Sophie Gence, 50 ans, s’est d'abord sentie femme lorqu’un homme l'a aimée vraiment, comblant ainsi son manque d’assurance et surtout, ensuite, au travers de sa maternité. Côté jardin et côté cour, le rôle tenu sur les planches de la vie d’une qui rêvait d’être sur scène _côté cour, côté jardin.
Koinai : Comment définis-tu ta féminité ? Je crois que je suis une femme toujours par le plaisir d’un regard sur moi, d’un homme, de la possibilité de… Un peu la coquetterie, le charme, quand on joue de tout ça. C’est toujours par rapport aux hommes que je me sens femme, forcément, et c’est seulement quand un homme m’aime que… C’est comme ça que je vois ma féminité, quoi, lui rendre la féminité quand (...)
Chez Sabine Mauric, 87 ans, le sentiment d’être une femme a éclos dès l'enfance, vers une dizaine d'années, parce qu’elle pensait au futur, à l'orientation qu'elle donnerait à sa vie, aux possibilités qui s'offraient à elle " étant femme et non homme ". Il ne fallait pas rater un certain âge, se disait-elle très jeune, parce que « s'engager de travers… c'est difficile de reculer. »
Koinai : Quelle jeune femme étiez-vous ? En toute franchise, il me semble que je sais ce que je veux, ce qu’il m’est possible de faire ou de pas faire. Je m’engage pas en aveugle dans une voie, s’il y a un carrefour je me précipite pas n’importe où, hein. K : Quelles valeurs avez-vous reçues de votre maman ? Son sentiment de la responsabilité et en même temps de l’indépendance, allier indépendance (...)
« Femme ? _Quand, déjà, j'ai rencontré l'autre sexe, hein ; c'est le regard aussi de l'autre sexe qui m'a renvoyée à mon côté femme. Mais peut-être aussi la féminité de ma mère, le regard de mon père. Déjà la petite fille, elle voit sa mère, elle voit le regard de son père regarder sa mère : y'a déjà de la femme, y'a de l'homme puisque c'est très lié… enfin, dans notre culture. » Hélène Soun, 52 ans, thérapeute.
Koinai : À quel âge vous êtes-vous sentie femme ? À quel âge ? _C’est difficile… Oh, c’est autour de… Ça se passe entre seize ans et vingt-six ans, c’est… Ça peut être des moments à l’adolescence où là on sent que y’a quelque chose de la femme, mais c’est pas un état permanent parce que c’est encore un peu l’adolescence, c’est encore un peu jeune adulte, et puis, petit à petit, c’est une identité. J’ai plus (...)
« Sentie femme ? Ah bon ! Bè… depuis que j'ai vu mes enfants grandir. Voilà, les enfants oui ; c'est une responsabilité, hein ! Et je sais pas si… après ils sont reconnaissants. Je sais pas. Moi je trouve plus de douceur si c'est une fille… un garçon… heu… C'est surtout le garçon, je trouve beaucoup plus doux que la fille. » Chantal, 53 ans.
Koinai : Quel genre de femme êtes-vous ? Quel genre de femme ? _Je suis une battante, hè. Oh ! j’adore travailler. Malheureusement, à la suite d’une agression donc, je suis sur le fauteuil roulant, mais si jamais j’ai de l’argent _parce que j’attends de l’argent de mon assurance_ eh bè, je vous jure que je créerai un commerce. Je ferai une création de quelque chose. Ça c’est sûr, hè ! c’est une (...)
« Femme c'est… à vingt-cinq ans. Oui, quand je me suis mariée. C'est là où je me sentais vraiment femme. Je suis pas la femme… C'est vrai qu'y a des femmes arabes _ bon j'ai le droit de dire ça, ouais ?_ que toujours ils sont là en train de surveiller leur mari ; ils leur donnent pas dès le départ la confiance, toujours ils courent derrière lui. Toujours ! Alors, à ce compte-là, elle le laisse à la maison, elle lui met la robe longue et le tablier et elle le laisse travailler ! Et oui ! Il faut que dès le départ ils ont la confiance. Moi dès le départ, le jour de mon mariage, j'ai donné la confiance à mon mari. Et c'est très bien ainsi. » Farida, 38 ans.
Koinai : Quel genre de femme êtes-vous ? Ben je suis une femme à maman, j’ai des enfants, je m’occupe beaucoup de mes enfants, je travaille, je suis une femme de maison et une mère au foyer. Je travaille aussi. Voilà. K : Quelle femme rêviez-vous d’être ? Ce que je suis ; voilà ouais. J’ai toujours aimé d’être comme ça, ouais. Je suis mariée, ça fait dix-huit ans de mariage, et j’ai trois enfants et je (...)