
La poussière des engins, le bruit des machines, les trottoirs qui se déplacent, les terrasses qui disparaissent, les habitants qui partent, les consommateurs qui se perdent, les loyers qui augmentent… Les travaux euroméditérranée progressent devant les vitrines de la rue de la République. Points de vue.
Les gens rentrent avec les chaussures et tout...
Au n°36
Monique Jean occupe depuis cinq années le poste de responsable-adjointe, dans une supérette sise rue de la République. Depuis plus d’un an, les baraquements du grand chantier, montés sur trois niveaux, obstruent la vue. Elle fait part des changements qui ont atteint son activité depuis le démarrage du forage pour la construction du parking souterrain.
On est des pauvres commerçants
Au n° 26
« Chez moi, c’est du prêt-à-porter féminin classique, environ trente ans jusqu’à cinquante, soixante ans. J’attends les clients, quand on a un commerce c’est que les clients qui comptent ! On peut avoir de l’or, des diamants, si y a personne qui passe, ça sert à rien. De toutes façons cette rue elle était toujours en déficit au départ. C’est pas une rue commerçante. On gagnait notre vie pour pas se plaindre, sans plus. On pouvait payer. Mais avec ces travaux c’est la folie, quoi ! » Eliahou Assouline, patron d’Angie boutique depuis bientôt dix ans.
Fallait pas partir comme ça !
Au n°48
Madame Bouchiki a investi ses locaux rue de la République en 1995. Après deux ans de travaux, elle ouvrait enfin sa table au "Romarin". Aujourd’hui encore, après déjà dix ans d’exercice dans "la cuisine traditionnelle qui n’est pas robotisée", elle assure le service dans un cadre aussi reluisant qu’au premier jour.
Ce qui manque aujourd’hui, c’est des commerces, une vie, quoi !
Donc, est-ce que ces commerçants vont venir, est-ce qu’y vont pas venir, ça je sais pas. J’espère. Après, c’est le monde qui attire le monde... Les commerces suivant, tout le monde en tirera bénéfice. Après, est-ce que (...)
Beaucoup de dames viennent
« Je vais avoir des invités, je vais faire ceci-cela à manger. Qu’est ce que vous nous conseillez ? » Ce qui est intéressant c’est qu’on fait aussi un bon travail de caviste-conseil.
En trois ans, c’est le troisième propriétaire des locaux : P2C a possédé les locaux pendant deux ans. Puis elle a fait une opération purement de monopoly : elle a acheté en patrimoine, elle n’a rien fait, elle n’a pas (...)
L’âme populaire du quartier se perd
Je pense que c’est une excellente chose, malgré les nuisances que l’on subit depuis quelques mois. Il faut considérer les choses à long terme et ça ne peut être que bénéfique pour le quartier, pour Marseille, pour les (...)
C’est la loi du plus fort
Le symbole de la République »Égalité, fraternité« , c’est qu’un symbole. Mais sur le réel des choses, y’a rien ! On élimine le pauvre et on met le riche. C’est ça la politique de la Mairie en ce (...)
Ma foi, Gaudin il a dit : « Je vous rattraperai. » À mon avis : « Avec de l’argent, je vous le rattraperai. » Voilà ce qu’il a voulu dire. Et donc on va récupérer la terrasse, on va gagner cinq mètres de (...)
S’adapter à la circulation, tout est là
Marseille, ça veut dire une porte ouverte sur la Côte d’Azur, Monaco, sur les belles choses. Alors, qu’est ce qu’ils font ? Ils descendent sur Marseille avec le TGV et bien souvent à partir du vendredi soir, on a des (...)
Je pense que cette rue fait parler mais comme elle fait parler par ses travaux, par les difficultés à y circuler... En tout cas aujourd’hui ça c’est clair, on verra à la fin des travaux mais je pense pas que ça soit un (...)
Mais dans un an ou deux ans...
En 83, on tournait à six cents clients par jour. Pendant les travaux, c’est tombé à cent cinquante et c’est le bout du monde. On passe plus que cinquante kilos de farine, ça ferait trois cents baguettes par jour, à peu (...)
Personne ne peut rien
Si on est encore là... D’après eux, ils disent que ça va être une merveille pour certaines gens, mais pour d’autres personnes, non. Non, pour moi ça va être trop snob.
Pas question de fermer
C’est ambigu : restaurer la rue, elle en avait vraiment besoin, c’est évident et ça peut apporter du bien-être et du travail à du monde. Maintenant il faut voir comment cela est fait et qui on chasse (...)
Ils sont arrivés à leurs fins
Ce sont des méthodes de voyous, c’est un grand bulldozer qui détruit tout sur son passage. Ils ne tiennent pas compte de l’ancienneté, ils ne regardent pas sur le prix et sont prêts à payer des sommes mirobolantes (...)
Bientôt l’afflux de clients
Un afflux, un afflux massif de passage et de mouvement, donc un afflux massif de nouveaux clients et de nouveaux prospects.
Ils nous ont tout pris
Moi, ce qu’ils disent... Je crois plus personne. Je suis comme Saint-Thomas maintenant, quand je vois, ça va, autrement... En attendant c’est la galère, vous comprenez.
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