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Tradition


« Je suis à la mer »

Marin-pêcheur

Depuis l'âge de 13 ans, des côtes algéroises aux reliefs phocéens, Mourad Kahoul, 45 ans, œuvre sur les flots méditerranéens : « Moi, j'ai une polyvalence entre le petit métier : le rouget, la bouillabaisse, la pêche artisanale et après j'ai commencé avec mon père à faire du chalutage : c'est un engin de pêche qu'on traîne sur le fond pour la crevette, pour le poisson noble, hein. Ensuite on a fait la sardine, et après je me suis lancé dans la pêche au thon. » Entre filets et combat, pour le maintien d’une activité traditionnelle.

K : Comment devient-on marin-pêcheur ? Ben, on ne devient pas : on est. Cinq générations, hè, et après c’est la continuité depuis que je suis dans la pêche avec mon père, parce que je suis initié à faire ce métier comme toute ma famille. Mon père a été quand même un pilier, parmi un des très grands armateurs de pêche au thon, avec un Pied-Noir d’Oran aussi, Monsieur Lubrano. J’ai beaucoup appris avec lui et (...)



Un cube dans l’air du temps

Savonnerie et détergence : la passion d’un héritage

En 2003, Bernard Demeure, 54 ans, président de la Compagnie de Détergent et de Savon de Marseille, a repris l'entreprise avec deux autres cadres du site : « Je suis arrivé comme responsable du service technique, puis j'ai pris des responsabilités supplémentaires dans la production et je me suis découvert un attachement à cette activité parce que c'est un produit éminemment sympathique : le savon qui est vivant, qui a une histoire. » Dans le bain du métier, survie d'un produit icône et d'un savoir-faire ancrés dans l'histoire de l'industrie marseillaise : pour mousser, sans buller !

Koinai : L’entreprise est issue d’une fabrique traditionnelle ? Ah ! complètement, puisque notre activité remonte à 1850, on est une vieille savonnerie marseillaise. L’atelier de fabrication, on a des chaudrons qui datent de la fin du 19ème donc on fait perdurer la tradition : ça fait cent vingt ans qu’on fait du savon dans nos cuves, qui sont restées telles quelles. Et ç’a toujours été ici, hein : (...)



Les barres de Pépé

Du goût de leur enfance à leurs amours de chocolat

Sur une étagère de la boutique La Chocolatière du Panier, dans la rue homonyme, une discrète boite en métal évoque le souvenir de cet arrière-grand-père, qui y faisait fondre le chocolat pour Noël et Pâques : « Mon grand-père le fabriquait pour nous, par souci d'économie. C'est son père qui lui avait appris. » À 40 ans, Michèle Le Ray, 64 ans, a relancé un savoir-faire issu d’une longue tradition familiale et l’a transmis à Marine, 23 ans. Métier de mère en fille, depuis trois générations : palette de saveurs d'un artisanat gourmand.

Michèle : Un rêve d’enfance, moi non : circonstances de la vie, et l’obligation. Ça me plaisait, mais je n’avais pas choisi. J’y suis née dedans, y’avait quand même le savoir-faire en le faisant une fois par an mais ça s’était un peu perdu et moi, j’étais agent immobilier et j’ai dû arrêter à cause de problèmes d’agoraphobie et de spasmophilie, et j’étais enceinte, et mon père me dit : « Si on faisait les (...)



Sainte Lucie et l’Hippocampe

Marchande de marée

En sa dix-huitième année, sitôt après avoir rencontré son mari, patron pêcheur de père en fils, Dominique Esposito, 50 ans, a arrêté ses études et s’est mise à son étal aux couleurs vives et aux reflets moirés, sur le Vieux Port de Marseille : « Ah ! oui, y'a une ambiance particulière sur le port. Bè c'est lié à l'esprit du marché, à la tradition surtout aussi : les gens aiment bien la tradition de la vente du poisson. C'est un peu spécial, ça se passe qu'ici, quoi. » Au rythme du cri des mouettes, du chant des mâts et du bruit des chalands, la voix de la poissonnière.

Koinai : Comment se sont passés les débuts ? Ah ! bè ç’a été très agréable, ça m’a fait du bien. Je m’y suis fait de suite, c’était très bien à l’époque, ça marchait beaucoup mieux que maintenant, quand même. K : Quels poissons vendez-vous ? Heu… la sole, le merlan, c’est les plus ; la baudroie, les bons poissons, les loups, les daurades aussi. K : Vous travaillez en équipe ? Avec mon mari, c’est tout. Moi, (...)



Le Centaure et son troupeau

Pour les dernières chèvres du Rove

Issu d’une longue génération de bergers, André Gouiran, 47 ans, aujourd’hui en société agricole avec ses fils et sa femme, élève ses chèvres dans les collines rovenaises : « Déjà enfant, il me semblait que j'étais différent. J'ai toujours été très proche de la nature, ch’uis un peu instinctif, un peu animal donc, voilà pourquoi ce choix, parce que je me suis toujours senti en communion avec la nature. » Du geste de la traite, au combat pour un retour aux sources originelles.

Si un jour je fais plus le berger, je me vois bien à la retraite avoir deux-trois juments. Moi j’ai besoin de la nature, c’est ma source de vie. C’est la source de vie en général, mais c’est vital et c’est comme ça, c’est des puzzles qui s’imbriquent parfaitement et moi je fais partie de ça, de ces puzzles. Moi je me dis berger avant tout mais bon, chevrier par le fait. On peut être berger en ayant des (...)












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