Il ne se sent peut-&#234;tre plus indispensable... je ne sais pas... &#199;a le rabaisse un peu au niveau de la force, il ne sent pas aussi fort et indispensable qu'avant puisque la femme prend plus d'importance. C'est un tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Par rapport aux enfants ou &#224; la gestion de la famille en g&#233;n&#233;ral puisqu'avant l'homme travaillait et que la femme s'occupait des enfants. Maintenant que la femme travaille, n'est-ce pas avoir un r&#244;le actif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui mais justement, les deux sexes, en principe, travaillent et quand cela ne fonctionne pas au niveau du couple, l'homme a le droit de r&#233;cup&#233;rer ses enfants. Si un des deux parents ne travaille pas, cela ne peut pas fonctionner. Maintenant, c'est difficile de ne pas avoir deux salaires, la vie est plut&#244;t ch&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a de plus en plus de couples qui se s&#233;parent, cela vient d'o&#249; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce qu'il y a l'un des deux qui ne donne pas autant que l'autre, il est plus &#224; la tra&#238;ne, n'est pas aussi actif et ne se donne pas &#224; fond. Il ne se donne pas les moyens ni l'importance de la vie, il n'y a pas de donnant donnant de chaque c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et de l'incompr&#233;hension ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, de l'incompr&#233;hension, oui, si on veut... Du moment que la vie nous oblige &#224; aller travailler, je ne vois pas o&#249; elle peut &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as d&#233;j&#224; v&#233;cu un mariage ou une s&#233;paration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas de mariage, mais une s&#233;paration. Apr&#232;s quatorze ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand on tient quatorze ans, c'est parce qu'on fait beaucoup d'effort ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, parce qu'on esp&#232;re et que rien ne vient, et finalement, il y a saturation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il faut beaucoup de patience pour attendre durant toutes ces ann&#233;es...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, quand m&#234;me, ou alors c'est de la nonchalance (rires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment fait-on pour avoir autant de patience ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que on a envie d'y croire, parce que le train train fonctionne bien, enfin, tant bien que mal, mais il arrive parfois o&#249; cela ne suffit plus. Il faut que le partenaire se bouge, sinon vivre seule c'est pareil, cela revient au m&#234;me. Il faut toujours esp&#233;rer une vie meilleure et ne pas stagner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand tu dis que tu as de l'espoir, justement, quatorze ans c'est pas mal ?!&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De l'espoir d'avoir un retour par rapport &#224; ce que j'ai donn&#233;. Le simple fait de donner de l'argent pour la maison et de participer normalement &#224; une vie de couple se fait &#224; deux &#224; tous niveaux... des concessions du mieux qu'on peut...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi l'homme ne veut pas comprendre qu'il doit travailler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il ne cherche pas &#224; comprendre, il se compla&#238;t dans son petit monde en sachant que la femme va travailler... Il y en a beaucoup comme &#231;a, je ne suis pas la seule femme, elles assument le boulot, la maison et la paye rentre. Le mari va travailler de temps en temps, quand le ch&#244;mage commence &#224; baisser. Il r&#233;agit comme &#231;a, il s'arr&#234;te et l&#224;, il r&#233;fl&#233;chit et finalement le fait d'aller travailler quelquefois ne lui apporte pas plus que de rester au ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais par rapport &#224; &#231;a, il r&#233;agit comment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Lui, il travaillerait saisonnier, &#231;a lui suffirait, mais le travail saisonnier ce n'est pas bon pour l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il pr&#233;f&#232;re ne pas aller travailler et te perdre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, m&#234;me s'il a une r&#233;action, je n'y crois plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A quel moment as-tu d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un ras-le-bol, et &#224; la limite, c'est une personne qui est ind&#233;sirable &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et dans ce cas, &#231;a se r&#233;sout comment ? Fais tes valises et pars ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il ne faut pas &#234;tre d&#233;gueulasse &#224; ce point l&#224;... Je ne vais pas le mettre &#224; la rue avec ses bagages... Non, je lui laisse un peu de temps pour se remettre, parce qu'il ne s'est jamais mis et le temps de se prendre en main et de s'assumer tout seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En tant que femme, qu'en penses-tu, arriv&#233;e au bout de quatorze ans ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai perdu quatorze ans... Quatorze ann&#233;es de ma vie que j'ai perdues et le temps passe vite, j'ai pris mon temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand tu l'as rencontr&#233;, il &#233;tait d&#233;j&#224; dans cette situation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand je l'ai rencontr&#233;, j'avais dix-sept ans. Lui, sortait de l'&#233;cole et vivait chez ses parents, et moi je partais aussi de chez mes parents pour aller m'installer dans un petit appartement. Il m'a suivie et &#224; l'&#233;poque, il ne travaillait pas. Je travaillais pour 2930 francs par mois, je m'assumais, mais lui n'a pas trouv&#233; de suite du boulot. Maximum, durant ces ann&#233;es, il a d&#251; travailler quatre ou cinq ann&#233;es enti&#232;res, c'est tout. Il me disait que je ne lui ai pas donn&#233; l'envie de travailler, je ne pense pas que ce soit le bon terme. Ce n'est pas ma faute, si tout le monde avait envie de travailler, ce serait magnifique, la vie serait facile, ce n'est pas &#224; moi de lui dire d'aller travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A quel moment t'es-tu rendue compte qu'il n'allait pas faire d'effort ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Petit &#224; petit, je ne pourrais vous dire une date. Cela s'est d&#233;grad&#233; de plus en plus. En ce moment nous sommes dans les Alpes, j'y habite depuis quelque temps, il se croit en vacances. C'est peut-&#234;tre aussi pour &#231;a qu'il a choisi le travail saisonnier. Il avait ses randonn&#233;es, ses petites promenades, bon hein, apr&#232;s, le travail, c'&#233;tait secondaire, il se croit toujours dans les Alpes pour &#234;tre amplement en cong&#233;. C'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'il a choisi ce boulot saisonnier de travailler six mois et &#234;tre en cong&#233;. La femme est capable de se faire une carapace. J'ai l'impression que l'homme est plus na&#239;f, la femme doit avoir un c&#244;t&#233; cach&#233;, elle cherche &#224; se prot&#233;ger... L&#224;, je me perds un peu...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; partir de quel moment t'es-tu sentie femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je me suis toujours sentie femme dans mon corps et homme dans ma t&#234;te ! Cela veut dire qu'on m'a donn&#233; un corps de femme et je l'assume. Mais dans ma t&#234;te, je pense avoir la force mentale et physique d'un homme... Non, je ne vais pas aller jusque l&#224; (rires). Maintenant je vais me trouver un Stallone, au moins je me sentirai femme ! Parce que ce sera un homme, un vrai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour devenir vraiment une femme, il faut rencontrer un vrai homme, c'est quoi &#8220;le vrai homme&#8221; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'homme costaud dans sa t&#234;te, le seul le vrai homme que j'ai connu c'est mon p&#232;re... c'est tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est quoi, les qualit&#233;s d'un &#8220;vrai homme&#8221; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un homme qui m&#232;ne la maison, qui ram&#232;ne l'argent &#224; la maison, qui soutient la femme, qui sache la comprendre, qui lui fait des gosses, qui travaille toute sa vie et qui ne prend pas un jour de cong&#233;, pour rendre sa femme heureuse pour b&#226;tir pour quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est lui qui doit d&#233;cider ? Faire preuve d'autorit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r, l'autorit&#233; pes&#233;e, sachant que la femme a son mot &#224; dire quand m&#234;me, vous comprenez ? Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les &#8220;hommes de maintenant&#8221; n'assument pas leur r&#244;le ? Ou &#231;a a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La g&#233;n&#233;ration pass&#233;e, je pense que les hommes avaient plus d'autorit&#233; naturelle, de l'importance dans la famille. Maintenant j'ai l'impression que &#231;a se d&#233;grade de plus en plus. L'homme ne donne plus autant d'importance &#224; la femme qu'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans certains couples, on ne veut pas que &#231;a soit l'homme qui d&#233;cide.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne vois pas en quoi &#231;a les bloque, le fait d'avoir un homme &#224; la maison qui fait ce qu'il a &#224; faire dans la vie de couple, les responsabilit&#233;s. Je ne vois vraiment pas ce qui les g&#234;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si tu avais une copine comme &#231;a, que lui dirais-tu ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je dirais : &#8220;&lt;i&gt;Mais elle est folle, tu n'es pas bien dans ta t&#234;te&lt;/i&gt;&quot;... (rires) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les hommes disent des femmes qu'elles sont infid&#232;les, qu'en penses-tu ? Et les femmes disent d'eux qu'ils sont cruels ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parfois c'est l'inverse. La conqu&#234;te, c'est un comportement un peu animal, de toute fa&#231;on et une conqu&#234;te de plusieurs femmes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour vous, dans un couple, il faut &#234;tre fid&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hum... oui, c'est la base, il me semble. Je suis peut-&#234;tre encore &#224; l'ancienne &#233;poque mais enfin mais il me semble que c'est la base.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi te fait penser une personne infid&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un tombeur, un charmeur, quelqu'un qui a besoin de conqu&#233;rir, quelqu'un qui a besoin de se rassurer mentalement et qui va voir ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les femmes n'aiment pas les tombeurs, les charmeurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles aiment peut-&#234;tre pour elles, mais pas pour les autres, oui ! Et oui, voil&#224; &#224; ce moment-l&#224;, on ne prend pas ni les tombeurs, ni les charmeurs, si elles ne veulent pas qu'ils aillent voir ailleurs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos reueillis par Sohad Tari, d&#233;cembre 2004&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les prescriptions de l'urbaniste</title>
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		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


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		<description>&#171; La rue de la R&#233;publique, &#224; ma connaissance, elle a jamais &#233;t&#233; tr&#232;s investie par les Marseillais. Pour quelqu'un comme moi qui conna&#238;t Marseille depuis vingt-cinq ans et qui aime cette ville - je suis all&#233; me balader, j'ai des tas de bouquins, j'ai des plans... - c'est un truc pourri. On n'y allait jamais. M&#234;me quand on &#233;tait &#233;tudiants, on allait jamais rue de la R&#233;publique. Les seuls moments o&#249; on allait rue de la R&#233;publique, c'&#233;tait pour manger pas cher, c'est-&#224;-dire chez un Arabe ou un couscous, un truc (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-voix-du-chantier/" rel="directory"&gt;Les voix du chantier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travaux-publics" rel="tag"&gt;Travaux publics&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La rue de la R&#233;publique, &#224; ma connaissance, elle a jamais &#233;t&#233; tr&#232;s investie par les Marseillais. Pour quelqu'un comme moi qui conna&#238;t Marseille depuis vingt-cinq ans et qui aime cette ville - je suis all&#233; me balader, j'ai des tas de bouquins, j'ai des plans... - c'est un truc pourri. On n'y allait jamais. M&#234;me quand on &#233;tait &#233;tudiants, on allait jamais rue de la R&#233;publique. Les seuls moments o&#249; on allait rue de la R&#233;publique, c'&#233;tait pour manger pas cher, c'est-&#224;-dire chez un Arabe ou un couscous, un truc comme &#231;a. &#187; Yannick Mahe, urbaniste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis originaire du Finist&#232;re et des C&#244;tes d'Armor. Je suis urbaniste et am&#233;nageur de formation. J'aime beaucoup l'histoire des villes, me promener, regarder les fa&#231;ades, retrouver les &#233;poques, le trac&#233; des rues. Actuellement je travaille sur le projet d'agglom&#233;ration, partie Toulon, Provence M&#233;diterran&#233;e, Nice. Je ne travaille pas sur le dossier de la rue de la R&#233;publique, c'est pour &#231;a que je suis libre pour en parler.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Empire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La rue de la R&#233;publique du point de vue d'un urbaniste d'aujourd'hui, c'est une aberration, une catastrophe, au niveau de la destruction du c&#339;ur de la ville. &#192; la place de la rue de la R&#233;publique vous aviez le Panier, donc le premier noyau villageois. Le Panier, c'est le Marseille massiliote, plus de 2600 ans d'histoire ! R&#233;cemment encore les bases d'un temple grec ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;es vers la Place de Lenche. C'est extraordinaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'origine de Marseille s'est faite sur trois &#224; quatre buttes, on sait pas trop. Mais en partant du fort Saint-Jean, c'est &#224; dire de la pointe, y'a la butte Saint-Laurent, la butte des moulins - y'a encore pas si longtemps, vous aviez les moulins, en haut du Panier - apr&#232;s vous avez la butte des Carmes. La rue de la R&#233;publique coupe compl&#232;tement l'ancien quartier des Carmes ! Un quartier pas grec, pas romain, ni moyen&#226;geux, mais bas-moyen&#226;geux, renaissance, c'est-&#224;-dire la premi&#232;re extension de Marseille, quoi ! La deuxi&#232;me &#233;tant Belsunce. Par endroit, plus de trente m&#232;tres de terre ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s, c'est consid&#233;rable ; c'est une cassure du tissu urbain, du r&#233;seau de communication. On le voit bien surtout sur la place Sadi-Carnot, vous avez les avenues qui partent en &#233;toile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont fait &#231;a dans les ann&#233;es 1860 ; &#231;a a d&#251; s'&#233;taler vers 1880-1890. Il faut resituer : tout &#231;a, c'&#233;tait des quartiers insalubres, au sens d'aujourd'hui, c'est-&#224;-dire y'avait beaucoup de pauvres. Les plus riches Marseillais n'habitaient plus ces quartiers, ils &#233;taient d&#233;j&#224; sur la rue Paradis, les all&#233;es Noailles, le haut de la Canebi&#232;re... Ils &#233;taient d&#233;j&#224; sortis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; fait par rapport aux activit&#233;s portuaires. Le Vieux-Port &#233;tait trop petit. Il pouvait &#234;tre &#233;tendu au sud ou au nord. Au sud, vous avez l'anse des Catalans, on a failli faire un bassin et un port, ces projets ont tenu la route pendant des ann&#233;es. Avec le temps, vers l'&#233;poque de la r&#233;volution industrielle en France - un peu d&#233;cal&#233; vers 1840 - 1850 - on s'est dit soit on fait &#224; la place des plages du Prado, soit on fait au nord sur la Joliette, Arenc, et cetera. Cette d&#233;cision d'avoir mis le port au nord s'est traduite par la r&#233;organisation de tout le r&#233;seau de routes mais aussi les gares. Il y avait des gares partout, c'&#233;tait boucl&#233; par la gare du Prado, gare d'Arenc, la gare Saint-Charles, et cetera, gare du car&#233;nage aussi, &#231;a arrivait l&#224;, le train. Une fois qu'ils ont fait le nord, euh...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le raisonnement des &#233;diles marseillais de l'&#233;poque, &#231;a a &#233;t&#233; de dire : &quot;On trace en plein milieu, de toute fa&#231;on c'est des immeubles pourris qui datent de l'an p&#232;bre&quot;. Ils arasaient compl&#232;tement, y compris le Panier, c'&#233;tait &#231;a le plan d'origine. Il faut se rendre compte, c'est de l'&#233;poque, parce qu'on fait plus &#231;a maintenant. Ils s'&#233;taient dit : &quot;&#192; ce rythme-l&#224;, tout &#231;a, ce sera loti, &#231;a va se vendre comme des petits pains.&quot; Le but &#233;tait de faire venir une population plut&#244;t bourgeoise, sachant que vous &#233;tiez &#224; l'entr&#233;e d'un port, quoi. Mais aussi avec la proximit&#233; de la Cath&#233;drale de la Major...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui ce serait ill&#233;gal et puis on s'emb&#234;terait pas si fallait vraiment faire, dans la logique de l'&#233;poque, une op&#233;ration de r&#233;habilitation, de r&#233;novation. Admettons qu'on s'y soit mis dans les ann&#233;es soixante-dix, vous auriez &#224; peu pr&#232;s le r&#233;sultat que vous avez au Centre-Bourse ou autour de la fac Saint-Charles, vous auriez des barres, quoi ! L&#224;, &#231;a a &#233;t&#233; fait avant, donc y'a le c&#244;t&#233; embl&#233;matique avec des symboles au niveau architectural.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que vous connaissez la conception des constructions haussmaniennes ? Rez-de-chauss&#233;e : commerce ; entresol : logement du commer&#231;ant ; premier &#233;tage : &#233;tage noble avec de tr&#232;s hauts plafonds. Plus vous montez, plus les plafonds baissent, moins les &#233;tages sont nobles. D'autant qu'&#224; l'&#233;poque, il n'y avait pas l'ascenseur ; et &#224; la fin, au dernier &#233;tage, vous aviez des pauvres, et sous les toits : les mecs qui savaient pas o&#249; se loger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme les travaux &#233;taient consid&#233;rables, &#233;videmment, &#231;a a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; des promoteurs priv&#233;s qui, en &#233;change de quelques avantages, ont financ&#233; l'ensemble. Mais lorsqu'ils ont mis &#231;a sur le march&#233;, y'avait trop d'ouvriers &#224; proximit&#233; pour les bourgeois et c'&#233;tait beaucoup trop cher pour les ouvriers. C'est pour &#231;a que vous avez d&#232;s le d&#233;part des logements vacants. D&#232;s le d&#233;part, l'op&#233;ration immobili&#232;re est un &#233;chec. D'ailleurs les fr&#232;res Pereire se sont d&#233;sengag&#233;s, et ont fait faillite, suite &#224; cet investissement. Depuis le d&#233;but, c'est une op&#233;ration d&#233;ficitaire. Alors, les propri&#233;taires successifs auraient pu revendre, mais &#231;a aurait &#233;t&#233; &#224; perte. Dans une logique comme &#231;a, vous &#234;tes toujours sur la mauvaise solution du passage.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;En mieux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait pas la population du Panier, c'&#233;tait pas la population des Carmes. Les pauvres, il restait plus grand chose. Qui est-ce qui pouvait aller l&#224; ? Ceux qui se disaient : &quot; Tiens, m&#234;me si je suis sur la rue de la R&#233;publique et qu'il y a du bruit, ceci-cela - parce que c'est une rue o&#249; &#231;a d&#233;bite, hein ! - l&#224; je vais me faire un plaisir pour pas cher, je pourrai louer un appartement.&quot; C'est comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au niveau de ce qu'on fait aujourd'hui, on est dans le classique. L'op&#233;ration immobili&#232;re diligent&#233;e par la ville de Marseille a consist&#233; d'abord &#224; se mettre d'accord avec les deux grands propri&#233;taires qui restaient sur la rue de la R&#233;publique et &#224; faire des passations pour pouvoir confier &#231;a &#224; un holding qui r&#233;-injecte de l'argent pour la r&#233;habilitation. C'est ce qui se fait maintenant : on prend un quartier comme &#231;a, r&#233;habilitation-r&#233;novation-pratique immeuble par immeuble - l'int&#233;rieur, qu'est-ce qu'on peut faire ? - fa&#231;ades-machins-cages d'escalier-d&#233;cloisonner-re-cloisonner-sanitaires-machins-trucs-et cetera, et tous les accompagnements qui vont avec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s qu'on fait &#231;a, on casse la solidarit&#233;, on casse les liens, on d&#233;place des populations. Depuis cinq, six ans, &#231;a met les gens dans une situation extr&#234;mement difficile. Les gens sur les loyers 48 qui se font virer, comment aujourd'hui, s'ils n'ont pas de r&#233;mun&#233;ration et personne pour cautionner, ils vont arriver &#224; retrouver un logement ? Ou on va leur dire : &quot;Y'a pas de probl&#232;me, on va vous retrouver un logement.&quot; Mais c'est peut-&#234;tre &#224; Saint-Joseph ou &#224; Saint-Loup. Vous imaginez, pour quelqu'un qui a v&#233;cu dix ans ici, rue de la R&#233;publique... Non !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le risque financier pour le holding, il est nul. Ces appartements, ils trouveront acqu&#233;reurs. Les types derri&#232;re leurs batteries d'ordinateurs savent que l'un dans l'autre ils vont en sortir b&#233;n&#233;ficiaires. De toutes fa&#231;ons ils sont pas press&#233;s. Depuis trois ans &#224; Marseille, l'immobilier gagne 20% chaque ann&#233;e, encore 10% cette ann&#233;e ; &#224; Paris 7 %. Tant que les taux d'int&#233;r&#234;t n'augmentent pas, pourquoi voulez-vous que les investisseurs, ou les parisiens - parce que c'est &#231;a - pourquoi voulez-vous qu'ils se pr&#233;cipitent pour acheter ? Ils vont attendre que ce soit nickel. Quand vous aurez le tramway qui passe, la chauss&#233;e refaite, des arbres, qu'on aura ferm&#233; tous les chiche kebab, les machins, les trucs, et que y'aura deux fois moins de circulation, avec &#224; un bout le Vieux-Port et &#224; l'autre bout, toute l'op&#233;ration Eurom&#233;diterran&#233;e, le coeur d'Eurom&#233;diterran&#233;e : Saint-Jean, la cit&#233; des civilisations m&#233;diterran&#233;ennes, la Villa M&#233;dicis, les halles, le centre commercial, au niveau des terrasses de la Major...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gros risque, &#224; mon avis, est en terme politique et financier. Les d&#233;g&#226;ts se r&#233;percuteront sur les collectivit&#233;s publiques. Quand on fait de la r&#233;novation ou de la r&#233;habilitation urbaine, on va tomber un immeuble, on va garder les autres, on va mettre en place des syst&#232;mes avec des logements tiroirs, on va essayer de faire les travaux pas tout en m&#234;me temps de fa&#231;on &#224; ce que les gens puissent quand m&#234;me rester... Tout &#231;a c'est ce qu'on appelle &quot;la politique de la ville&quot; qui, entre parenth&#232;ses, est sacr&#233;ment malmen&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un tr&#232;s gros enjeu de politique publique qui interpelle tous les acteurs publics de la ville de Marseille, le D&#233;partement, les C.C.A.S., la R&#233;gion... Il faut faire, par exemple, des liaisons avec les acteurs publics de l'emploi ; il faut penser &#231;a par rapport aux emplois qu'ils escomptent sur Euromed. Parce que Euromed, ils construisent des bureaux, mais ils construisent des logements, ils construisent aussi des aires de services. &#199;a compte, &#231;a. Parce que si vous achetez au prix du neuf rue de la R&#233;publique, et qu'il vous faut trois quarts d'heure d'embouteillages pour aller &#224; votre boulot... J'sais pas, tout &#231;a, &#231;a s'&#233;tudie quoi ! Et les populations qui de fait vont &#234;tre d&#233;plac&#233;es, voire m&#234;me expuls&#233;es ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur ces op&#233;rations-l&#224;, les types ne sont pas l&#224; pour faire de cadeaux, c'est pas la Commune, c'est des priv&#233;s. Ils coincent des gens ; si l'appartement du premier et l'appartement du troisi&#232;me sont libres et que vous avez une petite vieille, au second qui r&#233;siste, ils cassent le premier, ils cassent le troisi&#232;me jusqu'&#224; ce que la petite vieille, elle en puisse plus des gravats en haut, et des trucs. C'est pas nouveau, c'est pas d'aujourd'hui ; &#231;a a toujours exist&#233;. Moi, quand j'&#233;tais &#233;tudiant &#224; Paris, je me souviens, j'avais des copains qu'&#233;taient dans des gal&#232;res comme &#231;a, pareil sur des op&#233;rations immobili&#232;res. &#199;a a toujours exist&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sinon, j'ai beaucoup de mal &#224; juger une op&#233;ration comme &#231;a. Moi, je peux &#233;voquer les pistes, comme &#231;a avec vous : ce qui est important au niveau social, les relations avec les alentours du quartier, la p&#233;riph&#233;rie. L'enjeu d&#233;terminant, quand m&#234;me, c'est la r&#233;partition de tous les services publics. Mais les v&#233;ritables questions c'est premi&#232;rement : comment on fait pour garder une certaine mixit&#233;, pour employer un mot un peu galvaud&#233;. Deuxi&#232;mement : est-ce que la Commune parviendra &#224; faire respecter 20% de logements sociaux sur l'ensemble pour taper dans le familial, dans le cadre, dans le modeste. Il est l&#224; l'enjeu, quoi ! Si &#231;a, &#231;a marche, pourquoi pas... En revanche, si vous avez quatre mille propri&#233;taires qui viennent des Bermudes, de Tha&#239;lande, ou de Paris...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne connais pas le dossier, je ne sais pas ce que font les acteurs publics dans la politique de la ville, s'ils sont associ&#233;s, s'il y a un dispositif sp&#233;cifique c&#244;t&#233; municipal ! M&#234;me si je suis pas en tant que professionnel, sur ce projet, les avis assez poussifs, du genre : &quot;C'est encore le Maire, la droite, qui s'en mettent plein les poches.&quot; Ou : &quot;C'est encore les pauvres d'origine maghr&#233;bine qui se plaignent, et de quoi ?&quot;... ce genre de propos excessifs m'interpellent. Vous savez, l'exercice du pouvoir public est une chose d&#233;licate. &#199;a fait des ann&#233;es, des ann&#233;es et des ann&#233;es qu'on travaille sur Belsunce, qu'on travaille sur le Panier, qu'on travaille sur Eurom&#233;diterran&#233;e, la partie Joliette, tout &#231;a. Eurazeo, Euromed, les diff&#233;rents maires de secteur... c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Y'a de la litt&#233;rature l&#224;-dessus : la crise du logement, machin, mixit&#233; sociale, avec le probl&#232;me central du mode de financement ! C'est complexe. Une fois qu'on a sorti tous ces grands principes, on se rend bien compte qu'il faut les faire pousser les cit&#233;s, les barres. Pourquoi on fait appel au priv&#233;, par exemple, dans des op&#233;rations comme &#231;a ? Pourquoi la ville est dans cet &#233;tat ? C'est parce que Marseille - regardez les chiffres - est la ville la plus pauvre de France. Et &#231;a, c'est une r&#233;alit&#233; incontournable. Et s'il n'y a pas le priv&#233; qui vient ravaler les fa&#231;ades, r&#233;-acheter... Parce que le priv&#233; c'est aussi les taxes, les imp&#244;ts, c'est &#231;a. Comment vous faites quand vous n'avez que des pauvres ? Il faut forc&#233;ment un peu de riches. Est-ce que c'est bien de laisser des gens dans des conditions sanitaires qui aboutissent &#224; des incendies ? Je vois pas comment la Commune, c'est-&#224;-dire nos imp&#244;ts, auraient pu payer le rachat de toute la rue de la R&#233;publique. Euromed, la ville de Marseille, finalement ils ont sign&#233;, ils ont essay&#233; de faire tr&#232;s bien les choses sur le papier, une fois que c'est sign&#233;, on leur fait bien comprendre que le propri&#233;taire, c'est le promoteur. C'est la loi de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une op&#233;ration qui est int&#233;ressante si on fait proprement les choses au niveau social et si on repense vraiment les relations de la rue de la R&#233;publique, avec les quartiers qui ont &#233;t&#233; coup&#233;s, beaucoup avec le Panier. Le passage de Lorette, qui le conna&#238;t ? Moi, quand je montre &#231;a &#224; quelqu'un qui conna&#238;t pas... Il est &#233;bahi quoi. Vous mettez &#231;a dans n'importe quelle ville, c'est entretenu, c'est repeint, c'est valoris&#233;. Dans n'importe quelle ville vous auriez les gens qui sont en haut des escaliers qui descendent les escaliers. Ici c'est pas le cas. Les gens du Panier restent dans le Panier, et les gens de la R&#233;publique, restent &#224; la R&#233;publique - faut me confirmer - moi, j'ai cette impression. Donc, il faut repenser bien tout &#231;a, avec le c&#244;t&#233; Joliette, avec le c&#244;t&#233; du Vieux-Port en bas, en relation aussi avec le Centre-Bourse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Y'a un risque politique tr&#232;s fort, y'a un risque financier qui n'est pas n&#233;gligeable pour la ville ; parce que le gros pari quand m&#234;me, de toute fa&#231;on, c'est l'&#233;volution de la cat&#233;gorie sociale de ce quartier. On prend pas des risques comme &#231;a si on n'est pas s&#251;r d'avoir des r&#233;sultats rapides, et les r&#233;sultats rapides c'est changer compl&#232;tement l'image du centre-ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que je trouve compl&#232;tement aberrant, c'est de ne rien avoir fait sur la Canebi&#232;re, et de faire quelque chose sur la rue de la R&#233;publique en pensant que &#231;a va redynamiser et ramener la population vers le centre-ville. S'il y avait une urgence, j'aurais commenc&#233; par la Canebi&#232;re, parce que l&#224; vous faites moins de d&#233;g&#226;ts sociaux : au rez-de-chauss&#233;e vous avez que des banques ; ensuite il y a un commissariat dans les h&#244;tels ; la plupart des grandes salles, c'est des facs qui r&#233;sistent ; vous avez une caserne de pompiers et vous avez des b&#226;timents qui sont formidables, qui sont splendides... et les all&#233;es Noailles, vous avez du patrimoine du seizi&#232;me, dix-septi&#232;me, dix-huiti&#232;me si&#232;cles, il y a des trucs extraordinaires. Moi, j'aurais commenc&#233; par &#231;a, quoi ! Le lieu de vie, quoi ! Je me demande pourquoi la Canebi&#232;re y'a d&#233;gun le soir, il y a plus un bar d'ouvert, y'a plus rien, alors que c'&#233;tait le lieu de vie. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es cinquante, vous alliez faire la f&#234;te et vous promener, et vous montrer, vous alliez parader sur le cours Belsunce et sur la Canebi&#232;re comme on parade sur le cours Mirabeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand vous regardez le p&#233;rim&#232;tre d'Eurom&#233;diterran&#233;e, c'est pas fait n'importe comment. Je vois pas d'autres exemples en France d'un boulevard haussmannien, avec quasiment un propri&#233;taire. C'est un cas extr&#234;mement rare. Sur la Canebi&#232;re ce serait beaucoup plus difficile parce que l&#224;, il faut prendre immeuble par immeuble, avec dans chaque immeuble cinq propri&#233;taires diff&#233;rents. C'est pas faisable sur le financement public et c'est dangereux sur le plan priv&#233;. Il faut aussi rappeler que la Canebi&#232;re n'est pas sur le p&#233;rim&#232;tre Eurom&#233;dit&#233;rran&#233;e. C'est &#231;a aussi qui explique beaucoup de choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Patricia Rouillard le 05/04/06.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les petits secrets de maman</title>
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		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


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		<description>&#171; Comment j'ai appris &#224; cuisiner ? Eh bien, ma m&#232;re, en venant en France, elle a commenc&#233; dans les petits restaurants et puis en fait, ce restaurant, c'&#233;tait l'ancien restaurant de la belle-famille de ma s&#339;ur, donc ils ont refait la cuisine et ils nous l'ont laiss&#233;. De jour en jour on apprend tout, on apprend toujours un peu plus tous les jours. Mais&#8230; c'est l'habitude, apr&#232;s, je pense. &#187; Magali, 19 ans, fille des patrons du Muy Heng, quartier de la Joliette. Koinai : Quels plats servez-vous dans votre (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/la-joliette" rel="tag"&gt;042. La Joliette&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comment j'ai appris &#224; cuisiner ? Eh bien, ma m&#232;re, en venant en France, elle a commenc&#233; dans les petits restaurants et puis en fait, ce restaurant, c'&#233;tait l'ancien restaurant de la belle-famille de ma s&#339;ur, donc ils ont refait la cuisine et ils nous l'ont laiss&#233;. De jour en jour on apprend tout, on apprend toujours un peu plus tous les jours. Mais&#8230; c'est l'habitude, apr&#232;s, je pense. &#187; Magali, 19 ans, fille des patrons du &lt;i&gt;Muy Heng&lt;/i&gt;, quartier de la Joliette.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels plats servez-vous dans votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On sert des plats chinois et vietnamiens, mais plut&#244;t typiquement vietnamiens : les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;banh xeo&lt;/i&gt;&#8230; les trucs comme &#231;a, quoi. Les &lt;i&gt;banh xeo&lt;/i&gt; c'est une cr&#234;pe, la cr&#234;pe sa&#239;gonaise. Les gens, ils viennent presque tous pour &#231;a, pour les plats typiques vietnamiens. On a des plats saut&#233;s, comme tout le monde le fait dans tous les restaurants mais nous, on fait des plats traditionnels aussi. Y'a des recettes particuli&#232;res : le &lt;i&gt;mi sao&lt;/i&gt; - la fondue chinoise - le &lt;i&gt;nem nuong&lt;/i&gt; - c'est des petites boulettes de viande, &#224; rouler soi-m&#234;me. Oui, voil&#224;, c'est des plats traditionnels ; c'est-&#224;-dire que les gens, ils ne trouvent pas ailleurs et quand ils viennent ici, c'est comme s'ils retrouvaient un peu leur pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Normalement, on est plut&#244;t l&#224; pour les bureaucrates, c'est-&#224;-dire dans la semaine, &#224; midi, vu que dans le quartier on a la douane, les docks, les banquiers, donc on est plut&#244;t pour eux&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Adaptez-vous la cuisine au go&#251;t europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on est vraiment asiatiques dans le go&#251;t, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les plats les plus demand&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce qu'on sert le plus, c'est les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, les soupes. C'est des vermicelles, des p&#226;tes, le b&#339;uf coup&#233; en tranches, c'est&#8230; je sais pas, elle a un truc particulier, cette soupe. Elle est un peu particuli&#232;re mais en g&#233;n&#233;ral, les clients ils aiment bien. D'ailleurs on est en rupture, l&#224; ; je t&#226;cherai de m'en souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que servez-vous lors d'&#233;v&#233;nements particuliers, comme les mariages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En fait, on fait un buffet et ils se servent tout seuls. Et on fait&#8230; comment s'appelle la salade ? C'est de la salade &#224; base de pousses de lotus &#224; l'int&#233;rieur. On fait le cochon de lait r&#244;ti, et on les met tous dans la r&#244;tisserie, quoi, pour les f&#234;tes. C'est plus facile &#224; prendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous les produits alimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On ach&#232;te nos produits chez Paris Store, &#224; Plombi&#232;re, &#224; l'hypermarch&#233; asiatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il d'importer directement des produits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, en g&#233;n&#233;ral on trouve de tout, car on fait avec les moyens du bord. Non, non, on trouve de tout, ici : des produits asiatiques comme les nouilles, les p&#226;tes, les l&#233;gumes, les vermicelles&#8230; on trouve de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ustensiles utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On utilise les po&#234;les chinoises : elles sont rondes mais creuses, et c'est des po&#234;les qui ne prennent pas trop d'huile, pour &#233;viter que les plats soient gras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des trucs pour rehausser les saveurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben oui, comme on dit : chacun son petit secret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des interdits alimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Nous on n'utilise pas de bicarbonate ou des trucs comme &#231;a, donc non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous cuisine avec la client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r : s'ils nous demandent un conseil, un renseignement, on ne cache pas les choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont leurs pr&#233;f&#233;rences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, justement, c'est tr&#232;s bizarre mais m&#234;me les Europ&#233;ens, quand ils viennent manger, ils aiment les plats traditionnels de chez nous. Donc, tout ce qui est c&#244;t&#233; carte, plat c&#244;t&#233; &#231;a leur pla&#238;t pas, et ils pr&#233;f&#232;rent plut&#244;t les plats typiques de chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que sugg&#233;rez-vous &#224; vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les plats que je sugg&#232;re ? C'est plut&#244;t l'assiette de r&#244;tisserie : le porc r&#244;ti, le canard laqu&#233; et le porc laqu&#233;, vu qu'ils aiment bien manger de la viande. Un plat consistant&#8230; Je leur propose souvent l'assiette assez vari&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous r&#233;clament-ils des sp&#233;cialit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Souvent les desserts de chez nous, mais il faut commander &#224; l'avance. C'est pas des g&#226;teaux, c'est&#8230; comment on dit &#231;a en fran&#231;ais ? En fait, c'est &#224; base de lait de coco, oui, voil&#224; : &quot;la perle de coco&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ils connaissent bien vos sp&#233;cialit&#233;s ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : &#224; chaque fois ils viennent, ils viennent go&#251;ter et un peu de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;parez-vous toujours les m&#234;mes repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais non, on a une carte et c'est &#224; notre client&#232;le de choisir ce dont elle a envie de manger. Donc, s'il a envie de manger l&#233;ger, ils prennent de la salade &#224; midi et la soupe le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les plats, vous en avez combien, &#224; peu pr&#232;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire que nous, on a la carte la plus compliqu&#233;e. Elle est beaucoup plus longue que ceux des autres. Comme vous voyez, &#231;a commence ici et &#231;a finit l&#224; : un, deux, trois, quatre, cinq&#8230; six pages, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;parez les plats &#224; chaque commande ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#232;s la commande, oui. En quelques minutes. On a une po&#234;le plate et on n'a pas les feux comme sur une plaque, on a les feux tr&#232;s tr&#232;s forts pour chauffer les plats. Les plats, on ne les fait pas &#224; l'avance. Ben c'est comme nous, quand nous allons dans un restaurant, on n'aimerait pas manger quelque chose d'hier ou d'avant-hier, donc on les fait cuire d&#232;s la commande ; non, &#231;a prend deux ou trois petites minutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faites-vous aussi de la vente &#224; emporter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que viennent chercher les clients chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais qu'on est un resto plut&#244;t amical. Je veux dire, on vient ici, on se sent chez soi. Donc, je pense que les clients, ils viennent comme une habitude aussi ici, comme quand le matin je travaille et je prends un caf&#233; dans un bar, par habitude&#8230; Et puis, hein, ils aiment bien manger ici, ils nous ram&#232;nent la client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La client&#232;le a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Non, moi je trouve que &#231;a a baiss&#233;&#8230; la client&#232;le, &#231;a a baiss&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Faites-vous de la publicit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La publicit&#233; ? Non, nous on n'en fait pas. Vu que &#231;a fait dix ans qu'on est l&#224;, les gens ils nous connaissent, quand m&#234;me. On a notre client&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les heures d'ouverture de votre restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On fait 11 heures et demie &#224; 14 heures et demie, puis 19 heures &#224; 22 heures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier aimez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans la restauration ? Eh bien moi, j'aime bien la salle. En fait, j'aime tout, parce que dans la cuisine, on apprend tous les jour des petits secrets de la cuisine de maman. Sinon, dans la salle, j'aime beaucoup ce que&#8230; je veux dire par l&#224;, on a une client&#232;le ouverte. J'aime bien parler, apprendre &#224; conna&#238;tre&#8230; donc voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les aspects du m&#233;tier que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le m&#233;nage&#8230; Dans la restauration, on en fait beaucoup, hein ! Rassembler toutes les tables, nettoyer les pieds, dans la cuisine tout frotter&#8230; C'est quand m&#234;me trois fois par semaine, donc c'est fatigant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-il difficile de satisfaire la client&#232;le ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, en g&#233;n&#233;ral oui, mais moi, j'ai pas encore entendu de plainte. Oui, alors c'est vrai que parfois, quand il y avait la salle pleine, quand on fait deux, trois services, on commence &#224; devenir lents, l&#224; j'avoue que&#8230; mais ils comprennent parfaitement, les clients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, quelle cuisine pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En fait, j'aime bien tout mais si j'ai &#224; choisir, je pr&#233;f&#232;re la cuisine vietnamienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle diff&#233;rence notez-vous entre la cuisine vietnamienne et la cuisine fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On est plus bio, quand m&#234;me, hein ! La cuisine fran&#231;aise c'est un peu trop gras, je trouve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous cuisinez, chez vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. D'ailleurs, on a le restaurant en bas et la maison en haut, &#224; deux &#233;tage au-dessus, donc on mange au restaurant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre alimentation type ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, le riz&#8230; le riz et les plats cuisin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mettez-vous du piment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, nous on mange piquant, dans la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sauces utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On varie, hein : on pr&#233;pare une sauce &#224; la citronnelle, un peu piquante ou nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il une sauce vietnamienne caract&#233;ristique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, quelle sauce ? Caramel, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des petits d&#233;jeuners vietnamiens sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils mangent plut&#244;t sal&#233; au petit d&#233;jeuner, les Vietnamiens. Sinon, je crois que c'est aussi la soupe de riz avec des brioches. Tout sal&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour le d&#233;jeuner, le d&#238;ner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas vous dire. Moi, quand je vais au Vietnam, je les vois manger sal&#233; le matin, &#224; midi et le soir, donc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le plat vietnamien typique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est comme&#8230; en Alg&#233;rie c'est le couscous, chez nous c'est le riz. On le fait cuire avec l'autocuiseur dans de l'eau. Le riz, on le nettoie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous un plat pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon plat pr&#233;f&#233;r&#233; ? Moi, j'aime toutes les &lt;i&gt;ph&#244;&lt;/i&gt;, les soupes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre meilleur souvenir de repas ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est-&#224;-dire, on en a beaucoup, ici : des mariages, des anniversaires, des Nouvel An&#8230; Je pourrais pas dire un pr&#233;cis&#233;ment, il y en a beaucoup en dix ans, voil&#224;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom du restaurant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Muy Heng&lt;/i&gt;, alors &#231;a veut dire &#171; nouveau go&#251;t &#187; en chinois. En fait, on l'a gard&#233; parce que l'ancien patron l'avait mis et&#8230; c'est un petit souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 05/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les petits plats des grands travailleurs</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/article/les-petits-plats-des-grands</link>
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		<dc:date>2008-06-24T16:12:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Cisarova</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt; aux &quot;saucisses &#233;clat&#233;es&quot;, la nourriture solide, et bien arros&#233;e, de la R&#233;publique Tch&#232;que.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recette du &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; (ndlr : le fameux goulash !), c'est Jean Brun, 35 ans, qui la propose car comme son patronyme ne l'atteste pas, il est n&#233; en R&#233;publique Tch&#232;que, d'un p&#232;re fran&#231;ais et d'une m&#232;re tch&#232;que : &#171; &lt;i&gt;Dans l'enfance ? On mangeait tch&#232;que. Je me rappelle pas beaucoup, mais on mangeait tch&#232;que...&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui professeur d'anglais dans un coll&#232;ge, il vit &#224; Marseille depuis un an et demi et r&#233;v&#232;le aux papilles curieuses une cuisine peu connue dans l'Hexagone, agr&#233;ment&#233;e d'une pointe de questionnement. Sans oublier&#8230; sant&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment d&#233;crirais-tu la &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_tch&#232;que' class='spip_out' rel='external'&gt;cuisine tch&#232;que&lt;/a&gt; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est de la bonne cuisine qui est faite... je pense plut&#244;t pour des travailleurs (rire). &#199;a veut dire qu'elle est assez riche, assez... oui, pour un Fran&#231;ais, elle peut para&#238;tre lourde. Souvent, c'est de la viande avec des sauces, ou y'a des sortes de tranches de baguette avec dessus plein de petites choses comme du jambon, des cornichons, de la salade de pommes de terre... Tout &#231;a c'est d&#233;cor&#233; pour que &#231;a fasse joli, aussi... &#199;a se mange quand on invite des gens, o&#249; on en fait beaucoup, et &#224; des r&#233;ceptions juste comme &#231;a. Apr&#232;s y'a des soupes aussi, le soir ; &#231;a peut &#234;tre des soupes l&#233;g&#232;res, des bouillons avec des l&#233;gumes dedans, de la viande...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les sp&#233;cialit&#233;s de la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'en a deux ou trois et justement, c'est des plats avec de la viande et de la sauce, comme par exemple &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; : c'est une sorte de daube (rire)... Y'a aussi &lt;i&gt;rajsk&#225;&lt;/i&gt;, c'est des tranches de viande de b&#339;uf avec de la sauce tomate, et apr&#232;s y'a &lt;i&gt;sv&#237;&#269;kov&#225;&lt;/i&gt;, des tranches de b&#339;uf avec une sauce blanche &#224; la cr&#232;me fra&#238;che. Y'a aussi le plat que tout le monde dit c'est le &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.euro-info-tourisme.com/rep.tcheque/index.html' class='spip_out' rel='external'&gt;knedlo-vep&#345;o-zelo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; : c'est du cochon avec du chou et des &lt;a href='http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=32723' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt;, c'est quelque chose qui accompagne beaucoup de plats justement avec des sauces. C'est une sorte de pain bouilli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a plusieurs sortes de knedl&#237;k ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'en a plein ! Moi, j'en connais surtout deux, mais y'en a beaucoup. En fait, c'est de la farine avec de l'eau : on fait une sorte de baguette et puis on le jette dans l'eau comme des p&#226;tes, on les fait bouillir. Il y a de la farine, du pain sec dedans, un peu, des petits morceaux, des &#339;ufs, de l'eau... Y'a aussi le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; avec de la farine et des pommes de terre &#233;cras&#233;es, y'a aussi des &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; sucr&#233;s : on prend des fruits, on les emballe dans une sorte de p&#226;te et on les met dans l'eau. On les mange avec du fromage blanc, du sucre, de la confiture...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ces sp&#233;cialit&#233;s culinaires se pr&#233;parent lors d'&#233;v&#233;nements particuliers, de f&#234;tes traditionnelles ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui : par exemple, &#224; No&#235;l y'a la carpe pan&#233;e avec de la salade de pommes de terre, &#231;a se mange beaucoup. Apr&#232;s y'a les escalopes pan&#233;es, &#231;a se mange comme &#231;a, en voyage (rire)... Quand on fait des voyages, on fait &#231;a automatiquement, on mange &#231;a dans la voiture, dans le train, c'est pas trop les f&#234;tes. &#192; P&#226;ques, on d&#233;core beaucoup les &#339;ufs, donc apr&#232;s on mange les &#339;ufs aussi, les &#339;ufs durs... Apr&#232;s je pense que y'a de l'agneau aussi, &#224; P&#226;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle viande les Tch&#232;ques pr&#233;f&#232;rent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est difficile ; y'en a qui pr&#233;f&#232;rent le poulet, y'en a qui pr&#233;f&#232;rent le b&#339;uf mais en g&#233;n&#233;ral, on mange beaucoup de cochon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels accompagnements sert-on avec la viande ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui les gens mangent beaucoup de p&#226;tes aussi, les pommes de terre, comme &#231;a, du riz&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels ingr&#233;dients, &#233;pices ou condiments s'utilisent le plus dans la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'en a trois ou quatre ; surtout paprika, cumin&#8230; En fait le cumin, c'est du carvi parce que le cumin, c'est pas le m&#234;me ici en France. Le cumin fran&#231;ais, le cumin tch&#232;que c'est pas le m&#234;me, donc c'est le carvi tch&#232;que, marjolaine... C'est tout, y'a sel, poivre... &#199;a c'est les principaux ; apr&#232;s, bien s&#251;r, y'en a d'autres aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peux-tu trouver des ingr&#233;dients, &#233;pices ou condiments tch&#232;ques en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais oui, dans un magasin... La farine tch&#232;que, oui, y'a diff&#233;rentes sortes de farine : il y a des farines gros grains et des farines fines, et on utilise beaucoup de la farine gros grains ou bien grains moyens avec lequel on fait des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt; ou les g&#226;teaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu peux pr&#233;parer du knedl&#237;k avec de la farine fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je pense pas, non (rire)... Je n'ai jamais fait de &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; mais non, je pense pas, non non&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peux-on trouver de la farine tch&#232;que en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est assez difficile, on peut la trouver je pense, mais faut aller chez des boulangers sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il des plats tch&#232;ques qui peuvent surprendre les &#233;trangers ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En g&#233;n&#233;ral, le &lt;i&gt;knedl&#237;k&lt;/i&gt; &#231;a surprend d&#233;j&#224;, et parfois avec des plats justement viande et sauce, on ajoute du sucr&#233; un peu dedans, de la chantilly et de la confiture d'airelles, par exemple. Y'a aussi&#8230; mm&#8230; &#231;a, c'est quoi&#8230; c'est une sorte de camembert qui a &#233;t&#233; mis dans de l'huile avec des diff&#233;rentes &#233;pices, diff&#233;rentes herbes ; on le laisse plusieurs jours mac&#233;rer, et puis on le mange.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la p&#226;tisserie tch&#232;que, est-elle riche, vari&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'a quelques petits g&#226;teaux ; y'a soit des grands g&#226;teaux qu'on fait &#224; anniversaire, et apr&#232;s y'a plusieurs petits g&#226;teaux qu'on ach&#232;te comme &#231;a dans les p&#226;tisseries, souvent c'est des tranches de g&#226;teau : on fait d'abord un g&#226;teau et puis on le d&#233;coupe en petits tranches. Y'a aussi plein de petits p&#226;tisseries pour No&#235;l : il y en a une vingtaine de sortes. Chaque famille fait des petits g&#226;teaux en forme d' &#233;toile, en forme de sapin, en forme de c&#339;ur avec du chocolat, avec des amandes, avec des noix, c'est joli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle boisson accompagne les plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oh ! c'est difficile, &#231;a (rire) ! Non : y'a de la &lt;a href='http://www.czechtourism.com/fre/fr/docs/interesting/gastronomy/czech-cuisine-drinks/beer/index.html' class='spip_out' rel='external'&gt;bi&#232;re&lt;/a&gt;, de la bi&#232;re et de la bi&#232;re&#8230; &#199;a peut &#234;tre du th&#233; aussi, y'a des gens qui boivent un peu de th&#233; en mangeant, y'a des gens qui boivent de l'eau avec du sirop&#8230; C'est surtout la bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles marques de bi&#232;re trouve-t-on en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les deux plus c&#233;l&#232;bres, c'est &lt;i&gt;Plze&#328;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href='http://brouette-de-bieres.com/bieres/BUDBUDBUD-Budweiser-Budvar' class='spip_out' rel='external'&gt;Budvar&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, apr&#232;s y'en a plein d'autres ; chaque petite ville, chaque village a une brasserie, donc y'en a beaucoup : y'a &lt;i&gt;Kozel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Kru&#353;ovice&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-on trouver ces bi&#232;res en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En France on trouve &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.houblon.net/spip.php?article4895' class='spip_out' rel='external'&gt;Bud&#283;jovice&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Plze&#328;&lt;/i&gt;&#8230; malheureusement, on trouve que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment as-tu appris &#224; cuisiner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas (rire)&#8230; Peut-&#234;tre parce qu'&#224; la maison, on cuisine beaucoup, donc j'ai regard&#233;, j'ai observ&#233;. Apr&#232;s, comme &#224; partir de dix-huit ans je vivais plus avec mes parents, j'&#233;tais oblig&#233; de cuisiner tout seul, donc j'ai appris ; comme j'aime bien, &#231;a m'a int&#233;ress&#233; donc j'ai lu des livres, tout &#231;a, donc j'ai appris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cuisiner, c'est une activit&#233; f&#233;minine ou masculine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est en grande partie f&#233;minin, encore, ce sont surtout les femmes qui cuisinent...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu notes une diff&#233;rence entre la France et la R&#233;publique Tch&#232;que &#224; cet &#233;gard ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En France, c'est plus ou moins pareil. &#199;a d&#233;pend, quand il y a un couple, au d&#233;but l'homme fait des efforts, il cuisine, apr&#232;s il ne cuisine plus (rire) !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est ton plat tch&#232;que pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Gul&#225;&#353;&lt;/i&gt; (rire)... parce que c'est bon, c'est &#233;pic&#233;, c'est un peu fort, relev&#233;. C'est des petits morceaux de viande de b&#339;uf dans une sauce tr&#232;s fonc&#233;e. Il faut d'abord faire revenir beaucoup d'oignons, apr&#232;s ajouter des morceaux de b&#339;uf, on fait encore revenir un petit peu, apr&#232;s on met normalement on met de l'eau mais moi, je mets de la bi&#232;re dedans. Apr&#232;s on ajoute les &#233;pices : paprika, un peu de cumin, et l&#224; on laisse mijoter un certain moment, jusqu'&#224; ce que la viande soit assez tendre. On ajoute la marjolaine, &#224; la fin du sel et poivre, bien s&#251;r, et c'est tout. Ici on le mange soit avec des pommes de terre, soit avec du riz. Normalement, moi, je ne sais pas faire des &lt;i&gt;knedl&#237;ky&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les heures de repas sont les m&#234;mes qu'en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aahhh ! &#199;a, y'a une grande diff&#233;rence parce que d&#233;j&#224;, les repas principaux, les Tch&#232;ques ils peuvent commencer entre 11 heures et midi et le soir, surtout, c'est autour de 18 heures alors qu'ici c'est plus tard. C'est un peu comme en Angleterre, en fait, et souvent les gens qui travaillent, surtout les gros travailleurs (rire), ils ont des pauses vers 10 heures ; ils peuvent manger, par exemple, une petite soupe &#224; 10 heures, &#231;a s'appelle la &lt;i&gt;sva&#269;ina&lt;/i&gt; : une sorte de go&#251;ter mais go&#251;ter du matin, mais c'est surtout des ouvriers qui font &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il des restaurants, les Tch&#232;ques y mangent souvent ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Les gens mangent beaucoup au restaurant encore parce que les restaurants ne sont pas tr&#232;s chers, relativement&#8230; Certaines personnes disent que c'est moins cher d'aller manger au restaurant que de faire les plats &#224; la maison, surtout pour une ou deux personnes, parce qu'en R&#233;publique Tch&#232;que, pour trois euros, on peut encore avoir un repas au restaurant correct, donc c'est plus facile d'aller s'assoir au restaurant, surtout &#224; midi. Apr&#232;s, le soir &#231;a change parce qu'&#224; midi, y'a des plats pas tr&#232;s chers, justement, &#231;a c'est fait pour les gens qui travaillent et le soir, apr&#232;s, ce sont des plats &#224; la carte, au menu, donc c'est plus cher le soir mais &#224; midi, c'est pas tr&#232;s cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En France, le repas repr&#233;sente un rituel culturel, il y a trois plats avec lesquels on boit diverses sortes de vin en discutant, c'est pareil en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, c'est pas la m&#234;me chose compl&#232;tement parce que quand les gens s'invitent, en fait ils font beaucoup de choses mais c'est un peu m&#233;lang&#233; : &#231;a veut dire qu'on arrive, on peut avoir un caf&#233;, juste apr&#232;s on peut avoir des g&#226;teaux avec le caf&#233;, juste apr&#232;s on peut avoir des sortes de saucisses de Strasbourg (rire)... puis on aura les fameux &lt;i&gt;chleb&#237;&#269;ky&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire c'est des tranches de pains avec des choses dessus, puis apr&#232;s on peut reprendre des g&#226;teaux, du caf&#233; de nouveau, de la bi&#232;re &#224; tout moment&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment se passe un repas de tous les jours, dans la famille tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Quand tu es &#224; la maison, en g&#233;n&#233;ral &#231;a se passe tr&#232;s vite, on mange vite : y'a un plat, une assiette plus apr&#232;s un dessert, en plus on n'est pas oblig&#233; d'avoir un dessert, les gens mangent une assiette et c'est termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La cuisine tch&#232;que a-t-elle chang&#233; avec l'ouverture des fronti&#232;res, apr&#232;s la fin de la p&#233;riode communiste ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je pense que &#231;a a beaucoup chang&#233;, surtout dans les grands villes, c'est-&#224;-dire &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Prague' class='spip_out' rel='external'&gt;Prague&lt;/a&gt; parce que les gens, bon... ils se sont modernis&#233;s, peut-&#234;tre, ils ont pris un peu l'habitude de l'Occident, ils ont chang&#233; de rythme de vie, ils ont des travails diff&#233;rents, maintenant, et en plus, physiquement, les gens ont assez chang&#233; ; les enqu&#234;tes ont montr&#233; que les gens sont beaucoup plus minces, ils sont plus sportifs, donc ils font plus attention, ils font attention &#224; l'hygi&#232;ne, donc mangent plus sainement, mais c'est vrai que &#231;a reste dans les grandes villes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les Tch&#232;ques sont-ils conservateurs concernant leur alimentation, ou aiment-ils les innovations ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut s&#233;parer deux choses : les grandes villes et la campagne et en m&#234;me temps, les jeunes et puis les gens plus &#226;g&#233;s. Dans les grandes villes, surtout, donc &#224; Prague de nouveau, les gens aiment bien innover : y'a beaucoup de nouveaux restaurants avec des buffets qui ont beaucoup de succ&#232;s o&#249; l'on trouve des sushis, des hu&#238;tres, de la cuisine exotique, &#231;a a beaucoup de succ&#232;s, des restaurants de toutes origines mais apr&#232;s, dans les villages, les gens restent assez traditionnels, ils sont assez ouverts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La nourriture &#233;trang&#232;re est populaire en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#192; Prague, on voit des pizzas, des kebabs ou des Mc Donald's ; y'a beaucoup de cuisine chinoise maintenant aussi, et vietnamienne, il y a beaucoup de Vietnamiens en R&#233;publique Tch&#232;que, donc, maintenant, il y a plusieurs g&#233;n&#233;rations, ils commencent &#224; cuisiner aussi et &#224; ouvrir des petits restaurants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la cuisine fran&#231;aise, est-elle appr&#233;ci&#233;e des Tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je sais pas, je sais qu'y a deux ou trois restaurants fran&#231;ais &#224; Prague mais ils sont assez chers et la cuisine fran&#231;aise, c'est toujours vu comme quelque chose d'assez snob, justement, parce qu'on sert des sp&#233;cialit&#233;s comme des cuisses de grenouilles, les hu&#238;tres, donc c'est des plats assez fins et tr&#232;s tr&#232;s chers, les prix sont comme ici. J'avais vu un menu, c'&#233;tait 600 couronnes (ndlr : 21 &#8364; environ) je crois, pour le plat, donc c'est tr&#232;s tr&#232;s cher pour les Tch&#232;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aujourd'hui, en France, on parle beaucoup de di&#233;t&#233;tique ; retrouve-t-on ce ph&#233;nom&#232;ne en R&#233;publique Tch&#232;que ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, bah, c'est un peu ce que j'ai dit tout &#224; l'heure, que les Praguois sont devenus sportifs et qu'y veulent ressembler aux personnes dans les magazines, ils font attention &#224; ce qu'ils mangent et donc, ils ach&#232;tent des biscuits di&#233;t&#233;tiques, ils mangent beaucoup de l&#233;gumes, beaucoup de fruits et ils mangent plus de choses de leur grand-m&#232;re, et je sais que les jeunes, quand ils vont &#224; la campagne chez leurs grand-parents, ils font tr&#232;s attention et souvent, ils refusent de manger ce que leurs grand-parents ont pr&#233;par&#233; ; ils disent : &#171; &lt;i&gt;Non, je mange plus &#231;a et aujourd'hui, je mange autre chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle cuisine pr&#233;f&#232;res-tu : la tch&#232;que, la fran&#231;aise, ou une autre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, j'aime bien manger, donc j'aime bien toutes les cuisines (rire) ! C'est s&#251;r que un bon plat tch&#232;que, c'est bon mais apr&#232;s, j'aime bien aussi les cuisines m&#233;diterran&#233;ennes, la cuisine o&#249; y'a beaucoup de l&#233;gumes avec de l'huile d'olive, des choses comme &#231;a. C'est vrai que &#231;a s'&#233;loigne un petit peu de la cuisine tch&#232;que, mais j'aime beaucoup les plats tch&#232;ques aussi mais maintenant, y'a pas longtemps, j'&#233;tais deux ans &#224; Prague et c'est vrai que si on mange des vrais plats tch&#232;ques tous les jours... certaines personnes en ont marre (rire) ! Mais dans tous les cas, je pense que c'est pas toujours tr&#232;s bon pour la sant&#233; parce que &#231;a peut faire grossir plus que la cuisine fran&#231;aise ou la cuisine... Dans tous les cas, pour un Fran&#231;ais qui va en R&#233;publique Tch&#232;que, si il mange que de la cuisine tch&#232;que il va grossir, automatiquement, parce qu'il n'a pas trop l'habitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce qu'elle te manque, la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas sp&#233;cialement parce que d&#233;j&#224; on en fait, par exemple chez mes parents y'en a, moi je peux faire deux ou trois petites choses mais apr&#232;s, les choses qu'on trouve pas, on ram&#232;ne un peu des r&#233;serves quand on va en R&#233;publique Tch&#232;que, par exemple des cornichons tch&#232;ques, ils sont diff&#233;rents des cornichons fran&#231;ais, ils sont plus grands et plus sucr&#233;s, ils sont pas aussi acides. Ici, ils sont connus plus sous le nom de &#171; cornichons polonais &#187;. Apr&#232;s, on ram&#232;ne de la farine, de la &lt;i&gt;&lt;a href='http://karlovy-vary.voyage-prague.com/becherovka.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Becherovka&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;... La &lt;i&gt;Becherovka&lt;/i&gt;, c'est une sorte de G&#233;n&#233;pi, c'est bon... et de la bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pr&#233;pares-tu souvent des plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Souvent... oui, peut-&#234;tre une fois par semaine, je fais quelque chose qui ressemble &#224; quelque chose de tch&#232;que ; c'est pas obligatoirement tch&#232;que, mais c'est inspir&#233; tch&#232;que.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est une fa&#231;on de conserver ses racines, une identit&#233; culturelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui (rire), c'est s&#251;r que la cuisine, c'est tr&#232;s li&#233; &#224; la culture... C'est un des principes : quand vous voyagez, un des principaux int&#233;r&#234;ts c'est de vous int&#233;resser d'abord &#224; la cuisine du pays, donc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cuisines-tu pour tes amis ? Aiment-ils les plats tch&#232;ques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, ils aiment bien le &lt;i&gt;gul&#225;&#353;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu as une anecdote li&#233;e &#224; la cuisine tch&#232;que ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors... y'a une tradition aussi, c'est par exemple les &lt;i&gt;bu&#345;ty&lt;/i&gt; : c'est des sortes de saucisses assez courtes et rondes, on les plante au bout d'un b&#226;ton et on les fait griller au-dessus du feu. On les mange avec de la moutarde &#224; l'ancienne et du pain, &#231;a se fait beaucoup le soir en &#233;t&#233;, ou quand on va faire des excursions de plusieurs jours, donc on prend &#231;a et pendant le camping... et un jour, justement, j'&#233;tais avec un copain fran&#231;ais, on a mang&#233; &#231;a &#224; la fronti&#232;re autrichienne o&#249; on &#233;tait encore en R&#233;publique Tch&#232;que. On campait, donc j'avais sorti &#231;a sans faire attention, sans dire que c'&#233;tait quelque chose de sp&#233;cial ; j'ai pr&#233;par&#233; un feu dans la for&#234;t parce qu'on campait dans la for&#234;t, et lui regardait &#231;a et il &#233;tait tout surpris (rire)... et il se disait : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi ? Qu'est-ce que c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187; Il avait peur que la police arrive, mais j'ai dit : &#171; &lt;i&gt;Non, &#231;a va, c'est normal !&lt;/i&gt; &#187; Il en parle aujourd'hui encore, quand elles br&#251;lent, quand elles se grillent, elles &#233;clatent un peu, donc il appelle toujours &#231;a &#171; les saucisses &#233;clat&#233;es &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un restaurant tch&#232;que &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je sais pas... Je n'en connais pas, je sais qu'un jour, j'ai entendu qu'il y'avait une personne dans un bar qui faisait un plat tch&#232;que parce que peut-&#234;tre il est un peu tch&#232;que, mais sinon je sais pas... je pense pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tu en connais un, en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non... pas de restaurant tch&#232;que en France. On va les fabriquer... on va les cr&#233;er !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Julie Cisarova le 18/01/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les perspectives d'Agn&#232;s</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samira Belhabib</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<description>Agn&#232;s est une femme active de quarante et un ans. Elle travaille dans le domaine de l'insertion professionnelle. Tr&#232;s engag&#233;e dans ce qu'elle fait, elle s'investit totalement dans la vie en g&#233;n&#233;ral. Elle nous confie quelques passages de sa vie priv&#233;e et professionnelle, sans oublier de donner son point de vue sur tout ce qui fait l'environnement d'une femme. Koinai : Depuis combien de temps travaillez-vous ? Autour des vingt-cinq ans, &#231;a fait dix-sept ans que je bosse, donc &#231;a y est, tu vas savoir (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/feminite" rel="tag"&gt;F&#233;minit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/independance" rel="tag"&gt;ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s est une femme active de quarante et un ans. Elle travaille dans le domaine de l'insertion professionnelle. Tr&#232;s engag&#233;e dans ce qu'elle fait, elle s'investit totalement dans la vie en g&#233;n&#233;ral. Elle nous confie quelques passages de sa vie priv&#233;e et professionnelle, sans oublier de donner son point de vue sur tout ce qui fait l'environnement d'une femme. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis combien de temps travaillez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Autour des vingt-cinq ans, &#231;a fait dix-sept ans que je bosse, donc &#231;a y est, tu vas savoir mon &#226;ge. J'ai pas commenc&#233; sp&#233;cialement t&#244;t, un petit peu avant, j'ai fait mes &#233;tudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travailler, c'est un choix personnel, li&#233; &#224; votre &#233;ducation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, par contre il y a quelque chose qui me g&#234;ne dans cette question, c'est quand on dit : &quot;&lt;i&gt;C'est un choix personnel&lt;/i&gt;&quot;. De travailler ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui. Pensez-vous que c'est li&#233; &#224; votre &#233;ducation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors je dirais que oui, c'est un choix personnel. Il est certes li&#233; au mod&#232;le que j'ai eu, puisque ma maman a toujours travaill&#233;, &#231;a fait partie de cette g&#233;n&#233;ration de femmes qui bossaient vraiment, sur des postes valorisants et int&#233;ressants pour elles, donc, c'est vrai, j'ai toujours eu l'image d'une maman tr&#232;s active, tr&#232;s engag&#233;e dans ce qu'elle faisait, avec des responsabilit&#233;s. Et comme tout enfant qui re&#231;oit une &#233;ducation, on reproduit des mod&#232;les. Mon mod&#232;le &#224; moi &#233;tait une maman active. Je ne dis pas que j'en ai souffert, parce que ma maman &#233;tait peu disponible, mais c'&#233;tait mon mod&#232;le. Et puis je dirais aussi que c'est un choix personnel par rapport &#224; des &#233;v&#233;nements de ma vie, parce que j'ai perdu mon papa tr&#232;s jeune, j'&#233;tais &#233;tudiante, j'avais vingt ans et je me suis dit qu'il faudra toujours que je sois ind&#233;pendante, parce que la vie, on ne sait pas de quoi elle est faite et parce qu'il y a des situations qui font que elle peut changer, elle peut basculer du jour au lendemain. Je m'&#233;tais bien dit que je serais ind&#233;pendante, de fa&#231;on &#224; pouvoir faire face &#224; tous les al&#233;as qui pourraient m'arriver. C'est &#224; la fois &#233;ducation et choix perso, parce que les situations aujourd'hui sont comme &#231;a, puis je crois aussi que &#231;a me correspond en tant qu'individu. Je n'aurais pas support&#233; de rester, pas forc&#233;ment &#224; la maison, mais en marge. J'ai eu une p&#233;riode d'inactivit&#233; pendant une ann&#233;e, mais j'&#233;tais b&#233;n&#233;vole. Je ne peux pas ne rien faire dans la vie, j'ai beaucoup de mal, donc je pense qu'en termes de personne, &#231;a ne colle pas, donc c'est perso et effectivement impr&#233;gn&#233; de mon &#233;ducation familiale, mais aussi, de tout ce qui nous fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que repr&#233;sente la femme sur les diff&#233;rents fronts, tels que professionnel et social ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est quelque chose qui est relativement r&#233;cent, &#231;a a d&#233;but&#233; je dirais avec ma m&#232;re, mais c'&#233;tait encore marginal. Ces femmes qui avaient des boulots lourds. Mais je pense que c'est &#224; partir de ma g&#233;n&#233;ration, peut &#234;tre celle d'avant, mais c'est relativement r&#233;cent, &#231;a date de cinquante ans aujourd'hui, un peu plus, non ! Il y a eu un changement radical, puisque la femme n'&#233;tait plus &#224; la maison. J'ai pas cette image comme &#231;a. Je trouve que c'est une image &#224; la con ! Je m'excuse du mot, mais je pense que &#231;a doit pas &#234;tre quelque chose d'exception. Les femmes, elles sont autant capables qu'un homme de mener &#224; bien des choses. Elles ont souvent des capacit&#233;s qui sont sous-utilis&#233;es ou qui ne le sont pas, qu'on ne laisse pas &#233;merger ou se d&#233;velopper. Il est un fait que les femmes ont une part... je ne dirais pas &#233;gale &#224; l'homme. Elles sont sur plusieurs fronts tandis que les hommes se d&#233;sengagent de certaines choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi ce d&#233;sengagement des hommes est-il d&#251; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que nous sommes tr&#232;s diff&#233;rentes, je pense qu'une femme a un engagement qui peut aller bien au-del&#224; de celui d'un homme, parce qu'un homme va s'engager au niveau professionnel, au niveau sportif, apr&#232;s ses engagements vont &#234;tre d'une autre nature ou d'une autre mesure. Alors qu'une femme, &#224; partir du moment o&#249; elle s' y met &#224; fond... D'ailleurs c'est pas pour rien qu'on voit des femmes &#224; la t&#234;te de choses tr&#232;s belles, au niveau de la politique, que ce soit au niveau des entreprises etc. Rien que dans l'insertion qui est un m&#233;tier difficile, parce que l'on demande beaucoup d'&#233;nergie et de cr&#233;er des projets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On peut faire tout de suite le constat, dans votre mission locale, o&#249; la majorit&#233; sont des femmes.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, par exemple ! Parce que je pense qu'on a tout &#224; fait les aptitudes et les capacit&#233;s li&#233;es &#224; notre travail et &#224; son &#233;mergence. On nous demande de plus en plus de cr&#233;er, d'imaginer. Je pense qu'un homme est plus sur le terrain du challenge et du combattant, quelque part. Il est vrai qu'un engagement familial, dans lequel il a une part, me semble en de&#231;&#224; de celui d'une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Maintenant ils sont pr&#233;sents uniquement sur le plan professionnel...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons que oui. Ils ont leur place au niveau &#233;ducatif, mais l'engagement n'est pas tout &#224; fait le m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez pas peur que l'homme ne soit plus pr&#233;sent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai pas dit qu'il &#233;tait exclu, apr&#232;s c'est lui qui prend sa place ou qui ne la prend pas, mais en aucun cas, il est exclu ; mais soit, il a envie et va peut-&#234;tre intervenir sur les champs o&#249; &#231;a lui fait plaisir ! Ce n'est pas forc&#233;ment sur des champs o&#249; une maman a envie d'aller, il faut appr&#233;hender et mettre en &#339;uvre, je dirais, et c'est souvent le cas.
Expliquer les cadres c'est aussi du r&#244;le d'un p&#232;re. Expliquer des passages un peu plus difficiles et d&#233;licats, c'est aussi le r&#244;le du p&#232;re que de parler de sexualit&#233;, de toxicomanie etc. Les choses qui font la vie, c'est aussi du ressort du papa, et ils ne sont pas toujours pr&#233;sents &#224; ce moment l&#224;. C'est : &quot;&lt;i&gt;Non, tu t'en occupes, je ne sais pas faire&lt;/i&gt;&quot;, voil&#224; ! Mais je dirais que depuis que moi, j'ai commenc&#233; &#224; travailler, les femmes ont pris leur place, mais c'est vrai qu'elles auraient du l'avoir depuis tr&#232;s longtemps. Les hommes se sentent un peu bouscul&#233;s parce que effectivement, il y a une concurrence et puis elles sont efficaces. Les femmes sont, je pense, &#224; &#233;galit&#233; de dipl&#244;mes, de comp&#233;tences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une jeune fille nous a livr&#233; qu'elle avait peur de l'&#233;volution et de la place qu'occupe la femme actuellement. Elle pressent une r&#233;gression...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sinc&#232;rement &#231;a me semble difficile, parce que &#231;a fait plus de vingt ans que les choses se font. Les femmes font des &#233;tudes, elles se sont ouvertes. &#199;a me semble tout de m&#234;me difficile de faire un retour fort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Elles vont peut &#234;tre stagner ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah, peut &#234;tre, c'est par palier, tout &#231;a. Les f&#233;ministes c'est pas vieux, mais c'est d&#233;suet parce que les femmes n'ont plus besoin, enfin n'en ont plus besoin, entre guillemets. Certaines femmes n'ont plus besoin de ce combat-l&#224;. Moi je n'ai pas besoin qu'on me d&#233;fende, &#224; ce niveau-l&#224; je sais faire des choses. Apr&#232;s, de part le monde, je ne dis pas que la femme a de partout le m&#234;me statut. Je parle de notre pays et de notre culture. Je sais tr&#232;s bien que sur le territoire, il y a des jeunes femmes qui ne sont pas du tout dans ma situation. Je sais bien qu'il y a des femmes qui sont loin de ce mod&#232;le f&#233;minin que l'on ex&#232;cre comme &#231;a, en disant c'est des sportives, c'est ci, c'est &#231;a. Je sais que pour beaucoup de femmes, cette repr&#233;sentation ne veux rien dire, &#231;a ne fait pas partie de leur paysage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La femme a plusieurs dimensions par opposition &#224; l'homme, quand on parle de ses dimensions, elles sont multiples. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La femme est multiple , c'est sa force. Oui, par rapport &#224; l'homme. Je pense que les hommes auront toujours le regret de ne pas voir la maternit&#233;, ce lien de la chair. Je pense que &#231;a nous donne une force suppl&#233;mentaire, c'est ind&#233;niable. Je sais que quand j'avais vingt-cinq ans, on parlait beaucoup &quot;des nouveaux p&#232;res&quot; qui d&#233;couvraient comment changer une couche ! Les fr&#232;res et s&#339;urs le font, &#231;a devient ordinaire. Mais mon papa ne l'a jamais fait, &#231;a ne faisait pas partie de leur registre, ce n'&#233;tait pas masculin et la maternit&#233; &#233;tait exclusivement f&#233;minine. En aucun cas, un homme ne devait accomplir ces t&#226;ches-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans une famille o&#249; l'a&#238;n&#233; a trente ans aujourd'hui, c'&#233;tait lui qui changeait les couches de ses petites s&#339;urs...&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On est d&#233;j&#224; dans d'autres g&#233;n&#233;rations, c'est rentr&#233; ! C'est vrai que quand on me parle d'&#233;mancipation, c'est un mot, pour moi qui n'a plus de raison d'&#234;tre, parce qu'elle y est, c'est d&#233;suet. Apr&#232;s, je ne dis pas qu'il n'y a pas de discrimination envers les femmes, on sait tr&#232;s bien que dans le boulot, un homme est souvent mieux pay&#233; qu'une femme &#224; &#233;galit&#233; de comp&#233;tences, c'est encore une diff&#233;rence. Pour moi, l'&#233;mancipation c'est d&#233;suet, c'est quelque chose de d&#233;j&#224; acquis. Les femmes font des tas de choses seules, en libert&#233;, en autonomie. Avant, les femmes ne sortaient pas seules de chez elles, et &#231;a existe encore, je ne dis pas que &#231;a n'existe plus. Je sais que dans certains endroits dans le monde, c'est comme &#231;a. D'autres choses se greffent dessus, mais je vais rester sur du global, la femme. Je ne vais peut &#234;tre pas rentrer dans les d&#233;tails de communaut&#233;, d'us et coutumes, d'un impact religieux. Tout &#231;a, je veux dire, &#231;a fait d&#233;raper le dialogue. Il est bien &#233;vident qu'il y a des choses qui me semblent folles, de dire &#224; une femme : &quot;&lt;i&gt;Tu restes &#224; la maison parce que l&#224; c'est &#233;crit&lt;/i&gt;&quot;, non ! Nulle part il est &#233;crit que l'on doit enfermer quelqu'un dont une condition va forcement la maintenir dans un statut inf&#233;rieur, parce qu'elle &#233;change avec personne et n'est au courant de rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-&#234;tre que justement, elle aurait cette opportunit&#233; d'&#233;tudier, opportunit&#233; parce que ce n'est pas le cas pour tout le monde.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est bien pour &#231;a qu'il y a des choses qui me semblent anormales, mais l&#224; on part sur autre chose, on ne part plus sur un discours sur les femmes. C'est vrai que je ne suis pas d'accord avec &#231;a, &#231;a va de soi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel regard portez-vous sur les personnes qui pensent que la femme aurait acquis trop de libert&#233; et de droits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je pense qu'on a des droits normaux. Avant, on ne pouvait pas voter, je ne vois pas pourquoi, c'est tout r&#233;cent, dans les ann&#233;es quarante, je crois, dans ces eaux-l&#224;. On ne pouvait pas voter, comme si on n'avait pas un cerveau pour r&#233;fl&#233;chir et analyser une r&#233;flexion. Je ne pense pas qu'on ait trop de droits. On a des droits qui nous ont enfin &#233;t&#233; reconnus, qui sont naturels, du domaine de la normalit&#233;, exprimer un point de vue. Elles font partie de la population, donc je ne pense pas qu'il y ait de l'abus, ou alors vraiment qu'on puisse citer en droit ce qui semble abusif, mais &#224; mon sens, je n'en connais pas. Je ne dirais pas qu'on abuse du droit, et puis le droit c'est pas fait pour &#231;a ! C'est la r&#232;gle, c'est la loi, donc je ne suis pas d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que dans le couple ce soit in&#233;vitable de voir l'homme ou la femme submerg&#233;s par leurs responsabilit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les responsabilit&#233;s familiales, sujet que j'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; : les nouveaux papas font des trucs, quoi. Puis moi j'ai eu la chance d'avoir quelqu'un qui, comme il a v&#233;cu seul avant, il savait faire plus de choses que moi, donc c'&#233;tait parfait et il valait mieux. Je ne suis pas tr&#232;s forte l&#224;-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans un couple, il y a justement des points sur lesquels l'un est plus dou&#233;...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est la compl&#233;mentarit&#233;. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais je r&#226;lais aussi parce que j'en avais marre de faire &#231;a ou &#231;a, mais on arrivait &#224; &#234;tre compl&#233;mentaire, ou je fais des t&#226;ches que l'autre n'aime pas faire et inversement. C'est un contrat et &#231;a reste exceptionnel, c'est pas le cas pour toutes les femmes. Il y a des femmes pour qui &#231;a ne se passe pas comme &#231;a. Je ne dis pas que moi, &#231;a c'est toujours pass&#233; avec tous comme &#231;a. Il faut pouvoir dialoguer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le dialogue et la communication n'existent pas dans certains m&#233;nages...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle n'existe pas et elle n'est pas toujours &#233;vidente, parce que nous avons deux personnalit&#233;s et deux repr&#233;sentations qui n'ont rien &#224; voir. Dans le couple, apr&#232;s on s'accorde. Moi j'aurais jamais fait le choix d'un macho, &#231;a, c'est pas mon truc, donc d&#233;j&#224;, &#231;a peut pas le faire et je ne l'aurais pas int&#233;ress&#233; non plus parce que je ne corresponds pas au mod&#232;le f&#233;minin type. On ne peut pas me demander de rester &#224; la maison pour faire ci, pour faire &#231;a, c'est non ! D&#232;s que je peux, je prends la valise et je m'en vais, donc c'est un sch&#233;ma tr&#232;s diff&#233;rent, apr&#232;s &#231;a marche et on trouve la personne avec qui &#231;a marche, mais il est vrai qu'il y a des tas de couples o&#249; &#231;a ne fonctionne pas comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De nos jours, beaucoup de femmes pensent que la femme est le soutien de l'homme, qu'en pensez-vous ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Effectivement, pour l'avoir v&#233;cu avec d'autres compagnons. Il y a des hommes qui ont tendance &#224; se reposer sur l'autre pour ce qu'ils n'aiment pas faire. Quand je dis ce qu'on n'aime pas faire, c'est pas forc&#233;ment vingt pourcent des t&#226;ches, c'est bien plus que &#231;a, et en g&#233;n&#233;ral c'est tout ce qui barbe, qui est lourd.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une des t&#226;ches que les femmes se voient attribuer tr&#232;s souvent est de s'occuper des papiers administratifs.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, g&#233;n&#233;ralement, elles s'en occupent. On est sup&#233;rieures quelque part, on a une capacit&#233; &#224; d&#233;passer l'effet qu'on n'aime pas. Alors, quand &#224; dire que si une femme est le soutien d'un homme, je pense que c'est vrai. Par contre, tr&#232;s souvent dans un couple, il y a des choses qui se font en dynamique, parce qu'il y a le partenaire et s'il a envie, il va entra&#238;ner dans cette spirale comme &#231;a, positive et constructive, et &#231;a c'est vrai. Je pense que c'est souvent la femme qui tient ce r&#244;le-l&#224;, parce qu'elle d&#233;cide beaucoup de choses. Alors elle va le d&#233;cider en disant : &quot;&lt;i&gt;Je veux &#231;a&lt;/i&gt;&quot;, mais elle va faire un travail, je dis pas de sous-marin, mais d'approche. Elle va expliquer, elle va orienter. Elle va justifier et effectivement, l'autre va dire, oui, j'ai d&#233;cid&#233;. C'est malheureusement une technique &#224; apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Une technique qui ne vient pas du premier coup ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, &#231;a ne vient pas du premier coup, et puis pour l'avoir test&#233; une fois et dire : &quot;&lt;i&gt;Oui, mais tu sais, il faut faire &#231;a&lt;/i&gt;&quot;. Non, &#231;a ne marche pas ! Il faut arriver &#224; mener l'autre. Apr&#232;s, &#231;a arrive aussi que &#231;a se renverse, moi j'ai connu le cas de quelqu'un qui &#233;tait tellement positif, qui m'a entra&#238;n&#233;e sur du positif et il m'a fait faire des tas de choses que je n'aurais peut &#234;tre jamais faites avec quelqu'un d'autre. Parce que cette &#233;nergie qu'il avait, c'&#233;tait du deux cent, trois cent pourcent, avec ce bonhomme. C'est vrai que &#231;a m'a ouvert les yeux sur plein de choses. Donc je pense qu'il y a des moments o&#249; &#231;a s'inverse dans la vie, mais de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on peut quand m&#234;me dire que c'est souvent la femme qui veut faire le choix d&#233;finitif. Je crois que c'est tr&#232;s souvent elle qui l'impulse. Ou alors, on a les hommes, quand &#231;a leur pla&#238;t moyennement ou qu'ils ne veulent pas s'investir, ils disent : &quot;&lt;i&gt;On fait comme tu veux, tu fais bien, tu fais toujours bien&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'&#233;ducation des enfants commence &#224; se construire sur ce que refl&#232;te le couple, les parents...&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je valide pour ma part, parce que l'&#233;ducation des enfants se construit sur ce que le couple refl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Oui, parce que c'est quand m&#234;me dangereux de voir un couple o&#249; le papa travaille, s'occupe du c&#244;t&#233; financier et de voir la maman &#224; la maison qui s'occupe des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, de l'&#233;ducation des enfants... N'est-ce pas dangereux pour la transmission des valeurs aux enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh bien tout d&#233;pend de comment c'est v&#233;cu par le couple et comment c'est expliqu&#233;. C'est vrai qu'il y a souvent un ph&#233;nom&#232;ne de reproduction. On reproduit les sch&#233;mas, les mod&#232;les qu'on a vus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : On les reproduit, mais pas en totalit&#233;...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, mais c'est quand m&#234;me une part non n&#233;gligeable, d'ailleurs c'est tout le mode socio-&#233;ducatif qui reprend &#231;a. Par contre, &#231;a d&#233;pend aussi de comment on explique. Les choses se passent bien quand c'est un accord qui est pass&#233;. Le p&#232;re et la m&#232;re, c'est le choix du couple et quand je dis le choix du couple, c'est le choix des deux et non pas d'un qui impose &#224; l'autre. Je pense que les choses sont compl&#232;tement diff&#233;rentes parce que l'enfant ou le jeune va le vivre diff&#233;remment, c'est pas impos&#233;, c'est quelque chose qui se fait dans le &quot;naturellement&quot;, c'est la vie de famille. Par contre, les choses se compliquent lorsqu'effectivement c'est impos&#233; par quelqu'un. C'est parce qu'on d&#233;cide et on d&#233;cide &#224; la place de, que &#231;a sera comme &#231;a et en g&#233;n&#233;ral, &#231;a cr&#233;e des tensions dans le couple et donc dans la famille. Les enfants per&#231;oivent tr&#232;s bien les conflits, qu'ils soient directs, verbaux, gestuels par la violence et m&#234;me lorsqu'il y a des non-dits, une famille o&#249; il n'y a pas de dialogues c'est pas mieux, c'est une forme de violence qui est traduite autrement, c'est qu'on ne se parle plus, on a rien &#224; se dire, on est quasiment des &#233;trangers les uns pour les autres, il n'y a pas d'amour, pas de liens filiaux, y'a plus rien. Donc deux choses sont appr&#233;hend&#233;es et identifi&#233;es, il n'y a pas de souci. Je pense que tout est question d'explication et de v&#233;cu. Les choses doivent &#234;tre faites avec un accord commun &#224; la base et &#231;a se fait en douceur. Je rappelle, naturellement, pour un jeune qui va faire son choix professionnel, on fait pas un choix professionnel &#224; trois ans, il va le faire bien plus tard, eh bien il va le faire en ayant je pense son champ compl&#232;tement ouvert. Par contre si les choix sont impos&#233;s, pour la jeune fille par exemple, on ne va pas lui faire faire d'&#233;tudes, on va la marier, on va la coller dans un endroit, comme &#231;a elle va rester &#224; la maison, on va la confiner dans des t&#226;ches qui ne sont pas forc&#233;ment celles qu'elle aura choisies. Je pense que &#231;a vient de l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a Andr&#233; M. qui pense qu'il y a cinq couples parfaits dans un si&#232;cle.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, mais je ne vis pas dans l'absolu, dans une qu&#234;te de l'absolu, d'abord, je trouve &#231;a terriblement triste, triste pour plusieurs choses, parce qu'on n'atteint jamais l'absolu, ce n'est qu'illusions et mal-&#234;tre. Par contre, on peut approcher des moments importants, mais des moments, c'est pas tout le temps idyllique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce n'est pas un long fleuve tranquille ! &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non c'est loin d'&#234;tre un long fleuve tranquille, c'est pas &#231;a du tout, parce que si on part dans cette id&#233;e-l&#224;, &#231;a va &#234;tre des d&#233;sillusions en permanence. Il y a des moments o&#249; c'est tr&#232;s dur, m&#234;me si on s'accorde et qu'on est &#224; peu pr&#232;s sur les m&#234;mes longueurs d'ondes. Pour moi le couple parfait n'existe pas, ou alors c'est un couple faux. La perfection, c'est exceptionnel, puis &#231;a m'ennuierait, &#231;a veut dire qu'on pense tous pareil, qu'on fait tout pareil. Non, &#231;a ne me convient pas, il faut que j'aie ma part de vie qui m'est r&#233;serv&#233;e et que je fais ailleurs, avec d'autres gens. Je ne peux pas vivre en osmose, d'abord, c'est trop fort mais par contre je suis persuad&#233;e que &#231;a existe, que ces moments d'osmose existent, mais c'est irr&#233;gulier. Non, une vie de couple, c'est pas quelque chose de lin&#233;aire ni quelque chose de continu. Puis franchement, je ne le souhaiterais pas, &#231;a voudrait dire que les choses sont falsifi&#233;es quelque part, apr&#232;s, tu ne sais plus qui pense quoi. Non, moi &#231;a ne me conviendrait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Transmettez-vous des valeurs d'&#233;galit&#233; entre la femme et l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai pas d'enfants, comme je l'ai dit, mais je pense que j'essaie de transmettre des valeurs d'&#233;galit&#233;, pas forcement entre homme et femme, mais des valeurs qui sont les miennes, bas&#233;es sur de l'&#233;galit&#233; mais dans tous les sens du terme, de respect. Pour moi, le mouvement f&#233;ministe c'est un peu d&#233;suet, d&#233;pass&#233;. Elles n'ont plus besoin de &#231;a, donc je suis pas tellement sur l'&#233;galit&#233; homme/femme, mais j'essaie d'&#234;tre juste. J'ai un petit bout de chou de quatre ans par intermittence, eh bien j'essaie de lui faire comprendre des valeurs, le respect, ce qui est autoris&#233;, ce qui ne l'est pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre ambition de femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, j'en ai moins aujourd'hui. J'ai quand m&#234;me bien avanc&#233;. J'ai pu faire des choses qui me plaisaient &#224; un moment donn&#233;. Mon ambition, c'est que je ne m'ennuie pas et que je puisse encore vivre de jolis moments. Quand je dis jolis moments, c'est pas forc&#233;ment priv&#233;, c'est aussi au niveau professionnel, pour pouvoir enclencher de nouvelles choses, des projets, faire des actions qui m'emballent. M'ouvrir, ouvrir les yeux sur des choses auxquelles je ne suis pas tr&#232;s sensible, presque perm&#233;able, qui ne m'emballent pas et parce que je me suis pas encore pench&#233;e dessus. C'est d'avoir encore cette curiosit&#233;, oui, le renouveau ! Mais c'est effectivement des jolis moments et il n' y en a pas tant dans la vie. C'est bien, de garder de belles images pour quand on sera en maison de retraite...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi vous voyez-vous en maison de retraite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne vais pas emmerder les autres. Si &#224; quatre-vingt ans, t'es en forme, tu peux rester chez toi avec des aides externes, sans d&#233;pendre de personnes proches ! Si &#224; quatre-vingt ans je suis atteinte d'une maladie qui fait que je deviens difficile &#224; g&#233;rer, je pense que ma place ne sera pas l&#224;, je crois que le plus terrible c'est de te dire que tu es plus vivante !
L'essentiel c'est de rester vivante dans ce sens-l&#224;, pas forcement corporel, mais de dire que tu peux encore faire des choses par toi-m&#234;me, &#224; ton rythme. Si j'&#233;tais plus vivante &#231;a serait terrible, mais je pense qu'il y a des choix &#224; faire un peu difficiles. Je ne veux pas &#234;tre un fardeau pour qui que ce soit ! Puis je pense que les gens ont leur vie aussi, c'est-&#224;-dire que quelqu'un qui est malade, &#231;a demande des soins continus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y en a qui se donnent totalement pour &#231;a...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui mais pas beaucoup, &#231;a ne court pas les rues. Regarde les maisons de retraite, c'est pas pour rien qu'il y en a beaucoup. OK, il y a eu le &quot;papy boom&quot;, mais pourquoi il y a autant de gens dans les maisons de retraite ? C'est que leurs enfants sont d&#233;j&#224; parents et ne peuvent pas les g&#233;rer. Faut dire une chose, on est de plus en plus individualiste. Je tiens ce discours mais je m'occupe de ma m&#232;re qui vit dans la maison familiale o&#249; nous sommes, chacun chez soi, mais n'emp&#234;che qu'elle y est au quotidien, elle est l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des fr&#232;res et s&#339;urs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas de chance. Je n'ai ni fr&#232;re ni s&#339;ur, je n'ai plus qu'une m&#232;re. Enfin, je m'en occupe, je ne la laisserai jamais tomber, sauf si un jour effectivement les choses deviennent trop lourdes. Je me dois de me pr&#233;server de certaines choses. On a un travail qui n'est pas anodin. Je ne vends pas de cartes de cr&#233;dit ou de fringues. On a quand m&#234;me un boulot qui est prenant et qui ne nous laisse pas indemne, m&#234;me quand on a appris &#224; prendre du recul. Apr&#232;s, il faut savoir vivre avec des gens comme soi et peut-&#234;tre qu'on y est mieux aussi. On est avec des gens de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration. On a beau dire, il y a des clivages qui se font, m&#234;me si je suis assez cool, il y a des choses que je n'admettrai pas dans quelques ann&#233;es. Je dirai : &quot;&lt;i&gt;Regarde comment ils parlent, comment ils se tiennent, de mon temps...&lt;/i&gt;&quot; &#199;a peut &#234;tre bien aussi, on ne sait pas, on y est pas encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : S'il devait exister, quel serait l'id&#233;al f&#233;minin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon id&#233;al f&#233;minin ? &#199;a d&#233;pend ce que l'on projette. Je ne dirais pas &#231;a comme &#231;a. Du moment o&#249; la femme est bien dans ce qu'elle fait, elle est dans son id&#233;al, mais je n'ai pas d'id&#233;al. Je pense que si chaque femme est &#224; sa place, la place qu'elle a choisie, la place qu'elle a voulue, elle s'&#233;panouit. Il y a des femmes qui sont compl&#232;tement &#233;panouies, c'est leur truc, je ne les critique en rien. Chacun fait son choix, le choix, c'est l'&#233;l&#233;ment de d&#233;part. Du moment qu'elle est bien dans ce qu'elle fait de sa vie et dans ce qu'elle r&#233;alise, c'est &#231;a, l'id&#233;al, pour chacun. Pour moi, il n'y a pas de st&#233;r&#233;otypes. Chaque personne va d&#233;terminer ce qui est le mieux pour elle. Je pense qu'on a un environnement au d&#233;part qui nous fa&#231;onne, avec des sch&#233;mas. Ces sch&#233;mas, il va falloir les caler, parce que &#231;a, &#231;a me correspond et effectivement, &#231;a se passe bien, c'est le bonheur, c'est l'id&#233;al. Et puis il y a d'autres personnes qui vont dire : &quot;&lt;i&gt;Oh l&#224; moi j'ai vu &#231;a, &#231;a me va pas du tout&lt;/i&gt;&quot;. Tu vois, on peut avoir les r&#233;actions de dire que &#231;a ne sera certainement pas &#231;a. On ne va pas reproduire, ce sera plut&#244;t prendre le contre-pied. Tout fa&#231;onne, c'est vrai qu'on peut avoir des sch&#233;mas mais leur mise en &#339;uvre, c'est autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Samira Belhabib, janvier 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les maillots jaunes - chapitre II</title>
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		<title>Les interdits alimentaires</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>

		<description>Un certain nombre de chercheurs s'accordent &#224; analyser les interdits alimentaires en termes de m&#233;canisme d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, dont les rouages bien huil&#233;s fonctionnent pour produire une d&#233;marcation entre &#171; nous et les autres &#187; (Tzvetan Todorov). Parall&#232;lement, si ces cat&#233;gories sont maintenues par des r&#232;gles d'&#233;vitement et des ch&#226;timents, c'est avant tout pour assurer l'ordre social &#233;tabli... Dans la pratique, les usagers ne savent pas toujours pourquoi il est interdit dans son groupe de r&#233;f&#233;rence de ne (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre de chercheurs s'accordent &#224; analyser les interdits alimentaires en termes de m&#233;canisme d'identit&#233; et d'alt&#233;rit&#233;, dont les rouages bien huil&#233;s fonctionnent pour produire une d&#233;marcation entre &#171; nous et les autres &#187; (Tzvetan Todorov). Parall&#232;lement, si ces cat&#233;gories sont maintenues par des r&#232;gles d'&#233;vitement et des ch&#226;timents, c'est avant tout pour assurer l'ordre social &#233;tabli...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la pratique, les usagers ne savent pas toujours pourquoi il est interdit dans son groupe de r&#233;f&#233;rence de ne pas consommer tel aliment. Prenons l'exemple de l'interdit port&#233; sur la viande de porc en islam. Parmi les musulmans, certains le justifient par une th&#233;orie hygi&#233;niste. Parmi eux, les savants musulmans r&#233;pondent, &#224; la question de savoir pourquoi le porc est formellement interdit, qu'il est une source de nocivit&#233; ou de maladies, ignor&#233;es jusqu'alors, mais dont on aura un jour l'explication. Le proph&#232;te aurait transmis ce principe de pr&#233;caution, visionnaire avant l'heure des &#171; maladies animalement transmissibles &#187;. Pour d'autres musulmans, une seule partie de l'animal serait proscrite mais, ne sachant pas laquelle, l'interdit est port&#233; sur l'animal entier. D'autres encore rapportent qu'un porc aurait fait tomber de cheval le proph&#232;te, qui aurait jet&#233; ses foudres sur l'animal. Mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;ral, la proscription de la viande de porc est justifi&#233;e par l'interdit &#233;dict&#233; par le Coran : &#171; C'est comme &#231;a, Dieu l'a voulu. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le tabou, loin d'&#234;tre incompr&#233;hensible, est le souci intelligible de prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; contre des comportements qui la d&#233;truiraient (M. Douglas). Les interdits alimentaires sont une contribution &#224; la sauvegarde de l'ordre social. Le corps &#233;tant le miroir de la soci&#233;t&#233;, la crainte de la &quot;souillure&quot; est, selon Mary Douglas, un syst&#232;me de protection symbolique de l'ordre culturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quel ordre s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'adh&#233;sion et la coh&#233;sion du &#171; nous &#187; s'&#233;laborent par le partage de valeurs et de pratiques collectives. Cette appartenance est notamment marqu&#233;e par le respect de proscriptions alimentaires. Toute culture fixe un ordre du mangeable et du non mangeable qui, pas toujours explicite, s'impose n&#233;anmoins &#224; ceux qui y participent. D&#233;cider qu'un animal ou un v&#233;g&#233;tal puissent &#234;tre pr&#233;par&#233;s et consomm&#233;s rel&#232;ve d'un syst&#232;me de repr&#233;sentations collectives partag&#233;es. Ces prohibitions sont autant de signes d'appartenance propres au groupe de r&#233;f&#233;rence. Ces &#233;l&#233;ments impos&#233;s socialement, qui fa&#231;onnent le comportement alimentaire, peuvent influencer des r&#233;actions physiologiques de l'individu : d&#233;go&#251;t, naus&#233;e. Selon Mary Douglas, la menace d'une pollution g&#233;n&#233;rale serait une arme qui permettrait la coercition mutuelle.
Lorsque le groupe dans lequel ils sont prescrits est en contact avec d'autres distincts, les interdits alimentaires sont mis en avant voire exacerb&#233;s. Ces lignes de partage, dont le sentiment de danger est associ&#233; &#224; l'id&#233;e de proximit&#233; (Benkheira 1995), s&#233;parent les groupes antagonistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les salari&#233;s de R&#233;surgences ont cherch&#233; &#224; comprendre les interdits alimentaires d'ordre religieux (juda&#239;sme, islam) et id&#233;ologique (v&#233;g&#233;tarisme). En interrogeant les employ&#233;s de boucheries hallal ou de magasins de produits biologiques, &#224; la sortie de la synagogue rue Breteuil ou encore au march&#233; des Capucins, ils ont recueilli des t&#233;moignages, des avis, autrement dit, des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; la question des interdits alimentaires. Les proscriptions alimentaires des juifs sont complexes mais explicit&#233;es (dans les textes et par les pratiquants), tandis que celles des musulmans, bien que num&#233;riquement r&#233;duites, ne font pas l'objet d'explication pr&#233;cise. Le porc est textuellement interdit, en revanche la consommation d'alcool, associ&#233;e &#224; un exc&#232;s in&#233;luctable, est moins interdite par le Coran que par la jurisprudence musulmane. Quant aux v&#233;g&#233;tariens, la proscription concernant les produits animaux, industriels ou encore v&#233;g&#233;taux cultiv&#233;s avec pesticides est un choix individuel. Aliment&#233; strictement de fruits et de l&#233;gumes issus de l'agriculture biologique, un corps est plus &#8220;sain et r&#233;sistant&#8221; et prot&#233;g&#233; contre les maladies transmissibles par l'ingestion de volaille ou d'animal contamin&#233;s. Le tofu, base alimentaire de soja, est le principal apport en prot&#233;ines. Cette &#8220;hygi&#232;ne de vie&#8221; alimentaire est le plus souvent transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration pour un bien-&#234;tre collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sens premier des interdits alimentaires est donc &#224; analyser en termes de sentiment d'adh&#233;sion - faire partie d'un groupe, dont il faut maintenir l'ordre - et de coh&#233;sion - partager collectivement des m&#234;mes valeurs - qu'il procure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fresques urbaines II</title>
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		<description>L'habillage des fa&#231;ades donne le ton. Voici un floril&#232;ge de ce qu'il nous est donn&#233; &#224; voir au d&#233;tour de nos rues &#8230; Promenade singuli&#232;re dans un d&#233;dal anim&#233; de figures peintes, &#8230; o&#249; marche vagabonde d'un collectionneur d'images &#233;ph&#233;m&#232;res &#8230;&#8230;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/portfolio" rel="tag"&gt;portfolio&lt;/a&gt;, 
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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'habillage des fa&#231;ades donne le ton.
Voici un floril&#232;ge de ce qu'il nous est donn&#233; &#224; voir au d&#233;tour de nos rues &#8230;
&lt;br /&gt;Promenade singuli&#232;re dans un d&#233;dal anim&#233; de figures peintes, &#8230; o&#249; marche vagabonde d'un collectionneur d'images &#233;ph&#233;m&#232;res &#8230;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fresques urbaines I</title>
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		<dc:subject>Habillement</dc:subject>

		<description>La ville est le lieu sacr&#233; o&#249; s'expriment les arts de la rue. Sur tous ses murs s'accrochent des farandoles color&#233;es de grafs, fresques murales, et autres collages&#8230; &#8230; sorte de tatouages urbains qui recouvrent en partie &quot;la peau des murs&quot; marseillais.

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ville est le lieu sacr&#233; o&#249; s'expriment les arts de la rue.
Sur tous ses murs s'accrochent des farandoles color&#233;es de grafs, fresques murales, et autres collages&#8230; &lt;br /&gt;&#8230; sorte de tatouages urbains qui recouvrent en partie &quot;la peau des murs&quot; marseillais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dr&#244;les de choses de l'atelier</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynda LEDOLLEY</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>Artisanat</dc:subject>

		<description>&quot;Y a des gens qui se mettront devant mes peintures, qui diront &#171; c'est &#224; chier, qu'est-ce que c'est ? C'est vilain comme tout, je pr&#233;f&#232;re Rembrandt ! &#187;, ils ont raison... Mais y en a d'autres qui vont oublier Rembrandt et qui vont voir Paul Huet, et qui vont dire &#171; c'est pas trop mal &#187;, et &#231;a va leur faire quelque chose...&quot; ...J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s surpris par exemple, dans la derni&#232;re expo, j'aurais jamais cru... Parce que moi je suis un petit peu au niveau de l'artisanat, pour moi c'est avant tout des bouts de (...)

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Y a des gens qui se mettront devant mes peintures, qui diront &#171; c'est &#224; chier, qu'est-ce que c'est ? C'est vilain comme tout, je pr&#233;f&#232;re Rembrandt ! &#187;, ils ont raison... Mais y en a d'autres qui vont oublier Rembrandt et qui vont voir Paul Huet, et qui vont dire &#171; c'est pas trop mal &#187;, et &#231;a va leur faire quelque chose...&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;...J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s surpris par exemple, dans la derni&#232;re expo, j'aurais jamais cru... Parce que moi je suis un petit peu au niveau de l'artisanat, pour moi c'est avant tout des bouts de ficelle, des bouts de tissu, de la colle, et des probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre : &quot;comment je vais faire ? J'y arrive pas...&quot; Et puis vous exposez, et vous apprenez qu'un peintre a pleur&#233; devant un de vos tableaux ; &#231;a vous fait dr&#244;le... Vous vous dites que quelque part, vous avez atteint un objectif, mais sans le voir. (...) Regardez comme certaines &#339;uvres d'art ont une existence incroyable depuis des si&#232;cles. Chaque fois qu'il y a des gens qui regardent tel op&#233;ra ou quoi, ils sortent avec le c&#339;ur qui s'est &#233;largi, et des fois, m&#234;me, ils ont un attachement incroyable &#224; cette &#339;uvre, ils l'&#233;coutent &#224; tout bout de champ chez eux... &#199;a n'arr&#234;te pas de leur donner quelque chose. C'est pas n&#233;cessairement ce que l'artiste a per&#231;u, lui, parce qu'il est de l'autre c&#244;t&#233; ; il est du c&#244;t&#233; de la production, en quelque sorte. &lt;br /&gt;Bien s&#251;r que lui-m&#234;me, &#231;a vient d'un fond d'&#233;motion et tout ; mais il a pas cette chance, sp&#233;ciale, de l'amateur, qui lui, n'a pas du tout assist&#233; &#224; l'accouchement. Il voit que le beau b&#233;b&#233; tout neuf, dans sa paille. Et c'est int&#233;ressant, &#224; ce moment-l&#224;, de voir par les yeux de ces personnes.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Koinai. - Pr&#233;sentez-vous un peu, dites-nous qui vous &#234;tes, ce que vous faites.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Paul Huet. - H&#233; bien je suis Paul Huet, j'habite &#224; Digne, apr&#232;s avoir habit&#233; longtemps &#224; Marseille. Je me suis un peu &#233;chapp&#233;... A l'&#233;poque, il n'y avait pas grand-chose &#224; en esp&#233;rer. Apr&#232;s j'ai un peu regrett&#233;, parce que Marseille s'est &#233;veill&#233;e apr&#232;s que je sois parti !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Par rapport &#224; la peinture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - La peinture, mais aussi les arts en g&#233;n&#233;ral, et le type de vie, quoi : j'ai v&#233;cu dans un Marseille o&#249; les jeunes se comptaient, et maintenant c'est plein de jeunesse... &#199;a avait un c&#244;t&#233; un peu endormi, quoi. A choisir, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; aller habiter &#224; la montagne. Je me suis un peu isol&#233;, mais j'ai profit&#233; de la nature, alors que j'habitais Castellane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous &#234;tes artiste plasticien...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui, je dessine, je peins depuis le berceau, et apr&#232;s avoir &#233;norm&#233;ment profit&#233; de &#231;a dans un sens de consolation, de refuge, de plaisir, disponible tout le temps - j'avais toujours un petit stylo ou quoi &#224; la main - dans les ann&#233;es 80, j'ai &#233;t&#233; s&#233;duit par l'id&#233;e de devenir un artiste. De vraiment faire &#231;a pour que ce soit expos&#233; etc... Et j'ai d'abord &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;u parce que je croyais pas que c'&#233;tait aussi compliqu&#233;, qu'y avait autant de mauvais esprit. Et puis aussi, j'ai fait trois enfants, coup sur coup, et l&#224; tout le monde m'a dit : &quot;Tu y arriveras pas &#224; continuer &#224; peindre&quot;, et moi je le croyais pas, mais c'est vrai...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - C'est &#224; cette p&#233;riode, les 13 ans de doute dont vous parlez sur votre site ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui. Oui. Voil&#224;. Et donc, apr&#232;s toutes ces ann&#233;es, soudain, y a quelque chose qui s'est d&#233;clench&#233;. Y a eu un petit message int&#233;rieur : le temps pressait, fallait que je fasse ce que j'avais eu envie de faire et qui &#233;tait incontournable. C'est-&#224;-dire ce qu'on appelle, d'une mani&#232;re un peu grandiloquente, &quot;une &#339;uvre&quot;... laisser un t&#233;moignage, communiquer quelque chose. Et puis peut-&#234;tre aussi, &#234;tre satisfait de soi avant de dire &quot;bye bye&quot;... Je commence &#224; avoir un certain &#226;ge, et c'est un &#226;ge o&#249; on se dit que &#231;a peut survenir d'un moment &#224; l'autre ; alors que depuis qu'on est b&#233;b&#233;, &#231;a peut survenir d'un moment &#224; l'autre ! Mais y a un &#226;ge o&#249; &#231;a devient un peu plus vrai, parce qu'on voit sur soi des traces qu'on est en train de rendre les choses une par une, et l&#224; j'ai senti cette urgence de me mettre au travail. Et c'est une grande satisfaction, parce qu'y a un tas de petits malaises, qui &#233;taient li&#233;s &#224; &#231;a et qui ont disparu. Je me sens quand m&#234;me beaucoup mieux dans ma peau. Et puis je suis content de voir qu'y a des gens &#224; qui &#231;a fait plaisir, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Dans l'entre-deux, pendant ces fameuses 13 ann&#233;es, vous faisiez quoi alors pour vivre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors j'ai la chance d'avoir une femme qui travaille avec s&#233;rieux, qui m'a soutenu ; j'ai fait pas mal de petites choses, mais qui ont &#233;t&#233; un petit appoint ; j'ai travaill&#233; notamment dans le domaine de la musique, j'ai fait des paroles, j'ai eu la chance d'avoir quelques droits d'auteur. J'ai fait un peu de mise en sc&#232;ne, music-hall etc... Parce que j'avais fait un peu de th&#233;&#226;tre, mais bon, rien qui ait vraiment r&#233;ussi, qui ait vraiment pris de l'ampleur. Et voil&#224;. Sinon, une chose importante dans ma vie, c'est que j'ai une recherche spirituelle, qui m'occupe pas mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous pouvez nous en dire plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Hmmm... Pendant toutes ces ann&#233;es, je cherchais un peu la solution, que tout le monde recherche, c'est-&#224;-dire se sentir en paix, et quitte... Un souci de... d'&#234;tre meilleur. J'ai &#233;t&#233; membre d'une communaut&#233; un peu en dehors de l'establishment religieux. Vous savez que tr&#232;s souvent, lorsqu'on parle de christianisme, on pense tout de suite Inquisition, morale rigoriste, etc ; moi je crois que c'est beaucoup plus un message de vie, de tol&#233;rance, d'amour, de pardon... et aussi un message r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re &#233;glise, c'&#233;tait une communaut&#233; o&#249; on mettait toutes les ressources en commun et o&#249; chacun recevait selon ses besoins. &#199;a veut dire que par exemple, l'&#233;quivalent d'une profession lib&#233;rale d'aujourd'hui, repartait avec... ses besoins : s'il avait un seul enfant il repartait avec moins que l'ouvrier, qui avait d&#233;pos&#233; moins que lui, mais qui avait besoin de plus que lui. Et je crois que c'est le grand crit&#232;re de la vraie foi. C'est quelque chose de tr&#232;s concret, je crois que la vraie foi c'est pas dans les &#233;toiles, c'est dans les relations avec les &#234;tres humains entre eux, la fa&#231;on dont on g&#232;re son argent et son temps... ses ressources. Et je me rattache donc &#224; ce christianisme primitif, qui impliquait de prendre en compte la justice sociale.
&lt;br /&gt;Mais, je sais pas si vous voyez, mes tableaux ne parlent pas de J&#233;sus, on pourrait pas sp&#233;cialement y trouver l'identit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Quelle influence a eu votre enfance en Alg&#233;rie sur votre &#339;uvre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Mon enfance en Alg&#233;rie... Ben l'Alg&#233;rie c'&#233;tait un pays en guerre, y avait beaucoup d'angoisse, mais y avait un grand bonheur en m&#234;me temps. En fait, c'est mon p&#232;re qui m'a mis le pied &#224; l'&#233;trier, parce que mon p&#232;re dessinait, et il m'a appris &#224; faire des bonshommes avec un petit point et quatre ou cinq petits segments, vraiment la version basique du bonhomme... J'ai couvert des pages, comme &#231;a, de petits bonshommes, je me r&#233;galais... Puis j'aimais voir mon p&#232;re faire ces petits dessins, et tout. Et donc &#231;a, c'est mon enfance en Alg&#233;rie, &#231;a aurait pu avoir lieu en Bretagne, ou peu importe... La terre, c'est autre chose... Non mais l'influence de l'Alg&#233;rie... Je la sens tr&#232;s forte, mais... peut-&#234;tre parce qu'elle est tr&#232;s forte en tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous y &#234;tes rest&#233; jusqu'&#224; quel &#226;ge ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Jusqu'&#224; l'&#226;ge de onze ans.
&lt;br /&gt;Je sais pas, je crois que si &#231;a a &#224; voir avec... c'est par... un &#233;trange d&#233;tour. C'est que je crois que si on a &#233;t&#233; heureux, on peut que grandir dans cette dimension du bonheur. Je crois que j'ai &#233;t&#233; heureux, voil&#224;, en Alg&#233;rie.
J'y avais pas pens&#233; comme &#231;a. C'est &#231;a qu'il y a d'int&#233;ressant, quand des gens vous posent une question, c'est qu'effectivement, on peut d&#233;couvrir sa pens&#233;e, parce qu'on n'a pas l'habitude d'&#234;tre interview&#233; par des gens qu'on conna&#238;t pas... Avec les gens qu'on conna&#238;t, on rejoue un peu les m&#234;mes personnages, assez souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Comment vous d&#233;finiriez votre art, vos &#339;uvres ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors j'ai trouv&#233; un mot qui me pla&#238;t beaucoup chez Mac Orlan. J'ai d&#233;couvert Mac Orlan cette ann&#233;e, et Mac Orlan, c'est tout un projet qui l'unissait &#224; d'autres gens ; c'&#233;tait de garder le maximum d'un monde qu'il savait &#234;tre sur le point de dispara&#238;tre. Par exemple, ce monde, c'&#233;tait le monde des grands ports comme Marseille, des endroits o&#249; y avait une vie intense, de marins qui arr&#234;taient pas de d&#233;filer, qui avaient besoin de f&#234;tes, d'amour, d'ivresse, le temps qu'ils mettaient le pied &#224; terre, alors qu'ils avaient v&#233;cu comme des spartiates, &#224; la dure. Et puis aussi donc de voyous, de prostitu&#233;es, de musique, etc... Et puis le d&#233;cor urbain, les coutumes... Ils savaient que tout &#231;a &#233;tait sur le point de dispara&#238;tre, et ils l'ont mis dans leur &#339;uvre ; et chez Mac Orlan c'est vraiment &#233;vident. Il a &#233;t&#233; un grand acteur de &#231;a. Alors il a forg&#233; un terme qui s'appelle : &quot;le fantastique social&quot;. Moi j'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s sensible &#224; ce monde qui passe, et &#224; ce qui reste de ce monde qui est pass&#233;. C'est-&#224;-dire, &#224; travers la notion de d&#233;rive, dans les milieux urbains, d'aller par les lieux et de ressentir un peu les beaux restes du temps pass&#233; ; et ce faisant, il y a des vivants, et une personne au hasard d'une rue, et quelques mots &#224; droite &#224; gauche, etc... On est dans le social, et dans le myst&#232;re.
&lt;br /&gt;Ce que j'essaie d'exprimer c'est ce myst&#232;re, c'est pour &#231;a que dans mes peintures on va trouver, souvent, des choses qui ont &#224; voir avec la rue, avec les gens de la rue, etc. Mais pas essentiellement, parce que, par exemple, j'aime bien aussi inventer des fleurs, les inventer ; c'est de loin, qu'il y a une r&#233;f&#233;rence &#224; la botanique. Mais ce que je vous dis, &#231;a sera peut-&#234;tre pas vrai demain ! Parce que peut-&#234;tre que demain je vais rentrer dans une exploration que je n'avais pas vraiment anticip&#233;e. C'est le propre de ce qui se passe dans l'atelier ; dans l'atelier, il se passe de dr&#244;les de choses. Vous voulez faire une chose, et puis vous en faites une autre, et vous d&#233;couvrez un truc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Quelles techniques utilisez-vous ? Il y a de la peinture, des collages, des mati&#232;res... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Je colle des tissus, et puis je mets de la couleur ici ou l&#224; ; y a des tableaux o&#249; y a que du tissu. Mais, dans le fond, c'est jamais que de la peinture. Parce que la peinture, c'est mettre de la couleur sur du tissu. Et moi je prends du tissu qui a d&#233;j&#224; de la couleur. Donc j'ai pas &#224; le peindre, je fais que le disposer, quoi...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - En dehors du fantastique social, d'o&#249; tirez-vous votre inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - C'est des images du pass&#233;, du cin&#233;ma... Et puis y a aussi cette dimension de jouer avec les autres peintres, de donner un peu sa version de la m&#234;me chose...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Par exemple j'ai fait une fille dans un fauteuil, un petit peu alanguie... Je l'ai appel&#233;e &quot;La Petite Sieste&quot;. &#199;a a &#224; voir avec, aussi, des tableaux qui repr&#233;sentent un peu la m&#234;me chose, chez Balthus, chez... Klossowski, je crois que c'est Klossowski. Mais bon, disons qu'il y a d'autres peintres qui ont fait, comme &#231;a, des jeunes filles dans un fauteuil, gagn&#233;es par un sommeil d'apr&#232;s-midi. On a plus ou moins en commun avec d'autres gens, comme &#231;a, des images qui sont porteuses d'&#233;motion pour soi-m&#234;me. Une jeune fille dans l'apr&#232;s-midi, qu'est-ce que &#231;a peut vouloir dire ? Dans un fauteuil, en train de s'endormir... Je crois que c'est un peu un fantasme d'homme, de pouvoir regarder &#224; souhait quelqu'un, sans &#234;tre g&#234;n&#233; par son regard. Parce que cette personne elle est en train de s'endormir, donc on peut la violer du regard. Parce que si on le fait avec une personne qui a les yeux grands ouverts, soit y a une vraie invite, et, plus ou moins, suivie de r&#233;sultat, soit de la g&#234;ne : &quot;Mais qu'est-ce qu'il a celui-l&#224; ?&quot;... Je crois qu'il y a quelque chose, dans ce regard sur la jeune fille alanguie, de l'homme vieillissant qui peut pas se permettre d'imaginer autre chose que... de voler comme &#231;a quelque chose, quoi. Et &#234;tre en droit de le faire en pl&#233;nitude, puisqu'elle s'en rend pas compte. Qu'elle dort.
J'ai &#233;t&#233; s&#233;duit par ces repr&#233;sentations chez les autres, et &#224; un moment donn&#233; j'ai eu envie d'en faire ma version, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Vous parlez d'un &quot;homme vieillissant&quot;... Vous dites aussi, sur votre site, qu'au d&#233;but, peindre et dessiner, c'&#233;tait un peu pour &quot;tenir le monde &#224; distance&quot;. Mais en fonction de l'&#233;volution spirituelle dont vous parliez tout &#224; l'heure, &#231;a a du changer... ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Oui, tout &#224; fait, parce que j'ai plus envie de le tenir &#224; distance. C'est vrai. C'est plus du tout mon mouvement. Et d'ailleurs quand j'&#233;tais dans cette esp&#232;ce de notion de distance, je voulais aller vers une esp&#232;ce de truc intellectuel, un peu &#233;litique, difficile, hautain... Et je me suis rendu compte que c'&#233;tait pas mon monde. J'&#233;tais un petit peu tra&#238;tre &#224; quelque chose d'essentiel qui &#233;tait en moi. Et qui avait besoin d'&#234;tre rappel&#233;.
Je crois que les choses sont &#224; double tranchant : je crois que l'art &#231;a peut &#234;tre quelque chose qui s&#233;pare les gens, qui les divise. Et &#231;a peut &#234;tre quelque chose qui les unit. Mon id&#233;al un petit peu, d'attitude d'esprit, c'est Van Gogh, qui voulait vraiment peindre pour tout le monde. Et il a r&#233;ussi ! Il a r&#233;ussi, parce qu'on dit que Van Gogh maintenant, on le trouve sur des cendriers, sur des torchons, sur des calendriers, etc... C'est les images qui sont les plus r&#233;pandues &#224; travers le monde, d'un grand artiste. Et c'est pas un hasard si notre ami Van Gogh, il a chop&#233; cette envie de communiquer avec les gens et tout &#231;a, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; un &#233;vang&#233;liste dans un des endroits les plus terribles de Belgique, au milieu des pauvres... C'est l&#224; qu'il a commenc&#233; &#224; faire quelques croquis, des paysans &#233;pluchant leurs patates, des gens du coin... L'art, c'est pas &quot;pour quelques-uns&quot;. C'est &#224; tout le monde. Et si quelqu'un dit &quot;j'aime pas &#231;a&quot;, et &quot;j'aime &#231;a&quot;, c'est tout &#224; fait son droit, on n'a pas &#224; lui expliquer pourquoi il devrait aimer &#231;a et pas aimer &#231;a. A la limite, si y a une ambition qui m&#233;rite d'&#234;tre cultiv&#233;e, c'est vraiment de plaire &#224; tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - A pr&#233;sent, est-ce que vous en vivez, de votre art ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Alors, &#231;a commence &#224; marcher... Et je souhaite que &#231;a continue ! Mais j'ai pas d'autre ambition que de vivre correctement, de prendre sur moi les besoins de ma famille, et j'aimerais que, si y a plus d'argent, &#231;a se concr&#233;tise par de bonnes initiatives en direction des autres. Un jour, j'&#233;coutais l'interview d'un jeune chanteur qui s'appelle Michael Smith. On lui a dit &quot;mais qu'est-ce que vous faites avec votre argent ?&quot; C'&#233;tait la question-clef. Et il a dit un petit peu &#231;a, c'est que tout ce qu'y a en plus d'une vie d&#233;cente, c'est une vie solidaire. Il a ouvert un grand centre en banlieue, dans un endroit difficile, un grand centre de loisirs. Y a pas une grande croix dessus, et on demande pas aux gens de rentrer l&#224;-dedans et de faire &quot;patte blanche&quot; religieuse... Y a des pistes de skate, y a tout ce qu'on peut imaginer pour que des jeunes s'&#233;clatent et soient pas en train de s'ennuyer dans la rue ; et je trouve que c'est super bien, cette fa&#231;on de faire. Je crois que si y a des gens qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, peuvent capter des fonds, c'est l&#224; qu'on verra quelles sont leurs convictions : ce qu'ils font de leur argent. Est-ce que cet argent, il doit devenir une jouissance au-del&#224; de toute raison gard&#233;e, ou est-ce que c'est l'occasion de redistribuer un peu, de faire quelque chose de bien avec...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K. - Est-ce que vous souhaitez ajouter quelque chose ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;PH. - Je suis tr&#232;s heureux d'avoir partag&#233; ce moment avec vous, vous avez de super questions, vous avez vraiment une bonne pr&#233;sence d'intervieweuses, voil&#224;, c'est formidable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par K.M. et L.L.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les chaussures de tout le monde</title>
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		<dc:creator>Pierre Defleur</dc:creator>


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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je viens de la m&#233;canique, moi. J'ai un C.A.P de m&#233;tallurgiste et apr&#232;s, une dizaine ou une douzaine d'ann&#233;es de m&#233;canique. La cordonnerie, &#231;a s'est fait tout &#224; fait par hasard, en 83, quand j'&#233;tais sur Aubagne, entre l'atelier et le garage de m&#233;canique, et un cordonnier qui s'est install&#233; - bon, &#224; un moment donn&#233;, euh&#8230; le cycle a ferm&#233;, on a sympathis&#233;, &#231;a s'est pass&#233; comme &#231;a. &#187; Jean Duval, 46 ans, cordonnier rue des Abeilles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sur le tas. Ben, c'est ce gars qui s'est install&#233;, et puis &#231;a s'est naturellement fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles comp&#233;tences la profession requiert-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Du savoir-vivre ! Ah ! ah ! La priorit&#233;, c'est &#231;a. Puis du service rendu, un peu, comment dire&#8230; Vouais, c'est un tout, en fait, c'est du savoir-vivre et du service rendu aux personnes, quoi. Enfin, on peut faire son m&#233;tier bien ou mal, le tout c'est d'arriver &#224; rendre service &#224; la personne. Et puis apr&#232;s, l'exp&#233;rience va aider &#224; d&#233;velopper l'affaire, c'est &#234;tre de plus en plus performant sur certains travaux mais au d&#233;part c'est vraiment de rendre service aux gens. J'aurais fait pareil dans la m&#233;canique, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment votre activit&#233; s'est-elle d&#233;velopp&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le premier magasin, j'&#233;tais au Cours Lieutaud, donc c'est au milieu des motos et j'ai r&#233;par&#233; des combinaisons de motos &#224; tout va, quoi. Et puis apr&#232;s y'avait des magasins de randonn&#233;e qui &#233;taient install&#233;s l&#224;, donc &#231;a s'est orient&#233;, puis apr&#232;s, tout simplement en faisant de l'escalade, c'est franchement venu sur l'escalade et la randonn&#233;e. Voil&#224;, c'est mon hobby qui a dirig&#233; ma profession. J'aurais fait de l'escrime, peut-&#234;tre que j'aurais ressemel&#233; les chaussures de&#8230; et puis j'aurais ressemel&#233; les chaussures de tout le monde ! J'aurais fait de la natation, ben l&#224; j'aurais &#233;t&#233; emb&#234;t&#233; parce que bon, ha ha ! Mais enfin, c'est vraiment le&#8230; J'ai pas voulu faire &#231;a, en fait, h&#232;, &#231;a s'est fait naturellement. La demande a fait l'offre, on va dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res travaillez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout support, tout&#8230; Oh, j'ai pas de mati&#232;re bien pr&#233;cise, l&#224; c'est du cuir, apr&#232;s &#231;a peut &#234;tre du Gore-Tex, &#231;a peut &#234;tre du plastique, du ska&#239;, des cuirs de motos&#8230; Enfin, je m'arr&#234;te pas &#224; la mati&#232;re, quoi, sinon c'est un peu cloisonner son m&#233;tier. Si on fait que les talons de femme, on est cuit, aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits utilisez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh, c'est les colles. Les solvants, y faut savoir que &#231;a vous empoisonne, aussi : c'est ce qu'y a de plus nocif. C'est pour &#231;a que les trois quarts du temps, m&#234;me l'hiver, je travaille portes ouvertes pour ventiler le local. Mais sinon tous les produits sont des solvants, c'est des mat&#233;riaux qui sont plus&#8230; &#224; plus ou moins terme, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les inconv&#233;nients du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mis &#224; part la colle, enfin, la colle et les coups de marteaux - pas sur les doigts, hein ! - mais la r&#233;p&#233;tition des&#8230; Non, c'est un bon travail, un bon travail. J'en connais beaucoup qui sont beaucoup mieux pay&#233;s et qui s'emmerdent au travail et qui d&#233;priment, ha ha ! Qui se suicident ! Le jour o&#249; je me suicide, c'est qu'on m'a tu&#233;, c'est pas que je me tue ! Ha ha !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel changement notez-vous dans la profession ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est les chaussures. Les chaussures en plastique de chez Taiwan, y z'ont r&#233;volutionn&#233; la mani&#232;re de travailler, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les techniques ont-elles &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Euh&#8230; non. Dans les colles, dans certains collages &#231;a s'est am&#233;lior&#233;. Dans la rapidit&#233; du travail, on a des presses, mais sinon, la base reste la m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ils ont plus confiance dans ce que je leur apporte, ce que je leur dis, de ce c&#244;t&#233;-l&#224; c'est vrai que&#8230; Maintenant &#231;a s'appelle la client&#232;le, hein. C'est tout b&#234;te, c'est un peu &#224; nous, les artisans, &#224; fid&#233;liser les gens par des mani&#232;res de travailler qui soient les plus sens&#233;es possible. Si y'a une paire de chaussures de montagne, une paire de chaussures de ville, bon, encore on sait trop quoi y faire, mais apr&#232;s c'est quoi, une selle de cheval, c'est&#8230; Enfin, moi j'ai essay&#233; d'&#233;largir un peu l'&#233;ventail de mes r&#233;parations pour pas avoir de temps creux, m&#234;me si c'est des fois plus compliqu&#233; &#224; r&#233;parer une combinaison que le gars s'est mis sur la t&#234;te sur un circuit, c'est vraiment ce qu'y a de plus chiant, quoi, y faut tourner dans tous les sens, c'est lourd, &#231;a casse les aiguilles, c'est long, mais bon, &#231;a fait partie, euh&#8230; Y'a pas que du bon, hein, donc&#8230; Mais le gars, celui qui est le dernier &#224; qui j'ai r&#233;par&#233; &#231;a, lui, il a envoy&#233; du monde qui va me faire peut-&#234;tre faire du travail plus facile. Faut pas non plus &#234;tre accro du pognon pour faire ce m&#233;tier-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous escalade avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui oui oui ! Des fois on parle m&#234;me pas de chaussures, on parle de ce qui leur pla&#238;t, de ce qu'y z'ont fait comme voie d'escalade et puis ben la chaussure, je sais ce qu'y'a &#224; y faire, quand m&#234;me. Mais si vous voulez, le trois quart du temps on parle jamais de&#8230; C'est s&#251;r que le contact avec la client&#232;le, pour moi c'est&#8230; Je force pas, quoi, ah ah ! Malheureusement, c'est naturel, mais bon&#8230; Parce que des fois on se retrouve &#224; plus discuter qu'&#224; travailler ! Mais bon, ah ah ! Apr&#232;s ils le savent, ils en tiennent compte donc y peuvent pas m'en vouloir, hein ! Quand je vais faire du v&#233;lo le matin, moi, y peuvent pas m'en vouloir parce qu'y z'en font aussi, donc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre client&#232;le escalade se distingue-t-elle des autres clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui oui oui, c'est un peu des marginaux, y veulent pas travailler, y veulent que grimper ; c'est vraiment des gens accros de l'escalade. Y viennent l&#224;, c'est pas pour rien, c'est pasque en haut du rocher des Goudes, quand y'a plus personne qui vous tient, ben le mec y pense &#224; moi, quoi, y me b&#233;nit ou y me maudit - si j'ai mis de la gomme qui glisse y va me maudire ! Mais bon, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale si il y est arriv&#233; c'est pas gr&#226;ce &#224; moi, hein, mais je contribue &#224; son succ&#232;s, quoi, donc il le sait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Que du bouche &#224; oreille ! J'ai fait un peu de publicit&#233; y'a longtemps, mais je vous dis, je suis pas un accro du travail et voil&#224;, euh&#8230; J'aime bien aller me promener, ha ha ! Donc quand on allait grimper &#224; la Sainte-Victoire, les trois quarts du temps j'en profitais aussi pour mettre un peu de tracts sur les voitures et que les gens gardaient pasque les randonneurs, en fait, &#231;a jette pas, et encore moins l&#224; o&#249; y sont. Donc y les ont gard&#233;s pendant cinq ans, quatre ans si y faut, mais un jour ou l'autre y sortent le tract et y viennent au magasin pasqu'ils l'ont trouv&#233; un jour sur le pare-brise, quoi. C'est vraiment une client&#232;le&#8230; Randonneurs, tout &#231;a, on dit : &quot;&lt;i&gt;Les feuilles, les &#233;colos, machin&lt;/i&gt;&quot;, vouais, vouais mais c'est vrai, y jettent pas, y jettent pas. C'est pas le tract qu'on a mis devant le Mac Drive et que le mec va jeter par terre sans m&#234;me le regarder. C'est pas la m&#234;me personne, ou alors elle est pas dans le m&#234;me contexte, donc elle va r&#233;agir diff&#233;remment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Entretenez-vous de bonnes relations avec les commer&#231;ants du quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh oui, oui oui. Ben &#231;a rend service un peu &#224; tout le monde, la cordonnerie, hein. Enfin, tout le monde a des pieds, &#224; partir de ce moment-l&#224;, donc, on peut rendre service au grossiste en t&#233;l&#233;phone comme au croque-mort, m&#234;me lui ! Mais non, &#231;a touche tout le monde, apr&#232;s &#224; moi de plaire au maximum de gens, hein, c'est un peu dans tous les m&#233;tiers pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en contact avec d'autres cordonniers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ouais, ouais, ouais. Avec chacun avec sa petite sauce, l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;changez-vous vos savoir-faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. C'est un peu une petite recette&#8230; chacun pour sa pomme, quoi. Bon, c'est un peu de bonne guerre. Y'a des restaurants qui diront jamais comment y z'ont r&#233;alis&#233; la sauce et puis voil&#224;, quoi, ha ha ! Bon, alors apr&#232;s, c'est vrai, c'est ce qu'un fournisseur me disait : &#171; &lt;i&gt;Vouais, c'est un secret de polichinelle parce que les colles elles sont vendues de partout, au m&#234;me prix, par tout le monde, et conseill&#233;es par&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, et j'dis : &#171; &lt;i&gt;Vouais, apr&#232;s, bon ben si y perd dix ans de ressemelage sur les chaussons d'escalade, ben c'est dix ans de gagn&#233; pour un autre !&lt;/i&gt; &#187; Et pis &#224; Marseille, bon h&#232;, c'est vrai qu'y'en a pas beaucoup qui le font et donc, moi si je peux garder ma petite sauce pendant encore cinq, six ans, ha ha ! C'est bien. Les gens sont contents. Enfin voil&#224;, quoi, c'est compliqu&#233; &#224; faire, je me dis que c'est pas le plus rentable, donc forc&#233;ment je risque de garder le monopole un peu pendant un moment pasque c'est compliqu&#233; &#224; faire, quoi, et puis des trucs comme &#231;a personne va les r&#233;parer, donc, quelque part&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous du service &quot;talon-minute&quot; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y z'existent, hein, y sont l&#224; et y faut faire avec, quoi. Y prennent le meilleur du travail, mais bon, comme y se cassent pas trop la t&#234;te non plus - j'y ai travaill&#233; pendant un an, hein, donc je vous en parle en connaissance de cause - voil&#224; quoi, c'est deux client&#232;les diff&#233;rentes. Ceux qui vont l&#224;-bas viennent pas chez moi, y vont pas se casser la t&#234;te, y vont faire leurs courses et puis y font leurs talons en m&#234;me temps ou leurs cl&#233;s, ils les payent souvent plus cher et souvent y se balancent vraiment du mec qui les fait et y z'arrivent pas &#224; savoir comme il habite, comme il s'appelle, c'est pas leur probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui fait un bon cordonnier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh b&#232; d&#233;j&#224;, qu'y fasse les deux talons &#224; la m&#234;me hauteur ! Ha ha ! C'est d&#233;j&#224; pas mal ! Apr&#232;s, b&#232;&#8230; vouais, la base du travail c'est d&#233;j&#224; faire son travail, enfin, faire ce qu'on lui demande et puis apr&#232;s, dans un quartier, tout le monde va chez le cordonnier : le riche, le pauvre, les enfants, les vieux, les maigres, les beaux&#8230; Y sert un peu de&#8230; Ici j'ai r&#233;uni des gens extr&#233;mistes &#224; jeter tout le monde dehors et des gens qui arrivent directement du Maghreb, du Mali et &#231;a, b&#232; pour qu'y z'arrivent &#224; s'entendre b&#232;&#8230; Parce que l'un supporte pas l'autre et puis on parle d'autre chose, quoi, c'est un peu de temporiser, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'aspect relationnel est donc pr&#233;pond&#233;rant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui oui oui, sans&#8230; Si j'avais qu'un petit carr&#233; comme un pied de chaussure, on me le donne &#224; r&#233;parer, j'arr&#234;te de suite, hein ! Je vais vendre des glaces et puis au moins les gens sont contents, ils mangent leur glace et on a un bon contact quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote &#224; partager ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bonne ou mauvaise ? Mauvaise, on en a&#8230; Non, non mais bonne, c'est tout le monde qui contribue en fait &#224; mon bien-&#234;tre, quoi. Ah si si si, une anecdote, enfin par rapport aux endroits et aux gens, si : une fois, d'Aix est venu un guide de haute montagne - je le connais - il m'a apport&#233; les chaussons d'un copain &#224; lui qui habite dans les Alpes, que j'ai ressemel&#233;s. Et la fatalit&#233;, quinze jours peut-&#234;tre apr&#232;s, on va se promener &#224; Quinson sur un secteur d'escalade que je connaissais pas - Marseille-Quinson c'est d&#233;j&#224; cent bornes, hein, on va sur un secteur bien d&#233;fini alors qu'y'en a trente-six, et c'est le copain d'un copain, &#231;a fait d&#233;j&#224; beaucoup de&#8230; - Je pose mes chaussons, donc j'ai pas les cotations pasque les voies d'escalade je les connaissais pas. Le gars - ndlr : un autre grimpeur - dans la conversation, en me donnant les indications que je cherchais, va savoir pourquoi, y me dit : &#171; &lt;i&gt;C'est les cordonniers les plus mal chauss&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Je lui dis : &#171; &lt;i&gt;Non, regarde, je me les ressemelle, c'est les miens.&lt;/i&gt; &#187; Et y me regarde et y me dit : &#171; &lt;i&gt;Cordonnerie Jean ?&lt;/i&gt; &#187; C'est le mec de la chaussure - ndlr : le cordonnier lui-m&#234;me - qui est parti, qui a travers&#233; toute la r&#233;gion PACA pour aller l&#224;-bas et pour tomber sur le mec - ndlr : le copain du copain&#8230; - quinze jours apr&#232;s ! Ah, je dis : &#171; &lt;i&gt;C'est pas possible, &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;. Et puis le mec en plus y me dit : &#171; &lt;i&gt;Les cordonniers les plus mal chauss&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; On me l'a jamais dit, &#231;a, jamais, jamais ! Pile poil qu'y tombe sur moi, ou je tombe sur lui. Mais c'est vraiment une des plus&#8230; Si, un jour un gars qui vient ressemeler, il est press&#233;, il est stress&#233; des chaussons ; y lui faut, y lui faut, y lui faut. Je lui ressemelle comme y faut, donc il les r&#233;cup&#232;re le vendredi soir. Et nous, le lendemain matin on va grimper &#224; C&#233;&#252;ze - C&#233;&#252;ze c'est deux heures de marche, y'a des secteurs de partout - et j'arrive sur une &#233;caille, je l&#232;ve la t&#234;te comme &#231;a, pof ! sur le mec, t'sais : &#171; &lt;i&gt;Dis, oh, tu pouvais me les&#8230; - Je te les portais, si y fallait, les chaussons !&lt;/i&gt; &#187; Le m&#234;me mec ! Je dis : &#171; &lt;i&gt;&#199;a alors ! On s'est quitt&#233;s hier soir et on se voit ce matin !&lt;/i&gt; &#187; La premi&#232;re truffe que je vois c'est lui. Je dis, &#231;a c'est des ph&#233;nom&#232;nes marquants, on va dire. Mais sinon apr&#232;s&#8230; les mamies, les petites mamies, ha ha ! Alors l&#224;, y'a de quoi raconter des vertes et des pas m&#251;res, je devrais les enregistrer parce que&#8230; Et bon, y'a les gratin&#233;s aussi, les militaires de carri&#232;re, les&#8230; Enfin&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Pierre Defleur le 26/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les barres de P&#233;p&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


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		<dc:subject>Panier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entre tradition et innovation, l'histoire des chocolati&#232;res du quartier du Panier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/tradition" rel="tag"&gt;Tradition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/panier" rel="tag"&gt;Panier&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur une &#233;tag&#232;re de la boutique &lt;i&gt;La Chocolati&#232;re du Panier&lt;/i&gt;, dans la rue homonyme, une discr&#232;te bo&#238;te en m&#233;tal &#233;voque le souvenir de cet arri&#232;re-grand-p&#232;re qui y faisait fondre le chocolat pour No&#235;l et P&#226;ques : &#171; &lt;i&gt;Mon grand-p&#232;re le fabriquait pour nous, par souci d'&#233;conomie. C'est son p&#232;re qui lui avait appris.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 40 ans, Mich&#232;le Le Ray, aujourd'hui 64 ans, a relanc&#233; un savoir-faire issu d'une longue tradition familiale et l'a transmis &#224; Marine, 23 ans. M&#233;tier de m&#232;re en fille, depuis trois g&#233;n&#233;rations : palette de saveurs d'un artisanat gourmand.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mich&#232;le : Un r&#234;ve d'enfance, moi non : circonstances de la vie,&lt;/strong&gt; et l'obligation. &#199;a me plaisait, mais je n'avais pas choisi. J'y suis n&#233;e dedans, y'avait quand m&#234;me le savoir-faire en le faisant une fois par an mais &#231;a s'&#233;tait un peu perdu et moi, j'&#233;tais agent immobilier et j'ai d&#251; arr&#234;ter &#224; cause de probl&#232;mes d'agoraphobie et de spasmophilie, et j'&#233;tais enceinte, et mon p&#232;re me dit : &#171; &lt;i&gt;Si on faisait les barres de P&#233;p&#233;&lt;/i&gt; ? &#187; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Marine :&lt;/strong&gt; &#199;a s'est impos&#233; naturellement, de toute petite j'ai toujours su que ce serait mon travail. Je vois pas pourquoi j'aurais fait autre chose, parce qu'on a une client&#232;le, une enseigne connue &#224; Marseille et faire des &#233;tudes &#231;a co&#251;te de l'argent. Moi j'ai toujours eu de l'argent si je travaillais, donc j'ai fait un bac litt&#233;raire, j'ai continu&#233; dans le management, mais j'ai ouvert mon entreprise l'ann&#233;e du bac et j'arrivais plus &#224; &#233;tudier, donc j'ai d&#251; faire un choix mais j'aurais pas pu faire &#231;a si &#231;a me plaisait pas. C'est contraignant, mais y'a tellement de c&#244;t&#233;s agr&#233;ables : la cr&#233;ation o&#249; on fait de la d&#233;coration autant sur les produits que dans les magasins, le contact avec la client&#232;le, et aussi simplement le produit. On est interview&#233;es, repr&#233;sent&#233;es, c'est sympa. J'utilise mes autres capacit&#233;s puisque j'ai fait une &#233;mission en anglais, j'ai des clients anglais, les Italiens en italien, les Chinois, les Espagnols en anglais&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Quand elle a commenc&#233;, y'a le c&#244;t&#233; r&#233;action n&#233;gatif : je lui ai mis les points sur les i, parce que choisir maintenant c'est pas &#233;vident, on prend ce qui se trouve dans le travail : &#171; &lt;i&gt;Tu d&#233;cides : tu prends l'orientation dans le chocolat o&#249; on peut t'apprendre, ou tu te lances ailleurs.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Dodo, t&#233;l&#233;, l'adolescence c'&#233;tait plus &#231;a, et d&#233;penser les sous de maman c'&#233;tait pas possible (rire) ! Ma grand-m&#232;re a toujours travaill&#233;, elle a connu la Seconde Guerre Mondiale, ma m&#232;re est n&#233;e en 43, c'est cette g&#233;n&#233;ration. Les ann&#233;es 60, ils se sont acharn&#233;s au travail, apr&#232;s avoir v&#233;cu tout &#231;a. Chez moi on se levait t&#244;t, on se couchait tard et devant la t&#233;l&#233;, on continuait &#224; faire les n&#339;uds, donc j'ai connu que &#231;a et &#231;a me para&#238;t normal de travailler, et de travailler beaucoup. On a aussi d'autres r&#233;compenses, quand le travail nous apporte du positif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On fait le chocolat &#224; l'ancienne.&lt;/strong&gt; On peut utiliser des machines, des produits d&#233;j&#224; coup&#233;s, mais c'est pas le m&#234;me r&#233;sultat. On a opt&#233; pour un travail plus difficile, mais on aime bien revenir aux m&#233;thodes &#224; l'ancienne.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Oui, pourquoi y'a ces saveurs ? Par tout &#231;a : on &#233;vite le maximum de diff&#233;rence de temp&#233;rature, et le chocolat ne peut &#234;tre que gagnant. D'ailleurs on va &#234;tre &#224; la foire, les vingt-deux plus vieux commer&#231;ants de Marseille, pour des d&#233;monstrations. Quand les &#233;coles viennent, je leur fais tabler, on l'a fait cette semaine et les enfants ont tremp&#233; leur chocolat eux-m&#234;mes, ils se sont r&#233;gal&#233;s. Ils faut qu'ils apprennent, il peut y avoir une panne d'&#233;lectricit&#233;, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chocolat, c'est du cacao avec du sucre,&lt;/strong&gt; plus ou moins. On va jusqu'&#224; 99 % de cacao, &#231;a c'est tr&#232;s fort. On utilise des f&#232;ves pas super am&#232;res sinon c'est pas mangeable. Nos f&#232;ves, c'est tr&#232;s important. Depuis l'ouverture, le chocolat que je fabrique a toujours le m&#234;me go&#251;t : c'est le go&#251;t de mon enfance. Mais un peu comme toutes les r&#233;coltes, &#231;a n'a jamais les m&#234;mes saveurs d'une r&#233;colte &#224; l'autre, mais mon grand-p&#232;re m'a appris &#224; r&#233;&#233;quilibrer parce qu'on a quand m&#234;me la connaissance des f&#232;ves de &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Cacao' class='spip_out' rel='external'&gt;cacao&lt;/a&gt;, tout est l&#224;. Il parlait toujours de f&#232;ves mangeuses, parce que y'en a une qui va lever l'acidit&#233; et on la m&#233;lange &#224; une autre quand c'est trop fort et on arrive toujours &#224; r&#233;&#233;quilibrer, j'ai tellement l'habitude... On met un peu plus d'&#233;quateur, parce que c'est la f&#232;ve la plus douce de la plan&#232;te, qu'il soit agr&#233;able &#224; manger. Chacun aura sa forme, aussi : je le fais le plus fin possible, si c'est un bloc &#231;'a pas du tout la m&#234;me saveur.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Des f&#232;ves un peu fruit&#233;es pour que ce soit un peu cors&#233; mais pas trop. On le fait nature ou aux fruits secs : &#231;a c'est pour les amateurs de chocolat tr&#232;s noir, ou les diab&#233;tiques. Le raisin sec sucre le chocolat, pour diminuer le sucre et avoir le plus de magn&#233;sium. Je me suis habitu&#233;e au noir et au 99 %, c'est pas mon pr&#233;f&#233;r&#233; mais &#231;a m'arrive d'en manger. Les enfants, pour leur sant&#233;, si on leur met du 70-72 %, il s'habituent. Notre client&#232;le de plus en plus aime le noir et les enfants, la plupart de nos clients ne leur prennent que du noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenant on trouve plein de nouvelles vertus,&lt;/strong&gt; le cacao s'utilise pour plein de choses, alors je sais pas si c'est pas l'effet de la mode&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La pharmacienne nous disait que &#231;a fait du bien pour la vue, et mon professeur &#224; la Timone m'a dit : &#171; &lt;i&gt; Vous d&#233;primez, achetez du chocolat sans sucre !&lt;/i&gt; &#187; Combien on en a eu, des clients comme &#231;a !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a m&#234;me une cliente qui ne dig&#233;rait absolument rien et qui &#233;tait sevr&#233;e. Gr&#226;ce au cacao, que du 99, elle dig&#233;rait. Elle avait une tr&#232;s bonne relation avec ma grand-m&#232;re, et elles ont r&#233;ussi &#224; s'entraider.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Alors on peut se dire, &#231;a a des propri&#233;t&#233;s&#8230; D'ailleurs pour la rentr&#233;e, je vais faire toute une gamme de chocolats avec les plantes de la Maison Blaize.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les chocolatiers, on utilise des grands crus.&lt;/strong&gt; Dans l'industriel, c'est autre chose.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a fait le Salon du Chocolat &#224; Paris, le concours du chocolatier, et l&#224;, on voit la diversit&#233; qu'il y a dans le chocolat. &#192; Marseille, on a tendance encore &#224; faire un peu la m&#234;me chose et c'est dommage. &#192; Paris, y'en a qui font des fleurs en chocolat avec des drag&#233;es, des peintures sur du chocolat, chacun a sa sp&#233;cificit&#233; et &#231;a serait bien que chacun d&#233;veloppe une id&#233;e qui vienne d'eux. En g&#233;n&#233;ral, les copies sont pas terribles, en plus, et y'a tellement de choses &#224; d&#233;velopper, &#224; innover... Mais de plus en plus de chocolatiers se montent et tant mieux. Beaucoup de grandes maisons travaillent sur leur r&#233;putation et commencent &#224; aller dans l'industriel et y'a plein de nouveaux artisans qui font du vrai chocolat, le petit chocolat, le chocolat en vrac... C'est plus difficile pour eux parce qu'une entreprise, m&#234;me si la qualit&#233; diminue, ils continuent &#224; travailler sur le nom un certain temps, mais c'est peut-&#234;tre aussi &#231;a qui leur laisse un march&#233; un peu florissant &#224; Marseille. Nous, on est beaucoup copi&#233;es, il faut se d&#233;marquer tout le temps. On nous dit : &#171; &lt;i&gt;Mais d&#233;posez les noms !&lt;/i&gt; &#187; Si je d&#233;pose, j'augmente mes prix et par exemple les lingots marseillais, &#231;a s'appelait la barre marseillaise : c'est pas nous qui l'avons nomm&#233;e comme &#231;a, ce sont nos clients. Quelqu'un m'a piqu&#233; le nom, a refait la barre, on a voulu faire un proc&#232;s et &#231;a co&#251;tait tellement cher, &#231;a prenait tellement de temps qu'on a laiss&#233; tomber. B&#232;, &#224; l'heure actuelle, un autre concurrent a fait la moiti&#233; de la barre et a appel&#233; &#231;a l'Authentique ! Moi, &#231;a m'amuse, maintenant ils se bouffent entre eux, h&#232; ; heureusement que j'ai pas d&#233;pos&#233;, parce que je me faisais quand m&#234;me avoir. Autant innover, les clients feront leurs diff&#233;rences, et ils pourront pas toujours nous copier parce que finalement, ils ont toujours un train de retard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Vous faites des cr&#233;ations ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Oui, mais lesquelles, on peut pas savoir &#224; l'avance parce qu'on fait un peu sur le tas. En ce moment c'est le henn&#233; qu'on essaye de travailler parce qu'on nous en a ramen&#233; du Maroc et pour l'instant, on a pas trouv&#233; mais &#231;a nous a amen&#233;es &#224; faire du chocolat aux &#233;pices &#224; couscous, puisqu'on &#233;tait dans le c&#244;t&#233; un peu oriental. Mais c'est pas seulement de nous, souvent nos clients viennent avec un produit : &#171; &lt;i&gt;Faites quelque chose avec &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Des fois on y arrive, des fois pas&#8230; Y'a quinze ans, on a ramen&#233; &#224; ma m&#232;re de l'essence de rose fra&#238;che, pas trait&#233;e, de Turquie. Maintenant, la rose, tout le monde l'utilise mais &#224; l'&#233;poque&#8230; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Un commissaire-priseur m'a demand&#233; de lui faire des marteaux, alors moi je suis jamais all&#233;e dans les salles de vente, j'allais lui faire des vrais marteaux ! &#171; &lt;i&gt;Non non&lt;/i&gt;, y me dit, &lt;i&gt;je vais vous montrer ce que c'est&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (rire) Y'en a un qui m'a demand&#233; un jeu de boules avec les distances, le cochonnet, les boules. Toujours je dis : &#171; &lt;i&gt;Je sais pas si je vais y arriver &lt;/i&gt; &#187; et j'y arrive ! Parce que j'ai envie, voil&#224;, ils me communiquent l'envie. Oh oui ! La passion, moi j'ai besoin de &#231;a ! D'ailleurs, je vais vous raconter une anecdote &#224; ce sujet : pour la F&#234;te des M&#232;res je faisais des c&#339;urs, et des clients me demandaient s'ils pouvaient mettre quelque chose dedans. On fait beaucoup de choses sur mesure, &#231;a nous pla&#238;t. Ce monsieur est arriv&#233; avec une petite boite de bijoux, il me fait voir, eh b&#232; y'avait une bague avec un petit brillant de deux carats qu'on a pos&#233;e, ferm&#233;e et tout. &#199;'a &#233;t&#233; le coeur le plus cher de ceux qu'on avait !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les ar&#244;mes qui se marient avec le chocolat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; &#199;a d&#233;pend des produits, nous on utilise des produits de qualit&#233; donc y'a des choses qu'on fait pas, on utilise pas d'essence artificielle. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; &#199;a le rejette, le chocolat le d&#233;veloppe, tout ce qui n'est pas naturel encore plus et c'est une horreur. On est arriv&#233;es au melon, c'est fin, comme go&#251;t. On a trouv&#233; un bon melon, une bonne fa&#231;on de le confire.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Dans le commerce on trouve des chocolats &#224; la fraise, &#224; la passion&#8230; Nous, la fraise reconstitu&#233;e &#231;a nous pla&#238;t pas, et on n'a pas trouv&#233; de fraise qui convienne &#224; notre mode de fabrication. On a essay&#233; avec la fraise confite mais dans le chocolat elle a pas de go&#251;t, la fraise s&#232;che pareil. Le chocolat peut prendre le go&#251;t du produit ou le produit prendre le go&#251;t sur le chocolat et on aime sentir les deux, bien s&#251;r. Les plus classiques c'est l'orange, la cerise, le melon, la figue, le gingembre, mais on en fait un peu &#224; tout : fenouil, oignon et p&#226;te de cassis, des fois p&#226;te de coing parce que c'est un peu plus neutre.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; On invente toujours ! C'est de plus en plus, on travaille plein de vari&#233;t&#233;s. L'oignon, &#231;a fait des ann&#233;es que je le fais. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On le travaille sucr&#233;, plus sal&#233;, sal&#233;-sucr&#233;&#8230; Dans les galettes, &#231;a fait chocolat noir et oignon croustillant, dans des Florentins, des fruits secs caram&#233;lis&#233;s avec ou sans chocolat, l'oignon est caram&#233;lis&#233;, il a un go&#251;t assez doux et dans les lingots marseillais, &#231;a va faire plus sal&#233;-sucr&#233;, mais &#231;a reste assez doux. On l'avait apport&#233; au Salon du Chocolat en 2005 et &#231;'avait fait fureur, mais il a pris un envol fulgurant en 99 avec la venue du Pr&#233;sident Chirac pour la noisette sal&#233;e &#224; l'huile d'olive. On a tous les partis, vraiment. &#192; la rue Vacon j'ai vu Vauzelle, Jupp&#233; est venu ici, Gaudin vient souvent, Clara Morgane aussi (rire)&#8230; Amanda Lear, on l'a paum&#233;e malheureusement, elle &#233;tait venue y'avait encore ma grand-m&#232;re, y'a une dizaine d'ann&#233;es parce que Coccinelle, un des premiers travestis habitait au Panier, elles se connaissent tr&#232;s bien et elle nous envoyait pas mal de clientes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout ne marche pas :&lt;/strong&gt; la fraise, pour l'instant on sait pas. Le but c'est que &#231;a ressemble &#224; quelque chose, que &#231;a nous plaise, que ce soit harmonieux.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La lavande, j'ai mis des ann&#233;es pour y arriver. Il suffit pas d'acheter de l'essence artificielle, de m&#233;langer. Y'a des intol&#233;rances au niveau du chocolat : j'ai toujours voulu faire un chocolat au Grand-Marnier, au d&#233;but excellent, au bout de trois jours moins bon et au bout d'une semaine, un go&#251;t de Javel ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Un confr&#232;re fait de la ganache au vin et il arrive parce qu'il fait son syst&#232;me de fabrication &#224; lui. Nous on fait pas les chocolats avec le beurre et la cr&#232;me, donc le vin on pourra pas le travailler. Chacun son chocolat, ses m&#233;thodes, et ses intol&#233;rances. Tous les jours on apprend, autant des rapports humains avec les salari&#233;s, les clients, qu'avec les produits. On est &#224; l'aff&#251;t des nouveaut&#233;s, des nouvelles techniques.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Le plus gros probl&#232;me c'est de trouver les bons produits : plus &#231;a va, moins on trouve et y'a des tas de choses qu'on fait plus. On avait un artisan d'Australie qui faisait des figues confites, une merveille ! Je les mettais dans le rhum, m&#234;me les clients m'achetaient les bocaux. Ils ont arr&#234;t&#233;, je n'ai plus trouv&#233; l'&#233;quivalent donc je fais les figues autrement, parce que &#231;a n'a plus la m&#234;me saveur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : La pr&#233;paration, oh ! Mais, toute la journ&#233;e !&lt;/strong&gt; On met d&#233;j&#224; quatre jours pour les lingots marseillais : y'a des plaques sur lesquelles on met une couche chaque jour, que &#231;a prenne bien. Il faut d'abord couper les fruits, quand on a les amandes les faire griller, donc quand on a toutes nos pr&#233;parations y'a les lingots, les tranches, les petits chocolats, y'a plusieurs &#233;tapes et on a plus de deux cents vari&#233;t&#233;s, qu'on fait pas tous les jours, heureusement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Les ustensiles,&lt;/strong&gt; c'est beaucoup d'inox, des pinces, des cornes pour racler le chocolat, des plaques&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a beaucoup de pinces diff&#233;rentes, des pinceaux &#224; d&#233;corer, des formes, la fourchette, des fois&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah ! Oui, des habits plut&#244;t fonc&#233;s et un grand tablier,&lt;/strong&gt; parce que on se salit, h&#232; . Et des gants, mais &#231;a d&#233;pend du poste : pour la d&#233;coration &#231;a peut &#234;tre plus facile mais, y'a des choses plus manuelles o&#249; il vaut mieux se laver les mains avec les produits anti-caustiques. &#199;a d&#233;pend des gens, s'y sont allergiques, mais on peut travailler avec des pinces. &#199;a peut &#234;tre dangereux aussi, quand on d&#233;coupe par exemple les fruits &#231;a enl&#232;ve une partie de la sensibilit&#233;, le gant. Des salari&#233;s se sont coup&#233;s parce que ils avaient des gants, donc ils pr&#234;tent moins attention et en coupant assez vite&#8230; On alterne les postes : d&#233;coration, manutention, apr&#232;s la vente, donc on fait pas la m&#234;me chose toute la journ&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Quand je fais une tranche &#224; l'orange, je mets pas de gants parce que mes oranges sont gluantes, je me p&#232;gue toute, et avec une corne on n'a pas besoin d'y mettre les mains. Lorsqu'on d&#233;core des sujets avec de l'or ou de l'argent non plus puisque c'est mon pinceau qui travaille. Chaque fois que je peux ne pas utiliser les gants, je pr&#233;f&#232;re, j'ai plus de maniabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : L'&#233;t&#233; on va commencer plus t&#244;t&lt;/strong&gt; par rapport &#224; la chaleur, si on le fabrique l'apr&#232;s-midi il prend pas, il s&#232;che pas, il blanchit. On fait nos livraisons le matin, et &#231;a bouge plus parce que les magasins sont plus frais donc il se garde &#224; temp&#233;rature ambiante. Y'a pas de mati&#232;res p&#233;rissables, d'oeufs, de cr&#232;me&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Il se conserve deux mois et nous, on le vend frais : on peut le faire toute la journ&#233;e, on va jouer avec le frigo, mais plus il aura du frigo plus il va rel&#226;cher, c'est fragile. Y'a des produits qui vont travailler au chocolat de ne plus blanchir, mais c'est pas naturel. C'est pour &#231;a que &#231;'a &#233;t&#233; autoris&#233;, les graisses v&#233;g&#233;tales. Des biscuits avec du chocolat dessus, il est toujours brillant parce que y'a une mati&#232;re grasse ajout&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un m&#233;tier plut&#244;t masculin,&lt;/strong&gt; parce que c'est quand m&#234;me assez physique : y'a des poids &#224; porter toute la journ&#233;e, donc vider tout &#231;a, porter des plaques de dix kilos jusqu'au frigo, les reprendre, les tourner&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; La d&#233;coration, c'est peut-&#234;tre plus f&#233;minin. Le gros travail, maintenant, y'a des machines, &#231;a facilite mais par exemple l'&#233;t&#233;, on utilise pas nos machines parce que la chaleur est d&#233;cupl&#233;e alors on fait tout &#224; la main, on a des petites quantit&#233;s mais l&#224; on travaille vraiment &#224; l'ancienne : ma m&#232;re table le chocolat, on touille nous-m&#234;mes, comme quand on a commenc&#233;, et dans les grosses cuves c'est pas toujours du chocolat liquide, y'a aussi du &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Pralin&#233;' class='spip_out' rel='external'&gt;pralin&#233;&lt;/a&gt; m&#233;lang&#233; donc c'est assez physique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au d&#233;part, un local si petit, c'&#233;tait voulu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Non : d'abord, au Panier, pour trouver des grands locaux c'est pas &#233;vident, donc y'avait quand m&#234;me 49 m&#178;, mais c'est simplement que ma grand-m&#232;re avait une tr&#232;s forte personnalit&#233; et son d&#233;c&#232;s nous a beaucoup affect&#233;es. On est une petite famille, on &#233;tait que trois donc on avait ce local-l&#224;, il fallait continuer &#224; travailler mais on ne pouvait simplement plus rentrer&#8230; Voil&#224; pourquoi on a chang&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait une th&#233;rapie, celui-l&#224;, c'&#233;tait un renouveau pour nous.
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On avait besoin de tourner la page et au d&#233;but c'est douloureux, ce magasin la repr&#233;sentait vraiment et maintenant, on a remis nos meubles donc les gens arrivent &#224; s'y retrouver, mais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; La Vieille Charit&#233; &#233;tait ferm&#233;e,&lt;/strong&gt; le quartier &#233;tait pas connu, nous non plus, elle &#233;tait enceinte, donc elle a fait faillite la premi&#232;re ann&#233;e, en plein P&#226;ques ! Apr&#232;s, mon grand-p&#232;re a recr&#233;&#233; la soci&#233;t&#233;, d'ailleurs &#231;a s'appelait la Petite Chocolati&#232;re puisque j'&#233;tais la petite chocolati&#232;re. Apr&#232;s son d&#233;c&#232;s ils ont refait faillite en 92, enfin &#231;'a &#233;t&#233; assez tumultueux mais dans les ann&#233;es 80, c'&#233;tait un peu diff&#233;rent, et le travail payait, donc elle regardait pas les heures. Elle avait besoin de &#231;a, aussi, elle est repartie &#224; z&#233;ro &#224; quarante ans, donc elle a construit &#231;a et on continue petit &#224; petit. L'artisanat c'est beaucoup de travail, il faut aimer &#231;a et avoir envie, sinon&#8230; Il y a vingt-cinq ans, le quartier &#233;tait heu&#8230; tr&#232;s mauvaise r&#233;putation - faut dire que le Panier abritait les bandits les plus connus, les bandits corses, donc c'&#233;tait assez mal fam&#233; - donc ma m&#232;re a commenc&#233; avec du porte &#224; porte, elle a fait beaucoup de comit&#233;s, elle s'est fait conna&#238;tre petit &#224; petit et on a r&#233;ussi &#224; avoir une client&#232;le plut&#244;t de la haute soci&#233;t&#233; de Marseille qui venaient agripp&#233;es &#224; leur sac.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'heure actuelle, on a une client&#232;le&lt;/strong&gt; qui pr&#233;f&#232;re manger un peu moins de chocolat mais de qualit&#233;, donc classe moyenne plus ou moins riche, parce qu'on travaille pas avec la client&#232;le du quartier, on est quand m&#234;me un produit &#224; 45 &#8364; le kilo. Jusqu'&#224; y'a quelques ann&#233;es, &#231;a s'est beaucoup d&#233;favoris&#233;, maintenant y'a de plus en plus de Parisiens : l'immobilier a augment&#233; donc y'a des gens qui ont plus de moyens et l'ancienne g&#233;n&#233;ration, ils nous emm&#232;nent leurs enfants. &#192; la rue Vacon, on a une client&#232;le plus BCBG du centre, on a le septi&#232;me, mais les gens viennent vraiment de partout. Ici c'est beaucoup plus touristique : des gens d'Aix, de Cassis, d'Aubagne, des alentours, une client&#232;le qui nous conna&#238;t, venue en voyage, qui nous demande des produits, parfois on leur envoie en Colissimo. Et on ouvre le troisi&#232;me en septembre, pour recr&#233;er cette communication avec la client&#232;le parce que depuis le d&#233;c&#232;s de ma grand-m&#232;re, on &#233;tait plut&#244;t cantonn&#233;es dans la fabrication. Dans les points de vente, les gens disent aux vendeuses s'y z'aiment ou pas, mais c'est traduit par une personne interm&#233;diaire, les r&#233;actions sont pas directes et &#231;a nous manque. &#192; la rue Neuve, on veut reformer une fabrication avec notre magasin pour &#234;tre en contact direct avec nos clients, qu'ils nous ram&#232;nent leurs trucs un peu insolites et qu'on essaye de recr&#233;er comme on a pu cr&#233;er le chocolat au raz el hanout parce qu'on a fait go&#251;ter &#224; deux, trois clients qui passaient dire bonjour, comme &#231;a ils nous disent si y'a trop de ci, de l&#224;, et on a pu faire nos dosages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Y'a de plus en plus de demande.&lt;/strong&gt; Moi je fermais six, sept mois au d&#233;but, je travaillais que pour No&#235;l et P&#226;ques. Et l'&#339;uf fait industriellement, il a trois ou quatre mois de fabrication, &#231;'a pas la m&#234;me saveur, et les clients ont commenc&#233; &#224; me dire : &#171; &lt;i&gt;J'ai pas pu manger un morceau d'&#339;uf, faites-moi une barre ! &lt;/i&gt; &#187; Jamais j'aurais cru que je vendrais du chocolat toute l'ann&#233;e ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; C'est le bouche &#224; oreille. On a jamais fait de publicit&#233;, on a eu la chance d'avoir beaucoup de m&#233;diatisation &#224; la t&#233;l&#233; : la BBC, la Rai Uno, les t&#233;l&#233;s australiennes et derni&#232;rement Discovery Channel. On touche de plus en plus de gens aussi via Internet. Quand on a des sujets de Marseille, souvent on est nomm&#233;es, la plupart des guides on y est. L&#224;, y'a l'association des vingt commerces qui est en train de se faire, ces beaux commerces comme la Maison Empereur, Gatimel, le Four des Navettes, ce sont de vieux commerces qui font partie de Marseille. On fait pas sp&#233;cialement d'efforts pour se faire conna&#238;tre, &#231;a vient tout seul parce que y'a aussi un retour au naturel. C'est l'&#233;poque, l'environnement devient important, donc les gens recherchent des choses plus anciennes, authentiques. On en fait partie, donc y'a une esp&#232;ce de ressort, &#231;a repart.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mi : Le plus d'activit&#233;, c'est No&#235;l.&lt;/strong&gt; P&#226;ques c'est l'enfant, on ach&#232;te un &#339;uf, mais on fait pas &#233;norm&#233;ment de cadeaux tandis que No&#235;l c'est les adultes, y'a les cadeaux d'entreprise, et beaucoup de gens font plus de cadeaux. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Beaucoup de clients me prennent facilement 20 &#8364; tous les dix jours, 500 grammes, h&#232;. Et des habitu&#233;s prennent leur kilo toutes les semaines ! &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Cinq tonnes dans l'ann&#233;e, on est pas des gros&#8230; Une moyenne, une famille de quatre personnes mange 60-70 grammes par jour, ils finissent la semaine, ils leur en manquent ! C'est pas le bout du monde, h&#232;. Beaucoup ont compris que &#231;a fait du bien et en mangent r&#233;guli&#232;rement. D'ailleurs, on vend 80 % de noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous diversifiez-vous dans la vente ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; On a essay&#233; mais d&#232;s qu'on essaye de vendre un produit qu'on fait pas nous, &#231;a marche pas : y'a que le chocolat qu'on fait. Et plus il est artisanal&#8230; Chez les autres chocolatiers, on veut les petits chocolats bien faits qui sortent de la machine, moi j'ai une machine, h&#232;, je peux les faire pareils, ils vont croire que c'est pas nous qui les faisons et ils les veulent pas ! Des fois, du chocolat coule de la machine, il s&#232;che et &#231;a fait des petits tas. En g&#233;n&#233;ral on refond, et puis on trouvait que c'&#233;tait un peu sympa, on l'a men&#233; au magasin, au d&#233;part pour la d&#233;coration. Eh b&#232; ils l'achetaient !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le bon chocolat est-il consid&#233;r&#233; comme un produit de luxe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Parce que la main d'&#339;uvre est tr&#232;s ch&#232;re, on fait tout &#224; la main, on met des produits de qualit&#233;. Les fruits confits c'est cher, les amandes, dans les quartiers chinois, vous les payez pas cher mais c'est pas bon : nous on choisit toujours les amandes de Provence, les noisettes du Pi&#233;mont. Pareil pour les f&#232;ves, &#231;a va de la mati&#232;re premi&#232;re &#224; ce qu'on met dans nos produits : nos fruits confits &#224; l'orange ont le go&#251;t de l'orange, pas juste juste l'aspect, le melon c'est vraiment du melon. Et une fois qu'il est fabriqu&#233;, il faut le plier, le vendre, &#224; No&#235;l et P&#226;ques on est plus de quinze salari&#233;s. On est oblig&#233;es d'avoir un certain prix, sans parler de la TVA et cetera. On essaye d'&#234;tre sous les prix des concurrents, beaucoup sont &#224; 60-70 mais, c'est tr&#232;s cher, les ballotins, les d&#233;cos : quand y'a un ballotin en velours, ils sont oblig&#233;s de facturer leurs produits plus chers. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; Et l&#224; les gens ont compris qu'y payent pas tout cet emballage qui sert &#224; rien. On a simplifi&#233; : un cornet en cellophane alimentaire, des n&#339;uds, suivant la mode, h&#232; : il fut un temps c'&#233;tait brillant, maintenant c'est le raphia.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma : On fait go&#251;ter aux gens,&lt;/strong&gt; et d&#232;s qu'on a un autre point de vente on fait des d&#233;gustations. Ma m&#232;re s'est fait une r&#233;putation gr&#226;ce aux cadeaux aux clients, &#224; la personnalisation : elle s'investissait, elle a toujours innov&#233; et il lui est arriv&#233; de faire des fondues sur la placette, j'ai des clientes qui nous en parlent encore ! Apr&#232;s elle avait plus le temps, mais on fait pas payer les visites, parce qu'on veut garder la possibilit&#233;, m&#234;me ceux qui ont moins de moyens, de go&#251;ter un peu. Les gamins qui sont venus d'un quartier d&#233;favoris&#233;, si je fais 2 ou 3 &#8364;, ils vont pas pouvoir. On a quand m&#234;me des r&#233;compenses : &#224; No&#235;l, des clients m'am&#232;nent de la soupe fra&#238;che, le foie gras, le pain fait maison, les figues du jardin, c'est vraiment un &#233;change. Ma grand-m&#232;re, elle connaissait tous ses clients, la plupart c'&#233;tait devenu des amis donc c'est normal qu'on fasse la d&#233;gustation, et on leur fait des petits cadeaux quand on les voit revenir. On peut plus en faire autant, au niveau du fisc, tant de kilos achet&#233;s, tant de kilos vendus, c'est difficile &#224; prouver quand on fait la d&#233;gustation, on est oblig&#233; de tenir des fichiers draconiens. On fait quand m&#234;me encore, &#231;a fait partie du folklore, les gens ont besoin de &#231;a, et puis &#231;a nous aide &#224; progresser !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; La satisfaction des clients quand ils nous disent : &#171; &lt;i&gt;Merci de nous r&#233;galer comme &#231;a ! &lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Y'a tellement de sp&#233;cialit&#233;s que y'en a pas une qu'on pr&#233;f&#232;re. On serait tent&#233;es de dire le couscous, mais dans quelques mois ce sera autre chose, avant c'&#233;tait le fenouil&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; C'est toujours la derni&#232;re, et quand on en fait une autre on oublie, on est infid&#232;les, pour nos amours de chocolat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que vous &#233;voque le mot &#171; chocolat &#187; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ma :&lt;/strong&gt; Mais nous, c'est un peu tout, parce qu'on vit dedans&#8230; Y'a un truc marrant, chaque fois qu'y viennent y'en a : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce-qu'il y a de nouveau, cette semaine ?&lt;/i&gt; &#187; On peut pas faire des nouveaut&#233;s toutes les semaines, h&#232;. &#171; &lt;i&gt;Ah !&lt;/i&gt; je dis, &lt;i&gt;aujourd'hui y'a au couscous.&lt;/i&gt; &#187; Alors &#231;a, &#231;a m'amuse beaucoup parce que j'en ai m&#234;me un qui a senti les graines alors qu'y en a pas, c'&#233;tait croustillant, voil&#224; !
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mi :&lt;/strong&gt; De la magie parce que le chocolat, &#231;a fait&#8230; Les gens rentrent avec le sourire, avec envie, &#231;a se refl&#232;te sur leur visage et d&#233;j&#224;, &#231;a, je dis : &#171; &lt;i&gt;C'est gagn&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Et on joue l&#224;-dessus : on leur offre d&#232;s qu'ils rentrent une d&#233;gustation, donc on a toute la journ&#233;e cette satisfaction de gens qui rentrent avec bonne humeur dans notre magasin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par M-J Flandin le 26/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Accores du Port</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Mise en forme in situ du m&#233;tier d'accoreur : comp&#233;tences, outils et ouvrage en &#233;quipe, pour vivre de la mer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 2002, Fr&#233;d&#233;ric Blot, 35 ans, est chef d'&#233;quipe accoreur sur le Port Autonome de Marseille et dirige les diff&#233;rentes &#233;tapes d'entr&#233;e et de sortie d'un navire en forme, le chantier d'attinage et les op&#233;rations d'&#233;chouage et de calage : &#171; &lt;i&gt;Dans ce m&#233;tier, ce qui est bien, c'est la diversit&#233; des t&#226;ches. C'est tellement singulier qu'il faut le vivre pour savoir vraiment. C'est beaucoup plus vari&#233; que ce &#224; quoi je m'attendais, et m&#234;me plus int&#233;ressant que la simple id&#233;e qu'on peut s'en faire.&lt;/i&gt; &#187; Artisanat portuaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les formes 1 et 2 ont &#233;t&#233; construites sous Napol&#233;on III. Le terme d'accoreur n'existait pas mais en tout cas, on &#233;chouait d&#233;j&#224; les bateaux et si je ne m'abuse, les &#201;gyptiens avaient d&#233;j&#224; des techniques pour &#233;chouer leurs bateaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste le travail d'accoreur ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Notre travail, la finalit&#233;, c'est d'&#233;chouer les bateaux : quand on les met en cale s&#232;che, quand on les pose. Y'a diff&#233;rentes &#233;tapes pour les bateaux de type yacht, dans les petites formes. La quille repose sur une ligne axiale de tins. Le tin, ce sont des gros blocs de b&#233;tons avec une couche de bois tr&#232;s dur qui s'appelle l'azob&#233;e et par dessus, on met une couche de peuplier qui est du bois tendre qui va se d&#233;former pour &#233;pouser le bateau, pour ne pas l'ab&#238;mer. Donc, y'a une ligne sur l'axe de bassin de radoub dans lequel va rentrer le bateau, on va pomper l'eau et la quille va se poser sur la ligne axiale. On a diff&#233;rentes passerelles et on va mettre des bois pour tenir le bateau en &#233;quilibre, en fait, il va se poser et on va le maintenir en &#233;quilibre avec des accores _d'o&#249; le nom du m&#233;tier _, des &#233;pontilles qu'on appelle g&#233;n&#233;ralement bois _on pourrait comparer &#231;a &#224; des grands poteaux t&#233;l&#233;phoniques_, qu'on va placer et caler. On leur donne du champ, ils ont une certaine inclinaison. Avant &#231;a &#233;videmment il y a une &#233;tude du bateau pour savoir le nombre de bois que nous allons mettre, &#224; quel endroit on va les mettre. Ensuite, on re&#231;oit les plans du bateau pour &#231;a. Bon, y'a des bateaux qu'on connait tr&#232;s bien donc on sait directement o&#249; on va les mettre, on pr&#233;pare les bois, l'emplacement, d&#232;s que le bateau touche, on le cale. Ensuite, quand la r&#233;paration est finie, on s'occupe de remettre le bateau &#224; flot et d'ouvrir les portes. &#199;a c'est la premi&#232;re phase pour l'&#233;chouage des bateaux, l'&#233;chouage le plus simple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Intervenez-vous dans les r&#233;parations ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La r&#233;paration, nous n'intervenons pas &#224; proprement dire sauf en ce qui concerne le grutage. Nous sommes accoreurs et grutiers, donc nous faisons tout le grutage de la r&#233;paration navale. On attache pas les charges, sauf quand c'est pour nous, pour pr&#233;parer un chantier, parce qu'y'a des bateaux plus complexes o&#249; il faut faire des chantiers. c'est pareil, on re&#231;oit les plans du bateau, on place des tins qui sont amovibles &#224; ce moment-l&#224;, toujours constitu&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on : b&#233;ton, azob&#233;, peuplier. Nous avons des c&#244;tes, nous les reportons, nous tra&#231;ons au sol par rapport &#224; des plans, un peu comme des g&#233;om&#232;tres, on a certains appareils lasers aussi. Et &#224; ce moment-l&#224;, il n'y a pas de bois et le bateau va poser sur ses tins qui sont plac&#233;s lat&#233;ralement par rapport &#224; son axe et qui vont le maintenir en &#233;quilibre. &#231;a, on peut le faire pour des yachts et pour les grands bateaux que nous pouvons &#233;chouer dans les formes 8 et 9, ou 10 quand elle est en fonction, ce n'est que du chantier d'attinage : chantier de diff&#233;rents tins plac&#233;s selon les plans du bateau, qui ne pose que sur les tins, il n'y a pas de bois sur les c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la partie la plus importante de votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est la pr&#233;paration des chantiers, parce que &#231;a peut prendre un certain temps. Ensuite c'est les &#233;chouages, selon les p&#233;riodes : c'est un peu un travail saisonnier en ce qui concerne les yachts, le nautisme, puisque l'&#233;t&#233; ils sont sur les flots et y'a beaucoup de rentr&#233;es, de sorties, puisqu'on a quand m&#234;me formes 3, 4, 5, 6 et 1 ou 2 pour les petits bateaux et les yachts. Ensuite, y'a la forme 8 et 9, donc l&#224; &#231;a, c'est toute l'ann&#233;e, c'est principalement la pr&#233;paration des chantiers. Les petites formes, c'est principalement les &#233;chouages. Ben vu que les formes sont amodi&#233;es maintenant, c'est-&#224;-dire qu'elles sont lou&#233;es &#224; des r&#233;parateurs et bon, y'a certains bateaux qui ne peuvent entrer qu'en forme 8 et 9, du fait de leurs tailles, ensuite, entre la forme 1 qui peut accepter certains bateaux qui peuvent aller aussi en formes 8 et 9, l&#224; c'est entre eux, c'est des batailles commerciales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il faut pas avoir peur du travail, de se salir les mains, c'est &#231;a le principal. Ensuite il faut savoir manipuler une scie. C'est quelque chose de tr&#232;s pratique, de tr&#232;s manuel. On fait des coupes, du travail &#224; la scie, de la manutention &#224; la grue. Il faut savoir compter, calculer, faut l'esprit d'&#233;quipe : c'est tr&#232;s important parce que l&#224;, on compte beaucoup sur les autres. Faut savoir forcer pour pas se faire mal puisqu'on a quand m&#234;me &#224; manipuler des choses assez lourdes, et beaucoup de logique. Apr&#232;s faut savoir manipuler une masse puisque quand on cale les bois c'est &#224; la masse, faut savoir clouer. Il faut avoir un esprit pratique, c'est la principale qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous toujours exerc&#233; cette activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vous voulez conna&#238;tre mon parcours (rire) ? J'ai une licence de biologie, un DEUG de droit, un dipl&#244;me de visiteur m&#233;dical. J'ai travaill&#233; comme employ&#233; dans une station service. comme huissier _c'est un terme pompeux_, huissier chasseur au quotidien La Provence, c'est-&#224;-dire je recevais les fax et je les dispatchais aux jounalistes en fonction de leurs contenus. J'ai &#233;t&#233; motard de presse, toujours &#224; la Provence. visiteur m&#233;dical, plus divers petits m&#233;tiers. J'ai essay&#233; de cr&#233;er une petite entreprise et je suis entr&#233; au port en tant qu'accoreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi le choix de ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je voulais retrouver un m&#233;tier un peu plus pratique, en fait, o&#249; on voyait r&#233;ellement ce qu'on faisait, plus, je cherchais un travail d'&#233;quipe. Plus, j'&#233;tais tr&#232;s attir&#233; par le Port Autonome pour les perspectives d'emploi vu qu'on travaille au port longtemps, y'avait de multiples choix qui pouvaient se proposer. J'ai plusieurs personnes de ma famille qui travaillent ici, qui ont su qu'y'avait un concours, qui se sont renseign&#233;es, qui m'ont expliqu&#233; un peu le m&#233;tier, donc &#231;a m'a int&#233;ress&#233;. Voil&#224; pourquoi je suis rentr&#233;, pourquoi j'ai postul&#233; du moins. Le concours c'est un &#233;tablissement public, c'&#233;tait d'un niveau troisi&#232;me &#224; l'&#233;poque donc dict&#233;e, calcul, tests psycho-techniques, tests de hauteur pour les grues parce qu'on monte &#224; des grues de 70 m&#232;tres de hauteur, et entretien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris le travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a s'apprend sur le tas, y'a pas d'&#233;cole d'accoreur. &#199;a se fait par compagnonnage, on pourrait dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les formes de radoub, c'est la premi&#232;re chose. Elles sont ferm&#233;es par des bateaux portes, des grandes portes en acier ou en b&#233;ton comme pour la forme 10. Ils flottent en temps normal et on les fait couler &#224; l'entr&#233;e de la porte. Y'a des joints sur le bord et quand les pompes aspirent l'eau de la forme, la force de la mer les fait se plaquer. &#199;a fait partie de l'apprentissage, savoir manipuler les bateaux portes, c'est du matelotage. On le fait avec des cabestans, des poulies, des palans. Pour les petites formes, une fois que la forme est vide, les bateaux se vident d'eux-m&#234;mes dans la forme, on a des syst&#232;mes de caisson qu'on r&#232;gle. Quand on remet l'eau, une fois que l'eau est au m&#234;me niveau que la mer, le bateau porte reflotte et on peut ouvrir la porte. Pour la forme 8 et 9, c'est exactement le m&#234;me principe sauf qu'on a des compresseurs pour chasser l'eau, pour qu'il puisse flotter. Et le bateau porte 10 qui est en b&#233;ton, c'est le m&#234;me principe que la forme 2. Ensuite, on a du mat&#233;riel de menuiserie, deux chariots &#233;l&#233;vateurs, diff&#233;rentes grues mobiles, automobiles : deux qui peuvent lever jusqu'&#224; 20 tonnes, ce sont les plus petites en petites formes, de 1 &#224; 6, une grue automobile sur rails plus grosse en forme 8 et 9, qui l&#232;ve jusqu'&#224; 40 tonnes, la Titan qui l&#232;ve jusqu'&#224; 50 tonnes en forme 8, 9 et 10, et trois grues &#224; tour type grues de chantier, dont la plus haute est &#224; 70 m&#232;tres sous cabine et l&#232;ve jusqu'&#224; 20 tonnes. Et la grue Kayard en forme 10 qui l&#232;ve jusqu'&#224; 150 tonnes, une grue sur rails aussi. On sait manipuler et on a les &quot;Cases&quot;, des sortes de permis pour conduire les chariots &#233;l&#233;vateurs et les diff&#233;rents types de grues. &#199;a c'est pour la partie accoreur, puisque le service est divis&#233; entre mainteneurs et accoreurs ; ensuite, la maintenance s'occupe de l'entretien de tous ces engins plus tout ce qui est machinerie de pompe quand on fait un &#233;chouage : les cuves, le pont, au niveau des bassins de radoub. L&#224;, il est question de recevoir de nouveaux engins mais toujours du m&#234;me type. Chaque fois qu'on a une nouvelle chose, on se forme dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il des consignes vestimentaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : le bleu, casque ou casquette coqu&#233;e sur les quais et dans les formes le casque obligatoire. Chaussures de s&#233;curit&#233;, gants, pour la tenue des E.P.I., Equipements de protection individuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle p&#233;riode avez-vous le plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On en a toujours parce que de toute fa&#231;on, quand nous n'avons pas de bateaux, quand y'a une p&#233;riode plus creuse, &#231;a nous permet de pr&#233;parer, de r&#233;parer le mat&#233;riel, d'entretenir. Quand y'a des coups de bourre, apr&#232;s, il faut ranger tout ce qui a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; ou remonter, donc on peut pas dire qu'on ait de p&#233;riode vraiment creuse. Et puis &#231;a reste tr&#232;s al&#233;atoire, on a eu des &#233;t&#233;s o&#249; cens&#233;ment les yachts viennent moins et y'a eu beaucoup de yachts qui sont venus. Du fait de la mondialisation, les entreprises maintenant essayent de rentrer autre chose que leur activit&#233; principale, c'est-&#224;-dire des navires d'autres horizons : des petits gaziers ou des citernes qui alimentent les bateaux, enfin, des bateaux de commerce qu'on &#233;choue en petites formes. Des dragues, des engins flottants&#8230; donc en fait l'activit&#233; s'&#233;tale beaucoup plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien y a-t-il d'accoreurs sur le port ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Actuellement, pour l'accorage seul, y'a quarante-six accoreurs divis&#233;s en deux &#233;quipes puisque nous travaillons en quarts : un shift le matin, un shift l'apr&#232;s-midi, plus on peut &#234;tre appel&#233; &#224; travailler la nuit ou les week-ends.Trois chefs d'&#233;quipe par &#233;quipe et deux contrema&#238;tres, un par &#233;quipe, &#224; chaque atelier. Pour le service r&#233;paration navale du port autonome, on est environ quatre-vingt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec qui avez-vous des contacts professionnels ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;D'autres services ? _En fait pas grand monde. Alors, y'a un autre service de la r&#233;paration navale, le branchement navire. il y en a plus g&#233;n&#233;ralement sur le port et nous, on en a une unit&#233;. eux s'occupent de tout ce qui est branchement douce, &#233;lectricit&#233; et t&#233;l&#233;phone des navires qui sont &#224; quai. d&#232;s qu'on &#233;choue, qu'on doit mettre un bateau en eau, ils viennent brancher ou d&#233;brancher. Les mainteneurs, &#233;lectriciens, m&#233;caniciens, ont plus de rapport avec d'autres services du port. Par exemple, les &#233;lectriciens ont des rapports avec le service r&#233;seau g&#233;n&#233;ral d'&#233;lectricit&#233; mais nous, en temps qu'accoreurs, on a pas beaucoup&#8230; un peu avec l'ECM (ndlr : service d'Exploitation Commerciale de Marseille), ceux qui s'occupent de d&#233;charger les bateaux, les containers, pour le silo &#224; sucre, tout ce qui est grues uniquement de commerce et ils ont aussi des engins flottants que nous &#233;chouons. Ce sont eux qui g&#233;raient le ponton Atlas, une grue flottante donc, quand on doit les &#233;chouer, les r&#233;parer, on a des rapports avec eux. Il arrive aussi quand nous manquons de grues ou selon les palanqu&#233;es qu'il y a &#224; faire, que ce soit des grutiers de l'ECM qui viennent travailler &#224; la r&#233;paration navale. Donc l'ECM c'est la partie de quai pour Marseille. Par contre nous faisons partie de la m&#234;me direction, la DOT, Direction des Op&#233;rations et des Terminaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s avez-vous d&#233;velopp&#233;es ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oh l&#224; ! difficile &#224; dire, hein, j'ai pas l'impression d'avoir chang&#233;&#8230; Je pense plut&#244;t que &#231;a m'a permis de mettre en application mes qualit&#233;s, m&#234;me si le terme est pas trop appropri&#233; mais, surtout quand on est bien dans un environnement et dans un m&#233;tier, apr&#232;s vos qualit&#233;s s'expriment. Ce qui me pla&#238;t, c'est que ce soit toujours diff&#233;rent, un &#233;chouage n'est jamais le m&#234;me, m&#234;me si c'est le m&#234;me bateau, y'a toujours des al&#233;as, donc il faut toujours &#234;tre vigilant et toujours r&#233;agir vite devant diff&#233;rentes situations. Il faut souvent qu'on adapte parce que c'est quand m&#234;me artisanal comme m&#233;tier. Donc, c'est une des qualit&#233;s qu'il faut, r&#233;activit&#233; et force d'anticipation, quoi. Beaucoup d'adaptabilit&#233; aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont les d&#233;sagr&#233;ments du travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est pas ce que j'aime le moins, c'est&#8230; on a quand m&#234;me des conditions de travail difficiles, certainement parmi les plus difficiles du port. D&#233;j&#224;, on travaille dehors qu'il fasse chaud, froid. Pendant la grande canicule par exemple, on &#233;tait dans les formes, c'&#233;tait des fournaises. Et puis si un bateau arrive, m&#234;me s'il y a une pluie battante et de la gr&#234;le, il faut qu'on l'&#233;choue. Donc, les conditions climatiques sont pas toujours agr&#233;ables. Heureusement, on est sur Marseille, donc on a aussi des bons moments. Y'a aussi des avantages &#224; &#234;tre dehors. Apr&#232;s, des fois, y'a des chantiers qui sont tr&#232;s p&#233;nibles, en plus des intemp&#233;ries, parce qu'il y a de la boue dans la forme, parce qu'y'a des charges &#224; monter, parce que l'acc&#232;s est difficile. Il nous arrive de travailler alors qu'y'a d&#233;j&#224; un bateau donc, ce serait &#231;a les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir du m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est difficile de faire &#233;voluer le m&#233;tier au niveau technique, donc parce que &#231;a fait partie des m&#233;tiers vraiment artisanaux donc, c'est tr&#232;s difficile de voir une &#233;volution. On va certainement avoir du nouveau mat&#233;riel, les bateaux m&#234;mes peuvent changer puisqu'ils vont &#233;voluer dans ce sens. Les formes des bateaux &#233;voluent donc, y'avait certaines formes, certains chantiers qui &#233;taient pr&#233;vus. Par exemple, ce qu'on appelait des chantiers initiaux sur les formes 8 et 9, c'&#233;tait des chantiers un peu standards, beaucoup de bateaux pouvaient se poser. C'est plus tr&#232;s vrai, c'est-&#224;-dire que pratiquement chaque bateau est diff&#233;rent maintenant et il faut refaire un chantier pratiquement chaque fois. Donc voil&#224;, y'a des &#233;volutions dans ce sens. Peut-&#234;tre que &#231;a reviendra, que les bateaux seront plus similaires et qu'y'aura besoin d'autres chantiers. Apr&#232;s, au niveau technique, oui, des &#233;volutions y'en aura mais lesquelles, je pense pas que &#231;a va changer radicalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aura-t-on besoin de davantage d'accoreurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a, &#231;a d&#233;pend de l'activit&#233;, &#231;a d&#233;pend de la forme 10 par exemple et puis &#231;a d&#233;pend de Monsieur Sarkozy peut &#234;tre&#8230; Des accoreurs il en faudra toujours, maintenant plus d'accoreurs, &#231;a, &#231;a d&#233;pendra de l'activit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des &#233;changes avec d'autres ports ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On a des &#233;changes, donc le syst&#232;me d'&#233;chouage est principalement le m&#234;me dans tous les pays. Je sais qu'&#224; G&#234;nes et &#224; Barcelone, il y a des formes de radoub et le principe est toujours le m&#234;me. Apr&#232;s, y'a un autre syst&#232;me qui va bient&#244;t &#234;tre pr&#234;t &#224; La Ciotat, c'est un syst&#232;me d'&#233;l&#233;vateurs uniquement tourn&#233; vers la haute plaisance qui va sortir les bateaux de l'eau avec un esp&#232;ce de gros portique, pour les mettre &#224; terre directement sur quai. L&#224;, les avantages et les inconv&#233;nients par rapport &#224; une forme de cale s&#232;che, on ne conna&#238;t pas exactement. En plus, y'a beaucoup de choses qui se voient par la pratique. Par contre ils sont limit&#233;s, eux, en en taille et poids donc, ils vont recevoir des bateaux plus gros que ce qu'ils peuvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si c'&#233;tait &#224; refaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Est-ce que je souhaiterais exercer une autre profession ? Oui, moi, je suis ouvert &#224; tout m&#233;tier et je ne dis pas que dans quinze-vingt ans, je serai encore accoreur ou peut-&#234;tre m&#234;me au Port . Maintenant, je ne regrette en rien, je suis tr&#232;s bien et je n'ai pas vu les cinq ann&#233;es passer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : R&#234;vez-vous parfois d'embarquer ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, &#231;a ne m'attire pas du tout. Je vais m&#234;me aller plus loin, m&#234;me les gros yachts, &#231;a me fait pas du tout r&#234;ver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous lie &#224; Marseille, au port ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'aime Marseille et le c&#244;t&#233; mer, m&#234;me si avant je n'y travaillais pas et si je ne suis pas un marin ne serait-ce qu'amateur, j'ai du mal &#224; m'&#233;loigner de la mer. J'ai toujours eu tendance &#224; vouloir travailler pour la mer, que la mer me fasse vivre. Je ne savais pas exactement sous quelle forme, que ce soit directement ou indirectement et je suis tr&#232;s fier, enfin, c'est quelque chose qui me&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 5/10/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier ; image : Patrick Chiappe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les 2 moiselles de Marseille</title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/les-2-moiselles-de-marseille</link>
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		<dc:date>2005-04-18T10:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ines Konan</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Conjugalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ind&#233;pendance</dc:subject>
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		<description>Pour Karine, vingt ans, et Val&#233;riane, vingt-et-un ans, toutes deux inscrites en deuxi&#232;me ann&#233;e de droit &#224; la facult&#233; d'Aix-Marseille, l'argent reste indispensable dans le couple. Mais pour Val&#233;riane, gagner un revenu plus &#233;lev&#233; que celui de son mari para&#238;t anormal dans la mesure o&#249; cela risque de susciter un complexe d'inf&#233;riorit&#233; chez l'homme. Les deux filles donnent aussi leurs sentiments sur l'&#233;panouissement de la femme et sur le couple. Koinai : Qu'attendez vous des &#233;changes affectifs avec un homme ? (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/conjugalite" rel="tag"&gt;Conjugalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/independance" rel="tag"&gt;ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Karine, vingt ans, et Val&#233;riane, vingt-et-un ans, toutes deux inscrites en deuxi&#232;me ann&#233;e de droit &#224; la facult&#233; d'Aix-Marseille, l'argent reste indispensable dans le couple. Mais pour Val&#233;riane, gagner un revenu plus &#233;lev&#233; que celui de son mari para&#238;t anormal dans la mesure o&#249; cela risque de susciter un complexe d'inf&#233;riorit&#233; chez l'homme. Les deux filles donnent aussi leurs sentiments sur l'&#233;panouissement de la femme et sur le couple.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Qu'attendez vous des &#233;changes affectifs avec un homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Val&#233;rianne : La pl&#233;nitude, le bien &#234;tre ! Ils aident la femme &#224; se construire. Malgr&#233; cela, certaines pr&#233;tendent &#234;tre &#233;panouies en vivant seules. Peut-&#234;tre qu'elles le sont en r&#233;alit&#233;...
&lt;br /&gt;Karine : Les &#233;changes affectifs sont un plus qui aide &#224; garder confiance en soi. Moi, j'ai besoin de me sentir aim&#233;e, d'avoir un &#233;quilibre affectif pour me sentir bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment exprimer un sentiment &#224; un homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Ben, je rougis... Non, je rigole ! Je dis franchement ce que je ressens.
&lt;br /&gt;Ka : Je n'arrive pas &#224; dire ce que je ressens. Je suis assez discr&#232;te. Je m'exprime par le regard et les hommes me comprennent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais eux, comment s'expriment-ils ? Vous disent-ils ce qu'ils ressentent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ka : En fait, ils ont couramment recours &#224; un jeu de s&#233;duction qui se traduit par un sourire, un geste ou un regard. En plus, ils posent beaucoup de questions, ils cherchent &#224; avoir des informations. Lorsqu'un homme a une telle attitude, je devine ais&#233;ment ses sentiments et j'en d&#233;duis qu'il a une attirance pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#199;a vous fait quoi, quand un homme vous regarde ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Hol&#224;, &#231;a d&#233;pend du mec, hein, car certains ont des regards pervers.
&lt;br /&gt;Ka : Sinon, &#231;a fait aussi plaisir ; et puis c'est flatteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous d&#233;j&#224; femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ka : Non, pas encore.
&lt;br /&gt;V : Non, parce que je suis trop jeune. C'est en fonction de l'&#226;ge. Quand j'aurai 25 ou 30 ans, je me dirai alors que je suis une femme. Je ne me vois pas comme une gamine mais je ne me sens pas encore femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Si &#224; cet &#226;ge vous n'avez toujours pas d'enfant, vous sentirez-vous quand m&#234;me femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Ben oui, puisque c'est par rapport &#224; l'&#226;ge que je la d&#233;finis et non par le fait d'avoir des enfants.
&lt;br /&gt;Ka : Idem. Mais il faudrait en plus pour me conforter dans ce sentiment, que j'aie une vie professionnelle et affective stable. Je pense que c'est au fur et &#224; mesure qu'on se construit, qu'on devient une femme. On n'a pas forc&#233;ment besoin d'avoir des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Hormis la diff&#233;rence biologique, qu'est-ce qui diff&#233;rencie la femme de l'homme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Nous sommes plus intelligentes, plus matures, et moins ringardes qu'eux. Ils sont un peu brutes, comme s'ils manquaient d'affect. Ils ont aussi beaucoup de pr&#233;jug&#233;s : voyez, pour les jeunes, la femme reste la personne qui s'occupe du foyer, de la cuisine, des enfants, de la popote.
&lt;br /&gt;Ka : Je pense aussi que les hommes ne sont pas tr&#232;s ouverts sur les choses de l'ext&#233;rieur, contrairement &#224; nous. En plus, ils ont &#224; certains moments l'air de s'enfermer dans un mutisme qu'on ne comprend pas... Un peu comme s'ils &#233;taient insensibles. Ce qui fait que l'on ne se comprend pas toujours. On attend des choses d'eux, et ils ne comprennent pas ou ne r&#233;pondent m&#234;me pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pensez-vous du mariage et de la vie de couple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ka : Moi je compte me marier et avoir des enfants. Pour que cela marche, il faut que l'union soit bas&#233;e sur la confiance.
&lt;br /&gt;V : Moi aussi, je me marierai. Obligatoire ! Dans mon couple chacun devra avoir une part d'ind&#233;pendance, ses propres amis, s'organiser ses sorties. Il ne faut pas trop s'&#233;touffer. Chacun doit pouvoir s'&#233;panouir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et la place de l'argent dans le couple, quelle est-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ka : &#199;a compte un peu quand m&#234;me.
&lt;br /&gt;V : Franchement, l'argent pour moi &#231;a n'a pas d'importance. Par contre, ce qui me d&#233;rangerait, ce serait de gagner plus d'argent que mon conjoint. Parce que je sais qu'apr&#232;s les hommes en font un complexe d'inf&#233;riorit&#233; ; il me ferait des r&#233;flexions du genre : &quot;&lt;i&gt;Je ne veux pas &#234;tre entretenu&lt;/i&gt;&quot;. Mais, moi non plus, je ne voudrais pas &#234;tre entretenue !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Croyez-vous qu'un tel complexe soit l&#233;gitime ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Non, non, mais je ne voudrais pas que mon conjoint se mette des choses en t&#234;te pour cette raison, et qu'il se dise qu'il se fait entretenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous qu'un tel complexe existerait si vous entreteniez des rapports &#233;galitaires avec lui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Non, mais... au fond de lui, il se dira toujours qu'il se fait entretenir et je ne voudrais pas qu'il ressente cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : S'il vous arrivait de gagner une grosse somme d'argent, au loto par exemple, qu'ach&#232;teriez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;V : Moi j'ach&#232;terais un bateau, un gros bateau pour faire le tour du monde. Je prendrais mes enfants avec moi, sur mon bateau !&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ka : Moi, je ne sais pas du tout... Si je gagne au loto... Une grosse somme d'argent... Et bien, j'ach&#232;terais une grande et belle maison pleine de chambres, pour moi et ma famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Ines Konan, mars 2005.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le v&#233;lo mise sur l'effet de cha&#238;ne</title>
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		<dc:creator>Patricia Rouillard</dc:creator>


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		<dc:subject>Une</dc:subject>
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		<dc:subject>Courage</dc:subject>

		<description>Michel Escoffier, Pr&#233;sident du &quot;Collectif V&#233;los en Ville&quot; compte ses adh&#233;rents en v&#233;los, soit quatre cents actuellement. Bicyclard de la premi&#232;re heure, il assure le relais entre les deux-roues et la mairie qui poursuit ses r&#233;flexions sur l'am&#233;nagement de pistes r&#233;serv&#233;es. L'occasion de profiler les comportements du Marseillais en plein transport. Koinai : Pourquoi, &#224; l'instar de Strasbourg, Marseille ne s'est pas mise au v&#233;lo ? Michel Escoffier : Strasbourg a de tout temps eu une fr&#233;quentation de (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/courage" rel="tag"&gt;Courage&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Escoffier, Pr&#233;sident du &quot;Collectif V&#233;los en Ville&quot; compte ses adh&#233;rents en v&#233;los, soit quatre cents actuellement. Bicyclard de la premi&#232;re heure, il assure le relais entre les deux-roues et la mairie qui poursuit ses r&#233;flexions sur l'am&#233;nagement de pistes r&#233;serv&#233;es. L'occasion de profiler les comportements du Marseillais en plein transport.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourquoi, &#224; l'instar de Strasbourg, Marseille ne s'est pas mise au v&#233;lo ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Michel Escoffier : Strasbourg a de tout temps eu une fr&#233;quentation de v&#233;los importante, beaucoup plus importante que toutes les autres villes de France : ils repr&#233;sentent entre onze et quinze pour cent des d&#233;placements, ce qui rejoint les taux qu'on observe en Hollande ou en Allemagne-Rh&#233;nane. Pourquoi Marseille a vingt ans de retard ? Le v&#233;lo, en fait, renvoie &#224; une vision de pauvre : c'&#233;tait papa ou grand-papa qui allait &#224; l'usine &#224; v&#233;lo &#224; cinq heures du matin avec sa gamelle. Et, parce que Marseille est une ville tr&#232;s populaire, il y a beaucoup de gens qui ont int&#233;gr&#233; cette image &quot;Qu'on a froid dans les miches, c'est pas gai.&quot; L'ambition que les uns et les autres nourrissaient dans les ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre, c'&#233;tait d'avoir une p&#233;trolette et puis une voiture. En th&#233;orie, il n'y a aucune raison qu'&#224; Marseille on ait cinq &#224; dix fois plus de densit&#233; de voitures que dans le centre-ville de Paris ou de Lyon, aucune. Simplement l'un entra&#238;nant l'autre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il du plan des pistes cyclables ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sur le papier, &#224; l'&#233;tat de projet, les pistes cyclables existent. Mais en dehors des plans g&#233;n&#233;raux de circulation appliqu&#233;s aux autobus, et donc aux v&#233;los, il n'y a pas de plan diffus&#233;. Pour l'heure, il n'y aucune continuit&#233;, les pistes sont r&#233;alis&#233;es au fur et &#224; mesure des opportunit&#233;s, morceau par morceau. Muselier a fait, plus ou moins clairement, passer son ambition, d'ici les prochaines &#233;lections, d'en r&#233;aliser cent kilom&#232;tres dans Marseille. Les services municipaux sont charg&#233;s du dossier. Le collectif est consult&#233; r&#233;guli&#232;rement : par exemple sur le Prado, une piste sur le trottoir &#233;tait propos&#233;e. Soixante pour cent de nos militants ont adh&#233;r&#233; au principe d'un am&#233;nagement l&#233;ger de la contre-all&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui freine l'am&#233;nagement de ces pistes ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Le probl&#232;me de l'am&#233;nagement urbain, c'est la raret&#233; de l'espace, et faire quelque chose sur la rue, c'est en piquer &#224; quelqu'un. &#192; Marseille, la demande est &#233;norme, le taux de motorisation atteint deux voitures et demie par m&#233;nage contre z&#233;ro soixante dix &#224; Paris. Or, les automobilistes sont des &#233;lecteurs. Piquer de l'espace aux voitures, comme la Ville le fait depuis un an et demi avec le tramway, c'est extr&#234;mement difficile, politiquement. On a un retard sociologique d'une trentaine d'ann&#233;es ! Les gens hurlent, parce qu'on leur fait payer le parking, alors que dans tous les centres-villes de France et du monde, on le paye. Pour les Marseillais c'est scandaleux qu'on ose demander un tarif r&#233;sident pour garer sa bagnole !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-on lutter contre la voiture &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La RTM assure un service &#233;pouvantable, c'est le pire que je connaisse : il ferme &#224; huit heures du soir, il n'y a aucun horaire de bus ; il a des fr&#233;quences inf&#226;mes. Sauf obligation, on n'est pas tr&#232;s engag&#233; &#224; prendre le bus ou le m&#233;tro. Or, comme j'ai ma voiture et que le bus marche pas bien, je ne vois pas pourquoi je vais m'emmerder &#224; prendre le bus, puisque de toute fa&#231;on, si je n'ai pas de voiture, je suis coinc&#233;, je ne pourrais pas aller au cin&#233;ma. C'est un encha&#238;nement. &#192; partir du moment o&#249; j'ai ma voiture, je la prends jusqu'&#224; ce que, comme &#231;a se passe en ce moment, &#231;a devienne tr&#232;s emmerdant d'&#234;tre englu&#233; dans les embouteillages, de ne pas savoir o&#249; la garer avec tous les travaux de la mairie. &#192; ce moment, je re-consid&#232;re ma position : peut-&#234;tre qu'il y a moyen de faire autrement ? Tiens, peut-&#234;tre que le v&#233;lo, ce n'est pas idiot ! Le retournement de comportement se joue comme &#231;a. Si les politiques, astucieusement, les pr&#233;c&#232;dent et les accompagnent, &#231;a engr&#232;ne. S'ils sont compl&#232;tement en retrait, en arri&#232;re de la main, il ne se passe pas grand chose, on reste dans la bouillasse. C'est ce qui s'est un peu pass&#233; &#224; Marseille ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; cause de politiques pas tr&#232;s perspicaces et pas tr&#232;s courageuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment militez-vous pour le v&#233;lo ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, on ne dit rien. On existe depuis dix ans. De quarante, cinquante adh&#233;rents pendant dix ans, on est pass&#233; &#224; quatre cents. On est tout petit, on commence &#224; avoir un peu de moyens. Les relais presse r&#233;agissent tr&#232;s bien, il ne se passe pas une semaine sans qu'on ait un article dans La Provence, dans Marseille-Hebdo, dans les trucs locaux. On a eu une t&#233;l&#233; locale. En fait, il y a de plus en plus de cyclistes dans la ville de Marseille, parce qu'il y a pas mal de gens qui arrivent de l'ext&#233;rieur ; ils avaient d&#233;j&#224; leurs v&#233;los, ils continuent d'en faire. D'autres les voient, ils voient aussi les embouteillages, le merdier que c'est pour circuler, et ils se disent : &quot;Tiens, pourquoi pas moi ?&quot; Ils viennent ici, on les aide, on les conseille. Il y a un effet d'entra&#238;nement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il un profil du cycliste ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, nos adh&#233;rents, hommes, femmes, ont de douze &#224; quatre-vingts ans. On ne peut pas identifier un profil particulier. La caract&#233;ristique commune n'est pas sociologique : des gens qui ont un certain courage, qui savent s'affirmer, qui ne pr&#233;textent pas le risque de se faire &#233;craser ou voler, ou tremper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous entendus par les instances ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on est re&#231;u r&#233;guli&#232;rement par la Mairie m&#234;me si elle n'est pas homog&#232;ne. Pour Gaudin, le v&#233;lo c'est de la rigolade, le dimanche. Mais Muselier, lui, s'est rendu compte que ces petites r&#233;alisations seront des app&#226;ts, pas forc&#233;ment en terme de masse &#233;lectorale mais d'image. C'est positif, de pouvoir dire qu'il s'en est occup&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel type d'action est facilement r&#233;alisable ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous travaillons avec la Mairie sur l'am&#233;nagement des voies existantes dans la mesure du raisonnable. La premi&#232;re action concr&#232;te a permis l'&#233;largissement du couloir de bus de la rue de Rome. Maintenant on peut la descendre, tranquille, dans le couloir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en contact avec les rollers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, ils ont tr&#232;s bien assur&#233; le service d'ordre lors de notre journ&#233;e &quot;F&#234;te du V&#233;lo&quot; en juin dernier. Cinq cent v&#233;los ont suivi le parcours partant du David, descendant le Prado jusqu'&#224; la mairie et revenant par la Corniche. &#199;a faisait un long cort&#232;ge !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous eu voix au chapitre lors des n&#233;gociations sur le tram ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une obligation l&#233;gale, pour une ville qui re-qualifie de fa&#231;on importante les chauss&#233;es, de pr&#233;voir des voies de circulation pour les v&#233;los sur cette chauss&#233;e. Nous avons donc suivi de tr&#232;s pr&#232;s la consultation. Le trajet du tram est bord&#233; de A &#224; Z par de la piste cyclable, pas toujours le long de la voie. Elle ouvrira d&#233;but 2008. Ce trajet est act&#233; dans la d&#233;claration d'utilit&#233; publique du tram, c'est tout &#224; fait officiel. Si la Ville ne le r&#233;alisait pas, on l'attaquerait au tribunal et on gagnerait &#224; tous les coups. Pour le moment on ne peut pas s'en rendre compte, les trottoirs ne sont pas encore qualifi&#233;s, ils en sont &#224; faire des trous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que faites-vous des r&#233;flexions des cyclistes qui interviennent sur votre site ?&lt;/strong&gt;&lt;a href='http://collectif@velosenville-marseille.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;*&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;Les remarques de nos adh&#233;rents sont reprises dans un cadre plus structur&#233;. Cette ann&#233;e, on a pr&#233;sent&#233; un projet &quot;Plan v&#233;lo sur Marseille&quot; prenant en compte les points noirs. &#199;a re-jaillira sur la programmation des endroits o&#249; il faut vraiment intervenir aupr&#232;s de la Mairie pour qu'elle am&#233;nage un noeud sur un passage un peu dur, et pas forc&#233;ment un lin&#233;aire de cinquante kilom&#232;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les am&#233;nagements pour r&#233;ceptionner les v&#233;los, pour se garer en ville ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a fait une enqu&#234;te sur le stationnement en v&#233;lo, le type d'arceau, on l'a remise &#224; la Ville. C'est pris en compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vous &#234;tes int&#233;ress&#233;s aux autres mod&#232;les europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on est affil&#233; &#224; la &lt;a href='http://fubicy.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;F&#233;d&#233;ration Nationale Fubicy*&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la ville phare en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il n'y a plus de ville phare, beaucoup sont actives, mais Strasbourg et Grenoble ont toujours beaucoup d'avance. La derni&#232;re dont on parle beaucoup, c'est Lyon, avec les am&#233;nagements du &quot;V&#233;lov&quot;. Chamb&#233;ry a une activit&#233; tr&#232;s forte dans la combinaison du transport bus-v&#233;lo : &quot;Mettre le v&#233;lo dans le bus&quot;. Une ville comme Montpellier, par exemple, a fait un coup : elle a achet&#233; deux mille v&#233;los, les a fil&#233;s &#224; une assos, pour ne plus en entendre parler. Paris fait un gros effort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu' envisagez-vous pour promouvoir le v&#233;lo ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a comme action visible &quot;La Corniche &#224; v&#233;lo&quot;, une fois par an, dans le cadre de la F&#234;te du V&#233;lo, version nationale. Pour la &quot;Semaine de la Mobilit&#233;&quot;, on a pas fait grand chose. On m&#232;ne parfois des op&#233;rations de tractage (ndlr : signature de tracts), au Vieux-Port.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que le v&#233;lo-dans-le-tram est envisag&#233; &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, non, ce ne sera pas retenu. Je l'ai propos&#233; mais la pompe n'est pas suffisamment amorc&#233;e pour qu'on am&#233;nage le tram. C'est la probl&#233;matique de la SNCF : &quot;&#199;a me co&#251;te cher de faire rouler mes wagons alors que j'ai des emplacements vides pour les v&#233;los. Ce n'est pas int&#233;ressant. S'il y avait beaucoup de v&#233;los, d'accord, je ferais quelque chose, mais comme il n'y en a pas&quot;... &#199;a s'encha&#238;ne. Il nous revient donc de nous faire entendre. Et, aux gens de l'autre c&#244;t&#233; de pr&#233;voir que &#231;a vaut le coup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le v&#233;lo id&#233;al pour rouler dans la ville ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le v&#233;lo de ville qui a simplement des d&#233;veloppements suffisamment petits pour rouler tranquillement. Chez D&#233;cathlon, il y en a pour cent cinquante euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui fait r&#226;ler le cycliste ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les bonnes femmes qui vous klaxonnent au cul, parce que vous les emp&#234;chez, que vous les ralentissez. &#199;a c'est tr&#232;s aga&#231;ant !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Patricia Rouillard le 8 d&#233;cembre 2005.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail c'est la sant&#233; ?</title>
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		<dc:date>2009-10-07T15:09:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Natacha Boutry</dc:creator>


		<dc:subject>compl&#233;ments</dc:subject>

		<description>I - Articles compl&#233;mentaires sur deux activit&#233;s : l'industrie du savon de Marseille et la fabrication du chocolat 1. Histoire du savon de Marseille Le savon de Marseille, ce &#171; cube &#187; compos&#233; &#224; 72% d'huiles, est utilis&#233; sur tous les continents, et dans toutes les cultures. Universel, il r&#233;ussit le tour de force d'&#234;tre &#224; la fois un produit de lessive et un produit de beaut&#233; ! L'origine du savon de Marseille provient du savon d'Alep existant depuis des milliers d'ann&#233;es. Le mode de fabrication originaire (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/complements" rel="tag"&gt;compl&#233;ments&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Articles compl&#233;mentaires sur deux activit&#233;s : l'industrie du savon de Marseille et la fabrication du chocolat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. Histoire du savon de Marseille&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le savon de Marseille, ce &#171; cube &#187; compos&#233; &#224; 72% d'huiles, est utilis&#233; sur tous les continents, et dans toutes les cultures. Universel, il r&#233;ussit le tour de force d'&#234;tre &#224; la fois un produit de lessive et un produit de beaut&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'origine du savon de Marseille provient du savon d'Alep existant depuis des milliers d'ann&#233;es. Le mode de fabrication originaire de la ville d'Alep en Syrie, &#224; base d'huile d'olive et de laurier s'est r&#233;pandu &#224; travers le bassin m&#233;diterran&#233;en, &#224; la suite des Croisades, en passant par l'Italie et l'Espagne, pour atteindre Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la fin du 16e si&#232;cle, la savonnerie est issue de petites entreprises familiales marseillaises. Le Midi, et la Provence en particulier, dispose des mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires, l'huile d'olive, le sel et les cendres de salicorne de la Camargue, et plus tard l'huile de palme et le coprah issus des colonies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, la ville de Marseille poss&#232;de quatre-vingt-dix savonneries.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale &#233;clate, Marseille assure encore la moiti&#233; de la production fran&#231;aise mais les ann&#233;es qui suivent sont d&#233;sastreuses. Le savon est supplant&#233; par les d&#233;tergents de synth&#232;se et les savonneries marseillaises ferment les unes apr&#232;s les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les vertus de ce produit naturel et biod&#233;gradable vont &#234;tre &#224; l'origine d'un renouveau depuis les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extraits de : &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_...&lt;/a&gt; et de &lt;a href='http://www.savon-de-marseille.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.savon-de-marseille.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. La fabrication et les vertus du chocolat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chocolat est un m&#233;lange de masse de cacao, de sucre, de beurre de cacao et &#233;ventuellement de lait. Le pourcentage de chaque &#233;l&#233;ment d&#233;pend de la vari&#233;t&#233; et du type de chocolat &#224; obtenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa fabrication se fait en plusieurs &#233;tapes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE MALAXAGE
&lt;br /&gt;La masse de cacao est m&#233;lang&#233;e aux autres mati&#232;res premi&#232;res (sucre et &#233;ventuellement produits laitiers) dans un p&#233;trin muni de meules de granit. La composition est malax&#233;e jusqu'&#224; devenir une p&#226;te homog&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE BROYAGE / RAFFINAGE
&lt;br /&gt;Pour diminuer la granulom&#233;trie jusqu'&#224; un niveau non perceptible &#224; la d&#233;gustation, les particules solides doivent &#234;tre r&#233;duites &#224; 15-25 microns. La p&#226;te passe donc dans des broyeuses affineuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE CONCHAGE
&lt;br /&gt;Cette op&#233;ration est essentielle pour donner au chocolat toute sa finesse et son onctuosit&#233; puisqu'elle permet une homog&#233;n&#233;isation du produit et un d&#233;veloppement de son ar&#244;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE TEMP&#201;RAGE
&lt;br /&gt;Le conchage termin&#233;, le chocolat est stock&#233; dans des tanks &#224; 40 &#176;C avant de passer dans une temp&#233;reuse. Le temp&#233;rage du chocolat consiste &#224; amener le beurre de cacao dans sa forme cristalline la plus stable. Le beurre de cacao est compos&#233; de cinq mol&#233;cules grasses diff&#233;rentes fondant chacune &#224; des temp&#233;ratures distinctes (comprises en 26 et 31 &#176;C), et ce m&#233;lange donne au chocolat un haut degr&#233; de cristallinit&#233; : il peut cristalliser en six formes diff&#233;rentes. Parmi ces six &#233;tats, le temp&#233;rage am&#232;ne au plus stable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE MOULAGE
&lt;br /&gt;Pour obtenir la forme ou le motif d&#233;sir&#233;, le chocolat est directement vers&#233; dans des moules. Il s'agit du moulage du chocolat. Des ingr&#233;dients suppl&#233;mentaires peuvent &#234;tre ajout&#233;s selon la friandise que l'on d&#233;sire. Les moules et le chocolat passent dans une machine appel&#233;e tapoteuse qui r&#233;partit le chocolat dans le moule. Enfin, il passe dans un tunnel r&#233;frig&#233;r&#233; qui le refroidit instantan&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les vertus du chocolat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le chocolat contient une grande quantit&#233; de substances chimiques antioxydantes (flavono&#239;des, de la famille des polyph&#233;nols ou &#171; tanins &#187;) d&#233;couvertes dans les f&#232;ves de cacao qui seraient &#224; l'origine de ses qualit&#233;s. Ces substances poss&#232;dent de nombreuses propri&#233;t&#233;s.
&lt;br /&gt;Manger r&#233;guli&#232;rement du chocolat peut avoir des effets positifs sur la sant&#233; ; le cacao ou le chocolat noir, en particulier, sont b&#233;n&#233;fiques pour le syst&#232;me circulatoire. D'autres effets b&#233;n&#233;fiques ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;s, tels qu'un effet anticancer, nootropique (stimulation c&#233;r&#233;brale) ou de pr&#233;vention de la toux. L'effet aphrodisiaque n'a pas pu &#234;tre prouv&#233; pour le moment.
&lt;br /&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la consommation excessive d'aliments riches en &#233;nergie, tels que le chocolat, est suspect&#233;e d'augmenter le risque d'ob&#233;sit&#233; sans une augmentation correspondante de l'activit&#233;.
&lt;br /&gt;Extrait de &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - &#192; VOIR, &#192; LIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les savons de Marseille&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Bernard Duplessy, Franck Rozet, Edisud, 2007
&lt;br /&gt;B.Duplessy nous raconte une v&#233;ritable saga qui plonge ses origines loin dans le pass&#233; et les voyages, l'outremer et l'Orient. Le savon de Marseille, c'est aussi une aventure peu ordinaire, r&#233;v&#233;latrice d'une &#233;conomie marseillaise tumultueuse. Au fil des pages et des documents illustr&#233;s, parfois in&#233;dits, se d&#233;roulent sous nos yeux la vie quotidienne des savonniers, leurs gestes et leurs savoir-faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La tradition du savon de Marseille&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Pascale Huby, Jos&#233; Nicolas, Nouvelles &#233;ditions Loubati&#232;res 2006
&lt;br /&gt;Tourisme -broch&#233;- 48 pages
&lt;br /&gt;Synonyme de prosp&#233;rit&#233; pour Marseille, avec les huileries et les activit&#233;s portuaires durant la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, la production du savon &#224; l'huile d'olive, a &#233;galement fait les beaux jours de Salon de Provence, au point d'en transformer la physionomie. Au sortir de la seconde guerre mondiale, la puissante industrie savonni&#232;re d&#233;cline inexorablement. Mais quelques artisans obstin&#233;s perp&#233;tuent encore la fabrication traditionnelle du fameux cube.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est dans l'air&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Reportage France 5 t&#233;l&#233;vision, diffusion du 02/02/07&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Histoire d'un petit cube&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;R&#233;alisation C&#233;dric Gimet, Chapacan production
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.chapacan.net/savon.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.chapacan.net/savon.html&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Ce film est une enqu&#234;te sur les savonneries de Marseille. Au travers de plus de mille photographies retrouv&#233;es par miracle, le fonctionnement de cette industrie de renomm&#233;e mondiale est &#233;tudi&#233;. Ce film retrace l'histoire de ce cube de savon, au gr&#233; des histoires personnelles de marseillais et de marseillaises, qui nous racontent quelques secrets d'utilisations de ce savon qu'ils connaissent depuis leurs plus tendres enfances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autour du chocolat :
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Chocolat, l'envers du d&#233;cor&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Auteurs : Philippe Bertrand, Philippe Marand - &#201;diteur : &#201;ditions de l'If
&lt;br /&gt;P&#226;tissiers reconnus, les deux auteurs se sont impos&#233;s comme des sp&#233;cialistes de la chocolaterie. Avec cet ouvrage, ils livrent aujourd'hui les cl&#233;s de leur savoir-faire exceptionnel, fruit d'une pratique quotidienne et d'une &#233;tonnante ma&#238;trise de la d&#233;coration. Au fil des pages, les deux p&#226;tissiers chocolatiers d&#233;voilent leurs secrets et leurs tours de main. L'accent est mis sur les gestes les plus d&#233;licats, rendant accessibles les techniques les plus difficiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Chocolat mon amour&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Michel Richart - Somogy, Editions d'Art- 2001
&lt;br /&gt;Dans cet ouvrage, Michel Richart, fils d'un ma&#238;tre-chocolatier lyonnais propose au lecteur de d&#233;couvrir l'art et la mani&#232;re de choisir, fabriquer et d&#233;guster le chocolat. Et pour tester les talents des gourmands, des recettes sont pr&#233;sent&#233;es &#224; la fin de chaque chapitre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Chocolat, mon amour&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Un film de Christophe Fraipont
&lt;br /&gt;1996 - Belgique - 60 minutes - Vid&#233;o
&lt;br /&gt;Production/Diffusion : Les films de la m&#233;moire, ARTE GEIE
&lt;br /&gt;Ce film met en sc&#232;ne les plus grands professionnels de la poudre noire, &#224; Bruxelles et &#224; Paris, et raconte une histoire de la d&#233;mocratisation du chocolat. Comment le chocolat, d'un produit de luxe r&#233;serv&#233; &#224; l'aristocratie et &#224; la haute bourgeoisie, est devenu un objet de consommation accessible &#224; tous. L'imagination des chocolatiers et la concurrence ont ouvert la voie &#224; la d&#233;couverte d'une infinit&#233; de saveurs et de modes de consommation du chocolat...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - LIENS UTILES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.videos-pub.fr/fr_artisan_chocolatier.php' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.videos-pub.fr/fr_artisan...&lt;/a&gt; : une vid&#233;o courte sur le m&#233;tier de chocolatier.
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.chococlic.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.chococlic.com&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.planetemuseeduchocolat.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.planetemuseeduchocolat.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant l'article de la rubrique sur le m&#233;tier de thanatopracteur :
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://sct.fr.free.fr/index.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://sct.fr.free.fr/index.htm&lt;/a&gt; : site culturel de thanatopraxie
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://sct.fr.free.fr/cepent/presentation.htm' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://sct.fr.free.fr/cepent/presen...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Pr&#233;sentation du Centre d'&#201;tudes Pr&#233;paratoires aux Examens Nationaux de Thanatopraxie d'Avignon
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://www.afif.asso.fr/francais/conseils/conseil35b.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.afif.asso.fr/francais/co...&lt;/a&gt; : o&#249; se former, enseignement, l&#233;gislation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour en gr&#226;ce du savon de Marseille</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/le-retour-en-grace-du-savon-de</link>
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		<description>Produit embl&#233;matique de la ville de Marseille et de son histoire industrielle, le savon conna&#238;t actuellement un regain d'int&#233;r&#234;t. Besoin d'authenticit&#233; ou effet de mode... Cinq ans apr&#232;s s'&#234;tre lanc&#233; dans cette activit&#233;, le couple Brunat n'a pas le temps de se poser la question. Leur savonnerie, la Licorne, ne cesse d'augmenter ses ventes et de s'ouvrir de nouveaux march&#233;s. &quot;Mon mari pensait d&#233;j&#224; &#224; l'export. Moi, je trouvais cette id&#233;e idiote, lance Laurence Brunat tout sourire. Avec un p&#232;re et un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Produit embl&#233;matique de la ville de Marseille et de son histoire industrielle, le savon conna&#238;t actuellement un regain d'int&#233;r&#234;t. Besoin d'authenticit&#233; ou effet de mode... Cinq ans apr&#232;s s'&#234;tre lanc&#233; dans cette activit&#233;, le couple Brunat n'a pas le temps de se poser la question. Leur savonnerie, la Licorne, ne cesse d'augmenter ses ventes et de s'ouvrir de nouveaux march&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&quot;Mon mari pensait d&#233;j&#224; &#224; l'export. Moi, je trouvais cette id&#233;e idiote, lance Laurence Brunat tout sourire. Avec un p&#232;re et un grand-p&#232;re qui &#233;taient du s&#233;rail, son conjoint Serge Brunat sortait d'un moule &#224; savon. Lui-m&#234;me commercial dans les huiles, il n'a pas eu de mal, en 1999, &#224; convaincre sa femme de se lancer dans l'aventure. &quot;Il m'a fait &#233;cum&#233; toute la r&#233;gion PACA avec ma mallette, r&#233;v&#232;le la jeune femme. J'ai prospect&#233; les boutiques touristiques. Les gens se sont tout de suite montr&#233;s int&#233;ress&#233;s. Alors moi aussi j'y ai cru.&quot; Cinq ans apr&#232;s avoir acheter les machines d'un savonnier qui ne trouvait pas de repreneurs, le couple Brunat fait partie des trois derniers fabricants de Marseille. Partie de rien, leur petite entreprise emploie aujourd'hui huit personnes et vend ses produits en Grande Bretagne, aux Etats-unis et jusqu'au Japon. En France, les savons La Licorne se sont trouv&#233;s une place de choix dans les boutiques touristiques, en drogueries, dans les salons et sur les stands d'&#233;v&#233;nements comme le march&#233; de No&#235;l de Marseille. &quot;Nous r&#233;alisons notre plus gros chiffre d'affaire pendant la p&#233;riode des f&#234;tes, affirme Laurence Brunat. Et puis c'est en s'exposant que nous nous faisons conna&#238;tre aupr&#232;s des grossistes.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Rentrer dans les supermarch&#233;s n'est pas notre priorit&#233;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si la Licorne a gagn&#233; en 2000 le concours Cr&#233;a13 de la meilleure PME. Une toute jeune soci&#233;t&#233; qui marche, avec un produit qui fait partie int&#233;grante de l'histoire de Marseille... il n'en fallait pas plus pour s&#233;duire le jury. Pour Laurence Brunat, qui ne manquera pas de vous montrer le prix encadr&#233; &#224; l'entr&#233;e de la boutique, plus qu'une reconnaissance : &quot;il s'agit l&#224; de la preuve du s&#233;rieux et la qualit&#233; de notre travail&quot;. Sur le sol fran&#231;ais, le savon de Marseille pourrait encore passer pour un savon rustique, bas de gamme et fait pour le m&#233;nage. Sur les march&#233;s &#233;trangers, c'est une appellation qui se vend bien. Et ch&#232;re. &quot;Quand un de nos clients japonais nous a dit que les savons qu'on leur vendait 5,40 Euros pi&#232;ce s'achetaient l&#224;-bas jusqu'&#224; 100 Euros, avoue-t-elle, j'ai eu du mal &#224; le croire.&quot; Une fois quitt&#233; le territoire, le savon de Marseille devient savon de luxe. En Angleterre, aux Etats-unis, son prix est multipli&#233; au minimum...par 8 ou 9. Seuls suffisent trois arguments en guise de formule magique : &quot;Pure v&#233;g&#233;tale&quot;, &quot;Senteur de Provence&quot; et &quot;Made in France&quot;.
Assur&#233;s de telles marges, il n'est pas &#233;tonnant que les revendeurs &#233;trangers n'aient jamais demand&#233; &#224; n&#233;gocier la prise en charge du transport, enti&#232;rement &#224; leurs frais. &quot;Nous mettons les produits sur palette, explique Madame Brunat. D&#232;s qu'ils passent la porte de la boutique, nous n'en sommes plus responsables.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un savoir-faire ancestral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attirer cette client&#232;le &#233;trang&#232;re n'a pas &#233;t&#233; facile pour autant. Elle vous le dira franchement : &quot;Les Am&#233;ricains ont une assez mauvaise image des entreprises fran&#231;aises. Il a fallu qu'on leur d&#233;montre que nous &#233;tions souples, que nous respections toujours les d&#233;lais et que nous &#233;tions &#224; leur disposition m&#234;me le dimanche et jours f&#233;ri&#233;s.&quot; Une fois les pr&#233;jug&#233;s tomb&#233;s, le c&#244;t&#233; artisanal du savon de Marseille a fait le reste. &quot;Quand ils sont venus visiter l'atelier, se souvient-elle, que ce soient les Am&#233;ricains ou les Japonais, tous ont &#233;t&#233; s&#233;duits par notre savoir-faire ancestral. Et &#224; la vu de nos machines centenaires, ils sont tout de suite tomb&#233;s sous le charme.&quot;
Si aujourd'hui l'atelier &#224; la douce odeur de lavande se visite, ce n'est pas pour augmenter le chiffre d'affaire. L'entr&#233;e est libre. Et ce ne sont pas les quelques savons vendus par jour qui augmenteront les b&#233;n&#233;fices. &quot;Ni la vente &#224; tout prix ni les supermarch&#233;s ne sont notre priorit&#233;, souligne la propri&#233;taire des lieux. Nous laissons ce c&#244;t&#233; commercial aux grosses fabriques et aux parfumeurs&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Pour que les Marseillais profitent de leur savon&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, ce sont la municipalit&#233; et l'office de tourisme qui ont demand&#233; aux Brunat d'ouvrir les portes de leur Licorne. A l'heure o&#249;, par besoin d'authenticit&#233;, le savon de Marseille revient &#224; la mode, certaines personnes &#224; la mairie auront compris l'int&#233;r&#234;t d'ouvrir &#224; tous un pan du patrimoine marseillais. &quot;La boutique et l'accueil des curieux, c'&#233;tait plus pour faire plaisir, avoue-t-elle. Il fallait bien que les Marseillais puissent eux-aussi profiter de leur savon&quot;. En entrant au coeur de la fabrique au sol gras et glissant, on comprend qu'elle n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; cet effet. Petite, elle voit ses ouvriers la d&#233;serter lorsque la Licorne re&#231;oit des invit&#233;s. Seuls am&#233;nagements : les protections pos&#233;es sur le moteurs des machines, la boutique et le mus&#233;e de l'huile install&#233; &#224; c&#244;t&#233; afin de pouvoir diviser la visite en trois &#233;tapes. C'est ainsi que depuis trois ans, des cars de touristes de toute la France, voire de bien plus loin, d&#233;barquent Cours Julien. A la d&#233;couverte du noble artisanat du savon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Renaud Douci&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le march&#233; des Capucins</title>
		<link>http://www.koinai.net/inventaires/Le-marche-des-Capucins</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Lior&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nostalgie</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
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		<description>Cet article propose d'aborder bri&#232;vement une s&#233;rie d'approches sur le march&#233; des Capucins, dans le quartier de Noailles &#224; Marseille, telles que l'histoire architecturale et l'urbanit&#233; contemporaine du lieu ou encore, la sociabilit&#233; actuelle, &#224; travers les relations interculturelles entre les diff&#233;rents acteurs qui animent cet espace bouillonnant. Autrement dit, qu'est-ce qui fait la singularit&#233; humaine et marchande de ce petit quartier de l'hyper centre de Marseille, plaque tournante des flux migratoires (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/marche" rel="tag"&gt;March&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nostalgie" rel="tag"&gt;Nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alterite" rel="tag"&gt;Alt&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/alimentation" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/noailles" rel="tag"&gt;053. Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article propose d'aborder bri&#232;vement une s&#233;rie d'approches sur le march&#233; des Capucins, dans le quartier de Noailles &#224; Marseille, telles que l'histoire architecturale et l'urbanit&#233; contemporaine du lieu ou encore, la sociabilit&#233; actuelle, &#224; travers les relations interculturelles entre les diff&#233;rents acteurs qui animent cet espace bouillonnant. Autrement dit, qu'est-ce qui fait la singularit&#233; humaine et marchande de ce petit quartier de l'hyper centre de Marseille, plaque tournante des flux migratoires qui fa&#231;onne la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est au chevalier De Noailles, qui occupait un superbe h&#244;tel dont il reste aujourd'hui un balcon en fer forg&#233; et une fontaine en forme de vasque visibles dans la cour de l'immeuble situ&#233; au n&#176;13 du march&#233; des Capucins, que le quartier doit son nom.
L'urbanisation du quartier de Noailles commence v&#233;ritablement &#224; partir du XVIIe si&#232;cle, le long d'une voie de communication du nom de &#8220;Chemin d'Aubagne&#8221;. Toutefois, les archives municipales nous apprennent qu'en 1579, lors d'un voyage &#224; Marseille, la reine m&#232;re Catherine de M&#233;dicis, protectrice des Capucins (des religieux r&#233;form&#233;s de l'ordre de Saint Fran&#231;ois), souhaita installer dignement ceux de Marseille en faisant &#233;difier pour eux un couvent. A la fin du XVIIIe si&#232;cle, il abritera en plus d'une pharmacie, d'un jardin botanique et d'une collection d'histoire naturelle, une manufacture de draps qui fournissait tous les Capucins de Provence. Ce couvent fut &#233;difi&#233; &#224; l'emplacement de l'actuel march&#233; des Capucins et mis en vente puis d&#233;moli peu apr&#232;s la r&#233;volution. Il n'en reste aujourd'hui que l'&#233;glise, situ&#233;e derri&#232;re l'actuelle gare de l'Est, consacr&#233;e en 1694 par Mgr de Vintimille, apr&#232;s avoir remplac&#233; une premi&#232;re &#233;glise trop petite datant de 1611.
La d&#233;molition du couvent fait place &#224; un march&#233; en plein air qui, au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, se sp&#233;cialise dans la vente de volailles et de l&#233;gumes, jusqu'&#224; ce que la ville d&#233;cide d'&#233;difier une halle &#8220;&#224; volaille&#8221; en 1835. Joseph Pap&#232;re en est l'investigateur financier. N&#233; d'un p&#232;re italien pauvre, J. Pap&#232;re s'&#233;tablit comme commis chez un quincaillier de Noailles. Au d&#233;c&#232;s de celui-ci, Pap&#232;re lui succ&#232;de, fait fortune et devient propri&#233;taire de plusieurs immeubles. Le projet de la halle ne fait pas l'unanimit&#233;, d'autant que lors de la construction, &#224; partir de 1837, la corniche de l'&#233;difice ne tarde pas &#224; s'&#233;crouler. Un journal local titre &#8220;La corniche des cornichons&#8221;, un article qui s'en prend aux membres du Conseil Municipal. Toutefois la construction de la halle s'ach&#232;ve en 1839, devient une bourse du travail en 1887, avant d'&#234;tre d&#233;molie &#224; la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, dans la partie haute de la place, la ville &#233;difie fin XIXe le hall de la gare de l'Est, d'o&#249; sera creus&#233; un tunnel long de pr&#232;s de 700 m., de la gare jusqu'&#224; La plaine (place Jean Jaur&#232;s). Un train &#224; vapeur, mis en service par la Compagnie de la gare de l'Est en 1893, fait la liaison de trois kilom&#232;tres de la nouvelle gare jusqu'&#224; celle de la Blancarde et au cimeti&#232;re St Pierre. La gare de l'Est deviendra &#8220;mixte&#8221; (m&#233;tro et tramway) en 1984. La station de m&#233;tro &#8220;Noailles&#8221;, implant&#233;e dans la gare de l'Est, h&#233;berge un mus&#233;e (Galerie), qui retrace l'histoire des transports marseillais, depuis le premier omnibus &#224; cheval jusqu'&#224; l'actuel m&#233;tro.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche urbaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le quartier de Noailles souffre d'une image n&#233;gative aupr&#232;s des habitants, des commer&#231;ants et d'une grande partie de la population marseillaise.
D'une part, la salet&#233; des rues et des places due au d&#233;p&#244;t d'ordures qui s'y trouvent n'est pas des plus accueillantes. En effet, les d&#233;chets organiques n&#233;cessitent un traitement sp&#233;cial que la municipalit&#233; ne se r&#233;sout pas ou trop peu &#224; solutionner. Malgr&#233; des containers install&#233;s entre 2000 et 2001 (en partie retir&#233;s lors de la r&#233;habilitation), la salet&#233; des places (en particulier place des halles Charles de la Croix) et des rues demeure. Des efforts sont n&#233;anmoins faits : les services de nettoyage passent plus r&#233;guli&#232;rement depuis quelques mois. La mauvaise gestion de la propret&#233; est due &#224; un service public d&#233;faillant et &#224; un manque d'informations (sensibilisation de la population au probl&#232;me) d'apr&#232;s le Collectif Ombre et lumi&#232;re (regroupement d'habitants et de commer&#231;ants du quartier) qui ne cesse depuis plusieurs ann&#233;es de proposer id&#233;es et r&#233;flexions &#224; ce sujet. L'association (&lt;a href='http://www.centrevillepourtous.asso.fr/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.centrevillepourtous.asso.fr&lt;/a&gt;) r&#233;fl&#233;chit et agit sur diff&#233;rentes probl&#233;matiques li&#233;es au quartier : suivi des projets immobiliers, probl&#232;mes li&#233;s au logement, &#224; la pr&#233;sence d'usagers de drogues ou encore &#224; l'installation de vid&#233;osurveillance. Malgr&#233; des atouts (centralit&#233;, commerces), le quartier de Noailles ne fait pas v&#233;ritablement l'objet d'attentions publiques : implantation d'&#233;quipements, entretien des espaces publics... sont peu nombreux voire inexistants. N&#233;anmoins, un PRI (p&#233;rim&#232;tre de restauration immobili&#232;re) a &#233;t&#233; r&#233;cemment &#233;tabli par la ville, dans le cadre de la requalification de l'hyper centre de la ville et dans le but de transformer les conditions d'habitabilit&#233; de l'habitat d&#233;grad&#233;. Les propri&#233;taires doivent alors effectuer les travaux dans un d&#233;lai de deux ans, sans quoi ils risquent l'expropriation. Si la perspective para&#238;t b&#233;n&#233;fique, les probl&#232;mes de traitement in&#233;gal du tissu urbain ou encore d'expulsion sans relogement des populations sont latents. De plus, la Mairie a eu pour projet d'ouvrir les rues Longue et Vacon &#224; la circulation automobile. Cette annonce a sem&#233; la col&#232;re, notamment aupr&#232;s des commer&#231;ants qui ont bloqu&#233; les travaux. Un compromis a &#233;t&#233; trouv&#233; entre eux et la ville qui s'engage &#224; laisser ces rues pi&#233;tonnes pendant six mois si les premiers veillent &#224; entretenir leur cadre de vie. Laisser circuler les voitures au d&#233;triment des pi&#233;tons condamnerait l'activit&#233; commerciale et touristique du &#8220;souk&#8221; haut en couleurs de Marseille. D'autre part, les vendeurs &#224; la sauvette et la petite d&#233;linquance (vols &#224; l'arrach&#233;e) agissent aussi sur l'image n&#233;gative du quartier. Les commer&#231;ants s'en plaignent (tandis qu'eux &#8220;payent des taxes&#8221;, les vendeurs &#224; la sauvette &#8220;gagnent bien leur vie !&#8221;) et peu sont convaincus du syst&#232;me de vid&#233;osurveillance install&#233; &#8220;&#224; l'essai&#8221; pour faire dispara&#238;tre (d&#233;placer ?) ces vendeurs &#8220;ill&#233;gaux&#8221; ou lutter contre la petite d&#233;linquance. N&#233;anmoins, bien qu'elle n'ait pas disparu, la pr&#233;sence de toxicomanes a diminu&#233; &#224; Noailles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche &#233;conomique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un quartier d'affaires devenu populaire et r&#233;duit aux commerces principalement alimentaires...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusque dans les ann&#233;es 70, les commer&#231;ants d'antan (bottiers, tripiers, liquoristes, corsetiers...) occupaient l'espace marchand du quartier. Une fois partis &#224; la retraite, ils n'ont pas &#233;t&#233; remplac&#233;s [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Hormis la &#8220;maison&#8221; d'antan et d'origine, le Jardin de Blaise, commun&#233;ment (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et les valeurs fonci&#232;res ont chut&#233; jusqu'&#224; un renouveau, une dizaine d'ann&#233;es plus tard, lorsque des entrepreneurs nord-africains puis ouest-africains et asiatiques ont install&#233; leurs &#233;tals de produits marchands ou import&#233;s. D&#232;s lors, Noailles, &#8220;point phare des &#233;conomies et des sociabilit&#233;s&#8221; (Marie Sengel), offre des perspectives commerciales pour les entrepreneurs &#233;trangers. La gestion d'un commerce, gage de r&#233;ussite, permet autant d'&#233;changes marchands que sociaux et au-del&#224;, manifeste le signe d'une prosp&#233;rit&#233; sociale et &#233;conomique. A propos des entrepreneurs d'Afrique subsaharienne, Marie Sengel montre qu'ils acqui&#232;rent, d'une certaine mani&#232;re, le statut d'a&#238;n&#233;s, c'est-&#224;-dire qu'ils se retrouvent autant en position de m&#233;diateurs professionnels, financiers, culturels ou encore matrimoniaux, qu'ils g&#232;rent les conflits et sont sollicit&#233;s pour r&#233;soudre les probl&#232;mes. Ces commerces sont par ailleurs un lien entretenu avec sa culture d'origine, un espace de libert&#233; dans chacune des soci&#233;t&#233;s d'origine et de migration vers une individualisation peu courante dans une repr&#233;sentation collective de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant la client&#232;le, le plus souvent des migrants et leurs descendants, elle trouve dans les commerces de Noailles les produits indispensables, vendus &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence, pour cuisiner (produits alimentaires, &#233;pices et condiments) ou se coiffer (panels de produits capillaires) et une sociabilit&#233; qui rappelle celle du pays d'origine. Des restaurants, des boutiques de tissus et d'objets artisanaux, des tailleurs (Mourides) et des coiffeurs (de plus en plus f&#233;minins) s'installent pour une client&#232;le d'usagers ou de curieux. N&#233;anmoins, les commer&#231;ants et notamment les &#233;piciers se plaignent d'une chute de leur chiffre d'affaire, qu'ils imputent &#224; un climat d&#233;l&#233;t&#232;re, &#224; une certaine &#8220;anarchie&#8221; du quartier et &#224; la concurrence des grandes surfaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Noailles, les commerces (formels et informels) proposent une diversit&#233; singuli&#232;re de marchandises et de services, des sp&#233;cificit&#233;s qui r&#233;pondent notamment aux besoins des populations migrantes : fruits, l&#233;gumes et tubercules [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='parmi lesquels igname, manioc, gombo, tarot, patate douce, banane plantain, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], viandes et volailles (on y trouve aussi un abattoir hallal), poissons [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='M&#233;rou, capitaine, barracuda, requin, tassergal, tilopia, courbine, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], &#233;pices et condiments [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Piments, menthe, coriandre, curcuma, colombo, gingembre, cannelle, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], graines, pains, pizza, cosm&#233;tiques et coiffeurs, textiles et tailleurs, artisanat, bijouterie et horlogerie, parfumerie, presse et librairie sp&#233;cialis&#233;e (islam), bazars, friperie et puces, cigarettes de contrebande, hammam, bars et restaurants, taxiphones, etc. Il s'agit v&#233;ritablement d'un &#8220;centre commercial&#8221; o&#249; un large choix de produits import&#233;s r&#233;pond aux besoins des populations migrantes.
La pluralit&#233; des appartenances culturelles, qu'il s'agisse des g&#233;rants, des employ&#233;s ou des clients, est &#224; l'image de celle des produits : ils sont Marocains, Alg&#233;riens, Tunisiens, Africains (S&#233;n&#233;galais, Ivoiriens, etc.), Europ&#233;ens, Antillais, R&#233;unionnais, Malgaches, Comoriens, Turcs, Libanais, Vietnamiens, Indiens...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Approche interculturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se qui avance un d&#233;coupage &#8220;ethnique&#8221; des commer&#231;ants du quartier de Noailles (les salons de cosm&#233;tiques et capillaires africaines rues Rouvi&#232;re, de l'Acad&#233;mie et Pollak, les primeurs asiatiques place Halles de la Croix ou encore, les commerces alimentaires tenus par des Maghr&#233;bins ou des Turcs rue Longue des Capucins) appelle &#224; &#234;tre nuanc&#233;e. Certains secteurs sont en effet occup&#233;s par des commer&#231;ants de m&#234;me appartenance culturelle, tandis que d'autres composent entre, par exemple, Africains du Nord et de l'Ouest (rue du mus&#233;e), entre Asiatiques et Afrique du Nord (rue de l'Acad&#233;mie). Quant &#224; la client&#232;le, les appartenances culturelles s'&#233;parpillent en fonction des marchandises, des arrivages et des prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi d'autres associations du quartier de Noailles, comme le Collectif Ombre et Lumi&#232;re (cf. supra), on trouve ETZ (Esclavage Tol&#233;rance Z&#233;ro, &lt;a href='http://www.esclavage-stop.org/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.esclavage-stop.org&lt;/a&gt;) qui s'&#233;vertue &#224; abolir l'esclavagisme moderne, le plus souvent f&#233;minin et domestique. Sans pouvoir accueillir mat&#233;riellement les victimes sinon en les pla&#231;ant dans quelques familles d'accueil volontaires, l'association est en mesure de soigner, de conseiller juridiquement et d'accompagner socialement.
L'association des Bantous (du nom d'une ethnie centrafricaine) accueille les migrants centrafricains en organisant des f&#234;tes ou des r&#233;unions (notamment de pr&#233;vention MST) et vient en aide (collectes de v&#234;tements ou de m&#233;dicaments) aux pays d'Afrique centrale. Le quartier h&#233;berge aussi l'association alg&#233;rienne pour la jeunesse, ainsi qu'une &#233;glise &#233;vang&#233;lique libre H&#244;i Thanh Tin L&#224;nh (protestants vietnamiens) et l'antenne Noailles, l'annexe du centre social Cours Julien, qui travaille avec les associations locales et le public du quartier (informations, conseils juridiques...) pour venir en aide aux habitants en difficult&#233; ou pour proposer diverses animations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Hormis la &#8220;maison&#8221; d'antan et d'origine, le Jardin de Blaise, commun&#233;ment appel&#233; &#8220;le p&#232;re Blaise&#8221;, qui jouit depuis la rue M&#233;olan d'une r&#233;putation internationale et qui propose depuis 1815 des produits (bruts ou transform&#233;s) issus de plantes et autres substances v&#233;g&#233;tales curatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] parmi lesquels igname, manioc, gombo, tarot, patate douce, banane plantain, papaye, tamarin, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] M&#233;rou, capitaine, barracuda, requin, tassergal, tilopia, courbine, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Piments, menthe, coriandre, curcuma, colombo, gingembre, cannelle, tandoori, cardamome, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je remercie Joseph Ouazana pour ces longues heures pass&#233;es &#224; &#233;plucher les archives municipales, Salima Tallas, Amina Hamadi et Laurent Marcellin pour avoir arpent&#233; les rues trop chaudes du quartier de Noailles, &#224; recueillir les pr&#233;cieuses informations empiriques n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration de cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le ferry-boat se refait une beaut&#233;</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/le-ferry-boat-se-refait-une-beaute</link>
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		<dc:date>2008-12-23T13:47:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;vision de coques, r&#233;novation de structures de navires et construction de barquettes en vue : la mer, toujours.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tir&#233;s hors de leur &#233;l&#233;ment marin qui a laiss&#233; ses traces sur les coques, les navires offrent au regard la partie habituellement immerg&#233;e de leur anatomie pour recevoir leurs soins annuels : karcher, pon&#231;age, antifouling, restauration... &#171; &lt;i&gt;Oh ! Ici, on traite beaucoup de bateaux, de la barquette &#224; la vedette rapide en passant par les voiliers, les fifty, par toutes sortes de bateaux, h&#232; !&lt;/i&gt; &#187; Oreste Bensa, 55 ans, anse du Pharo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une entreprise qui date de 1964 et nous avons repris l'activit&#233; au 1er janvier 2004. Nous sommes quatre, y'a deux ouvriers charpentiers ; nous faisons de la charpente traditionnelle, surtout en bois, mais on fait aussi le car&#233;nage : nous tirons des bateaux qui font de 4 m&#232;tres jusqu'&#224; 33 m&#232;tres. Le charpentage, nous faisons de la r&#233;novation, de la transformation et s'y faut, de la construction, mais la construction a disparu depuis de nombreuses ann&#233;es au profit du plastique. Mais enfin, y'a un renouveau et la barquette est en plein essor ; c'est devenu &#224; la mode, et il y a beaucoup de demandes pour la r&#233;novation de barquettes : dans l'atelier, on a une barquette catalane en pleine transformation et en r&#233;novation, qui sera termin&#233;e d'ici trois mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Pourquoi avez-vous choisi ce m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Parce que de profession, je suis marin, &#231;a fait 35 ans que je suis dans les bateaux. Les bateaux n'ont plus gu&#232;re de secrets pour moi, parce que je connais le bateau de fond en comble, h&#232;, je suis presque n&#233; dessus, et on a repris cette activit&#233; parce que c'est notre job, et puis on a toujours v&#233;cu &#224; la mer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes marseillais d'origine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, marseillais. Ouais, depuis toujours. J'ai toujours habit&#233; &#224; proximit&#233; du port. Moi j'habitais dans le quartier du Panier, j'&#233;tais au bord de mer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avez-vous appris &#224; r&#233;nover les bateaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On l'a pas appris, on a suivi au niveau des gens comp&#233;tents et tous les anciens nous ont retransmis leur savoir. Y'a un ouvrier charpentier dans la boite, qui a d&#233;marr&#233; &#224; l'&#226;ge de 18 ans, &#231;a fait trente ans qu'il est sur le site. Son fils sort de l'&#233;cole, d'ailleurs, et c'est le p&#232;re qui fait voir les astuces du m&#233;tier parce que comme dans tous les m&#233;tiers manuels, le savoir, c'est qu'on est toujours &#224; la rencontre de diff&#233;rents probl&#232;mes &#224; chaque &#233;tape des travaux et ceux qu'y devait faire, il les a tous r&#233;solus. Je pense pas qu'&#224; l'&#233;cole - bon, je dis pas que les &#233;coles sont pas performantes, je veux pas dire que c'est de la simplicit&#233;, mais un ancien qui a beaucoup de m&#233;tier, c'est la meilleure &#233;cole. Les anciens, ils avaient pas les machines ni les outils que nous disposons &#224; l'heure actuelle. S'y revenait sur le site des charpentiers marine - y sont morts y'a une trentaine d'ann&#233;es ou avant - y seraient stup&#233;faits parce que les machines-outils, &#231;'a plus rien &#224; voir avec les machines d'autrefois : elles sont beaucoup plus pr&#233;cises, beaucoup moins dangereuses, parce que maintenant on est oblig&#233;s de respecter les normes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien y a-t-il d'entreprises comme la v&#244;tre &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Car&#233;nage comme &#231;a, je suis le seul, h&#232; ! Oui, pour ce type de... Le tirage &#224; terre, ouais. &#192; l'Estaque, y'en a un petit, ouais... &#192; La M&#232;de, ouais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quoi consiste le car&#233;nage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Car&#233;nage c'est de tirer le bateau, de le nettoyer, on karch&#233;rise la coque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment sont tir&#233;s les bateaux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les bateaux sont soulev&#233;s ici, ici y sont pos&#233;s. D'ailleurs, c'est beaucoup mieux qu'un bateau de bois repose sur un slip. Le slip, c'est les chariots. On prend les mesures au bateau, s'y faut faire un calage ou des berceaux, on fait &#231;a &#224; terre, on descend le slip dans l'eau, le bateau rentre entre les quatre montants et on peut le tirer ; b&#232; y'a pas de d&#233;formation, c'est pas tout &#224; fait la m&#234;me op&#233;ration par grutage. Surtout sur les bateaux bois qui sont dragu&#233;s, y'a des soucis d'&#233;crasement sur les c&#244;t&#233;s, comme quand on le soulage avec des bragues - les bragues, ce sont des sangles sp&#233;ciales : y'a la grue, et sur le palonnier, on accroche des bragues - ce que vous voyez sur les petites grues autour du port, pour soulever les petites unit&#233;s et bon, si c'est un vieux bateau, y risque d'y avoir des soucis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles salissures sont nettoy&#233;es sur les coques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce sont toutes les algues, toutes les concr&#233;tions marines qui viennent se coller sur la coque. Apr&#232;s, y'a les salissures, aussi, qui sont sous l'eau, le mazout qui salit les coques de bateau. Le mazout, si on d&#233;verse de l'huile dans le port, il est &#233;vident que si &#231;a vient &#224; c&#244;t&#233; de la coque du bateau, &#231;a va la pourrir, h&#232;. Apr&#232;s on fait l'application de sous-marine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'appelez-vous sous-marine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Sous-marine (ndlr : peinture), c'est ce qu'on met sur la coque du bateau. O&#249; c'est qu'y a l'h&#233;lice. La partie qui est immerg&#233;e, qui est dans l'eau. Justement, c'est pour &#233;viter que les algues et les concr&#233;tions marines aillent dessus. Et sous la coque des bateaux, on met les anodes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quoi servent les anodes ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les anodes, ce sont des zincs [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pi&#232;ce de zinc assujettie aux &#339;uvres vives de la coque pour &#233;viter la corrosion (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] qu'on applique sur les coques de bateau, pour l'&#233;lectrolyse. C'est l'&#233;lectricit&#233; statique de l'eau qui va bouffer une pi&#232;ce du moteur, un safran, qui va manger l'h&#233;lice, c'est pour &#231;a on les met les zincs sur les bateaux. c'est des pi&#232;ces, on change, h&#232; ! Ah ! Ouais, on change les zincs, on met des zincs propres, et le bateau peut aller &#224; la mer. Et l'&#233;lectricit&#233; statique, elle va s'attaquer aux zincs, &#224; la coque du bateau. C'est une pi&#232;ce m&#233;canique qui sert &#224; &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la p&#233;riodicit&#233; des car&#233;nages pour un bateau ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;G&#233;n&#233;ralement, on peut avoir un car&#233;nage toutes les ann&#233;es. Eh oui ! Parce qu'&#224; l'&#233;poque, on mettait des sous-marines qui &#233;taient vachement nocives, o&#249; y'avait pas mal de poison et aujourd'hui, avec les nouvelles normes europ&#233;ennes, les produits nocifs ont &#233;t&#233; presque retir&#233;s &#224; 100 %. Toutes les peintures qui sont dans l'eau ne sont plus agressives comme elles &#233;taient autrefois. C'est pour &#231;a que y'a de plus en plus de car&#233;nages.C'est pour pr&#233;server aussi le milieu marin, h&#232;, qu'y ont fait &#231;a. Je pense m&#234;me que demain, les applications de peinture ne seront plus qu'&#224; l'eau, pour enlever tous les produits nocifs. C'est pas encore rentr&#233; en application mais &#231;a va rentrer. Toute fa&#231;on, &#231;a va sortir du commerce, h&#232; ; toutes ces peintures, elles seront plus fabriqu&#233;es. D'apr&#232;s les d&#233;crets europ&#233;ens, en 2010 ou 2011, toutes les peintures seront faites &#224; l'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les m&#233;thodes de car&#233;nage ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Absolument pas ! On karch&#233;rise toujours de la m&#234;me fa&#231;on, avec un karcher, o&#249; on a 400 bars de pression. Et on arrive &#224; lever toutes les mauvaises herbes, toutes les concr&#233;tions qui sont sur la coque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y'a pas de r&#233;volution dans les produits utilis&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, y'a des nouvelles colles mais nous, sur les bateaux en bois, on cloue, hein. On cloue comme &#224; l'ancienne, avec des pointes galvanis&#233;es, apr&#232;s on calfate avec le coton, l'&#233;toupe, le minium, et on mastique et on travaille les coques en bois exactement comme avant ; &#231;a changera jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits employ&#233;s pour le car&#233;nage sont toxiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a des colles qui sont toxiques, h&#232; ! On se prot&#232;ge avec les masques : les masques pour les poussi&#232;res, pour la peinture, on a les masques int&#233;grals pour le pon&#231;age, les combinaisons... Par rapport &#224; l'environnement, c'est un atelier quand m&#234;me qui est aux normes, h&#232;, toutes les machines sont aux normes, c'est tout neuf, elles sont toutes reli&#233;es &#224; un syst&#232;me d'aspiration, donc y'a au moins 80 % de poussi&#232;re de copeaux qui partent, qui sont r&#233;cup&#233;r&#233;s dans des sacs &#224; l'arri&#232;re de l'atelier, niveau atelier. Au niveau car&#233;nage, on a un syst&#232;me de r&#233;cup&#233;ration des eaux de car&#233;nage : toutes les particules de peinture qui s'arrachent sur la coque tombent dans ce caniveau, et on pompe, c'est envoy&#233; dans une cuve o&#249; des filtres retiennent tout, et l'eau ressort propre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps de car&#233;nage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;H&#232; b&#232; c'est simple, si je prends une barquette de 5 m&#232;tres pour la karch&#233;riser, on va mettre une demi-heure, h&#232;, allez, en tout, une heure ; mais si je prends un bateau de 30 m&#232;tres - apr&#232;s, bien s&#251;r, quand on parle de car&#233;nage de bateau, c'est la coque, c'est les lignes d'arbres, les h&#233;lices et les safrans qui sont nettoy&#233;s - l&#224;, effectivement, on met beaucoup plus de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a une p&#233;riode o&#249; vous avez plus d'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;(Rire) Non, honn&#234;tement, non !... &#199;a tourne, &#231;a va. Ouais, y'a des demandes, mais pas plus, pas plus. Ah ! Ouais, ouais, non, c'est &#233;chelonn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce que les clients demandent le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; g&#233;n&#233;ralement, un peu de tout, h&#232; ! Notre principale activit&#233; c'est le bois, mais on est capables de passer &#224; la plastification, pas la grande plastification, mais de la petite plastification, oui. On est capables de traiter une coque en mati&#232;re plastique, en peinture, en reprise de plastique. D'ailleurs il faut le faire aussi, s'y nous arrive un bateau plastique, il vaut mieux dire oui que non, si les travaux, bien entendu, ne sont pas importants. Apr&#232;s c'est une autre activit&#233; et une autre sp&#233;cialisation, le plastique. &#199;a a rien &#224; voir. Mais le bateau bois, &#231;a fait deux ans, il revient fortement &#224; la mode ; tout le monde est amoureux... m&#234;me la ville de Marseille, avec l'Office de la Mer, y avaient fait un recensement sur toutes les vieilles barquettes. Y'a pas mal de bateaux qui sont pass&#233;s classe G, classe L, je me souviens, ils finiront monuments historiques. Certains bateaux sont class&#233;s monuments historiques parce qu'ils avaient &#233;t&#233; construits par des architectes de renom qui ont disparu, et ils ont fait des d&#233;cors sp&#233;cifiques, y'en a une, deux, et on conserve ces bateaux. Apr&#232;s, &#231;a rentre dans le patrimoine, c'est pas mal. Certaines barquettes aussi, faites par des anciens charpentiers marseillais qui ont disparu, sont class&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clients sont fid&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a certains clients qui sont fid&#232;les, on fait pas de publicit&#233;, je crois que la plus belle publicit&#233;, c'est le bouche &#224; oreille, h&#232; ! Surtout quand un client sort du chantier, qu'il a fait faire des travaux sur son bateau, c'est lui qui nous fait la publicit&#233; ; c'est pas les journaux, ni les cartes de visite qu'on peut jeter sur les pannes, h&#232; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quels probl&#232;mes l'activit&#233; est confront&#233;e ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comme on travaille sur des grosses structures, le seul probl&#232;me que nous avons sont les longueurs de bois. Sur les barquettes, y'a plusieurs essences de bois : y'en a qui sont faites en acajou, d'autres en iroko, en ch&#234;ne, on essaye de rester dans... Certains bois, des largeurs, des &#233;paisseurs, des longueurs, on n'en trouve plus. C'est le march&#233; asiatique qui ach&#232;te toutes les for&#234;ts de ch&#234;nes, tous les parquets sont faits en Asie et bient&#244;t, on n'aura plus de ch&#234;nes ! B&#232;, on en trouve, du bois, pour travailler ; y'a diff&#233;rentes essences qui viennent surtout du Gabon, h&#232; ! D'Afrique, d'Am&#233;rique de Sud...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le m&#233;tier requiert quelles comp&#233;tences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y faut &#234;tre travailleur, h&#232; ! Vouais, faut &#234;tre travailleur, faut se lever le matin, avoir envie de travailler, surtout... voil&#224; ! Le car&#233;nage, c'est passer un karcher, h&#232;. Les comp&#233;tences, oui, si on parle de changer des cordages &#224; un bateau, refaire un pont, refaire un roof, refaire une cabine, refaire l'am&#233;nagement int&#233;rieur, il faut une grosse comp&#233;tence. Pour le bois, surtout ; nous, notre principale activit&#233; c'est le bois, h&#232;. On utilise aussi plusieurs essences dans le bois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes en contact avec des confr&#232;res, vous &#233;changez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non ; non non, m&#234;me je vous ai dit qu'on avait beaucoup de souci d'approvisionnement en tout, il est de plus en plus difficile de trouver de tout en...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que pr&#233;f&#233;rez-vous, dans le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aime beaucoup de choses ; d'abord c'est la mer, parce que la mer elle sert &#224; porter les bateaux, les bateaux qui flottent, les bateaux qui sont ab&#238;m&#233;s et qu'on r&#233;pare, qu'on soigne, finalement, qu'on remet &#224; l'eau, on les fait flotter, on les voit naviguer... Y reviennent se faire une beaut&#233; toutes les ann&#233;es, h&#232; ! Et puis de travailler &#224; l'air libre, aussi... Bon, les conditions climatiques, l'hiver, elles sont pas agr&#233;ables parce qu'on est expos&#233; en plein mistral, mais l'&#233;t&#233;, c'est un m&#233;tier agr&#233;able !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et ce que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! C'est poncer, mais mon copain, l&#224;, lui il adore poncer, alors (rire) !...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une anecdote, non, mais nous sommes en train de r&#233;parer un bateau qui est dans le patrimoine marseillais : c'est le ferry-boat qui est dehors, c'est un truc que tous les Marseillais aiment. On se parle du ferry-boat de l'an 3000 mais celui-ci, y faudra le conserver. Nous l'avons toutes les ann&#233;es : il vient, on change quelques planches par-ci, quelques planches par-l&#224;... Les ferry-boat sont toujours venus sur ce chantier, je crois. Se faire r&#233;parer, restaurer, se refaire un beaut&#233;, pour pouvoir faire la travers&#233;e la plus longue du monde. Qui fait combien ? Qui fait que...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232; j'esp&#232;re le voir florissant, h&#232;... Ouais, pourquoi pas, dans l'avenir, surtout de la construction de barquettes ? Parce que tout ce qu'on voit flotter sur l'eau, ce sont des barquettes qui sont assez vieilles, dans cinquante, soixante ou quatre-vingt ans, y seront plus l&#224;. Pourquoi pas faire les barquettes de 2010, ou... &#231;a, c'est un petit peu l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 22/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Pi&#232;ce de zinc assujettie aux &#339;uvres vives de la coque pour &#233;viter la corrosion galvanique due aux ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectrolytiques. Le zinc &#233;tant le plus n&#233;gatif des m&#233;taux courants sur l'&#233;chelle galvanique, c'est lui qui c&#232;de des ions et se corrode en premier, prot&#233;geant ainsi les pi&#232;ces immerg&#233;es faites d'autres m&#233;taux (aluminium, bronze, fonte, acier, etc.) L'anode &#171; fond &#187; progressivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le doigt magique de B&#233;n&#233;dicte</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/article/le-doigt-magique-de-benedicte</link>
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		<dc:date>2007-11-16T09:50:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie_Jos&#233; Flandin</dc:creator>


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		<description>&#171; C'est fou, parce que quand on regarde un miroir, on se dit : &quot;Mais&#8230; qui l'a touch&#233; ? Qui s'est regard&#233; dedans ? Qu'est-ce qu'il a v&#233;cu ?&#8230;&quot; Et j'ai choisi ce m&#233;tier compl&#232;tement par hasard, mais j'aimais beaucoup les antiquit&#233;s et les choses anciennes, donc en fait &#231;a m'a&#8230; &#231;a m'a un petit peu d&#233;velopp&#233; cette voie. &#187; B&#233;n&#233;dicte Streit, 36 ans, doreuse sur bois &#224; l'atelier &quot;Il Dito Magico&quot; de la rue Consolat. Koinai : Avez-vous suivi une formation ? Oui, en Italie, chez un artisan, pendant quatre ans &#224; peu pr&#232;s, et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/l-enfance-de-l-art/" rel="directory"&gt;L'enfance de l'art&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/artisanat" rel="tag"&gt;Artisanat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/creativite" rel="tag"&gt;Cr&#233;ativit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/beaute" rel="tag"&gt;beaut&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/thiers" rel="tag"&gt;100. Thiers&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est fou, parce que quand on regarde un miroir, on se dit : &quot;&lt;i&gt;Mais&#8230; qui l'a touch&#233; ? Qui s'est regard&#233; dedans ? Qu'est-ce qu'il a v&#233;cu ?&#8230;&lt;/i&gt;&quot; Et j'ai choisi ce m&#233;tier compl&#232;tement par hasard, mais j'aimais beaucoup les antiquit&#233;s et les choses anciennes, donc en fait &#231;a m'a&#8230; &#231;a m'a un petit peu d&#233;velopp&#233; cette voie. &#187; B&#233;n&#233;dicte Streit, 36 ans, doreuse sur bois &#224; l'atelier &quot;Il Dito Magico&quot; de la rue Consolat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Avez-vous suivi une formation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, en Italie, chez un artisan, pendant quatre ans &#224; peu pr&#232;s, et donc je travaillais d'atelier en atelier de fa&#231;on &#224; apprendre mon travail sur le tas, quoi ; je suis compl&#232;tement autodidacte. Mais si j'avais fait une &#233;cole, j'aurais gagn&#233; dix ans, mais bon, l&#224; je suis autodidacte et je me suis &#233;clat&#233;e&#8230; J'ai voyag&#233;, j'ai rencontr&#233; des gens int&#233;ressants, c'&#233;tait super, c'est un parcours qui est sympa, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous am&#232;ne en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai rencontr&#233; ce monsieur italien qui &#233;tait en vacances, et qui &#233;tait antiquaire. On a eu une interview, d'ailleurs, dans le village, parce que y'avait un festival du cheval arabe et on &#233;tait les deux seuls &#233;trangers, donc on a &#233;t&#233; interview&#233;s ensemble, on a sympathis&#233;. Et donc il m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Mais B&#233;n&#233;dicte, s'il te reste un peu de vacances viens me voir &#224; Rome, je te pr&#233;senterai des amis et tout.&lt;/i&gt;&quot; Puis, c'est ce que j'ai fait et puis j'y suis rest&#233;e ! J'ai tout plaqu&#233; et je suis rest&#233;e l&#224;-bas. J'ai commenc&#233;, j'ai fait un peu du m&#233;nage, tout &#231;a, &#224; droite &#224; gauche, parce qu'il fallait quand m&#234;me manger, quoi, c'&#233;tait comme &#231;a, et j'ai appris l'italien parce que je parlais pas du tout italien. Et de l&#224;, apr&#232;s, il m' a fait commencer &#224; bosser chez des amis &#224; lui qui &#233;taient restaurateurs, et puis de fil en aiguille, apr&#232;s j'ai gravi les &#233;tapes comme &#231;a, quoi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;tait votre toute premi&#232;re r&#233;alisation et pour qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! &#199;a c'est pointu. Ma premi&#232;re r&#233;alisation, c'&#233;tait un pied de chandelier pour mon ami Fabio, en Italie, donc &#231;a &#233;t&#233; un&#8230; qui &#233;tait sympa, qui &#233;tait fait &#224; la feuille de cuivre, d'ailleurs, donc pas du tout &#224; l'or, et puis de l&#224; il avait ador&#233; et c'est lui qui m'avait justement mis dans la voie en me disant que j'avais un don, je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles qualit&#233;s une doreuse sur bois doit-elle poss&#233;der ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est&#8230; Il faut de la patience, d&#233;j&#224;, il faut avoir un petit peu quand m&#234;me le go&#251;t de&#8230; enfin m&#234;me, &#234;tre manuel. Voil&#224;, le sens de l'esth&#233;tique et puis bon, le sens des couleurs. Et puis surtout &#234;tre manuel, parce que c'est le B-A BA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis combien de temps exercez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a fait quinze ans maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Inutile de vous demander si vous aimez votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah non, j'adore ! (rire)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos sources d'inspiration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dois avoir une muse ! Ma source d'inspiration, heu&#8230; c'est l'humeur g&#233;n&#233;rale, je crois, parce que quand &#231;a va pas, y'a rien qui va : pour faire un faux marbre, je mets trois jours au lieu de mettre dix minutes. En fait il faut vraiment bien &#234;tre dans ses baskets pour arriver &#224; sortir du bon boulot, mais sinon, vu qu'il y a toujours plus ou moins une ambiance sympa, on arrive &#224; faire des bonnes journ&#233;es de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des mod&#232;les ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, quand on nous demande de faire des copies de meubles ou de miroirs avec des patines sp&#233;ciales, on a des mod&#232;les sur des livres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est votre plus belle r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le Casino de Nice, le Palais de la M&#233;diterran&#233;e, on a fait tout le hall d'entr&#233;e du casino &#224; la feuille d'or avec des palmeraies reconstitu&#233;es en grandeur nature, tout &#224; la feuille d'or. &#199;a nous a pris &#224; peu pr&#232;s deux mois&#8230; C'&#233;tait somptueux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel a &#233;t&#233; votre plus gros ratage ou votre plus grande d&#233;ception ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon plus gros ratage, oh ! J'ai d&#251; en faire&#8230; Non, ma d&#233;ception, j'ai jamais eu de retour de clients, donc &#231;a prouve que quelque part, y sont contents. Mais des ratages, je sais pas, j'ai pas eu de&#8230; J'ai d&#251; en faire certainement mais, non, &#231;a m'a pas marqu&#233;e, rien de catastrophique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : M&#234;me &#224; vos d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, au d&#233;but j'ai d&#251;&#8230; M&#234;me pas, parce que c'est tellement amen&#233; doucement, doucement, que c'est pas&#8230; On nous confie pas un objet XVIIIe tout de suite, donc on n'a pas trop le temps de se lourder sur le r&#233;sultat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avec quelle mati&#232;re aimez-vous travailler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, j'aime bien la peinture, mais sinon, tout ce qui a trait avec&#8230; Moi, tant que &#231;a touche le manuel, j'aime toutes les mati&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce sont des peintures acryliques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On utilise de la peinture acrylique, mais surtout de la peinture &#224; la colle de peau. C'est de la peinture avec de la colle de peau de lapin, blanc-meudon et pigment naturel, donc on passe&#8230; et qui imite, en fait, les peintures anciennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont outils de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les pinceaux, gouges [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Gouge : outil creus&#233; en canal, &#224; bout tranchant et courbe, utilis&#233; en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], qu'est-ce qu'on utilise beaucoup ?&#8230; Des ciseaux &#224; bois... On utilise tout ce qui est en rapport avec le bois, quoi, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Avant tout, de la feuille d'or ! &#199;a, c'est notre activit&#233; premi&#232;re. Sinon, beaucoup de mati&#232;re animale, min&#233;rale, en fait des mati&#232;res anciennes, parce que c'est un m&#233;tier o&#249; on est oblig&#233; d'utiliser des mat&#233;riaux anciens. Ils ont pas trouv&#233; d'&#233;quivalent dans le moderne, donc on est oblig&#233; de recommencer les techniques anciennes, la colle de peau de lapin, du blanc-meudon, des produits comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Trouvez-vous ces mat&#233;riaux facilement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De plus en plus rare, de plus en plus difficile parce que la colle de peau de lapin &#233;tait distribu&#233;e avant en plaque, maintenant c'est interdit avec les nouvelles normes europ&#233;ennes donc on trouve plus. &#199;a a pas les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s, &#231;a devient un peu difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rentes &#233;tapes r&#233;alis&#233;es jusqu'&#224; la finition d'une pi&#232;ce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh !&#8230; Une vingtaine, peut-&#234;tre. On attaque d&#233;j&#224; par le travail du bois et du support pour finir par la dorure et la patine. Donc, dans tout &#231;a, y'a tout le travail d'&#233;b&#233;nisterie, de collage, tout ce qui est traitement du bois contre les insectes, consolidation etc. Et ensuite, y'a toutes les pr&#233;parations de la dorure qui est quand m&#234;me tr&#232;s difficile parce que pour atteindre un support tr&#232;s tr&#232;s lisse, y'a beaucoup beaucoup de pr&#233;paration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps ce travail vous prend-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour un objet c'est pas &#233;vident, &#231;a d&#233;pend de la grandeur. Bon, pour une petite glace on va dire de trente, quarante, si elle va &#234;tre bien faite, si y'a pas mal de restauration, quoi que ce soit, y faut compter quand m&#234;me deux jours. Oui, tout confondu, quoi, sans compter les temps de s&#233;chage et le &#8230; Si vous mettez le temps de travail bout &#224; bout, oui deux jours, sur des petites glaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et pour un grand miroir ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ca peut aller&#8230; Moi j'ai eu un miroir d'un mus&#233;e &#224; Vitrolles, j'ai mis &#224; peu pr&#232;s six mois pour le faire. On mettait du produit pour consolider, fallait que &#231;a s&#232;che, que &#231;a s'&#233;vapore, il fallait en remettre, &#231;'a &#233;t&#233; tr&#232;s long, donc &#231;a d&#233;pend.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travaillez-vous en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tout le temps. On est trois, apr&#232;s pour les chantiers un peu plus cons&#233;quents, &#231;a nous est arriv&#233; d'&#234;tre plus, quoi, mais bon, g&#233;n&#233;ralement on est trois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le mod&#232;le le plus demand&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le cadre Louis-Philippe, &#231;a on en fait &#224; la pelle, et sinon tout ce qui est cadre proven&#231;al, plus ou moins. Dans la r&#233;gion, on en a beaucoup, les miroirs Louis XV proven&#231;al, &#231;a y en a pas mal. C'est les cadres, en fait, un peu arrondis &#224; hauteur, sur la partie sup&#233;rieure, &#231;a c'est Napol&#233;on III. Voil&#224;, tout ce qui est Napol&#233;on III, on en a beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;K : Quel type de client&#232;le rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des particuliers, donc des gens, heu&#8230; compl&#232;tement normaux, disons plut&#244;t &#226;g&#233;s, c'est pas des gens qui sont d'une majorit&#233; jeune. Sinon apr&#232;s, les collectivit&#233;s et puis bon, les mus&#233;es. Enfin, tout ce qui a trait un petit peu avec les antiquit&#233;s, quoi, beaucoup d'antiquaires, mais les antiquaires, bon, il faut travailler vite, des fois t'es oblig&#233; de b&#226;cler le travail pour arriver &#224; une certaine rentabilit&#233;. Donc, bon, c'est pas forc&#233;ment tr&#232;s int&#233;ressant non plus&#8230; Plut&#244;t le particulier, puis bon, les collectivit&#233;s, mais c'est des appels d'offre, donc c'est du travail de fond qui se fait g&#233;n&#233;ralement sur six mois, un an, donc y faut pas s'arr&#234;ter de bosser, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations entretenez-vous avec vos clients ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bonnes ! Non, les gens sont tr&#232;s contents d'amener leur&#8230; &#224; restaurer, donc en fait, on n'a pas d'esclandre, on n'a pas de&#8230; C'est comme s'ils vous portaient un b&#233;b&#233;, quoi, en fait, donc ils sont confiants, gentils. Et quand ils viennent me voir c'est comme si vous aviez fait revivre quelque chose qui leur appartenait et donc, ils sont, heu&#8230; Vous faites revivre le miroir de la grand-m&#232;re qui est rest&#233; pendant dix ans dans le grenier, quelque part &#231;a leur fait rejaillir une petite source de&#8230; &#199;a leur pla&#238;t, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a un c&#244;t&#233; affectif ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout &#224; fait. Ils sont tr&#232;s, tr&#232;s attach&#233;s &#224; &#231;a. Bon, les collectivit&#233;s c'est que des budgets, donc &#224; la limite, &#231;a, y'a aucun rapport, c'est du travail, produire du boulot, mais les personnes, les particuliers, c'est assez sympa comme rapport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parvenez-vous &#224; fid&#233;liser votre client&#232;le ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui tout le temps. J'en ai, ils emm&#232;nent une bricole, ils vont&#8230; Enfin j'ai toujours de bons rapports, et puis ils passent m&#234;me s'ils ont rien, y viennent voir ce qui se passe, donc ils sont&#8230; Non mais, bon, l'endroit leur pla&#238;t, c'est pas un endroit ferm&#233;, quoi. On les aide, on &#233;coute&#8230; Je voulais redonner un petit peu ce c&#244;t&#233; que j'avais eu en Italie, o&#249; on m'a vraiment ouvert beaucoup de portes, parce que bon, &#224; Marseille, quand je suis arriv&#233;e d'Italie, &#231;'a &#233;t&#233; une catastrophe, les gens m'ont ferm&#233; toutes les portes et m'en on fait pleurer, tellement qu'ils &#233;taient odieux. Donc, bon, je prends un peu ma revanche quinze ans apr&#232;s et je suis contente que les gens rentrent, aient envie de revenir, surtout, donc c'est vrai que &#231;a fait plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la p&#233;riode la plus fructueuse ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est l'&#233;t&#233;. Ouais, j'ai toujours tr&#232;s bien travaill&#233; l'&#233;t&#233;, parce que les gens sont en vacances, ils ont le temps de s'occuper de leur maison. Et la p&#233;riode la moins fructueuse, &#231;a serait plut&#244;t entre d&#233;cembre et f&#233;vrier. Et apr&#232;s, tout le printemps et l'&#233;t&#233;, c'est &#224; croire que les gens ont envie de renouveler, de r&#233;parer leurs objets, c'est l&#224; o&#249; &#231;a marche, &#231;a marche bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les contraintes, c'est&#8230; comment dirais-je, l'instabilit&#233; parce que bon, on n'est jamais s&#251;r du travail qu'on peut avoir. On a des commandes mais c'est jamais sur six mois d'avance, si ce n'est qu'il faudrait travailler avec l'Etat en permanence. Et puis sinon, il n'y a pas trop de contraintes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous particip&#233; &#224; des concours ou &#224; des expositions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Expositions, oui, mais &#231;a apporte pas grand-chose. Pour le Conseil G&#233;n&#233;ral on avait fait Artisans 13, heu&#8230; exposition, au mus&#233;e de Ch&#226;teau-Gombert pour l'artisanat local, heu&#8230; oui, quelques expositions &#224; Marseille, c'est beaucoup de travail pour&#8230; pas grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une anecdote qui vous revient &#224; l'esprit ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un jour on m'a fait patiner une armoire peinte, enfin une peinture &#224; la colle ancienne ; la personne pour qui je l'ai restaur&#233;e l'a vendue et la personne qui l'a achet&#233;e me l'a ramen&#233;e pour la restaurer&#8230; (rires) C'est assez comique !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que voyez-vous dans vos miroirs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;B&#232;, ce qui s'y passe, surtout dans les tableaux, quoi. On a envie de rentrer dedans et de savoir ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233; et dans les miroirs souvent, &#231;a parle, quoi. Quand on a un objet du XVIIIe si&#232;cle, il s'en est pass&#233; des choses ! Y'a pu avoir des belles femmes qui se sont regard&#233;es dedans, des mauvaises, des&#8230; &#199;'a pu &#234;tre mis par terre, &#231;a a entendu des disputes&#8230; &#199;a a vu des tas de choses, quoi, donc c'est vrai, &#231;a a une &#226;me, et m&#234;me dans les meubles c'est pareil, tout ce qui a &#233;t&#233; mis dedans, tout ce qui a&#8230; &#231;a parle ! Et si on arrive &#224; s'int&#233;resser au-del&#224; de de la restauration, c'est vrai que quand on voit un truc comme &#231;a, c'est pas grand-chose, c'est un mauvais miroir Napol&#233;on III, mais y'a autre chose, c'est peut-&#234;tre un cadeau de mariage qui a &#233;t&#233; offert, enfin, il faut arriver &#224; se&#8230; &#199;'a une &#226;me, quoi, en fait, les objets anciens. C'est ce qui change des meubles Ik&#233;a, quoi, en fait, parce que tous ces meubles neufs, de designer, &#231;a a pas de vie, quoi, c'est pas&#8230; Mais c'est vrai que c'est sympa, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; vient le nom de votre atelier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le nom de l'atelier est italien en hommage, justement, &#224; la personne qui m'a appris. Parce que je me servais beaucoup des doigts, donc il se moquait de moi, il me disait : &quot;&lt;i&gt;Ma ! Il dito magico ! &lt;/i&gt;&quot; Je me servais toujours de mon doigt et du coup, j'ai voulu faire un clin d'&#339;il, parce que si j'en suis l&#224;, c'est un peu gr&#226;ce &#224; lui. Donc voil&#224;, c'est pour &#231;a que je l'ai appel&#233; comme &#231;a&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Marie-Jos&#233; Flandin le 14/06/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Gouge : outil creus&#233; en canal, &#224; bout tranchant et courbe, utilis&#233; en sculpture, en gravure et en menuiserie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le dernier du 43</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Joubert</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>

		<description>A sa fa&#231;on, M. Hedroug est une sorte de Robinson Cruso&#235; de la rue de la R&#233;publique. Seul occupant de son immeuble, il se bat pour maintenir en &#233;tat les lieux, au milieu des squatteurs, et abandonn&#233; par des propri&#233;taires fant&#244;mes. M. Hedroug n'est pas dupe, et cela fait longtemps qu'il ne se berce plus d'illusions. Il veut seulement qu'on l'entende et qu'on le respecte enfin. Koinai : Bonjour M. Hedroug, vous habitez au 43 rue de la R&#233;publique ? Exactement, au 43, &#231;a va faire 12 ans. Depuis 97. K : Et (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-sentences-de-l-habitant/" rel="directory"&gt;Les sentences de l'habitant&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habitat" rel="tag"&gt;Habitat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A sa fa&#231;on, M. Hedroug est une sorte de Robinson Cruso&#235; de la rue de la R&#233;publique. Seul occupant de son immeuble, il se bat pour maintenir en &#233;tat les lieux, au milieu des squatteurs, et abandonn&#233; par des propri&#233;taires fant&#244;mes. M. Hedroug n'est pas dupe, et cela fait longtemps qu'il ne se berce plus d'illusions. Il veut seulement qu'on l'entende et qu'on le respecte enfin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Bonjour M. Hedroug, vous habitez au 43 rue de la R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement, au 43, &#231;a va faire 12 ans. Depuis 97.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous &#234;tes le dernier occupant de l'immeuble ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, l'immeuble qui est au 43. Et il y a un autre monsieur au 45, plus les squatters. Y en a en pagaille, des squatters. C'est pas &#231;a qui manque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment &#231;a se fait que vous soyez le dernier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, je suis le dernier locataire parce qu'on ne m'a pas encore relog&#233;. Parce qu'ils devraient me reloger. Donc, on m'a fait des propositions, mais &#231;a m'int&#233;ressait pas. J'ai un appartement qui est immense, qui est propre et tout. J'ai tout refait, j'ai sacrifi&#233; toute ma jeunesse quand je travaillais, quand j'&#233;tais en bonne sant&#233;. Je suis en invalidit&#233; pour l'instant. Je peux pas travailler parce que je suis malade. Donc, je suis reconnu comme travailleur handicap&#233; et je touche une petite pension d'invalidit&#233;. Ca me donne pas les moyens d'aller ailleurs. On m'a propos&#233; des loyers de 700, 800 &#8364;, j'peux pas. L&#224;, je paye que 350 &#8364; par mois. C'est des bas loyers, vous voyez. Et puis j'aimerais bien rester dans le quartier. Mon &#233;pouse travaille juste &#224; cot&#233;, elle est &#224; 10 m&#232;tres du boulot. On m'a propos&#233; des relogements dans des quartiers qui m'int&#233;ressaient pas ou dans des immeubles, et pareil, c'&#233;tait du vieux et tout. J'ai pr&#233;f&#233;r&#233; rester &#224; la rue de la R&#233;publique. Ils ont besoin de retrouver le patrimoine comme ils disent, mais c'est pas une raison de me mettre dehors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Alors, au niveau de la loi, dans quelle situation &#234;tes-vous ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'ai re&#231;u un cong&#233; qui me disait que mon bail se terminait fin 2009. Derni&#232;rement, j'ai eu une offre, une proposition. J'ai &#233;t&#233; contact&#233; par les propri&#233;taires pour qu'on aille voir avec &quot;Marseille R&#233;publique&quot; s'ils pouvaient s'arranger et tout. Sinon, je sais pas o&#249; &#231;a va aller. J'suis aid&#233; par &quot;Un Centre Ville pour Tous&quot; qui me suivent depuis toujours. J'suis r&#233;sistant avec eux ; ils ont r&#233;gl&#233; pas mal de dossiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce que vous &#234;tes expulsable ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'instant, non. Moi, je sais que mon bail va jusqu'en 2009 et pendant la p&#233;riode hivernale ils ont pas le droit d'expulser les gens. Donc, &#231;a va aller jusqu'en avril 2010, le temps que les proc&#233;dures se fassent. Par contre, y a des propri&#233;taires qui ont omis d'envoyer des cong&#233;s &#224; deux ou trois locataires qui sont &#224; cot&#233;, et ils leur ont fait un prolongement de bail. Donc, eux, ils sont prolong&#233;s jusqu'en 2014. Ils vont pas continuer les travaux tant que les personnes sont &#224; l'int&#233;rieur. En plus, ce qu'ils veulent eux, c'est r&#233;cup&#233;rer leur terrain pour en faire une r&#233;sidence et tout relouer &#224; 1200 &#8364;, 1300 &#8364;. Mais, le Pr&#233;fet a toujours dit que tous les locataires qu'y habitent &#224; la R&#233;publique seront relog&#233;s, qu'ils sont l&#233;gitimement inexpulsables, si vous voulez. Y a des lois, &#231;a peut demander des ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pensez pouvoir &#234;tre relog&#233; dans de bonnes conditions ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, moi j'ai demand&#233; &#224; &#234;tre relog&#233; dans de bonnes conditions, dans les m&#234;mes conditions au niveau de la superficie... On m'a propos&#233; un appartement qui est neuf, qui se trouve &#224; la Belle de Mai dans le 3 &#232;me. C'est des chambres de 8 m2. 8 m2, j'peux pas y vivre. Soyez compr&#233;hensifs, non ? J'pourrais m&#234;me pas mettre mes meubles et tout. J'ai investi, j'ai travaill&#233; au port pendant 25 ans, j'&#233;tais en bonne sant&#233; et maintenant, j'en ai 51. Et puis, si vous voulez, j'pourrais pas subvenir &#224; mes loyers. L&#224;, ils essayent de dire, &quot;M. Hedroug, vous faites pas d'efforts de votre cot&#233; &quot;. Moi, j'aimerais bien faire un effort. S'ils me proposent un loyer qui est raisonnable et un appartement qui est raisonnable, y a pas de probl&#232;me. Je suis capable de n&#233;gocier avec eux. Mais ils parlent, rien n'est fait par &#233;crit. Ca tourne en rond, si vous voulez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Donc, en fait, ils font un peu durer en esp&#233;rant que les gens se lassent et s'en aillent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement, y en a beaucoup qui ont &#233;t&#233; pris &#224; contre-pied et qui sont partis. Y en a beaucoup qui ont r&#233;sist&#233;, et qui ont &#233;t&#233; relog&#233;s. Bon, &#231;a m'int&#233;resse, le relogement. Tout ce qui est en face, c'est social, donc, c'est l'OPAC, c'est LOGIREM. Moi, j'aimerais rester dans le social vu que j'ai pas de revenus et mon &#233;tat de sant&#233; ne me permet plus de travailler. Je suis l&#224;, &#231;a fait 12 ans, mais j'ai souffert. J'ai souffert avec tous les travaux qu'y avait, au niveau du tramway, au niveau de l'appartement, de l'immeuble qui est dans un &#233;tat... Tous ceux qui connaissent le p&#233;rim&#232;tre - m&#234;mes les propri&#233;taires - reconnaissent l'&#233;tat des lieux, de l'appartement, de l'immeuble, qui sont dans un &#233;tat catastrophique. Y a pas de lumi&#232;re dans les cages d'escalier, l'ascenseur qui marche pas, y a des fuites de gaz... C'est pas dans les normes. Y a des probl&#232;mes monstres. Tout le monde le sait, m&#234;me le maire, et personne ne fait rien du tout. Donc, ils font, ils font tout pour nous mettre dans la rue, chose que je n'admets pas. Nous sommes en 2008, hein ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est aussi pour &#231;a, en fait, qu'il y a aussi des squatters, alors ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les squatters, j'ai jamais eu de probl&#232;me avec eux, mais ce qui est emb&#234;tant, c'est qu'ils peuvent &#234;tre dangereux aussi. Quelqu'un qui n'a pas o&#249; aller, il peut &#234;tre agressif. Moi, personnellement, je suis pas la police pour pouvoir les d&#233;loger, les expulser. Je sais qu' y a une justice, c'est &#224; eux de proc&#233;der. J'ai un enfant de 15 ans et donc, &#224; chaque fois qu'il arrive, qu'y a pas de lumi&#232;re et tout, je suis oblig&#233; de descendre jusqu'en bas pour le r&#233;cup&#233;rer. Mon &#233;pouse, je suis oblig&#233; de descendre aussi la r&#233;cup&#233;rer. Y a un monsieur qui habite au 45 et lui aussi, c'est pareil. Nous sommes les deux sur les 25 appartements qui restent. Deux locataires, c'est tout. Moi, j'ai demand&#233; &#224; &#234;tre relog&#233;. Je suis un gar&#231;on qui n'est pas compr&#233;hensif, d'apr&#232;s l'OPAC. Par contre, j'ai essay&#233; de n&#233;gocier avec eux. Donc, j'ai vu le m&#233;diateur de Buildinvest qui est le propri&#233;taire de cet &#238;lot, et on va voir o&#249; &#231;a va aller, s'il y a du nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous parlez de Buildinvest, alors c'est un nouveau propri&#233;taire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est pas la premi&#232;re fois. En l'espace de deux ans, y a eu quatre propri&#233;taires. Ils se renvoient la balle et tout le monde pense que &#231;a va &#234;tre l'Am&#233;rique ici. Alors qu'ils se trompent, il faut beaucoup, beaucoup de moyens. Il y a des immeubles qui sont ferm&#233;s, des appartements, &#231;a fait plus de quinze et vingt ans. Ils n'ont rien fait, donc, c'est pas aujourd'hui qu'ils vont faire. Enfin, avec la crise &#233;conomique et tout, &#231;a va &#234;tre difficile, c'est qui qui va payer ? Le pape Jean Paul II ? Y va pas revenir sur terre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est s&#251;r qu'il va pas revenir, mais, alors, &#224; votre connaissance, est-ce que les nouveaux appartements qui ont &#233;t&#233; faits pour les populations &#224; plus gros revenus sont occup&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A c'qu'ils disent tout est plein. Alors que moi, je constate que rue de la R&#233;publique, y a pas mal d'appartements qui sont inoccup&#233;s. Vous pouvez le voir, si vous vous baladez sur cette partie, la moiti&#233; de la place Carnot qui a &#233;t&#233; refaite jusqu'au Vieux-Port, c'est les bourges. Rien n'a &#233;t&#233; fait, faut vivre ici le soir. L'insalubrit&#233;, c'est pourri, c'est d&#233;gueulasse, y a trop de bruit et tout. Je me demande comment les gens veulent investir 400, 500 000 euros pour venir habiter &#224; la rue de la R&#233;publique. Ils se trompent. Tout ce qui est du c&#244;t&#233; de la Joliette, tout ce qui est Eurom&#233;diterran&#233;e, y sont en train de faire du building.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En fait, ils attendent que vous vous d&#233;couragiez ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement. C'est ce qu'ils ont fait. Moi, je r&#233;siste, les autres sont partis. Mais, moi, je peux pas me retrouver une main devant, une main derri&#232;re. Inadmissible. Comment je vais faire avec tout ce que j'ai investi ? Et, moi, surtout le centre-ville, &#231;a fait trente ans que j'habite le centre-ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous, comment vous voyez l'avenir de cette rue de la R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La rue de la R&#233;publique, je pense qu'y faut beaucoup de temps pour remettre tout en ordre. Y a des magasins, ils sont ferm&#233;s depuis 15 ans. Y a des immeubles qui sont m&#234;me pas refaits. C'est pas aujourd'hui ou demain qu'ils vont les refaire. Y faut venir, faut consulter l'&#233;tat de la rue, comment &#231;a se passe la nuit et tout. On peut pas mettre toute sa fortune pour acheter &#224; la rue de la R&#233;publique. Peut-&#234;tre pour des gens qui viennent hors de Marseille... Sinon, maintenant le quart, le quart des logements, c'est du social. Avec la crise &#233;conomique qu'y a, les banques sont en train de revendre. Ils ont fait m&#234;me des appels d'offre, d'apr&#232;s les informations que j'ai eues, pour les, pour les bailleurs sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Selon vous, ils n'arrivent pas &#224; revendre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense que oui. Je pense que oui parce qu'il y a des appartements qui ont &#233;t&#233; refaits compl&#232;tement et qui sont pas vendus. Moi, si j'avais la possibilit&#233; de pouvoir m'offrir un appartement, j'pense pas acheter &#224; la rue de la R&#233;publique. Y a mieux ailleurs, quand m&#234;me. En plus, c'est des appartements qui sont &#224; 4000 &#8364; le m2. Faut faire le calcul, hein ? 80 m2, &#231;a fait 320 000 &#8364; sans compter les frais et tout. A 4000 &#8364; le m2, on est pas &#224; New York !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q : Donc, il faut le vouloir et avoir les moyens, quoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement. Moi, j'ai 51 ans. Je pourrais pas me le permettre. J'ai pas les moyens, les ressources et tout. J'aimerais avoir des voisins qui ont v&#233;cu ici, qui ont grandi ici, qui sont n&#233;s ici. Nous avons juste le Panier qui est derri&#232;re, l'ancien Marseille, si vous voulez. Tous les gens qui viennent , les touristes, la premi&#232;re des choses, c'est d'venir ici. Dans toutes les villes du monde, quand on arrive, on aimerait bien visiter l'ancien. L'ancien, &#231;'a &#233;t&#233; refait. C'est bien le Panier, mais par contre, tout ce qui est dans ce secteur, c'est insalubre et c'est mort. C'&#233;tait une rue o&#249; il y avait beaucoup de commer&#231;ants, &#231;a marchait. Maintenant, c'est mort. A 19 heures, y a plus personne ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est ce que disent les commer&#231;ants de la rue de la R&#233;publique, il n'y a pas suffisamment de commerces de proximit&#233;.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Comment qu'elles font les personnes &#226;g&#233;es qui sont dans le p&#233;rim&#232;tre quand y faut qu'elles aillent faire leurs courses ? Les petits commerces ont &#233;t&#233; tu&#233;s. Fini, y a plus personne ! A part les pharmacies, y a 7 ou 8 pharmacies. Pas de boucher, une seule charcuterie, une seule charcuterie dans toute la rue de la R&#233;publique ! Une seule. Un fruits et l&#233;gumes, y en a pas dans toute la rue de la R&#233;publique, y a pas un fruits et l&#233;gumes. Y a pas ! La R&#233;publique, ils ont tu&#233; tous les commerces. Les gens, ils en ont marre, y partent. Fini. Avec le temps qu'y fait, une vieille de 80 ans, la pauvre, traverser toutes les ruelles pour acheter un kilo de carottes, un kilo de pommes de terre... C'est pas bien, &#231;a. Y a des gens, &#231;a fait 60 ans qu'ils habitent &#224; la R&#233;publique, y vont les mettre dehors ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis le 10 d&#233;cembre 2008 par J.Becker.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coureur, la vague et le mistral</title>
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		<dc:date>2008-06-24T16:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Port</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Nautisme</dc:subject>
		<dc:subject>064. La Pointe Rouge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Direction d'un centre nautique marseillais : recrutement, entra&#238;nement et passion des courses nautiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/port" rel="tag"&gt;Port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/nautisme" rel="tag"&gt;Nautisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/la-pointe-rouge" rel="tag"&gt;064. La Pointe Rouge&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrice Guadagnin, 53 ans, est directeur de P&#244;le France, l'institution nautique install&#233;e &#224; l'anse de la Pointe Rouge et rattach&#233;e &#224; la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise de Voile : &#171; Nos objectifs, c'est de pr&#233;parer des coureurs &#224; &#234;tre les plus performants possible pour les comp&#233;titions internationales et en dernier ressort, pour qu'ils soient s&#233;lectionn&#233;s aux Jeux. &#187; Toujours plus vite sur la vague, pouss&#233;s par le vent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand &lt;a href='http://pagesperso-orange.fr/polevoile.marseille/' class='spip_out' rel='external'&gt;P&#244;le France&lt;/a&gt; est-elle &#233;tablie ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, il y avait d&#233;j&#224; une activit&#233; avec la DIT qui &#233;tait ici bien avant, mais c'est une structure suppl&#233;mentaire qui a &#233;t&#233; rajout&#233;e par la &lt;a href='http://www.ffvoile.net/ffv/web/' class='spip_out' rel='external'&gt;F&#233;d&#233;ration&lt;/a&gt; &#224; partir de 1992, quand on commence &#224; cr&#233;er des centres de haut niveau. En France, ils en ont mis un, en gros, par fa&#231;ade : un &#224; la Rochelle, un &#224; Marseille, un sur La Manche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous a amen&#233; &#224; exercer dans cette structure ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est juste la passion du haut niveau de la comp&#233;tition, et apr&#232;s c'est la F&#233;d&#233;ration Fran&#231;aise de Voile qui m'a demand&#233; de venir pour entra&#238;ner et diriger le centre. Une tradition familiale ? Non ! Pas du tout, mais c'est d&#251; au fait que j'habitais en bord de mer pendant longtemps, j'ai fait de la voile en comp&#233;tition, je connais le milieu marin, donc c'est pas tout &#224; fait un hasard que je sois l&#224; &#224; travailler dans le milieu de la voile, du sport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels membres composent l'institution ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a deux entit&#233;s : une association qui est l&#224; pour g&#233;rer le centre sur le plan budg&#233;taire, financier, sur le plan des d&#233;marches aupr&#232;s des diff&#233;rentes collectivit&#233;s pour avoir de l'argent et &#224; c&#244;t&#233;, il y a un certain nombre d'entra&#238;neurs qui sont profs de sports mis en disposition par le Minist&#232;re de la Jeunesse et des Sports et qui sont donc rattach&#233;s au Minist&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; qui s'adresse le centre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; des coureurs s&#233;lectionn&#233;s qui sont d&#233;j&#224; performants, qu'on a rep&#233;r&#233;s et qui sont d&#233;tect&#233;s. C'est pas ouvert &#224; tout le monde, c'est vraiment&#8230; Y'a deux niveaux : le niveau espoir, des gens qui sont en d&#233;but de carri&#232;re sportive, &#224; d&#233;tecter pour essayer de faire monter au plus haut niveau, et y'a des gens qui sont d'un niveau international, dans les meilleurs, qui sont l&#224; pour une carri&#232;re internationale et qui visent la pr&#233;paration olympique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les coureurs sont membres d'une &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils sont membres de l'&#233;quipe de France, la plupart, et ils sont tous rattach&#233;s &#224; des clubs marseillais, et parfois ils viennent ici pour s'entra&#238;ner, parce que &#231;a regroupe tous les meilleurs coureurs, la fa&#231;ade possible de la France, qui peuvent venir s'entra&#238;ner sur Marseille ou qui sont regroup&#233;s volontairement par la F&#233;d&#233;ration ici sur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les pratiquants ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Enfin, c'est de plus en plus professionnel, disons. &#199;a demande plus d'investissements, et de pouvoir bien g&#233;rer sa carri&#232;re sportive, sa carri&#232;re d'&#233;tudiant ou sa carri&#232;re professionnelle ou son travail, &#224; jongler entre ces deux points tr&#232;s importants parce que si y'a un d&#233;s&#233;quilibre, y'a pas de performance sportive. Donc, &#231;a demande de bien faire attention &#224; planifier les entra&#238;nements, les &#233;tudes, pour que les athl&#232;tes r&#233;ussissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles relations avez-vous avec eux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! C'est des relations permanentes parce qu'ils sont en fonctionnement permanent, &#224; part quand ils partent en stage &#224; l'&#233;tranger ou sur d'autres structures en France. Moi je ne les vois que sur des r&#233;unions, par contre j'interviens tr&#232;s peu sur les entra&#238;nements, &#224; part le groupe que j'ai moi en entra&#238;nement ; je suis oblig&#233; de faire le suivi m&#233;dical, la coordination, donc je les vois quand ils sont l&#224; r&#233;guli&#232;rement, mais j'ai pas d'intervention p&#233;dagogique sur eux. J'ai que des interventions de coordination, de direction, de contr&#244;le financier sur les remboursements, l'organisation de la structure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous travaillez en &#233;quipe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : on est sept entra&#238;neurs, apr&#232;s il y a le staff m&#233;dical, quatre personnes, plus la secr&#233;taire, et y'a le bureau avec un comptable, un pr&#233;sident, un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. On est une quinzaine de personnes &#224; travailler en permanence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s&#233;lectionne-t-on les coureurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, soit c'est la F&#233;d&#233;ration et les entra&#238;neurs nationaux qui font la d&#233;tection, soit, quand c'est les plus jeunes, on organise des journ&#233;es &quot;d&#233;tection&quot; o&#249; on regarde la valeur sportive, les aptitudes, avant tout le dossier scolaire pour pas faire trop d'erreurs sur les gens parce que s'ils sont en difficult&#233;, c'est pas la peine de rajouter des complications. Apr&#232;s, on fait un contr&#244;le m&#233;dical et si la F&#233;d&#233;ration donne son aval, on part, &#231;a d&#233;pend du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les activit&#233;s de l'institution ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On a de la pr&#233;paration physique, le suivi scolaire aussi parce qu'ils sont tous &#233;tudiants ou lyc&#233;ens - quelques uns travaillent - mais notre activit&#233; principale c'est l'entra&#238;nement, la voile. Du d&#233;riveur, essentiellement : alors on a de la planche, du laser, du forte meyer, c'est un peu tous les d&#233;riveurs olympiques, des petits bateaux de comp&#233;tition des classes internationales retenus pour les Jeux Olympiques. Donc, nous, on n'a que des s&#233;ries repr&#233;sent&#233;es aux Jeux, on n'a pas d'autres classes pour le loisir ou autre, comme certains clubs participants, c'est vraiment des s&#233;ries bien d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous une &#233;cole ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, par contre pour ceux qui veulent commencer en dessous, on s'appuie sur le centre municipal de voile, sur d'autres structures marseillaises. &#199;a c'est pas notre travail : nous on prend les gens qui sont d&#233;j&#224; form&#233;s, qui ont d&#233;j&#224; un certain niveau pour travailler dessus et les amener &#224; un autre niveau. On ne fait pas de travail de base. Voile, que des comp&#233;titions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se d&#233;roulent les activit&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Y'a des entra&#238;nements toute l'ann&#233;e, d&#233;j&#224;, &#231;a d&#233;pend apr&#232;s du calendrier des comp&#233;titions et en g&#233;n&#233;ral les coureurs, ils s'entra&#238;nent trois &#224; quatre fois par semaine. &#192; des moments donn&#233;s y'a des week-end bloqu&#233;s, qui se rajoutent. Pendant les vacances, il y a une semaine enti&#232;re aussi, quand on a une p&#233;riode plus favorable pour &#231;a. On fonctionne toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les programmes enseign&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est li&#233; &#224; la comp&#233;tition, &#224; la r&#233;glementation sur les courses. On essaie de les faire progresser sur les d&#233;parts, d'apporter des points techniques sur les r&#233;glages, mise au point d'une voile, on travaille aussi parfois sur la m&#233;t&#233;o, sur la th&#233;orie, l'id&#233;e du maximum de connaissance, pour qu'en comp&#233;tition ils soient le moins perdus possible et qu'ils aient le plus de billes pour r&#233;ussir. C'est un travail permanent, et en fonction de la m&#233;t&#233;o comme aujourd'hui, l&#224;, on r&#233;adapte, on fait autre chose, il y a trop de vent pour sortir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pr&#233;parez au permis bateau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, il faut aller dans des &#233;coles qui pr&#233;parent un permis bateau, nous on n'a pas le droit de le faire, et puis ce n'est pas&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les activit&#233;s ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, nous, on nous demande de pr&#233;parer les coureurs au niveau comp&#233;titif, on est toujours rest&#233; l&#224;-dessus ; on a simplement &#233;volu&#233; au niveau de la pr&#233;paration physique : on a recrut&#233; un pr&#233;paratoire physique, on a &#233;volu&#233; sur les intervenants, par exemple c'est un pr&#233;parateur mental qui est l&#224;, on a un psychologue&#8230; Voil&#224;, on a plus professionnalis&#233; notre fa&#231;on d'intervenir, mais on est toujours rest&#233; sur la pr&#233;paration &#224; la comp&#233;tition, puisque c'est notre c&#339;ur de m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels parcours de comp&#233;tition trouve-t-on &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend des supports de bateaux : nous, c'est essentiellement des parcours olympiques, ce sont des triangles. Il y a la ligne de d&#233;part, on va &#224; une bou&#233;e de pr&#232;s, puis &#224; une bou&#233;e de largue, on revient, on fait des aller-retour. C'est des petits parcours qui durent une heure-une heure trente. Par contre &#224; Marseille, y'a des organisations de course au large. Nous, c'est souvent les m&#234;mes parcours parce que c'est les parcours d&#233;finis par la classe internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les conditions requises pour participer &#224; une course ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Il faut juste avoir la licence, c'est ouvert &#224; tout le monde. Apr&#232;s il faut avoir une certaine ma&#238;trise parce que selon les conditions de vent et de mer plus ou moins difficiles&#8230; Et la particularit&#233; en voile, c'est pas comme dans les autres sports o&#249; les gens participent par cat&#233;gorie de deux niveaux : on voit que tout le monde peut faire la m&#234;me comp&#233;tition et aussi bien les tr&#232;s tr&#232;s bons, comme les moins bons se rencontrent sur la m&#234;me r&#233;gate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;parent les comp&#233;titions ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est un programme sur l'ann&#233;e : on a des objectifs et on planifie. On pr&#233;pare des comp&#233;titions sur plusieurs stages ou plusieurs entra&#238;nements avec des th&#232;mes particuliers &#224; travailler, par exemple, l&#224; ils vont au championnat du monde en janvier en Australie, on commence &#224; faire des stages de pr&#233;paration sur plusieurs semaines, plusieurs mois, avec des intensit&#233;s diff&#233;rentes. On re&#231;oit des f&#233;d&#233;rations internationales qui viennent s'entra&#238;ner avec nous, ou s'entra&#238;ner &#224; part. Ce sont des stages qui se font sur plusieurs mois avec des th&#232;mes pr&#233;cis &#224; travailler, o&#249; sont regroup&#233;s les meilleurs coureurs qui vont &#224; cette comp&#233;tition. C'est souvent des stages de trois jours &#224; cinq jours, o&#249; il y a la pr&#233;paration physique, la navigation, la pr&#233;paration psychologique, avec l'&#233;tude du plan d'eau o&#249; &#231;a a lieu. Si ce n'est pas trop loin, g&#233;n&#233;ralement on va sur le lieu s'entra&#238;ner une fois ou deux avant pour rep&#233;rer, prendre des marques et analyser le plan d'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont les organisateurs ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Alors, soit des clubs, soit des f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans l'ann&#233;e, combien y a-t-il de courses ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ouf ! Au niveau international y'a un championnat d'Europe, un championnat du monde, cinq &#224; six &#233;preuves de r&#233;f&#233;rence, et apr&#232;s y'a quelques &#233;preuves nationales, donc on arrive minimum entre dix et quinze comp&#233;titions. Alors, on ne participe pas &#224; toutes les comp&#233;titions parce que si l'objectif est le championnat d'Europe et qu'il y a d'autres comp&#233;titions &#224; c&#244;t&#233; en m&#234;me temps, il faut leur laisser le temps de r&#233;cup&#233;rer, donc y'a certaines comp&#233;titions qu'on fait pas volontairement parce que les dates, c'est jamais les m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle est la course que vous ne manquez jamais ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Champion d'Europe, champion du monde. Ce sont les objectifs impos&#233;s par la F&#233;d&#233;ration. C'est l&#224;-dessus que sont &#233;valu&#233;s les centres d'entra&#238;nement, comme les entra&#238;neurs, comme les coureurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se pr&#233;pare la navigation ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;G&#233;n&#233;ralement, y'a un briefing avec les coureurs o&#249; on explique ce qu'on va faire, apr&#232;s, on va travailler sur l'eau : y'a une partie d'&#233;chauffement, une partie de travail technique, parfois y'a des petits parcours pour se rapprocher de ce qui ressemble &#224; la r&#233;gate et quand on rentre, il y a un d&#233;briefing. Parfois, y'a aussi de la pr&#233;paration physique derri&#232;re, ou un peu d'&#233;tirement et de rel&#226;chement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'en est-il de l'&#233;quipement et des tenues ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est les coureurs qui sont &#233;quip&#233;s avec leurs propres v&#234;tements, sauf ceux des &#233;quipes de France qui ont parfois des &#233;quipements, voire des sponsors impos&#233;s avec des &#233;quipements impos&#233;s, sinon tout appartient aux coureurs. Ils ont quand m&#234;me des bourses quand ils sont en &#233;quipe de France ou en espoir, qui les aident &#224; acheter des mat&#233;riels, mais sinon c'est eux qui financent une grosse partie de la comp&#233;tition, des mat&#233;riels. Ceux qui sont en &#233;quipe de France sont rembours&#233;s de leurs d&#233;placements quand m&#234;me, par le biais de la f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur le mat&#233;riel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Alors d&#233;j&#224;, les mat&#233;riels ont &#233;volu&#233; parce que le carbone est arriv&#233;, donc &#231;'a beaucoup chang&#233; sur la qualit&#233; des m&#226;ts : avant on avait des m&#226;ts en bois ou en m&#233;tal, maintenant c'est de qualit&#233; sup&#233;rieure, d&#233;j&#224; en terme de r&#233;sistance, de m&#233;canisme, &#231;a casse moins, c'est plus performant, &#231;a ramasse beaucoup beaucoup de bou&#233;es. Apr&#232;s, le mat&#233;riel vieillit beaucoup mieux, les tissus de voile sont beaucoup plus performants, ils d&#233;forment moins, donc l&#224; il y a vraiment une &#233;volution sur la qualit&#233; des mat&#233;riaux. Maintenant aussi, de plus en plus, ils essayent de faire des mat&#233;riaux qui soient monotypes. Avant on avait droit de choisir tout ce qu'on voulait comme tissu, maintenant ils essayent d'imposer, ce qui fait que &#231;a r&#233;duit un peu les recherches et les diff&#233;rences entre les coureurs. Bon, y'a une meilleure ma&#238;trise dans la construction de bateaux, donc les bateaux sont plus performants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les r&#232;gles de s&#233;curit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les r&#232;gles de s&#233;curit&#233;, en gros, il faut qu'il sache nager - c'est impos&#233; - qu'ils aient une brassi&#232;re sur eux, un gilet de sauvetage puis apr&#232;s, ben c'est techniquement, il faut qu'il maitrise. Normalement, chacun est responsable de savoir s'il doit sortir ou pas, selon les conditions. Apr&#232;s, il faut que le mat&#233;riel soit en bon &#233;tat, g&#233;n&#233;ralement quand ils sortent y'a une s&#233;curit&#233; qui est l&#224; avec un bateau &#224; moteur, voil&#224;. Alors, c'est vrai que sur les entra&#238;nements, on n'a pas droit d'avoir plus de dix bateaux avec nous, y'a des r&#232;gles &#224; respecter pour pas qu'y ait d'incident. Et si jamais y'a un avis de coup de vent annonc&#233; par M&#233;t&#233;o France, normalement on n'a pas le droit de sortir ; parfois, on sort parce qu'on a du tr&#232;s haut niveau, donc on prend le risque, mais selon le niveau, on sort pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous en relation avec d'autres institutions nautiques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a des relations avec les institutions principales de voile, parce qu'on est sur la m&#234;me base, &#231;a nous permet p&#233;dagogiquement de voir ce qu'ils font, puisqu'ils ont des groupes de comp&#233;tition aussi, donc &#231;a permet de travailler avec eux, parce qu'on essaie de faire monter des groupes, d'&#233;changer. Apr&#232;s on a quelques relations avec certains clubs au niveau de l'organisation de certaines comp&#233;titions, mais sinon on a plus des relations avec les centres de haut niveau comme nous, on n'a pas trop de relations avec d'autres structures de la mer, c'est un th&#232;me tr&#232;s sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et avec la F&#233;d&#233;ration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, c'est permanent, c'est eux qui nous imposent nos objectifs et&#8230; (rire) c'est eux qui nous donnent aussi un budget de fonctionnement, sans eux on ne pourrait pas exister, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes de l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Les contraintes, elles sont financi&#232;res, parce que &#231;a co&#251;te tr&#232;s cher. Le budget de fonctionnement de l'association, c'est 200 000 &#8364;, mais l&#224;-dedans y'a les coureurs qui payent beaucoup de d&#233;placements, qui ach&#232;tent du mat&#233;riel, et &#231;a co&#251;te cher. Les contraintes de la m&#233;t&#233;o, comme aujourd'hui o&#249; ils annoncent du mistral pendant trois jours, on va pas pouvoir aller sur l'eau, &#231;a c'est difficile. Apr&#232;s, les contraintes, ben &#231;a demande beaucoup de disponibilit&#233;, beaucoup de pr&#233;sence parce que l&#224; on a cinquante coureurs, sans arr&#234;t il faut &#234;tre l&#224; pour r&#233;pondre. Ils parlent en anglais, il faut&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quels sont les aspects agr&#233;ables ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les aspects agr&#233;ables, c'est d'avoir ce sport de haut niveau, donc &#231;'a des exigences, et y'a le c&#244;t&#233; relationnel, l'ambiance, le cadre, aussi, qui est agr&#233;able.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir du nautisme &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je pense qu'y a encore beaucoup &#224; faire. Ouais, et j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience politique plus importante par rapport &#224; tout l'espace maritime qu'y a sur Marseille, et il y aurait &#224; d&#233;velopper la pratique sportive, la pratique de loisirs ; je pense qu'il y a une population qui pourrait y r&#233;pondre et il faudrait que les clubs soient encore plus investigatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos projets ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous, nos projets c'est de former les coureurs et puis d'en d&#233;tecter, mais ce qu'on aimerait bien, c'est qu'y ait une dynamique sur la M&#233;diterran&#233;e ou sur Marseille qui se fasse pour former des jeunes coureurs qu'on puisse nous, apr&#232;s, r&#233;cup&#233;rer. Aujourd'hui, &#231;a commence &#224; manquer et on est oblig&#233; d'en chercher. Alors, notre r&#244;le, ce n'est pas que de r&#233;cup&#233;rer des coureurs dans la r&#233;gion, c'est aussi au niveau national, mais on aimerait bien en r&#233;cup&#233;rer plus au niveau r&#233;gional, parce que &#231;a donnerait un r&#233;servoir plus important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 10/11/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le complexe de Ca&#239;n</title>
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		<dc:creator>Samuel Tron&#231;on</dc:creator>


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		<description>Fils d'Italiens &#233;migr&#233;s en France dans les ann&#233;es vingt puis revenus dans leur pays d'origine, Alessandro a fait partie de la vague d'immigration italienne d'apr&#232;s-guerre. Koinai : D'o&#249; &#234;tes-vous originaire ? Je suis originaire de la province de Tr&#233;vise, en V&#233;n&#233;tie. Je suis issu d'un milieu paysan. K : Vous &#234;tes n&#233; en 1940, en pleine guerre. Comment vivaient vos parents &#224; cette &#233;poque ? Mes parents &#233;taient des doubles &#233;migr&#233;s. Ils avaient d'abord &#233;migr&#233; en France en 1920, parce que politiquement (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/sur-la-route/" rel="directory"&gt;Sur la route&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fils d'Italiens &#233;migr&#233;s en France dans les ann&#233;es vingt puis revenus dans leur pays d'origine, Alessandro a fait partie de la vague d'immigration italienne d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : D'o&#249; &#234;tes-vous originaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis originaire de la province de Tr&#233;vise, en V&#233;n&#233;tie. Je suis issu d'un milieu paysan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes n&#233; en 1940, en pleine guerre. Comment vivaient vos parents &#224; cette &#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes parents &#233;taient des doubles &#233;migr&#233;s. Ils avaient d'abord &#233;migr&#233; en France en 1920, parce que politiquement incorrects, puisque mon grand-p&#232;re maternel &#233;tait socialiste. Poursuivi par Mussolini, il s'est r&#233;fugi&#233; en France. Mon grand-p&#232;re paternel avait quitt&#233; l'Italie parce que les difficult&#233;s &#233;conomiques devenaient trop pesantes pour lui. En effet, il fut priv&#233; de l'h&#233;ritage de sa m&#232;re morte tr&#232;s jeune, au profit de son demi-fr&#232;re. Il s'est donc pratiquement retrouv&#233; &#224; la rue quand mon arri&#232;re-grand-p&#232;re a &#233;pous&#233; sa seconde &#233;pouse et il s'est donc expatri&#233; en France dans les ann&#233;es vingt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Sont-ils par la suite retourn&#233;s chez eux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, seuls sont retourn&#233;s mon grand-p&#232;re et mon p&#232;re, qui vivaient &#224; Brian&#231;on, &#224; la fronti&#232;re de la France et de l'Italie. Ils sont rentr&#233;s en Italie parce que mon p&#232;re, qui avait l'&#226;ge du service, pouvait &#234;tre mobilis&#233; et incorpor&#233; en cas de guerre. Avec les &#233;v&#233;nements de 1938 et 1939, beaucoup d'Italiens ont choisi de ne pas rentrer en Italie, comme le demandait Mussolini. Mais en raison des accords pass&#233;s, les autorit&#233;s fran&#231;aises ont continu&#233; de r&#233;exp&#233;dier en Italie les personnes appel&#233;es sous les drapeaux. Et mon p&#232;re, qui aurait pu refuser en demandant simplement un statut de r&#233;fugi&#233; politique, y est quand m&#234;me retourn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le retour de votre p&#232;re est-il li&#233; &#224; une d&#233;marche volontaire ou a-t-il &#233;t&#233; forc&#233; par les autorit&#233;s fran&#231;aises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne l'ai jamais su. Je serais &#233;tonn&#233; qu'il soit parti de son plein gr&#233;, puisque ses fr&#232;res et s&#339;urs &#233;taient rest&#233;s. Ils n'avaient rien en Italie, je ne comprends pas pourquoi ils seraient rentr&#233;s subitement... mus par je ne sais quel &#233;lan de patriotisme, parce que... un &#233;migr&#233; n'est pas patriote. Il est impossible d'&#234;tre &#224; la fois patriote et &#233;migr&#233;.
Ils sont peut-&#234;tre rentr&#233;s parce qu'il y avait une autre opportunit&#233; : mon grand p&#232;re venait d'acheter en Italie une petite ferme et je pense qu'il a r&#233;ussi &#224; convaincre mon p&#232;re de rentrer avec lui pour l'exploiter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre grand-p&#232;re souhaitait-il lui aussi rentrer en Italie ? Car il pouvait &#234;tre mobilis&#233;...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Exactement ! L'achat de la ferme qu'il d&#233;sirait exploiter &#233;tait pour lui une bonne raison de rentrer. Et puis, il voyait bien que les choses commen&#231;aient &#224; aller mal.
Concernant mon p&#232;re, j'ignore la raison de son retour et je n'ai jamais os&#233; le lui demander. J'avais de tr&#232;s bonnes relations avec lui, mais une telle question ne m'a pas effleur&#233; l'esprit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : A-t-il &#233;t&#233; mobilis&#233; par la suite ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ha oui ! Aussit&#244;t arriv&#233;, il a &#233;t&#233; pris et envoy&#233; &#224; la guerre. Je pense qu'il n'avait pas assez r&#233;fl&#233;chi avant de prendre sa d&#233;cision. D'ailleurs, cela a par la suite bris&#233; sa vie, puisqu'en partant, il a tout abandonn&#233;, perdu tout ce qu'il avait d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;, avant d'&#234;tre oblig&#233; de r&#233;&#233;migrer et de tout recommencer &#224; z&#233;ro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment et o&#249; se sont rencontr&#233;s vos parents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils se sont rencontr&#233;s d'une dr&#244;le de fa&#231;on ici en France et se sont mari&#233;s au consulat d'Italie &#224; Grenoble. C'est mon grand-p&#232;re qui, lors d'une discussion entre amis, a d&#233;clar&#233; qu'il avait une fille &#224; marier.... C'est comme &#231;a que les choses ont d&#233;marr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un arrangement familial, donc ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, puisque cela se faisait &#224; l'&#233;poque. Il est &#233;vident qu'en tant que jeune &#233;migr&#233;, mon p&#232;re aurait eu du mal &#224; trouver tout seul une &#233;pouse. Et puis, c'est plut&#244;t fr&#233;quent dans les communaut&#233;s &#233;migr&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents repartent ensuite en Italie, s'installent en V&#233;n&#233;tie et votre p&#232;re est imm&#233;diatement mobilis&#233;. Vous naissez en janvier 1940, en pleine guerre. Votre p&#232;re a-t-il fait toute la guerre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. Il a m&#234;me &#233;t&#233; fait prisonnier par les Anglais et n'est rentr&#233; qu'en 1947.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En quelle ann&#233;e avez-vous donc quitt&#233; l'Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 1949, pour rentrer en France. J'avais alors neuf ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi votre famille est-elle encore une fois partie d'Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour des raisons &#233;conomiques. Parce que le co&#251;t de la vie devenait trop &#233;lev&#233;. M&#234;me si mon grand-p&#232;re avait un peu de terre, cela ne suffisait pas &#224; nourrir une grande famille. Au lendemain de la guerre, le d&#233;sastre &#233;conomique de l'Italie est apparu au grand jour et entre 1946 et 1950, plus d'un million et demi d'Italiens ont quitt&#233; le pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous &#234;tes-vous install&#233;s lors de votre retour en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous sommes arriv&#233;s dans les Hautes-Alpes o&#249; mon p&#232;re avait un contrat de travail. Nous y sommes rest&#233;s quelques ann&#233;es. C'est d'abord mon p&#232;re qui est revenu, en 1947, d&#232;s sa lib&#233;ration et nous l'avons rejoint plus tard, au bout d'une ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment avait-il trouv&#233; ce travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;D&#232;s sa lib&#233;ration, il s'est inscrit sur les listes pour les d&#233;parts en France, conform&#233;ment &#224; un accord pass&#233; entre la France et l'Italie : la France donnait du charbon &#224; l'Italie, qui en retour lui fournissait de la main-d'&#339;uvre. Pour cela, il fallait d'abord s'inscrire sur une liste, puis &#234;tre d&#233;clar&#233; apte par les m&#233;decins fran&#231;ais. Mon p&#232;re avait pu donc avoir l'assurance d'un travail ; il a alors pris sa valise et est parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Tous ces gens qui ont quitt&#233; leur pays se sont-ils dirig&#233;s vers la France, ou sont-ils all&#233;s aussi vers d'autres pays ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils ont se sont orient&#233;s vers plusieurs pays. Mon p&#232;re est revenu en France, parce qu'il y avait d&#233;j&#224; v&#233;cu et savait parler fran&#231;ais. Il n'avait aucune raison d'aller aux &#201;tats-Unis, en Argentine ou au Canada comme ses cousins. La famille s'est &#233;clat&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous vous &#234;tes donc install&#233;s pr&#232;s de Chalon-sur-Sa&#244;ne, dans un ancien camp de concentration ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, plut&#244;t un ancien camp de travailleurs. Il s'agit de Monceau-les-Mines, le bassin minier du centre de la France qui, &#224; l'origine, recevait des mineurs. Transform&#233; en camp de prisonniers par le r&#233;gime de Vichy, ces d&#233;tenus ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les Allemands pour exploiter les mines. Il ne s'agissait donc pas d'un camp de concentration. Une fois la guerre finie, ces hommes sont partis et nous sommes arriv&#233;s. Ceux qui restaient n'avaient en g&#233;n&#233;ral pas de papiers, pas de patrie pr&#233;cise. On les appelait les DP : les &lt;i&gt;displaceds persons&lt;/i&gt;. Plusieurs venaient des pays de l'Est, quelque fois sans qu'on sache comment ils &#233;taient arriv&#233;s. Il ne restait dans ce camp que des travailleurs &#233;migr&#233;s, venus de plusieurs pays d'Europe, d'Espagne, de Pologne, d'Italie, de Tch&#233;coslovaquie....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se passait la cohabitation entre les diff&#233;rentes populations ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien, dans la mesure o&#249; les conditions de vie &#233;taient les m&#234;mes pour tous. On avait donc tout int&#233;r&#234;t &#224; ce que les choses se passent bien, puisqu'&#224; cette &#233;poque, les lois sur les &#233;migrants &#233;taient tr&#232;s s&#233;v&#232;res. Le premier qui bougeait une oreille &#233;tait imm&#233;diatement reconduit &#224; la fronti&#232;re de son pays d'origine. Il ne fallait pas se battre, pas manifester et surtout pas s'accrocher avec un Fran&#231;ais. Puisque aucun &#233;migr&#233; n'avait l'intention de retourner chez lui, il ne restait plus qu'&#224; raser les murs et &#224; &#233;viter autant que possible les gendarmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre famille avait une carte de r&#233;sident de plusieurs ann&#233;es. Comment cela s'est-il fait ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous sommes arriv&#233;s en fraude en France. Nous n'avions pas de papiers. C'est seulement apr&#232;s que nous avons obtenu une carte de visite temporaire. J'ai plus tard obtenu une carte de travail que je conserve encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais vous ne nous aviez pas dit cela ! Votre p&#232;re avait-il ses papiers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mon p&#232;re &#233;tait en r&#232;gle. Voyez-vous, pour des raisons &#233;conomiques, les autorit&#233;s italiennes s'&#233;taient oppos&#233;es &#224; ce que les familles rejoignent les travailleurs. Les accords conclus entre les deux pays pr&#233;voyaient que les travailleurs exp&#233;dient 70 % de leurs revenus &#224; leur famille, ce qui est consid&#233;rable. En rejoignant le travailleur, les familles privaient alors le pays de cette manne financi&#232;re. En effet, une fois convertie en monnaie italienne, l'argent envoy&#233; gagnait en valeur et l'Etat pouvait en pr&#233;lever un certain pourcentage. L'Italie, on peut le dire, s'est reconstruite sur le dos des &#233;migr&#233;s. C'est pour cela qu'on y &#233;tait retenus. Mais mon p&#232;re tenait &#224; ce qu'on le rejoigne &lt;span class='spip_document_3380 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:199px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L199xH250/4-2a_-_aitiperh-ee216.jpg' width='199' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:199px;' /&gt;&lt;/span&gt;et ses fr&#232;res et s&#339;urs install&#233;s &#224; Brian&#231;on ont propos&#233; de nous aider &#224; quitter le territoire. Nous avons emprunt&#233; un autobus qui nous a laiss&#233;s &#224; un kilom&#232;tre environ de la fronti&#232;re, avant de tenter une premi&#232;re fois de traverser la fronti&#232;re avec nos papiers italiens. Ce fut un &#233;chec, nous avons &#233;t&#233; refoul&#233;s. Les douaniers recevaient des consignes diff&#233;rentes selon le pays. Les fran&#231;ais disaient que nous n'&#233;tions en r&#232;gle que vis-&#224;-vis de l'Italie, pas par rapport &#224; la France. Alors, un apr&#232;s-midi, mes deux tantes qui habitaient en France sont arriv&#233;es dans le village frontalier du c&#244;t&#233; italien, dans un h&#244;tel o&#249; nous devions nous rencontrer. Derri&#232;re, s'&#233;tendait une grande prairie. Nous nous y sommes rendus en faisant semblant de ramasser des fleurs, jusqu'&#224; ce qu'&#224; ce que nous passions la fronti&#232;re. Les douaniers Italiens, qui n'&#233;taient pas dupes, savaient tr&#232;s bien ce que nous faisions. Arriv&#233;s au poste, parce que nous &#233;tions avec nos tantes, les douaniers fran&#231;ais ont appos&#233; leur tampons sur nos documents. Nous venions de traverser la fronti&#232;re en fraude. Nous avons par la suite r&#233;ussi &#224; r&#233;gulariser nos papiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il n'y avait donc pas de visa &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, il n'y avait pas tout cela. On pouvait circuler dans le pays, d&#232;s lors qu'on avait un passeport tamponn&#233; par les douanes fran&#231;aises. On laissait rentrer ou on ne laissait pas. C'est par la suite que nous avons fait une demande de r&#233;sidence, vu que mon p&#232;re vivait d&#233;j&#224; l&#224;. On a alors obtenu l'autorisation d'&#234;tre des r&#233;sidents temporaires. Cette carte &#233;tait &#233;tablie &#224; l'&#233;poque pour un an environ, je ne m'en souviens plus. C'&#233;tait apr&#232;s trois ans et ensuite dix ans. Au bout de la deuxi&#232;me carte, on devenait alors r&#233;sident privil&#233;gi&#233; pour dix ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que faisait votre p&#232;re, travaillait-il dans les mines ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, mon p&#232;re travaillait dans le b&#226;timent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez vous rencontr&#233; des difficult&#233;s pour vous adapter &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes parents n'avaient aucun probl&#232;me, mais pour moi, les choses ont &#233;t&#233; tr&#232;s dures. Le d&#233;part a &#233;t&#233; traumatisant. J'avais mon monde et il &#233;tait sans lien avec celui de mes parents. Ce monde s'est arr&#234;t&#233; le jour o&#249; il a fallu que je parte, m&#234;me si j'&#233;tais content d'arriver en France. Les choses se sont d&#233;roul&#233;es en deux temps : d'abord, je suis parti avec ma m&#232;re, et c'est seulement lorsque notre situation a &#233;t&#233; r&#233;gularis&#233;e que nous sommes retourn&#233;s chercher mes deux fr&#232;res qui &#233;taient rest&#233;s en Italie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#233;tiez l'a&#238;n&#233; de la famille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je suis le second.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi votre m&#232;re est-elle partie avec vous en premier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne sais pas, peut-&#234;tre parce que j'&#233;tais le plus silencieux, ou parce que mon fr&#232;re, plus grand, devait rester avec le plus petit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel &#226;ge aviez-vous, vous et vos fr&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'avais neuf ans, mon fr&#232;re devait en avoir trois de plus et il pouvait donc s'occuper de mon autre fr&#232;re qui en avait sept. A cet &#226;ge, au pied de l'adolescence, l'&#233;migration est un traumatisme. On ne s'en rel&#232;ve jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#201;tiez-vous d&#233;j&#224; scolaris&#233; en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je l'&#233;tais, mais la guerre faisait qu'on ne fr&#233;quentait pas beaucoup l'&#233;cole. J'ai &#233;t&#233; inscrit &#224; l'&#233;cole en France en janvier 1950 et les choses se sont tr&#232;s bien pass&#233;es. J'ai eu la chance de tomber sur des instituteurs qui prenaient de leur temps le soir pour me donner des cours. Il m'a donc fallu peu de temps pour rattraper les autres. J'ai appris le fran&#231;ais assez rapidement. Je n'ai connu aucun probl&#232;me particulier d'adaptation, m&#234;me si on &#233;tait souvent confront&#233;, &#224; l'&#233;cole, &#224; une discrimination sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle forme prenait cette discrimination ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La m&#234;me qu'aujourd'hui : on &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un sous-produit, parce qu'on ne parlait pas la langue et qu'on n'avait pas les moyens de s'habiller. On &#233;tait diff&#233;rents, on &#233;tait des sous-prol&#233;taires, parce que nous n'avions m&#234;me pas les moyens d'un prol&#233;taire fran&#231;ais. Le pire, c'est que les enfants n&#233;s en France de parents &#233;migr&#233;s nous discriminaient autant que les Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ressentiez-vous cette discrimination plus chez les adultes ou plus chez vos camarades de classe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'ai jamais &#233;t&#233; choqu&#233; d'une telle discrimination de la part de mes camarades de classe, m&#234;me si je ne l'approuvais pas, parce qu'au moins je pouvais me d&#233;fendre. Avec les adultes, c'&#233;tait diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'&#233;tait des paroles, des mots, des gestes qui vous blessaient ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait surtout le ton employ&#233;. On s'adressait &#224; moi avec le ton et la forme qu'on emploie pour... pour... Je ne ferai pas de comparaisons malheureuses en parlant d'un chien, mais on le faisait comme si on s'adressait &#224; un sous-produit. Il y avait des injures du genre, macaronis, laquais, Mussolini...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au sein du camp de travail o&#249; il y avait un important m&#233;lange de populations, y avait-il des conflits ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais les conflits &#233;taient des conflits ordinaires, du genre : &quot;Pourquoi regardes-tu ma femme, ta musique est trop forte...&quot; Il n'y avait rien de tr&#232;s grave. Mais il faut dire que les musulmans en g&#233;n&#233;ral s'accrochaient avec les r&#233;sidents des pays de l'Est, qui eux mangeaient beaucoup de porc et avaient pour habitude d'acheter l'animal vivant et de le tuer dans la cour. Ce qui &#233;tait contraire aux habitudes des musulmans. Malgr&#233; toutes ces difficult&#233;s, toutes les communaut&#233;s restaient solidaires et soud&#233;es, puisqu'elles vivaient les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels &#233;taient les moments o&#249; les communaut&#233;s pouvaient se rassembler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les communaut&#233;s se rassemblaient lorsqu'un probl&#232;me portait atteinte &#224; la dignit&#233;. Les &#233;migr&#233;s n'avaient pas le droit d'avoir une action politique. Certains ont m&#234;me &#233;t&#233; pris &#224; parti parce qu'ils vendaient des journaux communistes. Il y avait aussi des r&#232;glements de compte &#224; coups de fusil entre &#233;migr&#233;s, pour des probl&#232;mes li&#233;s aux querelles entre enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Lors de ces querelles, y avait-il des insultes qui portaient sur l'origine de la personne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il y avait des injures pour le Sicilien, d'autres pour l'Italien, l'Espagnol, l'Arabe. Mais la le&#231;on que je retiens est que l'allusion &#224; l'origine &#233;tait faite sans m&#233;chancet&#233;, sans intention r&#233;elle de porter atteinte &#224; la dignit&#233; de la personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Croyez-vous que les choses aient &#233;t&#233; aussi difficiles pour vos parents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, pour eux aussi les choses ont &#233;t&#233; difficiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y avait-il au sein du camp, des m&#233;langes inter communautaires, par le mariage, par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais pas assez, puisqu'il y avait peu de femmes seules. La plupart &#233;taient venues rejoindre leur &#233;poux. Par contre, il y avait beaucoup de mariages entre des gens qui travaillaient ensemble.
J'ai aussi connu des Italiens qui avaient une s&#339;ur au pays et qui disaient &#224; leur copain de travail : &quot;Tu cherches une femme, eh bien j'ai une s&#339;ur !&quot; &#199;a marchait pour certains, pas pour tous. Mais les Polonais en g&#233;n&#233;ral n'aimaient pas trop que leur semblable &#233;pouse une femme qui ne soit pas polonaise. Il est pourtant arriv&#233; que des Polonais &#233;pousent des non polonais. Mais ces mariages &#233;taient mal vus et consid&#233;r&#233;s comme source d'emmerdements. Puis apr&#232;s, ils finissaient par &#234;tre accept&#233;s. Les gens, malgr&#233; tout, restaient tr&#232;s pragmatiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le camp recevait donc des travailleurs autres que ceux qui exer&#231;aient dans les mines, puisque votre p&#232;re, lui, travaillait dans le b&#226;timent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le camp n'accueillait que les travailleurs &#233;migr&#233;s. Les fran&#231;ais employ&#233;s dans les mines n'y habitaient pas. Ils se trouvaient dans des maisons particuli&#232;res, &#224; l'ext&#233;rieur. Et les gens du camp construisaient des maisons pour les futurs mineurs. Ceux-ci, en revanche, &#233;taient Fran&#231;ais ou &#233;migr&#233;s. Le camp &#233;tait fait de baraques, avec le minimum vital pour vivre d&#233;cemment, m&#234;me si on pourrait &#234;tre choqu&#233; aujourd'hui que des gens vivent dans de telles conditions. Nous, on n'a pas souffert du froid, ni du manque d'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et vous deviez payer pour cela ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au d&#233;but, c'&#233;tait une mise &#224; disposition gratuite, puisque c'est l'entreprise qui payait. Puis apr&#232;s, &#231;a a &#233;t&#233; payant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et c'est donc apr&#232;s que ce camp s'est transform&#233; en village ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, puisque des maisons se sont construites au fur et &#224; mesure autour du camp, qui se r&#233;duisait comme une peau de chagrin, puisqu'on le d&#233;molissait progressivement pour faire dispara&#238;tre les baraques. Celles qui &#233;taient conserv&#233;es &#233;taient habill&#233;es d'un parpaing &#224; l'ext&#233;rieur, tandis que le bois &#233;taient conserv&#233; &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se sont par la suite d&#233;velopp&#233;es les infrastructures : commerces, lieux de cultes...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;glise n'existait pas encore. Elle n'a &#233;t&#233; construite que dans les ann&#233;es 56-57. Il n'y avait pas de lieux de culte, mais il y avait deux petits villages pas tr&#232;s loin o&#249; les gens allaient au culte, avec un cur&#233; de l'origine de chaque communaut&#233;, d&#233;l&#233;gu&#233; par les diff&#233;rents consulats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et comment &#231;a se passait pour les musulmans ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour les musulmans comme pour les membres des &#233;glises orthodoxes, il n'y avait rien. Il n'y avait que les grandes communaut&#233;s catholiques. D'ailleurs tous les cur&#233;s n'&#233;taient que des b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se sont d&#233;velopp&#233;s les commerces ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La majorit&#233; des commerces &#233;tait tenue par des gens qui sortaient des camps de concentration ; il y avait m&#234;me deux malheureux juifs qui sortaient des camps d'extermination. Ils avaient, l'un une &#233;picerie, et l'autre une boulangerie. Puis il y a eu un boulanger qui venait lui aussi d'ailleurs. On vivait dans la France profonde et rurale. Le jour o&#249; du charbon a &#233;t&#233; d&#233;couvert dans la r&#233;gion, le village a commenc&#233; &#224; changer de gueule. La prairie a progressivement fait place aux maisons qui ont commenc&#233; &#224; pousser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il n'y avait pas de paysans dans la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, il n'y avait que des ouvriers, c'est-&#224;-dire des gens qui travaillaient soit &#224; la construction du village, soit &#224; la mine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y avait, pr&#232;s du camp, deux villages qui se trouvaient &#224; distance &#233;gale et dont les limites territoriales passaient au milieu du camp. Le camp &#233;tait donc coup&#233; en deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'appelait-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le camp de Rozelay. Il ne disposait pas d'&#233;cole. Il a &#233;t&#233; donc convenu que la moiti&#233; des enfants de chaque partie du camp irait dans le village qui &#233;tait situ&#233; pr&#232;s de ses limites. Il y avait cinq kilom&#232;tres entre le village et l'&#233;cole et les mines avaient mis en place un r&#233;seau de bus. Mais on allait quelques fois &#224; pied &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Est-ce qu'un &#233;cole fut construite apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais je ne l'ai pas connue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de familles y avait-il dans le camp ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'en ai aucune id&#233;e. Quand on est arriv&#233;, au d&#233;but, il y avait environ deux cents familles, puis la population a vite grimp&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissez-vous l'origine du nom Rozelay ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non et je n'y ai pas pens&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les familles qui sont arriv&#233;es apr&#232;s vous dans le camp avaient-elles d'autres raisons de s'installer l&#224;, hormis le fait de travailler dans les mines ou le b&#226;timent ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, parce qu'il n'y avait rien d'autre &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles &#233;taient vos relations avec les habitants des deux villages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La ville la plus proche &#233;tait Monceau-les-Mines. Ces deux villages &#233;taient des villages ruraux et les relations &#233;taient tr&#232;s difficiles. Ces villageois &#233;taient d'origine paysanne, ils n'&#233;taient pas m&#233;chants, mais ils nous voyaient quand m&#234;me comme une masse informe de gens qui venaient de quelque part manger leur pain... Mais il faut dire &#224; leur d&#233;charge que les choses ne se sont pas toujours pass&#233;es comme ils l'auraient souhait&#233;. Ils nous voyaient un peu comme des envahisseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avant l'ouverture des commerces &#224; Rozelay, je suppose que les familles allaient faire leurs courses dans les deux villages. Comment se passaient donc les choses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, nous n'allions pas faire les courses. C'&#233;tait plut&#244;t les commer&#231;ants de ces villages qui passaient dans le camp vendre leurs produits avec leurs camions, une ou deux fois par semaine. On avait, soit le jour du boulanger, soit celui du boucher, soit un autre. Avec nous, les enfants, ils avaient quelque fois des r&#233;flexions d&#233;sagr&#233;ables mais il faut dire qu'on n'&#233;tait pas reluisants non plus. Les gens &#233;taient ce qu'ils &#233;taient. On ne peut pas leur en vouloir, parce qu'ils n'aimaient pas ce qu'ils ne comprenaient pas ou ne ma&#238;trisaient pas. On avait souvent des probl&#232;mes avec eux, puisqu'il nous arrivait de leur voler une pomme et cela finissait par tourner au scandale. Qu'on me traite de Macaroni ou autre, je m'en foutais. Le plus dur, c'est quand on jouait avec nos amis et que le p&#232;re sortait et disait : &quot;Rentre, ne joue pas avec eux !&quot; C'&#233;tait des moments tr&#232;s difficiles. On nous disait de partir et on nous disait toutes ces petites choses d&#233;sagr&#233;ables qui vont avec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents avaient-ils des amis fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas sur place. Il y en avait peu. Ils n'avaient aucune relation amicale avec les habitants du village voisin. C'&#233;tait impossible, puisqu'il n'y avait pas de moyens de transport. On ne pouvait se d&#233;placer qu'&#224; pied, pour aller &#224; la mairie chercher des papiers pour l'&#233;cole, par exemple. C'&#233;tait tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : De quelle mairie d&#233;pendiez-vous, puisque le camp &#233;tait coup&#233; en deux par les villages ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Chaque partie du camp d&#233;pendait de la mairie du village qui se trouvait sur son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les habitants du camp vivaient donc repli&#233;s sur eux-m&#234;mes.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tout se passait entre les trois, quatre magasins. Il y avait aussi deux caf&#233;s et ce qu'on appelait la cantine : l'endroit o&#249; logeaient tous les c&#233;libataires &#233;migr&#233;s qui travaillaient dans les mines. Ils &#233;taient nombreux et avaient chacun un studio. Pour manger, la cantine g&#233;r&#233;e par un des leurs avec son &#233;pouse leur proposait des repas &#224; des prix tr&#232;s int&#233;ressants. Ce syst&#232;me avait &#233;t&#233; institu&#233; par la soci&#233;t&#233; des mines, pour faciliter l'acc&#232;s au travail d'un mineur victime d'un accident de travail, car celui qui g&#233;rait la cantine &#233;tait en g&#233;n&#233;ral un invalide du travail. L&#224;-bas, les &#233;migr&#233;s se sentaient vraiment vivre. C'&#233;tait l'endroit o&#249; ils pouvaient se rencontrer, parler leur langue, jouer leurs jeux, chanter, partager et m&#234;me refaire le monde, ce qui &#233;tait impossible dans les bistrots, avec les Fran&#231;ais, dans la mesure o&#249; il ne fallait pas faire de bruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les communaut&#233;s ont donc pu recr&#233;er, r&#233;inventer leurs traditions dans ce camp ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elles essayaient du moins d'entretenir le peu qui leur restait, parce que, quand on &#233;migre, on laisse tout et on part sans rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais il reste au moins la m&#233;moire !&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, mais la m&#233;moire, c'est pour les &#233;crivains ! La langue, la musique et le reste &#231;a s'appauvrit tr&#232;s tr&#232;s vite. M&#234;me si les &#233;migr&#233;s id&#233;alisent leur pays natal pour combler le vide, en r&#233;alit&#233;, ils perdent tout, de jour en jour, d'heure en heure. Ils communiquent dans le peu de fran&#231;ais qu'ils savent, parce que c'est la langue du pays, celle qui fait foi et qui permet d'entrer en contact avec l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quel langue communiquiez-vous au sein de votre famille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mes parents ont toujours communiqu&#233; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Entre elles, quelle langue utilisaient les diff&#233;rentes communaut&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Fran&#231;ais. Avec les autres Italiens on parlait aussi bien fran&#231;ais qu'italien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les communaut&#233;s organisaient-elles des f&#234;tes religieuses ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Les gens ne se retrouvaient r&#233;guli&#232;rement que pour la messe. Pour les Italiens, c'&#233;tait surtout pour la f&#234;te de P&#226;ques, le seul jour o&#249; mon p&#232;re allait &#224; la messe, d'ailleurs. Les Italiens n'&#233;taient pas de fervents religieux. Ils &#233;taient comme le nomme ce joli mot proven&#231;al &quot;des capelans&quot;, des gens qui estiment ne pas &#234;tre oblig&#233;s de donner des explications sur leur croyance ou leur incroyance. Ils bouffent du cur&#233;, mais ne remettront jamais en cause l'existence de J&#233;sus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au cours de cette p&#233;riode, vos parents ont-ils gard&#233; des relations avec la famille rest&#233;e en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, il y avait un contact, mais pas comme on serait tent&#233; de le croire. C'&#233;tait juste le strict minimum, l'oxyg&#232;ne n&#233;cessaire pour ne pas mourir : des lettres, pour dire par exemple &quot;J'ai rencontr&#233; un tel du village d'&#224; c&#244;t&#233;, qui a demand&#233; de vos nouvelles&quot;. Entre les fr&#232;res et s&#339;urs de mon p&#232;re install&#233;s ici en France, il y avait une vraie relation mais avec la branche rest&#233;e en Italie, aucune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aviez-vous des occasions de repartir en vacances en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Seuls mon p&#232;re et ma m&#232;re y retournaient. Moi je n'y suis reparti que plus tard, longtemps apr&#232;s, &#224; l'&#226;ge de trente-sept ans. &#199;a a &#233;t&#233; un choc. Mes grands-parents &#233;taient d&#233;j&#224; morts. Je ne voulais pas y retourner, parce que c'&#233;tait un peu rouvrir une plaie, ouvrir la porte &#224; des &#233;motions qu'il valait mieux laisser tomber. Il n'est pas &#233;vident de revoir ce que l'on a connu. Vous savez, il existe cette image de l'&#233;migr&#233; dans le train, qui lorsqu'il passe la fronti&#232;re, jette tout ce qu'il poss&#232;de, en se disant : &quot;J'arrive dans un endroit o&#249; tout sera rembours&#233;.&quot; Mais en r&#233;alit&#233;, il d&#233;sire oublier tout ce qu'il a &#233;t&#233;, parce qu'il est difficile de s'adapter en ayant perp&#233;tuellement &#224; l'esprit qu'on est d'ici et d'ailleurs. Tous les &#233;migr&#233;s sont malheureusement confront&#233;s &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne de double identit&#233; : celle du dedans et celle du dehors. Pour moi, ce retour en Italie fut donc une d&#233;ception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents ont-ils eu l'occasion de retrouver ici en France des gens qu'ils avaient connu en Italie ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, mon p&#232;re recevait des gens de son village qui ont &#233;migr&#233;. D'autres venaient de Grenoble pour nous rendre visite ; on a entretenu avec tous ceux qui ont &#233;migr&#233; en France de bonnes relations et gard&#233; de fragiles liens avec ceux qui sont rest&#233;s en Italie. Il doit y avoir une bonne raison. Je pense que mon p&#232;re en a voulu &#224; cette situation &#233;conomique d&#233;sastreuse qui l'a oblig&#233; &#224; partir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vos parents sont-ils retourn&#233;s vivre en Italie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non. Mon p&#232;re a fait d'abord un bref retour pour la mort de mon grand-p&#232;re, avant d'y aller r&#233;guli&#232;rement, &#224; partir de 1965. Il y allait tous les ans et voulait m&#234;me y &#234;tre enterr&#233;. Comme tous les &#233;migr&#233;s, il esp&#233;rait rentrer dans son pays et avait toujours une valise pr&#234;te. Mais il a finalement chang&#233; d'avis. Vers la fin de sa vie, alors que j'&#233;tais en Afrique du Nord, ma femme m'a appel&#233; pour me dire qu'il allait mal. Il avait un cancer du larynx dont il avait &#233;t&#233; op&#233;r&#233; dix ans avant et l&#224;, il &#233;tait en phase terminale. Lorsque je me suis rendu &#224; son chevet, il m'a confi&#233; que ce n'&#233;tait plus possible de le ramener en Italie, parce qu'il voulait &#234;tre enterr&#233; &#224; Brian&#231;on, pr&#232;s de ses fr&#232;res et s&#339;urs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La famille de votre m&#232;re se trouvait-elle en France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, le peu de sa famille. J'ai m&#234;me revu mon grand-p&#232;re avant sa mort. Ma m&#232;re avait une s&#339;ur que je n'ai jamais connue et qui se trouvait &#224; Marseille, un cousin et une cousine que je n'ai jamais connus. Ma m&#232;re est arriv&#233;e jeune en France. Elle n'avait pas de famille en Italie, puisque les autres membres avaient aussi &#233;migr&#233;. Contrairement &#224; mon p&#232;re, elle n'avait aucun probl&#232;me de communication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps avez-vous pass&#233; dans le camp de Rozelay ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je ne suis pas rest&#233; trop longtemps. &#192; seize ans, j'ai pris la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ? Pour travailler ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'avais commenc&#233; &#224; travailler &#224; quatorze ans dans un laboratoire de TSF, comme apprenti. On travaillait soixante heures environ et le soir, je suivais une ou deux heures de cours &#224; la chambre des m&#233;tiers. &#192; seize ans, je suis parti. Je pense que c'est une maladie que tous les &#233;migr&#233;s ont. On est poursuivi par une esp&#232;ce d'insatisfaction, quelque soit ce qu'on est ou la position qu'on occupe. Cette insatisfaction peut-&#234;tre li&#233;e &#224; la rupture car quand on part si jeune, on a l'impression d'avoir &#233;t&#233; chass&#233; du paradis. On se prend pour Ca&#239;n. Moi, j'&#233;tais bien l&#224;-bas, mon p&#232;re a choisi de partir, pas moi ! J'ai suivi ! En prenant du recul, on se rend compte qu'on a d&#233;velopp&#233; des pathologies terribles, parfois insupportables pour ceux qui vivent avec nous. On ne peut pas &#234;tre en paix avec nous-m&#234;me. Les meilleurs moments de ma vie, je les ai v&#233;cus en Italie. On ne mangeait pas toujours &#224; notre faim, mais on s'en foutait. En partant de la maison, j'avais l'espoir de retrouver le paradis perdu, ou m&#234;me de recr&#233;er ce pass&#233; o&#249; on &#233;tait s&#251;r d'appartenir &#224; un groupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; &#234;tes-vous all&#233; et comment aviez-vous choisi votre destination ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis parti dans le Nord de la France. Lorsque je prenais mes cours du soir, j'ai rencontr&#233; un copain Fran&#231;ais dont les parents avaient &#233;t&#233; mut&#233;s. Il m'a dit qu'une nouvelle &#233;cole venait d'&#234;tre cr&#233;&#233;e par le gouvernement dans le Nord, pour les adultes qui n'avaient pas appris un m&#233;tier. Je n'avais aucun dipl&#244;me et le service de la main-d'&#339;uvre, qui par la suite a donn&#233; le minist&#232;re du Travail, puis l'AFPA, m'a admis ; j'&#233;tais l'un des premiers &#224; y entrer. C'&#233;tait dans le d&#233;partement de l'Aube, &#224; Romigny-sur-Seine, dans les locaux d'un ancien camp de prisonniers transform&#233; en centre AFPA, vers la fin de 1955 et le d&#233;but de 1956. Du toit, on voyait le jour se lever... mais on n'avait pas froid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous viviez, &#233;tudiez et travailliez dans ce lieu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on vivait dans de grandes chambres, comme les militaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel m&#233;tier appreniez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis rest&#233; dans le m&#234;me cr&#233;neau professionnel. J'ai appris l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;lectrom&#233;canique pendant six &#224; sept mois, avant de quitter la France pour aller travailler et &#224; partir de l&#224;, je n'ai plus arr&#234;t&#233; de bouger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous nous &#233;num&#233;rer les diff&#233;rents endroits o&#249; vous &#234;tes pass&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon Dieu ! &#199;a va du Nord &#224; l'Est, en passant par le Sud... Il n'y a qu'un seul endroit en France o&#249; je ne suis pas all&#233;. C'est en Bretagne, dans l'Ouest de la France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous retracer ce parcours dans l'ordre chronologique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De Paris, je suis parti dans le d&#233;partement de l'Aine, puis dans la S&#226;one, dans les d&#233;partements du Nord, aux Ardennes, en Alsace, en Lorraine, en Savoie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Dans quel pays vous-&#234;tes vous rendu quand vous avez quitt&#233; la France ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai commenc&#233; par l'Allemagne, j'ai fait tout le Maghreb, le Moyen Orient, le Pakistan, l'Irak, l'Iran, la Gr&#232;ce, l'Inde...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de temps vos parents sont-ils rest&#233;s dans le camp de Rozelay ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une dizaine d'ann&#233;es environ, avant d'acheter une petite maison non loin, &#224; dix kilom&#232;tres de Rozelay, o&#249; ils ont v&#233;cu jusqu'&#224; la fin de leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des choses &#224; rajouter ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'&#233;migration est un sujet difficile &#224; aborder, destructeur du point de vue identitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez toujours continu&#233; &#224; voyager, m&#234;me apr&#232;s avoir eu des enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, car m&#234;me si on fait tout pour ne pas reproduire ce qu'on a v&#233;cu, dans le but de prot&#233;ger nos enfants, on refait les m&#234;me choses sans s'en rendre compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous partiez, c'&#233;tait pour des raisons &#233;conomiques ou pour autre chose ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait principalement et avant tout pour des raisons &#233;conomiques, puisque je tenais &#224; ce que mes enfants ne manquent de rien, mais aussi pour leur assurer un pied &#224; terre, une base. L'essentiel pour moi &#233;tant qu'ils aient une identit&#233; car c'est bien, de manger, mais c'est mieux d'avoir une identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Voyagiez-vous quelquefois avec vos enfants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, tr&#232;s souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; aviez-vous install&#233; votre point de chute, ce pied &#224; terre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, &#224; Marseille. Il y a toujours eu une constance chez un enfant &#233;migr&#233;.... Le pire, c'est de se rendre compte que ses parents n'assument pas leur d&#233;cision d'avoir &#233;migr&#233;. C'est dur, pour un gosse, d'entendre ses parents dire apr&#232;s quelques ann&#233;es : &quot;... Ah ben, ce n'est pas de ma faute si je me suis expatri&#233;&#8230;&quot; Heureusement, je n'ai jamais entendu mon p&#232;re faire de pareilles r&#233;flexions. Lui avait tout supprim&#233;, de fa&#231;on &#224; ce qu'il n'y ait aucun retour possible. Dans tous les cas, on d&#233;clenche des pathologies nerveuses li&#233;es &#224; notre qu&#234;te identitaire.
Avoir une identit&#233; moiti&#233; noire, moiti&#233; blanche, ce n'est rien, mais &#234;tre amput&#233; de son identit&#233;, c'est mortel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un peu comme les enfants adopt&#233;s, dont le pass&#233; a &#233;t&#233; effac&#233; et qui se retrouvent compl&#232;tement d&#233;structur&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est dur, tr&#232;s dur, surtout lorsque rien n'est fait pour r&#233;tablir cette identit&#233; perdue. Mes parents n'avaient pas le temps. Il fallait vivre. Ils n'ont m&#234;me pas eu le temps de m'apprendre &#224; parler italien. Tout le monde travaillait et il n'y avait de temps pour rien. Mais, il n'y a jamais eu de d&#233;ni de leur part et m&#234;me si je reste perturb&#233; par tout &#231;a, je reconnais qu'ils ont assur&#233;. Moi, je ne me reconnais ni totalement comme Fran&#231;ais, ni totalement comme Italien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle nationalit&#233; avez-vous donc ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Toujours la nationalit&#233; italienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous n'avez jamais demand&#233; la nationalit&#233; fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je n'en vois pas l'utilit&#233;, puisque je ne me consid&#232;re pas comme Italien. J'ai cette nationalit&#233; parce qu'il faut en avoir une, je n'y attache pas d'importance. J'ai juste conserv&#233; la nationalit&#233; que j'avais au d&#233;part. J'ai certes des affinit&#233;s avec l'Italie, mais j'en ai plus avec le Maghreb, puisque j'y ai travaill&#233; pendant vingt ans. Je connais mieux les Maghr&#233;bins que les Fran&#231;ais et les Italiens. Que vais-je encore r&#233;clamer ? Je ne me sens pas plus d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Je dirais m&#234;me que je suis un Italien de culture fran&#231;aise. Je sais peu de choses de mon pays d'origine. On ne peut pas tout savoir et d'ailleurs on n'a pas le temps. Si j'avais eu le temps et les moyens financiers, peut-&#234;tre aurais-je pu me payer le luxe d'&#234;tre &#224; la fois d'ici et de l&#224;-bas, &#224; cheval entre deux cultures. Mais les r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques font qu'on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Et puis, je m'en fous, je n'ai aucun probl&#232;me &#224; ce niveau. Chacun fait ses choix, chacun r&#232;gle ses probl&#232;mes &#224; sa fa&#231;on et selon ses moyens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Julie Lafaurie, avril 2005.&lt;/i&gt;
Titre propos&#233; par Samuel Tron&#231;on.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le complexe d'Adam</title>
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		<dc:creator>Dalila Bouhmadou</dc:creator>


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		<dc:subject>F&#233;minit&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>violence</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les ann&#233;es qui conduisent &#224; l'acceptation de sa pleine dimension f&#233;minine.&lt;/p&gt;

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		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai eu du mal, j'ai eu du mal &#224; m'accepter en tant que femme. &#199;a vient peut-&#234;tre aussi de mon pr&#233;nom hein ! Mon pr&#233;nom, j'ai eu du mal &#224; l'accepter gamine, parce que &quot;&#200;ve&quot; eh ben c'est le symbole de la femme, voil&#224;. C'est la premi&#232;re femme dans la religion catholique qui&#8230; C'est celle qui a port&#233; le p&#233;ch&#233;, le p&#233;ch&#233; originel ! Il faut se le trimballer, ce pr&#233;nom. C'est peut-&#234;tre &#224; cause de mon pr&#233;nom que j'ai pas accept&#233; le regard de l'homme&#8230; C'est surtout la maternit&#233; qui m'a fait changer, qui m'a fait me consid&#233;rer diff&#233;remment. &#187; &#200;ve Debou, 49 ans et demi, conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quand vous &#234;tes-vous dit que vous &#233;tiez une femme ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Quand je me suis dit &#231;a ? Eh ben, y'a pas longtemps, y'a pas longtemps du tout. Vraiment une femme&#8230; J'ai eu plusieurs &#233;tapes parce que quand j'&#233;tais gamine, quand j'&#233;tais ado, je refusais d'&#234;tre une femme. J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; &#234;tre un gar&#231;on parce que j'&#233;tais tr&#232;s ax&#233;e sur le sport, sur les sports &#224; risque. Puis c'&#233;tait l'&#233;poque de la lib&#233;ration de la femme, on parlait du MLF et caetera, donc je refusais un peu la f&#233;minit&#233;. Puis j'&#233;tais pas tr&#232;s coquette, et en plus je ne supportais pas le regard des hommes, je trouvais qu'ils regardaient la femme plut&#244;t comme un objet de s&#233;duction et caetera, donc je refusais ma f&#233;minit&#233; et&#8230; Je me sens femme depuis&#8230; on va dire trois ans ou quatre ans, c'est tout. Jusqu'&#224; pr&#233;sent j'avais du mal &#224; l'assumer. C'est venu petit &#224; petit hein&#8230; J'ai eu plusieurs &#233;tapes, et je me suis sentie femme quand j'ai aim&#233; quelqu'un aussi, voil&#224;. Donc le partage de l'amour fait qu'on se sent plus en osmose avec le sexe qu'on porte puisque je refusais un peu ma f&#233;minit&#233; ; c'est vrai que j'aurais pu devenir homosexuelle, pourquoi pas hein ? Donc j'ai quand m&#234;me accept&#233; ma f&#233;minit&#233; puisque j'ai eu un compagnon homme et que j'ai eu un enfant. Je me suis sentie femme aussi quand j'&#233;tais enceinte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que la maternit&#233; soit n&#233;cessaire &#224; l'&#233;panouissement personnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah pas du tout, alors l&#224;, je trouve que non, une femme n'est pas forc&#233;ment faite pour enfanter et&#8230; et voil&#224;. Effectivement, on a tous des cultures qui sont diff&#233;rentes, mais qui nous disent qu'une femme doit avoir des enfants. Et je suis persuad&#233;e du contraire, voil&#224;. On n'a pas besoin forc&#233;ment d'avoir un enfant pour s'&#233;panouir. Personnellement, j'ai eu un enfant parce que mon compagnon en voulait un absolument et je lui ai fait comme cadeau, mais j'avais pas un d&#233;sir de maternit&#233; tr&#232;s fort. J'ai compris beaucoup de choses au moment ou j'&#233;tais enceinte. Le regard, d'abord le regard des hommes &#233;tait diff&#233;rent. Ah ! mon dieu, comme il est beau le regard des hommes, des gens dans la rue, quand on est enceinte ! J'ai trouv&#233; &#231;a tr&#232;s &#233;mouvant. L'homme ne regarde plus la femme en tant que telle, comme objet de plaisir, on va dire, ou de convoitise ou&#8230; Je ne suis pas un homme donc je sais pas ; mais il voit la femme comme quelqu'un qui porte un enfant. Et j'ai compris pourquoi beaucoup de personnes, dont je m'occupe, ayant peu de ressources, vivant des choses difficiles, &#233;taient amen&#233;es &#224; avoir beaucoup d'enfants : parce que c'est tellement gratifiant d'&#234;tre enceinte, c'est tellement gratifiant de s'occuper d'un b&#233;b&#233;. J'ai compris qu'&#224; ce moment-l&#224;, que la femme pouvait avoir une identit&#233; diff&#233;rente : on est reconnue socialement quand on est enceinte, quand on est maman. Cette image de m&#232;re aux yeux des autres, c'est une image sociale. Je pense qu'on a envie d'&#234;tre reconnu ; l'&#234;tre humain a envie d'&#234;tre reconnu, c'est tout. Donc, voil&#224; ! Moi, ma reconnaissance &#224; moi - c'est comme &#231;a que j'ai grandi - ma reconnaissance c'&#233;tait avoir un emploi qui me convient, et puis un boulot qui me plaise. Et c'est vrai qu'&#224; c&#244;t&#233; de &#231;a, j'ai mis ma famille et mes obligations familiales peut-&#234;tre un petit peu en parenth&#232;ses. J'ai peut-&#234;tre pas &#233;t&#233; assez vigilante par rapport &#224; ma vie familiale parce que ma priorit&#233; &#233;tait ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que vous apporte votre travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#201;norm&#233;ment d'&#233;panouissement, pour moi c'&#233;tait l'aboutissement, je ne pensais pas&#8230; Je n'ai jamais song&#233; faire un travail qui ne me plaise pas. Mes parents &#233;taient fonctionnaires et trouvaient qu'un emploi c'&#233;tait, bon, quelque chose qui apportait de l'argent, qui aidait &#224; vivre, mais que les loisirs, la vie sociale &#233;tait plus importante que le travail. Et c'est marrant, curieusement, avec mon fr&#232;re - on n'est que deux - on a plut&#244;t ax&#233; notre vie sur l'emploi, sur le travail. Donc pour moi c'est un aboutissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre cursus scolaire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'ai fait un bac litt&#233;raire ax&#233; sur les langues &#233;trang&#232;res anglais-espagnol-italien. Ensuite un peu de facult&#233;, parce que je voulais rentrer dans une &#233;cole d'assistante sociale ; j'ai pas &#233;t&#233; recrut&#233;e tout de suite. J'&#233;tais certainement jug&#233;e trop jeune, trop immature. Donc j'ai fait une ann&#233;e en sociologie. Ensuite j'ai pass&#233; ces concours d'entr&#233;e &#224; l'&#233;cole d'assistante sociale, plus un autre qui semblait tout autant int&#233;ressant, qui &#233;tait la pr&#233;paration au dipl&#244;me d'&#233;tat de conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale. Donc j'ai r&#233;ussi cette entr&#233;e &#224; l'&#233;cole, et l&#224; j'ai fait deux ans de BTS. &#192; la fin du BTS, j'avais pas envie d'&#234;tre &#224; la charge de mes parents, donc j'ai travaill&#233;. J'ai &#233;t&#233; pendant cinq ans professeur : j'enseignais les travaux m&#233;nagers en polytechnique de collectivit&#233;, dans des classes qu'on appelle maintenant les SECTA qui &#224; l'&#233;poque &#233;taient les SS. C'est des enfants qui sont jug&#233;s d&#233;biles l&#233;gers et caract&#233;riels, des enfants qui n'arrivent pas &#224; suivre un cursus scolaire normal, c'est dans certains coll&#232;ges. Mais vraiment &#231;a m'a pas plu, du tout. Donc, apr&#232;s j'ai repris mes &#233;tudes et j'ai pass&#233; mon dipl&#244;me d'&#233;tat de conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale, et l&#224; au moins c'&#233;tait une formation professionnelle r&#233;mun&#233;r&#233;e puisque j'avais travaill&#233; d&#233;j&#224; cinq ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est votre parcours professionnel ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand j'ai arr&#234;t&#233; l'enseignement - parce que vraiment c'est quelque chose qui ne me plaisait pas, j'&#233;tais au bord de la d&#233;pression - j'ai eu un an de battement. J'ai fait des petits boulots : des m&#233;nages, garder des enfants ; j'ai vendu des encyclop&#233;dies en porte &#224; porte&#8230; Et puis j'ai repris donc mes &#233;tudes et apr&#232;s, j'ai toujours fait conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale, et actuellement je suis cadre dans l'entreprise o&#249; je travaille depuis un an et demi. Je suis responsable du service social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Arriviez-vous &#224; concilier travail et famille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'y suis jamais bien arriv&#233;e non, parce que bon, moi, le plus important c'&#233;tait l'emploi, et je pense que c'est un petit peu &#231;a qui a fait sauter mon m&#233;nage, parce que mon compagnon n'arrivait pas &#224; s'y retrouver. Je suis s&#233;par&#233;e, j'ai un enfant &#224; ma charge ; il va avoir dix-huit ans dans quelques jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont vos obligations en tant que m&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les obligations en tant que m&#232;re ?&#8230; C'est pas aussi simple que &#231;a. Les obligations eh ben&#8230; c'est l'obligation d'&#234;tre pr&#233;sente, d'&#234;tre pr&#233;sente et&#8230;comment dire ?&#8230; de faire attention &#224; soi-m&#234;me pour le bien-&#234;tre de l'enfant. C'est important. Je trouve qu'une femme doit&#8230; Parce que bon moi, je faisais pas tr&#232;s attention &#224; moi. Moi, ce qui &#233;tait important, c'&#233;tait l'autre, mon m&#233;tier - d'ailleurs je travaille dans le social - et quand j'ai eu un enfant, je me suis dit : &quot;&lt;i&gt;Il faut que je fasse attention &#224; moi, il faut pas que je meure d&#233;j&#224;.&lt;/i&gt;&quot; Donc que j'aie pas des activit&#233;s dangereuses pour pouvoir vivre pendant le temps o&#249; j'ai mon enfant &#224; charge. Je trouve que &#231;a, c'est le plus important, l&#224; ! Apr&#232;s il y a plein de choses qui d&#233;coulent : on doit nourrir son enfant, veiller au bien-&#234;tre de son enfant, c'est-&#224;-dire essayer de pr&#233;server tout ce qu'on a acquis pour lui. Et je suis pas arriv&#233;e &#224; pr&#233;server ma vie familiale, puisque je suis s&#233;par&#233;e. &#199;a c'est ma grosse erreur, c'est la seule chose que j'ai pas pu ma&#238;triser compl&#232;tement et c'est dommage, parce qu'un enfant a besoin de son p&#232;re et de sa m&#232;re, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pour vous, qu'est-ce qu'&#234;tre une femme ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#202;tre une femme, &#234;tre une femme c'est&#8230; par rapport &#224; l'homme ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Par rapport &#224; l'homme, par rapport &#224; l'entourage ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est difficile parce que c'est vaste comme sujet. &#202;tre une femme maintenant&#8230; d'abord, d'abord &#234;tre un &#234;tre humain. C'est pouvoir &#234;tre libre, ind&#233;pendant, pouvoir dire ce qu'on vit, pouvoir s'exprimer donc. Pour moi &#234;tre une femme ou &#234;tre un homme &#231;a devrait &#234;tre pratiquement la m&#234;me chose. Je vois pas pourquoi une femme serait diff&#233;rente d'un homme. L&#224; actuellement on parle beaucoup par exemple de S&#233;gol&#232;ne Royal qui va se pr&#233;senter aux &#233;lections - je parle pas d'elle en tant que telle hein, j'ai aucune id&#233;e&#8230; Mais voil&#224;, si on parle justement d'elle c'est parce que ce serait peut-&#234;tre bien qu'une femme soit &#224; la t&#234;te d'un pouvoir. D'ailleurs, je sais plus dans quel pays d'Am&#233;rique du Sud il y a une femme - c'est pas le Chili ? Je vais dire des conneries, hein [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Michelle Bachelet premi&#232;re femme pr&#233;sidente du Chili &#233;lue le 15 janvier (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] - alors il y a une femme qui a &#233;t&#233; &#233;lue comme pr&#233;sidente de la r&#233;publique dans un pays qui est machiste &#224; la base. C'est formidable ! Donc &#234;tre une femme c'est &#234;tre l'&#233;gale de l'homme parce que&#8230; Et alors l&#224;, y'a encore du boulot ! Y'a encore du boulot ! J'ai tr&#232;s tr&#232;s peur qu'y ait des retours en arri&#232;re parce qu'avec tout ce qui se passe dans les cit&#233;s, ces jeunes filles qui sont jug&#233;es par leur grands fr&#232;res, qui ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es, qui ont &#233;t&#233; tortur&#233;es justement par les gens de la cit&#233;&#8230; Je trouve &#231;a lamentable &#224; l'&#233;poque qu'on vit, je trouve &#231;a lamentable. Une femme doit &#234;tre respect&#233;e en tant qu'&#234;tre humain comme un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Rencontrez-vous des difficult&#233;s particuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ma difficult&#233; justement c'&#233;tait m'assumer en tant que femme, et essayer de pas imaginer le regard des hommes sur moi quoi, voil&#224;. Beaucoup de petites filles ont v&#233;cu ce que j'ai v&#233;cu aussi hein : je me suis fait&#8230; quand j'&#233;tais gamine, je me suis fait attraper par un homme, eh ben, en bas de ma cage d'escaliers, qui m'a tripot&#233;e dans tous les sens. C'est vrai que &#231;a m'a un peu traumatis&#233;e et moi je comprenais rien de le sexualit&#233;. &#192; l'&#233;poque j'avais huit, neuf ans ! Et je pense que beaucoup de petites filles ont v&#233;cu &#231;a, &#233;norm&#233;ment. Il doit y avoir une tr&#232;s tr&#232;s grosse majorit&#233;, je serais curieuse de savoir le pourcentage. Et &#231;a, c'est inacceptable, voil&#224;. La femme d'aujourd'hui ne devrait plus avoir v&#233;cu &#231;a. On est dans un pays d&#233;mocrate avanc&#233; et caetera, alors j'imagine mal dans le pays une femme encore consid&#233;r&#233;e comme un objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous attach&#233;e &#224; votre m&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah j'ai un petit peu des difficult&#233;s avec ma m&#232;re, mais je suis attach&#233;e bien s&#251;r. J'ai refus&#233; pendant longtemps l'influence qu'elle avait sur moi, parce que j'ai toujours &#233;t&#233; en d&#233;saccord, en&#8230; - je trouve pas le mot - la dissonance, peut-&#234;tre la dissonance avec la m&#232;re. Je voulais pas &#234;tre proche, proche d'elle, mais je me rends compte que je suis un peu comme elle, quoi. C'est quand m&#234;me elle qui m'a &#233;lev&#233;e, donc je sais, je vois bien les similitudes dans ma fa&#231;on de vivre, dans mes fa&#231;ons de dire les choses. Je suis quand m&#234;me tr&#232;s tr&#232;s semblable &#224; elle, malgr&#233; tout, toutes les choses que j'ai refus&#233;es pendant longtemps. On peut pas repousser l'&#233;ducation qu'on a eue, hein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les diff&#233;rences et les ressemblances entre vous et votre m&#232;re ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a pas beaucoup de diff&#233;rences, c'est juste le caract&#232;re quoi. Ma m&#232;re est une femme tr&#232;s autoritaire, et moi je le suis pas. C'est juste &#231;a comme diff&#233;rence. Mais elle m'a appris aussi &#224; &#234;tre ind&#233;pendante et &#231;a m'a men&#233;e au fil du temps. Je pense que c'est surtout &#231;a, moi, qui me guide et qui me retient aussi, parce que j'ai tellement envie d'&#234;tre ind&#233;pendante que j'ai du mal &#224; aller vers l'autre en tant que compagnon. Je suis pas assez ouverte envers mon compagnon, envers mes compagnons que j'ai connus, parce que j'ai tellement un d&#233;sir d'ind&#233;pendance. J'ai eu peur de me faire bouffer, voil&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Voulez-vous transmettre les valeurs re&#231;ues de votre m&#232;re &#224; votre fils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'aimerais bien oui, j'aimerais bien. J'aurais tellement voulu avoir une fille, mais je n'ai qu'un gar&#231;on, donc voil&#224;. La valeur, oui, la valeur num&#233;ro une pour moi c'est qu'une femme doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'homme, et j'aimerais bien qu'il soit comme &#231;a. Pour l'instant encore c'est un grand ado et c'est pas sa pr&#233;occupation premi&#232;re, mais j'aimerais bien qu'il soit un homme &#233;panoui dans le sens o&#249; quand il aura une vie, une vie de couple et une vie familiale, il consid&#232;re sa femme comme son mod&#232;le. Je pense que si c'est pas le cas j'aurai l'impression d'avoir rat&#233; quelque chose effectivement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vivez-vous l'&#233;galit&#233; entre homme et femme ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh ben c'est une lutte, pour moi c'est une lutte. C'est difficile. Entre mon compagnon et moi j'essaye mais&#8230; Pour moi l'&#233;galit&#233; entre l'homme et la femme c'est beaucoup plus g&#233;n&#233;ral, je le vois au niveau de la soci&#233;t&#233; dans laquelle je vis et pour moi c'est une lutte donc y a pas encore d'&#233;galit&#233;&#8230; dans tous les domaines. Je travaille beaucoup aupr&#232;s de familles donc je vois bien que la femme reste l'&#233;pouse, la m&#232;re des enfants de l'homme, qui se consid&#232;re, lui, comme chef de famille. Et la femme est rarement consid&#233;r&#233;e comme un chef de famille. Rarement. Et je sens que celles qui veulent &#234;tre chefs de famille, celles qui veulent se montrer &#224; l'&#233;gale de leur mari luttent aussi. J'ai vu &#231;a, et je trouve que quand on travaille dans le social, on est l&#224; pour &#231;a : pas pour liguer madame contre monsieur, pas du tout, mais pour montrer &#224; madame qu'elle est entendue, &#233;cout&#233;e et essayer de faire, par des petites choses, par des petits d&#233;tails, faire &#224; ce que monsieur comprenne que sa femme c'est pas un objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment r&#233;agissez-vous quand le regard d'un homme se pose sur vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Eh ben, maintenant, si un homme me regarde et qu'il me fait comprendre que je suis charmante, maintenant, &#231;a me fait plaisir. Mais j'ai cinquante ans, donc, voil&#224; ! Je plaisante d'ailleurs beaucoup &#224; ce sujet-l&#224;, c'est pas&#8230; Mais avant, quand un homme me regardait comme &#231;a, &#231;a me plaisait pas du tout. Vers vingt ans, &#231;a me plaisait pas. Par exemple, je suis blonde aux yeux bleus, c'est joli les yeux bleus, mais si jamais je voyais que le regard de l'homme se posait plut&#244;t sur ma poitrine, ah&#8230; D'abord, je m'habillais toujours comme &#231;a, quand j'avais vingt ans. Maintenant, j'arrive &#224; m'habiller plus d&#233;couverte, je m'assume en tant que telle, voil&#224;. Je voulais pas &#234;tre regard&#233;e pour mon corps, je voulais juste &#234;tre regard&#233;e pour pouvoir communiquer, &#233;changer avec l'autre mais surtout pas &#224; ce niveau-l&#224;, donc je faisais bien le distinguo entre les deux. Maintenant j'assume, puis c'est devenu rare, l&#224; maintenant, le regard d'un homme sur une femme de cinquante ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Prenez-vous soin de vous ? Versez-vous dans la coquetterie ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, maintenant oui. La coquetterie&#8230; la coquetterie c'est quelque chose d'important, il faut surtout pas se forcer. Quand j'avais dix-sept, dix-huit ans, ma m&#232;re en avait marre que je porte des jeans sans ourlet parce que j'&#233;tais un peu&#8230; un peu hippie, hein, on va dire. Donc elle me cachait mes jeans pour que je me mette en jupe et elle m'avait m&#234;me offert du maquillage, que j'ai jamais utilis&#233; parce qu'il faut que la coquetterie soit assum&#233;e compl&#232;tement ; c'est bien une femme coquette, c'est joli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le r&#244;le de vos amies femmes dans votre vie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Tr&#232;s important, tr&#232;s important maintenant. Mais avant, c'est curieusement comme j'&#233;tais un petit peu un gar&#231;on manqu&#233;, je m'entendais beaucoup plus avec les copains qu'avec les copines. Maintenant les copines femmes, elles ont &#233;norm&#233;ment de place dans ma vie. C'est-&#224;-dire qu'avec les hommes au fil du temps on partage moins de choses. Parce que quand on devient m&#232;re, en m&#234;me temps nos amies deviennent m&#232;res. C'est &#224; peu pr&#232;s dans la m&#234;me g&#233;n&#233;ration, donc on partage nos soucis &#233;ducatifs entre nous, entre femmes et moins avec les hommes. Donc je me suis un peu &#233;loign&#233;e des contacts que j'avais privil&#233;gi&#233; avec les amis hommes pour me rapprocher des amies femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Existe-t-il une solidarit&#233; f&#233;minine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah oui, oui oui bien s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel message adressez-vous aux femmes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tenez bon, soyez ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont vos loisirs en dehors de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je fais beaucoup de sport, du ski l'hiver, de la moto&#8230; L&#224; en ce moment je fais beaucoup de v&#233;lo et de course &#224; pied. Je fais beaucoup de sport et je lis &#233;norm&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment vivez-vous le divorce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon l&#224;, il y a tr&#232;s longtemps qu'on est s&#233;par&#233;s : mon fils avait quatre ans et demi, et maintenant il en a dix-huit, donc faites le compte. On est rest&#233;s quand m&#234;me li&#233;s, parce que bon, il habite sur Marseille. Il est tr&#232;s pr&#233;sent par rapport &#224; son fils donc j'ai voulu conserver &#231;a. Finalement il y a de l'eau qui est pass&#233;e sous les ponts mais c'est tr&#232;s bien. Mais je le vis tr&#232;s mal parce que ou je n'aurais pas d&#251; accepter de lui faire un enfant, et l&#224; on se serait s&#233;par&#233;s, ou peut-&#234;tre pas ; ou alors on aurait d&#251; quand m&#234;me &#234;tre un peu plus adultes et mettre le pouce dans le poing et r&#233;fl&#233;chir mieux avant de se s&#233;parer, pour le bien de l'enfant. Parce que je pense que c'est une tr&#232;s mauvaise chose. Je dis pas : &quot;&lt;i&gt;Il faut pas se s&#233;parer du p&#232;re de ses enfants.&lt;/i&gt;&quot; C'est pas &#231;a. Mais c'est quelque chose qu'il faut r&#233;fl&#233;chir, c'est quelque chose de tr&#232;s important, c'est une tr&#232;s grande d&#233;cision. Dans la vie, la plus grande d&#233;cision c'est d'avoir des enfants, mais apr&#232;s &#231;a c'est la d&#233;cision de se dire : &quot;&lt;i&gt;On se s&#233;pare ou on se s&#233;pare pas, et pourquoi ?&lt;/i&gt;&quot; On l'a pas assez r&#233;fl&#233;chie avec mon compagnon et &#231;a je le regrette bien s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel regard la famille, l'entourage ont-ils port&#233; sur ce divorce ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est tellement d'un commun maintenant de se s&#233;parer que non, le regard&#8230; Ma m&#232;re &#233;tait ravie parce qu'elle n'a jamais accept&#233; le p&#232;re de mon enfant, donc elle &#233;tait ravie. Elle a trouv&#233; que c'est une bonne chose et que je m'en sortirais certainement mieux sans lui. Sur certains aspects oui, aspect financier, &#231;a allait beaucoup mieux de vivre seule avec mon gamin parce qu'il avait un peu les mains perc&#233;es, donc mat&#233;riellement, j'y ai certainement gagn&#233;. Mais mon p&#232;re, lui, &#233;tait d&#233;&#231;u parce qu'il est issu d'une famille s&#233;par&#233;e aussi. Pour lui &#231;a a &#233;t&#233; beaucoup plus dur certainement. Ma grand-m&#232;re s'est s&#233;par&#233;e en trente ou en trente-trois : non, &#231;a se faisait pas, &#231;a se faisait pas ; elle a m&#234;me d&#251; changer de ville. Mon grand-p&#232;re &#233;tait un f&#234;tard, il buvait beaucoup, il tenait un bar. Elle &#233;tait certainement tr&#232;s amoureuse de lui parce qu'au moment de sa mort, elle a dit : &quot;&lt;i&gt;Je vais enfin te rejoindre mon amour. Je vais rejoindre ton papa, c'est l'amour de ma vie.&lt;/i&gt;&quot; Mon p&#232;re &#233;tait &#233;croul&#233; parce que ses parents se sont s&#233;par&#233;s alors qu'il avait cinq ans. Non, maintenant, ce qui est tr&#232;s dur &#224; vivre au niveau de la s&#233;paration, c'est les amis en commun. Si j'avais su &#231;a, au moins j'aurais peut-&#234;tre plus r&#233;fl&#233;chi avant de d&#233;cider qu'on se s&#233;pare parce que la vie sociale, elle change &#233;norm&#233;ment. On peut plus voir les amis de la m&#234;me fa&#231;on, au m&#234;me rythme. C'est pas qu'ils font un choix, mais on peut plus apr&#232;s se retrouver chez des amis ensemble, et la vie elle est diff&#233;rente quoi, et c'est la plupart du temps la femme qui se retire, la preuve qu'elle n'est pas &#233;gale de l'homme ! Je l'ai vu, moi, par rapport &#224; toutes mes copines qui se sont s&#233;par&#233;es aussi : quand il y a des r&#233;unions amicales, eh ben c'est souvent les hommes qui vont vers les amis quand le couple est s&#233;par&#233; et la femme, elle reste chez elle, elle &#233;l&#232;ve les enfants ; y'a bien une preuve que la femme n'est pas &#233;gale de l'homme, avec des d&#233;tails comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 30/08/06 par Dalila Bouhmadou ; r&#233;daction : Patricia Rouillard ; image d'archives.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Michelle Bachelet premi&#232;re femme pr&#233;sidente du Chili &#233;lue le 15 janvier 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le Centaure et son troupeau</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Foti</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Passion</dc:subject>
		<dc:subject>Ferme</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Brousse aux parfums de colline, fabriqu&#233;e dans la passion du m&#233;tier de pastre, pour le maintien d'une race mill&#233;naire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/chacun-son-metier/" rel="directory"&gt;Chacun son m&#233;tier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/famille" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/liberte" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/passion" rel="tag"&gt;Passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/ferme" rel="tag"&gt;Ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Issu d'une longue g&#233;n&#233;ration de bergers, Andr&#233; Gouiran, 47 ans, aujourd'hui en soci&#233;t&#233; agricole avec ses fils et sa femme, &#233;l&#232;ve ses ch&#232;vres dans les collines rovenaises : &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224;, enfant, il me semblait que j'&#233;tais diff&#233;rent. J'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s proche de la nature, ch'uis un peu instinctif, un peu animal, donc voil&#224; pourquoi ce choix, parce que je me suis toujours senti en communion avec la nature.&lt;/i&gt; &#187; Du geste de la traite au combat pour un retour aux sources originelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si un jour je fais plus le berger, &lt;/strong&gt; je me vois bien, &#224; la retraite, avoir deux, trois juments. Moi j'ai besoin de la nature, c'est ma source de vie. C'est la source de vie en g&#233;n&#233;ral, mais c'est vital et c'est comme &#231;a, c'est des puzzles qui s'imbriquent parfaitement et moi je fais partie de &#231;a, de ces puzzles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moi, je me dis berger avant tout&lt;/strong&gt; mais bon, chevrier par le fait. On peut &#234;tre berger en ayant des moutons, des ch&#232;vres, &#224; condition de pratiquer le pastoralisme puisque chevrier en stabulation, c'est des animaux qui sortent jamais de la bergerie, nourris au tout-aliment comme le trois-quart des &#233;levages, h&#232;. Etre berger, c'est sortir ses animaux, savoir dresser les chiens de troupeau, c'est tout un ensemble, quoi. C'est le m&#233;tier noble, on va dire. Malheureusement, on est une minorit&#233; &#224; faire comme &#231;a, parce que &#231;a existe de moins en moins ; moi, je fais partie de ces rescap&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des inventaires testamentaires familiaux&lt;/strong&gt; qui datent de quatorze cent et quelque, on fait des &lt;a href='http://www.frecap.fr/article.php3?id_article=38' class='spip_out' rel='external'&gt;Brousses du Rove&lt;/a&gt; au Rove depuis au moins le XV&#232;me si&#232;cle. Il est mentionn&#233; en vieux fran&#231;ais : &quot;&lt;i&gt;Tant d'animaux, tant de ch&#232;vres&lt;/i&gt;&quot;, puis les p&#233;roles broussiers, ce sont les chaudrons pour faire les brousses... Brousse du Rove, h&#232;, parce que y'en a de toutes sortes : de vache, de brebis, le bruccio en Corse, mais cette forme particuli&#232;re, elle est n&#233;e au Rove : ce sont les bergers rovenais de ma famille qui ont &#233;labor&#233; ce syst&#232;me. C'&#233;tait une sp&#233;cialit&#233; qui ne se faisait qu'au Rove et le Rove, c'&#233;tait une communaut&#233; chevri&#232;re. Moi, je suis la dix-septi&#232;me g&#233;n&#233;ration et mes fils la dix-huiti&#232;me. J'ai un fils de vingt-quatre ans et demi, et l'autre il va avoir vingt-deux ans. C'est bien et en m&#234;me temps, c'est une prise de t&#234;te. Je veux pas me plaindre parce qu'on est patrons, on est un peu habitu&#233;s &#224; la dure. Le Rove, en 1900, y'avait plus de 4000 ch&#232;vres et 400 habitants, en 1950, 2000 ch&#232;vres et aujourd'hui, en France, y'en a &#224; peu pr&#232;s 4000. En Crau y'en a plein qui ont des ch&#232;vres du Rove depuis des g&#233;n&#233;rations parmi leurs troupeaux et &#231;a, &#231;a date de la transhumance &#224; pied, parce que la &lt;a href='http://www.inapg.inra.fr/dsa/especes/caprins/rove.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;ch&#232;vre du Rove&lt;/a&gt; est belle et en plus, elle a un pied tr&#232;s s&#251;r. Les &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.aque-menoun.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;menouns&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, les boucs castr&#233;s, ils leur mettent une femelle, elle a adopt&#233; naturellement les animaux orphelins. Apr&#232;s elles sont pas traites, ou les bergers quand ils sont en montagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon grand-p&#232;re, pour moi, il a jou&#233; un grand r&#244;le. &lt;/strong&gt;Malheureusement, il est mort quand j'&#233;tais petit ; alors, &#231;'a a &#233;t&#233; un grand vide. &#192; l'&#233;poque, on allait &#224; l'&#233;cole pas avant cinq ans, ce qui fait qu'on passait beaucoup de temps avec nos grands-parents. C'&#233;tait un ancien berger aussi, bien s&#251;r, et il m'a communiqu&#233; cette passion. Apr&#232;s, j'&#233;tais pas oblig&#233; : j'&#233;tais r&#233;ceptif &#224; &#231;a, j'avais &#231;a en moi et mon grand-p&#232;re a su&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand j'&#233;tais plus jeune, &lt;/strong&gt; d'abord je me suis beaucoup cherch&#233; parce que j'&#233;tais un peu rebelle et donc, &#224; dix-huit ans, j'ai fait l'arm&#233;e dans les parachutistes. J'ai fait apprenti plombier pendant un an et demi. Mais bon, c'est l'exp&#233;rience, &#231;a fait du bien. Plus on a vu des choses, mieux c'est, quoi. En 79, j'&#233;tais aide familial sur l'exploitation de mon p&#232;re et je suis &#224; mon compte depuis 81, j'avais vingt et un ans. J'avais mon troupeau, c'&#233;tait moi mon patron et &#231;a fait vingt-six ans et demi que je m&#232;ne ma barque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'avais les ch&#232;vres, l&#224;, avant, &#231;a s'est tout construit tout autour, &lt;/strong&gt; &#231;a sentait la ch&#232;vre, ceci, cela&#8230;. Il a fallu que je trouve un terrain dans la colline, que je fasse une bergerie. En plus, il ne peut exister de bergers sans espaces prot&#233;g&#233;s et &#233;tant aux portes de Marseille, la commune a 2200 hectares de collines, c'est tr&#232;s convoit&#233;, donc le maire a class&#233; tout &#231;a en site prot&#233;g&#233; dans le conservatoire du littoral et c'est lui qui m'a permis de pouvoir m'installer dans le site sinon, b&#232; il aurait fallu que je vende ici, que j'aille m'installer ailleurs. Et comme la ch&#232;vre du Rove c'est l'embl&#234;me du village, dans le pass&#233; du Rove c'est indissociable, alors maintenir le dernier troupeau dans la commune&#8230; J'ai une convention de p&#226;turage de 850 hectares mais je peux aller o&#249; je veux, j'entretiens des pare-feux. Apr&#232;s on a eu un grand feu en 2001, un en 2004. La premi&#232;re ann&#233;e, quand la maison a &#233;t&#233; finie, elle a failli br&#251;ler. On &#233;tait oblig&#233;s de faire presque trois kilom&#232;tres dans les cendres pour acc&#233;der &#224; des endroits qui avaient pas br&#251;l&#233;. Nous, ici, on a aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que &#231;a br&#251;le parce qu'il pleut pas assez, la broussaille, les ch&#232;vres&#8230; Y'a des gens qui comprennent rien, ils disent : &quot;&lt;i&gt;Y'a des endroits, les bergers mettent le feu.&lt;/i&gt;&quot; Oui, l'&#233;cobuage, ou il pleut souvent mais nous, si &#231;a br&#251;le&#8230; On dit : &quot;&lt;i&gt;Au printemps, &#231;a repousse&lt;/i&gt;&quot; mais nous, il faut qu'y'ait &#224; manger toute l'ann&#233;e. Quand les romarins, les ch&#234;nes kerm&#232;s, ils partent en fum&#233;e, c'est une catastrophe pour nous. &#199;a avait failli me d&#233;courager, comme c'&#233;tait pas s&#251;r que j'ach&#232;te en haut, j'ai failli partir en Loz&#232;re puis non, &#231;a s'est fait et tant mieux, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai 252 ch&#232;vres adultes. &lt;/strong&gt; Sinon, y'a un troupeau de presque 400, en comptant les boucs, mais en comptant des petites que j'ai gard&#233;es cette ann&#233;e, &#231;a tourne, quoi, on est entre 252, parce que malheureusement y meurent. Un troupeau, c'est une soci&#233;t&#233;, y'a des jeunes, des vieilles, c'est un roulement, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ch&#232;vre du Rove, y'a au moins 2600 ans qu'elle est l&#224;, &lt;/strong&gt; puisqu'elle a un rapport avec la fondation de Marseille, cette &lt;a href='http://www.koinai.net/fr.wikipedia.org/wiki/Rove_(race_caprine)' class='spip_out'&gt;race&lt;/a&gt;, elle est particuli&#232;re. Race tr&#232;s, tr&#232;s rustique qui s'est fa&#231;onn&#233;e dans ce contexte de collines &#233;pineux pendant des si&#232;cles. La s&#233;lection naturelle a jou&#233; un grand r&#244;le. C'est des ch&#232;vres originelles qui peuplaient la M&#233;sopotamie, y'a des dizaines de milliers d'ann&#233;es et &#231;'a &#233;t&#233; introduit par les Ph&#233;niciens via l'Anatolie, la Gr&#232;ce. En Gr&#232;ce, y'a des ch&#232;vres qui ressemblent aux ch&#232;vres du Rove. C'est des ch&#232;vres m&#233;diterran&#233;ennes tr&#232;s adapt&#233;es &#224;&#8230; et on dit &quot;ch&#232;vres du Rove&quot; parce que c'est l&#224; qu'y'en avait le plus. Elle s'est fix&#233;e dans ce terroir et c'est les bergers du Rove qui, par la s&#233;lection naturelle, l'ont fa&#231;onn&#233;e. C'est comme &#231;a qu'une race est n&#233;e. Beaucoup d'&#233;crits font r&#233;f&#233;rence &#224; la ch&#232;vre du Rove, notamment Victor G&#233;lu, po&#232;te marseillais qui en 1854, dans &lt;i&gt;Lou credo de Cassian&lt;/i&gt;, a &#233;crit : &quot;&lt;i&gt;Le Rove est l'Arcadie de notre d&#233;partement&lt;/i&gt;&quot;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Arcadie en Gr&#232;ce qui est une r&#233;gion tr&#232;s pastorale. Fr&#233;d&#233;ric Mistral, aussi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une race qui a une dominance de robe, nous on dit rouge&lt;/strong&gt;, mais c'est un marron un peu acajou, soit une robe noire. Apr&#232;s, y'a des variantes : des cardalines, robes rouges mouchet&#233;es de blanc, des biais, robes noires mouchet&#233;es de blanc, des robes blanc, gris-cendre un peu bleut&#233;, enfin, toutes sortes de robes avec des noms bien pr&#233;cis qui ont travers&#233; les si&#232;cles et dans mon troupeau, j'ai un peu toutes les robes de ces ch&#232;vres, un peu comme la pr&#233;servation de quelque chose, quoi. Et bien s&#251;r, la ch&#232;vre du Rove est tout de suite identifi&#233;e gr&#226;ce &#224; ses cornes en forme de lyres, torsad&#233;es. Les boucs peuvent atteindre une envergure d'un m&#232;tre vingt, voire plus, donc c'est un peu spectaculaire. Et c'est une belle race, mais qui se m&#233;rite, parce qu'elle fait trois, quatre fois moins de lait que les autres races s&#233;lectionn&#233;es g&#233;n&#233;tiquement pour la productivit&#233;. Faut vraiment avoir la passion de la race, c'est-&#224;-dire le maintien d'une tradition, conserver une race qui, peut-&#234;tre, servira de porte greffe &#224; d'autres races qui ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es sur uniquement la quantit&#233; de lait au d&#233;triment de la rusticit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moi, je travaille comme il faisait mon grand-p&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt; je suis vraiment venu &#224; la tradition. Mon p&#232;re, &#224; un moment donn&#233;, il a mis d'autres races plus productives et au lieu de suivre l'exemple, je suis revenu &#224; la base. Franchement, c'est plus dur que d'avoir que 50, 60 ch&#232;vres en stabulation : avec les ch&#232;vres, on est tout le temps. D'ailleurs c'est pas nous qui avons les ch&#232;vres, c'est les ch&#232;vres qui nous ont nous parce que le matin, il faut se lever, h&#232;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On les sort sept heures par jour en p&#226;turage. &lt;/strong&gt; Y'en a un qui prend le troupeau dans la colline, et on se remplace : si y'en a un qui garde le matin, b&#232; l'apr&#232;s-midi on se donne rendez-vous dans un coin de la colline, il rentre en voiture, il fait autre chose et l'autre, il prend la rel&#232;ve et le soir on rentre le troupeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment on communique avec nos animaux, &lt;/strong&gt; vous savez, comment on communique avec sa famille, par automatismes. Par habitude de la pr&#233;sence, l'intonation de la voix, la fa&#231;on de siffler, parce que c'est nous qu'on les met au monde, on fait partie de la famille, quoi. Parce que contrairement au chevrier en stabulation qui trait le matin, met le foin et jusqu'au soir, il les voit plus, le chevrier qui lui, les am&#232;ne p&#226;turer, y'a plus de contact. Le berger et le troupeau, c'est comme le cheval et le cavalier, puis vous avez le Centaure, b&#232;, le berger, c'est un peu comme le Centaure au milieu de son troupeau : il fait partie de ce puzzle qui s'imbrique. C'est un courant qui passe, qui est impalpable mais qui se ressent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nom des ch&#232;vres. &lt;/strong&gt; B&#232;, d&#232;s qu'on en a beaucoup, &#231;a marche un peu par familles. Y'en a, c'est des noms de v&#233;g&#233;taux : Lavande, Romarin, ou de traits de caract&#232;re : j'avais une ch&#232;vre qui s'appelait Pompadour parce qu'elle avait une allure un peu noble et elle m'a fait des filles, une, je l'ai appel&#233;e S&#233;vign&#233; et l'autre Marquise. Des fois, y'en a qui ont un nom &#224; partir de un an parce qu'on sait pas comment les nommer et un jour, elle a son nom par rapport &#224; un trait de caract&#232;re ou un &#233;v&#232;nement. Alors des fois &#231;a va pas dans la finesse : une, elle s'appelle Casse-Bonbons, parce qu'elle est un peu emmerdante (rire) mais nous, si mon fils il me dit : &quot;&lt;i&gt;Papa, Casse-Bonbons elle boite, faudra qu'on regarde&lt;/i&gt;&quot;, de suite on sait qui c'est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de la mi-janvier, y'a la naissance des cabris. &lt;/strong&gt; C'est &#233;norm&#233;ment de travail parce que souvent, il faut aider les ch&#232;vres &#224; mettre bas, bien qu'avec la ch&#232;vre du Rove, on a moins de probl&#232;mes parce que comme elle marche, elle pratique une gymnastique naturelle, donc elles font pas des cabris &#233;normes et elles sont muscl&#233;es, &#231;a passe mieux. Et il faut s'occuper des cabris, soigner les b&#234;tes : un, y faut donner des g&#233;lules, l'autre&#8230; Faut tout avoir dans la t&#234;te. Alors, je garde quelques chevrettes pour renouveler le troupeau et la grande majorit&#233;, je les vends quand elles ont une semaine. On les garde plus comme avant, pour P&#226;ques et tout, parce qu'il nous faut du lait. Pendant deux mois et demi, on a pas de rentr&#233;e d'argent parce qu'on a plus de lait, donc autant, au d&#233;but, on est contents de plus traire parce que tous les jours, c'est dur, mais apr&#232;s on se languit de reprendre parce que financi&#232;rement on est un peu raides. Alors, les chevreaux, on leur fait t&#233;ter le colostrum pendant une semaine au biberon et apr&#232;s on les vend &#224; des engraisseurs, pas cher, au kilo, et on trie les m&#232;res. Les femelles qui sont gard&#233;es pour faire des futures ch&#232;vres laiti&#232;res, je les laisse t&#233;ter leurs m&#232;res, mais les autres partent et &#231;a nous permet de traire et de nouveau avoir de la brousse et du fromage, d&#233;but f&#233;vrier voire fin janvier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; six heures, tous les matins, y'a la traite.&lt;/strong&gt; Avant, on trayait deux fois par jour : on passait trente-cinq heures par semaine, sans compter le gardiennage, la fabrication, les livraisons&#8230; On vivait que pour travailler et cette ann&#233;e, j'ai essay&#233; la mono-traite. Alors, on perd &#224; peu pr&#232;s 20 % de lait par jour mais, si on a un effectif suffisant, le lait - faut savoir que la ch&#232;vre du Rove, le lait est plus riche que les autres races parce qu'elle mange cette v&#233;g&#233;tation un peu s&#232;che, donc elles font moins de lait mais il est tr&#232;s concentr&#233; et l&#224;, j'ai l'impression qu'il l'est encore plus et nous, &#231;a nous permet le soir de finir un peu plus bonne heure, parce que l'an pass&#233; on finissait de traire c'&#233;tait neuf heures&#8230; On va voir, h&#232;, je fais un essai, si elles tiennent le lait jusqu'&#224; fin octobre, premi&#232;re semaine de novembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai toujours trait &#224; la main&lt;/strong&gt; mais pour moi, c'est pas une contrainte : je suis tellement entra&#238;n&#233; que c'est comme un sport qu'on pratique r&#233;guli&#232;rement. J'ai tellement de coll&#232;gues qui m'ont dit : &quot;&lt;i&gt;Mais t'y es fou de traire &#224; la main avec les ch&#232;vres que tu as, mets la machine, tu gagneras du temps !&lt;/i&gt;&quot; On m'a tellement gonfl&#233; avec &#231;a que j'en ai achet&#233;e une en 2000, je l'ai gard&#233;e trois ans, je l'ai revendue. Je me suis jamais fait parce que le bruit, &#231;a me gonflait. Et puis il faut nettoyer avant, apr&#232;s, rincer avec des produits&#8230; Et je retrais &#224; la main, je pr&#233;f&#232;re. Vous avez le contact : une ch&#232;vre, si elle a une mammite, si vous le voyez pas, b&#232; vous infectez le manchon trayeur en le mettant &#224; l'autre, vous la contaminez. &#192; la main, vous voyez tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s on passe le lait, ma femme s'occupe de toute la fabrication.&lt;/strong&gt; En pleine lactation, on peut en faire 200 par jour, pendant huit mois &#224; peu pr&#232;s. Et on fait aussi du fromage de ch&#232;vre. La brousse, c'est du lait qu'on fait bouillir, qu'on fait virer artificiellement avec du vinaigre blanc. On peut la garder huit jours au frais, c'est pas comme le fromage de ch&#232;vre, c'est pas cru. Par contre il vaut mieux les manger un ou deux jours apr&#232;s, elles sont meilleures, un peu plus fortes. C'est jamais tr&#232;s fort, parce que c'est un fromage frais, il a moins de go&#251;t qu'un fromage affin&#233;. Mais c'est plut&#244;t un dessert qu'on accommode de plusieurs mani&#232;res : moi, quand il fait un peu frais, j'aime bien avec du miel, ou un coulis de framboise. J'aime bien aussi - alors, &#231;a d&#233;nature peut-&#234;tre un peu le produit mais &#224; Marseille, c'est une tradition - avec du sucre et un peu de rhum brun. Ou en entr&#233;e avec de la fleur de sel, un peu de poivre et de l'huile d'olive, &#231;a y va bien aussi, &#231;a se marie bien. La brousse du Rove, &#231;a fait partie du patrimoine gustatif de la Provence. Beaucoup de gens - bon malheureusement, ceux-l&#224;, peuch&#232;re ! c'est des g&#233;n&#233;rations qui commencent &#224; dispara&#238;tre - ont connu le temps o&#249; les marchands de brousses sillonnaient les quartiers de Marseille, en annon&#231;ant avec une trompe : &quot;&lt;i&gt;Les brousses du Rove !&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le matin, mon fils livre &#224; Marseille aux fromagers&lt;/strong&gt; comme Bataille, Marrou &#224; la place Castellane, les restaurants comme Le petit Nice, l'&#201;puisette, les Trois Forts&#8230; J'en fais pas, de march&#233;, moi, aucun. J'ai ma grossiste &#224; Aubagne que je livre deux fois par semaine, elle, elle livre des forains, des fois, alors peut-&#234;tre qu'y'a de nos brousses sur les march&#233;s mais 80 %, ce sont pas des miennes. Moi, d&#233;j&#224;, y'a une &#233;tiquette : &quot;&lt;i&gt;v&#233;ritable brousse du Rove, pur ch&#232;vre&lt;/i&gt;&quot;. Apr&#232;s, ici, je vends aussi. Alors j'ai pas l'AOC, c'est trop restrictif. Y'a que moi qui peux pr&#233;tendre &#224; une AOC, parce que je suis sur le Rove et un gars de Paris, de l'&lt;a href='http://www.inao.gouv.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;INAO&lt;/a&gt;, nous a conseill&#233; de faire une &lt;a href='http://www.koinai.net/fr.wikipedia.org/wiki/Indication_g&#233;ographique_prot&#233;g&#233;e' class='spip_out'&gt;Identification G&#233;ographique Prot&#233;g&#233;e&lt;/a&gt;, en ouvrant la porte &#224; d'autres &#233;leveurs, &#224; condition qu'ils rentrent dans un cahier des charges bien pr&#233;cis, c'est-&#224;-dire ce qui fait sa r&#233;putation et sa notori&#233;t&#233; : il faut que ce soit fabriqu&#233; exclusivement avec du lait de la race, que ce soit un produit fermier, fabriqu&#233; avec le lait produit sur l'exploitation. Dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, on est six &#224; avoir des ch&#232;vres du Rove et &#224; pr&#233;tendre faire de la brousse du Rove, donc on a mont&#233; une association. Y'aura une petite partie du Var mais tout limitrophe, vers Cuges, parce que par rapport &#224; l'hygrom&#233;trie et tout, &#231;a ressemble un peu &#224; ici, mais on peut pas trop &#233;tendre. Et moi, j'ai une marque d&#233;pos&#233;e &#224; l'&lt;a href='http://www.inpi.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;INPI&lt;/a&gt;, &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que j'aime faire ? &lt;/strong&gt; Tout. Ouais, parce que c'est un &#233;tat d'esprit, c'est&#8230; Alors, des fois j'en ai marre mais l&#224; o&#249; c'est grave, c'est que je me languis de partir et au bout de quatre, cinq jours, &#231;a me manque. Ch'uis tellement habitu&#233; que des fois j'ai le trop plein, c'est normal quand vous &#234;tes toujours sur la br&#232;che, y'a des moments o&#249; c'est usant. M&#234;me celui qui est passionn&#233;. Mais c'est un ensemble, c'est une vie pour moi. Quand j'&#233;tais jeune, ouais, beaucoup de choses que j'aimais pas mais maintenant, je me dis que de toute fa&#231;on, il faut le faire, donc m&#234;me quand il faut nettoyer la bergerie, sortir le fumier&#8230; Et de toute fa&#231;on, &#224; un moment donn&#233;, vous vous blindez, vous faites abstraction : y'a plus que le corps, l&#224;, l'esprit y est plus. Y'a des choses qu'on fait plus plaisamment : mettre bas, voir les petits cabris qui naissent. C'est s&#251;r que quand on trouve une b&#234;te morte, &#231;a fait pas plaisir : elles naissent chez nous, elles meurent, &#231;a fait peine, quoi. Y'a des t&#226;ches qui sont ingrates mais qui font partie du m&#233;tier, on peut pas y passer. Vous prenez le m&#233;tier, y faut tout accepter avec, on a pas le choix, c'est un tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour concilier travail et vie priv&#233;e, &lt;/strong&gt; ah ! Ben l&#224;, &#231;a va. C'est pas toujours simple mais maintenant que mes fils sont grands, on arrive un peu &#224; se remplacer. &#199;'a &#233;t&#233; tr&#232;s dur au d&#233;but, les vacances, j'en avais pas et quand vous avez vingt ans, que vous pouvez pas&#8230; je le prenais sur ma peau, comme on dit. Le dimanche, si on d&#233;cidait d'aller &#224; la mer, je me levais &#224; quatre heures, je trayais les ch&#232;vres, apr&#232;s on partait avec les coll&#232;gues, on s'amusait comme des fous et l'apr&#232;s-midi, on rentrait avec ma femme et les coll&#232;gues : &quot;&lt;i&gt;Oh ! tu restes pas !&lt;/i&gt;&quot; Eh non ! Fallait traire les ch&#232;vres. Le ski, j'ai jamais pu, parce que y'a les cabris qui naissent. Bon, toujours pareil, une fois, j'&#233;tais &#224; Orci&#232;res Merlettes, je devais avoir vingt-deux ans, je me suis lev&#233; &#224; trois heures du matin, je me suis occup&#233; des b&#234;tes, on est partis et le soir, j'&#233;tais plus en forme pour aller me coucher que pour m'occuper des b&#234;tes. C'est l&#224;, la discipline qu'il faut&#8230; C'est l&#224; que mes fils, ils sont plus &#233;lev&#233;s, c'est plus facile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jours de repos, &lt;/strong&gt; cong&#233;s, c'est &#224; la saison creuse, quand on trait plus. Je suis pas encore parti un seul jour depuis le mois de janvier. L&#224;, je vais s&#251;rement partir quatre ou cinq jours avec ma femme, fin ao&#251;t. Apr&#232;s, en novembre et d&#233;cembre, si je veux, je partirai huit, dix jours, maximum une semaine. Quand on trait plus, y'a plus de fromage &#224; faire, y'a que le troupeau &#224; s'occuper, c'est moins de travail. Parce que c'est &#231;a aussi : quand on s'en va, les autres, ils ont le lait. Faut travailler le lait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les outils de travail, j'ai connu plein d'&#233;volutions. &lt;/strong&gt; Avant, mon grand-p&#232;re, m&#234;me mon p&#232;re, tous les soirs, il revenait de garder avec un fagot de bois sur l'&#233;paule, des argelas secs. C'est pour &#231;a aussi qu'y avait moins de feux, les massifs &#233;taient entretenus, et ils faisaient des brousses au feu de bois, d'ailleurs, elles &#233;taient meilleures. Maintenant, si vous faites &#231;a, vous allez en prison, fa&#231;on de parler. La fromagerie, la pi&#232;ce o&#249; on faisait la brousse, &#231;a s'appelait la brousse. Souvent, c'&#233;tait en terre battue, les murs en chaux, ils &#233;taient noirs parce qu'avec le feu&#8230; Les &#233;tuis, les paniers qu'on appelle les faisselles, c'&#233;tait en osier tress&#233;. C'&#233;tait un peu tol&#233;r&#233; jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70 et depuis qu'y'a les normes europ&#233;ennes, c'est des &#233;tuis en fer blanc, trou&#233;s. Apr&#232;s, on a &#233;t&#233; oblig&#233;s de se mettre au plastique alimentaire, jetable, m&#234;me, maintenant. Mes parents, au d&#233;part, c'&#233;tait pas carrel&#233;, il a fallu carreler, jusqu'au plafond. Apr&#232;s, il fallait un sas, un siphon de sol... chaque fois, il sortait de nouvelles trucs. &#192; la limite, je suis pas contre les r&#232;gles quand c'est cens&#233; vous faire progresser et si vous travaillez propre, c'est pas grave mais &#231;a suffit pas parce que mettons, un &#233;leveur va &#234;tre aux normes mais il ach&#232;te du lait en poudre et &#231;a, y'a pas assez de contr&#244;les. Apr&#232;s, je connais des gens biens dans des organismes, y compris aux services v&#233;t&#233;rinaires, qui sont conscients de beaucoup de choses, qui sont humains et qui comprennent. Ils appliquent les normes qu'on leur fait appliquer, apr&#232;s, ils arrivent &#224; faire la part des choses aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre berger, c'est plus qu'un m&#233;tier, c'est un sacerdoce&lt;/strong&gt; et en fait, pour vivre de ce m&#233;tier, il faut vivre pour le m&#233;tier avant tout. Quand vous avez un gros troupeau, faut &#234;tre comp&#233;tent, et je suis pas imbu de ma personne, quoique, une citation d'Henri Vincenot dit : &quot;&lt;i&gt;Je suis berger, un vrai berger, imbu de ma personne&lt;/i&gt;&quot; mais c'est pas de la fiert&#233; mal plac&#233;e, loin de l&#224; : quand on est berger on est humble parce qu'on est tellement en phase avec la nature et avec la nature, il faut toujours &#234;tre humble. D'abord, c'est les ann&#233;es qui prouvent si on est berger, qui affirment votre passion. C'est un m&#233;tier aussi o&#249; il faut une sacr&#233;e sant&#233; : moi, j'ai eu des probl&#232;mes comme tout le monde ; alors l&#224; aussi, c'est pas facile. Je m'&#233;tais cass&#233; le pied, je mettais un sac poubelle au pl&#226;tre pour aller traire avec les b&#233;quilles&#8230; Y'en a qui disent : &quot;&lt;i&gt;Lui, c'est un sauvage&lt;/i&gt;&quot;, eh non, mais par la force des choses, je suis dur pour moi. Le troupeau, il comptait sur moi, h&#232;. Bon, je suis rarement malade mais le peu que je l'ai &#233;t&#233;, il est venu l'infirmier ou l'infirmi&#232;re, des fois j'&#233;tais aux ch&#232;vres, elle venait, je baissais le pantalon, elle faisait une piq&#251;re, je repartais, h&#232;, eh oui (rire) ! Il faut de la volont&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;tier masculin ou f&#233;minin ? &lt;/strong&gt; Pas &#233;vident. Moi, ch'uis pas&#8230; m&#234;me si j'ai l'air un peu macho, non, voyez, non. C'est un m&#233;tier o&#249; il faut beaucoup de volont&#233; et y'a des femmes qui ont beaucoup de volont&#233;, donc &#231;a peut faire aussi pour une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une anecdote&#8230; Y'en a plein, h&#232;, on vit tellement au quotidien tout &#231;a. &lt;/strong&gt; Par exemple, les chevrettes, on les sort pas pendant deux, trois mois et quand on les s&#232;vre, on les ressort de la bergerie et ils ont moins l'exp&#233;rience de la colline alors, elles s'habituent &#224; sauter les bancaous (ndlr : restanque : terrain remblay&#233; et aplani, soutenu gr&#226;ce &#224; un mur de pierres s&#232;ches, pour la culture &#224; flanc de colline.). Et un jour y'avait un puits, l&#224;, et la chevrette a cru que c'&#233;tait un bancaou, elle a saut&#233; dedans. J'avais pas le portable, &#224; l'&#233;poque, et pour la sortir de l&#224;, le puits &#233;tait profond, y'avait trois m&#232;tres d'eau, je me suis emmerd&#233;, quoi : avec une corde j'suis descendu, entre temps, y'a une autre chevrette qui a saut&#233; quand elle m'a vu dedans &#231;a fait qu'apr&#232;s, y'en avait deux ! Enfin, elle est sortie du puits mais j'ai pass&#233; un mauvais moment parce qu'elle glissait, je la mettais cal&#233;e mais il me fallait mes mains pour m'agripper et des fois, elle bougeait tellement qu'elle repartait en arri&#232;re, je me suis repris au moins dix ou quinze fois. J'&#233;tais mort, quand je suis sorti du puits !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fromagerie, elle est l&#224;. &lt;/strong&gt; Ma femme, elle descend tous les jours ici. On trait en haut, j'ai une autre maison en haut et une bergerie de 600 m&#178; &#224; un kilom&#232;tre et demi, en pleine colline. Ah ! Ouais, b&#232; l'&#233;t&#233;, s'il fait beau, je me mets sur ma terrasse, j'ai toutes les ch&#232;vres devant moi (rire). Je vis avec mon troupeau, moi. Quand on fait ce m&#233;tier, on s'ensauvage un petit peu. D&#233;j&#224; avant, mais alors maintenant que je suis en pleine colline, je m'ensauvage encore plus qu'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'&#233;cris beaucoup de po&#233;sie, &lt;/strong&gt; y'en a pas mal qui ont &#233;t&#233; &lt;a href='http://www.massalire.fr/resume/le_rove_ses_chevres_et_ses_collines_res.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;publi&#233;es&lt;/a&gt;. Je fais r&#233;f&#233;rence un peu &#224; &#231;a, quoi. Dans des moments o&#249; on est un peu calme, o&#249; on essaye de faire abstraction&#8230; Quand mes fils allaient &#224; l'&#233;cole, je partais le matin avec le troupeau, je portais &#224; manger dans la biasse (ndlr : mauvais sac d&#233;fonc&#233;, sans forme), jusqu'au soir, je voyais personne. Et l&#224;, vous vous rendez compte de beaucoup de choses. Vous &#234;tes seul&#8230; le silence, la solitude, &#231;a vous ponce l'&#226;me et &#224; la limite, vous la sentez, votre &#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant, c'&#233;tait bien parce que y'avait une grande solidarit&#233;&lt;/strong&gt; entre eux. Ils &#233;taient presque tous parents, h&#232;, cousins, petits-cousins, c'&#233;tait des Gouiran. Les familles de bergers, souvent, c'&#233;tait des grandes familles. Parce qu'en fait, le secret de notre travail, j'y suis un peu arriv&#233;, mais je sais pas si je pourrai tenir dans le temps, parce que je suis tr&#232;s r&#233;aliste, h&#232;, pour le moment &#231;a va mais maintenant qu'on est trois, c'est plus dur parce qu'il faut sortir trois salaires. Heureusement que j'avais les structures existantes de mes parents. Bon, moi, j'ai cr&#233;&#233; autre chose, mais des fois c'est tr&#232;s dur, surtout en saison creuse. Mais moi, je fais comme ils faisaient les anciens, je travaille avec mes fils et ma femme. Si vous &#234;tes seul, c'est difficile ou alors vous pouvez faire berger, mais vous allez plut&#244;t avoir des moutons. Ou du chevreau de boucherie. Mais tout seul, s'il faut garder le troupeau, traire, faire les fromages, c'est impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le berger d'autrefois, &lt;/strong&gt; je vais para&#238;tre arri&#233;r&#233; mais je crois que - bon, il faut pas id&#233;aliser parce qu'y'a eu des guerres, y'a eu&#8230; - ils &#233;taient moins stress&#233;s et peut-&#234;tre, ils &#233;taient plus heureux. Je p&#232;se mes mots, parce que y'en a qui en ont bav&#233; mais finalement, c'&#233;tait des hommes libres. Parce que je suis n&#233; homme libre et toujours en qu&#234;te de cette libert&#233; que j'arrive plus &#224; trouver. Avec les normes europ&#233;ennes, toutes les paperasseries&#8230; Mon arri&#232;re-grand-p&#232;re, il transhumait, parce qu'y'avait pas assez d'eau et trop de ch&#232;vres. L'&#233;t&#233;, il partait dans le Haut-Var ou ailleurs et ils arrivaient dans les villages, y'avait des grandes fontaines, c'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour faire boire les b&#234;tes. Maintenant c'est fini, vous pouvez plus partir en transhumance avec les routes, les autoroutes. Les bergers, ils partaient &#224; pied, doucement, doucement, vingt kilom&#232;tres par jour maximum. Un troupeau, il faut qu'il aille doucement, qu'il mange, c'est pas une course. Quand j'&#233;tais petit, mon grand-p&#232;re, y'avait toujours la saison de quelque chose : des p&#234;ches l'&#233;t&#233;, l'hiver les amandes, on faisait griller les ch&#226;taignes &#224; la chemin&#233;e&#8230; Les veill&#233;es, moi je l'ai connu, pourtant je suis pas vieux, mais je me rappelle. C'est pour &#231;a que la g&#233;n&#233;ration de mon grand-p&#232;re, &#231;'a &#233;t&#233; un grand mal quand ils sont morts, ces gens, parce que le Rove, &#231;'a beaucoup chang&#233; en peu de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quoi &#231;a sert, si ces gens, avec du lait en poudre,&lt;/strong&gt; ils peuvent faire le m&#234;me produit que nous : on va prendre notre b&#226;ton de berger, on va le jeter, et c'est la fin du pastoralisme. On fait un des plus vieux m&#233;tier du monde, et y'a de plus en plus de gens dans les bureaux qui s'occupent de nous et on a jamais &#233;t&#233; aussi emb&#234;t&#233;s. Je veux pas que les bergers, ils finissent par ne plus exister que dans les cr&#232;ches de No&#235;l ou dans l'esprit de ceux qui les ont connus, ou dans des films. On est encore quelques uns et il faut qu'on se batte, alors qu'on sait qu'on a le trois-quart des gens avec nous. Parce que m&#234;me l&#224;, elle y est la mondialisation. Il faut se marginaliser pour ne serait-ce qu'exister, alors qu'on ne demande qu'&#224; travailler en respectant une &#233;thique, des traditions. C'est le respect de la nature, du consommateur et de tout et il faut qu'on se batte. C'est pour &#231;a que c'est usant, &#231;a devrait &#234;tre une &#233;vidence, b&#232; non&#8230; Mais je me d&#233;courage pas. Voyez, quand y'a un t&#233;moignage c'est mieux que si y'a rien. Parce qu'alors l&#224;, c'est encore plus vite fait de mourir. Peut-&#234;tre que moi je fais que retarder une &#233;ch&#233;ance in&#233;vitable, mais je baisse pas les bras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Anne Foti le 12/07/07 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le bleu de chantier</title>
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		<dc:creator>Dalila Bouhmadou</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Travaux publics</dc:subject>
		<dc:subject>Habillement</dc:subject>

		<description>&#171; Tout peut &#234;tre dangereux, en moins de deux on peut se faire &#233;craser par un camion, on peut se faire couper la main par une tron&#231;onneuse, c'est quand m&#234;me un danger r&#233;el qui est proche&#8230; Les engins ont beaucoup plus de force que nous, je veux dire, on se fait attraper par un engin, on se fait renverser par une voiture&#8230; C'est pas du travail de bureau, c'est vraiment du travail physique, c'est plut&#244;t contraignant parce qu'il faut faire toujours attention &#224; tout. &#187; Guillaume Hanoun, 25 ans, chef de (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habillement" rel="tag"&gt;Habillement&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tout peut &#234;tre dangereux, en moins de deux on peut se faire &#233;craser par un camion, on peut se faire couper la main par une tron&#231;onneuse, c'est quand m&#234;me un danger r&#233;el qui est proche&#8230; Les engins ont beaucoup plus de force que nous, je veux dire, on se fait attraper par un engin, on se fait renverser par une voiture&#8230; C'est pas du travail de bureau, c'est vraiment du travail physique, c'est plut&#244;t contraignant parce qu'il faut faire toujours attention &#224; tout. &#187; Guillaume Hanoun, 25 ans, chef de chantier sur le parcours tram depuis un an.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Comment avez-vous appris votre m&#233;tier ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a, sur le tas, sur le terrain, c'est les anciens qui nous donnent les conseils. J'ai une formation terrain, comment dire, g&#233;otechnique et g&#233;nie-civil, c'est une formation, un peu de g&#233;ologie, un peu de construction et un peu de b&#226;timent, c'est un peu de tout, quoi. Je suis conducteur de travaux, chef de chantier, conducteur&#8230; voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pouvez-vous d&#233;crire votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, nous portons des chaussures de s&#233;curit&#233;, le bleu, alors si, on a un pantalon bleu avec des bandes r&#233;fl&#233;chissantes grises, et puis on a en haut - g&#233;n&#233;ralement vu le temps, la chaleur qu'y a - des tee-shirts en coton avec un baudrier jaune et le casque, pour terminer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des accessoires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Selon si on fait du terrassement, on a des gants ; si on fait de la d&#233;coupe avec des scies circulaires, on a des lunettes ; on a des casques si y a des engins de levage &#224; proximit&#233;. Sinon on a des bouchons antibruit, voil&#224;. Ce sont des protections individuelles pour la s&#233;curit&#233; selon les types de travaux qu'on effectue. Le gilet c'est parce qu'on travaille en circulation, donc c'est par rapport aux automobilistes, pour qu'ils nous voient arriver, pour qu'ils nous distinguent bien d'un simple pi&#233;ton, vu que nous on est amen&#233; &#224; traverser r&#233;guli&#232;rement la voie de la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : O&#249; vous procurez-vous votre tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est fourni par l'entreprise. D&#232;s qu'on d&#233;marre le chantier, le chef de chantier ou l'entreprise d'o&#249; on part chaque matin nous fournit les &#233;quipements individuels de protection. D&#232;s qu'on arrive, ils me donnent deux pantalons, quatre tee-shirts, un baudrier, un casque, une paire de gants et deux ou trois bouchons antibruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est la circulation, d&#232;s qu'on travaille en ville c'est la circulation, les engins, les engins donc &#231;a peut &#234;tre une pelle, un camion, ou&#8230; C'est surtout la promiscuit&#233; entre les ouvriers et les engins, voitures ou engins chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les tenues sont-elles faites d'un textile particulier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Coton.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que contiennent les poches ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les poches pour mettre, quand on a une tenaille, un tournevis, paire de gants. C'est pour mettre le stylo, la tenaille, le cutter, c'est pour tout ce qui est le petit mat&#233;riel de chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Assurez-vous l'entretien de la tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, c'est pour &#231;a qu'on a un roulement, comme on a deux pantalons, quatre tee-shirts, &#231;a permet de laver &#224; la machine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle tenue portent les autres ouvriers ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On a tous les m&#234;mes tenues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a plus de bandes r&#233;fl&#233;chissantes sur les pantalons, sur les gilets pour&#8230; toujours li&#233;es &#224; la circulation d'engins pour qu'ils nous voient plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le temps consacr&#233; pour s'habiller ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Un quart d'heure le matin, un quart d'heure le soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous les m&#234;mes tenues pour l'hiver et pour l'&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pour l'hiver on a des tenues sp&#233;ciales, bon ici encore dans la r&#233;gion il fait pas trop trop froid compar&#233; au nord, mais l'hiver l'entreprise nous fournit une parka, parka-chaud-fin assez consistante, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous l'impression de changer de peau en tenue de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, un petit peu. On n'a pas le m&#234;me comportement quand on traverse une route, quand on a le baudrier ou quand on a le pantalon, que si on est en habit civil, ou alors quand on marche sur le chantier, le sol est assez in&#233;gal donc avec les chaussures de s&#233;curit&#233; on sent quand m&#234;me qu'on a plus de protection pour les pieds que des baskets ou des&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous &#224; l'aise dans votre tenue ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, &#231;a va.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pensez-vous que l'habit fait le moine ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh oui, &#231;a oui. D&#232;s que vous portez un uniforme, que &#231;a soit nous ou que &#231;a soit n'importe qui, &#231;a change le personnage, &#231;a change le&#8230; Il y a le regard qu'ont les autres sur nous, &#231;a change plein de choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Aimez-vous la porter tous les jours ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bon, quand on la porte c'est qu'on travaille, g&#233;n&#233;ralement, si je pouvais rester couch&#233; &#231;a serait diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous arrive-t-il de ne pas porter la tenue pendant les heures de travail ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le chef est assez vigilant &#224; &#231;a, donc on n'a pas trop le droit de pas&#8230; Si on arrive ici sans tenue, le chef nous renvoie ; c'est g&#233;n&#233;ralement pas autoris&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Changez-vous votre tenue de travail dans la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi non, je sais que d'autres coll&#232;gues le font mais moi non. Moi je transpire pas &#233;norm&#233;ment. L&#224; y'en a ils supportent pas, ils coulent, ils transpirent &#233;norm&#233;ment et du coup ils se changent &#224; midi, apr&#232;s avoir mang&#233; ; ils se changent au moins le tee-shirt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Votre tenue influence-t-elle votre comportement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je pense qu'elle influence plus les autres, c'est-&#224;-dire plus les autres nous voient. D&#233;j&#224; les chauffeurs d'engins, par exemple, nous voient plus, m&#234;me les gens qu'on discute avec eux, et s'ils voient qu'on est des travaux, ils ne discuteraient pas pareil avec vous que si on &#233;tait habill&#233; en civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La tenue fait-elle une seconde peau ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, pas &#224; ce point l&#224;. Ah, souvent quand je vais dans les bureaux, on est en veste, pantalon, c'est en costume, c'est&#8230; &#199;a c'est plus une deuxi&#232;me peau que les habits de chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous fier de votre tenue ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Que portez-vous en dehors du travail ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Eh ben, en ce moment, plut&#244;t short, sandale, tee-shirt, chemise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 17/07/06 par Dalila Bouhmadou ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le B-A-TRI : allons z'enfants !</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/le-tri-arrive/article/le-b-a-tri-allons-z-enfants</link>
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		<dc:date>2008-06-24T16:13:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;lestin Karera</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apprentissage du tri et sensibilisation environnementale &#224; l'&#233;cole maternelle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/education" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment inculquer aux enfants le respect de l'environnement et les gestes li&#233;s au recyclage des d&#233;chets ? La question est pos&#233;e &#224; Alain Rochette, 53 ans, directeur de l'&#233;cole maternelle qui accueille, rue Consolat, 162 enfants &#226;g&#233;s de 3 &#224; 5 ans : &#171; &lt;i&gt;Le tri ? Ben, on en parle ; c'est le projet de l'&#233;cole, donc on en parle avec les parents, m&#234;me si des parents trouvent &#231;a un peu... un peu ridicule. Mais &#231;a fait rien, on continue quand m&#234;me !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Sensibilisez-vous les &#233;l&#232;ves aux questions environnementales, au &lt;a href='http://somergie.fr/html/icidsmonde/recyclagedechets.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;recyclage des d&#233;chets&lt;/a&gt; notamment ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous, effectivement, on a choisi de travailler sur le &lt;a href='http://www.oasisfle.com/documents/eduquer_au_respect_de_l'environnement.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;respect de l'environnement&lt;/a&gt;, notamment &#224; travers du tri ; c'est-&#224;-dire qu'&#224; l'&#233;cole, on trie notre papier, tous les enfants sont habitu&#233;s, on essaie de leur apprendre : dans chaque classe, il y a une poubelle bleue dans laquelle on met les d&#233;chets de papier, et une autre poubelle blanche dans laquelle on met les autres d&#233;chets : d&#233;chets organiques, d&#233;chets plastiques, voil&#224; ! Apr&#232;s, il y a une grosse poubelle bleue aussi dans l'&#233;cole, qui est le conteneur pour le &lt;a href='http://www.lepapier.fr/lepapier-recyclage.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;tri du papier&lt;/a&gt; et qui est ramass&#233; par la ville de Marseille. Donc, on essaie de sensibiliser &#224; &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les enfants se servent bien de ces containers de tri ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Mais oui, tous les jours ! C'est eux qui trient le papier ; c'est eux qui le font ! Eh ! Que vous compreniez : chez nous, l'enfant, quand il a fait le travail, le d&#233;coupage par exemple, il y a le papier qui va rester coll&#233; sur le cahier, et apr&#232;s il y a des d&#233;chets et ces d&#233;chets, c'est l'enfant lui-m&#234;me qui prend le papier de d&#233;chet et qui va le mettre dans la corbeille &#224; papier ; et c'est l'enfant lui-m&#234;me, dans les grandes classes, qui prend la corbeille de la classe et qui va le mettre dans le container de l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ont-ils des difficult&#233;s pour appliquer les &lt;a href='http://www.cc-grand-ried.fr/article.php3?id_article=143' class='spip_out' rel='external'&gt;consignes de tri&lt;/a&gt; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Aucune !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Conteneurs mis &#224; part, vous avez d'autres supports p&#233;dagogiques ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui ; c'est vraiment celui-l&#224; qui est le plus fort, et l&#224; on a un petit projet qu'on va mettre en place au niveau de toutes les classes, c'est le respect de l'environnement au travers, par exemple, du Palais Longchamp : on va aller visiter ce jardin qui est &#224; c&#244;t&#233;, voir ce qui le compose, faire comprendre aux enfants qu'il y a des humains, des animaux, des v&#233;g&#233;taux, et de voir comment on peut respecter les trois, parce que &#231;a fait partie de l'environnement, tout &#231;a ! On prend l'environnement dans un sens un peu plus large, d'accord ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les &#233;l&#232;ves sont-ils sensibles &#224; la probl&#233;matique de l'environnement ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui ! Oui parce qu'on a des parents qui viennent nous dire qu'&#224; la maison, c'est le petit - ou la petite aussi - qui dit qu'il faudrait trier, ce qui veut dire qu'ils sont sensibilis&#233;s au niveau de la famille, il y a aussi ce retour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Connaissent-ils les d&#233;chets recyclables et les avantages du tri ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;On leur en parle. Notamment, dans l'&#233;cole, on a choisi, nous, de n'utiliser que du papier recycl&#233;, c'est-&#224;-dire que toutes les photocopies, tous les documents qu'on donne aux familles, aux &#233;l&#232;ves, sont imprim&#233;s sur du papier recycl&#233;. Donc on leur explique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous insistez aupr&#232;s des parents d'&#233;l&#232;ves pour qu'ils ach&#232;tent du papier recycl&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est l'&#233;cole qui ach&#232;te le papier recycl&#233;. Avant, c'&#233;tait les familles qui les fournissaient, mais bon, nous on a dit : &quot;&lt;i&gt;On ne peut pas demander aux familles d'aller acheter le papier recycl&#233;&lt;/i&gt;&quot;, c'&#233;tait beaucoup trop compliqu&#233; pour eux, parfois. Nous, on a choisi de dire : &quot;&lt;i&gt;On va &#234;tre honn&#234;tes, on va &#234;tre coh&#233;rents, donc c'est l'&#233;cole qui va acheter son (ce) papier&lt;/i&gt;&quot;, donc on travaille seulement sur le papier recycl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les &#233;l&#232;ves connaissent-ils les &#233;quipements mis &#224; leur disposition en dehors de l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui. &#192; l'occasion des sorties, chaque ma&#238;tresse, on s'arr&#234;te syst&#233;matiquement sur les conteneurs de couleur. Chaque fois, surtout pour les cinq ans, on leur explique : &quot;&lt;i&gt;Dans celui-l&#224; qu'est-ce qu'on met dedans, on met du plastique ; o&#249; l'on met le verre, o&#249; l'on met le papier ?&#8230;&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les enfants parlent du tri entre eux ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Je ne sais pas, peut-&#234;tre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous des retours sur les propos tenus par les enfants sur le tri, en dehors de l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, des parents des &#233;l&#232;ves qui nous disent : &quot;&lt;i&gt;Maintenant, &#224; la maison, il faut trier le papier, il ne faut pas le jeter par terre, il faut trier les bouteilles&#8230;&lt;/i&gt; &quot; Ce qu'on fait aussi, ce n'est pas le respect de l'environnement, c'est plut&#244;t l'apprentissage de la citoyennet&#233;. On r&#233;cup&#232;re les bouchons en plastique, donc les enfants, l&#224; aussi, le matin, ils arrivent de chez eux avec des sachets avec des bouchons en plastique, et ils les mettent dans les poubelles &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;cole. On leur a expliqu&#233; que &#231;a aide une association pour financer les fauteuils pour des personnes handicap&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les d&#233;chets produits par votre &#233;tablissement ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;80% du papier ! 20%, c'est des d&#233;chets organiques. Il y a tr&#232;s peu de d&#233;chets plastiques, voil&#224;. 80% c'est des d&#233;chets de papiers, ne concernant que les classes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; quelle heure et combien de fois par semaine sortez-vous les poubelles de l'&#233;tablissement ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Il y a plusieurs poubelles : les d&#233;chets organiques, c'est tous les jours apr&#232;s les repas, vers treize heures et quinze heures, parce qu'on a un ramassage de d&#233;chets organiques &#224; cette heure-l&#224;, expr&#232;s pour l'&#233;cole ! Et le conteneur papier, lui, il est sorti une fois par semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment s'effectue la collecte des d&#233;chets ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est la Ville de Marseille qui transporte les d&#233;chets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui vous a incit&#233; &#224; sensibiliser vos &#233;l&#232;ves &#224; la question ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ben, euh... parce que moi, je suis tr&#232;s sensibilis&#233; &#224; tout &#231;a : au respect de l'environnement, &#224; l'alimentation biologique... et donc, en en parlant avec des coll&#232;gues, nous on a d&#233;cid&#233; de le faire dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Rencontrez-vous des probl&#232;mes dans cette initiative ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Aucun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous aid&#233; ou inform&#233; par la municipalit&#233;, ou autre ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Sur Marseille, tr&#232;s peu ! Mais si, il y a des communes comme Aubagne qui distribuent des documents, des informations, qui font des manifestations l&#224;-dessus ; pas sur Marseille. Sur Marseille, on a quasiment pas d'aide municipale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous faites appel &#224; quel service pour vous procurer de la documentation ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Personne ! Ici, on utilise les documents des autres communes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez aussi recours &#224; Internet, pour vous informer sur le recyclage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui ! Moi, oui ! Souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le personnel est-il inform&#233; et sensibilis&#233; en mati&#232;re de recyclage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, comme je disais, &#224; force moi d'en parler, bon&#8230; mais les coll&#232;gues ont accept&#233; de nous rejoindre et jouer le jeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Abordez-vous la question avec des coll&#232;gues d'autres &#233;tablissements ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, dans les &#233;coles, &#231;a se fait tr&#232;s peu ! Moi, j'en parle parce que je suis formateur ; quand j'ai mes &#233;tudiants, j'en parle aux &#233;tudiants, mais je sais que dans les &#233;coles, &#231;a se fait tr&#232;s peu parce que &#231;a ferait partie d'un cours suppl&#233;mentaire. Sauf que maintenant, &#231;a va entrer dans le programme de l'aspect de l'environnement, donc je pense que &#231;a va &#234;tre plus facile &#224; mettre en place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Parlez-vous recyclage et environnement avec votre entourage ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Bien s&#251;r !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous d&#233;j&#224; appel&#233; la mairie ou une autre structure &#224; ce sujet ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jamais de Marseille mais d'autres villes des environs, surtout d'Aubagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#192; l'&#233;cole, le volume des d&#233;chets produits augmente-t-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non non, il augmente pas parce qu'on fait le tri des d&#233;chets ; parce que trier, il y a moins de d&#233;chets qui partent dans les poubelles quotidiennes, parce qu'on trie 80% pour le ramassage du papier, donc on sort moins de poubelles chaque jour !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment r&#233;duire ses d&#233;chets ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi, ce que je fais &#224; la maison, c'est que j'essaie d'acheter des produits qui n'ont pas de double ou triple emballage, par exemple ; j'essaie d'acheter des produits qui n'ont qu'un seul emballage. Moi, j'ai un jardin et pour ce qui est des d&#233;chets organiques, je les trie, je les am&#232;ne dans mon jardin pour faire le compost. Donc, chez moi, je sors tr&#232;s peu de d&#233;chets pour les poubelles, entre guillemets !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur la question du recyclage en termes d'am&#233;nagements, d'information, de prise de conscience ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Exactement, tr&#232;s peu !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles solutions avanceriez-vous pour am&#233;liorer le tri et la collecte des d&#233;chets ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je crois qu'il faut amplifier le travail que nous, on fait avec les enfants. Je crois que c'est eux qui nous obligeront &#224; trier les d&#233;chets. &#199;a passera par des enfants !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;lestin Karera le 11/03/08 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Langue d'argile</title>
		<link>http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/article/langue-d-argile</link>
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		<dc:date>2008-05-14T18:27:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Claude Ranaivo Ravonisson</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Usine</dc:subject>
		<dc:subject>090. Saint-Louis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si les anciennes tuileries marseillaises de Saint-Henri et de l'Estaque ont disparu, le m&#233;tier et le produit traditionnels perdurent &#224; l'usine Lafarge Couverture, sise &#224; Saint-Louis : fabrique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/au-travail/industries-marseillaises/" rel="directory"&gt;Industries Marseillaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/usine" rel="tag"&gt;Usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/saint-louis" rel="tag"&gt;090. Saint-Louis&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tuile, c'est son m&#233;tier : depuis juin 2006, Patrice Pincemail, 38 ans, dirige l'usine Lafarge sur le chemin de Saint-Louis au Rove, quartier Saint-Louis : &#171; On reste sur du produit tr&#232;s m&#233;diterran&#233;en, c'est-&#224;-dire &#224; fort galbe, qui rappelle un peu la forme de la tuile canal qui &#233;tait fabriqu&#233;e aux Milles et qui est traditionnelle : c'est ce qui se vend encore, depuis tr&#232;s tr&#232;s longtemps. &#187; Toitures et savoir-faire coutumiers : palette et paysage r&#233;gional, au rythme des saisons et des exigences.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quels produits fabrique-t-on &#224; l'usine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est des produits &#224; base de terre cuite, essentiellement de la tuile, on ne fabrique pas des briques : on ne fabrique que de la tuile sp&#233;cifique vendue uniquement ou &#224; 90%, dans la r&#233;gion : c'est la&lt;a href='http://www.bati-pass.com/resultat-fab-tuiles.html' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile&lt;/a&gt; entre dix ou treize au m&#232;tre carr&#233;, il faut en mettre dix pour un m&#232;tre carr&#233; de couverture. Donc, on fabrique les tuiles traditionnelles que l'on voit sur l'ensemble du paysage d'Alpes-Provence-C&#244;te-d'Azur, et ce qu'on appelle les &#171; accessoires &#187; qui vont avec : les fa&#238;ti&#232;res (1), les rives (2) sur le c&#244;t&#233;, les g&#233;lis (3) ou les canal sabli&#232;res (4 ; 5) ; en bref, on pratique un peu le langage &quot;terre-cuiteux&quot;, comme on l'appelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La soci&#233;t&#233; est-elle issue d'une fabrique traditionnelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non ; &#231;a d&#233;pend de ce qu'on entend par traditionnelle mais ce qui est s&#251;r, c'est qu'on fabrique de la&lt;a href='http://www.tuilerie-des-milles.fr/tuilerie_presentation/tuilerie_presentation_3.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile terre cuite&lt;/a&gt; depuis des si&#232;cles et des si&#232;cles sur Marseille. C'est un type de production &#224; la tuile terre cuite et c'est une activit&#233; traditionnelle &#224; Marseille, avec la pr&#233;sence d'argile toute proche, puisqu'on avait des gisements sur le Grand Littoral qui maintenant est un centre commercial ; avant, c'&#233;tait des carri&#232;res, et l'usine de Marseille fonctionne toujours sur le process qui existe depuis un certain temps, d&#233;velopp&#233; &#233;videmment avec des outils, mais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Depuis quand l'usine est-elle implant&#233;e ici ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici m&#234;me, depuis 1988 mais auparavant, elle &#233;tait juste un peu en dessous, et &#231;a s'appelait Jean Roubaud 1-2 et m&#234;me Jean Roubaud 3, qui sont les num&#233;ros que l'on donne aux lignes de production, Jean Roubaud &#233;tant le nom du fondateur des tuileries &#224; Marseille. Maintenant, on en est &#224; Jean Roubaud 4 et Jean Roubaud 5 : nous avons deux lignes de production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Le site a &#233;t&#233; choisi pour des raisons pr&#233;cises ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bien s&#251;r : l'unique raison, c'est que les premi&#232;res &lt;a href='http://davjol.free.fr/meuse.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;carri&#232;res d'argile&lt;/a&gt; qui est la mati&#232;re premi&#232;re de la tuile terre cuite, se trouvaient &#224; l'&#233;poque juste ici, &#224; proximit&#233;, et c'&#233;tait bien plus facile de fabriquer la tuile terre cuite &#224; partir de ces mati&#232;res premi&#232;res proches de l'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'entreprise a donc repris une ancienne tuilerie ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui : Lafarge Couverture, qui est notre nom actuel, a repris les Tuileries de Marseille en 1996-97. Auparavant, il y a eu plusieurs propri&#233;taires : au d&#233;but de l'histoire, c'&#233;tait des grandes familles ; c'est donc des entreprises familiales qui se sont d&#233;velopp&#233;es, rachet&#233;es petit &#224; petit par des soci&#233;t&#233;s, les derni&#232;res en date &#233;tant le groupe Saint-Gobain, puis le groupe Redland, et ensuite Lafarge Couverture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les produits ont &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ils ont &#233;volu&#233; un peu dans la forme ou leur profil, mais surtout dans la qualit&#233; : on a soign&#233; les rev&#234;tements, le contenant de la tuile, ou on lui a donn&#233; des propri&#233;t&#233;s beaucoup plus robustes, pratiquement ingelables, qui pr&#233;sentent moins de probl&#232;me de casse, beaucoup plus r&#233;guli&#232;res parce qu'avant, il y avait des tuiles qui boitaient, donc les toits plus parfaits, et qui r&#233;sistent beaucoup plus longtemps qu'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles mati&#232;res premi&#232;res utilisez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'argile de la r&#233;gion, c'est l'unique mati&#232;re premi&#232;re de la tuile terre cuite, c'est pas un m&#233;lange. Nous, c'est l'industrie mais c'est comme l'artisan, hein : l'argile est &#224; la tuile terre cuite ce que le bl&#233; ou la farine peuvent &#234;tre au pain. On rajoute des ingr&#233;dients traditionnels comme de l'eau, un petit peu, on met un tout petit peu de colorant ou d'argile color&#233;e pour donner des rev&#234;tements de couleurs diff&#233;rentes mais sinon, les mati&#232;res premi&#232;res, c'est l'argile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : D'o&#249; provient l'argile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui, on a deux carri&#232;res d'exploitation qui se trouvent au pied de la Sainte-Victoire, sur la commune de Puyloubier, pas tr&#232;s loin d'ici, et on extrait l'argile que l'on achemine r&#233;guli&#232;rement par camion pour la stocker aupr&#232;s de l'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les r&#233;serves existantes sont-elles suffisantes ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Oui, tout &#224; fait. C'est comme dans toutes les mines d'extraction : on pr&#233;voit sur plusieurs ann&#233;es, plusieurs dizaines d'ann&#233;es, m&#234;me, et pour l'instant, on a assez. Ce qui est s&#251;r, c'est que les gisements ne sont pas in&#233;puisables, et on a arr&#234;t&#233; d'extraire l'argile sur le Grand Littoral : Marseille s'&#233;tendait et avait besoin d'une zone commerciale, donc on est une des derni&#232;res entreprises industrielles, une des derni&#232;res usines qui se trouvent r&#233;ellement dans la ville de Marseille, mais auparavant c'&#233;tait un village, ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#234;tes-vous form&#233; dans ce domaine ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi personnellement ? Alors, je suis rentr&#233; chez Lafarge Couverture en 2001 : je travaillais dans une autre tuilerie dans le Nord de la France, Jissuis dans les Vosges. Pour tout ce qui est directeur d'usine, il y a un certain nombre de turn-over o&#249; &#231;a tourne r&#233;guli&#232;rement les uns avec les autres, et j'ai &#233;t&#233; mut&#233; &#224; Marseille pour prendre la direction de cette usine, quand je suis arriv&#233;, je suis tout jeune, je connaissais Marseille par ailleurs. Non, je ne suis pas Marseillais, mon accent le traduit (rire)&#8230; et mon non accent le traduit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Travailler dans une tuilerie s'inscrit dans une tradition familiale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, oui. Oui et non&#8230; ou qui se transmettait &#224; la limite de p&#232;re en fils, puisqu'on a un certain nombre de nos ouvriers dont les parents et les grands-parents ont travaill&#233; &#233;galement, et ce, toutes nationalit&#233;s confondues, puisqu'on regroupe au sein de notre usine sept ou huit nationalit&#233;s diff&#233;rentes, donc on est assez h&#233;t&#233;rog&#232;nes, et le village de Saint-Antoine a tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement fourni de p&#232;re en fils des ouvriers de qualit&#233; sur l'usine de Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le personnel requis pour la production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben, ce sont des hommes et des femmes avant tout, avec une population ouvri&#232;re importante, puisque &#231;a fait 80% du personnel, et 70 se trouvent en fabrication. C'est un flux continu, hein, ce n'est pas : &#171; On d&#233;marre et on arr&#234;te &#187; ; sur cinq &#233;quipes, on produit 24 heures sur 24 avec du personnel ouvrier, des plus exp&#233;riment&#233;s et des plus jeunes, les uns apprenant aux autres. Dans les 20% restant, on a les agents de ma&#238;trise, le personnel d'encadrement, avec des comp&#233;tences dans les deux corps de m&#233;tier principaux qui restent la fabrication et la maintenance, et une population de cadres, c'est cinq personnes sur cent. On est une centaine, un petit peu plus, cent cinq.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les diff&#233;rents proc&#233;d&#233;s de production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est toujours le m&#234;me &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; de production, qui a &#233;volu&#233; dans sa r&#233;gularit&#233; mais sinon, on fait toujours la m&#234;me chose depuis des ann&#233;es et des ann&#233;es pour fabriquer de la tuile terre cuite : il y a d'abord toute une op&#233;ration o&#249; on broie la terre, on la travaille comme le meunier peut travailler sa p&#226;te et une fois broy&#233;e, bien m&#233;lang&#233;e avec de l'eau, &#231;a fait une esp&#232;ce de p&#226;te, on la passe dans un malaxeur, une mouleuse qui en font la forme, une forme g&#233;n&#233;rale qui font des galettes, et on les presse pour en faire la tuile d&#233;finitive que l'on va ensuite s&#233;cher et cuire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez des machines sp&#233;ciales ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les machines sp&#233;cifiques li&#233;es au process de la production de tuiles terre cuite, &#231;a reste une presse. En tout d&#233;but, il y a le broyage : on ne fait pas de bon pain si on n'a pas de bon bl&#233;, on ne fera pas de bonne tuile si on n'a pas un bon broyage et une bonne argile au d&#233;part, hein. Un broyage fin garantit une bonne tuile. On passe de gros cailloux jusqu'&#224; des grains entre 0 et 500 microm&#232;tres, donc c'est relativement fin, comme la farine. Ensuite il y a le pressage, et tout le syst&#232;me de management, en terme anglais, tout le syst&#232;me de gestion de la cuisson : l&#224; aussi, c'est comme le vin ou le pain, on respecte bien les paliers de mont&#233;e en temp&#233;rature, les paliers de descente, pour assurer une bonne vitrification (6) et une bonne cuisson.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Respectez-vous des normes de qualit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, bien s&#251;r ; d'abord, on suit tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement tout au long de la production, on a des param&#232;tres de &lt;i&gt;control process&lt;/i&gt;. Des param&#232;tres qualit&#233; &#233;galement, qui viennent s'ajouter tout au long de la fabrication, et ensuite on a des contr&#244;les finaux sur le produit fini avant qu'il soit envoy&#233; &#224; la vente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le volume de production ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Bon, &#231;a varie avec le march&#233; et l'outil de production, mais il est entre 20 et 25 millions de tuiles par an et 1,8 et 2 millions d'accessoires qui vont avec, puisqu'on livre des toitures compl&#232;tes avec des rives, des fa&#238;ti&#232;res, des tuiles &#224; douilles (7), et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment communiquez-vous sur votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, l'usine de Marseille reste une unit&#233; de production qui n'est l&#224; que pour produire mais on a une force de vente et un service marketing aux Milles, une ancienne tuilerie, qui eux ont des moyens et c'est leur &lt;i&gt;business&lt;/i&gt; de support &#224; la vente et pour vendre, de communiquer sur la qualit&#233; de nos produits, et c&#230;tera. Donc, toute la communication m&#233;diatique se fait &#224; partir de la force de vente et &lt;i&gt;marketing &lt;/i&gt; ; cependant, il nous arrive tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement de recevoir directement &#224; l'usine, beaucoup de nos clients qui viennent voir comment on produit leur produits, qui vont acheter ou vendre, si jamais ce sont des marchands de mat&#233;riaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui sont vos d&#233;taillants ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, on ne fait pas de vente aux particuliers : nos clients sont principalement, soit des constructeurs de maison individuelle, par exemple Ph&#339;nix, soit des marchands de mat&#233;riaux comme Point P, il y a plein d'enseignes dans la r&#233;gion. Par contre, la zone de chalandise est tr&#232;s &#233;tendue, puisqu'on vend des produits de Perpignan &#224; Nice et jusqu'&#224; Lyon. Comme la tuile est un produit qui se transporte mal, parce qu'il n'est pas co&#251;teux mais il est lourd et il peut casser, on ne peut pas l'amener en avion, en bateau en Su&#232;de ou je ne sais o&#249;, donc notre zone de chalandise est importante mais on ne peut pas vendre des produits de Marseille &#224; Lille, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : L'usine produit ses propres marques ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, on a notre propre appellation, c'est comme le vin ; pour Marseille, nous avons trois marques d&#233;pos&#233;es : la tuile Romane, la tuile Abeille et la tuile Gall&#233;anne. Nous produisons la tuile Gall&#233;anne 10 - dix au m&#232;tre carr&#233; - puisque la Galleanne 12 n'est pas produite &#224; Marseille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels produits sont les plus appr&#233;ci&#233;s ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tous nos produits sont appr&#233;ci&#233;s ! On a la chance d'avoir trois profils, donc on n'a pas le grand vin et le petit vin, nous on a trois grands vins. Apr&#232;s, ce qui varie, c'est le rev&#234;tement, puisqu'il y a la couleur ros&#233;e, naturelle, et c&#230;tera, et tous nos produits repr&#233;sentent &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me volume de production : la tuile Abeille, qui repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s 60% de vente, se d&#233;tache un peu plus, mais les deux autres se r&#233;partissent les 20% restant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les clients ont des exigences ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ben comme n'importe quels clients, hein, et ce sont ces exigences-l&#224; qui nous aident, et qui nous ont aid&#233;s et qui vont nous aider &#224; faire &#233;voluer le produit puisque finalement, &#231;a repr&#233;sente bien l'&#233;volution du march&#233; ou de la demande, donc ce sont ces exigences que l'on va prendre en compte en priorit&#233; pour faire nos produits de demain. Alors, on ne va pas r&#233;pondre &#224; toutes leurs exigences parce qu'on n'y arriverait pas, mais on va essayer de trouver le juste milieu pour faire une relation gagnant-gagnant : un produit qui r&#233;pond en tr&#232;s grande majorit&#233; aux exigences des clients, et qui soit faisable et rentable pour nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous exportez vos produits ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Ah ! Non, &#233;trangement, parce que la tuile est un produit qui se transporte mal, mais traditionnellement et depuis de tr&#232;s tr&#232;s longues ann&#233;es, le type de tuile qui s'appelle la Marseille a &#233;t&#233; je ne sais sous quel si&#232;cle, envoy&#233;e jusqu'au Liban, et ces &#233;changes ont exist&#233; puisque Marseille &#233;tant un grand port, il y a eu beaucoup de relations dans le bassin m&#233;diterran&#233;en, et ces &#233;changes ont perdur&#233; dans le temps : on continue aujourd'hui &#224; exporter de la tuile et notamment la &lt;a href='http://www.batiproduits.com/materiaux_construction/couverture_toiture_terrasse_etancheite/couvertures_tuiles_terre_cuite_1000000176.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;tuile de Marseille&lt;/a&gt; qui a fait le tour du bassin m&#233;diterran&#233;en. J'pourrais pas vous dire les quantit&#233;s, pas astronomiques, certes, mais on continue ces &#233;changes internationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous connu d'autres tuileries &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Moi je ne les ai jamais connues, mais il y a une centaine d'ann&#233;e, il y avait trente tuileries encore en activit&#233;, depuis la Valentine jusqu'&#224; Saint-Antoine et en allant vers Aix-en-Provence mais, depuis longtemps, il n'en reste plus qu'une, c'est la n&#244;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Y a-t-il eu un transfert de savoir-faire ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, elles se sont toutes d&#233;velopp&#233;es en m&#234;me temps, il y a eu de nombreux &#233;changes parce qu'il y avait une concurrence relativement rude, donc &#231;a favorise aussi les &#233;changes constructifs et l'usine de Marseille a b&#233;n&#233;fici&#233;, &#233;videmment, du savoir-faire de l'usine de la Valentine, de la tuilerie des Milles, et c&#230;tera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qu'est-ce qui a &#233;t&#233; transmis, conserv&#233; et chang&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Rien pr&#233;cis&#233;ment mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; ont &#233;volu&#233; et quand quelqu'un sortait un type de four ou de cuisson, il est imm&#233;diatement recopi&#233;, parce que le fournisseur du four allait vendre aussi sa machine juste &#224; c&#244;t&#233;. Donc tout a &#233;volu&#233; comme &#231;a, par &#233;changes et puis bon, les hommes, et en particulier &#224; Marseille, on aime bien discuter, hein, on le sait bien, c'est dans le temp&#233;rament m&#233;diterran&#233;en et marseillais, donc c'&#233;tait pas rare que des ouvriers d'une tuilerie rencontrent d'autres ouvriers d'une autre tuilerie, et &#224; ce moment-l&#224; se fait des &#233;changes sur : &#171; Comment tu fais, toi ? Moi, voil&#224; comment je fais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les comp&#233;tences requises par le m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ah ! Ca d&#233;pend si vous &#234;tes en maintenance, en fabrication, mais si on parle plus pr&#233;cis&#233;ment de la fabrication, &#231;a reste un m&#233;tier au d&#233;part d'artisan, hein, donc il n'y a pas d'enseignement : il y a un enseignement g&#233;n&#233;raliste sur une industrie de la c&#233;ramique qui nous enseigne comment faire des carrelages, des tuiles, et &#231;a reste g&#233;n&#233;ral. Le savoir-faire d'usine de Marseille, il est d&#233;tenu par le personnel de l'usine de Marseille, qui l'a appris petit &#224; petit avec ces machines et leur savoir-faire se transmet d'homme &#224; homme, en peu de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel aspect du m&#233;tier pr&#233;f&#233;rez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oh ! Mais tous les aspects du m&#233;tier de fabricant de terre cuite ont un c&#244;t&#233; int&#233;ressant : depuis le broyage jusqu'au pressage en passant par les machines de conditionnement, il n'y a pas un qui sort du lot, que ce soit comment broyer la terre, la fa&#231;onner, la travailler d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la cuire, parce qu'on est loin d'avoir fait le tour du sujet et tous les jours, c'est une d&#233;couverte permanente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et l'aspect que vous aimez le moins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L&#224; non plus, il n'y a pas un mauvais c&#244;t&#233; qui ressort. Ah ! Non, hein, tous les jours, les uns et les autres ont contribu&#233; &#224; d&#233;velopper l'activit&#233;, &#224; notre niveau, avec nos moyens. Bon, y'a des hauts et des bas en fonction de la saison, des ventes, il y a des moments encore plus intenses que d'autres, quand on met un nouveau broyeur, des nouvelles machines, voil&#224;. C'est la vie de l'industrie, hein !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les contraintes li&#233;es &#224; l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;La contrainte au quotidien, c'est que c'est un r&#233;gime continu : jamais on ne s'arr&#234;te, donc vous avez le nez dans le guidon, il n'y a pas de repos hebdomadaire, pas de week-end. Bon, les gens tournent en &#233;quipe, hein, ils ont des repos mais quand on est dedans, on peut pas ne pas y penser, &#231;a c'est clair. Comme &#231;a, c'est quelquefois une contrainte mais ces contraintes, les ouvriers, l'encadrement et ceux qui travaillent &#224; l'usine de tuile de Marseille les connaissent depuis tr&#232;s longtemps. Il y a un aspect saisonnier &#224; g&#233;rer &#233;galement, les ventes varient en fonction des saisons : on construit bien plus de toits au mois de juin qu'en d&#233;cembre ou janvier. Apr&#232;s il y a l'effet du march&#233;, puisqu'on a de plus en plus construit dans la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur. &#231;a a tendance &#224; se tasser maintenant un peu mais avec l'arriv&#233;e du TGV et le fait que Marseille soit une grande ville, &#231;a a beaucoup mont&#233; ces derniers temps, parce qu'il a fallu produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et quelles difficult&#233;s rencontrez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des difficult&#233;s, on en a tous les jours : tous les jours, il y en a un probl&#232;me de nouveau ; alors l&#224;, on n'a pas le temps de s'emb&#234;ter, ici, &#231;a c'est s&#251;r ! Que ce soit un probl&#232;me de machine, un probl&#232;me humain&#8230; J'imagine que c'est la m&#234;me chose dans n'importe quelle industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelle &#233;volution notez-vous sur l'activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Alors, nous sommes les derniers survivants des ex-groupements tuileries de Marseille donc, on est tenus de produire pour honorer notre march&#233; qui est de plus en plus important, de plus en diff&#233;rent, de plus en plus exigeant, donc, les &#233;volutions, elles viendront avec : &#224; nous de nous adapter aux besoins du march&#233;, avec les exigences qui varient dans le temps et qui vont encore varier. On n'est pas du tout sur un march&#233; satur&#233; sur lequel on est s&#251;r qu'on devra fabriquer le m&#234;me produit dans vingt ans, certainement pas. Dans vingt ans, peut-&#234;tre que les Marseillais adoreront la couleur verte, auquel cas il faudra avoir des tuiles vertes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment voyez-vous l'avenir de la tuilerie &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi je le vois au beau fixe, parce que dans les premiers besoins de n'importe quel homme, c'est se loger, vous ne pouvez pas vous passer d'un toit, alors quand vous &#234;tes dans l'industrie du b&#226;timent, forc&#233;ment on devra loger les populations qui viennent et il n'y a aucune raison pour que la tuilerie de Marseille baisse en activit&#233; et disparaisse dans l'avenir : au contraire, l'activit&#233; est p&#233;renne, le march&#233; il est l&#224;, nos clients, ils nous attendent et nous r&#233;pondons pr&#233;sents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les projets de l'entreprise ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les projets, c'est nous adapter forc&#233;ment &#224; la demande du march&#233; : si demain on demande de faire des tuiles roses avec des points jaunes dessus, eh ben il faudra qu'on fasse des tuiles roses avec des points jaunes dessus, voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous avez une anecdote li&#233;e &#224; votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, je n'ai pas d'anecdote particuli&#232;re. La seule particularit&#233;, c'est que c'est vraiment une des usines qui se trouvent dans la ville de Marseille, alors que Marseille est un regroupement de petits villages et petit &#224; petit, alors, on peut dire que la ville nous a absorb&#233;s ? Non : la ville ne nous a pas absorb&#233;s, on est toujours l&#224; et on restera toujours l&#224;. Voil&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment l'entreprise participe-t-elle &#224; la vie &#233;conomique marseillaise ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Au-del&#224; de la vie structurellement financier et de payer ses imp&#244;ts, et c&#230;tera, on a une politique environnement stricte donc on participe - &#224; notre niveau, hein, on n'est pas une entreprise &#233;norme - &#224; la vie &#233;conomique sur le village de &lt;a href='http://www.xpo-photo.com/marseille/index.php' class='spip_out' rel='external'&gt;Saint-Andr&#233;, de Saint-Antoine&lt;/a&gt;. On lie d'ailleurs ces villages avec la ville de Marseille, et je crois qu'on est compl&#232;tement int&#233;gr&#233;s aujourd'hui au panorama, et &#231;a tombe bien : c'est nous qui l'avons fait, le panorama, alors encore une fois, c'est que l'usine &#233;tait l&#224; bien avant que Marseille vienne, si l'on peut dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous sentez-vous li&#233; &#224; Marseille au travers de votre activit&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mais c'est l'usine de Marseille qui devrait se sentir li&#233;e &#224; notre activit&#233;, pas l'inverse. On fait partie int&#233;grante de la ville de Marseille dans les quartiers Nord, c'est vrai, mais y'a pas &#224; voir de quartiers Nord, Sud, Est, Ouest, hein, on est int&#233;gr&#233;s &#224; Marseille et on le vit tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Claude Ranaivo le 16/11/2007 ; r&#233;daction : Odile Fourmillier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Tuile fa&#238;ti&#232;re : tuile courbe destin&#233;e &#224; recouvir le fa&#238;te d'un toit.
&lt;br /&gt;2. Tuile de rive : tuile destin&#233;e &#224; recouvrir les bordures d'un toit. &lt;br /&gt;3. G&#233;lis : demi-tuile sabli&#232;re pour couverture en tuile-canal.
&lt;br /&gt;4. Tuile-canal ou tuile traditionnelle : tr&#232;s utilis&#233;e dans le Sud de la France, elle s'inspire des formes et surtout de l'aspect des tuiles romaines.
&lt;br /&gt;5. Tuile-canal sabli&#232;re : tuile utilis&#233;e lorsqu'il n'y a pas de goutti&#232;re pour rejeter et &#233;loigner du mur les eaux de pluie.
&lt;br /&gt;6. Vitrification : proc&#233;d&#233; de transformation d'un mat&#233;riau en un solide amorphe semblable au verre et d&#233;pourvu de toute structure cristalline, soit par fusion, soit par m&#233;lange avec un additif. Avec un mat&#233;riau de d&#233;part solide, la vitrification exige g&#233;n&#233;ralement que l'on chauffe les substances &#224; tr&#232;s haute temp&#233;rature. On produit beaucoup de c&#233;ramique de cette fa&#231;on-l&#224;.
&lt;br /&gt;7. Tuile &#224; douille : tuile munie d'un orifice ou d'une excroissance tronconique pour la sortie de conduits de ventilation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La voiture &#224; tout prix</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe P&#233;ridier</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Fiert&#233;</dc:subject>

		<description>Maryl&#232;ne est secr&#233;taire commerciale chez Ferrari et Maserati. L'automobile, c'est son domaine d'activit&#233; depuis six ans. C'est la voiture qui la fait vivre. Fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;e du Vaucluse, elle d&#233;couvre Marseille en plein r&#233;am&#233;nagement de la voirie en pr&#233;vision de l'arriv&#233;e du tramway. &#192; l'heure o&#249; la ville insuffle l'id&#233;e de se transporter en commun, de couper court &#224; la pollution et aux bouchons, elle revient sur les atouts de l'auto. Koinai : Les transports en commun menacent-ils le march&#233; de l'automobile (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mutations-urbaines/les-transports-marseillais-en/circulations/" rel="directory"&gt;Circulations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/fierte" rel="tag"&gt;Fiert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maryl&#232;ne est secr&#233;taire commerciale chez Ferrari et Maserati. L'automobile, c'est son domaine d'activit&#233; depuis six ans. C'est la voiture qui la fait vivre. Fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;e du Vaucluse, elle d&#233;couvre Marseille en plein r&#233;am&#233;nagement de la voirie en pr&#233;vision de l'arriv&#233;e du tramway. &#192; l'heure o&#249; la ville insuffle l'id&#233;e de se transporter en commun, de couper court &#224; la pollution et aux bouchons, elle revient sur les atouts de l'auto.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Les transports en commun menacent-ils le march&#233; de l'automobile ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Non, enfin, je ne pense pas. De toute fa&#231;on, des voitures, y'en aura toujours, je ne pense pas que &#231;a joue sur la vente. C'est l'&#233;volution, c'est comme &#231;a, c'est la vie, on va pas revenir en arri&#232;re avec la charrette et les chevaux, faut vivre avec son temps. De toute fa&#231;on, forc&#233;ment, bien souvent, dans les couples, les deux ont besoin de se d&#233;placer, ils travaillent pas en bas de chez eux. Je ne pense pas que la mairie puisse faire grand chose l&#224;-dessus. Les gens prennent la voiture par choix ; pour eux c'est plus pratique parce que &#231;a va plus vite que de changer trois fois de transport en commun. C'est pas parce qu'ils vont mettre des horodateurs que...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quelles sont les qualit&#233;s de la nouvelle Ferrari ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Les qualit&#233;s ? Elle est beaucoup plus puissante, beaucoup plus belle. C'est la mieux ! C'est la derni&#232;re, c'est normal. C'est ce que tout le monde dit... Moi, je ne peux pas vous le dire ; je ne l'ai pas vue. Mais personne ne l'a vue. Elle sera d&#233;voil&#233;e au salon de Gen&#232;ve, au mois de mars. Mais elle a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;e aux concessionnaires, &#224; Maranello, donc &#224; l'usine. Et d'apr&#232;s les premiers &#233;chos que j'ai eu de la r&#233;union, il para&#238;t que c'est vraiment une super voiture. Elle est encore plus puissante, elle est plus belle dans tous les sens du terme. On n'a pas eu de photo. On n'a rien eu. En principe, c'est toujours tenu tr&#232;s tr&#232;s secret, mais vraiment, plus que secret. Nous-m&#234;mes, en tant que concessionnaires, on est au courant le dernier mois, &#224; la derni&#232;re minute. M&#234;me l&#224;-bas, ils n'ont pas eu le droit de prendre des photos. Ici, ils en ont d&#233;voil&#233; une dans la presse. C'est la m&#234;me partout, c'est la rempla&#231;ante de la Maranello. Elle fait 620 chevaux, j'crois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce dernier mod&#232;le, vous devriez le recevoir quand ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Normalement au mois d'ao&#251;t. Une seule, parce qu'on n'a pas droit &#224; plus. C'est ce qui est pr&#233;vu. Mais entre ce qui est pr&#233;vu et ce qui se fait... Si vous voulez, chaque ann&#233;e ils regardent le nombre de v&#233;hicules qui vont sortir et une fois qu'ils ont d&#233;termin&#233; le nombre, ils disent il y en a tant pour la France, tant pour l'Espagne etc. Et apr&#232;s, Paris d&#233;cide &#224; combien de voitures a droit tel concessionnaire. C'est comme &#231;a, on n'a pas le choix. Si vraiment on a des clients et qu'on essaie de mettre la pression, peut-&#234;tre qu'on arrivera &#224; en d&#233;crocher une de plus, mais c'est Ferrari qui d&#233;cide. S'ils d&#233;cident qu'il n'y en aura qu'une ici, eh bien il n'y en aura qu'une. On peut avoir dix clients, vingt clients... Eux, ce qu'ils veulent, c'est garder le r&#234;ve. Si pour un mod&#232;le, il doit y avoir cinq v&#233;hicules sur Marseille, il n'y en aura pas six. Si l'on en veut plus, il faut remplir tel crit&#232;re, il faudra attendre l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous-m&#234;me, vous circulez en voiture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Oui. C'est un choix. Je ne suis pas oblig&#233;e de prendre les transports en commun. J'ai v&#233;cu dans l'Is&#232;re, &#224; Grenoble. L&#224;-bas, le tramway, je l'utilisais souvent. C'est vrai que c'&#233;tait plus pratique, y'avait moins de probl&#232;mes pour se garer et le tramway fonctionnait tr&#232;s bien. Y'a pratiquement pas d'agressions, mis &#224; part si on y va le soir, peut-&#234;tre tr&#232;s tard. Mais en pleine journ&#233;e, euh... Mis &#224; part faire attention &#224; son sac, pour ne pas se faire piquer le sac ou le porte-monnaie... Mais je ne me sentais pas agress&#233;e par l'ins&#233;curit&#233; dans le tram. Je trouvais que c'&#233;tait quelque chose de tr&#232;s bien pour aller dans le centre-ville. C'est une plus petite ville, et puis j'y suis n&#233;e. Je connais mieux, je sais les coins qu'il faut &#233;viter. Y'a des endroits o&#249; je ne serais pas all&#233;e en tramway dans Grenoble. Mais, o&#249; j'avais l'habitude de circuler, y'avait pas de probl&#232;me particulier. Et puis, il y a relativement plus d'arr&#234;ts, donc on peut descendre en cas de probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Les travaux vous g&#234;nent-ils ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Ah oui, c'est vrai que ce n'est pas facile. C'est surtout au niveau du centre ville, &#231;a va &#234;tre de plus en plus compliqu&#233;. Nous, on habite le XXII&#232;me arrondissement, donc on est oblig&#233;s de passer l&#224; o&#249; ils font les travaux du m&#233;tro ou du tram, on ne sait plus, plus ceux de la voie express, la L2. Donc, au niveau circulation, c'est vrai que c'est relativement emb&#234;tant. Ils ont raccourci des voies, ferm&#233; des rues...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi ne pas prendre les transports en commun ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- Dans les grandes villes en g&#233;n&#233;ral, les transports en commun, &#231;a ne me pla&#238;t pas, j'aime pas trop. Je ne me sens pas en s&#233;curit&#233;, surtout &#224; Marseille. Ici, c'est une grande ville, en plus je ne connais pas, seulement un an que je suis l&#224;. Je ne connais pas du tout le r&#233;seau. Je suis all&#233;e une ou deux fois dans le m&#233;tro parce que j'&#233;tais oblig&#233;e, parce qu'on n'avait pas le choix, mais c'est vrai que je ne me sentais pas du tout en s&#233;curit&#233;, pas &#224; cause de la fiabilit&#233; des v&#233;hicules, c'est par rapport aux gens. Les endroits o&#249; il ne faut pas aller, je ne les connais pas, voil&#224; ! C'est personnel, hein ? &#199;a n'engage que moi. Y' a certaines heures, et m&#234;me maintenant, y'a m&#234;me plus d'heure, hein ! C'est vrai qu'avec tout ce qu'on entend, &#231;a donne pas envie, c'est pas s&#233;curisant. Descendre dans les sous-sols pour prendre le m&#233;tro c'est quelque chose qui me fait peur, donc je ne le fais pas. L&#224;, il va y avoir le tramway. Je ne sais pas comment &#231;a va &#234;tre mais je trouve que d&#233;j&#224; c'est plus s&#233;curisant que le m&#233;tro. Pour le m&#233;tro ils rajoutent de nouvelles rames, ils vont faire plein de nouveaux arr&#234;ts. Y'en a besoin ; y'a des personnes qui n'ont pas les moyens d'avoir deux v&#233;hicules dans leur foyer donc &#231;a va faciliter la circulation et d&#233;gorger le r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 9/02/06 par Christophe P&#233;ridier ; r&#233;daction : Patricia Rouillard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vocation de l'aide social</title>
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		<description>&#192; la suite de mon entretien avec une relookeuse tourn&#233;e vers les demandeurs d'emplois, je rencontre Pierre Carreres, 46 ans, ministre du Culte, directeur d'institution, officier &#224; plein temps, aide social et cultuel, cadre de l'Arm&#233;e du Salut et responsable des locaux de la Canebi&#232;re. Cette antenne distribue des aides alimentaires et vestimentaires depuis plus de vingt ans. Koinai : Depuis quand travaillez-vous &#224; l'Arm&#233;e du Salut ? Je suis rentr&#233; &#224; plein temps en 93, quant &#224; mon &#233;pouse Christiane, (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/noailles" rel="tag"&gt;053. Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la suite de mon entretien avec une relookeuse tourn&#233;e vers les demandeurs d'emplois, je rencontre Pierre Carreres, 46 ans, ministre du Culte, directeur d'institution, officier &#224; plein temps, aide social et cultuel, cadre de l'Arm&#233;e du Salut et responsable des locaux de la Canebi&#232;re. Cette antenne distribue des aides alimentaires et vestimentaires depuis plus de vingt ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Depuis quand travaillez-vous &#224; l'Arm&#233;e du Salut ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis rentr&#233; &#224; plein temps en 93, quant &#224; mon &#233;pouse Christiane, c'est avant. Mais ici, &#224; Marseille, c'est seulement depuis 2001. On nous d&#233;place souvent d'un endroit &#224; l'autre... Nous sommes une communaut&#233; religieuse. C'est notre statut. On est mobile, on tourne. Avant nous &#233;tions dans les C&#233;vennes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : &#202;tes-vous b&#233;n&#233;voles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, sur la Canebi&#232;re, notre couple est r&#233;mun&#233;r&#233;, tous les autres sont b&#233;n&#233;voles. Avant novembre 2005, nous &#233;tions deux couples pay&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans un centre d'aide ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est une vocation par rapport &#224; la foi chr&#233;tienne. Le social en d&#233;coule un peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment entre-t-on &#224; l'Arm&#233;e du Salut en tant qu'aide ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Actuellement dans l'Arm&#233;e du Salut, il y a deux branches. La plus importante, la&#239;que, est la Fondation Arm&#233;e du Salut ; elle fait uniquement les &#339;uvres sociales, avec davantage de salari&#233;s et des centres d'h&#233;bergement. L'autre est une congr&#233;gation religieuse dont l'antenne de la Canebi&#232;re fait partie et d&#233;veloppe l'aspect cultuel et l'aspect social de proximit&#233;. Il y a moins de salari&#233;s lors des petits d&#233;jeuners. Du c&#244;t&#233; de la Fondation, on y entre par recrutement, par petite annonce, par rapport au travail de la personne et &#224; sa qualification. Du c&#244;t&#233; de la congr&#233;gation dont je fais partie, que je connais mieux, c'est un engagement chr&#233;tien, par la foi et l'&#233;vangile. &#199;a comprend un aspect social mais aussi religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous re&#231;u une formation au d&#233;part ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Au point de vue social ? Pas de formation sp&#233;cifique, non. On n'a pas de dipl&#244;me sp&#233;cifique. On a des stages, pendant un an et demi pour l'accompagnement. Je n'&#233;tais pas responsable, je voyais comment faisaient mes coll&#232;gues. On n'est pas &#233;ducateur ; on fait juste de l'alimentaire et vestimentaire. Il y a de la gestion aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau psychologie, vous apprend-on &#224; accueillir les personnes dans le besoin ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On peut faire des stages d'une mani&#232;re interne, mais on ne fait pas d'aide psychologique. Si une personne d&#233;sire parler, il y a une &#233;coute. Mais les gens viennent sp&#233;cifiquement pour recevoir un colis alimentaire &#224; cuisiner ou pour un petit d&#233;jeuner en hiver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de personnes travaillent dans ce centre ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon &#233;pouse et moi-m&#234;me sommes r&#233;mun&#233;r&#233;s, et environ vingt b&#233;n&#233;voles pour l'activit&#233; courante de toute l'ann&#233;e. En ao&#251;t, pour l'aide alimentaire ou vestimentaire, il y a dix b&#233;n&#233;voles. C'est variable. On est ouvert quatre, cinq jours, et il faut qu'on ait toujours des b&#233;n&#233;voles. Quand l'un est malade, il faut pouvoir le remplacer. Pour aider les gens, il faut se remuer, il faut faire des efforts.&lt;a href='http://www.armeedusalut.fr/fondval.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Historique de l'Arm&#233;e du Salut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de personnes recevez-vous en moyenne ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Par mois, on distribue deux cents colis. On a deux permanences par semaine... Le vestiaire a lieu une fois par mois environ. Il faut compter soixante vestiaires gratuits. Les autres sont payants, &#224; 1 &#8364; ou 50 cents le v&#234;tement. C'est une friperie, une vente d'entraide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Qui vous envoie les d&#233;munis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;En principe, on demande une lettre d'assistante sociale. Les centre sociaux &#233;tudient la situation des familles ou des personnes seules, leur revenu, pourquoi elles ont besoin d'aide alimentaire ; ils nous les orientent. Nous donnons des colis &#224; cuisiner ; ce ne sont pas des choses &#224; consommer toutes faites, donc s'ils ne peuvent pas cuisiner, on ne leur donne pas. &#201;ventuellement, s'il y a un SDF, on peut l'aider ponctuellement, ce n'est pas un probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quels sont les crit&#232;res de s&#233;lection ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Tout simplement les plus bas revenus. RMI, AH (allocations handicap&#233;s) et les demandeurs d'asile qui n'ont pas de revenus d&#233;clar&#233;s puisqu'ils n'ont pas le droit de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel est le profil moyen des b&#233;n&#233;ficiaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;De jeunes couples, entre 20 et 50 ans ; ce sont plut&#244;t des familles avec des enfants qui, souvent, naissent sur le territoire. Des familles du Maghreb ; au point de vue num&#233;rique, c'est ce qu'on a le plus. Des familles arm&#233;niennes aussi, ou d'Europe de l'est. On a &#233;galement des personnes seules ou plus &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment se d&#233;roule l'accueil des personnes, la premi&#232;re fois ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On re&#231;oit lors des permanences sociales, les mardi et vendredi matin, selon ce que l'accompagnateur social nous demande dans sa lettre. La lettre pr&#233;cise le nombre de personnes, la situation : si c'est un RMIste ou un demandeur d'asile. En revanche, pendant l'hiver, les petits d&#233;jeuners sont destin&#233;s aux personnes isol&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel contact &#233;tablissent les gens avec vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. C'est selon leur d&#233;sir. Lorsqu'ils sont tr&#232;s nombreux, on leur donne juste les colis, c'est alors un contact succinct ; ils nous demandent juste un sac pour transporter les affaires. Mais il arrive que des personnes aient psychologiquement besoin de parler, alors on les &#233;coute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Avez-vous davantage d'habitu&#233;s, ou chaque jour recevez-vous des visages diff&#233;rents ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les r&#233;guliers sont surtout des demandeurs d'asile depuis trois, quatre ans. Leur cas n'est pas r&#233;solu ; ils n'ont pas eu de r&#233;ponse d&#233;finitive, ils sont en recours. Ils sont l&#224;. On les aide depuis longtemps mais, normalement, on fait de l'aide d'urgence : pendant quelques mois, quand il y a rupture de RMI, le temps que la situation s'arrange. Mais on ne peut pas prendre les nouveaux r&#233;guli&#232;rement. On est ceintur&#233;. On les re&#231;oit au coup par coup, et on leur demande d'avoir une nouvelle lettre d'assistante sociale pour revenir. Vu le nombre de demandes, on ne peut pas faire face... Pour les RMIstes, souvent la situation n'&#233;volue pas. De fait, pour eux, on essaie de tourner, on en prend un quota. Tous les six mois, on essaie de les arr&#234;ter pour en prendre de nouveaux r&#233;guli&#232;rement. On n'a pas les structures suffisantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment &#231;a se passe si vous ne pouvez pas accueillir les personnes ou r&#233;pondre &#224; leurs besoins ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons qu'on les sert une fois, on ne refuse pas, mais on ne peut pas les reconvoquer. Ils doivent refaire les d&#233;marches de l'assistance sociale. Parfois on les revoit le mois suivant. Mais on peut rarement aider plus d'une fois par mois. On regarde quand m&#234;me nos capacit&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Cette nourriture vous est donn&#233;e par qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour l'essentiel, elle vient de la banque alimentaire qui redistribue aux associations qui collectent de diverses mani&#232;res et qui redistribuent. Deux tonnes par mois, c'est le maximum qu'on puisse faire. Avec deux permanences par semaine, on &#233;coule largement le stock avant la fin du mois. On doit louer une camionnette pour aller chercher la nourriture une fois par mois. L&#224;, on a besoin de beaucoup de b&#233;n&#233;voles pour charger et d&#233;charger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La location vous co&#251;te cher ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans les 80 &#8364;, assurance comprise. Une caution est laiss&#233;e ; s'il y a le moindre accident, c'est &#224; notre charge. On a pour environ 5 &#8364; de gasoil. Les personnes qui viennent chercher de l'aide alimentaire pensent que c'est une aide d'&#201;tat alors que nous sommes une association priv&#233;e. M&#234;me si on re&#231;oit une subvention de l'&#201;tat, on a quand m&#234;me des fonds priv&#233;s, notamment pour payer nos salaires. Les locaux co&#251;tent cher aussi. Ils appartiennent &#224; l'Arm&#233;e du Salut, et on doit tout payer : imp&#244;ts fonciers, notamment. &#192; l'instar de la banque alimentaire ; elle donne gratuitement, mais elle a des frais de location des locaux, d'&#233;lectricit&#233; pour les chambres froides. Ce sont des frais inh&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La Mairie ne vous fait pas cadeau des imp&#244;ts ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas du tout, et &#224; la banque alimentaire non plus. Les locations &#224; La Pomme sont ch&#232;res, l&#224; o&#249; il y a la banque alimentaire. Les frais sont r&#233;percut&#233;s sur nous. M&#234;me si les denr&#233;es sont parfois gratuites, il faut payer les locaux, les fenwicks (monte-charges &#233;lectriques pour monter les palettes) ; ils ont des emplois &#224; mi-temps, des b&#233;n&#233;voles parfois aussi. Ces co&#251;ts sont r&#233;percut&#233;s sur les associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quand vous allez chercher la nourriture, cela vous prend combien de temps ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a nous prend la matin&#233;e, tous les premier mercredi du mois. Au niveau frais, il faut compter 15 cents le kilos. Ce qui nous fait 300 &#8364; par mois, plus la location du v&#233;hicule. Si on veut aider les personnes, &#231;a a des co&#251;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ce qui m'&#233;tonne, c'est que la Mairie ne vous donne pas un petit coup de pouce.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On va essayer de demander des aides, mais on a eu des subventions de la DASS, donc de l'&#201;tat. Mais c'est difficile pour tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Au niveau vestimentaire, c'est payant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. On peut consid&#233;rer cela comme une banque d'entraide pour les familles &#224; petit revenu. Ces v&#234;tements nous sont donn&#233;s, puis ils sont tri&#233;s par les b&#233;n&#233;voles et rang&#233;s dans la salle de culte. Une fois par mois, on les &#233;tale pour les pr&#233;senter au public. Ils sont revendus ; c'est environ 1 &#8364; le v&#234;tement. Et les v&#234;tements d'enfant, de b&#233;b&#233; : 50 cents. Ce sont de beaux v&#234;tements, ceux de b&#233;b&#233; sont presque neufs. Il y a des vestiaires gratuits pour les personnes qui n'ont rien, souvent les demandeurs d'asile qui n'ont pas le droit de travailler. L'assistante sociale nous les envoie. Dans ce cas, on fait des bons gratuits vestiaires. C'est maximum cinq v&#234;tements gratuits par personne pour qu'ils n'aient pas l'id&#233;e de les revendre ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Ces v&#234;tements vous sont donn&#233;s par qui ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Des personnes viennent nous donner des sacs de linges lors des permanences sociales. Il y a de tout dedans : des v&#234;tements en tr&#232;s bon &#233;tat, d'autres trou&#233;s. Il faut qu'on les trie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Contactez-vous les entreprises pour obtenir des v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, en g&#233;n&#233;ral, il y a pas mal de donateurs. Parfois ce sont elles qui nous contactent mais c'est rare. Parfois ce sont des associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les grandes surfaces, quand elles arrivent en fin de saison ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a peut arriver. Pas &#224; Marseille, mais &#224; Toulon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Combien de linge recevez-vous par mois ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est variable. Souvent des m&#233;nages nous am&#232;nent des sacs de linge, mais je ne pourrais pas vous dire la quantit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel genre de v&#234;tements recevez-vous le plus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Surtout des v&#234;tements pour enfant ou b&#233;b&#233; ; ils servent car on a beaucoup de demandeurs d'asile qui ont des b&#233;b&#233;s. On re&#231;oit plus de v&#234;tements pour femme que pour homme. Notamment au niveau des chaussures ; celles des hommes sont vraiment us&#233;es. Chemises, pantalons : s'il vient un SDF, on lui donne, tout comme les couvertures. Il y a moins de femmes dehors que d'hommes. Au niveau des manteaux, quand on voit des gens qui ont froid, on leur donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Comment classez-vous ces v&#234;tements ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ici, c'est dans une salle polyvalente d'environ 20 m2, en fait une salle de culte. En g&#233;n&#233;ral ils sont rang&#233;s en hauteur, dans des casiers, des cartons. D'un c&#244;t&#233;, v&#234;tements femme, ou enfant ou homme, class&#233;s selon les genres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : La solidarit&#233; a-t-elle &#233;volu&#233; au cours des d&#233;cennies ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui. On a constat&#233; que les RMIstes augmentaient, parce qu'actuellement il y a suspension des RMI, pour diverses raisons. En 2001, il y a eu une vague de demandeurs d'asile, des Tch&#233;tch&#232;nes, des Arm&#233;niens, des Alg&#233;riens. Il y a aussi une &#233;volution dans la mentalit&#233; des demandeurs. Depuis trois, quatre ans, je remarque que pour les gens notre aide devient un d&#251;. Ce qui &#233;tait une aide avec reconnaissance est devenu un d&#251; ; ils viennent avec la lettre de l'assistante sociale et on doit les aider. Et les personnes ne comprennent pas que parfois on n'ait plus d'huile ou autre chose ; du moment qu'on en a donn&#233; &#224; un autre, ils exigent qu'on leur en donne aussi. On a beau leur expliquer... Leur besoin justifie le fait qu'on doit leur donner. On n'est pas l'&#201;tat, &#231;a ils ne le comprennent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est frustrant ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, moralement parce qu'on veut les aider, et ils nous reprochent notre travail. M&#234;me si on affiche les horaires, m&#234;me si on pr&#233;vient les personnes, ils nous reprochent de ne pas avoir &#233;t&#233; ouvert quand ils sont venus. Cette &#233;volution de mentalit&#233; n'est pas valorisante, d'un point de vue humain, mais il faut faire avec. On aimerait s'adapter &#224; la mentalit&#233;. On essaie de ne pas s'&#233;nerver, on n'est pas l&#224; pour &#231;a. C'est vrai que ce n'est pas encourageant. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde ; certaines personnes sont reconnaissantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les dons, ont-ils &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est &#224; peu pr&#232;s stable. Actuellement il y a une saturation des v&#234;tements sur le march&#233;. Je ne me plains pas, mais il y a plus de v&#234;tements qu'on pourrait en avoir. Il y a pl&#233;thore ; les gens se d&#233;barrassent plus facilement de leurs habits. &lt;a href='http://www.madeindignity.be/Public/Menu.php?ID=56' class='spip_out' rel='external'&gt;Seconde main/solid'R&lt;/a&gt; Nous sommes preneurs, bien s&#251;r. Mais pour les friperies, on est oblig&#233; de baisser les prix... Quant aux b&#233;n&#233;voles, c'est plut&#244;t difficile ; on en a moins, et il y a une &#233;volution : il faut respecter leur disponibilit&#233;, leurs services. On ne peut pas leur demander la lune, n&#233;anmoins on est tributaire de ce que les b&#233;n&#233;voles nous proposent, et c'est moins qu'avant... Parmi les b&#233;n&#233;voles, des gens qu'on a aid&#233;s se sont propos&#233;s. Un Arm&#233;nien et sa famille, toujours demandeurs d'asile, font du b&#233;n&#233;volat chez nous. On continue de les aider. Psychologiquement, c'est important pour eux de travailler, d'avoir le sentiment de faire quelque chose d'utile, puisqu'ils n'ont toujours pas le droit de travailler officiellement vu leur situation. C'est un travail au noir, il ne faut pas se le cacher, mais &#231;a leur apporte un contact humain et une amiti&#233; qui se fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Quel enrichissement personnel tirez-vous de votre action ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je me suis engag&#233; par rapport &#224; ma foi chr&#233;tienne, c'est un cheminement qui nous apporte un &#233;quilibre psychologique. Par rapport aux activit&#233;s sociales, il y a frustration lorsque des personnes vindicatives arrivent. Ce n'est pas facile. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on a la satisfaction d'avoir aid&#233; des personnes. On a besoin de se sentir utile, de toute fa&#231;on, que ce soit peu ou beaucoup. Un exemple m'est rest&#233; grav&#233;, il y a deux, trois ans, un RMIste a trouv&#233; du travail, il est venu nous remercier ; &#231;a nous a fait chaud au c&#339;ur. Mais leur situation n'&#233;volue pas, pour la plupart, c'est un peu dommage... Il y a ceux qui nous remercient de les avoir &#233;cout&#233;s. On est heureux m&#234;me si on a pas r&#233;solu tous leurs probl&#232;mes. Ils ressortent regonfl&#233;s, ils ont re&#231;u une nourriture dont ils avaient besoin. Cet &#233;change est important pour nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 11/04/06 par Christophe P&#233;ridier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_3339 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L400xH301/1C1b_-_e7ac288b0f2d41445904d071ba37aaff-2-49fd5.jpg' width='400' height='301' alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La vie manag&#233;e de Jacqueline</title>
		<link>http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/article/la-vie-managee-de-jacqueline</link>
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		<dc:date>2005-02-14T13:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Joseph Ouazana</dc:creator>


		<dc:subject>Une</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Conjugalit&#233;</dc:subject>

		<description>Jacqueline, cinquante-neuf ans, devenue veuve, reprend seule la direction d'une entreprise en b&#226;timent. Apr&#232;s avoir &quot;manag&#233;&quot; l'&#233;ducation et la r&#233;ussite sociale de ses trois filles, elle brise sa solitude par des relations maternelles et amicales. Koinai : Qu'est-ce qu'&#234;tre une femme, pour vous ? &#202;tre une femme ? C'est &#224; peu pr&#232;s remplir trois r&#244;les et c'est ce qui est tr&#232;s difficile &#224; faire : maman, femme, femme d'affaires. Les trois ensemble, c'est tr&#232;s difficile &#224; conjuguer. Donc il y en a toujours un (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/femme-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Femme aujourd'hui&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/conjugalite" rel="tag"&gt;Conjugalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacqueline, cinquante-neuf ans, devenue veuve, reprend seule la direction d'une entreprise en b&#226;timent. Apr&#232;s avoir &quot;manag&#233;&quot; l'&#233;ducation et la r&#233;ussite sociale de ses trois filles, elle brise sa solitude par des relations maternelles et amicales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Koinai : Qu'est-ce qu'&#234;tre une femme, pour vous ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#202;tre une femme ? C'est &#224; peu pr&#232;s remplir trois r&#244;les et c'est ce qui est tr&#232;s difficile &#224; faire : maman, femme, femme d'affaires. Les trois ensemble, c'est tr&#232;s difficile &#224; conjuguer. Donc il y en a toujours un qui est, disons, derri&#232;re. Pour moi, je pense en avoir rempli bien deux, et le troisi&#232;me, beaucoup moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quel r&#244;le par exemple ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais que j'&#233;tais une m&#232;re et j'&#233;tais une femme d'affaires...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Votre avis sur la femme dans la soci&#233;t&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je trouve que sa place n'est pas tr&#232;s reconnue et que les salaires notamment... enfin, il y a encore un machisme tr&#232;s grand qui r&#232;gne et je ne trouve pas que la femme soit bien reconnue &#224; l'&#233;gal de l'homme. Surtout que j'avais un m&#233;tier dans le b&#226;timent, donc quand j'arrivais de rendez-vous de chantier et qu'on voyait que j'&#233;tais une femme, il y avait beaucoup d'&#224; priori. J'ai combattu &#231;a, j'y suis arriv&#233;e, mais je n'ai pas pu, disons... finir ma mission. Quand mon mari est d&#233;c&#233;d&#233;, &#233;tant une femme, je ne pouvais pas avoir toutes les responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : En fait, vous avez ressenti un sentiment d'exclusion... &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Mon sentiment, en fait, c'est que la soci&#233;t&#233; est en train de changer. Je trouve que les jeunes hommes ont des sentiments mieux que notre g&#233;n&#233;ration &#224; nous, et je tire un coup de chapeau aux jeunes maris, aux jeunes papas, parce qu'ils font des choses que notre g&#233;n&#233;ration ne savait pas faire ou ne pouvait pas faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Puis-je avoir votre avis sur les femmes en g&#233;n&#233;ral ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons que certaines femmes sont tr&#232;s d&#233;pendantes de leur mari, qu'elles n'ont pas de salaire, qu'elles ne veulent pas s'assumer et d'autres, par contre, sont trop f&#233;ministes et &#233;crasent leur mari. Je connais les deux cas de situation et je crois qu'il faut trouver un juste milieu. On ne remplacera pas l'homme par la femme. Chacun doit trouver sa place pour faire un &#233;quilibre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelques mots sur votre vie affective et sur votre maternit&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Disons qu'au d&#233;part, je n'avais pas une vie affective formidable. J'avais une m&#232;re qui &#233;tait justement une femme d'affaires, qui n'avait pas le temps de donner d'affection ni de tendresse. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e en pensionnat &quot;bon chic bon genre&quot;. Apr&#232;s, je me suis mari&#233;e, et la vie affective a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s bonne pendant... on va dire une quinzaine d'ann&#233;es. Apr&#232;s, c'est le relais de l'entreprise qui a pris le dessus dans le couple, et dans tout le reste. Je crois que j'avais un mari qui n'&#233;tait pas du m&#234;me niveau social, et &#231;a a cr&#233;&#233; une grosse diff&#233;rence. Ensuite, mes filles sont devenues tr&#232;s intellectuelles et l&#224;, &#231;a a fait la cassure compl&#232;te. Il ne s'est pas retrouv&#233; dans le mod&#232;le de la famille telle qu'il l'entendait. Il aurait voulu une femme au coin du feu, rentrer, mettre ses chaussons, trouver le repas fait, alors que j'&#233;tais loin d'&#234;tre une femme d'int&#233;rieur. J'&#233;tais plut&#244;t dirig&#233;e vers l'ext&#233;rieur. Apr&#232;s, petit &#224; petit, je me suis beaucoup attach&#233;e &#224; mes filles. Je les emmenais en vacances toute seule, parce que j'avais un mari qui travaillait extr&#234;mement dur. Il travaillait beaucoup, &#231;a je le reconnais, mais il n'avait pas le temps pour sa famille, ni pour ses hobbies. C'&#233;tait simplement le travail et le travail.
En ce qui concerne ma maternit&#233;, disons qu'elle a &#233;t&#233; spectaculaire, parce que j'ai eu deux filles en dix mois, et la deuxi&#232;me a mal trouv&#233; sa place, en disant toujours : &quot;&lt;i&gt;Je ne suis pas une enfant voulue, d&#233;sir&#233;e...&lt;/i&gt;&quot; Je n'ai jamais &#233;t&#233; capable de lui dire : &quot;&lt;i&gt;Si, ma fille, je t'ai voulue, puisqu'&#224; cette &#233;poque-l&#224;, j'avais de l'argent, j'aurais pu aller avorter, j'aurais pu faire des tas de choses&lt;/i&gt;&quot;. Mais &#233;tant fille unique, j'ai tellement souffert que quand elle est arriv&#233;e, &#231;a a &#233;t&#233; formidable et je les ai &#233;lev&#233;es comme des jumelles. Apr&#232;s j'ai mis dix ans &#224; r&#233;agir et j'ai eu ma troisi&#232;me fille. L&#224;, &#231;a a cr&#233;&#233; une jalousie parce que la cadette m'a dit : &quot;&lt;i&gt;Mais qu'est-ce que je fais entre la premi&#232;re, qui est tr&#232;s brillante &#224; l'&#233;cole, et la petite, &#224; qui tu fais des c&#226;lins ?&lt;/i&gt;&quot; Elle a eu du mal &#224; trouver sa place. Encore aujourd'hui, elle le vit mal malgr&#233; son doctorat en sciences. Je l'ai surtout mal v&#233;cu il y a cinq ou six ans, &#231;a a r&#233; &#233;merg&#233; lorsqu'elle s'est mari&#233;e et qu'elle a eu des enfants. C'est maintenant que j'en prends conscience parce qu'avant, je les ai &#233;lev&#233;es comme des jumelles, je n'ai pas fait de diff&#233;rence, donc je ne voyais pas o&#249; pouvait &#234;tre le probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Et la s&#233;duction dans le couple ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Elle a &#233;t&#233; presque nulle. Apr&#232;s les quinze premi&#232;res ann&#233;es de mariage, &#231;a a &#233;t&#233; un handicap tr&#232;s, tr&#232;s grand, et je l'ai tr&#232;s tr&#232;s mal v&#233;cu. N&#233;e d'une m&#232;re peu affective, mon mari ne m'en a pas donn&#233; beaucoup plus. &#199;a faisait beaucoup, et j'ai tout report&#233; sur mes filles qui ont aujourd'hui des situations parfaites, mais j'ai un peu abandonn&#233; mon mari je reconnais... Il n'avait pas du tout les m&#234;mes fa&#231;ons de penser, et je suis d'accord avec : &quot; &lt;i&gt;Marie-toi dans ta rue, marie-toi dans ta ville&lt;/i&gt;&quot;, plut&#244;t que dans des milieux diff&#233;rents o&#249; on ne partage pas les m&#234;mes hobbies, on n'a rien en commun. C'&#233;tait l'entreprise qui nous faisait vivre parce qu'on &#233;tait aussi commer&#231;ants l'un que l'autre, et &#231;a a &#233;t&#233; le ciment du couple les dix derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Que pensez-vous du regard d'un homme ? &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#199;a d&#233;pend desquels, mais je dirais que c'est positif dans certains cas, et tr&#232;s p&#233;joratif dans d'autres, suivant l'homme qui vous regarde et la fa&#231;on dont il vous regarde. Comment vous dire... C'est tr&#232;s difficile de se faire des amis hommes, parce il y a des arri&#232;res pens&#233;es. Le sexe vient d'abord et ensuite l'amiti&#233;, c'est pas tr&#232;s positif. Je pr&#233;f&#233;rerais l'inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelques mots sur la f&#233;minit&#233; ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je trouve qu'elle &#233;volue beaucoup, que c'est tr&#232;s bien de voir toutes ces femmes qui prennent soin d'elles, qui ha&#239;ssent le vieillissement. C'est vraiment une &#233;volution par rapport, notamment &#224; ma belle-m&#232;re, ou &#224; certaines de mes belles-s&#339;urs plus &#226;g&#233;es. Il y a vraiment une formidable am&#233;lioration et m&#234;me l'homme commence &#224; s'y mettre, &#224; s'entretenir aussi. Les gens qui avaient une cinquantaine d'ann&#233;es il y a cinquante ans ne se reconna&#238;traient pas dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Votre opinion sur la femme dans la politique ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#199;a, c'est formidable, mais je ne sais pas o&#249; elle trouve le temps ! Porter trois casquettes, c'est d&#233;j&#224; difficile, alors une quatri&#232;me ! Mais c'est formidable de pouvoir dire son mot, jouer un r&#244;le, amener sa petite pierre dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Quelque chose &#224; ajouter &#224; cet entretien ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais que probablement ce sont les jeunes couples qui ont les cl&#233;s en main pour une soci&#233;t&#233; future, meilleure et plus &#233;galitaire. Je vois mes gendres, dont l'un change le b&#233;b&#233;, donne le biberon la nuit, fait le m&#233;nage, fait les courses... Je dis chapeau ! Si &#231;a peut durer... Mais il ne faut pas non plus que la femme se les roule de l'autre cot&#233; en disant l'homme fait tout. J'ai peur d'un renversement. Je le vois, j'ai une fille qui ne fait presque plus rien, c'est son mari qui fait tout, et l'autre fait relativement quatre-vingt pour cent des besognes m&#233;nag&#232;res de la maison, sans parler du courrier. La condition f&#233;minine s'est consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;e, mais il ne faudrait pas que la situation s'inverse : peur de l'homme du pouvoir de la femme ! Certaines ont un degr&#233; d'&#233;tudes sup&#233;rieur. Il ne faudrait pas que ce soit madame qui passe en premier et que monsieur suive. Ce serait dommageable pour tout le monde. Aujourd'hui, &#233;tant veuve, j'ai du mal &#224; assumer d'&#234;tre seule, de voir mes filles partir tr&#232;s loin. Aussi, j'ai ce que j'appelle des cannes : la cigarette, par exemple, et j'essaie de sortir avec des amis. Mais ce que je fuis le plus, c'est la solitude. J'ai &#233;lev&#233; trois filles, j'ai eu un mari, on a bien r&#233;ussi. Je sais manager les autres mais pas moi. Toute seule, je me laisserais aller, par contre, si j'avais quelqu'un &#224; la maison, je reprendrais mon r&#244;le de direction, de management, j'adore &#231;a. Pour preuve que je n'aime pas la solitude, j'ai h&#233;berg&#233; le fils d'une amie le temps de ses &#233;tudes. Il vit chez moi trois semaines par mois. Je suis rayonnante parce qu'il y a &#224; faire &#224; la maison, pr&#233;parer des repas, il faut faire plein de choses, je suis contente, je suis dans mon r&#244;le. Lorsqu'il est absent, je perds tous mes rep&#232;res, je ne mange plus ou je mange &#224; n'importe qu'elle heure et je me l&#232;ve tard. Heureusement que j'ai des amis qui me bougent et qui me remettent dans le droit chemin...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Une femme peut-elle vivre sans mari ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand elle est contrainte, ce n'est pas un choix, mais le fait est, c'est difficile &lt;span class='spip_document_3348 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:168px;'&gt;
&lt;img src='http://www.koinai.net/sites/koinai.net/local/cache-vignettes/L168xH250/2-4a_-_dyn004_original_682_1162_pjpeg_2511208_d021c97630936ace104b6ea3510b6301-b970a.jpg' width='168' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:168px;' /&gt;&lt;/span&gt;d'en rencontrer un autre... Est-ce qu'il y a une place dans sa t&#234;te pour un homme ? N'a-t-elle pas d'autres soucis &#224; g&#233;rer ? A-t-elle le temps de s'occuper d'un homme ? Savoir si elle va tomber sur quelqu'un de bien... Tout &#231;a fait un peu peur pour recommencer sa vie. Elle en meurt d'envie, mais il y a une peur panique. C'est quand m&#234;me plus difficile pour une femme de retrouver un mari, qu'un homme de retrouver une femme. Je ne me vois pas dans la rue arr&#234;ter quelqu'un en lui disant : &quot;&lt;i&gt;Vous me plaisez bien, peut-on faire un bout de chemin ensemble ?&lt;/i&gt;&quot; En ce qui me concerne, l'intention de refaire ma vie, pour l'instant, ne me traverse pas l'esprit, mais quelque part, j'aimerais bien, mais les dispositions pour trouver quelqu'un me freinent &#233;norm&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; K : Pour la parution dans notre journal en ligne, d&#233;sirez-vous donner vos coordonn&#233;es ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis tout &#224; fait d'accord : c'est jacqueline130013aol.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis le 13/01/05 par Joseph Ouazana&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;sistante</title>
		<link>http://www.koinai.net/mutations-urbaines/la-republique-en-chantier/les-sentences-de-l-habitant/article/la-resistante</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Joubert</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Habitat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>042. La Joliette</dc:subject>

		<description>Aujourd'hui, Monique Roussel peut regarder son ancien logement par la fen&#234;tre du nouveau. Elle a retrouv&#233; sa rue de la R&#233;publique. Mais avant d'&#234;tre relog&#233;e, elle a d&#251; se battre contre les promesses sans lendemain et l'inertie des promoteurs. Elle t&#233;moigne pour elle, et pour ceux qui ont eu moins de chance. Koinai : Quand vos probl&#232;mes ont-ils d&#233;but&#233; avec Marseille R&#233;publique ? J'habitais en face, au 50 et, je me rappelle plus, d&#233;cembre 2004, 2003... J'ai re&#231;u un non renouvellement de bail pour raison (...)

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&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/temoignage" rel="tag"&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/habitat" rel="tag"&gt;Habitat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/precarite" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.koinai.net/mot/la-joliette" rel="tag"&gt;042. La Joliette&lt;/a&gt;

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		<content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, Monique Roussel peut regarder son ancien logement par la fen&#234;tre du nouveau. Elle a retrouv&#233; sa rue de la R&#233;publique. Mais avant d'&#234;tre relog&#233;e, elle a d&#251; se battre contre les promesses sans lendemain et l'inertie des promoteurs. Elle t&#233;moigne pour elle, et pour ceux qui ont eu moins de chance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Koinai : Quand vos probl&#232;mes ont-ils d&#233;but&#233; avec Marseille R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;J'habitais en face, au 50 et, je me rappelle plus, d&#233;cembre 2004, 2003... J'ai re&#231;u un non renouvellement de bail pour raison de travaux et voil&#224;... R&#233;novation de l'&#238;lot sans proposition de relogement. J'avais 6 mois pour partir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Alors que, l&#233;galement, ils &#233;taient tenus de vous proposer un relogement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, l&#233;galement, non. C'est-&#224;-dire que du fait que ce soit dans le cadre d'Eurom&#233;diterrann&#233;e, il y avait une convention qui avait &#233;t&#233; sign&#233;e. Tout le monde avait dit que les habitants y seraient int&#233;gr&#233;s au projet et qu'on les chasserait pas. Moi, voil&#224;, c'est qu'on ne me propose pas de relogement. J'ai contact&#233; Un Centre Ville pour Tous, l'association, pour avoir de l'aide. Et puis on a commenc&#233; &#224; se mobiliser pour ceux qui veulent rester dans leur appartement, qui puissent garder leur appartement ou &#234;tre au moins relog&#233;s dans le quartier. Et en gardant des loyers mod&#233;r&#233;s. Parce que c'&#233;tait pas des logements sociaux, mais on avait des loyers bas. Donc, ben voil&#224;, notre combat c'&#233;tait &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous pouvez me raconter les &#233;tapes ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour moi, &#231;a a dur&#233; un an et demi avant qu'on me propose un relogement ici. Compte tenu de la flamb&#233;e des prix des loyers, moi je pouvais pas trouver, enfin, l'&#233;quivalent de ce que j'avais, en centre-ville. Et &#231;a a &#233;t&#233; assez conflictuel avec Marseille R&#233;publique. Bon, ben, voil&#224;, on s'est battus, comment dire ? On faisait des r&#233;unions. On alertait les m&#233;dias. Ben, on &#233;tait d&#233;log&#233;s, quoi, dans le cadre de la r&#233;novation Eurom&#233;diterrann&#233;e. On &#233;tait pour la r&#233;novation, mais avec nous (rires). Parce que, en plus, dans la convention qui avait &#233;t&#233; sign&#233;e avec tous les partenaires d'Eurom&#233;diterrann&#233;e, c'&#233;tait convenu qu'y aurait 30% de logements sociaux. Et, voil&#224;, on a demand&#233;, moi j'ai demand&#233; &#224; int&#233;grer les logements sociaux du quartier en ayant la m&#234;me surface, le m&#234;me loyer que ce que j'avais. Enfin bon, voil&#224;. En plus, la fa&#231;on dont &#231;a &#233;t&#233; aussi... Oui, ils nous ont un peu pris pour, comment dire ? La fa&#231;on dont ils parlaient de nous, Marseille R&#233;publique et la Mairie, ils nous prenaient un peu, plus ou moins, pour des squatters ou je sais pas quoi. Vraiment, ils &#233;taient m&#233;prisants envers la population locale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Un an et demi, &#231;a a &#233;t&#233; un peu long...&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'&#233;tait un peu long parce qu'en plus, quand y a eu le projet Eurom&#233;diterrann&#233;e, y a eu aucune communication de faite. Nous, on savait qu'on faisait partie du p&#233;rim&#232;tre. Donc, on savait qu'y aurait des r&#233;novations qui allaient se faire, mais on ne savait pas du tout ce qui allait se faire et ce qu'on allait devenir. En plus, on re&#231;oit ce papier. On se dit : &quot;putain, o&#249; c'est que je vais aller ?&quot; C'&#233;tait assez angoissant de pas savoir, de savoir qu'on peut pas louer un appartement avec les revenus parce que moi j'ai un salaire quand m&#234;me. Et donc &#231;a &#233;t&#233;, pfff... Quand ils m'ont propos&#233; ici, j'ai dit &quot;c'est bon&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et &#224; votre connaissance, il y a encore des personnes qui sont en situation difficile dans le quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, y a encore des personnes menac&#233;es qui sont en proc&#232;s et qui risquent d'&#234;tre expuls&#233;es, ou qui n'ont pas de propositions de relogement. Et on continue, on continue &#224; les soutenir, &#224; les aider, &#224;... Les commerces aussi sont en difficult&#233;. On n'a pas pu les aider parce qu'ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; chacun se d&#233;brouiller avec leur avocat. Donc, y en a qui sont partis avec de l'argent. Y en a qui sont partis sans argent. Y a eu pas mal de drames, entre autres, la boulang&#232;re, mme Breda. L&#224; vraiment, &#231;a nous a fait de la peine. Donc, elle a &#233;t&#233; expuls&#233;e, elle a perdu son commerce, perdu son logement, tout perdu, quoi. Elle a tout perdu. Ils &#233;taient en fin de carri&#232;re et... Ils ont m&#234;me pas pu vendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et les travaux ont pas d&#251; aider le commerce...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les travaux du tramway, &#231;a a dur&#233; plusieurs ann&#233;es. Du coup, les commerces qui arrivaient juste, ben l&#224;, &#231;a les a compl&#232;tement coul&#233;s. Sur les trottoirs, on voyait plus les commerces de la rue. Y avait m&#234;me plus de passages pi&#233;tons. C'&#233;tait, c'&#233;tait la loi de la jungle. &#199;a, plus les squatters aussi. Enfin, on n'a pas de preuves, mais c'&#233;tait plus ou moins bizarre, cette histoire. Parce qu'avant, justement, au moment d'Eurom&#233;diterrann&#233;e, y a des centaines de squatters qui se sont install&#233;s rue de la R&#233;publique. Et ils sont rest&#233;s un moment. On avait beau se plaindre, aller voir la police, on avait beau rousp&#233;ter, aller voir les &#233;lus, dire &quot;bon y a un probl&#232;me&quot;, ils ont pas d'eau, pas d'&#233;lectricit&#233;, &#231;a circulait sans arr&#234;t. Ils &#233;taient 50. Y avait des feux d'appartements, je sais pas combien. C'&#233;tait pas mal de jeunes, donc, qui entretenaient pas, qui jetaient... Les policiers, eux-m&#234;mes, ils ont dit : &quot;ben vous savez, c'est voulu, c'est pour que vous partiez&quot;. Bon, &#231;a &#233;t&#233;, pendant plusieurs ann&#233;es, un peu difficile. D&#232;s que &#231;a &#233;t&#233; vendu &#224; Marseille R&#233;publique, ben tiens, comme par hasard, plus de squatters. Les propri&#233;taires ont agi, ils ont mur&#233; les appartements vides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Il y a eu plusieurs changements de propri&#233;taires aussi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Quand on allait &#224; la SIM, le propri&#233;taire, et qu'on leur demandait :&quot;qu'est-ce qui va se passer&quot; ? Ben, eux y disaient qu'ils &#233;taient pas au courant. Et on savait rien, donc. Les immeubles ont &#233;t&#233; vendus d'abord &#224; P2C, apr&#232;s &#224; Marseille R&#233;publique et puis enfin &#224; Buildinvest. Moi, je suis partie avant. Et d'ailleurs, ils ont revendu les immeubles o&#249; j'habitais, en l'&#233;tat, sans r&#233;novation. Alors que moi quand j'&#233;tais, quand j'ai eu le non-renouvellement de bail, la raison, c'&#233;tait pour r&#233;novation imminente. C'&#233;tait pas pour vente. Enfin bon, &#231;a va, j'ai &#233;t&#233; relog&#233;e, donc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Vous &#234;tes satisfaisante de votre nouveau logement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je suis assez contente. Je veux dire, les ann&#233;es o&#249; &#231;a a dur&#233;, franchement, j'&#233;tais vraiment pas bien. Y a beaucoup de personnes &#226;g&#233;es qui on eu des probl&#232;mes de sant&#233; &#224; cause du stress. J'avais une voisine qui &#233;tait &#224; la rue de la R&#233;publique depuis, depuis l'apr&#232;s-guerre. Elle &#233;tait compl&#232;tement angoiss&#233;e. Angoiss&#233;e, de pas savoir ce qu'elle allait devenir. Apr&#232;s un incendie, elle a &#233;t&#233; relog&#233;e. Depuis, elle a perdu la t&#234;te. Compl&#232;tement perdu la t&#234;te, une femme de 80 ans, quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En fait, &#231;a c'est fait sans tenir compte du facteur humain ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Non, non. Ils ont d&#233;log&#233;, ils ont fait d&#233;loger des personnes &#226;g&#233;es de 80 ans, 90 ans qui &#233;taient l&#224; depuis leur naissance. Y avait pas p&#233;ril en la demeure. Y avait pas urgence. Ils habitaient pas dans des taudis, les gens. C'est terrible. Mes deux voisins de palier sont morts &#224; cause de l'angoisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Et, l&#224; vous pensez que leur op&#233;ration immobili&#232;re, en d&#233;finitive, elle marche ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ceux qui sont devenus des logements sociaux, ils sont tous occup&#233;s. Par contre, pour la vente, &#231;a... Parce que les gens, le prix, voyez... Ceux qui ach&#232;tent pour louer, je suppose que les loyers sont tr&#232;s, tr&#232;s &#233;lev&#233;s. Et quand on voit le quartier compl&#232;tement en d&#233;sh&#233;rence. Je pense qu'ils vont pas rester longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est vrai qu'il y a un souci par rapport aux commerces, notamment ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est, voil&#224;, y a plus de commerces. Aucun &#233;quipement public, pas de jardin. Non, c'est... Franchement, si j'avais des sous, c'est pas ici que j'habiterais. (rires) Non, enfin, pour les gens qui ont v&#233;cu longtemps ici, on veut garder notre vie de quartier, comme tout le monde. Mais quelqu'un qui arrive de l'ext&#233;rieur, qui d&#233;barque dans ce quartier... Si tu payes cher un loyer, ma foi, t'ach&#232;tes un appartement tr&#232;s cher, voil&#224;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Pourtant, il est suppos&#233; y avoir une certaine infrastructure &#224; c&#244;t&#233;, une &#233;cole, des commerces... ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Voil&#224;, ils ont construit un parking souterrain, mais il est inabordable. Inabordable (rires). C'est... Pour qui ils nous prennent ? Ben, je crois que &#231;a avait &#233;t&#233; dit. Je sais plus quel politique avait dit : &quot;de toute fa&#231;on, on veut plus la m&#234;me population, on veut une autre population pour le quartier&quot;. Donc, voil&#224;, quoi. &#199;a, on le sait. Ils font tout pour virer les maghr&#233;bins du centre-ville, les pauvres. On peut faire encore des ghettos dans les quartiers Nord. Et puis, en plus, moi, &#231;a fait longtemps que j'habite ici. Le m&#233;lange se faisait. Y avait toutes sortes de gens, des pauvres, des riches, des maghr&#233;bins, des fran&#231;ais d'origine, des asiatiques, et le m&#233;lange se faisait. Je veux dire, on se parle. Franchement, c'est ce qui me plaisait, c'est ce qui me pla&#238;t dans ce quartier. Parce que &#231;a l'est encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : En fait, c'est plut&#244;t une strat&#233;gie de recomposition sociale du quartier ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Moi, je pense que c'&#233;tait plut&#244;t &#231;a. Oui, ben maintenant, voil&#224;, c'est abandonn&#233; &#224; cause de la crise immobili&#232;re... &#199;a va durer combien de temps ? Encore dix ans ? Abandonn&#233;, c'est dommage, c'est dommage. Enfin, on va voir. On va voir s'ils vont faire des travaux. En tout cas, les squatters sont revenus en face. Les appartements vides, de temps en temps, tu vois une t&#234;te. Une t&#234;te &#224; la fen&#234;tre. Donc, c'est s&#251;r que, ben voil&#224;, c'est, tout &#231;a pour &#231;a ! Franchement, c'&#233;tait pas la peine, ils auraient tr&#232;s bien pu faire la r&#233;novation avec nous, quoi. Je veux dire, on pouvait c&#244;toyer, on peut c&#244;toyer des gens riches. C'est pas, c'est pas... On est pas crades. Enfin, avant &#224; Paris, les immeubles bourgeois, tu montais les &#233;tages, t'avais les tr&#232;s riches en bas et les pauvres en haut. Les chambres de bonne, &#231;a se c&#244;toyait ces gens-l&#224;. Je vois pas pourquoi, pourquoi on pourrait pas se c&#244;toyer ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Mais peut-&#234;tre qu'ils auraient fait moins d'argent en faisant comme &#231;a ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Enfin, enfin, j'pense qu'y aurait pu avoir une strat&#233;gie, comment dire, plus correcte, plus humaine et o&#249; chacun, chacun trouve son compte. Y a eu des drames, et &#231;a... Faire partir des m&#233;decins. Ils ont fait partir tous les m&#233;decins. Mais, je veux dire : les pauvres y se soignent. Ils ont fait partir tous les m&#233;decins. Qu'est que c'est ce truc ? Y avait aucune raison. Ma foi, les riches aussi y se soignent !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : Peut-&#234;tre qu'ils voulaient vraiment qu'il n'y ait plus aucun commerce pour mettre ceux qu'ils voulaient, ceux qu'ils avaient pr&#233;vu ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, oui, ben l&#224;, je sais pas s'ils fonctionnent, mais bon... Alors, entre le port et Sadi Carnot, on va bouffer des v&#234;tements, quoi. Peut-&#234;tre qu'ils ont une client&#232;le ? C'est... Ils ont fait une super place, la place Sadi Carnot. Le soir, elle est bien &#233;clair&#233;e, magnifique. Elle est morte parce que y a que des banques. Le soir y a pas de bars, y a pas de restos, y a pas d'animation. Au moins que les gens en profitent, parce que finalement personne n'en profite. C'est une place, elle est jolie, bien &#233;clair&#233;e, c'est magnifique, les fa&#231;ades, mais c'est une place morte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;K : C'est un peu un g&#226;chis ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui, je trouve. Je trouve qu'ils ont encore rat&#233; leur truc, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis le 15 d&#233;cembre 2008 par J.Becker.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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