De celui dont on hérite à celui que l’on invente, de l’alimentaire à l’épanouissant, de l’intermittant à l’interrimant, des petits jobs aux grands chantiers, notre boulot on l’aime, on le déteste, on le perd, on l’espère, on le quitte, on le poursuit, , on le cherche... en vain, on le trouve... par hasard, on le subit souvent... on le rêve parfois.
Bref, que l’on soit employé de banque à la Joliette ou vendeur de chichis à l’Estaque, pêcheur au Vallon des Auffes ou urbaniste au Prado, à chacun son... ou ses métiers.
Celui qui soignait le corps des morts
« Je pourrais toujours avoir des regrets d’avoir choisi ce métier par rapport à ce que j’avais fait initialement, mon diplôme de muséologie. J’aurais plus été attiré par la critique d’art ou la documentation ! J’aurais dû passer le conservatoire de musée. Mais au retour de l’armée, j’étais un petit peu las de tout ça, et donc j’ai recommencé à zéro. Maintenant, je connais tellement bien le métier que je me demande si je pourrais faire autre chose… Je pense que je suis condamné à aller jusqu’au bout. » Gérard Tondu, thanatopracteur, 53 ans.
« Je viens de la mécanique, moi. J’ai un C.A.P de métallurgiste et après, une dizaine ou une douzaine d’années de mécanique. La cordonnerie, ça s’est fait tout à fait par hasard, en 83, quand j’étais sur Aubagne, entre l’atelier et le garage de mécanique, et un cordonnier qui s’est installé - bon, à un moment donné, euh… le cycle a fermé, on a sympathisé, ça s’est passé comme ça. » Jean Duval, 46 ans, cordonnier rue des Abeilles.
« Au départ, moi j’ai toujours eu un goût prononcé pour la lecture, j’ai toujours adoré ça. Nous sommes issus d’une famille qui lit beaucoup, qui discrètement bibliotine. Donc, bon, y’a toujours eu l’occasion d’acheter des bouquins en vente publique. À l’époque c’était très abordable, des choses très intéressantes qui, aujourd’hui, coûtent des sommes folles ; du coup, pour acheter des livres que je désirais conserver, je revendais ce qui m’intéressait moins. Donc, j’ai fait ma bibliothèque personnelle comme ça et après je me suis dit : « Pourquoi pas passer le pas et devenir marchand ? » Xavier Zimmer, 47 ans, libraire-expert.
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