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La revue du témoignage urbain

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Paroles de commerçants

La poussière des engins, le bruit des machines, les trottoirs qui se déplacent, les terrasses qui disparaissent, les habitants qui partent, les consommateurs qui se perdent, les loyers qui augmentent… Les travaux euroméditérranée progressent devant les vitrines de la rue de la République. Points de vue.

Dix-neuf articles.

Les gens rentrent avec les chaussures et tout...

Au n°36

Mme Schlecker
 Mme Schlecker

Monique Jean occupe depuis cinq années le poste de responsable-adjointe, dans une supérette sise rue de la République. Depuis plus d’un an, les baraquements du grand chantier, montés sur trois niveaux, obstruent la vue. Elle fait part des changements qui ont atteint son activité depuis le démarrage du forage pour la construction du parking souterrain.

Koinai : La rue de la République, vous la connaissez ? Je suis née rue Sainte Barbe, il y a cinquante et un ans. J’ai grandi dans le quartier. J’habite juste derrière, à la rue Colbert. Je suis fidèle en tout, moi. Avant de rentrer ici comme employée, j’étais cliente. K : Connaissez-vous la clientèle ? Oui, "Bonjour, bonsoir". La majorité ce sont des gens du quartier ou qui viennent d’un peu plus (...)

On est des pauvres commerçants

Au n° 26

On est des pauvres commerçants
 On est des pauvres commerçants

« Chez moi, c’est du prêt-à-porter féminin classique, environ trente ans jusqu’à cinquante, soixante ans. J’attends les clients, quand on a un commerce c’est que les clients qui comptent ! On peut avoir de l’or, des diamants, si y a personne qui passe, ça sert à rien. De toutes façons cette rue elle était toujours en déficit au départ. C’est pas une rue commerçante. On gagnait notre vie pour pas se plaindre, sans plus. On pouvait payer. Mais avec ces travaux c’est la folie, quoi ! » Eliahou Assouline, patron d’Angie boutique depuis bientôt dix ans.

Koinai : Vous faites partie de ceux qui restent ? Oui, d’accord, mais de quelle façon, de quelle manière, à quel prix ! J’ai fait des prêts pour rester ici par exemple. Je suis locataire. Le propriétaire c’est Eurazéo. De ce côté-là, franchement, c’était très correct. Je sais pas ce que les gens disent, en tous cas avec moi, c’était très correct. Ça se passait très bien. Ils m’ont augmenté le loyer, car (...)

Fallait pas partir comme ça !

Au n°48

Le Romarin
 Le Romarin

Madame Bouchiki a investi ses locaux rue de la République en 1995. Après deux ans de travaux, elle ouvrait enfin sa table au "Romarin". Aujourd’hui encore, après déjà dix ans d’exercice dans "la cuisine traditionnelle qui n’est pas robotisée", elle assure le service dans un cadre aussi reluisant qu’au premier jour.

Ça paraît neuf... On a l’impression que c’est neuf, mais c’est beaucoup de travail, beaucoup d’investissements, beaucoup de propreté et beaucoup d’hygiène derrière. Je passe tous les matins à nettoyer et une fois par an je refais la peinture et les locaux de cuisine. Ils disent "Eurazeo réhabilite pour louer", moi j’ai pas attendu pour réhabiliter : quand j’ai pris ici, j’ai fait une création d’entreprise (...)
Paroles de commerçants Paroles de commerçants
  • Ce qui manque aujourd’hui, c’est des commerces, une vie, quoi !

    Donc, est-ce que ces com­mer­çants vont venir, est-ce qu’y vont pas venir, ça je sais pas. J’espère. Après, c’est le monde qui attire le monde... Les com­mer­ces sui­vant, tout le monde en tirera béné­fice. Après, est-ce que (...)

  • Beaucoup de dames viennent

    « Je vais avoir des invi­tés, je vais faire ceci-cela à man­ger. Qu’est ce que vous nous conseillez ? » Ce qui est inté­res­sant c’est qu’on fait aussi un bon tra­vail de caviste-conseil.

  • "Je ne sais pas si c’est solvable"

    En trois ans, c’est le troi­sième pro­prié­taire des locaux : P2C a pos­sédé les locaux pen­dant deux ans. Puis elle a fait une opé­ra­tion pure­ment de mono­poly : elle a acheté en patri­moine, elle n’a rien fait, elle n’a pas (...)

  • L’âme populaire du quartier se perd

    Je pense que c’est une excel­lente chose, mal­gré les nui­san­ces que l’on subit depuis quel­ques mois. Il faut consi­dé­rer les cho­ses à long terme et ça ne peut être que béné­fi­que pour le quar­tier, pour Marseille, pour les (...)

  • C’est la loi du plus fort

    Le sym­bole de la République »Égalité, fra­ter­nité« , c’est qu’un sym­bole. Mais sur le réel des cho­ses, y’a rien ! On élimine le pau­vre et on met le riche. C’est ça la poli­ti­que de la Mairie en ce (...)

Paroles de commerçants
  • Palace en terrasse

    Ma foi, Gaudin il a dit : « Je vous rat­tra­pe­rai. » À mon avis : « Avec de l’argent, je vous le rat­tra­pe­rai. » Voilà ce qu’il a voulu dire. Et donc on va récu­pé­rer la ter­rasse, on va gagner cinq mètres de (...)

  • S’adapter à la circulation, tout est là

    Marseille, ça veut dire une porte ouverte sur la Côte d’Azur, Monaco, sur les bel­les cho­ses. Alors, qu’est ce qu’ils font ? Ils des­cen­dent sur Marseille avec le TGV et bien sou­vent à par­tir du ven­dredi soir, on a des (...)

  • "Faudra se voir dans quatre ans"

    Je pense que cette rue fait par­ler mais comme elle fait par­ler par ses tra­vaux, par les dif­fi­cultés à y cir­cu­ler... En tout cas aujourd’hui ça c’est clair, on verra à la fin des tra­vaux mais je pense pas que ça soit un (...)

  • Mais dans un an ou deux ans...

    En 83, on tour­nait à six cents clients par jour. Pendant les tra­vaux, c’est tombé à cent cin­quante et c’est le bout du monde. On passe plus que cin­quante kilos de farine, ça ferait trois cents baguet­tes par jour, à peu (...)

  • Personne ne peut rien

    Si on est encore là... D’après eux, ils disent que ça va être une mer­veille pour cer­tai­nes gens, mais pour d’autres per­son­nes, non. Non, pour moi ça va être trop snob.

  • Pas question de fermer

    C’est ambigu : res­tau­rer la rue, elle en avait vrai­ment besoin, c’est évident et ça peut appor­ter du bien-être et du tra­vail à du monde. Maintenant il faut voir com­ment cela est fait et qui on chasse (...)

  • Ils sont arrivés à leurs fins

    Ce sont des métho­des de voyous, c’est un grand bull­do­zer qui détruit tout sur son pas­sage. Ils ne tien­nent pas compte de l’ancien­neté, ils ne regar­dent pas sur le prix et sont prêts à payer des som­mes miro­bo­lan­tes (...)

  • Bientôt l’afflux de clients

    Un afflux, un afflux mas­sif de pas­sage et de mou­ve­ment, donc un afflux mas­sif de nou­veaux clients et de nou­veaux pros­pects.

  • Ils nous ont tout pris

    Moi, ce qu’ils disent... Je crois plus per­sonne. Je suis comme Saint-Thomas main­te­nant, quand je vois, ça va, autre­ment... En atten­dant c’est la galère, vous com­pre­nez.

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La revue est déclarée sous le numéro ISSN 1778-3844 à la Bibliothèque Nationale.

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