Migrant comorien
À vingt-six ans, Youssouf Ahmed vise un poste d’agent d’entreÂtien et de netÂtoyage. Il vit à Marseille mais accepÂteÂrait, pour ce faire, de déméÂnaÂger. Depuis bienÂtôt un an, il s’enquiert auprès de l’antenne des Assedic du cenÂtre-ville de Marseille, rue des Chapeliers, de l’évolution de l’offre.
Koinaï : Dans quelÂles condiÂtions êtes-vous venu ?
Ha, ça, je ne peux pas vous dire. Ça je ne peux pas vous dire. C’est confiÂdenÂtiel. Je ne peux pas vous dire qu’est-ce-que je vais venir ici. Moi, je veux venir ici pour cherÂcher ma vie. C’est pour voir les actiÂviÂtés, pour resÂter ici, ça dépend du traÂvail.
Koinai : Quelle est votre expéÂrience proÂfesÂsionÂnelle ?
Dans la resÂtauÂraÂtion, je suis formé à ça, j’ai traÂvaillé dans un autre resÂtauÂrant, ça a duré à peine quaÂtre ans et c’était comme saiÂsonÂnier. Dans le netÂtoyage, j’ai pas de diplôme, mais je sais me serÂvir de la monoÂbrosse autoÂlaÂveuse ; ça fait trois, quaÂtre ans que je traÂvaille avec des sociéÂtés difÂféÂrenÂtes, pour les locaux et les magaÂsins.
K : Combien de temps êtes-vous resté avec la derÂnière société ?
Quatre mois à peine. J’ai appris plein de choÂses concerÂnant tous les proÂduits, tout ça : comÂment on va faire, comÂment on va utiÂliÂser tous les proÂduits. C’était un CDI. J’ai fait deux mois sans être payé, j’ai démisÂsionné. Je suis dans la merde mainÂteÂnant, je suis au chôÂmage.
K : Quelles difÂfiÂcultés avez-vous pour trouÂver un emploi ?
Maintenant je marÂche à gauÂche et à droite, à l’ANPE et tout ça, porte-à -porte. Je vais voir les entreÂpriÂses, tout ça, de netÂtoyage, les entreÂpriÂses, dans les resÂtauÂrants et tout ça, pour voir s’ils vouÂlaient quelqu’un.
K : Et quelÂles sont les réponÂses ?
Ah, pour le moment : « Non ».
K : Êtes-vous aidé dans vos recherÂches par les difÂféÂrents orgaÂnisÂmes ?
Oui, tout à fait. Je vais voir les assoÂciaÂtions pour avoir une aide dans le cenÂtre social, pour cherÂcher les emplois. Elles m’aident pour faire le CV, les adresÂses, là où je vais aller. Si je vais à un emploi, je peux pas... je connais pas l’adresse, ils vont me faire cherÂcher l’adresse dans les pages jauÂnes, cherÂcher l’adresse là ou je vais aller, pour trouÂver direcÂteÂment, sans trop se fatiÂguer.
K : Avez-vous traÂvaillé dans d’autres vilÂles ?
Oui. De temps en temps, j’ai fait des remÂplaÂceÂments à Marseille, dans d’autres vilÂles, oui, mais saiÂsonÂnier, dans le 01, c’est dans l’Ain.
K : Depuis comÂbien de temps êtes-vous à Marseille ?
Ça fait sept ans que j’habite à Marseille-preÂmier.
K : Iriez-vous vous insÂtalÂler dans une autre ville si l’occaÂsion se préÂsenÂtait ?
Oui, s’il y a un traÂvail. S’il y a pas de traÂvail, je ne peux pas resÂter ici, ça me plaît pas, Marseille. Je ne vais pas voir les gens sans traÂvailler. C’est une grande ville, pour regarÂder les gens sans rien faire. J’ai la famille, j’ai des copains mais ça m’intéÂresse pas pour voir comme ça, sans traÂvail. J’ai des resÂponÂsaÂbiÂliÂtés, je suis marié, je ne peux pas resÂter pour voir la famille et les copains sans traÂvailler, donc. C’est beau, Marseille, j’aimeÂrais bien resÂter ici avec un traÂvail terÂminé, mais s’il y a pas un traÂvail je peux pas resÂter comme ça.
K : Avez-vous une famille ?
Oui, bien sûr, j’ai une famille, je suis marié et j’ai pas d’enfant. Je suis prêt à me déplaÂcer avec ma famille s’il y a un traÂvail ailleurs.
K : Avez-vous des amis franÂçais ?
Oui, j’ai des amis franÂçais qui traÂvaillaient avec moi, dans le même métier.
K : Quel contact garÂdez-vous avec les Comores ?
Je vais aller là -bas de temps en temps quand on est en vacanÂces, une fois par an. Ça dépend du traÂvail, ça dépend des moyens finanÂciers. Je téléÂphone tout le temps.
K : Avez vous quelÂque chose à ajouÂter ?
Ah oui, quelÂque chose ? Je veux savoir qui vous êtes, d’abord ?
KÂ : Je traÂvaille pour une revue sur interÂnet.
Oui.
K : On fait des interÂviews avec plein de gens dans la rue, comme ça.
Des renÂcontres ? Vous aidez les gens pour les emplois, ou tout juste des quesÂtions comme ça ?
K : C’est seuÂleÂment des quesÂtions et des témoiÂgnaÂges.
Propos recueillis le 17/02/2006 par Rafik Ben Haj ; rédacÂtion : Patricia Rouillard.