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La revue du témoignage urbain

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Le tri arrive

« Pas de tri pour nous »

Trier pour le Salut : l’Armée en quête de containers

Faire le tri des déchets promis au recyclage ? D’accord, mais quand leur volume est conséquent, encore faut-il trouver l’équipement de contenance adéquat. À Bougainville, le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale William Booth bute sur l’obstacle : « On était prêts à faire le tri des déchets ! Ça se fait pas parce qu’il n’y a pas la logistique pour suivre. Ça sert à rien parce que de toute manière, on les met dans un container, on mélange tout. » Judith Dessy, responsable du service restauration.


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Koinai : Quels déchets produit votre structure ?
Ce sont des déchets au niveau de la restauration : des restes des plateaux, des cartons, des boîtes en fer, tout ce qui est en rapport avec la restauration. On a aussi quelques médicaments, mais c’est dans les poubelles spécifiques au niveau de l’infirmerie.

K : Quelle est votre capacité d’accueil ?
Cent personnes, en majorité hommes seuls et quelques couples dans nos studios. Notre établissement apporte à des personnes qui ont des problèmes de logement, psychologiques, physiques, un accompagnement pour une réinsertion au niveau social, médical... bref, un retour à l’autonomie.

K : Triez-vous les déchets au niveau de chaque service ?
Eh non, à part d’amener les gros objets à la déchèterie, on ne trie pas. À l’infirmerie, elle trie à son niveau mais la direction et moi, on a essayé, on a voulu le faire - on est très sensibilisés par le tri des déchets, par l’environnement - on s’est renseigné pour savoir s’il était possible de faire un tri pour qu’il y ait une valorisation des déchets. On a été voir tous les containers aux alentours, il y a une trop petite capacité par rapport aux déchets qu’on produit. On s’est renseigné au niveau de la mairie, qui nous ont renvoyés au service CPA parce que c’est la compétence de la Communauté du pays de Marseille, MPM. Et on a téléphoné à la CPA, il n’y a pas eu de suite donc ça se fait pas, on en est là. On ne peut pas trier.

K : À quelle heure sortez-vous vos poubelles ?
On sort les poubelles tous les jours vers 18h, et on les rentre les matins vers 8h.

K : Où et comment transportez-vous les déchets ?
On les met dans les containers et les gros objets, on les met dans un endroit et on les amène à la déchèterie. Je ne sais plus laquelle, c’est une déchèterie qui n’est très pas loin d’ici, dans le 3ème arrondissement.

K : Seriez-vous d’accord pour qu’une entreprise passe chercher les déchets ?
Oui, ça pourrait se faire ; simplement, il faut s’organiser : je n’ai pas envie non plus que le parking soit plein de déchets en attente pendant plusieurs jours, il faut que ce soit ramassé régulièrement. On le fait avec le pain dur, déjà ; dans le temps, on le gardait pour des personnes qui avaient des lapins ou des poules, les Restos du Cœur aussi, maintenant une association vient récupérer le pain dur tous les jours, on n’a pas à le stocker. Si c’est tous les jours ou tous les deux jours, pourquoi pas ?

K : Les pensionnaires sont sensibilisés à la question du tri ?
On peut les sensibiliser dans des ateliers, mais ça dépend plutôt du service éducatif. Ça me semble difficile de les sensibiliser alors qu’au niveau de la ville, ça se fait pas, quoi.

K : Informez-vous le personnel en matière de recyclage ?
Non, pas du tout ; c’était la volonté de la direction mais pour le moment, on n’a pas été plus loin parce qu’il n’y pas de tri pour nous, sur Marseille.

K : Il vous arrive de parler du tri des déchets avec des confrères ?
Oui, j’en ai discuté avec une chef de service, une travailleur social à Jane Pannier : elle fait tout un travail avec un réseau associatif sur les déchets verts, les déchets de fruits, de légumes, elle a mis en place un travail sur le compost et ça a l’air de commencer à fonctionner.

K : Connaissez-vous les matériaux recyclables ?
On a un minimum d’information, oui : il y a des déchets verts, on peut faire du compost, des déchets de carton, des verres, des boîtes en fer, parce on en utilise pas mal en restauration, les bouteilles en plastique - il n’y en a pas beaucoup - et quoi d’autre... du papier ?

K : Abordez-vous la question du tri sélectif avec votre entourage ?
Oui, c’est quand même un sujet de conversation, maintenant, qui s’entend autour de nous ; oui, on en parle.

K : Où cherchez-vous les informations sur le tri et le recyclage ?
Sur internet, dans les prospectus, et par rapport aux élections qui arrivent, on a pas mal d’information. Et aussi dans des réunions au niveau des mairies, j’ai participé à des réunions spécifiques sur l’environnement.

K : Connaissez-vous la réglementation, comme la loi du un pour un ?
Je ne sais pas si une loi est sortie mais dans notre quartier, ici à Marseille, dans le 3ème, il y a pas le tri de déchets en fonction... On reçoit des dons d’un supermarché, ça leur permet d’avoir moins de volume de déchets, parce qu’ils nous donnent des produits qui sont en limite de date d’expiration. Ils gagnent de l’argent parce que le tournage des déchets à débarrasser, pour eux c’est pas donné : je crois que c’est de l’ordre de plus de 100 € la tonne.

K : Le volume des déchets produits par le centre augmente ?
Je travaille ici depuis plus de dix ans et j’ai l’impression qu’il a augmenté un peu, ce n’est pas significatif, ce n’est pas énorme.

K : Comment réduire ses déchets ? Quels efforts pourriez-vous faire ?
Il faudrait plus qu’on reçoive de dons de Carrefour parce que dans les fruits et légumes, il y a beaucoup de tri à faire donc on a beaucoup de déchets, beaucoup de cartons. Il faudrait ne prendre que des légumes surgelés mais je ne suis pas d’accord non plus, nous on utilise des produits frais. On pourrait faire quelque chose à ce niveau, comme ça on pourrait réduire les déchets mais je vois pas comment...

K : Quelle évolution notez-vous sur le tri sélectif ?
Nous, on en a conscience, c’est au niveau de la ville, de MPM, quoi, il faut qu’ils se bougent !

K : Que suggérez-vous pour améliorer le tri et la collecte des déchets ?
Ce que je souhaiterais, c’est qu’on me dise : « La mairie d’ici, MPM, deux fois par semaine, on enlève les déchets cartonnés, le lendemain on enlève... » Nous, on peut s’organiser pour mettre les déchets sur le trottoir le jour-même, comme ça se passe dans les villes qui font le tri, à un niveau beaucoup plus... Ou qu’ils laissent des containers beaucoup plus importants où on puisse mettre tous nos déchets triés, mais bon, ça m’étonnerait !

K : Chez vous, triez-vous vos déchets ?
Chez nous, on habite une ville qui ne fait pas le tri de déchets, on ne trie pas. C’est Vitrolles.

Propos recueillis par Célestin Karéra le 06/03/08 ; rédaction : Odile Fourmillier.

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