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La revue du témoignage urbain

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Femme aujourd'hui

Une émancipation maîtrisée

Portrait chinois d’une jeunesse de 21 ans venue d’Afrique pour étudier. Tout sur la vie, l’amour, l’argent, le travail...


Vingt-et-un ans...

À vingt-et-un ans, je me sens déjà mûre, j’ai les pieds sur terre. Je ne sors pas beaucoup, je travaille pour subvenir à mes besoins et pour payer mes études. Cela est peut-être lié à mon éducation.

Une projection dans le futur...

Dans trente ans ? Je suis certaine d’une chose, c’est que je serai très grosse. Ma mère l’était et je sais que je suivrai. J’aimerais me marier avec un homme qui prendra soin de moi et qui me rendra heureuse, avoir une vie stable, une belle maison et comme j’aime les enfants, fonder une grande famille avec au moins quatre enfants. Professionnellement, mon souhait est de réussir mes études, puis d’exercer un métier que j’aime.

Séduction... Amour... Mariage

Je suis assez coquette et j’aime bien être coiffée. C’est ma façon d’être féminine, même si j’opte en général pour un style garçon. D’autres expriment leur féminité à travers des gestes, la tenue vestimentaire, la façon de parler ou de se maquiller. J’aime séduire et je sais que les hommes sont attirés par le physique, notamment par les seins. Mais moi, je me sers de mes yeux pour leur plaire. Pourtant, je ne suis pas trop portée sur eux en ce moment. Il me serait impossible de les draguer. J’ai vécu une histoire douloureuse qui m’a laissé de mauvais souvenirs. Alors, je n’ai plus confiance et je me passe bien d’eux. Toutefois, j’aspire au mariage et il m’est agréable de sentir au passage le regard des hommes sur moi, c’est assez valorisant. Mais il y a quand même des regards qui dérangent : quand on est dévisagé de travers, ou de haut en bas... C’est frustrant !

Rapports hommes et femmes...

Les hommes et les femmes expriment différemment leurs sentiments. Dans bien des cas, ce sont les hommes qui prennent les devants. Cette attitude se retrouve également dans le couple : même si les conjoints sont fidèles, se respectent et se complètent, c’est toujours l’homme qui reste aux commandes du bateau. J’adhère totalement à ce principe, puisqu’il convient parfaitement à l’éducation que j’ai reçue, à condition que le mari n’abuse pas de son autorité et de son pouvoir.

Questions d’argent...

Evidemment, il me sera impossible d’exercer un métier plus rentable que celui de mon mari. Malgré tous mes efforts, je me sentirais mal, car j’aurais l’impression de dominer. Ce qui est totalement contraire à toutes les valeurs qui m’ont été inculquées depuis l’enfance. Cela dit, l’argent reste une préoccupation secondaire dans le couple. On en a quand même besoin pour faire face aux charges du ménage. Mais je n’hésiterais pas une seule seconde à laisser tomber mon travail pour me consacrer à ma famille.

La plus grande crainte...

La mort me fait peur, moins que la vieillesse, même si je m’imagine difficilement avec des rides. Mais ma plus grande crainte serait de ne pas avoir d’enfants. Ça signifierait la fin de tout. C’est déjà traumatisant d’y penser. Je me sentirais d’ailleurs automatiquement femme s’il m’arrivait maintenant de devenir mère, et je me sens capable d’élever seule un enfant. Et puis c’est de sa mère dont l’enfant a le plus besoin pour se construire ! Sinon, c’est à partir de vingt-cinq ans environ que je me sentirai véritablement femme.

La grande fierté...

Je suis, aujourd’hui, fière de cette éducation stricte que m’ont inculqué mes parents. En effet, à mon âge, je n’ai pas peur des privations, je suis capable de résister aux tentations auxquelles cèdent certains et je n’hésite pas à me battre pour obtenir ce que je veux.

Entre-deux...

J’apprécie beaucoup la liberté qu’on a ici en France, car chacun fait ses choix en toute sérénité ; alors qu’en Afrique, ce sont souvent les parents qui décident et qui imposent leurs choix. Mais je crois que je suis toujours restée la même, car malgré le fait que mes parents ne soient pas là pour savoir ce que je fais, je respecte tout ce qu’ils m’ont enseigné.

Propos recueillis par Inès Konan.

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