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Marseille


" Sur la grande jetée, y’avait les bateliers "

L’Estaque en super-huit

Natif et résident de l'Estaque, Laurent Damonte, né en 1926, est un ancien de la marine marchande. Il visionne ici, pour la première fois, un film tourné par son beau-père. Son témoignage en regard des images est l'un de ceux qui ont donné le jour à "Chronique urbaine", réalisé par Claude Bossion, fruit d’un tête à tête entre les habitants du secteur Nord-Littoral et leurs propres mémoires. Tourne la pellicule, voguent les souvenirs…

Ah ! ben ça, c’est mon tout petit neveu Gérard qu’on amène à l’école, dans la rue Magali… Oh là là ! pensez, il a quand même quarante ans ce petit ! Voilà, ça c’est la fin, voilà ma belle-mère qui récupère un énergumène. Assez formidable de voir ça, parce qu’elle est morte en fin d’année. Voilà, là y’a Gérard et… maintenant lui je me rappelle même plus comme y s’appelle, euh… c’est aussi un neveu, quoi. Là je suis (...)



« Là où je suis née »

Vue du Plan d’Aou

Pour réaliser Chronique urbaine 2, Les changements urbains en question : Marseille quartiers nord, Claude Bossion a rencontré des habitants du quartier du Plan d’Aou : jeunes adolescents, mère de famille, animateur… Au pied du bâtiment, recueil de paroles autour du logement et du travail : lieu de vie, vies de cité.

Je m’appelle Ben Ahmed Sabrina, j’ai quinze ans, et j’habite au Plan d’Aou depuis que ch’uis née. Ils vont nous faire habiter dans ceux qu’y vont reconstruire. Sinon, si les gens ils ont pas assez d’sous pour payer, ils vont garder ces deux bâtiments, plus un autre, ch’ais pas c’est lequel. Celui où j’habite on va le détruire, ouais, celui-là. On m’a dit vers fin septembre mais j’crois pas, parce qu’il (...)



On dit : « à Micasar »

Le sorcier de la datte

En 1972, Sahnoune Ben Aïssa, 54 ans, a rejoint la société de traitement et de conditionnement de fruits secs, alors sise boulevard Michelet : « D'abord Micasar, elle a été créée en 1957 : ils étaient trois _c'est le patron qui m'avait expliqué ce que veut dire le mot " Micasar " _, trois copains qui ont créé une entreprise de fruits secs. Un, il s'appelait Michel, l'autre Casanova, le troisième Arbona : " Mi " c'est Michel, " Cas " c'est Casanova, " Ar " c'était Arbona. » Vie des dattes et fruits du labeur.

Un je l’ai pas connu parce que j’étais jeune, il est décédé, l’autre il a voulu créer une autre entreprise donc il est resté que lui, Arbona. Et depuis il a créé, évolué, progressé. Il travaillait pour la France mais il faisait beaucoup d’export sur les pays scandinaves et il a acheté des dattes d’Algérie, des figues et des abricots de Turquie et il les conditionnait. Koinai : Comment procédait-on à la " (...)



« Je suis à la mer »

Marin-pêcheur

Depuis l'âge de 13 ans, des côtes algéroises aux reliefs phocéens, Mourad Kahoul, 45 ans, œuvre sur les flots méditerranéens : « Moi, j'ai une polyvalence entre le petit métier : le rouget, la bouillabaisse, la pêche artisanale et après j'ai commencé avec mon père à faire du chalutage : c'est un engin de pêche qu'on traîne sur le fond pour la crevette, pour le poisson noble, hein. Ensuite on a fait la sardine, et après je me suis lancé dans la pêche au thon. » Entre filets et combat, pour le maintien d’une activité traditionnelle.

K : Comment devient-on marin-pêcheur ? Ben, on ne devient pas : on est. Cinq générations, hè, et après c’est la continuité depuis que je suis dans la pêche avec mon père, parce que je suis initié à faire ce métier comme toute ma famille. Mon père a été quand même un pilier, parmi un des très grands armateurs de pêche au thon, avec un Pied-Noir d’Oran aussi, Monsieur Lubrano. J’ai beaucoup appris avec lui et (...)



Les ficelles du métier

Raffinage de sucre de canne

Depuis mars 1976, Richard Pastrone, 51 ans, travaille pour les Raffineries Saint Louis : « En semoulerie, on faisait des packs de sucre cristallisé poudre, puis je distribuais toutes les catégories de sucre dans les chantiers : sucre en poudre dans des trémis, mouleuses pour faire des dominos, du vrac, la cassonade, le sucre roux. » Dans l'usine à tuyaux, des cristaux et des hommes : parcours.

On importe du sucre de canne brut qui est roux, sous forme de cassonade. Alors au départ, on coupe les cannes, on les fait bouillir, on extraie le jus donc, si on cristallise un jus de cannes broyé, la canne c’est plus ou moins marron, hè, y’a de tout, on arrive à un sucre roux. Alors, on aurait tendance à dire : " Le sucre roux, c’est du sucre naturel, diététique, pas transformé. » Dans les années (...)












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