koinai.net

La revue du témoignage urbain

koinai.net

La revue du témoignage urbain

Inventaires

Si la vitrine marseillaise est connue à travers le monde, ce qui nous intéresse ici, ce sont plutôt les saveurs, les objets, les tendances un brin insolites, créées in situ ou adoptées par les marseillais.
Ainsi, on observe dans la rue, la prolifération de ces sacs rayés, très résistants, des gens de tous âges déguisés en joueurs de l’OM, des taxiphones, des fast-food hallal, cacher, ou asiatiques ou même ces distributeurs automatiques d’appâts pour la pêche.
Des plats, des commerces, des coutumes, Marseille a toujours eu cette capacité d’absorber des pratiques externes, pour finir par leur donner sa propre patine locale. N’est-ce pas là sa vocation ?

Quatorze articles.

Inventaires

L’Asie gourmande

Bref inventaire subjectif

Jeudi 17 juin 2004 : sous la houlette de Julie, anthropologue en chef, six documentalistes de Koinai débarquent dans les grandes surfaces asiatiques du boulevard de Plombières. Leur but ? Vous donner une idée de la nourriture que vous pourrez y trouver, s’il vous prend l’envie d’y aller faire vos courses...


1 vote
L'Asie gourmande
 L’Asie gourmande

D’abord, Paris Store, dans le centre commercial Asiane III. Celui-ci ressemble à n’importe quel supermarché de Marseille ou d’ailleurs : vous y trouverez les mêmes produits de grande consommation. Mêmes produits, mêmes rayons. Mais en prime, vous découvrirez plein de produits typiquement asiatiques comme des articles de fête (encens, bougies, décorations, etc.), de la vaisselle et des ustensiles de cuisine ad hoc (paniers vapeur en bambou, en rotin ou en inox, bols, hachoirs, baguettes...) et de la nourriture asiatique en abondance, ainsi que des produits africains ou antillais.

Le deuxième magasin visité, Promo Asie, est, quant à lui, une épicerie asiatique de taille plus modeste, mais offre un choix très impressionnant, même s’il ne semble pas y avoir de surgelé ni de rayon frais.

Naturellement, les produits alimentaires asiatiques proposés sont globalement comparables. Ce qui frappe d’emblée, c’est l’omniprésence des sauces, généralement à base de soja fermenté (comme les sauces pour sushi et sashimi ou la sauce Hoi, pimentée) ou de poisson (notamment le nuoc mam, à base d’anchois ou une autre à base de poisson « tête de serpent »), sans oublier des sauces pour rouleaux de printemps ou pour huîtres, et même de la sauce graine africaine (à base de jus de palmier et d’épices).

On trouve beaucoup de produits en saumure ou au vinaigre, des aliments à base de farines de riz, de soja ou de manioc, d’épices ou de sésame, des jus de fruits exotiques et des alcools orientaux, des viandes et poissons séchés...

Nous avons fait quelques rencontres d’un autre type d’objets alimentaires non identifiés. En voici quelques-uns pour vous mettre en appétit : gâteaux de manioc ou de soja, aux haricots rouges ou à la noix de coco, feuilles de moutarde ou de tamarin, radicelles de lotus, santol, ma-kok (apparemment, ces deux derniers sont des fruits), boissons à base de chrysanthèmes, de dioscoreæ, de néflier, d’aloe vera, de graines de basilic, de sala, d’hibiscus, de rose ou de ginseng macéré, etc.

Enfin, n’oublions pas le saté, un condiment à base d’épices, de sésame, de crevettes et de cacahuètes entre autres ingrédients, et qui servira aussi bien à faire des barbecues, des soupes ou des sauces.

Les prix sont très abordables, puisque nombre d’articles coûtent moins d’un euro !

Si cet article vous laisse sur votre faim, c’est parce qu’on n’avait pas toute la matinée devant nous (il fallait bien qu’on mange nous aussi !) Mais il ne tient qu’à vous de découvrir plus avant les richesses de la gastronomie asiatique en y allant flâner à l’occasion. Bon appétit !


Des produits qui viennent… d’un peu de partout !

Couscous à l’épicerie, bolognaise à la maison

 Des produits qui viennent… d’un peu de partout (...)

« Mon prénom c’est Ali, et mon nom de famille c’est Adonassan. L’âge, j’ai quarante et un. Depuis quand que je travaille ici ? Ça fait dix-huit ans que je travaille là. On vend à peu près tout sur l’alimentation : un peu sur le thé, les encens, de l’alimentation, que ce soit les fruits secs, que ce soit les légumes secs. » À l’Univers Alimentaire, rue d’Aubagne, petits sourires et petits conseils du vendeur.

Koinai : La plupart des produits que vous vendez sont orientaux ? En majorité, les épices viennent un peu de l’Inde, de La Réunion, un peu des Comores, les pâtes viennent un peu de partout, les thés viennent un peu de Ceylan et de l’Inde, les encens viennent un peu de Chine, les noix, les amandes, les pistaches viennent d’Iran, viennent de Californie les légumes secs. En fait, il y a beaucoup de (...)

Comment tu fais la sauce ?

Cuisine afghane

 

Depuis décembre 2006, Myriam Ebadi, 45 ans, fait découvrir aux Marseillais la cuisine de ses racines "Chez Romain et Marion", boulevard de la Libération : « À Kaboul, surtout la femme qui travaillait chez nous, le matin elle faisait le pain, parce qu’on avait un four et surtout l’hiver, quand elle faisait le feu, on le voyait de loin parce qu’il était au fond du jardin et on se levait, on mettait un pull et on allait en courant manger le pain chaud. Ça, c’est un truc que j’oublierai jamais. » Saveurs originelles et valeurs culturelles.

Koinai : Comment avez-vous appris à cuisiner ? Quand on est arrivés en France, on était obligés de cuisiner. J’avais 19, 20 ans. J’aimais pas du tout cuisiner, avant, j’avais même horreur de ça. Mes sœurs, elles allaient tout le temps en cuisine, et la dame qui travaillait chez nous, elles lui disaient : "Opa, comment tu fais le riz ? Comment tu fais la sauce ?" Moi, ça m’intéressait pas. Quand je me (...)

Les recettes de Ramasy

Cuisine malgache : poésie et petits trucs

 Les recettes de Ramazy - photo : Josefa Lopez

Originaire de Tananarive, où une kyrielle d’épices colore et parfume les étals des marchés, Ramasy Vololona, 50 ans, établie à Marseille depuis dix ans, nous offre ses recettes « très simples » de plats traditionnels malgaches « très très succulents » accompagnés des significations et croyances qui y sont rattachées. Saveurs et bienfaits, souvenirs et partage d’une identité culturelle, pour retrouver le goût « presque le même... » rehaussé par « le petit truc qu’on se transmet ». Servi à l’heure !

Koinai : Comment avez-vous appris cuisiner ? J’ai appris à faire la cuisine dans le tas, en regardant ma mère cuisiner des repas quand j’étais en vacances et plus tard, à perfectionner en achetant des livres de cuisine ou en me documentant sur des magasines malgaches ; c’est surtout les quotidiens d’actualité qui inséraient dans la rubrique loisirs des recettes de cuisine. K : Quels sont les plats (...)
À lire aussi dans la rubrique « Inventaires »
  • Le marché des Capucins

    A Noailles, les commerces (formels et informels) proposent une diversité singulière de marchandises et de services, des spécificités qui répondent notamment aux besoins des populations migrantes : fruits, légumes et (...)

  • Nourritures et frontières d’altérité

    Depuis l’ère colo­niale jusqu’au « vil­lage pla­né­taire », l’emprunt des ali­ments ou des épices et l’inte­rac­tion des cui­si­nes des uns par les autres ont mijoté. Les toma­tes, aujourd’hui pré­pa­rées à tou­tes les sau­ces, et (...)

Inventaires
  • Les petits plats des grands travailleurs

    Moi, j’aime bien man­ger, donc j’aime bien tou­tes les cui­si­nes (rire)! C’est sûr que un bon plat tchè­que, c’est bon mais après, j’aime bien aussi les cui­si­nes médi­ter­ra­néen­nes, la cui­sine où y’a beau­coup de légu­mes (...)

  • Délices iodés

    Quand on consomme des huî­tres, y’a quand même cette iode qui donne un peu la patate, quoi, comme un café. Les vio­lets, c’est beau­coup plus iodé ; c’est vrai que moi, le matin, quand ils sont frais et pour avoir un petit (...)

  • « Leur meilleur plat préféré »

    Ils viennent chercher un petit peu les saveurs d’Afrique, quoi, donc bè, c’est pour savourer la cuisine sénégalaise et africaine. Surtout les Européens qui viennent ici, les Marseillais, c’est surtout pour les (...)

  • Manger, une pratique culturelle

    En défi­ni­tive, la cui­sine serait une sorte de « lan­gage dans lequel cha­que société code des mes­sa­ges qui lui per­met­tent de signi­fier au moins une par­tie de ce qu’elle est (1) », mais aussi le moyen de clas­ser (...)

  • Les interdits alimentaires

    L’adhé­sion et la cohé­sion du « nous » s’élaborent par le par­tage de valeurs et de pra­ti­ques col­lec­ti­ves. Cette appar­te­nance est notam­ment mar­quée par le res­pect de pros­crip­tions (...)

Creative Commons License

Koinai.net, la revue du témoignage urbain, développée par Résurgences, est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

La revue est déclarée sous le numéro ISSN 1778-3844 à la Bibliothèque Nationale.

Liste de diffusion
La revue Koinai : qui et pourquoi ?   |   Koinai ?   |   Mentions légales   |   Appel à contribution   |   Espace privé   |   Plan du site
Maquette version 5.0.0 (majeure), réalisée par accatone.
Valid XHTML 1.0 Transitional CSS Valide ! SPIP IP 92.243.0.226