« Je me suis sentie femme, je suppose quand j'ai eu mes enfants, parce que c'est quelque chose qu'un homme ne peut pas faire, donc c'était par contraste : j'ai découvert une autre facette _et une facette gratifiante_ du fait d'être une femme pour la première fois (rire). » Muriel Julien, 44 ans.
La féminité, biologiquement, je la vis comme une injustice. Avoir ses règles, par exemple. Mais c’est le marqueur de ta jeunesse, de la possibilité de procréer qui s’arrête tôt chez la femme et y’a un décalage entre la vie sociale et la vie biologique : une femme peut être encore belle, en bonne santé, dynamique, mais à partir de la cinquantaine, elle subit à nouveau des changements hormonaux profonds, (...)
Depuis sa maternité, Alexandra Moureau, 33 ans, a tourné la page de l’adolescence : « Ouais, maintenant je me sens plus femme, quoi. Je suis tombée enceinte à vingt-sept, vingt-huit ans, quelque chose comme ça. » Assistante pharmacienne, en instance de divorce, elle partage sa vie entre officine, famille, amis et loisirs. Cheminement féminin, des modèles aux attentes.
Koinai : Quel type de femme êtes-vous ? Oh là ! alors, je suis une femme dynamique, ça c’est sûr. Après, euh… sportive, en général je suis souvent patiente, voilà, en gros ; enfin, je suis une femme active, hè. K : Comment définissez-vous votre féminité ? La féminité ? Bè prendre soin de soi déjà, genre se maquiller, se coiffer, s’habiller correctement, et le langage : moi j’ai horreur des gros mots, tout (...)
Sophie Gence, 50 ans, s’est d'abord sentie femme lorqu’un homme l'a aimée vraiment, comblant ainsi son manque d’assurance et surtout, ensuite, au travers de sa maternité. Côté jardin et côté cour, le rôle tenu sur les planches de la vie d’une qui rêvait d’être sur scène _côté cour, côté jardin.
Koinai : Comment définis-tu ta féminité ? Je crois que je suis une femme toujours par le plaisir d’un regard sur moi, d’un homme, de la possibilité de… Un peu la coquetterie, le charme, quand on joue de tout ça. C’est toujours par rapport aux hommes que je me sens femme, forcément, et c’est seulement quand un homme m’aime que… C’est comme ça que je vois ma féminité, quoi, lui rendre la féminité quand (...)
Chez Sabine Mauric, 87 ans, le sentiment d’être une femme a éclos dès l'enfance, vers une dizaine d'années, parce qu’elle pensait au futur, à l'orientation qu'elle donnerait à sa vie, aux possibilités qui s'offraient à elle " étant femme et non homme ". Il ne fallait pas rater un certain âge, se disait-elle très jeune, parce que « s'engager de travers… c'est difficile de reculer. »
Koinai : Quelle jeune femme étiez-vous ? En toute franchise, il me semble que je sais ce que je veux, ce qu’il m’est possible de faire ou de pas faire. Je m’engage pas en aveugle dans une voie, s’il y a un carrefour je me précipite pas n’importe où, hein. K : Quelles valeurs avez-vous reçues de votre maman ? Son sentiment de la responsabilité et en même temps de l’indépendance, allier indépendance (...)
« Femme ? _Quand, déjà, j'ai rencontré l'autre sexe, hein ; c'est le regard aussi de l'autre sexe qui m'a renvoyée à mon côté femme. Mais peut-être aussi la féminité de ma mère, le regard de mon père. Déjà la petite fille, elle voit sa mère, elle voit le regard de son père regarder sa mère : y'a déjà de la femme, y'a de l'homme puisque c'est très lié… enfin, dans notre culture. » Hélène Soun, 52 ans, thérapeute.
Koinai : À quel âge vous êtes-vous sentie femme ? À quel âge ? _C’est difficile… Oh, c’est autour de… Ça se passe entre seize ans et vingt-six ans, c’est… Ça peut être des moments à l’adolescence où là on sent que y’a quelque chose de la femme, mais c’est pas un état permanent parce que c’est encore un peu l’adolescence, c’est encore un peu jeune adulte, et puis, petit à petit, c’est une identité. J’ai plus (...)