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Être une femme aujourd’hui !

Amours, ruptures, études, travail, loisirs, couple, ménage, enfantement, argent, amies... des jalons comme autant de courbes qui dessinent la femme d’aujourd’hui.

Mère, épouse, maîtresse, fille, soeur, femme au foyer, femme au travail : la femme plurielle avec ses combats, ses regrets, ses attentes, … Comment définissent-elles leur féminité ? Quelle place donnent t-elles à l’homme ? Quelle éducation pour leurs enfants ? Comment se sont-elles épanouies ? Le mouvement de libération résonne t-il encore en elles ? Entre légèreté et profondeur, des paroles de femmes reflètent leurs expressions contemporaines.


La grâce du combat

Dire la place où on doit être

« Je me suis sentie femme, je suppose quand j'ai eu mes enfants, parce que c'est quelque chose qu'un homme ne peut pas faire, donc c'était par contraste : j'ai découvert une autre facette _et une facette gratifiante_ du fait d'être une femme pour la première fois (rire). » Muriel Julien, 44 ans.

La féminité, biologiquement, je la vis comme une injustice. Avoir ses règles, par exemple. Mais c’est le marqueur de ta jeunesse, de la possibilité de procréer qui s’arrête tôt chez la femme et y’a un décalage entre la vie sociale et la vie biologique : une femme peut être encore belle, en bonne santé, dynamique, mais à partir de la cinquantaine, elle subit à nouveau des changements hormonaux profonds, (...)


Des séquelles qui mènent à l’essentiel

Nicole a 56 ans. Elle est divorcée et mère de deux grands enfants qu'elle a élevés toute seule. Un choix non désiré au départ qui s'est avéré courageux. Nicole a sollicité des aides pour subvenir aux besoins de la famille. Cette situation est celle de nombreuses femmes qui "triment" pour le quotidien et le devenir. Au milieu de ce ciel quelquefois maussade, un rayon de soleil : Nicole a rencontré un homme...

Koinai : Qu’est-ce qu’être une femme pour vous ? C’est beaucoup de peine et d’ennuis au quotidien, et c’est aussi une grande joie... C’est évidemment la vie qui est difficile, il faut travailler, surtout quand on est seule, mais... il reste quand même de grandes joies malgré tout. K : Quel est votre point de vue sur la femme dans la société ? Je trouve qu’on a fait d’énormes progrès par rapport (...)


68, année de la révolution

Aujourd'hui, Jeanine est à la retraite et elle travaille dans une association. Auparavant, elle travaillait au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), dans le laboratoire de mathématiques du campus de Luminy.

Koinai : Que vous apporte votre travail actuel ? Cela me permet de connaître un milieu différent de celui que je fréquentais. J’y trouve des gens fabuleux qui n’ont pas toujours une vie facile et qui se donnent beaucoup de mal pour améliorer leur vie intellectuelle. C’est bien et ça m’apporte énormément. K : La femme a-t-elle évolué ? Il y a déjà une grande différence entre ce qu’était ma (...)


La grâce du combat

Dire la place où on doit être

« Je me suis sentie femme, je suppose quand j'ai eu mes enfants, parce que c'est quelque chose qu'un homme ne peut pas faire, donc c'était par contraste : j'ai découvert une autre facette _et une facette gratifiante_ du fait d'être une femme pour la première fois (rire). » Muriel Julien, 44 ans.

La féminité, biologiquement, je la vis comme une injustice. Avoir ses règles, par exemple. Mais c’est le marqueur de ta jeunesse, de la possibilité de procréer qui s’arrête tôt chez la femme et y’a un décalage entre la vie sociale et la vie biologique : une femme peut être encore belle, en bonne santé, dynamique, mais à partir de la cinquantaine, elle subit à nouveau des changements hormonaux profonds, (...)


Carpe diem

Le beau ciel bleu d’Alexandra

Depuis sa maternité, Alexandra Moureau, 33 ans, a tourné la page de l’adolescence : « Ouais, maintenant je me sens plus femme, quoi. Je suis tombée enceinte à vingt-sept, vingt-huit ans, quelque chose comme ça. » Assistante pharmacienne, en instance de divorce, elle partage sa vie entre officine, famille, amis et loisirs. Cheminement féminin, des modèles aux attentes.

Koinai : Quel type de femme êtes-vous ? Oh là ! alors, je suis une femme dynamique, ça c’est sûr. Après, euh… sportive, en général je suis souvent patiente, voilà, en gros ; enfin, je suis une femme active, hè. K : Comment définissez-vous votre féminité ? La féminité ? Bè prendre soin de soi déjà, genre se maquiller, se coiffer, s’habiller correctement, et le langage : moi j’ai horreur des gros mots, tout (...)


Jouer, dit-elle

Dans le regard de l’Homme

Sophie Gence, 50 ans, s’est d'abord sentie femme lorqu’un homme l'a aimée vraiment, comblant ainsi son manque d’assurance et surtout, ensuite, au travers de sa maternité. Côté jardin et côté cour, le rôle tenu sur les planches de la vie d’une qui rêvait d’être sur scène _côté cour, côté jardin.

Koinai : Comment définis-tu ta féminité ? Je crois que je suis une femme toujours par le plaisir d’un regard sur moi, d’un homme, de la possibilité de… Un peu la coquetterie, le charme, quand on joue de tout ça. C’est toujours par rapport aux hommes que je me sens femme, forcément, et c’est seulement quand un homme m’aime que… C’est comme ça que je vois ma féminité, quoi, lui rendre la féminité quand (...)


De l’air… du temps

Travelling arrière sur la vie vécue

Chez Sabine Mauric, 87 ans, le sentiment d’être une femme a éclos dès l'enfance, vers une dizaine d'années, parce qu’elle pensait au futur, à l'orientation qu'elle donnerait à sa vie, aux possibilités qui s'offraient à elle " étant femme et non homme ". Il ne fallait pas rater un certain âge, se disait-elle très jeune, parce que « s'engager de travers… c'est difficile de reculer. »

Koinai : Quelle jeune femme étiez-vous ? En toute franchise, il me semble que je sais ce que je veux, ce qu’il m’est possible de faire ou de pas faire. Je m’engage pas en aveugle dans une voie, s’il y a un carrefour je me précipite pas n’importe où, hein. K : Quelles valeurs avez-vous reçues de votre maman ? Son sentiment de la responsabilité et en même temps de l’indépendance, allier indépendance (...)


Juliette puis Cléopâtre

Antoine au fourneau, elle au créneau

« Femme ? _Quand, déjà, j'ai rencontré l'autre sexe, hein ; c'est le regard aussi de l'autre sexe qui m'a renvoyée à mon côté femme. Mais peut-être aussi la féminité de ma mère, le regard de mon père. Déjà la petite fille, elle voit sa mère, elle voit le regard de son père regarder sa mère : y'a déjà de la femme, y'a de l'homme puisque c'est très lié… enfin, dans notre culture. » Hélène Soun, 52 ans, thérapeute.

Koinai : À quel âge vous êtes-vous sentie femme ? À quel âge ? _C’est difficile… Oh, c’est autour de… Ça se passe entre seize ans et vingt-six ans, c’est… Ça peut être des moments à l’adolescence où là on sent que y’a quelque chose de la femme, mais c’est pas un état permanent parce que c’est encore un peu l’adolescence, c’est encore un peu jeune adulte, et puis, petit à petit, c’est une identité. J’ai plus (...)



L’argent de mon assurance

Être son propre patron

« Sentie femme ? Ah bon ! Bè… depuis que j'ai vu mes enfants grandir. Voilà, les enfants oui ; c'est une responsabilité, hein ! Et je sais pas si… après ils sont reconnaissants. Je sais pas. Moi je trouve plus de douceur si c'est une fille… un garçon… heu… C'est surtout le garçon, je trouve beaucoup plus doux que la fille. » Chantal, 53 ans.

Koinai : Quel genre de femme êtes-vous ? Quel genre de femme ? _Je suis une battante, hè. Oh ! j’adore travailler. Malheureusement, à la suite d’une agression donc, je suis sur le fauteuil roulant, mais si jamais j’ai de l’argent _parce que j’attends de l’argent de mon assurance_ eh bè, je vous jure que je créerai un commerce. Je ferai une création de quelque chose. Ça c’est sûr, hè ! c’est une (...)



L’enfant de Dieu

Jeune fille-jeune mère

« Je me suis vue que j'étais plus vierge et j'ai couché avec un homme et c'est là que je me suis vue que j'étais plus une petite fille, là je suis une femme. » Siti, 18 ans.

Koinai : À quelle âge êtes-vous tombée enceinte ? À seize ans je suis tombée enceinte, mon fils il est né à dix-sept ans, j’avais seize ans et demi. K : Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que vous alliez devenir maman ? Ben, j’étais contente et j’étais fière de moi d’avoir un garçon, un bébé comme lui. J’étais très heureuse. K : Depuis quand désirez-vous être mère ? Moi je voulais avoir un (...)



Les pierres précieuses

Trois mariages et sept enfants

« Alors moi, je me suis vraiment sentie femme… C'est même pas à la naissance de mon premier enfant, j'avais dix-huit ans ; je me suis mariée à seize ans. Quand ma fille est née j'avais vingt ans. Je sais pas, je crois que c'est vers les vingt-six ans. Je sais, ça peut paraître bizarre. Mais tout d'un coup, j'ai trouvé que mes enfants étaient grands, et que j'étais devenue une dame, surtout quand le plus jeune est rentré à l'école primaire quand il a eu six ans. » Chantal Eymon, 58 ans, propriétaire du bar Paris Palace à Marseille.

Koinai : Faire des enfants tôt, c’était pour acquérir un statut d’adulte ? Non, c’était pour avoir des enfants. Je suis fille unique, mes parents étaient enfants uniques. J’ai toujours été gâtée, j’avais aucun problème, au contraire, et disons comme j’étais un peu grande de taille et en avance pour mon âge, mes copines étaient mariées, eh bien moi aussi. J’ai surtout voulu avoir des enfants, et j’en ai eu (...)



La plus heureuse

« Femme c'est… à vingt-cinq ans. Oui, quand je me suis mariée. C'est là où je me sentais vraiment femme. Je suis pas la femme… C'est vrai qu'y a des femmes arabes _ bon j'ai le droit de dire ça, ouais ?_ que toujours ils sont là en train de surveiller leur mari ; ils leur donnent pas dès le départ la confiance, toujours ils courent derrière lui. Toujours ! Alors, à ce compte-là, elle le laisse à la maison, elle lui met la robe longue et le tablier et elle le laisse travailler ! Et oui ! Il faut que dès le départ ils ont la confiance. Moi dès le départ, le jour de mon mariage, j'ai donné la confiance à mon mari. Et c'est très bien ainsi. » Farida, 38 ans.

Koinai : Quel genre de femme êtes-vous ? Ben je suis une femme à maman, j’ai des enfants, je m’occupe beaucoup de mes enfants, je travaille, je suis une femme de maison et une mère au foyer. Je travaille aussi. Voilà. K : Quelle femme rêviez-vous d’être ? Ce que je suis ; voilà ouais. J’ai toujours aimé d’être comme ça, ouais. Je suis mariée, ça fait dix-huit ans de mariage, et j’ai trois enfants et je (...)



Le complexe d’Adam

Celle qui voulait être celui

« J'ai eu du mal, j'ai eu du mal à m'accepter en tant que femme. Ça vient peut-être aussi de mon prénom hein ! Mon prénom, j'ai eu du mal à l'accepter gamine, parce que "Ève" eh ben c'est le symbole de la femme, voilà. C'est la première femme dans la religion catholique qui… C'est celle qui a porté le péché, le péché originel ! Il faut se le trimballer ce prénom. C'est peut-être à cause de mon prénom que j'ai pas accepté le regard de l'homme… C'est surtout la maternité qui m'a fait changer, qui m'a fait me considérer différemment. » Ève Debou, 49 ans et demi, conseillère en économie sociale et familiale.

Koinai : Quand vous êtes-vous dit que vous étiez une femme ? Quand je me suis dit ça ? Eh ben, y’a pas longtemps, y’a pas longtemps du tout. Vraiment une femme… J’ai eu plusieurs étapes parce que quand j’étais gamine, quand j’étais ado, je refusais d’être une femme. J’aurais préféré être un garçon parce que j’étais très axée sur le sport, sur les sports à risque. Puis c’était l’époque de la libération (...)


Gardienne du flambeau

« Je me suis sentie femme le jour où j'ai quitté ma famille. La majorité venait juste de passer à dix-huit ans et je venais juste d'avoir dix-huit ans. Trois ans de moins, c'était bien ! J'ai pris mon indépendance. Je la prends encore même si j'ai un conjoint. On est indépendant tous les deux, même si on est ensemble. Je me permets de faire… » Marie-Claude, 48 ans, enseignante.

Koinai : Quelles sont vos origines ? Oh ! Difficile à dire ! Je suis née au Sénégal. J’étais très petite, j’avais cinq ans, on est rentré pour des raisons de santé de mon père. On pensait y retourner, mais en fait c’était un cas très important. J’y suis retournée en voyage c’est tout. Ensuite, en France, on a déménagé régulièrement parce que mon père était régulièrement au chômage, pour retrouver un emploi. (...)



Le ça qu’on a nous

Moi, je m'appelle Kheira ; le nom de famille ? Mersali. Et mon âge ? En 1924, le 18 septembre. Moi je suis originaire de Mostaganem mais j'ai été élevée à Oran. J'ai tout fait pour venir en France ; j'avais une maison en Algérie, j'avais tout mais j'ai tout laissé pour rentrer en France, pour être plus libre. En France, on dit "…la france…", mais la France on a plus de liberté quand même : liberté d'aller travailler, de vivre, de gagner sa vie, d'avoir une maison. La liberté pour vivre et avoir ça qu'on veut. Une femme ? Moi, à l'âge de quinze ans : j'ai pris le pouvoir. J'étais obligée de m'en sortir…

Koinai : Et c’est quoi pour vous être une femme ? Une femme, elle a beaucoup de choses la femme. Y’a beaucoup de choses, je peux pas vous expliquer le ça qu’on a nous. C’est une richesse, mais les hommes ils veulent pas qu’on montre notre pouvoir, qu’on développe ça. Ils veulent qu’on soit toujours à leurs pieds. C’est ça : notre pouvoir il est toujours par un homme écrasé. Mais nous on est plus (...)


4,2 kilos de différence

Je m'appelle Houda. J'ai 25 ans. J'ai mon premier bébé. Il a un an. Il s'appelle Rayan. Dans notre religion on parle plus de mères : "Le paradis est sous leurs pieds". Parce que déjà jeune fille on a les règles douloureuses. Elle souffrent… En plus les maladies… Elle est là, elle doit obéir. Elle a des rôles, elle donne le sein. Vous voyez, moi, j'ai un rôle auprès de mon bébé : je vais former un homme ou une femme qui va faire quelque chose pour le pays.

Koinai : Le couple est-il pour vous un idéal de petite fille ? J’ai jamais voulu me marier. Parce que en regardant les autres souffrir comme ça, les femmes qui restent à la maison, qui fassent le ménage, qui fassent le manger, qui attendent le mari qui rentre à la maison, et puis le reste, vous connaissez : le lit naninanani… Ça va, avec mon mari je vis pas ça, je fais pas la routine. Déjà il (...)



"Mauvaise épouse, bon professeur"

« Ma mère n'a jamais travaillé. Quand j'étais petite, j'ai entendu _ j'ai un souvenir précis_ ma mère dire à mon père : "Georges, je n'ai plus d'argent, tu pourrais me donner ma semaine ?" Il disait : "Oh l'argent, tu crois que je le fabrique ?" Il devait pas en avoir non plus, ou il voulait pas en donner, je sais pas, et j'avais honte pour ma mère, et je m'étais dit : "Moi il faudra pas que ça m'arrive." Même si j'avais des coups au coeur, ma vie était axée pour réussir, bien travailler, être autonome financièrement. J'ai été nommée professeur à Gap. Ensuite je suis venue à Marseille, pour suivre mon ex-mari. J'ai été d'abord professeur au lycée Longchamp, et puis au lycée Nord. » Odile Hartmann-Mondon, 68 ans, membre de Radio Galère.

J’ai fait mes études à Valence, dans une école privée tenue par des trinitaires. Il y avait pas que des sœurs, il y avait aussi des laïcs. Dans ma famille, les garçons allaient au lycée et les filles dans l’école privée. J’ai donc une éducation très stricte, mais en même temps, je dois le dire, il y avait des enseignantes qui avaient un esprit très ouvert. Et je dois dire que je n’ai pas eu à ce moment-là, (...)


À l’école des filles !

« Vers 1935… Ça fait un bail, ma foi ! J'avais 24 ans. La femme commençait déjà à prendre beaucoup de place… à s'occuper de beaucoup plus de choses qu'auparavant. On commençait à vivre tout à fait différemment. La femme prenait un peu plus de liberté dans tous les domaines, notamment par le travail. Avant elle était beaucoup plus chez elle. » Marthe Payrons, 95 ans.

Koinai : L’éducation des filles était-elle très différente ? Oh oui ! De toutes façons, de tous temps les garçons regardaient les filles, et les filles regardaient les garçons. Avec des yeux d’enfants, des yeux de jeunes et des yeux d’hommes et de femmes. Il y avait l’école des garçons d’un côté et l’école des filles était un peu plus loin. Y’en avait qui avaient des frères alors… elles étaient plus près des (...)


Première appariton : 1968

Je m'appelle Jacqueline Moues. J'ai 52 ans. Je suis d'origine du Cameroun. Aux femmes… Alors qu'est-ce que j'adresserais comme… ? Qu'est-ce que j'adresserais comme message… ?_ Moi je dirais aux femmes de continuer à avancer comme elles le font, c'est déjà un bon départ et… je crois que l'avenir nous appartient, voilà.

Koinai : Quelle est votre vision de la femme d’aujourd’hui ? La vision de la femme aujourd’hui… ? Je pense, je trouve que les femmes sont suffisamment aidées et bien ; elles ont été bien comprises par la société et surtout par les hommes. Et que c’est une bonne chose, et que c’est une bonne avancée pour les femmes. Bien sûr, elles ont lutté les femmes, elles ont toujours lutté hein ! Depuis… Je (...)


"Vision d’art… monie"

Trentenaire

« Oh la la, j'ai reçu une éducation, on va dire, classique dans une famille maghrébine, c'est-à-dire une éducation où la femme est différente de l'homme, où il fallait être pratiquant, une éducation qui à tout point de vue m'a révoltée dès mon adolescence. C'était l'éducation qu'on donnait aux femmes en France dans les années 40-50 : la femme à la cuisine, et cetera, et cetera, une image très simpliste. » Fathia Le Gouët, 34 ans, mariée, sans enfant, enseignante.

Koinai : Quelle est votre formation professionnelle ? J’ai suivi un cursus traditionnel, j’ai fait des études de lettres et voilà, je suis prof de français. Cette année j’étais au lycée Saint-Exupéry. Pour la rentrée j’ne sais pas encore, j’attends mon affectation. Comme je débute tout juste une carrière, pour l’instant je n’ai pas une grande expérience. J’fais un métier qui m’plaît et qui m’permet (...)


Allons voir si la rose…

« Je m'appelle Sovanny, c'est un prénom d'origine cambodgienne. J'ai 21 ans, et à cet âge ben… je suis entre la jeune femme _ je pense _ et la femme. Mais, non, je ne me sens pas encore du tout femme. Je suis étudiante en école de commerce à Troyes. Ben… j'espère avoir un bon boulot dans le secteur de la gestion finance et puis comme toutes les filles, être mariée, avoir des enfants et puis… ça sera déjà pas mal. »

Koinai : Comment s’est passé le passage de l’adolescence à l’âge adulte ? Ça s’est fait naturellement. Mais c’est vrai que c’est quand j’ai quitté le cocon familial que je me suis le plus sentie adulte parce que j’avais mon appart, j’étais loin de ma famille et que je devais me faire à manger toute seule, la cuisine toute seule, le repassage… et là, je me suis sentie plus adulte, parce que j’avais plus de (...)


Pour Candice

Trentenaire

« À la naissance de ma fille, quand j'ai eu Candice et des responsabilités et un enfant à charge, je me suis sentie heu… oui : femme. Et, le fait de rester au foyer m'a donné la possibilité de faire quelque chose pour moi. Donc là, dans deux ans, j'ai le métier que je veux, je vais travailler avec des enfants et je serai, on va dire "épanouie" au point de vue professionnel parce que c'est vrai, j'ai jamais fait ce que je voulais vraiment. Je m'appelle Christelle et j'ai trente six ans ».

Koinai : Quel a été votre parcours au niveau de vos études et professionnel ? J’ai un Bac A2, c’est Lettres et Langues. Après j’ai fait des études de lettres modernes, j’ai une maîtrise de lettres modernes et après mes études j’ai travaillé. En fait j’ai passé des concours qui n’ont pas abouti, je voulais être institutrice. Après j’ai eu Candice alors j’ai travaillé dans le commerce et j’ai fait vendeuse de (...)



"Je ne céderai jamais"

« Aujourd'hui être une femme c'est quand même se battre. Faut essayer de trouver sa place. Moi, j'vis pas en couple, j'n'ai pas d'enfant, mais c'est quand même difficile. Moi je suis opératrice mais on fait de plus en plus de manutention. Ouais, c'est difficile. Si j'ai une faiblesse sur mon poste de travail, on va m'dire : "Vous les femmes vous voulez l'égalité…" Mais j'ai jamais dit ça, simplement je veux qu'on me laisse travailler, m'exprimer et ça on me laisse pas. » Yamina, 43 ans, technicienne administrative.

Koinai : À quel âge êtes-vous entrée dans votre peau de femme ? Quand j’ai commencé un p’tit peu à travailler et quand j’ai commencé à vivre seule. K : Quel type de femme êtes-vous ? Ben, moi je suis une femme de la vie de tous les jours. J’essaye en fait d’être une femme un peu libre, c’est-à-dire faire c’que j’ai envie quand j’ai envie, mais au travail c’est un peu difficile. J’essaie de trouver ma place (...)



"Donc merci maman quoi !"

« Je suis devenue féministe le jour où ma mère a donné du beurre et de la confiture à mon frère et nous a refusé à nous. J'avais huit ans, et ça a été le début du féminisme, parce que je voyais que les mères elles élevaient différemment leurs filles que leurs garçons. D'ailleurs c'est prouvé ; je sais pas si c'est Dolto qui dit que "les garçons sont baignés huit minutes de plus que les filles". Donc j'ai eu une révolte, ça a été le début de ma rébellion. » Monique Doehr, 60 ans, comptable, à quatre jours de la retraite.

Je suis comptable de formation. J’ai un BTS de comptabilité ; j’ai fait également _c’est là où ma vie a commencé à être tordue_ une formation universitaire. Donc j’ai ma maîtrise en sciences économiques qui ne m’a jamais servi à rien. Pendant la période où j’étais à la fac, j’avais pas d’argent donc j’enseignais comme professeur de mathématiques financières dans des écoles privées, je faisais des tutorats à (...)



"Priorité Les Enfants"

« Ça fonctionne très bien de travailler entre femmes, très bien oui, très très bien ! On se passe des hommes ! On abandonne les nôtres, qui sont… qui restent à la maison _le mien est à la retraite_ et puis voilà quoi. Bon, c'est comme partout hein ! Des fois y'a un peu des petits coups de gueule, tout ça, mais c'est toujours resté dans l'amitié, l'amitié a toujours été prioritaire dans notre travail. » Colette Pastor

Koinai : Comment conciliez-vous vie familiale et vie professionnelle ? Oh, bè bien ! Normalement hè !… C’est-à-dire, bon, y’a beaucoup plus de travail, le matin je m’en vais, le soir je rentre je suis un peu fatiguée, bon, il faut assumer les tâches ménagères, mais enfin j’ai un mari qui m’aide énormément maintenant puisqu’il est à la retraite alors il a que ça à faire ! C’est lui qui reste à la maison et (...)



"… Qu’chuis belle"

« Il faut montrer qu'on est une femme et qu'on est importante dans la vie, c'est tout. Être quelqu'un qui se fait respecter, qui fait attention à soi, qui a des valeurs, qui ne se laisse pas tomber. Depuis que j'ai mon enfant, j'ai grandi plus vite, parce qu'avant j'étais une gamine, je faisais des petites bêtises et tout ça et… avec mon fils j'ai évolué plus vite. Je me sens plus grande. » Stella Le Bihan, dix-sept ans, future marin pompier.

Koinai : Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre grossesse ? Ben j’étais un peu surprise parce que ça a été un accident. J’avais seize ans, j’étais dans un foyer de jeunes enfants en fait. Je ne désirais pas être mère maintenant, je voulais attendre d’avoir fait mes études et puis l’accident est venu. J’ai pas trop réagi sur le coup, mais je l’ai bien pris par le temps d’la grossesse des neuf mois en (...)



"Notre société est masculin"

« Moi j'ai l'impression que la femme hollandaise, elle est quand même, dans sa tête, elle est plus libre, elle a un chemin, un terrain de liberté plus grand que la femme française. Je pense que la femme française, elle travaille peut-être plus_ Là, je parle des femmes avec des enfants. Déjà en France, ne pas avoir des enfants en étant femme, c'est presque impossible à s'imaginer. » Julia Schouten, quarante-deux ans-mariée-deux-enfants. Allégations néerlandaises.

À Hollande si tu as des copines qui décident de pas avoir des enfants, on n’est pas bizarre, je veux dire, c’est une femme tout à fait épanouie qui a décidé de ne pas avoir des enfants. En France, ça reste quand même hyper traditionnel à ce niveau-là, une femme, elle est là pour avoir des enfants, ça c’est une vision classique très très... oui française ou méditerranéenne ou je sais pas, en tout cas... K (...)



Les saintes vierges

Marie-Noëlle, 60 ans, est puéricultrice à Marseille dans un centre maternel pour très jeunes mamans et leurs bébés. Depuis vingt ans elle accompagne ces parentes isolées sur le chemin de l'autonomie. Dans ce foyer n'incluant pas les hommes, elle insiste sur la nécessité d'intégrer le père, quand il se fait connaître. Pour que les femmes ne soient plus victimes de la volonté du Saint-Esprit...

Koinai : Quel a été votre parcours professionnel ? J’ai commencé à travailler comme rééducatrice pendant six ans dans un centre d’enfants infirmes moteur cérébral. Ensuite, j’ai travaillé en Algérie pendant deux ans. Je suis venue en France en catastrophe parce que j’ai eu deux jumeaux prématurés, et ensuite j’ai eu quatre enfants donc je me suis arrêtée de travailler pendant une douzaine d’années pour (...)



Leurs gestes de beauté

« À Marseille depuis quinze ans, j'ai fait les Beaux Arts. J'ai un peu travaillé dans les associations et dernièrement j'ai passé un CAP horticulteur : je suis jardinière. Lors de la recherche d'emploi j'ai eu des refus du fait que je sois une femme, notamment à cause de la force physique. En plus je suis un petit gabarit, donc je me vante pas de faire des murs de pierres, je serais pas capable. Donc, voilà, je baisse la garde. » Nathalie Lebozec, trentenaire indépendante... mais financièrement.

Koinai : "Jardinière", métier masculin ou féminin ? Dans les espaces verts c’est sûr qu’il y a beaucoup plus d’hommes. Par contre c’est un métier qui se féminise, ça c’est certain. De toute façon les espaces verts ça englobe plusieurs métiers. Donc y’en a des plus ou moins compliqués, physiquement durs. L’activité des jardiniers comporte une partie physique et une partie plus minutieuse. Mais après, c’est (...)



Une femme "en chantée"

Aubades masculines pour leurs beaux yeux

On en aura fait couler de l’encre, nous les femmes. Celles-là même qui ont fait chavirer des coeurs, fait couler des larmes, crier de bonheur, hurler de joie. En fait, nous sommes au centre du monde, et utiles à l’homme bien plus qu’il ne l’admet ! Prétentieuse direz-vous ! Eh bien, non ! Pour preuve : combien d’hommes, ivres d’amour, ont couché sur leur cahier, à défaut de la coucher elle, des (...)


Combattantes aux créneaux

Trente ans de luttes sur tous les fronts !

"Traces, mémoires, histoire des mouvements de femmes de l'immigration" est une exposition itinérante réalisée par l'Association des Tunisiens de France (ATF). Elle retrace sur trente années, de 1970 à 2000, l'action collective des femmes étrangères exilées, immigrées ou issues de l'immigration : Africaines, Maghrébines, Asiatiques, Sud-Américaines... Toutes ont en commun d'avoir commencé à manifester, au cours de ces années, pour défendre leurs droits en France et dans leurs pays d'origine.

1970-1981 : Le temps des pionnières C’est dans les années 1970 que, pour la première fois, les femmes immigrées descendent dans la rue et revendiquent leurs droits officiellement. En 1971, Laurete Fonseca, mère portugaise de cinq enfants, manifeste avec les habitants portugais du bidonville de Massy (Essonne) pour obtenir leur relogement. Le guide raconte : "Tant qu’on a eu besoin d’eux, on les (...)


La liberté, c’est de choisir sa vie

Pour Claude, 56 ans, qui vit seule dans le quartier du Panier, un quartier "pauvre", la liberté, c'est de pouvoir mener sa vie sans se la faire imposer. Pour elle, les femmes d'aujourd'hui n'ont qu'une semi-liberté, que la société et l'éducation n'aident pas à faire aboutir.

K : Pour vous, c’est quoi " être une femme" ? C’est d’être à part entière, avec les mêmes droits que les hommes, les mêmes façons de penser, la même intelligence. Malheureusement, la femme n’est qu’une chose, c’est souvent ce que les hommes pensent. Et je le déplore. C’est difficile de combattre, même si on a les mêmes droits sur un plan juridique ou civil. L’homme ne nous les donne pas dans la réalité. La (...)


Les 2 moiselles de Marseille

Pour Karine, vingt ans, et Valériane, vingt-et-un ans, toutes deux inscrites en deuxième année de droit à la faculté d'Aix-Marseille, l'argent reste indispensable dans le couple. Mais pour Valériane, gagner un revenu plus élevé que celui de son mari paraît anormal dans la mesure où cela risque de susciter un complexe d'infériorité chez l'homme. Les deux filles donnent aussi leurs sentiments sur l'épanouissement de la femme et sur le couple.

Koinai : Qu’attendez vous des échanges affectifs avec un homme ? Valérianne : La plénitude, le bien être ! Ils aident la femme à se construire. Malgré cela, certaines prétendent être épanouies en vivant seules. Peut être qu’elles le sont en réalité... Karine : Les échanges affectifs sont un plus qui aide à garder confiance en soi. Moi, j’ai besoin de me sentir aimée, d’avoir un équilibre affectif pour me (...)



Égalité des sexes : l’avenir à reculons

Sabine, âgée de 52 ans, est mère d'un fils de 28 ans. Elle dirige le Centre d'Orientation, de Documentation et d'Information des Femmes (le CODIF), une association qui aide et protège les femmes. Son expérience professionnelle nourrit au quotidien sa réflexion sur le statut de la femme.

Koinai : Que représente pour vous la femme ? Moi-même déjà, puisque j’appartiens à ce sexe biologique. Actuellement, par le biais de mon travail, j’entends et vois une personne qui prend en charge beaucoup de choses tant dans les pays développés que dans ceux qu’on appelle sous-développés. Je pense que les femmes portent en elles l’évolution et le maintien de la société. Ce sont elles qui, (...)


Une émancipation maîtrisée

Portrait chinois d'une jeunesse de 21 ans venue d'Afrique pour étudier. Tout sur la vier, l'amour, l'argent, le travail...

Vingt-et-un ans... À vingt-et-un ans, je me sens déjà mûre, j’ai les pieds sur terre. Je ne sors pas beaucoup, je travaille pour subvenir à mes besoins et pour payer mes études. Cela est peut-être lié à mon éducation. Une projection dans le futur... Dans trente ans ? Je suis certaine d’une chose, c’est que je serai très grosse. Ma mère l’était et je sais que je suivrai. J’aimerais me marier avec un (...)



Il faut être deux pour vivre

Claire est une buraliste âgée de 48 ans. Elle travaille aux côtés de son mari, ce qui ne l'empêche pas de s'investir dans son rôle de mère.

K : Que représente pour vous la femme ? Pour moi être une femme c’est tout assumer à la fois : les enfants, les repas, le travail, et même rembourser un crédit avec son mari sur un appartement ou une voiture. K : Pensez-vous qu’il y ait entre les deux sexes, des inégalités ? Oui, bien sûr il existe toujours des inégalités. D’abord dans le foyer, l’homme en rentrant à la maison n’a apparemment plus (...)



La condition féminine chez Molière

Mes collègues ayant déjà rassemblé de nombreux témoignages sur la thématique "la femme", je n'ai pas résisté à la tentation de laisser s'exprimer à ce sujet toute une galerie de personnages créés par l'illustre Molière il y a quatre siècles de cela, tant leurs propos semblent encore d'actualité, dans leurs excès comme dans leurs nuances. Sous Louis XIV comme aujourd'hui, la mysoginie, le féminisme, ainsi que l'ouverture d'esprit avaient cours.

Pour Gorgibus, un bon bourgeois (Les Précieuses ridicules), "le mariage est une chose simple et sacrée", et "c’est faire en honnêtes gens que de débuter par là" [8]. Magdelon, sa fille, estime au contraire que "le mariage ne doit jamais arriver qu’après les autres aventures" [9]. Elle attend d’un amant qu’il "sache débiter les beaux sentiments, pousser le doux, le tendre et le passionné, et que sa (...)


Un F2 pour France et la rue pour Nikita

Pour France, l'idéal féminin, c'est la bonne épouse à la maison qui s'occupe de ses enfants. Malheureusement, la vie ne lui a réservé que souffrance et misère : France est à la rue depuis son plus jeune âge. Elle se trouve plus forte dans sa tête qu'un homme. Car dehors, les différences ne tiennent plus, les règles sont les mêmes pour tous.

Koinaï : Quel est votre parcours ? Je ne suis pas une SDF, mais une SDC c’est-à-dire sans domicile connu. J’ai travaillé pendant vingt-cinq ans en tant que gestionnaire dans une société. J’ai été aide-comptable, secrétaire et standardiste, puis je me suis mariée. J’ai fait ma fille dans le dos de mon mari parce qu’il n’aimait pas les enfants. J’ai travaillé uniquement pour elle et je gagnais bien ma (...)


Framboise

Framboise, 49 ans, célibataire avec un enfant, donne ici son point de vue sur la femme.

Koinai : Pour vous, que représente la femme de nos jours ? Qu’est-ce pour vous être une femme ? La femme pour moi, c’est l’indépendance : faire ce qu’elle veut, bosser, ramener de l’argent à la maison, sans qu’elle soit obligée de se soumettre à son mari ou petit ami. Si elle a besoin de "bouger", du moment qu’elle s’assume, elle peut accéder à une liberté dans tout. Avoir son propre salaire et pouvoir (...)


Une expérience de la vie

Evelyne, cinquante et un an, est mariée depuis trente ans. Elle est grand-mère et travaille dans un Centre Interinstitutionnel de Bilans de Compétences. D'une grande lucidité, elle nous dessine le portrait de sa vie de femme. Pour elle, aucune ne ressemble à une autre...

Koinai : Pour vous, que représente la femme ? L’avenir de l’homme, parce que c’est elle qui met les enfants au monde. Forcément, elle a une projection dans le futur. D’ailleurs, les valeurs féminines sont en voie d’être reconnues. J’espère que ça va continuer comme ça. Notre société s’humanise. K : Qu’est-ce pour vous être une femme ? Déjà, c’est être moi-même. C’est un choix d’être une femme, parce qu’a (...)


La foi en soi

Célia, dix-huit ans, étudiante en deuxième année de médecine à l'hôpital de la Timone, envisage avec sérénité son avenir aussi bien professionnel que familial. Son but : exercer un métier passionnant, accorder la priorité aux siens et vivre selon les préceptes de la religion catholique.

" Je suis une femme, pas encore pleinement accomplie, mais je me sens femme". Célia habite avec ses parents, mais vit la semaine dans un studio, ce qui lui confère une autonomie et un minimum de responsabilités. Pourtant la jeune fille estime qu’elle n’a pas encore assez de maturité pour se sentir femme. Penserait-elle la même chose s’il lui arrivait maintenant d’avoir un enfant ? "Non", affirme (...)


Une liberté au-delà des frontières

Rencontre avec Zéliana, une jeune femme croate de trente ans, installée en France depuis deux ans. Elle a bien voulu dépasser sa timidité et défendre en français l'idée selon laquelle les hommes et les femmes ont les mêmes aspirations. Zéliana n'a pas de freins dans sa réflexion sur les gens. Elle considère que la femme a les mêmes droits et besoins fondamentaux que l'homme et qu'il est temps que les mentalités évoluent dans ce sens. Avec elle, nous pouvons tous espérer que nos enfants hériteront d'une civilisation plus engagée en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Koinai : Viviez-vous en ville ou dans un village avant de venir en France ? J’ai vécu à Split, une ville au bord de la mer Méditerranée. L’atmosphère dans laquelle je vivais, je l’ai un peu retrouvée ici, à Marseille. Là-bas, la vie se déroule plutôt dehors, dans les cafés, etc. Les gens communiquent beaucoup, se croisent, sont assez ouverts. Je faisais des études de droit. Je suis venue en France parce (...)


Forces dans sa faiblesse

"Doute t-on encore de notre origine ?"

Koinai : Pouvez-vous vous présenter ? Je m’appelle Sihem, j’ai 30 ans, je suis célibataire et laborantine. K : Pour vous, c’est quoi être une femme ? Comment ça ?! Doute t-on encore de notre origine ? Je suis un être humain. K : Qu’est-ce qui fait de vous une femme ? Mon physique, mes hormones, ma féminité et mon âme de femme. K : Comment vivez-vous le fait d’être une femme ? Très très bien, (...)


A l’échelle d’une vie

Ginette 56 ans, mariée, est infirmière à Marseille. Elle a "galéré" professionnellement pour atteindre son but. Des petits boulots au poste qu'elle occupe actuellement, elle a gravi sans faillir toutes les marches !

Koinai est représenté par Nathalie. Koinai : Qu’ est-ce pour vous être une femme ? Ginette : La femme représente beaucoup. C’est elle un jour qui mènera le monde. K : Pensez-vous qu’il y ait des inégalités entre les hommes et les femmes ? G : Il y a des inégalités parce que les hommes n’acceptent pas que les femmes soient leurs égales. Ils veulent se sentir supérieurs aux femmes. Mais, plus ça ira, (...)


Une femme indépendante

Julie a 31 ans. Elle est formatrice dans une association. Son état d'esprit repose sur son parcours de vie et son discours va dans le sens d'une égalité homme-femme, dans laquelle elle se positionne néanmoins avec une certaine part de masculinité...

Koinaï : Pour vous, c’est quoi être une femme ? Une femme, biologiquement, est distincte de l’homme par son aspect physique. Socialement, ça dépend où ça se passe. Une femme en Occident ne sera pas la même qu’une femme en Afrique ou en Asie. Suivant le milieu, à la campagne ou en ville, c’est variable. On ne peut pas généraliser. La formule "la femme" ne veut pas dire grand chose. Oui, après, une femme (...)


Une femme qui aide les femmes

Ex-conseillère conjugale, Marie-Jo est aujourd'hui diplômée en psychologie. Elle cumule un poste au service d'écoute téléphonique auprès de Drogues Info Service, où elle renseigne autant les personnes toxicomanes et leur entourage que des individus en quête d'informations. Marie-Jo travaille aussi au sein d'une "maison ouverte" créée par F. Dolto, un lieu d'accueil parents-enfants. Par ailleurs, elle exerce dans son propre cabinet. D'emplois en formations, elle est parvenue, grâce à son dynamisme, à trouver sa voie.

Koinai : Votre travail vous plaît-il ? Oui. J’ai mis du temps à exercer puisque lorsque je suis arrivée à Marseille, j’avais à peine 18 ans. J’ai fait des études de lettres, jusqu’au DEUG. Je n’étais pas vraiment passionnée... Puis, j’ai trouvé du travail en tant qu’éducatrice, alors, je suis partie dans les Alpes Maritimes, où j’ai exercé ce métier pendant trois ou quatre ans. Quand cela ne m’a plus (...)


Il faut que chacun reste sur sa position

Koinai est représenté par Sohad K : Pouvez-vous vous présenter ? Abdel : Je m’appelle Siad Abdel... surnommé Kamel. J’ai 50 ans, je suis marié, j’ai quatre enfants. Aujourd’hui je me sens... pas en forme. Je n’oublierai jamais... mes enfants. Il faut que j’arrête de... d’être au chômage. Le bonheur c’est simple... pas si simple qu’on le croit. Je suis fier de... d’être un homme qui s’appelle Siad. (...)


Des formes et des valeurs

Feïrouz, 19 ans, est lycéenne. Elle passe son B.E.P comptabilité. "De nos jours, il y a des mamans de 15 ans, alors qu'elles sont encore immatures. Je pense qu'il me faudrait un peu plus de temps et de sagesse, pour vraiment être mature." Feïrouz est sensée et intelligente, on sent, dans ses propos, qu'elle s'est déjà formée une carapace vis-à-vis des hommes...

K : Dans quelle mesure les échanges affectifs sont-ils nécessaires à l’épanouissement d’une femme ? Je pense que la femme a besoin d’affection pour pouvoir avancer dans la vie, pour être mieux dans sa peau, pour être, comment dire... Pour se sentir invincible, protégée, et c’est quelque chose de très important pour une femme. K : Comment exprimes-tu tes sentiments vis-à-vis d’un homme ? J’ai jamais pu (...)


Une femme qui sait se gérer

"Il faut savoir être présente dans les moments difficiles et les moins bons."

Koinai : Pouvez-vous vous présenter ? Je m’apelle Rugo, je suis d’origine antillaise, je travaille à l’ANPE et je suis mère d’un enfant de cinq ans. K : Pour vous, c’est quoi être une femme ? Être une mère, travailler, s’occuper de plusieurs tâches à la fois et en peu de temps. K : Qu’est-ce qui fait de vous une femme ? La maternité, et le fait d’être sûre de soi. K : Comment vivez vous ce sentiment (...)


Je remercie Dieu d’être venue en France

Houria a 45 ans. Elle a fui la violence et la misère économique de l'Algérie. Il y a six ans de cela, elle est partie avec son mari et ses enfants, pour construire une vie meilleure. Aujourd'hui, elle est heureuse de vivre en France avec sa famille, et nous raconte son quotidien de femme, même si elle rencontre des difficultés sociales et professionnelles dues à son analphabétisme...

Koinai : Comment passez-vous vos journées ? Je passe mes journées avec mes enfants et je fais les commissions. Le matin, je vais avec mon mari faire les papiers et quand on revient, je prépare le déjeuner pour mes enfants. L’après-midi, je vais chercher mes enfants à l’école, je fais le dîner. Je passe mes journées entre mes enfants et les papiers... K : Aimez-vous vivre ici en France et pourquoi ? (...)


Annie ou la persévérance

Annie est secrétaire. A 54 ans, elle est mariée, mère de deux enfants et grand-mère de deux petits garçons. Pour elle, l'existence des femmes a évolué...

Koinai : Que représente la femme pour vous de nos jours ? De nos jours les conditions de la femme ont évolué par rapport aux années 60. Elle est plus libérée, plus indépendante. En général, un grand nombre de femmes travaillent, s’assument et il y a beaucoup de femmes seules aussi qui s’assument après avoir élevé leurs enfants. Elles essaient de retrouver une activité professionnelle. Des femmes suivent (...)


Haute fidélité

Lucienne a 60 ans. Elle est séparée de son mari depuis cinq ans. Après cette séparation, sa vie est devenue très difficile. Elle a deux enfants et une petite-fille, qu'elle élève depuis sa naissance. "J'ai donc eu trois enfants", dit-elle avec fierté...

Koinai : Que représente la femme pour vous ? Depuis la nuit des temps, ça a toujours été dans un sens, l’esclave de l’homme. On donne beaucoup, pour peu de récompense. Il faut travailler, il faut assumer le dedans, le dehors, et votre compagnon, au bout de quelques années, n’est jamais satisfait de la vie que vous lui avez donnée. K : Qu’est-ce pour vous être une femme ? Être une femme ? C’est (...)


La vie managée de Jacqueline

Jacqueline, 59 ans, devenue veuve, reprend seule la direction d'une entreprise en bâtiment. Après avoir " managé " l'éducation et la réussite sociale de ses trois filles, elle brise sa solitude par des relations maternelles et amicales.

Koinai : Qu’est-ce qu’être une femme pour vous ? Être une femme ? C’est à peu près remplir trois rôles et c’est ce qui est très difficile à faire : maman, femme, femme d’affaires. Les trois ensemble, c’est très difficile à conjuguer. Donc il y en a toujours un qui est, disons, derrière. Pour moi, je pense en avoir rempli bien deux, et le troisième, beaucoup moins. K : Quel rôle par exemple ? Je dirais (...)


Une capacité à tout gérer

Nadia, femme courageuse de 45 ans, travaille en tant qu'employée de ménage, tous les matins à l'ouverture des bureaux et tous les soirs à leur fermeture, pour pallier les revenus insuffisants de son mari et les difficultés financières, qui ne cessent de s'alourdir avec le passage à l'euro. Le reste de la journée, elle s'occupe de son foyer et de ses enfants.

Une vie de femme : Ça fait 20 ans que je suis ici en France. J’aime bien ma personnalité, je suis une femme capable dehors et dedans. C’est un peu dur, mais il faut le faire, il faut y aller. J’aime bien ma personnalité, être une femme, parce que les femmes sont bien capables de tout faire, tous les boulots ! C’est vrai que c’est fatiguant, mais c’est la vie, on n’a pas choisi... En plus, on a des (...)


Les perspectives d’Agnès

Agnès est une femme active de 41 ans. Elle travaille dans le domaine de l'insertion professionnelle. Très engagée dans ce qu'elle fait, elle s'investit totalement dans la vie en général. Elle nous confie quelques passages de sa vie privée et professionnelle, sans oublier de donner son point de vue sur tout ce qui fait l'environnement d'une femme.

Koinai : Depuis combien de temps travaillez-vous ? Autour des 25 ans, ça fait 17 ans que je bosse, donc ça y est, tu vas savoir mon âge. J’ai pas commencé spécialement tôt, un petit peu avant, j’ai fait mes études. K : Travailler, c’est un choix personnel, lié à votre éducation ? Alors, par contre il y a quelque chose qui me gêne dans cette question, c’est quand on dit : "C’est un choix personnel". De (...)


Regard d’une femme à l’aube de ses 50 ans

Régine est stupéfaite que des questions comme l'égalité ou la mixité soient encore posées. Pour elle, ces questions devraient, au 21ème siècle, aller de soi, comme il serait si simple d'envisager la famille et le couple, c'est-à-dire un homme, une femme et des enfants, ainsi qu'une organisation familiale équitablement partagée. Chacun en est capable, le tout est de s'y mettre, ou de l'admettre...

Koinai : Pourriez-vous vous présenter ? Je suis déléguée à l’insertion socio-professionnelle depuis quelques mois. K : Que veut dire "la femme" pour vous ? Tout d’abord, c’est une personne. D’ailleurs, les femmes se sont battues depuis de nombreuses années et se battent encore, pour avoir droit à la reconnaissance en tant que personne à part entière, que ce soit en France ou ailleurs. Elles luttent (...)


Homme/femme : un rapport établi par la société...

Un rapport dans lequel Inès revendique avant tout une humanité

Aujourd’hui je me sens... pas en forme Je n’oublierais jamais... mon fils Il faut que j’arrête... d’être en retard Le bonheur c’est simple... c’est nous qui décidons de notre bonheur Quand je suis triste je suis... malheureuse Je suis fière... d’avoir réussi ou certains me prédisaient l’échec Le plus bel homme du monde c’est... mon fils Quand j’étais petite je croyais que... la vertue était pure (...)


On leur a donné le dernier mot... ça continue !

II- Confidences de femmes

On attendait avec impatience d'autres réponses venant de ces femmes surprenantes. Ne voulant pas rester sur notre faim, elles continuent de nous livrer des confidences sur d'autres points, tout aussi révélateurs... À vous de juger et d'en tirer bon parti. Mais surtout régalez-vous...

Je regrette de... Que nous livrent ces femmes à propos de leurs remords ? Bien souvent, elles regrettent un plan de carrière qu’elles pensent ne pas pouvoir atteindre pour des raisons d’études inachevées. Allons, il n’est jamais trop tard ! Pourquoi vouloir nous cacher leurs regrets, par peur d’être jugées ? Avec ou sans regret, il est toujours bon de faire le point pour avancer (n’est-ce pas (...)


On leur a donné le dernier mot

I- Confidences de femmes

Quatorze femmes, de tous âges et de tous horizons, ont joué avec nous le jeu du " dernier mot " : il s'agit de terminer des phrases dans lesquelles il manque le dernier mot. Grâce à ce jeu, elles nous ont révélé leur état d'esprit du jour avec beaucoup de sincérité. En les observant, pendant le remplissage du questionnaire, on remarque des sourires amusés. On peut trouver dans leurs réponses quelques confidences, parfois de la retenue et surtout beaucoup d'humour.

On ne peut pas dire que ces femmes fassent des confidences vraiment "croustillantes" ou un profond examen de conscience, mais il ressort de leurs réponses (courtes) une part d’elles-mêmes qui ne peut nous laisser indifférents. Les propos sont souvent frappants, avec une part "auto critique", et nous révèlent une part de leur intimité, de leur passé et de leurs projets. Lorsqu’elles nous donnent leur (...)


Portrait de quatre femmes

En devenir, épanouie, mère avant tout, pressée par la société...

Comment, de nos jours, les femmes arrivent-elles à assumer ces differentes dimensions (personnelle, familiale, sociale, professionnelle...) qui les concernent ? Pour le savoir, nous avons posé la question à quatre d'entre elles, qui n'hésitent pas à nous livrer plus qu'un message, un souhait unique, celui de la destinée de la femme, celui de devenir mère...Nous avons demandé à Sonia 23 ans, Moufida 31 ans, Nahalee 28 ans et Sohad 40 ans, ce que signifie être une femme aujourd'hui. Extraits choisis.

Koinai : Qu’est-ce qu’une femme pour toi ? Sonia : Une femme pour moi, je vais dire... c’est comme un processus, l’aboutissement, c’est les enfants... K : Donc tu n’es pas vraiment une femme, mais une femme qui va le devenir ? Oui. K : Tu n’as pas d’enfants ? Non. K : Tu as fait le projet d’en avoir ? Jusqu’à présent non... Je ne me vois pas en ce moment faire des enfants... K : Tu arrives à (...)


Les quatorze années perdues d’Amélie

Par amour, Amélie, 31 ans, a tout essayé pour sauver son couple durant quatorze ans. Son espoir et son énergie n'ont pas suffi. Bouleversée, cette femme a dû tout assumer : la maison, le travail et l'argent. Elle a pris conscience qu'elle avait la force mentale d'un homme, avec le physique d'une femme. Son réve reste de rencontrer un homme tel que Stallone...

Aujourd’hui, je me sens... en forme, ça va ! Je n’oublierai jamais... la famille. Le bonheur, c’est simple... comme bonjour ! Je suis fière... de moi. Le plus bel homme du monde c’est... Sylvester Stallone. Quand j’étais petite, je croyais que... la vie était rose. Les femmes sont... indispensables. Les hommes sont... rares sur le marché. Il n’a rien d’importance... sauf l’avenir. Dans ma (...)












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