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La revue du témoignage urbain

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Sur la route

Partir, quitter sa terre natale, ses racines, pour un ailleurs lointain et plein de promesses, afin de se reconstruire ou d’accéder à une existence meilleure.
Ainsi vont les migrants, les nomades, les réfugiés politiques ou climatiques, à la recherche de leurs rêves, de leur idéal, avec la volonté farouche d’améliorer leurs conditions de vie et de changer leur destin.
Apatrides qui cherchent leur Atlantide... "On the road again" !

Vingt-sept articles.

Pour rester avec elle

Migrante comorienne

« Je suis née à Madagascar, je suis restée dix ans. Après on a quitté Madagascar pour venir aux Comores. C’était mes parents, ils voulaient rentrer chez eux. Alors on est rentrés. J’ai resté huit ans à Moroni ; dans la capitale j’étais. Et j’ai quitté les Comores pour venir ici. J’avais dix-huit ans. C’était comme ça : comme on m’a dit de venir, je suis venue. Ma mère était réticente un peu mais… ça va elle a accepté. Je suis restée trois ans avec ma sœur, avant de me marier. » Farida, 38 ans.

Koinai : Pourquoi avez-vous choisi la France ? Je ne sais pas. C’est ma sœur - elle a cinq ans de plus que moi - qui m’a fait venir pour la rejoindre, pour rester avec elle. Je suis venue à Marseille, parce que ma sœur habitait à Marseille et je suis venue habiter avec ma sœur. Ici quand on vient, en fait, il y a quelqu’un de la famille qui est sur place et qui s’arrange de faire venir mon frère (...)

La navette erevano-marseillaise

Les liaisons franco-arméniennes

Carte Erevan-Marseille - Graphisme : C. Coursaget
 Carte Erevan-Marseille - Graphisme : C. Coursaget

L’éclatement de l’URSS en 1992 a poussé les Arméniens sur les routes pour la troisième fois en moins d’un siècle. À la suite de ses grands-parents, exilés en France après le génocide puis renvoyés au pays après la deuxième guerre mondiale, Nouné, fatiguée des années de récession économique en Arménie fait elle aussi le voyage vers la France, en 1994. Retour aux sources, celles de son père en particulier, qui avait vu le jour à Marseille en 1934 avant de faire la navette dans l’autre sens en 1948, à bord d’un bateau le conduisant avec ses parents dans son pays inconnu. Récit.

Nouné est née en 1963 à Erévan. Elle a quitté définitivement son pays en 1994. Accompagnée de son mari, lui aussi arménien, et de son fils alors à peine âgé d’un mois, elle s’est tournée, comme l’avaient fait ses grands-parents un demi-siècle auparavant, vers Marseille. L’une des premières conséquences du déracinement fut l’interruption de sa carrière d’ingénieur en informatique. En effet, ne parlant pas le (...)

Forcé de partir

Migrant chilien

« Eh, j’ai quitté l’année 1974 et la cause c’était un exil politique… Mais, j’ai quitté en tant que touriste, j’ai dit que j’ai parti au Brésil et m’ont dit : "Pourquoi vous prenez un passeport ?", et je dis : "Parce que je reviens en bateau" ; parce que normalement pour aller au Brésil, je n’avais pas besoin de un passeport, je pouvais aller avec ma carte d’identité, mais si je revenais par bateau, "jé" avais besoin de mon passeport, voilà, ah oui ! J’avais 14 ans. » Eduardo Delard, 47 ans, franco-chilien.

Koinai : Avez-vous vécu dans d’autres pays que la France ? Oui, j’ai vécu dans plusieurs pays : j’ai vécu en Argentine, j’ai vécu en Algérie, j’ai vécu en Belgique et en Uruguay. K : Quel pays avez-vous le plus aimé ? Je crois que c’est… oui, c’est l’Algérie, oui, parce que j’ai vécu très longtemps en Algérie, dix ans, et j’ai arrivé adolescent déjà, j’ai passé mon enfance - ndlr : jeune adolescence - et une (...)
Sur la route Sur la route
  • Le complexe de Caïn

    Koinai : D’où êtes-vous originaire ? Je suis originaire de la province de Trévise, en Vénétie. Je suis issu d’un milieu paysan. K : Vous êtes né en 1940, en pleine guerre. Comment vivaient vos parents à cette époque ? Mes (...)

  • Je suis chez moi

    "Alors mais, dans ce cas, pourquoi papa nous a fait venir en France, moi je comprends pas. Alors si demain je vais épouser un Antillais ?"

  • Obligée de venir

    C’est l’avenir qui compte. Je suis très contente pour ma vie puisqu’elle a beaucoup, beaucoup changé et c’est ce qui compte, et pour ma famille, parce que notre situation a beaucoup (...)

  • C’était l’histoire d’amour

    Il y a les petites chagrins, les scènes d’aéroport avec les larmes, c’est dur, hein, c’est très très dur de dire au revoir, même si on sait que l’on va... on espère de se revoir.

  • En premier, la passion de partir

    Je vois la France chan­ger. Tous les deux mois je la vois chan­gée. Pas d’une façon posi­tive, sur­tout par rap­port aux gens. Je sais que les gens sont - c’est nor­mal hein ! - ils sont plus aigris, ils ont des pro­blè­mes (...)

  • L’exil en héritage

    D’année en année, ça va en s’amé­lio­rant mais la nos­tal­gie, tous les Arméniens l’ont. Ma mère en par­lait. Elle a été sépa­rée de sa sœur uni­que après le géno­cide. Ma tante est res­tée en Grèce parce que toute sa famille y (...)

  • Passeport pour la réussite

    Je tra­vaille en France, je tra­vaille à la fran­çaise, mais je vis à l’armé­nienne. J’accepte de por­ter la dou­ble culture. De mon pays, je garde la lan­gue, les habi­tu­des, l’hon­neur. Mais je suis aussi très bien adapté à (...)

Sur la route
  • C’est la France qui fait ça

    Je me disais qu’on trouve du tra­vail. Que tout va bien, quoi. Changer un peu de vie. Mais je trouve que c’est plus pareil que là-bas. Moi je pen­sais à autre chose, hein ? Que c’était la belle vie et tout (rire). Quand on (...)

  • La qualité de vie

    Ici, en France, ce n'est pas le paradis mais voyez, si on travaille on peut vivre quand même… Et d'ailleurs, tout ce qu'on souhaite acheter on peut l'avoir plus rapidement avec toutes les formes de crédits et autres (...)

  • Faire de la musique ailleurs

    Ch’uis là, j’essaie de m’habituer et de me… bah, disons de m’intégrer et de vivre comme le gens d’ici parce que sinon c’est impossible, quoi, tu peux pas toujours garder cet qu’on a dedans et partir ailleurs, il faut se (...)

  • Pour apprendre l’allemand

    Oui, c’est natu­rel ! Je ne suis pas une per­sonne qui… Mais c’est sûr… Les polo­nai­ses sont quand même très atta­chées à la famille et ça c’est le pre­mier chose qui nous man­que, en fait. Toute ma famille est en Pologne (...)

  • Pour travailler dans le métier à nous

    J’aimais beau­coup mon pays, oui. Je l’aimais beau­coup, dom­mage qu’avant il s’était mal gou­verné. Il était mal gou­verné mais j’adore mon pays. C’était pays...

  • "Langue française est plus jolie"

    Si vous avez de la chance de man­ger en Chine, vous pou­vez trou­ver beau­coup de dif­fé­ren­ces, il y a beau­coup beau­coup de dif­fé­ren­ces.

  • Faute d’expérimentation

    Beaucoup. Parce que j’sais pas, moi, c’est la nos­tal­gie, c’est Marseille, quoi. On peut pas aimer une autre ville que Marseille, c’est impos­si­ble.

  • Grâce à Mitterrand

    Moi je ren­tre en Tunisie mais mes enfants non, mes enfants ils ont envie de res­ter, moi non, moi je ren­tre, moi.

  • Elle était pas loin, l’Algérie

    Je suis venu jeune, à l’âge de treize ans, après j’ai reparti au bled, après j’ai suivi mon père jusqu’ici, après j’ai revenu ici, j’ai retourné, j’ai resté, je viens, je vas, je (...)

Creative Commons License

Koinai.net, la revue du témoignage urbain, développée par Résurgences, est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

La revue est déclarée sous le numéro ISSN 1778-3844 à la Bibliothèque Nationale.

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